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Président du Conseil pendant un peu moins de trois mois, entre mars et juin 1940, Paul Reynaud est une figure centrale de la débâcle. Cet homme politique incontournable, qui fut député pendant 30 ans et plusieurs fois ministre, et qui plaça dans le jeu politique Charles de Gaulle et Philippe Pétain, a pourtant disparu de la mémoire collective.Quel est l'héritage politique de ce personnage trop souvent oublié dans l'histoire politique française ?Pour en parler, Jean-Pierre Gratien reçoit l'écrivain Bruno Fuligni, la fille de Paul Reynaud, Évelyne Demey Paul-Reynaud, et l'historien Thibault Tellier.LCP fait la part belle à l'écriture documentaire en prime time. Ce rendez-vous offre une approche différenciée des réalités politiques, économiques, sociales ou mondiales....autant de thématiques qui invitent à prolonger le documentaire à l'occasion d'un débat animé par Jean-Pierre Gratien, en présence de parlementaires, acteurs de notre société et experts.
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00:00:09Générique
00:00:16Bienvenue à tous, l'homme qui a fait de Gaulle, tel est le titre du documentaire exclusif réalisé par Jean
00:00:22-François Delassus que nous vous proposons aujourd'hui dans ce débat d'hoc.
00:00:27Je vous laisse tout de suite le découvrir et je vous retrouverai juste après sur ce plateau en compagnie de
00:00:32mes invités.
00:00:33Avec eux, nous nous interrogerons sur la trace laissée par celui à qui est consacré ce film, Paul Reynaud, chef
00:00:40du gouvernement français durant la débâcle du printemps 1940.
00:00:45Bon doc.
00:01:08En mai 1940, la France prend la plus grande claque de son histoire.
00:01:15Son armée, supposée la plus forte du monde, est balayée par l'armée allemande en quelques jours, écrasée en quelques
00:01:23semaines.
00:01:29Sur le plan militaire, le déroulement du désastre est relativement connu.
00:01:36Mais sur le plan politique, revivons au jour le jour ce qui s'est vraiment passé au sommet de l
00:01:43'État en mai-juin 1940,
00:01:45avant d'aboutir à l'armistice voulu par le maréchal Pétain.
00:01:51Le pivot de ces semaines noires, alors au pouvoir presque par hasard, oublié par l'histoire, était Paul Reynaud.
00:02:02Un petit homme, mais grand parmi les grands, dont la destinée croise et propulse celle d'un géant, Charles de
00:02:11Gaulle.
00:02:14Paul Reynaud était un brillant parlementaire, de centre-droit.
00:02:18Il a été plusieurs fois ministre.
00:02:21Le 23 mars 1940, il est appelé à la tête du gouvernement pour succéder à Daladier,
00:02:28considéré comme un faible depuis la conférence de Munich, où il avait lâché la Tchécoslovaquie à Hitler.
00:02:37Aussitôt nommé, Paul Reynaud vole vers Londres, pour rencontrer Churchill,
00:02:41que la déclaration de guerre avec l'Allemagne a projetée au pouvoir.
00:02:45Comme lui, il s'échange une promesse capitale.
00:02:49En cas de guerre, pas de paix séparée avec l'Allemagne.
00:03:00De retour à Paris, Paul Reynaud s'adresse aux Français.
00:03:03C'est ici Paris.
00:03:11L'heure que nous vivons est décisive.
00:03:16Tout est mis en œuvre par M. Hitler.
00:03:19Est-ce qu'il y a sur une grande partie de l'Europe, les gémalies du Reich ?
00:03:30Ce soir-là, le nouveau chef de gouvernement reçoit un visiteur qu'il connaît bien,
00:03:36qui lui écrit et le courtise depuis des années, le colonel de Gaulle.
00:03:42Paul Reynaud partageait ardemment ses idées sur une nécessaire modernisation de l'armée.
00:03:47Or, en mars 40, alors que la guerre est déclarée depuis 7 mois,
00:03:53voilà effectivement que l'armée française est frappée d'immobilité.
00:03:56C'est ce qu'on a appelé la drôle de guerre.
00:04:00Être inerte, c'est être battu.
00:04:03Cette guerre sera perdue.
00:04:05Hélas, oui.
00:04:07Mais il est encore temps d'en gagner une autre.
00:04:10Je l'avais dit en 1935.
00:04:13Hitler et Staline s'entendront pour se partager la Pologne.
00:04:16Puis, contournant la ligne Maginot, les Allemands déferleront sur nous par la Belgique.
00:04:21Comme en 14.
00:04:23Après tant de faiblesse et de médiocrité, vous voilà enfin à la tête du gouvernement.
00:04:30Vous pouvez sauver la France.
00:04:33Je souhaite vous servir.
00:04:35Les étoilés ne veulent pas de vous, colonel, vous le savez bien.
00:04:38Alors bien, soyez patients, cela viendra.
00:04:42Au moment de la bataille.
00:04:50Soudain, la drôle de guerre cesse d'être drôle.
00:04:55L'Allemagne attaque la France.
00:04:57Par la Belgique.
00:05:08Paul Reynaud se retrouve aux commandes d'un pays en guerre.
00:05:12Elle commence très mal.
00:05:14Ni lui, ni le colonel de Gaulle ne sont surpris.
00:05:17Ils avaient prévu l'invasion.
00:05:19Mais pas avec cette puissance.
00:05:21Pas à cette vitesse.
00:05:24L'armée française est bousculée en quelques jours.
00:05:30Que s'est-il passé ?
00:05:34Depuis septembre 1939, l'armée française était en état de guerre, sans guerre.
00:05:41Douillettement installée sous sa ligne Maginot.
00:05:44Au lieu d'attaquer l'Allemagne, les poilus de 39-40 ont vécu l'arme au pied.
00:05:49Huit mois d'attente et d'ennuis, calfeutrés dans leur fortification.
00:05:55Comble de l'absurdité, la ligne Maginot s'arrêtait au pied des Ardennes.
00:06:01Non stratège.
00:06:02En tout premier, le maréchal Pétain et le commandant en chef des armées, le général Gamelin,
00:06:08avait estimé que l'armée allemande ne pourrait pas traverser un tel massif forestier.
00:06:14Ni n'oserait violer la neutralité de la Belgique.
00:06:17Ce qu'elle avait pourtant fait en 1914.
00:06:23Dès l'attaque allemande, comme prévu,
00:06:26le généralissime Gamelin avait expédié ses divisions d'élite dans la Belgique envahie.
00:06:33Étrangement, elles ne sont pas harcelées par l'aviation ennemie.
00:06:39Pendant ce temps, des divisions allemandes s'avancent à la queue de l'oeuf dans les Ardennes belges.
00:06:46En vue de contourner les armées françaises.
00:06:52Au bout de deux jours de guerre, Reynaud s'interroge.
00:06:56Et il interroge Gamelin qui, lui, ne voit pas le piège.
00:07:02Or, deux jours plus tard, les Panzers traversent tranquillement les forêts des Ardennes
00:07:07et dévalent en France sans opposition.
00:07:24C'est alors seulement que Gamelin ordonne à ses armées d'élite de faire demi-tour et de revenir en
00:07:30France.
00:07:31Deux jours trop tard.
00:07:36Ce repli précipité, tronçonné par l'aviation allemande,
00:07:40met hors jeu ses meilleures armées.
00:07:43Et tout leur armement.
00:07:59C'est inimaginable.
00:08:01Ces militaires ne nous disent rien.
00:08:03Le chef de gouvernement que je suis ne sait pas ce qui se passe.
00:08:08Le commandement chef non plus.
00:08:09La guerre est à peine commencée et déjà, la route de Paris serait ouverte.
00:08:14Il faut envisager un départ.
00:08:17Mettez cela en tête de l'ordre du jour du Conseil.
00:08:20Le gouvernement de la France ne peut pas tomber aux mains de l'ennemi.
00:08:23Il faudrait aussi brûler nos archives.
00:08:25Ah non, pas maintenant.
00:08:26Churchill va arriver.
00:08:27On aurait l'air de quoi.
00:08:29Mais quand Paul Reynaud accueille le Premier ministre britannique,
00:08:33l'odeur de papier brûlé qui emplit l'air ne va pas mettre celui-ci de bonne humeur.
00:08:38Nos divisions sont chez vous.
00:08:41Je n'en ai pas plus.
00:08:43En rebroussant chemin en Belgique,
00:08:45nos armées ont dû abandonner leur matériel et...
00:08:48Si j'ai bien compris, monsieur Deladier,
00:08:51vous, ministre de la guerre,
00:08:53vous me dites que si les Allemands foncent vers la côte,
00:08:57ils enfermeront nos troupes
00:08:59et que la bataille sera perdue ?
00:09:02Nous n'avons pas de réserve stratégique.
00:09:05Pas de réserve ?
00:09:07C'est la plus grande surprise de mon existence.
00:09:10C'est pas vrai.
00:09:11Même pendant mes quatre années de la Grande Guerre,
00:09:14monsieur le commandant en chef,
00:09:16je n'ai jamais entendu ça.
00:09:19Pas de division de réserve ?
00:09:21Euh... non.
00:09:23Même pour défendre votre capital ?
00:09:25Nous avons aussi perdu beaucoup d'avions.
00:09:28Plus de la moitié.
00:09:29Vous n'en aviez déjà pas.
00:09:31Où aviez-vous la tête avant la guerre ?
00:09:34Il nous faudrait une dizaine d'escadrilles de plus.
00:09:37Mais que me restera pour défendre l'Angleterre ?
00:09:40Sans nous, vous êtes foutus.
00:09:44Paul Reynaud habite en face de l'Assemblée Nationale.
00:09:47Le soir, Churchill est allé prendre un dernier drink chez lui.
00:09:52Notre aviation de chasse est vitale
00:09:55pour empêcher l'aviation allemande
00:09:58de détruire nos usines de guerre.
00:10:00Bien sûr.
00:10:01Et les aérodromes d'huile décollent.
00:10:06Sur les 475 que nous avons stationnés chez vous,
00:10:11il n'en reste plus que la moitié.
00:10:15Mais...
00:10:16All right.
00:10:17Je veux bien vous envoyer encore une dizaine d'escadrilles.
00:10:21Mais écoutez-moi bien.
00:10:23À nous, en Angleterre,
00:10:26il nous en resterait 25.
00:10:28C'est un minimum.
00:10:30Vous n'en aurez pas d'autres.
00:10:33Nous, tenant la mer,
00:10:35nous pouvons obtenir de l'industrie américaine
00:10:38tous les armements.
00:10:40Et un jour,
00:10:42quand les États-Unis entreront en guerre,
00:10:45je vous le prédis,
00:10:46nous finirons par l'emporter.
00:10:49All right.
00:10:49J'en suis certain, comme vous.
00:10:51Vous m'avez rasséréné, Winston.
00:10:53Merci.
00:10:54Vous pouvez compter sur moi.
00:10:55Nous combattrons de toutes nos forces.
00:10:58Ah, je préfère ça.
00:11:01Maintenant, tout commence.
00:11:03Mais pas avec les mêmes.
00:11:07De fait,
00:11:09Paul Reynaud limoges,
00:11:10le chef des armées Gamelin,
00:11:11et le remplace par le général Végan,
00:11:14ancien second du Fauche victorieux de 1918.
00:11:20Il fait aussi entrer au gouvernement le vainqueur de Verdun,
00:11:24le maréchal Pétain.
00:11:26Paul Reynaud pense que la gloire attachée à ces noms prestigieux
00:11:29réanimera la confiance dans la troupe et dans la population.
00:11:36Pétain et Végan sont pourtant des hommes du passé,
00:11:40âgés de 80 ans et 73 ans,
00:11:42et d'un genre peu offensif.
00:11:45Mais ce prince du débat démocratique,
00:11:48Quereno,
00:11:49croit en l'union sacrée,
00:11:50au service de la patrie en danger.
00:11:53Sincérité et naïveté confondus,
00:11:55il croit en l'unanimité sous les bombes.
00:12:00Au même moment,
00:12:02un homme d'avenir,
00:12:03le colonel de Gaulle,
00:12:05est sur le terrain.
00:12:07Il y commande une unité de chars,
00:12:09ce genre de formation blindée
00:12:11dont précisément Pétain
00:12:12n'avait pas voulu doter l'armée française.
00:12:19Inexpérimenté,
00:12:19le colonel de Gaulle perd beaucoup d'hommes et de chars,
00:12:23mais au moins,
00:12:24il s'est battu.
00:12:26Reynaud le promeut général.
00:12:28Son directeur de cabinet écrira
00:12:30« Jamais Reynaud n'eut un sourire plus heureux
00:12:33qu'en signant cette nomination. »
00:12:38Bref retour en arrière.
00:12:40Reynaud et de Gaulle
00:12:41comptaient l'un sur l'autre.
00:12:44Tous deux savaient une guerre avec Hitler inévitable
00:12:46et ils prenaient un réarmement puissant.
00:12:51Dès 1934,
00:12:53Podreno avait été sensible
00:12:54aux idées d'un certain lieutenant-colonel de Gaulle
00:12:57en faveur d'une armée de métiers
00:13:00fortement mécanisée.
00:13:04Et il a été le seul chef de file,
00:13:06le seul,
00:13:07à adopter et partager ses idées au Parlement.
00:13:10En vain.
00:13:11Il s'est heurté aux partisans du tout défensif,
00:13:14au tout premier rang desquels
00:13:16le maréchal Pétain
00:13:17et le général Végan.
00:13:21En 1938,
00:13:22Podreno est ministre des Finances.
00:13:25Il réussit un spectaculaire
00:13:27rétablissement financier,
00:13:28lequel permet d'accélérer
00:13:30un réarmement trop tardif.
00:13:32Et pour ce faire,
00:13:35il ose mettre fin aux 40 heures du Front populaire.
00:13:38J'affirme
00:13:39que le pays peut guérir.
00:13:42Tous les Français
00:13:43sentent confusément
00:13:45depuis longtemps
00:13:46la nécessité d'un grand effort commun.
00:13:51« Cet effort,
00:13:53l'heure est venue
00:13:54de le fournir. »
00:13:56La réponse du Mont-ouvrier
00:13:57a été une grève générale.
00:14:00Reynaud l'a brisé par la force,
00:14:02se gagnant ainsi
00:14:03une immuable impopularité.
00:14:06Mais il fit remettre au travail
00:14:07les industries de l'armement.
00:14:19Le pari du coup de faux allemand
00:14:21a parfaitement fonctionné.
00:14:24Dix jours seulement
00:14:25après leur entrée en guerre,
00:14:26les Panzers
00:14:27atteignent la Manche.
00:14:29Dans le nord,
00:14:31des troupes françaises
00:14:32et britanniques
00:14:32sont enfermées.
