00:00Donc, on a dû les placer à la DAS, donc on a vu les enfants faire des adieux assez déchirants,
00:07je dirais, à leurs parents,
00:10quand l'assistante sociale est venue pour les chercher. C'est des trucs qui te toussent, quoi.
00:14Donc, même si j'ai été habitué à avoir des horreurs, quand j'étais à la crime et tout, les
00:19familles victimes, les cris des familles, tu les oublies pas, ça te blinde jamais.
00:23Celui qui dit « j'ai blindé », c'est pas vrai, je peux pas le croire. C'était très
00:25émouvant.
00:26Et puis, c'était un mec atypique, c'était pas un saleux mec, il y avait un resté mutuel avec
00:30les collègues, avec tout le monde, tu vois, comme il est, il est pareil, comme ça, dans la vie, quoi.
00:34Donc, voilà, donc les enfants sont partis, c'était là aussi pas très fier, mais c'est comme ça.
00:38Et puis, tous les deux, ils se sont fait des bisous, Véronique, elle était sur tes genoux, je me rappelle.
00:44Avant qu'ils me fassent une proposition un peu bizarre.
00:48La douche !
00:49Ouais, ouais, ouais.
00:50Oui, mais il faut expliquer, là.
00:5348 heures de garde à vue, c'est...
00:55Donc, les enfants d'autre, hein, t'es crado, tu t'es pas lavé, etc.
00:59Donc, j'ai dit, tu veux prendre une douche avant, le mec est correct.
01:02Il y a une douche au service ?
01:03On avait une douche de notre douche.
01:05Ouais.
01:05Donc, il me dit, bah, ouais, si je peux, ok, volontiers, donc je vais amener à la douche.
01:09C'est vrai qu'il y avait une fenêtre qui n'avait pas de barreau, puisque c'était notre douche,
01:14mais qui donnait sur la cour d'honneur de l'évêché.
01:16Non, il se dit, je te mets pas les menottes si tu fais pas le camp.
01:19Il m'a dit, parole, je bougerai pas.
01:21Mais c'était pire que de m'en mettre les menottes, il m'aurait laissé les menottes,
01:24j'aurais peut-être sauté par la fenêtre, sans savoir qu'il y a quelqu'un en moi.
01:27Maintenant, à partir du moment où il me dit, je peux pas, tu me donnes la parole.
01:29Mais je l'ai cru, tu vois.
01:30Il y a une histoire de parole, décidément.
01:32Mais je l'ai cru.
01:33Mais je l'ai cru, je l'ai cru, c'est comme ça.
01:35Après, ils sont partis au trou, et puis quelques jours après, je suis allé voir ses enfants à la DAS.
01:43Ça m'a fait de la peine, tu vois, ces deux enfants qui étaient perdus.
01:46Oui, tout petit.
01:47Et je leur ai amené des jouets, je suis allé plusieurs fois, tu vois.
01:50Alors, ils étaient contents, et puis ils m'avaient reconnu, tu vois.
01:54Oui, ils comprenaient ce qui se passe.
01:55Oui, mais bon, j'avais l'impression qu'ils avaient oublié, parce que j'avais amené des jouets et tout.
01:59Et il y a quelques temps, j'ai eu ton fils, l'aîné, qui est grand, il a 30 ans
02:04maintenant, il a 30 ans.
02:05Il s'en rappelle, il me dit, ouais, je me rappelle, j'ai eu le téléphone, il m'a dit,
02:08tu m'avais amené à un théâtre de guignols.
02:10Et tac, ça, ça m'est revenu, je sais même où je l'avais appelé.
02:12Pour savoir, c'est quelques temps plus tard, un mois plus tard, le 14 octobre, moi j'ai fait un
02:16témoin de septembre,
02:16et le 20 novembre, c'est l'anniversaire de mes deux enfants.
02:18Il est allé, pour l'an dernier, je ne m'a pas.
02:20Bon, mais ça, je suis allé, mais moi, ça m'a fait du bien, je ne vais pas, tu vois.
02:25Ça m'a déculpabilisé, mais j'ai compris.
02:29Donc, je suis là.
02:31Et après, la finance sociale m'a dit, non, mais ne venez plus, parce qu'on dirait qu'il s
02:35'attache un peu à vous, donc je ne suis plus allé.
02:37Voilà, et puis l'histoire s'arrête là.
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