- il y a 2 jours
Cette semaine, on s'enflamme pour Cécile Hernandez ! À 51 ans, elle est devenue à Milan-Cortina double championne paralympique de snowboard cross ! Porte-drapeau de la délégation française lors de ces Jeux Paralympiques 2026, a ainsi remporté sa cinquième médaille paralympique. Elle est un exemple de résilience et de leçon de vie.
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00:00:18Salut tout le monde, j'espère que vous allez bien, je suis très heureux de vous retrouver.
00:00:22C'est parti pour une nouvelle émission et aujourd'hui on s'enflamme pour Cécile Hernandaise.
00:00:27Salut Cécile !
00:00:28Salut !
00:00:28Comment tu vas ?
00:00:29Ça va bien, merci, et toi ?
00:00:31Ça va très bien, installe-toi avec cette bonne musique d'entrée, petite fille de Booba.
00:00:36Ah oui, ça c'est ma chanson, c'est ma playlist ça.
00:00:39On a emprunté ta playlist pour l'émission Cécile.
00:00:42Je te présente pour nos téléspectateurs, nos téléspectatrices, on va voir ton palmarès s'afficher à l'écran.
00:00:48Tu pratiques le parasnowboard et tu as un palmarès dantesque, tout simplement.
00:00:52Cinq médailles paralympiques dont deux en or à Pékin en 2022 et Milan Cortina en 2026.
00:00:57Elles sont là, tu les as ramenées, ces belles médailles.
00:01:00Cinq titres de championnes du monde, deux en banque slalom en 2015 et 2019, et trois en cross 2019, 2022
00:01:06et 2025.
00:01:07Et ajouté à ça, onze globes de cristal.
00:01:11Bon, Cécile, voilà, un palmarès dingue, on va en parler à chaque médaille, à une histoire particulière.
00:01:16On va revenir, alors pas sur toutes les médailles parce qu'on n'a pas non plus quatre heures d
00:01:19'émission,
00:01:20mais on va essayer de faire le maximum.
00:01:21Avant de débuter cette émission pour poser les bases, pour ne perdre personne,
00:01:25est-ce que tu peux nous expliquer, Cécile, la différence entre le snowboard cross et le banque slalom ?
00:01:30Alors, le snowboard cross, on est un départ à quatre.
00:01:33Après avoir fait un training toute seule, qui va nous placer dans un tableau, on a un départ à quatre.
00:01:40Et après, c'est un tracé assez engagé.
00:01:43On l'a vu sur les Oli, à Milan Cortina, il n'était pas très engagé.
00:01:46Par contre, le nôtre était très engagé.
00:01:48Avec des bosses, des virages relevés, des gros sauts, des rollers.
00:01:52Et c'est le ou la première des quatre arrivés en bas qui a gagné.
00:01:55Mais le banque slalom, par contre, on est un par un et des virages relevés sans les bosses.
00:02:01Et ces deux chronos, c'est un peu moins ma discipline.
00:02:05Mais voilà, il y a une grosse différence de technicité et d'engagement entre les deux disciplines.
00:02:10Avant de se lancer pleinement, la question rituelle de l'émission, vous en avez l'habitude.
00:02:14La dernière fois que tu t'es enflammée, Cécile, pas forcément sur une planche de snow dans la vie de
00:02:17tous les jours ?
00:02:19La dernière fois, samedi soir, sur une piste de bowling.
00:02:25Alors, ce n'est pas du tout mon truc.
00:02:26Ça m'énerve d'être aussi nulle en bowling.
00:02:29Donc, je me suis enflammée.
00:02:30En me régalant, je me suis enflammée parce que la compétitrice est ressortie.
00:02:34Parce qu'à la fin, j'ai fini par essayer de demander les barrières tellement que j'étais nulle.
00:02:38Alors, je ne suis pas du tout bon en snowboard.
00:02:40Par contre, en bowling, je ne suis pas mal.
00:02:41Je pourrais essayer d'en faire un tous les deux, un petit défi.
00:02:44Mais moi, je ne me suis pas assez enflammée aujourd'hui encore, Cécile.
00:02:47Donc, je te propose qu'on le fasse tous les deux.
00:02:48Avec plaisir.
00:02:49Allez, c'est parti.
00:02:49On va allumer le feu.
00:02:55Je dois dire que je suis un petit peu déçu.
00:02:57Tu m'avais dit que tu chanterais Johnny Hallyday.
00:02:59Ce n'est pas grave.
00:03:00Peut-être un peu plus tard dans l'émission.
00:03:02Cécile, toi, tu as toujours été une grande sportive.
00:03:04Tu as commencé par le BMX à très, très haut niveau, au niveau international.
00:03:08Tu as découvert aussi le snow à Tignes, au Val-Claré, exactement.
00:03:13Exact.
00:03:14Est-ce que tu peux me raconter un peu ta première rencontre avec cette discipline ?
00:03:17Ça a été le coup de cœur immédiat ?
00:03:19Oui.
00:03:20Alors, déjà, moi, je viens du BMX et je cherchais, quand j'en ai eu marre, après
00:03:24dix ans de faire du BMX, je me suis dit qu'est-ce que je pouvais faire comme sport,
00:03:29qui me rappelait le BMX, mais qui m'amènerait quand même un vent de nouveautés.
00:03:34Et habitant dans les Pyrénées, je me suis dit, l'hiver, je faisais déjà du ski
00:03:37depuis très longtemps.
00:03:38Je me suis dit, l'hiver, potentiellement, si on m'apprend, je pourrais faire du snowboard.
00:03:41Et j'avais un petit copain qui faisait du snowboard et il m'a proposé, on était
00:03:47quatre amis, on lui a proposé de partir essayer le snowboard au Val-Claré à Tignes.
00:03:52Et ça a été…
00:03:53Bon, ça fait mal.
00:03:54Ça a été plutôt des coups partout avant d'être un coup de cœur.
00:03:58Mais oui, forcément, je retrouvais l'adrénaline, la piste, l'engagement, la pente et tout
00:04:04ça, donc ça m'a plu et pour dire, l'autre personne qui a débuté en même temps que
00:04:09moi est aussi aujourd'hui préparateur physique de l'équipe de France de Rugby A15.
00:04:14Donc, comme quoi, c'est vraiment, on est deux personnes engagées dans ce qu'on fait
00:04:18et lui, il l'a mis dans le rugby, moi, dans le snowboard en compétition.
00:04:21En tout cas, à cette époque-là, tu mènes une vie remplie de projets, t'es hyper
00:04:25épanouie dans ton sport, dans le milieu pro et perso.
00:04:29Et puis, un jour, tout bascule.
00:04:31Le 21 octobre 2002, tu te réveilles avec les membres inférieurs paralysés.
00:04:36Après quatre jours d'hospitalisation, le diagnostic tombe, la sclérose en plaques.
00:04:40Alors, la sclérose en plaques, à cette époque, on n'en parlait pas énormément.
00:04:43Je crois même que toi, tu pensais que c'était une maladie de peau au départ.
00:04:45– Oui, complètement.
00:04:46En fait, moi, je me réveille totalement paralysée.
00:04:51Je passe quatre jours totalement immobile dans un lit d'hôpital
00:04:55à être baladée de service en service.
00:04:59Et le jeudi, il y a un médecin qui va venir et qui va me dire
00:05:02« Vous avez une sclérose en plaques ? »
00:05:03Je ne comprends pas, je ne sens toujours pas mes jambes.
00:05:05Moi, je ne retiens que le mot « plaques ».
00:05:07Et je me souviens que quand je faisais du BMX,
00:05:09j'avais un copain qui avait des grosses plaques sur la peau,
00:05:12qu'on appelle aujourd'hui du vitiligo.
00:05:14Eh bien, je pensais que c'était ça.
00:05:16Et je ne comprenais pas non plus en quoi des plaques sur ma peau,
00:05:20que je ne voyais pas, pouvaient m'empêcher de marcher.
00:05:23En fait, c'était l'inconnu complètement.
00:05:26Et de me dire « Je ne comprends surtout pas pourquoi je ne marche pas,
00:05:33pourquoi je ne ressens rien. »
00:05:34J'ai passé quatre jours à me mettre des coups de fourchette,
00:05:36des coups de brosse à cheveux dans les jambes, sans rien ressentir.
00:05:39Et ça a été quelque chose de terrible de basculer dans ce monde de l'immobilisme,
00:05:43puis du handicap.
00:05:44Oui, parce qu'on explique quand même, pour nos téléspectateurs,
00:05:46la sclérose en plaques, elle survient lorsque le système immunitaire
00:05:50attaque par erreur la myéline.
00:05:51Donc, c'est la gaine protectrice des nerfs.
00:05:54Et donc, forcément, ça perturbe la transmission des informations
00:05:56entre le cerveau et le corps.
00:05:57Exactement, oui.
00:05:58Voilà.
00:05:59Donc, tu l'as dit, je le vois, et puis on a eu le temps de discuter
00:06:02un petit peu avant l'émission.
00:06:03Cécile, tu es une femme solaire, pétillante, plein de vie,
00:06:06plein de positivité.
00:06:08À ce moment-là, tout s'effondre ?
00:06:11On ne voit que du noir ?
00:06:12On ne voit que du noir ?
00:06:13C'est les ténèbres.
00:06:15En fait, j'ai longtemps cru que j'étais dans un cauchemar
00:06:20et que ce n'était pas ma vie.
00:06:21Tu allais te réveiller.
00:06:22Oui, que j'étais en train de regarder ce qui se passait de haut
00:06:27et ce n'était pas moi parce que la veille, je marchais,
00:06:30tout allait bien, j'étais hyper sportive.
00:06:32J'étais hyper sportive et d'un seul coup, tu te réveilles,
00:06:34tu ne marches plus, on te dit que ta vie, ça va être un fauteuil roulant,
00:06:38qu'on ne sait pas trop si tes jours sont comptés
00:06:40et combien il te reste d'années à vivre.
00:06:43Donc, du coup, je plonge dans des ténèbres,
00:06:46dans la noirceur d'un quotidien terrible.
00:06:49Et j'ai des idées noires, vraiment très, très noires
00:06:51parce que moi qui suis hyper indépendante,
00:06:54j'ai basculé dans un monde où j'étais arrivée à une sonnette
00:06:59pour aller aux toilettes, pour manger, complètement assister,
00:07:02alors que j'ai toujours prôné ce côté très girl power et indépendante
00:07:07et avec un corps surtout qui est obéissant.
00:07:10Et là, il n'était plus du tout.
00:07:11Est-ce que la rose en plaques, ça t'a évidemment changé physiquement ?
00:07:14Est-ce qu'au niveau de ton comportement aussi,
00:07:16cette forme d'injustice qui tombe dessus comme ça,
00:07:19est-ce que ça t'a changé ? Est-ce que tu es devenue différente
00:07:22dans ta façon d'être avec les autres ?
00:07:24– Alors, ça m'a changé vraiment radicalement dès le début.
00:07:29J'ai tellement pleuré et crié, être en colère.
00:07:34Et je me suis dit, mais pourquoi ?
00:07:37Et vraiment, j'ai passé énormément…
00:07:39– Pourquoi moi ?
00:07:40Je voyais ma maman aussi à côté de moi qui se disait, mais pourquoi ?
00:07:44J'entends des phrases de maman dire,
00:07:46elle a toujours fait du sport, elle ne sort pas,
00:07:49que c'était super injuste.
00:07:50Et ça a un peu nourri ce sentiment d'injustice de la vie.
00:07:55Et au final, je me suis renfermée sur moi-même énormément.
00:08:00J'ai eu des idées très noires et très sombres.
00:08:02J'ai voulu en finir et tout.
00:08:04Je me suis dit, mais moi, je ne veux pas vivre cette vie.
00:08:06On ne sait pas de quoi est fait demain.
00:08:08On n'a pas de traitement.
00:08:09C'est une maladie aujourd'hui qui était déjà il y a 23 ans
00:08:12et qui aujourd'hui l'est toujours.
00:08:14C'est une maladie incurable, grave et dégénérative,
00:08:17et neurodégénérative.
00:08:18Et du coup, je me suis dit, mais moi, je ne veux pas de tout ça.
00:08:20Et surtout, j'étais avec quelqu'un qui m'avait rencontrée
00:08:24complètement valide, complètement dynamique et tout,
00:08:27indépendante.
00:08:28Tout ce que j'ai toujours voulu cocher dans mon profil de vie
00:08:33était à ce moment-là activé.
00:08:35Et je le voyais.
00:08:36Il était là à me laver, à m'amener aux toilettes,
00:08:40à me porter pour me sortir d'une voiture,
00:08:42à déplier un fauteuil roulant.
00:08:43Je voyais maman qui galérait à charger.
00:08:45Je dis, mais tout ça, je n'en veux pas pour moi
00:08:47et je ne veux pas le faire subir aux autres.
00:08:48Donc du coup, je me suis vraiment dit, je vais en finir.
00:08:52Je ne veux pas vivre cette vie.
00:08:54Et puis, j'ai trouvé une espèce de thérapie
00:08:59ou une espèce d'exutoire dans l'écriture.
00:09:02Ça m'a fait beaucoup de bien,
00:09:03parce que j'étais en centre de rééducation,
00:09:04je ne voulais parler à personne.
00:09:05Je passais 16 mois en centre de rééducation,
00:09:08je ne voulais parler à personne.
00:09:10Et au final, la maladie s'est aggravée.
00:09:12J'ai fait 7 poussées en 3 ans.
00:09:14C'est des crises.
00:09:15Et en 2005, j'en ai fait une autre terrible
00:09:17qui m'a permis à la fois de mettre une personne sur mon chemin
00:09:20qui a été inquinée et qui a bien compris
00:09:23comment il fallait me parler,
00:09:25bien compris que j'avais un sale caractère
00:09:26et qu'il fallait aller puiser dans ce sale caractère
00:09:29parce que c'était tout ce sale caractère
00:09:31que j'avais utilisé.
00:09:33Entre guillemets, sale caractère.
00:09:34Oui, je n'avais pas envie.
00:09:35Je n'avais pas envie de me laisser abattre
00:09:37après avoir décidé de ne pas en finir.
00:09:39Quelque part, c'est dur ce que je dis.
00:09:41Mais je me suis dit, non, non, je ne veux pas en finir.
00:09:43On n'a qu'une vie et je vais me battre.
00:09:45Et ce qui naît, Claude m'a énormément aidée
00:09:48à accepter mon quotidien avec la scéros en plaques
00:09:50et à retrouver une part d'autonomie.
00:09:52La force, tu l'as trouvée dans l'écriture, tu l'as dit.
00:09:55Tu l'as trouvée aussi dans la maternité.
00:09:57Puisqu'en 2007, tu donnes naissance à ta fille,
00:09:59Victoire et Léonore.
00:10:00Je sais en plus qu'avant la maladie,
00:10:03ce n'était pas un projet d'avoir un enfant.
00:10:04Pas du tout, même.
00:10:05Pas du tout.
00:10:06Et justement, quand tu me demandais
00:10:07si la maladie m'avait changée,
00:10:09elle te change du tout.