00:14:33Les Tomis n'écoutent plus
00:14:35les ordres de Végan.
00:14:36Ils tournent leurs yeux
00:14:37puis leurs pieds
00:14:38vers les ports
00:14:39pour entrer à la maison.
00:14:42À Londres,
00:14:42Churchill donne déjà
00:14:43des ordres
00:14:44pour assembler
00:14:44tout ce qui peut naviguer.
00:14:50À Paris,
00:14:51Végan et Pétain
00:14:51militent déjà
00:14:52en faveur
00:14:53d'un armistice.
00:14:55Ce qui rend orageuse
00:14:57leur confrontation
00:14:58avec un Paul Reynaud
00:14:59arc-bouté
00:15:00contre toute perspective
00:15:01de défaite.
00:15:0538 de nos divisions
00:15:06sont donc isolées.
00:15:07prisonnières.
00:15:09De nouvelles divisions
00:15:10ne pourront vraiment
00:15:11tenter de les dégager
00:15:12que vers le 15 juin.
00:15:14Dans trois semaines !
00:15:15En face,
00:15:17à trois contrats,
00:15:19130 divisions allemandes
00:15:21peuvent nous balayer
00:15:22comme elles veulent.
00:15:24Messieurs,
00:15:25nous sommes entrés
00:15:25en guerre
00:15:26sans le matériel
00:15:27qu'il fallait
00:15:27ni la doctrine militaire
00:15:29qu'il fallait.
00:15:30À qui la faute ?
00:15:33Celle des partisans
00:15:34du tout défensif.
00:15:37Vous parlez
00:15:38comme si vous envisagiez
00:15:39une défaite.
00:15:40Il faut au contraire
00:15:41engager une lutte à mort.
00:15:42Le roi des Belges
00:15:44songe à déposer les armes.
00:15:45Nous devrions aussi réfléchir.
00:15:47En effet.
00:15:49C'est hors de question.
00:15:50Notre pacte
00:15:51avec Churchill
00:15:52est formel.
00:15:53Pas de paix
00:15:54séparée.
00:15:56Pourquoi tant
00:15:57de réciprocité ?
00:15:58Les Anglais
00:15:59n'ont mis en jeu
00:16:00que dix divisions.
00:16:01Oui.
00:16:02Nous, 80.
00:16:03La parole,
00:16:04ça compte.
00:16:05Surtout quand notre sort
00:16:06dépend du leur.
00:16:07Et s'ils sont envahis
00:16:08à leur tour ?
00:16:10Plus nous nous battons,
00:16:11plus nous compromettons
00:16:13cette éventualité.
00:16:14Ce sont nos seuls alliés.
00:16:16Gering nous a proposé
00:16:17une trêve.
00:16:18Pourquoi ne pas répondre ?
00:16:19Discuter avec le diable,
00:16:21on devrait plutôt
00:16:22s'entendre avec l'Italie.
00:16:23On lui donnerait
00:16:24la Tunisie.
00:16:24Tu rêves ?
00:16:25Mussolini va entrer
00:16:26en guerre contre nous
00:16:27et prendre sa part
00:16:27du gâteau, c'est sûr.
00:16:29Notre dernière chance
00:16:30est de tenir
00:16:31sur la Somme.
00:16:33Pas de recul,
00:16:34quitte à se faire
00:16:35tuer sur place.
00:16:36Mais après cela,
00:16:37plus rien ne sera possible.
00:16:39Rien.
00:16:41Au cas de défaite,
00:16:43eh bien,
00:16:44je...
00:16:46je serai déshonoré.
00:16:48Sans plus de raison
00:16:49de vivre.
00:16:51Mais, général,
00:16:52aux yeux de la France entière,
00:16:54vous êtes l'honneur même.
00:16:56Vous avez beaucoup fait
00:16:57et vous tiendrez.
00:16:59J'en suis certain.
00:17:01S'ils percent
00:17:02sur la Somme,
00:17:03où envisagez-vous
00:17:05de vous replier ?
00:17:06Eh bien,
00:17:07sur Bordeaux.
00:17:08Comme en 1870,
00:17:10comme en 14,
00:17:10en somme.
00:17:11Enfin,
00:17:12sans mauvais jeu de mots.
00:17:14Soit nous regroupons
00:17:16nos forces armées
00:17:17en Bretagne,
00:17:19soit c'est le Maroc
00:17:21ou l'Algérie.
00:17:22L'Afrique du Nord,
00:17:23c'est un fantasme.
00:17:25Pourquoi ne pas rester
00:17:26à Paris,
00:17:27dignement ?
00:17:28Pour nous laisser
00:17:28faire prisonnier.
00:17:29Pour discuter
00:17:30avec nos occupants.
00:17:33Messieurs,
00:17:34vous êtes en guerre
00:17:35contre les nazis
00:17:36ou contre la République ?
00:17:42La remarque de Paul Reynaud
00:17:43pointe le fond du problème.
00:17:46Le général Végan
00:17:47s'est confié
00:17:48au général Gamelin,
00:17:49déchu.
00:17:51Celui-ci rapportera
00:17:52que Végan
00:17:53lui a semblé
00:17:53plus préoccupé
00:17:54par la situation intérieure
00:17:56que par le désastre
00:17:58sur le front.
00:18:00Plus obsédé
00:18:01par les communistes
00:18:02que par les nazis.
00:18:05Vous n'en faites pas
00:18:06s'il vous a renvoyé
00:18:08le nabot.
00:18:09C'est pour la gloriole.
00:18:11Bien heureux
00:18:12de nous trouver
00:18:12Pétan et moi.
00:18:13C'est politicien.
00:18:1643 gouvernements
00:18:17en 20 ans.
00:18:18Un jour,
00:18:19il faudra nettoyer
00:18:20tout ça.
00:18:21Sur le front,
00:18:22c'est foutu.
00:18:23C'est ici
00:18:23qu'il faut faire front.
00:18:25Si le peuple
00:18:26se soulève,
00:18:27hein ?
00:18:28Faudra bien des soldats
00:18:29pour rétablir l'ordre,
00:18:30non ?
00:18:31Mon devoir
00:18:33est de préserver
00:18:34nos forces armées.
00:18:39Une seule bonne nouvelle
00:18:40éclaire ces trois
00:18:41premières semaines
00:18:41de guerre.
00:18:43Elles proviennent
00:18:43de Dunkerque.
00:18:46Malgré le harcèlement
00:18:47de l'aviation allemande,
00:18:49le rembarquement
00:18:50improvisé
00:18:51des troupes britanniques
00:18:51fonctionne.
00:18:53En quelques jours déjà,
00:18:55160 000 hommes
00:18:57sauvés
00:18:58au lieu des 50 000
00:18:59espérés.
00:19:02La protection du réduit
00:19:04assuré par les soldats français
00:19:05y concourent pour beaucoup.
00:19:09L'armée estime
00:19:11cependant
00:19:11qu'ils ne sont pas
00:19:13payés de retour.
00:19:14Sur les plages,
00:19:16ils sont souvent repoussés.
00:19:18Le nombre de soldats
00:19:19français évacués
00:19:20est insuffisant.
00:19:21Nous sauverons d'abord
00:19:22les soldats
00:19:23qui vous sauveront,
00:19:24nos soldats.
00:19:26Ils sauveront aussi
00:19:27vos combattants
00:19:28qui se sont sacrifiés
00:19:30pour protéger
00:19:31notre rembarquement.
00:19:33jolly good fellows.
00:19:35Ils ont vraiment
00:19:36mérité.
00:19:38Nous perdons
00:19:38beaucoup d'hommes
00:19:39sur la Somme.
00:19:40Une fois encore,
00:19:41Winston,
00:19:42je vous supplie
00:19:43de faire intervenir
00:19:45davantage
00:19:45votre aviation.
00:19:46Mais elle se bat
00:19:47au-dessus de Dunkerque.
00:19:49Sans elle,
00:19:50le rembarquement
00:19:51tournerait au désastre.
00:19:53Notre corps
00:19:54a dû abandonner
00:19:55tout son matériel
00:19:56pour défendre
00:19:57l'Angleterre.
00:19:58Il nous reste
00:19:59plus que les avions.
00:20:00Quand nos chasseurs
00:20:02se battent
00:20:03sous votre direction,
00:20:04les pertes
00:20:05sont très élevées.
00:20:07Mais quand ils
00:20:07se battent pour nous,
00:20:08comme à Dunkerque,
00:20:10ils abattent
00:20:11six fois plus
00:20:11d'avions ennemis.
00:20:13Vous voulez
00:20:14des avions,
00:20:15des chars ?
00:20:16Appelez-vous
00:20:17The Volt.
00:20:21Dunkerque est tombé,
00:20:22mais au final,
00:20:24340 000 soldats
00:20:25ont pu
00:20:26rembarquer,
00:20:27dont 120 000 Français.
00:20:30sur la somme,
00:20:31l'armée française
00:20:32tient.
00:20:33Mais pour combien
00:20:34de temps encore ?
00:20:36La Wehrmacht
00:20:36y ramenant les divisions
00:20:37qu'elle avait concentrées
00:20:38autour de Dunkerque.
00:20:44Reynaud remanie
00:20:45son gouvernement.
00:20:46Et cette fois,
00:20:47il y fait entrer
00:20:48De Gaulle.
00:20:53Il va lui confier
00:20:55un rôle suprême,
00:20:57être son représentant
00:20:58personnel
00:20:59auprès de Churchill.
00:21:03Aussitôt nommé ministre,
00:21:06De Gaulle se fait
00:21:06photographier
00:21:07dans son ministère.
00:21:08Il s'agit pour lui
00:21:09de sortir de l'ombre,
00:21:10de se faire connaître
00:21:11du peuple français.
00:21:13Il en énerve
00:21:14beaucoup aussi
00:21:15en faisant adjoindre
00:21:16à son titre
00:21:17de sous-secrétaire
00:21:17d'État à la guerre
00:21:18la mention
00:21:19« et »
00:21:20de la défense nationale.
00:21:23Il écrira
00:21:24dans ses mémoires
00:21:25« Je devenais
00:21:27un homme politique.
00:21:29Je sortais
00:21:30de la hiérarchie militaire
00:21:32pour n'y jamais
00:21:33retourner. »
00:21:40Chaque jour,
00:21:41une avalanche
00:21:41d'événements malheureux
00:21:42accable Paul Reynaud.
00:21:44Mais ce matin-là,
00:21:46il a le cœur ailleurs.
00:21:49« Les Allemands
00:21:50ont passé la somme.
00:21:51Oui, oui, je sais.
00:21:54Lisez cela.
00:21:55Posté en garde à Abbeville.
00:21:57Monsieur Reynaud,
00:21:58on ne peut pas combattre
00:21:59des chats
00:22:00avec un fusil.
00:22:02Mes hommes ont fui,
00:22:03mais ce n'était
00:22:04pas des lâches.
00:22:06Je mets fin
00:22:07à mes jours
00:22:08pour avoir le droit
00:22:09de vous le dire
00:22:10et d'être cru.
00:22:14J'ai ordonné
00:22:14un repli.
00:22:15Leurs chars
00:22:16foncent vers l'ouest.
00:22:17Soit
00:22:18ils passeront l'Oise.
00:22:20Et après ?
00:22:21Après ?
00:22:22C'est la scène
00:22:23et la marne.
00:22:24Oui, et après ?
00:22:25Après ?
00:22:26Mais c'est fini.
00:22:28Monsieur le sous-secréteur.
00:22:30Comment fini ?
00:22:31Et le monde ?
00:22:33Et l'Empire ?
00:22:35Quel enfantillage.
00:22:36L'Empire est un ramassis
00:22:38de nègres
00:22:38sur lesquels
00:22:39vous n'avez plus
00:22:39de pouvoir
00:22:40dès que vous êtes battus.
00:22:41Quant à l'Angleterre,
00:22:43elle n'attendra pas
00:22:43huit jours
00:22:44pour négocier
00:22:44avec le Reich.
00:22:46Ce qui compte maintenant,
00:22:48c'est qu'Hitler
00:22:48nous laisse les forces
00:22:49nécessaires pour maintenir
00:22:50l'ordre.
00:22:51Mais il n'y a pas
00:22:52d'émeute,
00:22:52pas de soulèvement,
00:22:53pas de commune.
00:22:54Vous voulez vous en prendre
00:22:55au peuple ?
00:22:57Nous ne sommes pas
00:22:58en 1870.
00:23:00Où allez-vous donc ?
00:23:02Sur la Loire.
00:23:03Vous ne dites jamais rien,
00:23:05monsieur le maréchal ?
00:23:06Je n'ai rien à dire,
00:23:08monsieur le président.
00:23:10Ah si ?
00:23:12Sur le front,
00:23:13le téléphone est défaillant.
00:23:14Et bien qu'ils emploient
00:23:15les pigeons
00:23:16comme nous l'avons fait
00:23:17en 14.
00:23:18Ça marchait très bien.
00:23:19Je vous assure
00:23:20de remplacer Végan.
00:23:22Il nous mène au désastre.
00:23:26Changer de commandant
00:23:27en chef en pleine guerre.
00:23:29Et pour la deuxième fois.
00:23:52Une fois passée la Somme,
00:23:54les Allemands foncent
00:23:55vers Rouen et Paris.
00:23:58La capitale est bombardée.
00:24:04Le gouvernement s'évacue
00:24:05en Touraine.
00:24:07Reynaud et De Gaulle
00:24:08partent ensemble
00:24:09dans la même voiture.
00:24:11L'état-major s'est sauvé
00:24:13en premier.
00:24:14Vous trouvez ça normal ?
00:24:16S'il n'y avait que ça.
00:24:26Le spectacle douloureux
00:24:28auquel il a assisté
00:24:29tout au long de la route
00:24:31inspire à Paul Reynaud
00:24:32ce discours
00:24:33qu'il prononcera
00:24:34le soir même
00:24:35à la préfecture de Tours.
00:24:38Nous avons voulu
00:24:39que la France
00:24:40garde un gouvernement libre.
00:24:44C'est pourquoi
00:24:44nous devons quitter Paris.
00:24:47Dans le malheur
00:24:48qui s'avance
00:24:48sur la patrie,
00:24:51faut avant tout
00:24:52qu'une chose
00:24:53se dise.
00:24:54L'arbre de la France
00:24:57n'est pas tranquille.
00:25:00Elle a toujours
00:25:01recoulé
00:25:02en veille-feu.
00:25:03Nous avons le droit
00:25:05d'espérer
00:25:05que juste
00:25:08la résurrection
00:25:09viendra.
00:25:11Vont-ils me croire ?
