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  • il y a 1 jour
"VIP Very Important Paysans", une émission consacrée au monde agricole, du champ à l'assiette ! Ce nouveau numéro s'intéresse à la tomate, le fruit préféré des Français, ainsi qu'à la sardine, un produit en crise.

Frédérique Courtadon et ses chroniqueurs reçoivent en plateau :

- Vincent Clément, producteur de tomates à Arles ;
- Aurélie Trouvé, députée La France insoumise de la Seine-Saint-Denis ;
- Gaëtan Lappart, pêcheur de sardines à Penmarc'h.

La tomate : c'est la star de l'été et le fruit préféré des Français ! Mais c'est aussi un produit sous le feu des critiques : goût, écologie, concurrence étrangère...

La sardine : enfin un produit bon marché, facile à conserver, à cuisiner, bon pour la santé et, paraît-il, aussi pour la peau, mais qui traverse une crise importante...

« VIP Very Important Paysans » est une émission bimensuelle présentée par Frédérique Courtadon, consacrée à l'agriculture et à ses acteurs. Entre actualité, saisonnalité et décryptage, l'émission veut réduire le fossé qui sépare encore producteurs et consommateurs. Chaque numéro de « VIP Very Important Paysans », s'articule autour de rubriques fortes pour mettre en perspective le présent et l'avenir de l'agriculture, ainsi que de reportages. « VIP Very Important Paysans », une émission engagée, vivante et citoyenne, pour retisser le lien entre ceux qui nourrissent et ceux qui se nourrissent. Sur le plateau : un ou des agriculteurs, un invité politique, et une bande de chroniqueurs engagés et complémentaires :

- Louise Lesparre, journaliste, fondatrice de La Clé des Champs, pour une chronique agricole axée sur la sociologie

- Olivier Mevel, expert de la consommation

- Antoine Robin, expert du monde agricole, avec sa chronique « Que s'est-il passé dans nos campagnes ce mois-ci ? »

- Jean-Baptiste Vervy, agriculteur engagé, qui décrypte les nouvelles tendances et technologies au service de l'agriculture.

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Transcription
00:06« Chaque matin, ils sont debout aux aurores. Ils prennent soin de leurs champs, de leurs bêtes, de leurs fermes,
00:12pour nourrir chacun d'entre nous.
00:14Ce sont nos 600 000 héros du quotidien, des VIP, des Very Important Paysans. »
00:21Amis des campagnes, amis des villes, bonjour ! Nous sommes très heureux de vous retrouver sur LCP pour un nouveau
00:26numéro de VIP,
00:27« Very Important Paysans », la première émission d'information consacrée au monde agricole.
00:33Et oui, dans VIP, ce sont les agriculteurs et les agricultrices qui ont la parole pour vous faire partager leur
00:38quotidien, leur réalité, leurs valeurs,
00:40mais aussi et surtout ouvrir le débat sur des sujets d'agriculture qui nous concernent tous.
00:45Alors bien sûr, ils sont en coulisses, ils vont nous rejoindre dans quelques instants,
00:48mais pour l'instant, laissez-moi vous présenter mes VIP à moi, mes Very Important Partenaires.
00:52Il y a Louise L'Espard, bonjour Louise !
00:54Bonjour Fred !
00:55Le Sud-Ouest est dans la place !
00:57Exactement !
00:57Vous êtes venu encore et toujours avec une belle personnalité qui défend le monde agricole,
01:04qui s'est inscrit dans son histoire.
01:06Exactement, du monde de la mer même, plus précisément, cette fois-ci, on change un peu.
01:09On a à de prendre le large avec vous, à vos côtés JB, Jean-Baptiste Vervy.
01:13Enchanté !
01:14Ça va bien ?
01:15Vous ne faites pas comme si on ne se connaissait pas, ce n'est pas vrai.
01:18Vous êtes agriculteur, c'est réallier, vous transformez aussi vos bons produits,
01:22et puis vous faites, on le voit là, des vidéos, du contenu avec vos collègues agriculteurs
01:27pour partager vos solutions, vos problèmes, vos réussites aussi.
01:30Oui, expliquer notre métier aussi.
01:32Ça c'est bien, oui, démocratiser, vulgariser, c'est ça ?
01:35Et puis on va découvrir tout ça dans quelques instants.
01:37On a un petit nouveau, mais oui, on a un petit nouveau !
01:40Il s'appelle Olivier Méven, bonjour Olivier !
01:42Bonjour Fred !
01:43Comment ça va ?
01:45Eh bien, particulièrement bien, parce qu'en fin de compte, j'ai l'honneur de succéder à Michel Biero.
01:50Oui, qu'on embrasse.
01:51Qui m'a dit, tu vas voir, tu vas te régaler, et je pressens que ça va être le cas.
01:55Ça ne m'aille pas trop quand même.
01:58Oui, vous ne savez pas à côté de qui vous êtes installés, mais on en parlera dans quelques secondes.
02:01On est un maître de conférence quand même, c'est chic, c'est tellement chic !
02:05En économie, maître de conférence en économie à l'Université de Bretagne.
02:09Et puis, vous devenez notre monsieur consommation.
02:12Vous allez nous expliquer tout ce qui se passe derrière ces produits qu'on achète en grande surface.
02:17Votre camarade, c'est notre sniper, c'est bien sûr Antoine Robin.
02:21Comment ça va Antoine ?
02:22On dit quelques mots sur votre suite, là, jaune, tournesol, girassolée, à mon avis en régie.
02:27Pour faire la couleur, ils ont dû galérer !
02:30Fred, elle est vachement dans le calendrier agricole, parce qu'en ce moment, on sème les tournesols.
02:34Et voilà !
02:35Et le pull, tournesol !
02:36Il a compris, n'est-ce pas ?
02:38Alors vous, ce n'est pas le tournesol que vous semez, mais c'est l'actualité que vous récoltez, l
02:42'actualité agricole.
02:42Exactement, on va en parler.
02:43Et que vous partagez avec nous, bien évidemment, pour notre plus grand plaisir.
02:46Et tout ça avec beaucoup de franchise, beaucoup de cash, et nous, on adore ça.
02:50Et tout de suite, on découvre le sommaire.
02:52C'est la star de l'été qui approche le fruit, enfin le fruit, le légument de ses plus préférés
02:58des Français, c'est la tomate.
02:59Oui, ça fait débat.
03:00Mais c'est aussi un produit sous le feu des critiques.
03:03Il y a son goût, le problème écologique, la concurrence étrangère.
03:06Pas de panique, on va tout vous expliquer.
03:08Nous recevons également Aurélie Trouvé.
03:10Elle est députée La France Insoumise de Seine-Saint-Denis.
03:12Et enfin, un bon produit.
03:14Bon marché, facile à conserver, à cuisiner, bon pour la santé, pour la peau bourrée d'oméga-3.
03:20Mais qui, le pauvre, traverse une crise importante.
03:22Ou la pauvre, plutôt, c'est bien sûr la sardine.
03:25Mais d'abord, que s'est-il passé dans nos campagnes ces dernières semaines ?
03:29Eh bien, Antoine Robin a fait le tour de ses actualités.
03:32C'est notre very important de presse.
03:38Alors, l'actualité, elle est comment ?
03:39Je vais vous parler d'un petit sujet qui crispe nos amis agriculteurs en ce moment.
03:43Alors, on a beaucoup parlé, évidemment, des engrais phosphatés
03:46qui sont coincés, là, à cause d'une guerre en Iran dans le détroit d'Hormuz.
03:50Mais on a parlé, assez peu, finalement, de l'augmentation du GNR.
03:55Vous savez ce que c'est que le GNR ?
03:56Le gasoil non routier.
03:57Voilà, c'est effectivement un gasoil réservé aux spécialistes, aux travailleurs.
04:02Évidemment, qui est une couleur rouge.
04:03Donc, parce qu'il a une teneur en souffle moins importante,
04:06il est déjà fiscalement un petit peu aidé,
04:08pour permettre, justement, à des travailleurs de pouvoir bosser
04:11sans y laisser leur fond de culotte.
04:13Malheureusement, on regardait le prix,
04:15il n'y a pas très longtemps, avec JB, il va nous en parler.
04:17Aujourd'hui, le litre était à 85 quand il était à 80 centimes il y a un an.
04:22Ça veut dire quoi ?
04:23Sur un tracteur comme celui de JB,
04:25je faisais le plein autour de 250, 300 euros.
04:28Aujourd'hui, le plein est à 500, voire 600 euros.
04:32JB, un plein, ça vous fait combien ?
04:34En fait, souvent, par exemple, là, on prépare les sols pour semer,
04:38tu peux cramer ton plein dans la journée.
04:41Donc, on est à 500 euros par jour.
04:43Ce qu'il faut se dire, c'est qu'en fait, c'est très bien de parler de ce sujet
04:46-là,
04:46parce qu'en moyenne, les agriculteurs,
04:48on va consommer entre 80 et 100 litres à l'hectare
04:50pour produire du début du semis jusqu'à la récolte.
04:54Donc, en fait, quand on prie du GNR double,
04:58vous voyez tout de suite la mécanique.
04:59Et ce qu'il faut savoir, c'est que le résultat agricole l'année dernière
05:02était à peu près de 100, 150 euros à l'hectare.
05:05Rien que l'augmentation du GNR, c'est la marge qu'a dégagée.
05:09Vous allez nous parler d'un film documentaire assez funel.
05:11Oui, c'est un petit bijou qui est passé un peu inaperçu,
05:15un documentaire de cinéma qui est sorti au mois de mars dernier,
05:18dont le réalisateur Antoine Vasquez a suivi Benoît pendant 5 ans
05:21et ses camarades.
05:22Et Benoît et ses camarades, dans un petit village du Périgord Vert
05:25qui s'appelle Saint-Paul-la-Roche,
05:27ont eu une idée folle, créer une gay pride au milieu du Périgord Vert.
05:32En fait, au fil de ces rencontres, Benoît, qu'on voit ici,
05:35s'est rendu compte qu'autour de lui, il y avait une communauté homosexuelle
05:38qui se cachait un peu.
05:40Et eux, pour faire évoluer les mentalités sur ce sujet
05:43qui, évidemment, est un peu tabou dans les campagnes
05:45où certaines régions sont encore un peu corsetées dans les a priori,
05:48ont décidé de frapper fort en créant cette gay pride.
05:50Je ne vais pas vous raconter l'issue de ce documentaire.
05:52Ce qui est intéressant, c'est que Benoît, évidemment,
05:54va vivre à un moment assez douloureux.
05:56C'est une agression homophobe
05:58et qu'une partie du village va venir le soutenir.
06:00Donc, ça veut dire que les mentalités sont en train d'évoluer.
06:03Et ça, c'est un doc formidable.
06:05Vous pouvez aller voir notamment sur la plateforme TENQ
06:07parce que ce n'est plus au cinéma aujourd'hui.
06:09Et le film s'appelle Pédale Rural.
06:11Exactement, Pédale Rural.
06:12Une dernière actu.
06:13Oui, c'est une initiative qu'on aime, nous, chez VIP,
06:16qui est formidable.
06:16C'est une association qu'on connaît tous.
06:18Il s'appelle ici Les Voies agricoles.
06:20Une association qui a été créée en 2025 à Clermont-Ferrand
06:23avec des agriculteurs, Alexandre Merle.
06:26Et puis, une jeune femme qu'on aime beaucoup ici
06:28qui s'appelle Marine Collie.
06:29Alors, qu'est-ce que fait cette association ?
06:31Elle apprend aux agriculteurs à causer dans le poste,
06:34à leur donner les outils pour pouvoir s'exprimer,
06:37savoir faire, faire savoir.
06:39Je crois que c'est aussi un peu le créneau de VIP.
06:41C'est incroyable.
