00:00Vous organisez une marche blanche dans deux semaines contre la violence.
00:04Qu'est-ce qui vous a poussé ? Qu'est-ce qui vous a motivé ?
00:08Alors ce qui m'a motivé en fait, c'est que j'ai reçu en fait il y a quelques
00:12jours
00:13un père de famille avec son fils qui est venu dans mon club pour l'inscrire.
00:18Un club de boxe, de full contact ?
00:20Mon club de boxe et en fait dans la structure on propose plusieurs disciplines
00:26pour accompagner les jeunes, les ados, les plus jeunes, etc.
00:31Et qu'est-ce qui vous a dit ce père ?
00:32Et du coup j'ai un père de famille qui est super sympa avec son fils pour l'inscrire
00:37et puis une semaine après je suis présent à son enterrement.
00:41C'était le leader du parc de nuit ?
00:44C'est une personne qui avait deux boulots, qui avait deux travails
00:47et qui venait d'avoir en fait son permis de bus pour pouvoir attaquer un autre travail.
00:55Et donc c'est l'une des victimes de ces tirs ?
00:57Et c'est la victime en fait, c'est un servidor en fait qui sortait de boîte de nuit
01:01et qui a pris une balle et d'ailleurs il y a une femme qui a pris une balle perdue
01:05aussi.
01:05Oui, une jeune femme de 26 ans blessée.
01:07C'est qu'aujourd'hui ça devient en fait insupportable, on ne peut plus continuer à garder le silence
01:14parce qu'on ne peut pas aujourd'hui enterrer les enfants ou des jeunes qu'on connaît.
01:18Enfin voilà, il n'y a plus de mots à ça.
01:23Trop de violence, trop de règlements de comptes, trop de balles perdues
01:27et aujourd'hui il faut agir, il faut faire quelque chose.
01:30Et moi cette marche n'est pas seulement une marche pour une victime
01:35mais pour toutes les victimes qu'il y a eu depuis quelques années
01:41et pour tous les grenobloirs parce qu'à un moment il faut dire stop.
01:46Parce que ça veut dire que là ce videur, cet homme, ce père de famille, vous le présentez ainsi
01:54a été tué en plein centre-ville un samedi soir, place Notre-Dame.
01:58Ça veut aussi dire que la violence ne se cantonne pas au quartier jugé difficile à Grenoble ?
02:04C'est une personne qui n'est même pas connue de la police, qui n'a rien à voir avec
02:08le narcotrafic
02:09qui n'a absolument rien à voir.
02:12C'est une personne en fait qui avait un deuxième boulot, qui arrondissait ses vingt mois et tout ça
02:16et peut-être qui a été confondue avec quelqu'un d'autre.
02:22Oui parce que vous parlez du narcotrafic, il y a aussi une part importante de trafic de drogue,
02:28de règlements de comptes sur fonds de trafic de drogue dans cette violence grenobloise.
02:32On ne va pas parler des quartiers, on les connaît les quartiers, là où il y a du trafic.
02:37Donc aujourd'hui, on ne peut pas dire...
02:43En fait, c'est dans tout Grenoble, le trafic n'est pas que dans les quartiers, il est aussi au
02:46centre-ville.
02:47À un moment, on ne peut pas...
02:52On ne peut pas bloquer, on ne peut pas dire qu'il y a un manque, qu'il manque des
02:55policiers et tout ça
02:55parce qu'aujourd'hui, il y a des guerres qui ne nous concernent même pas.
02:59Qui ne nous concernent même pas.
03:00Pourquoi aujourd'hui, on ne mobiliserait pas, même je dirais l'armée, pour venir faire un travail sur tout ce
03:08qui se passe dans les quartiers
03:09et toutes les violences qu'il y a dans les quartiers et dans les vides ?
03:12Parce que ça ne touche pas que Grenoble, ça touche aussi Lyon, ça touche Marseille, ça touche Paris.
03:18Donc voilà...
03:19En tout cas, il faut faire quelque chose.
03:21Comment ?
03:22En tout cas, il faut faire quelque chose.
03:24Bien sûr qu'il faut faire quelque chose.
03:25Il faut faire quelque chose, il faut bouger, il faut se mobiliser, il faut activer les choses pour qu'on
03:30puisse...
03:30Et ça ne doit pas s'arrêter juste au Grenoble.
03:33Il faut qu'en fait, les choses bougent sur tout un ensemble.
03:40Les parents, les coachs, les associations, la politique, le média.
03:45Et d'ailleurs, je vous remercie de nous avoir invités pour nous exprimer là-dessus.
03:48Mais il faut que tout le monde s'unisse pour qu'on puisse au moins changer les choses.
03:53Vous écoutez ici Isère, il est 7h50, nous recevons Asdine Miaoui qui organise une marche blanche
03:58pour réagir à la flambée de violences dans l'agglomération Grenoble.
04:02Et d'ailleurs, vous parliez de votre club de boxe notamment, ça peut aussi passer par ça ?
04:08Ça peut passer par le sport, bien sûr, parce que le sport peut sauver des vies.
04:12Mon club n'est pas qu'un simple club de boxe, on n'est pas là pour se battre.
04:18Il faut aller les chercher, ces jeunes qui sont dans les quartiers.
04:20En fait, si vous voulez, on est là pour passer aussi un message fort.
04:23Aujourd'hui, moi, dans mon club, on compte à peu près 800 licenciés, 800 adhérents.
04:30Et la plupart, la majorité, c'est des jeunes.
04:33Et là où il faut concentrer le travail, c'est sur les 10-16 ans.
04:3910-16 ans, c'est là où il y a une construction.
04:42C'est soit les jeunes, on les a, et puis on va les accompagner correctement, soit on les perd.
04:50Et c'est là où il faut vraiment que le travail des électeurs et des associations, tout ça,
04:56même les écoles et tout l'ensemble, soient concentrés sur cet âge-là, de 10-16 ans,
05:03pour pouvoir les maîtriser et leur donner un message positif et les accompagner correctement.
05:08Parce que c'est là où, en fait, c'est soit on les construit, soit on les perd.
05:12Ce moment un petit peu charnière de l'adolescence, on l'entend, Asdine Miaoui.
05:16Merci beaucoup.
05:17Je rappelle que vous organisez donc une marche blanche dans deux semaines, le dimanche 3 mai,
05:21contre cette violence à partir de 14h dans les rues de Grenoble.
05:26Merci beaucoup et très bonne journée à vous.
05:28Merci à vous et puis la marche, c'est le 3 mai, c'est un dimanche et ça part d
05:33'Alsace-Lorraine à Notre-Dame.
05:35Et c'est des lieux, en fait, qui n'ont pas été choisis par hasard.
05:39Alsace-Lorraine, parce qu'elle a été marquée par la guerre, par les blessures et la reconstruction.
05:46Et puis Notre-Dame, c'est un lieu qui est emblématique et de recueil.
05:50Donc c'est des endroits qui sont importants et pas choisis au hasard.
05:56Et puis on invite tous les Grenoblois à venir marcher avec nous, même s'ils n'ont pas de parole,
06:02même s'ils n'ont pas la parole, mais au moins qu'ils soient présents.
06:05Parce que fermer la porte à l'action, c'est donner de l'importance à la violence.
06:11Merci beaucoup.
06:12Merci à vous.
Commentaires