00:25:19Chefs civils
00:25:20et militaires
00:25:21français
00:25:22et britanniques
00:25:23vivent en Touraine
00:25:24trois jours
00:25:25d'errance
00:25:25sans carte
00:25:26d'un château
00:25:28l'autre
00:25:28aux accès
00:25:29non fléchés
00:25:30convoqués
00:25:31pour des sommets
00:25:32interalliés
00:25:32improvisés
00:25:33ils se perdent
00:25:34cherchent
00:25:35leur logis
00:25:36tous dispersés
00:25:38neuf mois
00:25:39après la déclaration
00:25:40de guerre
00:25:40ces lieux
00:25:41sont sans téléphone
00:25:43alors qu'un éventuel
00:25:44repli en Touraine
00:25:45avait été planifié
00:25:46de longue date
00:25:48tous sont plus ou moins
00:25:49coupés
00:25:50de ce qui se passe
00:25:51sur le front
00:25:51et dans le pays
00:25:54en pleine tourmente
00:25:55la classe dirigeante française
00:25:57semble frapper
00:25:58d'incapacité
00:26:05we must back the french
00:26:06so they can go on fighting
00:26:08the more they fight
00:26:10the more they weaken
00:26:11the germans
00:26:12and the less
00:26:13we'll have to put up
00:26:13with them
00:26:14afterwards
00:26:14exactly
00:26:16oh and
00:26:17general
00:26:17get in touch
00:26:19with renaud
00:26:19to suggest
00:26:20he gives
00:26:21the supreme command
00:26:22to de Gaulle
00:26:23vous êtes devenu général
00:26:26paraît-il
00:26:28et bien je ne vous fais
00:26:29pas mon compliment
00:26:30vous-même
00:26:31monsieur le maréchal
00:26:32avez reçu
00:26:33vos premières étoiles
00:26:34pendant la retraite
00:26:35de 1914
00:26:36quelques jours plus tard
00:26:38c'était la victoire
00:26:39de la marne
00:26:39au caraport
00:26:40espérons que si
00:26:42enfantillage
00:26:46le long de la base saine
00:26:47cinq divisions
00:26:48tiennent encore
00:26:49mais pour combien de temps
00:26:51elles sont épuisées
00:26:52à l'est
00:26:54les armées
00:26:55de la ligne Maginot
00:26:56accélèrent leur repli
00:26:57pour le reste
00:26:59j'ai dans la poche
00:27:00une liasse d'ordre
00:27:01de retraite
00:27:02notre armée
00:27:03disloquée
00:27:04la défaite militaire
00:27:06consommée
00:27:07la partie
00:27:08perdue
00:27:10nous devrions
00:27:12songer
00:27:13à mettre
00:27:14un terme
00:27:14aux hostilités
00:27:15c'est aux politiques
00:27:17d'en juger
00:27:18vous outrepassez
00:27:19votre rôle
00:27:20général
00:27:21envisager
00:27:22l'arrêt des combats
00:27:23c'est l'affaire
00:27:24du gouvernement
00:27:25pas des militaires
00:27:27ou alors
00:27:28vous capitulez
00:27:29livrer l'armée
00:27:30à l'ennemi
00:27:31jamais
00:27:33moi
00:27:33je n'hésite pas
00:27:35à dire
00:27:35qu'il faut cesser
00:27:36le combat
00:27:37et employer le mot
00:27:38auquel presque
00:27:39tout le monde pense
00:27:40ici
00:27:40un armistice
00:27:42mais enfin
00:27:44monsieur le maréchal
00:27:45l'esprit combatif
00:27:46déserte le commandement
00:27:47si quelqu'un pense
00:27:49pouvoir faire mieux que moi
00:27:50qu'il prenne ma place
00:27:51nous n'avons plus rien
00:27:52battez-vous
00:27:54vous avez le courage
00:27:56de vos soldats
00:27:57ils peuvent se battre
00:27:58à chaque détour de route
00:28:00dans chaque village
00:28:01et mourir pour rien
00:28:03et faire la guérilla
00:28:04dans les villes
00:28:05yes
00:28:05ce serait
00:28:06la destruction du pays
00:28:08les allemands
00:28:09ça cagerait tout
00:28:10oui
00:28:10mais vous n'allez tout de même
00:28:12pas livrer vos forces
00:28:13à l'ennemi
00:28:14je dois préserver
00:28:16ce qui est sauvable
00:28:17oui
00:28:18à ce moment critique
00:28:20de la conférence
00:28:20Paul Reynaud
00:28:22fait diversion
00:28:22en exposant à Churchill
00:28:24un plan
00:28:25regroupant
00:28:26les unités valides
00:28:27en Bretagne
00:28:27pour en faire
00:28:29un immense camp retranché
00:28:30à portée de l'Angleterre
00:28:32c'était l'idée
00:28:33de De Gaulle
00:28:35elle était contestée
00:28:36par ceux
00:28:37qui prenaient
00:28:38un repli général
00:28:38outre-mer
00:28:40et un embarquement
00:28:41immédiat
00:28:41pour Alger
00:28:44l'Afrique du Nord
00:28:45était alors
00:28:46le fleuron
00:28:47de l'empire colonial
00:28:47français
00:28:53la puissante
00:28:54flotte de guerre
00:28:55de la Méditerranée
00:28:55sur laquelle
00:28:56l'ornier Hitler
00:28:58mouillait pour partie
00:28:59à Toulon
00:28:59et pour l'autre
00:29:01en Algérie
00:29:01à Merselkébir
00:29:06le réduit
00:29:07bretan
00:29:07c'est sympathique
00:29:08c'est proche
00:29:09de l'Angleterre
00:29:10mais
00:29:11permettez-moi
00:29:12de vous le dire
00:29:13franchement
00:29:13en général
00:29:14l'Afrique
00:29:15c'est tout de même
00:29:16plus sûr
00:29:17et plus sérieux
00:29:19vous y avez
00:29:20la flotte
00:29:21et vous avez
00:29:22tout un empire
00:29:23derrière
00:29:23en condition
00:29:25de pouvoir y aller
00:29:26oui
00:29:26nous n'avons pas
00:29:28assez de bâtiments
00:29:29pour transporter
00:29:30toute une armée
00:29:31comment
00:29:31à Dunkerque
00:29:33nous en avons
00:29:33sauvé
00:29:34335 000 soldats
00:29:36en une semaine
00:29:37vous pourrez
00:29:38tout aussi bien
00:29:39réussir un rempart
00:29:41comme on
00:29:41depuis Toulon
00:29:42je vous aiderai
00:29:43c'est la meilleure
00:29:45flotte du monde
00:29:46nous n'avons
00:29:47ni ravitaillement
00:29:48ni munition
00:29:50là-bas
00:29:50moi
00:29:51mon cauchemar
00:29:52c'est votre flotte
00:29:53qu'allez-vous en faire
00:29:54il est tout simplement
00:29:56impossible
00:29:58de la livrer
00:29:59au boche
00:30:00il n'en est pas question
00:30:01je serai contraire
00:30:02à l'honneur
00:30:03nous voilà rassurés
00:30:04nous continuerons
00:30:07la guerre
00:30:07quoi qu'il arrive
00:30:08nous sommes certains
00:30:10de l'emporter
00:30:11même si la manche
00:30:13est un très bon fossé
00:30:14anti-char
00:30:15Hitler
00:30:16envahit
00:30:17notre beau pays
00:30:18et bien
00:30:20nous irons
00:30:21au Canada
00:30:22de là-bas
00:30:23le monde
00:30:24de nouveau
00:30:24viendra
00:30:25libérer
00:30:26le monde
00:30:26ancien
00:30:27les français
00:30:28ont subi
00:30:29jusqu'à présent
00:30:29toutes les souffrances
00:30:30nous aurons nous aussi
00:30:32notre part de souffrance
00:30:35seulement
00:30:35si nous britanniques
00:30:37n'aurions plus le choix
00:30:38contre la mort
00:30:40et la soumission
00:30:41à Hitler
00:30:41nous choisirons
00:30:43la mort
00:30:44soyez-en sûr
00:30:50bon
00:30:52il est 9h du soir
00:30:54et nous n'avons toujours
00:30:55pas mangé
00:31:00mais enfin
00:31:01il faut mettre fin
00:31:02aux souffrances
00:31:03de la guerre
00:31:04si pour rester fidèle
00:31:06à l'Angleterre
00:31:07vous refusez
00:31:07une possibilité
00:31:08de paix
00:31:09le pays
00:31:10ne vous pardonnerait pas
00:31:14si Churchill
00:31:15nous laissait
00:31:16entièrement tomber
00:31:17vous imaginez ?
00:31:19l'Angleterre
00:31:20n'a pas d'armée
00:31:21elle ne peut rien faire
00:31:22Pétain pense
00:31:24qu'elle devrait demander
00:31:24l'armistice
00:31:25en même temps que nous
00:31:36nous avons
00:31:37un besoin
00:31:39impératif
00:31:40de 5 escadrilles
00:31:41de chasse
00:31:42supplémentaires
00:31:43Churchill vous estime
00:31:45repartez pour Londres
00:31:47plaider notre cause
00:31:49bien
00:31:52les Anglais
00:31:53sont repartis
00:31:54les Français
00:31:55demeurent
00:31:56face à eux-mêmes
00:31:57ce jour-là
00:31:58entre partisans
00:32:00du refus
00:32:00de la défaite
00:32:01derrière Reynaud
00:32:02et partisans
00:32:03de l'acceptation
00:32:04de la défaite
00:32:05les rideaux
00:32:06se déchirent
00:32:08le retrait
00:32:08de nos armées
00:32:09de la ligne Maginot
00:32:10se poursuit
00:32:10plus ou moins bien
00:32:12dans le reste
00:32:13du pays par contre
00:32:15nos troupes
00:32:16sont réduites
00:32:16à l'état
00:32:17de simple bande
00:32:18il y a ici
00:32:19ou là
00:32:20un risque
00:32:20de formation
00:32:21de soviets
00:32:22c'est partout
00:32:22la panique
00:32:23disons les choses
00:32:24comme elles sont
00:32:25Thorez et les communistes
00:32:27paraît-il
00:32:27veulent prendre l'Elysée
00:32:29l'armée
00:32:30serait plus utile
00:32:31à Paris
00:32:31excusez-moi
00:32:33nous venons
00:32:33de recevoir
00:32:34la réponse
00:32:34de Roosevelt
00:32:35à votre appel
00:32:36seul le congrès
00:32:37des Etats-Unis
00:32:38est compétent
00:32:39pour décider
00:32:40d'entrer en guerre
00:32:41à nos côtés
00:32:43et voilà
00:32:43je l'avais dit
00:32:45son industrie de guerre
00:32:46démarrant à peine
00:32:47il ne peut pas nous livrer
00:32:48beaucoup d'armement
00:32:49il nous encourage
00:32:50à résister
00:32:51en attendant
00:32:52d'en recevoir
00:32:53je ne vois plus
00:32:54d'autres solutions
00:32:55que d'entrer
00:32:55pour parler
00:32:56vous croyez pouvoir
00:32:58discuter avec Hitler
00:32:59comme avec un gentleman
00:33:02je prie le conseil
00:33:04de m'écouter
00:33:07la vraie question
00:33:08est de savoir
00:33:09si le gouvernement
00:33:11doit quitter
00:33:11le territoire français
00:33:13selon moi
00:33:14le devoir du gouvernement
00:33:16est de rester
00:33:17dans le pays
00:33:20je déclare
00:33:21que je me refuserai
00:33:22à quitter
00:33:23le sol métropolitain
00:33:25je resterai parmi le peuple
00:33:28pour défendre leurs biens
00:33:30et leurs vies
00:33:31partager leurs peines
00:33:33et leurs misères
00:33:35l'armistice
00:33:37est à mes yeux
00:33:38la condition nécessaire
00:33:40de la renaissance
00:33:41de la France éternelle
00:33:47à mes yeux
00:33:48déposer les armes
00:33:51trahir notre allié britannique
00:33:53serait contraire
00:33:55à l'honneur
00:33:56la vraie question
00:33:58n'est pas partir
00:33:59ou ne pas partir
00:34:00en Algérie
00:34:01ou ailleurs
00:34:02la vraie question
00:34:04comme Churchill
00:34:05la pose
00:34:06la vraie question
00:34:07c'est
00:34:08ne pas combattre
00:34:10ou combattre
00:34:13jusqu'à la victoire finale
00:34:18messieurs
00:34:18à demain soir
00:34:20à Bordeaux
00:34:21bon voyage
00:34:28tandis que la troupe allemande
00:34:29avait sti Paris
00:34:31le gouvernement
00:34:32et le grand état-major
00:34:33quittent une touraine
00:34:34menacée
00:34:35pour s'installer
00:34:36à Bordeaux
00:34:37la ville de tous
00:34:38les refuges précipités
00:34:39comme en 1870
00:34:41comme en 1914
00:34:44la capitale tragique
00:34:46où s'installe
00:34:47le gouvernement
00:34:48est en proie
00:34:49à tous les encombrements
00:34:50ministres et fonctionnaires
00:34:52volettes
00:34:53affolées
00:34:53pour trouver un gîte
00:34:55et un bureau
00:35:00côté militaire
00:35:02l'armée recule
00:35:06se tronçonne
00:35:07se débande
00:35:12comme en Bourgogne
00:35:13à l'est
00:35:19à l'ouest
00:35:19les allemands
00:35:20pénètrent en Bretagne
00:35:23se rapprochent
00:35:24de Bordeaux
00:35:27les commandants
00:35:28de groupes d'armée
00:35:29réclament
00:35:30un cessez-le-feu
00:35:32nos soldats
00:35:33meurent d'épuisement
00:35:33j'ai des fils au front
00:35:34moi
00:35:35oui
00:35:35comme nous tous
00:35:37en ne vous décidant pas
00:35:39à traiter
00:35:39vous répandez le sang
00:35:41des français
00:35:42pour rien
00:35:43combien de temps
00:35:44cela va-t-il durer ?
00:35:46j'ai donné
00:35:46pour instruction
00:35:47de cessez-le-feu
00:35:49sur le terrain
00:35:49partout
00:35:50où il est inutile
00:35:51de poursuivre le combat
00:35:53vous n'avez pas
00:35:54transmis cet ordre
00:35:55monsieur le commandant
00:35:56chef
00:35:56c'est donc vous
00:35:57le responsable
00:35:59du carnage
00:35:59c'est un cessez-le-feu
00:36:01général
00:36:01qu'il nous faut
00:36:03je ne peux pas
00:36:04en prendre la responsabilité
00:36:06ce serait l'équivalent
00:36:07d'une capitulation
00:36:08ce serait
00:36:09rendre l'armée
00:36:10seule
00:36:10responsable
00:36:11de la défaite
00:36:12elle l'est pourtant
00:36:13largement
00:36:15et si je vous donnais
00:36:16un ordre écrit
00:36:17pour discuter au mieux
00:36:18avec Hitler
00:36:18nous devons avoir
00:36:20une armée
00:36:20encore debout
00:36:21je ne l'appliquerai pas
00:36:23les civils
00:36:24veulent continuer la guerre
00:36:25et les militaires
00:36:26l'arrêter
00:36:26c'est un comble
00:36:28bon débarras
00:36:29non ?
