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La commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public, créée à la demande du groupe d'Éric Ciotti (Union des droites pour la République), entame sa dernière semaine d'auditions. Le 7 avril, les députés interrogent les représentants de l'ARCOM, le "gendarme de l'audiovisuel", et son président Martin Ajdari, auditionné une première fois le 25 novembre dernier, ainsi que Bruno Lasserre, vice-président honoraire du Conseil d'État, auteur d'une étude sur l'impartialité du service public de l'audiovisuel. Retrouvez?les temps forts de leurs échanges.
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00:00:07Bonjour et bienvenue, vous êtes à l'Assemblée nationale, vous êtes sur LCP, la séance est ouverte.
00:00:13Dans cet épisode, on va revoir les auditions qui ont eu lieu devant la commission d'enquête sur la transparence
00:00:21et le financement de l'audiovisuel public.
00:00:24Ce mardi 7 avril, les députés ont auditionné Bruno Lasser, vice-président honoraire du Conseil d'Etat,
00:00:31qui mène actuellement une étude sur la question de l'impartialité du service public de l'audiovisuel,
00:00:37et puis auditionné lui aussi Martin H. Dary, c'est le président de l'ARCOM, l'autorité de régulation de
00:00:44l'audiovisuel,
00:00:45qui est venu accompagner par son équipe. Très bonne séance, à tout à l'heure.
00:00:50Nous allons pouvoir reprendre nos auditions avec une audition importante, attendue, qui est celle de l'ARCOM.
00:00:59Tout au long de cette commission d'enquête, nous avons parlé de l'ARCOM, de son rôle, qui est éminent,
00:01:05éminent,
00:01:06car la confiance des Français dans les médias, je pourrais dire comme dans celle des responsables politiques, est équivoque.
00:01:13Selon un sondage commandé en janvier dernier par le journal La Croix, 62% des Français considèrent qu'il faut
00:01:18se méfier de ce que disent les médias sur les grands sujets d'actualité.
00:01:21Et en même temps, 9 Français sur 10 considèrent comme important le rôle des journalistes pour distinguer le vrai du
00:01:28faux,
00:01:29même si plus de 6 Français sur 10 déclarent s'informer pour conforter leurs opinions et étayer leurs convictions,
00:01:35comme l'a révélé hier le dixième baromètre sur l'utilité du journalisme réalisé par Via Voice.
00:01:42À cet égard, l'ARCOM bénéficie d'une responsabilité particulière,
00:01:46puisque l'article 3 alinéa 1 de la loi Léotard précise bien qu'elle garantit l'exercice de la liberté
00:01:52de communication au public
00:01:53et qu'elle garantit l'indépendance et l'impartialité du secteur public de la communication audiovisuelle.
00:01:59Plus largement, elle garantit l'honnêteté, l'indépendance et le pluralisme de l'information et des programmes qui y concourent,
00:02:05obligations qui s'appliquent cette fois-ci tant aux chaînes publiques qu'aux chaînes privées.
00:02:10L'ARCOM est donc la garante de l'indépendance et de l'impartialité du secteur public,
00:02:16qui est sans doute le creuset de la confiance des Français dans les médias.
00:02:21A l'heure de ces questions d'indépendance, d'impartialité, il a beaucoup été question dans cette commission d'enquête
00:02:26et nous souhaitions pouvoir la conclure avec vous avant demain l'audition de Mme Delphine Ernot.
00:02:34Pour évoquer ces questions essentielles, importantes, nous accueillons d'abord vous, M. le Président de l'ARCOM.
00:02:43Matin Adjari, je ne vous présenterai pas à nouveau, je l'avais fait au début de cette commission d'enquête.
00:02:50Nous accueillons également M. Bruno Lasser, M. le Vice-président honoraire du Conseil d'État.
00:02:56Vous avez effectué une grande partie de votre carrière au sein du Conseil de l'État.
00:03:01On pourrait dire que vous êtes un grand commis de l'État.
00:03:03Vous avez été auditeur, commissaire du gouvernement, près les formations contentieuses du Conseil,
00:03:08président adjoint de la section du contentieux, président de la section de l'Intérieur,
00:03:13et enfin, entre 2018 et 2022, vice-président du Conseil d'État.
00:03:17Vous avez également occupé des fonctions extrêmement importantes à l'extérieur du Palais Royal,
00:03:23notamment comme président de l'autorité de la concurrence entre 2014 et 2016.
00:03:28Vous êtes aujourd'hui président de la Commission d'accès aux documents administratifs, la CADA,
00:03:32nommée à ce poste à compter du mois de septembre 2022.
00:03:36Vous êtes accompagné de M. Thomas Odino, maître des requêtes au Conseil d'État.
00:03:41Vous avez une connaissance fine du secteur de la culture.
00:03:46Vous avez été pendant quelques mois directeur adjoint du cabinet de Mme Dati lorsque celle-ci était ministre.
00:03:51Et pour ce qui est de l'ARCOM, j'accueille à nouveau avec plaisir dans cette commission M. Alban de
00:03:56Nervaux,
00:03:57directeur général de l'ARCOM, et Mme Pauline Combre-des-Blassels, directrice générale adjointe.
00:04:03Je rappelle, M. Lasser, que l'ARCOM vous a confié une mission, une mission de réflexion sur la notion d
00:04:10'impartialité dans le secteur public de l'audiovisuel.
00:04:13Cette mission a été annoncée le 21 novembre 2025.
00:04:16Et si je reprends les termes du communiqué de presse publié à cette occasion,
00:04:19cette mission aura tout d'abord pour objet d'expliciter la portée du principe d'impartialité
00:04:24et de clarifier les obligations qui en découlent pour l'audiovisuel public,
00:04:28en précisant notamment dans quelle mesure celle-ci se distingue des exigences de pluralisme et d'honnêteté dans le traitement
00:04:35de l'information.
00:04:36Ce sont des concepts importants, essentiels, et je crois que votre mission,
00:04:40qui devrait permettre d'éclairer ces principes, la différence de leur portée entre l'impartialité, le pluralisme, l'honnêteté de
00:04:47l'information,
00:04:48devrait pouvoir utilement éclairer cette commission d'enquête.
00:04:52Nous sommes donc très heureux de pouvoir vous entendre cet après-midi.
00:04:55Avant de vous poser une question liminaire, de céder ensuite la parole aux rapporteurs et aux représentants des différents groupes
00:05:01politiques,
00:05:02je vais vous demander, comme nous l'imposent les textes et comme vous le savez,
00:05:05de nous déclarer tout autre intérêt public ou privé de nature à influencer vos déclarations.
00:05:09Et je vous rappelle que l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958 oblige les personnes auditionnées,
00:05:15dans le cadre d'une commission d'enquête, à prêter serment, à dire la vérité, rien que la vérité, toute
00:05:21la vérité.
00:05:21Je vais donc vous demander, chacune et chacun, à tour de rôle, de lever la main droite et à dire
00:05:26« je le jure ».
00:05:26Monsieur le Président.
00:05:30Bon, alors, Monsieur le Vice-président du Conseil d'État.
00:05:33Je le jure.
00:05:33Merci.
00:05:34Je le jure.
00:05:35Merci.
00:05:36Monsieur le Directeur Général.
00:05:37J'ai le jure.
00:05:38Merci.
00:05:39J'ai le jure.
00:05:51les enjeux auxquels nous serons confrontés, le rôle des journalistes, des médias dans
00:05:56la confiance des citoyens dans le débat public et le rôle particulier que l'audiovisuel
00:06:01public y joue.
00:06:03Je vous remercie de me permettre de m'exprimer à nouveau devant votre commission.
00:06:07J'ai par ailleurs adressé un certain nombre de réponses écrites aux questions qu'il m'avait
00:06:11adressées.
00:06:11Il y en a d'autres à venir puisque nous avons eu un questionnaire il y a quelques jours encore
00:06:15pour compléter ces réponses.
00:06:17Nous le ferons volontiers.
00:06:19Avant de revenir au cœur du débat et des questions d'aujourd'hui, je voudrais rappeler
00:06:24que la mission de l'ARCOM, c'est de garantir la liberté de communication dans les espaces
00:06:29audiovisuels et numériques.
00:06:31C'est une mission qui inclut bien sûr le suivi des obligations de l'audiovisuel public
00:06:36comme celui des chaînes privées, mais également de nombreux autres champs d'intervention.
00:06:43Bien sûr, la gestion, la planification de l'ensemble des fréquences de télévision,
00:06:48de radio, il y en a des milliers.
00:06:50La protection de l'écosystème de financement de la création audiovisuelle avec l'intégration
00:06:55des Netflix, Disney et autres Amazones.
00:06:58La lutte contre le piratage.
00:07:00La supervision des services numériques, en particulier des réseaux sociaux, en matière
00:07:04de protection de la jeunesse, de l'aide en ligne, de lutte contre la désinformation.
00:07:09Bientôt, si la loi qui le porte est votée, la mise en œuvre de la majorité numérique.
00:07:15Et puis, sans être complètement exhaustif, l'accès des personnes en situation de handicap
00:07:19à travers l'audiovisuel au grand moment du débat et de l'avis démocratique, comme
00:07:24depuis 2023, l'accès des personnes en situation de handicap au site Internet des services publics.
00:07:31Je fais ce rappel car on a l'impression, on peut avoir l'impression, par exemple, en
00:07:35suivant les débats de votre commission, que les questions extrêmement vives, qui
00:07:40vous animent, sont les seules dont l'ARCOM a la charge.
00:07:43Notre mission est plus large, même si les questions que vous vous posez sont évidemment
00:07:48essentielles, notamment du point de vue de la vie démocratique.
00:07:51Depuis mon audition en décembre, de nombreuses personnalités auditionnées, en particulier
00:07:56les dirigeants de l'audiovisuel public, ont pu apporter des éclairages et des explications
00:08:00utiles, parfois démentir des idées reçues.
00:08:03Je relève, entre autres points, le fait que l'audiovisuel public est le premier contributeur
00:08:08à la production d'informations en France, en particulier local, pour un coup, une dépense
00:08:13de près d'un milliard d'euros par an, qu'il est le premier financeur de la création
00:08:17audiovisuelle pour environ 500 millions d'euros par an, qu'il dispose d'une dotation publique
00:08:23à la fois sensiblement inférieure à celle de ses homologues allemands ou britanniques
00:08:27et qui, par ailleurs, connaît une baisse de 15% depuis une dizaine d'années, si l'on
00:08:33tient compte de l'inflation.
00:08:34J'observe également que les responsables des grands groupes privés que vous avez auditionnés
00:08:39ont eux-mêmes souligné la complémentarité entre l'offre privée et l'offre publique
00:08:44au service du pluralisme de l'offre d'informations et du dynamisme d'ensemble de l'écosystème
00:08:49de production audiovisuelle, écosystème qui est au cœur de la souveraineté culturelle
00:08:53française.
00:08:54J'ajoute que dans nos missions à l'ARCOM de supervision de la partie médiatique des
00:08:59élections, nous avons, dans le récent scrutin municipal, pu mesurer toute la contribution
00:09:05du service public, notamment local, en radio et en télévision, à l'animation et à la
00:09:11couverture de ces élections municipales.
00:09:13Alors, il y a bien sûr des motifs de préoccupation que votre commission a permis de mettre en valeur,
00:09:19par exemple, mais pas seulement sur la situation financière de France Télévisions.
00:09:23Les sociétés de l'audiovisuel public ont par ailleurs elles-mêmes annoncé et mis en
00:09:29œuvre des actions visant à renforcer la confiance de nos concitoyens, qu'il s'agisse des pages
00:09:34pluralisme sur le site de Radio France ou transparence sur celui de France Télévisions.
00:09:40D'autres progrès sont évidemment possibles et souhaitables.
00:09:43Vous avez souhaité m'entendre conjointement avec Bruno Lasserre, vice-président honoraire
00:09:48du Conseil d'État, que je remercie au nom de l'ARCOM d'avoir accepté la mission que
00:09:52nous lui avons confiée cet automne.
00:09:54Une mission qui vise à définir les conditions dans lesquelles l'audiovisuel pourrait, encore
00:10:00mieux qu'aujourd'hui, mesurer, mettre en œuvre, rendre compte de cette exigence d'impartialité
00:10:05que prévoit la loi et dont l'ARCOM est la garante.
00:10:08Les conclusions de cette mission sont attendues pour la fin mai.
00:10:12Pour le reste, nous avons souhaité à l'ARCOM que Bruno Lasserre puisse conduire ses travaux
00:10:20en toute indépendance, en lui apportant en tant que de besoin le support requis.
00:10:24Donc sur les questions que vous pourriez vous poser sur le contenu, la portée, la mise
00:10:31en œuvre de sa mission, je me permettrai de le laisser bien volontiers répondre.
00:10:35Avant de lui laisser la parole pour un propos introductif, je voudrais simplement revenir
00:10:41sur deux aspects de l'action de l'ARCOM qui, bien qu'il dépasse le strict périmètre
00:10:45de l'audiovisuel public, ont été évoqués pendant les travaux de votre commission et
00:10:50qui ont pu mettre en évidence des incompréhensions et parfois des contestations de notre action.
00:10:55Il s'agit d'une part de la façon dont nous répondons ou dont nous traitons les séquences
00:10:59d'antennes dont nous sommes saisis et d'autre part notre impartialité, celle du collège
00:11:05et celle des agents de l'ARCOM.
00:11:07Sur la façon dont nous traitons les saisines dont nous faisons l'objet, après avoir rappelé
00:11:13à nouveau que notre mission première dictée par l'article 1er de la loi de 86, c'est
00:11:17le principe fondateur de la liberté de la communication audiovisuelle.
00:11:22Une liberté qui ne connaît des restrictions que dans les cas strictement et expressément
00:11:26prévues par la loi, je rappellerai que ces cas applicables aux chaînes publiques
00:11:31comme privées portent notamment sur l'honnêteté et la rigueur de l'information, l'atteinte
00:11:35à la dignité de la personne humaine, l'incitation à la haine ou encore la protection des mineurs.
