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  • il y a 5 semaines
La guerre en Iran est-elle en train de déclencher un nouveau choc économique mondial ? Malgré un cessez-le-feu annoncé par Donald Trump, le détroit d’Ormuz reste sous pression et utilisé comme levier stratégique par l’Iran, faisant peser une menace durable sur les approvisionnements en pétrole et en gaz.
👉 Inflation et pénuries : faut-il s’attendre à un choc majeur dans les prochaines semaines ?
👉 Quel impact sur le prix du pétrole, du gaz, des carburants et le pouvoir d’achat ?
👉 Les entreprises françaises et l’emploi sont-ils menacés par ce choc énergétique ?
👉 L’État et les banques centrales peuvent-ils encore amortir la crise (dette publique, OAT, taux d’intérêt) ?
Dans Politique & Éco, Charles Sannat (Le Grenier de l’Éco - https://legrenierdeleco.com/) décrypte les conséquences concrètes : choc pétrolier, entreprises, chômage, faillites, transition énergétique et risques sur l’épargne (livret A, or).

A la suite de "Politique & Eco", retrouvez la chronique financière de Philippe Béchade intitulée :"Même le Pape ne veut plus de Trump".
Pour téléchargez gratuitement le rapport spécial de Philippe Béchade :"Votre épargne face au spectre d’une nouvelle guerre mondiale" :
https://signups.lachroniqueagora.com/X9906303

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00:00:11Générique
00:00:19Bonjour à tous, ravi de vous retrouver pour Politique & Éco.
00:00:23L'actualité, c'est évidemment la guerre en Iran et ce cessez-le-feu décidé par le président américain Donald
00:00:31Trump.
00:00:32Mais derrière ce cessez-le-feu s'impose une réalité pour la France, celle d'un choc énergétique probablement sans
00:00:40précédent.
00:00:41Dépendance aux importations, choix politiques contestés, transition énergétique sous contrainte.
00:00:47La France est-elle en train de payer le prix de ses renoncements ?
00:00:51Inflation, pénurie, pouvoir d'achat en chute, faut-il se préparer à une économie de restriction, décryptage avec Charles Sanna.
00:01:00Bonjour monsieur.
00:01:01Bonjour.
00:01:02Charles Sanna, vous êtes entrepreneur, analyste économique et l'animateur du Grenier de l'Éco,
00:01:08votre chaîne YouTube et également votre site internet sur Internet.
00:01:14Alors avant de commencer cet entretien, je vous rappelle qu'il est essentiel de relayer les émissions de TV Liberté,
00:01:20de vous abonner à notre chaîne, de commenter et partager un maximum pour un meilleur référencement de TV Liberté sur
00:01:28Internet.
00:01:28Alors, Donald Trump, je le disais, a annoncé un cessez-le-feu de 15 jours le 8 avril,
00:01:36mais le mal est fait sur les marchés.
00:01:40Est-ce qu'on est, Charles Sanna, en train d'assister à un choc pétrolier et aussi gazier,
00:01:44puisqu'on n'en parle jamais du choc gazier ?
00:01:47Oui, c'est oui et oui.
00:01:49Donc, les deux réponses sont oui, c'est incontestable.
00:01:51Alors, incontestablement, nous avons évidemment un nouveau choc pétrolier.
00:01:55C'est celui qui est le plus visible parce que nos concitoyens font le plein tous les jours ou presque
00:02:02et donc ça se voit.
00:02:03Mais attention, à partir du 1er mai, la hausse du gaz sera de 15%.
00:02:09C'est 7,5 millions de Français qui sont sur des tarifs qui varient,
00:02:15ce qu'on appelle des tarifs variables.
00:02:17Et la Commission de régulation de l'énergie a annoncé que la hausse serait de 15%.
00:02:21Au 1er mai, vous n'avez là qu'une première partie de la hausse de la note
00:02:28et de la douloureuse sur le choc gazier.
00:02:32Et là, ça va poser des gros problèmes pour beaucoup,
00:02:37notamment de familles et de locataires.
00:02:40Alors, pour les propriétaires aussi, mais les locataires,
00:02:42notamment dans le, je pense au parc HLM, si vous voulez,
00:02:45vous avez des millions de gens qui sont logés dans le parc HLM
00:02:47avec des loyers qui sont modérés.
00:02:49Mais les charges, elles, ne sont pas du tout modérées.
00:02:53C'est-à-dire que vous soyez dans le parc HLM
00:02:55ou que vous soyez dans un parc locatif privé
00:02:57ou que vous soyez vous-même propriétaire,
00:03:00je dirais que le prix de l'énergie est exactement le même
00:03:03quelle que soit votre catégorie sociale.
00:03:07Donc là, attention, plus évidemment on est modeste,
00:03:09plus les charges et les rattrapages de charges
00:03:12pèsent évidemment très lourd dans les budgets très restreints des familles.
00:03:16Sur l'ampleur du choc pétrolier,
00:03:19le président de l'Agence internationale de l'énergie
00:03:22prévient que ça serait probablement le choc pétrolier de 73
00:03:29et le choc pétrolier de 79 cumulé, ce qui nous attend.
00:03:32Est-ce qu'on est réellement dans cette ampleur-là ?
00:03:35– On est dans cette ampleur-là.
00:03:37Ce dont il faut bien se rendre compte,
00:03:38c'est que la fermeture du détroit d'Hormuz,
00:03:42c'est le worst case scénario,
00:03:45c'est le scénario du pire qui a été modélisé,
00:03:49je ne sais pas combien de fois,
00:03:51qui a été joué dans tous les jeux de guerre,
00:03:53dans toutes les manœuvres,
00:03:55donc ça depuis à peu près 50 ans.
00:03:57Donc si vous voulez, c'est le cas le pire.
00:03:59Je me souviens de cette vidéo de François Mitterrand
00:04:01qui est sur le pont du Clémenceau.
00:04:05On est en 1987, c'était la guerre entre l'Iran et l'Irak
00:04:10et donc on avait déjà envoyé la marine française
00:04:14pour assurer la libre circulation dans le détroit d'Hormuz.
00:04:20Donc si vous voulez, c'est quelque chose
00:04:23qui a déjà été scénarisé, étudié d'un point de vue militaire,
00:04:27d'un point de vue naval et modélisé d'un point de vue économique
00:04:30dans ses conséquences, encore une fois, depuis des décennies,
00:04:34nous y sommes et ce sont des conséquences qui sont extrêmement lourdes
00:04:38dont nous ne voyons aujourd'hui que l'écume des choses.
00:04:42C'est-à-dire qu'on voit aujourd'hui le prix du diesel à la pompe,
00:04:45mais nous ne voyons encore ni les restrictions, ni les pénuries,
00:04:49ni le choc inflationniste, ni les conséquences en chaîne
00:04:53et les cascades de domino qui peuvent s'abattre sur l'industrie au sens large
00:05:00et nos chaînes d'approvisionnement au sens large,
00:05:03productives et d'approvisionnement.
00:05:05Ça, on ne le voit pas encore,
00:05:07mais si le conflit dure, ça va être très, très compliqué.
00:05:10Alors, est-ce que vous pouvez nous dire
00:05:12comment le prix du baril de pétrole évolue
00:05:14depuis le 28 février, date du début du conflit,
00:05:18et où en sommes-nous aujourd'hui ?
00:05:20Alors, vous avez deux types de barils.
00:05:22Vous avez le baril virtuel et le baril réel.
00:05:26Alors, je m'explique.
00:05:28Comme pour les métaux précieux, si vous voulez,
00:05:30on est dans une espèce de dichotomie et de quasi, je pense, schizophrénie.
00:05:36C'est-à-dire que vous avez un marché purement financier d'un côté,
00:05:40mais vous avez une réalité physique de l'autre.
00:05:43Et donc, vous pouvez vous retrouver à certains moments
00:05:46avec un cours financier, un cours boursier,
00:05:50qui n'a rien à voir avec la réalité physique
00:05:52si vous voulez prendre livraison de votre baril.
00:05:56Pourquoi à un moment donné, on se retrouve à l'époque du Covid,
00:05:59souvenez-vous, avec un prix du pétrole qui est négatif.
00:06:02Premier confinement, mars 2020,
00:06:05le prix du baril de pétrole devient négatif.
00:06:08Pas très longtemps, mais il devient pendant quelques heures négatif.
00:06:12Pourquoi ? Parce que vous avez un marché physique
00:06:14et qu'entre le moment où on a réussi à fermer toutes les vannes
00:06:18des puits, puis après des raffineries,
00:06:20on s'est retrouvé avec du pétrole et des produits raffinés qui étaient produits.
00:06:25Qu'est-ce qu'on en fait ?
00:06:27À un moment donné, c'est un marché physique.
00:06:29Donc, à un moment donné, vous avez de la matière physique.
00:06:31Et donc, bon, comme il paraît...
00:06:32Oui, les Américains avaient même des problèmes de stockage.
00:06:35Bien sûr, mais bien sûr.
00:06:36Et donc, il fallait remplir des baignoires.
00:06:37Et donc là, c'est compliqué.
00:06:39Donc là, nous avons le problème inverse.
00:06:41Donc là, on avait un excédent des capacités de stockage pas suffisantes
00:06:46entre le moment où on a arrêté la consommation
00:06:48et le moment où on a arrêté les vannes.
00:06:49Donc, on s'est retrouvé avec...
00:06:51Personne ne voulait se retrouver avec des barils de pétrole physique à ce moment-là.
00:06:55Et donc, vous avez été payé pour acheter du pétrole.
00:06:58C'est ça que ça veut dire un prix négatif.
00:07:00Et bien là, aujourd'hui, nous avons l'inverse.
00:07:02C'est-à-dire qu'entre le papier, le cours du baril qui a baissé de manière assez significative
00:07:09à l'annonce du cessez-le-feu, on est passé sous la barre des 100 dollars,
00:07:12et le baril physique qui est disponible immédiatement là,
00:07:16que je peux vous livrer aujourd'hui,
00:07:19pas dans un contrat à terme fin juin, fin juillet, fin août.