06:42Eh bien, on retient et on salue.
06:43Merci pour ces actualités partagées du monde agricole.
06:47Tiens, si je vous dis, cornue des Andes,
06:51rose de Berne ou encore noire de Crimée,
06:52ça vous fait penser à, sur le plateau ?
06:54La tomate.
06:55C'est la tomate, oui.
06:57D'ailleurs, on prend un petit accent quand on dit la tomate.
07:00La tomate.
07:00Pas forcément.
07:01Eh, l'accent de Louise.
07:03N'essayez pas de m'imiter, je suis inimicale.
07:04Vous aimez les tomates ?
07:06Oui, vous en mangez, bien sûr.
07:07On va parler de tout ça, bien sûr, avec notre produit.
07:11480 variétés cultivées en France.
07:13C'est pas mal.
07:14On en consomme 19 kilos par an et par personne.
07:17C'est énorme.
07:18C'est 20% de la totalité des légumes que nous achetons.
07:22Alors, depuis 50 ans, sa production, on l'a remarqué,
07:25elle a beaucoup évolué, avec forcément des questions qui l'accompagnent,
07:28comme la saisonnalité, le coût, l'environnement,
07:31et puis le goût qui serait à jamais perdu.
07:34Eh bien, justement, on va répondre à tout ça,
07:36et c'est notre premier very important de produit.
07:43Et pour plonger dans l'univers de la tomate,
07:46eh bien, nous accueillons Vincent Clément.
07:48Bonjour, Vincent, soyez le bienvenu, prenez place.
07:50Vous êtes producteur de tomates à Arles, dans les Bouches-du-Rhône.
07:53Bonjour, merci de m'accueillir.
07:55Première télé, première télé pour Vincent.
07:57Il a choisi VIP, on est quand même extrêmement doré.
07:59C'est comme Olivier, il y a du bizutage dans l'air, là.
08:02On est très sélectif, tout aussi honoré.
08:03On est très sélectif, absolument.
08:05Vous l'êtes, merci d'être venu pour nous parler de votre métier,
08:08cultivateur de tomates.
08:10Vous avez 48 ans, et la tomate, je crois que vous la connaissez
08:13depuis très, très longtemps.
08:16Racontez-nous.
08:16Oui, depuis très longtemps, puisque mes parents étaient producteurs,
08:19donc oui, depuis que je suis né.
08:20Et comment s'est développée cette exploitation ?
08:24Racontez-nous comment on passe.
08:25Vous êtes à Arles, d'abord, vous êtes basé à Arles.
08:27Oui, on est producteur en Provence, avec mon frère.
08:29Arles, c'est une terre de tomates,
08:30parce qu'on connaissait les fruits, pêche, nectarines, ainsi de suite.
08:32Il y a beaucoup de producteurs de tomates dans la région-là ?
08:34Il y a de la tomate, un peu.
08:36Oui, il y a deux grandes régions.
08:37En France, il y a la Bretagne,
08:39mais il y a aussi le sud-est de la France,
08:40qui est la première région productrice de tomates.
08:43Tomates grappes, tomates cerises ou provisibles ?
08:45On produit tout type de tomates.
08:46Alors, j'ai une question.
08:47La tomate, fruits ou légumes ?
08:48Parce que là, dans l'oreille étant régie,
08:50je peux vous jurer que c'est la bataille.
08:52C'est votre Robert-Télé, bizutage.
08:53Alors, ne vous trompez pas.
08:54Non, je ne vais pas me tromper.
08:55La réponse, elle est assez simple.
08:57C'est, si on le prend en entrée, c'est un légume.
08:59Si on mange des tomates au dessert, c'est un fruit.
09:02Alors, on mange rarement des tomates au dessert.
09:05Comment on va l'appeler ?
09:05Vous l'appelez comment, vous ?
09:07Un légume.
09:07Donc, on va continuer sur le légume,
09:09si vous êtes tous d'accord.
09:10Amie qui nous regardez.
09:11On y va pour le légume validé.
09:13Donc, la tomate, c'est quand même une histoire de famille
09:15que vous, vous avez développée au fur et à mesure.
09:18Pardon, tomates au four, très bon, ça aussi.
09:21Comment vous cultivez vos tomates ? Expliquez-nous.
09:24Donc, nos tomates, on les cultive comme la plupart des tomates,
09:26c'est-à-dire sous serre.
09:29Donc, la serre, il faut imaginer que c'est comme votre maison pour vous.
09:32Donc, ça permet de protéger les cultures des intempéries,
09:35donc du vent, de la pluie.
09:37Et puis, maintenant, depuis quelques années,
09:39on a inventé, en France, on a été très précurseur à ce niveau-là.
09:43Donc, on a inventé des nouvelles serres
09:44qui permettent aussi de protéger les tomates et des insectes.
09:48Donc, en fait, on a rajouté des options.
09:50On avait le chauffage, on a rajouté la clim.
09:52Là, on a rajouté les moustiquaires.
09:56C'est ça qu'on appelle des serres bioclimatiques ?
09:58On les appelle serres semi-fermées.
10:00Donc, l'avantage, c'est qu'on va...
10:03Tout l'air qui va rentrer dans la serre,
10:04on va pouvoir le filtrer.
10:05Et donc, les insectes ne peuvent pas rentrer dans la serre.
10:08C'est l'outil principal pour avoir des tomates labellisées sans pesticides.
10:14Donc, on n'utilise pas de pesticides.
10:15Tous nos tomates sont garanties sans pesticides.
10:17Donc, zéro résidu pesticide.
10:19LRP, oui.
10:19Ça, c'est votre credo.
10:21On va en parler, bien sûr, de cela.
10:23Mais avant cela, je voulais qu'on parle de l'installation,
10:24qu'on continue un petit peu.
10:25Parce qu'en 2007, vous vous êtes installé,
10:27mais toujours en famille, c'est ça.
10:29En 2007, avec mon frère,
10:30on s'est installé à côté de chez mes parents
10:33pour créer une autre exploitation.
10:35Parce que les modèles de production ont évolué assez vite.
10:37Donc, on est reparti à zéro.
10:39Mais oui, mais 2007, c'est un peu la crise, quand même.
10:41Comment ça se passe ?
10:42Comment on va demander de l'argent aux banques ?
10:44Ce n'était pas évident, effectivement,
10:46parce que c'était une période difficile pour la filière tomate.
10:48Donc, il fallait déjà trouver des financements pour démarrer.
10:51On y est arrivé après quelques mois,
10:53même si on a trouvé de l'argent dans une autre région.
10:55Mais on y est arrivé.
10:57Ensuite, est arrivée la crise de 2008.
11:00Donc, 2008, crise financière.
11:01Déjà, le problème de prix de l'énergie.
11:03Parce qu'à l'époque, on était dans un schéma traditionnel.
11:05Donc, il y a énergie fossile.
11:08C'est le principal changement par rapport à l'exploitation de vos parents.
11:11C'est l'énergie qui sert à chauffer les serbes.
11:14Vous avez commencé à muter ?
11:16Dès 2008, oui.
11:17Un des principaux changements,
11:18c'est qu'on a basculé sur une énergie biomasse.
11:20Parce qu'on avait plus de visibilité sur le coût de l'énergie.
11:23C'est quoi la biomasse ?
11:24La biomasse, c'était chauffage au bois.
11:26Donc, ça, c'était 2008-2009.
11:29Donc, pour avoir de la visibilité sur nos coûts de production.
11:32Parce qu'il faut savoir que dans notre filière,
11:35le coût de production, c'est 40% de la main-d'oeuvre.
11:37Et après, 20%, c'est l'énergie.
11:39Vous avez 120 salariés, c'est ça ?
11:40Plus de 100 salariés aujourd'hui ?
11:41Oui, on a 120 salariés.
11:43Ce qui est énorme.
11:44Ce qui fait qu'aujourd'hui, vous n'êtes pas dépendant des prix du gaz
11:46et des envolées qu'on voit actuellement avec la guerre du Moyen-Orient ?
11:50Alors, entre-temps, il s'est passé plein de choses.
11:52Parce que nos métiers évoluent très, très vite.
11:54On a toujours la biomasse, qui représente 50% de nos besoins énergétiques.
12:00Mais on a aussi les centrales électriques.
12:03L'hiver, on va produire avec l'électricité, à partir de l'énergie fossile.
12:07Donc, cette électricité, on la revend.
12:09Et nous, on va récupérer l'énergie fatale du processus.
12:11Donc, on va récupérer la chaleur pour chauffer les serres.
12:14C'est ce qu'on appelle la co-génération.
12:15C'est ce qu'on appelle la co-génération.
12:17Donc là, on peut être, effectivement, avec le contexte géopolitique du moment,
12:21un peu affecté par ce qui se passe.
12:22– Alors, Jean-Baptiste, justement, vous, vous vous êtes penché
12:25sur les nouvelles technologies de culture de la tomate.
12:28Et vous allez nous en parler dans votre very important pratique.
12:36– Alors, je vais vous en parler.
12:37Je vais surtout rappeler, en fait, ce qui vient d'être dit.
12:39Parce qu'en fait, l'exemple que tu présentes,
12:41c'est l'exemple, enfin, c'est le cas typique, on va dire,
12:43de la production de tomates en France.
12:4580% des tomates sont faites sous serre.
12:48Et alors, quand on dit serre, on aurait pu dire
12:50« Ouais, c'est pas très écologique, cette affaire-là.
12:52Des trucs chauffés, du plastique et tout,
12:55bouh, c'est pas terrible. »
12:56Eh bien, moi, je vais essayer de vous faire comprendre que non,
12:58c'est plutôt bien.
12:59D'ailleurs, tu nous l'as expliqué.
13:00Parce qu'en fait, l'avantage d'être sous serre,
13:02ça fait que tu maîtrises ton milieu, quoi.
13:04Tu nous l'as dit aussi.
13:05Tu maîtrises l'air qui peut rentrer,
13:07les insectes qui peuvent rentrer.
13:08Tu maîtrises la pluie qui peut y avoir.
13:10Et ça, je ne vous l'avais pas dit à la répétition.
13:12Mais d'ailleurs, pour tous ceux qui nous écoutent,
13:15qui ont un petit jardin,
13:16avec leurs petites tomates, là,
13:17qui sont en train de les planter.
13:18C'est mon cas.
13:19Voilà, c'est très, très bien, ça.
13:21Du coup, t'es là, t'as planté tes petites tomates.
13:22Tu pars en vacances, tu reviens,
13:24plus de tomates, parce que milieu, patati, patata.
13:27Et puis les escargots, les limaces,
13:27voilà, voilà.
13:28Donc là, dans une serre, tu contrôles tout.
13:31Tu peux contrôler, du coup, l'eau,
13:32tu peux contrôler l'énergie,
13:34tu peux maîtriser un peu tout ça.
13:36Et puis, tu vas contrôler la partie insecte, justement,
13:39qui peut arriver,
13:40qui peut venir handicaper la production.
13:42Et donc, tu vas utiliser, parfois, des coccinelles
13:45pour manger des pucerons.
13:46Et puis, tu vas pouvoir balancer des bourdons
13:48pour augmenter la floraison.
13:49Il y a des éleveurs de coccinelles
13:50qui vous vendent des coccinelles
13:51pour aller chaper les pucerons ?
13:52Oui, on a des fournisseurs
13:53qui nous vendent des petits insectes
13:54qui vont aller manger les ravageurs.
13:56OK.
13:56Il y a des fermes aux insectes, en fait, aujourd'hui.
13:59C'est sympa comme métier, ça.
14:00Quand, à ma vie, je fais éleveur de coccinelles.
14:01On dit que tu bosses avec des auxiliaires,
14:03tu bosses avec le vivant,
14:05tu fais de l'agroécologie,
14:06tu regardes les solutions qu'il peut y avoir.
