- il y a 4 jours
"VIP Very Important Paysans", une émission consacrée au monde agricole, du champ à l'assiette ! Ce nouveau numéro s'intéresse au poulet, la star de nos repas, ainsi qu'à la fraise, un fruit de plus en plus difficile à produire.
Le poulet, la viande star de nos frigos.
C'est la star de nos repas ! On en consomme plus de 25 kilos par personne et par an. Mais entre fermier, bio, label rouge et les poulets importés de l'étranger, comment s'y retrouver ?
Gariguette, Ciflorette, les fraises sont de retour !
La fraise : un produit sucré et goûteux, qui sent bon le printemps, mais qui devient de plus en plus difficile à produire...
Le grand talk-show bimensuel qui met l'agriculture au centre du débat.
« Very Important Paysans », consacrée à l'agriculture et à ses acteurs, s'adresse à tous : aux urbains qui veulent mieux comprendre ce qu'ils mangent, comme aux agriculteurs qui cherchent des moyens pour répondre à ces attentes.
Entre actualité, saisonnalité et décryptage, l'émission veut réduire le fossé qui sépare encore producteurs et consommateurs, en offrant un espace de dialogue et de réconciliation.
Sur le plateau : un invité politique, une personnalité du monde culinaire ou culturel, et une bande de jeunes chroniqueurs engagés et complémentaires.
Chaque numéro s'articule autour de rubriques fortes - « Aux champs en ce moment » ou « C'était comment avant ? » - pour mettre en perspective le présent et l'avenir de l'agriculture.
« Very Important Paysans », une émission engagée, vivante et citoyenne, au rythme des saisons, pour retisser le lien entre ceux qui nourrissent et ceux qui se nourrissent.
Le poulet, la viande star de nos frigos.
C'est la star de nos repas ! On en consomme plus de 25 kilos par personne et par an. Mais entre fermier, bio, label rouge et les poulets importés de l'étranger, comment s'y retrouver ?
Gariguette, Ciflorette, les fraises sont de retour !
La fraise : un produit sucré et goûteux, qui sent bon le printemps, mais qui devient de plus en plus difficile à produire...
Le grand talk-show bimensuel qui met l'agriculture au centre du débat.
« Very Important Paysans », consacrée à l'agriculture et à ses acteurs, s'adresse à tous : aux urbains qui veulent mieux comprendre ce qu'ils mangent, comme aux agriculteurs qui cherchent des moyens pour répondre à ces attentes.
Entre actualité, saisonnalité et décryptage, l'émission veut réduire le fossé qui sépare encore producteurs et consommateurs, en offrant un espace de dialogue et de réconciliation.
Sur le plateau : un invité politique, une personnalité du monde culinaire ou culturel, et une bande de jeunes chroniqueurs engagés et complémentaires.
Chaque numéro s'articule autour de rubriques fortes - « Aux champs en ce moment » ou « C'était comment avant ? » - pour mettre en perspective le présent et l'avenir de l'agriculture.
« Very Important Paysans », une émission engagée, vivante et citoyenne, au rythme des saisons, pour retisser le lien entre ceux qui nourrissent et ceux qui se nourrissent.
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NewsTranscription
00:06Chaque matin, ils sont debout aux aurores. Ils prennent soin de leurs champs, de leurs bêtes, de leurs fermes, pour
00:12nourrir chacun d'entre nous.
00:14Ce sont nos 600 000 héros du quotidien, des VIP, des Very Important Paysans.
00:20Amis des campagnes, amis des villes, bonjour !
00:22Nous sommes très heureux de vous retrouver sur LCP pour un nouveau numéro de VIP, Very Important Paysans.
00:28La première émission d'information consacrée au monde agricole.
00:32Eh oui, Nord VIP, la parole est aux agricultrices et aux agriculteurs.
00:35Et avec eux, nous allons plonger dans leur quotidien, découvrir leurs produits, leurs secrets de fabrication, mais aussi leur engagement,
00:42leurs galères et leurs réussites.
00:44Ils vont d'ailleurs nous rejoindre dans quelques instants, mais pour l'heure, je vous présente ma bande de VIP,
00:49mes Very Important Paysans, Honneur aux Dames, Louise Espart.
00:52Comment ça va ?
00:53Ça va très bien, merci. Hyper contente d'être là.
00:55Alors, Louise, nous, ce qu'on aime, c'est que vous nous présentez des personnages ou des personnalités, des hommes
00:59et des femmes inspirants qui se sont engagés ou qui s'engagent encore pour le monde agricole.
01:05Et aujourd'hui, je crois que vous avez trouvé encore une petite pépite.
01:08Oui, j'ai hâte de vous en parler, une productrice de fraises vers Bordeaux.
01:11À vos côtés, il y a JB, l'indéboulonnable JB, j'allais dire, Jean-Baptiste Vervy, toujours céréalide dans la
01:16Marne.
01:17Ça n'a pas changé. Je suis un agriculteur, producteur de pâtes et je crée des contenus sur les réseaux
01:21avec des copains.
01:22Il paraît. Et c'est pour ça que vous êtes là, parce que vous créez du super contenu avec vos
01:26copains agris pour partager justement des solutions, c'est ça ?
01:29Tout à fait. Plein d'histoires sur l'agriculture pour être un peu moderne.
01:33Ces copains agris s'appellent les Black Moutons.
01:35Mais non, les Black Chips, j'adore. C'est le côté un petit peu en dehors du troupeau, c'est
01:40ça ?
01:40C'est ça. Un petit peu de côté, tu vois.
01:42Ah bien, on va voir ce que donne l'esprit libre tout à l'heure, avec bien sûr ce que
01:46vous allez nous raconter.
01:48Il y a aussi notre petit nouveau, voilà, qui est revenu en deuxième semaine.
01:51Donc, on imagine qu'il a pris du plaisir la première fois. Comment ça va, Olivier Mével ?
01:55Alors, j'ai pris plus que du plaisir, puisque je suis de retour, toujours en direct de Brest, de ma
01:59Bretagne natale.
02:00Vous êtes maître de conférence d'économie à l'Université de Bretagne et aussi spécialiste de la consommation.
02:06Ça tombe bien, on a besoin d'un spécialiste de la conso pour décrypter justement tous ces produits qu'on
02:11achète en grande surface,
02:13leur parcours et puis surtout, leur prix, voilà, parce que le porte-monnaie des Français, c'est important.
02:18Et on va en parler avec vous, bien évidemment.
02:20Alors, à côté, bien sûr, j'ai cet Antoine Robin, le sniper de la bande.
02:24L'actualité agricole, c'est votre dada.
02:26Et vous la décryptez pour nous, sans langue de bois, c'est ça qu'on adore dans VIP.
02:29La première actualité, c'est votre suite, votre polo, quand même.
02:32Il est très, très printanier, avec des coccinelles, des papillons, des trèfles.
02:36C'est bien gut intégré.
02:38Tout à fait.
02:40On continue, bien.
02:42Et puis, tout de suite, je vous propose de découvrir le sommaire.
02:45C'est la star de nos repas.
02:47On en consomme plus de 25 kilos par an et par personne, c'est bien sûr le poulet.
02:52Ok, d'accord, mais entre fermiers, bio, la belle rouge et les poulets importés de l'étranger,
02:56comment on fait pour s'y retrouver ?
02:59Eh bien, on va tout vous expliquer.
03:01Et puis, nous recevrons Richard Ramos, député du groupe Les Démocrates.
03:04Et enfin, un produit sucré, goutteux, qui sent bon le printemps,
03:08mais qui devient quand même de plus en plus difficile à produire.
03:11On vous parlera des délicieuses fraises.
03:14Mais d'abord, que s'est-il passé dans nos campagnes ces dernières semaines ?
03:18Antoine Robin a fait le tour des actualités agricoles.
03:21C'est bien sûr le Very Important Press.
03:27Alors Antoine, qu'est-ce qui a retenu votre attention ces dernières semaines ?
03:31Un petit coup de gueule qui commençait pour te très très bien.
03:33Olivier, tous les matins, souvent j'emmène ma fille, 7 ans, Mina à l'école.
03:37Et là, qu'est-ce qu'on fait quand on arrive là-bas ?
03:38On consulte le menu.
03:40Et quand je vois le menu que propose l'école de Fontaine-sous-Bois, ma fille,
03:43alors là, je suis ravi des produits locaux et des produits bio.
03:47Formidable.
03:48On est conforme à ce que veut la loi Egalim.
03:50La loi Egalim, je rappelle, d'autant pour les cantines scolaires.
03:5350% des produits proposés locales, 20% du bio.
03:56Et donc, qu'est-ce que je fais ?
03:57J'appelle un copain agriculteur.
03:58Mais qu'est-ce que tu te plains ?
03:59Regarde, il y a un débouché formidable.
04:01Et là, il me dit, Antoine, tu plaisantes.
04:02Fontaine-sous-Bois est une exception.
04:03Pour nous, c'est un enfer kafkaïen.
04:06Pourquoi ?
04:07Parce qu'on nous a demandé, nous, agriculteurs,
04:09de se transformer en centrale d'achat.
04:11Il faut d'abord s'inscrire sur une plateforme dématérialisée.
04:14Il faut remplir une tonne de paperasse.
04:16C'est des marchés publics, évidemment, écrits en langage d'experts.
04:20On exige, en plus, des volumes industriels.
04:23Et puis, enfin, une logistique chronométrée,
04:25des certifications à la chaîne.
04:26Bref, il y a plein d'agriculteurs qui abandonnent en cours de route.
04:29Et c'est bien dommage.
04:31Et je crois que j'y vais.
04:32T'as essayé, toi, de le faire avec tes pattes.
04:33Oui, oui.
04:34Moi, c'est un vrai sujet.
04:36C'est un vrai débouché.
04:37Et c'est vrai que c'est pas si simple.
04:38Moi, je rajouterais surtout qu'entre les bonnes paroles
04:40et la réalité du commercial qu'a envie d'acheter,
04:43c'est là que ça diffère,
04:44parce qu'en fait, c'est quand même la bagarre du prix.
04:46Et comme toi, t'as un produit de qualité,
04:47forcément, par rapport à d'autres produits, c'est la guerre.
04:49Alors, une autre nouvelle aussi...
04:51Là, c'est plutôt une très bonne initiative.
04:53Qui a envie de devenir maraîcher ici ?
04:55Alors, moi, j'aimerais bien.
04:56Mais non, mais vraiment, vraiment.
04:59Maraîcher, c'est vrai que c'est souvent compliqué
05:00parce qu'on sait qu'une année après son lancement,
05:03un maraîchage sur deux disparaît.
05:05Eh bien, il y a une école qui s'est créée il y a trois ans
05:06qui s'appelle Cultive,
05:08qui est donc basée à Montaigu, en Vendée,
05:10qui est dirigée par Baptiste Saunier et sa femme Vanessa
05:13et qui propose à des gens qui ne sont pas issus du monde agricole
05:17de se former pendant neuf mois au maraîchage bio-intensif.
05:21Donc, c'est une méthode qui est issue...
05:23Voilà.
05:23C'est une méthode qui est issue d'un célèbre maraîcher québécois
05:26qui s'appelle Jean-Martin Fortier,
05:28avec une formule magique.
05:29Je produis sur un hectare, je nourris 250 personnes
05:32et je m'assure 150 000 euros de revenus.
05:35Donc, la troisième promotion est ouverte à partir de là.
05:38Il y a une limite d'âge ?
05:39Non, absolument.
05:40Vraiment ?
05:40Il faut juste...
05:41Non, absolument.
05:41Mais vous êtes si jeune.
05:42Vous êtes si jeune, Fred.
05:44Pas tant que ça, mais l'idée d'une reconversion m'intéresse fortement.
05:46Écoutez, inscrivez-vous sur cultive.com
05:49et donc, c'est une formation qui va durer neuf mois
05:51et il n'y a seulement que 18 places.
05:53Dépêchez-vous.
05:54Ah oui, c'est très restreint et très couru.
05:56Qu'est-ce que vous allez sortir de votre bureau ?
05:57Je vais vous montrer.
05:58Il a né ses chaussures, super.
05:59Ce ne sont pas des Weston.
06:01Un cordonnier, maintenant.
06:03Regardez ces chaussures.
06:04Elles sont quand même très sympas.
06:06Elles sont canons.
06:06Ce modèle s'appelle le modèle Rungis.
06:09Celui-là s'appelle le modèle Savoie.
06:10Ce sont des chaussures.
06:11Ce sont des gâtines.
06:13Elles viennent de partenaires dans les Deux-Sèvres.
06:15Chaussures de travail, c'est ça ?