00:10:13Et justement, avant d'être malade,
00:10:16je n'avais pas d'enfant, vraiment.
00:10:17Pourquoi ?
00:10:18Tu voyais ça comme un frein à tout ce que tu me laissais à côté ?
00:10:20Un peu, oui.
00:10:21Mes parents avaient divorcé.
00:10:24Même si mes parents s'entendaient très bien
00:10:25et je n'ai jamais souffert de ça,
00:10:27mais je n'avais pas envie.
00:10:28Je n'avais pas envie de reproduire potentiellement.
00:10:30Chez moi, on ne sait jamais ce qui peut se passer.
00:10:32Et finalement, quand j'ai rencontré le papa de ma fille,
00:10:39il a été très présent quand j'étais très malade.
00:10:42Très, très, très malade et très faible, très affaiblie.
00:10:46Et il m'a dit, écoute,
00:10:48il m'a aidée à comprendre aussi le sens de la vie,
00:10:53que j'avais retrouvé de l'autonomie,
00:10:55que j'étais sûre que ma maladie n'était pas héréditaire
00:10:57ou génétique,
00:10:58donc je ne pouvais pas la transmettre de fait à ma fille.
00:11:02Et à partir de là, on s'est dit,
00:11:04pourquoi pas, on va se marier,
00:11:05pourquoi pas faire un bébé ?
00:11:07Et ça n'a pas été simple.
00:11:09C'est pour ça qu'elle porte ce prénom.
00:11:11Ça n'a pas été simple parce que mon système hormonal,
00:11:14deux tiers des malades sont des femmes,
00:11:15donc on sait qu'il y a un facteur hormonal
00:11:17dans la sclérose en plaques.
00:11:18Et donc mon système hormonal ne fonctionnait pas bien.
00:11:20Et j'ai mis un petit moment à avoir Victoire et Léonore,
00:11:23d'où le fait qu'elle s'appelle Victoire.
00:11:25Et après, j'ai rajouté un prénom composé
00:11:27pour que ça adoucit un peu le truc.
00:11:28Mais je ne voulais pas d'enfant.
00:11:31Et là, aujourd'hui, je suis maman et je suis très fière de tout.
00:11:33Et on va en reparler dans cette émission de ta fille
00:11:35qui est très importante pour toi, Cécile.
00:11:38Alors, la sclérose en plaques est un handicap invisible.
00:11:40On a tendance à retenir le mot invisible
00:11:43et à oublier qu'avant ce mot-là,
00:11:45il y a le mot handicap.
00:11:46Toi, tu te bats au quotidien pour que cette maladie soit reconnue,
00:11:51soit comprise davantage aussi parmi tous les gens.
00:11:54Il y a une femme, alors que tu n'as jamais rencontrée,
00:11:57qui s'appelle Clémence et qui a voulu te laisser un petit message.
00:12:00Elle est atteinte également de sclérose en plaques.
00:12:02Écoute-la, Cécile.
00:12:04Hello, Cécile.
00:12:05Ça fait maintenant plusieurs années que je te suis,
00:12:08depuis que j'étais moi-même diagnostiquée de la sclérose en plaques.
00:12:11Je voulais, par ce message, te remercier.
00:12:14Merci pour tout ce que tu montres au quotidien,
00:12:16ta force, ta détermination et ta résilience.
00:12:19C'est vraiment une grande source d'inspiration pour beaucoup.
00:12:22Pour moi, en tout cas, ça l'est.
00:12:24Donc voilà, je voulais te dire merci pour tout ça
00:12:26et bravo pour tout ce que tu accomplis.
00:12:29Clémence, elle te suit beaucoup sur les réseaux sociaux
00:12:31et tu es une source d'inspiration pour elle.
00:12:34C'est trop mignon, ça me touche.
00:12:35Ça me touche parce que autant je prends des scudes
00:12:40et je me suis fait harceler sur les réseaux pour ce que je montre,
00:12:43parce qu'on dit que je ne suis pas vraiment handicapée.
00:12:48Autant, il suffit d'avoir un message comme ça
00:12:51et tu te dis que tu as réussi ton combat.
00:12:54Et moi, ça me fait du bien, ça me fait plaisir.
00:12:56Donc merci Clément, c'est incroyable.
00:12:59Moi, c'est pour ça que je me bats, c'est pour ça que je me lève,
00:13:03c'est pour ça que j'ai des objectifs à la fois sportifs,
00:13:06mais aussi humains, parce que je sais que des gens se font malmener
00:13:12par rapport au fait que notre handicap, notre maladie n'est pas toujours visible.
00:13:15Autant il y a des troubles visibles,
00:13:16il y en a d'autres troubles qui sont beaucoup plus invisibles.
00:13:20En tout cas, quand on passe 24 heures avec moi,
00:13:22on voit rapidement qu'il y a quand même des troubles invisibles
00:13:25qui deviennent vite visibles.
00:13:27Et je traîne la jambe, mes mains ne fonctionnent pas très bien,
00:13:31je me fatigue vite, je ne marche pas bien, je ne marche pas droit,
00:13:33plein de choses.
00:13:33Mais je n'ai personne à se justifier.
00:13:36Les gens ne savent pas ce qu'on vit à l'intérieur.
00:13:38Et pour moi, c'est hyper important de me servir de ma petite notoriété
00:13:43pour pouvoir aider d'autres personnes.
00:13:46Je trouve ça complètement injuste quand des gens m'écrivent,
00:13:49en me disant, voilà, on a une canne et on est obligés de la plier
00:13:52à l'entrée de la porte de l'entreprise parce que sinon,
00:13:55on a peur de se faire critiquer ou de se faire mettre au placard.
00:13:59Donc moi, je ne peux pas vivre en entendant des choses comme ça.
00:14:03Donc c'est pour ça que je me bats.
00:14:04Et le sport m'aide à me battre pour ça aussi.
00:14:06– Un long combat, mais je sais que tu le mènes avec beaucoup de conviction.
00:14:10Il faut continuer ça, évidemment.
00:14:12On va continuer, nous, justement, à retracer ton parcours.
00:14:15Cécile, faire le deuil du sport, ça a été super compliqué.
00:14:18Mais tu as trouvé une alternative, c'est le vivre par procuration.
00:14:21Puisqu'il faut le savoir quand même, tu as été journaliste pour le groupe Figaro
00:14:25et tu as couvert les Jeux paralympiques de Londres en 2012.
00:14:29Raconte-moi cette expérience.
00:14:30Moi, je l'ai vécue avec Paris.
00:14:32Tu découvres un peu cet univers paralympique.
00:14:35Est-ce qu'à ce moment-là, grande sportive que tu as été, ça te donne envie ?
00:14:39Tu te dis, peut-être qu'un jour, j'aimerais bien être comme eux ?
00:14:41Ou pas du tout à ce moment-là ?
00:14:42– Non, non, pas du tout.
00:14:44En fait, j'étais chroniqueuse en radio.
00:14:47Et arrivent les Jeux de Londres.
00:14:49Et là, je me dis, mais Londres, j'habitais Paris.
00:14:51Arrivent les Jeux de Londres, je me dis, qui va parler de cette délégation
00:14:56qui va compter 144 athlètes ?
00:14:58Et je m'intéresse un peu.
00:14:59On est au mois de juin.
00:15:00Les Jeux ont lieu en août.
00:15:02Je m'intéresse un peu à tout ça.
00:15:03Et je me rends compte que personne n'a de grands projets.
00:15:07Et du coup, je vais taper à la porte de grands groupes.
00:15:09Et en leur disant, vous savez, il va y avoir une délégation de 144 athlètes
00:15:13qui va partir, qui va porter les couleurs de la France.
00:15:15Qu'est-ce que vous comptez faire ?
00:15:15On ne compte pas faire grand-chose.
00:15:17Et là, je propose un plan média et d'aller sur place.
00:15:21Donc, je vais aller sur place.
00:15:22Mais à aucun moment.
00:15:24Alors, moi, je suis avec mes cannes et ma béquille.
00:15:27J'ai deux cannes.
00:15:29Et à aucun moment, je me dis, un jour, je pourrais vivre ça.
00:15:32Aujourd'hui, on m'a tellement matraqué ce deuil du sport.
00:15:36Pour toi, c'est bon, c'était arrangé, fini, le sport s'est terminé.
00:15:39Et en fait, le chemin de deuil est tellement important à faire et lourd à faire
00:15:44qu'une fois que tu as refermé le livre de ta vie d'avant,
00:15:48c'est plus douloureux de raviver les cicatrices.
00:15:52Donc, pour moi, non.
00:15:54Moi, le coup, c'est de dire, je vais vivre le sport en mettant en lumière des athlètes
00:16:00que finalement, la presse n'a pas l'intention de mettre en lumière.
00:16:02Et c'est mon combat, ça va être mon sport.
00:16:07Et je me retrouve à Londres, fascinée par la diversité des athlètes,
00:16:13par la richesse, par les émotions.
00:16:16Mais je les prends en pleine face en tant que journaliste,
00:16:19mais en tant qu'enseigne sportive.
00:16:20Mais jamais je me dis, tu vois, il y a une catégorie neuro en athlète,
00:16:26jamais je me dis, ou en natation, jamais je me dis, je vais aller faire ci, ça et ça.
00:16:31Non, parce que moi, je suis, déjà, je suis une sportive de sport extrême,
00:16:36BMX, snowboard, et je ne m'imagine pas dans ces sports-là.
00:16:40Et de toute façon, on m'a dit qu'il fallait faire une croix,
00:16:41donc ma croix, elle est faite et on ne va pas rouvrir le chapitre,
00:16:44on va le vivre différemment.
00:16:45Et pourtant, et pourtant, une rencontre va tout changer en décembre 2013.
00:16:49Alors, tu pars faire un reportage à Valmorel et tu croises la route
00:16:53d'un parasnowboarder qui prépare à ce moment-là le jeu paralympique de Sochi.
00:16:56Cet homme, c'est Patrice Baratero.
00:16:58Il t'explique qu'on peut faire du snow avec un handicap au moment où il te dit ça.
00:17:03Parce que tu l'as dit, le chemin pour faire le deuil du sport est long,
00:17:06mais toi, voilà, tu avais une croix dessus, le sport, c'était rangé de côté.
00:17:10Quand Patrice ravive la flamme, qu'est-ce qui se passe en toi, Cécile ?
00:17:14Alors, au début, je me suis dit un peu lol, quoi.
00:17:18Je me suis dit… En plus, il me dit, ah mais t'as un handicap,
00:17:23tu faisais du snowboard avant, il me dit, c'est génial.
00:17:25Non, on m'a juste dit deuil, deuil, deuil, deuil, deuil, deuil.
00:17:29Et là, t'as un mec du sud qui débarque et qui te dit, c'est génial.
00:17:33Et là, je me dis, bon, blablabla.
00:17:35Et je lui dis, viens, on fait l'interview, on en parlera après.
00:17:38Il me dit, non, non, l'interview, on va le faire.
00:17:40Tu vas aller prendre une planche de snowboard, on va le faire sur les télésièges.
00:17:43Et là, je lui dis, mais je ne sais plus faire de snowboard.
00:17:46Je ne savais presque plus marcher.
00:17:50Je lui dis, j'ai des troubles d'équilibre, je n'ai pas de force dans les jambes.
00:17:53Il me dit, non, mais je vais te réapprendre à faire du snowboard.
00:17:56Et effectivement, il va prendre le temps.
00:17:58Il a cette passion et cette patience pour le parasnowboard.
00:18:02Lui, il a amputé de la jambe et ça va être incroyable.
00:18:07Je vais énormément pleurer d'émotion et de joie de vivre cette sensation avec lui
00:18:13et cette reprise du snowboard.
00:18:14Alors qu'on m'avait dit que c'était mort et enterré et qu'il ne fallait absolument pas y
00:18:18compter.
00:18:19Et je n'y comptais pas.
00:18:20Puisqu'en plus, le snowboard rentre au Jeu Paralympique de Sochi.
00:18:23J'aurais pu me dire, mais pas du tout, à aucun moment.
00:18:26Ça me traverse l'esprit, mais pas du tout.
00:18:28Il y a un truc qui est dingue aussi, Cécile, c'est que Patrice, il te dit, il te regarde
00:18:32dans les yeux,
00:18:33il te dit, un jour, tu pourrais, toi, être médaillée…
00:18:36D'argent, en plus, il me dit.
00:18:37Voilà, médaillée d'argent aux Jeux Paralympiques.
00:18:39Moi, j'ai envie de dire, Patrice, le visionnaire, puisque tu vas te lancer dans l'aventure
00:18:43et tu remportes la médaille d'argent au snowboard cross en catégorie LL1
00:18:47aux Jeux Paralympiques de Sochi.
00:18:49Alors, je répète, après trois mois de pratique, seulement, ça paraît dingue d'un regard extérieur
00:18:55à ce que toi, à ce moment-là, quand tu la décroches, cette médaille, tu te dis aussi,
00:18:58mais attends, ça fait trois mois que je suis sur un snow version handi et je suis médaillé Paralympique.
00:19:04Après, on a mis les moyens en trois mois.
00:19:07À partir du moment où Patrice a envoyé cette vidéo à l'équipe de France
00:19:11et que l'équipe de France a dit, pourquoi pas l'amener en Coupe du Monde,
00:19:15dans le Colorado un mois après, puis au jeu trois mois plus tard,
00:19:22je n'ai fait que m'entraîner, je n'ai fait que faire…
00:19:24C'était génial, mais c'était génial de refaire du snowboard que du snowboard que du snowboard.
00:19:29– Tu revis à ce moment-là, vraiment ? C'est une renaissance ?
00:19:31– Oui, c'est une renaissance, mais en fait, je ne m'imagine pas un départ de course,
00:19:39je ne m'imagine pas un départ de mondiaux.
00:19:43Tout ce que je me dis, c'est que du bonus,
00:19:46parce qu'en fait, j'ai appris à apprécier avec cette maladie,
00:19:51avec ce qui s'est passé, avec ces deuils,
00:19:53j'ai appris à apprécier énormément tout ce que je vis.
00:19:57Là, je me retrouve dans le Colorado, je n'étais jamais allée aux Etats-Unis,
00:20:00je me retrouve dans le Colorado à faire un départ de Coupe du Monde,
00:20:03et puis trois mois plus tard, je me retrouve au départ des Jeux,
00:20:05je me dis, mais même si je ne gagne rien, j'ai déjà gagné, j'ai déjà tout gagné.
00:20:10– Ah oui, et du coup, là, quand je me retrouve au départ des Jeux,
00:20:16je me dis, mais c'est une folie, c'est une dinguerie,
00:20:19ce qu'il est en train de se passer, et tout ça sans pression.
00:20:21Même si j'ai envie de me dire, bon, je peux faire un petit exploit,
00:20:24parce que là, je suis dans une espèce de tourbillon,
00:20:28de cercle hyper vertueux et tout, je me dis, il peut se passer des choses,
00:20:32parce qu'on a quand même mis les moyens,
00:20:33on s'est vraiment entraîné trois mois,
00:20:36trois mois, et où il y avait Luc Alfon, on s'entraînait un cerf-chevalier,
00:20:39Luc Alfon venait, je disais, mais tu sais, Luc, j'ai un peu la pression.