14:07Et grâce à ça, effectivement, comme tu l'as dit,
14:09on peut largement diminuer
14:10l'utilisation de produits de protection,
14:14voire ne plus en utiliser,
14:15en tout cas, choper un label zéro pesticide.
14:18Et ça, c'est quand même un super avantage
14:19sur nos productions françaises
14:21parce que toutes les productions
14:22qu'on a dans l'assiette
14:23ne sont pas forcément à la même enseigne.
14:25Il faut dire surtout que c'est au niveau mondial.
14:28Il n'y a qu'en France qu'on est capable
14:29de produire des millions chaque année
14:32de kilos de tomates
14:33labellisés zéro récit de pesticides.
14:35Il y a des gens qui viennent nous voir
14:37du monde entier, voir comment on fait.
14:38Et en fait, ça fait déjà 10 ans
14:39qu'on a ce label
14:40et vous pouvez chercher
14:41partout ailleurs dans le monde.
14:42C'est unique en France ?
14:43C'est une exception ?
14:44Il n'y a qu'en France.
14:45Vous pouvez chercher partout dans le monde.
14:46Vous ne trouverez pas des tomates
14:48labellisées zéro résidu de pesticides.
14:49Zéro résidu de pesticides ?
14:50Vous pouvez nous dire
14:50ce que ça veut dire exactement ?
14:53En fait, c'est très, très simple.
14:54On garantit aux consommateurs
14:55que toutes les tomates
14:56qu'il va acheter avec ce label
14:58ne contiennent aucun résidu de pesticides
15:00et quel que soit la famille des pesticides
15:02d'origine de synthèse
15:03ou d'origine naturelle.
15:04Donc, c'est très clair.
15:06Aucun pesticide ?
15:06Aucun. Zéro.
15:07Et donc, ça, c'est tout l'avantage.
15:09Parce que j'avais ma petite chronique
15:10si vous n'aviez pas remarqué.
15:12C'était tout l'avantage, en fait,
15:13de poser sous serre.
15:15Parce que tu maîtrises
15:16tous tes paramètres en plein air.
15:17C'est beaucoup plus difficile.
15:18Mais il a déjà dit avant vous.
15:19Oui, mais j'enfonce le clou
15:21pour noter l'expectateur.
15:22Il comprenait bien.
15:23Vous avez bien raison.
15:23Ceci étant, il faut dire quand même
15:24que la serre n'a pas forcément
15:25très bonne presse
15:26à cause du coût de l'énergie,
15:28évidemment.
15:29La part de serre en France aujourd'hui
15:31qui utilise par exemple
15:31la géothermie,
15:34celle qui chauffe le gaz,
15:35c'est quoi ?
15:35C'est 30% de géothermie,
15:3670% au gaz encore aujourd'hui ?
15:37Si je peux me permettre...
15:39Vous n'énervez pas.
15:39Je suis encore une fois
15:40de défenseur de la tomate française.
15:41Quand même, remettre les choses
15:42dans le contexte.
15:44Il faut savoir que
15:45un kilo de tomate,
15:46même hors saison,
15:47chauffée,
15:48le bilan carbone
15:49est meilleur
15:50qu'un litre d'eau minérale.
15:53Juste par le contenu
15:54en plastique de la bouteille.
15:56Et aujourd'hui,
15:57en France,
15:59on a quand même la chance
16:01d'avoir une énergie électrique
16:03à 95% décarbonée.
16:05Donc, le bilan de carbone
16:07de la tomate,
16:08si on veut l'améliorer,
16:09c'est assez facile.
16:11C'est quelques centimes de plus
16:12par barquette.
16:14Mais bon, là,
16:15on rentre dans le sujet
16:15de où sont nos concurrents.
16:17en termes de prix,
16:18où on est nous.
16:19Mais il faut savoir
16:20que nous, producteurs français,
16:21toute la filière française,
16:22en fait,
16:23aujourd'hui,
16:23on sait tout faire.
16:25Produire sans pesticides,
16:26on sait faire depuis 10 ans.
16:28Décarboner.
16:28Demain, si vous nous dites
16:29qu'il faut produire
16:29avec un bilan carbone à zéro,
16:31on sait faire.
16:32Vous voyez,
16:32ça, c'est une barquette
16:32en carton recyclable.
16:34Là, on a enlevé le film,
16:35mais le film,
16:35c'est un bioplastique.
16:36Ce n'est pas un film en plastique
16:37issu d'énergie fossile.
16:39Donc, tous nos emballages
16:39sont déjà à bilan carbone zéro.
16:42Et demain,
16:42chauffer des serres
16:47très facilement faisables.
16:49Encore faut-il
16:49qu'on ajoute
16:514, 5 centimes
16:51sur le prix de la barquette.
16:52Mais pourquoi tout le monde
16:53ne le fait pas, ça, finalement ?
16:54Si on peut le faire,
16:55si on sait le faire.
16:56Parce qu'aujourd'hui,
16:56vous voyez,
16:57ma barquette,
16:58moi, j'essaie de la vendre
16:591,29 euros en magasin.
17:01Oui.
17:02250 grammes de tomates de cerise.
17:03Et il y a les concurrents
17:04espagnols, marocains.
17:05C'est marocains.
17:06Mais en fait,
17:07vous allez trouver
17:07dans les magasins
17:08une barquette marocaine
17:09toute l'année,
17:1012 mois sur 12,
17:11qui vaut 99 centimes.
17:13C'est ça.
17:13Donc là où les règles,
17:14la main d'oeuvre,
17:15c'est 17 fois moins cher,
17:17c'est payé moins d'un euro.
17:18Donc, je disais que tout à l'heure,
17:19c'est 40%
17:20nos coûts de production,
17:21c'est la main d'oeuvre.
17:22Donc, forcément,
17:22eux peuvent vendre peu cher.
17:24Je ne parle pas
17:24des règles environnementales
17:26et des pesticides
17:26que vous pouvez trouver
17:27ou pas dedans.
17:28Mais donc,
17:30eux,
17:30ils vendent 99 centimes.
17:32Nous,
17:32on vend 1,29 euro,
17:3490% du marché,
17:36c'est eux qui l'ont.
17:37C'est la 4ruple.
17:38Donc, nous,
17:38on peut toujours faire mieux.
17:39Nous, on peut toujours faire mieux.
17:40Mais on sait faire mieux.
17:41Mais après,
17:42si ça coûte un petit peu plus cher,
17:43ça ne passe plus.
17:44Voilà.
17:44Ce que le consommateur
17:45ne sait pas quand même,
17:46et à vous écouter,
17:46on comprend une chose.
17:47C'est qu'en fait,
17:48le consommateur
17:49qui achète aujourd'hui
17:50cette tomate marocaine,
17:52c'est la 4ruple peine.
17:53Parce que finalement,
17:54acheter cette tomate marocaine,
17:55c'est vider l'Afrique
17:56de son eau,
17:57c'est importer des pesticides
17:59avec une charge carbone
18:00qui est insoutenable.
18:02Et en plus,
18:02on parlerait tout à l'heure,
18:04avec une tomate sans goût.
18:06Exact.
18:06Et un des principaux problèmes,
18:08c'est aussi que le consommateur,
18:10quand il achète ce barquette,
18:11il est souvent trompé.
18:12Parce que quand vous lui demandez
18:13est-ce que cette barquette,
18:14elle est française ou marocaine,
18:16il pense qu'elle est française
18:17alors qu'elle est marocaine.
18:18Mais bon,
18:18comme l'origine,
18:19elle est écrite
18:19en caractère de 2 mm,
18:21écrite en blanc
18:22sur un fond rouge,
18:23c'est complètement illisible.
18:24C'est illisible.
18:24Donc déjà,
18:25cette barquette,
18:26on la trouve rarement
18:27à 1,29 en grande surface.
18:28Elle est plus chère ?
18:29Oui, c'est très rare.
18:30Ça, c'est encore un autre problème.
18:32C'est-à-dire que...
18:321,29,
18:33c'est 30 centimes de plus,
18:35ce serait tolérable.
18:36on a un expert.
18:38Mais attendez,
18:38tout le monde n'est peut-être pas...
18:40Alors je sais bien
18:40qu'entre 99 centimes d'euros
18:42et 1,29,
18:42ce n'est pas si cher,
18:43un peu plus,
18:43puisque voilà.
18:44Mais du coup,
18:44il y a des gens
18:45qui font encore cette différence
18:47et qui vont vers des tomates
18:48moins chères.
18:49C'est quand même incroyable.
18:50Oui,
18:50le consommateur,
18:51il doit savoir
18:51que quand c'est plus vert,
18:53et c'est plus cher.
18:54Et donc,
18:55il faut accepter
18:56de se dire
18:57pour garder notre socle
18:58agricole en tomate,
18:59parce qu'on a un vrai
18:59socle agricole en tomate,
19:00comme vous l'expliquez,
19:02mais pour le faire
19:03et pour le garder,
19:04il faut accepter
19:05ces quelques centimes de plus,
19:07mais surtout,
19:08acheter finalement
19:08cette tomate française.
19:10Sur une barquette
19:10à 1,29,
19:11vous gardez combien,
19:12vous,
19:12à la fin ?
19:13Nous,
19:14le prix de vente,
19:14c'est 1,05.
19:151,05.
19:16La grande distribution,
19:17le vend à 1,29.
19:18En fait,
19:18le distributeur,
19:19aujourd'hui,
19:20de par la loi EGalim,
19:21quand il achète
19:22la barquette aujourd'hui
19:24à 1,05,
19:25il est obligé
19:25de prendre 10% minimum
19:27de marge.
19:28OK.
19:29Ça va ?
19:29Parce que le seuil
19:30de revente à perte,
19:31c'est un peu technique,
19:32mais c'est le prix
19:32à lequel le distributeur
19:34achète cette barquette.
19:35Il rajoute 10%,
19:36mais il ne peut pas
19:37gagner sa vie
19:38avec ces 10%,
19:39puisqu'il a besoin
19:40de 35 à 40%
19:41de marge brute.
19:42Donc,
19:42ce qu'il va faire,
19:43c'est qu'il va rajouter
19:44un coefficient
19:44qu'on appelle
19:45le coefficient avant,
19:46il va multiplier
19:46le produit par 1,3
19:47ou par 1,4.
19:49Ce qui va faire
19:50que dans chacune
19:51des grandes surfaces,
19:52il ne sera pas
19:52au même prix.
19:53Et donc,
19:54le consommateur
19:55va se dire des fois,
19:56tiens,
19:57cette barquette,
19:58je ne la trouve pas
19:58à 1,29,
19:58mais je la trouve
19:59à 1,55.
19:59Pourquoi, Olivier,
20:01à contrario,
20:01il y a cette fameuse
20:02tomate maroquaine
20:03à 250 graves
20:04à 99 centimes
20:05et ce prix-là
20:06ne bouge jamais.
20:07C'est vrai.
20:07Ce qui devient
20:08une espèce de référence-prix
20:09pour pas mal
20:10de consommateurs.
20:12Parce que la puissance
20:13de cette marque
20:14est telle
20:15qu'aujourd'hui,
20:16elle constitue
20:16un quasi-monopole
20:17de l'importation
20:18en provenance
20:19du Maroc
20:19et elle arrive
20:20à poser son prix
20:22et à laisser
20:22aux distributeurs
20:23assez de marge
20:24pour payer son loyer
20:25en grande distribution.
20:26C'est aussi parce
20:27qu'on a mis en place
20:27des accords
20:28de libre-échange
20:28avec le Maroc
20:29qui permettent
20:29ces importations
20:30à taxer.
20:31Et ce qui est grave,
20:32c'est pourquoi
20:33on accepte aujourd'hui
20:34ces produits-là
20:35qui sont en fait
20:36issus d'une agriculture
20:38qui tolère
20:39des produits de synthèse
20:40qui ne sont pas
20:41tolérés chez nous.