00:07:25Si je suis une compagnie aérienne, le baril de kérosène de fin août,
00:07:29ça me fait une belle jambe pour faire voler mes avions aujourd'hui et demain.
00:07:32Donc, vous avez là, évidemment, un tarif qui est complètement différent.
00:07:37Pour vous donner un ordre d'idée,
00:07:39on est monté jusqu'à 229 dollars le baril de kérosène.
00:07:43On est plutôt descendu aux alentours des 200.
00:07:45On est monté jusqu'à 204 dollars pour le baril de gasoil,
00:07:50puisque, en gros, nous importons beaucoup de gasoil,
00:07:54notamment du golfe Persique, entre 30 et 40% de notre diesel,
00:07:58ce qui explique que le diesel soit beaucoup plus cher aujourd'hui que l'essence en France.
00:08:03Alors, on nous parle dans le cadre de ces négociations
00:08:07ouvertes par Donald Trump d'une réouverture du détroit d'Hormuz.
00:08:13Alors, est-ce que c'est effectif ?
00:08:15Dans les faits, ce n'est pas réouvert.
00:08:17Et dans les faits, il est très peu probable
00:08:20que le détroit d'Hormuz se réouvre de manière significative
00:08:23tant que les négociations n'auront pas abouti à un accord.
00:08:28C'est-à-dire que si on se place dans la perspective des Iraniens,
00:08:31il ne s'agit pas de dire « ils sont gentils, ils sont méchants, je les aime, je les aime
00:08:34pas ».
00:08:34Si on fait de l'analyse, d'un point de vue analytique,
00:08:38les Iraniens, aujourd'hui, ont réussi à bloquer le détroit d'Hormuz.
00:08:42C'est leur principal atout.
00:08:44– Moyen de pression.
00:08:45– Évidemment.
00:08:46Donc, aujourd'hui, je suis iranien.
00:08:47Je ne réouvre pas la circulation de tous les navires dans le détroit d'Hormuz.
00:08:53D'ailleurs, avant même qu'on se voie,
00:08:56il était annoncé que le détroit d'Hormuz était à nouveau plus ou moins refermé.
00:09:00Enfin bon, il y a une espèce, Emmanuel Macron parlerait d'ambiguïté stratégique.
00:09:04Donc, il y a une espèce d'ambiguïté chez les Iraniens.
00:09:06Ils disent que c'est bloqué en disant que ce n'est quand même pas bloqué.
00:09:09Que si vous demandez l'autorisation, on vous autorisera peut-être à passer.
00:09:12Enfin bon, voilà.
00:09:13Donc, il y a toute une sémantique là-dessus.
00:09:14Dans les faits, vous aviez 140 navires qui passaient par jour.
00:09:19On est entre zéro et quatre bateaux.
00:09:21C'est tout sauf frais ouverts.
00:09:22Donc, on est en période de négociation.
00:09:24Est-ce qu'en cas de reprise des hostilités,
00:09:28on profitera quand même d'une baisse du prix des carburants
00:09:34avec cette négociation en cours ?
00:09:37Trois minutes.
00:09:38Voilà, on va en profiter pendant trois minutes.
00:09:40Donc, faites le plein.
00:09:42La fenêtre risque d'être relativement étroite
00:09:47parce que, encore une fois, ce à quoi on assiste,
00:09:50c'est de la volatilité.
00:09:51Moi, je viens de Normandie.
00:09:53J'ai quitté ma Normandie ce matin pour venir vous voir aujourd'hui à Paris.
00:09:57Donc, je suis passé devant beaucoup de stations-service.
00:10:00Et ce qui est intéressant, c'était la disparité des prix.
00:10:04C'était incroyable.
00:10:05J'ai vu des prix.
00:10:07J'ai vu de l'essence à 2,50 euros.
00:10:10Mais j'ai vu le même 95 E10 à 1,94 euros.
00:10:18Est-ce qu'il varie ?
00:10:19Est-ce qu'il vaut mieux aller chez Total ?
00:10:21Ou est-ce qu'il vaut mieux aller chez un distributeur grande surface ?
00:10:24Eh bien, ni l'un ni l'autre.
00:10:25Il n'y a pas de règle ?
00:10:26Non, si.
00:10:27Il y en a une, mais qu'on ne peut pas facilement anticiper.
00:10:30C'est que le prix à la pompe dépend évidemment du prix du stock
00:10:35qui a été acheté dans cette pompe-là.
00:10:38Donc, puisque là, Total n'a plus bloqué les prix
00:10:41comme il l'avait fait jusqu'à présent.
00:10:43Donc là, les prix des stations Total sont à nouveau alignés,
00:10:47je dirais, sur les prix de tout le monde.
00:10:49Mais ce qui est le juge de paix aujourd'hui,
00:10:52c'est si j'ai acheté, je vous dis n'importe quoi,
00:10:54avec un baril à 120, eh bien, j'ai du gasoil à quasiment de 50.
00:11:02Et puis, si j'ai acheté un baril à 100,
00:11:04vous avez la chance d'avoir là plutôt du gasoil à 210 ou à 220.
00:11:08Alors, en ligne de mire de ces prix des carburants,
00:11:12c'est évidemment, il faut parler de l'état des infrastructures pétrolières du Golfe
00:11:19qui ont été largement bombardées par les forces iraniennes
00:11:23ou en est-on de l'état de ces structures ?
00:11:27Alors là, l'Arabie Saoudite commence à communiquer sur l'étendue des dégâts
00:11:31et surtout sur les impacts en termes de quantité de barils en moins de ces dégâts.
00:11:37Bon, on parle de plusieurs millions de barils en moins par jour en raison des dégâts.
00:11:42Donc là, vous avez, il y a plusieurs paramètres à prendre en considération.
00:11:46Imaginons que le détroit d'Hormuz soit débloqué aujourd'hui complètement, d'accord ?
00:11:51Tout le monde peut passer.
00:11:53Imaginons que nous ayons la chance, parce que c'est à souhaiter, d'accord ?
00:11:57Quand on voit le drame qu'est cette guerre, les drames humains, les drames écologiques,
00:12:04les drames environnementaux, les drames industriels
00:12:06et puis évidemment le drame économique que s'implique pour le monde entier,
00:12:10si cette guerre peut prendre fin, c'est plutôt une bonne chose.
00:12:14Maintenant, imaginons, scénario le plus positif, qu'elle prenne fin là maintenant tout de suite,
00:12:19ou en tout cas vraiment dans les prochaines heures, et qu'au Pakistan, à Islamabad,
00:12:23très rapidement les partis trouvent un accord qui convienne à tout le monde
00:12:27et que, ouf, on puisse revenir à notre vie d'avant.
00:12:31Eh bien, le fait de revenir à notre vie d'avant va prendre un certain nombre de temps.
00:12:34C'est-à-dire qu'il va falloir, un, réparer évidemment tout ce qui a été détruit,
00:12:39que ce soit en Iran par la coalition israélo-américaine
00:12:43ou que ce soit dans les autres pays du Golfe par l'Iran.
00:12:46Donc là, nous avons des dégâts qui sont très significatifs,
00:12:49qui se chiffrent en semaines ou en mois de travaux
00:12:52pour ce qui concerne les capacités pétrolières,
00:12:56qui se chiffrent jusqu'en années pour les capacités gazières,
00:13:03notamment de GNL, avec des unités de liquéfaction qui ont été touchées.
00:13:07Et ces unités de liquéfaction, on parle de trois ans pour les reconstruire et les réparer.
00:13:12Ça veut dire que le GNL, le gaz liquéfié en provenance du Qatar,
00:13:18est indisponible pendant trois ans.
00:13:20Donc ce sont des conséquences qui vont être variables
00:13:23et qui vont se faire sentir dans la durée.
00:13:26Ça, c'est le premier élément.
00:13:28Le deuxième élément, c'est la reprise des chaînes logistiques.
00:13:32C'est-à-dire qu'il faut que vous ayez…
00:13:34Bon, vous avez beaucoup d'équipages et des marins
00:13:39qui étaient bloqués sur les navires, qui ont été évacués.
00:13:43Donc il va falloir que les marins reviennent.
00:13:44Il va falloir remettre les bateaux en marche.
00:13:46Il va falloir remettre tout ça en fonctionnement.
00:13:49Il va falloir charger les navires, charger les pétroliers.
00:13:54– Tout cela, c'est si on a trouvé un accord de paix.
00:13:56– C'est ça, c'est le scénario rose.
00:13:58On a trouvé un accord de paix, tout redémarre au mieux et au plus vite.
00:14:03Et bien même dans ce scénario-là, les conséquences vont se faire sentir
00:14:07jusque pour le GNL pendant encore trois ans.
00:14:10Donc vous imaginez un petit peu les conséquences du scénario noir
00:14:14qui lui consiste à dire que la trêve ne tient pas,
00:14:17le détroit d'Ormouz n'est pas débloqué,
00:14:20les Iraniens et les Américains ne trouvent pas d'accord satisfaisant.
00:14:27La guerre reprend, ou même si la guerre ne reprend pas vraiment,
00:14:31si le détroit reste bloqué, ça va être compliqué.
00:14:35Et derrière, on a vraiment toute une mécanique de négociation
00:14:38qui va être extrêmement compliquée et qui concerne de très nombreux États.
00:14:44C'est-à-dire que ce n'est pas juste des négociations entre Américains et Iraniens.
00:14:49Vous avez évidemment la position d'Israël,
00:14:52vous avez la position des pétromonarchies du Golfe.
00:14:56Pour les Émirats arabes unis qui partagent le détroit d'Ormouz,
00:15:00il est inconcevable par exemple d'imposer un péage sur les navires qui y passent.
00:15:06En l'état actuel des choses, en tout cas, Charles Sanna,
00:15:09vous prévoyez un choc inflationniste, environ 12,5% d'inflation,
00:15:16plus important que celui post-Covid et celui lié à la guerre en Ukraine.
00:15:22On était à 10% avec la guerre en Ukraine.
