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  • il y a 1 jour
Invité sur TV5 Monde, Patrick Sébastien livre un témoignage sans détour, évoquant Johnny Hallyday ainsi que son regard critique sur le milieu télévisuel. Une intervention directe qui mêle souvenirs, opinions personnelles et analyse du paysage médiatique.

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Transcription
00:00– Immensément populaire, Patrick Sébastien, le mot populaire a pu être inventé pour lui.
00:11– Bonjour Patrick, ça s'appelle vivre.
00:13– Non, il ne faut pas exagérer non plus, immensément, de moins en moins d'ailleurs.
00:17– Mais c'est un joli mot populaire, c'est un joli mot.
00:20– Ah bon, ça a toujours été un mot que j'ai bien aimé, oui, oui, bien sûr.
00:23Je viens du peuple, comme on dit d'en bas.
00:27J'y étais bien et je ne l'ai jamais oublié, je n'oublierai jamais.
00:30– Mais on te le renvoie dans la figure, sans arrêt.
00:32– Ça, ce n'est pas une insulte, c'est au contraire, c'est un compliment pour moi.
00:37– Oui, alors on va en parler, parce que dans ce livre, c'est les dernières années, les derniers mois.
00:43– C'est les derniers mois, oui.
00:44– Et tu dis, c'est Pearl Harbor ma vie, viré de la télévision, un cancer, séparé de ma femme.
00:51– Oui, mais en fait, j'ai écrit le bouquin, tous mes bouquins, tous les gens qui me suivent,
00:56j'ai écrit déjà le bouquin en exutoire, parce que quand on écrit, ça fait du bien de se lâcher,
01:05même si ce n'est pas lu, je le conseille à tout le monde d'ailleurs.
01:08Mais c'est vrai que j'ai ramassé cher, comme on dit, les deux dernières années.
01:12Par rapport à d'autres, je te rassure, c'est convenable.
01:16Il y en a qui ramassent beaucoup, beaucoup, beaucoup plus que moi.
01:19Mais enfin, quand même, j'ai pris donc cette exclusion de la télé,
01:22complètement dégueulasse, si tu veux le fond de ma pensée et tout.
01:25Bon, enfin, mais ça, c'est passé, c'est loin, voilà.
01:30Mais il faut se reconstruire derrière.
01:32Et puis derrière, j'ai eu une séparation avec mon épouse.
01:35Mais alors, c'est pareil, j'ai écrit le livre pour montrer qu'on peut se séparer sans se déchirer.
01:42Les séparations engendrent tellement de drames, tellement de déchirures,
01:46tellement de drames avec les gamins.
01:48Mais nous, on s'est séparés tout simplement au bout de 30 ans.
01:50On vit chacun notre vie de notre côté.
01:52Mais on continue à bosser ensemble.
01:54On est présents tous les jours.
01:55On s'appelle cinq fois par jour.
01:57Et donc, c'est une séparation.
01:59C'est parce que j'ai lu dans les bouquins à Scandale,
02:01qu'il s'est fait larguer par sa nana.
02:04C'est pas vrai.
02:04D'un commun accord, on a décidé que nos vies sentimentales étaient chacune de leur côté.
02:11Et puis, on reste plus qu'amis.
02:13Mais ça fait beaucoup quand même.
02:14Et en plus, ça m'a permis d'appuyer ma théorie sur ce que doit être l'amour.
02:21Pour moi, l'amour, c'est accepter que l'autre soit heureux en dehors de toi-même.
02:25Tu vois ?
02:26Donc, il y a un truc qui tue l'amour, c'est la possessivité.
02:30Et donc, j'estime que personne n'appartient à personne.
02:33Il n'y a pas plus féministe que ça.
02:35Donc, moi, je me réjouis du bonheur de la personne qui est avec moi.
02:41Oui, mais c'est à cause de tout ça que tu es tombé malade ?
02:43Non, ce n'est pas à cause.
02:44Parce que quand même !
02:45Il y a plein de causes.
02:50Forcément que le stress, tout ça, ça t'entraîne des maladies.
02:53On le sait.
02:54Ce n'est pas moi qui l'ai inventé, les toubibs.
02:56Mais ce n'est pas pour ça que j'ai eu...
02:57Donc, on m'a trouvé...
02:59C'est une chance.
03:00J'ai appelé ça un cancer.
03:02Vous êtes dans le cancer.
03:02On va trouver une tumeur au rein, mais sans radiothérapie, sans chimio.
03:09Parce que j'en connais qui font des chimios, c'est très dur.
03:11Enfin, quand même, il fallait la virer à temps.
03:14Donc, on m'a ouvert.
03:16J'ai fait 8 heures d'anesthésie, mon pourret d'opiace et tout.
03:19J'ai une grande cicatrice ici.
03:21Mais bon, ça fait partie du truc.
03:22Mais c'est vrai que tout ça, cumulé, ça fait beaucoup de choses.
03:26C'est pas à l'arbore.
03:27C'est ce que tu dis dans le bouquin.
03:28Parce que ça tape dans la tête, ça fait beaucoup, beaucoup, beaucoup.
03:31Et en même temps, plus ajouté au passé, tu vois, à tout ce qu'il y a eu dans le
03:34passé.
03:35Et en même temps, regarde, je suis là.
03:38Alors, le premier message du bouquin, c'est de dire que si on t'annonce cancer, ça veut pas dire
03:42que t'es mort.
03:43Parce que dans le temps, moi, je me rappelle, quand on disait cancer, c'est presque un arrêt de mort,
03:46tu vois.
03:47Ben, je suis guéri, regarde, je suis en pleine bourre.
03:50Ça va très, très bien.
03:52Comme quoi, ça se guérit.
03:53Ça, c'est le premier message d'espoir qu'il y a dedans.
03:56Et puis après, il y a plein d'autres messages par rapport au couple, par rapport à la télé.
04:01Ce que m'avait dit ma maman quand j'ai perdu mon fils, c'est que ce n'est pas
04:04la fin de quelque chose, c'est toujours le début d'autre chose.
04:07Ça, c'est une phrase clé qui permet de renaître chaque jour.
04:11C'est ça.
04:12Parce que le bouquin, c'est à la fois un traitement personnel, c'est pour moi, c'est tout à
04:17fait égoïste.
04:18En écrivant, on se fait du bien, plutôt que d'aller voir un psy.
04:21Et puis, je transmets depuis des années à des gens des solutions, peut-être, pour se sortir des emmerdements.
04:29Oui, oui, mais quand même, sur la maladie, sur le cancer, tu dis, c'est après la vaccination, on m
04:35'empêchera pas de penser quand même que...
04:37Alors, pour qu'on soit clair là-dessus, parce qu'il y a une espèce de polémique autour de ça.
04:41– La vaccination contre le Covid !
04:43– Oui, alors, je vais t'expliquer. Moi, je me suis fait vacciner.
04:46Voilà, parce que quand je suis malade, je ne regarde pas les réseaux sociaux,
04:51parce que là, sur les réseaux sociaux, j'ai l'impression qu'il y a un million de toubibs.
04:53Moi, je vais voir mes toubibs.
04:55Et à l'époque, mes toubibs m'ont dit, Patrick, fais-toi vacciner, ça va t'éviter une forme grave.
04:59Donc, j'ai écouté mes toubibs.
05:01Donc, j'ai eu la vaccination, et je pense que ça m'a évité des formes graves.
05:05Voilà, puisque je n'ai eu aucune forme grave.
05:08En même temps, à côté de moi, j'ai vu des gens vaccinés être en réanimation le soir,
05:12j'ai vu beaucoup de choses, et il se trouve que derrière la vaccination,
05:16je me suis retrouvé avec du diabète, prostatine,
05:20des choses que je n'avais jamais eues avant.
05:22Donc, je me suis juste posé la question.
05:25Je n'affirme rien.
05:27Je ne dis pas...
05:27C'est pour ça que j'en veux autant aux intégristes d'un côté que de l'autre.
05:31Autant à ceux qui disent, c'est forcément le vaccin qui donne ça,
05:34ce n'est pas prouvé, et les autres qui disent, mais non, ça ne peut pas être le vaccin qui
05:38donne ça.
05:40Moi, franchement, je suis au mieux.