20:42Donc ces fameuses
20:43clauses miroirs
20:44qu'on n'applique pas
20:46et qui nous permettent
20:47de faire entrer
20:47des produits
20:48quasi inacceptables.
20:50La quadruple peine
20:51dont on parlait
20:52à des prix
20:53qui ne sont pas
20:54les mêmes
20:54parce qu'à Agadir
20:55sous serre,
20:56on produit une tomate
20:58très différente
20:59avec des conditions
21:00de travail.
21:02Ça vous inquiète ça ?
21:03Parce que c'est quand même
21:05c'est perturbant quoi.
21:06Nous producteurs,
21:07globalement,
21:08on a quand même
21:08des valeurs.
21:10Je dis souvent
21:10on travaille
21:11dans l'environnement
21:12parce qu'on cherche
21:13des modèles tous les jours.
21:14On réfléchit à des modèles
21:15plus vertueux.
21:16Il semble pas faire la différence
21:17finalement si ce n'est
21:19par le goût
21:19et on va en parler.
21:20La souveraineté alimentaire
21:21c'est un sujet important.
21:22C'est quand même
21:24la première des sécurités.
21:27Sans sécurité alimentaire
21:28il n'y a aucune sécurité.
21:29Vous allez boire
21:30la bombe atomique
21:30si demain vous avez faim
21:32c'est la guerre civile.
21:34Donc voilà,
21:35on essaye de se battre.
21:36Ce n'est pas évident.
21:38Après ce qui est
21:38très énervant
21:40c'est qu'effectivement
21:41si vous avez
21:42dans le rayon fruits et légumes
21:43et que tous les produits
21:44qui sont dans le rayon fruits et légumes
21:45ils devaient respecter
21:46les mêmes normes que nous
21:46les mêmes contraintes
21:47nos rayons fruits et légumes
21:49ils seraient vides.
21:51Donc il y a quand même
21:52un gros gros problème.
21:54Il y a un autre problème
21:55qui est quand même
21:56moins grave
21:57moins impactant
21:57mais quand même
21:58c'est une critique
21:58qui revient de plus en plus souvent
22:00c'est que nos tomates
22:01auraient perdu leur goût
22:02leur goût d'antan.
22:04Olivier,
22:04vous avez enquêté
22:05sur cette question-là
22:06je crois
22:07et vous avez des réponses
22:08à nous apporter.
22:09J'entends tout le temps
22:10que les tomates
22:11sont plus fades.
22:12J'entends tout le temps
22:13qu'elles ont perdu leur goût
22:14et que ce serait
22:15une question de variété
22:16que les tomates
22:17de la grand-mère
22:18que les tomates
22:19de terre
22:21seraient donc meilleures
22:22et la question
22:23n'est pas tant
22:24une question de variété
22:25qu'une question
22:26de logistique.
22:27Finalement
22:28si nos tomates
22:29ont perdu le goût
22:30du soleil
22:31elles ont plutôt pris
22:32le goût des frigos.
22:33Je m'explique.
22:34La consommatrice
22:35ou le consommateur
22:36aujourd'hui
22:36a trois choix.
22:37Soit il a une tomate locale
22:39c'est une tomate
22:40qui entre le moment
22:41où elle est cueillie
22:42et le moment
22:42où elle est dans l'assiette
22:44se passe entre
22:4548 et 72 heures.
22:48Effectivement
22:48c'est une tomate
22:49à maturité.
22:50Cette tomate à maturité
22:51elle aura eu sa montée
22:52en sucre
22:53et elle sera bonne
22:54et elle aura du goût.
22:55L'autre tomate
22:56qui est celle
22:57des circuits plus longs
22:58celle de GMS
22:59celle de Grande Surface
23:00quand vous achetez
23:01dans votre magasin
23:02aujourd'hui
23:02votre hypermarché
23:03ou supermarché
23:04ou même en magasin
23:04de proximité
23:05cette tomate
23:06elle arrive après
23:074 à 7 jours
23:08en frigo.
23:09Alors effectivement
23:10elle est cueillie
23:12elle passe en station
23:13de conditionnement
23:13ensuite elle passe
23:15en plateforme
23:16des grandes surfaces
23:17et effectivement
23:18le frigo est devenu
23:19majoritaire
23:19et le frigo
23:20à 4 degrés
23:21va altérer
23:22le goût de la tomate.
23:22Oui ça tue la tomate
23:23ça tue la tomate
23:24mais il y a l'autre tomate
23:26celle d'importation
23:28et elle c'est pas entre
23:294 et 7 jours
23:30celle-là c'est entre
23:317 et 15 jours
23:32de frigo
23:32puisqu'elle vient du Maroc
23:34cette tomate-là
23:34elle est profondément
23:35altérée en goût
23:36c'est celle dont on parlait
23:38tout à l'heure
23:38et donc le consommateur
23:39au travers de sa carte bleue
23:41il a le choix.
23:42Ça passe aussi par l'éducation
23:44la rééducation
23:45à travers le goût
23:46mais aussi les écoles
23:48bref en tout cas
23:48il faut le faire savoir.
23:50Ça veut dire que la logistique
23:51pour vous c'est quelque chose
23:53de très important
23:53pour assurer le bon goût
23:54de vos tomates
23:54à la fin dans les rayons ?
23:55C'est la clé
23:56c'est la clé
23:57c'est comme si demain
23:58vous voulez boire
23:58un bourgogne à 6 degrés
24:00un vin rouge à 6 degrés
24:01il est pas bon
24:02la tomate si elle est passée
24:03par un frigo à 6 degrés
24:04à moins de 12 degrés
24:05voilà
24:05Mais c'est important aussi
24:06de dire la manière
24:07dont on consomme bien évidemment
24:09donc on ne met plus ces tomates
24:10dans le réfrigérateur
24:12s'il vous plaît
24:13Merci beaucoup Vincent
24:14d'avoir partagé avec nous
24:15votre quotidien
24:16puis votre vision
24:17de cette filière
24:18des tomates françaises
24:19il faut manger
24:21ne l'oubliez pas
24:22Maintenant on connaît le prix
24:24c'est 1,29
24:24si un acteur de la grande distribution
24:26n'est pas capable
24:27de respecter ce prix-là
24:29on va aller le voir
24:29en disant
24:29on sait que c'est le prix-là
24:32Voilà
24:32et on l'a dit dans VIP
24:32et avec notre producteur
24:34de tomates
24:34merci beaucoup
24:35bon retour dans le sud
24:36Arles
24:37quelle chance
24:37et faites-nous confiance
24:38pour bien cuisiner
24:39vos belles tomates
24:40en ratatouille
24:41ou en salade cet été
24:41on a hâte
24:42merci beaucoup Vincent
24:45L'agriculture
24:46c'est politique
24:47et dans VIP
24:48nous on aime bien recevoir
24:49des personnalités impliquées
24:50dans la vie politique agricole
24:52et c'est donc l'heure
24:53de notre verrée
24:53importante politique
24:59Et aujourd'hui
25:00nous recevons
25:00Aurélie Trouvé
25:01bonjour
25:02Madame la députée
25:04merci d'être avec nous
25:05vous êtes donc députée
25:06la France Insoumise
25:07de Seine-Saint-Denis
25:08vous n'êtes pas issue
25:09du monde agricole
25:10mais vous le connaissez
25:11très très bien
25:11puisque vous travaillez
25:12avec lui
25:12on est trois de collaboration
25:14puisque vous êtes ingénieur
25:15agronome de formation
25:17alors on va commencer
25:18avec un petit portrait chinois
25:19ça vous dit
25:20donc je vais vous demander
25:21très rapidement
25:22de répondre à trois questions
25:23si vous étiez un animal
25:24de la ferme
25:25ah euh
25:26fou
25:27qu'est-ce qu'on a eu
25:28on a eu des poulets
25:30des vaches
25:31des poulets
25:32des poulets
25:32lâchez-vous
25:34oh un âne
25:35parce que je suis butée
25:36ah j'adore
25:37j'adore
25:39si vous avez
25:40je suis abstinée
25:41mais c'est bien
25:42c'est bien il en faut
25:42pour faire de la politique
25:43de l'obstination
25:44et si vous étiez
25:45un aliment fétiche
25:47un aliment fétiche
25:49et bien une légumineuse
25:50pourquoi
25:51je m'expliquerai
25:52parce que c'est la base
25:53pour moi de l'agroécologie
25:54la légumineuse
25:55remet de l'azote organique
25:56dans les sols
25:58et donc ça permet
25:59de se passer davantage
26:00d'engrais
26:01d'engrais azotés
26:02chimiques
26:03et par ailleurs
26:04c'est très bon
26:05pour la structure des sols
26:06et on en importe
26:07beaucoup trop
26:07donc une lentille alors
26:08voilà par exemple
26:09une lentille
26:10merci
26:12par exemple une lentille
26:13Aurélie je vais rentrer
26:14directement dans le sujet
26:15j'ai un podcast
26:16j'ai interviewé plus de 200
26:17agriculteurs partout en France
26:19tout modèle de production
26:20jusqu'à des exploitations
26:21qui ont 300 salariés
26:22j'ai l'impression
26:22de passer à côté du sujet
26:23parce que cet agro-business là
26:25quand je vais dans les
26:25exploitations agricoles
26:26aujourd'hui
26:27je n'ai pas le sentiment
26:28de le voir
26:28qu'est-ce que vous mettez
26:30derrière ce terme ?
26:31alors il est là
26:32j'ai écrit un bouquin
26:32mais il y a plusieurs années
26:34qui s'appelle le business
26:34c'est dans le pré justement
26:37d'abord je pense
26:38qu'on a un moment charnière
26:39c'est à dire que
26:40soit on arrive à maintenir
26:42préserver une agriculture
26:43c'est une structure familiale
26:43la plupart des fermes
26:45vous avez raison
26:45la plupart des fermes
26:46c'est quoi ?