00:11:41Comment procédons-nous lorsque nous sommes saisis sur des séquences diffusées sur les
00:11:46antennes que nous régulons ? D'abord, je le précise, nous agissons en règle générale
00:11:52sur saisine et non sur autosaisine. C'est un point qui est parfois mal compris et qui
00:11:58s'explique par deux éléments importants. Le premier, c'est qu'agir sur autosaisine
00:12:05supposerait que nous surveillons en permanence l'ensemble de l'écosystème et des programmes
00:12:09audiovisuels, soit des dizaines de milliers d'heures de programmes, ce qui n'est ni souhaitable
00:12:14ni possible. Ensuite, nous saisir nous-mêmes de telle ou telle séquence supposerait en quelque
00:12:20sorte que nous nous exposions à la critique de choisir nos cibles, ce qui pourrait fragiliser
00:12:26nos choix. En revanche, ce que nous faisons, c'est que nous accueillons très librement
00:12:30les saisines que nous adressent les tiers et nous les accueillons beaucoup plus librement
00:12:36que ne le fait la justice, par exemple, lorsqu'elle traite des délits de presse. Et je peux vous
00:12:40assurer que toutes les séquences qui ont pu susciter un émoi dans le débat public au cours
00:12:44des derniers mois ou années ont toutes fait l'objet d'une instruction car nous en avons à
00:12:49chaque fois été saisie. Cela concerne 140 000 saisines entre 2023 et 2025 sur les questions
00:12:56déontologiques. 140 000 saisines portant sur 900 séquences diffusées à l'antenne sur
00:13:02lesquelles nous sommes intervenus auprès des éditeurs dans 20% des cas. Deuxième point,
00:13:07nous examinons les séquences sous l'angle non pas de la responsabilité de l'auteur des
00:13:12propos tenus, mais de la responsabilité de l'éditeur. Ce qui veut dire que pour que nous
00:13:16intervenions, il faut qu'il y ait à la fois un manquement aux règles fixées par la loi et que,
00:13:22en plus, l'antenne n'ait pas été maîtrisée. Par exemple, qu'une information manifestement
00:13:26fausse soit diffusée et qu'elle n'ait pas été contredite ou rectifiée à l'antenne par
00:13:31l'animateur. Troisième point, nous appliquons la loi en tenant compte des jurisprudences,
00:13:37des juridictions les plus hautes, notamment la Cour de cassation et la Cour européenne des droits
00:13:43de l'Homme, qui imposent, et c'est un point important, une tolérance particulière en matière
00:13:48d'humour ou pour les critiques qui visent les personnalités politiques. Cela conduit parfois à
00:13:53des incompréhensions par rapport à la vivacité de certaines critiques, mais c'est une règle de
00:13:58droit rappelée, posée par les juridictions les plus importantes. En sens inverse, nous attendons
00:14:03des éditeurs, des chaînes, qu'ils assurent un traitement particulièrement mesuré des affaires
00:14:09judiciaires lorsqu'elles sont encore en cours ou des conflits internationaux. Et dans ces cas-là,
00:14:13nous pouvons avoir une vigilance qui est plus particulièrement resserrée. Quatrième point,
00:14:20chaque saisine fait l'objet d'une instruction rigoureuse par les services de l'ARCOM dans le
00:14:24respect du principe du contradictoire, dans le dialogue avec les chaînes, avant de donner lieu
00:14:29à une décision collégiale. Cela implique des délais de l'ordre de quelques mois pour chaque saisine,
00:14:34parfois plusieurs mois, qui sont parfois considérés comme trop longs, mais qui sont tout de même
00:14:39très inférieurs à ce que l'on observe en général en matière juridictionnelle, et qui permettent
00:14:44aussi à ce que la décision puisse s'exprimer dans un contexte serein. Dernier point sur les
00:14:50sanctions, puisqu'on attend souvent de nous que nous sanctionnions, même si nous le faisons
00:14:54de manière mesurée et déterminée quand il le faut. Les sanctions ne peuvent être prononcées
00:15:01qu'après instruction par un rapporteur indépendant, saisi par le directeur général
00:15:06de l'ARCOM, lorsqu'il y a un soupçon de manquement sur un motif pour lequel l'éditeur
00:15:12a déjà été mis en demeure. Dans ces cas-là, le collège de l'ARCOM ne peut, pendant toute
00:15:17la durée de l'instruction, ni en connaître, ni a fortiori s'exprimer, au même titre en quelque
00:15:23sorte qu'un juge du siège ne pourrait s'exprimer sur une affaire pendant les investigations
00:15:27du parquet. C'est pour cette raison que nous ne pouvons pas nous exprimer sur les séquences
00:15:32qui ont pu susciter un émoi particulièrement vif, comme c'est le cas depuis quelques jours,
00:15:37pour lequel le rapporteur indépendant a été saisi la semaine dernière. C'est plus largement
00:15:42pour ce même motif de préservation de la qualité, de la sécurité de la décision collégiale
00:15:48que je ne pourrai pas ici commenter les séquences qui sont en cours d'instruction et sur lesquelles
00:15:54vous pourriez m'interroger. Pour finir sur ce point, et comme j'entends parfois des
00:16:01insatisfactions s'exprimer sur les décisions de l'ARCOM, parfois sur leur absence, sur leur
00:16:06sévérité ou au contraire sur leur faiblesse, je tiens à souligner que nos interventions
00:16:12et parfois le choix de ne pas intervenir peut être contesté devant le Conseil d'État,
00:16:17ce qui arrive fréquemment. Le Conseil d'État, en général, nous donne raison, pas systématiquement.
00:16:23En tout cas, c'est une possibilité qui est ouverte à chacun. Pour conclure ce propos
00:16:27liminaire, je souhaitais m'élever avec force contre certaines mises en cause de
00:16:33l'impartialité de l'ARCOM, de son collège, comme de ses agents auxquels les auditions
00:16:38de cette commission ont pu, à certains moments, donner lieu. Pour le collège de l'ARCOM,
00:16:43je rappelle que son impartialité est assurée par sa composition. Neuf membres nommés pour
00:16:49leurs compétences et leur expérience par cinq autorités distinctes. Une impartialité
00:16:53assurée également par les incompatibilités déontologiques parmi les plus strictes auxquelles
00:16:58nous sommes soumis et par le caractère non reconductible de nos mandats. Toutes nos décisions
00:17:03sont collégiales et lorsqu'elles font grief, elles respectent le contradictoire. Et pour y consacrer
00:17:08de nombreuses heures chaque semaine, je peux témoigner que les débats au sein du collège sont nourris par des femmes
00:17:13et des
00:17:13hommes dont le seul souci est de mettre leur expertise au service de la décision la plus juste, la plus
00:17:19équilibrée entre la protection de la liberté de communication et la protection des publics.
00:17:24Et s'agissant des agents de l'ARCOM, qui sont parfois y compris personnellement, nominativement et
00:17:30publiquement interpellés ou qui parfois subissent des pressions extérieures, je dois redire que j'ai pu
00:17:35constater depuis ma prise de fonction à quel point ils exercent leur fonction avec professionnalisme,
00:17:40indépendance et loyauté. Et je tiens donc à rendre hommage et à vous assurer tous de leur plein
00:17:46de leur plein engagement et de leur impartialité au service des missions que la loi nous a confiés.
00:17:51Je vous remercie.
00:17:52Merci. Monsieur Asser, vous vouliez compléter ou vous répondrez ?
00:17:55Alors, je vous laisse. Allez-y ensuite.
00:18:04Voilà. Merci beaucoup, Monsieur le Président, Monsieur le rapporteur, mesdames et messieurs les
00:18:09députés. Très rapidement, parce que je ne voudrais pas allonger la présentation
00:18:14liminaire qui vient d'être faite. Sinon, pour rappeler, mais cela a déjà été fait, la
00:18:21mission qui m'a été confiée à la fin du mois de novembre. C'est une mission qui a deux
00:18:26objectifs. La première. Le premier, c'est d'essayer de mieux définir la notion d'impartialité
00:18:33que l'on retrouve dans la loi de 86. Je reviendrai brièvement sur les circonstances
00:18:39dans lesquelles, de manière discrète, ce mot « inspartialité » a été introduit
00:18:44dans notre droit positif. Et surtout, essayer, non pas de mesurer le caractère impartial
00:18:51ou pas de l'audiovisuel public, mais de formuler des propositions pour que les organisations
00:18:58en cause, j'en veux dire, le management, les cordes de rappel internes qui peuvent exister
00:19:04dans les chaînes publiques et le régulateur puissent à la fois anticiper, prévenir et
00:19:10sanctionner les atteintes à l'impartialité. Donc, c'est à la fois une mission qui a pour
00:19:16objet de clarifier une notion qui, je vais le dire, n'a pas été très investie depuis
00:19:251989, date à laquelle elle a été introduite dans le corpus législatif, et surtout, lui
00:19:31donner un caractère plus opérationnel, plus efficace, en faisant un certain nombre de
00:19:36propositions. Alors, pour cela, je pourrais m'appuyer sur une double étude quantitative
00:19:43et qualitative qu'a commandé l'ARCOM pour à la fois mesurer de manière qualitative la
00:19:54perception qu'ont aujourd'hui les Français de l'impartialité et des notions complexes,
00:19:59notamment par des discussions avec des groupes cibles, mais aussi une étude quantitative
00:20:05plus approfondie, réalisée par un institut de sondage avec un questionnaire qui permettra
00:20:10de répondre à toute une série de questions pour mesurer, et c'est inséparable de la
00:20:16notion même d'impartialité, le ressenti des Français. Et ces études sont en cours de
00:20:23finalisation. Elles seront rendues publiques en même temps que la mission que je conduis,
00:20:30c'est-à-dire à la fin du mois de mai. Un mot sur la méthode de travail, assez classique.
00:20:36Nous avons d'abord fait une recherche pour voir quelle était la place de l'impartialité
00:20:41dans le corpus documentaire. Grande déception, il n'y a quasiment rien. Aucune étude juridique,
00:20:48aucune jurisprudence, aucune notion déclinée, que ce soit par le pouvoir réglementaire
00:20:55ou le régulateur. Une seule incidence, encore une fois, dans la loi de 86, mais contrairement
00:21:01à ce que l'on pense souvent, qui ne date pas de la loi Léotard, mais d'une loi du
00:21:0517
00:21:06janvier 89, qui a substitué à l'ex-CNCL le nouveau CSA. Et c'est à cette occasion-là que
00:21:14le législateur a introduit pour l'audiovisuel public, et j'entends bien, pour le secteur
00:21:19public de l'audiovisuel, la notion d'indépendance et d'impartialité qui s'appliquent au secteur
00:21:27public et non pas au secteur privé. Et je peux le dire, ça n'est pas le gouvernement
00:21:33qui avait proposé d'introduire cette notion, c'est lors des débats au Conseil d'État
00:21:37que cette notion est apparaît utile. Il n'y en a plus été question dans les débats parlementaires,
00:21:42dans les rapports des députés ou des sénateurs, ni dans les discussions parlementaires.
00:21:48Nous avons organisé 33 auditions qui ont permis d'échanger avec une cinquantaine de personnes.
00:21:55Nous avons également interrogé la plateforme européenne des autorités de contrôle
00:22:00pour voir quelle était la place que le mot « impartialité » avait dans les pratiques,
00:22:05notamment en Europe. Et vendredi, nous nous rendons à Londres pour étudier plus particulièrement
00:22:11le modèle de la BBC et de l'OFCOM, le régulateur, encore une fois, de l'audiovisuel au Royaume-Uni.
00:22:20Les auditions que nous avons menées montrent que chacun a une conception assez intuitive
00:22:26et assez instinctive du mot « impartialité » qui ne fait pas l'objet d'un rejet,
00:22:32tout au contraire d'une très forte admission. Personne ne conteste le caractère pertinent
00:22:38de cette obligation, et notamment pour l'audiovisuel public, nous n'avons entendu personne
00:22:43remettre en cause l'existence même de cette obligation d'impartialité,
00:22:48définie comme l'obligation de se mettre à distance des partis pris, des préjugés, des opinions de chacun
00:22:57pour donner à voir tous les points de vue, toutes les sensibilités.
00:23:01C'est en quelque sorte un devoir individuel de s'arracher à ses propres appartenances
00:23:07qui forment une personnalité pour, à la fois, retranscrire les faits dans leur exactitude,
00:23:15distinguer les faits des commentaires et, sur le débat que les faits peuvent engendrer,
00:23:21donner à voir toutes les sensibilités en s'abstrayant de ses propres préjugés,
00:23:27de ses propres convictions, de ses propres opinions, qu'elles soient politiques, philosophiques ou religieuses.
00:23:35Et donc, dans le rapport que nous rendrons, il va y avoir une réflexion, une recherche
00:23:42sur le sens des mots, parce qu'en fait, il y a une difficulté autour des mots.
00:23:46Que veut dire impartialité par rapport à neutralité ?
00:23:49C'est le thème que vous avez choisi pour l'intituler de votre commission d'enquête.
00:23:55Que veut dire impartialité par rapport aux mots d'indépendance, de pluralisme et d'honnêteté de l'information
00:24:02que vient d'éclairer Martin H. Dary ?
00:24:05Et qui, eux, sont en facteur commun de l'ensemble des chaînes, qu'elles soient publiques ou privées.
00:24:12Toutes ces notions, finalement, se rejoignent.
00:24:15Et s'il fallait donner au mot « impartialité » peut-être une signification,
00:24:23je dirais qu'elle est la suivante.
00:24:24L'impartialité est à la fois une obligation individuelle
00:24:29qui pèse sur tous les collaborateurs du service public de l'audiovisuel
00:24:33et au premier chef des journalistes, mais pas seulement les journalistes, aussi les dirigeants.
00:24:37Mais c'est surtout une obligation collective par laquelle, en quelque sorte objective,
00:24:43par laquelle les organisations doivent mettre en place les processus
00:24:48destinés à anticiper, prévenir et sanctionner, les cas échéants, les atteintes à l'impartialité.
00:24:55Et nous sommes habitués, dans la sphère administrative et juridictionnelle,
00:24:59que je connais bien, à bien distinguer cette impartialité subjective
00:25:03qui est le propre des personnes, et l'impartialité objective, collective,
00:25:08qui est le propre des organisations.
00:25:11Et les deux sont importants, mais peut-être en matière de régulation,
00:25:16la deuxième est encore plus importante, parce que l'ARCOM n'est pas le régulateur des individus,
00:25:22mais le régulateur des sociétés.
00:25:24Et ce dont il doit s'assurer, c'est que les sociétés qui participent au service public de l'audiovisuel
00:25:31ont créé les processus dans le management interne,
00:25:37aidés peut-être par des cordes de rappel sur lesquelles je reviendrai,
00:25:41pour une fois de plus anticiper, prévenir et, s'ils existent,
00:25:45sanctionner ces manquements à l'impartialité.
00:25:49Voilà ce que je voulais dire d'emblée.
00:25:53Je ne voudrais pas être trop long, mais, voilà,
00:25:59dans notre recherche, nous avons eu vraiment une terra incognita,
00:26:04absolument rien sur lequel nous pouvions nous appuyer
00:26:07pour faire une lecture aujourd'hui critique,
00:26:12mais aussi documentée du principe d'impartialité.
00:26:14C'est un mot qui existe dans une loi de 89,
00:26:19qui n'a jamais été discutée sur le plan parlementaire,
00:26:23jamais déclinée, jamais appliquée,
00:26:26ni interprétée par le régulateur ou le juge.
00:26:30Et donc, une question.
00:26:32Alors que, un, la plupart des pays européens
00:26:35connaissent cette notion d'impartialité
00:26:37et ont adopté souvent des lignes directrices,
00:26:40des méthodes pour la décliner de manière plus opérationnelle.
00:26:45Aussi, et ça me paraît important,
00:26:48une nouvelle actualité due au règlement MFA
00:26:50entré en vigueur en 2024,
00:26:52qui, lui, donne une signification à ce terme impartialité
00:26:57et impose notamment aux médias publics
00:27:01l'obligation d'un traitement impartial de la formation
00:27:04et donc une notion qui retrouve une certaine actualité
00:27:06par le droit de l'Union européenne.