00:15:25Qu'est-ce qui change avec la situation au Moyen-Orient ?
00:15:28Ce qui change avec la situation au Moyen-Orient, c'est que tout est absolument touché dans le monde entier
00:15:38et surtout là, vous avez une véritable pénurie d'énergie physique.
00:15:46C'est-à-dire que vous avez pénurie de gaz, vous avez pénurie de pétrole,
00:15:51vous avez pénurie de carburant,
00:15:53tout en sachant que par rapport au choc ukrainien,
00:15:57à l'époque du choc ukrainien, nous nous passons de l'énergie russe
00:16:01qui est remplacée et remplaçable à ce moment-là par l'énergie du Moyen-Orient
00:16:05et l'énergie qui vient des États-Unis.
00:16:07Aujourd'hui, pour des raisons qui sont ce qu'elles sont,
00:16:11nous n'avons plus accès à l'énergie russe abondante et pas chère.
00:16:17Et donc nous avons perdu cette première source.
00:16:20Nous avons remplacé ça par des sources plus coûteuses.
00:16:24GNL Qatari, pétrole du Moyen-Orient et gaz de schiste américain,
00:16:29donc GNL américain avec unité de liquéfaction d'un côté,
00:16:33de déliquéfaction de l'autre quand ça arrive en Europe.
00:16:37On déliquéfie le gaz pour pouvoir l'injecter dans le réseau.
00:16:40Donc on a construit des terminaux, etc.
00:16:43Donc tout ça, on l'a fait depuis 4 ans et depuis le début de la guerre en Ukraine.
00:16:46Donc on avait absorbé ce choc-là.
00:16:48Et là, on s'est passé d'une source.
00:16:50Et là, on est en train de se passer d'une deuxième très grosse source
00:16:53qui alimente le monde entier.
00:16:56Donc là, votre choc, il est encore plus important.
00:17:00C'est-à-dire que là, en gros, c'est comme si, je vous disais,
00:17:04on attaque la réserve en fait.
00:17:06– Alors les réserves, il en existe.
00:17:08L'AIE a débloqué 400 millions de barils de pétrole
00:17:11sur les 1 600 millions qu'elle a en réserve.
00:17:15Combien de temps peut-on tenir avec cette réserve de 400 millions ?
00:17:19– Alors les 400 millions qui ont été libérés, en gros,
00:17:22alors si vous prenez les plus et les moins,
00:17:23c'est-à-dire ce que j'avais dans les bateaux qui arrivaient,
00:17:28ce que, donc qui était, parce que, si vous voulez,
00:17:30la logistique mondiale est un grand flux ininterrompu jusqu'à ce qu'il soit interrompu.
00:17:36Donc là, il est interrompu.
00:17:37Mais on avait encore des bateaux sur l'eau,
00:17:39avec évidemment des stocks mobiles, si vous voulez.
00:17:41Donc les derniers bateaux sont arrivés la semaine dernière.
00:17:44Donc voilà, là maintenant, il n'y a plus rien sur les mers.
00:17:46Donc on a libéré nos réserves.
00:17:50Donc vous prenez les plus, vous prenez les moins.
00:17:52On a 20 millions de barils qui sont manquants.
00:17:55On a réussi à en réorienter 7 millions via un oléoduc qui part,
00:18:05un pipeline qui part du nord de l'Arabie saoudite,
00:18:07enfin du Golfe, jusque sur la mer Rouge.
00:18:10Donc là, on a réorienté 7 millions de barils de pétrole.
00:18:13Donc voilà, vous prenez les plus, vous prenez les moins.
00:18:15Ça nous amène sans pénurie à fin avril, début mai.
00:18:20Voilà, donc à fin avril, début mai,
00:18:22se pose la question objective des pénuries.
00:18:26C'est-à-dire qu'il ne va pas y en avoir pour tout le monde.
00:18:28Donc s'il n'y en a pas pour tout le monde,
00:18:30vous avez deux solutions pour gérer une pénurie.
00:18:33Dans un monde normal, après on peut parler d'une économie administrée,
00:18:38mais dans un monde normal, vous avez l'ajustement par les prix.
00:18:42Donc là, si vous vous retrouvez avec un baril de pétrole.
00:18:45Alors, j'ai calculé d'ailleurs,
00:18:47donc s'il nous manque 30%, par exemple, de gasoil,
00:18:51c'est ce qui va nous manquer.
00:18:52S'il nous manque 30% de gasoil début mai,
00:18:56quel est le prix du gasoil pour faire baisser la demande de 30% ?
00:18:59Voilà, donc là, c'est 5,60 euros le litre.
00:19:03D'accord.
00:19:03D'accord ?
00:19:04Donc si on a juste un ajuste,
00:19:05si on prend juste l'ajustement prix,
00:19:08qui permet le prix d'équilibre,
00:19:10qui permet d'équilibrer l'offre et la demande
00:19:12avec 30% de disponibilité de diesel en moins,
00:19:15c'est 5,60 euros le litre.
00:19:17Alors, je ne pense pas qu'on aille jusqu'à 5,60 euros le litre.
00:19:19Ça, c'est juste la modélisation mathématique,
00:19:22si vous voulez, avec la formule d'élasticité prix-demande.
00:19:25Mais si on va dans quelque chose de plus concret,
00:19:29d'un petit peu moins théorique,
00:19:31on va dire qu'à partir de 3 euros le litre,
00:19:33l'effet psychologique est tel,
00:19:35et l'effet économique sur le budget des ménages est tel,
00:19:40que de toute manière, je pense qu'on aura un effondrement
00:19:44de la demande et des déplacements automobiles.
00:19:47Donc, restera la demande industrielle,
00:19:50de transport, évidemment agricole.
00:19:53Et bon, là, on mettra en place probablement
00:19:56des formes de rationnements.
00:19:59Rationnements qui sont préfigurés par ce qui se passe
00:20:01en Slovénie.
00:20:05Oui.
00:20:05Où on a, j'allais confondre avec le Slovékin,
00:20:08mais en Slovénie, où on a, je crois,
00:20:1050 litres par particulier et 200 litres par entreprise
00:20:14et par semaine.
00:20:14Alors, cette inflation, cette hausse du prix des carburants,
00:20:19en tout cas, au total, vous la chiffrez donc à 12,5%.
00:20:23Ça, c'est l'inflation ressentie.
00:20:25Pourquoi est-ce différent de ce qu'on nous annonce ?
00:20:28L'inflation annoncée autour de 3,2% pour cette année 2026.
00:20:34Parce que, tout simplement, cette inflation calculée
00:20:39au sens de l'INSEE, donc on va dire l'indice des prix
00:20:42à la consommation, l'IPC au sens de l'INSEE,
00:20:44donc la statistique officielle, elle fait référence à un panier,
00:20:49à un panier de dépenses type.
00:20:51Et dans ce panier de dépenses type, les carburants,
00:20:54d'accord, le carburant, ce qui aujourd'hui coûte 2,50 euros
00:20:57le litre de diesel, ça rentre, c'est compté, c'est pondéré
00:21:01pour 4,6% de dépenses mensuelles des ménages.
00:21:06Moi qui, comme je vous le disais, viens de Normandie,
00:21:09je peux vous dire que 4,6% de carburant dans le ménage,
00:21:13dans le budget des ménages, tout le monde signe tout de suite
00:21:16pour que ça ne représente que 4,5%.
00:21:18Donc évidemment, ça représente beaucoup plus,
00:21:22surtout avec les prix actuels.
00:21:23Donc en fait, la véritable inflation,
00:21:27et chacun en fait devrait calculer son propre panier,
00:21:30c'est-à-dire que…
00:21:31Oui, parce que d'un ménage avec des enfants,
00:21:35en vivant en ville, ce n'est pas du tout pareil
00:21:37que pour le célibataire qui vit à la campagne.
00:21:39Ah ben évidemment, alors moi par exemple…
00:21:41Il y a 1 000 profils.
00:21:42Alors il n'y en a pas 1 000, en réalité, il y en a…
00:21:44Non, non, il y en a pas 1 000, mais en fait, il n'y en a pas 1 000,
00:21:46on pourrait avoir tout à fait une inflation différenciée
00:21:49avec, on va dire, entre 5 et 10 profils.
00:21:52Célibataire, citadin, famille, citadine,
00:21:55célibataire, zone périurbaine, zone rurale,
00:22:00famille, zone rurale, zone périurbaine.
00:22:03On arrive à 6 ou 7 profils.
00:22:04Et là, on peut calculer une inflation,
00:22:07ce que j'appelle l'inflation différenciée
00:22:09par rapport à votre profil.
00:22:10Donc moi, famille, zone rurale, 2 voitures,
00:22:16deux fois, un plein par semaine pour se déplacer,
00:22:20pour emmener les enfants à l'école,
00:22:22pour aller voir un médecin.
00:22:24Donc rien à voir, là, le poids pour moi de l'énergie
00:22:30avec vous, zone parisienne,
00:22:35Île-de-France, accès au transport en commun,
00:22:37passe Navigo.
00:22:39Bon ben là, le coût du transport quotidien n'a rien à voir.
00:22:42Et donc l'inflation du transport quotidien n'a rien à voir
00:22:45en fonction de son profil, en fait.
00:22:48Et c'est ça qui explique l'inflation ressentie,
00:22:52qui est ressentie de manière extrêmement différente
00:22:55par les gens par rapport à ce que dit, évidemment,
00:22:58l'indice de l'INSEE.
00:23:00Alors, autre exemple pour illustrer vraiment
00:23:02cette déconnexion totale entre l'indice d'inflation officielle,
00:23:07l'IPC-INSEE, et la réalité,
00:23:09c'est le logement avec les charges, avec les charges.
00:23:13On parlait tout à l'heure des charges de gaz
00:23:16et des charges mensuelles de chauffage, d'eau chaude, etc.
00:23:21pour les ménages.
00:23:22Ça, ça rentre pour 8% dans le budget d'une famille.
00:23:28– Selon l'INSEE.
00:23:29– Selon l'INSEE.
