- il y a 1 jour
Les scientifiques sont unanimes : la catastrophe climatique est imminente mais elle est évitable ! Et nous ne réagissons toujours pas. Comment expliquer cette inertie devant l'urgence ?
Pourquoi est-ce si compliqué ? Serions-nous programmés pour faire l'autruche devant la menace ? Et si le fonctionnement même de notre cerveau nous détournait des bonnes décisions à prendre ?
Les dernières avancées en neuroscience, psychologie comportementale ou anthropologie éclairent les contradictions et les peurs qui nous habitent quand il s'agit de changer nos habitudes de vie.
Avec humour et pédagogie, notre enquête scientifique décrypte les mécanismes psychiques qui nous empêchent de regarder la situation telle qu'elle est.
... pour peut-être nous aider à refuser ces mauvais réflexes et à faire enfin les choix qui s'imposent.
Les dernières avancées en neuroscience, psychologie comportementale ou anthropologie éclairent les contradictions et les peurs qui nous habitent quand il s'agit de changer nos habitudes de vie.
Avec humour et pédagogie, notre enquête scientifique décrypte les mécanismes psychiques qui nous empêchent de regarder la situation telle qu'elle est.
... pour peut-être nous aider à refuser ces mauvais réflexes et à faire enfin les choix qui s'imposent.
Comment expliquer notre inertie collective face à l'urgence environnementale ? Pourquoi nos cerveaux ne parviennent-ils pas à intégrer le danger du réchauffement climatique ?
À travers des expériences révélatrices, cette enquête scientifique décrypte les mécanismes comportementaux qui expliquent cette forme de « schizophrénie » collective.
Les dernières avancées en neuroscience, la psychologie comportementale et l'anthropologie éclairent avec pédagogie les biais cognitifs, contradictions et peurs qui nous habitent quand il s'agit de changer nos habitudes de vie... Et peut être nous aideront à les surmonter.
Pourquoi est-ce si compliqué ? Serions-nous programmés pour faire l'autruche devant la menace ? Et si le fonctionnement même de notre cerveau nous détournait des bonnes décisions à prendre ?
Les dernières avancées en neuroscience, psychologie comportementale ou anthropologie éclairent les contradictions et les peurs qui nous habitent quand il s'agit de changer nos habitudes de vie.
Avec humour et pédagogie, notre enquête scientifique décrypte les mécanismes psychiques qui nous empêchent de regarder la situation telle qu'elle est.
... pour peut-être nous aider à refuser ces mauvais réflexes et à faire enfin les choix qui s'imposent.
Les dernières avancées en neuroscience, psychologie comportementale ou anthropologie éclairent les contradictions et les peurs qui nous habitent quand il s'agit de changer nos habitudes de vie.
Avec humour et pédagogie, notre enquête scientifique décrypte les mécanismes psychiques qui nous empêchent de regarder la situation telle qu'elle est.
... pour peut-être nous aider à refuser ces mauvais réflexes et à faire enfin les choix qui s'imposent.
Comment expliquer notre inertie collective face à l'urgence environnementale ? Pourquoi nos cerveaux ne parviennent-ils pas à intégrer le danger du réchauffement climatique ?
À travers des expériences révélatrices, cette enquête scientifique décrypte les mécanismes comportementaux qui expliquent cette forme de « schizophrénie » collective.
Les dernières avancées en neuroscience, la psychologie comportementale et l'anthropologie éclairent avec pédagogie les biais cognitifs, contradictions et peurs qui nous habitent quand il s'agit de changer nos habitudes de vie... Et peut être nous aideront à les surmonter.
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00:00...
00:08Nous connaissons tous le message des climatologues.
00:12Sans réduction de nos émissions de CO2,
00:15c'est une planète invivable qui nous attend.
00:20Les incendies géants, les canicules et les inondations récentes
00:24ont commencé à éveiller les consciences.
00:27Pourtant, face aux dérèglements climatiques dans nos modes de vie,
00:31presque rien ne change.
00:36Car une part intime de nous-mêmes ne prend pas la mesure de la situation
00:40et nous empêche d'agir.
00:43Notre propre cerveau refuse de voir la réalité en face.
00:50Devant le danger, nous avons tendance à mettre la tête dans le sable.
00:55Déni, déformation de la réalité,
00:58des recherches dans le monde entier dévoilent les mécanismes psychiques
01:02qui nous aveuglent et nous paralysent.
01:05Notre cerveau s'intéresse aux informations qui confirment sa vision du monde,
01:09pas aux informations qui la contredisent.
01:13La menace serait trop vaste, trop floue, trop saisissante pour bousculer notre insouciance.
01:20Il y a l'idée que le progrès technologique nous tirera toujours
01:25de tous les mauvais pas dans lesquels nous risquons de nous trouver.
01:31Comment sortir de cette inertie collective et changer les comportements ?
01:36Les psychologues du monde entier reconnaissent que leur discipline joue un rôle fondamental
01:40dans la lutte contre le réchauffement climatique.
01:45Nous allons explorer les mécanismes cérébraux
01:48qui nous poussent à faire l'autruche devant la menace climatique
01:51et nous mettre en quête des ressources psychiques
01:53qui permettront d'y faire face.
02:22Situé à 30 kilomètres de Rodez,
02:24Arvieux est une commune de l'Aveyron
02:26réputée pour son engagement dans la transition écologique.
02:31Ici, les enjeux du dérèglement climatique
02:33sont abordés dès le plus jeune âge.
02:40Aujourd'hui, les élèves expérimentent
02:43une activité encore rare dans les écoles.
02:47La fresque du climat est un atelier créé par une association
02:51qui décrypte les rouages de la machine climatique.
02:55La séance est animée par Benoît
02:57qui a fait de la transition un engagement personnel.
03:03Qui a déjà entendu parler de réchauffement climatique ?
03:07Tout le monde en a entendu parler.
03:10Donc l'atelier, tous ensemble ce matin,
03:12consiste à utiliser des cartes
03:14qu'on va placer les unes par rapport aux autres
03:16et qui vont permettre de comprendre
03:17les mécanismes du réchauffement climatique au global.
03:22On a dit que le CO2 avait une influence sur l'effet de serre
03:25et que l'effet de serre avait pour conséquence
03:28d'augmenter la température.
03:30Est-ce que quelqu'un a une idée
03:31de ce fonctionnement de l'effet de serre ?
03:34S'il y avait trop d'effet de serre,
03:38la chaleur, elle reste dans l'enveloppe de la terre.
03:41Du coup, elle atterrit sur nos bâtiments et sur nous.
03:45Et c'est pour ça qu'il fait si chaud l'été et tout ça.
03:48Et tout ça, ça a un certain nombre de conséquences
03:51à la fois sur la biodiversité,
03:53à la fois sur les événements climatiques
03:54qui vont être beaucoup plus intenses
03:55que ce qu'on a l'habitude de voir
03:57et qui vont pousser finalement des populations,
04:00en particulier les plus défavorisées dans le monde,
04:02à devoir migrer.
04:04Elles vont devoir partir de l'endroit où elles vivent
04:05parce que la zone dans laquelle elles se trouvent
04:07ne sera plus vivable.
04:09Est-ce que ça vous inquiète ?
04:10Oui.
04:11Oui ?
04:11Oui.
04:12Alors, je propose de lire la dernière carte.
04:14Je m'achète des choses.
04:16Où est-ce qu'on place cette carte ?
04:18Avec les premières, là.
04:20Exactement.
04:21J'allume la clim ou le chauffage,
04:24je prends la voiture ou l'avion.
04:27Super.
04:28Donc, en fait, là, vous avez compris,
04:30ce sont les cartes qui caractérisent les activités humaines.
04:33Ces activités humaines,
04:34ça a un impact sur la concentration de CO2
04:37qui accroît l'effet de serre naturel.
04:40Et tout ça, ce qu'il faut bien comprendre,
04:42qui est très, très important,
04:43c'est que ça se passe un peu partout sur la planète
04:46parce que nous avons tous ce type d'action-là.
04:48Et l'objectif, c'est de pouvoir maîtriser au maximum nos actes
04:51pour éviter d'avoir une élévation de la température
04:53à l'échelle de la planète qui soit trop importante
04:55et que ça reste vivable pour nous.