00:36:29le temps qui passe
00:36:30aggrave la désagrégation
00:36:31de nos armées
00:36:33je ne veux pas
00:36:34m'y associer
00:36:36mon devoir m'impose
00:36:37de vous présenter
00:36:38ma démission
00:36:38non
00:36:39non
00:36:39pas ça
00:36:40qu'est-ce qu'il y a
00:36:41vous maréchal ?
00:36:42vous n'allez pas
00:36:42nous faire ça
00:36:44maréchal
00:36:44en pleine guerre
00:36:47alors
00:36:48écoutez
00:36:49à proposition écrite
00:36:51réponse écrite
00:36:53pour la bonne forme
00:36:54vous devrez attendre
00:36:55veuillez bien
00:36:56vous rasseoir parmi nous
00:36:57je vous prie
00:36:59d'après le récit
00:37:01d'un conseiller
00:37:01Pétain
00:37:02ne bougea pas
00:37:03semblant inviter
00:37:05les ministres
00:37:05à se lever
00:37:06sans succès
00:37:08il demeura
00:37:09ainsi debout
00:37:10interdit
00:37:11comme un écolier
00:37:11puni
00:37:12tandis que le conseil
00:37:14des ministres
00:37:14reprenait son cours
00:37:17le ministre
00:37:18le ministre Chotan
00:37:19avance alors
00:37:19ce compromis
00:37:22proposons à Churchill
00:37:23de nous délier
00:37:24de notre engagement
00:37:25à ne pas traiter seul
00:37:26et de nous permettre
00:37:27ainsi
00:37:28de nous enquérir
00:37:29auprès d'Hitler
00:37:30des conditions
00:37:31d'un éventuel
00:37:32armistice
00:37:34elles seront
00:37:35acceptables
00:37:36ou
00:37:36vraisemblablement
00:37:39inacceptables
00:37:40mais ainsi
00:37:41nous saurons
00:37:41si nous devons
00:37:42ou pas
00:37:43cesser le combat
00:37:45une approbation générale
00:37:47s'élève
00:37:48comme un soulagement
00:37:50intéressé
00:37:51Pétain
00:37:52a repris sagement
00:37:53sa place
00:37:54Reynaud
00:37:55ne trouve pas
00:37:55l'idée mauvaise
00:37:56il décide
00:37:58de la télégraphie
00:37:59à Churchill
00:38:01la réponse
00:38:02revient le lendemain
00:38:03journée qualifiée
00:38:04par de Gaulle
00:38:05comme la plus tragique
00:38:06de notre longue histoire
00:38:08et par Paul Reynaud
00:38:09comme la plus affreuse
00:38:11de sa vie
00:38:13le cabinet britannique
00:38:14consent à ce que
00:38:15vous engagiez
00:38:16des pourparlers
00:38:17avec l'Allemagne
00:38:18pourvu que la flotte
00:38:19de guerre française
00:38:20apparaît immédiatement
00:38:22vers des ports anglais
00:38:23pas possible
00:38:25je me mets à leur place
00:38:26je les comprends
00:38:27mais
00:38:28peut-on laisser
00:38:29la flotte de Mussolini
00:38:30régner sur la Méditerranée ?
00:38:32non
00:38:33non
00:38:33non
00:38:34monsieur le président
00:38:36comment rallier
00:38:37l'Afrique du Nord
00:38:37sans la marine ?
00:38:40monsieur je
00:38:41je
00:38:41je ne sais
00:38:43que
00:38:46cet homme
00:38:47dont tout le monde
00:38:48a loué le calme
00:38:49et la maîtrise
00:38:50a pu aussi parfois
00:38:52fléchir
00:38:54en ce jour extrême
00:38:56un appel inattendu
00:38:57le tire hors
00:38:58de son abattement
00:38:59le général de Gaulle
00:39:00vous appelle de Londres
00:39:01du bureau de Churchill
00:39:02il est en ligne
00:39:03oui monsieur le premier ministre
00:39:05est présent
00:39:06le texte est de
00:39:07Jean Monnet
00:39:08vous êtes prêt ?
00:39:09donc
00:39:10à l'heure du péril
00:39:12à l'heure du péril
00:39:14où se décide
00:39:15la destinée du monde
00:39:17où se décide
00:39:19la destinée du monde
00:39:20désormais
00:39:22la France
00:39:23et le Royaume-Uni
00:39:25fusionnent
00:39:26en une seule nation
00:39:28avec une même nationalité
00:39:31pour tous
00:39:32leurs habitants
00:39:33un parlement
00:39:35et un cabinet de guerre
00:39:36commun
00:39:37un cabinet de guerre
00:39:39commun
00:39:39ah oui
00:39:40oui c'est formidable
00:39:42pour se faire
00:39:43de Gaulle a raison
00:39:45il faut accepter
00:39:46que nous ne nous lasserons
00:39:49jamais
00:39:49que jamais
00:39:51nous ne cédérons
00:39:53cette proposition
00:39:55aussi généreuse
00:39:56qu'utopique
00:39:56Paul Reynaud
00:39:58l'adopte aussitôt
00:39:59comme une possible
00:40:01planche de salut
00:40:03si l'Angleterre
00:40:04tient le coup
00:40:05jusqu'à l'entrée en guerre
00:40:06espérée des américains
00:40:07pense-t-il
00:40:08tout comme de Gaulle
00:40:10alors la France
00:40:11doit les attendre
00:40:12auprès d'elle
00:40:14pourquoi ne pas
00:40:14clamer cette évidence
00:40:15à la radio
00:40:16et ainsi
00:40:17regonfler
00:40:17le moral de tous
00:40:21auparavant
00:40:21il doit obtenir
00:40:22l'aval de ses ministres
00:40:26mais
00:40:26l'exposé vibrant
00:40:28qu'il fit
00:40:28au troisième conseil
00:40:29des ministres
00:40:29de la journée
00:40:30tombe
00:40:31complètement à plat
00:40:35c'est une tentative
00:40:36déguisée
00:40:36de protectorat
00:40:37sur notre empire
00:40:38colonial
00:40:38la France deviendra
00:40:39un dominion
00:40:40c'est une belle idée
00:40:40la guerre de 100 ans
00:40:41nous a suffi
00:40:42vous préférez
00:40:42devenir une province
00:40:43allemande
00:40:43s'unir à l'Angleterre
00:40:45c'est comme fusionner
00:40:46avec un cadavre
00:40:48l'Angleterre
00:40:48gagnera la guerre
00:40:50en trois semaines
00:40:51elle se fera tendre
00:40:52le cou comme un poulet
00:40:52cela vous réjouirait
00:40:54on dirait
00:40:55depuis des semaines
00:40:56des propos hostiles
00:40:58accablent nos amis
00:41:00rarement nos ennemis
00:41:01voyez-vous
00:41:02je préfère collaborer
00:41:04avec mon ami
00:41:05qu'avec mon ennemi
00:41:07sans armistice
00:41:08la France sera soumise
00:41:10à un régime effroyable
00:41:14télégramme du général Georges
00:41:16partout où elles ne sont pas
00:41:18encerclées
00:41:19nos armées refluent
00:41:21ravitaillement des troupes
00:41:22et des civils compromis
00:41:24par ampleur de l'exode
00:41:26nécessité absolue
00:41:28de prendre décision
00:41:29eh bien votons
00:41:30mais oui pourquoi pas
00:41:31oui bien sûr
00:41:32inutile
00:41:33je connais déjà le résultat
00:41:36je n'ai plus le soutien
00:41:38de la majorité
00:41:38de mes ministres
00:41:39je ne vois pas
00:41:40d'autres solutions
00:41:42démissionner ?
00:41:42ah non
00:41:43pas maintenant
00:41:44je suis face
00:41:45à des défaitistes
00:41:46je vous renomme
00:41:47et vous formez
00:41:48un autre gouvernement
00:41:49si c'est pour demander
00:41:51un armistice
00:41:51ne comptez pas sur moi
00:41:53alors qui ?
00:41:54c'est à vous de décider
00:41:55vous ne serez pas
00:41:56embarrassé
00:41:57le maréchal Pétain
00:41:58a déjà un cabinet
00:41:59en poche
00:41:59ah
00:42:02le soir même
00:42:03à peine nommé
00:42:04chef du gouvernement
00:42:05Pétain improvise
00:42:07un premier conseil
00:42:07des ministres
00:42:08d'une dizaine
00:42:09de minutes
00:42:09messieurs les ministres
00:42:11votre tâche
00:42:13immédiate
00:42:13est de demander
00:42:15aux allemands
00:42:15leurs conditions
00:42:16pour arrêter
00:42:17les hostilités
00:42:18sans perdre de temps
00:42:19on en a déjà perdu
00:42:21assez comme ça
00:42:22Baudouin
00:42:23faites bien dire
00:42:24aux allemands
00:42:25que s'ils sont
00:42:25trop exigeants
00:42:26les acharnés
00:42:28reprendront le dessus
00:42:29ils auraient alors
00:42:30affaire à Reynaud
00:42:31alors là
00:42:32je leur souhaite
00:42:34bien du plaisir
00:42:37ce soir là
00:42:38De Gaulle
00:42:39était revenu
00:42:39de l'ombre
00:42:40aussitôt arrivé
00:42:41à l'aéroport
00:42:41de Bordeaux
00:42:42il apprend
00:42:43la démission
00:42:43de Reynaud
00:42:44par le général
00:42:45Spils
00:42:46l'officier
00:42:47de liaison
00:42:48de Churchill
00:42:48en France
00:42:49le met en garde
00:42:51avec Pétain
00:42:52et Végan
00:42:52les militaires français
00:42:53sont maintenant
00:42:54au pouvoir
00:42:55Végan
00:42:56vous déteste
00:42:57et Pétain
00:42:58ne veut pas
00:42:59de concurrent
00:43:01Spils
00:43:01lui conseille
00:43:02de ne pas se montrer
00:43:02il pourrait
00:43:03se faire arrêter
00:43:05de fait
00:43:06c'est en rasant
00:43:07les murs
00:43:07que De Gaulle
00:43:08va retrouver
00:43:08Paul Reynaud
00:43:09à la préfecture
00:43:12heureux de vous voir
00:43:13général
00:43:14les allemands
00:43:15ont passé la loi
00:43:16vous savez
00:43:17que je suis
00:43:18démissionnaire
00:43:19je sais
00:43:19je sais
00:43:20quand Pétain
00:43:21se heurtera
00:43:22aux conditions
00:43:22de paix révoltante
00:43:23d'Hitler
00:43:23le président
00:43:24me rappellera
00:43:25vous verrez
00:43:28arrive le moment
00:43:29historique
00:43:30où
00:43:31s'effaçant
00:43:31devant lui
00:43:32Paul Reynaud
00:43:33catapulte
00:43:34De Gaulle
00:43:34au firmament
00:43:36Churchill
00:43:37s'attend
00:43:38à une tentative
00:43:39d'invasion
00:43:39dans les 15 jours
00:43:40retournez à Londres
00:43:42repartez tout de suite
00:43:44vous y représenterez
00:43:45la France
00:43:50quand nous reverrons
00:43:53le cas
00:43:54va vous remettre
00:43:55100 000 francs
00:43:56on les prend
00:43:56sur les fonds secrets
00:43:57qu'il a sagement
00:43:58emportés
00:43:58ils vous permettront
00:43:59de vous installer
00:44:00c'est autant
00:44:01que ces lâches
00:44:02n'auront pas
00:44:05le lendemain matin
00:44:06De Gaulle repart
00:44:07pour Londres
00:44:08à l'aérodrome
00:44:09il attend
00:44:10sagement dissimulé
00:44:11que son avion
00:44:12soit sur le départ
00:44:15quand les hélices
00:44:16se mettent à tourner
00:44:17ils s'engouffrent
00:44:18dans la carlingue
00:44:27pour tout bagage
00:44:28écrit Richard Churchill
00:44:29il emportait avec lui
00:44:31l'honneur de la France
00:44:34De Gaulle corrigera
00:44:36dans ses mémoires
00:44:36j'emportais
00:44:38la France
00:44:41du souvenir
00:44:42de ce dernier survol
00:44:44il puisera
00:44:45cette phrase
00:44:45je m'apparaissais
00:44:47à moi-même
00:44:48seul
00:44:49et démuni
00:44:50de tout
00:44:51comme un homme
00:44:53au bord d'un océan
00:44:54qu'il prétendait
00:44:55franchir
00:44:56à la nage
00:45:01le même jour
00:45:02Churchill
00:45:03qui accueille De Gaulle
00:45:05pour de longues années
00:45:05de guerre
00:45:06s'adresse aux français
00:45:07je souffre
00:45:09pour le peuple français
00:45:11tombé dans le malheur
00:45:12rien ne modifiera
00:45:14notre foi
00:45:15dans une future résurrection
00:45:17du génie de la France
00:45:20car la France
00:45:22vaincue
00:45:23sera associée
00:45:24à la victoire finale
00:45:27nous sommes à présent
00:45:29le seul champion
00:45:30encore en armes
00:45:32pour défendre
00:45:33la cause du monde
00:45:34nous ferons
00:45:36de notre mieux
00:45:39allons
00:45:40bonne nuit
00:45:41dormez bien
00:45:44Dieu protège
00:45:45la France
00:45:47le lendemain
00:45:48Churchill
00:45:49autorise De Gaulle
00:45:50à lancer son appel
00:45:51aux français
00:45:57le général Végan
00:45:58obtient de pétinque
00:45:59que De Gaulle
00:46:00soit condamné à mort
00:46:01comme traître
00:46:02à la patrie
00:46:12quelques jours plus tard
00:46:13les envoyés de pétin
00:46:14signent un armistice
00:46:15avec l'Allemagne
00:46:17surprise géante
00:46:19Hitler modère
00:46:20ses exigences
00:46:21il a d'autres chats
00:46:22à fouetter
00:46:23notamment l'Angleterre
00:46:25il laisse à la France
00:46:26un tiers de son territoire
00:46:28ses colonies
00:46:30sa marine
00:46:32sauf que
00:46:33deux semaines plus tard
00:46:35pour empêcher Hitler
00:46:36de s'en emparer
00:46:37Churchill fera détruire
00:46:39par sa marine
00:46:39l'escadre française
00:46:40de Mercel-Kéby
00:46:41en Algérie
00:46:44l'amiroté
00:46:45avait obstinément
00:46:46refusé
00:46:46de laisser
00:46:47la flotte française
00:46:48aller rejoindre
00:46:49les ports anglais
00:46:50du jour au lendemain
00:46:52une bonne partie
00:46:52d'une France indignée
00:46:53devient pétiniste
00:46:57le calcul
00:46:58de Paul Reynaud
00:46:59selon lequel
00:47:01les négociations
00:47:01avec Hitler
