Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Dans « LCP-Lundi C'est Politique », en partenariat avec Radio Classique et Challenges, Francis Letellier reçoit Boris Vallaud, député PS des Landes et président du groupe PS à l'Assemblée nationale.

Alors que l'Assemblée nationale figure plus que jamais au coeur de la vie politique, Francis Letellier interroge chaque lundi les ténors du parlement et du gouvernement, en partenariat avec Radio Classique et Challenges.

En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.

Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.

Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.

Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.

Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00:01Cela fait deux mois que les Etats-Unis et Israël ont déclenché la guerre au Moyen-Orient.
00:00:04Depuis, les Français ont les yeux rivés sur les prix des carburants.
00:00:07Le gouvernement a été obligé de débloquer des aides.
00:00:09Au compte-gouttes, Sébastien Lecornu compte de près les deniers de l'État.
00:00:13La gauche demande plus, mais les députés socialistes, avec Boris Vallaud à leur tête,
00:00:16qui avaient décidé de ne pas censurer le budget, sont-ils prêts à rouvrir les vannes des finances ?
00:00:20Jusqu'où faut-il revoir la copie dans les semaines ou les mois qui viennent ?
00:00:24Boris Vallaud, président du groupe PS à l'Assemblée nationale, député des Landes,
00:00:27est l'invité de LCP lundi, c'est politique.
00:00:47Bonsoir, ravi de vous retrouver sur LCP pour lundi, c'est politique comme toute l'Espagne.
00:00:50Bonsoir Boris Vallaud, merci d'être invité ce soir.
00:00:53Pour vous interroger face à vous et à mes côtés, Lauriane Tout-le-Mond de Radio Classique, bonsoir Lauriane.
00:00:58Bonsoir Marco, Marco Pommier pour LCP.
00:01:01Bonsoir Gaël Mac pour Challenge, bonsoir Gaël.
00:01:03Bonsoir.
00:01:04Et bonsoir Hugo, Hugo Couturier, Hugo Perchoir sur la chaîne LCP Assemblée nationale, la chaîne Twitch,
00:01:09sur laquelle tous ceux qui nous regardent peuvent interagir et faire réagir notre invité sur les questions que vous relairez.
00:01:15En fin d'émission, nous recevrons face à vous Victor Castané, journaliste d'investigation connue,
00:01:20qui a révélé plusieurs scandales dans la gestion des crèches pour l'accueil des enfants ou les maisons de retraite.
00:01:25Un sujet qui résonne avec la thèse de votre livre que vous venez de publier, que voici,
00:01:29« Nos vies ne sont pas des marchandises », on va en parler tout à l'heure.
00:01:31« L'argent peut-il gérer nos vies ? »
00:01:33Ça, c'est la question du moment.
00:01:35On attend aussi d'une minute à l'autre la conclusion du rapport de la commission d'enquête sur la
00:01:40neutralité du service public de l'audiovisuel.
00:01:42Parce que la question est de savoir si ce rapport doit être publié in extenso ou pas.
00:01:47Alors vous, les socialistes, on va y revenir tout à l'heure, vous avez dit d'accord pour publier les
00:01:51débats qui ont eu lieu,
00:01:52les documents qui ont eu lieu, c'est ça ?
00:01:54– On préciserait les choses.
00:01:57– On préciserait, mais on ne veut pas endosser la responsabilité des conclusions de la commission à l'oncle,
00:02:03comme vous l'avez rebaptisé, du nom du député UDR qui a mené les auditions qui ont parfois été houleuses.
00:02:08On va y revenir tout à l'heure.
00:02:09On va commencer par les promesses des distributeurs sur lesquelles le gouvernement met la pression.
00:02:14Les prix de l'essence et du gazole ne baissent pas ou peu, et pas assez vite en tout cas
00:02:18aux yeux des Français.
00:02:18Les groupes pétroliers, dans le même temps, voient leur marge augmenter.
00:02:22Est-ce à l'État de sortir le chéquier ?
00:02:24En tout cas, la pression sur le gouvernement est forte, mais Sébastien Cornu prévient,
00:02:27chaque euro d'aide sera un euro qui ne sera pas investi ailleurs.
00:02:32Gaëlle ?
00:02:32– Oui, c'est vrai qu'on n'a pas beaucoup entendu le Parti socialiste,
00:02:35dans lequel il a une position globale sur ce sujet,
00:02:39qui est un sujet de pouvoir d'achat qui est très concernant pour les Français.
00:02:43On a entendu Olivier Faure dire qu'il faudrait peut-être un chèque exceptionnel carburant,
00:02:46alors que Philippe Brun lui disait qu'il fallait s'en prendre aux taxes.
00:02:49Enfin, il disait pratiquement qu'il y avait une cagnotte de TVA et qu'il fallait se puiser dedans.
00:02:56Alors, quelle est votre position à vous sur ce sujet des carburants ?
00:02:59Est-ce que le gouvernement en fait trop, pas assez, ce qu'il faut ?
00:03:02– D'abord dire que nous sommes intervenus à plusieurs reprises pour interpeller le gouvernement.
00:03:07Nous l'avons fait même dans les questions d'actualité,
00:03:09parce que la réalité objective aujourd'hui,
00:03:11et moi j'en suis le témoin toutes les semaines dans ma circonscription des Landes,
00:03:15c'est que celles et ceux qui ont besoin de leur véhicule pour aller travailler
00:03:19n'arrivent plus à faire le plein d'essence.
00:03:21Les difficultés, elles étaient déjà antérieures à cette flambée du prix de l'essence et du prix du pétrole.
00:03:28Mais évidemment, avec des carburants qui pour certains sont au-delà des 2 euros,
00:03:33vous voyez que ça correspond sur une année pleine à 250 euros en moins.
00:03:38– D'abord, je veux dire, il y a déjà maintenant près d'un mois,
00:03:41nous avons dit au gouvernement qu'il fallait encadrer les marges des distributeurs.
00:03:45Et quand je vois que ces marges augmentent, même si les distributeurs le contestent,
00:03:49mais c'est documenté par le ministère de l'Économie…
00:03:51– Mais Sébastien Le Cornu a proposé cette mesure maintenant.
00:03:53– Oui, mais enfin maintenant, il ne suffit pas de proposer, il faut passer à l'action.
00:03:56Vous voyez, ça fait maintenant plusieurs semaines que nous le réclamons.
00:03:59C'est la raison pour laquelle la baisse des taxes,
00:04:01principe de TIPP flottante qui avait été celle de Lodèle Jospin,
00:04:04pourrait être une bonne idée,
00:04:05dès lors que nous sommes assurés qu'une baisse de taxes
00:04:09ne correspond pas en réalité à une augmentation supplémentaire
00:04:12des marges des distributeurs.
00:04:14– Et là, c'est le contribuable qui se retrouverait à payer pour l'automobiliste.
00:04:17– Mais le contribuable, là aujourd'hui, moi ce que j'aimerais savoir,
00:04:20c'est quelles sont les rentrées fiscales liées à l'augmentation du prix du pétrole
00:04:24et ce qu'il est possible de redistribuer.
00:04:26Donc encadrer les marges des distributeurs
00:04:28et la proposition qui avait été faite,
00:04:30c'était d'envisager, même si je soutiens les mesures qui sont prises
00:04:33pour les gros rouleurs, pour un certain nombre de professions.
00:04:36– Elles sont suffisantes ?
00:04:36– Non, elles ne sont pas suffisantes,
00:04:38dès lors qu'elles s'appliquent rapidement.
00:04:40Quand j'entends le ministre de l'économie expliquer
00:04:41qu'un certain nombre de dispositifs vont être prêts fin mai,
00:04:45c'est maintenant que les gens n'arrivent pas à boucler leur budget
00:04:47et à remplir leur réservoir d'essentiel.
00:04:48– Mais l'État doit subventionner les énergies fossiles en redistribuant ?
00:04:52– L'État doit soutenir le pouvoir d'achat
00:04:55de celles et ceux qui n'arrivent plus à remplir leur carburant.
00:04:59C'est pour l'essentiel les ménages les plus modestes
00:05:04et il est possible d'avoir pour cela des mesures qui sont des mesures ciblées,
00:05:09qui ont un coût raisonnable,
00:05:11et je comprends parfaitement qu'on ne puisse pas prendre une mesure générale et absolue,
00:05:14mais il y a beaucoup aujourd'hui de Françaises et de Français
00:05:16au revenu modeste qui ont besoin de leur véhicule
00:05:18pour aller travailler, pour accompagner leurs enfants.
00:05:20– Vous faites comment justement ?
00:05:22– Mais ça peut être effectivement une mesure de type chèque
00:05:25ciblée sur un certain nombre de ménages.
00:05:28– Un chèque carburant ?
00:05:28– On est capable de faire des propositions.
00:05:30– Mais c'est ce qu'ils font, c'est ce qu'ils proposent là.
00:05:32– Mais ils le font pour les gros rouleurs,
00:05:34ensuite il va y avoir une application qui va être mise en place,
00:05:36elle sera disponible.
00:05:37– Mais c'est quoi votre méthode ?
00:05:38– La méthode c'est au fond ce qui avait été décidé
00:05:41au moment des flambées précédentes du prix du carburant,
00:05:45mais recyblé sur un certain nombre de consommateurs
00:05:48qui sont des consommateurs au revenu modeste
00:05:49et qui ont besoin de leur véhicule parce qu'ils n'ont pas d'alternative.
00:05:52– Oui mais vous n'avez pas censuré ce budget,
00:05:54vous avez compris que ça coûte très cher ce genre de mesures.
00:05:56– Madame, je suis d'autant mieux placé
00:05:59que je ne suis responsable d'aucune des dérives de ce budget,
00:06:03je ne suis responsable d'aucun des manques de recettes fiscales.
00:06:04– Vous parliez de ces mesures de 2023, elles ont coûté 1,7 milliard.
00:06:07– De recettes fiscales, ben oui justement,
00:06:09c'est la raison pour laquelle je dis,
00:06:10combien coûtent les rentrées fiscales liées à l'augmentation du prix du carburant,
00:06:16combien ça rapporte,
00:06:16et combien peut être redistribuée aux Françaises et aux Français.
00:06:20Je ne crois pas que l'État ait vocation à gagner de l'argent sur l'augmentation.
00:06:27– Non mais il n'y a pas véritablement de cagnotte par ailleurs,
00:06:29la croissance va être amputée par cette crise
00:06:32et donc il va y avoir une baisse de recettes par ailleurs.
00:06:35– Je n'en sais rien, vous pensez qu'il peut y avoir une cagnotte ?
00:06:37– Vous ne pensez qu'il y a une cagnotte ?
00:06:37– Je ne dis pas qu'il y a une cagnotte,
00:06:38je dis que quand le prix de l'essence des carburants augmente
00:06:43et qu'il y a des taxes qui sont liées au prix de l'essence,
00:06:47mécaniquement il y a plus de rentrées fiscales.
00:06:49– Vous ne croyez pas le gouvernement quand il dit qu'il n'y a pas de cagnotte ?
00:06:52– Vous avez des doutes ?
00:06:54– J'ai des doutes, oui j'ai des doutes parce qu'en plus de ça,
00:06:56ça dépend de quoi il parle.
00:06:57Vous savez, pour les rentrées de TVA, il y a des décalages.
00:06:59Donc en réalité, s'il compare les rentrées des mois précédents
00:07:02avec la situation actuelle,
00:07:04on a un problème en réalité de sincérité de ce qui est dit.
00:07:07– Marco ?
00:07:07– Alors vous avez des propositions,
00:07:08le gouvernement a annoncé aussi certaines mesures
00:07:11pour aider les Français face à la hausse des prix de l'essence.
00:07:14Est-ce que ça ne rend pas inévitable
00:07:16un projet de loi de finances rectificative en juillet,
00:07:19ce qu'on appelle un PLFR en jargon parlementaire ?
00:07:23– Écoutez, moi j'ai besoin de savoir
00:07:25la réalité de ce que veut faire le gouvernement.
00:07:27Et en effet, d'un point de vue strictement parlementaire,
00:07:30moi j'ai toujours la préférence du débat et du vote.
00:07:33Quelles sont les intentions du gouvernement ?
00:07:35Je vous rappelle que nous avions déjà demandé
00:07:37une loi de finances rectificative, je crois que c'était avant la dissolution
00:07:39et que nous ne l'avions pas obtenue,
00:07:42ayant nous-mêmes manifesté notre inquiétude
00:07:45du fait de la réduction des rentrées fiscales
00:07:48et de l'augmentation du déficit.
00:07:49– Et aujourd'hui, est-ce qu'il en faut un ?
00:07:51– Je crois qu'en effet, ce serait une bonne méthode
00:07:54d'avoir une loi de finances rectificative
00:07:56plutôt que des décrets d'annulation.
00:07:59Mais j'ai envie de savoir aussi, dès à présent et sans attendre,
00:08:03quelles sont les intentions du gouvernement ?
00:08:04Parce que quand on se tourne vers la Cour des comptes,
00:08:06ils ont été alertés sur 4 milliards
00:08:08et puis on nous dit que c'est 6, c'est combien et c'est quoi ?
00:08:10– Oui, justement, le gouvernement, il envisage
00:08:126 milliards d'euros d'économies
00:08:14pour compenser ce coût de la guerre au Moyen-Orient
00:08:16à 4 milliards pour l'État, 2 milliards pour la sécurité sociale.