26:47c'est un agriculteur
26:48une agricultrice
26:49d'ailleurs de plus en plus
26:50d'agricultrices
26:52avec 0, 1, 2, 3 salariés
26:54mais c'est une structure familiale
26:55mais se développe
26:57un agro-business
26:58c'est à dire
26:58des grandes structures
27:00par exemple vous preniez
27:00la tomate
27:01et bien il y a
27:01un gros groupe néerlandais
27:03qui c'est
27:03d'ailleurs il y a une bataille
27:04citoyenne contre ce groupe
27:0512 hectares
27:0612 hectares c'est énorme
27:08de tomates sous serre
27:09industrielles
27:10là c'est un gros groupe
27:11néerlandais
27:11et là on est vraiment
27:12dans la ferme usine capitaliste
27:14vous voyez
27:15et ça
27:16ça menace évidemment
27:17et peut-être qu'en France
27:18on est à ce moment charnière
27:20sachant qu'il y a des pays
27:21qui ont déjà basculé
27:22en fait
27:23notamment aux Etats-Unis
27:24et moi
27:25ma première crainte
27:26c'est une agriculture
27:28une alimentation duale
27:29en fait il resterait
27:30aller
27:31une toute petite partie
27:32des terres
27:32pour de l'agriculture biologique
27:34mais qui serait en fait
27:36réservée à des consommateurs
27:37qui ont les moyens
27:38donc une agriculture testimoniale
27:40qui serait là
27:42que pour montrer le passé
27:43mais surtout
27:44pour des consommateurs
27:46qui ont les moyens
27:47donc 20% des consommateurs
27:49qui peuvent acheter
27:49l'origine française
27:50à peu près
27:50et 80%
27:51avec de plus en plus
27:53de l'agro-business
27:53et de la mal-bouffe
27:54c'est vraiment le choix
27:54on sait que dans les 20 prochaines années
27:56on va perdre un agriculteur sur deux
27:57à titre personnel
27:58moi j'ai vu des fermes
27:59bien mieux tenues
28:00à plus de 100-120 têtes
28:02que des fermes
28:02à 30 ou 40 têtes
28:03où le modèle économique
28:04n'est pas rentable
28:05et on voit des pays
28:05est-ce que la taille
28:06est vraiment l'ennemi
28:07c'est ça le problème
28:09en France
28:09si on se concentre sur la France
28:10au bout d'un moment
28:11en fait
28:12oui parce que déjà
28:13on n'est plus dans une agriculture familiale
28:15en fait elle n'est plus transmissible
28:17c'est-à-dire qu'au bout d'un moment
28:18ça coûte tellement cher
28:19de le transmettre
28:20de toute façon
28:20que ça ne se transmettra pas
28:22dans un cadre familial
28:22et c'est là que vous basculez
28:23dans un cadre capitalistique
28:25c'est des fonds qui achètent
28:27une firme agroalimentaire
28:29ou que sais-je
28:29donc moi je tiens
28:30et je crois que les français
28:31tiennent à l'agriculture familiale
28:33mais ça ça demande
28:34une politique particulière
28:35et moi ce que je veux dire
28:36c'est que rien que vous prenez
28:37le droit humain fondamental
28:39de manger de façon suffisante
28:40et saine
28:41avec une agriculture
28:42qui respecte le vivant
28:43rien que ça
28:43c'est révolutionnaire
28:44en vérité
28:45parce que ça demande
28:46d'abord de mettre à bas
28:47tous les accords de libre-échange
28:49d'avoir un protectionnisme
28:50quand même
28:51donc ça demande aussi
28:52de mettre à bas
28:53l'Europe néolibérale
28:54en fait
28:55on ne pouvait pas fonctionner
28:55donc à l'inverse
28:56on ne peut plus exporter
28:56alors on sait qu'on a été
28:58balance commerciale agricole occidentale
28:59pendant des années
29:00qui a permis de nourrir
29:01un peu la France aussi
29:01alors il ne s'agit pas
29:02d'être en autarcie
29:03mais là le problème
29:04vous savez que c'est la première année
29:06depuis 50 ans
29:07que la France devient
29:09déficitaire
29:10en produits agroalimentaires
29:12enfin
29:13ça y est
29:14nous qui étions
29:14le grenier agrimole
29:16de l'Europe
29:16elle y est depuis longtemps
29:17parce qu'en fait
29:17elle est tenue par deux productions
29:19le poulet c'est déjà plus longtemps
29:21le vin en fait
29:22en valeur
29:24parce que sans le vin
29:25ça fait très longtemps
29:26qu'on importe internet
29:26vous avez raison
29:27mais souveraineté alimentaire
29:29avec libre-échangeisme européen
29:30et prix bas
29:31ça ne peut pas marcher
29:32alors j'y arrive
29:32parce que c'est là que c'est
29:34pour moi révolutionnaire
29:35ça demande de revoir
29:36toute la politique
29:37d'ailleurs à la France insoumise
29:38on dit tout le programme
29:39et rien que le programme
29:39mais c'est pas par dogme
29:42en fait
29:42je vais vous expliquer
29:43rien que pour ça
29:43on peut nourrir de façon
29:45suffisante et saine
29:46je vais vous montrer
29:47un il faut faire du protectionnisme
29:49solidaire
29:49ce qui veut dire
29:50mettre à bas
29:50les accords de libre-échange
29:51et même
29:53le libre-échangisme
29:54total européen
29:55parce que
29:56sinon on va continuer
29:57à avoir des tomates
29:59très bâtrées
29:59vous pensez que derrière
30:00ces accords de libre-échange
30:01il y a d'autres enjeux
30:02qui se jouent
30:02alors j'y arrive
30:02ensuite
30:04il faut travailler
30:05le fait que
30:06les agriculteurs
30:07puissent faire
30:07une bifurcation
30:08vers une agriculture
30:09économe et autonome
30:10notamment parce que
30:11le prix de l'énergie
30:12devient de plus en plus important
30:13les engrais azotés
30:14etc. sont de plus en plus chers
30:16et donc il faut aller
30:17vers de l'agroécologie
30:18donc il faut refaire
30:19un contrat avec les agriculteurs
30:20on vous protège
30:21mais vous bifurquez
30:22vous faites de la transition
30:23et pour ça
30:24on vous donne les moyens
30:25donc c'est un contrat
30:26avec par exemple
30:27sur 5 ans
30:28on leur donne des aides
30:28pour soit aller vers le bio
30:30ou de l'agroécologie
30:31en tout cas
30:31ça c'est au niveau de l'offre
30:33et au niveau de la demande
30:33vous avez raison
30:34c'est comment on fait
30:35quand on n'a pas assez
30:36de pouvoir d'achat
30:36pour tout ça
30:37parce que ça coûterait
30:37un peu plus cher
30:38et bien ça
30:39ça veut dire aussi
30:40qu'il faut revoir
30:42la répartition des richesses
30:43ça veut dire qu'il faut
30:44un SMIC
30:44non pas à 1400 euros
30:47comme aujourd'hui
30:47mais à 1600-1700 euros
30:49pour que les gens
30:49puissent vivre dignement
30:51de leur travail
30:51qu'il puisse y avoir
30:52une garantie de l'emploi
30:54qu'il puisse y avoir
30:54des minimas sociaux
30:55qui permettent de se nourrir
30:56mais ça c'est dans
30:59le meilleur des mondes
31:00c'est ce qu'on voudrait tous
31:00évidemment
31:01et c'est ce qu'on espère
31:02mais pour tous les gens
31:04qui nous regardent
31:05c'est très concret
31:06c'est très concret
31:07c'est le programme
31:08par ailleurs de la France Insoumise
31:09mais c'est très concret
31:09non parce que la transition
31:10qui la finance
31:11la transition agroécologique
31:12permet à terme
31:13de relier rendement
31:15et économie
31:16mais du coup
31:17comment on subventionne
31:18cette transition
31:19et d'où sortent les sous
31:21alors déjà
31:22parce qu'on ne prend jamais
31:23en compte
31:24les coûts totaux
31:25de tout ça
31:25notamment les coûts
31:26pour la santé
31:27c'est à dire que là
31:28vous avez d'ailleurs
31:29une dégradation
31:30à vitesse grand V
31:30de la santé
31:31liée aux pesticides
31:32c'est pas pour rien
31:33qu'il y a eu
31:34beaucoup de médecins
31:35de sociétés savantes
31:36et médicales
31:36qui sont montés au créneau
31:38contre la fameuse loi Duplomb
31:39qui voulait réautoriser
31:41un pesticide
31:42parce que
31:43vous savez que vous avez
31:4430% en plus
31:45de cancers
31:45chez les enfants
31:46depuis 20 ans
31:47et que les scientifiques
31:49des médecins disent
31:50mais il y a un lien
31:50pas tous
31:51pas tous
31:52pas tous
31:53pas direct
31:55on peut en discuter
31:57mais ce qui est certain
31:59c'est qu'il y a
32:00toute la société
32:01de cancérologie
32:02qui le dit
32:02toute la société
32:04de hématologie
32:05etc
32:05alors vous pouvez trouver
32:06un ou deux cancérologues
32:07que sont allés faire
32:08les macronistes
32:09ils en ont trouvé un
32:10pour dire le contraire
32:11mais comme c'est toute la société
32:12qui dit ça
32:12de cancérologie
32:14plus le conseil scientifique
32:16du CNRS
32:17plus l'ordre des médecins
32:18lui-même
32:19d'accord
32:19plus la Ligue nationale
32:21contre le cancer
32:22tout ça dit
32:23attention
32:24stop
32:25sur les pesticides
32:26on est en train
32:27de dégrader la santé humaine
32:28et donc déjà
32:29il y a ces coûts
32:29de la santé
32:30qui seront évités
32:31et c'est énorme
32:32y compris pour la sécurité sociale
32:34et pour revenir
32:34à la demande quand même
32:35parce que
32:36somme toute
32:37il faut que
32:38d'un côté
32:38il y ait une demande
32:39on a l'exemple du bio
32:40en 2019
32:41quand la commission européenne
32:43a montré
32:43un marché
32:44en disant
32:45finalement il faut 25%
32:46de la surface agricole utile
32:48en bio
32:48la bio aujourd'hui
32:49c'est 6%
32:51de la consommation alimentaire
32:52et donc on a montré
32:54un marché
32:55qui n'existait pas
32:56aux agriculteurs
32:57et beaucoup d'agriculteurs
32:58se sont convertis
32:59pour les conséquences
33:01que l'on connaît aujourd'hui
33:02ça veut dire
33:02ils se déconvertissent
33:04parce qu'en face
33:05le marché n'existe pas
33:06il y a un levier
33:07pour moi
33:07qui est très important
33:08qui est celui
33:09de la restauration collective
33:10et particulièrement
33:11de la cantine
33:11moi je considère
33:13que tous les enfants
33:14en France
33:14tous
33:14quelle que soit
33:15la classe sociale
33:16c'est 11 milliards de repas
33:17devraient manger au moins
33:18une fois par jour
33:20bio
33:21et donc
33:22on en revient
33:23c'est possible
33:24il y a plein de villes
33:26qui le font
33:27plein
33:27justement pas assez
33:29et ça peut être
33:30un énorme levier
33:31de déboucher
33:31pour les agriculteurs
33:33en bio
33:33parce que si vous leur dites
33:35demain si
33:35le gouvernement
33:36et nous même
33:37si on votait cette loi
33:38on dit
33:39voilà on va aider
33:40toutes les communes
33:40par une aide spécifique
33:42toutes les communes
33:43qui s'engagent
33:44à dans 5 ans
33:45avoir du 100%
33:47bio local
33:48je peux vous dire
33:49que pour tous
33:50nos agriculteurs
33:51le sujet clé
33:51c'est comment
33:52mais tout ça
33:52effectivement
33:53ce sont de louables intentions
33:55mais la question
33:55de comment
33:56on le finance
33:58vous permettez d'intégrer
33:58un mot que je n'ai pas encore
33:59émis
34:00qui est la planification
34:01agroécologique
34:02planification écologique
34:03tout court
34:03qui est le fait
34:06de prévoir
34:07sur 5 ans
34:07sur 10 ans
34:08la façon dont on va faire
34:10monter tout ça
34:10en puissance
34:11parce qu'effectivement
34:11on ne va pas dire
34:12du jour au lendemain
34:12on arrête d'importer
34:14c'est un peu la musique
34:15qu'on entend quand même
34:16à chaque fois
34:17on arrête
34:17l'acétamipride
34:18ok mais qu'est-ce qu'on fait
34:19bien sûr
34:19l'acétamipride
34:21les noisettes
34:21il se trouve que 95%
34:24de nos noisettes
34:24sont importées
34:25et elles sont blindées
34:26d'acétamipride
34:27d'accord
34:28donc moi je pense
34:30il faut absolument
34:31l'interdire sur ce français
34:32donc on bloque
34:33mais il faut absolument
34:34interdire progressivement
34:35les importations
34:36et faire monter en puissance
34:37la filière noisette
34:39sans acétamipride
34:40parce qu'il n'y a que
34:41300 producteurs en France
34:42pour qu'elle puisse être
34:44réellement en mesure
34:45par exemple
34:46d'aller approvisionner
34:47les usines de Nutella
34:49d'accord
34:49et tout ça se planifie
34:51on n'est pas là à dire
34:52du jour au lendemain
34:52on fera ça
34:53du coup on peut aussi planifier
34:55qu'on arrête maintenant
34:56les importations
34:57après on peut se dire
34:58on le fait dans 5 ans
34:59le temps que tout le monde
35:00se prépare
35:00et tout
35:01je vous rejoins totalement
35:02et pour finir
35:03c'est là qu'on fait
35:04de la macro générale
35:05on est obligé
35:06c'est pour ça que je vous dis
35:06que même un petit point
35:09comme ça
35:10on se dit le droit
35:11à l'alimentation
35:12suffisant que c'est
35:13le droit à ses bateaux
35:13mais en fait à partir de là
35:15il faut financer
35:16et puis là
35:17c'est une révolution fiscale
35:18qu'il faut aussi
35:19c'est sûr qu'on n'y arrivera pas
35:20il y a beaucoup de choses
35:21quand même madame la députée
35:22il y a fait quand même
35:23beaucoup de choses
35:23à partir de là
35:25en fait ça vous fait dire
35:26que c'est compliqué
35:27de changer un tout petit bout
35:28on est obligé
35:29de changer globalement
35:31un système politique
35:31vous donnez le sentiment
35:33de véhiculer une image
35:33d'agriculteur pollueur
35:35et je trouve que
35:35nos agriculteurs français
35:36ils méritent pas ça
35:37alors j'y arrive
35:38parce que par ailleurs
35:39je vous remercie d'ailleurs
35:40pour la peine
35:43je travaille constamment
35:45et quotidiennement
35:46avec des organisations
35:48agricoles
35:48pas que la confédération
35:50paysanne
35:51ou la fédération
35:52d'agriculture biologique
35:53par exemple
35:53sur la loi du point
35:54on a bossé
35:54avec les apiculteurs
35:55ça m'arrive de bosser
35:56y compris avec des gens
35:57de la coordination rurale
35:58ou de la FDSEA
35:59donc j'en vois tout le temps
36:00des agriculteurs
36:00c'est que la plupart
36:01des agriculteurs me disent
36:02mais nous on est prêt
36:03à la transition écologique
36:05vous savez ce qu'ils me disent
36:07ils me disent
36:07on a de plus en plus de mal
36:09à pouvoir le faire
36:10de plus en plus de mal
36:12pourquoi ?