00:27:10Mais, voilà, dans le rapport que nous remettrons,
00:27:14nous proposerons une définition, je crois,
00:27:20la plus complète possible et la plus honnête possible
00:27:25de ce mot impartialité,
00:27:27qui peut guider le travail du régulateur,
00:27:29qui peut être une boussole utile pour les sociétés
00:27:32qui participent au service public de l'audiovisuel,
00:27:35mais aussi un guide pratique pour les individus,
00:27:38les journalistes, les dirigeants,
00:27:40tous ceux qui concourent à l'information
00:27:42ou au programme qui concourent à l'information.
00:27:45Et nous ferons, mais je ne veux pas m'étendre sur tout cela
00:27:49à ce stade, faute d'avoir encore réfléchi
00:27:52de manière suffisamment approfondie à des pistes
00:27:55ou à des propositions.
00:27:56Nous ferons des propositions pour, encore une fois,
00:28:01voilà, mieux pouvoir appliquer concrètement
00:28:04ce principe d'impartialité à trois niveaux.
00:28:08Qu'est-ce qui relève du management des chaînes ?
00:28:12Quels sont les pouvoirs qui sont dans les mains
00:28:14des responsables de ces sociétés ?
00:28:18Doivent-ils s'appuyer et comment,
00:28:20sur des chartes de l'ontologie qui existent,
00:28:22peuvent-elles être complétées, précisées, clarifiées ?
00:28:26Deuxièmement, quel est le rôle des cordes de rappel
00:28:29internes à ces chaînes ?
00:28:31Je pense, par exemple, au rôle des médiateurs
00:28:34ou des médiatrices.
00:28:35Je pense au rôle des chip-lips,
00:28:37les comités d'éthique créés par la loi Bloch,
00:28:40qui existent non seulement dans les chaînes
00:28:43du secteur privé, mais évidemment,
00:28:45dans les chaînes du secteur public.
00:28:47Mais, en tout cas, au sein du secteur public,
00:28:50mériteraient peut-être d'être repensés
00:28:54en termes d'indépendance,
00:28:56en termes de nomination des membres,
00:28:59en termes de moyens dont ils disposent,
00:29:01en termes de portée des avis qu'ils rendent.
00:29:05Enfin, et c'est important,
00:29:08nos propositions concerneront aussi le régulateur
00:29:12dont le rôle doit être bien articulé
00:29:14avec le rôle respectif du management
00:29:17et de ses cordes de rappel.
00:29:18Pour moi, mais là, j'énonce une idée personnelle.
00:29:21Je ne sais pas si Martin Ajdari sera d'accord
00:29:25avec cette proposition.
00:29:26Il me semble que le régulateur ne doit pas être
00:29:28seulement, en tout cas, le régulateur
00:29:30des incidents à l'antenne,
00:29:32mais il doit être le régulateur des processus
00:29:35par lesquels les chaînes anticipent,
00:29:39préviennent et sanctionnent les atteintes
00:29:42à l'impartialité.
00:29:43Et c'est, je crois, vraiment le travail du régulateur
00:29:47que de vérifier que les processus internes
00:29:51sont crédibles et sont efficaces.
00:29:54Voilà.
00:29:55Pour terminer, je dirais que l'impartialité,
00:29:57c'est un idéal.
00:29:59C'est un idéal vers lequel le service public
00:30:03de l'audiovisuel doit tendre,
00:30:04c'est une quête de tous les instances,
00:30:06c'est une tension inévitable
00:30:08dans un métier qui est complexe,
00:30:10qui est difficile,
00:30:12dans un univers informationnel
00:30:14qui est de plus en plus polarisé,
00:30:16qui se radicalise.
00:30:18C'est donc un idéal,
00:30:19mais je le trouve valorisant
00:30:21pour le service public de l'audiovisuel.
00:30:23Ce que je trouve important dans cette notion
00:30:25est en tant qu'elle s'applique spécifiquement
00:30:29à l'audiovisuel public,
00:30:31c'est en quelque sorte un appel à l'exemplarité.
00:30:34Et je crois que, finalement,
00:30:35on pourrait réconcilier tous les termes
00:30:37utilisés ou que je viens d'utiliser
00:30:40dans ces brefs propos liminaires
00:30:42pour dire, finalement,
00:30:43l'impartialité pour l'audiovisuel public,
00:30:46c'est, en quelque sorte,
00:30:48le devoir d'appliquer de manière exemplaire
00:30:52les exigences d'indépendance,
00:30:54d'honnêteté et de pluralisme
00:30:56qui sont en facteur commun
00:30:57pour l'ensemble des éditeurs
00:30:59du monde audiovisuel.
00:31:00Voilà.
00:31:01Merci beaucoup, monsieur le vice-président.
00:31:03Et avant d'aller à l'idéal,
00:31:05on va essayer de comprendre le réel
00:31:07pour paraphraser Jaurès.
00:31:09Et j'aurai peut-être deux questions rapides
00:31:11de manière liminaire,
00:31:13puis je laisserai à la rapporteur
00:31:13vous poser des questions.
00:31:14Je sais qu'il en a des nombreuses,
00:31:16quelqu'un aussi des députés
00:31:17qui sont parmi nous.
00:31:20Peut-être pour vous, d'abord,
00:31:21monsieur le président de l'ARCOM,
00:31:23la commission d'enquête a mis en lumière
00:31:25un dysfonctionnement en termes de respect
00:31:27du pluralisme sur France 5 en 2025,
00:31:30avec une mise en garde, je crois,
00:31:32de l'ARCOM pour non-respect du pluralisme politique
00:31:35au sein de France 5,
00:31:36qui a conduit France 5 à prendre la décision
00:31:37de ne pas inviter de personnalités politiques
00:31:40entre décembre et début mars,
00:31:42si j'ai bien compris.
00:31:43Je voudrais peut-être, en quelques mots,
00:31:44que vous nous expliquiez
00:31:46des raisons de cette mise en garde
00:31:47et comment vous jugez, vous, le régulateur,
00:31:50la décision de France Télévisions,
00:31:54en tout cas de France 5,
00:31:55de ne pas inviter de personnalités politiques
00:31:58sur les émissions politiques de France 5
00:32:00pendant la durée des élections municipales
00:32:03ou en tout cas jusqu'à début mars.
00:32:04Et puis, pour vous, monsieur Lasserre,
00:32:06ce sera une question rapide.
00:32:07J'ai bien compris que votre rapport n'était pas terminé,
00:32:12qu'il était en cours de rédaction.
00:32:13Alors, je vais parler de rapport d'étonnement.
00:32:15Au terme de ces cinq mois de rapport d'étonnement,
00:32:19est-ce que vous considérez que l'impartialité,
00:32:21dont on a compris que c'était un concept
00:32:24qui méritait d'être précisé,
00:32:25je pense, y compris par le législateur,
00:32:27et peut-être qu'il faudra modifier la loi de 86
00:32:29pour préciser ce concept d'impartialité.
00:32:30En tout cas, on lira avec intérêt vos conclusions
00:32:32et peut-être que vous aurez une recommandation en ce sens.
00:32:35Mais au terme de ce premier rapport d'étonnement,
00:32:37est-ce que vous diriez que, selon la définition
00:32:40que vous nous avez présentée,
00:32:42le duel public est impartial ?
00:32:48Monsieur le Président, sur France 5
00:32:52et la décision de ne plus inviter,
00:32:54en tout cas temporairement, d'invités politiques
00:32:56sur les émissions de France 5,
00:32:58sans rentrer dans le détail de la mise en garde.
00:33:01Effectivement, il y a une mise en garde
00:33:02qui a été adressée à France 5
00:33:03en raison des équilibres persistants,
00:33:07pas forcément majeurs, mais persistants,
00:33:09observés sur les temps de parole
00:33:13au troisième trimestre 2025.
00:33:16Une mise en garde qui s'inscrit dans la volonté du régulateur
00:33:19de s'assurer que le service public de l'audiovisuel,
00:33:22comme les autres, mais plus particulièrement,
00:33:24respecte l'équilibre des temps de parole,
00:33:27comme la loi en fait obligation.
00:33:30Il y a eu une décision éditoriale de la chaîne
00:33:33de ne pas... de suspendre le...
00:33:40Comment dire ?
00:33:40De ne plus inviter de personnalités politiques
00:33:43pour ne pas, je crois, prendre le risque
00:33:46de s'exposer à de nouveaux déséquilibres.
00:33:48Et je crois dans un contexte où le souci de la chaîne,
00:33:51mais c'est comme ça que je l'ai compris,
00:33:53il faudra peut-être lui poser la question,
00:33:55était d'arriver à coordonner les politiques d'invitation
00:33:58des différentes émissions confiées à des producteurs extérieurs,
00:34:03comme c'est le cas sur France 5 historiquement.
00:34:05Je crois que depuis, France Télévisions a communiqué
00:34:09sa décision de regrouper la coordination éditoriale
00:34:13et notamment les politiques d'invitation
00:34:17de personnalités à l'antenne
00:34:19de ces différents programmes concourant à l'information,
00:34:22y compris les magazines, et que, je crois,
00:34:24dans ce cadre-là, ils pourront se mettre en situation
00:34:27de veiller de manière peut-être plus précise
00:34:30ou plus certaine au respect de l'équilibre
00:34:34des temps de parole qui s'imposent évidemment à France 5
00:34:36comme aux autres chaînes.
00:34:38Sur le fond, évidemment, on ne peut que souhaiter
00:34:40que le service public joue son rôle d'animation
00:34:42du débat démocratique et invite des personnalités politiques.
00:34:45Ça fait même partie de sa mission.
00:34:47Il faut qu'il se donne les moyens de pouvoir le faire.
00:34:49Et moi, je lis l'annonce qui a été faite par France Télévisions
00:34:53de regrouper sous une même autorité
00:34:57la coordination des programmes qui concourent à l'information
00:34:59comme étant le signe de vouloir à la fois combiner
00:35:03le plein exercice de la mission en matière d'information,
00:35:07d'animation du débat démocratique de France Télévisions
00:35:11et, en même temps, le respect des temps de parole.
00:35:14Est-ce que je trahis votre propos, M. le Président,
00:35:16si je dis que vous, régulateurs, quand même regrettez peut-être
00:35:19que cette obligation du cahier des charges de France Télévisions
00:35:23de permettre l'expression directe des responsables politiques
00:35:25ne puisse pas se faire dans le cadre des élections municipales.
00:35:29Je ne veux pas trahir vos propos, mais comme vous présentez
00:35:31chaque année un rapport sur l'exécution du cahier des charges
00:35:33et qu'en l'occurrence, dans le cahier des charges,
00:35:35il est spécifié de manière très précise dans un article écrit comme tel
00:35:39que France Télévisions doit permettre l'expression directe des responsables politiques.
00:35:43Est-ce qu'on peut dire que vous considérez que la suspension,
00:35:46même temporaire, de l'invitation des responsables politiques n'est pas adaptée ?
00:35:51– Après, il y a les émissions d'expression directe elles-mêmes
00:35:54qui sont une autre catégorie qui s'imposent aux services publics.
00:35:58Et là, il n'y a pas eu, je dirais, de difficultés observées.
00:36:01Donc, de ce point de vue-là, il n'y a rien à dire.
00:36:02Et pour le reste, je crois que les pratiques, les politiques d'invitation
00:36:08de personnalité politique sont un élément assez délicat
00:36:14de la mission du service public. Il doit l'accomplir.
00:36:17Il l'a fait pendant les élections municipales de manière extrêmement utile.
00:36:21Et heureusement qu'il y a un service public pour le faire.
00:36:23Ensuite, à charge pour les dirigeants, aux différents niveaux,
00:36:28de se mettre en situation de respecter les équilibres que la loi impose.
00:36:31Donc, cet exercice-là, s'il a été suspendu quelques semaines, on peut le regretter.
00:36:35Si on le, quelque part, on se donne les moyens de combiner les deux exigences
00:36:41que je rappelais tout à l'heure, c'est une bonne chose et ça va dans le bon sens.
00:36:44Merci beaucoup. Je ne sais pas si je laisse le rapporteur.
00:36:48Puis, peut-être qu'on pourra, dans le cadre des questions du rapporteur,
00:36:51M. Lasserre, vous aurez l'occasion de répondre à ma question sur votre rapport d'étonnement
00:36:56à ce stade sur l'impartialité du service public audiovisuel.
00:36:58M. le rapporteur, je vous laisse la parole pour 45 minutes.
00:37:02Merci, messieurs. Merci, madame, pour votre participation cet après-midi.
00:37:06Je souhaiterais, pour démarrer cette suite de questions, vous interroger, M. le vice-président honoraire du Conseil d'État,
00:37:15sur cette question de la neutralité du service public de la communication audiovisuelle,
00:37:19qui est l'un des trois fils directeurs de cette commission d'enquête.
00:37:23Vous remarquerez que j'ai utilisé une tournure inhabituelle,
00:37:27puisque je n'ai pas parlé pour une fois d'audiovisuel public,
00:37:29mais de secteur public de la communication audiovisuelle,
00:37:32puisque c'est le terme exact qui est d'ailleurs employé par la fameuse loi Léotard de 1986.
00:37:39L'article 43-11 de cette loi confie à ce service public de la communication audiovisuelle
00:37:44des missions de service public.
00:37:47Je pense que vous me voyez venir,
00:37:48mais le service public en France obéit à un certain nombre de règles constitutionnelles,
00:37:54dont celles, notamment, de la neutralité du service public.
00:37:59J'en déduis d'une certaine façon que France Télévisions, Radio France, France Média Monde,
00:38:03qui sont des entreprises délégataires d'une mission de service public,
00:38:07les journalistes qui y travaillent sont également, et devraient en toute logique,
00:38:10respecter une obligation de neutralité.
00:38:12C'est d'ailleurs la décision du Conseil constitutionnel de 1986,
00:38:16Liberté de communication, qui confirme que le service public de la communication audiovisuelle
00:38:21doit, je cite, « nécessairement se conformer aux principes fondamentaux de service public,
00:38:26et notamment au principe de neutralité de service ».
00:38:29Ce n'est pas moi qui le dit, c'est le Conseil constitutionnel en 1986.
00:38:34Pourtant, M. le vice-président, vous avez, et M. le président, pardon, M. Hdari,
00:38:40vous avez expliqué lors de votre audition au Sénat,
00:38:41préféré la notion d'impartialité à la notion de neutralité,
00:38:46au motif que cette notion serait très imprécisée dans la loi,
00:38:51alors que pourtant, cette notion de neutralité figure noir sur blanc
00:38:55dans la loi du 24 août 2021,
00:38:57confortant les principes de la République, pardon en tout cas,
00:39:01pour ce propos liminaire un peu long et pour cette première question.
00:39:04Mais ma première question est générale, elle s'adresse à tous les deux.
00:39:08Pourquoi occulter, d'une certaine façon, cette notion importante,
00:39:12essentielle de neutralité et préférer celle d'impartialité,
00:39:16alors que quand on parle de service public et de délégataires
00:39:20d'une mission de service public, on doit systématiquement
00:39:23se référer à cette notion de neutralité ?