00:08:20Est-ce que vous le soutenez, ce gouvernement,
00:08:22dans cette volonté ?
00:08:23– Je ne soutiens pas le gouvernement
00:08:26et je lui dis qu'il y a dans un équilibre budgétaire aussi
00:08:32la possibilité de toucher les recettes.
00:08:34Madame Monchalin, quand elle était ministre,
00:08:38avait dit que s'il y avait des difficultés,
00:08:40elle pourrait, notamment s'agissant du financement
00:08:42de la protection sociale, revoir ce qu'on appelle
00:08:46la pente des exonérations de cotisations sociales.
00:08:49Donc, à un moment donné, s'il doit y avoir des efforts,
00:08:51qu'ils soient justement partagés.
00:08:53Je n'ai pas l'impression que ce soit ce qui est proposé.
00:08:55– Tout ça, c'est une répétition avant le budget pour 2027.
00:08:59Quelle est la méthode que vous attendez
00:09:01de la part de Sébastien Lecornu ?
00:09:03– Écoutez, je dois dire qu'on est très en amont du budget,
00:09:07que c'est une discussion que nous n'avons pas eue
00:09:09ni entre socialistes, ni avec nos partenaires de gauche,
00:09:13– Vous n'avez pas commencé au sein du groupe ?
00:09:15– Ni moins avec le gouvernement.
00:09:16La première réunion que j'ai eue, c'était tout à l'heure
00:09:18avec les responsables du PLF et du PLFSS de l'année dernière
00:09:23et qui seront sans aucun doute aussi en charge des discussions
00:09:27dans le prochain budget.
00:09:30Moi, j'ai besoin que le gouvernement nous dise
00:09:32quelles sont ses intentions.
00:09:33Voilà.
00:09:34Et avant de discuter du futur budget,
00:09:36je veux voir quelle est l'exécution budgétaire.
00:09:38Il a pris des engagements vis-à-vis des Français.
00:09:41Je veux savoir si ceux-là sont tenus.
00:09:44Je n'ai pas envie de me retrouver dans la situation
00:09:46dans laquelle nous étions avec François Bayrou,
00:09:48c'est-à-dire des promesses faites, mais pas tenues.
00:09:51– Et vous êtes l'inventeur du concept de la non-censure.
00:09:54Est-ce que ce concept vaut pour le budget pour 2027 ?
00:09:58– Mais vous savez, ce n'est pas un concept,
00:10:00c'est une exigence de justice.
00:10:04Vous savez, on n'a renoncé à aucune
00:10:07de nos prérogatives constitutionnelles.
00:10:10Donc moi, je ne prends pas d'engagement,
00:10:11ni de censure, ni de non-censure,
00:10:13au moment où nous nous parlons.
00:10:15Parce que si je disais qu'il n'y aura pas de censure,
00:10:17à ce moment-là, il n'y a pas de négociation.
00:10:18Et on se fait imposer des choses
00:10:20qui seraient totalement inadmissible.
00:10:21– Mais ce sera possible de négocier
00:10:23en pleine campagne présidentielle ?
00:10:24– Je vais bien mesurer, comme vous,
00:10:27c'est la raison de votre question sans doute,
00:10:28mais je n'ai pas la réponse au moment où nous parlons,
00:10:30que probablement que ce que nous avons réussi
00:10:32à faire l'année dernière sera beaucoup plus compliqué
00:10:35que l'année prochaine.
00:10:37– Mais à cause de tout le monde,
00:10:38à cause des circonstances,
00:10:39à cause de la proximité de l'élection présidentielle…
00:10:42– C'est-à-dire que vous avez moins envie
00:10:43d'être constructif que cette année ?
00:10:45– Ce n'est pas que j'ai moins envie d'être constructif,
00:10:47c'est que je vois bien,
00:10:49y compris dans l'attitude du bloc central,
00:10:52que chacun reprend un peu ses positions.
00:10:55Bon, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
00:10:56– Mais dans vos propres rangs aussi,
00:10:57vous aviez dû convaincre la non-censure
00:10:59il y a quelques mois, pour le budget de 2026.
00:11:02Est-ce qu'à l'aune de l'élection présidentielle,
00:11:05vous arriverez à convaincre ?
00:11:06– Je ne sais pas de quoi, moi-même,
00:11:09je suis convaincu pour la prochaine saison,
00:11:12si j'ose dire.
00:11:12Donc, laissez-nous travailler,
00:11:13laissez-nous attendre du gouvernement
00:11:15qui nous dise la façon dont il entend donner
00:11:17un budget au pays, quel budget.
00:11:19Et par ailleurs, il y a quelque chose
00:11:20qui n'est pas évidemment neutre,
00:11:22c'est qu'il n'y a pas d'hypothèse,
00:11:25ou il n'y a pas, par ailleurs,
00:11:26après les élections présidentielles,
00:11:28une loi de finances rectificative qui sera majeure.
00:11:30Donc, en réalité, on sait bien
00:11:31que nous ne construirons pas un budget
00:11:32pour une année entière,
00:11:34que nous ne construirons pas un budget
00:11:35qui fait des promesses qui pourraient être démenties
00:11:38par une élection présidentielle
00:11:39ou une élection législative ensuite,
00:11:42et que, évidemment, c'est un rendez-vous
00:11:44d'une nature particulière.
00:11:46– C'est sans doute avec ça en tête
00:11:47que François Hollande a proposé une méthode,
00:11:51c'est-à-dire un budget à minima
00:11:52pour arriver au compromis.
00:11:53Le gouvernement passerait par 49-3,
00:11:56le Parti socialiste ne censurerait pas,
00:11:59ça vous semble une bonne proposition ?
00:12:01– Chacun peut exprimer des options,
00:12:04un sentiment, une préférence.
00:12:07Je n'en sais rien, je veux dire, je n'en sais rien.
00:12:09Je ne sais pas ce que veut le gouvernement.
00:12:13– Est-ce que c'est une bonne idée sur le papier ?
00:12:16De dire, bon, allez, on règle les affaires courantes ?
00:12:18– Peut-être que oui, peut-être que non.
00:12:19Mais quand j'entends par ailleurs le gouvernement dire
00:12:21qu'il veut poursuivre une trajectoire de baisse du déficit
00:12:25que nous-mêmes nous contestons,
00:12:27je dis qu'il y a un problème.
00:12:28– Donc là, François Hollande, il s'est engagé trop tôt.
00:12:30– Il exprimait une opinion qui était personnelle.
00:12:31– Un peu tôt.
00:12:33– Il a le droit d'exprimer des positions personnelles.
00:12:37Il participe du débat, ça participe de la réflexion
00:12:39qui sera nécessairement collective.
00:12:41– Pourquoi s'engager si près
00:12:43alors qu'on va changer dans quelques mois après ?
00:12:46– Vous parlez de quoi ?
00:12:48– Du budget.
00:12:50– En tout cas, c'est un budget qui sera par nature
00:12:54extrêmement particulier.
00:12:55Et on le sait, quelles étaient les élections présidentielles,
00:12:58que ce dernier budget n'était pas un budget définitif
00:13:03en réalité pour l'année suivante.
00:13:04– Je reviens un petit peu sur les carburants.
00:13:06Vous savez que les distributeurs, eux, ils ont une idée.
00:13:09Ils disent, tiens, si on supprimait,
00:13:10enfin si on gelait les certificats d'économie d'énergie
00:13:13qu'ils doivent réinvestir dans la rénovation énergétique.
00:13:16Il y a 8 milliards attendus cette année.
00:13:18Et est-ce que c'est quelque chose qui pourrait être envisageable ?
00:13:21Ça ferait baisser les taxes sur le pétrole, sur l'essence.
00:13:24– Écoutez, que les distributeurs, que les pétroliers
00:13:28se posent la question de l'effort qu'ils doivent consentir à la crise.
00:13:32C'est-à-dire comment ils réduisent leurs marges, comment ils participent.
00:13:36Il y a une proposition européenne à laquelle je souhaite que la France se joigne,
00:13:39qui est une taxation des super-profits des pétroliers,
00:13:42pour financer ce moment difficile que les Européens, les Françaises et les Français ont à passer.
00:13:48Voilà ce que, moi, j'attends des...
00:13:51– Donc on ne touche pas aux certificats d'économie d'énergie.
00:13:53– C'est de l'argent qui va manquer quelque part,
00:13:55pour financer des projets liés à la transition.
00:13:57– Et puis vous avez voté ce budget, ça serait une façon de se renier.
00:13:59– Je n'ai pas voté ce budget.
00:14:00– Non, vous avez laissé passer ce budget, pardon.
00:14:03– Et par ailleurs, je vous dis, nous avons quand même économisé.
00:14:06Voilà, ce n'est pas le budget qui nous a été présenté originellement.
00:14:09Il y a 9 milliards d'économies qui devaient être faites sur le dos des Françaises et des Français.
00:14:13Et nous, nous en avons, nous les avons épargnés de cette grande saignée.
00:14:17– Je voudrais qu'on parle du 1er mai aussi, c'est bientôt, c'est là, vendredi prochain.
00:14:21Sébastien Lecornu promet une loi pour l'année prochaine.
00:14:24Pour l'instant, il n'y a pas de loi.
00:14:25Les fleuristes, les boulangers pourront être autorisés à ouvrir et faire travailler leurs salariés.
00:14:29Les inspecteurs du travail sont priés de rester chez eux pour ne pas voir ce qui se passe.
00:14:32Mais il n'y a pas de loi, il n'y a pas de décret, il n'y a rien.
00:14:34Déjà, sur cette première mouture, j'allais dire, est-ce que vous êtes d'accord
00:14:37pour que les boulangers et les fleuristes ouvrent et fassent travailler leurs salariés
00:14:41là, au 1er mai prochain ?
00:14:42– Il y a manifestement un besoin de sécurisation juridique qui est très marginal
00:14:47puisqu'en réalité, il y a eu 5 contrôles l'année dernière.
00:14:49Vous voyez, on fait une loi pour 5 contrôles.
00:14:51En réalité, c'est M. Attal qui donne des gages à la droite pour exister.
00:14:56En réalité, tout ça a mis une grande pagaille.
00:14:58C'est ça, la réalité objective.
00:15:00L'engagement que le ministre M. Farandou a pris devant les 5 organisations patronales,
00:15:07et c'était l'objet d'ailleurs des discussions que les organisations syndicales ont eues
00:15:10elles-mêmes avec le Premier ministre, que moi-même j'ai pu avoir avec les uns et les
00:15:14autres, qui est retour au dialogue social, retour aux accords de branche.
00:15:19S'il y a un accord de branche, il y aura une loi.
00:15:21S'il n'y a pas d'accord de branche, il n'y aura pas de loi.
00:15:23Et si nous devons rejouer la même scène l'année prochaine, nous y opposons de la même
00:15:27manière. Mais pour cette année, est-ce que vous êtes d'accord sur le fait que les
00:15:30boulangers et les fleuristes puissent ouvrir et faire travailler leurs salariés ?
00:15:32Mais en fait, l'essentiel des boulangers, d'ailleurs qu'ils ne l'imposent pas...
00:15:36Non mais sur le fond, sur le fond, est-ce que vous êtes d'accord ?
00:15:38Moi, je suis pour qu'on respecte ce 1er mai, qui est un jour chômé et payé.
00:15:44Donc je crois qu'on peut, à part les artisans et les entreprises familiales qui peuvent
00:15:48ouvrir, pour le reste, je suis pour qu'on ne travaille pas le 1er mai.
00:15:50Donc ni les boulangers ni les fleuristes ?
00:15:53Il y a beaucoup de boulangers qui n'ont pas de salariés et qui sont...
00:15:56Vous avez bien compris, non mais je parle de ceux qui ont...
00:15:58Vous avez bien compris, non mais parce qu'en fait, vous voyez, on tourne...
00:16:00Mais vous savez pourquoi c'était faire, quand même ?
00:16:02C'était pour autoriser un certain nombre de grandes chaînes, dans la boulangerie,
00:16:07mais aussi dans les librairies, voilà, enfin c'était pas une loi pour les artisans
00:16:13boulangers, ça n'est pas vrai, ça n'est pas vrai.
00:16:16Donc vous attendez le gouvernement sur la prochaine loi, pour ce 1er mai, vous dites
00:16:19non, les boulangers et fleuristes qui ont des salariés n'ont pas à travailler
00:16:21le 1er mai.
00:16:22En tout cas, il y a une chose qui est certaine, c'est que les salariés ont le droit de
00:16:25le
00:16:25refuser et n'ont pas à être sanctionnés pour cela.
00:16:27Et sur l'adoption de la loi, enfin avec la MRP, la motion de rejet préalable qui a
00:16:32été déposée par le groupe qui défendait le texte, est-ce que vous craignez qu'avec
00:16:37l'entonnoir parlementaire qui va arriver, vu qu'on arrive en fin de...
00:16:40Non, non, mais on arrive en fin de mandature, est-ce que vous craignez que les macronistes
00:16:44vont accélérer et reproduire ce genre de procédure ?
00:16:48C'est encore plus techno que moi.
00:16:49Mais oui, je crois qu'on va dire, c'est hyper...
00:16:51Abonnez, on s'y perd tous, de quoi parlez-vous ?
00:16:54Bah, écoutez, qu'il y ait de façon désordonnée des propositions qui font fi de la réalité
00:17:00de ce qu'est cet hémicycle, qui font fi de la nécessité de respecter le dialogue
00:17:06social et les partenaires sociaux.