06:16Au départ, c'est dans les années 50, ce sont des marchands de bestiaux
06:20qui ont demandé à leurs éleveurs de récupérer la peau
06:22pour leur faire des chaussures extrêmement solides.
06:25Et donc, c'est une marque qui a marché pendant des années.
06:28Évidemment, il y a 5-6 ans,
06:30because la concurrence des Chinois notamment,
06:33la boîte a fermé des pots de bilan.
06:35Et il y a deux jeunes femmes qui ont essayé de reprendre la marque
06:37surfant sur le fait qu'aujourd'hui,
06:39le matériel industriel et agricole, professionnel, revient à la mode.
06:43Et donc, ils ont décidé de relancer cette marque 100% française.
06:46Vous les avez essayées ?
06:47Je les ai essayées.
06:48Vous les avez portées ?
06:48Elles sont magnifiques.
06:49Alors, vous nous ferez un petit retour là-dessus.
06:50Olivier, on est un petit peu dessus quand même.
06:52Il va falloir négocier.
06:53Bien.
06:54Merci beaucoup, mon cher Antoine.
06:56C'est tout pour aujourd'hui.
06:57C'est tout pour aujourd'hui.
06:58Alors, si je vous dis la belle rouge, fermier ou standard,
07:01on parle de quoi ?
07:02Vous qui nous regardez, vous, devant le poulet ?
07:04Miam, miam.
07:06Non, mais miam, miam, miam, miam, quoi ?
07:07Miam, miam, poulet.
07:08Oui, bien sûr, c'est le poulet.
07:10Est-ce que vous saviez qu'il est devenu la viande préférée des Français ?
07:13On en consomme environ 26 kilos par an et par personne.
07:17Et sa consommation, en fait, ne cesse d'augmenter plus 15% en 5 ans.
07:21Oui, OK.
07:22Mais derrière ce succès, sa production pose encore question.
07:25Qualité, prix, conditions d'élevage, comment on s'y retrouve ?
07:28Bien.
07:29Justement, on va répondre à toutes ces questions.
07:31C'est notre premier very important produit.
07:38Et pour plonger
07:39dans cet univers, nous accueillons
07:41Benoît Drouin, éleveur de poulet
07:43dans la Sarthe. Bonjour Benoît.
07:45Bonjour. Merci d'être avec nous.
07:48Aidez pas votre copain
07:49ce soir.
07:50C'est juste qu'il y a un bel âme.
07:52Il y a un tel âme et il n'est pas tombé.
07:54T'as à peine la place pour passer.
07:56Mais c'est pas grave.
07:58Il a pris de l'embonpoint depuis ce week-end.
08:00C'est ça. Vas-y toi.
08:02Bon Benoît, vous avez
08:0349 ans. Et on peut dire que
08:05le poulet c'est une histoire de famille.
08:08Vous, vous avez toujours vécu au milieu des volailles ?
08:11Ben oui.
08:11Moi je suis né dans une famille de volaillers
08:13puisque ce sont mes grands-parents
08:15qui avaient des volailles. Puis mes parents en fait
08:18qui ont élevé des volailles en plus grande quantité.
08:20Et moi quand je suis revenu
08:21à l'agriculture au début des années 2000,
08:23j'ai perpétué cette tradition
08:25d'élever des poulets fermiers
08:28qui vont dehors.
08:30Et la petite nouveauté entre moi et mes parents
08:32c'est que nous on a fait le choix de l'agriculture biologique.
08:34On est passé du label rouge
08:35à l'aspect biologique.
08:37Mais sinon ça reste toujours des poulets
08:38qui sont élevés dehors.
08:39Vous n'avez pas tout de suite repris la ferme ?
08:40Qu'est-ce qui vous a fait revenir à la...
08:42Qu'est-ce qui vous a fait revenir à la ferme ?
08:44Il sait tout.
08:45Pour quelles raisons vous êtes revus ?
08:46C'est tout.
09:01C'est tout.
09:02La filière, Benoît ?
09:04Exactement, puisque à peu près une volaille sur deux
09:06aujourd'hui consommée en France est importée.
09:09Donc quand on dit ça, on a tout dit.
09:10C'est-à-dire qu'on manque non seulement d'éleveurs,
09:12ça c'est clair,
09:13on manque aussi d'espace,
09:16on manque aussi de poulaillers,
09:17parce qu'évidemment il faut de l'espace,
09:18mais il faut aussi des poulaillers
09:19pour élever ces volailles.
09:21Donc oui, appel à toutes les vocations
09:23qui voudraient ce métier.
09:23Parce que s'il n'y a pas d'éleveurs,
09:26ce sont des autoroutes de l'importation
09:27et on aura du mal à déconstruire ces autoroutes.
09:30Ils sont importés d'où ces poulets, Olivier ?
09:32Essentiellement, ils sont quand même importés
09:34à l'intérieur de l'Union européenne.
09:36La Pologne.
09:36Et notre premier, on va dire,
09:39fournisseur étant la Pologne.
09:41Après, il y a des choses que l'on parle beaucoup
09:43dans les médias,
09:43le poulet ukrainien,
09:44maintenant on parle même du poulet chinois,
09:47et un peu aussi la Thaïlande,
09:49qui est un grand pays producteur de volailles,
09:51puisque si vous ne le savez pas,
09:53chaque volaille, en fait,
09:54dans la panoplie de volailles,
09:55a un continent d'origine,
09:56et le poulet est né dans la jungle de Borneo.
09:59Donc la Thaïlande est légitimement
10:00un pays producteur de volailles.
10:02Ce n'est pas juste folklorique.
10:03Il y a un géant qui s'appelle MHP,
10:05qui est un énorme producteur de poulet,
10:072 millions de poulet par jour ukrainien,
10:09dont le siège...
10:10Par jour ?
10:10Par jour, oui.
10:11Par jour, 2 millions de poulet
10:12traités par jour ukrainien,
10:14et dont le siège social est à Chypre,
10:15qui vient de racheter
10:16un énorme géant espagnol,
10:18qui en fait entre 6 et 700,
10:20avec...
10:20Ils ont créé, donc, évidemment,
10:21une énorme fermusine ensemble.
10:23Est-ce que ça, pour vous,
10:23c'est une inquiétude
10:24de plus devoir débarquer chez nous
10:26encore plus de poulet d'origine étrangère ?
10:27C'est sûr que c'est une inquiétude.
10:29On ne peut pas faire comme si ça n'existait pas.
10:31Il y a encore 15 ans,
10:31on était autonome en production de volailles.
10:33C'est-à-dire que les Français
10:34étaient capables de produire
10:35ce qu'ils consommaient.
10:37On a regardé une petite part d'exportation
10:39pour les pays du Moyen-Orient.
10:40Mais ça, c'est en train, petit à petit,
10:42de disparaître au profit de la consommation,
10:44de la production et de la consommation nationale.
10:46Ça, c'est plutôt une bonne nouvelle.
10:46Mais oui, cette concentration de la production
10:50peut être inquiétante
10:51de par la taille de ces élevages,
10:53de par les normes que ces élevages respectent,
10:56qu'elles soient sociales,
10:57pour l'aspect main-d'oeuvre.
10:57On sait très bien que les coûts de main-d'oeuvre
10:59sont nettement moins chers en Ukraine
11:00qu'ils le sont chez nous en France.
11:03Et puis, la taille de ces pays,
11:04qui fait que chez nous,
11:06vous avez des habitations un petit peu partout.
11:07C'est compliqué de produire
11:08des grands bâtiments comme ceci,
11:10alors que c'est beaucoup plus facile
11:11en ces pays-là.
11:11Ce qui est fou, c'est qu'on a une demande
11:13qui est en net hausse
11:15et qu'en fait, on ne laisse pas les producteurs produire.
11:17C'est difficile de construire des poulaillers.
11:19Aujourd'hui, il faut deux ans en moyenne
11:20avec l'énorme ICPE,
11:21installation classée pour la protection de l'environnement.
11:23Et je crois qu'aussi,
11:24il faut aujourd'hui relancer la production
11:25et qu'on réponde à cette demande
11:27avec du poulet français.
11:29Il faut aussi que les voisins acceptent
11:32d'avoir un poulailler.
11:33C'est toujours le paradoxe,
11:35c'est-à-dire qu'on a besoin,
11:36ça serait génial pour installer des jeunes,
11:38ça serait...
11:38Il faut du monde,
11:39mais sauf que le poulailler,
11:40on ne le veut pas que tu es de chez soi.
11:41Ce qu'il faut comprendre,
11:42en fait, c'est vrai pour ces productions-là,
11:44mais ça peut être vrai pour plein de productions.
11:46La réalité de la démographie agricole,
11:48elle est la même que pour le reste de la démographie.
11:50On est de moins en moins nombreux.
11:51Donc, on a gagné en productivité du travail,
11:53on a gagné en productivité numérique,
11:54un tas de choses.
11:55On est capable de produire beaucoup plus
11:56avec moins de monde.
11:57Sauf qu'il y a quelque chose qu'on a oublié,
11:59c'est que dans les campagnes,
11:59ça fait beaucoup moins d'agriculteurs,
12:01moins de paysans dans les campagnes.
12:02C'est-à-dire que socialement, en fait,
12:03c'est un métier qui n'est plus ancré
12:05dans certaines communes.
12:05Dans certaines communes,
12:06il reste un agriculteur.
12:07Donc, un agriculteur,
12:08qu'est-ce qui pèse démographiquement,
12:09qu'est-ce qui pèse socialement ?
12:10Rien du tout.
12:11Donc, derrière, c'est plus de commerce,
12:13plus d'agroalimentaire
12:14et plus ce tissu rural, en fait,
12:15qui fait que l'agriculture était acceptée
12:17parce qu'elle avait une fonction
12:19de faire vivre le territoire.
12:21Aujourd'hui, ça n'est plus le cas.
12:22Et dans la filière volaille,
12:23on a une spécificité quand même
12:25qu'on ne rencontre pas
12:26dans les autres filières,
12:27c'est que la consommation explose
12:295-6% par an en moyenne,
12:31alors qu'on n'est même pas
12:33au niveau de la production
12:34qu'on avait en 1995.
12:36Donc, on voit à quel point
12:37le déficit est important.
12:39Il faut installer des éleveurs
12:40coûte que coûte,
12:41et je suis complètement d'accord
12:42avec Louise,
12:43parce que sinon,
12:44on va légitimer ces autoroutes
12:45de l'importation
12:46et on n'arrivera plus,
12:47finalement, derrière à faire.
12:49Moi, je ne dirais pas
12:50coûte que coûte
12:51parce que je trouve
12:51que ça fait vraiment
12:52un marché forcé.
12:52Je pense que c'est un bienfait
12:55d'installer des éleveurs aujourd'hui
12:57dans le sens où on voit
12:58en ce moment avec le détroit d'Hormuz
12:59et le problème des engrais,
13:00on sait très bien
13:01que nos sols manquent
13:02de matière organique
13:03et remettre de l'élevage
13:04dans les régions serralières.
13:05Moi, quand je traverse du Maine
13:06pour aller jusqu'à Paris,
13:08je traverse la Beauce
13:08en TGV
13:09et on voit bien
13:10que c'est des terres,
13:11même à 300 km heure,
13:12on voit bien que c'est des terres
13:12qui, en termes de matière organique,
13:13sans faire une analyse,
13:14on voit bien
13:15qu'il manque un petit quelque chose.
13:16Et je pense que
13:17c'est aussi vertueux
13:18de faire revenir
13:19les effluents
13:20que sont les fumiers de volaille,
13:21par exemple,
13:22ou de poules,
13:22c'est vrai pour les oeufs,
13:24à ces terres.
13:24Et c'est intéressant,
13:25parce que...
13:25Excusez-moi,
13:26mais moi, je ne sais pas.
13:27Je voudrais juste intervenir.
13:28Je vous ai arrêté.
13:29Je vous regardais discuter,
13:30je trouvais ça super intéressant,
13:31mais moi, je suis une consommatrice,
13:32je suis ni une experte,
13:33ni une élue,
13:34et je me dis quand même,
13:35on a du mal à s'y retrouver
13:36parce qu'on nous dit
13:37des poulets bio,
13:38du label rouge,
13:39ces fameux poulets importés.
13:41On ne va pas forcément
13:42retourner le poulet
13:43ou la découpe de poulet
13:44pour voir la provenance,
13:46mais on a quand même
13:48un spécialiste de la conso,
13:49en la personne d'Olivier,
13:50Mével,
13:51et moi, j'aimerais bien, Olivier,
13:52que vous nous expliquiez
13:53pourquoi il y a
13:53de telles différences de prix
13:56aussi,
13:56et d'élevage,
13:57et nous, consommateurs,
13:58qu'est-ce qu'on mange
13:59et qu'est-ce qu'on paye,
14:00finalement ?
