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  • il y a 9 minutes
Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, était l'invité du Face à face sur RMC et BFMTV ce vendredi 24 avril. 

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Transcription
00:00Ça dépend si on se place du point de vue militaire ou du point de vue politique,
00:03mais je vais vous dire, le plus important à mon sens,
00:04c'est que je suis absolument persuadé que les deux parties
00:08sont elles-mêmes persuadées d'avoir l'avantage.
00:11Et c'est une des raisons pour lesquelles mettre un terme à tout cela
00:14est extrêmement difficile.
00:15Lorsque vous êtes persuadé que vous avez l'avantage,
00:17mais que l'autre partie est persuadée qu'elle a l'avantage également,
00:20lorsque vous êtes persuadé que l'adversaire va s'épuiser le premier
00:26et que l'autre, l'adversaire, est aussi persuadé que c'est vous
00:29qu'elle est, vous êtes persuadé le premier.
00:31Donc on est aussi dans cette guerre de l'image, de la communication ?
00:34Mais ça, c'est autre chose.
00:35Non, je ne pense pas que ça a à voir avec la guerre de l'image.
00:37Je pense que les deux parties sont sincèrement persuadées,
00:40chacune de son côté, qu'elle a l'avantage.
00:42Qu'il y ait une guerre de l'image, de la communication par-dessus,
00:44évidemment, mais c'est le lot de tous les conflits modernes.
00:46Quels sont les avantages sur lesquels peut s'appuyer l'Iran
00:49ou les faits sur lesquels l'Iran pourrait s'appuyer pour se dire
00:52« Allez, on tient, on a l'avantage »
00:54et quels seraient les faits ou le nombre de missiles,
00:57l'organisation, la stratégie, la tactique
00:59qui pourraient permettre à Donald Trump de penser que c'est lui qui a l'avantage ?
01:02Alors, ce n'est pas forcément en termes de nombre de missiles.
01:05Ça se joue dans la tête.
01:06Et du côté iranien, qu'est-ce que vous voyez ?
01:08Vous voyez que cela fait bientôt deux mois
01:10que l'Amérique est engluée dans un conflit qu'elle a choisi
01:14et qu'elle pensait régler un petit peu à la manière de Vladimir Poutine.
01:17D'ailleurs, on peut faire des parallèles intéressants entre les deux conflits.
01:21Et elle voit une Amérique qui est engluée,
01:23qui n'a pas atteint ses objectifs.
01:25Elle voit que, elle, la partie iranienne, elle tient.
01:28Non seulement elle tient, mais quelque part, elle se consolide aussi.
01:31Ou en tout cas, en apparence, le pouvoir, au sens politico-militaire du terme,
01:36non seulement ne s'est pas effondré, mais tend plutôt à se renforcer.
01:39Elle voit aussi les dommages pour l'économie mondiale,
01:42y compris pour l'économie américaine.
01:44Donc l'Iran se dit « Moi, je suis plutôt dans une bonne position. »
01:47En tout cas, je suis persuadé qu'un certain nombre de personnes
01:50dans le leadership iranien voit la situation comme cela.
01:54– Les deux sont-ils aussi déterminés ?
01:55Puisque vous disiez que c'est aussi ça.
01:57– Oui, c'est aussi cela, parce que la guerre, c'est une affaire de volonté.
02:00Et ça se joue souvent à qui craquera le premier.
02:02Moi, je dis souvent que dans ces conflits qui durent,
02:05c'est souvent non plus une épreuve de force, mais une épreuve de faiblesse.
02:07À savoir, quelle est la partie qui va craquer la première.
02:12Du côté américain, vous savez, Trump, avec son mode de fonctionnement très particulier,
02:17est probablement lui aussi sincèrement persuadé qu'il est à l'ascendant,
02:21que c'est simplement une question de jour, de semaine,
02:23que de toute façon, le régime va forcément craquer à un moment ou à un autre.
02:28Je ne dis pas que c'est forcément ce qu'on pense,
02:30j'allais dire, dans toutes les composantes du pouvoir américain.
02:33Ce n'est pas forcément ce qu'on pense au département d'État,
02:35ou ce qu'il en reste, ou au Pentagone.
02:37Mais en tout cas, Trump et ceux qui l'entourent sont probablement persuadés eux aussi
02:41qu'ils ont l'ascendant et que le régime va craquer.
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