00:20:42Ah, la pression, ça se boit, il me disait.
00:20:46Écoute, j'espère que j'en boirai une après les Jeux,
00:20:48mais je me souviens toujours de Luc Alfon, quand il était bienveillant,
00:20:52super drôle à me dire, mais tout ce que tu vis, c'est que du plus,
00:20:55mais moi, c'est que du plus.
00:20:57Et au final, je vais décrocher cette médaille d'argent,
00:21:01et là, je trouve ça complètement une folie, une dinguerie,
00:21:05où ma fille, tu vois, en trois mois, il a fallu réorganiser toute sa vie.
00:21:10Donc elle a sept ans à ce moment-là ?
00:21:11Elle a six ans et demi, elle aura sept ans en septembre 2014,
00:21:16je me viens de me séparer de son papa, donc du coup, va organiser,
00:21:21on est tous les deux à Paris, j'habite loin des montagnes,
00:21:24va organiser cette vie de couple, de famille aussi.
00:21:29Lui, il a été absolument génial, il m'a dit, mais t'inquiète,
00:21:33vis ton rêve, vis ta vie, là, que tu es en train de vivre,
00:21:35c'est absolument fabuleux.
00:21:36Et moi, je le gère, Victoire et Léonor, il me dit,
00:21:39c'est un peu précipité, les visas, les machins,
00:21:40on ne pourra pas venir en Russie, mais c'était une folie, une folie.
00:21:44– Oui, d'expérience paralympique, sans même parler de la compétition,
00:21:48juste le village, tu découvres tout ça aussi.
00:21:52– Oui, je le découvre, et j'arrive sans pression,
00:21:55parce que tu ne peux pas te mettre une pression,
00:21:58c'est hyper prétentieux de se mettre une pression,
00:22:00alors qu'il y a des filles qui préparent ça depuis quatre ans,
00:22:04de se dire, je vais briller avec trois mois de préparation, d'entraînement.
00:22:09– C'est la seule édition, finalement, tu n'avais pas de pression.
00:22:11– Non, oui, c'est la seule édition, oui.
00:22:14Et là, je me dis, au final, cette no pressure, comme je dis,
00:22:19c'est d'être arrivée, comme ils m'ont surnommée,
00:22:22le Kinder Surprise qui sort de mi-part, j'ai eu une bipartite,
00:22:25j'ai eu une wild card pour aller au jeu,
00:22:26donc du coup, je n'avais pas les points, j'ai eu une wild card
00:22:29qui m'a permis d'avoir une place supplémentaire
00:22:31pour la délégation française,
00:22:34donc la délégation a été annoncée le 10,
00:22:37je ne suis pas sur la liste, forcément,
00:22:38mais je le serai deux jours plus tard,
00:22:41et à partir de là, c'est ce tourbillon d'énergie positive
00:22:45qui m'a nourri et qui m'a fait aller décrocher cette médaille,
00:22:48qui est complètement dingue.
00:22:50– Et ce tourbillon d'énergie positive, il ne va pas s'arrêter là,
00:22:53puisque quatre ans plus tard, tu remportes deux médailles,
00:22:56le bronze en crosse et l'argent en banque slalom
00:22:58aux Jeux Paralympiques de Pyeongchang en 2018.
00:23:01Alors l'argent, le bronze, il reste l'or.
00:23:04L'or, et là, on va ouvrir un gros dossier,
00:23:06Cécile, un dossier complexe Pékin 2022.
00:23:10C'est ton moment, on se dit tous,
00:23:11bon là, Alva allait décrocher cette médaille d'or,
00:23:14tout est difficile.
00:23:15Avant les Jeux, ta catégorie LL1 est supprimée,
00:23:19tu demandes à être surclassé dans une catégorie
00:23:21où les athlètes ont un handicap plus léger,
00:23:23moins lourd que le tien.
00:23:24Ta demande, elle est acceptée,
00:23:26mais quelques semaines plus tard,
00:23:27le comité international paralympique revient sur sa décision,
00:23:31refuse ta participation à seulement deux mois des Jeux.
00:23:34Alors dit comme ça, ça paraît dingue.
00:23:36Ça a été une période, j'imagine,
00:23:38ultra stressante et anxiogène, Cécile.
00:23:39Horrible.
00:23:40C'est l'ascenseur émotionnel où une semaine sur deux,
00:23:43tu as un oui, une semaine sur deux, tu as un non,
00:23:45mais va continuer de t'entraîner, te motiver.
00:23:48Moi, je croyais, je crois en mon énergie,
00:23:51je crois en une belle étoile qui va y sur moi.
00:23:55Tu t'es toujours dit, je vais aller faire ces Jeux,
00:23:56je vais y participer.
00:23:57J'ai toujours cru parce que je me dis,
00:23:59le sport, la loi du sport doit parler.
00:24:03Moi, je demande, j'ai un handicap qui est lourd
00:24:05où tout mon corps est impacté,
00:24:06je demande à aller courir avec des filles
00:24:08qui ont un handicap moins important que le mien.
00:24:11Donc, je ne vois pas pourquoi,
00:24:12surtout qu'ils nous testent pour voir
00:24:14si on n'est pas dangereuse pour nous
00:24:16ou dangereuse pour les autres.
00:24:17Ils nous testent, ils nous font rentrer en Coupe du Monde.
00:24:20De là, je gagne toutes les Coupes du Monde.
00:24:21Et à partir du moment où j'ai gagné,
00:24:23j'ai été un problème.
00:24:24Avant d'avoir gagné ces Coupes du Monde,
00:24:25je n'étais pas un problème.
00:24:27À partir du moment où j'ai gagné ces Coupes du Monde,
00:24:28je suis devenue un problème.
00:24:30Je gagnais les Championnats du Monde,
00:24:31j'étais devenue un plus gros problème.
00:24:34Des nations ont carrément dit
00:24:35qu'elles ne voulaient pas de moi
00:24:37dans cette compétition.
00:24:38Et j'y ai cru.
00:24:40Mais ce qui m'a déçue,
00:24:42c'est de devoir passer par décrocher.
00:24:46J'avais les points,
00:24:46puisque j'étais en Coupe du Monde.
00:24:47C'est de devoir décrocher ma place au tribunal, en fait.
00:24:51– Oui, une procédure judiciaire en Allemagne.
00:24:53J'ai dû mener.
00:24:54– Oui, j'ai perdu.
00:24:59Pour moi, j'ai perdu, finalement,
00:25:01mon avocat y a cru,
00:25:02j'ai pris un avocat,
00:25:03ça m'a coûté très, très cher.
00:25:04– Oui, j'imagine.
00:25:04– Très, très, très, très cher.
00:25:06Surtout que c'était en Allemagne
00:25:07et c'était compliqué pour moi
00:25:09parce qu'il parlait en allemand,
00:25:11il ne parlait pas en anglais.
00:25:12En anglais…
00:25:13J'ai fait confiance à mon avocat
00:25:15et mon avocat y a cru.
00:25:18Et on a su,
00:25:19je me souviens toujours,
00:25:20c'était le mercredi 16 février,
00:25:23on était en train de regarder
00:25:25Titanic avec ma fille
00:25:27et mon téléphone vibre
00:25:29et elle me dit
00:25:30« Maman, tu as un message WhatsApp ? »
00:25:31Je lui dis « Ben, regarde. »
00:25:32Elle me dit « Maman,
00:25:33il y a un monsieur avec des lunettes
00:25:34qui fait comme ça
00:25:35sur une photo WhatsApp. »
00:25:37Et là, je dis
00:25:39« Ah, donne-moi le téléphone. »
00:25:40Et regarde,
00:25:40c'était mon avocat
00:25:41et mon avocat qui me dit
00:25:43« C'est bon, on y va. »
00:25:45– Oui.
00:25:45– Mais c'est pas…
00:25:47– Parce que c'est bon, on y va.
00:25:48Donc ça, c'est à 5 jours
00:25:48avant le départ
00:25:49et ça ne s'arrête pas là
00:25:50parce que tu arrives à Pékin.
00:25:51– Oui.
00:25:51– Une réclamation est déposée
00:25:54contre ta participation.
00:25:55Tu doutes.
00:25:56Tes entraînements aussi sont compliqués.
00:25:58Tu chutes, je crois,
00:25:58tu te blesses aux genoux.
00:25:59– Oui, aux genoux.
00:26:00– Comment tu fais pour rester debout
00:26:01mentalement
00:26:02avec tout ça qui tombe dessus ?
00:26:04– En fait, je crois en moi toujours.
00:26:06Moi, je crois beaucoup…
00:26:07Ça va paraître un peu mystique
00:26:09ce que je dis,
00:26:09mais je crois beaucoup
00:26:10aux énergies
00:26:10et à ce pouvoir de l'attraction.
00:26:12J'ai lu des livres incroyables
00:26:14sur ça.
00:26:14Et je me dis
00:26:15qu'il faut que j'y crois
00:26:18parce que le positif
00:26:19attire le positif
00:26:20et je trouverais ça
00:26:21tellement injuste.
00:26:23On parle de Jeux paralympiques.
00:26:24Les Jeux paralympiques,
00:26:25c'est de l'inclusion,
00:26:26c'est montrer
00:26:28que les portes sont ouvertes
00:26:29à la différence.
00:26:30Moi, certes,
00:26:31même si mon corps est entier,
00:26:32je reste une des personnes
00:26:33les plus handicapées
00:26:35du circuit
00:26:36parce que tout mon corps
00:26:37est touché par la maladie.
00:26:39Et j'y ai cru,
00:26:40mais sur place,
00:26:41ce qui m'a aidée un peu,
00:26:43c'est d'avoir
00:26:43ce que ce soit des Jeux Covid
00:26:44et qu'en fait,
00:26:46une fois qu'on faisait
00:26:47nos entraînements,
00:26:48on rentrait dans notre chambre.
00:26:49Sauf que je réussis
00:26:50mes entraînements un jour,
00:26:52le lendemain,
00:26:52je réapprends ça,
00:26:53je tombe,
00:26:54on m'amène
00:26:54au village,
00:26:56à l'hôpital du village olympique.
00:26:58Et le lendemain,
00:26:59mon avocat m'appelle,
00:27:01j'ai vu des appels
00:27:02dans la nuit,
00:27:02mais avec le décalage horaire,
00:27:03il me dit,
00:27:04écoute,
00:27:04il y a encore un pays,
00:27:05ils ne veulent pas.
00:27:06Je me pointe,
00:27:07l'entraîneur des Chinois
00:27:08me dit,
00:27:09dégage,
00:27:09il me repousse
00:27:10dans l'air de départ,
00:27:11il me dit,
00:27:12on ne veut pas
00:27:12que tu sois là.
00:27:13Ça a été un enfer.
00:27:14et je me souviens
00:27:15le matin de la course,
00:27:17des qualifs,
00:27:20on fait la reco
00:27:21avec le coach
00:27:22et l'équipe
00:27:22et puis je m'isole
00:27:24et je me mets à pleurer.
00:27:26Je me mets à pleurer
00:27:27parce que je me suis préparée
00:27:30d'une manière très rigoureuse
00:27:33pour ces Jeux
00:27:33et là,
00:27:34je me dis,
00:27:35mais je veux,
00:27:35c'est mon moment
00:27:36et j'ai cru,
00:27:38j'ai cru
00:27:39et je l'ai essayé passer,
00:27:40par contre,
00:27:40je l'ai essayé passer
00:27:41étape après étape,
00:27:42heure après heure.
00:27:43Ah mais course après course,
00:27:45entraînement après entraînement
00:27:47et…
00:27:47Et oui,
00:27:48le résultat,
00:27:48c'est ce qui est dingue,
00:27:49c'est qu'en fait,
00:27:50toute cette frustration,
00:27:52cette colère,
00:27:53cette injustice,
00:27:53cette rage,
00:27:54tu as réussi,
00:27:55Cécile,
00:27:55à la transformer
00:27:56en véritable force
00:27:57sur la piste.
00:27:58Vraiment.
00:27:59Qualification impeccable,
00:28:00quart de finale,
00:28:01demi-finale,
00:28:01finale,
00:28:02tu gagnes tout.
00:28:03Je gagne.
00:28:04C'est pour ça
00:28:04que j'ai autant lâché
00:28:07de l'arme aussi
00:28:08à Pékin
00:28:09parce que ça a été
00:28:10hyper dur.
00:28:11Ça a été mentalement,
00:28:12physiquement
00:28:14parce qu'il a fallu
00:28:15continuer à garder
00:28:16le curseur
00:28:17de la performance,
00:28:19le curseur
00:28:19de l'entraînement,
00:28:20de la nutrition.
00:28:22Je ne dormais plus.
00:28:23Je ne dormais plus,
00:28:24je n'arrivais plus
00:28:24à dormir.
00:28:25Et puis,
00:28:26tous les matins,
00:28:26tu te lèves,
00:28:27tu ne sais pas
00:28:27ce que tu vas recevoir
00:28:29comme nouvelle.
00:28:30Tu ne sais pas
00:28:30si finalement,
00:28:31on va te dire non,
00:28:32c'est définitif,
00:28:33c'est non.
00:28:34Mais mon avocat,
00:28:35il a été incroyable
00:28:36pour ça.
00:28:37Incroyable.
00:28:37Et puis,
00:28:38ce qui est magnifique
00:28:38aussi,
00:28:39Cécile,
00:28:40c'est que cette victoire,
00:28:41finalement,
00:28:41c'est une double victoire,
00:28:42j'ai envie de dire.
00:28:43C'est une victoire
00:28:44personnelle,
00:28:45sportive,
00:28:45et c'est également
00:28:46une victoire
00:28:47contre tout un système
00:28:48en fait.
00:28:48Il a essayé
00:28:49de te faire flancher.
00:28:50Oui,
00:28:50complètement.
00:28:51C'est une victoire
00:28:58et je sais qui sont
00:29:01les personnes en fait
00:29:02qui ont vraiment,
00:29:04qui sont les nations,
00:29:05qui sont les personnes
00:29:06qui ont vraiment déposé
00:29:07des dossiers
00:29:08parce qu'on a eu accès
00:29:10aux dossiers
00:29:11et je ne suis pas
00:29:13du tout surprise,
00:29:14mais là,
00:29:16peut-être que ça
00:29:16ne s'est pas trop su,
00:29:18mais je gagne ma médaille
00:29:20le 7 mars
00:29:22et le lendemain,
00:29:24on reçoit
00:29:24un courrier d'avocat
00:29:26comme quand
00:29:26on me retire ma médaille.
00:29:27Oui,
00:29:28le combat n'est jamais terminé.
00:29:29C'est un enfer.
00:29:30Et je saurais
00:29:31que je peux garder,
00:29:32donc il a refallu
00:29:33porter plainte
00:29:34et je saurais
00:29:35en décembre.
00:29:36C'est énorme,
00:29:37tu dois attendre
00:29:379 mois
00:29:38pour vraiment être sûr
00:29:40de cette médaille,
00:29:41de l'avoir autour du cou.