05:43Je ne sais pas.
05:43J'attends que des gens compétents viennent me dire,
05:48à coup sûr, on vous apporte la preuve qu'il n'y a aucun effet secondaire.
05:51Parce que ça, la seule chose qui m'a choqué dans cette histoire, c'est ça.
05:55C'est que n'importe quel médicament, j'en sais rien, du doliprane, des trucs inoffensifs,
06:03tu sais, sur les notices, il y a une liste d'effets secondaires, ça n'en finit pas.
06:06Là où on nous a injecté un truc, sans nous dire, il y a ce risque d'effet secondaire.
06:12Et quand on parle au pro-vaccin, ils disent, il n'y a pas d'effet secondaire.
06:15Mais il y en a forcément.
06:17Alors, je ne dis pas que tout est lié.
06:19Donc, on ne dit pas tout.
06:20C'est ça que vous dit ?
06:22Tu sais, j'ai eu des échos, alors j'ai discuté avec des amis à moi
06:27qui sont dans des professions médicales, à qui on a dit,
06:29qui ont reçu des mails de leur autorité supérieure, leur disant,
06:34si des clients sont malades et vous disent que c'est les effets secondaires du vaccin,
06:38dites-leur surtout que non, parce qu'on pourrait vous traiter de charlatan.
06:41– Mais c'est grave, c'est grave.
06:43– Moi, j'ai eu ce témoignage, j'ai vu, j'ai vu les mails en plus.
06:46– Tu sais, c'est très compliqué.
06:52Je pense qu'on a sauvé une grande part des gens.
06:57Je pense que.
06:58Et puis que, peut-être qu'il y a un principe de sauvegarde,
07:02il y a un principe de sacrifice d'une partie pour en sauver plein de monde.
07:04– C'est horrible, ça.
07:05– Oui, c'est horrible.
07:07– Tu dis, au fond, si on avait voulu éliminer tous ceux qui ne sont pas productifs,
07:10les vieux, on ne s'y serait pas pris autrement.
07:12– C'est pas tellement ça.
07:13J'accuse pas.
07:13Non, non, je pense qu'il n'y a aucune volonté.
07:16Je pense qu'il n'y a aucune volonté.
07:17Mais j'ai fait une comparaison avec le débarquement.
07:21On a sacrifié des gens sur les plages du débarquement
07:25pour sauver la paix du monde.
07:27Je pense que dans cette histoire,
07:30il y a des gens qui ont eu des effets, effectivement,
07:32qui ont été nocifs, mais que ça en a sauvé une grande partie.
07:35Donc franchement, je ne suis ni d'un côté, je ne suis pas accusateur,
07:40je ne suis pas, c'est tous des salauds, etc.
07:43– Ni complotistes, ni complotistes.
07:47– Mettez la jefti que vous voulez, je m'en fous.
07:49Si on a envie de dire que je suis complotiste, je suis complotiste.
07:51Si on a envie de dire que je ne le suis pas, je le suis.
07:52Ce n'est pas ça l'important.
07:53J'ai eu la conversation avec Raphaël et Nthoven récemment,
07:56parce que j'aime beaucoup ce garçon et qu'on a discuté,
07:59et il me disait que le simple fait de dire ça,
08:02c'était instiller une rumeur.
08:03C'est-à-dire que lui, il m'expliquait que le doute et le soupçon
08:08étaient quelque chose de différent.
08:10C'est-à-dire que je soupçonnais.
08:11Et il me disait, c'est à toi d'apporter la preuve de ton doute.
08:15Alors que moi, je prétends que c'est aux autres à m'apporter la preuve de leur certitude.
08:19Ce n'est pas à moi d'apporter la preuve d'un doute.
08:22Je pense que c'est à ceux qui sont sûrs de m'apporter la preuve d'une certitude.
08:25– Mais Patrick, à 2h du matin, échange de SMS avec Emmanuel Macron, là-dessus ?
08:31SMS où tu lui dis, tu dis au président de la République,
08:35à 2h du matin, il y a des soucis avec les effets secondaires, etc.
08:39– Parce que, tu sais, on m'a beaucoup parlé de ça.
08:41Moi, je ne suis pas un intime, on s'est vu deux fois dans notre vie.
08:45Mais je trouve que, de temps en temps, j'ai la chance d'avoir son numéro.
08:48Donc je lui remonte des infos, je lui remonte des…
08:50Je ne demande rien pour moi, sinon je serai encore à la télé.
08:53– Il n'a pas empêché que tu sois viré.
08:55– Oh non, depuis que je lui ai surtout pas demandé.
08:58Non mais je remonte des infos d'en bas, c'est-à-dire que chaque fois que je peux,
09:01on ne me répond pas tout le temps, chaque fois que je peux,
09:04en ce moment-là, le problème, c'est comment on remplit le caddie et puis l'insécurité.
09:09Donc je remonte à chaque fois ce que j'entends d'en bas.
09:12Et là, effectivement, je me suis permis d'envoyer un message
09:15où il m'a répondu vraiment très bien.
09:17Son point de vue n'était pas le mien, parce que quand j'ai envoyé ce message,
09:20en lui disant, ben voilà, j'ai eu ça, ça, ça, j'ai pas trop confiance,
09:24il m'a dit, je pense que ça n'a rien à voir, mais je vais faire attention, etc.
09:29Donc c'est un dialogue où j'essaie d'alerter les gens.
09:32J'ai la chance de pouvoir le faire.
09:34N'importe qui ne peut pas avoir accès à ça.
09:38J'ai la chance de pouvoir être l'interprète de ça.
09:40Ça veut pas dire que je suis un soutien inconditionnel.
09:42Moi, j'ai voté blanc, de toute façon.
09:44Je te dis franchement, j'ai voté blanc parce que rien ne me convient.
09:49Mais si je peux essayer de faire avancer des choses,
09:53alerter sur certaines choses, j'ai alerté aussi pendant le Covid,
09:57sur les jauges, sur les problèmes des intermittents et tout ça,
10:01si je peux le faire, je ne te dis pas que c'est suivi des faits,
10:04mais c'est entendu.
10:06C'est déjà ça.
10:06Si tu veux ma satisfaction, je vois la photo du cabaret derrière là.
10:11C'est qu'on est en tournée avec le plus grand cabaret du monde
10:14et qu'on fait rêver encore des milliers, des milliers de gens
10:17dans les spectacles qu'on fait dans les Zénithes.
10:19Et cet été, je faisais un autre spectacle avec mes musiciens, mes chansons.
10:24Et dans mon public, alors là, je suis sur le cul parce que depuis deux ans,
10:28j'ai des mômes qui ont entre 14 et 22 ans qui sont au taquet.
10:32Ils connaissent toutes mes chansons par cœur.
10:33Je ne suis pas allé les chercher ces gamins.
10:35J'ai 68 balais, je suis un vieux fourneau, moi, pour eux.
10:38Eh bien, ils sont là quand même.
10:40Et puis le cabaret, il y a plein de gens qui viennent de toutes les générations.
10:45La télé, pour moi, ça a été un accident dans ma vie.
10:48Moi, je suis un artiste de scène, avant tout,
10:50qui a fait des trucs bien, qui a fait des trucs moins bien,
10:52qui est critiquable, qui est tout ce qu'on veut.
10:54Mais j'ai quand même encore un public qui me suit.
10:56Puis moi, je suis en bout de course, là, c'est fini.
10:58Non, mais ce qui est formidable dans ce livre aussi,
10:59c'est que tu t'interroges sur la notoriété.
11:01Qu'est-ce que c'est tout ça ?
11:03C'est tellement fragile.
11:04Tu t'interroges aussi sur ce qu'on a dit de toi,
11:07les caricatures qu'on a fait de toi.
11:09Mais c'est tellement fragile.
11:10Et puis là, regarde, le type qui dit,
11:13putain, c'est génial.
11:14Regarde, on est en train de parler, là.
11:15On est en train de parler.
11:16Ça va passer.
11:17Et il va y avoir des mecs,
11:19je ne comprends pas qu'on puisse faire ça de sa vie,
11:22qui vont être derrière leur ordi
11:23et qui vont prendre un bout de phrase, un bout de machin.
11:25Ils vont dire, c'est le bof, quoi.