00:23:29Donc, évidemment, si j'ai une inflation de 10% sur 8%,
00:23:35ça ne me fait que 0,8, quoi.
00:23:37Donc, évidemment, mon inflation moyenne,
00:23:39elle ne bouge pas beaucoup,
00:23:41elle va être en hausse que de 0,8%.
00:23:43Le problème, c'est que les gens,
00:23:45ils sont plutôt entre les charges et le loyer
00:23:47à 50% de leur revenu.
00:23:48Et donc, quand j'ai 10% de 50% qui bouge,
00:23:52ça me fait 5% d'inflation.
00:23:54Ça ne fait pas 0,3.
00:23:57– Un choc inflationniste en moyenne égale à 12,5%.
00:24:01Selon vous, Charles Sanna, vous indiquez
00:24:03que pour certains produits,
00:24:05l'inflation pourrait monter bien plus fort,
00:24:0730, 40%.
00:24:09Et ces fameuses pénuries,
00:24:11alors expliquez-nous un peu ce qui nous attend.
00:24:13Parce que là, j'ai peur que les Français,
00:24:15ce soit très dur ce qui leur attend,
00:24:18ce qui doit les attendre, quoi.
00:24:20– Alors, ça ne va pas être que pour nous.
00:24:22Ce n'est pas que pour nous.
00:24:23C'est quelque chose qui est vraiment fondamentalement mondial.
00:24:27Et ça, c'est très, très important de…
00:24:30Enfin, voilà, il ne faut pas être juste franco-centré,
00:24:34si vous voulez.
00:24:35C'est un choc qui est mondial.
00:24:38Et parce que ce choc est mondial,
00:24:40il va frapper l'industrie mondiale.
00:24:43Il va frapper l'agriculture mondiale.
00:24:45Il va frapper les chaînes de logistique mondiales.
00:24:47Alors, c'est quoi l'enchaînement et les dominos ?
00:24:51Déjà, on part de ce qui nous manque directement à partir du golfe.
00:24:56Le golfe, c'est en sous-produit des raffineries,
00:25:00c'est tout ce qui va être le soufre.
00:25:04Et le soufre, c'est tout ce qui rentre en compte, par exemple,
00:25:07dans les processus de fabrication et de liaison moléculaire pour les médicaments.
00:25:13Donc, on sait que sans soufre, extrêmement pur, etc.,
00:25:17de qualité médicale, qui nous manque,
00:25:19puisque la production du golfe, c'est pareil,
00:25:21entre 30 et 40% du soufre mondial.
00:25:23Donc, ça va être des ruptures d'approvisionnement dans les médicaments.
00:25:27Les médicaments les plus touchés, c'est les antibiotiques.
00:25:31Tout ce qui va être inhibiteur de pompes à protons,
00:25:35enfin, c'est les antiacides gastriques.
00:25:39C'est tout ce qui est insuline.
00:25:43Donc, on a un certain nombre de médicaments
00:25:44pour lesquels on a vraiment besoin de cette production de soufre
00:25:48qui est un sous-produit du raffinage.
00:25:50Mais ça, la France, elle n'a pas constitué des stocks.
00:25:53Alors, non seulement on n'a pas constitué des stocks,
00:25:55mais au moment du Covid, on nous parlait des stocks de masques,
00:25:57on est censé avoir pris les devants, non ?
00:26:00Bah tiens, elle est sympa, votre remarque,
00:26:03parce que cette histoire de stocks de masques,
00:26:05c'est exactement la même chose.
00:26:06C'est-à-dire que le prix du stock, le prix du masque
00:26:10disponible immédiatement, là, sur le tarmac,
00:26:12au moment du Covid, nous, on n'en avait pas,
00:26:14les Américains, ils en avaient parce qu'ils payaient plus cher en dollars.
00:26:17Vous avez exactement la même chose avec le pétrole,
00:26:19avec le gaz, avec le soufre, avec l'hélium,
00:26:23qui reste disponible.
00:26:24Et donc, par exemple, l'hélium, là,
00:26:26c'est toute la fabrication de tout ce qui va être high-tech,
00:26:29les cartes, les puces, les semi-conducteurs, etc.
00:26:32Sans hélium, pas d'intelligence artificielle
00:26:36et pas de puces et de cartes graphiques
00:26:38pour faire tourner les IA de la Silicon Valley.
00:26:43Et sur la base, Charles Sanin, moi, j'aimerais vous entendre,
00:26:45sur la base, c'est-à-dire l'alimentation,
00:26:47est-ce que les supermarchés français vont être dévastés ?
00:26:50Est-ce qu'il y aura des crises de ce genre-là ?
00:26:53– Alors, si la guerre dure, oui, mais pas tout de suite,
00:26:56parce qu'encore une fois, inertie sur le marché…
00:26:59Alors, vous avez une inertie qui est importante
00:27:01à prendre en considération, là aussi.
00:27:03C'est-à-dire que si vous voulez modéliser les pénuries,
00:27:06vous devez prendre quoi ?
00:27:07Vous devez prendre en considération ce qui commence à manquer.
00:27:10Donc, ce qui commence à manquer, le soufre, l'hélium.
00:27:13L'hélium, ça fait tourner les IRM.
00:27:14Un IRM, c'est 1 200 à 1 500 litres d'hélium
00:27:17pour faire tourner un IRM.
00:27:18Sinon, vous n'avez pas d'IRM, pas d'hélium,
00:27:20plus d'imagerie médicale.
00:27:21– L'azote pour les engrais ?
00:27:23– L'azote et donc ça, l'urée et donc les engrais azotés,
00:27:27c'est un grand manque aujourd'hui de cette crise.
00:27:31Ça veut dire moins de rendement.
00:27:33Ça ne veut pas dire pas de rendement.
00:27:35Ça veut dire moins de rendement.
00:27:37Ça veut dire ajustement, offre-demande et donc des prix par les prix.
00:27:42Ça veut dire une augmentation significative des engrais,
00:27:45plus une augmentation significative du coût de fonctionnement d'un tracteur
00:27:50parce que le tracteur, il n'est pas encore électrique, il est au gasoil.
00:27:53Donc, tout ça, les prix ont doublé.
00:27:56Donc, vous vous retrouvez avec des agriculteurs qui, de toute façon,
00:27:59vont devoir augmenter les prix ou cesser de produire et de cultiver.
00:28:02D'accord ?
00:28:03Parce que, vous savez, soit on peut augmenter les prix,
00:28:06soit quand on ne peut pas augmenter les prix, on arrête de produire.
00:28:09On éteint les fours.
00:28:11On éteint les…
00:28:12Regardez, les boulangers qui avaient éteint leur four au moment de la crise ukrainienne,
00:28:17vous allez assister à la même chose.
00:28:19Parce que vous n'avez plus de rentabilité et vous n'êtes pas capable d'augmenter autant les prix
00:28:23parce que le consommateur, lui-même, n'est pas capable d'acheter à ce prix-là.
00:28:26Donc, c'est aussi comme ça que se forment les pénuries.
00:28:29Elles se forment…
00:28:30Alors, elles peuvent être amoindries ou adoucies par des produits de substitution
00:28:36et par les stocks que nous avons.
00:28:38Et donc, c'est ça qu'il faut essayer de modéliser.
00:28:39Alors, je vous donne par exemple un exemple de substitution.
00:28:44Pour faire Isovert, le groupe Saint-Gobain qui produit toutes les laines de verre
00:28:50pour isoler les maisons, ça consomme énormément d'énergie et de gaz
00:28:56pour fabriquer ces produits-là.
00:28:58Demain, compte tenu du prix du gaz et compte tenu de l'impossibilité
00:29:01de tripler le prix de votre ballot de laine de verre,
00:29:05qu'est-ce que vous allez faire ?
00:29:05Vous éteignez l'usine et puis vous substituez par de la laine de bois,
00:29:11par du chanvre, par des produits naturels.
00:29:14Donc, on a la capacité à substituer.
00:29:16Si on n'a pas déjà substitué, c'est qu'il y a une raison.
00:29:20C'est-à-dire, soit le produit de substitution, café versus chicorée,
00:29:25je préfère boire un bon café qu'une bonne chicorée.
00:29:28Donc, si je ne prends pas la chicorée, c'est parce que la chicorée,
00:29:32un, c'est la Deuxième Guerre mondiale,
00:29:34et deux, c'est quand même moins bon.
00:29:36Donc, je préfère le café à la chicorée.
00:29:39Mais quand je n'ai plus de café, évidemment, je fais substituer par la chicorée.
00:29:42– Les Erzatz.
00:29:42– Bon, les Erzatz, absolument.
00:29:44Mais si on ne les prend pas, c'est qu'ils sont moins bien,
00:29:46c'est qu'ils sont moins bons ou qu'ils sont plus chers.
00:29:49En l'occurrence, si vous prenez le chanvre, c'est un excellent isolant,
00:29:52mais il est 30 à 40 % plus cher.
00:29:54C'est pour ça qu'il n'est pas utilisé massivement dans le bâtiment.
00:29:57Donc là, hop, vous voyez comment va se profiler une inflation.
00:30:00Mais ce n'est pas une inflation à…
00:30:02– Cette inflation, Charles Sannach…
00:30:03– 100 % par exemple.
00:30:04– À quoi ça ressemble une inflation à 12,5 % ?
00:30:09Est-ce qu'on a un exemple dans l'histoire d'inflation à 12,5 %
00:30:13lors d'une crise et des conséquences que cela a eues sur les consommateurs ?
00:30:18– Ah bah oui, les années 80, on a une inflation à 12 %,
00:30:22début des années 80, fin des années 70,
00:30:25ce qui correspond d'ailleurs au précédent choc pétrolier,
00:30:28nous avons une inflation à 12 %, on avait même des inflations à 15 %,
00:30:32donc on sait, si vous voulez…
00:30:36– Non mais pour rassurer les téléspectateurs,
00:30:38c'est juste qu'on ne va pas assister à des scènes apocalyptiques
00:30:41de gens qui se tirent dessus dans la rue pour avoir une bouteille d'eau
00:30:45ou une boîte de conserve.