00:47:02s'avérerait
00:47:03inacceptable
00:47:04et ferait donc
00:47:05tomber
00:47:05le gouvernement pétain
00:47:07ce calcul est déjoué
00:47:09Reynaud ne peut plus
00:47:10compter
00:47:11être rappelé
00:47:11au pouvoir
00:47:12pour reprendre
00:47:13la tête
00:47:13d'un combat
00:47:14que pétain
00:47:15a fait cesser
00:47:17la guerre
00:47:18la guerre est finie
00:47:19son calvaire
00:47:20commence
00:47:23dès septembre 40
00:47:25le nouveau régime
00:47:26de Vichy
00:47:27le fait arrêter
00:47:27condamné
00:47:28comme responsable
00:47:29de la défaite
00:47:31emprisonné
00:47:32dans plusieurs geôles
00:47:33dont la plus lugubre
00:47:35est celle
00:47:35du Portalet
00:47:36dans les Hautes-Pyrénées
00:47:39puis il est livré
00:47:40aux nazis
00:47:40lesquels
00:47:42prennent un malin plaisir
00:47:43à l'enfermer
00:47:44dans un autre genre
00:47:45de château
00:47:45en compagnie
00:47:47de ses anciens rivaux
00:47:49son ennemi jurait
00:47:50le général Végan
00:47:52Daladier
00:47:53auquel il avait succédé
00:47:55et le général Gamelin
00:47:56qu'il avait limogé
00:47:58ils ne prenaient pas
00:47:59les repas ensemble
00:48:00ils évitaient
00:48:02de se croiser
00:48:04mais le jour
00:48:05de leur délivrance
00:48:06en mai 45
00:48:07ils ont bien voulu
00:48:08poser le sourire aux lèvres
00:48:10autour du libérateur
00:48:11américain
00:48:12sans plus
00:48:13cette fois
00:48:14se quereller
00:48:14sur leurs responsabilités
00:48:16respectives
00:48:16dans le désastre
00:48:18de mai-juin 40
00:48:20auprès de Paul Reynaud
00:48:22son assistante
00:48:23il avait exigé
00:48:24et obtenu
00:48:25qu'elle le rejoigne
00:48:26en prison
00:48:28quand ils reviennent
00:48:29à Paris
00:48:30à la libération
00:48:31ils l'épousent
00:48:32ils auront
00:48:33trois enfants
00:48:38une chose
00:48:39manque à son bonheur
00:48:40mais elle est importante
00:48:41une opinion publique
00:48:43formatée par
00:48:44quatre années
00:48:45de propagande
00:48:46vigisoise
00:48:47continue de le considérer
00:48:49comme le symbole
00:48:49de la défaite
00:48:53tenu à l'écart
00:48:53de la vie politique
00:48:54c'est seul
00:48:55qu'il reprend
00:48:56son bâton
00:48:57de pèlerin
00:48:59néanmoins
00:49:00en 1946
00:49:01il réussit
00:49:02à se faire réélire
00:49:03député
00:49:04puis il sera appelé
00:49:06à faire partie
00:49:06d'un gouvernement
00:49:08quand il monte
00:49:08à la tribune
00:49:09de l'assemblée
00:49:10des députés
00:49:11ricanent
00:49:12à propos de cette phrase
00:49:13qu'il avait prononcée
00:49:14au début de la guerre
00:49:15nous vaincrons
00:49:16parce que nous sommes
00:49:18les plus forts
00:49:19auriez-vous voulu
00:49:21messieurs les députés
00:49:22que je proclame
00:49:23nous serons vaincus
00:49:25parce que nous sommes
00:49:26les plus faibles
00:49:28l'éclat de rire général
00:49:29qu'il déchaîne
00:49:30le réconcilie
00:49:31avec la chambre
00:49:32et cela lui donne
00:49:33les coups des franches
00:49:34pour se lancer
00:49:35dans de nouvelles aventures
00:49:36politiques et honorifiques
00:49:38Paul Reynaud
00:49:39atteint un nouveau sommet
00:49:40lorsque revenu
00:49:42au pouvoir
00:49:42en 1958
00:49:43le général de Gaulle
00:49:45l'appelle
00:49:45pour lui confier
00:49:46la présidence
00:49:47de la commission
00:49:48chargée de donner
00:49:49à la France
00:49:50une nouvelle constitution
00:49:51et naturellement
00:49:53ce régime
00:49:55des partis
00:49:55doit cesser
00:49:57pour de bon
00:49:57il a été
00:49:58une des grandes causes
00:49:59et même la principale
00:50:00du naufrage
00:50:01de mai juin 40
00:50:02ce qui vous a surtout
00:50:04manqué
00:50:04en 40
00:50:05c'est que vous n'aviez
00:50:06pas de dispositions
00:50:09constitutionnelles
00:50:09vous permettant
00:50:10d'assumer
00:50:11les pleins pouvoirs
00:50:13non mais
00:50:14heureusement
00:50:15vous les avez saisis
00:50:16ce que je n'ai pas su faire
00:50:19ou osé faire
00:50:22et bien
00:50:23nous revoilà ensemble
00:50:24sur une nouvelle route
00:50:26penchez-vous
00:50:27en particulier
00:50:28sur l'article
00:50:29traitant
00:50:30de l'état d'urgence
00:50:31il doit permettre
00:50:32au président
00:50:33de faire face
00:50:35à toute menace
00:50:36sur le bon fonctionnement
00:50:38des institutions
00:50:39j'en ai déjà parlé
00:50:40avec Michel Debré
00:50:41à la bonne heure
00:50:45fidèle
00:50:46soucieux
00:50:47d'honorer la personne
00:50:48qui
00:50:48lui avait donné
00:50:50le départ
00:50:52de Gaulle
00:50:53lui confie
00:50:54la présidence
00:50:55de l'Assemblée nationale
00:51:00mais au dernier moment
00:51:01un jeune gaulliste
00:51:03ambitieux
00:51:03Jacques Chabon d'Helmas
00:51:04lui souffle la place
00:51:08cinq ans plus tard
00:51:09en 1962
00:51:11les liens complices
00:51:12entre De Gaulle
00:51:13et Paul Reynaud
00:51:14se déchirent
00:51:15ce parlementaire
00:51:16viscéral
00:51:17s'oppose
00:51:19au projet
00:51:19de référendum
00:51:20du général De Gaulle
00:51:21sur l'élection
00:51:22du président
00:51:23de la République
00:51:23au suffrage universel
00:51:24à l'Assemblée
00:51:26s'adressant à Pompidou
00:51:28il conspue
00:51:29De Gaulle
00:51:30de verte façon
00:51:30Monsieur le Premier ministre
00:51:33allez dire
00:51:34à l'Elysée
00:51:35que notre admiration
00:51:36pour le passé
00:51:37reste intacte
00:51:39mais que cette Assemblée
00:51:40n'est pas assez dégénérée
00:51:42pour renier
00:51:43la République
00:51:46les invectives
00:51:47de ce sage
00:51:48très écouté
00:51:49conduisent
00:51:50à la censure
00:51:51immédiate
00:51:51et à la chute
00:51:52aussi inattendue
00:51:54que spectaculaire
00:51:55du gouvernement Pompidou
00:51:59De Gaulle
00:52:00ne lui pardonnera
00:52:01jamais
00:52:13Les gaullistes
00:52:14se détournent
00:52:15de lui
00:52:15lui font perdre
00:52:16son siège
00:52:17de député
00:52:18Paul Reynaud
00:52:19retourne aux oubliettes
00:52:20de la République
00:52:25Les ministres
00:52:26qui avaient été
00:52:26ses collaborateurs
00:52:27ne le voient plus
00:52:28ceux-là même
00:52:29réunis autour de lui
00:52:30lors de son 80e anniversaire
00:52:32couvres de Muril
00:52:34Michel Debray
00:52:35Bob Gartner
00:52:37et bien d'autres
00:52:37le chagrin
00:52:39assombrit sa fin de vie
00:52:40il décède en 1966
00:52:46Sur instruction
00:52:47du général De Gaulle
00:52:49aucun ministre du gouvernement
00:52:51ne se rend au funérail
00:52:56Cet homme
00:52:57qui avait si souvent
00:52:58vu juste
00:52:58qui avait prévu
00:53:00le malheur
00:53:00d'une guerre
00:53:01perdue d'avance
00:53:02avait aussi évoqué
00:53:04sa propre fin
00:53:05Paul Reynaud
00:53:06avait écrit
00:53:07dans ses mémoires
00:53:08Les français
00:53:09siffleront
00:53:10mon corbillard
00:53:11comme ils ont
00:53:12sifflé
00:53:12ceux
00:53:13de leurs meilleurs
00:53:14serviteurs
00:53:20L'homme
00:53:21qui a fait De Gaulle
00:53:22documentaire
00:53:23exclusif
00:53:24réalisé par
00:53:25Jean-François
00:53:25Delassus
00:53:26de quoi s'interroger
00:53:27plus au-delà
00:53:28avec nos invités
00:53:28présents maintenant
00:53:29sur ce plateau
00:53:30de débats d'oc
00:53:31à propos
00:53:32de la trace
00:53:33laissée
00:53:33par Paul Reynaud
00:53:34qui fut donc
00:53:35vous venez de le découvrir
00:53:36le chef du gouvernement
00:53:37français
00:53:38durant la débâcle
00:53:39du printemps
00:53:401940
00:53:41Evelyne Demet
00:53:42Paul Reynaud
00:53:43est tout d'abord
00:53:43avec nous
00:53:44bienvenue à vous
00:53:45vous êtes la fille
00:53:46de Paul Reynaud
00:53:47vous êtes fondatrice
00:53:48et dirigeante
00:53:49des éditions
00:53:49du Palais
00:53:50et vous avez consacré
00:53:51un livre
00:53:52à votre père
00:53:53sobrement intitulé
00:53:54Paul Reynaud
00:53:55mon père
00:53:56il est disponible
00:53:56chez Plon
00:53:58Bruno Fulini
00:53:59est également avec nous
00:54:00bienvenue
00:54:00vous êtes écrivain
00:54:02votre dernier ouvrage
00:54:02s'intitule
00:54:03Mistinguette
00:54:04la danseuse
00:54:05qui a sauvé la France
00:54:07édité aux éditions
00:54:08Busset-Chastel
00:54:09votre bibliographie
00:54:11comprend une trentaine
00:54:12d'ouvrages
00:54:13à la fois historiques
00:54:14consacrés aussi
00:54:15aux services de renseignement
00:54:17et notamment
00:54:18dans l'entre-deux-guerres
00:54:19des périodes
00:54:20malgré tout
00:54:20assez peu connues
00:54:21de la plupart des français
00:54:22aujourd'hui
00:54:22on peut peut-être
00:54:23le regretter
00:54:23et donc je conseille
00:54:25à tous ceux
00:54:25qui nous regardent
00:54:26d'aller jeter un oeil
00:54:27sur ce qu'ont été
00:54:29vos ouvrages
00:54:30notamment sur cette période
00:54:31et puis Thibaut Tellier
00:54:32est également avec nous
00:54:33bienvenue
00:54:33vous êtes professeur
00:54:34des universités
00:54:35à Sciences Po Rennes
00:54:36et auteur de cet ouvrage
00:54:38Paul Reynaud
00:54:411878-1966
00:54:42un indépendant
00:54:43en politique
00:54:44disponible
00:54:45chez Fayard
00:54:45on verra pourquoi
00:54:46on peut considérer
00:54:48que Paul Reynaud
00:54:48était un indépendant
00:54:50en politique
00:54:50notamment
00:54:51dans notre échange
00:54:53on vient de redécouvrir
00:54:55peut-être pour certains
00:54:56et tout simplement
00:54:57découvrir pour d'autres
00:54:58votre père
00:54:59son parcours politique
00:55:00ses heures sombres
00:55:01de juin 40
00:55:02où il était donc
00:55:03à la tête
00:55:04du gouvernement français
00:55:05et nous avons décidé
00:55:06de titrer cette émission
00:55:08finalement
00:55:09Oublié de l'histoire
00:55:10point d'interrogation
00:55:11concernant votre père
00:55:12c'est aussi le sentiment
00:55:13que vous avez
00:55:14assez souvent
00:55:15c'est peut-être pour ça
00:55:16d'ailleurs
00:55:16que vous avez consacré
00:55:17un livre à votre père
00:55:19c'est le cas
00:55:19tout à fait
00:55:20tout à fait
00:55:21il a été un oublié
00:55:22de l'histoire
00:55:23il a été un peu
00:55:24un oublié de l'histoire
00:55:25et pour ceci
00:55:26à mon avis
00:55:26il y a deux raisons
00:55:28c'est que d'une part
00:55:29il n'était pas très connu
00:55:31et qu'il était impopulaire
00:55:33il n'était pas très connu
00:55:35parce que les gens
00:55:36ne savaient pas
00:55:37ce qu'il avait fait
00:55:37il n'avait pas de parti
00:55:39pour le soutenir
00:55:41donc il était seul
00:55:43en fait
00:55:43il a toujours été seul
00:55:44dans ses combats
00:55:45et il était impopulaire
00:55:46parce qu'il a annoncé
00:55:47toujours les catastrophes
00:55:49à venir
00:55:50avant la guerre
00:55:51il a été l'un des premiers
00:55:52à avoir cette conscience
00:55:53aiguë du danger
00:55:54que représentait Hitler
00:55:56et vous savez
00:55:57comme moi
00:55:58que les gens n'aiment pas
00:55:58les porteurs
00:55:59de mauvaises nouvelles
00:56:00il a subi le sort
00:56:01de Cassandre
00:56:03dans la France Antille
00:56:03donc d'une certaine manière
00:56:04vous êtes en train
00:56:05de nous dire
00:56:05qu'il était un peu visionnaire
00:56:06avant ce conflit mondial
00:56:08il était un peu visionnaire
00:56:09d'ailleurs
00:56:09c'est pour cela
00:56:10qu'il avait
00:56:12il avait ces deux qualités
00:56:14la clairvoyance
00:56:15il était un peu visionnaire
00:56:16et le courage
00:56:17et c'est pour ça
00:56:18d'ailleurs
00:56:19mais nous y reviendrons
00:56:20sans doute tout à l'heure
00:56:21que de Gaulle
00:56:21a fait appel à lui
00:56:23parce que la clairvoyance
00:56:25sans le courage
00:56:26c'est stérile
00:56:28mais le courage
00:56:29sans la clairvoyance
00:56:30ça ne vaut rien
00:56:31et il avait ces deux qualités
00:56:32et la deuxième raison
00:56:32pour laquelle votre père
00:56:34serait un oublié de l'histoire
00:56:35selon vous
00:56:36c'est laquelle ?