11:27Et puis, non, mais dans les deux sens.
11:29Ils vont dire, oh, c'est formé.
11:30Ou ils vont dire, oh, c'est de la merde.
11:31Moi, tu ne peux pas savoir ce que j'entends.
11:33Et alors, ils disent, oh, qu'est-ce qu'il est égocentrique.
11:35C'est vrai que quand je fais une interview,
11:36on me pose des questions sur moi.
11:37Je réponds.
11:38Mais qu'est-ce qu'il y a de plus égocentrique
11:39que d'envoyer un message sur un site
11:41dont personne n'a rien à foutre
11:42en disant, moi, je pense que.
11:43Tu vois, donc, tout ce truc-là,
11:48dedans, il y a des bonnes choses.
11:49Mais tout ce truc-là, au bout d'un moment,
11:51c'est insupportable à vivre.
11:53Parce que c'est faux.
11:54Parce que le monde des médias d'aujourd'hui
11:56et des réseaux où il y a des choses très bien,
11:59te prend un bout de phrase.
12:02Là, de l'entretien qu'on a eu,
12:03il y en a plein qui vont prendre un tout petit bout
12:05pour en faire un clash.
12:07Ce n'est pas beau.
12:09Mais quand même.
12:10Ce n'est pas mon monde.
12:10Mais attends, ce n'est pas mon monde.
12:12C'est pour ça que je fuis ce monde-là.
12:13Là, je fais de la promotion
12:14parce que j'ai envie que les gens lisent le livre.
12:18C'est-à-dire, au lieu de prendre des petits bouts,
12:20qu'ils lisent le complet.
12:21Donc, c'est pour ça que je suis obligé de passer par ça.
12:23Mais quand même, c'est intéressant que tu dises
12:24que les rats ont quitté le navire,
12:26que tous les sireurs de pompe se sont barrés.
12:28C'est normal.
12:29Que les prêtres...
12:30Ce n'est pas que les artistes, c'est ça.
12:31Oui, mais ce milieu est un milieu de...
12:33Non, non, non, non.
12:33Ce n'est pas que les artistes.
12:35Tu sais très bien que quand tu as un contre-temps,
12:37quand tu as un contre-coup,
12:38c'est au niveau d'une entreprise,
12:40c'est au niveau d'une maladie,
12:41au niveau du quotidien de chacun,
12:42les amis se barrent dès que ça ne va pas.
12:44Il ne reste que les vrais amis.
12:47Ceux qui sont sincères,
12:48c'est ceux qui sont là quand ça va mal.
12:49Moi, j'en ai qui sont autour de moi,
12:51qui sont là, ça allait mal et qui ont été là.
12:53Mais ça, ce n'est pas artistes.
12:54C'est n'importe qui dans la vie.
12:56Oui, mais quand tu racontes Johnny,
12:58complètement bourré dans un resto tout seul,
13:00qui prenne...
13:01Non, mais toi, tu te dis,
13:02voilà, tous ceux qui s'éfficacientent,
13:04qui sont derrière.
13:05C'est cela.
13:06C'est des faux.
13:07C'est un exemple de ce que je viens de te dire à l'instant.
13:10Il y a des mecs qui ont marqué dans les sites,
13:13tu sais,
13:14Patrick Sébastien dit de Johnny
13:15que c'est un pantin ridicule, etc.
13:17Alors, tu as tous les fans de Johnny
13:18qui se disent, mais comment il l'insulte ?
13:19Ce n'est pas ça, l'histoire.
13:20Non, tu racontes que c'est bourré à gueule
13:22avec des efficaciettes pour un anniversaire ou un mariage.
13:25L'histoire, c'est que c'était un anniversaire
13:26qui se passait dans une salle privée.
13:28Il y avait un autre restaurant à côté
13:30dans lequel je mangeais par hasard
13:31et Johnny, il était bourré.
13:33Moi, je me suis pris des cuites avec lui,
13:34je te rassure.
13:35On a bien rigolé ensemble
13:36et puis j'adorais cet homme.
13:39Puis là, il était bourré
13:40puis il a traversé la salle
13:41et puis il tombait, etc.
13:43Et ce que je disais,
13:44c'est qu'il n'y a pas un de ses amis
13:46qui est venu le chercher en lui disant
13:47bon, stop, là,
13:49tu es en train de te donner en spectacle.
13:51Tu vois ce que je veux dire ?
13:52C'est aller, venez, mille heures.
13:54C'est tout juste si les gens applaudissaient pas
13:56quand ils se cassaient la gueule
13:58parce qu'ils voyaient Johnny bourré.
13:59Et moi, je me dis que les potes
14:01qui étaient dans la salle à côté
14:02avec qui ils payaient la bouffe,
14:03il n'y en a pas un qui s'est levé
14:04pour venir dire
14:05allez Johnny, relève-toi.
14:08Reste pas comme ça, quoi.
14:11Et c'est ça, c'est simple.
14:12C'est ça, mais même pour le...
14:13Tu dis pour la mort de Johnny,
14:15pour les obsèques,
14:15le bal des faux-culs.
14:17Tu le dis.
14:17Oui, mais...
14:18C'est pareil.
14:18Moi, c'est un regard.
14:19C'est un regard que j'ai.
14:20J'accuse pas, je regarde.
14:22On sait très bien,
14:22on a vu ce qui s'est passé derrière.
14:25C'est pas simple,
14:26mais c'est les apparences.
14:27Aujourd'hui, j'emploie une phrase
14:29dans le bouquin.
14:30Je dis que la vérité
14:31devrait être un phare
14:32P-H-A-R-E
14:35et que c'est son homophone.
14:37C'est un phare F-A-R-D.
14:39C'est-à-dire que si on est dans les médias,
14:41c'est le domaine des apparences,
14:43des faux-semblants.
14:44C'est pour ça que des fois,
14:45je choque avec mon bouquin
14:47ou avec ce que je dis
14:48parce que moi,
14:49j'ai décidé d'être transparent en tout.
14:50Pas de faux-semblants.
14:52Donc ça attire forcément
14:54la vindicte des...
14:55– Non, mais on parle des faux-culs.
14:56Un type qui veut être président de la République,
14:59que tu rends compte,
15:00tu ne cites pas son nom
15:01et qui te dit
15:02mais on s'en fout des promesses,
15:03de toute façon,
15:04on ne les tiendra pas.
15:04– Non, non, la phrase,
15:05c'est pas ça.
15:06– Et tu dis,
15:06il va y arriver,
15:07il va finir par être président de la République.
15:09– Non, la phrase,
15:09c'est tout ça.
15:10– On se demande qui c'est.
15:11– Je ne te dirai pas qui c'est
15:12parce que je ne suis pas une balance.
15:14Mais la phrase,
15:15c'est quelqu'un avec qui j'ai discuté
15:17du métier de politique,
15:19ce qu'il fallait...
15:20C'est une discussion tout à fait amicale
15:22pour y arriver,
15:23il faut du travail,
15:24machin et tout.
15:25Et cette personne était dans...
15:27prête à se lancer
15:28dans une élection présidentielle.
15:31Et je lui ai dit,
15:32mais au bout d'un moment,
15:33j'ai dit,
15:33mais pour les gens,
15:34tu fais quoi ?
15:35Il m'a dit,
15:35mais tu t'en fous des gens.
15:36Et c'est vrai que cette phrase,
15:38je me rappelle,
15:38Nana, elle était avec moi,
15:39elle m'a dit,
15:40tu t'en fous des gens,
15:41de toute façon,
15:43les promesses,
15:43il les oublie,
15:44le principal,
15:44c'est d'y être
15:45et pour y arriver,
15:45il faut faire tout ce qu'on peut.
15:47C'est vrai que la phrase,
15:48elle m'a choqué.
15:49Après, elle a rattrapé le coup
15:50en me disant,
15:50de toute façon,
15:51si tu n'y es pas,
15:52si tu n'as pas le pouvoir,
15:53tu ne pourras rien faire pour eux.
15:54Ce qui n'est pas illogique.
15:55Mais tu t'en fous des gens,
15:57ça m'a un peu choqué.
15:58– Oui, le type va devenir président,
16:00tu dis, il a réussi.
16:00– Oui, mais je ne vous dirai pas qui c'est.