00:30:46– Alors ça, c'est pour les films.
00:30:50– Oui.
00:30:50– Non mais qu'on remette les choses dans le contexte.
00:30:52– Ça, c'est pour les films.
00:30:54Une inflation à 12 %, vous n'avez pas d'émeute de la faim,
00:31:00vous n'avez pas de scènes à la Mad Max,
00:31:04et on n'est effectivement pas en train de s'entretuer
00:31:06ni pour des rouleaux de papier toilette au supermarché,
00:31:09ni pour des boîtes de conserve, heureusement.
00:31:11En revanche, on est dans le fait de voir notre économie abîmée.
00:31:16– Alors face à ces pénuries, Charles Sanna,
00:31:18est-ce qu'on peut imaginer voir l'État,
00:31:20vous l'évoquiez un petit peu tout à l'heure,
00:31:22avoir recours à des décisions comme un confinement énergétique ?
00:31:26On avait vu cela pendant le Covid avec ces confinements sanitaires.
00:31:30Quelles mesures restrictives est-ce qu'on peut s'attendre à avoir ?
00:31:34– Alors, confinement énergétique,
00:31:36c'est juste pour utiliser un mot qui parle aux gens
00:31:39et qui permet de projeter une idée.
00:31:43Un confinement énergétique,
00:31:45là il ne s'agit pas d'avoir son auto-attestation
00:31:47pour s'autoriser à sortir.
00:31:48Bon, c'est quoi là ?
00:31:50C'est de dire les entreprises vont redevoir passer au télétravail
00:31:54pour éviter les déplacements.
00:31:57Ça va être éventuellement des limitations hebdomadaires
00:32:02d'achat de carburant,
00:32:04sur encore une fois le modèle de ce qui se passe en Slovénie.
00:32:08Alors, nous, ça ne sera peut-être pas 50 litres,
00:32:10ça sera peut-être 100 litres par semaine et par particulier,
00:32:14peut-être 400 litres par entreprise, que sais-je.
00:32:16Voilà, donc je ne sais pas quel sera le seuil de limitations,
00:32:21mais on peut envisager des limitations comme ça.
00:32:23Il ne s'agit pas de dire « il n'y a plus »,
00:32:27il s'agit de répartir le manque.
00:32:29En fait, là, la pénurie, vous savez, dans le mot pénurie,
00:32:33vous avez 50 nuances de pénurie.
00:32:36Alors, la première nuance de pénurie, c'est la pénurie la plus totale,
00:32:39il n'y a rien, il n'y a zéro, il n'y a pas à manger.
00:32:41Bon, et puis, vous avez toutes les autres nuances
00:32:44où vous n'avez, je vous dis n'importe quoi,
00:32:47vous n'avez plus de maïs,
00:32:48parce que le maïs coûte extrêmement cher,
00:32:50mais par contre, vous trouvez encore des pâtes et du blé,
00:32:52parce que le blé coûterait moins cher à produire.
00:32:55Donc, bon, cette année, on mangera plus de blé,
00:32:57de semoule et de couscous,
00:32:58qu'on mangera de maïs et de pois chiches,
00:33:01parce que ça va coûter très cher.
00:33:02Donc, encore une fois, pénurie,
00:33:05c'est 50 nuances de gris de pénurie,
00:33:08possible et imaginable.
00:33:10Sur le carburant, on peut imaginer, pareil,
00:33:13entre l'ajustement prix et un litre à 3 euros,
00:33:16où naturellement, vous allez avoir une demande
00:33:19qui va baisser significativement,
00:33:22et puis, un petit peu de rationnement,
00:33:25et on va dire de sobriété, de sobriété forcée,
00:33:29bon, vous arrivez à équilibrer le tout
00:33:31et à faire que tout le monde puisse avoir un peu.
00:33:34Par contre, mon voyage en camping-car,
00:33:36où je voulais faire le tour de l'Europe à 15 litres au 100,
00:33:38ça risque d'être compliqué cet été, quoi.
00:33:40– Avec cette hausse des prix de l'énergie, Charles Sanna,
00:33:43est-ce qu'on peut imaginer quelles vont être les conséquences
00:33:48pour les entreprises françaises ?
00:33:50– Alors, les entreprises françaises, c'est assez logique,
00:33:54c'est directement une baisse des marges,
00:33:56c'est directement une hausse de la sinistralité,
00:33:59c'est-à-dire directement une hausse des faillites d'entreprises.
00:34:01– Donc ça, on va avoir plus de faillites en 2026
00:34:05que les 70 ou 77 000 faillites enregistrées l'an dernier ?
00:34:10– Très certainement, très certainement.
00:34:12Et ça serait assez logique, c'est-à-dire que là,
00:34:14vous avez non seulement le choc du Covid
00:34:16qui n'a pas été encore totalement encaissé
00:34:19par les entreprises françaises,
00:34:21je rappelle qu'il y avait toujours cette histoire de PGE,
00:34:24les prix garantis par l'État,
00:34:26qui devaient être remboursés.
00:34:27– Bon, donc vous avez des entreprises
00:34:32qui ont une trésorerie qui est relativement fragile,
00:34:35vous avez une fiscalité qui ne baisse pas,
00:34:37vous avez des contraintes complémentaires
00:34:38qui pèsent sur les entreprises d'année en année,
00:34:40on leur rajoute tous les mois de nouvelles normes,
00:34:43de nouvelles règles qui font qu'elles sont obligées
00:34:45de dépenser de l'argent pour pouvoir se mettre à jour.
00:34:48La prochaine norme qui a un changement assez important,
00:34:51c'est évidemment la facture électronique
00:34:52qui va obliger les entreprises à un traitement administratif
00:34:55qui en réalité est assez lourd,
00:34:57puisque tout doit être interconnecté en permanence
00:35:00et dès que vous émettez une facture,
00:35:02en fait, avant même de l'envoyer à votre client,
00:35:04vous l'avez d'abord envoyé à Bercy
00:35:05qui l'envoie à votre client, qui l'enregistre,
00:35:08bon voilà, etc.
00:35:09Donc tout ça, c'est des coûts encore supplémentaires
00:35:12pour les entreprises, par exemple,
00:35:13non seulement un coût de mise en place,
00:35:15mais après un coût de traitement
00:35:17parce que tout ça est payant.
00:35:18Donc voilà, vous augmentez des charges,
00:35:20vous augmentez des contraintes,
00:35:22vous avez un climat des affaires
00:35:24et une consommation qui est relativement à tonne et morose,
00:35:28on ne peut pas en vouloir aux Français
00:35:29parce que quand ils voient ce qui se passe,
00:35:31qu'est-ce qu'ils font,
00:35:32déjà, ceux qui peuvent réduisent les dépenses
00:35:35et de toute manière,
00:35:37tout le monde a un budget contraint
00:35:38et ce que je dépense aujourd'hui en plus dans le carburant,
00:35:41je ne peux pas le dépenser
00:35:42dans la restauration, dans l'habillement,
00:35:45dans l'ameublement, etc.
00:35:46Donc d'ores et déjà,
00:35:47même en cas d'accord de paix,
00:35:48là, tout à l'heure, dans une heure,
00:35:50on aura plus de faillite d'entreprise en France
00:35:52que l'année dernière, c'est sûr ?
00:35:53C'est sûr, c'est sûr.
00:35:55Sauf en volée de la croissance
00:35:57sur le dernier semestre,
00:35:59sur le deuxième semestre 2026,
00:36:02mais enfin, c'est difficilement,
00:36:03aujourd'hui, prévisible et crédible.
00:36:08Je parlais de la dette avec mon dernier invité,
00:36:11la semaine dernière,
00:36:12pour Politique et Éco,
00:36:14quelles peuvent être la conséquence,
00:36:17les conséquences de cette crise
00:36:18sur la dette française ?
00:36:20Il est question, évidemment,
00:36:21des obligations d'État à 10 ans
00:36:24qui sont en train d'augmenter,
00:36:26dont le taux augmente.
00:36:27Il était à 3,79 hier,
00:36:31quand j'ai regardé,
00:36:32avant de préparer cette émission.
00:36:33Oui, il est quasiment monté à presque,
00:36:35alors pas encore la barre des 4%,
00:36:37mais il a frôlé la barre des 4%
00:36:39au pire de la guerre iranienne
00:36:42et avant l'annonce de cesser le feu.
00:36:47Alors, qui dit inflation,
00:36:49dit généralement, pour les marchés,
00:36:50hausse des taux.
00:36:51D'accord ?
00:36:52Puisque si j'ai...
00:36:53Enfin, en fait, ce qui est très important
00:36:54et que nos téléspectateurs doivent comprendre,
00:36:57c'est l'histoire de l'inflation,
00:36:59du taux réel,
00:37:00du taux réel pour les taux d'intérêt.
00:37:03D'accord ?
00:37:03Donc, le taux réel, c'est mon taux nominal, 4%,
00:37:08mais en prenant en compte l'inflation.
00:37:09Donc, si j'ai une inflation à 4%
00:37:11et une rémunération à 4%,
00:37:13à la fin de l'année,
00:37:14je n'ai rien gagné.
00:37:16Donc, j'ai un taux réel à zéro.
00:37:18Si j'ai une inflation à 5%
00:37:20et des taux à 4%,
00:37:21j'ai perdu 1%.
00:37:22Je suis en taux réel négatif.
00:37:24Donc, j'ai beau avoir 4% de taux
00:37:26avec une inflation à 5%,
00:37:27j'ai perdu 1%.
00:37:28Donc, je me suis appauvri.
00:37:30Inversement, si j'ai des taux à 10%
00:37:31c'est une inflation à 5%,
00:37:32j'ai réellement gagné
00:37:34et je me suis enrichi de 5%
00:37:36taux réel positif.
00:37:38Pour casser l'inflation,
00:37:40il faut que les États mettent les taux réels,
00:37:44qui rendent les taux réels positifs.
