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Personnes
Transcription
00:00vous révélez un chiffre alarmant, un élève sur cinq ne parle pas le français à la maison.
00:05C'est ça, un élève sur cinq ne parle jamais ou quasiment jamais la langue française à la maison.
00:10C'est clairement le résultat de l'accélération de l'immigration.
00:12On sait qu'il y a la moitié des élèves qui ont des parents immigrés en France
00:16qui n'ont pas le français pour langue visuelle à la maison.
00:18C'est d'ailleurs une part qui a augmenté de 10 points en l'espace d'une décennie.
00:21Et ça, ça a tout à voir avec l'accélération de l'immigration
00:24que notre système scolaire essaye d'absorber autant que possible,
00:27mais auquel il pose de vraies difficultés.
00:28Mais alors pourquoi les parents, justement, ils ne parlent pas français à la maison ?
00:32C'est peut-être une conception qui a changé quant aux normes d'intégration, dirons-nous.
00:37C'est vrai qu'autrefois en France, souvent dans les foyers issus de l'immigration,
00:40notamment européenne, on mettait un point d'honneur à parler français à ses enfants
00:43parce que c'était la langue qui préparait leur avenir dans la société d'accueil.
00:48Aujourd'hui, il y a cette idée finalement que la mission de l'école notamment,
00:51mais peut-être aussi la mission des familles, n'est plus une mission d'assimilation.
00:54Elle n'est plus une mission de préparation à l'intégration,
00:57notamment des enfants de l'immigration dans la société française.
01:00Et cette dynamique-là, elle se retrouve hélas dans les résultats globalement plus mauvais
01:04des élèves issus de l'immigration.
01:05En moyenne, chez les élèves de 15 ans, il y a par exemple un écart d'un an et demi
01:08de performance en mathématiques entre les élèves immigrés et les élèves autochtones,
01:13pour reprendre l'expression de l'OCDE.
01:15Un écart d'un peu plus d'un an chez les élèves issus de l'immigration
01:18par rapport aux élèves autochtones.
01:19Il y a évidemment différentes raisons à ça.
01:21Il y a une part d'explication sociale, mais même quand on gomme la variable socio-économique,
01:26les revenus des parents par exemple, il reste un écart significatif.
01:29Comment ça s'explique ?
01:30Il y a différentes raisons à ça.
01:31Le fait de peu parler le français à la maison par exemple, c'est évidemment un élément
01:35qui rajoute une difficulté quand on est à l'école, y compris sur les disciplines
01:39qui ne sont pas le français, parce que c'est la langue vecteur de tous les enseignements.
01:42Donc, ça crée une difficulté.
01:43Il y a aussi un lien avec le fait que l'immigration telle qu'on la reçoit vient assez largement
01:47de pays à faible niveau de développement humain, comme on dit.
01:50Donc, c'est à la fois les revenus, le système de santé, l'éducation.
01:54Et donc, à l'arrivée de cette immigration en France, notre école française se trouve
01:58à devoir internaliser, compenser les défaillances des systèmes éducatifs dans les pays d'origine.
02:03Mais quand ils sont en classe, ils ne comprennent pas ce qu'on leur raconte ?
02:05Oui, alors il y a forcément une distance qui se crée dans l'enseignement qu'on essaye de compenser
02:10notamment par l'éducation prioritaire, ce qu'on appelait autrefois les ZEP, maintenant
02:13les REP.
02:14Vous avez 47% des élèves issus de l'immigration maghrébine qui sont dans des classes d'éducation
02:20prioritaire, 61% pour les élèves d'Afrique subsaharienne contre à peine 20% pour la moyenne
02:25des élèves.
02:26On y met beaucoup de moyens, mais il reste des écarts de résultats qui sont quand même
02:29assez significatifs.
02:30Merci.
02:30Merci.
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