00:17:08Je le crains et je l'observe, vous voyez.
00:17:11On a des lois qui arrivent comme ça, sans majorité, en crispant tout le monde.
00:17:18Bon, oui, je le crains.
00:17:20Maurice Vallaud, demain, vous répondrez présent à l'invitation d'Aurore Berger, ministre
00:17:23en charge de la lutte contre les discriminations, qui a hérité, on va le dire comme ça, de
00:17:27la loi sur les nouvelles formes d'antisémitisme issue des travaux de la députée Caroline Yadant.
00:17:31Aurore Berger promet de repartir d'une feuille blanche et elle explique sa méthode.
00:17:37On parle quand même d'une loi que je souhaite co-construire avec l'ensemble des forces parlementaires
00:17:42représentées à l'Assemblée et au Sénat.
00:17:44Moi, je suis ministre de la République, j'ai donc invité toutes les forces parlementaires
00:17:47qui sont représentées en disant on va travailler, on va travailler ensemble, parce qu'il est
00:17:52insupportable qu'un seul Français aujourd'hui ait un doute sur son avenir dans notre pays
00:17:57au regard de son identité réelle ou supposée.
00:18:01Ce ne sera pas la loi Yadant, ça vous rassure ?
00:18:03– Oui, oui, ça me rassure.
00:18:08Vous savez, j'avais dit dès après le retrait de la loi Yadant, nous avions prévu de nous
00:18:16y opposer, que les socialistes seraient disponibles pour un travail transpartisan.
00:18:22– Vous faites confiance à Aurore Berger, elle sera plus ouverte que Caroline Yadant.
00:18:25– Écoutez, je ne fais pas de procès a priori en sincérité ou en insincérité de
00:18:31Mme Berger, je viens d'entendre que c'était une page blanche, je viens d'entendre que
00:18:35c'était transpartisan, il y a une réalité objective qui est l'augmentation, l'explosion
00:18:40des actes antisémites.
00:18:42Si c'est notre affaire à tous, eh bien nous devons tous nous mobiliser et essayer pour
00:18:48le coup de produire une loi qui est une loi de consensus.
00:18:51– Et vous pensez que ça peut voir le jour avant la présidentielle ?
00:18:54– C'est ce que ce soit de la ministre ?
00:18:55– Oui, oui, écoutez, oui, pourquoi pas, je ne suis pas capable de vous le dire.
00:18:59Vous savez, le transpartisan consensuel, ça va demander du temps.
00:19:03– Écoutez, parfois ça en vaut la peine, Marco.
00:19:06– Justement, vous dites qu'il faut repartir d'une feuille blanche, en tout cas c'est
00:19:09ce que la ministre dit, que faudrait-il dans ce futur texte pour que les socialistes le
00:19:14soutiennent cette fois ?
00:19:15– Je ne vais pas vous répondre aujourd'hui parce que je veux voir les intentions de
00:19:19la ministre, je sais qu'elle a travaillé et qu'elle a réfléchi.
00:19:22Je veux qu'on soit capable, si vous voulez, à la fois dans un même mouvement,
00:19:25de dire qu'il y a des augmentations en France et partout dans le monde des actes antisémites
00:19:32et de condamner le gouvernement de Netanyahou dans ses entreprises de criminels, de colonisation.
00:19:41Et si on est capable de dire ça dans un même mouvement, on part déjà d'un point qui est
00:19:45différent.
00:19:46– Alors qu'est-ce qui bloquait dans la loi de Caroline Galland et que vous ne voulez pas voir
00:19:49dans le nouveau texte ?
00:19:50– C'était un certain nombre de… il y avait le sujet par exemple de provocation implicite.
00:19:54Qu'est-ce que ça veut dire provocation implicite ?
00:19:56– Ça, vous ne voulez pas que ça soit dans le texte…
00:19:58– Oui, je pense qu'on a besoin de précision.
00:20:01Il faut ménager la lutte contre l'antisémitisme avec la prise en compte de nouvelles formes d'antisémitisme
00:20:05qu'il faut documenter, etc.
00:20:06Et nous, les socialistes, on va beaucoup travailler, beaucoup consulter sur ce sujet-là.
00:20:12et la liberté d'exprimer ses opinions, de critiquer un gouvernement.
00:20:18Mais nous, on y va avec un état d'esprit qui est
00:20:21cette affaire est trop grave de l'antisémitisme pour ne pas s'y impliquer pleinement.
00:20:27– Une petite chose, vous ne serez pas les seuls.
00:20:28Tous les partis politiques vont y aller finalement, y compris la France Insoumise,
00:20:31Mathilde Panot l'a dit hier sur France Inter.
00:20:33C'est presque un retournement de situation.
00:20:35Ils avaient dit jusqu'à maintenant qu'ils n'iraient pas.
00:20:36– Eh bien tant mieux, moi je veux tant mieux.
00:20:38Si tout le monde est autour de la table, tant mieux.
00:20:39– Est-ce que ça veut dire quoi pour vous ?
00:20:40– Comment vous analysez ce revirement ?
00:20:43– Je ne suis pas porte-parole de la France Insoumise.
00:20:44– Non, comment vous analysez-vous ce revirement ?
00:20:46– C'est difficile sur une cause qui est aussi importante,
00:20:50de prétendre combattre l'antisémitisme
00:20:51et de ne pas se rendre à un rendez-vous qui le propose.
00:20:54– La ministre, elle laisse la porte ouverte aussi
00:20:56à une peine d'inéligibilité automatique
00:20:59pour les élus condamnés pour propos ou actes antisémites ou racistes.
00:21:03On sait qu'Emmanuel Macron défendait cette mesure.
00:21:06Est-ce que vous y êtes favorable si cette mesure figure d'un point intérêt ?
00:21:09– Je ne sais pas vous répondre, je ne sais pas quelle sera dans ce cas-là la qualification.
00:21:13Mais moi je suis prêt à tout regarder.
00:21:15Voilà, je veux dire, j'y vais sans a priori.
00:21:18Je sais les raisons pour lesquelles il nous avait amené
00:21:21à ne pas soutenir la loi Yadant.
00:21:23Je sais aussi l'urgence de lutter contre l'antisémitisme,
00:21:27mais vous l'avez vu aussi contre le racisme
00:21:29et contre toutes les formes de discrimination.
00:21:32Donc j'y vais dans cet état d'esprit-là.
00:21:33Et nous regarderons tout, nous consulterons,
00:21:35nous mesurerons les équilibres pour en réalité avoir une loi
00:21:39qui ne soit pas une loi d'affichage,
00:21:41mais qui soit une loi qui nous permette de faire reculer l'antisémitisme.
00:21:44– Il y a la lutte contre l'antisémitisme,
00:21:46il y a la lutte contre le racisme aussi.
00:21:48LFI appelle dimanche prochain, le 3 mai à Paris,
00:21:51à une mobilisation contre le racisme.
00:21:54Est-ce que vous y serez ?
00:21:55Est-ce que vous ferez front commun avec les insoumis ?
00:21:57– Écoutez, je crois que la question ne se pose pas en ces termes.
00:21:59À chaque fois qu'on peut combattre le racisme, il faut le combattre.
00:22:02S'il y a des rassemblements, je n'en connais pas les modalités,
00:22:04je ne sais pas qui appelle à ce rassemblement,
00:22:05s'il y a des associations antiracistes par ailleurs.
00:22:09Nous étions à Saint-Denis au moment du rassemblement
00:22:12et donc c'est probablement que nous y serons aussi.
00:22:15Pour ce qui me concerne, je serai dans les Landes, le 3.
00:22:19Mais c'est parce que c'est ma circonscription.
00:22:21– Vous pouvez manifester dans les Landes.
00:22:22– Oui, je ne sais pas s'il y a quelque chose qui est organisé dans les Landes.
00:22:24– Ça dépend de vous peut-être.
00:22:25– Vous pouvez l'organiser.
00:22:26– C'est vrai, c'est vrai.
00:22:27Mais en tout cas, là aussi, c'est notre affaire à tous.
00:22:30Et personne n'est propriétaire de la lutte contre le racisme.
00:22:32– Personne n'est propriétaire, mais si c'est les filles qui organisent,
00:22:35ce n'est pas un problème pour vous.
00:22:36– C'est pour ça que je pose la question de savoir,
00:22:38et c'est probablement le cas, est-ce qu'il y a des organisations syndicales ?
00:22:40Vous savez, ces discussions-là, avant de se prononcer, on les a.
00:22:42On appelle les organisations syndicales, on appelle les organisations antiracistes,
00:22:45on se pose la question…
00:22:46– Ce que je veux dire, c'est que que ce soit à l'initiative de la France insoumise,
00:22:49ce n'est pas un obstacle pour vous.
00:22:50– Mais ce n'est pas un obstacle rédhibitoire.
00:22:58– Non, c'était juste pour apporter une pression sur la loi Yadant.
00:23:00L'ancien juge antiterroriste Marc Révedic considère que la provocation implicite
00:23:05au terrorisme, ça va être, selon lui, de l'arbitraire.
00:23:08– C'était l'un des motifs qui nous avait conduit à dire
00:23:10que cette loi n'était pas souhaitable.
00:23:13– Louriane ?
00:23:13– Il y a ce projet de loi contre l'antisémitisme,
00:23:17il y a la loi de programmation militaire,
00:23:19il y a le projet de loi sur l'urgence agricole, la fin de vie et j'en passe,
00:23:24et pourtant la session parlementaire doit se terminer le 30 juin.
00:23:27Est-ce que vous souhaitez qu'il y ait une session extraordinaire en juillet ?
00:23:32– Je n'ai aucune difficulté à ce qu'on travaille en juillet.
00:23:34Moi, je crois qu'on a toujours eu des sessions extraordinaires.
00:23:38Les premières se terminaient même autour du 10 août.
00:23:40Pas de difficulté pour moi.
00:23:42– Mais face à cet embouteillage, tout ne passera pas.
00:23:45Est-ce que vous souhaitez qu'il y ait des sujets qui soient abordés,
00:23:48tranchés avant la présidentielle ?
00:23:50– Il y a des lois qui ne souffrent pas d'attente,
00:23:54ou qui ont fait l'objet de tellement de reports
00:23:57qu'il est temps d'aller au bout, je pense, à la loi sur la fin de vie.
00:24:01La loi de programmation militaire, on voit bien la nécessité d'en débattre,
00:24:05parce que la situation internationale est celle que nous savons.
00:24:10L'urgence agricole, elle n'est pas tente.
00:24:12Vous savez, le revenu agricole, moi, dans ma circonscription,
00:24:15l'année dernière est la plus faible depuis 10 ans.
00:24:18Depuis 10 ans, c'est-à-dire que ce n'est pas la difficulté,
00:24:21c'est qu'il y ait des agriculteurs qui vont arrêter
00:24:23et qu'on n'arrivera pas à installer des générations nouvelles.
00:24:26Donc il y a des sujets qui sont des sujets d'urgence.
00:24:28Je crois qu'on doit être capable d'organiser notre agenda,
00:24:31y compris avec une session extraordinaire, si c'est nécessaire.
00:24:35– Et comment vous imaginez l'ambiance à l'Assemblée nationale
00:24:38ces prochains mois, à mesure que l'élection présidentielle s'approche ?
00:24:41– J'imagine qu'il y aura l'affirmation d'une adversité politique,
00:24:47l'affirmation par les uns et les autres d'une identité politique
00:24:51et ce que nous défendrons les uns et les autres
00:24:53ne sera pas à l'identique.
00:24:56Je fais exception sans doute de la loi sur la fin de vie,
00:24:58mais nous aurons des propositions sur la loi d'urgence agricole
00:25:02qui ne seront pas les mêmes que celles d'autres groupes
00:25:04et même que celles du gouvernement.
00:25:07Bon, on fera notre travail de parlementaire.
00:25:08Nous, on est élus…
00:25:09– Mais ça ne risque pas d'être plus houleux, moins intransigeant ?
00:25:13– Je ne peux pas vous le dire parce qu'il y a eu des moments
00:25:16particulièrement houleux sans que nous soyons à la veille
00:25:18d'une élection présidentielle.
00:25:20Donc nous verrons bien.
00:25:21En tout cas, pour ce qui est des socialistes,
00:25:22on a bien l'intention de nous battre dans l'hémicycle,
00:25:26nous battre au bon sens du terme, pour les idées que nous défendons.
00:25:29– En février, vous avez signé une tribune avec plein de personnalités
00:25:34dont Raphaël Glucksmann et Elisabeth Borne
00:25:36pour des élections proportionnelles aux prochaines législatives
00:25:39en disant que finalement, il fallait que ce soit voté
00:25:41avant la présidentielle 2027, qu'on pouvait le faire voter tout de suite
00:25:45et qu'on trouverait certainement une majorité à l'Assemblée pour ça.
00:25:48Est-ce que finalement, c'est une sorte de reconnaissance
00:25:51qu'il n'y aura plus de majorité forte et franche à l'Assemblée
00:25:59et que donc autant l'organiser finalement ?
00:26:02– Vous avez raison de dire que une des explications,
00:26:07en tout cas de mon point de vue, est celle-là.
00:26:12D'abord, dans le monde dans lequel nous sommes,
00:26:14je fais le constat d'une cinquième république
00:26:16qui est usée jusqu'à la corde, qui est à bout de souffle.
00:26:21qui est manifestement incapable de créer les conditions
00:26:24d'un débat public serein.