00:39:27Peut-être d'abord M. Hdari, parce que c'est vous qui avez confié
00:39:30à M. Lasser la mission, et c'est vrai que la mission, c'est l'impartialité.
00:39:35Simplement m'expliquer sur les propos que j'ai pu tenir.
00:39:40La neutralité, lorsqu'on exprime une opinion à l'antenne
00:39:44et lorsqu'on est journaliste intervenant pour un service public,
00:39:48on peut exprimer une opinion, elle n'est en général pas neutre,
00:39:50elle n'est pas pour autant partisane.
00:39:51On peut ne pas être neutre sans être pourtant partisan.
00:39:54Et pour moi, la neutralité, c'est peut-être une...
00:39:56parce que ma réflexion était assez peu approfondie,
00:39:58et c'est pour ça que j'attends avec impatience le travail
00:40:01qui va être refait sur l'articulation des différentes notions par Bruno Lasser.
00:40:05Mais pour moi, la neutralité, c'est plus une notion
00:40:08qui invite un agent public à ne pas exposer ses préférences partisanes
00:40:11ou religieuses face au public lorsqu'il lui est confronté.
00:40:15Et que c'est une dimension qui ne me paraissait pas tout à fait pertinente
00:40:19pour décrire le travail, la mission d'un journaliste
00:40:23ou d'un intervenant à l'antenne du service public
00:40:25qui, concourant au débat d'idées, doit en exprimer de manière qui n'est pas neutre.
00:40:30Mais cela s'arrêtait, je dirais, à ce niveau de réflexion théorique
00:40:33dont je ne prétendais absolument pas d'être allé beaucoup plus loin.
00:40:36Et je conviens par ailleurs que, compte tenu de la place de ces différentes notions
00:40:40dans la loi, dans la jurisprudence du Conseil constitutionnel,
00:40:45cela mérite un travail plus fin pour savoir quelles sont leurs portées à chacune,
00:40:49parce que, de toute évidence, pour les agents du service public audiovisuel,
00:40:53il faut à la fois une forme de neutralité
00:40:55pour les éléments dont je faisais état
00:40:57qui ont trait à leur apparence extérieure, notamment,
00:41:01et puis une impartialité qui est une autre dimension
00:41:04qui mérite justement d'être, je pense, approfondie
00:41:07et c'est bien l'intérêt de la réflexion en cours.
00:41:10Merci. Vous vouliez compléter, M. Acerazi ?
00:41:14Merci beaucoup.
00:41:15Les deux notions ne s'excluent pas, elles sont complémentaires.
00:41:18Et les deux notions s'appliquent de manière cumulative.
00:41:22Elles trouvent l'une et l'autre leur appui dans la loi
00:41:25et dans la jurisprudence du Conseil constitutionnel.
00:41:29Alors, on ne peut pas me reprocher de préférer le mot impartialité
00:41:34à celui de neutralité, puisque ce sont les termes de la lettre de mission
00:41:37qui m'est confiée.
00:41:38Et donc, essayer de trouver un contenu précis, plus précis,
00:41:42plus opérationnel à la notion d'impartialité.
00:41:45Pour moi, l'impartialité concerne plus les contenus que les personnes,
00:41:51alors que la neutralité renvoie plus, en quelque sorte, aux personnes.
00:41:55Et d'ailleurs, la neutralité est souvent, en droit public,
00:42:01appuyée par la notion d'égalité des usagers devant le service public.
00:42:06Neutralité et égalité vont, en général, de pair et a comme corollaire
00:42:11dans la jurisprudence, pas dans la loi, mais dans la jurisprudence,
00:42:14l'obligation de réserve, qui est un point sur lequel, aussi,
00:42:17nous, nous nous prendrons parti.
00:42:18Parce que, comme la neutralité, l'impartialité
00:42:23concerne le travail des journalistes à l'antenne,
00:42:26mais aussi, peut-être, l'expression hors antenne.
00:42:29Et il me semble que les journalistes doivent être à la même rigueur
00:42:35qu'ils s'expriment, par exemple, sur les réseaux sociaux
00:42:39ou dans le cadre des émissions auxquelles ils participent.
00:42:43En tout cas, il me semble qu'ils ne peuvent pas dire,
00:42:45à l'extérieur, dans les réseaux sociaux,
00:42:48ce à quoi ils ne seraient pas tenus
00:42:50lorsqu'ils prennent la parole dans les antennes.
00:42:54Enfin, le mot impartialité revêt une importance nouvelle
00:42:58à cause, aussi, de ce règlement MFA.
00:43:01Et donc, je crois que c'est important, au moment où le droit
00:43:04de l'Union européenne fait référence à cette obligation
00:43:08d'impartialité, de lui donner un contenu plus concret,
00:43:13plus opérationnel.
00:43:14Mais, encore une fois, ces deux notions ne s'opposent pas,
00:43:19ne s'excluent pas.
00:43:20Elles se conjuguent l'une et l'autre.
00:43:24L'une, la neutralité, comme une loi du service public.
00:43:29Et vous avez mille fois raison, M. le rapporteur.
00:43:31La loi a voulu ériger une partie de l'audiovisuel
00:43:35en service public, avec toutes les obligations
00:43:37qui vont avec.
00:43:39Et, en même temps, l'impartialité est un devoir individuel
00:43:44et collectif qui s'impose à tous ceux qui concourent
00:43:47au service public.
00:43:49Merci.
00:43:49Donc, simplement, je réponds à la question qui m'est posée,
00:43:54qui porte spécifiquement sur ce thème impartialité.
00:43:56Merci, M. le Président.
00:43:57Vous voulez en un mot un ajout ?
00:44:00Allez-y.
00:44:01Si les lettres de mission évoquent l'impartialité,
00:44:03c'est parce que la loi confie à l'ARCOB la mission
00:44:06d'être garant de l'indépendance et de l'impartialité,
00:44:08mais ne nous mentionne pas spécifiquement pour la neutralité.
00:44:11C'est pour cela que nous avons concentré notre choix
00:44:15sur ceux dont nous avons la mission.
00:44:16Tout à fait.
00:44:17Même si vous précisez effectivement dans la mission qu'il
00:44:19faudra, pour le rapporteur, préciser le principe général
00:44:22de neutralité du service public.
00:44:23M. le rapporteur.
00:44:24Je vous remercie, M. le Président et M. le Vice-président,
00:44:27pour vos réponses.
00:44:28J'écoute attentivement votre réponse, M. Lasser,
00:44:32où vous expliquez effectivement qu'il y a une obligation
00:44:35de réserve liée à ces obligations de neutralité
00:44:39et qui sont aussi des obligations hors antenne.
00:44:42Or, jusqu'à présent, dans le cadre de l'ensemble
00:44:44des auditions qu'on a pu mener,
00:44:47certaines parties des propos que j'ai pu expliquer
00:44:51et qu'ils semblaient dérogés à ces principes d'impartialité,
00:44:54de neutralité tenus par certains animateurs,
00:44:58certains journalistes figures du service public,
00:45:00étaient tenus hors antenne et pouvaient être considérés
00:45:02comme choquants.
00:45:03Et à chaque fois, on m'opposait le fait qu'ils étaient tenus
00:45:05hors antenne et donc qu'à ce titre-là,
00:45:08ils ne pouvaient pas être condamnés
00:45:10ou ne pouvaient pas faire l'objet de sanctions
00:45:12ou de mises à l'écart de la part des dirigeants
00:45:15des chaînes de l'audiovisuel public.
00:45:16Il y a quelques minutes à peine, à votre place,
00:45:19ici même, on a auditionné notamment les dirigeants
00:45:22de Arte, Arte France, et je leur ai posé une question,
00:45:25notamment sur les propos très récents en février 2026
00:45:27d'un présentateur d'une émission sur Arte
00:45:30qui déclarait sur sa chaîne, sur les réseaux sociaux,
00:45:32chaîne Twitch,
00:45:33« Les gens qui votent à l'extrême-droite,
00:45:35c'est des connards,
00:45:36tu ne vas pas réussir à m'empêcher de le dire. »
00:45:38Fin de la citation.
00:45:39J'ai été choqué par ces propos.
00:45:42S'il les avait tenus à l'égard de personnes d'extrême-gauche
00:45:45ou de personnes du centre,
00:45:46j'aurais été choqué exactement de la même manière
00:45:48parce que pour moi, c'est une rupture
00:45:50avec ce principe de neutralité,
00:45:52ce principe de pluralisme.
00:45:54Vous expliquez dans votre propos
00:45:56que cette obligation de réserve
00:45:58est aussi une obligation hors antenne.
00:46:01Pourtant, le président d'Arte nous explique
00:46:03que comme ces propos n'ont pas été tenus à l'antenne,
00:46:06ils n'impliquent pas Arte,
00:46:07ils ne doivent pas être sanctionnés.
00:46:08Quel est votre avis sur ce cas aussi précis ?
00:46:14Les chartes de déontologie des chaînes du service public
00:46:19déjà interviennent sur ce sujet.
00:46:22Et on ne peut pas dire qu'on parte de rien.
00:46:25Il existe aujourd'hui des règles qui, en quelque sorte,
00:46:30encadrent la possibilité pour les collaborateurs
00:46:33du service public de l'audiovisuel de prendre la parole,
00:46:38de s'exprimer sur les réseaux sociaux.
00:46:41Et c'est un sujet sur lequel je compte revenir
00:46:44dans le rapport que je rendrai
00:46:47parce que je crois que c'est un sujet qu'il faut traiter.
00:46:51L'impartialité, c'est une notion qui, en quelque sorte,
00:46:56doit viser à nourrir la confiance du public.
00:46:59Et, encore une fois, on peut difficilement
00:47:03attendre du public cette confiance
00:47:06si, peut-être hors antenne, mais de manière publique
00:47:11et de manière, je dirais, dans les termes utilisés
00:47:15de manière particulièrement visible,
00:47:18un journaliste prend partie dans le débat
00:47:21sur des sujets controversés.
00:47:23Donc, je crois que, oui, l'exemple du Royaume-Uni
00:47:28montre qu'il y a peut-être des propositions
00:47:31à faire dans ce domaine.
00:47:33Je n'exclus pas, en tout cas,
00:47:35faire un certain nombre de propositions
00:47:37pour clarifier cette question
00:47:40de l'expression des journalistes hors antenne.
00:47:42Ils ont droit à la liberté d'expression.
00:47:45Il n'y a aucun doute là-dessus,
00:47:46comme, d'ailleurs, les agents publics,
00:47:49mais cette obligation de réserve
00:47:52qui tient compte, vous le savez, de trois critères.
00:47:55D'abord, le sujet sur lequel l'expression a lieu,
00:48:00le ton, la tonalité, le caractère outrancier
00:48:05ou pas du propos ou de l'écrit,
00:48:07et, trois, la position que l'agent occupe
00:48:10dans la chaîne hiérarchique.
00:48:13Et il est clair que plus on a une position élevée,
00:48:17plus cette obligation de réserve trouve sa consistance.
00:48:21Je crois que, voilà, comme tout service public,
00:48:25eh bien, il faut la décliner.
00:48:27Et je n'exclus pas, oui, de faire des propositions
00:48:31sur ce sujet.
00:48:33Il est trop tôt pour vous dire
00:48:35de quelle manière précise nous le ferons,
00:48:37mais c'est un sujet que nous aborderons
00:48:39dans le rapport fin mai.
00:48:41Merci beaucoup.
00:48:48Je vous remercie pour votre réponse.
00:48:50Effectivement, c'est l'un des points essentiels
00:48:52de débat de cette commission d'enquête.
00:48:54Des personnes qui incarnent,
00:48:56qui sont des figures de l'audiovisuel public,
00:48:58qui, hors antenne à titre personnel,
00:49:00mais jouissant et bénéficiant d'une audience
00:49:02très importante, notamment grâce à leur présence
00:49:05sur le service public,
00:49:06se permettent de tenir des propos outranciers,
00:49:09vulgaires, infamants,
00:49:10vis-à-vis de certaines catégories de la population.
00:49:14Et à chaque fois qu'on a pu les énumérer
00:49:15lors des auditions,
00:49:16on nous a toujours opposé le fait
00:49:17qu'ils les étaient tenus hors antenne
00:49:19et donc qu'ils n'impliquaient pas
00:49:22l'audiovisuel public.
00:49:23C'est pour ça aussi que vos réponses
00:49:24sont intéressantes.
00:49:25C'est pour ça que je me l'enlis aussi
00:49:27de lire vos conclusions.
00:49:28Je vous cite un dernier exemple.
00:49:30Pardon, je me permets de remonter.
00:49:31Je vous cite un dernier exemple.
00:49:32C'est l'exemple d'une animatrice
00:49:34de France TV Slash.
00:49:35France TV Slash,
00:49:36c'est une plateforme numérique
00:49:37de France Télévisions,
00:49:38accessible aux 15-35 ans.
00:49:40Donc il y a un sentiment,
00:49:42un sens de la responsabilité supérieure
00:49:44parce que ça s'adresse aussi
00:49:45à un public mineur
00:49:46et qui a publié sur son compte
00:49:48Twitter personnel
00:49:49et on pouvait très bien l'identifier
00:49:51comme une figure du service public
00:49:53en même temps qu'elle animait
00:49:54cette émission.
00:49:56Elle a publié des contenus
00:49:57extrêmement choquants.
00:49:58par exemple,
00:50:00elle a pu expliquer
00:50:00que tous les policiers
00:50:01étaient des bâtards,
00:50:02qu'il fallait abolir la police
00:50:04au-delà le système police,
00:50:05justice, prison.
00:50:06Ce sont ces termes.
00:50:07Ou encore, je la cite,
00:50:09la police est un ramassis
00:50:10de fascistes,
00:50:10de racistes,
00:50:11d'antisémites,
00:50:12de misogynes.
00:50:13C'est quelques-uns des termes
00:50:15qu'elle a pu expliquer.
00:50:17J'ai pu voir aussi
00:50:19qu'elle faisait la promotion
00:50:20de contenus
00:50:21à caractère pornographique,
00:50:23transsexuel,
00:50:24parce que selon elle,
00:50:25ces contenus-là
00:50:25étaient plus éthiques
00:50:26que la pornographie classique.
00:50:28Mais ça,
00:50:29elle ne le faisait pas simplement
00:50:30sur son compte Twitter.
00:50:32Elle le faisait aussi
00:50:33sur le compte officiel
00:50:34de France Télévisions.
00:50:36Donc, à nouveau,
00:50:37à chaque fois,
00:50:38on m'a opposé
00:50:38une sorte de conscience personnelle
00:50:40qui n'impliquait pas
00:50:41France Télévisions.
00:50:43Mais selon vos recommandations
00:50:44et l'état de vos travaux aujourd'hui,
00:50:46est-ce que ces obligations
00:50:47de neutralité notamment
00:50:48doivent aussi s'appliquer
00:50:49dans un périmètre
00:50:50un peu plus privé,
00:50:51notamment sur ses propres réseaux sociaux ?
00:50:54Mais je prends l'exemple
00:50:55parce qu'il nous a été décrit
00:50:57par la présidente
00:50:58de France Média Monde.