16:02– Mais c'est vrai que
16:04c'est tout un chapitre sur la politique.
16:09Moi, je suis un artiste.
16:10Je peux venir dans les médias
16:12de temps en temps.
16:13Mais eux,
16:14moi, ce que je vois là,
16:16aujourd'hui,
16:16je les vois plus souvent d'ailleurs
16:18sur les plateaux télé qu'ailleurs.
16:20Et puis quand ils sont,
16:21j'en connais quelques-uns,
16:21quand ils sont sur les plateaux télé,
16:24ils parlent,
16:25ils parlent,
16:25ils parlent,
16:25bon, OK.
16:26Et puis ils rentrent à la maison.
16:28Et puis la première chose qu'ils demandent,
16:30ce n'est pas,
16:30est-ce que mon message
16:31peut faire du bien au pays ?
16:32Mais le propre truc qu'ils demandent,
16:33c'est,
16:33j'ai été bon
16:35comme un artiste,
16:36tu sais.
16:36J'ai été bon à la télé.
16:37C'est ça.
16:38C'est devenu,
16:39ils nous ont piqué notre job,
16:40en fait.
16:41Ils nous ont pris notre job.
16:42Moi, je vois des trucs,
16:44je suis ahuri, quoi.
16:45C'est pour ça que j'ai voté blanc.
16:47C'est pour ça que je pense
16:48qu'il y a une colère dans ce pays
16:50qu'on n'a pas le bon représentant.
16:52Voilà.
16:52C'est pour ça que je ne peux pas
16:54soutenir ni les uns
16:55ni les autres.
16:56Je pense que Macron,
16:57il fait le job.
16:58Voilà.
16:58C'est un homme
16:59qui est brillant,
17:01qui est, etc.
17:02Moi, je n'ai pas un soutien
17:03absolu, inconditionnel,
17:05mais le mec est brillant,
17:06il a des...
17:07Il est là, quoi.
17:09Après,
17:11alors en disant ça,
17:12je vais dire,
17:13oh, il soutient ce sale.
17:14C'est quoi ils sont.
17:14C'est comme quand tu as dit
17:15un jour,
17:17je trouve que Zemmour
17:17est intelligent.
17:18Alors là,
17:18tu t'es fait fumer.
17:20Alors, c'est marrant.
17:21Non, non.
17:21C'est parce que j'ai dit,
17:22je trouve que Zemmour
17:23est intelligent, brillant,
17:24mais je n'adhère pas du tout
17:24à son programme.
17:25Donc, ils ont regardé
17:26que le début
17:27et ils m'ont fait passer
17:28pour un soutien à Zemmour,
17:28ce que je ne suis absolument pas,
17:30pas plus que je suis un soutien
17:31à Mélenchon et tout ça.
17:32Non, je pense que...
17:33Moi, je suis pour une révolution
17:35humaniste et non violente.
17:37Mais le représentant,
17:38c'est de l'utopie totale,
17:39je te rassure.
17:40Mais comme tu étais
17:41avec les Gilets jaunes au début.
17:42Oui, parce que la révolte
17:43du début,
17:44elle était vachement sincère.
17:46Il y a un mec
17:46que j'aime bien,
17:47c'est Roussel.
17:48J'aime bien le discours
17:49de cet homme.
17:50Voilà.
17:51Mais ça s'arrête là.
17:51Tu aimes bien le barbecue,
17:52par exemple,
17:52comme Roussel.
17:53Non, mais attends.
17:55Sandrine Rousseau,
17:56je ne peux pas,
17:56je suis désolé,
17:57excuse-moi,
17:57je ne peux pas.
17:59Est-ce que...
18:00Je ne peux pas
18:00parce que c'est une femme.
18:02Parce que si je dis ça,
18:02on va dire
18:03c'est parce que c'est une femme.
18:04Non, ce n'est pas
18:04parce que c'est une femme.
18:05Ce serait un mec,
18:06je ne pourrais pas non plus.
18:07Voilà, le discours...
18:08C'est-à-dire qu'en fait,
18:09tu ne peux pas, pourquoi ?
18:09Mais je ne peux pas
18:10parce que c'est incohérent.
18:12Parce que je ne sais pas,
18:12moi, ce que j'ai entendu,
18:13je ne connais pas bien.
18:14Je n'ai rien contre elle,
18:22avancer les choses
18:23avec de l'intelligence,
18:25de la compréhension
18:27et beaucoup plus de mesures.
18:29Et beaucoup plus de mesures.
18:31Là, ce que je vois,
18:32ça ne fera pas avancer les choses.
18:34Moi, je veux bien
18:34que le discours féministe,
18:36il est parfait.
18:37Moi, je suis 1000%
18:38pour libérer la parole des femmes.
18:39Seulement, ce que je vois,
18:40c'est qu'à la sortie,
18:41il y a de plus en plus d'agressions.
18:43Donc, il y a quelque chose
18:43qui ne passe pas.
18:44C'est que le discours n'est pas bon.
18:46C'est qu'il faut peut-être
18:46le changer.
18:47Il faut s'adapter.
18:48Le but, c'est qu'il y ait
18:49de moins en moins d'agressions.
18:51C'est que je suis un véritable féministe.
18:53Moi, j'ai connu
18:54les féministes du départ.
18:55D'ailleurs, j'étais très content
18:56de ce qu'a dit Elisabeth Badinter.
18:58On arrête de mettre
18:59tous les hommes
18:59dans le même panier.
19:00Ce n'est pas des salauds
19:01en puissance.
19:02Aujourd'hui, il y a une suspicion
19:03sur tous les hommes.
19:04C'est complètement stupide.
19:05Mais en même temps,
19:06c'est normal que PPDA,
19:07tu en parles.
19:08Je ne sais pas.
19:09J'en parle pas.
19:10Non, non, non.
19:10Qu'il y ait des...
19:11Oui, la parole se libère.
19:14Non, non.
19:14Qu'on libère la parole,
19:15tu dis, je suis d'accord
19:16à 1000%.
19:18Non, non, sur PPDA
19:19et sur les autres,
19:20je les ai juste cités
19:22pour dire que...
19:22Ce n'est pas parler des réseaux.
19:23C'est pour dire
19:24qu'il y avait un tribunal
19:25médiatique aujourd'hui
19:26qui jugeait avant
19:27le vrai tribunal.
19:29Pour l'instant,
19:30ils ne sont ni coupables
19:31ni pas coupables.
19:32Moi, je ne sais pas.
19:33Je ne suis pas juge.
19:34Mais ils sont déjà...
19:36Tous ceux-là sont déjà
19:37condamnés par l'opinion publique.
19:39Voilà.
19:39Et ça, ça m'a toujours gêné
19:40qu'on condamne
19:41dans l'opinion publique
19:42avant de condamner en vrai.
19:43S'ils sont coupables,
19:44qu'ils prennent un maximum.
19:45Parce que moi, pour ça,
19:46je serais impitoyable.
19:47C'est vrai que je suis...
19:48Mais je te dis,
19:49je suis à 1000%
19:50pour ce discours.
19:52Les anciennes féministes
19:53du départ,
19:54elles n'aiment pas trop
19:55ces filles d'aujourd'hui.
19:56Parce que le but,
19:58c'est de faire du bien
19:58à la femme.
19:59C'est d'éviter
20:00qu'il y ait des harcèlements.
20:02C'est d'éviter
20:02qu'il y ait des agressions.
20:03C'est d'éviter
20:04qu'il y ait tout ça.
20:05Moi, ce n'est pas du tout
20:06dans ma nature.
20:08Oui.
20:08Tu dis d'ailleurs...
20:08Non, alors,
20:09tu dis, je suis...
20:10Il y avait des filles de joie,
20:15mais au-delà de ça,
20:16tu parles du libertinage.
20:17Tu parles de libertinage.
20:18Il y a tout un chapitre
20:20sur le libertinage sexuel.
20:22À pour eux,
20:23mais je parle très largement
20:26du libertinage.
20:27Attends,
20:28je ne suis pas tous les jours
20:29en train de...
20:29Non, mais je parle
20:31d'une société,
20:32la société libertine,
20:33qui est une société,
20:34justement,
20:34de respect.