00:26:26Je fais le constat aussi, depuis le gouvernement Barnier,
00:26:32que nous sommes des parlementaires
00:26:34qui faisons l'apprentissage du parlementarisme,
00:26:36qui n'avions pas cette culture-là.
00:26:39Et nous, socialistes, sans doute d'autres aussi,
00:26:41apportant des réponses différentes, nous sommes posés la question
00:26:44de savoir ce qu'était l'exercice de l'opposition.
00:26:47Vous savez, on n'était pas dans une opposition confortable
00:26:49avec une majorité absolue.
00:26:50Qu'est-ce que la professionnelle va changer ?
00:26:52Mais ça change, je crois, la culture.
00:26:57Fondamentalement, ça légitime la possibilité, justement,
00:26:59de la recherche de compromis, qui ne serait plus, dès lors,
00:27:01la part maudite de la politique, mais peut-être
00:27:03une façon de réenchanter la politique, de prendre en compte...
00:27:07Les coalitions seraient plus faciles ?
00:27:09Je ne sais pas si on peut parler de coalitions,
00:27:11en tout cas, de travail authentiquement parlementaire,
00:27:13parce que derrière, je pense qu'il y aura une réflexion
00:27:16sur l'équilibre des pouvoirs, c'est-à-dire la place du Parlement,
00:27:19mais aussi la place du Premier ministre.
00:27:21Vous savez, les présidents qui gouvernent,
00:27:23eh bien, finalement, le régime finit par...
00:27:26Qu'est-ce que veut dire mourir ?
00:27:27On ne pourrait pas soupçonner que c'est une manœuvre,
00:27:29en fait, pour éviter que ce soit le Rassemblement national
00:27:32qui est une majorité forte à l'Assemblée,
00:27:35puisqu'on pourrait se dire que ces fois,
00:27:36ils vont avoir un tiers des voix, et donc, avec le fait majoritaire...
00:27:38Pour ce qui me concerne, et c'était une signature
00:27:41de cette tribune à titre personnel, pas comme président de groupe,
00:27:43parce que ni les députés socialistes, ni le Parti socialiste
00:27:46n'ont pris de position...
00:27:47Si, Olivier Faure, il est contre la proportionnelle.
00:27:49Oui, c'est une position personnelle,
00:27:51mais le Parti et le groupe n'ont pas pris de position.
00:27:54Est-ce que c'est une façon de faire barrage au RN ?
00:27:56Est-ce qu'on a l'impression que ça vient à point ?
00:27:59Écoutez, moi, ce n'est pas dans cet état d'esprit
00:28:02que je soutiens la proportionnelle.
00:28:04Je me dis que, dans un moment d'immenses doutes
00:28:09sur notre capacité à gouverner,
00:28:13s'il y a moyen de réenchanter, un tant soit peu, la politique,
00:28:18je crois qu'il faut s'en saisir.
00:28:19Mais c'est marrant, vous ne disiez pas, justement,
00:28:21tiens, non, si, oui, justement, j'assume,
00:28:23c'est pour faire barrage au RN.
00:28:24Vous pourriez dire j'assume ?
00:28:25Parce que je ne suis pas certain que ce soit un mode de scrutin
00:28:27qui fasse barrage à qui que ce soit.
00:28:29Ah oui ? D'accord.
00:28:30Et on vous demande dans le tchat,
00:28:31est-ce que vous pensez que le prochain président
00:28:32aura une majorité pour gouverner ?
00:28:34On peut faire l'hypothèse raisonnable
00:28:35qu'il n'y aura plus jamais de majorité absolue.
00:28:38On peut faire cette hypothèse-là.
00:28:39Et il nous faut nous poser la question
00:28:41de savoir ce que ça implique comme pratique,
00:28:43ce que ça implique comme équilibre des pouvoirs.
00:28:46C'est ce qui, d'une certaine manière,
00:28:49a commencé d'émerger depuis la dissolution.
00:28:52Un régime d'une nature nouvelle
00:28:54dont on ne sait pas dire ce qu'il est,
00:28:56qui n'a pas de règles, de grammaire,
00:28:58et où tout est apprentissage.
00:28:59Et ce que nous avons fait ces derniers mois
00:29:01était un apprentissage.
00:29:03Très imparfait, très inachevé,
00:29:06où on a été en permanence assaillis
00:29:07de doutes, de questions nous-mêmes,
00:29:09et de questions des Françaises et des Français.
00:29:12Et donc, oui, je pense que nous aurons,
00:29:15comme dans d'autres pays,
00:29:16à nous poser la question de notre pratique.
00:29:19– Dans d'autres pays, comme disait Gaël,
00:29:20ils font des coalitions.
00:29:21Vous imaginez faire des coalitions avec qui ?
00:29:23– Moi, je ne veux pas.
00:29:23– Ou des accords avec qui ?
00:29:24– Déjà, je suis en train d'essayer
00:29:26de faire une coalition avec la gauche.
00:29:27– Oui, c'est déjà pas mal.
00:29:29– Mais si vous voulez élargir,
00:29:30ce serait vers qui ?
00:29:31– Non, mais écoutez, je n'en sais rien.
00:29:33Il se trouve que, vous savez,
00:29:34quand Michel Barnier est rentré dans l'hémicycle
00:29:37au moment de la motion de censure,
00:29:40il était à côté de moi,
00:29:42et il me dit, enfin, je lui ai dit,
00:29:44mais pourquoi on ne nous a jamais proposé
00:29:46de compromis, ce qu'il avait fait ensuite.
00:29:48Il m'a dit, mais parce que je croyais
00:29:49que vous étiez dans l'opposition.
00:29:49Ben oui, à qui on propose des compromis,
00:29:52c'est-à-dire l'opposition.
00:29:52Donc on peut être dans l'opposition,
00:29:54une opposition déterminée,
00:29:55qui se bat, qui défend ses idées,
00:29:56qui défend son programme,
00:29:58ce qu'il a pris comme engagement
00:29:59devant les électeurs,
00:30:00pour faire avancer sa cause.
00:30:02C'est aussi une forme de démocratie continue
00:30:04que les Français réclament.
00:30:04– Vous entendez sûrement cette petite musique
00:30:06lancée par Jordan Bardella notamment,
00:30:08qui dit, seul l'ERN est capable
00:30:10d'avoir une majorité à l'Assemblée
00:30:12en cas de victoire de Jordan Bardella
00:30:14ou de Marine Le Pen à la prochaine présidentielle.
00:30:16Vous lui dites quoi ?
00:30:18– Je veux dire qu'on va faire en sorte
00:30:20qu'il n'y ait ni la présidentielle,
00:30:23ni les élections législatives.
00:30:23– Et qui n'ont pas plus de chance, eux ?
00:30:24– Ben, je n'en sais rien.
00:30:25En tout cas, on va tout faire
00:30:26pour que ce ne soit pas une question de chance,
00:30:27c'est une question de projet,
00:30:28et que nous présentions un projet
00:30:30qui puisse avoir une vocation majoritaire
00:30:32dans le pays,
00:30:33et qui ne soit pas les propositions
00:30:37des bonumenteurs de l'extrême droite.
00:30:38– Et finalement, si on fait une proportionnelle
00:30:41à l'élection législative,
00:30:43est-ce qu'il faut toujours avoir
00:30:44une élection directe pour le président ?
00:30:45Parce que finalement, on a l'impression
00:30:46que vous voudriez revenir peut-être
00:30:48à un régime parlementaire.
00:30:49– Écoutez, moi, je suis parlementariste.
00:30:51Voilà.
00:30:52C'est, au fond, ma culture, ma conviction.
00:30:55– Donc ?
00:30:55– Donc, plus d'élections directes
00:30:57du président de la République.
00:30:57– Donc, je suis pour que le président de la République…
00:31:00– Ça serait logique, hein ?
00:31:01– Préside, et donc qu'il ne gouverne pas.
00:31:03Celui qui détermine et conduit
00:31:04la politique du gouvernement,
00:31:06c'est le Premier ministre.
00:31:06Et l'essentiel, et l'essentiel au quotidien
00:31:09de la politique, c'est le Premier ministre
00:31:11issu de la majorité du gouvernement.
00:31:13– Non, mais vous savez, il est élu en Italie
00:31:17ou en Autriche, il est élu au suffrage
00:31:18universel direct.
00:31:19Ça ne l'empêche pas de se contenter
00:31:20d'innoisseur.
00:31:22– Mais revenons à la France,
00:31:22comme vous disiez, Gaël.
00:31:23– Non, mais je ne propose pas
00:31:24de revenir sur l'élection
00:31:26au suffrage universel.
00:31:27– Voilà, c'est ça que vous demandez.
00:31:28– C'est la question.
00:31:29– Mais je propose de réduire
00:31:31les pouvoirs du président de la République.
00:31:32– D'accord.
00:31:33– Nos vies ne sont pas des marchandises
00:31:34manifestes pour la démarchandisation.
00:31:36Vous avez vu, j'ai réussi à dire
00:31:37du premier coup, au seuil,
00:31:38c'est le titre de votre livre
00:31:40que vous sortez, qui est un programme,
00:31:42et ça, on va y revenir tout à l'heure,
00:31:43mais sur le fond d'abord.
00:31:44Vous dites, par exemple, l'eau,
00:31:46les services funéraires, par exemple,
00:31:48ou la gestion des autoroutes,
00:31:49tout ça, ce sont des pans entiers
00:31:50de notre vie, qui sont captés
00:31:51par des intérêts privés
00:31:52et qu'il faut remettre du public dedans.
00:31:55Très bien.
00:31:55– Pas forcément du public,
00:31:56ça peut être de l'économie sociale et solidaire,
00:31:58ça peut être de l'associatif,
00:31:58ça peut être du non lucratif.
00:32:00– Alors justement, je vous laisse expliquer,
00:32:01qu'est-ce que vous voulez faire exactement ?
00:32:03– D'abord, moi, je voudrais
00:32:04qu'on partage un constat
00:32:05et chacune et chacun peut le faire.
00:32:07On est, je le dis,
00:32:08je formule comme ça,
00:32:09on est dans un monde
00:32:10qui est devenu une grande boutique.
00:32:11Tout est à acheter, tout est à vendre,
00:32:13tout a une étiquette, un prix, un code bas.
00:32:15Que ce soit les crèches,
00:32:17que ce soit les écoles,
00:32:18que ce soit l'enseignement supérieur,
00:32:19que ce soit l'accès aux soins,
00:32:20que ce soit l'accès à un certain nombre
00:32:21de biens essentiels,
00:32:23tout est un objet marchand
00:32:26et il y a une vraie confusion
00:32:27entre la valeur d'échange
00:32:28et la valeur d'usage.
00:32:29Et le marché prétend mieux
00:32:32que la délibération collective,
00:32:33c'est-à-dire que la démocratie elle-même,
00:32:35les citoyens elles-mêmes,
00:32:37décidaient de ce qui a de la valeur
00:32:38et de ce qui n'est pas,
00:32:39décidaient de ce qui est essentiel
00:32:40et de ce qui n'est pas.
00:32:40Et en réalité, c'est une sélection
00:32:42par l'argent, par la rentabilité,
00:32:44par la solvabilité
00:32:45qui fait des dégâts considérables.
00:32:47Vous avez donné trois exemples.
00:32:48– Parce que c'est vraiment
00:32:49des choses à vie quotidienne.
00:32:50– Exactement.
00:32:50– Mais oui, qui sont très présentes
00:32:51dans le pays.
00:32:51– La politique publique de l'eau,
00:32:52je vais vous donner un exemple
00:32:53qui est un exemple landais.
00:32:56Dans les Landes, on a mené,
00:32:57maintenant avec Henri-Emmanueli
00:32:58qui était mon prédécesseur,
00:33:00grande bataille pour la gestion
00:33:01publique de l'eau.
00:33:02– Comme à Paris.
00:33:02– Comme à Paris où il y a
00:33:03une remunicipation.
00:33:04– Comme beaucoup de villes, oui.
00:33:04– Aujourd'hui, on a un syndicat
00:33:05départemental qui s'appelle
00:33:06le SIDEC dans les Landes
00:33:07qui gère 90% de la distribution d'eau.
00:33:10Nous avons le prix de l'eau
00:33:11le plus bas de Nouvelle-Aquitaine
00:33:13et un taux de renouvellement
00:33:14des réseaux qui est très élevé.
00:33:15– Alors ça, justement,
00:33:16vous municipalisez beaucoup.
00:33:18Autre mot compliqué.
00:33:19Mais par exemple,
00:33:20pour les services funéraires,
00:33:21vous dites qu'il faut
00:33:22remunicipaliser les services funéraires.
00:33:23– Je vais vous dire,
00:33:25il se trouve que je suis allé à Rennes
00:33:27où j'ai visité une entreprise funéraire
00:33:30de l'économie sociale et solidaire,
00:33:33une coopérative qui est inspirée
00:33:35du modèle canadien.
00:33:36Il y a quelques années,
00:33:38les fonds d'investissement
00:33:39avaient investi massivement
00:33:42toutes les pompes funèbres canadiennes
00:33:44et puis avaient fait augmenter les prix
00:33:45parce que, évidemment,
00:33:46c'était leur intérêt.
00:33:48Les coopératives se sont substituées à elles.
00:33:50Aujourd'hui, les fonds d'investissement
00:33:52sont partis ailleurs,
00:33:53en France notamment,
00:33:54et les coopératives au Canada
00:33:56font l'essentiel des services funéraires
00:33:59avec 40% moins cher.