36:12parce qu'il y a une concurrence
36:13de plus en plus brutale
36:15d'accord ?
36:16premièrement
36:16deuxièmement
36:17il y a de moins en moins d'aides
36:18dans le dernier budget
36:19je suis désolée
36:20le gouvernement
36:20il a coupé les aides
36:22par exemple au programme
36:23pour aider les agriculteurs
36:24à baisser les pesticides
36:25il y a des aides
36:26à l'agriculture biologique
36:27qui ont été supprimées
36:28donc on dit aux agriculteurs
36:30faits de la transition écologique
36:31qu'on leur donne
36:32de moins en moins les moyens
36:33après c'est le marché
36:34qui doit nous payer
36:35en fait
36:37moi je ne suis pas né
36:39pour ni empoisonner les gens
36:41ni demander des aides
36:43à chaque fois
36:43il faut que le marché paye
36:44donc ça veut dire
36:45qu'en bio
36:45le marché doit payer
36:46en agroécologie
36:48si je fais des efforts
36:49sur un blé
36:50qui a moins de poids
36:52de produits dessus
36:53il doit être payé
36:55et c'est quelques centimes
36:56sur la baguette de pain
36:57on ne va pas dire
36:58à chaque fois
36:59parce qu'il y a 20%
37:00des gens en France
37:01qui ne sont pas capables
37:01de payer
37:02on ne peut pas le faire
37:03c'est bien
37:04on ne peut pas tirer
37:04vers le bas
37:05parce qu'on a 30%
37:06aujourd'hui
37:06de la population
37:07qui est en précarité alimentaire
37:09donc 9 à 10 millions
37:10de ménages
37:11sur 31
37:12qui ont déjà
37:13du mal
37:13à se nourrir
37:14quant à acheter
37:17moi je suis d'accord
37:18c'est plus compliqué
37:19non mais Olivier
37:19je suis d'accord
37:20avec toi
37:20mais je connais
37:23je ne voudrais pas
37:24faire de l'analyse
37:24de bar
37:25quand je dis ça
37:26mais c'est quand même
37:27une question de priorité
37:28malgré tout
37:29moi je connais aussi
37:30des gens
37:30qui n'ont pas les moyens
37:31qui vont
37:32chez le boucher
37:33qui vont
37:34chez l'agriculteur
37:35et alors
37:36dans le milieu de Paris
37:36c'est plus compliqué
37:37ce que je veux dire
37:38mais ouais
37:38ils ne partent pas en vacances
37:39alors si on dit
37:40qu'on a besoin
37:41de bien manger
37:42de partir en vacances
37:43de voir le smartphone
37:44d'être sur Netflix
37:45et compagnie
37:45c'est vrai que tu n'y arrives pas
37:46alors attends
37:46mais la base de la base
37:48effectivement c'est de bien manger
37:49parce que c'est la santé
37:49moi d'abord je voudrais
37:51revenir vers ce que vous dites
37:52et moi je suis d'accord avec ça
37:53il faut des prix
37:54pas des primes
37:55ça veut dire qu'il faut réguler
37:56les marges
37:57de la grande transformation
37:58et de la grande distribution
37:59nous on avait fait
38:00une proposition de loi
38:02elle n'est pas passée
38:03à quelques voix près
38:03en niche parlementaire
38:04de la France Insoumise
38:05il y a deux ans
38:05on avait proposé
38:06le plafonnement des marges
38:07de la grande transformation
38:08et de la grande distribution
38:09sur les produits alimentaires
38:11malheureusement
38:11ce n'est pas passé
38:12et deuxièmement
38:13il faut que les gens
38:13puissent acheter vos produits
38:15j'imagine que si vous avez
38:16des bons produits
38:16sains etc
38:17vous voulez que les gens
38:18puissent l'acheter
38:19or ça a été dit
38:20il y a une personne sur 8
38:21et c'est de pire en pire
38:22désolé mais les chiffres
38:23de Crédoc sont très clairs
38:24il y a de plus en plus de gens
38:26qui ont du mal
38:26à s'acheter suffisamment
38:28je ne parle même pas sainement
38:30suffisamment de produits
38:31pour se nourrir
38:32moi ce que je vois
38:33enfin quand même
38:34il faut avoir une idée
38:35moi dans ma circo
38:36alors je suis en Seine-Saint-Denis
38:37il faut voir
38:38qu'il y a des profs
38:39qui me disent
38:39mais moi je suis obligée
38:40de donner des pommes
38:40aux élèves
38:41pour qu'ils aiment le coup
38:42parce qu'ils n'ont pas
38:43l'argent pour aller à la cantine
38:45c'est là qu'on voit
38:45que l'équation
38:46elle est très dure à résoudre
38:47mais il y a de l'argent
38:49on est la centième puissance
38:51économique du monde
38:52il y a des inégalités
38:53il y a des inégalités
38:54de richesse hallucinantes
38:55il n'y a jamais eu
38:56autant de milliardaires
38:57en France
38:57il n'y a jamais eu
38:57autant de richesse
38:58concentrée dans les mains
38:59de quelques-uns
39:00il y a un moment
39:00cet argent
39:01il se répartit
39:02sans aller jusqu'aux milliardaires
39:03madame la députée
39:04c'est important
39:09c'est-à-dire que
39:10quand on regarde
39:11aujourd'hui
39:12le revenu disponible
39:13des français
39:14et son utilisation
39:15effectivement
39:17la consommation alimentaire
39:18a régressé
39:19vous savez au profit de quoi ?
39:20de l'immobilier
39:21exactement
39:22de l'immobilier
39:24et donc
39:24l'immobilier pèse aujourd'hui
39:2635%
39:27et donc il y a des rentes
39:28immobilières hallucinantes
39:29pour des méga propriétaires
39:30mais ça veut dire
39:30que les faits sont têtus
39:31c'est-à-dire que
39:32les faits sont têtus
39:32votre grand ennemi
39:33c'est les rentiers de l'immobilier
39:34la agriculture reste
39:35facile
39:36c'est peut-être un peu facile
39:37c'est un peu provocateur
39:39mais par ailleurs
39:41c'est aux politiques
39:41de régler ça
39:42il y a quand même
39:43un sujet qu'on entend
39:44c'est de la restauration collective
39:45il y a une incohérence
39:46de propos
39:47il faut faire
39:48il faut fasciner
39:48quand on revient
39:50sur les territoires
39:50allons à la cantine
39:51de l'Assemblée
39:52allons dans la cantine
39:53des ministères
39:55tous ces gars-là
39:56déjà doivent montrer
39:57l'exemple
39:57et on ne le montre pas
39:58pour l'instant malheureusement
39:59nous on a fait une demande
40:00d'ailleurs
40:00qu'il y ait du bio local
40:03partout
40:03il n'y a pas que le bio
40:04il n'y a pas que le bio
40:05vous viendrez nous en parler
40:07merci Jean-Baptiste
40:08dans les prisons
40:09dans les hôpitaux
40:10dans les maisons de retraite
40:11il n'y a pas que le bio
40:12dans la vie
40:12même si on aurait
40:14très envie d'en manger
40:14mais en tout cas
40:15merci d'être venu
40:15partager avec nous
40:17vos idées
40:18merci pour vos réactions
40:21on va continuer
40:22maintenant
40:23avec un autre produit
40:25on va prendre le large
40:26on va quitter
40:26l'Assemblée nationale
40:27pour vous emmener
40:28dans le Finistère
40:29à la rencontre
40:30de ceux qui font
40:31l'âme de ce territoire
40:32ce sont les pêcheurs
40:34de sardines
40:35et pour parler
40:40de ce beau produit
40:40nous recevons
40:41Gaëtan Lapard
40:42pêcheur à Pinsmars
40:44bonjour Gaëtan
40:44soyez le bienvenu
40:46sur le plateau
40:46de VIP
40:47alors vous vous êtes
40:48dans le Finistère Sud
40:50c'est ça ?
40:50oui
40:50vous avez 50 ans
40:52et vous avez commencé
40:53la pêche à la sardine
40:54il y a près de 30 ans
40:55comment vous êtes tombé
40:56dans le bateau
40:58de la sardine ?
40:58histoire familiale
40:59mon père avait un bateau
41:01un petit bateau côtier
41:02comment on appelle
41:03le bateau du pêcheur
41:04de sardines ?
41:05un boulincheur
41:05et vous vous êtes
41:07un boulincheur ?
41:09je suis un
41:10non je suis un marin pêcheur
41:11sur un boulincheur
41:13pour bien se rendre compte
41:14justement
41:14à quoi ressemble
41:15ce métier
41:16si particulier
41:17et exigeant
41:18je vous propose
41:19de regarder
41:19quelques images
41:20de vous
41:21et de votre équipage
41:22sur le fameux boulincheur
41:23vous nous emmenez en mer
41:25c'est parti Gaëtan ?
41:51alors Gaëtan
41:51vous allez nous raconter
41:52un petit peu
41:52ce qu'on a vu
41:53sur ces images
41:55c'est le fameux boulincheur
41:56c'est ça
41:57vous êtes combien
41:58à bord de ce bateau ?
41:58je navigue sur celui-ci
41:59l'Artemis
42:00et on est 6 à bord
42:01ça demande beaucoup
42:02de manutention
42:03parce qu'en pleine saison
42:04on peut pêcher
42:05une quinzaine de tonnes
42:06de sardines par nuit
42:07c'est quoi la saison
42:08de la pêche à la sardine ?
42:09ça va de quoi à quand ?
42:10le pic
42:10il y a la sardine
42:11toute l'année
42:11mais le pic de production
42:12c'est entre juin
42:14et octobre
42:16quand le taux de graisse
42:17est bon
42:19pour mettre en boîte
42:21alors vous partez
42:22avec un de ces 4 bateaux
42:23que vous avez avec votre équipage
42:25combien de temps dure
42:26un tour de pêche
42:27comme ça
42:28comme on le voit ?