04:59Les enfants comprennent très bien
05:01le rôle de nos comportements au quotidien
05:02dans le dérèglement climatique,
05:04tout comme les adultes d'ailleurs.
05:07Pourtant, depuis le temps que les scientifiques
05:09tirent la sonnette d'alarme,
05:11rien ne change vraiment dans nos modes de vie,
05:13comme si la menace était irréelle.
05:19La plupart d'entre nous connaissent
05:20la fable de la grenouille plongée dans l'eau froide.
05:24Lorsqu'on chauffe l'eau tout doucement,
05:26elle n'en sort pas et finit par mourir ébouillantée.
05:32Les êtres humains sont sur une planète
05:34qui se réchauffe tout doucement.
05:37Et la question qui se pose à présent, c'est
05:39est-ce que nos cerveaux sont capables
05:41de déceler le problème et de le gérer ?
05:43Car contrairement à la grenouille,
05:45nous n'avons nulle part où sauter pour nous échapper.
05:50Alors, qu'est-ce qui coince dans notre cerveau ?
05:53Qu'est-ce qui fait que nous laissons
05:54la température monter sans réagir ?
06:00Le réchauffement climatique
06:02suscite différents biais
06:03qui empêchent les gens d'agir.
06:06Car entre autres,
06:07c'est une menace dont l'essentiel des conséquences
06:10interviendra plus tard.
06:12Si, par exemple, je recycle,
06:15il n'y a pas un arbre qui apparaît chez moi.
06:17Et il n'y a pas non plus de punition, on dirait.
06:18Si je ne recycle pas, il n'y a pas une banquise
06:20qui me tombe sur la tête.
06:21Donc on a un décalage temporaire
06:24entre les causes et les effets.
06:28Notre difficulté à évaluer correctement
06:30les menaces lointaines
06:31fait partie de ce que les scientifiques appellent
06:33les biais cognitifs.
06:37Des phénomènes de distorsion de la réalité,
06:40inconscient, qui trompe notre cerveau
06:42dans les situations incertaines et angoissantes.
06:47En ce qui concerne le changement climatique,
06:50dans notre cerveau,
06:51il y a une barrière que nous devons franchir.
06:53Cette barrière est le sentiment
06:55généré par le cerveau
06:56que nous sommes dans un sens invincible,
06:58que les mauvaises choses
06:59que nous réserve l'avenir
07:00ne nous atteindront pas.
07:06Professeur de neurosciences
07:07à l'Université City de Londres,
07:09Andreas Capès,
07:11est un spécialiste des biais cognitifs.
07:14Ses recherches prolongent
07:16les expériences menées sur des étudiants
07:18par le professeur Neil Weinstein
07:20dans les années 80.
07:22Elles avaient révélé
07:23à quel point notre cerveau
07:24s'arrange avec la réalité.
07:26Dans le cours aujourd'hui,
07:28nous allons faire une petite expérience.
07:30Je vais vous poser quelques questions
07:31et tout ce que vous devez faire,
07:33c'est de lever la main
07:33si vous êtes d'accord.
07:38Qui pense avoir plus de chances
07:40que les autres
07:40de se marier
07:41avec quelqu'un de riche ?
07:46Des chances plus élevées
07:48d'avoir un enfant surdoué ?
07:50De garder la ligne
07:52dans les dix prochaines années ?
07:56Pour les événements heureux,
07:57la majorité pense
07:58qu'elle en bénéficiera
07:59plus que les autres.
08:01Mais concernant les accidents
08:02de la vie,
08:03c'est exactement le contraire
08:05qui se produit.
08:06Qui a le sentiment
08:08d'avoir des chances
08:08moins élevées
08:09que la moyenne
08:10d'avoir le cancer ?
08:13D'être un jour attaqué
08:14en justice ?
08:18Ah, félicitations !
08:20On dirait que vous êtes
08:21tous meilleurs
08:21que la moyenne.
08:23Statistiquement,
08:24c'est impossible,
08:25mais tant mieux pour vous.
08:31C'est statistiquement impossible
08:33pour chaque individu
08:34de faire mieux
08:35que tous les autres.
08:36Donc, par définition,
08:38c'est un bien, n'est-ce pas ?
08:39C'est une illusion.
08:40Ce n'est pas quelque chose
08:41qui est en réalité possible.
08:45Les scientifiques
08:46appellent ce phénomène
08:47le biais d'optimisme.
08:49Et ils ont démontré
08:51que celui-ci sévit
08:52chez à peu près tout le monde
08:53et dans tous les secteurs
08:55de l'existence.
08:59Que l'on comprenne
09:00les statistiques ou pas,
09:02que l'on soit doué
09:03intellectuellement ou pas,
09:06cela concerne 80 à 90 %
09:08de la population.
09:09Peu importe qu'il s'agisse
09:10de professeurs,
09:11d'étudiants,
09:12d'ouvriers du bâtiment
09:13ou d'employés.
09:16Quand on parle d'optimisme
09:17au sujet du changement climatique,
09:20c'est que nous croyons
09:22qu'en tant qu'individus,
09:23nous serons moins impactés
09:24par le réchauffement
09:25que les gens autour de nous.
09:28En fait,
09:29nous sous-estimons
09:30la menace
09:30à l'échelle individuelle.
09:33Il n'y a pas si longtemps,
09:35quand la vague du coronavirus
09:36a déferlé sur la planète,
09:38cet optimisme irréaliste
09:40a probablement joué
09:41dans la perception
09:42de la menace,
09:43y compris chez les décideurs.
09:44Le risque d'introduction
09:47en France
09:48de cas liés
09:50à cet épisode
09:51est faible.
09:52Il y a aussi la question
09:52du coronavirus
09:53qui ne m'entendait.
09:55Il est superdimensionné
09:57le pouvoir
09:58de ce virus.
10:04Au départ,
10:06l'incertitude
10:07était extrêmement élevée.
10:09Et quand elle est élevée,
10:11elle favorise
10:12le biais d'optimisme.
10:14Il y a des indicateurs
10:15négatifs,
10:16mais on peut décider
10:17de se concentrer
10:18sur ceux qui sont positifs.
10:20Et il est très probable
10:22que le risque de la COVID
10:23ait été sous-estimé
10:25et qu'en conséquence,
10:27les mesures
10:27aient été trop tardives
10:28et peut-être insuffisantes.
10:34Avec un cerveau
10:35si peu enclin
10:36à croire au désastre,
10:37pas étonnant
10:38que l'alerte lancée
10:38par les climatologues
10:39depuis 30 ans
10:40ait rencontré
10:41si peu d'échos.
10:43D'autant que cette difficulté
10:45à regarder la réalité
10:46en face
10:47est renforcée
10:47par un autre biais,
10:48culturel celui-là,
10:50nos cadres cognitifs.
10:54C'est quoi
10:54nos cadres cognitifs ?
10:55C'est toutes les représentations,
10:58les visions du monde
10:59avec lesquelles on vit
11:00depuis très longtemps.
11:01Par exemple,
11:02l'idée que l'humain
11:03est supérieur à la nature
11:04et que la nature
11:05elle doit être transformée
11:08à notre avantage
11:09et tout ça
11:09n'a aucune importance
11:10parce que c'est bon pour nous.
11:13Dans son cours
11:14sur les enjeux climatiques
11:15du 21e siècle
11:16à l'université Paris-Dauphine,
11:19Dominique Méda
11:20fait remonter
11:20notre rapport à la nature
11:22au début
11:23de la civilisation judéo-chrétienne.
11:27dans la Genèse,
11:28notamment Genèse 1,
11:30il est dit
11:30que Dieu
11:31a demandé
11:32aux humains,
11:33à Adam
11:34et à Ève
11:35de dominer
11:36la nature
11:37et de l'assujettir,
11:38d'assujettir
11:39les autres espèces
11:40et finalement
11:41transformer la terre
11:42sur laquelle
11:43ils se trouvent
11:44en jardin d'Éden.
11:49Les progrès scientifiques
11:50et techniques
11:51fulgurants
11:51des deux siècles derniers
11:52ont depuis procuré
11:54à l'homme
11:54le vrai pouvoir
11:55de transformer la planète
11:58et conforter
11:59cette toute-puissance
12:00qui le pousse aujourd'hui
12:01à faire l'autruche
12:02devant la menace climatique.