20:35Ça ne tient que sur le respect.
20:37Il n'y a pas de viol,
20:38il n'y a pas de harcèlement,
20:39il n'y a pas de riche,
20:40il n'y a pas de pauvre,
20:40il n'y a pas de beau,
20:41il n'y a pas de moche.
20:42Les gens se respectent.
20:43Ils ont une manière de penser.
20:46Ce n'est pas que des bestiaux
20:47qui se jettent les uns
20:48sur les autres.
20:49Quelque part,
20:49c'est une société idéale,
20:51mais on la montre du doigt
20:52parce qu'elle est à tout vent,
20:54qu'on a effectivement la liberté
20:56d'avoir des relations sexuelles
20:57avec qui on veut,
20:58de la façon dont on veut.
20:59Mais ce n'est pas
21:00le fondement du truc.
21:01C'est surtout une manière d'être libertin.
21:04Tu sais qu'il y a eu
21:04des grands personnages.
21:06Molière,
21:07Jean de La Fontaine
21:08étaient des libertins.
21:09Les SK,
21:10je rigole.
21:11Non, mais...
21:11Ce n'est pas la même oeuvre,
21:13excuse-moi.
21:14Excuse-moi.
21:16Ça, c'est le raccourci à la con.
21:17Excuse-moi pour toi.
21:19Mais c'est vraiment
21:19un raccourci à la con.
21:20Je te dis Molière,
21:21Jean de La Fontaine,
21:21tu me dis DSK.
21:22Oui,
21:23est-ce que ce n'est pas
21:23la même chose ?
21:24Franchement.
21:25Non, ce n'est pas la même chose.
21:26Bien sûr que ce n'est pas
21:26la même chose.
21:27Parce que DSK a été accusé
21:29de n'avoir manqué
21:30de respect à quelqu'un
21:31dans une chambre d'hôtel,
21:32ce qui n'a pas été le cas
21:33ni de Molière
21:33ni de La Fontaine.
21:34Et puis que le libertinage,
21:36ce n'est justement
21:36pas des agresseurs.
21:38Donc, c'est une manière
21:39de concevoir la vie.
21:41Tu vois, c'est très...
21:42Ta réflexion,
21:43elle est très significative,
21:46d'ailleurs.
21:46Des espèces de suspicion
21:47de mélanger tout.
21:49Mélanger tout.
21:49Moi, je ne suis pas un agresseur.
21:51Moi, je n'ai jamais
21:52agressé personne.
21:53Ce n'est pas mon truc.
21:55C'est simplement
21:56une volonté d'être libre.
21:58Moi, le mot le plus important,
21:59c'est libre.
22:00Donc, à partir du moment
22:00où tu es libre,
22:01tu es jugé.
22:02Oui.
22:02Forcément.
22:03Et comme disait
22:04mon ami Frédéric Dard,
22:05il ne faut pas se méfier
22:06des gens qui baissent trop.
22:07Il faut se méfier
22:07des gens qui ne baissent pas.
22:08Parce que c'est ceux-là
22:09les plus sournois.
22:10C'est ceux-là
22:10les plus pervers.
22:11Tu aurais pu très bien
22:12cacher cet aspect
22:13de ta personnalité
22:14de ne pas dire
22:14que tu étais libertin.
22:15Exactement.
22:16Et tu le dis.
22:16Au fond, tu sais très bien
22:17qu'on va t'attaquer.
22:20Bien sûr.
22:20Je le dis déjà
22:22pour dédouaner
22:22ceux à qui on balance
22:24la honte sur eux
22:25et pour montrer,
22:26peut-être mettre le doigt
22:28sur ce qui m'emmerde
22:29le plus dans cette société,
22:30c'est les a priori
22:31et les évidences.
22:33A priori, un libertin,
22:34c'est quelqu'un
22:35de haïssable.
22:36A priori, quelqu'un
22:37qui te fait la morale,
22:38c'est quelqu'un de très bien.
22:39Je te jure que dans ma vie,
22:40ceux qui m'ont pourri la vie,
22:42c'était des gens
22:42qui avaient soi-disant
22:43la morale la plus propre.
22:45C'est ceux-là
22:45qui ont été des pervers.
22:47C'est ceux-là
22:47qui sont des tordus.
22:48C'est ceux-là
22:49qui te font des saloperies
22:50tous les jours
22:50et qui nous empêchent
22:51de bien vivre.
22:51Oui, il y a une phrase...
22:52C'est ceux-là.
22:53C'est les moralisateurs.
22:54Oui.
22:54Tu dis d'ailleurs
22:55l'ordre moral et écologique
22:58ajouté à tout le reste
23:00à l'espèce de tristesse
23:03qui peut se...
23:04Ah, tu parles de Paris.
23:05Le goût de la fête
23:06qui disparaît.
23:07Donc, au fond,
23:08tu critiques l'époque.
23:09Tu parles de nostalgie.
23:11Oui, mais je critique l'époque
23:12en même temps
23:13en disant que je préfère
23:14les GPS aux cartes routières.
23:15Je ne suis pas nostalgique
23:17forcené.
23:18Je préfère les fauteuils électriques
23:20aux fauteuils club.
23:21Je ne suis pas...
23:22Et pour moi,
23:23Stromae,
23:25ça vaut des bonbrelles.
23:27Big Flo et Oli,
23:28ça vaut des Léo Ferré
23:29ou des Lavilliers, tu vois.
23:31Non, non, je ne suis pas
23:32un nostalgique forcené.
23:34Et d'ailleurs,
23:35je ne dis pas
23:35que c'était mieux avant.
23:36Je dis que c'était bien avant.
23:37Ce n'est pas du tout
23:38la même chose.
23:38Mais il y a un goût
23:39de la fête qui s'est perdu,
23:40un goût de la légèreté.
23:42La légèreté.
23:44Là, un mec comme moi
23:45qui chante les sardines
23:46ou qui chante
23:46le petit bonhomme en mousse,
23:48ça y est, c'est classé,
23:49beauf, blaireau,
23:51ils s'en foutent
23:51de ma culture,
23:52de quoi que ce soit.
23:53Ça y est.
23:53Mais moi, la légèreté,
23:54c'est un vrai choix de vie.
23:55Je suis capable
23:56de faire autre chose.
23:57Si c'était pour mon égo,
23:59pour qu'on ait de l'estime
24:00pour moi,
24:01j'écrirais des belles lettres,
24:02je me lancerais.
24:03Mais non,
24:04parce que la légèreté,
24:06quand j'étais gamin,
24:07c'est ce qui m'a permis
24:07de tenir.
24:08On a grandi
24:09dans des milieux populaires
24:11où, à part bosser,
24:12il n'y avait pas
24:13grand-chose à faire.
24:14Eh bien, la légèreté
24:15nous a aidés à vivre.
24:16Quand tu bosses vraiment,
24:18c'est-à-dire
24:18quand tu as des cales aux mains,
24:20quand tu transpires
24:20du matin au soir,
24:22de 8h du matin
24:23à 6h du soir,
24:24moi j'ai fait des boulots,
24:25j'ai fait peintre en bâtiment,
24:26je fais massicotier,
24:27je te jure que le papier
24:28à portée,
24:28c'est très lourd.
24:29Eh bien,
24:30la légèreté
24:32dans les amusements,
24:34tu n'as pas forcément
24:35envie de te prendre la tête
24:36quand tu sors de ça.
24:37Tu as juste envie
24:38de survivre.
24:39Et moi,
24:39je ne quitterai jamais
24:41jusqu'à la fin de mes jours.
24:42Je serai proche.
24:43J'ai du bol,
24:43je m'en suis sorti.
24:45Mais je serai proche
24:46de ces gens-là
24:46parce que c'est ceux
24:47qui m'ont entouré
24:47pendant toute mon enfance,
24:49c'est ceux que je continue
24:50à croiser dans mes spectacles,
24:51c'est des gens
24:52qui en chient vraiment,
24:53dont le souci
24:54est de remplir le caddie,
24:55que leurs enfants soient heureux,
24:56que leurs enfants soient bien.
24:58Et puis,
24:59tu as une élite en haut
24:59qui dit
25:00ceux-là,
25:00c'est des blaireaux.