42:29une marée au plus long
42:31ça doit faire une douzaine d'heures
42:32à peu près
42:33donc on est calé
42:34entre le coucher
42:34et le lever du soleil
42:35si on n'a pas atteint
42:36notre objectif
42:38de pêche
42:39au fait
42:39on va rester
42:40jusqu'au dernier moment
42:41jusqu'au lever du soleil
42:43et après
42:44il faut rentrer rapidement
42:45au port
42:45pour fournir
42:46comment vous le fixez
42:47cet objectif de pêche
42:48alors ?
42:49avant de partir
42:49ou c'est en fonction
42:50des commandes ?
42:51on a des commandes
42:52qui sont passées directement
42:53par les marieurs
42:55par les usiniers
42:56en général
42:57ou les industriels
42:58est-ce que c'est une pêche
42:59qui est réglementée
43:00organisée ?
43:01très réglementée
43:01très réglementée
43:02on a 5 jours maximum
43:04de pêche par semaine
43:05pour éviter la surpêche ?
43:07pour éviter la surpêche
43:08et puis pour
43:08ne pas saturer le marché
43:10voilà
43:11la logique
43:12est-ce qu'il y a des coins
43:13à pêche ?
43:14est-ce que les anglais
43:15ils viennent pêcher
43:16chez les bretons ?
43:17alors les anglais
43:20la loi en France
43:21c'est dans les 12 000
43:22il n'y a pas de bateau étranger
43:23qui rentre dans les 12 000
43:24j'aimerais qu'on revienne
43:25sur la petite sardine
43:26notre belle sardine
43:28c'est quand même
43:28le poisson
43:31un poisson en tout cas
43:32plébiscité
43:33par les français
43:34il est bon marché
43:35jusqu'alors
43:36on parlera des prix
43:37bien évidemment
43:38il est bourré d'oméga 3
43:39facile à conserver
43:40à préparer
43:41et on en mange
43:42jusqu'à 5 à 6 kilos par an
43:44moi j'étais assez étonnée
43:45par personne
43:46autour de la table
43:47vous la mangez comment ?
43:47la sardine
43:48Louise ?
43:49moi on boite directement
43:50comme ça
43:51avec la boîte ?
43:52j'essaie d'enlever la boîte
43:54à l'apéro
43:56avec du beurre salé
43:58un filet de huile d'olive
43:59et du citron
44:00et un verre de blanc
44:00et alors notre breton
44:02à griller à l'huile d'olive
44:04mais griller donc au barbecue
44:05quand même
44:06à la blanche à griller
44:07avec un beurre salé
44:09mais griller à l'huile d'olive
44:10il y a les yeux qui brillent
44:11c'est pas bon pour la plait
44:13les barbecues
44:14c'est pas bon pour la plait
44:17on va faire des trucs quand même
44:17dans la vie
44:18on aimerait bien faire
44:19quelques barbecues
44:19avec des bons produits
44:21pensés
44:21et Gaëtan
44:23le professionnel
44:24il la mange comment ?
44:25moi je la mange souvent
44:26au trent de mer
44:26avec un bon pain beurre
44:28on l'aime comme ça
44:31quand vous parlez de la chasse
44:32à la pêche
44:33pardon à la sardine
44:34vous dites que c'est une chasse
44:35oui
44:36en fait on se court après
44:38voilà
44:38il y a des bancs de poissons
44:39qui disparaissent
44:40un seul coup
44:41expliquez-nous
44:41en fait la sardine
44:42c'est un poisson bleu
44:43donc un peu comme le thon
44:44le macro lanchois
44:45donc c'est des poissons
44:46qui n'ont pas de vessie natatoire
44:47donc ils sont constamment en mouvement
44:49donc on joue par rapport
44:51par rapport au courant
44:52par rapport au vent
44:53par rapport à la lune
44:53il y a tous ces paramètres là
44:55qui rendent compte
44:55et puis le feeling un peu
44:56l'expérience
44:57il fait qu'on va aller
44:58dans un endroit un jour
44:59et dans un autre endroit
45:00un autre jour
45:00et une fois rentré au port
45:02du coup
45:02vous vendez à qui ?
45:05alors nous
45:05en tant que producteur
45:07on essaye de fixer
45:09un prix
45:09un prix barrage
45:10en fait
45:11par exemple ?
45:12donc aujourd'hui
45:12c'est 80 centimes d'euros
45:15le kilo
45:16800 euros la tonne
45:17Olivier
45:18le prix de la sardine
45:19nous consommateurs
45:20quand on l'achète
45:21sur nos étals
45:23il a bondi
45:24il a bondi
45:25parce qu'en fait
45:26la semaine dernière
45:27beaucoup de grossistes
45:28marais sur la Bretagne
45:29qui ont l'habitude
45:30d'acheter 6-7 tonnes
45:32chaque jour
45:32pas que de la sardine
45:34l'université d'espèces
45:35ne trouvaient plus
45:37qu'une tonne
45:37une tonne et demie
45:38et donc on a vu tout de suite
45:40le prix des poissons
45:41et pas que la sardine
45:42monté en flèche
45:43sur les marchés
45:44mais c'est aussi
45:45une question de diversité
45:46donc en fait
45:47vous vous continuez
45:48à pêcher
45:49mais certains
45:49ont décidé
45:50de rester à quai
45:51parce qu'ils estiment
45:52aujourd'hui
45:52que c'est pas eux
45:54de tamponner
45:54la hausse du prix
45:55de l'énergie
45:56c'est-à-dire de prendre
45:57sur leur coût de production
45:58ce que le prix de marché
45:59ne leur donne pas
46:00et on a une situation
46:02effectivement très tendue
46:03parce qu'on voit bien
46:04que les prix ont monté
46:06de 4-5 euros
46:07pour les consommateurs
46:08on trouve aujourd'hui
46:09du cabio à 30-35 euros
46:11le kilo
46:11je parle même pas
46:12du bar et du turbo
46:12qui deviennent
46:13quasi inaccessibles
46:14et la serline
46:15entre 8 et 10 euros
46:16le kilo à Paris
46:17aujourd'hui
46:18on va rester dans
46:19le monde de la mer
46:20qui nous passionne tant
46:21et qui nous nourrit
46:22merveilleusement bien
46:23grâce à des pêcheurs
46:24comme Gaétan
46:26dans la longue histoire
46:27de la pêche
46:27en Bretagne
46:28il y a eu des pionniers
46:29ça on le sait
46:30mais il y a aussi eu
46:30une pionnière
46:31et vous avez choisi
46:32de nous en parler
46:33c'est notre verre
46:34important de personne
46:39je vais vous parler
46:40d'une femme
46:40qui du haut
46:41de ses 1m50
46:42ça fait sa place
46:42dans un des métiers
46:43les plus rudes
46:44qui soient
46:44je vais vous raconter
46:45l'histoire
46:46de Scarlett Lecor
46:47alors Scarlett
46:48elle est fille
46:48de pêcheur
46:49du Guilvignac
46:50pardon
46:51Guilvignac
46:51c'est bien ça
46:52Bigourden
46:54Bigourden
46:55Bigourden
46:55je suis landaise
46:56je suis un peu loin
46:57de la Bretagne
46:57pardon
47:00dans les années 80
47:02elle est devenue
47:03la première femme
47:03marine pêcheur de France
47:04c'est un métier
47:05qui est très dur
47:06qui est très physique
47:07elle n'était pas attendue là
47:08alors au début
47:09rien n'est simple
47:10elle n'a pas les autorisations
47:11pour naviguer
47:12les banques ne suivent pas
47:13sur le port
47:14il faut faire sa place
47:14les bâtons dans les roues
47:15et même intégrer
47:16le lycée maritime
47:17a été un combat
47:18mais elle s'est accrochée
47:19et ça a été une réussite
47:20puisque depuis 40 ans maintenant
47:22Scarlett
47:23elle part en mer
47:23tous les jours
47:24seule pour partir à la pêche
47:26et Scarlett
47:26elle ne s'arrête pas là
47:27et non
47:28ça ne lui a pas suffi
47:29d'être pionnière
47:30sur la pêche
47:31dans les années 90
47:32elle a pris un nouveau virage
47:33celui des algues
47:34à l'époque où ce n'était pas du tout
47:35la mode
47:36et personne n'y croyait
47:37alors en plus de pêcher
47:38elle cultive
47:39et elle ramasse ses algues
47:40elle les transforme
47:41en produits alimentaires
47:42et elle transmet son savoir
47:44à tous les curieux
47:44qui veulent en savoir plus
47:45sur ce condiment
47:46et aujourd'hui
47:47une autre étape arrive
47:48pour notre amie Scarlett
47:49et oui
47:50et pas des moindres
47:51parce que Scarlett
47:51elle a 70 ans
47:52donc elle prépare la suite
47:53avec son fils
47:54et sa belle-fille
47:55alors elle leur transmet tout
47:56la pêche
47:57les algues
47:58la relation client
47:59mais transmettre
48:00ce n'est pas seulement
48:01apprendre à l'autre
48:02c'est aussi accepter
48:03de laisser la place
48:04et je crois que c'est
48:05un des plus grands challenges
48:06pour tout pêcheur
48:07agriculteur
48:08ou même entrepreneur
48:09qui a dédié sa vie
48:10à son entreprise
48:11alors qui sera là demain
48:13pour reprendre la relève
48:15qui est très tendance
48:16on va le voir tout à l'heure
48:17normalement
48:17vous devez attirer
48:18c'est désirable
48:19c'est sexy
48:19de faire de la sardine
48:20oui mais les enfants aussi
48:21il y a vos enfants
48:22qui sont dans la boucle
48:23j'ai mes deux fils
48:25qui sont en mer avec moi
48:26ils ont envie de continuer
48:28ils ont envie
48:29ils ont l'envie
48:31ils ont la passion
48:32donc c'est top déjà
48:35on va Antoine
48:36Adrien à gauche
48:37Antoine à droite
48:38
48:38enfin Adrien au milieu
48:40et ça vaut pour tout le monde
48:41cette passion de la pêche
48:43je veux dire
48:43est-ce qu'il ne faut pas
48:43être tenu dedans
48:44tomber dedans
48:45c'est un métier difficile
48:46j'étais partie
48:47avec un bateau
48:48de Coquille Saint-Jacques
48:48pour faire un
48:49tu l'as fait ?
48:49oui je suis partie
48:50une grosse
48:51de 4h du matin
48:52à 15h
48:53moi j'ai halluciné
48:54de la difficulté du métier
48:55tu as vomi déjà ?
48:56oui j'ai vomi plusieurs fois
48:58on va pas oublier
48:59de dire toutes les coulisses
49:00mais c'est vrai
49:00que c'est des métiers
49:01qui sont très difficiles
49:02et pour trouver
49:02de la relève évidemment
49:04mais de la main d'oeuvre
49:05aussi pour travailler
49:05sur les bateaux
49:06ça doit être
49:06un sacré sujet non ?
49:08ben ça va
49:08en fait ça dépend
49:09tant qu'on a des quotas
49:10le problème c'est que là
49:11on nous sert la vis
49:11de plus en plus
49:13c'est à dire ?
49:14ben par exemple
49:15je vous donne l'exemple
49:15du macro
49:16il y a 3 ans
49:16je pêchais 100 tonnes
49:19de macro à l'année
49:19et là on me donne
49:21on me donne même pas
49:222 tonnes cette année
49:23en 2026
49:23non on peut pas
49:24200 tonnes ?
49:25donc voilà
49:25comment vous faites ?
49:27pour préserver l'espèce ?
49:28pour reconstituer les stocks ?