00:51:00France Média Monde
00:51:00a pris des sanctions
00:51:02à l'égard de journalistes
00:51:04qui s'étaient exprimés
00:51:05sur les réseaux sociaux
00:51:06dans un contexte international
00:51:08très tendu
00:51:09et dans des termes
00:51:10qui étaient inacceptables
00:51:11et qui mettaient en cause
00:51:12l'impartialité
00:51:14d'une chaîne
00:51:15de France Média Monde.
00:51:17Donc oui, il est clair
00:51:20que même si des précautions
00:51:23sont prises,
00:51:23usage de comptes personnels
00:51:25ou la formule
00:51:26« ce que je vais dire
00:51:27n'engage que moi
00:51:28et pas la chaîne
00:51:29à laquelle j'appartiens »,
00:51:31il y a également,
00:51:32il y a véritablement
00:51:32une porosité
00:51:33entre ces interventions
00:51:35et la perception
00:51:37que peuvent avoir
00:51:38les Français
00:51:39de l'impartialité
00:51:40de la chaîne
00:51:41et je crois
00:51:42que cela autorise
00:51:43lorsque les bornes
00:51:44sont franchies
00:51:45et toute la question
00:51:46et de savoir
00:51:46si elles l'ont été
00:51:47ou pas,
00:51:48permet au management
00:51:49d'en tirer les conclusions
00:51:51et je,
00:51:52encore une fois,
00:51:52je reprends l'exemple
00:51:53de France Média Monde
00:51:55qui n'a pas hésité
00:51:56à le faire récemment.
00:51:59Je vous remercie beaucoup.
00:52:01Je vous remercie
00:52:01pour votre réponse,
00:52:02Monsieur le Président.
00:52:03Je vois que vous voulez réagir
00:52:04et effectivement,
00:52:05je vais me permettre
00:52:06de compléter cette question
00:52:08puisque les contenus
00:52:10sur les réseaux sociaux,
00:52:11Monsieur le Président,
00:52:11ne sont pas du périmètre
00:52:13de l'Arcom
00:52:14et donc,
00:52:15pardon d'être un peu
00:52:16insistant sur cette question-là,
00:52:17mais à chaque fois,
00:52:18on m'expliquait
00:52:18que c'était des propos
00:52:20qui étaient tenus
00:52:21sur les réseaux sociaux
00:52:22alors qu'ils étaient tenus
00:52:23par des figures
00:52:24incarnant des émissions
00:52:25et des programmes importants
00:52:27du service public
00:52:28de l'audiovisuel.
00:52:29Je vous pose la question
00:52:31sur France TV Slash.
00:52:32On a fait deux auditions
00:52:33sur le sujet.
00:52:34Plateforme numérique
00:52:34à destination,
00:52:36selon un communiqué
00:52:37de presse de France Télévisions
00:52:38des 15-35 ans
00:52:39et donc d'un public mineur.
00:52:40il y a plusieurs centaines,
00:52:43pardon, plusieurs dizaines,
00:52:44je crois que c'est une centaine
00:52:45de contenus
00:52:45qui ont été très problématiques
00:52:47et qui ont suscité aussi
00:52:48un certain nombre
00:52:50d'alertes.
00:52:51Je vais vous en citer
00:52:51quelques exemples.
00:52:53Il y a eu des contenus,
00:52:54par exemple,
00:52:54qui faisaient la promotion
00:52:55de consommation
00:52:56de champignons hallucinogènes.
00:52:58Il y a des contenus
00:52:58qui expliquaient
00:52:59que le cannabis
00:53:00pouvait être un levier
00:53:01pour relancer l'économie.
00:53:03Il y a un contenu
00:53:03qui a relayé
00:53:05une cagnotte
00:53:06pour le comité
00:53:08Justice pour Adama.
00:53:09Il y a un contenu
00:53:10qui incitait
00:53:12à consommer, eh bien,
00:53:13des contenus
00:53:14à caractère pornographique,
00:53:16transsexuel,
00:53:17parce que, soi-disant,
00:53:17il serait plus éthique
00:53:18que la pornographie globale,
00:53:20mais ces contenus
00:53:22sont à destination
00:53:23aussi de public mineur.
00:53:24Il y a des contenus
00:53:25qui évoquent
00:53:26le privilège blanc
00:53:27et donc relayant
00:53:28des thèses racialistes.
00:53:29Il y en a d'autres
00:53:30qui expliquent
00:53:30qu'il ne faudrait plus dire
00:53:32bonjour monsieur
00:53:32ou bonjour madame
00:53:33pour éviter
00:53:34de mégenrer certaines personnes.
00:53:35Voilà,
00:53:36c'est quelques exemples,
00:53:37mais je pourrais être
00:53:38assez loquace
00:53:39et long sur le sujet.
00:53:41C'est une plateforme numérique.
00:53:42C'est financé
00:53:43et relayé
00:53:44par France Les Visions.
00:53:45L'Arcom, visiblement,
00:53:46n'a pas autorité
00:53:48sur ces contenus-là.
00:53:49Est-ce qu'il ne faudrait pas
00:53:50faire évoluer
00:53:51vos prérogatives
00:53:52et votre périmètre
00:53:53pour que demain,
00:53:54vous puissiez vous saisir
00:53:56de ces entorses
00:53:57assez graves
00:53:57à des contenus
00:53:58notamment diffusés
00:53:59auprès des mineurs ?
00:54:03Je vous remercie,
00:54:04monsieur le rapporteur.
00:54:05Effectivement,
00:54:06c'est le point
00:54:07sur lequel je voulais
00:54:08éventuellement
00:54:10compléter
00:54:11les éléments de réponse
00:54:11que Bruno Lasserre
00:54:12vous a apportés.
00:54:13effectivement, nous,
00:54:14lorsque nous disons
00:54:15que nous sommes compétents
00:54:16pour les éléments
00:54:17diffusés à l'antenne,
00:54:18c'est que la mission
00:54:18du régulateur audiovisuel,
00:54:20c'est sûr,
00:54:21les contenus
00:54:22en général diffusés
00:54:24par les programmes
00:54:25linéaires
00:54:25sous la responsabilité
00:54:26éditoriale
00:54:27des chaînes de télévision
00:54:28ou de radio.
00:54:29Depuis
00:54:30l'arrivée
00:54:31du numérique
00:54:32des réseaux sociaux,
00:54:33il y a
00:54:34des publications
00:54:35qui sont
00:54:36en dehors
00:54:37de notre champ
00:54:38de missions
00:54:38de régulateurs,
00:54:39mais qui néanmoins
00:54:40peuvent
00:54:44interpeller
00:54:44les téléspectateurs,
00:54:46les citoyens,
00:54:46s'ils émanent
00:54:48d'une institution
00:54:49de service public.
00:54:50D'une certaine façon,
00:54:51si ces contenus
00:54:52sont de nature
00:54:53à poser la question
00:54:54de l'impartialité
00:54:55de leur auteur
00:54:57ou de son employeur
00:54:58s'il est de service public
00:54:59par extrapolation,
00:55:03ce sont
00:55:04les interrogations
00:55:06qui ont pu
00:55:06justifier
00:55:07la mission
00:55:07que nous avons
00:55:09confiées
00:55:09à Brune Lasserre.
00:55:10Une partie
00:55:10des interrogations,
00:55:11elles sont beaucoup
00:55:12plus nombreuses,
00:55:12mais ce type de questions
00:55:14de savoir si l'expression
00:55:15d'une personnalité
00:55:17du service public
00:55:18sur un réseau social
00:55:19se prévalent
00:55:20ou pas
00:55:20de cette appartenance
00:55:22au service public
00:55:23sur un support
00:55:26qui n'est pas régulé
00:55:27par l'ARCOM
00:55:28au titre de ces missions
00:55:29audiovisuelles,
00:55:30si cela engage
00:55:31l'impartialité
00:55:32ou pas,
00:55:33c'est une question
00:55:33qui peut être posée.
00:55:34Évidemment,
00:55:35les sociétés audiovisuelles
00:55:36publiques
00:55:37ne nous ont pas
00:55:38attendus
00:55:39pour apporter
00:55:40leur part de réponse
00:55:41et il y a des chartes,
00:55:42je crois notamment
00:55:42pour les journalistes
00:55:43à Radio France
00:55:44qui traitent de ces questions,
00:55:45mais se poser la question
00:55:47du point de vue
00:55:48du régulateur
00:55:48et de sa mission
00:55:50de garantie
00:55:51de l'impartialité
00:55:52me paraît logique,
00:55:52c'est pour cela
00:55:53que nous avons souhaité
00:55:54avoir cette mission.
00:55:55En attendant,
00:55:55aujourd'hui,
00:55:56dans notre pratique
00:55:57et dans la façon
00:55:58dont nous appliquons
00:55:59notre mission,
00:55:59nous nous concentrons
00:56:01sur le respect
00:56:04des principes
00:56:04de la loi 86
00:56:05sur les contenus
00:56:06diffusés à l'antenne.
00:56:07À côté de cela...
00:56:08Juste,
00:56:08pour être clair,
00:56:10France TV Slash, pardon,
00:56:11vous contrôlez
00:56:12ou pas la plateforme ?
00:56:13France TV Slash
00:56:14n'est pas un programme
00:56:16linéaire,
00:56:17n'est pas une plateforme
00:56:21que nous contrôlons aujourd'hui.
00:56:22ensuite, il y a la question
00:56:24qui peut se poser
00:56:24qui est de savoir jusqu'où,
00:56:26à quel moment
00:56:27nous basculons dans le champ
00:56:28et pardon d'être sur
00:56:30des concepts juridiques,
00:56:32mais à quel moment
00:56:32nous basculons plutôt
00:56:33sur le champ du règlement
00:56:34sur les services numériques ?
00:56:36Qui est le règlement
00:56:41par lequel on s'assure
00:56:43que les plateformes,
00:56:47les intermédiaires,
00:56:47les intermédiaires
00:56:49du...
00:56:50les fournisseurs
00:56:51de services en ligne
00:56:51s'assurent que des contenus
00:56:53éventuellement illégaux
00:56:54sont retirés
00:56:55lorsqu'ils leur sont signalés
00:56:57et qu'ils sont illicites ?
00:56:59Et là, c'est le champ
00:56:59de la régulation du numérique
00:57:00qui n'est pas le champ
00:57:02d'une responsabilité éditoriale
00:57:05de l'hébergeur
00:57:06ou si nous sommes
00:57:07dans le cadre
00:57:08d'une mission
00:57:09de régulation
00:57:10de nature plus éditoriale,
00:57:12à ce jour,
00:57:14les services en ligne
00:57:15tels que Slash
00:57:16ne sont pas
00:57:17dans notre régulation directe.
00:57:21Et quand vous voyez
00:57:23autant de contenus
00:57:25problématiques
00:57:25qui peuvent
00:57:26qui peuvent indiquer
00:57:28des entorses
00:57:29et des principes
00:57:29évidents
00:57:30que doivent pourtant respecter
00:57:31ces chaînes de l'audiovisuel public,
00:57:34on a évoqué le cas
00:57:34de France TV Slash,
00:57:36est-ce que ça ne vous appelle pas
00:57:37à modifier aussi
00:57:38votre périmètre de contrôle ?
00:57:41Est-ce que demain,
00:57:41France TV Slash,
00:57:42je crois que c'est à peu près
00:57:4320 millions d'euros par an
00:57:45pour alimenter ces contenus
00:57:47dont près d'une centaine
00:57:48sur les dernières années
00:57:49ont été considérés
00:57:50comme problématiques ?
00:57:52On a reçu à votre place
00:57:53il y a quelques jours
00:57:54et quelques semaines
00:57:54les dirigeants de France TV Slash
00:57:56qui notamment
00:57:56sur la période autour de 2020
00:57:58a expliqué
00:57:59qu'ils n'assumaient pas
00:57:59tous les contenus
00:58:00même si Delphine Arnotte
00:58:02nous a expliqué
00:58:03lors de son audition
00:58:05nous assumons
00:58:06tout ce que nous diffusons
00:58:06sur nos antennes.
00:58:07Est-ce que ce n'est pas
00:58:08votre rôle demain
00:58:09aussi de veiller
00:58:11à ce que les contenus
00:58:12diffusés sur les plateformes
00:58:13numériques de France Télévisions
00:58:14et bien respectent
00:58:16les principes
00:58:18que vous évertuez
00:58:19à faire appliquer
00:58:20notamment sur la télévision ?
00:58:21Est-ce que vous pouvez
00:58:22vraiment nous préciser ça ?
00:58:23Parce que j'ai sous les yeux
00:58:23une réponse de Mme Dati,
00:58:24ministre de la Culture,
00:58:25à une question de M. Maisonnet,
00:58:28député du Gard,
00:58:29qui l'interrogeait
00:58:30sur France TV Slash
00:58:32et dans la réponse
00:58:32de la ministre,
00:58:34une question écrite
00:58:35à un parlementaire,
00:58:35on a le sentiment
00:58:36dans sa réponse
00:58:37que j'ai sous les yeux
00:58:38que l'Arcom contrôle
00:58:40France TV Slash.
00:58:41Donc je voudrais être sûr
00:58:42d'avoir la bonne réponse.
00:58:44La réponse de la ministre
00:58:45dit dans sa délibération
00:58:46du 18 avril 2018,
00:58:47l'Arcom prévoit
00:58:49que les services
00:58:49de communication
00:58:50audiovisuelle, y compris
00:58:51France TV Slash, doivent veiller
00:58:52et ensuite elle reprend
00:58:53les règles
00:58:54que le rapporteur
00:58:55vient de rappeler.
00:58:55Donc je voudrais être sûr
00:58:57parce que dans les propositions
00:58:58du rapporteur
00:58:58et dans celles qui pourront
00:58:59s'être la commission d'enquête,
00:59:00on a besoin de faire
00:59:01les bonnes propositions
00:59:03et on a besoin de savoir
00:59:04effectivement si vous contrôlez
00:59:05ou pas France TV Slash.
00:59:08Premier point que je voudrais
00:59:10vraiment souligner,
00:59:10la protection des mineurs
00:59:12est particulièrement
00:59:12contre la pornographie.
00:59:14C'est un des axes prioritaires
00:59:16d'action de l'Arcom,
00:59:17notamment en ligne.
00:59:18Nous avons mis en place
00:59:18depuis quelques mois
00:59:21la vérification d'âge
00:59:22pour contrarier l'accès
00:59:24des mineurs à la pornographie.
00:59:25Donc c'est quelque chose
00:59:26à laquelle nous sommes
00:59:26très sensibles.
00:59:28Deuxièmement,
00:59:29l'éducation et la protection
00:59:31des mineurs fait clairement
00:59:32partie des missions
00:59:32du service public
00:59:33et évidemment le service public
00:59:35doit y être vigilant.
00:59:36sur les éléments de programme
00:59:39de France TV Slash
00:59:40que vous avez mentionné.
00:59:42J'en ai pris connaissance
00:59:43dans le questionnaire
00:59:44qui nous a été envoyé
00:59:45vendredi soir dernier
00:59:49par le secrétaire
00:59:50de la commission.