00:29:43Elle est à toi
00:29:43seulement 9 mois après.
00:29:44C'est dingue.
00:29:45Et moi,
00:29:45je me dis,
00:29:46quand tu as vécu tout ça,
00:29:47alors certes,
00:29:48il y a la médaille d'or,
00:29:49elle est magnifique,
00:29:50mais le combat a été
00:29:51d'une intensité dingue.
00:29:54Est-ce qu'on a envie
00:29:54de tout arrêter ?
00:29:55Est-ce qu'on se dit,
00:29:56hé,
00:29:56c'est bon,
00:29:57j'ai assez donné,
00:29:58j'ai eu la médaille d'or,
00:29:59j'ai galéré
00:30:00pour participer au jeu,
00:30:01pour la décrocher,
00:30:02j'arrête.
00:30:04Oui,
00:30:05parce que c'était
00:30:06une année pleine.
00:30:07J'étais globe de cristal,
00:30:08championne du monde,
00:30:11championne paralympique,
00:30:12et je me suis dit,
00:30:12je n'ai plus rien à prouver.
00:30:14Je vais avancer,
00:30:15je vais repartir
00:30:16pendant 4 ans,
00:30:17ne sachant pas
00:30:17comment mon corps
00:30:19et mon handicap
00:30:19vont évoluer.
00:30:21Je n'ai plus envie
00:30:22de mener ce combat
00:30:24pour être sûre
00:30:25de me sélectionner
00:30:25pour les jeux.
00:30:26On va apprendre
00:30:27que finalement,
00:30:28les catégories sont combinées,
00:30:29donc en Coupe du Monde,
00:30:30en Javale du Monde,
00:30:31quoi qu'il en soit,
00:30:32je serai dans cette catégorie
00:30:34où je me bats
00:30:35contre plus fort,
00:30:38physiquement.
00:30:40Du coup,
00:30:41je suis allée voir ailleurs
00:30:42ce qui se passait
00:30:43dans d'autres sports,
00:30:44et notamment,
00:30:45j'ai découvert
00:30:45le parasurf,
00:30:47et ça a été
00:30:48quelque chose d'incroyable,
00:30:49parce que j'ai rencontré
00:30:50de nouvelles têtes,
00:30:51de nouvelles émotions,
00:30:52puisque pareil,
00:30:54mon coach m'a envoyée
00:30:55sur un Open International,
00:30:57je fais deux,
00:30:58et avec deux mois
00:31:00de surf,
00:31:01je fais deux,
00:31:02puis je suis sélectionnée
00:31:03en équipe de France,
00:31:04je fais 8 championnes
00:31:05de France,
00:31:05puis on part
00:31:06aux championnats du monde,
00:31:06on est 8 championnes
00:31:07du monde par équipe,
00:31:09et là,
00:31:09je me dis,
00:31:09ça m'a fait énormément
00:31:10de bien,
00:31:11c'est très dur le surf,
00:31:12très très dur,
00:31:13et ça m'a fait énormément
00:31:14de bien
00:31:16de rencontrer,
00:31:17vraiment,
00:31:17d'avoir ce vent
00:31:18de fraîcheur
00:31:19dans ma préparation,
00:31:20et après,
00:31:21j'ai décidé de reprendre
00:31:22le snowboard à fond,
00:31:23et de me reprojeter
00:31:24sur Milan Cortina.
00:31:26Oui,
00:31:26Milan Cortina,
00:31:26la préparation,
00:31:27elle a été compliquée aussi,
00:31:29puisque tu as dû composer
00:31:30avec des obstacles de taille,
00:31:31déjà la dégénérescence
00:31:32de ta maladie,
00:31:34la sclérose en plaques,
00:31:35la blessure de ton coach aussi,
00:31:36qui a contrarié
00:31:37un peu ta planification,
00:31:39des blessures,
00:31:40rupture totale
00:31:41d'un ligament
00:31:41et deux entorses
00:31:43à la cheville,
00:31:44ce n'est pas
00:31:44la préparation
00:31:45la plus optimale,
00:31:46est-ce qu'à ce moment-là,
00:31:47il y a un peu de doute
00:31:48qui arrive,
00:31:49Cécile ?
00:31:50Complètement,
00:31:51j'ai été blessée
00:31:53en peu de temps,
00:31:54comme je n'ai jamais été blessée
00:31:55de ma vie,
00:31:56ma vie d'athlète,
00:31:57que j'ai commencé
00:31:59par entorse du genou,
00:32:00fissure du ménisque,
00:32:01de là,
00:32:02je fais une entorse
00:32:03d'âche-lui d'abord,
00:32:04et puis,
00:32:05comme je continue
00:32:06de rider,
00:32:07eh bien,
00:32:08ça se transforme
00:32:09en rupture totale
00:32:10du ligament,
00:32:10là,
00:32:10on me dit,
00:32:11si on t'opère,
00:32:12les yeux,
00:32:12c'est fini,
00:32:14de là,
00:32:16je pars comme ça,
00:32:17je fais une double fracture
00:32:18de la cheville
00:32:18avec un rachement osseux
00:32:19et lésion du carrefour
00:32:20postérieur,
00:32:21mais je pars au chambre
00:32:22du monde,
00:32:22je gagne,
00:32:24et en fait,
00:32:25il y a aussi,
00:32:26j'ai moins de sensibilité
00:32:27à la douleur,
00:32:28donc c'est à double tranchant,
00:32:30donc ça m'a aidée
00:32:30à aller chercher
00:32:31cette maladie
00:32:31au chambre du monde,
00:32:33sauf que j'ai aggravé
00:32:34vraiment mon état de santé,
00:32:36donc on m'a mis au repos,
00:32:38donc immobilisé,
00:32:39je reviens en stage
00:32:40de l'équipe de France
00:32:41en juin 2024,
00:32:44je me fais une déchirure
00:32:45de 15 centimètres
00:32:46dans la cuisse,
00:32:47quand je suis allée
00:32:48faire l'IRM,
00:32:48ils m'ont dit,
00:32:49mais on n'a jamais vu
00:32:50une déchirure
00:32:50aussi importante,
00:32:52et là,
00:32:53je savais que c'était lié
00:32:54à ma condition mentale
00:32:55parce que je n'allais pas bien,
00:32:56je vivais mal
00:32:57dans le groupe
00:32:57dans lequel j'étais,
00:32:59le groupe équipe de France,
00:33:00je vivais très mal,
00:33:01je portais les couleurs
00:33:02de la France,
00:33:02mais je ne faisais pas partie
00:33:04d'un groupe,
00:33:04pour moi,
00:33:05je ne faisais pas partie
00:33:05d'un groupe,
00:33:06d'une équipe de France,
00:33:09et j'ai besoin d'être alignée,
00:33:11là, je ne l'étais plus
00:33:11et mon corps parlait,
00:33:14mon corps se blessait,
00:33:15mon corps parlait,
00:33:16je n'étais pas bien,
00:33:17je pleurais à la fin
00:33:18de chacun de mes entraînements,
00:33:20on fait une saison,
00:33:21début de saison
00:33:22de Coupe du Monde
00:33:23en saison 25-26,
00:33:24qui était cette saison
00:33:25la plus importante,
00:33:27je fais des 5-6ème,
00:33:29chose que je n'ai jamais vécu,
00:33:31et à la fin,
00:33:32en décembre,
00:33:33j'ai dit,
00:33:33j'arrête tout,
00:33:34en décembre,
00:33:35j'ai dit,
00:33:36je ne vais pas bien,
00:33:37je ne m'entends plus
00:33:37avec mon staff,
00:33:39j'arrête tout.
00:33:39– Tu étais prête
00:33:40à faire une croix
00:33:40sur les jeunes villes en cortina ?
00:33:41– C'est fini,
00:33:42et puis comme j'avais fait
00:33:43beaucoup de vélo,
00:33:44je me suis dit,
00:33:45je vais aller voir ailleurs,
00:33:47et oui,
00:33:48j'étais prête,
00:33:49parce que j'avais
00:33:49ma santé mentale
00:33:50qui n'allait pas bien,
00:33:51et même l'exemple
00:33:52que je montrais à ma fille
00:33:53qui me voyait pleurer
00:33:54tous les jours,
00:33:56je maigrissais à vue d'œil
00:33:57alors que j'étais en prise de masse,
00:33:58je maigrissais à vue d'œil,
00:34:00ce n'est pas comme ça,
00:34:01moi je veux être heureuse
00:34:02de faire ce que je fais,
00:34:03ça a été déjà tellement salvateur
00:34:04de faire du snowboard
00:34:06dans ma vie
00:34:06avec masquer rose en plaques,
00:34:07que ce n'est pas pour après
00:34:08être dépressive
00:34:10à cause du snowboard.
00:34:11– Tu parles de santé mentale,
00:34:13tu t'es fait aider
00:34:14à ce moment-là
00:34:14par un préparateur mental,
00:34:16un psy ou autre ?
00:34:17– Oui,
00:34:18mon préparateur mental
00:34:19m'a dit,
00:34:19écoute Cécile,
00:34:21aujourd'hui,
00:34:22tu as peut-être soigné
00:34:23tes blessures corporelles,
00:34:25mais tu as une grosse blessure
00:34:26à l'âme,
00:34:27et il me dit,
00:34:28ce n'est plus la préparation mentale
00:34:29qu'il te faut,
00:34:29c'est un psychologue.
00:34:30– Tu avais déjà consulté
00:34:32un psy dans ta vie avant ça ?
00:34:33– Non, jamais,
00:34:34même pas pour la maladie.
00:34:35– D'accord,
00:34:36et tu étais vis-à-vis de ça,
00:34:38alors il y a plusieurs types
00:34:39de personnes,
00:34:40certains vont voir facilement
00:34:41des psys livrés,
00:34:42est-ce que toi,
00:34:43tu avais un avis sur la question
00:34:44un peu différent ?
00:34:46– Moi, je me suis dit,
00:34:48tu sais,
00:34:48on pense que,
00:34:49à la fois parce qu'on est des athlètes,
00:34:50on est super forts,
00:34:52à la fois parce qu'on est aussi
00:34:53des athlètes paralympiques,
00:34:55du fait de notre handicap,
00:34:56on est hyper résilients et tout,
00:34:58et nos histoires de vie,
00:34:59on est hyper résilients,
00:35:00mais au final,
00:35:00non.
00:35:02et au début,
00:35:03je me suis dit,
00:35:05je me suis dit,
00:35:06non,
00:35:06mon parcours,
00:35:07oui,
00:35:07je suis une femme,
00:35:08je suis forte,
00:35:09je suis une battante,
00:35:10mais là,
00:35:10je ne vais pas bien,
00:35:11tu ne peux pas finir
00:35:12chacun de tes entraînements
00:35:13en train de pleurer,
00:35:14tu ne peux pas te blesser
00:35:15comme tu t'es blessée,
00:35:16tu ne peux pas maigrir
00:35:17à vue d'œil,
00:35:18non,
00:35:18ça,
00:35:18ce n'était pas possible.
00:35:19et du coup,
00:35:21je me souviendrai toujours,
00:35:22c'était le 23 décembre,
00:35:24veille de Noël,
00:35:25j'ai quelqu'un qui m'appelle,
00:35:28il me dit,
00:35:29bonjour,
00:35:29je suis Christian Ramos,
00:35:31je vous appelle de la part de Carole,
00:35:33je suis psychologue du sport,
00:35:34et là,
00:35:35je me suis mise à pleurer,
00:35:36je n'arrivais plus,
00:35:37j'étais dans ma voiture,
00:35:39et mes premiers mots,
00:35:40ça a été de dire,
00:35:42merci,
00:35:42merci,
00:35:43merci,
00:35:43merci de m'appeler,
00:35:45merci du fait qu'on ait transmis mon message,
00:35:48et là,
00:35:48on a retravaillé,
00:35:49tu parlais de allumer le feu,
00:35:53on a trahi la flamme qui est en moi,
00:35:56la flamme,
00:35:56l'amour et la passion du snowboard,
00:35:58et on m'a aidé à sourire à nouveau
00:36:01en faisant du snowboard.
00:36:02Tu es au bon endroit,
00:36:03on s'enflamme,
00:36:04c'est parfait pour toi,
00:36:05alors oui,
00:36:06un suivi psy,
00:36:07évidemment,
00:36:07ça te fait beaucoup de bien
00:36:08à cette période,
00:36:09ta fille aussi,
00:36:11qui est toujours présente pour toi,
00:36:12une petite anecdote assez sympa
00:36:14que j'aimerais partager ici,
00:36:15c'est avant de t'envoler
00:36:16pour les Jeux de Milan Cortina,
00:36:18ta fille,
00:36:18elle te donne une photo
00:36:19avec un message derrière,
00:36:20elle te dit,
00:36:21attends,
00:36:21maman,
00:36:21ne le lis pas tout de suite,
00:36:22tu le liras une fois dans l'avion,
00:36:24et ce mot,
00:36:25je vais me permettre de le lire,
00:36:27je suis fier de toi,
00:36:28je t'aime,
00:36:28je suis tellement heureuse
00:36:29d'être en Italie avec toi
00:36:30et de te regarder,
00:36:31même si tu ne gagnes pas,
00:36:33je suis très fier de toi,
00:36:34et ça,
00:36:34je trouve ça important
00:36:35parce que quand on est
00:36:36un athlète de haut niveau,
00:36:37et je pense que tu vas me le confirmer,
00:36:39on reçoit beaucoup d'amour
00:36:40quand on performe,
00:36:41on reçoit beaucoup de désamour aussi
00:36:43quand on se plante,
00:36:44ça va très vite,
00:36:45d'entendre ta fille qui te dit,
00:36:47maman,
00:36:47peu importe le résultat,
00:36:49moi je m'en fous,
00:36:50je t'aimerais toujours,
00:36:50est-ce que c'est important,
00:36:52Cécile,
00:36:53d'avoir ces mots-là
00:36:54à ce moment-là ?
00:36:56C'est important,
00:36:58oui,
00:36:58parce que Victor Honor,
00:36:59c'est la,
00:37:00moi j'ai perdu ma maman,
00:37:02et j'ai toujours essayé
00:37:05de transmettre à ma fille
00:37:06tout ce que ma maman
00:37:07m'a transmis à moi,
00:37:10et savoir que déjà
00:37:12ma fille serait là
00:37:13pour ces jeux,
00:37:14et d'en l'entendre,
00:37:16surtout qu'elle me dit,
00:37:18quand elle me donne la photo
00:37:19alors que j'embarque
00:37:20pour Milan,
00:37:22elle me dit,
00:37:23ne lis pas,
00:37:23tu liras dans l'avion,
00:37:24et quand je découvre ces mots,
00:37:27je me dis,
00:37:29je me dis,
00:37:30c'est le plus beau cadeau
00:37:31que je peux recevoir
00:37:33de mon enfance
00:37:34et de sa fierté,
00:37:36qu'elle ne m'en veut pas aussi
00:37:37de ne pas avoir été
00:37:38une maman
00:37:39toujours présente
00:37:40physiquement,
00:37:41même si j'ai toujours été présente
00:37:43à distance
00:37:44avec des visios,
00:37:45quand je pars trois semaines
00:37:46au Canada
00:37:47ou si ou ça
00:37:48pour des championnats du monde
00:37:49ou quoi que ce soit,
00:37:51mais Victor Honor,
00:37:52c'est,
00:37:52avec ma maman,
00:37:54ce sont les deux dernières personnes
00:37:55auxquelles je pense
00:37:56quand je suis dans ma porte de départ,
00:37:57quand je regarde le ciel
00:38:00et qu'elle ait été là
00:38:01et qu'elle soit fière de moi,
00:38:03mais je savais
00:38:04qu'elle serait fière de moi
00:38:06quoi que j'ai fait,
00:38:07quoi que je ferai
00:38:08et quoi que j'ai fait
00:38:10par le passé
00:38:10à cause de mes entraînements,
00:38:12mais elle serait encore plus fière
00:38:13de moi
00:38:14le fait que je gagne
00:38:16et ça,
00:38:17c'était mon rêve absolu
00:38:18de gagner sous ses yeux.