12:08Jusqu'à maintenant,
12:09le progrès technologique
12:11nous a toujours permis
12:12de nous tirer
12:13de mauvais pas.
12:14Il nous a permis
12:15de traiter
12:15les grandes maladies,
12:16les grandes pandémies,
12:17y compris celles-ci
12:19en trouvant des vaccins.
12:21Donc,
12:22je crois que derrière tout ça,
12:23il y a la croyance
12:24à la puissance
12:25du génie humain.
12:30Pourtant,
12:31ce sentiment d'impunité
12:33commence quand même
12:33à vaciller aujourd'hui.
12:35Et plus que les graphiques
12:37ou les démonstrations scientifiques,
12:39c'est la réalité dévastatrice
12:41qui ravive la menace.
12:46Depuis 2018,
12:48les événements météo extrêmes
12:50se sont succédés.
12:53Méga-feux,
12:55pics de chaleur
12:55et inondations monstres.
12:57Aucun continent
12:58n'a été épargné.
13:01Les effets du réchauffement
13:03ont fait irruption
13:04dans notre quotidien.
13:09Lorraine Whitmarsh
13:10fait partie des chercheurs
13:12en psychologie sociale
13:13qui travaillent avec le GIEC,
13:15le groupe intergouvernemental
13:16d'experts
13:17sur l'évolution du climat.
13:20Son laboratoire
13:21étudie la perception
13:22du réchauffement
13:23dans le monde entier.
13:27L'inquiétude concernant
13:28le changement climatique
13:29a beaucoup augmenté
13:30ces dernières années.
13:32Nous avons observé
13:33qu'en 2019,
13:34il y a eu un pic d'inquiétude
13:35élevé dans de nombreux pays
13:36autour de cette question.
13:38Cette période
13:39correspondait d'ailleurs
13:40au cortège,
13:41aux manifestations
13:41et à l'attention médiatique
13:43importante portée
13:44à Greta Thunberg.
13:45Et ce qui est intéressant,
13:47c'est que nos recherches
13:48de ces dernières années
13:48ont démontré qu'en fait,
13:50cela a continué
13:51à être une réelle source
13:52d'inquiétude pour les gens,
13:52même durant la pandémie.
13:56Il y a dix ans,
13:58moins d'une personne sur deux
13:59déclarait avoir entendu
14:00parler du réchauffement climatique.
14:03Aujourd'hui,
14:03les deux tiers
14:04de la population mondiale
14:05le considèrent
14:06comme une menace.
14:09Au Royaume-Uni,
14:11en France et en Allemagne,
14:12cette inquiétude
14:13concerne les trois quarts
14:14des gens.
14:15Le climat est devenu
14:16une préoccupation majeure.
14:19Mais les dernières évaluations
14:20révèlent aussi
14:21que sur cette planète,
14:22un habitant sur trois
14:24reste sceptique
14:25quant à l'origine humaine
14:26du changement climatique.
14:28Parmi eux,
14:30certains sont très influents
14:31politiquement.
14:47des intérêts financiers et économiques
14:50dictent évidemment
14:51ces déclarations officielles.
14:53Mais malgré les preuves scientifiques,
14:55100 millions d'Américains
14:56et 70 millions d'Européens
14:58doutent aujourd'hui sincèrement
15:00de la responsabilité humaine
15:02dans le réchauffement.
15:03Comment expliquer cette réticence
15:05à reconnaître les évidences ?
15:12Pour Thalie Charotte,
15:14chercheuse en neurosciences,
15:16cela tient à la manière
15:17dont notre cerveau
15:17traite les informations.
15:20En effet,
15:21sans le savoir,
15:22nous avons l'habitude
15:23d'ignorer les messages
15:24qui contrarient nos convictions.
15:26Les psychologues appellent cela
15:28le biais de confirmation.
15:31Si je pense que les vaccins
15:33sont très efficaces
15:34et que je lis un article
15:36qui suggère qu'ils le sont,
15:38cela conforte mon opinion.
15:39Mais si je lis un article
15:41qui dit qu'ils ne sont pas
15:42très efficaces,
15:43je l'écarte en considérant
15:45que ce n'est pas de la vraie science.
15:48Il y a 40 à 50 années
15:50de recherche qui montrent
15:51que ce biais de confirmation
15:52joue un rôle dans presque
15:54tous les domaines importants
15:55de notre vie.
15:58Grâce à une étude en ligne
15:59menée sur des centaines
16:00de participants,
16:02Tali Charot a montré
16:03que sur le cerveau
16:04d'un sujet qui n'y croit pas,
16:06un message d'alerte climatique
16:07n'a pas le même effet
16:09que sur celui
16:09d'une personne convaincue.
16:12Tout d'abord,
16:13nous avons demandé aux gens
16:14leur opinion
16:15sur le changement climatique
16:16en leur posant plusieurs questions
16:17comme soutenez-vous
16:18les accords de Paris.
16:22Sur la base de leurs réponses,
16:23nous avons fait deux groupes,
16:25ceux qui pensent
16:25que le changement climatique
16:26est causé par l'homme
16:27et ceux qui sont plus sceptiques.
16:31Les participants
16:32ont ensuite été invités
16:34à donner leur estimation personnelle
16:36du réchauffement climatique.
16:38Sans surprise,
16:39ceux qui croient au réchauffement
16:41annoncent une élévation
16:42de température supérieure
16:44à celle des climato-sceptiques.
16:46Mais ensuite,
16:48Tali Charot fait une annonce
16:49aux participants.
16:52Les scientifiques
16:53ont réévalué leurs données.
16:54Ils ont conclu
16:56que la situation
16:56est bien pire que prévu
16:58et que la température
17:00pourrait augmenter
17:00de 11 degrés
17:01dans le siècle à venir.
17:04Le but de l'expérience
17:06est d'évaluer
17:07comment les deux groupes
17:08vont utiliser
17:08cette nouvelle information.
17:12Nous avons observé
17:13que ceux qui croyaient déjà
17:14au changement climatique
17:16ont bien pris
17:16cette information
17:17en considération
17:18et ont augmenté
17:19leur estimation
17:20de température.
17:21donc à présent,
17:22ils sont persuadés
17:23que les choses
17:24sont pires
17:24que ce qu'ils pensaient.
17:27L'autre groupe,
17:29celui qui était sceptique
17:30au départ,
17:30a ignoré cette information
17:31et n'a pas changé
17:33son estimation.
17:35Sans le savoir,
17:36nous pratiquons tous
17:37ce tri sélectif.
17:42Les informations
17:43qui renforcent
17:44nos convictions
17:45sont traitées
17:46avec la plus grande attention.
17:48celles qui bousculent
17:49nos croyances
17:50passent à la poubelle.
17:54Mais que se passe-t-il
17:55vraiment dans notre cerveau
17:56pour que nous soyons
17:57si peu enclins
17:58à changer d'avis ?
18:00Pour mieux comprendre
18:01cette mauvaise volonté
18:02inconsciente,
18:03Andreas,
18:04à l'Université de Londres,
18:05a entrepris
18:06de prendre nos neurones
18:07en flagrant délit
18:08de biais de confirmation.
18:13Pour cela,
18:15Andreas a réalisé
18:16une expérience
18:17sur des couples
18:18de volontaires.
18:21Vous allez voir
18:22des photos de maison.
18:24A vous d'évaluer
18:25si dans la réalité
18:26elles valent plus
18:27ou moins
18:28que le prix affiché.
18:30Pour chaque estimation,
18:31vous devez miser
18:32une somme d'argent.
18:34Le maximum
18:35si vous êtes sûr de vous.
18:36Si vous ne l'êtes pas,
18:37vous réduisez la mise.
18:40La somme misée
18:41permet de mesurer
18:42la conviction du sujet,
18:43la confiance qu'il accorde
18:44à son choix.
18:46« Ça vaut plus,
18:48c'est sûr.
18:48Je mise tout.
18:51Là,
18:52moins.
18:53Mais j'en suis pas certain.
18:54Je vais réduire la somme. »
18:59La suite de l'expérience
19:00se déroule
19:01dans la salle
19:01d'imagerie cérébrale
19:02équipée
19:03de deux scanners.
19:05« Madame,
19:07monsieur,
19:07vous allez revoir
19:08vos estimations,
19:10mais cette fois
19:11en même temps
19:12que celle
19:12de votre partenaire.