00:56:38et bien
00:56:38parce qu'il était
00:56:39il avait cette impopularité
00:56:42qui lui collait à la peau
00:56:45à cause des journées
00:56:46de juin 40
00:56:47et on l'a assimilé
00:56:49à la défaite
00:56:50forcément
00:56:50puisqu'il était là
00:56:51au moment du pouvoir
00:56:52et au moment de la défaite
00:56:54on en a fait un défaitiste
00:56:55peut-être aux yeux de l'histoire
00:56:56non pas un défaitiste
00:56:57mais on a assimilé
00:56:59à son image
00:57:00cette période dramatique
00:57:02de notre histoire de France
00:57:03il n'était pas un défaitiste
00:57:04et ça on le sait je crois
00:57:05on l'a bien compris
00:57:06en tout cas
00:57:07on l'a bien compris
00:57:10la question qu'on peut se poser
00:57:11pour ceux qui ne le connaissent pas
00:57:12c'est comment en est-il arrivé
00:57:13à devenir le chef du gouvernement
00:57:15français
00:57:16le 21 mars 1940
00:57:18parce qu'on ne connaît sans doute pas
00:57:19ce qu'a été sa carrière avant
00:57:20carrière de parlementaire
00:57:22plusieurs fois ministre
00:57:23ça a été dit dans ce film
00:57:24notamment en 1938
00:57:24il devient ministre des finances
00:57:26et il concourt
00:57:27à essayer de renforcer
00:57:28de remettre en route
00:57:29cette armée française
00:57:30la reconstruire
00:57:31d'une certaine manière
00:57:31en faire aussi une armée de mouvements
00:57:33ce qu'elle n'était pas
00:57:33on comprend très bien
00:57:35tout ça dans le documentaire
00:57:36ça a été un parlementaire
00:57:37qui a pesé
00:57:38avant
00:57:39durant l'entre-deux-guerres
00:57:40Paul Reynaud ?
00:57:41Oui bien sûr
00:57:42c'est un parlementaire
00:57:44parmi les plus en vue
00:57:45durant toute l'entre-deux-guerres
00:57:47élu en 1919
00:57:48sur les listes de bloc national
00:57:50et il a cette particularité
00:57:53c'est de s'intéresser immédiatement
00:57:54à ce qu'il appelle
00:57:55le problème allemand
00:57:56sur la question des réparations
00:57:58et tout au long
00:58:00de l'entre-deux-guerres
00:58:01il est dans tous les débats
00:58:03avec un peu
00:58:04je dirais
00:58:04cette cassure de 1934
00:58:06où il prend
00:58:07et ça va l'isoler politiquement
00:58:10fait des causes
00:58:11pour la dévaluation
00:58:13ce qui va l'isoler
00:58:14à comparer la déflation
00:58:16à l'époque
00:58:17il y avait ce grand débat
00:58:18et donc il se lance
00:58:19à corps perdu
00:58:20dans ce combat
00:58:21ce qui va quelque part
00:58:22l'isoler du jeu politique
00:58:24il n'appartient plus
00:58:25au gouvernement
00:58:26alors qu'auparavant
00:58:27en 1932 par exemple
00:58:28il est vice-président
00:58:29du conseil
00:58:30ça a été l'un des proches
00:58:31d'André Tardieu
00:58:32par exemple
00:58:33donc il a une longue expérience
00:58:34et ce qu'il focalise
00:58:36sur le 21 mars
00:58:37c'est qu'il a été celui
00:58:38qui a permis à la France
00:58:40malheureusement
00:58:41trop tardivement
00:58:42il y a quelque chose
00:58:43d'assez ironique
00:58:43chez Paul Reynaud
00:58:44c'est que finalement
00:58:45il a contemplé
00:58:46de son rôle
00:58:47de président du conseil
00:58:49ce qu'il avait
00:58:51auparavant
00:58:52averti la France
00:58:53de ce qui allait arriver
00:58:54de la catastrophe
00:58:54or c'est lui
00:58:55qui doit la gérer
00:58:56mais comme ministre des finances
00:58:57c'est lui qui va permettre
00:58:59à la France
00:58:59d'accélérer la préparation
00:59:01à la guerre
00:59:01malheureusement
00:59:02trop tardivement
00:59:03il y a eu un discours
00:59:04d'investiture
00:59:05de Paul Reynaud
00:59:09oui parce que
00:59:09la démocratie
00:59:1021 mars j'imagine
00:59:11ici à l'Assemblée
00:59:12à la Chambre des députés
00:59:14puisque c'était le nom
00:59:15à l'époque
00:59:16retenu pour cette chambre
00:59:17bon tout le monde a dit
00:59:18c'est pas Churchill
00:59:18tout de même
00:59:19Paul Reynaud
00:59:19c'est-à-dire qu'il n'a pas su
00:59:21à l'occasion
00:59:21de ce discours d'investiture
00:59:23peut-être
00:59:24remobiliser
00:59:25une unité nationale
00:59:27pour faire front
00:59:28face à l'Allemagne
00:59:29menaçante
00:59:29c'était le cas ou pas
00:59:31il a été élu
00:59:31très peu
00:59:32d'une voix
00:59:32une voix
00:59:33ça fait partie
00:59:33des quelques votes
00:59:34avec l'amendement Vallon
00:59:35ou si on remonte
00:59:36à la révolution
00:59:37à la mort de Louis XVI
00:59:38ou à un vote
00:59:41se joue à une voix près
00:59:43donc c'est très léger
00:59:43mais c'est pourquoi
00:59:45mais pourquoi
00:59:46parce qu'en 1940
00:59:47l'unité nationale
00:59:48elle est déjà
00:59:49mise à mal
00:59:50on est après
00:59:50le Front Populaire
00:59:51donc déjà
00:59:52les réformes
00:59:53qu'il mène en 1938
00:59:54l'ont rendu
00:59:55très impopulaires
00:59:56parce qu'il passe
00:59:56pour celui
00:59:57qui a liquidé
00:59:57en quelque sorte
00:59:58une partie des acquis
00:59:59du Front Populaire
01:00:00de remettre en cause
01:00:00des 40 heures
01:00:01notamment
01:00:02il était pour
01:00:03les congés payés
01:00:04mais le financement
01:00:06des 40 heures
01:00:06non
01:00:06et les conséquences
01:00:08économiques des 40 heures
01:00:09évidemment
01:00:09il les a critiqués
01:00:10à haute et intelligible voix
01:00:12donc déjà
01:00:12il s'est aliéné
01:00:13beaucoup de monde à gauche
01:00:14et puis à droite
01:00:15on se méfie de lui aussi
01:00:16parce que ça a été dit
01:00:17il est assez indépendant
01:00:19à tout point de vue
01:00:19en particulier
01:00:20il a une vision géopolitique
01:00:22assez différente des autres
01:00:23à l'époque
01:00:23la droite redoute surtout
01:00:25le péril rouge
01:00:26le communisme
01:00:27mais donc l'URSS
01:00:28et l'Allemagne
01:00:29paraît comme un moindre mal
01:00:31au fond
01:00:31ce chancelier Hitler
01:00:32il a fait ce qu'il a pu
01:00:34pour conjurer
01:00:35le danger bolchevique
01:00:37et on peut très bien
01:00:37s'entendre avec lui
01:00:38c'est un petit peu
01:00:39l'idée qu'il y a
01:00:40avec souvent
01:00:41une sous-estimation
01:00:42de l'Allemagne
01:00:43dans sa remilitarisation
01:00:45et Paul Reynaud
01:00:46avec Henri de Kérilis
01:00:47et quelques-uns
01:00:48ils sont peu nombreux
01:00:50essayent de tirer
01:00:51la sonnette d'alarme
01:00:52mais enfin
01:00:52dire à son électorat
01:00:54il faut être courageux
01:00:55quand même
01:00:55quand on est un élu
01:00:56plutôt du centre droit
01:00:57d'aller dire à son électorat
01:00:59qu'il faut que la France
01:00:59s'allie à l'URSS
01:01:00contre l'Allemagne
01:01:02c'est difficile
01:01:03et donc à droite
01:01:04comme à gauche
01:01:05on se méfie quand même
01:01:06de ce personnage
01:01:07alors il a de beaux états
01:01:08de service
01:01:08il a été élu député
01:01:09pour la première fois
01:01:10en 1919
01:01:11mais là aussi
01:01:12c'est intéressant
01:01:13au départ
01:01:13il est élu
01:01:14dans cette ère natale
01:01:16du côté de Barcelonette
01:01:17ce qu'on appelait
01:01:18les basses Alpes
01:01:19à l'époque
01:01:19qui sont devenues
01:01:20depuis les Alpes
01:01:20de Haute-Provence
01:01:21mais il va être battu
01:01:22au bout
01:01:23à la fin de son premier mandat
01:01:24donc il va se faire élire
01:01:25dans le département de la Seine
01:01:26c'est-à-dire à Paris
01:01:27à Paris
01:01:28et puis plus tard
01:01:29il faudra qu'il aille chercher refuge
01:01:30dans le nord de la France
01:01:31donc c'est une carrière
01:01:32assez nomade
01:01:33ça veut dire que
01:01:34alors même qu'il avait fait
01:01:35un effort d'implantation
01:01:36en devenant conseiller général
01:01:37il a dû là aussi
01:01:39migrer en quelque sorte
01:01:40donc c'est quelqu'un
01:01:41qui est dans l'inconfort
01:01:42effectivement du courage politique
01:01:44qui consiste à dire
01:01:46la vérité
01:01:46même quand elle est impopulaire
01:01:48quand Albert Lebrun
01:01:49le nomme président du conseil
01:01:51il pense que c'est
01:01:52l'homme de la situation
01:01:54j'imagine
01:01:55or visiblement
01:01:56il a été élu
01:01:57avec une seule voix
01:01:58les choses n'étaient peut-être pas
01:02:01considérées comme telles
01:02:01dans la classe politique française
01:02:03et tout de même
01:02:03nous sommes en mars 1940
01:02:05c'est-à-dire que la guerre
01:02:06est officiellement déclarée déjà
01:02:08c'est cette drosse de guerre
01:02:10qui n'a pas lieu
01:02:12effectivement
01:02:12mais
01:02:13et ça c'est assez troublant
01:02:15tout de même
01:02:16non ?