14:01Fred, c'est tout simple
14:02parce que devant nous,
14:03là, on a la volaille du dimanche
14:05parce qu'on peut prendre
14:05l'exemple de cette volaille
14:06du dimanche
14:07et donc d'un consommateur,
14:09une consommatrice
14:09qui décide de faire
14:10sa volaille du dimanche.
14:12Deux premiers choix,
14:13c'est qu'est-ce qu'on fait ?
14:14On fait du prêt-à-cuire,
14:15c'est-à-dire la volaille
14:16dans son entier
14:17ou alors est-ce qu'on fait
14:17de la découpe ?
14:18Une fois qu'on a choisi ça,
14:19la vraie question,
14:20c'est que vous allez
14:27le label volaille française.
14:29De la volaille française,
14:31absolument.
14:31Si ce n'est pas
14:32de la volaille française,
14:32c'est non.
14:33Tout de suite, on ne prend pas.
14:35Une fois que vous avez fait
14:35votre choix entre l'usage,
14:37la découpe,
14:38c'est forcément plus cher,
14:39trois, quatre fois plus cher
14:40ou alors le pack.
14:41La découpe, c'est le filet ?
14:43Le filet, c'est le filet,
14:44la cuisse.
14:45On consomme d'ailleurs
14:46le plus, nous, en France,
14:47je crois, on ne fait plus
14:48rôtir le poulet
14:49comme on le faisait
14:50C'est la grande majorité
14:50des achats mais à une heure
14:52où le pouvoir d'achat
14:53est quand même en difficulté
14:54chez tous les Français.
14:56La vraie question,
14:57c'est avez-vous les moyens
14:57de la découpe ?
14:58Pourquoi ne pas revenir
14:59sur le pack
15:00qui vous permet
15:01une consommation peut-être
15:03différée tout au long
15:04de la semaine ?
15:04Mais en tout état de cause,
15:06quand on regarde
15:07cette volaille,
15:08des deux tiers,
15:09c'est de la volaille standard.
15:10C'est-à-dire qu'en fait,
15:11ce qui fait l'économie
15:12aujourd'hui de la filière,
15:13c'est la durée d'élevage
15:14de 35 à 90 jours
15:16pour la bio.
15:16Elle n'est pas bien grosse,
15:17moi, je trouve,
15:18cette volaille.
15:18Elle fait combien à vue de nez ?
15:19Généralement,
15:20elles font entre 1,2 kg,
15:211,7 kg.
15:22Et celle-là,
15:23si c'est une volaille
15:23standard, conventionnelle,
15:25élevée 35 à 41 jours,
15:27ça vaut entre 6 et 7 euros
15:29le kilo.
15:30Donc, c'est plutôt
15:30une bonne affaire en pack.
15:32Après, derrière,
15:33au-dessus,
15:34si vous pouvez...
15:34Olivier, c'est des souches particulières,
15:3535 à 41.
15:36C'est un choix délibéré
15:38de l'éleveur
15:38de prendre ce genre
15:39de souches-là.
15:40Tout à fait, Antoine,
15:41parce qu'en fait,
15:42si on prend une souche
15:43à croissance lente,
15:44comme on dit,
15:44on va vers une volaille fermière,
15:46celle que fait
15:46Don Penois là-bas.
15:48Et une volaille
15:49qui est, on va dire,
15:50une vraie petite merveille.
15:52Moi, aux Etats-Unis,
15:52on me parle du Red Label,
15:54le fameux Red Label français.
15:55Label rouge.
15:56C'est-à-dire,
15:56ce label rouge,
15:57c'est-à-dire cette volaille
15:58de 81 jours.
15:59Imaginez, Fred.
16:00C'est plus du double
16:01de ce qui reste de l'art.
16:02Pour l'amener à 2,2 kg,
16:0481 jours.
16:05Je vous rappelle que...
16:06Elle n'est pas à 2,2 kg.
16:07On est bien d'accord.
16:09On n'a pas envie de demander,
16:09en tout cas.
16:10Mais 2,2 kg,
16:11c'est une petite volaille.
16:13Mais imaginez bien
16:14que les Brésiliens,
16:15aujourd'hui,
16:15sont capables
16:16de faire une volaille
16:16de 2,2 kg en 27 jours.
16:18C'est terrible.
16:19Donc, avec des normes
16:20environnementales
16:21et sanitaires
16:21complètement différentes.
16:23C'est-à-dire que le consommateur
16:24a le choix
16:25de la durée d'élevage
16:27et a donc le choix
16:27de la qualité,
16:28de la valeur.
16:29Par contre,
16:30il faut être bien conscient
16:30qu'une volaille
16:31qui a été élevée
16:3280 jours,
16:33ça a un coût
16:34pour l'éleveur.
16:35C'est quoi la différence
16:35de prix entre le standard
16:36et le haut de gamme,
16:37justement ?
16:37Généralement,
16:38sur le label rouge,
16:39vous êtes aux alentours
16:40de 12, 13 euros du kilo.
16:42Mais c'est une valeur
16:43qui est...
16:43Non, vous n'êtes pas d'accord.
16:44Pas d'accord.
16:45J'écoute Olivier
16:45avec attention
16:46quand même à chaque fois
16:47qu'il parle.
16:48Je dirais que
16:50le consommateur,
16:50ce qui guide le consommateur,
16:51c'est le prix,
16:522, le prix,
16:523, le prix.
16:53On est bien d'accord avec ça.
16:54Et nous, on l'a vu
16:55avec les crises de l'inflation
16:56suite au Covid
16:57où les céréales étaient passées
16:58très très chères.
16:59Du coup, notre prix a augmenté
17:00et on n'en vendait plus.
17:01Aujourd'hui,
17:02on a connu des baisses de céréales
17:03et céréales aujourd'hui
17:03sont à des niveaux...
17:05C'est cher.
17:05Alors, je suis...
17:09Je compatis.
17:09Je ne sais pas
17:10si je mets c'est une petite clare
17:10mais je compatis.
17:11Ça, c'est la dichotomie
17:12entre le végétal et l'animal.
17:13Mais je dis qu'on est
17:14sur des prix de céréales
17:16peu chers peut-être pour toi
17:17mais raisonnables
17:18pour nous, éleveurs,
17:18qui fait qu'on arrive
17:19à vendre en magasin
17:20une volaille entière
17:22à un prix aujourd'hui
17:23dans une grande surface.
17:25Un poulet fermier
17:26la belle aujourd'hui,
17:27on peut être autour
17:27de 6, 7 euros,
17:29même des fois moins
17:30de 6 euros en promotion.
17:31En promo.
17:31Et je dis juste
17:32pour le consommateur,
17:33ce n'est pas plus cher,
17:34voire même peut-être
17:35même moins cher
17:36que l'usage
17:37que tu parlais tout à l'heure
17:38si bien de la découpe
17:39puisque le poulet standard
17:41n'est jamais vendu
17:41quasiment jamais en entier,
17:43il est vendu découpé.
17:44Donc en gros,
17:45ce qui nous est présenté là
17:46sur la table à découper
17:48des cuisses
17:48est les filets.
17:49Et le reste est valorisé
17:51dans de la charcuterie,
17:52dans des plats préparés, etc.
17:53Et quand on compare
17:54le prix d'une découpe standard
17:55avec un poulet la belle rouge
17:58entier fermier,
17:59le poulet entier
18:00n'est pas plus cher.
18:01Et on l'a vu tout de suite
18:02dans notre statistique.
18:03Quand on ramène le prix au kilo.
18:03Voilà.
18:04Et nous en France,
18:05tous mes collègues producteurs,
18:06on a à peu près 6 000 producteurs
18:07de poulet la belle rouge
18:08et bio en France aujourd'hui.
18:09L'année dernière,
18:09on a fait plus 5%.
18:10Alors vous allez me dire
18:11oui, c'est facile de dire ça.
18:12Vous aviez perdu combien avant ?
18:14Oui, certes,
18:14on avait perdu avant.
18:15Mais on a vu
18:15que c'était quand même possible.
18:17Vous pesiez 2% du marché
18:18aujourd'hui ?
18:18Non, alors le poulet la belle rouge
18:20aujourd'hui,
18:21c'est un petit peu moins
18:21de 20% du marché.
18:22Ah, 20%.
18:23Est-ce que financièrement,
18:24vous vous en sortez aujourd'hui ?
18:25Et 1% pour la bio.
18:26Est-ce que financièrement,
18:26aujourd'hui,
18:27vous en sortez ?
18:28Et est-ce que pour les jeunes
18:28qui veulent s'installer,
18:29les coûts des bâtiments
18:30ont beaucoup augmenté
18:31en 10 ans.
18:32Est-ce que ça reste
18:33une filière rentable ?
18:34Il y a plein de questions.
18:35On pourrait y passer
18:35toute la matinée.
18:36Oui, alors,
18:38à l'instar d'autres productions
18:40en viande,
18:40que ce soit le mouton
18:41ou la viande bovine,
18:43la volaille,
18:43elle a une chance énorme,
18:44c'est qu'elle est contractualisée.
18:45C'est-à-dire qu'en gros,
18:46on ne produit pas juste un poulet
18:47pour dire qu'on produit un poulet.
18:49Chaque poussin
18:50qui naît chez moi,
18:51en fait,
18:51dans mon élevage,
18:52il est déjà vendu.
18:53Alors,
18:54il peut y avoir des petits aléas,
18:55mais c'est à la marge.
18:56Donc,
18:56ce qui veut dire que,
18:56voilà,
18:57on a des images derrière vous.
18:58C'est que c'est énorme.
18:59Ça, c'est chez moi.
19:00Ça, c'est chez moi, ça.
19:01D'accord.
19:02Combien de poulets vous avez ?
19:03Alors,
19:03moi,
19:03j'ai 4 fois 4000 volailles.
19:06D'accord.
19:06Donc,
19:07avec un parcours,
19:08donc devant,
19:09de presque 2 hectares
19:10pour chacun des poulaillers.
19:12Et un poulailler
19:12fait environ 400 mètres carrés.
19:14Et des arbres pour l'ombre,
19:15ça fait partie
19:15de la décharge.
19:16C'est hyper important.
19:16Le parcours ombragé,
19:17c'est obligatoire.
19:18On se demandait
19:18si vous gagnez bien
19:20votre vie
19:20avec ces poulets.
19:22Alors,
19:22un paysan,
19:22il ne tira jamais
19:23qu'il y a de la sa vie.
19:24Demandez à J.B.
19:25Demandez à J.B.
19:25Non, mais c'est important
19:26de savoir ce que nous consommateurs,
19:28on veut bien acheter
19:29un poulet à un certain prix.
19:29Il y a deux questions.
19:30Quand on dit
19:30bien gagner sa vie,
19:31déjà,
19:31en fait,
19:32chacun a un impérioriste
19:32sur qu'est-ce que c'est
19:33bien gagner sa vie.
19:33On est d'accord.
19:34Est-ce que vous en sortez ?
19:35Est-ce que c'est correct
19:35pour vous
19:36et pour votre famille ?
19:37Les éleveurs
19:38qui sont anciens
19:38officiels de qualité,
19:39que ce soit la Belle Rouge ou le Bio,
19:40gagnent leur vie.
19:42La question en ce moment
19:42de la rémunération des éleveurs,
19:44puisque c'est la question
19:45qu'il y a un peu
19:45dans tous les médias,
19:46c'est est-ce qu'on est capable
19:47de faire perdurer ce modèle
19:49et notamment par rapport
19:50à ce que dit Louise
19:50sur l'investissement
19:51dans les bâtiments.
19:52On sait très bien
19:53que les bâtiments
19:54ont été multipliés
19:54presque par deux en dix ans.
19:56Quand on regarde
19:57le prix du poulet,
19:57il n'a pas été multiplié par deux.
19:59C'est ça le problème.
19:59Alors évidemment,
20:00on amortit ça
20:00sur une dizaine d'années,
20:02mais c'est une vraie question.
20:03Donc aujourd'hui,
20:04on sait très bien
20:04que les groupements
20:06avec lesquels on travaille
20:07donnent un coup de main
20:08dans les investissements,
20:10mais on voit très bien
20:10que cet impact
20:12de ces investissements
20:13sur le prix du poulet
20:14pourra avoir aussi
20:15un impact sur le fait
20:16qu'on ne renouvelle pas
20:17nos générations
20:17et que demain,
20:18on manque de producteurs,
20:19donc de poulet.