25:02Ah bah,
25:03effectivement,
25:04les blaireaux d'en bas,
25:05toute cette élite en haut,
25:06ils ont envie de faire ça,
25:06on nous emmerde
25:07et on continue
25:08à vivre notre vie
25:08comme on en a envie
25:09et on fera des barbecues.
25:10Il y a des mecs
25:11qui vont les faire,
25:11il y a des filles
25:12qui vont les faire aussi,
25:13les barbecues.
25:14Et on va boire des coups
25:19et puis on va peut-être baiser
25:20parce que ça va nous changer
25:21de l'anxiété
25:23qu'on voit dans la télé
25:24tous les jours.
25:25Et je viens de ce monde-là,
25:28j'ai pas honte d'en être,
25:29au contraire.
25:30Je te dis,
25:31j'ai eu la chance
25:31de m'embourgeoiser
25:33parce qu'il n'y a rien
25:34de plus agréable
25:35pour quelqu'un
25:36qui a manqué de tout
25:37d'en avoir un peu.
25:37Qui arrivait avec 100 balles
25:39à Paris.
25:39Je suis content,
25:40je ne vais pas renier ça du tout.
25:42Mais je ne peux pas m'empêcher
25:44de toujours penser
25:45à ces gens d'en bas,
25:46d'en bas,
25:47pas forcément d'en bas,
25:48même en ce moment,
25:49c'est plutôt la classe moyenne
25:50qui ramasse.
25:51C'est la classe moyenne
25:52qui prend tout.
25:53Ceux d'en bas,
25:53on les aide quand même
25:54un petit peu plus.
25:56Mais ils sont malins.
25:57Ils sont malins,
25:58ces politiques.
25:59Un jour,
26:00j'avais dit,
26:00j'en ai reparlé avec quelqu'un
26:01l'autre jour,
26:02les clodos qu'il y a dans la rue,
26:03ils ne vont pas les virer.
26:05Ils laissent les clodos
26:06dans la rue.
26:07Tu sais pourquoi ?
26:07Parce que c'est la dernière couche.
26:09Et si demain,
26:10tu enlèves les...
26:11C'est facile,
26:11qu'il n'y ait plus un seul clodo
26:13dans la rue,
26:13c'est très facile.
26:14Mais si tu enlèves cette couche-là,
26:15tu as toute la couche du dessus
26:17qui touche 800 ou 900 par mois
26:19qui va dire,
26:19c'est nous qui sommes
26:20en bas de l'échelle maintenant.
26:21Et ceux-là,
26:22ils sont plus nombreux.
26:23Ils vont gueuler.
26:23C'est très malin comme calcul.
26:25Il y a des calculs politiques
26:26qui ne semblent pas évidents.
26:27Mais l'anxiogène,
26:29la télé anxiogène,
26:31ça aussi,
26:31c'est un truc voulu.
26:33Qu'est-ce qui marche aujourd'hui
26:34à la télé ?
26:35Les téléfilms,
26:36les drames, etc.
26:37Parce que quelque part,
26:38quand tu es dans ton canapé,
26:40tu te dis,
26:41mais ça va,
26:42je ne suis pas si malheureux que ça.
26:44C'est-à-dire qu'on muselle
26:45les vraies envies légitimes
26:49des gens de gueuler dans la rue,
26:51sans casser tout,
26:52mais pour avoir une dignité,
26:53pour avoir des choses importantes,
26:55on leur dit,
26:56mais regardez,
26:56il y a eu un tsunami là,
26:57il y a la guerre là-bas,
26:58puis il y a celui-là
26:59qui s'est fait violer,
27:00puis on a enlevé,
27:01ce fils-là est malade.
27:03Et bien dans ton canapé,
27:04tu te dis,
27:04finalement, je m'en sors bien,
27:05je ne vais pas aller gueuler.
27:06C'est tout simple.
27:07C'est vieux comme le monde.
27:09Mais il y a les généreux.
27:10Je suis juste observateur de ça.
27:11Mais Patrick,
27:12il y a les généreux en haut,
27:13il y a ceux qui, par exemple,
27:15chantent,
27:15qui s'appellent les enfoirés
27:16pour les Restos du Coeur,
27:17dont tu dis dans le bouquin,
27:18il y en a un paquet
27:19qui mérite bien leur nom.
27:21Non, mais là, je cite.
27:22Tu dis ça, c'est du buzz,
27:23ça ne sert à rien du tout.
27:23C'est vrai que,
27:24je n'ai pas envie de m'attarder dessus,
27:26mais ça, on le sait,
27:27on sait que dans les généreux,
27:28il y a des vrais généreux,
27:29il y a des gens qui trichent.
27:30Voilà, c'est ça.
27:31J'ai rien contre les enfoirés.
27:32Ils sont là pour quoi ?
27:32Pour eux ?
27:33Mais comme dans tout,
27:34comme dans tout,
27:35il y a plein d'associations,
27:36il y a des gens
27:36qui sont soi-disant là,
27:38il y a une majorité de gens
27:40qui sont là pour la cause,
27:41pour se battre,
27:41et puis il y a des filous,
27:42comme partout,
27:43qui profitent de ça
27:44pour leur gloriole personnelle.
27:46Mais ça, il n'y a pas de quoi s'arrêter.
27:46Non, mais il y a tout de suite
27:47à un moment un artiste
27:48qui va sur le canapé de Drucker
27:49et puis qui, dans la vie privée,
27:50tient des propos sociaux.
27:51Ah, ça, c'est autre chose.
27:52Parce que là, tu mélanges un peu.
27:54Mais ça, c'est...
27:54Oui, mais si,
27:55parce que c'est, on va dire,
27:56encore une fois,
27:57c'est les faux culs,
27:57c'est pas vrai.
27:58C'est ce que je t'ai dit.
27:59J'ai fait un chapitre
27:59sur les apparences,
28:01sur les faux semblants
28:02et sur les apparences.
28:03Effectivement, je cite...
28:05Enfin, je cite trois personnes
28:07dont je dis les noms
28:07qui, en apparence,
28:09sont des démons
28:10et qui, en fait,
28:11sont des gens formidables.
28:12Je parle de Joé Star,
28:13je parle de Mme Claude
28:14et je parle de Jacques Messrine
28:15que j'ai croisé
28:16et je disais qu'en apparence...
28:17Que tu as croisé dans...
28:18Voilà, et puis j'ai eu l'occasion
28:19de m'apercevoir
28:19que c'était des gens
28:20qui n'étaient pas si mal
28:21que ça dans le...
28:22Je suis désolé pour Messrine,
28:23mais c'est...
28:23Je suis désolé.
28:24Et que Mme Claude
28:25était une féministe,
28:26et oui.
28:27Et par contre...
28:29Ça énerve beaucoup de monde.
28:30Je sais...
28:30Messrine ou Mme Claude
28:31sont des gens biens.
28:33J'ai pas dit
28:33que c'était des gens biens.
28:35J'ai dit que ce n'étaient pas
28:36les monstres
28:37qu'on voulait dépeindre.
28:38On a pas dit
28:39que c'était des gens biens.
28:39Messrine, il a fait un paquet...
28:41Mais à l'occasion
28:42que j'ai eu de le croiser,
28:44il n'a pas été méchant avec moi.
28:45Voilà, il aurait pu l'être,
28:46il n'a pas été.
28:46Et Mme Claude,
28:48j'ai eu plusieurs soirées
28:50où j'ai discuté avec elle
28:51où elle défendait
28:52des valeurs sur les femmes
28:53qui n'étaient pas loin
28:53de celles que défend
28:55Marlène Schiappa.
28:56C'est juste que j'ai voulu dire
28:58que de l'autre côté,
28:59il y a des gentils,
29:00j'ai pas dit les noms,
29:02mais qui sont...
29:04Mais qui sont pas si gentils
29:05que ça, quoi.
29:06J'ai pas balancé les noms,
29:07mais il y a des flagrants délits.
29:09Mais ça démarche de les balancer.
29:10Non, non, non, non.
29:11Je suis pas une balance.
29:12Je suis pas...
29:13Tu sais, j'ai connu
29:15tout un milieu
29:16de voyoucratie
29:17des années 80.
29:19On n'est pas des balances.
29:20On n'a pas des valeurs comme ça.