19:14Et vous pourrez
19:15modifier votre mise
19:16si vous le souhaitez. »
19:19Résultat,
19:20quand les estimations
19:21concordent,
19:22les participants
19:23prennent confiance
19:24et en général
19:24augmentent leur mise.
19:27En revanche,
19:28quand les avis divergent,
19:30chacun ignore
19:30le choix de l'autre
19:31et maintient sa mise.
19:34Le biais de confirmation
19:35fonctionne à plein régime.
19:40« Ici,
19:41nous voyons le biais
19:41de confirmation
19:42en action.
19:44Nous voyons
19:44ce qu'il se passe
19:45dans le cerveau
19:46après que la personne teste
19:47a appris que son partenaire
19:48a un avis similaire.
19:50Le cerveau traite
19:51précisément
19:52les informations
19:52que le partenaire propose. »
19:56Cette zone du cortex
19:57est connue
19:58pour intervenir
19:59dans la prise
19:59de décisions complexes.
20:02« De ce côté,
20:03c'est une toute autre image.
20:05On voit ce qu'il se passe
20:06avec le cerveau
20:07quand le partenaire
20:08me contredit,
20:08qu'il a un avis
20:09différent du mien.
20:10Et ce que l'on remarque,
20:12c'est qu'on ne voit
20:13presque rien.
20:14Dans le cerveau,
20:14il ne se passe pas
20:15grand-chose.
20:16Il ne traite pas
20:17les informations
20:17que le partenaire propose
20:19et de ce fait,
20:20l'opinion ne change pas. »
20:23Métaphoriquement parlant,
20:25le cerveau semblait
20:26s'éteindre
20:26et ne pas encoder
20:27les informations
20:28provenant du partenaire
20:29en désaccord.
20:31Cela montre
20:32que les gens
20:33ont plus tendance
20:34à intégrer
20:34des informations
20:35ou des preuves,
20:36qu'elles soient vraies
20:37ou fausses,
20:38quand elles confirment
20:39ce qu'ils pensent déjà.
20:40Et ils se radicalisent.
20:42Ils deviennent
20:43de plus en plus extrêmes,
20:45de plus en plus sûrs d'eux.
20:46Les opinions
20:47se polarisent.
20:50Ce fonctionnement
20:52profondément ancré
20:53dans notre cerveau
20:53explique les difficultés
20:55que nous avons tous
20:56à changer d'opinion
20:57et interroge évidemment
20:58sur la meilleure façon
21:00de communiquer
21:00sur le climat.
21:04Quand on essaye
21:06de convaincre quelqu'un
21:07que le changement climatique
21:08est quelque chose
21:09qu'il faut prendre au sérieux,
21:11dans ce cas,
21:11il est important
21:12de se souvenir
21:13avant d'entrer
21:14dans la confrontation
21:15que si on lui dit
21:16« Tu es dans le faux,
21:18j'ai raison,
21:18maintenant écoute-moi »,
21:21alors là,
21:21on a déjà perdu la personne.
21:23Ce qu'il faut faire,
21:24c'est trouver
21:25un facteur commun,
21:28quelque chose
21:29sur lequel nous sommes
21:29d'accord tous les deux
21:30pour que le cerveau
21:31reste engagé
21:32et m'écoute.
21:43La polarisation des opinions
21:45sur le réchauffement climatique
21:47est au cœur des études
21:48menées par Stéphane Lewandowski.
21:53À Bruxelles,
21:55ce professeur de psychologie
21:56travaille avec le centre
21:58de recherche
21:58de la Commission européenne
22:00à comprendre comment
22:01les technologies numériques
22:03entretiennent
22:03et amplifient le doute
22:05vis-à-vis du réchauffement.
22:10Il y a 100 ans,
22:11si vous viviez quelque part
22:12dans un village en France
22:13et que vous pensiez
22:14que la Terre était plate,
22:15tout le monde vous aurait observé,
22:16jeté des regards
22:17et aurait dit
22:18« Eh bien,
22:18qu'est-ce qui ne va pas
22:19chez ce type ? »
22:20De nos jours,
22:21si vous allez sur Facebook
22:22et que vous dites
22:23que la Terre est plate,
22:24eh bien, devinez quoi ?
22:26Quelque part dans le monde,
22:27il y aura tout un tas de gens
22:29qui pensent la même chose.
22:31Aucun d'entre eux
22:32ne trouverait dans son entourage
22:33quelqu'un du même avis.
22:34Mais sur Internet,
22:36c'est possible.
22:38Alors,
22:39quel est le rôle joué
22:40par Internet
22:40dans le déni climatique ?
22:43Comment influencent-ils
22:44les opinions ?
22:48Nous savons,
22:49d'après de nombreuses
22:50recherches en psychologie,
22:52que les gens s'accrochent
22:53à une croyance
22:54s'ils pensent
22:54qu'elle est partagée
22:55par d'autres.
22:57Si je pense
22:59que tout le monde pense
23:00que la Terre est plate,
23:02alors vous ne pouvez pas
23:02me convaincre du contraire
23:04car je peux répondre
23:04« De quoi parlez-vous ?
23:06Tous mes amis sont d'accord
23:06avec moi. »
23:08C'est ce que rend possible
23:09Internet.
23:13Stéphane a conduit
23:14une étude
23:14sur les commentaires
23:15postés sur des sites
23:16scientifiques officiels
23:17et rigoureux
23:18traitant du réchauffement climatique.
23:20Des commentaires
23:21souvent critiques
23:22et fantaisistes.
23:28La planète
23:30ne s'est pas réchauffée
23:31depuis 15 ans.
23:34Désolé, mon ami.
23:35La plupart des records
23:36de chaleur
23:37ont eu lieu
23:37au cours
23:38de la dernière décennie.
23:41Le climat
23:41a déjà changé
23:42dans le passé,
23:43pourtant nous sommes
23:43toujours là.
23:44Tout ira très bien
23:45avec le temps.
23:47Oui,
23:48sauf que
23:49Miami sera sous l'eau.
23:51« Nous appelons ça
23:53des arguments zombies
23:53parce qu'ils sont
23:54comme les zombies
23:55des films d'horreur.
23:56Vous n'arrêtez pas
23:57de les tuer,
23:57mais ils reviennent
23:58sans cesse. »
24:01Ces commentaires
24:02faciles à démonter
24:03posent néanmoins
24:04un problème de fond.
24:05Ils ont un impact
24:07psychologique.
24:09Un questionnaire
24:10soumis à 400 participants
24:12a révélé
24:13qu'il décrédibilise
24:14les informations publiées.
24:18« Lorsque les gens
24:19sont exposés
24:20à ce genre
24:20de commentaires,
24:21ils ont la fausse
24:22impression
24:22que tout le monde
24:23nie le changement
24:24climatique.
24:26Cela modifie
24:27alors leur opinion.
24:28Le fait que
24:29ces commentaires existent
24:30a un effet tangible.
24:33Par son mode
24:34de fonctionnement,
24:35Internet
24:36influence les opinions.
24:38La toile
24:39fait donc désormais
24:40l'objet
24:40d'une attention
24:41particulière,
24:42notamment après
24:43les annonces
24:43importantes
24:44sur le réchauffement
24:45climatique,
24:46comme celle
24:47de Donald Trump
24:47en 2017.
25:08son annonce
25:09avait généré
25:106 millions
25:10de tweets.
25:11Un quart
25:12se sont révélés
25:13avoir été produits
25:13par des comptes
25:14automatisés
25:15et majoritairement
25:16favorables
25:17à Donald Trump.
25:18Dans le monde
25:19numérique,
25:20votre opinion
25:21n'est pas seulement
25:21influençable,
25:22elle est aussi
25:23manipulable.
25:27Les êtres humains
25:28sont sensibles
25:29à la prévalence
25:30des opinions
25:30des autres.
25:32Et pour cette raison,
25:33c'est très inquiétant
25:35qu'il y ait en ligne
25:35autant de désinformations
25:37sur le changement
25:38climatique.
25:41dans son rapport
25:42à la Commission européenne
25:43pour lutter
25:44contre les manipulations
25:45organisées,
25:46Stéphane Lewandowski
25:47préconise
25:48d'obliger
25:49les plateformes
25:49numériques
25:50à identifier
25:51et bloquer
25:51les faux comptes
25:52personnels
25:53qui biaisent
25:53le débat
25:54sur le climat.