20:20Est-ce qu'irrémédiablement,
20:21on n'est pas parti
20:22pour avoir des poulaillers
20:24de plus en plus gros
20:24comme nos copains
20:25que tu as vus là ?
20:26Quand on regarde,
20:27je parle pour le poulet standard,
20:29les tailles moyennes
20:30de mètre carré
20:30par exploitation
20:32dans l'Europe,
20:33on dit toujours
20:34chez nous,
20:34c'est trop petit
20:34donc on n'y arrive pas.
20:35Globalement,
20:36quand on regarde
20:36la moyenne,
20:38on est plutôt
20:39au-dessus de la moyenne
20:39en France.
20:40Une moyenne,
20:41ça ne veut rien dire,
20:41c'est l'écart-type
20:42qui compte.
20:43Effectivement,
20:43on est beaucoup plus petit
20:44que ce qu'on peut trouver
20:45en Ukraine.
20:46Un peu plus petit
20:47que ce qu'il y a en Pologne,
20:47mais pas non plus
20:48du simple au double.
20:49Et on est semblable
20:51à ce que font
20:52les Danois
20:53ou les Pays-Bas
20:53ou même les Allemands.
20:55Donc la taille,
20:56oui, c'est sûr
20:59plein air.
21:00Non, il n'y aura jamais
21:00des bâtiments
21:01de 1 000 m²
21:02ou 2 000 m²
21:02en plein air
21:03parce que c'est notre
21:04marque de fabrique
21:04et le consommateur,
21:05ce n'est pas ça
21:06qu'il nous demande.
21:06Il nous demande
21:07de continuer à avoir
21:08un poulet qui sort
21:09de l'extérieur,
21:09qui est élevé
21:10avec des souches
21:10à croissance lente,
21:11qui est capable
21:11d'avoir une fibre
21:12musculaire plus ferme
21:13et qui est capable
21:14d'avoir du goût
21:15quand Frédéric le récupère
21:16le dimanche
21:17à la rotisserie.
21:17Non, mais justement,
21:18parce que vous êtes
21:19par ailleurs président
21:20du syndicat national
21:21des volailles labellisé,
21:23vous parliez effectivement
21:24d'inciter le consommateur
21:25à se tourner aussi
21:26vers ces poulets
21:27de qualité,
21:28mais comment vous y prenez ?
21:30Ça passe par quels outils ?
21:31Qu'est-ce qu'on essaie ?
21:32On est un petit peu
21:33comme tout le monde,
21:33on essaie de faire
21:34de la communication.
21:35Dans mon syndicat,
21:37chaque éleveur
21:38a une cotisation
21:39sur chacune des volailles
21:40vendues qui sert
21:41à la communication,
21:41qui nous permet
21:42de faire des petits
21:44montages publicitaires
21:46qu'on va passer en radio,
21:48qu'on va passer
21:49sur du DOH,
21:50de l'affichage dans les gares,
21:50les aéroports,
21:51des choses comme ça.
21:52Évidemment,
21:52c'est des petits moyens
21:53puisque ça va faire rire
21:54les gens de la communication,
21:55mais on dépense en moyenne
21:56un million d'euros par an.
21:58Certains me diront
21:58c'est énorme,
21:59un million,
21:59mais on dit que
22:00c'est rien du tout.
22:01Il faudrait au moins
22:02le double pour commencer
22:03à exister et être capable
22:04de le faire tous les ans.
22:04Et est-ce que vous ciblez
22:05la restauration collective ?
22:06Parce qu'on le sait
22:07que beaucoup de produits
22:09de volailles importés
22:10sont par là
22:10et que la solution aussi
22:11serait là d'afficher
22:12l'origine,
22:13je ne sais pas
22:13sous ton contrôle,
22:14mais d'afficher l'origine
22:14France sur les produits
22:15transformés ?
22:16Effectivement,
22:16quand on a vu
22:17la loi EGalim arriver,
22:18on s'est tous jetés dessus,
22:19on a fait le lobby
22:19qui était nécessaire
22:20pour arriver.
22:21C'est génial,
22:22il y a 50%
22:23qui nous est réservé.
22:24Et puis,
22:24quand on a commencé
22:25à construire
22:25les petites lignes
22:26du 50%,
22:26on s'est aperçu
22:27qu'il y avait
22:28beaucoup de monde
22:28à vouloir rentrer
22:29par la porte
22:29des petites lignes.
22:30Et en fait,
22:31aujourd'hui,
22:31le résultat,
22:32c'est que,
22:33in fine,
22:34quand on regarde statistiquement,
22:35si vous allez sur ma cantine
22:36et que vous regardez
22:36les gens qui déclarent,
22:37il y a ceux qui déclarent pas,
22:38mais ceux qui déclarent,
22:39en fait,
22:39le frein du prix,
22:42puisque sur une volaille
22:43en cantine,
22:44les gens vont plutôt
22:44acheter du filet,
22:45ce qui est plus facile,
22:46ça fait le même morceau
22:47pour tout le monde,
22:48on n'a pas le problème
22:48du « ah ben moi j'ai l'ail,
22:50ah ben moi j'ai l'ail ».
22:50Ça, c'est un problème aussi,
22:52c'est plus compliqué.
22:53Alors,
22:53on a mis au point
22:54quelques subterfuges,
22:55aujourd'hui,
22:55on arrive à préparer
22:56des sautés de poulet
22:58où on va mélanger
22:59ce qu'on appelle le rouge,
23:01les cuisses
23:02et puis une partie des ailes
23:04et puis du blanc
23:04que sont les filets.
23:06On mélange tout ça
23:06pour que dans l'assiette,
23:07les convives puissent avoir
23:09en fait les mêmes morceaux
23:10et ça évite les discussions
23:11ou les regards
23:12par-dessus l'épaule
23:13pour savoir
23:13quelles pièces on a.
23:14Donc on fait tout ça
23:15mais il y aura toujours
23:16la contrainte du prix
23:16puisque dans les 50%,
23:18il y a plein de gens
23:19qui rentrent
23:19par d'autres petites portes.
23:20Petit tour de teint
23:21pour terminer cette partie.
23:24Quel est le morceau de poulet
23:25que vous préférez ?
23:26Comment vous le consommez,
23:27Louise ?
23:27À l'aile, moi.
23:28Ah oui ?
23:29Ah oui.
23:29Ok.
23:30Première à me jeter sur l'aile
23:31au repas de famille.
23:33Moi, je ne pourrais pas
23:33manger avec Louise.
23:34Ah, vous c'est quoi ?
23:35Benoît ?
23:36C'est pareil, c'est pareil.
23:38Il y a deux ailes.
23:38Oui, mais bon.
23:39Une aile, il n'y a quand même
23:40pas énormément.
23:41Mangez sur une aile,
23:41il faut étonner.
23:42Moi, c'est l'aile aussi.
23:43J'y mets, l'aile ou la cuisse,
23:45du coup ?
23:46Tout.
23:46Moi, je mange tout.
23:47Surtout les pâtes.
23:48On aime tout dans le poulet.
23:49Avec des pâtes, toujours avec.
23:50Toujours avec des pâtes, évidemment.
23:52Olivier ?
23:53Moi, c'est surtout pas du poulet
23:55parce que moi, j'adore
23:56la diversité des espèces
23:57qu'on a en France.
23:58Et donc, on a un patrimoine
24:00génétique extraordinaire.
24:02Et moi, j'adore la pintade,
24:03le coquelet, la dinde
24:04et le solilès de dinde.
24:06C'est quelque chose
24:06d'assez exceptionnel.
24:07En volaille, mais pas forcément poulet.
24:09Voilà.
24:09Même si 90% de la consommation,
24:12c'est du poulet,
24:12il faut aussi s'intéresser
24:14aux autres volailles.
24:15Monsieur, ça fait plaisir
24:17en Bretagne.
24:18Et enfin, Antoine ?
24:19C'est les ailes, moi,
24:19parce que j'aime bien manger
24:20avec les doigts.
24:21Il y a un petit côté régressif
24:22avec mes filles et tout.
24:23J'adore manger, en avant, partout.
24:25Moi, j'adore le blanc,
24:27donc c'est parfait.
24:28Il me reste...
24:29Il me reste tellement régalé.
24:30Merci beaucoup, Benoît Adroin,
24:32d'être venu nous voir
24:33sur le plateau de VIP.
24:34C'est un plaisir d'échanger
24:35avec vous sur votre quotidien
24:36d'éleveur de poulet
24:38dans la Sarthe.
24:39Et puis, bon,
24:40on a évoqué, bien sûr,
24:41la relève avec les enfants.
24:42Eh bien, vous reviendrez
24:43nous en parler prochainement
24:45pour voir comment ça se passe.
24:46Merci beaucoup.
24:48Allez, tout de suite,
24:48on va parler politique
24:49puisque l'agriculture,
24:51c'est politique.
24:52Et dans VIP,
24:53on aime bien recevoir
24:53des personnalités impliquées
24:55dans la vie politique agricole.
24:57C'est l'heure
24:58de notre verie importante politique.
25:05Et nous recevons
25:05Richard Ramos,
25:07député du Loiret.
25:08Bonjour, Richard Ramos.
25:10Merci d'être avec nous.
25:11Merci à vous.
25:12C'est un vrai plaisir.
25:13Il paraît que vous avez été
25:14chroniqueur gastronomique
25:16dans une autre vie.
25:17En même temps,
25:17il a les mêmes l'aides
25:18que Jean-Pierre Coff.
25:18C'est un petit côté Coff.
25:19Je vais vous dire,
25:21je suis du centre Val-de-Loire
25:22et Jean-Pierre était
25:22du centre Val-de-Loire.
25:23Mes filles ont été souvent
25:25dans le potager de Jean-Pierre.
25:27Un exceptionnel potager.
25:29C'était un érudit de la cuisine,
25:31un érudit de l'histoire de France.
25:33Donc oui,
25:33c'est un peu un clin d'œil
25:34avec quelqu'un
25:35avec qui j'ai beaucoup échangé.
25:36Et oui,
25:36j'étais chroniqueur gastronomique.
25:37J'ai bal tourné,
25:38je suis devenu député.
25:39Il n'y a nulle n'est parfait.
25:40Vous nous racontez
25:41ce qui s'est passé.
25:42Mais effectivement,
25:43vous n'êtes pas issu
25:43du monde agricole,
25:45on peut le dire.
25:45Non.
25:45Ce n'est pas un secret.
25:47Vous avez même travaillé
25:48dans le privé.
25:50Chroniqueur,
25:50effectivement,
25:51gastronomique,
25:51député,
25:53maintenant dans le Loiret
25:54et surtout,
25:55surtout,
25:56spécialiste des questions alimentaires.
25:58Vous ne mâchez jamais vos mots.
26:00Alors,
26:00on va commencer
26:01avec un petit portrait chinois.
26:02Ça vous dit ?
26:03Comme ça,
26:03on fait connaissance sympathiquement.
26:05Si vous étiez un animal
26:06de la ferme ?
26:07Ah,
26:08je crois que je serais
26:09quand même un poulet.
26:10Un petit poulet.
26:11Tiens,
26:11Je pense que je serais
26:12un poulet.
26:13Parce que d'abord,
26:14j'ai 14 poules chez moi.
26:16D'accord ?
26:17Et c'est toujours un plaisir
26:17qu'on allait les nourrir
26:20et aller chercher
26:24de la galinette,
26:25aller chercher
26:25de la blanche du gatiné,
26:27aller chercher
26:27de la noire du berit.
26:28Et donc,
26:28j'ai une petite variété
26:29de poules anciennes
26:30et vraiment,
26:31c'est génial.
26:32Mais c'est vrai
26:32qu'une cuisse
26:33de petit poulet rameau,
26:33ça ne doit pas être mauvais.
26:35Vous pensez quand même
26:36que le poulet
26:36a une fin tragique,
26:37néanmoins mon cher.
26:39Non,
26:39il a une fin logique.
26:40C'est-à-dire que
26:41tant qu'on nourrit
26:42les animaux
26:43pour se nourrir soi-même,
26:44en faisant de la qualité,
26:46voilà.
26:47Et donc,
26:47derrière,
26:47quand j'ai mes poulets,
26:48ça veut dire
26:48que j'ai du guano,
26:49j'ai une espèce,
26:51tout ce guano-là,
26:52je le mets dans mon potager
26:53et donc,
26:54derrière,
26:54dans ce potager-là,
26:56je vais avoir des légumes.
26:57Donc,
26:57tout ça est un écosystème
26:58et donc,
26:59c'est normal.
27:00Aujourd'hui,
27:00l'homme,
27:01il a toujours mangé un peu,
27:02il a été chassé,
27:03après,
27:04il s'est sénantarisé,
27:06il a fait une agriculture locale
27:08et donc,
27:08c'est ce qu'il faut défendre.