00:37:46Donc, il faut en clair que les taux d'intérêt
00:37:48soient supérieurs aux taux d'inflation.
00:37:50Donc, si vous avez une inflation à 12%,
00:37:53ça veut dire qu'il faut que vous ayez
00:37:55des taux d'intérêt à 13%.
00:37:56Si vous avez des taux d'intérêt à 13%,
00:37:59alors qu'on a 3 500 milliards d'euros de dette,
00:38:01je vous laisse imaginer le coût
00:38:04rien que des intérêts annuels pour la dette.
00:38:07Donc, 3 500 milliards, on va prendre 10%.
00:38:10Ça fait 350 milliards d'euros.
00:38:12C'est 100% du budget de l'État.
00:38:15Voilà, 350 milliards,
00:38:16c'est globalement le budget d'État.
00:38:18380 milliards d'euros.
00:38:19Donc, c'est 100% du budget de l'État à 10%.
00:38:22Donc, c'est totalement impossible.
00:38:24Évidemment, la France est en faillite
00:38:26d'un claquement de doigts à 10%.
00:38:28C'est terminé.
00:38:29Nous sommes en insolvabilité.
00:38:31Donc, je pense que nous n'aurons pas forcément
00:38:35une hausse importante des taux d'intérêt.
00:38:39Donc, je crois que nous allons avoir,
00:38:41et nous allons devoir avoir une inflation.
00:38:43La hausse des taux d'intérêt, là,
00:38:46elle n'imprimera pas de nouveaux barils.
00:38:49Elle ne créera pas du nouveau GNL.
00:38:52Donc, en fait, augmenter les taux ne fera qu'étouffer le reste de l'économie.
00:38:58Je pense, par exemple, au marché immobilier.
00:39:01Bon, si vous augmentez les taux de 1%,
00:39:03vous dégradez la solvabilité de 8%.
00:39:07D'accord ?
00:39:08Vous dégradez le pouvoir d'achat immobilier de 8%.
00:39:11Pour chaque pourcent de hausse de taux d'emprunt,
00:39:16j'ai 8% de pouvoir d'achat immobilier en moins.
00:39:18C'est-à-dire, sur 100 000 euros,
00:39:20je peux emprunter 8 000 de moins par pourcent.
00:39:23Si jamais j'ai des taux, c'était le cas,
00:39:25qui sont passés de quasiment,
00:39:26on empruntait quasiment à 0 à 4%.
00:39:294 fois 8, 32.
00:39:33Et donc, je me retrouve avec 32% en moins de pouvoir d'achat immobilier.
00:39:42Et donc, c'est pour ça que vous avez…
00:39:44Je vous ai dit n'importe quoi, 3 fois 24.
00:39:46Vous avez 24 à 25% de moins de pouvoir d'achat immobilier.
00:39:50Et donc, si vous avez 20 ou 25% de moins de pouvoir d'achat immobilier,
00:39:54forcément, vous avez des prix qui corrigent.
00:39:56Et donc, c'est pour ça que vous avez vu les prix d'immobilier
00:39:58qui ont baissé ces deux dernières années,
00:40:01suite, enfin, 3, 4 dernières années,
00:40:03suite à la hausse des taux d'intérêt consécutifs à la guerre en Ukraine.
00:40:07On sait qu'on a environ, en France, 60% de taxes sur le litre de carburant.
00:40:14Est-ce que, dans ces conditions, avec cette inflation,
00:40:16on peut voir l'État se dire,
00:40:19tiens, on va essayer de réduire les taxes pour aider le portefeuille des Français ?
00:40:24On pourrait, mais c'est peu probable.
00:40:26C'est-à-dire qu'à ce stade, c'est peu probable.
00:40:28Alors, si la guerre devait durer,
00:40:30si les prix devaient rester durablement élevés,
00:40:34peut-être qu'on pourrait imaginer un prix plafond imposé par le gouvernement
00:40:41au hasard à 3,58 euros le litre, par exemple.
00:40:46Bon, accompagné d'un rationnement et accompagné, en fait,
00:40:51plutôt de primes pour aider et faciliter la transition énergétique.
00:40:56Et donc, l'État, logiquement, devrait préférer laisser le prix de l'essence là où il est
00:41:03et utiliser, entre guillemets, surplus fiscaux pour plutôt aider et financer
00:41:10l'acquisition de leasing social sur des véhicules électriques ou ce genre de choses.
00:41:16Alors, justement, qu'est-ce que cette crise nous montre
00:41:19concernant la volonté européenne de décarbonation à tout craint ?
00:41:25– En fait, c'est assez logique, c'est-à-dire qu'on sait bien
00:41:29qu'il faudrait réussir à se passer des énergies fossiles.
00:41:34Voilà, c'est le point de départ de toute stratégie,
00:41:37de toute réflexion dans l'Union européenne.
00:41:39Je ne vous dis pas que c'est bien, que c'est mal,
00:41:41je vous dis que c'est le point de départ.
00:41:43– Le zéro net carbone.
00:41:45– Tout est vu sous cet angle-là et sous ce prisme-là, d'accord ?
00:41:48Donc, aux États-Unis, il y a une inflexion majeure.
00:41:51En Chine…
00:41:52– Partout ailleurs, en réalité.
00:41:53– Ce n'est pas tout à fait pareil.
00:41:55Mais chez nous, le carbone, ce n'est pas bien.
00:41:58Les énergies fossiles, c'est une horreur absolue.
00:42:02Donc, on rajoute encore des taxes carbone par-ci,
00:42:05des taxes carbone par-là, sur la tonne de ci, sur la tonne de ça.
00:42:08Et on veut électrifier l'ensemble de nos usages.
00:42:13Donc, si l'objectif reste celui-là, ce qui est le cas,
00:42:17si on veut se passer des énergies fossiles
00:42:20et si on veut aller toujours vers le net carbone, le net zéro,
00:42:23et qu'on a en plus actuellement un petit problème de livraison d'énergie fossile,
00:42:31de gasoil en provenance du Golfe Persique,
00:42:34il est évident que c'est un accélérateur
00:42:36et, on va dire, une source de motivation pour les gens
00:42:42et pour le consommateur européen, pour, par exemple, passer à l'électrique.
00:42:46J'en veux la pub actuellement de Renault qu'on entend à peu près partout.
00:42:53Si le prix de l'essence est en hausse, ce n'est pas une bonne nouvelle.
00:42:56Mais en revanche, c'est une bonne raison pour passer à l'électrique.
00:42:59Voilà, c'est le slogan, je crois, de mémoire des pubs Renault qu'on entend actuellement.
00:43:04Donc, voilà, globalement, le message, il est clair, passer à l'électrique.
00:43:07– Est-ce que les marchés, est-ce que l'État, est-ce que la France est prête
00:43:10à mettre de l'électricité partout pour ses véhicules ?
00:43:14J'entendais un observateur me dire que combien de pompes il faudra,
00:43:18de pompes électriques sur les autoroutes françaises,
00:43:22avec tout ce que cela nécessite de terres rares, de cuivres ?
00:43:26Est-ce qu'on est prêt à aller vraiment dans ce sens-là ?
00:43:30Pour les Français, tous les Français dans des voitures électriques.
00:43:33– Ça va même plus loin que ça, c'est qu'aujourd'hui,
00:43:36l'industrie automobile française, elle a baissé de 59%, d'accord ?
00:43:40C'est-à-dire que c'est un effondrement de notre filière industrielle.
00:43:43Aujourd'hui, globalement, on ne produit quasiment plus de voitures en France.
00:43:47Nos voitures sont importées.
00:43:49Donc en fait, cette transition énergétique et cette électrification
00:43:55– C'est un délire.
00:43:55– Du parc de voitures, ça profite à la Chine,
00:44:00ça profite, bon, mais ça ne profite pas à la France.
00:44:02– Oui.
00:44:03– Se pose après, effectivement, comme vous l'avez évoqué,
00:44:07à des problèmes logistiques et d'organisation.
00:44:11Comment je fais le plein pendant, même avec des superchargeurs
00:44:15qui mettent une heure à remplir mes batteries de 100 kW ?
00:44:18Bon, c'est rapide, certes, mais enfin bon, je fais comment pour remplir 20 000 véhicules heure
00:44:26sur ma station service d'autoroute un jour de chassez-croisé au mois d'août ?
00:44:32Évidemment que tout ça, on ne sait pas le gérer.
00:44:34Et je vais vous dire, c'est quasiment ingérable en réalité.
00:44:37C'est-à-dire que ce qu'on ne dit pas, c'est qu'on ne se déplacera plus du
00:44:44tout comme avant.
00:44:46La réalité de l'électrification jusqu'à ce qu'on fasse des batteries
00:44:50permettant de faire 1 500 km, quoi.
00:44:54Mais tant qu'on n'a pas 1 500 km d'autonomie sur des batteries de voitures électriques,
00:44:59il est illusoire d'imaginer qu'on va avoir le même usage de la voiture.
00:45:04L'usage de la voiture électrique, c'est pour que vous puissiez aller travailler le matin.
00:45:07– Oui, c'est fini la voiture individuelle.
00:45:09– Non, ce n'est pas ça.
00:45:11C'est que c'est fini de parcourir 2 000 km en voiture facilement et rapidement
00:45:18et en s'arrêtant juste 5 minutes pour faire le plein.
00:45:21C'est-à-dire que vous allez voyager de manière complètement différente.
00:45:24– Oui, le tourisme…
00:45:25– Soit vous n'allez plus voyager, soit vous voyagerez beaucoup moins loin.
00:45:29La voiture électrique marche extrêmement bien.
00:45:32Vous savez, les premiers acheteurs de voitures électriques, en réalité, ne sont pas les citadins.
00:45:35Parce qu'eux, ils ont des transports en commun.
00:45:38Donc, il n'y a aucun intérêt d'aller dans des bouchons en voiture électrique
00:45:41quand vous avez un réseau de transport en commun efficace.
00:45:44Donc, les premiers acheteurs de voitures électriques, je les ai chez moi, en zone rurale.