25:58Pour ceux
25:59qui ont pris
26:00conscience
26:00de l'urgence
26:01climatique,
26:01ce débat
26:02qui s'éternise
26:03sans que les choses
26:04ne changent vraiment
26:04est difficile
26:05à accepter.
26:06Mais c'est également
26:07une source
26:08d'anxiété.
26:11À Harvieux,
26:12où les associations
26:13sont très actives
26:14sur la transition
26:14écologique,
26:15l'inertie générale,
26:17mais aussi la difficulté
26:18à tenir ses propres
26:19engagements,
26:20sont souvent au cœur
26:21des discussions.
26:23Il y a deux ans,
26:24j'ai deux potes
26:25qui se marient,
26:26donc enterrement
26:26de vie de garçon,
26:27le groupe de potes
26:28dit collectivement
26:30« Ok, on va faire
26:31un à Lisbonne,
26:32un à Glasgow. »
26:33Moralité,
26:34tu pars 3-4 jours,
26:35tu dois prendre l'avion.
26:36Forcément,
26:37c'est complètement
26:38en désaccord
26:39avec ce que je sais,
26:40ce que je fais,
26:41le job,
26:42mon engagement et tout.
26:44Au final,
26:44j'ai arbitré
26:45quand même assez vite
26:47en me disant
26:47« Non, je pars avec eux. »
26:49J'ai mis en place
26:49mon lombricoposteur,
26:50je me trouve des trucs
26:51positifs, sympathiques
26:52et je sais que je fais
26:53des merdes à côté.
26:54Et quand j'ai mon gamin
26:54de 5 ans
26:55qui revient d'école
26:56et qui me dit
26:56« Papa, ça c'est bien
26:58pour la planète
26:59si on fait ça comme ça. »
27:00Je dis « T'as 5 ans,
27:00tu dis ça toi ? »
27:02Il y a des enfants
27:03qui par exemple
27:03commencent à pleurer
27:06à la maison
27:07parce qu'ils voient
27:08leur mère revenir
27:09avec les courses
27:11et les sacs en plastique
27:12et les bouteilles en plastique.
27:13Il y a cette dissonance
27:14entre ce que je viens
27:15d'apprendre
27:16et le mode de vie
27:17dans lequel je suis inscrit.
27:19Chez les plus jeunes,
27:20ces contradictions
27:21suscitent un mélange
27:22de détresse et de colère.
27:25Un jeune adolescent
27:26de 14 ans
27:26avec qui je discutais
27:27qui est de manière
27:28assez violente
27:30m'a dit
27:30« Toi, de toute façon,
27:31t'as abîmé la planète. »
27:33Je vois bien
27:33que les gamins
27:34sont complètement paumés
27:35face à
27:35qu'est-ce qu'ils peuvent avoir
27:37pour faire les choses
27:38et à quoi ils doivent renoncer.
27:40Nous, moi,
27:41j'ai 4 enfants.
27:43Je me demande vraiment
27:45comment on va pouvoir travailler
27:46à les éduquer
27:49de manière
27:49à ce qu'ils fassent
27:51face collectivement
27:52aux difficultés
27:53de dégradation
27:54des conditions
27:54de vie collective,
27:57des conditions
27:57d'accès aux ressources.
28:00Les psychologues
28:01parlent désormais
28:02d'éco-anxiété.
28:04Je suis là pour dire
28:06que notre maison
28:06est en feu.
28:09Greta Thunberg,
28:10la jeune écologiste suédoise
28:12engagée dans la lutte
28:13contre le réchauffement,
28:14incarne le désarroi
28:15de cette génération.
28:38Une peur qui confine
28:40parfois à l'angoisse maladive.
28:47Les praticiens
28:47comme Albert Mokeber
28:49rapportent une augmentation
28:50des consultations
28:51en lien avec l'environnement.
28:55D'un point de vue clinique,
28:56on traite ça
28:57comme si quelqu'un
28:57a vécu un deuil
28:58et on ne lui dit pas
28:59« vas-y, va mieux ».
29:00On leur explique
29:01que c'est quelque chose
29:01qu'il faut prendre en charge
29:02mais qu'il ne faut pas
29:03que ça soit paralysant
29:04parce qu'il ne faut pas
29:05être dans une urgence permanente,
29:06ça ne sert à rien,
29:07on va juste être fatigué,
29:09donc se réveiller tous les matins
29:10et penser que ça ne va pas
29:11aider ce truc à se résoudre
29:13et il ne faut surtout pas
29:17les rassurer,
29:18leur expliquer
29:19qu'ils ont raison.
29:24Mais quelque part,
29:25cette dissonance est bien
29:25parce qu'elle va nous permettre
29:26de revenir en consonance,
29:28pas en se disant
29:28« du coup, non,
29:30le richement climatique
29:31n'existe pas »,
29:32ce que certaines personnes
29:32pourraient faire
29:33dans les biais d'optimisme,
29:34mais là,
29:35en retrouvant notre consonance,
29:36en disant « ok,
29:36je vais adapter mon comportement ».
29:41Conséquence de l'inaction
29:42des pouvoirs publics,
29:43les manifestations pour le climat
29:45ont pris une dimension planétaire.
29:48La prise de conscience
29:49a bien lieu,
29:50mais les comportements
29:51au quotidien
29:52de l'immense majorité,
29:53eux,
29:54ne changent pas.
29:57Pourquoi tant de gens
29:58convaincus de la menace
29:59persistent-ils
30:00dans leurs habitudes de vie ?
30:04Nous sommes piégés
30:05par la manière
30:05dont nous interagissons
30:07les uns avec les autres.
30:17Nos décisions
30:18face au problème du climat
30:20sont influencées
30:21par les réactions des autres
30:22et les attentes
30:23qu'on a vis-à-vis des autres
30:24autour de nous.
30:30Peggy Shekroon,
30:32professeure à l'université
30:33Paris-Nanterre,
30:35étudie la manière
30:36dont nos décisions,
30:37nos comportements
30:38sont influencés
30:39par les autres.
30:40Elle prolonge
30:41des recherches
30:42menées à la suite
30:43d'un fait divers tragique
30:44qui avait fait la une
30:45des journaux
30:45dans les années 60.
30:50Deux chercheurs
30:51en psychologie,
30:52Latané et Darley,
30:53s'étaient emparés
30:54de l'affaire
30:55Kitty Genovese.
30:56de l'affaire
30:57de l'affaire.
30:58Vous êtes probablement
30:59de l'affaire
30:59de l'affaire,
31:00mais une jeune femme
31:01a été coupée
31:02à mort
31:03par un crime
31:05et ses neighbors
31:06regardaient
31:07ce qui s'est passé.
31:08Elle s'est passé
31:08pendant 40 minutes
31:09et personne n'a aidé.
31:12Les policiers
31:13ne sont pas appelés
31:14jusqu'à plus tard.
31:19A l'époque,
31:21les journaux ont rapporté
31:22que des dizaines
31:22de personnes
31:23avaient assisté
31:24à l'agression.
31:25Mais aucune
31:26n'était intervenue
31:27ni n'avait appelé
31:28la police.
31:31Ce qu'ils vont chercher
31:32à comprendre,
31:33c'est quels mécanismes
31:34psychologiques
31:34vont expliquer
31:35que les gens,
31:36dans cette situation
31:37où normalement
31:38on est tenté
31:39de penser
31:39que tout le monde
31:40va réagir,
31:41eux, non,
31:42ils décident
31:42de ne pas réagir
31:43et de ne pas intervenir.
31:44Donc ils décident
31:45de mettre en place
31:46une expérience
31:47qui va reprendre
31:49de manière
31:49très réduite
31:50et très contrôlée
31:51finalement
31:52la situation
31:52du fait divers.
31:55Évidemment,
31:56pas question
31:56de perpétrer un crime.
31:58Les scientifiques
31:59ont imaginé
32:00un scénario
32:00où les personnes testées
32:02sont mises en situation
32:03de porter assistance
32:04à une autre.
32:06Le participant
32:07est installé
32:08dans un box individuel.