27:09Et à la fin,
27:10il faut que ça se termine
27:11dans l'assiette
27:11avec des gens qu'on aime.
27:13Ça,
27:13c'est sûr,
27:13le partage,
27:14c'est le principe.
27:15C'est le principe.
27:15Voilà,
27:16de partager cette nourriture.
27:17Une autre petite question,
27:19si vous étiez un aliment fétiche,
27:21si vous étiez en choisir un,
27:22celui qui vous fait le plus de bien ?
27:24Je dirais l'asperge.
27:26Oui,
27:26surtout en ce moment.
27:27en pleine saison.
27:28Évidemment.
27:28Pourquoi ?
27:29Parce que,
27:29il y a des produits,
27:30l'asperge,
27:31la cerise,
27:32on attend cette saison.
27:33Je veux dire,
27:35l'asperge,
27:35c'est vraiment,
27:36qu'on soit dans les Landes,
27:37qu'on soit chez moi,
27:38dans le Val-de-Loire.
27:39Voilà.
27:39Et puis l'asperge,
27:40ça pousse dans des terres sableuses.
27:42Et donc,
27:43ça raconte une histoire.
27:44Parce que manger,
27:45évidemment,
27:46ce n'est pas des calories
27:46entre la lèvre supérieure
27:48et la lèvre inférieure.
27:49Manger,
27:50c'est une histoire,
27:50c'est une géographie.
27:51Et l'asperge,
27:52elle raconte ça.
27:53Elle raconte cette géographie
27:54qui nous permet de se dire,
27:56là,
27:56parce que c'est sableux,
27:57parce que je suis en Sologne,
27:58parce que je suis dans les Landes,
27:59je vais avoir de l'asperge.
28:01Et donc,
28:01c'est un produit
28:02qui est un produit
28:02de saison par nature.
28:04Donc,
28:04voilà le produit qui...
28:05Eh bien,
28:06parfait.
28:07Poulet et asperge.
28:08Avec une petite mousseline,
28:10c'est-à-dire une petite mayonnaise
28:11auquel on a fait monter des blancs.
28:12Évidemment.
28:13Les blancs en neige.
28:13Évidemment.
28:13Ils nous rajoutent
28:14les blancs en neige
28:14dans la mayonnaise.
28:15Il n'a pas été
28:17chroniqueur gastronomique pour rien.
28:18On va aller manger.
28:20On va faire le déplacement
28:22dans le Loiret.
28:23Bien sûr qu'on va venir
28:23dans le Loiret.
28:25On va parler plus sérieusement
28:26puisqu'on va parler
28:27de vos combats.
28:28Vous battez pour le bien manger,
28:30surtout contre les additifs,
28:32pour plus de transparence aussi
28:33dans nos assiettes.
28:34Et quand vous voulez
28:35vous faire entendre,
28:36eh bien,
28:36vous menez des actions
28:37au coup de poing.
28:38On voit d'ailleurs
28:39sur ces images
28:40ce que vous avez fait.
28:42Vous nous expliquez
28:43ce qui se passe.
28:43Là, on est sur des oignons,
28:45c'est ça ?
28:46Ah, ça date un peu, ça.
28:47Alors, rapidement.
28:47Là, c'est des oignons
28:49que j'ai pris chez un paysan.
28:50Le paysan,
28:51il était payé 7 centimes.
28:52C'était revendu
28:53dans un supermarché
28:55de 2,49 euros.
28:557 centimes, quoi ?
28:56Le kilo d'oignons, c'est ça ?
28:57Payé 7 centimes,
28:58revendu 2,49 euros.
28:59Et après, on s'étonne
29:00que nos paysans y crèvent.
29:01Et donc,
29:02j'ai pris cette tonne d'oignons
29:03et je l'ai déversé
29:04devant un hypermarché
29:06en présentant
29:08les deux factures.
29:09Et donc, voilà.
29:10Mais j'ai aussi distribué
29:12577 camemberts au lait cru
29:13dans les casiers
29:14de l'Assemblée nationale.
29:15C'était quoi l'idée ?
29:16Pourquoi ce geste-là ?
29:17Parce qu'on avait aujourd'hui
29:18l'actalis qui voulait
29:19sur le camembert
29:20mettre du lait pasteurisé.
29:21Alors que, moi,
29:22je défends le lait cru.
29:23Parce que quand on défend
29:23un lait cru,
29:24on défend un terroir,
29:25une herbe,
29:27un pâturage en montagne
29:28ou en pleine,
29:29ça n'a pas le même goût.
29:30Et donc, nos fromages
29:30au lait cru,
29:31c'est l'histoire de la France.
29:32C'est l'histoire du goût
29:33de chaque parcelle
29:34de notre territoire.
29:35Il y a certains consommateurs
29:36qui préfèrent le lait pasteurisé.
29:37Mais ils ont le droit de le faire.
29:38On ne peut pas opposer les modèles.
29:40On peut faire du bureau des deux.
29:41Non, mais il ne faut pas
29:42opposer les modèles.
29:43Sauf que quand on met
29:44dans des AOP
29:46quelque chose
29:46qui est dans les AOP,
29:47les AOP,
29:48c'est l'histoire de la France.
29:49L'histoire du terroir.
29:51Donc, faites votre merde
29:52avec votre lait pasteurisé.
29:53Il n'y a aucun problème.
29:54Mais ne venez pas
29:55mettre du lait pasteurisé.
29:56Ne venez pas mettre
29:57du lait pasteurisé.
29:58Ne venez pas mettre
29:59du lait pasteurisé
30:00dans une AOP.
30:01Parce que l'AOP,
30:02c'est l'histoire de la France.
30:03On ne peut pas dire
30:03que le lait pasteurisé,
30:04c'est de la merde,
30:05monsieur le député.
30:05Je veux que dans les AOP françaises,
30:11les AOP,
30:12c'est les morceaux de France.
30:13Une AOP,
30:14elle correspond à un terroir.
30:17Quand on est en Normandie,
30:18l'herbe,
30:18elle ne pousse pas
30:19après 24 degrés.
30:20Et donc, ça veut dire
30:21que c'est une herbe particulière
30:23parce qu'elle est grasse.
30:24Et donc, n'enlevez pas
30:25aux AOP
30:26l'idée du lait cru
30:27qui est le goût du terroir.
30:28C'est un coup de com'
30:29ce que vous faites,
30:29les oignons,
30:30les camemberts ?
30:31Ou ça veut dire quelque chose ?
30:33Quel est le message
30:34que vous faites passer
30:34quand vous faites ça ?
30:35Et à qui vous adressez ?
30:36Le message,
30:36quand je fais les oignons,
30:37c'est de dire
30:37que le paysan,
30:38il doit vivre.
30:39On ne peut pas produire
30:40quelque chose à 7 centimes
30:41et le revendre 2,49 euros.
30:42Il y a bien quelqu'un
30:44qui a piqué le poignon.
30:45Monsieur le député,
30:45vous êtes au cœur
30:51sur un parking
30:52de supermarché.
30:53Sinon, ça veut dire
30:53que c'est une défaite
30:54pour vous,
30:55à un moment donné.
30:55Non, ça veut dire
30:56que ce que vous ne comprenez pas,
30:57c'est qu'ici,
30:59à l'Assemblée nationale,
30:59de temps en temps,
31:00nous sommes des pimpins
31:01de la République.
31:01C'est-à-dire,
31:02on fait marcher la République
31:03du faire semblant.
31:04Pourquoi les Français
31:05vont vers les extrêmes ?
31:06Parce qu'on n'arrive pas
31:07à leur expliquer nos combats.
31:08Et moi, mon combat,
31:09c'est celui d'un parlementaire.
31:11Vous avez parlé tout à l'heure
31:12de la loi Egalim.
31:13J'étais rapporteur
31:13sur la loi Egalim.
31:14Celui qui pose
31:15des amendements
31:16pour obliger les collectivités
31:17à faire du local,
31:18il s'appelle,
31:19entre autres,
31:19Richard Ramos.
31:20Mais d'un autre côté,
31:21si ici,
31:22on ne parle qu'entre nous,
31:23eh bien,
31:24on ne marchera pas.
31:25Et moi,
31:26mon angle à moi,
31:27c'est de dire
31:27qu'on doit légiférer ici,
31:29mais on doit expliquer
31:30aux Français
31:30le sens de notre démarche.
31:31Et si on n'arrive pas
31:32à embarquer le consommateur
31:33qui doit passer
31:34du consommateur
31:35à un consommateur,
31:37c'est la carte bleue
31:38plus importante
31:39que le bulletin de vote.
31:40– Monsieur le député,
31:40comment vous expliquez
31:41cette inaction politique ?
31:42Ça fait des années
31:43qu'on parle de la rémunération
31:44des agriculteurs.
31:44Aujourd'hui,
31:45il n'y a rien qui change.
31:46Qu'est-ce qu'il faut mettre en place
31:47pour que les choses bougent
31:48à l'Assemblée ?
31:49– Alors,
31:49il y a des agriculteurs
31:50qui arrivent,
31:51certains,
31:52à en vivre.
31:52Il ne faut pas non plus,
31:53parce que sinon,
31:53on va dégoûter tout le monde,
31:55mais il faut donner du sens.
31:56C'est-à-dire que nous,
31:57ce qu'on n'a pas réussi à faire,
31:59la loi Egalim au début,
32:00je vous assure que 2018-2019,
32:03on commençait à avoir
32:04un peu plus de rémunération.
32:06Mais aujourd'hui,
32:07il faut qu'on travaille
32:08sur le consommateur.
32:09J'ai souvent dit que,
32:11très souvent,
32:12on travaillait de la fourche
32:13à la fourchette.
32:14Après-guerre,
32:15les paysans,
32:15ils ont répondu
32:16au cahier des charges.
32:17Tu produis beaucoup,
32:19on ne regarde pas trop comment,
32:20mais pas cher,
32:21parce que les gens
32:21l'étaient après-guerre.
32:23Et maintenant,
32:23je dis qu'il faut passer
32:24de la fourche à la fourchette,
32:25de la fourchette à la fourche.
32:27C'est-à-dire que c'est le consommateur
32:29qui doit déterminer les productions.
32:31C'est le consommateur...
32:31– Est-ce que c'est pas un peu facile
32:32de tout mettre
32:33sur le dos du consommateur
32:34quand on signe des accords
32:35de libre-échange
32:35pour faire rentrer
32:39à me produire ?
32:40Est-ce que c'est pas
32:41le discours facile aussi
32:42de dire que c'est au consommateur ?
32:44– Je suis très à l'aise
32:44à titre personnel.
32:45J'étais dans la majorité présidentielle,
32:47donc je suis un macroniste,
32:48ça se voit d'ailleurs.
32:49J'ai pas voté
32:50ni le CETA
32:51ni le Mercosur.
32:52– C'était pour vous faire.
32:54– J'avais oublié mon costume
32:55de schtrouc bleu blanc.
32:59– Macron a soufflé
33:00le chou et le froid quand même.
33:01– Moi, j'ai pas signé
33:04les accords
33:04que ce soit le CETA
33:05ou le Mercosur.
33:07Le CETA, par exemple,
33:08il y avait des gens
33:08qui faisaient du fromage
33:09qu'on dit
33:10mais en grande quantité
33:11et qui étaient contents.
33:12Moi, je suis
33:12pour une production locale.
33:14C'est-à-dire qu'on a
33:15un problème en France.
33:16Dans le pouvoir d'achat
33:17des Français,
33:17il y a à peu près 20 ans,
33:19on dépensait plus de 20%
33:20à manger.
33:21Aujourd'hui,
33:22on dépense 11%
33:23pour manger.
33:24Et donc,
33:24la variable d'ajustement,
33:26ça peut pas être
33:26l'agriculture.
33:27– On est tous d'accord
33:28pour dire qu'il manque
33:29aujourd'hui une coercition.
33:31C'est-à-dire que,
33:32en gros,
33:33que soit l'industriel
33:33ou que soit le distributeur,
33:35ils ne sont jamais punis.
33:36Pourquoi ne pas donner au juge
33:38le pouvoir
33:39de condamnation
33:40contre les industriels
33:41ou les distributeurs
33:42qui violent la loi ?
33:43– Et les collectivités.
33:44– Alors,
33:44on a un problème
33:46avec l'alimentation,
33:47c'est que Bercy,
33:48lui,
33:50pousse à ce qu'on produise
33:51pas cher
33:53et pas bon.
33:53Pour une raison qui est simple,
33:55c'est qu'il dit
33:55que ça contient l'inflation.