29:22Des gens qui sont pas bien.
29:23On peut dénoncer le fait
29:25sans dénoncer le non.
29:27Non, mais en fait,
29:27dire des propos racistes,
29:29antisémites...
29:30Oui.
29:31Je sais pas,
29:32enfin, ce que disait
29:34cette vedette, on va dire.
29:35Oui, c'est une vedette
29:36qui disait...
29:38qui avait dit
29:40sous l'emprise de l'alcool,
29:42je vais pas le faire
29:43parce qu'ils achètent mes disques,
29:44mais moi, Barbès,
29:46je le finirais au lance-flamme.
29:47Je te dirais pas qui c'est,
29:48évidemment.
29:49Mais j'ai entendu ça
29:50et j'ai fait bon, pardon.
29:53Voilà.
29:54Comme cette star
29:57qui est venue dans le cabaret,
29:58qui nous a fait tout un numéro
29:59sur la propreté,
30:01les produits employés
30:02pour le maquillage,
30:04faire que ce soit propre,
30:05machin,
30:05qui nous a cassé les couilles,
30:06en fait,
30:07pour dire les vrais mots.
30:09Et dans sa loge,
30:10il y avait un bordel noir
30:10en plus un tampon hygiénique
30:12usagé dans le cendrier.
30:13Voilà,
30:13c'est les apparences.
30:15Par contre,
30:15à l'antenne,
30:15elle était hyper clean.
30:16Elle était magnifique.
30:18Mais je peux pas balancer les noms,
30:20ça serait pas bien.
30:21Oui,
30:21mais c'est vrai que t'es interdit
30:22dans certaines chaînes de télé,
30:24aujourd'hui ?
30:24Il y a des ordres qui ont été donnés
30:26pour que je ne participe,
30:27qu'on n'évoque même pas mon nom.
30:29Donc j'espère qu'ils auront
30:30la pudeur.
30:33J'espère.
30:34Parce que vraiment,
30:35si jamais il m'arrivait
30:36quelque chose de très grave,
30:37c'est-à-dire que si je passais
30:38l'arme à gauche,
30:39j'espère qu'ils auront au moins
30:40l'honnêteté de ne pas du tout
30:42parler de moi.
30:43Du tout.
30:43Parce que là,
30:44aujourd'hui...
30:44Il ne faudra pas qu'il y ait dommage
30:45à Patrick Sébastien.
30:46Ce n'est pas qu'il n'y ait pas dommage,
30:47mais je ne veux même pas
30:47qu'on cite mon nom.
30:48Tu plaisantes ou quoi ?
30:49Il y a ta maman dans ce bouquin.
30:51C'est beau parce qu'à chaque moment,
30:52elle vient,
30:53elle te dit
30:53« Non, mais Patrick,
30:56il ne faut pas pleurer la bouche pleine. »
30:58Elle a ce bon parler,
30:59ce parler des gens que tu aimes.
31:02Ce bouquin,
31:03c'est la suite
31:04de tous ceux que j'ai écrits.
31:05Ça intéresse une catégorie.
31:06Ça n'intéresse pas tout le monde,
31:07évidemment.
31:08Mais il y a une catégorie de gens
31:09qui lisent ça,
31:09qui me suivent depuis longtemps,
31:10qui sont habitués
31:11parce que depuis que ma maman est morte,
31:13elle est sur mon épaule,
31:14elle me parle.
31:15Il y a plein de gens
31:15qui croient à ça.
31:16Je ne l'entends pas,
31:17je n'entends pas ces mots vraiment,
31:19mais elle m'insuffle des choses,
31:21elle me fait penser des choses.
31:22Et c'est vrai
31:25qu'il y a ces conseils
31:27qu'elle m'avait donnés avant
31:28et des trucs
31:29qui m'arrivent à l'esprit,
31:31qui m'influencent beaucoup
31:33et qui m'ont dit
31:34« Là, ne t'apitoie pas,
31:35surtout ne t'apitoie pas,
31:37ne te plains pas. »
31:38Parce qu'attention,
31:38ce n'est pas un bouquin
31:39où je ne me plains de rien.
31:41Je témoigne
31:42d'une suite d'épreuves
31:46et comment on peut peut-être
31:48se sortir mieux
31:49de cette suite d'épreuves.
31:51– Oui, mais quand même,
31:51il y a des moments,
31:52tu dis « Je touche la crosse
31:54du pistolet »
31:55à plusieurs moments
31:56dans ta vie.
31:56– Oui, parce que…
31:57– Un soir au cimetière,
31:59auprès de ton petit livre.
32:00– Non, parce que…
32:01parce que…
32:03Il faut lire le livre,
32:05vous comprendrez,
32:05vous comprendrez exactement.
32:07Ce n'est pas un…
32:08Moi, un jour,
32:09si je me fie une balle
32:10dans la tronche,
32:11ce ne sera pas de désespoir.
32:12Je n'ai pas envie
32:13de me flinguer.
32:14J'ai juste expliqué
32:16que si jamais je sentais
32:20qu'il n'y aurait que du pire
32:22derrière,
32:22oui, j'étais capable
32:23de faire ça.
32:24Je n'ai pas envie de…
32:25J'ai employé une métaphore
32:26en disant que j'ai imagé
32:28que j'avais fait un repas
32:29avec du saumon,
32:31du champagne, etc.
32:32et que je ne veux pas finir
32:33avec une madeleine pourrie
32:34et une compote usagée.
32:36C'est-à-dire que tant que ma vie,
32:37je peux chanter,
32:38aller sur scène,
32:39venir te parler,
32:41bouffer,
32:42enfin manger,
32:43parce que je ne bouffe pas,
32:44je ne bois pas en plus,
32:45baiser, m'amuser.
32:47Celle-là, elle m'intéresse.
32:48Moi, j'ai vu ma maman,
32:49hélas, pendant 4 ans,
32:51se traîner d'hôpitaux en hôpitaux.
32:54Je ne veux pas ça.
32:55Je ne veux pas.
32:55Donc si je peux m'arrêter avant,
32:57si je peux,
32:58ce n'est pas dit que je le fasse,
32:59mais si je pouvais m'arrêter avant,
33:01ça m'arrangerait.
33:02Ce n'est pas exclu.
33:03Mais pour l'instant,
33:04je n'en ai pas le courage
33:05et ce n'est pas d'actualité.
33:08Mais c'est vrai que je l'ai évoqué
33:09parce que comme je suis transparent
33:11dans mes bouquins,
33:12je dis ce qui me passe par la tête
33:13et il se trouve que ça passe
33:15par la tête de plein d'autres gens
33:16qui ne le feront pas non plus d'ailleurs.
33:18Mais j'ai décidé d'être,
33:19comme je t'ai dit, transparent,
33:21ce qui me vaut évidemment
33:23des polémiques à droite, à gauche,
33:24mais c'est mon truc de...
33:28Moi, je ne suis plus animateur de télé.
33:30J'ai toujours été artiste.
33:31Je suis un homme d'abord.
33:32Tu dis, je suis un homme
33:34avec un masque de carnaval.
33:35Bien sûr.
33:36Moi, j'ai toujours été un homme
33:37avec un masque de carnaval.
33:38On m'a jugé sur mon masque.
33:39Ils ont bien fait d'ailleurs.
33:40Les gens qui me connaissent,
33:42c'est comme ce que j'ai expliqué
33:44sur mes relations amoureuses.
33:46Le côté, oh ouais, putain,
33:49c'est génial,
33:50et puis un doigt dans le cul, tout ça.
33:52C'est une barrière pour moi.
33:53C'est de l'orangéra un peu.
33:54Non, mais pour moi,
33:55c'est une exagération,
33:57mais c'est vrai que
33:58j'en ai toujours rajouté
33:59sur ce côté-là.
34:01Mais c'est une barrière
34:02parce que ça me permet,
34:03c'est écologique en fait,
34:04ça me permet de faire du tri sélectif.
34:06C'est-à-dire que les gens
34:07qui sont assez stupides
34:08pour ne s'arrêter qu'à la barrière,
34:09je n'ai pas de temps à perdre avec.