32:10Dans ce box,
32:11il s'équipe
32:11avec un casque
32:12comme celui-là
32:13et on lui explique
32:14qu'il est en communication
32:16avec un autre participant
32:18qui est dans
32:18un autre box à côté
32:19qui est en fait
32:20un acteur,
32:21un compère de l'expérience
32:22qui va au bout
32:24d'un moment
32:24simuler un malaise
32:25que le participant
32:26va entendre
32:27dans son écouteur.
32:45Résultat,
32:46dans 80% des cas,
32:47ce croyant seul témoin
32:49de la scène,
32:49le sujet testé
32:51sort de la cabine
32:52pour appeler à l'aide.
32:57Les chercheurs
32:58ont ensuite augmenté
32:59le nombre
33:00de participants
33:00à l'expérience,
33:01ce qui a profondément
33:03changé
33:03les réactions observées.
33:05Quand les participants
33:07sont trois
33:07à assister au malaise,
33:09ils vont intervenir
33:11moins fréquemment
33:12que les participants
33:13qui sont seuls
33:13et également intervenir
33:15pour ceux
33:16qui interviennent
33:16moins vite
33:17que les participants
33:18qui sont seuls.
33:19Plus les gens susceptibles
33:21d'intervenir
33:22sont nombreux,
33:23plus on se sent
33:24autorisé
33:24à ne rien faire.
33:26Car les autres
33:27peuvent agir
33:28à notre place.
33:29Le phénomène
33:30a été baptisé
33:31diffusion
33:32de la responsabilité
33:33ou effet spectateur.
33:36Peggy Shekroon
33:37a montré
33:38qu'il s'applique aussi
33:39aux enjeux
33:40environnementaux.
33:42On a transposé
33:43l'expérience
33:44de la Tannée et d'Harley
33:45dans un espace vert
33:46où on a demandé
33:47à quelqu'un
33:48de jeter un détritu,
33:50donc une bouteille d'eau
33:51ou un papier,
33:53en contrôlant
33:54le nombre de personnes
33:54qui assistaient
33:55à la scène.
33:58L'expérience
33:59a donné lieu
34:00au même résultat
34:01que pour le faux malaise.
34:02Plus les témoins
34:03autour de la scène
34:04sont nombreux
34:04et plus l'auteur du geste
34:06a de chances
34:07de s'en sortir
34:08sans remontrance
34:09et plus la bouteille
34:10a de chances
34:10de rester là
34:11où elle a été jetée.
34:15Quand on est
34:15dans une situation
34:16où les indices
34:18ne sont pas très claires
34:19ou on n'est pas vraiment sûr
34:20que ce soit
34:21de notre ressort
34:22d'intervenir,
34:23la première chose
34:23qu'on va faire
34:24c'est regarder
34:24les réactions des autres.
34:26Chacun interprétant
34:27la situation
34:27de la même manière
34:28en regardant les autres,
34:29personne ne fait rien.
34:30C'est ce qui explique
34:31le délai plus long
34:32d'intervention
34:32quand les gens
34:33sont plus nombreux,
34:34par exemple.
34:36Plombé par l'effet
34:37spectateur,
34:38notre cerveau peine
34:39à prendre l'initiative
34:40de comportements
34:41plus vertueux
34:42pour l'environnement.
34:43L'inertie des autres
34:45vient inhiber
34:46notre propre envie
34:46de changer.
34:49Mais si certaines
34:50de nos mauvaises
34:51habitudes persistent,
34:52c'est aussi
34:53pour une raison
34:54plus triviale.
34:56Savez-vous seulement
34:57ce qui dans votre mode
34:58de vie impacte
34:59vraiment le climat ?
35:05Les travaux menés
35:06par Bernadette Suterlin
35:08à l'Institut
35:09pour les décisions
35:09environnementales
35:10de Zurich
35:11ont révélé
35:12que concernant
35:13l'alimentation,
35:14la plupart des gens
35:15ignorent les règles
35:16de base.
35:18Pour son expérience,
35:20elle a utilisé
35:20un buffet artificiel.
35:22Sur cette table,
35:24tout est factice,
35:25mais ressemble
35:25à s'y méprendre
35:26à de la vraie nourriture
35:27avec laquelle
35:28les participants
35:29vont se composer
35:30un repas.
35:34Prenez juste
35:35une assiette.
35:38Maintenant,
35:38regardez le buffet
35:39devant vous
35:40avec des aliments
35:40différents.
35:42Et je vais vous demander
35:43de vous servir
35:43un repas
35:44comme vous le mangeriez
35:45normalement
35:45dans la vie quotidienne.
35:50Libre de son choix,
35:51que va prendre
35:52ce premier participant ?
35:55Du riz,
35:57des carottes
35:59et évidemment
36:00de la viande.
36:01Un steak
36:02et une fricadelle
36:03de bœuf,
36:04ce qu'il y a
36:05de plus impactant
36:05pour l'environnement.
36:09Il faut consommer
36:09le moins possible
36:10de produits
36:11d'origine animale
36:12et surtout,
36:13il faut consommer
36:14le moins de viande
36:14possible,
36:15car de tous ces produits,
36:16c'est la viande
36:17qui a le plus d'impact
36:18sur l'environnement.
36:21On estime
36:22que les produits
36:23d'origine animale
36:25représentent
36:25à eux seuls
36:26la moitié
36:26des émissions
36:27de gaz
36:27à effet de serre
36:28liées à l'alimentation
36:30humaine.
36:32Si vous voulez
36:33quand même
36:33manger de la viande,
36:35vous devez faire
36:35attention à celle
36:36que vous choisissez,
36:38ce qui veut dire
36:39qu'il faut privilégier
36:41le poulet
36:41plutôt que
36:42la viande
36:43de bœuf
36:43ou de veau.
36:47Mais pense-t-on
36:48vraiment à cette règle
36:49quand on veut
36:49manger plus écologique ?
36:52Bernadette a demandé
36:53à la moitié
36:54des participants
36:55de composer
36:55une assiette
36:56en faisant attention
36:57à l'environnement.
37:01Cette fois-ci,
37:02des patates,
37:03un peu plus
37:04de légumes
37:07et encore
37:08une pièce
37:08de bœuf.
37:10Aïe !
37:11Et le constat
37:12est le même
37:13dans les assiettes
37:14de tous les participants
37:15du groupe.
37:19Ils n'ont réduit
37:20ni la quantité
37:21de produits
37:21d'origine animale
37:23ni celle de viande.
37:25Et ils n'ont pas
37:26distingué
37:27les types de viande.
37:29C'est-à-dire
37:30qu'ils n'ont pas
37:30privilégié
37:31le poulet
37:32par rapport au bœuf.
37:35Il est évident
37:36que beaucoup
37:36de consommateurs
37:37ne sont pas conscients
37:38de l'impact
37:39des produits
37:39d'origine animale,
37:41en particulier
37:42celui de la viande.
37:44des produits.
37:47Autre élément
37:48clé de l'expérience,
37:49la provenance
37:50des aliments
37:50précisés
37:51sur les étiquettes.
37:53Sans consigne,
37:54les participants
37:54se sentent libres
37:55de prendre du riz
37:56d'origine américaine.
37:58Dans le groupe écolo,
38:00ce sera de préférence
38:01les patates suisses.
38:03Et en dessert,
38:04les pommes locales
38:05plutôt que les bananes
38:06d'équateurs.
38:09La seule différence
38:12qu'on a pu observer,
38:13c'est que les gens
38:14ont choisi
38:15de ne pas prendre
38:16de nourriture importée.
38:18Ils se sont contentés
38:20d'évaluer le respect
38:21de l'environnement
38:22sur la base
38:23de cette règle empirique,
38:24selon laquelle
38:25les produits
38:26qui proviennent
38:26de l'étranger
38:27sont associés
38:29à une consommation
38:29d'énergie
38:30plus élevée.
38:34La provenance
38:36des aliments
38:36joue évidemment
38:37aussi sur l'empreinte
38:38carbone d'un repas.
38:39Mais il s'avère
38:40que l'impact
38:41du transport
38:41de la nourriture
38:42est bien inférieur
38:43à celui
38:44de la production
38:44de viande.
38:49En fait,
38:50les consommateurs
38:51ne savent pas
38:51ce qui impacte
38:52le plus l'environnement.