33:56Et donc,
33:57on a notre premier ennemi,
33:58c'est Bercy.
33:59Et donc,
34:00finalement,
34:01dans cette guerre à Bercy,
34:02il donne raison aux distributeurs.
34:03– Vous avez des aides
34:04partout, monsieur le député.
34:05À un moment donné,
34:05vous êtes en capacité,
34:06vous,
34:06de peser sur des choix
34:07de société.
34:08– On essaie.
34:09– Mais faites-le un peu plus.
34:10– C'est de la faute
34:11de la grande distribution,
34:12c'est de la faute des industriels,
34:13c'est de la faute de Bercy.
34:14– Abandonner le politique là,
34:15normalement,
34:16on peut être en mesure
34:17de faire évoquer du chose.
34:18– Je prends que je suis un bon à rien.
34:19Je prends le point.
34:20– C'est pas ce que j'ai dit.
34:21– Je prends le point.
34:21Je suis un bon à rien.
34:22– C'est pas ce que j'ai dit.
34:22– Il n'y a pas de problème.
34:23Il n'y a pas de problème.
34:25Je pense aujourd'hui
34:26que les parlementaires
34:27que nous sommes,
34:28sur la loi Egalim,
34:29on a fait avancer.
34:30J'étais il y a 2-3 jours,
34:31c'est pas ma circo,
34:32avec les éleveurs
34:33de lait de brebis.
34:34D'accord ?
34:34Ils pensent que la loi Egalim,
34:36c'était un bon début
34:37dans la cour de ferme.
34:38Sauf que c'est pas respecté.
34:40Vous l'avez dit
34:40sur votre plateau.
34:41Et c'est très très important.
34:42Quand vous pensez
34:44à vous de jouer dans les cantines,
34:45on se bat,
34:46on fait ce qu'on peut.
34:47Il y a un moment donné,
34:48pardon,
34:49je prends juste ma part,
34:50comme dirait le colibri.
34:52Voilà.
34:52Je prends juste ma part.
34:53Mais c'est un combat
34:54qui est un combat violent.
34:55Pourquoi ?
34:56Parce que les industriels,
34:57ils ont des lobbyistes,
34:59d'un grande distribution,
35:00ils ont des lobbyistes
35:01qui sont dans les couloirs
35:01de l'Assemblée nationale
35:02et qui sont bien plus puissants que moi.
35:04L'économique,
35:05il a pris le pas sur le politique.
35:06Et donc,
35:07c'est oui ce qu'il faut faire.
35:08Il faut que le politique
35:09reprenne le pas
35:09à côté des éleveurs
35:11et à côté de ceux qui produisent
35:12pour nourrir les Français.
35:13J'aimerais qu'on parle aussi
35:14d'un autre de vos combats,
35:15enfin plusieurs.
35:16Il y a eu les nitrites
35:17dans la charcuterie.
35:18Là, le grand combat,
35:19c'est l'hexane.
35:20Expliquez-nous clairement
35:22pour que tout le monde
35:22comprenne ce que c'est l'hexane
35:23et dans quoi on le trouve
35:24et qu'est-ce qui est en train
35:25de se passer au niveau sanitaire.
35:26L'hexane,
35:27c'est du pétrole,
35:28c'est du white spirit.
35:29Et quand on produit de l'huile,
35:31sauf l'huile première pression à froid
35:33pour l'huile d'olive,
35:34quand on produit n'importe quelle huile,
35:35même celle qui donne
35:36des trucs santé dessus,
35:38on va mettre de l'hexane dedans,
35:40du pétrole.
35:41Quand on va presser,
35:42par exemple,
35:42la graine de tournesol,
35:43on va mettre de l'hexane dedans,
35:44du pétrole.
35:45Parce que ça fait un meilleur rendement
35:46en pression d'huile.
35:48On a plus d'huile à la fin.
35:48entre 11 et 13 % d'huile en plus.
35:50C'est ça.
35:51Et cet hexane-là,
35:52aujourd'hui, on le sait,
35:53l'hexane, c'est un produit toxique.
35:55C'est un produit dangereux.
35:57Neurotoxique, d'ailleurs.
35:58C'est ça.
35:59Et donc aujourd'hui,
35:59et comme ce n'est pas un additif,
36:01vous savez, c'est E machin,
36:03c'est-à-dire un produit
36:04qu'on met à l'entrée
36:04et qu'on retrouve à la sortie,
36:05c'est un auxiliaire alimentaire.
36:07On n'est pas obligé
36:08de le mettre sur l'étiquette.
36:09Et donc, ça donne Parkinson,
36:13Alzheimer, sclérose en plaques.
36:14Pourquoi ?
36:15Parce que l'hexane,
36:16c'est du pétrole.
36:17Il adore manger les graisses.
36:18C'est un dégraissant.
36:19Oui, et puis qu'il se transforme.
36:20C'est une molécule active aussi.
36:21Quand il vient dans notre corps,
36:23l'hexane,
36:23il adore les graisses.
36:24Il y en a où ?
36:25Dans le cerveau.
36:25Il y a beaucoup de...
36:27La graisse dans le cerveau,
36:28c'est là où il y en a le plus.
36:29Et donc, il vient chercher
36:30des zones dans le cerveau.
36:32Et donc, c'est pour ça
36:33qu'on a un neurotoxique.
36:35Et dans les tendons,
36:36il y a des graisses.
36:37Et donc, il va aller chercher
36:38les graisses du tendon
36:38et il va donner Parkinson.
36:39On le sait depuis 50 ans.
36:41Et donc, j'ai commencé
36:42à amener ce combat-là
36:43au niveau national et européen.
36:45Et on aura aujourd'hui
36:46des industriels,
36:47de la grande distrib
36:48qui vont faire du sans-hexane.
36:50Parce qu'encore une fois,
36:52moi, je dis toujours
36:52avec la grande distribution,
36:54on a besoin d'eux.
36:54Et on le retrouve donc.
36:55On doit les challenger.
36:56On a besoin d'eux.
36:57On le retrouve dans
36:57quels produits principalement ?
36:59Toutes les huiles.
36:59Toutes les huiles
37:00quand elles ne sont pas biocres.
37:01Il faut absolument
37:02légiférer sur le sujet.
37:04Jean-Baptiste ?
37:04En fait, s'il y a toujours
37:05un bon combat de santé publique,
37:07le tout, c'est toujours...
37:08C'est le sujet qu'on a vu avant.
37:09C'est-à-dire que c'est une histoire
37:10de prix.
37:11À partir du moment
37:12où on accepte de payer le prix
37:14des produits au bon prix,
37:15il y aura des process de production,
37:17on fait tout pour avoir
37:18des produits pas chers.
37:19C'est la bagarre de
37:20je paierai toujours moins cher
37:21à telle grande surface, etc.
37:25de payer le prix
37:26à la juste mesure.
37:28Et il n'y aura pas
37:28tous ces problèmes-là.
37:29À partir du moment
37:29où on fait toujours la guerre
37:30à tirer vers le bas,
37:32eh bien, oui,
37:33alors tu prends l'exam
37:34aujourd'hui,
37:34il y en aura un autre demain,
37:35il y a les nitrites à côté.
37:38C'est aussi une prise
37:39de conscience globalement
37:40que cette course en avant
37:42de toujours payer moins cher
37:43en fait n'est pas bonne
37:44tant pour notre assiette
37:46que pour la rentabilité
37:47des exploitations agricoles.
37:49Mais qu'est-ce qu'on va faire
37:49avec cet exam ?
37:50On va mettre contient de l'exam ?
37:51Comment ?
37:52On va mettre contient de l'exam
37:53sur les bouteilles d'huile ?
37:54On va commencer par dire
37:55qu'on tient de l'exam
37:56et on va faire en sorte
37:57que les industriels
37:58en montent une filière
37:59sans exam.
38:00Un peu comme déjà le nitrite,
38:01donc de façon positive
38:02que dans le supermarché
38:03je puisse avoir le différent.
38:05Et puis après,
38:06si on arrive à démontrer
38:07ce qu'on est en train
38:07d'essayer de faire
38:08avec la science
38:09et notamment avec l'EFSA
38:10au Parlement européen,
38:11il y aura une interdiction.
38:13Et si on dit à quelqu'un
38:14tu vas payer une huile
38:155 centimes de plus,
38:1610 centimes de plus
38:17à peu près au litre
38:17sans exam,
38:19tu n'as pas de risque
38:20de tuer tes enfants
38:21et toi-même.
38:22Donc en fait,
38:23au-delà du prix
38:24on doit se battre
38:25pour que les producteurs
38:25gagnent correctement leur vie,
38:27il faut que derrière
38:27on puisse payer l'alimentation
38:29à son juste prix.
38:30Et il faut aussi
38:31que les gens soient
38:32en capacité de le faire.
38:33Et se protéger
38:34des produits
38:34qui ne respectent pas ça
38:36qui arrivent quand même
38:36dans l'assiette
38:37parce que ça c'est
38:37le truc de tous les jours.
38:39C'est-à-dire qu'à chaque fois
38:39on veut faire plus blanc
38:40et à juste titre
38:41pour un certain sujet
38:42sauf qu'après
38:43on laisse quand même
38:44rentrer des produits
38:45qui ne respectent pas ça
38:46on s'en fout
38:46on mange un petit nuggets
38:47qui va bien.
38:48C'est exactement
38:48le mot de la fin d'ailleurs.
38:53Richard Ramos
38:54député Modem du Loire
38:55et d'être venu nous voir
38:56sur le plateau de VIP
38:57merci pour
38:58partager pour votre franchise
39:01ça fait du bien.
39:02Et tout de suite
39:03on va découvrir
39:04notre deuxième produit
39:05si je vous dis
39:06Gariguette
39:07Siffleurette
39:08ou Charlotte
39:09ce ne sont pas des prénoms
39:10ça vous parle
39:11ce sont des noms de
39:11de fraises
39:12de noms de fraises
39:14évidemment
39:14et on va en parler
39:16des fraises
39:17la varieté préférée
39:19autour de cette table
39:20la Gariguette
39:21de Plougastel
39:24qui a été créée
39:28par monsieur Marionnet
39:29à côté de Blois
39:29la Gariguette
39:30créée en Provence
39:31par l'INRA
39:31évidemment
39:32c'est le goût
39:32de l'enfance
39:33ces petites fraises
39:34merci beaucoup
39:35en tout cas
39:35sachez que
39:36la fraise
39:36c'est l'un des fruits
39:37préférés des français
39:38on en consomme
39:39environ 3 kilos
39:41par an
39:41et par personne
39:42c'est pas mal
39:42pour un fruit
39:43qui est très saisonnier
39:44c'est le fruit star
39:46du printemps
39:47ok
39:47mais derrière
39:48cette image gourmande
39:49on va parler de production
39:51qui a beaucoup évolué
39:52on ne comprend plus grand chose
39:53d'ailleurs au prix
39:54alors comment on fait
39:55pour s'y retrouver
39:56et bien c'est notre deuxième
39:57very important produit
39:58fraise
40:03et pour parler de ce beau produit
40:05nous recevons
40:06Evany Pallu
40:07productrice de fraises
40:08dans le Lot-et-Garonne
40:09bonjour Evany
40:10prenez place
40:11merci d'être avec nous
40:12je vois que vous n'êtes pas venue seule
40:14vous avez
40:15vraiment
40:16apporté
40:17toutes vos fraises
40:18sur le plateau
40:19on a hâte de
40:20non non non
40:20on mangera plus tard
40:21attendez
40:22il y a des gourmands
40:23et puis on les a attendues
40:24les fraises
40:25c'est comme les asperges
40:26ça se mérite
40:27quelles sont les variétés
40:28que vous avez apporté ?
40:29moi aujourd'hui
40:30j'ai amené
40:30Gary Guet et Magnum
40:32bien
40:32c'est celles qui sortent en ce moment
40:34j'imagine
40:34on va parler bien sûr
40:35de la saisonnalité
40:36de la production
40:37alors Evany
40:37vous avez 33 ans
40:38vous êtes maman
40:39de deux enfants
40:40vous avez un compagnon
40:41qui ne travaille pas
40:43dans les fraises
40:44oui mais ça vous le faites
40:46le coup à chaque fois
40:48votre compagnon
40:49il ne travaille pas
40:49dans la fraise
40:50il est technicien
40:51télécom
40:52et vous
40:53vous avez une formation
40:54agricole
40:55mais avant
40:56de reprendre
40:57l'exploitation familiale
40:58vous disiez
40:59je ne ferai
41:00jamais
41:01ce métier
41:02et pourtant
41:03vous êtes dans la fraise
41:04moi je voudrais savoir
41:05pour que vous avez changé d'avis
41:06qu'est-ce qui vous a fait changer ?