00:34:01Donc moi, vous savez,
00:34:02que ça sorte de la poche
00:34:04du contribuable ou du consommateur,
00:34:06c'est toujours dans la même...
00:34:07– Oui.
00:34:07– Mais c'est fait la même chose,
00:34:08c'est pas la même démarche.
00:34:09– Non, nous n'avons,
00:34:09quand on a un service public non lucratif,
00:34:11qu'il soit public ou privé,
00:34:13nous n'avons pas d'actionnaire à rémunérer.
00:34:15– Vous parlez, par exemple,
00:34:15des autoroutes.
00:34:16– Oui.
00:34:16– T'acqu'il au passage,
00:34:17Dominique de Villepin,
00:34:18qui se voit candidat à la présidentielle,
00:34:19ça, c'est autre chose,
00:34:19c'est pas le sujet de votre livre.
00:34:21Mais vous dites que...
00:34:22– Le prochain, peut-être.
00:34:23– Vous parlez des autoroutes,
00:34:24vous parlez de tout ça.
00:34:25Mais il y a un truc que vous écartez,
00:34:28c'est la nationalisation.
00:34:30– Ah.
00:34:30– Pourquoi ?
00:34:31– Vous ne parlez pas de nationalisation.
00:34:33Moi, je me dis tiens,
00:34:34un socialiste, il va parler de nationalisation.
00:34:35– Ça fait partie des outils.
00:34:36– Oui, mais ce que j'ai dit,
00:34:38c'est que la démarchandisation,
00:34:40ça n'est pas l'étatisation de tout.
00:34:41Mais votre remarque montre
00:34:42que vous avez lu le livre
00:34:43et qu'un certain nombre de vos collègues...
00:34:44– Et ça me manquait, je me disais,
00:34:45où est la nationalisation ?
00:34:46– Et qu'un certain nombre de vos collègues
00:34:48ont résumé mon livre en disant
00:34:49c'est la nationalisation de tout.
00:34:50– Non, c'est le contraire.
00:34:50– Ça fait partie des outils.
00:34:52– C'est à peine présent.
00:34:53– Je propose, par exemple,
00:34:54la création d'un pôle public de l'énergie
00:34:56qui peut nécessiter la nationalisation
00:34:58d'un certain nombre d'opérateurs aujourd'hui.
00:35:00Je pose la question d'un pôle public
00:35:03du médicament qui s'oppose
00:35:04des entreprises publiques,
00:35:05donc nationales.
00:35:06– Nationales, mais ce n'est pas
00:35:07de la nationalisation,
00:35:08comme on l'entendait à l'époque
00:35:09de François Mitterrand en 1981.
00:35:10– Mais c'est possible.
00:35:11Vous savez, c'est une méthode,
00:35:13ce n'est pas un brévière.
00:35:14– Vous avouez que ce n'est pas
00:35:16très présent dans votre livre.
00:35:17– Non, ça fait partie des outils.
00:35:19Ça fait partie des possibilités.
00:35:21Juste sur les autoroutes,
00:35:23ça revient à nationaliser les autoroutes.
00:35:25On renationalise les autoroutes,
00:35:26sauf qu'on attend la fin de la concession
00:35:28parce qu'elles sont prochaines
00:35:29et parce que ça nous évite
00:35:30d'avoir à débourser
00:35:32des dizaines de milliards d'euros
00:35:33pour racheter les fins de concession.
00:35:34Et une fois qu'on aura
00:35:36un établissement public
00:35:37des autoroutes nationalisées,
00:35:40et bien plutôt que de rémunérer
00:35:41des actionnaires,
00:35:41nous investirons dans le train,
00:35:43dans les...
00:35:43– Oui, mais ce n'est pas
00:35:44une nationalisation immédiate et directe.
00:35:46– En l'espèce, non,
00:35:48mais ça peut faire partie des outils.
00:35:50– Parce que si on va plus loin,
00:35:51les réseaux sociaux,
00:35:52les plateformes numériques,
00:35:53on va prendre Doctolib,
00:35:54qu'on connaît tous,
00:35:55ou Airbnb,
00:35:56ça aussi,
00:35:56ça marchandise notre vie quotidienne.
00:35:59Il faudrait les interdire à ce compte-là ?
00:36:01– Mais alors si vous l'avez bien lu,
00:36:02il y a des interdictions,
00:36:04il y a des limitations,
00:36:06il y a des sorties du marché.
00:36:07– Oui.
00:36:07– S'agissant du logement,
00:36:10lorsque vous faites l'encadrement des loyers,
00:36:13que vous subordonnez la propriété privée
00:36:16à l'intérêt général,
00:36:18au bien commun,
00:36:18et bien vous participez de la démarchandisation,
00:36:20c'est la raison pour laquelle
00:36:21beaucoup y sont...
00:36:22– Oui, mais c'est pas ça
00:36:23que je vais plus loin que vous.
00:36:23Est-ce qu'il faut aller jusqu'à l'interdire
00:36:25Airbnb ou Doctolib ?
00:36:27– En tout cas, nous l'encadrons.
00:36:28Mais pourquoi Doctolib ?
00:36:29– Parce qu'il gère nos données,
00:36:31et puis parfois,
00:36:33il marchandise nos données, vous savez.
00:36:34– Là, je vous donne un mode d'emploi.
00:36:36Prenez les exemples que j'ai donnés.
00:36:37– Pas forcément d'Octobie.
00:36:38– Je vous donne,
00:36:39pour vous donner une réponse sur le numérique,
00:36:42puisque c'est un débat
00:36:42qu'on a eu à l'Assemblée nationale récemment.
00:36:44Si vous décidez,
00:36:45si le législateur décide
00:36:48que les réseaux sociaux sont interdits
00:36:50pour les enfants de moins de 16 ans ou 14 ans,
00:36:52c'est que nous retirons du marché
00:36:54et nous interdisons aux réseaux sociaux
00:36:56de faire de l'attention de nos enfants,
00:36:59des données personnelles de nos enfants,
00:37:01des marchandises.
00:37:01Voilà un exemple extrêmement concret.
00:37:03Sur le logement,
00:37:04sur le logement.
00:37:06La démarchandisation,
00:37:06c'est aussi décider que
00:37:08le logement n'est pas un objet de spéculation.
00:37:10Je vous donne l'exemple de Vienne.
00:37:11Vienne, politique commencée dans les années 20.
00:37:13Aujourd'hui, 80% des Viennois
00:37:15sont locataires.
00:37:1660% des logements sont publics.
00:37:19Le plus grand bailleur social d'Europe,
00:37:20il est Viennois.
00:37:21Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:37:22Que quand vous êtes une classe moyenne,
00:37:23ce qui n'est plus le cas
00:37:24dans beaucoup de capitales européennes,
00:37:26quand vous êtes infirmière,
00:37:27que vous êtes enseignante
00:37:28et ou retraité,
00:37:29vous pouvez vivre à Vienne.
00:37:31Eh bien, voilà ce que c'est,
00:37:32notamment la démarchandisation.
00:37:33Ça n'est pas l'étatisation de tout.
00:37:34Ça peut être des nationalisations.
00:37:36Ça peut être de faire sortir du marché
00:37:37un certain nombre.
00:37:38Et je le propose notamment pour les EHPAD.
00:37:40On en parlera tout à l'heure.
00:37:42Mais en tout cas, voilà ce que je...
00:37:44Lauriane.
00:37:44Toutes ces propositions dans ce manifeste
00:37:46qui sort en période de pré-campagne,
00:37:48est-ce que c'est une contribution éventuellement
00:37:50au programme du candidat à la présidentielle
00:37:53qui sera soutenu par le Parti socialiste ?
00:37:56Oui, bien sûr.
00:37:57Évidemment que c'est une contribution
00:37:59au débat sur les idées.
00:38:02Je me livrerai un exercice
00:38:03qui, au fond, est assez classique
00:38:04pour un socialiste.
00:38:06C'est se poser la question
00:38:08de l'actualisation du rapport
00:38:11des socialistes au marché.
00:38:13Donc c'est une contribution
00:38:14au programme du prochain candidat socialiste ?
00:38:16C'est une contribution à la gauche
00:38:19et ça peut très largement déborder la gauche
00:38:20parce que c'est des choses
00:38:22extrêmement concrètes
00:38:23et très ancrées dans la vie.
00:38:24Pour défendre ce concept,
00:38:26est-ce que le mieux,
00:38:27ce ne serait pas de vous présenter vous-même ?
00:38:28Je ne sais pas ce qui est le mieux.
00:38:30Pour l'instant, vous voyez,
00:38:30sans être candidat à quoi que ce soit,
00:38:33vous m'autorisez à défendre
00:38:35la démarchandisation
00:38:36et je constate que ça suscite du débat,
00:38:38parfois de la politique.
00:38:39C'est un bon programme présidentiel.
00:38:40En tout cas, je crois que c'est une grille de lecture
00:38:43qui contribue,
00:38:44qui est une contribution
00:38:46à une lecture du monde.
00:38:48Ça fait, ça actualise,
00:38:50ça fait un peu la synthèse
00:38:51à la fois de la pensée critique socialiste
00:38:54et de la pensée aussi de l'écologie politique.
00:38:56Et pour vous, il faut que ça apparaisse,
00:38:58la démarchandisation,
00:39:00dans le prochain candidat
00:39:01que vous soutiendrez à la présidentielle ?
00:39:03Ça me ferait plaisir, à tout le moins.
00:39:05J'en serais flatté.
00:39:05Si c'était vous,
00:39:06ce serait plus facile, du coup.
00:39:07C'est vous qui le dites.
00:39:08On y revient, c'est logique.
00:39:10On n'est jamais mieux sérieux
00:39:11que parce que...
00:39:12Hugo !
00:39:13Oui, M. Vallaud,
00:39:14justement, en parlant de débat,
00:39:15Jean-Luc Mélenchon
00:39:16vous tend la main
00:39:17pour débat de démarchandisation
00:39:18avec vous,
00:39:19à condition que vous vous excusiez
00:39:20d'avoir qualifié d'église
00:39:22de la bonne parole
00:39:22l'Institut de la Boétie,
00:39:23qui est le think-fank insoumis.
00:39:26Est-ce que vous êtes toujours motivé
00:39:27à débattre avec lui ou pas ?
00:39:29Moi, je suis prêt à débattre
00:39:30avec tout le monde.
00:39:30Vous êtes prêt à vous excuser ?
00:39:31Je suis prêt à débattre
00:39:32avec tout le monde.
00:39:33Voilà, bon, après,
00:39:34si vous voulez,
00:39:35vous voyez, à travers votre question,
00:39:36en fait, on parle du principe du débat
00:39:38et plus du débat lui-même.
00:39:39Mais nous, on est prêt à l'organiser,
00:39:40vous savez.
00:39:40Je sais bien,
00:39:41vous n'êtes pas les seuls, d'ailleurs,
00:39:42à être prêt à l'organiser.
00:39:43Moi, ce que je veux parler,
00:39:44ce dont je veux parler,
00:39:45c'est de la vie des gens,
00:39:46de la démarchandisation,
00:39:47de la difficulté.
00:39:53La prochaine présidentielle
00:39:54et à gauche,
00:39:55en particulier au PS
00:39:56et ses alliés proches,
00:39:57la liste des candidats potentiels
00:39:58s'allonge.
00:39:59Emmanuel Macron, lui,
00:40:00il envisage déjà l'après,
00:40:01sans détour,
00:40:02puisque jeudi dernier,
00:40:03devant des scolaires à Chypre,
00:40:04il a dit ceci.
00:40:06J'ai été, d'abord,
00:40:07j'ai conseillé d'autres présidents,
00:40:09après, j'ai été même ministre.
00:40:11Et après, j'ai voulu changer.
00:40:13Je me suis dit,
00:40:13on peut changer les choses
00:40:14plus fort, plus vite.
00:40:16Et donc, j'ai lancé
00:40:17un mouvement politique
00:40:18et puis, je suis allé à la présidence.
00:40:20Mais c'était pour,
00:40:22et c'est toujours,
00:40:22pour faire des choses
00:40:24que je crois
00:40:25pas simplement utiles,
00:40:26mais c'est me battre
00:40:29pour que, voilà,
00:40:29mon pays
00:40:30et puis notre Europe
00:40:32avancent
00:40:33et puis défendre
00:40:34des valeurs
00:40:34auxquelles je crois.
00:40:37Donc, c'est une affaire
00:40:38de passion.
00:40:39Je n'ai pas fait
00:40:39de politique avant
00:40:40et je n'en ferai pas après,
00:40:41tu vois.
00:40:42Vous y croyez, vous,
00:40:43qui ne reviendra jamais ?
00:40:44Francheur.
00:40:45Ah oui, vous y croyez.
00:40:47Non, non,
00:40:47écoutez, en tout cas,
00:40:49je le prends au mot.
00:40:50C'est vrai qu'il ne tient pas
00:40:51beaucoup de ses promesses,
00:40:51mais c'est là, j'ai envie de la croire.
00:40:53Qu'ils ne reviennent pas en politique.
00:40:54Gaëlle.
00:40:55Alors, la semaine dernière,
00:40:56le Parti socialiste
00:40:57a présenté son programme
00:40:59présidentiel pour 2027.
00:41:01150 pages.
00:41:02On y trouve,
00:41:03notamment sur un plan économique,
00:41:04un virage à gauche certain,
00:41:06le SMIC à 1 690 euros,
00:41:08le retour de la retraite
00:41:09à 62 ans,
00:41:10l'instauration de la taxe Zuckman
00:41:11et sur les grands héritages,
00:41:13un impôt sur les sociétés
00:41:14plus progressif.