01:02:16Oui mais ça a été dit
01:02:17il vient trop tard
01:02:19il aurait fallu que Paul Reynaud
01:02:20il aurait fallu que Paul Reynaud
01:02:22arrive au pouvoir
01:02:23mettons en 1938 par exemple
01:02:24déjà
01:02:25ou un peu plus tôt
01:02:26même encore
01:02:26il faut bien se rendre compte
01:02:27et c'est bien montré
01:02:28dans le documentaire
01:02:29que dès 1934
01:02:31il reçoit
01:02:32ce colonel de Gaulle
01:02:33qui a quand même
01:02:33des conceptions
01:02:34tout à fait révolutionnaires
01:02:35en matière militaire
01:02:36qu'il l'écoute
01:02:37et qu'il va défendre
01:02:40cette vision
01:02:41qui est quand même
01:02:42tout à fait iconoclaste
01:02:43à l'époque
01:02:43bon mais il est très isolé
01:02:45là aussi
01:02:46ce qui est intéressant
01:02:47chez Paul Reynaud aussi
01:02:48c'est que souvent
01:02:48on oppose
01:02:49on a tendance
01:02:50à opposer
01:02:51les questions
01:02:51strictement régaliennes
01:02:52diplomatie
01:02:53défense
01:02:53aux questions financières
01:02:55lui est un des rares
01:02:56hommes politiques
01:02:56qui fait le lien
01:02:57entre les deux
01:02:57il a été ministre des finances
01:02:58il s'intéresse
01:02:59à ces questions là
01:03:00et il voit bien
01:03:01que la défense
01:03:01et la diplomatie
01:03:02et le rang dans le monde
01:03:03ça se finance
01:03:04de ce point de vue là
01:03:05c'est un homme précieux
01:03:06mais au moment
01:03:07où il arrive
01:03:09voilà le mal est fait
01:03:10en quelque sorte
01:03:11il gardera d'ailleurs
01:03:11le portefeuille
01:03:12des affaires étrangères
01:03:13tout en étant
01:03:14le président
01:03:14du conseil des ministres
01:03:17français
01:03:17alors tout le monde note
01:03:18moi j'ai lu beaucoup de choses
01:03:19sur votre père
01:03:20et compris ce que vous avez écrit
01:03:22mais tout le monde note
01:03:24qu'il y a un formidable paradoxe
01:03:25en réalité
01:03:25par rapport à ce qu'on s'est dit là
01:03:27c'est à dire
01:03:27voilà quelqu'un
01:03:28qui avait plutôt opté
01:03:29pour les options de Gaulle
01:03:30même si le lieutenant-colonel de Gaulle
01:03:32n'était pas un grand personnage
01:03:33connu de tous
01:03:35à l'époque
01:03:35qui donc était
01:03:37pour une année de mouvement
01:03:40et pourquoi n'a-t-il pas mis en oeuvre
01:03:43ce qu'il avait tellement défendu
01:03:44devant la chambre des députés
01:03:46au moment où il était en poste
01:03:47qu'est-ce qui explique
01:03:50qu'il n'ait pas mis en oeuvre
01:03:52ce qu'il défendait
01:03:53mis en oeuvre sur le plan militaire
01:03:55vous voulez dire
01:03:55bah oui
01:03:56oui mais parce que
01:03:57la majorité était contre
01:03:59il avait
01:04:01personne ne souhaitait
01:04:04les militaires disaient
01:04:05parce que la guerre n'est pas encore perdue
01:04:06elle n'a même pas eu lieu encore
01:04:07en mars 1940
01:04:09ils étaient en retard d'une guerre
01:04:10ils en étaient encore à la ligne
01:04:11imagine-nous
01:04:12et les politiques étaient pacifistes
01:04:14il faut se remettre dans l'ambiance
01:04:15de l'avant-guerre
01:04:18la majorité de la France
01:04:19était pacifiste
01:04:20donc quand Paul Reynaud annonce
01:04:22et dit
01:04:22en 1924
01:04:24et qu'il dit
01:04:25vous verrez l'Allemagne
01:04:26tendre un jour la main
01:04:27à la Russie
01:04:28à l'URSS
01:04:29par-dessus le cadavre de la Pologne
01:04:31en 1924
01:04:32personne ne le croit
01:04:33et donc
01:04:36il a contribué
01:04:38tout le monde
01:04:38maintenant donc
01:04:39il n'avait pas les moyens
01:04:40de sa politique
01:04:40parce que les militaires
01:04:42ont pris la main
01:04:43parce que les militaires
01:04:44ne voulaient pas
01:04:45c'est Daladier d'ailleurs
01:04:46qui reste ministre de la guerre
01:04:47au tout début
01:04:48de sa prise de fonction
01:04:49il n'a pas les moyens
01:04:52d'imposer sa vue
01:04:53sur le président du conseil
01:04:56ce qu'il faut savoir
01:04:57c'est que le président du conseil
01:04:59à l'époque
01:04:59ce n'est pas
01:05:00ni le président
01:05:01de la république
01:05:02d'aujourd'hui
01:05:02ni le premier ministre
01:05:04au fond
01:05:05il préside un comité
01:05:06il faut qu'il réunisse
01:05:07il a besoin
01:05:08de l'adhésion
01:05:09de la majorité
01:05:11en tout cas
01:05:12il ne peut pas agir seul
01:05:13c'est bien de le préciser
01:05:15alors votre avis
01:05:16sur ce paradoxe
01:05:18qui apparaît souvent
01:05:19comme un paradoxe
01:05:20oui non
01:05:20parce qu'il faut quand même
01:05:21se remettre
01:05:22dans la perspective
01:05:23du jeu tactique
01:05:24parlementaire
01:05:26de la troisième république
01:05:27c'est à dire que
01:05:28quand Paul Reynaud
01:05:29devient président du conseil
01:05:30le 21 mars
01:05:31il est minoritaire
01:05:32dans son propre gouvernement
01:05:33il faut quand même savoir
01:05:34que Daladier
01:05:35est au pouvoir
01:05:36depuis 1938
01:05:38il est un peu contesté
01:05:40très certainement
01:05:41mais l'idée
01:05:42qu'a Daladier
01:05:43c'est au fond
01:05:43laissons Paul Reynaud
01:05:45qui apparaît un peu
01:05:46je dirais
01:05:46comme l'homme de la situation
01:05:48il va sans doute
01:05:49se casser la figure
01:05:50notamment parce qu'il est minoritaire
01:05:51et je reprendrai
01:05:52mon poste derrière
01:05:53c'est ça la tactique
01:05:54de Daladier
01:05:54et le soir même
01:05:56du 21 mars
01:05:57le gouvernement
01:05:58est démissionnaire
01:05:59c'est à dire que
01:06:00Paul Reynaud
01:06:00agite la démission
01:06:01parce qu'il voulait récupérer
01:06:02donc il est investi
01:06:03dans l'après-midi
01:06:04et dès le soir
01:06:05il est démissionnaire
01:06:06c'est bien ce que vous êtes
01:06:06en train de dire
01:06:07et les amis de Daladier
01:06:08lui rappellent
01:06:09qu'il est là
01:06:10grâce à eux
01:06:10et donc en fait
01:06:11lui il voulait récupérer
01:06:12le poste de la défense
01:06:13pas forcément avec Daladier
01:06:14et Daladier dit
01:06:15non non
01:06:16moi je garde mon poste
01:06:17je reste là
01:06:18où je suis
01:06:19et puis l'autre problème
01:06:20entre les deux hommes
01:06:21c'est Gamelin
01:06:23c'est que Paul Reynaud
01:06:24aurait voulu changer
01:06:27de généralissime
01:06:27et Daladier lui dit
01:06:29non
01:06:29ça sera Gamelin
01:06:30et il restera en poste
01:06:32donc l'affaire
01:06:33je dirais
01:06:33elle est très mal engagée
01:06:35dès la première journée
01:06:37alors ensuite
01:06:38ce qu'on reproche
01:06:38beaucoup à votre père
01:06:39c'est d'avoir fait
01:06:40rentrer Philippe Pétain
01:06:42dans la bergerie
01:06:43oui
01:06:43alors là
01:06:44on arrive un peu
01:06:46plus tard
01:06:48sur le terrain
01:06:49on a déjà
01:06:50une bonne idée
01:06:51de la tournure
01:06:51des événements
01:06:52en tout cas
01:06:52du côté des militaires
01:06:54au moment où Pétain
01:06:55effectivement
01:06:55arrive dans ce gouvernement
01:06:56est-ce qu'il a laissé
01:06:58entrer Pétain
01:06:58pourquoi il fait
01:07:00entrer Pétain
01:07:00dans la bergerie
01:07:01avec d'autres personnalités
01:07:04qu'on appellera souvent
01:07:05des défaitistes
01:07:06dans cette affaire
01:07:07dans ces moments
01:07:07cruciaux
01:07:08et sombres
01:07:09de notre histoire
01:07:10alors Pétain
01:07:10c'est un peu différent
01:07:12c'était vraiment
01:07:13c'était pour doper
01:07:14l'armée
01:07:15il ne faut pas oublier
01:07:17que c'est le vainqueur
01:07:17de Verdun
01:07:18à l'époque
01:07:18c'est un symbole
01:07:19c'est un peu ce qu'on
01:07:21appellerait aujourd'hui
01:07:22un coup de pub
01:07:22il fait rentrer Pétain
01:07:24évégant
01:07:24parce que ce sont
01:07:25les gloires militaires
01:07:28et qu'ils se disent
01:07:29ça va doper
01:07:30les symboles
01:07:31des victoires passées
01:07:32oui bien sûr
01:07:32et ça c'est quand même
01:07:33très important
01:07:35et sachant que Pétain
01:07:36qui n'était pas parlementaire
01:07:38par contre
01:07:38avait déjà été
01:07:39membre du gouvernement
01:07:40dès 1935
01:07:41et ensuite
01:07:42la France
01:07:43la République française
01:07:44l'a envoyée
01:07:44comme ambassadeur
01:07:45auprès de Franco
01:07:47considérant que c'était
01:07:48une façon d'honorer
01:07:49l'Espagne
01:07:50au lendemain
01:07:51de la guerre civile
01:07:52donc c'est un personnage
01:07:53qui à l'époque
01:07:55avant 1940
01:07:56apparaît comme
01:07:56plutôt républicain
01:07:58et très prestigieux
01:07:59effectivement
01:08:00après Verdun
01:08:01et donc
01:08:02quelle n'est pas
01:08:04la déception
01:08:04de Paul Reynaud
01:08:05de voir Pétain
01:08:06de plus en plus fuyant
01:08:08et finalement
01:08:09jouant la carte
01:08:11de la défaite
01:08:11au nom de ces symboles
01:08:12il fait rentrer
01:08:13dans son gouvernement
01:08:14des gens qu'il avait combattu
01:08:15des années durant
01:08:16ici à la Chambre des députés
01:08:17mais c'est aussi
01:08:18la logique malheureusement
01:08:19ou heureusement
01:08:19je ne sais pas
01:08:21de ce régime parlementaire
01:08:22il faut bien voir
01:08:24que selon les législatures
01:08:26il y a entre 10
01:08:26et 15 groupes parlementaires
01:08:28dans les années 30
01:08:29avec des tout petits
01:08:31groupes charnières
01:08:31les républicains du centre
01:08:33le centre républicain
01:08:34et donc dès qu'un groupe
01:08:35fait défection
01:08:36on perd la majorité
01:08:37donc il y a des équilibres
01:08:38savants
01:08:39à la fois entre étiquettes politiques
01:08:40et puis entre options
01:08:41géopolitiques
01:08:42qui peuvent diviser
01:08:43les partis eux-mêmes
01:08:44tous les radicaux
01:08:45ne sont pas sur la même ligne
01:08:46tous les hommes de centre droit
01:08:48ne sont pas sur la même ligne
01:08:49et ajoutons pour défendre
01:08:50quand même Paul Reynaud
01:08:51que lorsqu'il est président
01:08:52du conseil
01:08:53ça ne dure même pas
01:08:55trois mois
01:08:55donc ce n'est pas en trois mois
01:08:56qu'on peut complètement
01:08:58réorganiser le format
01:09:00d'une armée
01:09:01équiper l'armée
01:09:02en matériel roulant
01:09:03etc.
01:09:04surtout dans un contexte de guerre
01:09:05il a lancé des réformes
01:09:07mais pour ça
01:09:07il faut vraiment la durée
01:09:09ce que voulait De Gaulle
01:09:10ça aurait nécessité
01:09:11un véritable programme
01:09:14d'armement
01:09:14sur plusieurs années
01:09:16et malheureusement
01:09:17les institutions
01:09:18ne donnaient pas
01:09:19cette durée
01:09:19à la plupart des gouvernements
01:09:20Alors il y a cette journée cruciale
01:09:22qui a été reconstituée
01:09:23dans ce film
01:09:24c'est du 16 juin 1940
01:09:27il déposera sa démission
01:09:28ce fameux 16 juin
01:09:30il y a cette union
01:09:31franco-britannique
01:09:32proposée à la fois
01:09:33par Churchill
01:09:34et De Gaulle
01:09:35présent à Londres
01:09:36avec
01:09:37on l'a très bien vu
01:09:37dans ce documentaire
01:09:39ce coup de téléphone
01:09:40à Paul Reynaud
01:09:40cette journée du 16 juin
01:09:42qu'est-ce qu'on peut dire
01:09:43de plus
01:09:43de ce qu'on a vu
01:09:44dans un documentaire
01:09:45pourquoi jette-t-il l'éponge
01:09:46Paul Reynaud ?
01:09:48Alors
01:09:48il jette l'éponge
01:09:50j'allais dire
01:09:51sur le plan politique
01:09:52c'est-à-dire que
01:09:53alors d'abord
01:09:54il y a déjà un problème
01:09:56c'est que
01:09:56le gouvernement
01:09:57est à Bordeaux
01:09:58le maire de Bordeaux
01:10:00c'est Adrien Marquet
01:10:01Adrien Marquet
01:10:02très clairement
01:10:03a joué la carte
01:10:04de Pétain
01:10:05donc il faut quand même savoir
01:10:06que le président du conseil
01:10:07Paul Reynaud
01:10:08est écouté
01:10:09sur le téléphone
01:10:10c'est-à-dire que Marquet
01:10:11qui sera d'ailleurs
01:10:12ministre de l'intérieur
01:10:13après de Pétain
01:10:14entend les conversations
01:10:16et les renvoie
01:10:17aux amis de Pétain
01:10:19donc il y a une espèce
01:10:19de complot
01:10:20on pourrait dire
01:10:21qui s'organise
01:10:22pour promouvoir
01:10:23le maréchal Pétain
01:10:25et il faut aussi avoir
01:10:26l'idée
01:10:26que c'est la débâcle
01:10:28c'est l'exode
01:10:29donc les lignes
01:10:30de communication
01:10:30sont coupées
01:10:31enfin il y a vraiment
01:10:32j'allais dire
01:10:33un désordre total
01:10:34dans cette ville
01:10:36alors l'hypothèse
01:10:37moi que je formule
01:10:38dans mon livre
01:10:39c'est de dire
01:10:39au fond
01:10:40l'idée
01:10:40qu'avait Paul Reynaud
01:10:41c'était
01:10:43effectivement
01:10:44de démissionner
01:10:45mais pour ensuite
01:10:46revenir au pouvoir
01:10:47c'est-à-dire une fois
01:10:47qu'on aurait acté
01:10:49l'impossibilité
01:10:51de Pétain
01:10:51de négocier
01:10:53l'armistice
01:10:54il serait discrédité
01:10:55et Reynaud
01:10:56pourrait revenir
01:10:57avec son grand projet
01:10:58de se replier
01:10:59en Afrique du Nord
01:11:00et de continuer
01:11:01la lutte
01:11:02donc en fait
01:11:02on est dans les tactiques
01:11:03parlementaires
01:11:04vous voyez
01:11:05votre père
01:11:06pardonnez-moi
01:11:06mais votre père
01:11:07démissionne
01:11:08et ensuite
01:11:08il va être victime
01:11:09d'un accident
01:11:10de voiture
01:11:11à la Pérade
01:11:11la Pérade
01:11:12ça se trouve
01:11:12entre Fontrignan
01:11:14et Sète
01:11:14la ville de Sète
01:11:16où allait votre père
01:11:18avait-il l'intention
01:11:18de rejoindre
01:11:19l'Afrique du Nord
01:11:20c'est pas très clair
01:11:21il avait l'intention
01:11:21de rejoindre
01:11:22l'Afrique du Nord
01:11:23mais il faisait
01:11:24un arrêt
01:11:25chez des amis
01:11:26à lui
01:11:26qui étaient à Montpellier
01:11:27donc il était
01:11:28sur la route
01:11:28de Montpellier