41:07j'ai changé d'avis
41:08avec mes expériences professionnelles
41:11précédentes
41:11du coup
41:11j'ai toujours travaillé
41:12en lien avec les agriculteurs
41:14et puis un jour
41:15je me suis dit
41:16bon ce que je fais actuellement
41:18ça me plaît
41:18mais il manque un petit quelque chose
41:20et puis je me suis dit
41:22en fait
41:22ce que je cherche
41:23je l'ai un peu sous le nez
41:24quand même
41:25donc un jour
41:26j'ai décidé de sauter le pas
41:27et puis
41:28j'en ai parlé à mes parents
41:29et puis
41:30on s'est lancé dans l'aventure
41:31vous avez eu besoin
41:33de beaucoup d'investissements
41:34pour
41:35pour créer
41:36ces cultures de fraises
41:38alors l'existant
41:39était déjà fait
41:41mais quand je me suis installée
41:42on a agrandi
41:43voilà le site de production
41:44donc on a
41:46construit un hectare de serre supplémentaire
41:48ça nous a coûté
41:49à peu près 700 000 euros
41:52on a été subventionné
41:54pour une petite partie
41:55avec des subventions publiques
41:57voilà
41:58et puis le reste
41:59on a fait comme tout le monde
42:01on est allé à la banque
42:02et oui c'est ça
42:02c'est facile d'emprunter
42:04c'est facile d'emprunter
42:04quand on dit qu'on va sur de la fraise
42:06aujourd'hui
42:06auprès de son banquier
42:07alors je pense que
42:08c'est moins facile aujourd'hui
42:09qu'il y a 7 ans
42:10quand moi je l'ai fait
42:12et puis plus la main d'oeuvre
42:13que ça demande
42:13oui
42:14vous avez combien de salariés
42:15moi j'ai une trentaine de personnes
42:17aujourd'hui
42:18ça aussi ça a un coût
42:19et quand on a
42:20j'ai repris le site
42:21il y avait 15 personnes
42:22puisqu'en fait
42:23quand on agrandit une production
42:24ça entraîne d'autres coûts
42:26que l'investissement qu'on fait
42:28de l'outil de production
42:29vous vous payez
42:30il faut plus de personnes
42:30il faut plus de matériel
42:32il faut beaucoup plus de choses
42:34plus de tout
42:35vous vous payez aujourd'hui
42:36Evanie
42:37quand vous faites les comptes
42:39pas tous les ans
42:41expliquez
42:41expliquez
42:42parce que c'est important
42:42oui
42:43donc nous en fait
42:44l'avantage on va dire
42:46de la serre
42:46c'est que
42:46quand il fait froid
42:47quand il fait
42:49venteux
42:50pluvieux
42:50quand il grêle
42:51et quand il gèle
42:52on est protégé
42:52de tout ça
42:53l'inconvénient
42:54c'est que quand il fait chaud
42:55ça amplifie le phénomène
42:57de chaleur
42:58c'est l'effet de serre
42:58que tout le monde connaît
43:01et comme
43:01chez nous
43:02en sud-ouest
43:03il fait chaud
43:03de plus en plus tôt
43:04comment vous faites
43:06on a des contraintes
43:08aujourd'hui
43:08climatiques
43:09qui sont beaucoup plus importantes
43:11et qui ont des effets
43:12sur nos cultures
43:13alors moi j'aimerais
43:15qu'on parle
43:15des prix
43:16des prix que nous
43:18nous payons
43:19consommateurs
43:19bien sûr
43:20mais que vous vous recevez aussi
43:21vous vos fraises
43:22vous les vendez combien
43:25si c'est pas
43:26moi je suis adhérente
43:27d'une coopérative
43:28donc moi mon travail
43:29c'est de produire
43:30et eux leur travail
43:31c'est de vendre
43:32et de défendre vos intérêts
43:33et de défendre mes intérêts
43:34ils passent à la fraise étrangère
43:36sont-ils bien défendus
43:37vos intérêts
43:38ils sont très bien défendus
43:39donc la majorité
43:41de nos fraises
43:41se retrouvent en supermarché
43:43du coup on travaille
43:44beaucoup avec la grande distribution
43:46donc c'est avec eux
43:47que sont négociés
43:48les tarifs
43:49puisque sur la fraise
43:50il n'y a aucune
43:52contractualisation
43:52c'est à dire que
43:53quand on vend nos fraises
43:54on ne sait pas
43:55à combien on les vend
43:55on le sait
43:56quand elles ont été vendues
43:57on ne le sait jamais en amont
43:58et le prix change
44:00tout au long de la saison
44:01et t'as pas un prix minimum
44:02en disant
44:04en dessous de ce prix là
44:05on peut pas
44:06payer moins cher
44:07et de quel prix
44:07vous avez besoin vous
44:08pour pouvoir
44:10vous rémunérer
44:10alors déjà
44:12ça dépend de la variété
44:13qu'on fait
44:13parce qu'en fait
44:15selon ce qu'on fait
44:15comme variété
44:16ça demande plus ou moins
44:17de travail de main d'oeuvre
44:18puisque la main d'oeuvre
44:19c'est aujourd'hui
44:20notre coût de production
44:21le plus important
44:23et donc si on parle
44:24de la star
44:25qui est la gariguette
44:26c'est la fraise
44:27la plus chère à produire
44:28en termes de main d'oeuvre
44:29parce qu'elle nous demande
44:30beaucoup de travail
44:31Jean-Baptiste
44:32vous êtes céréalier
44:33les fraises
44:33c'est un produit
44:34très fragile
44:35et qui demande
44:36beaucoup de main d'oeuvre
44:37c'est d'ailleurs
44:38l'une des grandes difficultés
44:39dans nos exploitations
44:40agricoles
44:41et bien justement
44:42vous allez nous en parler
44:43dans votre chronique
44:44verrez importante pratique
44:45pour avoir des bonnes fraises
44:51comme ça
44:51dans nos assiettes
44:52comme tu l'as dit
44:54il faut de la main d'oeuvre
44:55et il en faut beaucoup
44:56et alors les métiers agricoles
44:57en fait pour avoir
44:58des asperges
44:59des tomates
45:00des fraises
45:01voilà on embauche
45:02plein de monde
45:02c'est entre 800
45:03et 900 000 saisonniers
45:05tous les ans
45:05qui sont embauchés
45:06et c'est pas si simple
45:07parce que
45:08les métiers
45:09le métier propre
45:10à l'agriculture
45:10c'est que ça vit
45:12avec le vivant
45:13la météo
45:13les saisons
45:14et puis il y a
45:15une synchronisation
45:16à avoir
45:16entre avoir
45:18des saisonniers
45:18pendant plusieurs semaines
45:19pour ramasser
45:20des fraises
45:21ou des asperges
45:21puis après ça s'arrête
45:22et puis du coup
45:24il faut synchroniser
45:25entre trouver
45:25ce personnel là
45:26et ces périodes
45:27de production
45:27en plus
45:28c'est des métiers
45:29qui sont pas si simples
45:30parce que
45:30parfois la terre
45:32elle est un peu basse
45:32alors on a vu
45:33les fraises
45:33elles étaient à hauteur
45:34donc c'est plus facile
45:35on le voit
45:36dans des productions
45:37de tomates
45:38des fois on est sur
45:38des chariots
45:39pour faciliter
45:40la pénibilité
45:41qu'il peut y avoir
45:41mais c'est pas évident
45:42ce qui fait qu'il y a
45:43aujourd'hui
45:44un saisonnier sur deux
45:45qui provient
45:46de la main d'oeuvre
45:47étrangère
45:48parce que c'est compliqué
45:49de trouver du personnel
45:51alors je sais pas
45:52comment tu fais chez toi
45:53mais il y a beaucoup
45:54d'employeurs
45:55qui vont travailler
45:55leur sexibilité
45:57il faut que les mecs
45:59qui viennent chez moi
45:59je veux les avoir
46:00pour ramasser mes fraises
46:01j'ai fait les saisonniers
46:02j'ai fait les torse durs
46:03au Marseille
46:04exactement
46:05là j'ai pas pu
46:05il fait trop froid ici
46:06mais en fait
46:08tu vas essayer
46:09de se dire
46:09comment je vais
46:10les attirer
46:11dans les conditions
46:12de travail
46:12dans les façons
46:13de les nourrir
46:14ou pas
46:15et puis de les loger
46:16parce que des fois
46:16t'as 20-30 personnes
46:18en vendange
46:19nous en Champagne
46:20par exemple
46:20dans mon secteur
46:21c'est 100 000 personnes
46:22qui arrivent
46:22pour faire les vendanges
46:23il faut les loger
46:24donc ça veut dire
46:25faire des chambres
46:27avec des normes
46:28donc il y a plein d'efforts
46:30qui sont faits
46:30pour justement
46:31essayer d'arriver
46:32à inviter les gens
46:33à venir
46:34et puis des fois
46:34tu peux même trouver
46:35un emploi CDI
46:36derrière tout ça
46:37parce que quand t'as
46:38des bons saisonniers
46:39tu dis
46:40toi je vais rester là
46:41parce que la prochaine
46:42je vais pas te retrouver
46:43donc on va essayer
46:43de faire ça
46:44donc voilà
46:44moi je ne peux que
46:45encourager les gens
46:46à regarder ces métiers là
46:48parce que en fait
46:49pour avoir à manger
46:49dans nos assiettes
46:50il faut des bras
46:50en plus c'est vachement bien
46:52parce qu'il n'y a pas
46:53forcément besoin
46:53de diplôme en fait
46:54il y a souvent des emplois
46:56où il suffit de bosser
46:57d'écouter les consignes
46:58d'être minutieux
46:59donc c'est ouvert
47:00à plein de monde
47:00que ce soit des étudiants
47:01des retraités
47:02des chômeurs
47:02et tous ceux
47:03qui veulent bosser
47:04et savoir ce qu'il y a
47:05dans les assiettes
47:05aller bosser dans l'agriculture
47:06on n'arrête pas
47:07de recruter
47:08et il y a du boulot
47:08dans toutes les régions
47:09absolument
47:10et Vani
47:11vous faites comment
47:12pour recruter vos saisonniers
47:13pour ramasser les fraises
47:14alors on essaie
47:16d'être la sexitude
47:17justement
47:18on a mis en place
47:19pas mal de choses
47:19pour réduire la pénibilité
47:21au travail
47:21ça c'est sûr
47:22en l'occurrence
47:24on a acheté
47:25des plateformes
47:26électriques justement
47:27où le personnel
47:28est plus en hauteur
47:29ça avance tout seul
47:30et du coup
47:31on a réduit
47:32tout ce qui était
47:33pénibilité
47:34au niveau des épaules
47:35au niveau des bras
47:36au niveau du dos
47:37donc ça nous permet
47:38d'avoir des choses
47:40qui font que le travail
47:41est plus facile
47:41vous les logez
47:42vos saisonniers ?
47:43non moi j'ai
47:44la chance d'avoir
47:45du personnel local
47:46sur un rayon
47:47de 10 km
47:47c'est ça
47:48Ivani j'ai un petit sujet
47:49qui est un peu
47:49le sujet qui fâche
47:50dans la fraise
47:51parfois c'est celui
47:52de la serre
47:52qui n'a pas très bonne presse
47:53on se rend compte
47:54que finalement
47:55c'est pas si mal que ça
47:56j'ai eu la chance
47:57de passer deux jours
47:58dans une serre de fraise
47:59il y a une quinzaine de jours
48:00j'ai été impressionnée
48:01par la technicité
48:01de la production
48:02j'ai trouvé ça hallucinant
48:03il gère la température
48:04de la serre
48:05l'humidité
48:05les quantités de CO2
48:07il y a aussi
48:07la protection biologique intégrée
48:09c'est tout un écosystème
48:10que vous créez
48:11pour favoriser
48:11la production de la fraise
48:12oui c'est ça
48:13en fait la serre
48:14dans un premier temps
48:15ça nous permet
48:15de mettre la culture
48:16dans les meilleures conditions
48:18climatiques possibles
48:19donc en fait
48:20on a des capteurs
48:22un petit peu partout
48:22qui vont mesurer
48:23la température
48:24l'hygrométrie
48:25donc l'humidité
48:26qu'on a dans notre outil
48:28on a des sondes
48:29qui vont nous permettre
48:30de gérer l'irrigation
48:31aussi pour arroser la plante
48:33au bon moment
48:33optimiser la consommation
48:35de l'eau
48:35en fait on essaie
48:35d'optimiser le plus possible
48:38et ensuite
48:38donc ça c'est mon travail à moi
48:40et après il y a tout le travail
48:41de nos équipes de salariés
48:43pour la récolte
48:45alors vous n'utilisez pas
48:46beaucoup de pesticides
48:47c'est ça
48:47vous êtes
48:48alors nous on est engagés
48:50dans une démarche
48:50qui s'appelle
48:51le zéro résidu de pesticides
48:52le ZRP
48:54donc ça veut dire que
48:56pour protéger nos cultures
48:58ça veut pas dire
48:58qu'on fait rien
48:59ça veut dire
48:59qu'on fait autrement
49:01donc on a parlé
49:02de PBI
49:04donc protection biologique intégrée
49:06tout ça c'est ce qu'on appelle
49:07les insectes utiles en fait
49:08c'est la lutte parasitaire
49:09c'est à dire que
49:10quand vous êtes attaqués
49:11par un parasite
49:11on envoie des coccinelles
49:12on envoie des bourreaux
49:13elles sont là des coccinelles
49:13elles sont sur le pull de Frédéric
49:15elles sont là
49:15vous chauffez votre cerf comment
49:17typiquement ?