00:38:20Et tu as aussi fait
00:38:21des Jeux de Milan-Cortina
00:38:23avec un nouveau rôle,
00:38:24Cécile,
00:38:24celui de porte-drapeau.
00:38:26Ça vaut une médaille,
00:38:27ça,
00:38:27d'être porte-drapeau
00:38:28d'emmener
00:38:29toute une délégation avec toi.
00:38:30Alors en l'occurrence,
00:38:31vous n'avez pas fait
00:38:31la cérémonie d'ouverture,
00:38:32mais tu étais porte-drapeau
00:38:33à la cérémonie de clôture.
00:38:35C'est un rôle à responsabilité ?
00:38:37Oui,
00:38:38à beaucoup de responsabilité.
00:38:39C'est un rôle
00:38:40qui demande
00:38:40beaucoup d'investissement.
00:38:43C'est un rôle
00:38:43qui demande
00:38:44de porter des valeurs
00:38:46d'une équipe
00:38:47tout en combinant
00:38:48les valeurs
00:38:48que tu portes toi.
00:38:49Moi,
00:38:50celle de la longévité aussi
00:38:52parce que je ne suis pas
00:38:53une jeune athlète.
00:38:55Celle du fait
00:38:56de vouloir parler
00:38:57du parasport féminin
00:38:58parce qu'on n'était
00:38:59que deux athlètes
00:39:00plus trois
00:39:01avec Périne Laguide.
00:39:04Mais d'essayer
00:39:05d'inciter
00:39:05et d'ouvrir
00:39:07des carrières
00:39:08au parasport féminin
00:39:09ou aux jeunes femmes
00:39:11ou aux femmes
00:39:12tout simplement
00:39:12qui auraient envie
00:39:13de pratiquer
00:39:14du ski,
00:39:14du snowboard
00:39:15ou du nordique.
00:39:17Et pour moi,
00:39:18c'était une responsabilité.
00:39:20Une responsabilité aussi
00:39:21d'encourager ce groupe,
00:39:24de les amener.
00:39:24on était tous
00:39:25médaillables,
00:39:26on était vraiment
00:39:26une petite délégation
00:39:27donc de leur dire
00:39:28qu'on est tous capables
00:39:29et moi,
00:39:30j'étais contente
00:39:31parce que je décroche
00:39:31aussi la première médaille
00:39:32d'or de la délégation française
00:39:34donc ça,
00:39:35c'est aussi hyper symbolique.
00:39:36ce n'est pas moi
00:39:37qui étais attendue,
00:39:38on attendait plus
00:39:39un Arthur Bochet
00:39:40ou un Benjamin Davier
00:39:42mais finalement,
00:39:43c'est moi
00:39:43et je m'étais mis
00:39:45une pression
00:39:45avec ce rôle
00:39:46de porte-drapeau.
00:39:47J'en ai beaucoup parlé
00:39:48à tous les athlètes
00:39:49de la délégation
00:39:49qui m'ont fait comprendre
00:39:50qu'ils n'attendaient pas
00:39:52forcément de moi
00:39:53que je sois là
00:39:54sur les pistes
00:39:54et tout
00:39:55mais le but,
00:39:57c'était que notre délégation
00:40:00brille
00:40:00et soit heureuse
00:40:01des résultats
00:40:02qu'elle aurait pu faire
00:40:04donc pour moi,
00:40:05c'est une vraie réussite.
00:40:07Alors les qualifs
00:40:07de ces jeux
00:40:08de Milan-Cartina en crosse,
00:40:10alors tu es un peu déçue
00:40:11sur les qualifs
00:40:12où tu fais le deuxième temps,
00:40:14tu es un peu un diesel
00:40:15toi, Cécile ?
00:40:15Oui, c'est complètement
00:40:16c'est lié à ma maladie,
00:40:17c'est un design neurologique,
00:40:18je le dis toujours.
00:40:19C'est ça,
00:40:19c'est comme ça
00:40:19que tu te décris.
00:40:21Le lendemain,
00:40:22place aux demi-finales
00:40:22et finales
00:40:23donc là,
00:40:23c'est le plus important,
00:40:24c'est là où il faut
00:40:24être dedans.
00:40:26On dort bien
00:40:26entre la nuit
00:40:27entre les quarts de finale
00:40:28et puis demi-finale finale
00:40:30ou comment ça se passe ?
00:40:33Je t'avoue
00:40:33que je prends quand même
00:40:34des petits trucs
00:40:35pour dormir
00:40:36mais on a
00:40:39le préparateur mental
00:40:40qui m'aide
00:40:42avec la cohérence cardiaque
00:40:44et tout
00:40:44et à mieux dormir
00:40:45et je ne sais pas,
00:40:48je ne veux pas être
00:40:48prétentieuse
00:40:49mais j'ai visualisé
00:40:52depuis que septembre
00:40:54en fait,
00:40:55je me visualisais vraiment
00:40:56en train de gagner,
00:40:57en train de faire
00:40:58une célébration
00:40:58et j'avais vraiment
00:41:00confiance en mon potentiel
00:41:03pour aller gagner
00:41:04et du coup,
00:41:05tu n'es pas beaucoup
00:41:06plus sereine,
00:41:06tu n'es même pas sereine
00:41:07d'entendre le réveil
00:41:08ou quoi que ce soit,
00:41:09tu vois,
00:41:09le mental est incompète
00:41:10mais j'ai dormi
00:41:13avec beaucoup de sérénité.
00:41:15Je me suis couché très tôt
00:41:16et j'ai dormi
00:41:17avec beaucoup de sérénité.
00:41:18J'avais confiance en moi
00:41:19et d'avoir eu cette colère
00:41:22sur les qualifs
00:41:22parce que je suis
00:41:23le deuxième temps,
00:41:24ça m'a juste mis
00:41:27encore plus de force.
00:41:28Encore plus de force.
00:41:29Oui, ça pique
00:41:30et j'étais en colère
00:41:31parce que le tracé
00:41:32avait changé
00:41:32alors que moi,
00:41:33je suis une personne
00:41:33qui aime bien
00:41:34les tracés engagés.
00:41:35Là, ils avaient un peu
00:41:36nivelé vers le bas
00:41:37mais je savais
00:41:38que j'étais en train
00:41:40d'acquérir de la confiance
00:41:41et que j'allais chercher
00:41:42une médaille.
00:41:43Tu vas la chercher,
00:41:44la plus belle,
00:41:44la médaille d'or
00:41:45devant l'américaine
00:41:46Kate Delson.
00:41:47Les deux Chinoises
00:41:47chutent assez vite
00:41:48et puis tu maîtrises
00:41:50la course vraiment
00:41:50en patronne,
00:41:51un run de patronne.
00:41:53C'est ce que je me suis dit
00:41:53dans le départ.
00:41:55Avant même de partir,
00:41:55tu te dis
00:41:56je vais faire un run de patronne ?
00:41:57Oui.
00:41:57Avant le départ,
00:41:58on le voit,
00:41:58je m'accroupis dans la gate
00:42:00et je me dis
00:42:02c'est ce qu'on avait travaillé
00:42:03avec mon préparateur mental.
00:42:04Je me dis
00:42:05je suis chez moi
00:42:05parce qu'en fait
00:42:06je voulais occulter
00:42:08tous les mauvais souvenirs
00:42:09que j'avais en stage
00:42:10d'Équipe de France
00:42:11et on avait travaillé
00:42:13même avec Victor Alenor,
00:42:15ma fille.
00:42:15Elle était venue me filmer
00:42:17parce que j'ai ma piste privée
00:42:18aux angles.
00:42:19Elle était venue me filmer,
00:42:20me faire des chronos
00:42:21et tout
00:42:21avec son petit carnet
00:42:22me faire des départs
00:42:23et tout
00:42:23et j'ai envie
00:42:24avec mon coach aussi,
00:42:26Mathias,
00:42:26avec qui on s'est entraînés
00:42:27pour préparer les Jeux.
00:42:28J'avais vraiment envie
00:42:29de garder ces sensations-là
00:42:31et ce feu sacré
00:42:33qui continuait
00:42:34à le maintenir
00:42:36en veille
00:42:37et en fait
00:42:39je m'accroupis
00:42:41et je me dis
00:42:42je suis chez moi
00:42:43pour vraiment
00:42:44cet encroche positif
00:42:45de ma station
00:42:46et je suis une patronne.
00:42:47Je suis à une minute
00:42:48de vivre mon rêve
00:42:49et c'est ce que je me suis dit
00:42:50et ça m'a fait.
00:42:51C'est ce que tu as fait
00:42:52une victoire
00:42:52pour ta fille aussi,
00:42:54une victoire
00:42:54qui était là,
00:42:55vous étiez toutes les deux
00:42:56en larmes.
00:42:57Alors tu en as beaucoup parlé
00:42:58de ce moment suspendu
00:42:59dans le temps
00:43:00dans différents médias.
00:43:01Moi j'ai envie
00:43:02de te poser une question
00:43:02un peu différente
00:43:03sur le lien que tu as
00:43:04avec ta fille.
00:43:05Quand on est maman,
00:43:06on donne des conseils
00:43:08à ses enfants
00:43:08sur plein de choses,
00:43:09sur la vie en général.
00:43:11Quel est le meilleur conseil
00:43:12qu'elle t'a donné,
00:43:14Cécile ?
00:43:15Tu vois,
00:43:16le meilleur conseil
00:43:17qu'elle ait pu me dire,
00:43:18c'est de me faire rêver
00:43:22moi-même.
00:43:23C'est ça.
00:43:24Mes amis,
00:43:25j'avais quand même
00:43:25un petit groupe de supporters
00:43:26qui a écrit sur un plateau,
00:43:29sur un panneau,
00:43:30pardon,
00:43:31c'était fais-toi kiffer,
00:43:33fais-nous rêver.
00:43:33En fait,
00:43:34c'était ça.
00:43:35C'était de moi,
00:43:37elles savent,
00:43:38mes amis,
00:43:39mon groupe,
00:43:40tout le monde sait
00:43:41à quel point j'aime
00:43:41ce que je fais,
00:43:42quand c'est bien fait
00:43:43et quand je suis alignée.
00:43:45Et donc,
00:43:45à partir du moment
00:43:48où tout allait être aligné,
00:43:50je savais que je pouvais
00:43:52vraiment faire des choses.
00:43:53Et ma fille,
00:43:53elle me l'a dit.
00:43:56À un moment,
00:43:56je suis partie pendant deux heures
00:43:57m'isoler entre les trainings
00:43:59et mon run de demi.
00:44:01Je suis partie pendant deux heures
00:44:02m'isoler
00:44:02et j'avais un livre
00:44:04et je suis allée la voir
00:44:05en passant.
00:44:07Alors que j'avais dit
00:44:08au préparateur mental
00:44:09que je resterais dans ma bulle
00:44:10et je suis allée la voir.
00:44:12Et elle me dit,
00:44:13« Maman, fais-toi plaisir. »
00:44:14Et c'est ça qu'elle m'a dit.
00:44:16Elle m'a pris dans ses bras.
00:44:17Elle m'a dit,
00:44:17« Maman, je t'aime. »
00:44:18Elle me dit,
00:44:19« Maman, fais-toi plaisir. »
00:44:19Elle me dit,
00:44:20« De toute façon,
00:44:20tu es la meilleure. »
00:44:21Et en me disant ça,
00:44:22elle n'a fait que nourrir
00:44:25tout ce que je pensais de moi
00:44:26et tout ce pour quoi
00:44:27je m'étais préparée
00:44:27parce que la préparation mentale
00:44:29est aussi un élément moteur
00:44:32de la performance.
00:44:33Et en me disant ça,
00:44:35elle n'a fait qu'enfoncer
00:44:36le clou de cet ancrage.
00:44:38Il y a des mots comme ça,
00:44:39plaisir,
00:44:40il y a des mots comme ça
00:44:41sur lesquels on a travaillé,
00:44:42des ancrages mentaux
00:44:44qui n'ont fait que révéler
00:44:46la lionne qui était en moi.
00:44:47Et en te faisant rêver toi-même,
00:44:49tu as rêvé les autres aussi.
00:44:50Oui, c'est ce que je voulais.
00:44:52J'ai cru, Cécile,
00:44:53alors peut-être je me trompe,
00:44:54mais tout à l'heure,
00:44:55j'ai cru apercevoir
00:44:55sur ton bras gauche
00:44:57un tatouage
00:44:57avec inscrit
00:44:58« La vita et Bella ».
00:45:00Oui, c'est ça.
00:45:00Je viens de le faire.
00:45:02Voilà, tu l'as fait
00:45:03après Milan Cortina
00:45:05pour célébrer un peu cette année.
00:45:07Oui, et je l'ai fait.
00:45:07J'ai fait aussi un petit 8
00:45:09parce que c'était le 8 mars,
00:45:10c'était la journée de la femme
00:45:12et j'ai fait « La vita et Bella »
00:45:14parce que c'était
00:45:16l'un des films préférés de maman
00:45:18et qu'on a beaucoup,
00:45:20beaucoup, beaucoup regardé.
00:45:22Et au final,
00:45:23la vie est belle
00:45:25et du coup,
00:45:28est-ce qu'on le voit ?
00:45:31Voilà.
00:45:32Et du coup,
00:45:34ça m'a encore prouvé
00:45:35qu'à partir du moment
00:45:36où ce feu sacré pour moi,
00:45:37il est hyper important.
00:45:39Il est hyper important
00:45:40je l'ai perdue,
00:45:41on l'a ravivée
00:45:43et aujourd'hui,
00:45:45je sais que cette médaille,
00:45:47elle est incroyable pour ça,
00:45:49pour rapport à tout ce que j'ai vécu
00:45:50et j'ai l'impression
00:45:51que les gens
00:45:53n'ont pas arrêté de me dire
00:45:56« plus c'est dur,
00:45:57plus c'est fort »
00:45:58mais j'en avais marre
00:45:59d'être dans le dur.