01:11:30donc son intention
01:11:31était bel et bien
01:11:31de rejoindre l'Afrique du Nord
01:11:33tout à fait
01:11:34d'ailleurs quand il avait
01:11:35quitté de Gaulle
01:11:36c'était juste avant
01:11:37le 15 juin
01:11:38en fait ils se reverront
01:11:40quand même le 16
01:11:41de Gaulle lui dit
01:11:42quand nous reverrons nous
01:11:43et il lui dit
01:11:44en Afrique du Nord
01:11:45et c'est à cause
01:11:46de cet accident
01:11:47qu'il ne votera pas
01:11:48oui il a eu
01:11:49un accident
01:11:50le 10 juillet 1940
01:11:53où il s'agissait
01:11:54de se prononcer
01:11:55pour donner ou pas
01:11:56les pleins pouvoirs
01:11:57à Pétain
01:11:57il n'a pas participé
01:11:58à ce vote
01:11:59il n'a pas dit
01:12:01ce qu'il en pense
01:12:02il n'a pas écrit
01:12:05pour Pétain
01:12:07si je crois qu'il en a parlé
01:12:08dans ses carnets de prison
01:12:09il ne pouvait pas
01:12:10non il ne pouvait pas
01:12:12et il est resté en France
01:12:13il s'est battu
01:12:14contre Pétain
01:12:15pendant des semaines
01:12:16parce que Pétain
01:12:17très vite
01:12:18voulait l'armistice
01:12:20et oui il est resté
01:12:21en France
01:12:22il a été accidenté
01:12:24donc il est resté
01:12:24jusqu'à Barcelonette
01:12:26dont vous parliez
01:12:27et puis il a été
01:12:29arrêté par Pétain
01:12:30qui est une des premières choses
01:12:31qu'il a faites
01:12:31c'est de l'arrêter
01:12:33d'abord par la police française
01:12:34ensuite les allemands
01:12:35ensuite il est en Autriche
01:12:36comme individu dangereux
01:12:38pour la sûreté de l'Etat
01:12:39c'était
01:12:39voilà
01:12:40autrement dit
01:12:41il n'y avait plus
01:12:42d'Etat de droit
01:12:43alors il y a l'après-guerre
01:12:44qu'on connaît aussi
01:12:45assez mal
01:12:47concernant Paul Reynaud
01:12:48il retrouve
01:12:49la scène française
01:12:50il retrouve
01:12:51la chambre des députés
01:12:52assez rapidement
01:12:53sous la quatrième
01:12:53alors l'Assemblée nationale
01:12:56l'Assemblée nationale
01:12:58comme député du Nord
01:12:59pas immédiatement
01:13:00ce qui est important
01:13:01avec Paul Reynaud
01:13:02on ne l'a pas assez dit
01:13:03c'est qu'il est
01:13:03un des rares politiques
01:13:04à avoir vraiment
01:13:05une vision globale
01:13:06on évoquait Barcelonette
01:13:07tout à l'heure
01:13:08il y a une tradition
01:13:09dans la vallée de Lubaï
01:13:10qui est d'aller chercher fortune
01:13:12aux Amériques
01:13:13au Texas
01:13:13au Mexique
01:13:14et il fait partie
01:13:15de cette filiation là
01:13:16lui-même a beaucoup voyagé
01:13:18il a connu l'Amérique
01:13:19il a connu l'Asie
01:13:21il est allé en Russie
01:13:22et donc il a une vision
01:13:23globale
01:13:24il parle couramment
01:13:24l'anglais
01:13:25et sans doute d'autres langues
01:13:26ce qui le distingue beaucoup
01:13:27de la classe politique
01:13:29de son temps
01:13:29ça lui donne aussi
01:13:30des capacités de rebond
01:13:31et donc il revient
01:13:33effectivement
01:13:33sous la quatrième république
01:13:34en fait il va être parlementaire
01:13:35sous trois républiques
01:13:36la troisième bien sûr
01:13:37mais aussi la quatrième
01:13:39et la quatrième
01:13:39il va être plusieurs fois ministre
01:13:41brièvement ministre d'Etat
01:13:43et de nouveau
01:13:44vice-président du conseil
01:13:45donc ça redevient
01:13:46une personnalité importante
01:13:47tout en étant très critique
01:13:49sur les institutions
01:13:50qui ont été approuvées
01:13:51par référendum
01:13:52et qui reviennent
01:13:53à un régime d'assemblée
01:13:55où le président de la république
01:13:56a un rôle essentiellement
01:13:57de représentation
01:13:58un très député du nord
01:13:59c'est quelqu'un qui aura pesé
01:14:01donc c'est ce que vous nous avez dit
01:14:03sous la quatrième
01:14:04aussi
01:14:05il a joué son rôle
01:14:06personnage politique
01:14:07qui était reconnu
01:14:09il est connu
01:14:10après effectivement
01:14:11il y a de mauvais souvenirs
01:14:12de 1940
01:14:13il y a une anecdote
01:14:14célèbre
01:14:15où il est dans les couloirs
01:14:16du palais Bourbon
01:14:16et puis un député
01:14:18un peu éméché
01:14:19lui lance
01:14:20alors la route du fer
01:14:22est toujours coupée
01:14:24référence à une
01:14:24de ses déclarations
01:14:26de 1940
01:14:26et puis il lui répond
01:14:28du tac au tac
01:14:28je vois mon cher collègue
01:14:29que pour vous
01:14:30la route du zinc
01:14:31ne l'est pas
01:14:31bon donc il a toujours
01:14:32cette répartie
01:14:33il fait partie évidemment
01:14:34des personnages en vue
01:14:36au palais Bourbon
01:14:37que les journalistes identifient
01:14:38que les français identifient
01:14:39mais il reste
01:14:40cet indépendant
01:14:42difficile à classer
01:14:43c'est un homme de droite
01:14:45c'est aussi un parlementaire
01:14:47et c'est quelqu'un
01:14:48qui est un peu dissident
01:14:49malgré tout
01:14:50il va jouer le rôle
01:14:51le jeu du parlementarisme
01:14:53mais sans en être dupe
01:14:55en réalité
01:14:56d'ailleurs il y a eu
01:14:57des commissions évidemment
01:14:58qui sont venues
01:14:58cette période
01:14:59où il a été auditionné
01:15:00il a eu à se défendre
01:15:02maintes fois
01:15:03de ce qu'a été
01:15:04son rôle
01:15:04son attitude
01:15:05ses décisions
01:15:06durant cette période
01:15:08de juin 40
01:15:08après guerre
01:15:09bien entendu
01:15:10bien sûr
01:15:10mais il a passé
01:15:11je dirais
01:15:11quasiment jusqu'au bout
01:15:12de sa vie
01:15:13à défendre
01:15:15la position
01:15:16qu'a été l'essai
01:15:17il y a même
01:15:17quelque chose
01:15:17assez émouvant
01:15:18il décède en 66
01:15:20et au début
01:15:21de l'année 66
01:15:22il écrit
01:15:23alors je ne sais plus
01:15:24à quel éditeur scolaire
01:15:26parce que
01:15:26l'éditeur scolaire
01:15:27avait expliqué
01:15:28en trois mots
01:15:29que Paul Reynaud
01:15:30était quand même
01:15:30un peu responsable
01:15:31de la défaite
01:15:31il écrit
01:15:32un nouveau plaidoyer
01:15:33il a beaucoup écrit
01:15:34c'est un avocat
01:15:35donc il a beaucoup écrit
01:15:36et il a eu effectivement
01:15:38des difficultés
01:15:39pour se réintégrer
01:15:40dans le jeu politique
01:15:42notamment
01:15:42alors en plus
01:15:43le problème
01:15:44c'est qu'il se fait élire
01:15:45à Dunkerque
01:15:45bon il avait cherché
01:15:46parce que sa circonscription
01:15:47parisienne
01:15:48c'était plus possible
01:15:49elle était acquise
01:15:50à la gauche
01:15:50à un moment
01:15:51il avait pensé
01:15:51se présenter à Belfort
01:15:52parce que c'était
01:15:53la circonscription
01:15:53de Tardieu
01:15:54bon finalement
01:15:55pourquoi il vient
01:15:56à Dunkerque
01:15:56parce que c'est la chambre
01:15:57de commerce
01:15:58qui cherche quelqu'un
01:15:59qui aurait un joli
01:16:00carnet d'adresses
01:16:01dans les milieux financiers
01:16:02ce cas Paul Reynaud
01:16:03et il s'engage
01:16:05sur la reconstruction
01:16:06du port de Dunkerque
01:16:07sauf qu'on est à Dunkerque
01:16:08on n'est pas très loin
01:16:08de la frontière
01:16:09et ça rappelle
01:16:10les souvenirs de 1940
01:16:11notamment le retrait
01:16:13à Dunkerque
01:16:14donc il y a toutes
01:16:14des allusions
01:16:15qui sont faites
01:16:16mais pendant
01:16:17toute l'entre-deux-guerres
01:16:18il participe
01:16:19à tous les grands débats
01:16:20notamment sur l'Europe
01:16:21la CED
01:16:23le traité de Rome
01:16:24et ce qui est impressionnant
01:16:26il s'oppose à De Gaulle
01:16:27sur le nucléaire
01:16:28avant de s'opposer à De Gaulle
01:16:29bien entendu
01:16:29sur le vote
01:16:30au suffrage universel
01:16:31du président de la République
01:16:32sur la question
01:16:33de l'atlantisme aussi
01:16:35sur lequel il diverge
01:16:36fortement
01:16:37avec le général De Gaulle
01:16:38De Gaulle
01:16:39Reynaud
01:16:41c'est jeté
01:16:41moi non plus
01:16:42si je peux me permettre
01:16:43d'utiliser cette expression
01:16:44comment on peut la définir
01:16:46cette relation entre les deux hommes
01:16:47notamment après-guerre
01:16:48elle est très forte
01:16:49effectivement
01:16:49parce qu'avant-guerre
01:16:51on la connaît
01:16:53les 70 lettres
01:16:54que De Gaulle
01:16:55lui écrit
01:16:55en lui disant
01:16:56vous êtes le seul
01:16:57qui ait des idées
01:16:59un programme
01:16:59et du courage
01:17:00on connaît cette période
01:17:02on connaît un petit peu moins
01:17:03la suite
01:17:04parce que juste après la guerre
01:17:06en 1946
01:17:07je crois
01:17:08De Gaulle lui écrit une lettre
01:17:10en disant
01:17:13la condition première
01:17:15du redressement de la France
01:17:16c'est le changement
01:17:19la transformation
01:17:20de ce régime
01:17:21qui vous a paralysé
01:17:22en 1940
01:17:24et il ajoute
01:17:25croyez là
01:17:25c'est l'un des grands problèmes
01:17:27de ma vie
01:17:28donc pour lui
01:17:29c'était très important
01:17:31et ça revient
01:17:32ça explique
01:17:33pour ce qui s'est passé
01:17:34en 1940
01:17:35ce qu'on n'a pas dit
01:17:35tout à l'heure
01:17:36c'est qu'en fait
01:17:38les institutions
01:17:38ne lui permettaient pas
01:17:39d'agir seul
01:17:40c'était impossible
01:17:41il était convaincu
01:17:42par ce que proposait De Gaulle
01:17:43dans le cadre
01:17:43de cette cinquième réfugiée
01:17:44il était tout à fait convaincu
01:17:45ils avaient la même idée
01:17:46qu'il fallait réformer ce régime
01:17:48sauf qu'il n'avait pas
01:17:49la même idée de la France
01:17:51mon père voulait
01:17:51un parlementarisme
01:17:53amélioré
01:17:54alors que De Gaulle
01:17:54avait déjà dans l'idée
01:17:55un président de la République
01:17:57en charge du destin
01:17:58de la France
01:17:59alors 62 octobre 62
01:18:01fameuse motion de censure
01:18:02ici à l'Assemblée nationale
01:18:04pour la première fois
01:18:05un gouvernement tombe
01:18:06sous la cinquième
01:18:06c'est le gouvernement Pompidou
01:18:07il a fallu attendre
01:18:08Michel Barnier
01:18:09pour voir le même scénario
01:18:10avec
01:18:12bon 62
01:18:13là c'est vraiment
01:18:14un affrontement
01:18:15c'est lui le premier signataire
01:18:16tout de même
01:18:17de la motion de censure
01:18:18bien sûr
01:18:19face à ce gouvernement Pompidou
01:18:21les deux hommes
01:18:22ne se parlent plus
01:18:23ne sont plus
01:18:24sur la même longueur d'onde
01:18:26pourquoi ?
01:18:27il faut
01:18:28attendez
01:18:28pourquoi ?
01:18:29parce qu'en 1962
01:18:31mon père
01:18:31qui était tout à fait
01:18:32contre l'élection
01:18:33de suffrage universel
01:18:34il lui disait
01:18:35c'est très bien
01:18:36mais le jour
01:18:36où ça ne sera plus vous
01:18:37qui sera ?
01:18:38il y aura peut-être quelqu'un
01:18:39pour qui l'habille
01:18:40sera trop grand
01:18:40et dans ce cas-là
01:18:41ce sera dangereux
01:18:42on n'est peut-être pas loin
01:18:43de ce contexte-là
01:18:46et donc il s'est battu
01:18:49il a pris la tête
01:18:50de l'opposition
01:18:50à l'Assemblée Nationale
01:18:52il a fait ce fameux discours
01:18:54d'octobre 1962
01:18:57dont parlait Thibault
01:18:58tout à l'heure
01:18:59le gouvernement est tombé
01:19:02Pompidou
01:19:02et de Gaulle
01:19:03ne lui a jamais pardonné
01:19:05il lui a pardonné
01:19:06à tel point
01:19:06qu'aucun ministre
01:19:08du gouvernement
01:19:09Pompidou
01:19:10ne sera présent
01:19:11à son enterrement
01:19:12en 1960
01:19:12aucun ministre
01:19:13mais il faut modérer ça
01:19:15parce qu'il y avait
01:19:16deux de Gaulle
01:19:17il y avait la tête
01:19:18de Gaulle
01:19:19qui
01:19:19qui finiait sa statue
01:19:21qui est le Gaulle
01:19:21plein d'orgueil
01:19:23et le de Gaulle
01:19:25juste
01:19:25et humain
01:19:26et ce jour-là
01:19:28effectivement
01:19:28il interdit
01:19:29à ses ministres
01:19:30d'aller se recueillir
01:19:31sur la dépouille
01:19:32de celui
01:19:33qui avait été souvent
01:19:34leur patron
01:19:34parce qu'ils avaient été
01:19:35leurs collaborateurs
01:19:36avant la guerre
01:19:37mais dans le même temps
01:19:39il fait porter à ma mère
01:19:40deux heures après
01:19:41la mort de son mari
01:19:43une lettre
01:19:44absolument extraordinaire
01:19:46dans laquelle
01:19:46il écrit
01:19:47et elle mérite
01:19:49d'être citée
01:19:50si j'ai pu être
01:19:51quelque peu heurtée
01:19:53par son attitude
01:19:54ces dernières années
01:19:55l'extrême considération
01:19:57que je portais
01:19:58à son exceptionnelle valeur
01:20:00n'en était
01:20:01aucunement affectée
01:20:03je vous propose
01:20:04de finir cette émission
01:20:05sur cette lettre
01:20:08envoyée par de Gaulle
01:20:09à votre mère
01:20:10après le décès
01:20:11de votre père
01:20:13et ça nous ne l'avions pas appris
01:20:15dans le film
01:20:15que nous avons eu l'occasion
01:20:16de présenter
01:20:17dans cette émission
01:20:18un grand merci vraiment
01:20:19à tous les trois
01:20:20d'avoir participé
01:20:21à cette émission
01:20:22consacrée à Paul Reynaud
01:20:23à votre père
01:20:23oublié de l'histoire
01:20:25peut-être un peu moins
01:20:25après la fin de cette émission
01:20:27on le souhaite
01:20:28c'était en tout cas
01:20:28l'objectif
01:20:29de ce débat doc
01:20:30aujourd'hui
01:20:30merci à Félicité Gavalda
01:20:32qui m'a aidé
01:20:33à préparer
01:20:34cette émission
01:20:35comme à l'accoutumée
01:20:35vos réactions
01:20:36ce sera sur
01:20:36hashtag
01:20:37débat doc
01:20:38je vous retrouverai
01:20:38pour un prochain débat doc
01:20:39et ça sera bien sûr
01:20:41avec son documentaire
01:20:42et son débat
01:20:43à très bientôt
01:20:44merci à Félicité Gavalda
01:20:46merci à Félicité Gavalda
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