00:45:48Parce que quand on a 20 ou 30 km à faire par jour, aller plus retour,
00:45:53donc on va dire entre 50 et 100 km par jour,
00:45:56même les toutes petites voitures électriques sont capables de le faire.
00:45:59Donc, et là, l'économie, elle est considérable en termes, par rapport au coût du carburant
00:46:04versus le coût des recharges électriques chez vous,
00:46:07qu'en plus, si vous avez des petites batteries, vous pouvez les recharger chez vous.
00:46:11Alors, je pense par exemple à une Dacia Spring qui a une batterie de 28 kW.
00:46:1528 kW chargée à 2,5 kW, machin, etc.
00:46:20Bref, vous chargez ça en 10 heures chez vous avec une prise normale la nuit.
00:46:25Vous n'avez pas besoin d'une installation spécifique avec un superchargeur,
00:46:30avec du courant triphasé, avec un nouveau compteur EDF, vous voyez.
00:46:33Donc, vous pouvez faire ça facilement.
00:46:35Donc, les petites voitures électriques, pour permettre aux gens d'aller travailler,
00:46:40ça marche extrêmement bien.
00:46:41C'est pour ça que le leasing social est une excellente chose
00:46:45et qu'il a d'ailleurs beaucoup de succès.
00:46:48Parce que globalement, pour 100 euros par mois, vous avez un véhicule en leasing social.
00:46:53et ces 100 euros que vous dépensez par mois pour louer le véhicule,
00:46:58en réalité, c'est largement payé par l'équivalent d'un plein par semaine.
00:47:04Aujourd'hui, à plus de 100 euros, c'est 400 euros d'économie de carburant.
00:47:08Donc, vous voyez évidemment l'enjeu économique pour les petites voitures.
00:47:13Mais avec ces petites voitures, vous ne faites pas un pari la Côte d'Azur facilement.
00:47:18J'aimerais qu'on termine avec cette question avec vous, Charles Sanna.
00:47:22Comment se prémunir ?
00:47:24Quel conseil vous auriez à donner pour faire face à cette inflation,
00:47:30à ces pénuries quand on est un épargnant ou un simple particulier ?
00:47:36Quel conseil financièrement et matériellement ?
00:47:39Vous parlez de stock à faire, d'alimentaire.
00:47:43Oui, alors, en fait, ce qui va se passer, c'est assez simple à prévoir.
00:47:47C'est que vous allez avoir un choc inflationniste.
00:47:50Donc déjà, on regarde et on voit la réalité telle qu'elle est.
00:47:53Donc, pas avec des lunettes roses, mais pas pire non plus que ce qu'elle n'est.
00:47:58D'accord ?
00:47:58Donc, nous n'allons pas, à ce stade, nous n'allons pas mourir de faim.
00:48:03Donc, il ne s'agit pas de faire des stocks de survie parce qu'il pourrait y avoir une disette
00:48:07et une famine.
00:48:08Il s'agit simplement de se dire qu'aujourd'hui, votre livret A, il vous rapporte 1,5%
00:48:12et que votre plat de nouille, il va augmenter de 30%.
00:48:17Donc, aujourd'hui, vous avez plus intérêt, si vous avez 1 000 euros sur votre livret A,
00:48:22vous avez plus intérêt à avoir 1 000 euros de nourriture devant vous
00:48:26que 1 000 euros sur forme de livret A
00:48:28puisque cette histoire de taux d'intérêt réel net,
00:48:33eh bien, vos taux d'intérêt réels nets, ils vont être négatifs.
00:48:36Votre alimentaire va augmenter entre 10 et 30%
00:48:40tandis que votre livret A va vous rapporter que 1,5% de plus.
00:48:44Donc, d'un point de vue purement rationnel,
00:48:46vous avez plutôt intérêt à épargner en sac de nouilles et en boîtes de raviolis,
00:48:52et ça, c'est une analogie pour dire en fonction de ce que vous consommez, évidemment,
00:48:55que de garder les sous sur votre livret A.
00:48:57Alors, attention, on ne paye pas, évidemment, la réparation de sa voiture au garage
00:49:03ou le changement du chauffe-eau et l'arrivée du plombier avec des sacs de nouilles.
00:49:09Donc, il faut bien garder un peu d'argent.
00:49:10Donc, tout ça est un équilibre intelligent à avoir.
00:49:15On sait qu'il va y avoir de l'inflation sur les produits alimentaires.
00:49:18On n'a pas parlé des emballages.
00:49:19On n'a pas parlé des boîtes de conserve et le fait que la pertisation, la stérilisation,
00:49:26ce sont des processus qui sont consommateurs de beaucoup d'énergie.
00:49:29Que les emballages, c'est de l'acier, c'est de l'aluminium et qu'on a oublié qu'avec
00:49:37la mondialisation,
00:49:39les pays du Golfe ont développé des industries très importantes parce qu'ils avaient de l'énergie
00:49:43et donc notamment des industries primaires, premières.
00:49:47C'est de l'acier, c'est de l'aluminium qui vient du Golfe, 30-40%.
00:49:51C'est le carrelage, d'accord ?
00:49:54Donc, le carrelage, ça demande de faire de chauffer pour faire les carreaux.
00:50:00Donc, ça demande beaucoup, beaucoup d'énergie.
00:50:03Et donc, vous allez avoir, par exemple, beaucoup de hausse de prix sur les matériaux de construction.
00:50:10Donc, si vous êtes une entreprise aujourd'hui du BTP, vous avez intérêt à stocker un peu de matière au
00:50:17coût d'aujourd'hui
00:50:18pour pouvoir gagner des chantiers demain parce que vos concurrents, ils seront au coût matière de demain
00:50:24et que vous, vous aurez pris de l'avance et vous serez encore au coût d'hier.
00:50:28Et donc, vous allez pouvoir rafler des marchés et maintenir vos marges, voire même les augmenter.
00:50:33Vous voyez, c'est extrêmement concret de l'analyse macroéconomique, des anticipations et une déclinaison stratégique
00:50:41pour une gestion d'entreprise, c'est extrêmement concret.
00:50:45Pour un particulier, ça veut dire évidemment plutôt stocker ce dont il est sûr d'avoir besoin au prix d
00:50:53'aujourd'hui
00:50:54plutôt qu'au prix de demain sur un certain nombre de choses.
00:50:58Si vous avez, par exemple, on n'a pas parlé du vitrage, mais encore un autre exemple dans le bâtiment,
00:51:03mais si vous aviez prévu de changer vos fenêtres, faites-le vite parce que les hausses sur le vitrage, ça
00:51:08va être de 30 à 40%.
00:51:09– Charles Sanna, on a vraiment l'impression d'assister à un tournant dans l'histoire économique peut-être mondiale.
00:51:16Est-ce que vous partagez ce constat ?
00:51:18– Alors, le tournant, ce que vous voyez là n'est finalement que la conséquence de quelque chose qui est
00:51:25moins visible
00:51:25et que moi j'appelle le Yalta 2.0, souvenez-vous de cette image avec les trois chefs d'État,
00:51:32le russe Staline, Roosevelt l'américain et Churchill l'anglais,
00:51:36le général de Gaulle étant le grand absent de cette réunion,
00:51:39et les grands de ce monde de l'époque se partageant le monde, d'accord ?
00:51:44C'est ce qu'on a tous appris dans nos cours d'histoire sur la conférence de Yalta
00:51:48qui sera suivi après par une autre conférence qui est la déclinaison économique de Yalta
00:51:52qui est Bretton Woods, d'accord ?
00:51:54Avec la mise en place de l'ONU, la création du FMI, la création de la Banque mondiale.
00:51:59Et donc Bretton Woods, c'est la gouvernance mondiale du nouvel ordre mondial issu d'Yalta de l'époque.
00:52:08Et quand vous avez des gens qui vous parlent d'un nouvel ordre mondial, évidemment…
00:52:14Nicolas Sarkozy, déjà, en parlant de parler…
00:52:16Ce n'est pas un gros mot, il n'y a rien de complotiste là-dedans.
00:52:19C'est le partage du monde par les grandes puissances.
00:52:22Alors, les Anglais sont sortis du champ des grandes puissances,
00:52:26et donc ils ont été remplacés par Xi Jinping, le chinois,
00:52:29et donc le Yalta 2.0, c'est Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping, le chinois.
00:52:35C'est ça le Yalta 2.0.
00:52:37Et ce à quoi vous assistez ?
00:52:39Du Venezuela à l'Ukraine, de Taïwan à l'Iran,
00:52:42quand vous assistez à ce Yalta 2.0,
00:52:46et en réalité à cette Troisième Guerre mondiale,
00:52:48je renvoie tous ceux qui nous écoutent au dernier papier de Redaglio,
00:52:52qui est le Warren Buffett du marché obligataire,
00:52:54et qui est une légende des marchés,
00:52:56qui dit « nous sommes déjà dans la Troisième Guerre mondiale ».
00:53:00Et elle n'est pas terminée, elle ne fait que commencer.
00:53:05Et elle ne se terminera que lorsque les grands de ce monde,
00:53:09Chine, Russie et États-Unis, se seront répartis la planète,
00:53:14et les zones d'influence.
00:53:16Bon, si on parle des États-Unis, vous avez bien compris,
00:53:19les zones d'influence que veut Donald Trump.
00:53:21Ça va de l'Amérique latine, en incluant le rachat du Venezuela,
00:53:25à coups de porte-avions et d'enlèvements de Maduro,
00:53:28en passant par le Groenland, qu'on va shipper aux Européens.
00:53:32– Oui. – Bon, donc, vous voyez bien ce qui est en train de se passer.
00:53:36Donc, ce qui est en train de se passer,
00:53:38c'est en réalité la Troisième Guerre mondiale.
00:53:40Aujourd'hui, cette Troisième Guerre mondiale,
00:53:42qui débouchera sur un nouvel ordre mondial,
00:53:46dont on ne connaît pas encore précisément les contours,
00:53:49et qui débouchera lui-même sur une nouvelle organisation
00:53:54de gouvernance mondiale, y compris économique et monétaire,
00:53:57dont on ne connaît pas encore les contours,
00:53:59mais dont on voit un certain nombre de choses se faire.