49:18alors nous ce qu'on fait
49:18c'est le minimum possible
49:20c'est à dire que ce qu'on veut
49:21c'est que nos cultures ne gèlent pas
49:23parce que sinon
49:24ça a été le cas là récemment ?
49:25on ramassera pas de fer
49:26ça a été le cas du gel
49:27que vous en avez eu
49:28on a eu en février
49:29on a eu 15 jours à moins 8
49:32donc là justement
49:33il faut qu'on préserve
49:34à peu près 6 degrés
49:36dans nos cerfs
49:37pour pouvoir
49:39conserver
49:39notre production
49:42et après la cerf
49:43c'est un super outil
49:44moi j'invite tout le monde
49:45à venir
49:46nous voir
49:47je reçois tous les ans
49:48une classe de 6ème
49:49d'Agen du coup
49:50et donc on fait découvrir
49:52notre métier
49:52c'est quoi
49:54produire des fraises
49:55et comment ça se passe
49:56parce que
49:56en général
49:57il se passe
49:58plutôt des bonnes choses
49:59d'autant
49:59question marché
50:00Vanny
50:01aujourd'hui
50:01on a eu un hiver
50:03exceptionnellement doux
50:03et on a énormément de fraises
50:05qui arrivent sur le marché
50:06quelle est votre analyse
50:07aujourd'hui de la situation ?
50:09alors économiquement
50:11donc on disait tout à l'heure
50:12que le prix de la fraise
50:13il n'était pas contractualisé
50:15ça veut dire qu'il varie
50:16en fonction de plusieurs choses
50:17la première chose
50:17c'est la consommation
50:18c'est à dire que
50:19si on a de la demande
50:20et bien forcément
50:22on n'a pas de stock
50:23en frigo
50:24etc
50:24notre produit
50:25il suit son cycle
50:26normalement
50:27et la deuxième chose
50:28c'est les pics de production
50:29c'est à dire que
50:31en fait
50:31si on a tous
50:32de la fraise
50:34en même temps
50:34et si on ajoute à ça
50:36la fraise
50:37d'importation
50:38au même moment
50:39c'est qu'à ce faire
50:40tous les facteurs sont là
50:41pour que le prix
50:42de la fraise soit bas
50:43l'Espagne et la marocaine
50:44a souffert
50:44l'Espagne et la marocaine
50:45a souffert
50:46donc vous étiez plutôt
50:47vous avantagée
50:47pour le moment
50:49c'est vrai que
50:50pour lutter contre
50:52cette concurrence
50:53très forte
50:54que
50:56voilà
50:56où la main d'oeuvre
50:57est moins chère
50:57en Espagne par exemple
50:58on les connaît
50:59ce qu'il faut
51:00c'est toujours pareil
51:01c'est se distinguer
51:02de la concurrence
51:03et donc
51:03pour se distinguer
51:05on a des labels
51:06qui vont garantir
51:08le label rouge
51:09qui va garantir
51:09le bon goût
51:10de nos fraises
51:11le label zéro résidu
51:12pour ceux qui
51:14veulent une certification
51:15sur les méthodes
51:16de production
51:17il y a plein de choses
51:18aujourd'hui
51:19qui font qu'on peut
51:20trouver son compte
51:21si on n'aime pas
51:22l'acidité
51:22on ne va pas aller manger
51:23de la garéguette
51:24c'est sûr que ça ne va pas
51:25le faire
51:25donc on va plutôt
51:26se tourner sur une
51:27sifflete
51:28ou une magnum
51:29ou une charlotte
51:29vous êtes optimiste
51:30pour l'avenir
51:32de votre filière
51:33alors
51:35oui
51:35mais il faut quand même
51:37être conscient
51:37qu'il y a des
51:38des facteurs
51:39un peu limitants
51:40c'est-à-dire qu'aujourd'hui
51:41avec les conditions
51:42climatiques
51:43notamment
51:43sur une variété
51:45célèbre comme la garéguette
51:46c'est notre fleuron
51:49avant on pouvait
51:50produire de la garéguette
51:51jusqu'au 15 juillet
51:52parce qu'il n'était pas
51:53très chaud
51:53parce que la fraise
51:56elle se tenait
51:57dans la barquette
51:58elle pouvait se conserver
51:59etc
51:59aujourd'hui
52:00il fait chaud
52:00au 15 mai
52:01donc ça veut dire
52:02qu'en fait
52:04notre produit
52:06a une durée
52:07dans le temps
52:07qui est limitée
52:08parce que la garéguette
52:09est très fragile
52:10donc elle ne supporte
52:11pas la chaleur
52:12donc dès qu'il fait chaud
52:13elle ne se conserve pas
52:13donc en fait
52:14on se retrouve
52:15à devoir produire
52:17notre garéguette
52:19de mars
52:20à fin mai
52:21début juin
52:21au lieu de mars
52:22à mi-juillet
52:24et donc en fait
52:25notre temps de production
52:27a baissé
52:28sauf que
52:29le rendement
52:30de notre culture
52:32faire autant
52:33avec un mois
52:34de moins
52:34un mois et demi
52:35de moins de production
52:36c'est de plus en plus compliqué
52:38on parlait de fraises
52:40sur le plateau aussi
52:41il fait très chaud
52:41moi je pense
52:42qu'il faut les déguster
52:43ces jolies fraises
52:44que vous nous avez
52:45apportées
52:46ma chère Evanie
52:47donc redites-moi
52:48il y a de la magnum
52:49et de la gariguette
52:51et de la gariguette
52:52effectivement
52:52c'est juste esthétiquement
52:53c'est juste magnifique
52:54parce qu'on le voit
52:55la couleur
52:56le calibre
52:57la forme
52:57on sent le sucre
52:58les amis
52:59qu'est-ce que vous pensez
52:59de cette fraise
53:00cette fraise-là
53:01elle a été ramassée
53:02vendredi
53:03j'ai la goûtée
53:05celle qu'on vous a donnée
53:07c'est quoi
53:07c'est la gariguette
53:08alors ça c'est magnum
53:09que vous venez de goûter
53:10et ça c'est gariguette
53:12qu'on goûte après
53:12parce que comme elle est acide
53:14c'est après
53:15ça y est
53:16on a fini sa petite fraise
53:17on n'a pas de grain
53:17entre les dents
53:18on peut y aller
53:19ma chère Louise
53:20parce que oui
53:20vous allez nous parler
53:21d'une femme incroyable
53:22comme à chaque fois
53:23bien évidemment
53:24mais il s'agit cette fois-ci
53:25de Floriane Laville
53:27qui vous a inspirée
53:28cette semaine
53:29puisque cette femme
53:31à tout juste 20 ans
53:32était la plus jeune
53:34agricultrice
53:34de Gironde
53:35et c'est notre
53:36très importante personne
53:37bah oui
53:41oui effectivement
53:42elle n'est pas très loin
53:43de chez vous
53:43Evanie
53:44je vais vous parler
53:45d'une agricultrice
53:46qui fait pousser les fraises
53:47aux portes des villes
53:48et une histoire
53:49qui en dit long
53:49sur l'impact de l'urbanisation
53:51aujourd'hui
53:51sur les agriculteurs
53:52qui produisent
53:52aux alentours
53:53c'est l'histoire
53:54de Floriane Laville
53:55alors Floriane
53:56elle est maraîchère
53:57à Bruges
53:57aux portes de Bordeaux
53:58c'est la sixième génération
54:00sur son exploitation
54:00et c'est la dernière
54:02maraîchère de la commune
54:03alors que Bruges
54:03était un haut lieu
54:04du maraîchage
54:05alors son père
54:06comme souvent
54:07pour les agriculteurs
54:08il ne voulait pas
54:08qu'elle s'installe
54:09mais Floriane
54:10a eu du mal
54:11à trouver du travail
54:12donc il lui a dit
54:13ok viens tester un an
54:14c'est un an
54:15qui va tout changer
54:16Floriane
54:16elle ne voudra plus
54:17quitter le métier
54:18et à 20 ans
54:19tu l'as dit Fred
54:20elle est devenue
54:20la plus jeune agricultrice
54:22de Gironde
54:22à s'installer
54:23et le pari
54:24il est réussi
54:25puisqu'elle a aujourd'hui
54:2530 000 fraisiers
54:27plusieurs serres
54:28elle a 5 salariés
54:29et puis avant tout
54:30en vente directe
54:31pourtant tout n'est pas
54:32si simple
54:33et non tout n'est pas simple
54:34parce qu'en fait
54:34la réalité de Floriane
54:35elle ne se passe pas
54:36que dans ses serres
54:37elle se passe aussi autour
54:38depuis 3 ans
54:39son exploitation
54:40subit des inondations
54:41à répétition
54:42notamment à cause
54:43des aménagements urbains
54:44qui s'imposent à elle
54:45ces dernières années
54:46à Bordeaux
54:47ça a beaucoup construit
54:48le béton a recouvert
54:49les sols vivants
54:50et l'eau n'arrive plus
54:51à s'infiltrer
54:51et du coup se déverse
54:52sur les parcelles
54:53aux alentours
54:54et donc dans l'exploitation
54:55de Floriane
54:56alors depuis
54:57les pertes
54:58elles s'accumulent
54:58les assurances elles traînent
55:00et encore Floriane
55:01a la chance d'être assurée
55:02ce qui n'est pas le cas
55:02de tout le monde
55:03et qui est parfois problématique
55:04pour les agriculteurs
55:05et puis les responsabilités
55:06se diluent
55:07et le combat administratif
55:08il devient finalement
55:09aussi lourd
55:10que le travail agricole
55:11lui-même
55:11et Floriane elle me le disait
55:12on ne prépare jamais
55:13vraiment les agriculteurs
55:14à ça
55:15enfin au fond
55:15ce qu'elle vit
55:16c'est aussi le reflet
55:17d'un phénomène
55:19plus large
55:20oui
55:20ils sont nombreux aujourd'hui
55:22à voir la ville
55:23grignotier du terrain
55:24sur leur exploitation
55:25alors on attend
55:26de ces agriculteurs
55:27qui nourrissent les villes
55:28qui fassent du local
55:29du circuit court
55:29et puis en même temps
55:30ils subissent
55:31l'étalement urbain
55:32la pression du foncier
55:33les conflits d'usage
55:34et sans toujours
55:35le soutien
55:35et des réponses
55:36de la part des élus locaux
55:38alors l'histoire de Floriane
55:39elle rappelle
55:39quelque chose d'essentiel
55:40produire autour des villes
55:41c'est sûrement
55:41une partie de la solution
55:43pour notre agriculture
55:43de demain
55:44mais encore faut-il
55:45donner les moyens
55:46à ces agriculteurs
55:47de produire dans des conditions
55:48qui soient stables
55:49reconnues et protégées
55:50merci beaucoup Louise
55:52on adore vos histoires
55:54bon VIP
55:55c'est fini pour aujourd'hui
55:56merci à tous nos invités
55:58à la bande
55:59et à tous ceux
55:59qui collaborent
56:00à cette émission
56:01on espère que nos échanges
56:03vous ont nourri
56:04au figuré
56:05comme au propre
56:06en tout cas pour Jibé
56:06c'est réglé
56:08moi je suis sûre
56:09que notre agriculture française
56:10n'a pas fini
56:11de nous surprendre
56:12et on vous le prouve
56:13dans 15 jours
56:13à la même heure
56:14sur LCP
56:15pour un nouveau numéro
56:16et d'ici là
56:17vous pouvez nous retrouver
56:18en replay
56:18et sur les réseaux sociaux
56:19de LCP
56:20à très bientôt
56:21au revoir
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