00:00Le mécanisme de vote est tel que c'est le conseil de sécurité qui désigne la personne,
00:08c'est-à-dire qu'il faut avoir un vote de 9 personnes sur 15
00:12et que les membres permanents ne posent pas leur droit de veto,
00:17c'est-à-dire qu'ils ne posent pas le choix sur la personne
00:19et après ça ne sera qu'entériné par l'Assemblée Générale des Nations Unies.
00:24Donc je pense que le plus difficile aujourd'hui, que ce soit dans les voies diplomatiques officielles ou officieuses,
00:31c'est de pouvoir convaincre ceux qui vont désigner le futur secrétaire général de l'ONU.
00:35Il s'agit en l'occurrence de la France, des États-Unis, de la Chine, de la Russie et de
00:40la Grande-Bretagne.
00:41Si vous réussissez à convaincre ces gens-là, ce que vous allez faire au niveau de l'intervention
00:46et au niveau de l'Assemblée Générale, ce grand oral-là, ce sera juste une formalité à mon sens.
00:51Macky Sall n'est pas le seul ancien chef d'État qui est candidat.
00:55Vous avez l'ancienne présidente du Chili, Michel Bachelet, qui a combattu la dictature de Pinochet,
01:02qui a une grande carrière politique, qui a occupé des postes aux Nations Unies,
01:06notamment le poste du Haut Commissariat des Nations Unies pour les droits de l'homme,
01:10qui est une candidate sérieuse, adversaire sérieuse face à Macky Sall.
01:14Il faut dire qu'effectivement, bien évidemment, que son statut d'ancien chef d'État est un atout majeur
01:22parce que c'est un fin qu'on essaie des dossiers.
01:24Il a géré un pays pendant plus de dix ans.
01:27Il a un carnet d'adresses très bien fourni.
01:29Il est bien implanté dans les instances et les organisations internationales.
01:34Donc c'est quelqu'un quand même qui a des atouts pour pouvoir diriger les Nations Unies.
01:38Mais au-delà de ça aussi, il ne faut pas aussi oublier les handicaps que possède Macky Sall.
01:46Ces handicaps, c'est le fait qu'il n'est pas soutenu par la majorité des pays africains.
01:52Il n'est pas soutenu par son pays.
01:54Et il y a le principe de rotation qui voudrait qu'aujourd'hui,
01:57ce soit l'Amérique latine qui dirige les Nations Unies.
02:01Et même au-delà de ça aussi, il y a le fait que les candidatures féminines sont beaucoup encouragées.
02:06Donc l'ensemble de ces facteurs-là font qu'il est difficile aujourd'hui pour Macky Sall
02:12de pouvoir accéder haut-le-main par rapport à cette fonction au niveau du secrétariat général des Nations Unies.
02:21Vous partez à une bataille que vos propres parents ne sont pas derrière vous,
02:24ça amène à s'interroger parce que la crédibilité commence chez soi-même.
02:30Aujourd'hui, Macky Sall est reproché d'avoir fait une répression vraiment sanglante
02:35face aux militants du PASTEF.
02:37C'est pourquoi il faut faire très attention,
02:40les leaders politiques doivent faire attention dans l'adversité politique
02:43à ne pas avoir des prises de position ou bien des propos
02:46qui peuvent rendre des positions irréconciliables.
02:49Aujourd'hui, si le PASTEF ne soutient pas Macky Sall dans cette aventure,
02:54il y en a qui pensent que c'est parce que ces gens de PASTEF,
02:56ils gardent encore de la haine contre lui.
02:59Mais non, il y a eu vraiment des choses extrêmement graves qui ont été commises
03:03pendant le régime de Macky Sall.
03:05C'est comme si vous demandiez aujourd'hui à un célou d'Alain de soutenir Alpha Kondé
03:11pour devenir le futur secrétaire général des Nations Unies
03:14après toutes les répression et les coups bas politiques qu'il y a eu pendant les dix années en Guinée.
03:19Donc c'est compliqué.
03:20Maintenant, au-delà de ça, c'est que Macky Sall n'a pas cédé sa place à la tête de
03:24l'APR,
03:25son parti politique qu'il a fondé, il continue à attirer les ficelles.
03:29Pour preuve, il avait été même la tête des listes pendant les dernières élections législatives.
03:34Maintenant, au niveau africain, ça n'a pas été aussi un consensus.
03:38Donc tout ça, c'est un handicap pour lui.
03:39Je pense que la candidature de Macky Sall aux Nations Unies
03:42relève plus d'une ambition personnelle que d'un consensus national ou international.
03:47Et ça, je pense qu'il veut aller là-bas parce que peut-être qu'il y a des poursuites
03:51judiciaires
03:52qui peuvent être engagées au Sénégal contre lui.
03:54Il y a le cas de ces répression dont je viens de parler tout à l'heure.
03:58Mais il y a aussi, évidemment, ce cas de la dette cachée
04:01qu'on est en train de brandir par le PASTEF.
04:04Donc tout ça, c'est des bémols pour ne pas dire des handicaps
04:08qui peuvent véritablement freiner son ascension à la tête des Nations Unies.