00:54:01Donc, vous voyez bien qu'il y a deux guerres chaudes,
00:54:03d'un point de vue géopolitique, l'Ukraine, l'Iran maintenant,
00:54:07où les grandes puissances s'affrontent par proxy interposé.
00:54:11Et puis, l'Iran étant armé par la Chine et par la Russie,
00:54:17tandis que l'Ukraine est armée par l'OTAN, l'Occident,
00:54:21les États-Unis, l'Europe, pour affaiblir la Russie,
00:54:24et qu'ils vont essayer d'affaiblir l'OTAN et les États-Unis via l'Iran.
00:54:28Bon, voilà, un prêté pour un rendu et un partout et la balle au centre.
00:54:33Ça, c'est à ce stade.
00:54:35On peut avoir un troisième point chaud qui pourrait s'ouvrir autour de Taïwan.
00:54:39On pourrait avoir des points chauds à nouveau sur l'Afrique,
00:54:42qui devrait être un continent très disputé dans les mois et années qui viennent.
00:54:48Donc, comment tout ça va se régler ?
00:54:51Par une grande conférence de paix, par des grands accords entre nations.
00:54:56Et puis après, quelle sera la déclinaison économique et de gouvernance mondiale ?
00:55:01On ne sait pas encore.
00:55:02Ce qui est sûr, c'est que toutes les banques centrales sont en train de remettre de l'or dans
00:55:06leur coffre,
00:55:08jusqu'à la France, qui, il y a quelques semaines, a rapatrié…
00:55:12Enfin, n'a pas rapatrié, a revendu aux États-Unis son or, 129 tonnes que nous avions aux États-Unis,
00:55:21et nous avons racheté des lingots officiellement ici pour le même montant,
00:55:25alors que les États-Unis auraient dû nous rendre nos lingots.
00:55:27Mais peut-être ne les avaient-ils pas, ou peut-être ne voulaient-ils pas les rendre,
00:55:32parce que ça ne les arrangeait pas.
00:55:33Parce que là encore, différence entre marché financier et livraison physique de votre actif,
00:55:40et là, il faut les trouver, les lingots, sur un marché du physique qui est très disputé.
00:55:45Donc voilà.
00:55:45Donc, on voit bien qu'il y a des choses qui sont en train de se faire.
00:55:49C'est ce Yalta 2.0.
00:55:51Donc oui, le monde est en train de connaître un bouleversement
00:55:56qui est de la même ampleur que celui que nous avons connu de 1939 à 1945.
00:56:06J'espère simplement qu'il y aura beaucoup moins de morts.
00:56:10– Merci à vous, Charles Sanna.
00:56:11Donc, cette Troisième Guerre mondiale dont on vous parle,
00:56:15si souvent nous sommes en réalité en plein dedans,
00:56:19et on espère d'ailleurs qu'elle pourra se terminer le plus rapidement possible.
00:56:22Merci à vous, Charles Sanna, d'avoir accepté l'invitation de TV Liberté.
00:56:26Tout de suite après cet entretien, vous pouvez retrouver
00:56:29la chronique économique et financière de Philippe Béchade.
00:56:33Et quant à nous, on se retrouve la semaine prochaine.
00:56:35À bientôt. Salut.
00:56:57Bonjour et bienvenue pour ce rendez-vous hebdomanère de décryptage
00:57:01de l'actualité économique et géopolitique en mode affranchi.
00:57:04Je salue tous les abonnés de TV Liberté pour cette chronique que je vais intituler
00:57:10« Et si la dernière manœuvre de Trump consistait à sortir de l'OTAN ? »
00:57:17On peut même se demander d'ailleurs si ce n'était pas une des solutions
00:57:24ou un des bonus à l'opération iranienne, qui s'avère être un fiasco.
00:57:30Un tel fiasco d'ailleurs que Trump a dû repousser par cinq fois un ultimatum
00:57:36où il promettait de renvoyer l'Iran à l'âge de pierre.
00:57:40Et puis ça s'est soldé par un communiqué sur Plus Social en expliquant qu'il avait convenu
00:57:48d'un cessez-le-feu parce qu'on avait un chemin vers la paix, un plan en dix points proposé
00:57:59par le Pakistan.
00:58:00Le lendemain même, c'est-à-dire le jeudi 9 avril, Trump annonçait que ce plan était caduque.
00:58:11D'ailleurs, Caroline Lewitt, la porte-parole de la Maison-Blanche,
00:58:15le jour même de l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, déclarait en fin de journée
00:58:21que ce plan en dix points n'avait vraiment aucune cohérence et que Trump l'avait jeté à la poubelle.
00:58:30Autrement dit, le cessez-le-feu était mort quelques heures seulement après avoir été annoncé.
00:58:39En réalité, c'était juste un prétexte pour rassurer les marchés
00:58:45et laisser croire que le détroit d'Ormousse était réouvert.
00:58:49En fait, il n'a été réouvert que l'espace d'une demi-journée
00:58:54avant que des frappes massives sur le Liban ne poussent les autorités iraniennes
00:59:02à annoncer que l'une des principales clauses du plan en dix points avait été violée
00:59:08et que donc le détroit d'Ormousse était refermé.
00:59:13Mais les États-Unis poussent loin la forfaiture
00:59:16puisque le jeudi 9, J.D. Evans annonçait que ce point particulier de l'arrêt des combats au Liban
00:59:26n'était pas du tout prévu ni inclus dans le plan en dix points
00:59:32et qu'Israël pouvait donc continuer ses bombardements et ses opérations.
00:59:38On comprend bien que pour l'Iran, c'était un point absolument essentiel
00:59:46et confirmé d'ailleurs par le Premier ministre pakistanais
00:59:50qui déclarait jeudi dernier qu'effectivement, c'était un des dix points
00:59:56et un des points majeurs que les États-Unis et son allié Israël se sont empressés de violer.
01:00:03Alors tenez-vous bien, Trump s'est attiré quelque part les foudres du pape Léon XIV d'origine américaine.
01:00:14Il s'appelle Vincent Prevost de son nom natal, mais aujourd'hui c'est le pape et il ne soutient
01:00:24pas Trump.
01:00:25Eh bien, la Maison-Blanche a fait convoquer le représentant du Vatican
01:00:32pour lui expliquer que le pape ferait mieux de ne pas l'ouvrir.
01:00:36Oui, oui, ce sont les termes employés.
01:00:38Ferait mieux de ne pas l'ouvrir sur les opérations actuelles en Iran.
01:00:42Que les États-Unis avaient tous les moyens militaires de faire ce qu'ils veulent.
01:00:46Là encore, je vous cite mot pour mot ce qui a été dit à l'émissaire du Vatican.
01:00:55Autrement dit, c'est la Maison-Blanche qui dicte ce que doit penser ou pas le pape.
01:01:03Eh bien, la réaction de Léon XIV a été immédiate.
01:01:07Il n'assistera pas aux festivités pour les 250 ans des États-Unis.
01:01:12C'est quand même un comble, un pape américain qui ne sera pas présent
01:01:17pour la célébration des 250 ans de l'indépendance des États-Unis.
01:01:25Pour continuer un petit peu sur ce registre de la forfaiture,
01:01:33Mark Rutte a donné, mais alors, tous les gages qu'il pouvait
01:01:38pour essayer de s'accommoder Donald Trump.
01:01:42Lors d'une interview, on lui demandait ce qu'il pensait des propos de Donald Trump,
01:01:48à savoir éradiquer une civilisation, autrement dit commettre un génocide.
01:01:55Eh bien, Mark Rutte a déclaré qu'il soutenait le président américain
01:02:01et que d'autres pays en Europe étaient comme lui, soutenaient tout à fait
01:02:05ce que faisait ou projetait de faire Donald Trump.
01:02:09Qu'est-ce que craint Mark Rutte ? Effectivement, que Donald Trump,
01:02:14qu'il surnomme affectueusement « daddy », n'aille au bout de son intention
01:02:22d'extraire les États-Unis de l'OTAN pour faire, évidemment, de grosses économies.
01:02:29Ça serait à ce moment-là à l'Europe de financer tout le matériel militaire
01:02:35que les États-Unis mettent gratuitement au service de l'Europe.
01:02:40Oui, Mark Rutte fait absolument tout, se prosterne, rampe devant Donald Trump,
01:02:47mais Donald Trump n'en a rien à faire.
01:02:49Et il annonce que les alliés de l'OTAN ont échoué au test de la guerre du Golfe.
01:02:58Et oui, cette guerre aurait été aussi un test pour voir jusqu'où allait la solidarité de l'OTAN.
01:03:04Eh bien, puisque nous avons échoué, eh bien, Trump annonce qu'il veut s'en retirer.
01:03:13Peut-être est-ce la meilleure affaire que feront les États-Unis avec cette troisième guerre du Golfe,
01:03:20dont on n'a évidemment pas fini de mesurer les effets négatifs.
01:03:25Mais vous l'avez vu mercredi dernier, pour la bourse, tout ce qui comptait,
01:03:29c'était l'idée de la réouverture du détroit d'Hormuz,
01:03:33après que les combats se poursuivent au Liban,
01:03:36qu'on s'échange des missiles entre l'Iran, les Émirats, le Koweït, etc.
01:03:41Les marchés n'en ont rien à faire, seuls comptent pour eux la réouverture du détroit d'Hormuz.
01:03:47Eh bien, justement, cette réouverture, ils ne l'ont pas.
01:03:51Pour vous remercier de votre fidélité, nous vous invitons à télécharger gratuitement
01:03:56notre rapport spécial qui contient notre solution pour préserver votre épargne
01:04:02face à la montée des tensions géopolitiques
01:04:05et qui pourrait même déboucher sur une nouvelle guerre mondiale.
01:04:09Il vous suffit de cliquer sur le lien en description
01:04:11pour l'obtenir gratuitement.
01:04:13Sous-titrage Société Radio-Canada
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