00:41:15voilà.
00:41:16Est-ce que, donc,
00:41:17c'est un...
00:41:18Il enterrait ce programme,
00:41:21le disait clairement dans les pages,
00:41:23la social-démocratie.
00:41:24Est-ce que c'est un espèce
00:41:25d'inventaire
00:41:27anti-François Hollande ?
00:41:28Est-ce que c'est un virage
00:41:30plus vers la gauche ?
00:41:31Non, mais bon,
00:41:32moi, je vois bien
00:41:34le plaisir qu'il peut y avoir
00:41:35à commenter ça
00:41:36de la manière dont vous le faites.
00:41:37Moi, je ne me pose pas
00:41:38la question en ces termes.
00:41:40Vous évoquez la taxe Zuckman.
00:41:42Il a posé un principe
00:41:42qui est un principe
00:41:43auquel chacune et chacun
00:41:44peut se ranger,
00:41:45pas seulement quand il est socialiste,
00:41:47mais quand il est un républicain
00:41:48et qu'il sait que les parlements
00:41:49modernes ont été créés
00:41:51pour consentir à l'impôt.
00:41:52Oui, la justice fiscale,
00:41:53elle est nécessaire.
00:41:55Et si l'effort contributif
00:41:57des milliardaires
00:41:57est inférieur à celui
00:41:58qui rentre dans la première
00:41:59tranche de l'impôt sur revenu,
00:42:00oui, il est juste
00:42:01et tout le monde devrait se rallier
00:42:02au principe qu'il y a besoin
00:42:03de cette justice.
00:42:04Ce programme, il vous va ?
00:42:04Non, mais c'est l'addition
00:42:05des mesures qui...
00:42:06Est-ce que ce programme, il vous va ?
00:42:07C'est un programme
00:42:10dont Chloé Rydel,
00:42:11qui a fait un énorme travail,
00:42:13dit elle-même
00:42:13que c'est une base
00:42:14de discussion d'abord
00:42:16avec nos militants
00:42:17qui vont l'amender,
00:42:19qui vont le passer au gueuloir,
00:42:21comme disait Flaubert,
00:42:23pour l'améliorer
00:42:24et pour l'ancrer
00:42:25dans ce qu'ils vivent,
00:42:26eux, au quotidien.
00:42:27Donc voilà,
00:42:28maître de la justice sociale
00:42:30comme maître de la justice économique,
00:42:31je crois que chacun
00:42:32peut s'y retrouver
00:42:33et que c'est même
00:42:33les conditions
00:42:37de l'efficacité économique
00:42:39et de la cohésion sociale
00:42:40et de la cohésion nationale.
00:42:41On peut reconnaître
00:42:41au moins
00:42:42que le Parti socialiste
00:42:44travaille sur un programme
00:42:45parce que ça faisait
00:42:46quand même quelques années
00:42:47que ce n'était plus le cas
00:42:48et qu'on entendait surtout
00:42:49parler de querelles de personnes.
00:42:51Mais vous savez,
00:42:54je pense qu'il y a
00:42:54une erreur de diagnostic.
00:42:56Vous savez,
00:42:57la crise,
00:42:57c'est pas quand on exprime
00:42:58ses désaccords.
00:42:59La crise,
00:43:00c'est pas quand on dit
00:43:01je préfère tel chemin
00:43:02que tel autre.
00:43:03La crise,
00:43:03c'est quand on dit rien
00:43:04que ça ne va pas.
00:43:05Non, mais en 2022,
00:43:06en 2024,
00:43:07on n'avait pas l'impression
00:43:08qu'il y avait
00:43:08une grosse bataille programmatique.
00:43:10Voilà,
00:43:10c'est juste ça.
00:43:11Écoutez,
00:43:11c'est votre appréciation.
00:43:13En tout cas,
00:43:14moi,
00:43:14je ne me désole jamais
00:43:15que les idées arrivent
00:43:16sur la table,
00:43:17que l'on puisse les débattre.
00:43:19Donc,
00:43:19taxe d'Ukman,
00:43:20SMIC à 1690 euros,
00:43:21retour aux 62 ans,
00:43:22ça vous va ?
00:43:24Oui,
00:43:25oui,
00:43:25bien sûr.
00:43:26Vous me dites
00:43:26justice fiscale,
00:43:28prise en compte
00:43:28de la pénibilité
00:43:31parce qu'on peut le traduire
00:43:32comme ça aussi.
00:43:33Ça me paraît juste.
00:43:34Alors,
00:43:34il y a des idées,
00:43:35mais il y a aussi des personnes
00:43:35pour les incarner.
00:43:37Et j'avoue qu'on a un peu
00:43:37du mal à vous suivre,
00:43:38Boris Vallaud.
00:43:39On a bien compris
00:43:39que vous étiez contre
00:43:40une primaire de la gauche.
00:43:42Vous,
00:43:42vous avez une autre idée,
00:43:43une autre solution.
00:43:44Vous en avez parlé
00:43:44avec Yannick Jadot
00:43:45et Raphaël Glucksmann.
00:43:46Ça s'appelle
00:43:47Construire 2027.
00:43:48Mais ça veut dire quoi,
00:43:49concrètement ?
00:43:50Comment vous voulez faire émerger
00:43:51un candidat providentiel,
00:43:53une candidate providentielle ?
00:43:54Comment ?
00:43:55D'abord,
00:43:56vous dire que
00:43:57le rassemblement
00:43:58qu'on a opéré,
00:43:59il est plus large que ça
00:43:59puisqu'il y a aussi
00:44:00des parlementaires communistes,
00:44:01il y a aussi
00:44:04des membres de GRS,
00:44:06il y a des élus locaux,
00:44:08des élus nationaux.
00:44:10Et donc,
00:44:10en réalité,
00:44:11on a un périmètre
00:44:11qui est large
00:44:11puisque moi,
00:44:12je prends en compte
00:44:14la gauche
00:44:15selon Mélenchoniste
00:44:15dans sa diversité.
00:44:16Et je suis pour faire émerger
00:44:18un candidat commun
00:44:20de cette gauche-là.
00:44:21C'est ça la question.
00:44:22Je vais vous répondre.
00:44:22C'est un processus.
00:44:23D'abord,
00:44:24je pense qu'on a besoin
00:44:25d'avoir une stratégie
00:44:26électorale.
00:44:27Qu'est-ce que ça veut dire
00:44:27avoir une stratégie électorale ?
00:44:28C'est d'être capable
00:44:29de faire l'analyse
00:44:31et la détermination
00:44:32de ce qu'est la géographie
00:44:33et la sociologie
00:44:34de nos combats.
00:44:34Où va se faire
00:44:35la grande bataille de France
00:44:36contre l'extrême droite ?
00:44:37Où est-ce que nous devons résister ?
00:44:39Où est-ce que nous pouvons
00:44:40contenir l'extrême droite ?
00:44:41Voir l'abattre.
00:44:42Et surtout,
00:44:43l'abattre.
00:44:43Moi,
00:44:44je considère que c'est
00:44:45dans la France des sous-préfectures
00:44:45et qu'il faut y ramener
00:44:47ses projets
00:44:48et ses propositions.
00:44:49Mais attendez,
00:44:50la méthode...
00:44:51Elle est importante,
00:44:51c'est ce que vous demandez Marco.
00:44:53Mais comment on définit
00:44:53un champion ?
00:44:54Vous me laissez dérouler...
00:44:55Laissez-moi me dérouler
00:44:57mon...
00:44:57Parce que le temps passe vite.
00:44:58Je sais bien.
00:44:59Ensuite,
00:44:59il y a des propositions
00:45:00que nous construisons ensemble.
00:45:02Si la gauche est capable
00:45:02de surmonter ses contradictions
00:45:04et ses désaccords,
00:45:04elle sera capable de le faire
00:45:05pour avoir un projet
00:45:06majoritaire dans le pays.
00:45:07Ensuite,
00:45:07je pense que nous devons parler
00:45:08d'un contrat de législature
00:45:10de cette gauche
00:45:11de Glucksmann à Ruffin,
00:45:13non-mélenchoniste,
00:45:14vous voyez comment
00:45:14on peut l'appeler.
00:45:16Parce que c'est la méthode
00:45:17de Lionel Jospin.
00:45:18Il n'a jamais eu peur
00:45:20d'avoir à ses côtés
00:45:21des personnalités
00:45:21qui étaient des personnalités
00:45:22éminentes,
00:45:22des personnalités considérables
00:45:25comme Martine Aubry,
00:45:27comme Jean-Pierre Cheminement,
00:45:28comme Dominique Boinet.
00:45:30Et alors ?
00:45:32Il avait autour de lui
00:45:34une équipe
00:45:35qui lui donnait de la force.
00:45:36Et moi, je veux que c'est ça,
00:45:37cette équipe
00:45:38qu'on soit capable
00:45:38de faire émerger.
00:45:39Et ensuite...
00:45:39Est-ce que ce sont les sondages
00:45:40qui vont décider ?
00:45:40Et ensuite...
00:45:41Non, pas forcément.
00:45:41Dans ce que j'appelle moi
00:45:42un consensus organisé
00:45:45avec des personnalités
00:45:46qui nous accompagnent
00:45:47pour cela,
00:45:47que nous soyons capables
00:45:48de déterminer celui ou celle
00:45:51qui est capable
00:45:51de porter...
00:45:52Vous croyez que ça va sortir
00:45:53comme ça du chapeau ?
00:45:54Mais oui, je crois
00:45:55qu'on est capables de le faire.
00:45:55Est-ce qu'il faut que ça soit
00:45:56forcément candidat du PS ?
00:45:56Et si nous ne sommes pas capables
00:45:57de le faire,
00:45:58si nous ne sommes pas capables
00:45:59de le faire,
00:45:59c'est qu'au fond,
00:46:00nous ne prenons pas au sérieux
00:46:01la menace de l'extrême droite.
00:46:02Voilà ce que je crois fondamentalement.
00:46:04Et ça veut dire
00:46:04que les uns et les autres
00:46:06préfèrent leur candidature personnelle
00:46:07à quelque chose
00:46:08qu'une candidature commune.
00:46:10Moi, je veux une candidature commune
00:46:12sur un projet
00:46:12qui puisse être majoritaire
00:46:13dans le pays
00:46:14et que je veux qu'on tienne
00:46:15l'élection législative
00:46:16comme une élection autonome.
00:46:17Mais vous serez quand même
00:46:19plusieurs dans la salle
00:46:20et vous pensez que tout d'un coup,
00:46:21tout le monde va dire
00:46:22c'est celui-là ou c'est celle-là ?
00:46:23Mais c'est ce qu'on a été capable
00:46:24de faire dans 36 000 communes
00:46:25de France.
00:46:27Vous évoquiez une gauche
00:46:28de Glucksmann à Ruffin
00:46:29où se situe François Hollande
00:46:31là-dedans ?
00:46:32Parce que leur ancien président
00:46:33ne cache plus
00:46:33ses préventions pour 2017.
00:46:35Vous lui demanderez.
00:46:37Je ne savais pas
00:46:38que c'était une soirée à thème.
00:46:40Vous lui demanderez.
00:46:41Donc c'est votre ancien
00:46:42président de la République ?
00:46:42Oui, c'est mon ancien président de la République.
00:46:44Vous l'avez vu,
00:46:44c'est mon collègue
00:46:44à l'Assemblée nationale.
00:46:46C'est un collègue impliqué.
00:46:49Et voilà.
00:46:49Et donc je ne sais pas,
00:46:50il est socialiste.
00:46:51Il est au Parti socialiste.
00:46:51Et dans votre groupe
00:46:52à l'Assemblée nationale,
00:46:53vous n'avez plus d'un candidat
00:46:54à la présidentielle.
00:46:55Il y a aussi le député
00:46:56de Lessonne, Jérôme Gage,
00:46:58qui s'est déclaré en février.
00:46:59Comment vous voyez sa candidature ?
00:47:01Tout le monde a le droit
00:47:02de dire qu'il est candidat,
00:47:04d'exprimer une position.
00:47:06Bon, voilà,
00:47:06il n'y a pas des candidats
00:47:08qui relèveraient du sacrifice
00:47:09et d'une légitimité
00:47:11ou d'une onction
00:47:11dont je ne sais pas
00:47:12d'où elle viendrait.
00:47:12Et puis d'autres
00:47:13qui seraient illégitimes.
00:47:14Bon, ça nourrit le débat.
00:47:15Tant mieux, ça nourrit le débat.
00:47:16Moi, je n'ai pas pleuré.
00:47:17À la fin, je veux qu'il n'y en ait qu'un.
00:47:18Si on a beaucoup au point de départ,
00:47:20ce n'est pas gênant.
00:47:20Je veux qu'il y en ait un seul à l'arrivée.
00:47:21Oui, je rappellerai qu'au municipal,
00:47:22il y a eu des communes
00:47:23où justement vous n'étiez pas d'accord.
00:47:25La question du tchat,
00:47:26c'est la confiance.
00:47:26C'est une seconde à perdre
00:47:27mais dix ans à gagner.
00:47:29Vous avez perdu la nôtre
00:47:29pendant quinze ans.
00:47:30Quel gage,
00:47:30quelle assurance avez-vous
00:47:32pour ne pas faire comme d'habitude
00:47:33et renier vos engagements
00:47:34à la première opportunité ?