00:46:00J'ai été dans le dur pour Pékin,
00:46:02finalement,
00:46:03j'ai été dans le dur
00:46:04mentalement
00:46:05pour les Jeux de Milan-Cortina
00:46:06et ce n'est pas facile
00:46:08d'être tout le temps
00:46:08dans le dur aussi.
00:46:09Bien sûr,
00:46:10bien sûr.
00:46:10En tout cas,
00:46:11cette victoire,
00:46:12elle est magnifique.
00:46:12Alors,
00:46:13en Banque Slalom,
00:46:14tu voulais aussi aller
00:46:15chercher l'or.
00:46:15Bon,
00:46:16ça ne s'est pas très bien passé,
00:46:17tu finis quatrième.
00:46:18Tu as décrit cette journée
00:46:20comme,
00:46:20je reprends tes termes,
00:46:21une journée de merde.
00:46:23Voilà,
00:46:23ça arrive aussi.
00:46:24Tout a été.
00:46:26Oui,
00:46:26c'était une galère de A à Z.
00:46:28Je me lève,
00:46:29je perds mon protège-dent
00:46:30qui est fait sur mesure
00:46:31et qui me permet
00:46:32d'être positionnée.
00:46:34Mon coach se rompe de planche,
00:46:36il ne monte pas
00:46:36les bonnes fixations.
00:46:38Finalement,
00:46:38je fais un run de training
00:46:39super,
00:46:40super.
00:46:41Je fais un run
00:46:42premier passage,
00:46:43je suis 3 à 0,70 de la gagne.
00:46:45Et là,
00:46:46on se dit,
00:46:46on sait que je suis un diesel,
00:46:47donc on sait que,
00:46:49il m'est arrivé à des courses
00:46:51de Coupe du Monde
00:46:51où j'étais à 3 secondes
00:46:53et finalement,
00:46:54de gagner avec une seconde en vance,
00:46:55de gagner avec 4 secondes,
00:46:56de prendre 4 secondes.
00:46:58Donc là,
00:46:58on se dit,
00:46:590,70 de la gagne
00:47:01et 0,40 de la deuxième,
00:47:03c'est rien.
00:47:03Et finalement,
00:47:04le coach va malserrer
00:47:05ma porte de départ
00:47:06et je vais partir
00:47:08et la porte va être,
00:47:09on va partir en branche
00:47:09et ça va mettre en déséquilibre
00:47:10toute la course.
00:47:11La question que je me pose,
00:47:12c'est que le grand public
00:47:13se dit,
00:47:14Cécile Hernandez,
00:47:14c'est magnifique,
00:47:15médaillée d'or,
00:47:16elle conserve son titre en crosse.
00:47:17Mais la compétitrice que tu es,
00:47:19est-ce qu'elle garde
00:47:20un goût d'inachevé ?
00:47:23Là, on m'attendait vraiment.
00:47:25J'avais pris le globe
00:47:27du Banque Slalom.
00:47:28J'ai gagné
00:47:28toutes les Coupes du Monde
00:47:30de cette année,
00:47:30de 2025,
00:47:32en la saison 2025 janvier,
00:47:34je gagne les Coupes du Monde
00:47:35avec des temps extraordinaires.
00:47:38Et donc,
00:47:39tout le monde m'attendrait vraiment
00:47:39en championne paralympique
00:47:41de banque.
00:47:42peut-être en snowboard cross
00:47:46un ou deux,
00:47:47mais bon,
00:47:47pas plus loin.
00:47:48Mais à partir de là,
00:47:50on s'est dit,
00:47:51c'était une déception pour moi.
00:47:52Surtout que je fais 4 à 0,4 du podium,
00:47:56alors que j'en laisse
00:47:57une seconde 110 en haut
00:47:59avec ce problème
00:48:00de rapport de départ.
00:48:01Donc voilà,
00:48:02une journée de merde.
00:48:04Journée de merde,
00:48:05mais des Jeux Olympiques
00:48:05dans l'ensemble,
00:48:06les Paralympiques évidemment.
00:48:07Très réussie,
00:48:08une cinquième médaille paralympique
00:48:10à 55 ans,
00:48:1151 ans.
00:48:12Ouh là là !
00:48:12T'as anticipé pour la suite !
00:48:15Eh oui, voilà,
00:48:16tout est prévu,
00:48:1751 ans,
00:48:17et je tiens à le préciser,
00:48:18tu fais largement moins,
00:48:20Cécile.
00:48:21Un exemple de longévité
00:48:23est Thomas Signé
00:48:24qui va nous en parler
00:48:25dans cette émission.
00:48:29Toujours, toujours.
00:48:31Moi, un exemple de longévité ?
00:48:32Également, également.
00:48:33Merci.
00:48:34Merci, oui,
00:48:34parce que 55 ans,
00:48:35en fait, pour Cécile,
00:48:36ce sera facile encore.
00:48:37Bien sûr,
00:48:38encore des médailles.
00:48:39Lucien, déjà.
00:48:40Visionnaire.
00:48:41Exactement.
00:48:41Ça va, Lucien ?
00:48:42Ça va, Cécile ?
00:48:42Oui, ça va, et toi ?
00:48:43Oui, ça va très bien.
00:48:44Très, très bien.
00:48:45Prêt à parler justement
00:48:46de cette longévité.
00:48:49Moi, j'ai envie
00:48:49de mettre les pieds dans le plat.
00:48:50Voilà, je vous le dis.
00:48:51Parce qu'il y a des records,
00:48:53il y a des records d'âge
00:48:55olympique, paralympique.
00:48:56Ils sont magnifiques,
00:48:57ils sont exceptionnels,
00:48:58mais ils sont sur des disciplines
00:48:59qui sont quand même,
00:49:00il faut le dire,
00:49:00moins physiques.
00:49:02Donc, on va en parler.
00:49:04Si on a les chiffres.
00:49:05Le record olympique,
00:49:06par exemple, en tir,
00:49:07c'est le suédois Oscar Swan,
00:49:1064 ans,
00:49:11titré en 1912.
00:49:12En plus, on remonte loin.
00:49:13Mais bon,
00:49:14ce sont les records historiques,
00:49:16médaillés encore à 72 ans,
00:49:18en 1920.
00:49:19Mais c'est du tir.
00:49:21Voilà, il faut quand même le dire.
00:49:22De l'or à 73 ans aussi,
00:49:24en 1948,
00:49:25pour John Coplay,
00:49:26en gravure.
00:49:27Eh oui, en 1948,
00:49:29la gravure était une discipline
00:49:31olympique officielle.
00:49:31D'hiver ou d'été ?
00:49:33D'été.
00:49:33D'été.
00:49:34D'été.
00:49:35Je crois.
00:49:35C'est vrai que ça pouvait être
00:49:36sur les deux.
00:49:37Donc, il y a le tir à l'arc,
00:49:39il y a l'équitation,
00:49:40il y a toutes ces disciplines-là
00:49:40où on voit beaucoup de records,
00:49:43de médaillés,
00:49:44de champions olympiques
00:49:46les plus âgés,
00:49:48comme Pierre Jonquière d'Auriola,
00:49:50par exemple,
00:49:50autre légende du sport catalan,
00:49:52comme toi, Cécile.
00:49:53Voilà, lui était originaire
00:49:54de Cornea d'Elvercon,
00:49:55qui, accessoirement,
00:49:56est mon village historique familial.
00:49:58Enfin, bon, là, on s'égare.
00:49:59Enfin, pour toi, c'est…
00:50:00C'était aussi, il n'y a pas très longtemps.
00:50:02J'imagine bien.
00:50:02Et puis, c'est le moment, toi aussi,
00:50:03peut-être de saluer ta famille.
00:50:04On salue nos familles
00:50:05et toutes les périllées orientales.
00:50:06Toi, c'est Saint-Estèvres,
00:50:07c'est ça, je crois.
00:50:08Oui, c'est ça.
00:50:08Voilà.
00:50:09Mais bon, on s'égare, pardon.
00:50:11Repartons sur les différences
00:50:12entre les disciplines physiques,
00:50:13moins physiques.
00:50:14Ils ont des records dans la voile aussi.
00:50:15Le croquet, en 1900, par exemple,
00:50:17on a aussi des records
00:50:20vraiment de champions,
00:50:21de médaillés,
00:50:23au-delà de la soixantaine.
00:50:25Mais pour les disciplines physiques,
00:50:26alors si on reste sur les Jeux olympiques,
00:50:29par exemple, déjà,
00:50:30c'est Jeannie Longo
00:50:30qui reste la référence.
00:50:32Voilà.
00:50:32Mais Jeannie Longo,
00:50:33à Atlanta 96,
00:50:34elle a seulement,
00:50:35entre guillemets,
00:50:3637 ans.
00:50:37Ah oui.
00:50:38Voilà.
00:50:38Elle est championne à 37 ans.
00:50:40En argent à Sydney 2000,
00:50:43donc quatre ans plus tard,
00:50:4341 ans, médaillés.
00:50:45Et pour être un petit peu plus proche de toi,
00:50:47Jeux d'hiver,
00:50:48on a Johan Claret,
00:50:4941 ans,
00:50:50médaillés aussi.
00:50:51Voilà, un record.
00:50:52Un record.
00:50:53Mais on est sur du 40 ans,
00:50:55de la petite quarantaine,
00:50:56entre guillemets.
00:50:57Donc lui, c'était Pékin 2022.
00:50:58Alors, si on passe sur les paralympiques,
00:51:01on a la nageuse américaine Trisha Zorn,
00:51:04par exemple,
00:51:05qui a 55 médailles en natation,
00:51:07de 1980 à 2004.
00:51:09Donc 55 médailles,
00:51:11dont 41 en or.
00:51:12Voilà.
00:51:12On a la britannique Sarah Storé
00:51:14qui, elle, a mélangé,
00:51:15on commence à s'approcher doucement
00:51:16des profils multisport,
00:51:17tu vas voir où je vais t'emmener,
00:51:20natation et vélo.
00:51:2130 médailles,
00:51:22de 1992 à 2020,
00:51:24dont 19 en or.
00:51:25Voilà.
00:51:25Donc là, on est sur des, aussi,
00:51:27des quarantaines,
00:51:28tu vas voir ça.
00:51:28Niveau français,
00:51:29on a Béatrice S.
00:51:30en natation.
00:51:3120 médailles d'or,
00:51:33de 1984 à 2004.
00:51:35Mais on a beau chercher,
00:51:36Cécile,
00:51:36même aux paralympiques,
00:51:37on est loin de toi,
00:51:38parce que les trois filles
00:51:40dont je viens de parler
00:51:40ont toutes fini leur carrière
00:51:42entre 40 et 43 ans.
00:51:43C'est un record, déjà,
00:51:44assez monstrueux,
00:51:45mais on est sur, en gros,
00:51:47une dizaine d'années
00:51:48de moins que toi.
00:51:49Alors, je suis allé trouver un exemple.
00:51:50Peut-être que ça te parle.
00:51:52Un exemple, mais chez les garçons.
00:51:53Chez les filles,
00:51:54il n'y a pas à chercher,
00:51:55il n'y a pas mieux que Cécile.
00:51:56Et d'assez loin, franchement.
00:51:57J'ai pas mal fouillé.
00:51:59Est-ce que ça te parle
00:52:00le nom de Heinz Frey ?
00:52:02Non.
00:52:03Le Suisse.
00:52:04Il a,
00:52:05alors, mêlez-lui en plus,
00:52:07ça va te parler, je pense,
00:52:08athlétisme, ski et handbike.
00:52:11Wow.
00:52:11De 1984 à 2020, 2021 même.
00:52:16C'est vrai que j'ai dit
00:52:16plusieurs fois 2020,
00:52:17c'était même 2021
00:52:18puisque c'était Tokyo
00:52:19un an plus tard, finalement.
00:52:20Une machine.
00:52:2135 médailles,
00:52:23dont 15 en or.
00:52:25Et donc, à la base,
00:52:26il a commencé sa carrière
00:52:27sur l'athlétisme et le ski
00:52:29pour ensuite bifurquer,
00:52:30plus récemment encore,
00:52:31sur le handbike.
00:52:33il a fini avec même
00:52:34donc des dernières médailles
00:52:35à Tokyo à 63 ans.
00:52:37Wow.
00:52:38Voilà.
00:52:39Donc là, Cécile,
00:52:40est-ce que…
00:52:40Ça va, t'as de la marge.
00:52:41Ça va, t'as de la marge.
00:52:41Voilà.
00:52:42Là, forcément,
00:52:43je me dis, ça t'inspire peut-être.
00:52:45Il a fallu que j'aille chercher loin.
00:52:46On a trouvé Heinz Frey,
00:52:47une légende, voilà, un monstre.
00:52:50Donc oui, j'ai une fin.
00:52:51Qu'est-ce que ça t'inspire ?
00:52:52Alors, moi,
00:52:53beaucoup de respect.
00:52:54De toute façon,
00:52:55à partir du moment
00:52:56où t'aimes ce que tu fais
00:52:57et que tu mets tout en œuvre
00:53:00pour réussir tes challenges,
00:53:02l'hygiène,
00:53:03l'alimentation,
00:53:04tout ça.
00:53:05Après, tu disais,
00:53:06moi, j'ai un sport
00:53:07qui est quand même très physique.
00:53:09On part sur des sauts
00:53:10qui font 14-15 mètres,
00:53:13les impacts.
00:53:14Mais justement,
00:53:15je suis consciente de ça
00:53:17et en ayant cette conscience,
00:53:20je multiplie encore plus
00:53:22mon hygiène de vie,
00:53:24ma récupération.
00:53:25Donc, j'essaie de…
00:53:27de tout mettre
00:53:28dans le petit saladier
00:53:29pour réussir
00:53:30la recette de la performance.
00:53:33Et aujourd'hui,
00:53:34moi, c'est plus
00:53:35mon critère de…
00:53:37Et encore,
00:53:37on y a beaucoup travaillé
00:53:39avec mon préparateur mental,
00:53:40mais c'est si je venais à douter
00:53:42et qu'en face de ce doute,
00:53:45aujourd'hui,
00:53:46on a douté,
00:53:47que j'ai pu douter au jeu
00:53:49parce que je me voyais gagner,
00:53:51mais j'avais des doutes quand même
00:53:53de me dire
00:53:53si je prends le match de virage.
00:53:55Le préparateur mental,
00:53:57Christian,
00:53:57chaque fois qu'il me disait
00:53:58« Tu doutes ? »
00:53:59Eh bien,
00:54:00mets une réponse en face.
00:54:01Aujourd'hui,
00:54:02je sais que la peur,
00:54:03c'est une formidable alliée
00:54:04dans ma vie.
00:54:05C'est-à-dire que
00:54:05si la peur
00:54:07met un coup de projecteur
00:54:08sur quelque chose
00:54:09qui va me faire doute,
00:54:10sur lequel je doute.
00:54:12Du coup,
00:54:12si je doute,
00:54:13eh bien,
00:54:13quelle réponse on met ?
00:54:14Comment on s'entraîne
00:54:15en face
00:54:16pour qu'il n'y ait plus de doute ?
00:54:18Donc,
00:54:18aujourd'hui,
00:54:19quand la part de doute
00:54:20ne trouvera pas de réponse
00:54:22en face,
00:54:23eh bien,
00:54:23là,
00:54:23j'arrêterai.