49:30apparemment en fait
49:31on a un stock commun
49:33le stock de macro
49:34il part de l'Espagne
49:35et il monte jusqu'à
49:36la mer du Nord
49:37et de là
49:38l'Europe a décidé
49:39avec les campagnes scientifiques
49:40que le stock
49:41est en danger
49:42à côté de ça
49:43on a l'Islande
49:44on a le Royaume-Uni
49:45eux qui vont taper
49:46dedans
49:46sans limite
49:48ah je savais bien
49:49que les anglais
49:49venaient vous embêter
49:50c'est ça
49:51c'est pas la première fois
49:53dans l'équation
49:54donc voilà
49:55on a du chinchard
49:56on en voit plein
49:56il y en a plein à la mer
49:58on a pas le droit de le pêcher
49:58on nous donne 5 tonnes
49:59pour faire l'année
50:00donc c'est dur
50:01de tenir un discours
50:03positif à ces enfants
50:04et aujourd'hui
50:05le papa
50:05alors il encourage
50:06ses enfants
50:07leur disant
50:07à ces deux garçons
50:09il faut quand même
50:09faire attention
50:10parce que c'est un métier risqué
50:11oui on fait attention
50:12après on a des obligations
50:15qu'il n'y avait pas à l'époque
50:16avec les sauvetages
50:18les VFI
50:18les trucs
50:19donc on fait très attention
50:20quand même à ça
50:21et il ne faut pas trop
50:22forcer le temps non plus
50:23quand la nature
50:24voilà
50:24quand il y a vraiment du
50:26il faut être raisonnable aussi
50:28voilà
50:28mais bon c'est toujours pareil
50:29c'est l'envie
50:31on se dit
50:32il y a moins de bateaux
50:32en mer
50:32on va faire l'affaire
50:35on va faire le bon coup
50:36du moment
50:38ou alors on a beaucoup
50:39de charges aussi
50:40et puis on n'a pas le choix
50:41malgré le mauvais temps
50:42il faut y aller
50:42donc on a le banquier aussi
50:44qui nous pousse
50:44qui pousse derrière
50:45justement Gaëtan
50:46vous en sortez
50:48financièrement
50:48vous arrivez en vie
50:50vous avez des salariés
50:52oui
50:52vous y retrouvez
50:54c'est votre activité principale
50:57pour l'instant ça va
50:57mais ça se complique
51:00de plus en plus
51:01et on commence à avoir
51:01la main d'oeuvre étrangère
51:03en fait qu'on n'avait pas
51:04qu'on n'avait pas avant
51:05qu'on ne voyait pas sur les ports
51:07donc on commence à avoir
51:08des indonésiens
51:08en équipage
51:09et tout ça
51:09le styloir
51:10parce que ce sont des marins
51:11pêcheurs
51:12d'Indonésie
51:13nous quand on fait une pêche
51:14au fait
51:15il y a 50% de la pêche
51:17qui va à l'armement
51:18donc au bateau
51:19et à l'armateur
51:20et les autres 50%
51:22au fait
51:23c'est pour l'équipage
51:24et le patron
51:25donc le salaire
51:26est en fonction de la pêche
51:28et aujourd'hui
51:29est-ce que vous payez
51:29variable
51:30donc on peut faire
51:31des très bonnes années
51:31comme des années moyennes
51:33voilà
51:33mais on doit
51:34dans tous les cas
51:34on doit un minimum
51:36un minimum
51:37comme un smig annuel
51:38à nos équipages
51:40et est-ce que vous
51:40on paye
51:41ces gens qui viennent
51:42de l'étranger
51:43de la même manière
51:43qu'on paye
51:44les travailleurs français
51:45justement
51:45en fait
51:46pour pouvoir continuer
51:47je pense qu'on sera obligé
51:48d'avoir cette manoeuvre là
51:50à qui on va donner
51:51un salaire fixe
51:53admettons
51:531500 euros par mois
51:55et puis derrière
51:56on pourra peut-être
51:57payer nos charges
51:58et compagnie
51:58est-ce qu'en termes de pêche
52:00notamment de la sardine
52:01il y a un savoir-faire français
52:01bien sûr
52:02bien sûr
52:03c'est un savoir-faire
52:03qu'on se doit de transmettre
52:05d'ailleurs
52:06donc j'espère que nos politiques
52:08vont tout faire
52:08pour nous décrocher
52:10plus de droits de pêche
52:11et voilà
52:12en plus la ressource
52:13c'est là
52:13donc
52:14la ressource c'est là
52:15les stocks se sont reconstitués
52:16la ressource c'est là
52:17nous on le voit tout l'hiver
52:18mais voilà
52:18c'est important de le dire
52:20parce qu'on a l'impression
52:20quand on écoute
52:23effectivement
52:23aujourd'hui
52:24certains journalistes
52:25ou certains partis politiques
52:27même
52:27que finalement
52:28la ressource est à genoux
52:29et qu'il est urgent
52:30de ne pas pêcher
52:31de ne pas redonner
52:32des quotas de pêche
52:33oui non
52:34après on ne fait plus n'importe quoi
52:35dans les années 80
52:36c'était la kermesse
52:38enfin il y a eu
52:39toutes sortes de choses
52:39qu'est-ce que la kermesse ?
52:40un petit peu
52:41la kermesse
52:41enfin on ne se posait pas
52:43le marin
52:44on ne se posait pas
52:45les mêmes questions
52:46il allait en mer
52:47il pêchait
52:47il mettait sous clé
52:51il était vendu
52:53aujourd'hui nous
52:54on se pose énormément
52:55de questions
52:56tous les 31 décembre
52:57on attend que le coup près tombe
52:59pour savoir qu'est-ce
53:00on va pouvoir pêcher
53:01au 1er janvier à nouveau
53:02donc c'est tous les ans
53:03on n'a pas de visibilité
53:04sur plusieurs années
53:06donc on ne fait plus n'importe quoi
53:08on est très respectueux
53:09de la ressource
53:10mais quand on nous ferme
53:11des quotas
53:12on se retrouve tous
53:13sur des espèces
53:13comme la sardine
53:14qui n'est pas sous quota
53:16donc il y a d'autres métiers
53:17quand on leur coupe
53:19les vannes
53:19sur une espèce
53:20ils vont se rabattre
53:21sur une autre espèce
53:24et ainsi de suite
53:24merci beaucoup Gaëtan
53:26alors on l'a dit
53:26la sardine
53:27c'est un produit phare
53:28de nos assiettes
53:29mais il est aussi
53:30devenu une tendance
53:31moi je ne le savais pas
53:32je l'ai découvert
53:32pour ses bienfaits
53:33qu'il aurait sur notre santé
53:35et surtout sur notre peau
53:36c'est la traîne du moment
53:38sur les réseaux sociaux
53:39regardez
53:40vive la sardine
53:41si vous voulez avoir
53:42une belle peau
53:42mangez des sardines
53:44je vais le répéter plus lentement
53:45si vous voulez avoir
53:45une belle peau
53:46mangez des sardines
53:51bon
53:52il faut que je vous parle de ça
53:53la sardine
53:53c'est vraiment
53:54un produit extraordinaire
53:56une seule boîte de sardines
53:57c'est 125 grammes
53:58de protéines
53:59de haute qualité
54:00ben voilà
54:00ça y est
54:01les influenceurs
54:02aiment la sardine
54:03ça ça peut faire
54:04changer les choses
54:05bouger les lignes
54:06si je puis dire
54:06sans mauvais jeu de mots
54:07vous confirmez que la sardine
54:09est très bonne pour la santé
54:10bourrée d'oméga 3
54:11oui
54:12non non
54:13mangez de la sardine
54:13mangez de la sardine française
54:14surtout
54:15regardez
54:16on a comme une belle peine santé
54:17il a 78 ans
54:20pas un pein de jeu
54:21c'est le soleil du film
54:22c'est ça
54:23bien sûr évidemment
54:24merci beaucoup
54:25d'être venu nous parler
54:27de ce produit passionnant
54:28puis de votre métier
54:29qui n'est pas facile
54:30et que vous faites
54:31avec beaucoup d'amour
54:32d'engagement
54:32et on aime ça
54:33dans VIP
54:34merci encore
54:35juste un petit tour de plateau
54:36pour savoir ce qui vous a marqué
54:37aujourd'hui dans cette émission
54:39ma Louise
54:39moi c'est le débat
54:40avec madame la députée
54:42la difficulté de concilier
54:44économie et environnement
54:45et voilà
54:46de comprendre
54:47que l'agriculture française
54:48c'est travailler le vivant
54:48c'est complexe
54:49notre ami Jean-Baptiste
54:50un peu ces sujets là
54:51oui
54:52ça t'a chauffé
54:53ouais un peu
54:53et en fait
54:54si on veut vraiment avancer
54:55il faut dépasser les caricatures
54:57et avec les agriculteurs
54:58moi je pense très frère
54:59pour les agriculteurs
55:00on a envie d'avancer
55:01on n'est pas plus bêtes
55:02que les autres
55:03par contre
55:03il faut arrêter
55:04les clivages
55:05et les messages
55:07un peu simplistes
55:08qui sont donnés
55:08merci
55:09le message est bien passé
55:10notre ami Gaëtan
55:12moi j'ai rencontré
55:13un producteur de tomates
55:14très sympa
55:14Vincent
55:15donc j'ai bien accroché
55:18et ça m'a
55:19j'ai appris beaucoup de choses
55:20une recette sardine
55:22sardine-tomate
55:23ça peut être pas mal
55:24Antoine
55:24moi pareil
55:25moi j'ai appris quand même
55:26qu'on venait de partout
55:27au monde entier
55:28pour aller visiter Vincent
55:29et notamment
55:30ses serres
55:31et sans zéro
55:32résil de pesticides
55:33qui est visiblement
55:34une fierté internationale
55:35et qu'on se le dise
55:36qu'on se le dise
55:37c'est formidable
55:38et enfin Olivier
55:38pour ma part
55:39c'est une prise de conscience
55:40face aux propos
55:41de Gaëtan
55:42parce qu'il n'est pas possible
55:43aujourd'hui
55:44en 2026
55:46que d'un côté
55:48des hommes
55:49partent à la mer
55:50sans pouvoir
55:51construire à 5-10 ans
55:53des plans d'entreprise
55:54et en se disant
55:55je suis soumis
55:56à un tas d'aléas
55:57et notamment
55:58à des aléas législatifs
55:59européens
55:59qui vont des fois
56:01conditionner finalement
56:02la poursuite
56:03ou la fin de vos entreprises
56:04et ça c'est quelque chose
56:05qui me gêne
56:06merci beaucoup Olivier
56:07merci à tous nos invités
56:09c'est sa première aujourd'hui
56:12le bête de conférence
56:15c'était sa première
56:15j'ai juste terminé l'émission
56:16mais on l'a fait dit bravo
56:17vous l'avez bien descendu
56:18merci à vous
56:19pour votre accueil
56:21merci à vous
56:22et merci à tous ceux
56:23qui ont collaboré
56:24à cette émission
56:25on espère que nos échanges
56:27vous ont nourri
56:28et aux figurés
56:28comme aux propres
56:29et en tout cas
56:30ce qu'on peut dire
56:30c'est que l'agriculture française
56:31n'a pas fini
56:32de nous surprendre
56:33et nous dans VLP
56:34on vous le montre
56:35on vous le prouve
56:36tous les 15 jours
56:37à la même heure
56:38pour un nouveau rendez-vous
56:39c'est le rendez-vous
56:39qu'on vous fixe
56:40et d'ici là
56:41on se retrouve en replay
56:42et sur les réseaux sociaux
56:43de LCP
56:44à très bientôt
56:45merci pour votre fidélité
56:46merci à tous
56:48merci à tous
56:53merci à tous
56:55merci à tous
56:56merci à tous
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