00:47:37Écoutez, vous savez,
00:47:37je suis assez convaincu d'une chose
00:47:39et c'est la raison pour laquelle
00:47:41j'insiste sur à la fois
00:47:42la proportionnelle,
00:47:44l'importance de l'élection légitime.
00:47:46Je pense que la prise en compte
00:47:48du pluralisme politique,
00:47:49de la centralité du Parlement,
00:47:50la reddition régulière des comptes,
00:47:52cette démocratie continue,
00:47:53elle est nécessaire
00:47:54et que ça n'est pas possible
00:47:56d'avoir un régime
00:47:56où on ne rend compte
00:47:58de rien pendant cinq ans.
00:47:59Et c'est le problème
00:48:00de notre système président.
00:48:01Dernière petite chose
00:48:02à propos des mots d'oiseau
00:48:03que vous balancez de temps en temps.
00:48:04Tout ça,
00:48:04ce n'est pas seulement PS,
00:48:05rassurez-vous.
00:48:06Bernard Cazeneuve
00:48:07qui traite Olivier Faure
00:48:08de peau de gélatine,
00:48:09ça vous choque ?
00:48:10Oui, je pense que ce n'est vraiment
00:48:11pas nécessaire d'avoir des propos
00:48:12comme ça qui ne grandissent personne.
00:48:15C'est choquant.
00:48:15Respectons-nous les uns les autres
00:48:16et avançons.
00:48:18On va avancer nous aussi.
00:48:19On va accueillir dans un instant
00:48:20l'invité de Face à vous.
00:48:20Victor Castané,
00:48:21journaliste d'investigation,
00:48:22auteur d'enquête, je le disais,
00:48:23sur les maisons de retraite
00:48:24et l'accueil des enfants
00:48:25dans le crèche.
00:48:26Son portrait est signé
00:48:27Clément Perrault.
00:48:31Face à vous,
00:48:32Boris Vallaud,
00:48:33un journaliste d'investigation
00:48:35qui s'est penché lui aussi
00:48:36sur les limites
00:48:37de la marchandisation à outrance.
00:48:40Victor Castané,
00:48:41auteur de deux livres coup de poing,
00:48:44Les Fossoyeurs,
00:48:45prix Albert Londres 2022,
00:48:46qui dénoncent la maltraitance
00:48:48dans les EHPAD privés
00:48:49du groupe Orpéa.
00:48:50Puis,
00:48:51Les Ogres en 2024,
00:48:53une enquête sur les crèches privées.
00:48:55Ces deux livres,
00:48:55Boris Vallaud,
00:48:56vont clairement dans le sens
00:48:57de votre manifeste
00:48:59pour la démarchandisation.
00:49:00Les logiques de profit pur
00:49:02trouvent leurs limites
00:49:03dans certains secteurs sensibles
00:49:04et très humains,
00:49:05comme le grand âge
00:49:06ou la petite enfance.
00:49:07Pourtant,
00:49:08malgré leur écho,
00:49:09ces deux livres ont-ils reçu
00:49:11la réponse politique
00:49:12qu'ils appelaient ?
00:49:13Après la publication
00:49:14des Fossoyeurs,
00:49:15plusieurs députés,
00:49:16dont vous,
00:49:16Boris Vallaud,
00:49:17m'ont demandé la création
00:49:18d'une commission
00:49:19d'enquête parlementaire.
00:49:20Ils ne l'ont pas obtenue.
00:49:22La commission des affaires sociales
00:49:23s'est contentée d'audition
00:49:25avec des dirigeants
00:49:25d'Orpéa
00:49:26et Victor Castanet lui-même.
00:49:28Le livre sur les crèches privées,
00:49:31Les Ogres,
00:49:31a lui bien entraîné
00:49:32la création d'une commission
00:49:34d'enquête parlementaire.
00:49:35Elle a conclu
00:49:36un système à bout de souffle
00:49:38et émis des préconisations
00:49:39qui sont loin
00:49:40d'avoir toutes été traduites
00:49:42par des mesures
00:49:42politiques concrètes.
00:49:43Alors, peut-être
00:49:45l'auteur de ces enquêtes
00:49:46a-t-il des comptes
00:49:47à demander aux politiques ?
00:49:49Face à vous,
00:49:50Victor Castanet.
00:49:51C'est l'heure des comptes
00:49:52pour Victor Castanet
00:49:53qui entre sur ce plateau.
00:49:54Merci, bonsoir d'être avec nous.
00:49:55Bonsoir.
00:49:55Je vous laisse saluer
00:49:56Boris Vallaud.
00:49:57Bonsoir.
00:49:58Merci d'être là sur LCP.
00:50:00Installez-vous,
00:50:00je vous en prie.
00:50:01Et vous êtes
00:50:02quelqu'un de face
00:50:03à Boris Vallaud
00:50:04et vous voulez parler
00:50:04d'abord de la petite enfance.
00:50:05Oui, alors déjà,
00:50:06je suis ravi d'être là
00:50:07et ravi,
00:50:08et je félicite pour ça
00:50:10Boris Vallaud,
00:50:10de parler du fond.
00:50:12À un an de la présidentielle,
00:50:14c'est évidemment,
00:50:15on attend des responsables politiques
00:50:16qu'ils abordent
00:50:17les questions de fond
00:50:18et pas seulement
00:50:18qu'ils répondent
00:50:19à des sujets d'actualité.
00:50:21Merci pour nous.
00:50:22Il y a un an.
00:50:23Non, mais c'est vrai,
00:50:23il y a un an maintenant
00:50:24pour parler du fond
00:50:25et notamment pour parler
00:50:26de ces questions
00:50:27qui malheureusement
00:50:28ne font pas toujours l'actualité
00:50:30ou alors font l'actualité
00:50:31quand il y a un drame.
00:50:32Ou quand vous faites l'actualité
00:50:33vous-même avec vos enquêtes.
00:50:34Si, il faut le dire
00:50:35ou quand j'essaye.
00:50:36Et alors, pour interpeller
00:50:37Boris Vallaud,
00:50:38il y a plusieurs sujets
00:50:39que j'aimerais aborder,
00:50:40mais sur la question
00:50:41de la petite enfance,
00:50:42effectivement,
00:50:43le Parti Socialiste
00:50:44a pris en main le sujet,
00:50:45il faut bien le dire.
00:50:46Céline Hervieux,
00:50:47une députée du Parti Socialiste,
00:50:49a beaucoup travaillé
00:50:50sur ces questions
00:50:50et a fait une proposition de loi
00:50:52avec trois points principaux
00:50:54qui ne changent évidemment
00:50:55pas le secteur
00:50:56mais qui permettent
00:50:56d'améliorer certaines choses
00:50:59avec notamment le fait
00:51:00qu'on augmente
00:51:00les sanctions financières
00:51:02contre les groupes
00:51:02qui ne respectent pas
00:51:03la réglementation,
00:51:04le fait qu'on interdit
00:51:05les formations entièrement
00:51:06à distance
00:51:07et puis un point important,
00:51:08c'est qu'on surveille
00:51:09l'actionnariat
00:51:11des grands groupes
00:51:12avec une validation
00:51:13de l'État.
00:51:15Le sujet,
00:51:15c'est que cette loi
00:51:16a été adoptée
00:51:17il y a plus d'un an
00:51:18à l'Assemblée Nationale,
00:51:20le 25 janvier 2025
00:51:22et depuis plus rien.
00:51:24Et alors,
00:51:25j'en ai parlé
00:51:26avec...
00:51:27Et puis,
00:51:27j'ai découvert ça
00:51:27avec surprise
00:51:28en en discutant
00:51:29avec des sénateurs
00:51:30et des sénatrices,
00:51:31notamment du Parti Socialiste
00:51:32qui me disait
00:51:33bon,
00:51:33la loi n'arrive pas
00:51:34au Sénat
00:51:35et a priori,
00:51:36elle n'arrivera pas
00:51:37d'ici à la présidentielle.
00:51:39Et donc,
00:51:40en tant que journaliste
00:51:41et en tant que citoyen,
00:51:41je me suis dit
00:51:42mais à quoi ça sert
00:51:43de faire tout ça,
00:51:44de débattre pendant des mois,
00:51:46d'arriver à s'entendre
00:51:47à l'Assemblée Nationale
00:51:48pour qu'au final,
00:51:49il ne se passe rien ?
00:51:50Alors,
00:51:50je me suis dit
00:51:51est-ce que c'est de la communication
00:51:52ou est-ce qu'on va pouvoir
00:51:53vraiment aller au bout
00:51:55de ce sujet ?
00:51:55Alors,
00:51:56non,
00:51:57mais moi d'abord,
00:51:59dire que Victor Castanet
00:52:00a été,
00:52:01à travers ses différents ouvrages,
00:52:03très utile
00:52:05à une prise de conscience
00:52:08qui trouve écho
00:52:09dans mon livre
00:52:10sur la démarche en édition
00:52:10parce qu'il est cité
00:52:11à plusieurs reprises.
00:52:15S'agissant du cas d'Espèce,
00:52:18ça a été voté
00:52:18parce que c'était
00:52:19une proposition
00:52:19de loi socialiste
00:52:20à l'Assemblée Nationale.
00:52:22Il faut trouver maintenant
00:52:23la possibilité
00:52:24de l'inscrire
00:52:25au Sénat.
00:52:27On a dans la file
00:52:29des textes
00:52:30qui passent
00:52:30d'un hémicycle
00:52:33à l'autre,
00:52:34beaucoup de textes
00:52:35ont été votés
00:52:35en première lecture
00:52:36dans l'une
00:52:36ou dans l'autre
00:52:37des chambres
00:52:37et c'est le groupe socialiste
00:52:39qui arrive
00:52:39à avoir
00:52:40le plus de propositions
00:52:41de loi
00:52:42votées à titre définitif.
00:52:43Au Sénat sera
00:52:44par exemple
00:52:46débattu
00:52:46une loi
00:52:47qui est aussi importante
00:52:48sur la régulation
00:52:49de l'installation
00:52:50des médecins
00:52:50dans les déserts médicaux.
00:52:52Il y aura
00:52:53la nécessité aussi
00:52:54de trouver la possibilité
00:52:56d'inscrire
00:52:56dans une niche parlementaire
00:52:58au Sénat
00:52:59la proposition de loi
00:53:00qui est évoquée
00:53:00pour qu'elle puisse avoir
00:53:01et j'espère qu'elle trouvera
00:53:02une majorité
00:53:04et qu'elle puisse être votée
00:53:05au Sénat.
00:53:05Si elle n'était pas votée
00:53:07dans les mêmes termes
00:53:08elle reviendrait de toute façon
00:53:09et nous trouverions
00:53:10les moyens.
00:53:11Ce que dit Victor Kessany
00:53:12mais au milieu de tout ça
00:53:12ça n'avance pas.
00:53:13En gros,
00:53:14c'est toute la difficulté
00:53:17d'abord d'avoir
00:53:18deux assemblées
00:53:19qui n'ont pas
00:53:20les mêmes majorités
00:53:21d'avoir à l'Assemblée Nationale
00:53:2211 groupes
00:53:25parlementaires
00:53:25ce qui rend le travail
00:53:26extrêmement compliqué.
00:53:27On a des semaines
00:53:28transpartisanes
00:53:28qui accumulent
00:53:30dans des premières lectures
00:53:31le nombre de choses
00:53:32qui ensuite doivent être débattues
00:53:33au Sénat
00:53:34et en fait
00:53:34on a créé un embouteillage
00:53:35disons-nous les choses.
00:53:36Est-ce que vous pouvez vous engager
00:53:38à ce que cette loi
00:53:39soit présentée
00:53:39et au moins débattue au Sénat
00:53:41pour qu'elle ait peut-être
00:53:41l'espoir
00:53:42au final
00:53:43d'avoir un vote définitif
00:53:44ou est-ce qu'aujourd'hui
00:53:45vous dites
00:53:45je ne peux pas
00:53:46et peut-être qu'effectivement
00:53:47elle mourra
00:53:49avant l'élection présidentielle ?
00:53:51– Je sais que mes collègues
00:53:52sénateurs socialistes
00:53:53qui décident de leur ordre
00:53:54du jour
00:53:56ont bien en tête
00:53:58ce texte
00:53:58et d'ailleurs
00:53:59dans les discussions
00:53:59qu'ils ont eues récemment
00:54:01sur leur niche parlementaire
00:54:02il y avait cette question-là.