38:54Ça veut dire
38:55qu'il est vraiment
38:56nécessaire
38:56de leur donner
38:57les bonnes informations
38:59et aussi
39:00quelques règlements
39:01règle simples.
39:05Pour réduire
39:07efficacement
39:07son empreinte carbone
39:08individuelle au quotidien,
39:10il faut en priorité
39:11limiter ses achats
39:12de produits manufacturés,
39:14consommer moins de viande,
39:16privilégier
39:16les transports en commun,
39:18éviter les vacances
39:19au bout du monde
39:20et vivre autant
39:21que possible
39:22dans une habitation
39:23bien isolée.
39:30Le réchauffement climatique
39:32est un phénomène
39:33complexe
39:33dont les causes
39:34se cachent
39:34dans les détails
39:35de notre vie quotidienne.
39:39Informer les consommateurs
39:40que nous sommes
39:41est donc indispensable.
39:43Mais cela ne suffira pas
39:45à venir à bout
39:45de nos habitudes.
39:48Car nos réflexes
39:49de consommation
39:50sont ancrés
39:51dans les couches profondes
39:52de notre cerveau.
39:58Beaucoup de choses
39:59que l'on fait,
40:00la manière dont on voyage,
40:01dont on mange,
40:02ce que l'on achète
40:03au supermarché,
40:04sont motivés
40:04par des habitudes inconscientes
40:06plutôt que par un questionnement
40:07qui pèse le pour et le contre
40:08concernant l'impact
40:09de ces produits
40:10sur l'environnement.
40:16Nadej Bo,
40:17chercheuse en neurosciences
40:18à l'université de Plymouth,
40:19a découvert
40:20ces mécanismes inconscients
40:21qui guident discrètement
40:23nos achats
40:23et nous poussent
40:24à consommer toujours plus.
40:28L'achat d'un produit
40:29n'est pas seulement motivé
40:30par le besoin
40:31qu'on peut en avoir,
40:32mais c'est aussi
40:33une marqueur
40:33d'un statut social.
40:35Donc avoir des vêtements
40:36de marque,
40:37une très belle voiture
40:38peut signaler
40:39notre paix dans la société,
40:41notre importance
40:41dans notre groupe.
40:43Donc avoir autant
40:44et même plus
40:45que les autres
40:46est très important pour nous.
40:49pour évaluer l'importance
40:51de la comparaison sociale
40:52dans nos habitudes
40:53de consommation,
40:54Nadej a mené
40:55une expérience
40:56d'imagerie cérébrale
40:57sur des sujets
40:58en situation
40:59de confronter
40:59ce qu'il possède.
41:02Les participants
41:03vont jouer en parallèle
41:05à une sorte de roue
41:06de la fortune
41:07et pouvoir comparer
41:08leurs gains respectifs.
41:13L'un des deux
41:14joue la tête
41:14dans un IRM.
41:16À chaque partie,
41:17le sujet doit choisir
41:19et lancer
41:19une des deux loteries
41:20qui s'affichent
41:21sur son écran.
41:24Alors dans la première roue,
41:26vous avez une chance
41:26sur quatre
41:27de gagner 10 euros
41:29et l'autre,
41:30une chance sur deux
41:30de gagner 5.
41:32C'est clair pour vous ?
41:34C'est parti !
41:40Dans un premier temps,
41:41ce qui intéresse Nadej,
41:43c'est ce qui se passe
41:44dans le cerveau
41:45au moment où la flèche
41:46s'arrête
41:46et pointe la somme gagnée.
41:50Sans surprise,
41:52recevoir de l'argent
41:53active le circuit
41:54de la récompense.
41:55Il s'agit d'une région
41:56du cerveau
41:57qui procure
41:57la sensation de plaisir
41:58et motive
41:59les comportements favorables
42:01à la survie
42:01de l'individu
42:02et de l'espèce,
42:03comme manger
42:04ou faire l'amour.
42:07Maintenant,
42:08l'objectif
42:08est d'observer
42:09ce qui se passe
42:10quand le sujet
42:11voit aussi
42:11ce que l'autre joueur
42:12a gagné.
42:14Maintenant,
42:15vous jouez en même temps
42:15que votre partenaire
42:16et vous verrez
42:17sur votre écran
42:18vos gains respectifs.
42:25Résultat de l'expérience.
42:26Pour une même somme gagnée,
42:28l'activation du circuit
42:29de la récompense
42:30est systématiquement
42:32plus intense
42:32quand le gain obtenu
42:34est supérieur
42:34à celui de l'autre.
42:37C'est plus satisfaisant
42:39de gagner plus que l'autre
42:40que de gagner
42:41la même chose
42:42tout seul.
42:43Le fait de savoir
42:44qu'on a plus que les autres,
42:45c'est une source de plaisir.
42:47D'avoir des beaux vêtements,
42:48une jolie maison,
42:49une grosse télévision,
42:50c'est aussi quelque chose
42:51qui va directement
42:53activer
42:53ces aires cérébrales
42:55du système de récompense.
42:57L'homme est avant tout
42:59un animal social.
43:00Ce plaisir niché
43:01au plus profond
43:02de notre cerveau
43:03est l'héritage
43:03de notre histoire évolutive.
43:05Et dans le monde moderne,
43:07ses réflexes de comparaison
43:08sont exacerbés.
43:10Des étudiants
43:11en psychologie sociale
43:12récentes ont montré
43:13que les réseaux sociaux
43:14vont amplifier
43:14ces effets
43:16de comparaison sociale.
43:17Parce qu'au lieu
43:17de se comparer seulement
43:18avec notre voisin
43:19et notre collègue,
43:20on va pouvoir se comparer
43:21à un réseau
43:22très étendu de personnes.
43:23donc ça va créer
43:24de l'envie.
43:28La comparaison sociale,
43:30le biais d'optimisme,
43:31l'effet spectateur,
43:33les mécanismes psychologiques
43:35qui s'opposent
43:35au changement
43:36de nos comportements
43:37sont nombreux.
43:39Mais ces obstacles
43:40ne sont pas infranchissables.
43:46Pour Lorraine Whitmarsh,
43:48qui connaît parfaitement
43:49les rouages
43:49du cerveau humain,
43:50il faut avant tout
43:52profiter
43:52des opportunités
43:53et s'attaquer
43:54aux habitudes
43:55quand elles sont fragilisées.
43:57L'épisode de la Covid-19
43:59en est un exemple révélateur.
44:03Nous sommes ici
44:04dans la partie
44:05du port historique
44:05de Bristol
44:06où il y avait
44:07une circulation intense avant.
44:09Mais beaucoup de ces routes
44:10ont été fermées
44:11pour que seuls
44:12les cyclistes
44:12et les piétons
44:13puissent y circuler.
44:14Ces changements
44:15ont été faits
44:15en premier lieu
44:16en raison de la Covid
44:17pour permettre aux gens
44:18de marcher
44:19tout en gardant
44:20une distance de sécurité.
44:21Mais on envisage
44:22à présent
44:22de conserver
44:23la plupart
44:23de ces changements
44:24pour leur rapport
44:25bénéfique
44:25sur la qualité
44:26de l'air
44:26et les émissions
44:27de gaz à effet de serre.
44:30Un an après
44:31le début
44:31de la crise
44:32de la Covid,
44:33la plupart
44:33des restrictions
44:34de circulation
44:35dans le centre-ville
44:36étaient toujours
44:37en vigueur.
44:38Les habitants
44:39de Bristol
44:39ont adopté
44:41de nouvelles habitudes
44:42plus favorables
44:42à l'environnement.
44:45Ailleurs,
44:46comme en France,
44:47c'est notamment
44:48le télétravail
44:49qui a bénéficié
44:50des circonstances.
44:56Selon Lorraine,
44:57la bonne stratégie
44:58pour les politiques
44:58publiques,
44:59c'est de cibler
45:00les gens
45:00au moment charnière
45:01de leur vie.
45:04Par exemple,
45:05si vous déménagez,
45:06si vous avez un enfant,
45:07si vous changez de travail,
45:08ça crée une opportunité
45:10pour que les habitudes
45:11s'affaiblissent.
45:11Vous pouvez alors
45:12réorganiser la routine
45:14des gens
45:14et leurs comportements
45:15pour faire quelque chose
45:16de différent.