00:59:51Nous allons en prendre connaissance
00:59:53et apporter les réponses
00:59:53jusqu'à présent de ces contenus
00:59:55qui sont auxquels il est
00:59:56fait référence dans le questionnaire.
00:59:58Moi, je n'avais pas connaissance.
00:59:59Donc on va regarder
01:00:00et y apporter une réponse
01:00:01dans le délai
01:00:02de l'achèvement
01:00:03de vos travaux évidemment.
01:00:05Ensuite,
01:00:06pour savoir
01:00:06si nous pourrions
01:00:07ou non intervenir
01:00:08sur un service
01:00:10comme France TV Slash
01:00:11et sous réserve de regarder,
01:00:12il faudrait que nous puissions
01:00:13vérifier
01:00:14si ce service
01:00:15peut être qualifié
01:00:16de service de média
01:00:17à la demande
01:00:18au sens de la loi de 1986.
01:00:20Ce qui suppose
01:00:21d'avoir à la fois
01:00:22une activité économique,
01:00:23d'avoir un catalogue
01:00:24de programmes accessibles
01:00:25selon des règles
01:00:26qui sont assez précises.
01:00:29Si c'était le cas,
01:00:30nous pourrions éventuellement
01:00:32considérer
01:00:33que nous pouvons intervenir
01:00:34même si, à nouveau,
01:00:36vu le grand nombre
01:00:38de SMAD,
01:00:39de services de médias
01:00:40à la demande
01:00:40présents en ligne
01:00:41et la relative faiblesse
01:00:43de leur audience,
01:00:44ce n'est pas sur ces services
01:00:45que nous concentrons
01:00:47nos moyens historiquement.
01:00:48Mais ça fait partie
01:00:49des questions
01:00:49que nous nous posons aussi
01:00:50pour que, indépendamment
01:00:51du cas particulier
01:00:52de France TV Slash,
01:00:53nous soyons en situation
01:00:54d'assurer
01:00:56lorsque des éditeurs
01:00:57de télévision
01:00:58à force curie
01:00:58de services publics,
01:00:59proposent ce type de services
01:01:00qu'on puisse assurer
01:01:01un suivi.
01:01:02Mais aujourd'hui,
01:01:03ça ne fait pas partie
01:01:04des services
01:01:04dont nous assurons
01:01:06en règle générale
01:01:07la supervision.
01:01:10Je vous remercie,
01:01:11Monsieur le Président,
01:01:12pour votre réponse.
01:01:13Un autre point
01:01:14que j'ai abordé
01:01:16lors de votre première édition
01:01:17et merci, en tout cas,
01:01:18d'y répondre,
01:01:19c'est la classification
01:01:21des personnalités politiques
01:01:23selon l'ARCOM.
01:01:24Vous le savez,
01:01:25ça a fait réagir
01:01:26puisque je vous avais
01:01:27interrogé sur le cas
01:01:28de Philippe de Villiers
01:01:29qui était considéré
01:01:30par l'ARCOM
01:01:30comme une personnalité politique
01:01:32et dont le temps de parole
01:01:33a été décompté,
01:01:34je crois,
01:01:34des partis classés
01:01:35comme divers droite.
01:01:36Et à l'inverse,
01:01:38on avait Cécile Duflo,
01:01:39Daniel Cohen-Bendit
01:01:40ou encore Éric Dupond-Moriti
01:01:42qui n'étaient pas classés
01:01:43comme des personnalités politiques
01:01:45alors que le 10 décembre 2023,
01:01:48Le Monde publie un article
01:01:49intitulé
01:01:50Daniel Cohen-Bendit
01:01:51rompt avec Emmanuel Macron
01:01:52et appelle la gauche
01:01:53à se réunir derrière
01:01:54Raphaël Glucksmann,
01:01:56fin de la citation,
01:01:57qui, je pense,
01:01:58appelle et indique
01:01:59un positionnement politique.
01:02:01Et lorsque je vous avais posé
01:02:02cette question
01:02:03lors de votre audition,
01:02:04je vais vous citer,
01:02:05vous aviez répondu,
01:02:06il nous a semblé
01:02:07que la participation
01:02:07de M. De Villiers
01:02:08à la campagne de M. Zemmour,
01:02:09donc en 2022,
01:02:11justifiait sa qualification
01:02:12comme personnalité politique
01:02:13en tant que divers droite
01:02:15en ajoutant,
01:02:16je cite encore,
01:02:17dans les prochaines semaines,
01:02:18je réunirai le collège
01:02:19pour clarifier
01:02:20les lignes directrices
01:02:21sur lesquelles nous appuyons
01:02:22pour attribuer
01:02:23la qualité de personnalité politique,
01:02:26catégorisation
01:02:26qui est en train d'un suivi
01:02:27relativement précis
01:02:28des interventions
01:02:29en fin de la citation.
01:02:31J'ai pu m'étonner
01:02:33de cette classification
01:02:34parce que, par exemple,
01:02:36je vous le dis,
01:02:36vous expliquez
01:02:37que Philippe De Villiers
01:02:37est intervenu
01:02:38dans une campagne électorale,
01:02:39c'était en 2022,
01:02:40mais Éric Dupond-Moretti,
01:02:41qui n'est pas classifié
01:02:43comme personnalité politique,
01:02:44est venu, par exemple,
01:02:45dans ma circonscription,
01:02:46en 2024,
01:02:47lors des dernières élections
01:02:48législatives,
01:02:49qui a pu faire campagne
01:02:50pour un député
01:02:51qui se représentait
01:02:52macroniste.
01:02:53Il a fait campagne,
01:02:54il a fait de la politique
01:02:55encore plus récemment,
01:02:56par exemple,
01:02:57que M. Philippe De Villiers,
01:02:58mais il n'est pas considéré
01:02:59comme personnalité politique.
01:03:01Donc, M. le Président,
01:03:03est-ce que vous pourriez,
01:03:04aujourd'hui,
01:03:05nous préciser les critères
01:03:06qui font qu'on ait
01:03:07une personnalité politique
01:03:08selon l'ARCOM,
01:03:09qu'on ne l'ait pas,
01:03:10et est-ce qu'aujourd'hui,
01:03:12le temps de parole
01:03:13de Philippe De Villiers
01:03:13est toujours décompté ?
01:03:18S'agissant de Philippe De Villiers,
01:03:19je vous avais répondu,
01:03:20et son adhésion,
01:03:22participation active
01:03:23à la campagne
01:03:24pour 2022
01:03:27de reconquête
01:03:28avait conduit
01:03:29à le considérer
01:03:30comme étant
01:03:31une personnalité politique.
01:03:32Je pense que sa participation
01:03:33assez active
01:03:34au débat public,
01:03:35qui est un des critères
01:03:36du Conseil d'État,
01:03:37ne s'est pas démenti depuis,
01:03:38donc il n'y a pas eu de raison
01:03:39de ne plus décompter
01:03:41son temps de parole
01:03:43en tant que temps
01:03:44de parole attribuée
01:03:45aux diverses droites,
01:03:46selon le décompte
01:03:47que nous faisons
01:03:49dans les échanges,
01:03:51en tout cas dans les précisions
01:03:52que nous apportons
01:03:52aux éditeurs.
01:03:54Sur Mme Duflo,
01:03:56comme M. Cohn-Bendit,
01:03:57comme M. Dupond-Moretti,
01:03:59ils ont à différents moments
01:04:01annoncé leur retrait
01:04:02de l'avis politique,
01:04:02ça n'empêche pas
01:04:03d'avoir une expression
01:04:04qui peut être ponctuelle
01:04:07auquel nous sommes
01:04:08éventuellement attentifs,
01:04:09mais nous n'avons pas
01:04:10considéré à ce jour
01:04:11que ces expressions
01:04:12justifiaient
01:04:15de recommencer
01:04:16à les décompter
01:04:17en tant que personnalités
01:04:18politiques,
01:04:18compte tenu de la nature,
01:04:20de la fréquence,
01:04:21de l'intensité
01:04:21de leur participation
01:04:22au débat politique.
01:04:24Je peux laisser éventuellement
01:04:26mes collègues
01:04:27compléter
01:04:28à le bord de Nervaux ?
01:04:29On va peut-être nous dire
01:04:30la règle ?
01:04:32Alors,
01:04:32M. le rapporteur,
01:04:33vas-y.
01:04:33Oui, simplement,
01:04:35je comprends
01:04:36que vous expliquez
01:04:37que Philippe de Villiers
01:04:37est intervenu dans une campagne,
01:04:39c'était en 2022.
01:04:40Je vous prends l'exemple
01:04:42de M. Cohn-Bendit,
01:04:43qui n'est pas considéré,
01:04:45selon l'ARCOM,
01:04:46comme une personnalité politique.
01:04:49Il faisait pourtant
01:04:49l'objet d'un article
01:04:50un an après,
01:04:52décembre 2023,
01:04:53par Le Monde.
01:04:54L'article était intitulé
01:04:55Daniel Cohn-Bendit
01:04:56rond avec Emmanuel Macron
01:04:57et appelle la gauche
01:04:58à se réunir
01:04:58derrière Raphaël Lutzmann.
01:05:00C'est une prise
01:05:01de position politique.
01:05:02On a Éric Dupond-Moretti,
01:05:04ancien ministre
01:05:05d'Emmanuel Macron,
01:05:06qui vient faire campagne
01:05:07ostensiblement
01:05:08pour des candidats
01:05:09macronistes
01:05:09lors des dernières élections
01:05:11législatives
01:05:12en 2024.
01:05:13Donc, deux ans après,
01:05:14vous voyez
01:05:15la prise de participation politique
01:05:17de M. Philippe de Villiers,
01:05:19j'ai pu voir
01:05:20que l'ARCOM avait classé
01:05:23236 personnalités
01:05:24qui ne sont pas élus
01:05:25comme membres
01:05:27de certains courants politiques.
01:05:29Ça peut s'apparenter
01:05:30à une catégorisation
01:05:31un peu discrétionnaire,
01:05:32d'où l'insistance
01:05:33et ma question.
01:05:34Comment vous catégorisez
01:05:36des personnes
01:05:37qui sont personnalités politiques,
01:05:38des personnes
01:05:39qui ne sont pas
01:05:39de personnalités politiques ?
01:05:41Je vous ai cité
01:05:41deux ou trois exemples
01:05:42qui sont un peu contradictoires.
01:05:43Est-ce que vous pourriez,
01:05:44s'il vous plaît,
01:05:45clarifier la méthode
01:05:46pour les classifier, s'il vous plaît ?
01:05:50Monsieur le rapporteur,
01:05:51tout d'abord,
01:05:53je tiens à préciser
01:05:53que la classification
01:05:55à laquelle nous procédons,
01:05:57elle se fait sous le contrôle
01:05:59du Conseil d'Etat
01:05:59qui peut évidemment
01:06:01invalider
01:06:01ou confirmer,
01:06:02lorsqu'il est saisi,
01:06:03les choix que nous avons faits,
01:06:04ceux qu'il a été amené à faire
01:06:07régulièrement
01:06:07au cours des dingues années.
01:06:09Donc il y a
01:06:09une jurisprudence assez fournie
01:06:10qui précise les critères,
01:06:13même si ces critères
01:06:13n'étant pas prévus par la loi,
01:06:14ils ne seront pas
01:06:15d'une application automatique.
01:06:17en règle générale
01:06:19et dans la très grande majorité
01:06:20des cas,
01:06:20ce sont d'ailleurs les chaînes,
01:06:21les éditeurs eux-mêmes
01:06:22qui procèdent
01:06:23à l'attribution
01:06:25d'un temps de parole
01:06:26à tel ou tel courant
01:06:27de pensée.
01:06:29Les chaînes le font
01:06:30spontanément
01:06:31parce qu'elles savent
01:06:31qu'une personnalité
01:06:33revendique son appartenance
01:06:34active à un parti
01:06:35et membre du gouvernement
01:06:36est élu,
01:06:37ce qui suffit
01:06:39à lui conférer
01:06:40cette qualité.
01:06:42pour d'autres
01:06:42qui ne sont pas forcément
01:06:44ou qui ne sont plus
01:06:46membres d'un parti
01:06:48de manière notoire,
01:06:50membres du gouvernement
01:06:52élu.
01:06:54Ce que nous prenons en compte,
01:06:55c'est la participation,
01:06:56c'est éventuellement,
01:06:57ce sont différents critères,
01:06:58il y a un faisceau d'indices
01:06:59lorsque les chaînes
01:07:00nous le demandent
01:07:01pour savoir
01:07:01si telle ou telle personnalité
01:07:03doit être décomptée.
01:07:04et à ce moment-là,
01:07:05nous prenons en compte
01:07:07toute une série
01:07:08d'indices
01:07:09qu'effectivement,
01:07:10nous souhaitons pouvoir
01:07:12exposer
01:07:12dans une forme
01:07:13de guide méthodologique
01:07:14pour faire
01:07:15de la transparence
01:07:16sur ces règles,
01:07:16même si finalement,
01:07:17la jurisprudence
01:07:18du Conseil d'Etat
01:07:19permet de les lire,
01:07:21qui tiennent compte
01:07:21de la participation
01:07:22plus ou moins active
01:07:23au débat public
01:07:25à travers,
01:07:26par exemple,
01:07:26des prises de parole
01:07:27récurrentes
01:07:28dans des émissions politiques,
01:07:29comme cela peut être le cas.
01:07:30C'est le cas
01:07:31de M. De Villiers.
01:07:32Cela peut être lié
01:07:33au parcours politique
01:07:35d'une personnalité.
01:07:36Ce n'est pas la même chose
01:07:37d'avoir été éventuellement
01:07:38ministre pendant un an
01:07:39ou deux ou d'avoir eu
01:07:4030 ans de parcours politique
01:07:41et d'avoir pesé
01:07:42sur la vie politique nationale,
01:07:43d'avoir eu des fonctions
01:07:44de premier plan
01:07:45ou au contraire
01:07:46des fonctions politiques
01:07:47plus limitées
01:07:48dans le temps
01:07:50Éric Dupond-Moretti,
01:07:51c'est des personnalités
01:07:51qui sont...
01:07:52Je ne peux pas répondre
01:07:54si vous voulez
01:07:54que je puisse éclairer
01:07:56par différents exemples.
01:07:56Je le ferai volontiers
01:07:57et on verra
01:07:58à vous donner
01:07:59quelques exemples,
01:08:00M. le rapporteur,
01:08:02que nous allons vous apporter.
01:08:04C'est d'autant plus important
01:08:05qu'avec la présidentielle
01:08:05qui arrive,
01:08:06c'est vrai qu'il y a des...
01:08:07C'est pour cela
01:08:08que j'ai souhaité...
01:08:09On n'a pas, je dirais,
01:08:10finalisé
01:08:12ce guide méthodologique
01:08:14dans le courant
01:08:14des municipales,
01:08:15mais on va le faire
01:08:16dans les toutes prochaines semaines.
01:08:17C'est pour que,
01:08:18même si ces règles
01:08:19ne sont pas mécaniques
01:08:20d'application,
01:08:21il n'y a pas des critères
01:08:21qui sont immédiats
01:08:22où on bascule
01:08:24de personnalités
01:08:25à on n'est plus personnalités,
01:08:26mais d'essayer
01:08:26de clarifier les choses
01:08:28pour qu'il y ait moins
01:08:29d'interrogations,
01:08:31même si,
01:08:31dans la très grande majorité
01:08:32des cas,
01:08:33ça se passe très bien.