34:10Mes vrais amis,
34:12mes vraies copines intéressantes,
34:13mes passantes,
34:14c'est celles qui vont voir derrière ça
34:16et qui savent très bien
34:17que ça, c'est une défense
34:18et que derrière,
34:20il y a de la poésie,
34:21il y a de la tendresse,
34:22il y a de la réflexion,
34:23il y a de la solitude,
34:24il y a une vraie générosité.
34:26Il y a ce que je pense
34:27que devrait être un être humain,
34:29c'est-à-dire mesuré,
34:30posé,
34:33solitaire, curieux,
34:34intelligent,
34:35je pense que c'est la curiosité.
34:37Et dans le doute tout le temps
34:38parce qu'on est toujours dans le doute.
34:40Moi, je suis dans le doute
34:41en permanence.
34:43Le doute,
34:44et puis comme disait Sardou
34:46dans une chanson,
34:46la peur du déclin qui rend fou,
34:48il faut le gérer le déclin.
34:49Nous, on est en déclin,
34:50moi je suis en déclin,
34:51moi je suis arrivé il y a 50 ans.
34:53Ça se gère ça,
34:54mais ça se gère pas seulement
34:55au niveau des artistes.
34:56Il y a des gens qui nous écoutent,
34:58qui sont en fin de carrière,
34:59qui ont l'âge qui arrive,
35:00il va falloir gérer ce déclin-là.
35:02Et dans ce bouquin,
35:03je pense que je vais les aider
35:05à gérer ça.
35:07Ah comme on est serrés
35:08au fond de cette boîte.
35:10Tu sais que c'est le...
35:10C'est ça parce que
35:11ceux qui rigolent de cette chanson,
35:13quand il y a des mecs,
35:14au moment de leur mort,
35:16de leur enterrement,
35:17ils disent je veux
35:18que le public,
35:20devant mon cercueil,
35:21chante qu'est-ce qu'on est serrés
35:23dans cette boîte.
35:24J'ai un témoignage
35:24tous les 15 jours.
35:25Tous les 15 jours,
35:27j'ai un témoignage.
35:27Comment on peut mourir
35:29avec une chanson gay
35:30et finalement être heureux ?
35:32Ça c'est une anecdote
35:33que j'ai rencontrée dans le bouquin
35:34parce que je disais
35:34que s'il me reste
35:35une anecdote de ma carrière,
35:37ça sera celle-là.
35:37C'est vrai,
35:38au passage que tous les 15 jours,
35:39j'ai des gens qui me disent
35:41« Ma tante, ma grand-mère
35:42s'est fait enterrer
35:43avec les sardines,
35:44elle l'a voulu,
35:45c'est un humour suprême. »
35:46Dans l'histoire,
35:47c'est une anecdote
35:48qui est arrivée
35:48sur le plateau du cabaret
35:50où aux répétitions,
35:51il y a ce qu'on appelle
35:52des doublures-lumière,
35:53il y avait un monsieur
35:54qui était un peu fort,
35:55un peu à bout de souffle,
35:56puis on chantait
35:57les sardines d'ailleurs
35:58pour la première fois,
35:59et puis mes danseuses
36:00sont descendues l'entourer,
36:01ils dansaient,
36:02puis d'un seul coup
36:02il est tombé raide.
36:03Voilà.
36:04Donc les pompiers sont arrivés,
36:06ça a duré,
36:06c'était terrible
36:10« Il est mort,
36:11il n'est pas mort,
36:11etc. »
36:12Puis finalement,
36:12il l'a amené à l'hôpital,
36:13il est mort une heure après,
36:15donc j'avais une grosse culpabilité.
36:18Tu sais,
36:18il y a ta chanson qui passe,
36:19tu chantes,
36:19t'es le mec qui meurt,
36:21tu dis « J'ai tué le mec. »
36:22Et puis j'ai reçu
36:24un coup de téléphone
36:24trois jours après
36:25de sa femme,
36:26un coup de téléphone étonnant,
36:29je ne sais pas trop quoi dire
36:30en décrochant,
36:31tu vois,
36:31je l'ai prise,
36:32on m'a dit
36:32« La femme du monsieur veut te parler. »
36:33Je l'ai prise par respect.
36:35Et elle m'a dit
36:36« Voilà,
36:36monsieur Sébastien,
36:37je voulais vous remercier
36:38parce que mon mari
36:40adorait vos chansons
36:41puis il adorait
36:41les jolies filles
36:42et il est mort entouré
36:43de vos plus jolies danseuses
36:45et sur votre chanson,
36:46c'était la plus belle mort
36:47qu'il pouvait avoir
36:48parce qu'il avait déjà
36:49des antécédents. »
36:50C'est quelque chose
36:51qui marque quand même,
36:52qui me fait dire,
36:53c'est symbolique,
36:54se me dire
36:55« Bon,
36:55je n'ai pas été
36:55tout à fait inutile. »
36:57Même si je considère
36:58que tout ça,
37:00tout cet étalage,
37:02toute cette prétendue carrière,
37:04etc.,
37:04c'est très,
37:05très futile.
37:06Ça ne représente
37:06pas grand-chose finalement.
37:08Pour moi,
37:08dans ma tête,
37:10j'ai l'impression
37:11d'avoir rêvé déjà
37:12que ça ne m'est pas
37:13arrivé à moi
37:14et puis c'est rien.
37:19C'est un passage.
37:21C'est pour ça
37:21que j'appréhende
37:22chaque jour nouveau,
37:23chaque renaissance
37:24comme un jour nouveau
37:25qui efface le reste.
37:28Je te jure
37:28que la télé,
37:29j'ai l'impression,
37:30il y a des moments
37:30où j'ai l'impression
37:30de ne même pas y avoir été
37:31alors que les gens
37:32ne me parlent que de ça.
37:34Mais sans,
37:36sans animosité,
37:37sans envie de vengeance,
37:38de quoi que ça,
37:39comme j'ai dit dans le bouquin,
37:40il ne faut pas tourner une page,
37:41il faut ouvrir un autre livre.
37:43Moi,
37:43chaque jour,
37:43j'ouvre un autre livre
37:45de ma vie.
37:46Les gens devraient,
37:47dans la mesure
37:48de leur possibilité,
37:49bien sûr,
37:50faire ça.
37:51Et puis,
37:51surtout,
37:52je sais que ça fait
37:53bisounours,
37:54je te jure que la bienveillance,
37:56la générosité avec les autres,
37:58le pardon,
37:59pas à toutes les sauces,
38:01bien sûr,
38:03putain,
38:04c'est essentiel
38:05pour tenir le cours.
38:08Regardez,
38:08avec tout ce que j'ai eu,
38:09je ne bois pas,
38:10je ne me drogue pas,
38:11je ne prends pas de tranquillisant,
38:13je n'ai pas de psy
38:13et je tiens quand même debout
38:15grâce à cette force-là.
38:17Et cette force-là,
38:19c'est ce que j'essaie
38:19de transmettre
38:20dans le livre.
38:22Voilà.
38:22Je sais en écrivant
38:23un livre comme ça
38:24qu'il y aura plein de critiques,
38:25plein de machins et tout,
38:26mais s'il y a au moins
38:27une ou deux personnes
38:28qui trouvent le moyen
38:29de mieux vivre
38:31leurs emmerdements,
38:32mission accomplie.
38:35Merci Patrick.
38:36Merci à toi.
38:37Merci de m'avoir reçu.
38:38Renaitre surtout.
38:40Renaitre chaque fois.
38:40Renaitre, oui.
38:41J'ai Ixso Édition,
38:43le plus grand cabaret du monde
38:44en tournée triomphale.
38:46Sur TV5Monde,
38:47ça faisait 70 millions
38:49de téléspectateurs.
38:50Le plus grand cabaret,
38:51le soir du réveillon.
38:51Oui, c'était voilà.
38:53Et sur scène,
38:53vous aurez...
38:54Allez voir le grand cabaret.
38:56Le grand cabaret sur scène
38:57dans les Zéniths
38:57avec 50 artistes
38:59qui viennent du monde entier.
39:00Et ce livre,
39:01si touchant,
39:02le plus touchant
39:02de tous ceux
39:03que tu as écrits,
39:04Patrick.
39:04C'est gentil.
39:04Vivre et renaître.
39:06J'espère le plus vite.
39:07Merci, le.
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