00:54:24Mais pour l'instant,
00:54:25je n'ai pas envie.
00:54:26– Sur le côté paralympique,
00:54:28justement,
00:54:28on a vu notamment
00:54:29cette spécificité
00:54:31sur les disciplines
00:54:33particulièrement physique.
00:54:34On voit des exemples
00:54:35quand même
00:54:35de médaillés
00:54:37plus âgés.
00:54:38Encore une fois,
00:54:39toi,
00:54:39tu es largement devant.
00:54:40Il y a quand même
00:54:41une prime
00:54:41par rapport aux Olympiques.
00:54:43On a vu par rapport
00:54:43à Jani Longot
00:54:44quelques années supplémentaires
00:54:46chez les paralympiques.
00:54:47Il y a une prime
00:54:47à l'expérience,
00:54:48on dirait,
00:54:49supplémentaire
00:54:49chez les paralympiques.
00:54:50Je crois que tu bats
00:54:51une petite Américaine
00:54:53de 20 ans,
00:54:53en finale.
00:54:54– 20 et 22,
00:54:55peut-être.
00:54:57– C'est plus important
00:54:59en paralympique,
00:54:59peut-être,
00:54:59l'expérience ?
00:55:00– Non,
00:55:01non.
00:55:01Le fait est
00:55:02qu'en paralympique,
00:55:03on a souvent
00:55:06des carrières
00:55:07qui sont plus tardives,
00:55:08à la fois plus longues
00:55:10et à la fois plus tardives.
00:55:11C'est-à-dire que moi,
00:55:12on en parlait
00:55:13avec Lucien tout à l'heure,
00:55:13je suis arrivée
00:55:14aux Jeux de mes premiers Jeux,
00:55:16j'avais déjà 39 ans.
00:55:17J'ai dit,
00:55:18mes premiers Jeux,
00:55:18c'était Sotie,
00:55:19j'avais déjà 39 ans.
00:55:20Donc souvent,
00:55:21des gens
00:55:22qui ont une carrière sportive,
00:55:24qui ont rencontré
00:55:25le handicap,
00:55:26un accident,
00:55:27une maladie
00:55:27et qui finalement
00:55:28reviennent au sport.
00:55:29Donc la moyenne d'âge
00:55:31est quand même
00:55:31beaucoup plus élevée
00:55:32dans l'olympisme.
00:55:34Après,
00:55:35l'expérience
00:55:36fait que,
00:55:37ben oui,
00:55:38forcément,
00:55:39ça parle de l'expérience
00:55:40du terrain.
00:55:40L'expérience de l'âge,
00:55:41on ne sait rien,
00:55:42mais l'expérience du terrain,
00:55:43parce que regarde,
00:55:43je vais peut-être
00:55:45commencer un autre sport
00:55:45où j'aurais
00:55:46l'expérience de l'âge
00:55:47mais pas du terrain,
00:55:48donc est-ce que ça va être
00:55:49un avantage,
00:55:50est-ce que ça ne va pas l'être ?
00:55:51Mais en tout cas,
00:55:52voilà,
00:55:52ça m'inspire.
00:55:53En tout cas,
00:55:53tout ça,
00:55:53ça m'inspire.
00:55:54Eh bien justement,
00:55:55la transition est parfaite,
00:55:56toute trouvée par Cécile.
00:55:58On va parler
00:55:58de ces autres sports
00:55:59que tu vas potentiellement
00:56:01pratiquer
00:56:01aux Jeux paralympiques.
00:56:03Thomas,
00:56:03merci.
00:56:04Comme Heinz Frey.
00:56:04Tu vas aller chercher
00:56:05Heinz Frey donc,
00:56:06c'est bon,
00:56:06facile.
00:56:07Merci beaucoup,
00:56:08Toi.
00:56:08Merci.
00:56:09Allez,
00:56:09bonne continuation,
00:56:10bonne fin.
00:56:10Merci.
00:56:11Et nous,
00:56:11on parle de tout ça
00:56:12dans le show de vent.
00:56:12c'est parti.
00:56:18Eh oui,
00:56:19Cécile,
00:56:19tu vises une médaille
00:56:21paralympique
00:56:21dans une toute autre discipline,
00:56:23le cyclisme sur piste
00:56:24aux Jeux paralympiques
00:56:25de Los Angeles
00:56:26en 2028.
00:56:27Alors,
00:56:27on va faire rapide
00:56:27sur cette séquence.
00:56:28Tu m'as un peu parlé
00:56:29aussi tout à l'heure
00:56:29de paraescalade.
00:56:30Ça te plaît ?
00:56:31On pourrait voir
00:56:32Cécile Hernandez
00:56:32sur deux disciplines
00:56:33aux Jeux paralympiques
00:56:34de Los Angeles ?
00:56:35Ben,
00:56:36tout en sachant
00:56:36que je continue
00:56:37le snowboard,
00:56:37donc du coup,
00:56:38il va falloir caser
00:56:38tout ça.
00:56:41Le vélo,
00:56:41c'est mon sport
00:56:43de base,
00:56:44d'explosivité,
00:56:45c'est mon adrénaline
00:56:47aussi de base.
00:56:48L'escalade,
00:56:49je viens de découvrir
00:56:49l'escalade l'année dernière
00:56:50parce que j'ai voulu
00:56:55travailler ma prise de risque
00:56:57et le haut du corps
00:56:58parce qu'on a un sport
00:57:00qui demande du grip,
00:57:01le snowboard
00:57:01demande du grip
00:57:02au départ,
00:57:02donc j'ai voulu travailler ça,
00:57:04j'ai voulu développer
00:57:05mon haut du corps,
00:57:05c'est ce qui a marché
00:57:07et donc j'ai eu
00:57:08une grosse marge
00:57:09de progression
00:57:09mais forcément
00:57:10quand tu débutes,
00:57:11tu as forcément
00:57:11une marche de progression.
00:57:12C'est ça qui est excitant,
00:57:13qui est challengeant,
00:57:14grisant,
00:57:14c'est de repartir de zéro ?
00:57:15Oui,
00:57:15c'est ça.
00:57:16C'est ça
00:57:17et quel que soit l'âge
00:57:18de repartir de zéro,
00:57:20c'est ce que j'ai fait
00:57:21dans le parasurf,
00:57:22c'est génial.
00:57:25Et puis,
00:57:25avec le vélo,
00:57:26on m'a proposé
00:57:27un projet
00:57:29et j'en fais déjà beaucoup,
00:57:30j'en fais déjà pas mal
00:57:32de routes et tout ça,
00:57:33de l'enduro
00:57:33et du gravel
00:57:35et du coup,
00:57:36je me suis dit,
00:57:36ben why not,
00:57:37c'est aussi un nouveau challenge
00:57:38et j'aime bien,
00:57:39j'aime bien
00:57:39ces petites nouveautés,
00:57:41ces challenges,
00:57:42c'est vraiment,
00:57:43je fonctionne comme ça en fait.
00:57:45Pour autant,
00:57:46tu l'as dit,
00:57:46tu ne mets pas du tout
00:57:47de côté le parasourde,
00:57:48tu vas disputer également
00:57:51les Jeux paralympiques
00:57:51en 2030.
00:57:53En France,
00:57:54Cécile,
00:57:54toi,
00:57:54tu as couvert
00:57:55les Jeux paralympiques
00:57:56de Paris 2024
00:57:58avec RMC.
00:58:00Le fait d'avoir un peu
00:58:01vécu ça de l'intérieur,
00:58:02de voir ce que ça pouvait
00:58:02susciter des Jeux à la maison,
00:58:04est-ce que ça t'a donné
00:58:05encore plus envie
00:58:06de faire partie de cette aventure
00:58:07et de le vivre
00:58:08en tant que para-athlète ?
00:58:10Alors,
00:58:11c'est...
00:58:12En soi,
00:58:13ce n'est pas...
00:58:14j'ai l'impression
00:58:15que les Jeux en Italie,
00:58:16c'était des Jeux à la maison.
00:58:17Il y avait tellement,
00:58:18tellement,
00:58:18tellement de public français
00:58:20et puis des Jeux
00:58:22qui revenaient
00:58:22dans des vraies montagnes
00:58:23parce que Sochi,
00:58:25Pyeongchang et Pékin
00:58:26avaient été construits
00:58:28dans des montagnes
00:58:29dites artificielles
00:58:30exprès
00:58:30pour pratiquer les Jeux.
00:58:33Mais là,
00:58:34on est revenus
00:58:35dans des vraies montagnes,
00:58:37des vraies montagnes
00:58:37et puis à côté de la maison
00:58:39au final.
00:58:40Moi,
00:58:40c'est comme...
00:58:41Moi,
00:58:41j'ai eu presque autant de gens
00:58:43que si ça avait été
00:58:44en France.
00:58:44Donc,
00:58:45ça m'a...
00:58:45Écoute,
00:58:46moi,
00:58:46aujourd'hui,
00:58:47ce n'est pas des Jeux
00:58:48en France
00:58:48qui me motivent.
00:58:50C'est absolument génial
00:58:51si je peux arriver
00:58:52à vivre des Jeux en France.
00:58:53Ce qui me motive,
00:58:54c'est que si je continue
00:58:56de progresser.
00:58:56On a fait un point
00:58:57hier avec mon coach.
00:58:59Si on voit
00:59:00que ma maladie progresse,
00:59:03mon niveau stagne,
00:59:04que la concurrence progresse,
00:59:06c'est que moi,
00:59:06je n'aurai plus ma place
00:59:07dans ce sport-là
00:59:09et qu'à un moment,
00:59:09il faut savoir se retirer.
00:59:10C'est dur de se retirer
00:59:12quand tu sais
00:59:12que ta marge de progression,
00:59:13elle est encore là.
00:59:14Et on l'a vu
00:59:15dans le Banque Slalom
00:59:16et dans le Snowboard Cross,
00:59:17j'ai encore énormément
00:59:18progressé cette année.
00:59:19Donc,
00:59:20pour moi,
00:59:20ce n'est absolument
00:59:21pas un frein.
00:59:23Et le seul frein
00:59:24qu'il y aura,
00:59:25c'est en fait
00:59:26de trouver un équilibre.
00:59:28Si ma maladie progresse,
00:59:29mon niveau ne progresse plus,
00:59:31là,
00:59:31on se dira
00:59:32qu'on arrête.
00:59:33Mais parce que
00:59:34je l'aurai décidé,
00:59:34je ne vais pas laisser
00:59:35les autres décider
00:59:36à ma place.
00:59:36Je voudrais parler
00:59:37d'un dernier sujet
00:59:38avec toi,
00:59:38Cécile,
00:59:39qui est très intéressant.
00:59:40Étant donné que tu as été
00:59:41aussi journaliste sportive,
00:59:42ton avis va être
00:59:44vraiment très pertinent
00:59:45là-dessus.
00:59:45C'est le traitement médiatique
00:59:46du parasport.
00:59:48On en parle tout de suite
00:59:48au coin du feu.
00:59:55Allez,
00:59:55je te rejoins
00:59:56dans ce beau canapé,
00:59:58Cécile.
00:59:59Oui,
00:59:59le traitement médiatique
01:00:00du parasport,
01:00:01c'est un vaste sujet,
01:00:02un sujet complexe.
01:00:03Antoine Fillette,
01:00:04notre graphiste,
01:00:05s'est amusé
01:00:05à nous faire un beau visuel
01:00:07pour illustrer l'évolution
01:00:08des unes du journal
01:00:09L'Équipe
01:00:09sur le parasport
01:00:11de 2020 à 2026.
01:00:13Alors,
01:00:132020,
01:00:14aucune une consacrée
01:00:15aux athlètes
01:00:15en situation de handicap.
01:00:16La première,
01:00:17elle date du 24 août 2021,
01:00:19date d'ouverture
01:00:19des Jeux Paras,
01:00:20Mission en or.
01:00:212022,
01:00:226 ont évoqué
01:00:22les Jeux Paras,
01:00:23mais en bordeaux seulement.
01:00:24Tu en fais partie
01:00:25de cette,
01:00:25on ne voit pas bien,
01:00:26mais attendue comme le Messi,
01:00:27on voit Cécile Hernandez
01:00:28en bordeaux.
01:00:302023 à un an
01:00:31des Jeux Paras,
01:00:33le parasport reste
01:00:33le grand absent
01:00:34avec seulement
01:00:35une demi-une.
01:00:372024,
01:00:37bon là,
01:00:37c'est l'année des Jeux,
01:00:3813 unes consacrées
01:00:39au parasport
01:00:40et 2025,
01:00:410,5 unes également,
01:00:42Aurélie Aubert
01:00:43et Alex Léoté,
01:00:442026,
01:00:45la une de l'équipe,
01:00:47Cécile Hernandez.
01:00:47Avant d'en parler
01:00:48un peu de cette une,
01:00:50quel est ton regard
01:00:50là-dessus
01:00:50sur l'évolution
01:00:51du traitement médiatique
01:00:53du parasport ?
01:00:54– Alors,
01:00:56mon regard,
01:00:57il est évidemment
01:00:58d'une,
01:00:59alors,
01:01:00je vais dire deux choses.
01:01:02Ça ne va pas assez vite
01:01:04parce que,
01:01:05parce que je pense
01:01:07que les médias
01:01:07ont un rôle,
01:01:08un rôle d'information
01:01:10et en fait,
01:01:12ils ne jouent pas le rôle
01:01:14parce que le rôle,
01:01:15c'est de proposer
01:01:16différents sports,
01:01:18différentes,
01:01:19une diversité,
01:01:20une richesse
01:01:20et en fait,
01:01:21ils considèrent
01:01:22que personne
01:01:22va s'intéresser
01:01:23donc on ne montre pas.
01:01:24Donc en fait,
01:01:25tu prends le problème
01:01:25à l'envers.
01:01:27Bon,
01:01:27un,
01:01:27ça ne va pas assez vite
01:01:28et deux,
01:01:29il y a quand même
01:01:29une belle évolution.
01:01:30Donc,
01:01:31j'ai vraiment deux avis,
01:01:33c'est-à-dire qu'on peut
01:01:34reprendre les choses,
01:01:37avant,
01:01:37il n'y aurait rien eu.
01:01:38Aujourd'hui,
01:01:38sur France Télé,
01:01:40pour citer France Télé,
01:01:41on a quasi le même
01:01:42nombre d'heures de direct
01:01:44pendant les Jeux,
01:01:45mais une fois
01:01:45tous les quatre ans
01:01:47pour les sports d'hiver
01:01:48et une fois tous les deux ans
01:01:49pour les Jeux,
01:01:49les Jeux,
01:01:50Paras et les DT,
01:01:51les Jeux Paras d'hiver,
01:01:52ce n'est absolument pas assez
01:01:54parce qu'on n'est pas
01:01:54que des athlètes
01:01:55une fois tous les quatre ans.
01:01:56Donc du coup,
01:01:57pour moi,
01:01:58il faut mettre des moyens,
01:02:01il faut montrer
01:02:01parce qu'on a vu aux gens
01:02:02que ça plaisait.