01:08:34Voilà.
01:08:35En tout cas,
01:08:35on vous répondra.
01:08:36Ce que je peux vous dire,
01:08:36c'est que les critères,
01:08:37ils sont assez simples.
01:08:39en fait,
01:08:39c'est la notoriété
01:08:41d'une personne politique,
01:08:42le fait que son parcours
01:08:43a été plus ou moins important,
01:08:47notoire de premier plan,
01:08:48le fait que cette personne
01:08:51contribue régulièrement,
01:08:51activement,
01:08:52au débat public
01:08:53ou ne le fait que de manière
01:08:53extrêmement ponctuelle
01:08:55où quelqu'un ne va pas
01:08:55forcément reconsidérer
01:08:56qu'une personne
01:08:57qui est intervenue une fois,
01:08:59peut-être en deux ans,
01:09:00redevient décomptable
01:09:01en quelque sorte.
01:09:02En fait,
01:09:03on est malheureusement
01:09:04ou heureusement
01:09:05tenu à la casuistique
01:09:06et on ne peut pas
01:09:06se référer à des règles
01:09:07contre-mécaniques,
01:09:08mais on va vous apporter
01:09:09une réponse qui vous éclairera,
01:09:10je pense,
01:09:11on l'avait en partie fait
01:09:12dans les réponses
01:09:13au questionnaire,
01:09:14au premier questionnaire
01:09:14de novembre,
01:09:15mais qu'on va compléter
01:09:18d'ici les deux prochaines semaines.
01:09:20Peut-être si vous avez
01:09:21la liste des principales
01:09:22personnalités politiques,
01:09:24savoir si elles sont considérées
01:09:26comme politiques ou non,
01:09:27ça peut être utile
01:09:28pour nous aider aussi
01:09:29à réfléchir sur des règles.
01:09:31Monsieur le rapporteur,
01:09:31vous voulez compléter ?
01:09:33Merci Monsieur le Président
01:09:34pour votre réponse.
01:09:35Effectivement,
01:09:35si je me permets
01:09:36d'être insistant sur cette question,
01:09:38sur la catégorisation
01:09:39et les critères précis
01:09:40pour être catégorisés
01:09:41comme personnalités politiques,
01:09:42au même titre d'ailleurs
01:09:43que l'échelon des sanctions
01:09:45que l'ARCOM attribue,
01:09:46c'est parce que peut-être
01:09:47que les Français s'interrogent
01:09:50sur parfois l'opportunité
01:09:51de certaines décisions
01:09:53de votre autorité
01:09:54et je pense que votre autorité
01:09:56d'une certaine façon
01:09:56gagnerait une totale transparence
01:09:58sur les règles,
01:10:00les catégories,
01:10:01leur mise en œuvre
01:10:02et je ne sais pas,
01:10:04je n'ai pas l'impression
01:10:05que par exemple,
01:10:05sur la catégorisation
01:10:06des personnalités politiques
01:10:07ou même sur la transparence
01:10:09des sanctions émises
01:10:10à l'égard des chaînes,
01:10:11il y a une totale transparence
01:10:13et l'explication.
01:10:14Donc est-ce qu'il y a
01:10:14des efforts à faire ?
01:10:15On est à la toute fin
01:10:17de cette commission d'enquête,
01:10:18on est en train
01:10:18de préparer le rapport.
01:10:19Est-ce que vous auriez
01:10:19des recommandations
01:10:20à formuler pour une meilleure
01:10:22transparence de vos sanctions,
01:10:24de vos règles appliquées
01:10:24notamment en termes
01:10:26de catégorisation
01:10:27pour faire preuve
01:10:28de plus de pédagogie
01:10:29vis-à-vis des Français ?
01:10:33Je précise un autre point,
01:10:34c'est que l'ensemble
01:10:35des temps de parole décomptés
01:10:36sont eux publiés,
01:10:37donc c'est transparent,
01:10:38ce n'est pas d'une lisibilité
01:10:40la plus ergonomique
01:10:42sur notre site,
01:10:43mais c'est accessible,
01:10:44donc on peut voir
01:10:45quel temps de parole
01:10:45est décompté
01:10:46et attribué
01:10:47à quel courant de pensée.
01:10:49Ce qui permet de répondre
01:10:50en tout cas à la question
01:10:50de savoir qui est décompté
01:10:52ou pas,
01:10:52nous vous répondrons,
01:10:53je ne sais pas
01:10:54dans quel délai exactement
01:10:55nous serons en mesure
01:10:56de finaliser
01:10:57le petit guide méthodologique
01:10:59qui n'est pas
01:11:00un règlement,
01:11:01qui est un guide
01:11:03d'accompagnement
01:11:04des éditeurs
01:11:04par rapport à la date
01:11:06d'achèvement
01:11:07de vos travaux,
01:11:08mais en tout cas,
01:11:09c'est à peu près
01:11:09la même temporalité.
01:11:11Moi-même,
01:11:12j'ai été confronté
01:11:12par de nombreuses personnalités
01:11:15à des interrogations
01:11:16incompréhensions
01:11:17sur le fait
01:11:17qu'elles soient
01:11:18ou qu'elles ne soient pas
01:11:19ou qu'elles ne soient plus
01:11:22décomptées
01:11:23au titre du temps de parole.
01:11:24Donc, ce besoin
01:11:25de transparence,
01:11:26je le partage
01:11:27et le souci,
01:11:28c'est d'y répondre.
01:11:29Voilà.
01:11:30Quoi qu'il en soit,
01:11:31dès à présent,
01:11:32les personnes
01:11:32qui verraient
01:11:34un inconvénient
01:11:34à se retrouver
01:11:36décomptées,
01:11:37avoir leur temps de parole
01:11:37décompté
01:11:38au titre
01:11:40du pluralisme,
01:11:41peuvent
01:11:42nous en demander
01:11:43l'explication
01:11:44et si elles ne seront
01:11:45pas satisfaites,
01:11:45peuvent contester
01:11:47ce décompte
01:11:48devant le Conseil d'État.
01:11:51Je vous remercie
01:11:52pour votre réponse.
01:11:54Lors de votre première audition,
01:11:56je bascule sur un autre sujet,
01:11:57le sujet
01:11:58de l'honnêteté
01:11:59de l'information.
01:12:00Vous aviez déclaré
01:12:01lors de votre première audition,
01:12:02je vous cite,
01:12:02dès lors qu'il s'agit
01:12:03d'un service public,
01:12:04les attentes en matière
01:12:05d'exemplarité
01:12:06sont particulièrement fortes.
01:12:07Le téléspectateur doit savoir
01:12:09quel est le passé des intervenants.
01:12:10Il faut créer une habitude
01:12:11de transparence.
01:12:12Fin de la citation.
01:12:12On ne peut que souscrire
01:12:14à vos propos.
01:12:16Ce sont d'ailleurs aussi
01:12:17des propos qu'ont répété
01:12:18des dirigeants
01:12:19de chaînes publiques
01:12:20qu'on a pu entendre
01:12:21qui nous disaient,
01:12:22notamment des directeurs
01:12:23de l'information
01:12:23de France Télévisions,
01:12:24qu'il y avait une obligation
01:12:26de révéler l'intégralité
01:12:27des engagements politiques
01:12:28des personnalités
01:12:30qui prennent la parole
01:12:31sur l'antenne
01:12:33et sur les plateaux
01:12:34du service public.
01:12:35Mais pourtant,
01:12:35il y a eu quand même
01:12:36un certain nombre d'entorses
01:12:37qu'on a pu constater.
01:12:38Je vais vous donner
01:12:39deux exemples,
01:12:40mais il y en aurait bien d'autres.
01:12:41C'est des exemples récents.
01:12:42Le 12 janvier dernier,
01:12:43dans l'émission
01:12:44Sur le terrain,
01:12:44France Info a reçu
01:12:45Afshin Alavi,
01:12:47qui a été présenté
01:12:48comme un simple opposant
01:12:48au régime iranien.
01:12:50Or,
01:12:51on a pu voir
01:12:51qu'il était membre actif
01:12:53de l'organisation
01:12:53des Moudjahidines du Peuple,
01:12:55une organisation impliquée
01:12:56dans plusieurs attentats,
01:12:57une organisation classée
01:12:59comme organisation terroriste
01:13:01par l'Union Européenne,
01:13:02les États-Unis
01:13:03et le Canada
01:13:03jusqu'en 2013.
01:13:04le 15 février,
01:13:06de la même façon,
01:13:06sur France 5,
01:13:07dans l'émission
01:13:08C'est ce soir,
01:13:09qui est une émission importante,
01:13:10qui a été consacrée
01:13:11à la mort de Quentin.
01:13:12Stéphanie Precioso
01:13:13a été présentée
01:13:14comme historienne
01:13:15et professeure
01:13:16à l'Université de Lausanne,
01:13:18spécialiste du fascisme
01:13:19et de l'antifascisme.
01:13:20Fin la citation.
01:13:21Mais il n'a jamais été fait mention
01:13:23de ses mandats
01:13:24et engagements politiques.
01:13:26Elle a pourtant été députée
01:13:27en Suisse
01:13:28du canton de Genève
01:13:30de décembre 2019
01:13:31à décembre 2023.
01:13:32Elle a été
01:13:32ancienne membre
01:13:33et conseillère municipale
01:13:34du mouvement anticapitaliste
01:13:36Solidarité,
01:13:37candidate au Conseil national
01:13:39lors des élections fédérales
01:13:40en 2019
01:13:41sur la liste
01:13:42Ensemble à gauche Solidarité.
01:13:44Elle a participé
01:13:45à nombre de mouvements
01:13:46et événements
01:13:47de mouvances
01:13:48d'extrême-gauche.
01:13:49Elle a été candidate
01:13:49sur des listes
01:13:50d'Union populaire en Suisse,
01:13:52soutien de certaines
01:13:53figures politiques
01:13:53comme M. Besancenot
01:13:55ou Mme Rima Hassan.
01:13:57Quels sont
01:13:58les garde-fous
01:13:59que vous appliquez
01:14:00pour que,
01:14:01sur les antennes
01:14:02du service public,
01:14:03des personnalités
01:14:04présentées comme expertes,
01:14:06au fond,
01:14:07il y ait une vraie transparence
01:14:08sur leur engagement
01:14:09et mandat politique ?
01:14:10Est-ce que sur ces deux cas,
01:14:11et pardon,
01:14:12vous êtes président de l'ARCOM,
01:14:13vous n'avez pas
01:14:13le détail précis
01:14:14de chacun des cas,
01:14:15mais est-ce que,
01:14:16sur ce type de cas,
01:14:18vous seriez légitime
01:14:19à venir
01:14:20et mettre
01:14:21une mise en garde
01:14:22pour ces émissions-là
01:14:23pour apporter
01:14:24plus de transparence
01:14:25et d'honnêteté
01:14:26aux téléspectateurs ?
01:14:28Très rapidement,
01:14:29oui, enfin,
01:14:29nous intervenons
01:14:31régulièrement.
01:14:31Quand nous sommes saisis
01:14:34et que la séquence
01:14:36le justifie,
01:14:37notamment en termes
01:14:38d'honnêteté,
01:14:38de rigueur de l'information,
01:14:39s'il est important
01:14:40pour la bonne compréhension
01:14:42des débats
01:14:43et pour la rigueur
01:14:43et l'honnêteté
01:14:44de l'information,
01:14:45que les téléspectateurs
01:14:47ou auditeurs
01:14:47soient informés
01:14:48de tel ou tel élément
01:14:49du parcours
01:14:50d'un invité,
01:14:51oui,
01:14:52il nous arrive régulièrement,
01:14:53il nous arrive
01:14:54de temps en temps,
01:14:55d'écrire
01:14:55à France Télévisions
01:14:57ou Radio France
01:14:58pour leur signaler
01:14:59que tel ou tel élément
01:15:01du parcours
01:15:02de l'invité
01:15:02aurait dû être précisé.
01:15:03Ce n'est pas forcément
01:15:04toujours le cas,
01:15:05on ne veut pas forcément
01:15:06toujours présenter
01:15:06l'ensemble des éléments
01:15:07d'un parcours
01:15:08et parfois certains éléments
01:15:08ne sont pas pertinents
01:15:09par rapport au débat
01:15:11qui est en cause
01:15:11ou à l'information
01:15:12qui est délivrée,
01:15:13donc c'est à voir
01:15:14au cas par cas,
01:15:14mais évidemment,
01:15:15nous le faisons,
01:15:17nous le faisons d'ores et déjà.
01:15:19Est-ce que vous pourriez
01:15:21peut-être nous citer
01:15:22un exemple
01:15:23d'une absence
01:15:24de transparence
01:15:25sur un engagement politique
01:15:27d'une personnalité
01:15:28qui a été présentée
01:15:28comme experte
01:15:30sur un plateau
01:15:31du service public ?
01:15:36Je crois qu'il y a
01:15:37un cas de figure
01:15:38qui a été mentionné
01:15:38dans une de vos auditions
01:15:39sur quelle époque
01:15:40où un responsable humanitaire
01:15:44qui témoignait
01:15:45de la situation
01:15:45à Gaza,
01:15:46par ailleurs,
01:15:47avait un mandat politique
01:15:48ou un candidat
01:15:50en tout cas
01:15:50dans une élection,
01:15:51mais pardon si mon souvenir
01:15:53n'est pas complètement précis,
01:15:54que ça n'avait pas
01:15:55été mentionné,
01:15:57que nous avions
01:15:58nous avions fait observer
01:15:59à l'éditeur
01:16:00que ça aurait pu être mentionné.
01:16:02Et vous ne pensez pas juste
01:16:03qu'il devrait y avoir une règle
01:16:04qui veut que chaque,
01:16:05si une personne a eu
01:16:06un mandat politique,
01:16:07on le dit par transparence,
01:16:08vous dites au cas par cas,
01:16:09mais à partir du moment
01:16:09que quelqu'un a eu
01:16:10un mandat politique,
01:16:11on pourrait considérer
01:16:12que quand il ou elle
01:16:13s'exprime,
01:16:15on le dise.
01:16:18Si un titulaire
01:16:19d'un mandat électif
01:16:20ou un ancien titulaire
01:16:22de mandat électif
01:16:23s'exprime 6 mois,
01:16:242 ans,
01:16:244 ans après,
01:16:25au titre de son expertise
01:16:27personnelle,
01:16:27si par exemple
01:16:28il est avocat
01:16:29ou chirurgien,
01:16:31d'ailleurs été maire
01:16:31d'une commune 3 ans avant,
01:16:33ça peut ne pas avoir
01:16:33de pertinence.
01:16:34Et si en plus,
01:16:35ces différentes occupations
01:16:36ou activités ont été nombreuses,
01:16:37à un moment ou un autre,
01:16:38ça peut ne pas être compatible
01:16:39avec la simple fluidité
01:16:41de l'antenne
01:16:42sans apporter rien
01:16:43au téléspectateur
01:16:44ou à l'auditeur.