45:17Ils sont ouverts
45:18à faire autrement
45:19parce que leurs habitudes
45:20ont été brisées.
45:22Par exemple,
45:23Lorraine préconise
45:24un accès avantageux
45:26aux transports en commun
45:27pour les familles
45:27qui viennent d'aménager
45:28ou de communiquer
45:29sur la consommation
45:30d'énergie
45:31au moment de leur installation.
45:34Pour orienter
45:35les habitudes
45:36dans la bonne direction,
45:37les chercheurs
45:38en psychologie sociale
45:39multiplient
45:40les nouvelles approches
45:41et elles commencent
45:42à produire leurs effets.
45:53La plupart des habitants
45:55de ce quartier résidentiel
45:56sont au cœur
45:57d'une expérience organisée
45:59par l'Université
46:00des sciences appliquées
46:01de Zurich,
46:01la ZHAW.
46:04Le suivi de 70 foyers
46:06doit permettre
46:07d'optimiser
46:08les techniques d'incitation
46:09à la sobriété énergétique.
46:12La famille Pierre-Lau
46:13est entrée
46:14dans le protocole
46:15en 2019.
46:22La ZHAW
46:23nous a fait signer
46:24un document
46:25pour participer
46:26à l'enregistrement
46:27de nos habitudes
46:27de consommation
46:28avec différents types
46:29de suivis.
46:32Moi, dès le début,
46:33j'ai trouvé
46:34que c'était
46:34une très bonne idée.
46:36Dans cette expérience,
46:38les participants
46:39ne reçoivent pas
46:39de consignes explicites
46:40pour économiser l'énergie,
46:42mais un dispositif discret
46:43les incite
46:44à réduire
46:45leur consommation.
46:46Les scientifiques
46:47appellent cela
46:48le nudging,
46:49le coup de pouce
46:50en anglais.
46:53Le nudging est une méthode
46:54pour aider,
46:55voire pousser
46:56le consommateur
46:57à faire des choix
46:58positifs
46:58et pour l'influencer
47:00afin de l'amener
47:01dans la direction
47:02souhaitée.
47:04Comme par exemple,
47:05l'installation
47:06de l'anphiro
47:07dans la douche
47:07qui permet
47:08d'obtenir
47:08un retour
47:09en temps réel
47:10sur la consommation
47:11d'eau chaude.
47:15La banquise
47:15sur laquelle
47:16l'ours polaire
47:16se trouve
47:17fond au fil du temps.
47:19À un moment,
47:20il peut ne plus
47:20y avoir de banquise
47:21du tout.
47:22Je ne l'ai pas su
47:22au début.
47:23C'est ma voisine
47:24qui me l'a dit.
47:25Chaque fois
47:25qu'elle se douchait,
47:26l'ours polaire
47:27n'avait plus de banquise.
47:28Chez nous,
47:29l'ours polaire,
47:29il a toujours
47:30de la banquise.
47:31C'est parce que
47:32nous ne consommons pas
47:32autant d'eau qu'elle
47:33quand nous prenons une douche.
47:36Je regarde
47:36si le bout de banquise
47:37est déjà fondu
47:39et combien de litres
47:40j'ai consommé.
47:43Cela fait appel
47:44à nos émotions.
47:45Les gens se soucient
47:46de l'ours polaire
47:47et veulent le sauver.
47:49Cela a un effet
47:50incitatif.
47:53Quand ça a été installé,
47:54les enfants s'amusaient
47:55à qui consomme le moins.
47:56Moi, j'en ai pris
47:57que 8 litres,
47:58moi que 7.
47:59Au point que nous,
47:59parents,
48:00nous avons dû intervenir
48:01pour leur dire
48:01arrêtez ça,
48:02il faut être propre
48:03à la fin.
48:05Pour réduire encore
48:06la consommation d'énergie,
48:08les scientifiques
48:08ont aussi fait jouer
48:09la comparaison sociale.
48:11Ce même réflexe
48:12qui nous pousse
48:13vers la surconsommation
48:14sert ici à favoriser
48:16des comportements
48:16plus vertueux.
48:21Ici, vous voyez
48:22la consommation d'eau chaude
48:23de la semaine dernière.
48:25Voici ce que nous consommons
48:26et voilà ce que l'ensemble
48:28du quartier
48:29consomme en moyenne.
48:32nous avons bien travaillé
48:33car nous sommes même
48:34parmi les plus économes.
48:37Ce n'est pas la même chose
48:38chaque semaine
48:38mais cette semaine,
48:40nous avons bien fait.
48:42En haut,
48:43vous pouvez même voir
48:44le smiley qui est en train
48:45de sourire,
48:46ce qui signifie
48:46que nous avons bien
48:47géré notre consommation.
48:50On était fiers
48:51de recevoir un bulletin
48:52d'information comme ça
48:53qui disait
48:54qu'on avait assuré.
48:57C'est bien,
48:58ça flatte l'ego.
49:03Régulièrement,
49:04Bernadette Suterlin,
49:05qui coordonne l'étude
49:06pour l'université de Zurich,
49:08informe les participants
49:09sur les avancées
49:10de l'expérience.
49:12Grâce aux installations
49:14d'Enfiro,
49:15la consommation totale
49:16d'eau chaude
49:16a été réduite
49:17de 10%.
49:18Et grâce
49:19au bulletin d'information,
49:20la consommation d'eau chaude
49:21a été réduite
49:22de 5% supplémentaire.
49:24En d'autres termes,
49:25nous avons obtenu
49:26en tout une réduction
49:27de la consommation
49:27d'eau chaude
49:28de 15%.
49:31L'expérience
49:32est toujours en cours.
49:35Si les résultats
49:36se confirment,
49:37le dispositif
49:38pourrait être déployé
49:39à plus grande échelle.
49:42En Grande-Bretagne,
49:44il y a une équipe
49:45d'analyse comportementale
49:46appelée BIT
49:47qui est aussi connue
49:48sous le nom
49:48de Nudge Team.
49:50Et ils s'en développent
49:51partout dans le monde.
49:52Ça pousse
49:53comme des champignons.
49:54Et la plupart
49:55rencontrent
49:55beaucoup de succès.
49:58Le Nudging
49:59donne des résultats
50:00à peu de frais
50:01et sans mécontenter
50:02l'opinion.
50:03Mais la technique
50:04ne modifie
50:05les comportements
50:06qu'à la marge.
50:08C'est un ensemble
50:10d'outils très importants
50:11que nous pouvons utiliser
50:12pour facilement
50:12changer le comportement
50:13des gens.
50:14Mais vous ne pouvez pas
50:15les pousser
50:16à utiliser un service
50:17de bus
50:17qui n'existe pas.
50:19donc il faut
50:20des changements
50:21structurels plus vastes,
50:22des changements
50:23d'infrastructures,
50:24des avantages économiques,
50:25etc.
50:26Il faut changer
50:27encore beaucoup de choses.
50:31C'est toute la complexité
50:33de la situation.
50:36Difficile de changer
50:37les comportements
50:38individuels
50:39dans une société
50:39qui persiste
50:40à promouvoir
50:41la consommation
50:42et une croissance
50:42économique incompatible
50:44avec la réduction
50:45des émissions carbone.
50:48On doit réinscrire
50:50l'économie
50:52dans la société humaine
50:53et la société humaine
50:54dans la biosphère.
50:56Et que tout ça,
50:57évidemment,
50:57la biosphère,
50:58elle a ses propres lois
50:59et que donc
51:00ce qui est au centre,
51:01le petit bout,
51:01il doit absolument
51:02tenir compte aussi
51:03de ces lois naturelles.
51:06La réponse
51:06à la menace climatique
51:08relève d'un changement
51:09profond
51:10des politiques publiques
51:11et du fonctionnement
51:12de notre société.
51:14Et elle se joue aussi
51:15à l'échelle individuelle.
51:18Piégée par nos habitudes
51:19de pensée,
51:20il nous faut apprendre
51:21à mieux connaître
51:22notre cerveau,
51:23refuser ses mauvais réflexes
51:25et dissiper
51:26les illusions
51:26qu'il fabrique
51:27pour enfin regarder
51:29la réalité en face
51:30et faire les choix
51:31personnels
51:31qui s'imposent.
51:32qui s'imposent.
52:02qui s'imposent.
52:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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