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  • il y a 2 jours
Le 17 avril 1975, marque le début du génocide au Cambodge soit l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire du pays. Dans le chaos, les figures culturelles et notamment la scène musicale cambodgienne furent brutalement réduites au silence. Aujourd’hui, Mathilde Raynal nous plonge dans cette mémoire musicale, aussi précieuse que fragile, et rend hommage à toutes ces voix cambodgiennes disparues.

Une chronique dans « L’aprem de l’aprem » à retrouver à l’antenne du lundi au vendredi, de 18h à 20h, mais aussi en podcast sur nova.fr et toutes les plateformes habituelles d’écoute 🎙️

Catégorie

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Musique
Transcription
00:00Alors ce 17 avril, on célèbre le très tristement célèbre jour où le Cambodge perdit la quasi-totalité de ses
00:06plus grandes voix.
00:07On est alors en 1975, les Khmer Rouges menés par leur chef Pol Pot débarquent à Phnom Penh, la capitale
00:13du Cambodge,
00:13et commencent donc un massacre qui va durer 3 ans, 8 mois et 20 jours.
00:18Le génocide cambodgien qui va coûter la vie entre 1,5 et 2 millions de personnes.
00:23Et évidemment parmi tous ces gens, des artistes, des chanteurs, des instrumentistes, des danseurs, acteurs ou des compositeurs.
00:30Qui vont se retrouver en première ligne.
00:32Mais alors pourquoi eux ?
00:33Parce que comme nous le rappelle l'excellent documentaire Don't Think, I've Forgotten, Cambodia's Lost Rock'n'Roll,
00:39qui raconte cette histoire à merveille, les artistes cambodgiens de l'époque,
00:42ils incarnaient justement tout ce que les Khmer Rouges souhaitaient vraiment faire disparaître.
00:46Si vous voulez éliminer la société, les anciennes valeurs, il faut commencer par éliminer les artistes.
00:52Parce que les artistes sont influents.
00:54Les artistes sont proches du peuple.
00:57Ils sont influents, ils sont proches du peuple.
00:59Et puis comme je vous le disais particulièrement aux antipodes du régime radical de Pol Pot,
01:04les artistes sont donc devenus les ennemis à abattre en priorité.
01:08Puisqu'à ce moment-là, le Cambodge était vraiment dans son âge d'or musical.
01:11La scène locale y incarnait la liberté, la créativité, l'ouverture sur l'Occident,
01:16les radios diffusées du rock, de la soul, du twist, de la musique psychédélique.
01:20Et tout ça porté par une génération d'artistes qui s'est amusée à mélanger toutes ses influences.
01:25La musique traditionnelle qui rencontre la musique américaine et qui peut ressembler, entre autres, à quelque chose comme ça.
01:40Alors là, vous entendiez, Ross s'est ressauté à une immense star nationale dans les années 60 et 70.
01:45Mais évidemment, il y en avait d'autres.
01:47Celui qu'on appelait le crooner du Cambodge, notamment un certain Sine Sissamaos.
01:51Ou alors cette artiste un petit peu plus provoquante, faisant des textes audacieux, modernes, une reine qui s'appelait Panron.
01:58Et dont l'une de mes chansons favorites, c'est celle-là.
02:09Don't speak dans sa traduction en langue de Shakespeare.
02:11Puisque oui, je n'ai effectivement pas fait Cambodgien LV2.
02:14Mais bref, c'était quelques exemples de cette scène rock psychédélique hybride
02:18qui faisait alors toute la force culturelle du pays.
02:21Et qui, tristement, va donc s'éteindre bien plus vite qu'elle n'était apparue.
02:24Dans les premières semaines, la quasi-totalité des artistes seront arrêtés, envoyés dans des camps ou bien exécutés sans procès.
02:32Et pendant que d'autres tentaient de se cacher ou de s'inventer d'autres professions pour échapper à ce
02:36drame,
02:37on détruisait les studios, on brûlait les instruments, on confisquait les enregistrements.
02:41Si bien qu'en 2026, il n'en restait seulement que quelques traces.
02:44La plupart des chanteurs et musiciens de cette scène ont disparu dans le génocide, très souvent dans l'anonymat.
02:50Sans qu'on sache exactement ni où, ni comment.
02:53Ils sont morts.
02:53Toute une culture, toute une scène ultra-riche, complètement réduite au silence.
02:58Alors qu'elle était quand même l'une des plus vibrantes de toute l'Asie.
03:01Aujourd'hui, il reste quand même quelques cassettes rescapées de tout ça, retrouvées par hasard, sorties de leurs cachettes.
03:06Mais alors sans pochettes, ni crédits.
03:08Ce qui fait qu'on a quelques compilations qui existent, mais on n'est même pas vraiment certain de qui
03:12chante ou de qui joue vraiment la musique.
03:14Des archives toutefois parmi les plus précieuses de l'histoire de la musique et dont je vous propose de découvrir
03:19un extrait ensemble.
03:20Give me one kiss.
03:21C'est un titre qu'on attribue à Dara Cham Chan, un joyau du Cambodge qu'on contemple ensemble sur
03:27Nova.
03:27Sous-titrage Société Radio-Canada

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