00:00C'est une espèce de laboratoire d'intimidation politique.
00:03Minneapolis, c'est une ville qui a une grande tradition de grève et de manifester.
00:07Et donc il y a cette tradition de dire qu'on n'est pas content.
00:09Couplé à ça, bien sûr, le fait que c'est une terre d'accueil aussi,
00:13puisqu'il y a une énorme communauté somalienne, éthiopienne.
00:17Donc Trump a ciblé cette ville.
00:18Et donc, sur beaucoup de groupes que j'ai vus, Telegram, Signal, etc., on s'organise.
00:23On s'organise du plus petit échelon à la politique.
00:26Et donc là, on va juste organiser des gardes d'enfants.
00:30Et les citoyens sortent avec des sifflets pour alerter quand ils voient des...
00:33Oui, il y a eu des distributions de sifflets, c'est à Minneapolis, que ça a commencé.
00:37Je crois que ça s'est un peu élargi, mais il y a des distributions générales de sifflets pour pouvoir
00:40prévenir.
00:41C'est très malin parce que ce n'est pas illégal.
00:42Et donc moi, j'ai parlé à des gens qui allaient patrouiller, mais après leur taf,
00:46ils allaient patrouiller dans leur quartier pour juste alerter.
00:49Et en fait, tu as le droit, j'ai des témoins qui me racontent des interactions
00:51où ils sifflent à quelques mètres ou à quelques centimètres des agents ICE.
00:55Et donc, une fois qu'on entend les sifflets, on sait qu'il faut se carapater, il faut rentrer chez
00:58soi.
00:58Et tout le monde rentre chez soi, quoi.
01:00Ouais, donc toujours cette idée de rue un peu vide et de décor un peu...
01:03Ah, mais vraiment, mais presque cette image, tu sais, de la boule de poussière qui roule, quoi.
01:07J'ai rencontré des personnages qui ont un peu tout mis de côté pendant la crise ICE,
01:11donc qui continuent à le faire pour aider.
01:13C'est-à-dire qu'ils vont se mettre en arrêt un petit peu de travailler pour organiser les groupes,
01:20organiser les gardes d'enfants, peut-être aller chercher de la bouffe pour telle famille qui ne peut pas sortir
01:24de chez elles.
01:25Et donc, j'ai notamment rencontré, et elle sera dans mon papier, une bénévole qui bosse dans une église
01:30et qui gère la friperie de l'église.
01:32Et la friperie de l'église, en fait, c'est devenu un petit peu la safe place de ces communautés
01:37qui sont discriminées.
01:38parce que ces femmes-là, quand leur mari a été kidnappé, qu'est-ce qu'elles font ?
01:43Et bien là, dans cette friperie, elles peuvent venir, elles savent qu'elles sont en sécurité
01:47parce qu'on ne peut pas rentrer, les ICE ne peuvent pas rentrer, ça on le sait, dans un endroit...
01:50Dans une église ?
01:51Alors, dans une église, je pense que si, mais en tout cas, dans un endroit où il y a des
01:54employés.
01:55Donc, ils ne peuvent pas rentrer sans mandat dans un endroit de travail.
01:59Et donc, cette friperie, déjà, il y a des fringues.
02:02Et en fait, c'est bête, mais ces femmes-là, elles ont parfois un rapport aux vêtements, etc., qui est
02:07assez cool.
02:07Donc, elles ont juste envie de s'acheter une robe.
02:09Oui, donc, ça discute aussi de, j'imagine, une légèreté qui est complètement...
02:13Un petit café, un petit thé qui est servi, on parle de tout.
02:16Il y a même des massages qui sont mis en place, etc.
02:18Enfin, il y a toute une communauté qui s'est organisée pour un peu faire oublier ces traumas-là.
02:24Nova, le matin.