01:02:03Il y a des gens
01:02:04qui sont venus,
01:02:04Paris a fait énormément de bien,
01:02:06à la fois,
01:02:07ça a magnifié les sports
01:02:09et les lieux
01:02:10ont aidé le public
01:02:12à non pas comprendre
01:02:13le Parasport,
01:02:14il faut juste voir
01:02:15le sport en lui-même.
01:02:16On parlait du C6 Foot
01:02:18tout à l'heure,
01:02:18hors antenne,
01:02:19mais au pied de la Tour Eiffel,
01:02:20au final,
01:02:21c'est du foot.
01:02:22Certes,
01:02:22les athlètes,
01:02:22ils ont un handicap visuel,
01:02:24mais ça reste du sport
01:02:25avec des champions paralympiques
01:02:27au pied de la Tour Eiffel.
01:02:28Donc là,
01:02:28tout ça a créé
01:02:29une émulation
01:02:30autour des Jeux Paralympiques
01:02:32et autour du handisport.
01:02:34Et en fait,
01:02:34il faut montrer
01:02:36il faut montrer
01:02:37de belles images.
01:02:38Il faut arrêter
01:02:39d'être dans un traitement
01:02:41misérabiliste
01:02:42ou d'apitoiement.
01:02:44Oh là là,
01:02:45ils sont relevés
01:02:46de handicap.
01:02:47Oui,
01:02:47c'est comme un athlète valide,
01:02:49ce sera fait décroiser,
01:02:52toute proportion gardée.
01:02:53Mais en tout cas,
01:02:54oui,
01:02:54la singularité
01:02:55fait partie de notre parcours,
01:02:56mais il ne faut pas être
01:02:57dans le misérabilisme,
01:02:58il faut parler
01:02:58de la performance,
01:03:00il faut parler
01:03:00de l'athlète,
01:03:01il faut parler
01:03:01de ce qu'il a fait,
01:03:02ce qu'il a vécu,
01:03:03c'est son chemin de vie.
01:03:04Comme un athlète olympique
01:03:06peut avoir
01:03:06un chemin de vie
01:03:07aussi chaotique
01:03:08et compliqué,
01:03:09parfois financier,
01:03:10même un qui rend
01:03:11la mise en œuvre
01:03:13de sa performance
01:03:14très compliquée.
01:03:15Mais au-delà de ça,
01:03:17intéressons-nous
01:03:17à l'athlète,
01:03:18à la performance,
01:03:19au sport,
01:03:20parce que c'est ce que
01:03:20les gens ont envie de voir.
01:03:22Et puis,
01:03:23on pourra dire un mot sur...
01:03:24Oui,
01:03:24cette une,
01:03:24on est obligés
01:03:25d'en parler.
01:03:26Cécile Hernandez,
01:03:27porte-bonheur,
01:03:27la une de l'équipe.
01:03:28C'est le Graal,
01:03:29mais ça ouvre beaucoup de portes.
01:03:31C'est un symbole fort aussi.
01:03:33On en discutait
01:03:33tout à l'heure
01:03:34hors antenne,
01:03:35mais je sais un peu
01:03:36comment ça fonctionne
01:03:36dans les rédacs.
01:03:37On fait des choix éditoriaux,
01:03:39on discute,
01:03:39on débat.
01:03:40J'imagine le débat
01:03:42qu'il y a dû avoir
01:03:42en disant
01:03:43mais qui va composer la une ?
01:03:45Un côté Cécile Hernandez,
01:03:47d'autres ont dû dire
01:03:47mais non,
01:03:47on ne va pas mettre
01:03:48Cécile Hernandez.
01:03:48Donc ça veut dire aussi
01:03:49que ça évolue
01:03:50de ce point de vue-là.
01:03:50Les rédacs se bougent,
01:03:51les rédacs font des choix forts.
01:03:53Le vrai journal,
01:03:54l'équipe,
01:03:55tu ne l'as pas tenu
01:04:00mais tu sais quoi ?
01:04:01Parfois,
01:04:02je crois toujours
01:04:02que c'est un montage
01:04:03tellement que c'est fou
01:04:04quand je vois cette une et tout.
01:04:07Incroyable,
01:04:08il y avait du rugby,
01:04:09il y avait du foot,
01:04:10il y avait de la Formule 1,
01:04:11il y a Russell aussi en haut.
01:04:14J'ai l'impression
01:04:15que je ne l'ai pas eu
01:04:17en fait le journal.
01:04:18Mes copines me l'ont réprimé
01:04:20et en me l'ont offert
01:04:20dans un grand cadre
01:04:21mais je trouve ça
01:04:22tellement fou,
01:04:24tellement fou.
01:04:24Dans la vie,
01:04:25c'est une consécration aussi.
01:04:27C'est très très rare,
01:04:28c'est inédit
01:04:28dans le Parasport
01:04:29de faire une seule comme ça.
01:04:30Voilà, c'est ça.
01:04:31Tu as montré 2022
01:04:32où il y avait Messi
01:04:34et j'avais ce petit encart
01:04:36en haut à gauche
01:04:36et j'étais tellement fière
01:04:38déjà de ça.
01:04:39Mais là,
01:04:40la une de l'équipe,
01:04:40quand on me l'a envoyée,
01:04:41je me dis
01:04:41non mais bravo
01:04:42pour le montage les potes.
01:04:43Et en fait,
01:04:44ce n'était pas un montage,
01:04:45c'était vraiment moi
01:04:46et c'est incroyable
01:04:49d'avoir,
01:04:49de vivre ça
01:04:50et aujourd'hui,
01:04:51je sais que
01:04:52ça m'ouvre énormément
01:04:53de portes.
01:04:55Mon agent m'a dit
01:04:56aujourd'hui,
01:04:57tu n'as plus besoin
01:04:57de faire de dossier
01:04:58de quoi que ce soit,
01:05:00tu as juste à envoyer
01:05:01la une de l'équipe
01:05:01et voilà,
01:05:02moi je suis hyper fière,
01:05:04je voulais le mettre
01:05:04en fond d'écran
01:05:05de mon téléphone,
01:05:05je ne l'ai pas encore fait,
01:05:06c'est toujours ma fille
01:05:07mais je crois que quand même...
01:05:09C'est bien réel
01:05:09et c'est amplement mérité.
01:05:11On va finir cette émission
01:05:12par la dernière séquence,
01:05:13le tout feu tout flamme.
01:05:14C'est parti.
01:05:20La fameuse tier liste
01:05:22de l'émission,
01:05:22cinq catégories,
01:05:23flammes paralympiques,
01:05:24feu de camp,
01:05:25briquet,
01:05:25allumettes et cendres.
01:05:26Flammes paralympiques,
01:05:27c'est le top du top.
01:05:27Donc plus on descend,
01:05:28moins c'est bien.
01:05:29Plusieurs éléments
01:05:30à classer pour Cécie,
01:05:31je te laisse faire ça rapidement.
01:05:33C'est parti.
01:05:34Tout ce que je déteste,
01:05:35il y a des choses quand même
01:05:35que je déteste.
01:05:36Allez, ça va aller vite.
01:05:36Alors,
01:05:37cendre,
01:05:38bien sûr,
01:05:39les ascenseurs,
01:05:40je suis ultra claustrophobe.
01:05:41Les blind tests,
01:05:44ça,
01:05:45j'adore surtout
01:05:45sur le rap.
01:05:47Ah, c'est vrai ?
01:05:48Ouais.
01:05:48Tiens, regarde,
01:05:49on en a un petit pour toi.
01:05:51Coucou maman,
01:05:52j'espère que ça va.
01:05:54Alors,
01:05:54premièrement,
01:05:55je tiens à te re-re-reféliciter
01:05:57et te re-redire
01:05:58que je t'aime très fort.
01:05:59Et ensuite,
01:06:00je vais te faire
01:06:01un petit blind test
01:06:03comme je sais que t'aimes ça.
01:06:04Alors,
01:06:04la première musique.
01:06:06Je sais que tu l'as,
01:06:12cette musique.
01:06:12et ensuite,
01:06:13la deuxième musique.
01:06:14J'espère que t'auras
01:06:15le bon titre.
01:06:23C'est Sous la lune de Jul
01:06:25et pas Dans ma bulle de Jul
01:06:27parce que t'aimes bien
01:06:27inventer les titres des chansons.
01:06:29Bon,
01:06:30gros bisous maman.
01:06:31Bonne soirée.
01:06:33Ma beauté.
01:06:34Ah non,
01:06:34mais non,
01:06:35mais incroyable.
01:06:37Bah oui,
01:06:37parce que c'est pour ça
01:06:38que j'ai en fait
01:06:40le premier,
01:06:41c'est bon,
01:06:42L2B et Lafouine.
01:06:44Et donc du coup,
01:06:45on n'arrête pas
01:06:45de chanter ça
01:06:46dans la voiture.
01:06:49Et le deuxième,
01:06:50en fait,
01:06:51j'arrête pas de dire
01:06:51Dans ma bulle.
01:06:52Dans ma bulle,
01:06:53c'est Diam's non ?
01:06:53Dans ma bulle,
01:06:54c'était Diam's
01:06:55et elle déteste
01:06:55quand je dis ça.
01:06:56Je lui dis,
01:06:57mets-moi dans ma bulle.
01:06:58Vraiment,
01:06:58c'est sous la lune.
01:06:59J'ai dit,
01:06:59non,
01:06:59mais ça me permet
01:07:00d'être dans ma bulle.
01:07:00Donc,
01:07:00s'il te plaît,
01:07:01fais un effort.
01:07:02Et non,
01:07:02mais incroyable.
01:07:03Oh,
01:07:04ma chérie,
01:07:04toujours.
01:07:05Je remercie,
01:07:05pour le petit message
01:07:07très sympa.
01:07:08Incroyable.
01:07:10Ah,
01:07:10à Gin et Georgia,
01:07:12plutôt pas mal.
01:07:13L'Irox,
01:07:14on va le mettre,
01:07:17on va mettre,
01:07:19pareil,
01:07:20là.
01:07:20Oh non,
01:07:21les distributeurs
01:07:22de papier toilette,
01:07:23je le déteste.
01:07:23Oui,
01:07:24alors,
01:07:24les distributeurs
01:07:25de papier toilette
01:07:26sur les aires d'autoroute,
01:07:26c'est extrêmement précis.
01:07:28Mais tu ne l'affectionnes pas.
01:07:30Non,
01:07:31je le déteste.
01:07:33Le papier,
01:07:34il ne prend jamais.
01:07:35C'est vrai que ça peut
01:07:36être une belle galère.
01:07:37Donc,
01:07:38du coup,
01:07:39dans les cendres,
01:07:39le ping-pong.
01:07:40Alors là,
01:07:41je me mets au défi
01:07:41de venir tester.
01:07:43Je suis très fort
01:07:43au ping-pong aussi.
01:07:44C'est vrai ?
01:07:45Oui.
01:07:45Je t'inviterai,
01:07:46j'ai une table de ping-pong
01:07:48chez moi.
01:07:48Par contre,
01:07:49il y a une petite mise à mettre
01:07:50quand tu veux t'afficher.
01:07:52Je déteste les gens en retard.
01:07:54Alors ça,
01:07:54c'est,
01:07:55je déteste les gens.
01:07:57Oh,
01:07:57ma star,
01:07:58Arina Sabalenka.
01:07:59Ah oui,
01:08:00je suis,
01:08:00la techno,
01:08:02je déteste.
01:08:03Oui,
01:08:03je suis d'accord avec toi.
01:08:04Je déteste.
01:08:05Le télésiège,
01:08:08le télésiège,
01:08:09alors j'ai envie de te dire,
01:08:10je vais m'aider d'embriquer,
01:08:11mais j'ai envie de te dire
01:08:11que je préfère
01:08:12les télécabines des angles
01:08:13parce qu'il y a ma tête
01:08:14maintenant dessus.
01:08:15Donc ça,
01:08:15c'est absolument génial.
01:08:16L'USAP,
01:08:18allez,
01:08:18je donnais le coup d'envoi
01:08:19il n'y a pas longtemps.
01:08:20Et les vides greniers,
01:08:22aussi,
01:08:23c'est ma grande passion.
01:08:24J'ai passé dimanche dernier
01:08:264 heures sur un vides greniers.
01:08:27Dernière petite question,
01:08:29Cécile,
01:08:29tu dois choisir entre les blind tests,
01:08:30le ping-pong,
01:08:31Arina Sabalenka,
01:08:31l'USAP ou les vides greniers ?
01:08:35Les blind tests avec ma fille.
01:08:36Les blind tests avec la fille.
01:08:37Évidemment,
01:08:38on a une dernière petite surprise
01:08:40pour toi
01:08:40avant de conclure cette émission.
01:08:42Cécile,
01:08:43écoute ce message.
01:08:45Salut, Chica.
01:08:46Comme tu le sais,
01:08:48on est super fiers
01:08:49de ce que tu as fait.
01:08:50On est super fiers
01:08:51d'avoir vécu ça
01:08:52à tes côtés,
01:08:53surtout.
01:08:54Maë n'en revient toujours pas
01:08:56et moi non plus.
01:08:57Je ne sais pas
01:08:57si on remettra un jour
01:08:58les pieds sur terre
01:08:59parce que franchement,
01:08:59c'était inoubliable.
01:09:00Donc maintenant
01:09:01qu'on est rentré dans le game,
01:09:03il va falloir
01:09:04qu'on te suive un peu plus
01:09:05et que tu continues
01:09:06à nous apporter
01:09:07autant de victoires,
01:09:09de médailles d'or,
01:09:10de tout ce que tu veux
01:09:11que du bonheur.
01:09:12Donc let's go
01:09:13pour les prochaines aventures
01:09:14et je te fais
01:09:15de gros bisous.
01:09:16Bye.
01:09:18Voilà, c'était la dernière
01:09:19petite surprise pour toi.
01:09:19meilleure amie.
01:09:21Incroyable, merci.
01:09:22Merci à toi Cécile,
01:09:23on s'est régalé
01:09:24durant cette émission
01:09:25et moi j'ai envie
01:09:25de te dire une chose,
01:09:27continue à être
01:09:28une boulimique de la vie.
01:09:29Vraiment, continue à avoir
01:09:31ce sourire flamboyant
01:09:33et je te souhaite
01:09:34plein, plein de bonnes choses.
01:09:35Merci beaucoup,
01:09:36je reviendrai rencontrer
01:09:37les prochaines aventures.
01:09:38Eh bien magnifique,
01:09:39merci beaucoup Cécile.
01:09:40Je vais remercier
01:09:41toute l'équipe en régie,
01:09:42les demi-co,
01:09:42Nicolas Baillet à la réalisation,
01:09:44Nicolas Royer au son,
01:09:46Enzo Morello au cadre,
01:09:47Sandrine David au maquillage
01:09:48et évidemment Julien Perronnet
01:09:49à l'édition.
01:09:50Merci à toutes et à tous,
01:09:51rendez-vous la semaine prochaine
01:09:52pour un nouveau
01:09:53On s'enflamme.
01:09:54Bisous tout le monde.
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