01:16:45Si je parle de casuistique,
01:16:46c'est qu'en fait,
01:16:47ça dépend des cas
01:16:48et qu'il faut simplement
01:16:49que nous,
01:16:49et c'est une émission
01:16:51de l'ARCOM,
01:16:52nous puissions apprécier
01:16:53au cas par cas
01:16:53si l'exigence d'honnêteté
01:16:55d'information
01:16:56du téléspectateur
01:16:57justifie une présentation
01:16:59plus ou moins complète
01:17:00du pédigré
01:17:01des personnes
01:17:02qui sont interrogées.
01:17:03C'est en ce sens,
01:17:05tout de même,
01:17:05que France Télévisions
01:17:06et Radio France
01:17:07ont renforcé
01:17:08plus récemment
01:17:09leur politique de transparence
01:17:10en publiant
01:17:11des éléments
01:17:12beaucoup plus complets
01:17:13sur leurs invités,
01:17:14en ne le faisant pas forcément
01:17:15directement à l'antenne,
01:17:16mais tout l'enjeu,
01:17:16c'est qu'elles puissent
01:17:17communiquer auprès
01:17:18de leur public
01:17:19sur l'existence,
01:17:20sur leur site internet
01:17:21de ces listes
01:17:22beaucoup plus complètes
01:17:23que les besoins
01:17:25de l'antenne
01:17:25ne permettent pas
01:17:26de rendre public
01:17:27de manière aussi
01:17:27évidente et fluide,
01:17:29mais que néanmoins,
01:17:29le public puisse
01:17:31se référer
01:17:31à ces listes
01:17:33d'invités
01:17:34et de parcours
01:17:36pour pouvoir
01:17:36faire une transparence
01:17:38complète.
01:17:39Je remercie
01:17:40pour vos réponses.
01:17:41Vous nous expliquez,
01:17:42ça dépend des cas,
01:17:43mais j'ai l'impression
01:17:43que c'est un peu
01:17:44la même réponse
01:17:44que vous avez faite
01:17:45sur la catégorisation
01:17:47un peu précise
01:17:48des personnalités politiques.
01:17:50Est-ce qu'il y a quelque part,
01:17:52je me mets à la place
01:17:53d'un citoyen français
01:17:54qui voudrait voir
01:17:56comment les règles
01:17:56sont appliquées par l'ARCOM,
01:17:58comment les sanctions
01:17:58sont prises,
01:17:59comment elles sont étayées,
01:18:01est-ce qu'il y a quelque part
01:18:02sur votre site
01:18:02ou de façon publique
01:18:03des règles précises
01:18:05qui sont annoncées
01:18:06sur la catégorisation
01:18:07des personnalités politiques,
01:18:09sur les règles imposées
01:18:10aux antennes
01:18:10du service public,
01:18:11de faire la transparence
01:18:13sur les passés
01:18:14des mandats politiques
01:18:15des personnalités
01:18:15présentées comme expertes,
01:18:16des sanctions prises
01:18:18à égard de certaines chaînes.
01:18:19Est-ce qu'il y a un travail
01:18:21peut-être que vous êtes en train
01:18:22de mener sur la transparence
01:18:23de ces règles
01:18:24que vous appliquez vous-même ?
01:18:28sous le contrôle de mes voisins de droite.
01:18:31Mais nos interventions auprès des éditeurs
01:18:34sont publiques.
01:18:36Elles sont connues.
01:18:38Les règles qui conduisent
01:18:40à considérer telle ou telle personnalité
01:18:42comme devant être décomptées
01:18:44au titre des temps de parole,
01:18:46je vous l'ai dit,
01:18:47nous envisageons très prochainement
01:18:49de publier une sorte de guide méthodologique
01:18:51parce qu'on ne peut pas avoir
01:18:52des règles strictes.
01:18:53Sinon, on n'aurait quelque part
01:18:55pas besoin de régulateurs.
01:18:56Il suffirait d'appliquer
01:18:57mécaniquement les règles
01:18:59publiées par décret, par exemple.
01:19:02S'agissant de l'honnêteté
01:19:04et des exigences associées
01:19:05à l'honnêteté et à la rigueur
01:19:06de l'information,
01:19:08oui, effectivement,
01:19:09c'est du cas par cas.
01:19:10Et c'est au cas par cas
01:19:11que nous pouvons apprécier
01:19:12si l'information communiquée
01:19:14au public participe suffisamment
01:19:17ou pas de cette exigence
01:19:19d'honnêteté et de rigueur,
01:19:20ce qui n'empêche pas
01:19:21qu'on puisse dégager des orientations.
01:19:25C'est pour ça que nous essayons
01:19:26de le faire lorsque un mandat politique
01:19:30peut avoir un impact par rapport
01:19:32au débat et à la séquence d'antenne.
01:19:34Nous considérons à ce moment-là
01:19:35qu'il faut en faire état à l'antenne.
01:19:37Si tel ou tel lien de dépendance économique
01:19:40entre un intervenant et un autre
01:19:44peut mériter d'être rendu public,
01:19:46alors, effectivement,
01:19:47nous pouvons le signaler.
01:19:48Mais il est très difficile
01:19:49d'en tirer des règles générales
01:19:53et mécaniques.
01:19:54Et c'est pour cela que nous, d'ailleurs,
01:19:56nous devons, nous, régulateurs,
01:19:57nous prononcer toutes les semaines
01:19:59sur de nombreuses séquences
01:20:00pour porter une appréciation au cas par cas.
01:20:07Le directeur général me fait remarquer
01:20:09à juste titre que la délibération de 2018
01:20:13du CSA, qui est reprise par l'ARCOM,
01:20:15sur l'honnêteté et la rigueur de l'information,
01:20:18précise les principes généraux
01:20:20sur lesquels nous nous fondons
01:20:23pour apprécier.
01:20:24Mais ce sont des principes.
01:20:25Ce ne sont pas des règles mécaniques.
01:20:26Juste avant que le rapporteur change de sujet,
01:20:28il vous a posé la question qui était intéressante
01:20:31et utile, je crois,
01:20:32c'est de savoir si vous aviez sanctionné
01:20:33l'audiovisuel public lorsqu'il y a eu des cas,
01:20:37effectivement, où l'engagement politique
01:20:39d'une personne auditionnée
01:20:40n'avait pas été précisé.
01:20:42Il se trouve qu'il y a effectivement
01:20:43une émission de France Télévisions
01:20:45dans laquelle un médecin humanitaire,
01:20:49effectivement, s'exprimait sur Gaza,
01:20:52avait comparé des enfants affamés à Gaza,
01:20:55à celles des camps de concentration,
01:20:56et l'ARCOM avait effectivement
01:20:58exprimé son vif émoi
01:20:59au fait que ce médecin humanitaire
01:21:02qui avait été candidat
01:21:03pour le nouveau Fonds populaire
01:21:04à Clichy-le-Valois-Péret,
01:21:06que cet engagement politique
01:21:07ne soit pas présenté.
01:21:08Mais il me semble que le vif émoi
01:21:10n'entre pas dans la catégorie
01:21:11des sanctions de l'ARCOM.
01:21:13Il n'y a pas eu de mise en garde.
01:21:14Pourquoi, finalement,
01:21:16simplement l'expression d'un vif émoi
01:21:19et dans l'échelle des sanctions
01:21:21que l'ARCOM peut prononcer,
01:21:22pourquoi pas une sanction ?
01:21:25Je me permets, parce que comme
01:21:26la question du rapporteur,
01:21:27c'était est-ce qu'il y a déjà eu
01:21:28une sanction ?
01:21:28Vous avez pris cet exemple
01:21:30pour répondre.
01:21:31Or, il me semble que le vif émoi
01:21:33n'est pas une sanction.
01:21:40En effet, il nous arrive très souvent
01:21:42d'intervenir auprès des éditeurs
01:21:43par des lettres d'émoi
01:21:46qui, dans ces cas-là, ne caractérisent
01:21:48pas nécessairement un manquement,
01:21:49mais font part de l'émoi.
01:21:51Et en l'occurrence,
01:21:51ce n'était pas un émoi
01:21:52par rapport à la non-communication
01:21:55de la qualité d'ancien candidat
01:21:57du médecin humanitaire.
01:21:58C'est par rapport aux propos
01:21:59que vous avez évoqués
01:22:00de Thierry Ardisson,
01:22:02qui était revenu ensuite
01:22:03et qui avait donné lieu
01:22:04à de nombreuses excuses.
01:22:05C'est pour cela que nous avions décidé
01:22:07d'exprimer un émoi,
01:22:08compte tenu des regrets
01:22:11assez soulignés
01:22:13qui avaient été exprimés ensuite,
01:22:14tout en néanmoins appelant
01:22:17l'attention de l'éditeur
01:22:18sur la vigilance qu'il faut
01:22:19accorder lorsque des questions
01:22:22aussi sensibles sont traitées.
01:22:23Mais de manière plus générale,
01:22:26nous intervenons souvent
01:22:26auprès des chaînes
01:22:27qui peuvent être des lettres
01:22:29de rappel aux obligations,
01:22:32parfois de mise en garde,
01:22:33puis de mise en demeure
01:22:34et enfin de sanctions.
01:22:36Nous considérons en général
01:22:37que la sanction doit intervenir
01:22:38comme élément ultime
01:22:40après une répétition
01:22:42de manquement sur le même thème,
01:22:45ce qui ne nous empêche pas
01:22:45de sanctionner
01:22:46quand nous le considérons justifié
01:22:48comme nous l'avons fait
01:22:49il y a quelques semaines encore.
01:22:50Merci pour cette précision,
01:22:51Monsieur le rapporteur.
01:22:53Merci Monsieur le Président.
01:22:55Si je vous pose cette question,
01:22:56c'est aussi parce que
01:22:57nous avons pu constater
01:22:58dans le cadre
01:22:59de cette commission d'enquête
01:23:00la défaillance
01:23:01de certains comités d'éthique,
01:23:03je pense particulièrement
01:23:04au comité d'éthique
01:23:05de France Télévisions
01:23:06qui a rendu
01:23:08quelques rapports à peine,
01:23:10qui s'est saisi
01:23:11à quelques reprises à peine,
01:23:13comparativement d'ailleurs
01:23:14au comité d'éthique
01:23:15de Radio France.
01:23:16Ces comités d'éthique
01:23:17sont nommés respectivement
01:23:18par les conseils
01:23:19d'administration
01:23:20de France Télévisions
01:23:21et de Radio France.
01:23:22On a eu d'ailleurs l'occasion
01:23:23d'auditionner la présidente
01:23:25du comité d'éthique
01:23:26de France Télévisions,
01:23:27Madame Albanel,
01:23:28qui avait à l'époque
01:23:30siégé aux côtés
01:23:31de Madame Ernotte,
01:23:32présidente de France Télévisions
01:23:33lorsqu'elles étaient
01:23:34chez Orange
01:23:35au comité exécutif.
01:23:36On a aussi appris
01:23:38que Madame Albanel
01:23:39avait eu
01:23:39pour collaborateur direct
01:23:41quand elle était
01:23:41au château de Versailles
01:23:42et quand elle était
01:23:43au ministère de l'Agriculture,
01:23:44le secrétaire général
01:23:45aujourd'hui de France Télévisions,
01:23:46Monsieur Tardieu.
01:23:48Donc, vous voyez
01:23:48ma question venir,
01:23:49mais on a un comité d'éthique
01:23:51qui est censé être indépendant,
01:23:53qui pourtant est nommé
01:23:54par le conseil d'administration
01:23:55de France Télévisions,
01:23:56dont la présidente a été
01:23:58une collègue au sein
01:24:00de la même entreprise,
01:24:01Orange,
01:24:02et qui a comme secrétaire général
01:24:04de France Télévisions
01:24:05un ancien collaborateur
01:24:07et qui nous explique
01:24:08que ce comité d'éthique
01:24:09manque considérablement
01:24:10de moyens,
01:24:11ne peuvent même pas effectuer
01:24:12la moindre veille
01:24:13sur les propos tenus
01:24:14sur les antennes
01:24:15de France Télévisions
01:24:16pour une entreprise
01:24:17qui se dispose d'un budget
01:24:18de près de 3 milliards,
01:24:20de plus de 9000 salariés,
01:24:21nous explique
01:24:22qu'ils ne sont même pas
01:24:23en mesure de faire une veille.
01:24:25Est-ce que vous,
01:24:26qui êtes chargés aussi
01:24:27de ces sujets-là,
01:24:28vous ne considérez pas
01:24:28qu'il y a une faillite
01:24:29de fonctionnement
01:24:30de ces comités d'éthique ?
01:24:32Plus particulièrement
01:24:33celui de France Télévisions
01:24:34puisque celui de Radio France
01:24:35semble davantage
01:24:37se saisir
01:24:37et réaliser son travail.
01:24:42Je serais volontiers,
01:24:45Bruno Lasserre,
01:24:46peut-être évoquer le rôle
01:24:49que peuvent tenir
01:24:50les comités d'éthique
01:24:50dans les réflexions en cours.
01:24:52Nous vous avons,
01:24:53en tout cas,
01:24:54je crois, répondu
01:24:54dans le cadre
01:24:56du questionnaire
01:24:56qui nous avait été adressé
01:24:57en novembre sur le fait
01:24:58qu'effectivement,
01:24:59on pouvait porter
01:24:59une appréciation variée
01:25:02sur l'activité
01:25:03des différents comités d'éthique.
01:25:05par ailleurs,
01:25:05parmi les questions
01:25:06que nous nous sommes posées
01:25:08et que nous avons fait
01:25:09part publiquement
01:25:09à l'ARCOM
01:25:10sur les comités d'éthique,
01:25:11en lien avec les questionnements
01:25:14qui ont présidé à l'élaboration
01:25:16de ce qui était le projet de loi
01:25:18traduisant les états généraux
01:25:20de l'information,
01:25:20figuraient les conditions
01:25:22de garantie d'indépendance
01:25:24dans la nomination
01:25:25des membres des comités
01:25:27d'éthique
01:25:28ou comités pour l'honnêteté
01:25:29de l'indépendance
01:25:31de l'information
01:25:32et des programmes
01:25:33qui concourent
01:25:35des sociétés,
01:25:36pas d'ailleurs
01:25:36pas uniquement audiovisuel public.
01:25:38Donc,
01:25:38les garanties d'indépendance
01:25:39sont une des questions.
01:25:40Les moyens dont disposent
01:25:41ces comités sont également
01:25:42une des questions
01:25:43pour qu'ils puissent jouer
01:25:44pleinement leur rôle
01:25:44et particulièrement dans le cadre
01:25:46de l'audiovisuel public.
01:25:48Voilà pour cette audition
01:25:49de Martin H. Dari,
01:25:51président de l'ARCOM.
01:25:53C'est la dernière semaine
01:25:55d'audition
01:25:55devant cette commission d'enquête
01:25:57qui avait justement
01:25:58commencé ses travaux
01:25:59par l'audition
01:26:00de Martin H. Dari.
01:26:02Fin de cet épisode,
01:26:03à très bientôt sur LCP.
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