00:54:03Il se trouve que
00:54:04la loi qui concerne
00:54:06l'installation des médecins
00:54:08on a commencé
00:54:09de la débattre
00:54:09avec Guillaume Garraud
00:54:10je crois que ça doit être
00:54:11en 2018 ou 2019
00:54:12et c'était évidemment
00:54:14beaucoup trop long
00:54:15et il faut avancer
00:54:17en tout cas
00:54:17l'engagement que je peux prendre
00:54:18c'est d'en parler
00:54:18à mon homologue
00:54:19Patrick Cannaire
00:54:20qui est évidemment
00:54:21très attentif
00:54:21– Alors vous parlez aussi
00:54:22du grand âge
00:54:23– Oui
00:54:23avant de passer sur le grand âge
00:54:25il y a un point
00:54:25qui est important
00:54:26sur la petite enfance
00:54:27dont j'ai beaucoup parlé
00:54:28au moment de la sortie du livre
00:54:30il y a la responsabilité
00:54:31d'un certain nombre de groupes
00:54:33qui effectivement
00:54:33ont optimisé les coûts
00:54:35en gros
00:54:35baissent le personnel
00:54:36augmentent le nombre d'enfants
00:54:38et donc cassent
00:54:39la mécanique d'une crèche
00:54:41plus le fait
00:54:41qu'ils détournent
00:54:42de l'argent public
00:54:43il y a aussi
00:54:44une responsabilité commune
00:54:46à ces groupes
00:54:46et aux mairies
00:54:48et aux pouvoirs publics
00:54:49c'est sur la question
00:54:50des délégations
00:54:51de services publics
00:54:51c'est-à-dire
00:54:52je le fais très court
00:54:52mais en gros
00:54:53en France
00:54:54il y a de plus en plus
00:54:56de mairies
00:54:57qui par intérêt économique
00:54:58parfois par simplicité
00:55:00ou parce qu'ils n'avaient
00:55:02pas la compétence
00:55:03ont décidé
00:55:03de déléguer
00:55:04la gestion
00:55:04de leur crèche municipale
00:55:06à des groupes
00:55:08et notamment
00:55:08à des groupes privés
00:55:09et donc
00:55:10il y a de plus en plus
00:55:11de mairies
00:55:11comme ça
00:55:12dans toute la France
00:55:12confiées à des groupes privés
00:55:13le problème
00:55:14auquel moi
00:55:15j'ai pu assister
00:55:17et que j'ai pu démontrer
00:55:18dans mon livre
00:55:18c'est que globalement
00:55:19les prix
00:55:20de ce qu'on appelle
00:55:21les délégations
00:55:22de services publics
00:55:22les prix des berceaux
00:55:23se sont effondrés
00:55:24c'est-à-dire
00:55:25que ça coûte
00:55:25de moins en moins cher
00:55:26à la mairie
00:55:27de payer un berceau
00:55:28en gros
00:55:29un berceau
00:55:30coûtait 9000 euros
00:55:31par an
00:55:32il y a une dizaine
00:55:33d'années
00:55:33il en coûte
00:55:343000 aujourd'hui
00:55:35donc c'est tout bénef
00:55:36pour la mairie
00:55:36vous voulez dire
00:55:37exactement
00:55:37et en fait
00:55:38les mairies
00:55:39ne se rendent pas compte
00:55:40que quand elles font
00:55:42des appels d'offres
00:55:42et qu'elles choisissent
00:55:43le moins cher
00:55:43des deux offres
00:55:44à chaque fois
00:55:44forcément
00:55:45il y aura moins de masse
00:55:46salariale
00:55:47moins de personnel
00:55:48et ça va être une catastrophe
00:55:49mais c'est le mouvement général
00:55:50d'ailleurs
00:55:51peu importe la couleur politique
00:55:52ce que j'ai envie
00:55:53de demander à Boris Vallot
00:55:54parce qu'effectivement
00:55:55moi j'ai sonné l'alerte
00:55:56au niveau municipal
00:55:57il y a quelques conseils municipaux
00:56:00qui se sont emparés
00:56:00de ce sujet
00:56:01au niveau national
00:56:02j'aimerais savoir
00:56:04ce que Boris Vallot
00:56:05et ce que le parti socialiste
00:56:06portent comme réponse
00:56:07à ce problème
00:56:08qui est un problème
00:56:09sur les appels d'offres
00:56:09systémique
00:56:10structurel
00:56:11et qui concerne
00:56:12évidemment
00:56:13il y a une grande responsabilité
00:56:14des pouvoirs publics
00:56:15parfaitement d'accord
00:56:16la question
00:56:17du cahier des charges
00:56:18des délégations
00:56:19de services publics
00:56:20est évidemment posée
00:56:21comme un connexe
00:56:22de la question
00:56:22de la démarchandisation
00:56:24c'est-à-dire qu'on ne peut pas
00:56:25être dans des enchères inversées
00:56:26s'agissant du prix des berceaux
00:56:28d'autant que
00:56:30quand on regarde
00:56:31qui sont
00:56:32parce que là
00:56:32vous pourriez aussi le dire
00:56:33qui sont
00:56:34les fonds d'investissement
00:56:36qui investissent dans nos crèches
00:56:37c'est les mêmes
00:56:38qui investissent dans les pipelines
00:56:39dans les autoroutes en Pologne
00:56:40et éventuellement aussi
00:56:41dans les maisons de retraite
00:56:42et éventuellement
00:56:43dans les maisons de retraite
00:56:45donc effectivement
00:56:45il faut qu'il y ait
00:56:46un cahier des charges
00:56:47qui nous assure
00:56:48d'un encadrement minimum
00:56:52des enfants
00:56:54et voilà
00:56:55et moi
00:56:55je veux dire
00:56:56à titre personnel
00:56:58je suis pour des crèches
00:56:59municipales
00:57:00ou je suis pour des crèches
00:57:01associatives
00:57:01je suis pour des crèches
00:57:02non lucratives
00:57:03interdiction de crèches privées
00:57:04je ne suis pas en train
00:57:05de vous parler
00:57:06d'une interdiction
00:57:06je vous dis que
00:57:07la démarchandisation
00:57:08pour moi
00:57:09c'est préférer
00:57:10une gestion
00:57:11non lucrative
00:57:12à une gestion lucrative
00:57:13parce que dans une gestion
00:57:14non lucrative
00:57:14on va parler des EHPAD
00:57:15vous n'avez pas d'actionnaire
00:57:16vous n'avez pas d'actionnaire
00:57:18à Réminer
00:57:18juste pour vous répondre là-dessus
00:57:19sur ce point précis
00:57:22il y a deux réponses
00:57:23soit effectivement
00:57:24vous dites
00:57:24on repasse en gestion directe
00:57:26mais les prix explosent
00:57:27et il y aura beaucoup de mairies
00:57:28qui ne pourront plus
00:57:29gérer leur crèche
00:57:30et à qui on demande d'ailleurs
00:57:30de faire des économies par ailleurs
00:57:32il y a une deuxième possibilité
00:57:35et peut-être que le parti socialiste
00:57:37pourrait le porter
00:57:37c'est celui de fixer
00:57:38des prix planchers
00:57:40c'est-à-dire en France
00:57:41on dit
00:57:41voilà
00:57:42il y a un prix
00:57:42imaginons que c'est 5000 euros
00:57:44il y a un conseil
00:57:45qui se réunit
00:57:45d'experts
00:57:46et qui estime
00:57:47qu'en dessous de 5000 euros
00:57:48c'est une catastrophe
00:57:48il y a un prix plancher
00:57:50dans toute la France
00:57:50qu'on va moduler
00:57:51pour les crèches
00:57:52mais ça serait valable aussi
00:57:53avec d'autres tarifs
00:57:54évidemment pour les maisons de retraite
00:57:55ça pourrait
00:57:56c'est de dire
00:57:58parce que c'est un financement
00:57:59particulier sur les crèches
00:58:00mais en délégation
00:58:02de services publics
00:58:03qu'on puisse se dire
00:58:03on ne peut pas
00:58:05vendre un berceau
00:58:06en dessous d'un tel prix
00:58:07c'est ce que j'évoquais
00:58:08dans le resserrement
00:58:08du cahier des charges
00:58:09et dans des ratios
00:58:11personnels berceaux
00:58:13et sur la dépendance
00:58:14sur la dépendance
00:58:15il y a beaucoup de sujets
00:58:16à aborder
00:58:17un seul
00:58:17non
00:58:19moi il y a deux points
00:58:20qui seraient intéressants
00:58:21de voir
00:58:21effectivement
00:58:21c'est un sujet
00:58:22qui revient sans cesse
00:58:24il y a une loi grand âge
00:58:25dont on parle
00:58:26qui n'est jamais votée
00:58:28et le secteur
00:58:29évidemment
00:58:30est dans une crise
00:58:30qui perdure
00:58:31il y a des groupes
00:58:32qui arrivent à se remettre
00:58:33un peu en question
00:58:34mais globalement
00:58:34les pouvoirs publics
00:58:36les politiques
00:58:37ne se sont pas
00:58:38assez emparés du sujet
00:58:39moi il y a un point
00:58:40important
00:58:41c'est un
00:58:41si le parti socialiste
00:58:43arrive au pouvoir
00:58:43en tout cas
00:58:44dans les solutions
00:58:45qu'il préconise
00:58:46comment vous faites
00:58:47pour augmenter
00:58:47le ratio de personnel
00:58:48parce qu'effectivement
00:58:49on est par rapport
00:58:50à certains pays européens
00:58:52notamment du nord
00:58:53parmi les plus faibles
00:58:54et la deuxième chose
00:58:56c'est sur la transparence
00:58:58mais j'attends déjà
00:58:59que vous répondiez
00:58:59à ce point
00:58:59d'abord
00:59:00il est assez bien documenté
00:59:02qu'il manque
00:59:02pour financer la dépendance
00:59:0410 à 12 milliards par an
00:59:05voilà
00:59:06et le bon ratio
00:59:07on le sait
00:59:08ce serait de 1 pour 1
00:59:09c'est-à-dire
00:59:09un résident
00:59:10un personnel
00:59:11bon
00:59:12les meilleurs standards
00:59:13sont à 0,8
00:59:14aujourd'hui
00:59:15dans les Landes
00:59:16il n'y a pas d'EHPAD
00:59:17à but lucratif
00:59:18aucun
00:59:18il n'y a pas d'EHPAD
00:59:19à but lucratif
00:59:20le taux d'encadrement
00:59:20il est de 0,8
00:59:22si on veut passer
00:59:23au-delà
00:59:23il faut qu'il y ait
00:59:25cette fameuse
00:59:26cinquième branche
00:59:26qui est aujourd'hui
00:59:28une boîte à chaussures
00:59:28mais sans les chaussures dedans
00:59:29il n'y a pas les financements
00:59:30pour ça
00:59:31donc on a besoin
00:59:31de ces ratios d'encadrement
00:59:33et puis par ailleurs
00:59:34il y a un certain nombre
00:59:35de maladies dégénératives
00:59:36qui doivent appeler
00:59:37des réponses spécifiques
00:59:38là aussi dans les Landes
00:59:39nous avons le premier village
00:59:40Alzheimer
00:59:41mais même question
00:59:42est-ce qu'il faut interdire
00:59:43les EHPAD privés ?
00:59:44moi je suis pour que
00:59:45toutes les créations de places
00:59:46à venir
00:59:46soient que publiques
00:59:48et non lucratives
00:59:49non lucratives
00:59:50ça peut être les mutuelles
00:59:51ça peut être les associations
00:59:52ça peut être la fonction publique
00:59:53hospitalière
00:59:54pas privé
00:59:54pas lucratif
00:59:55ça peut être privé
00:59:56mais non lucratif
00:59:56d'accord
00:59:57je vous dis ça parce que
00:59:57Richard Ferrand
00:59:58qui était président
00:59:58de l'Assemblée nationale
00:59:59au moment de la sortie
01:00:00de votre enquête
01:00:00avait pris position pour dire
01:00:02plus de crèches privées
01:00:03mais c'est facile de le dire
01:00:04mais la réalité c'est que
01:00:07dans les Landes
01:00:07mais Victor Castanet
01:00:09dans les Landes
01:00:09on le fait
01:00:09un dernier mot
01:00:10rapidement il reste une minute
01:00:11un dernier mot
01:00:12sur la transparence
01:00:13moi je pense qu'un des
01:00:14points principaux
01:00:15pour éviter qu'il y ait
01:00:16des dysfonctionnements
01:00:17trop graves
01:00:17c'est la transparence
01:00:18c'est-à-dire que vous
01:00:19mettez des indicateurs
01:00:20de qualité
01:00:21dans tous les EHPAD
01:00:22de France
01:00:23sur le nombre de personnel
01:00:25le ratio
01:00:26sur le coût repas journalier
01:00:27sur le turnover
01:00:28vous le publiez
01:00:29sur un site internet
01:00:30gouvernemental
01:00:31et les gens comme ça
01:00:31peuvent choisir
01:00:32est-ce que ça
01:00:34je sais que depuis
01:00:35la sortie de mon livre
01:00:37les ministres
01:00:38qui se succèdent
01:00:39disent on va le faire
01:00:40on va le faire
01:00:40personne ne le fait
01:00:41moi j'aimerais savoir
01:00:42si vous arrivez au pouvoir
01:00:43est-ce que vous le faites
01:00:44on peut tout à fait le faire
01:00:45on peut le faire
01:00:46je peux le faire
01:00:48personne n'est exempt
01:00:50quelle que soit la gestion
01:00:51qu'il y ait des ordres
01:00:54juste
01:00:54j'ai vu que le gouvernement
01:00:55avait annoncé
01:00:56un label
01:00:58qui s'appelle
01:00:59Maison France Autonomie
01:01:00j'attends de voir
01:01:01ce que c'est
01:01:02au-delà de l'étiquette
01:01:04est-ce que ça correspond
01:01:05à la demande
01:01:06que vous formulez
01:01:07Merci Victor Cassané
01:01:09d'être venu échanger
01:01:10avec Boris Vallaud
01:01:10quelques minutes
01:01:12merci Boris Vallaud
01:01:13d'être venu sur le plateau
01:01:14de LCP
01:01:14lundi c'est politique
01:01:15bonne soirée à vous
01:01:16bonne soirée sur LCP
01:01:17et à lundi prochain
01:01:18à lundi prochain
01:01:21à lundi
01:01:30m
01:01:32Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations