Passer au playerPasser au contenu principal
Aujourd'hui, un européen sur cinq a plus de 65 ans. Ils seront un sur trois d'ici 2050, avec une espérance de vie qui continue d'augmenter. Se pose alors la question de la prise en charge du grand âge. Afin de soulager les finances publiques, plusieurs États confient, dès lors, l'accompagnement de leurs séniors à des entreprises privées en quête de rentabilité.
Pour en débattre, Jean-Pierre Gratien reçoit la journaliste Laurence Delleur, la sociologue Valentine Trépied et l'économiste Frédéric Bizard.

LCP fait la part belle à l'écriture documentaire en prime time. Ce rendez-vous offre une approche différenciée des réalités politiques, économiques, sociales ou mondiales....autant de thématiques qui invitent à prolonger le documentaire à l'occasion d'un débat animé par Jean-Pierre Gratien, en présence de parlementaires, acteurs de notre société et experts.

Abonnez-vous à la chaîne YouTube LCP : https://bit.ly/2XGSAH5

Suivez-nous sur les réseaux !
Twitter : https://twitter.com/lcp
Facebook : https://fr-fr.facebook.com/LCP
Threads : https://www.threads.net/@lcp_an
Instagram : https://www.instagram.com/lcp_an/
TikTok : https://www.tiktok.com/@LCP_an
Newsletter : https://lcp.fr/newsletter

Retrouvez nous sur notre site : https://www.lcp.fr/

#LCP #documentaire #debat

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00:04Générique
00:00:16Bienvenue à tous dans Débat Dock.
00:00:17Un Européen sur cinq a plus de 65 ans.
00:00:20Ils seront un sur trois d'ici 2050.
00:00:23Et l'espérance de vie continue d'augmenter partout.
00:00:26Tout donc se pose de plus en plus la question de la prise en charge du grand âge en situation
00:00:32de dépendance.
00:00:33Et pour soulager les finances publiques,
00:00:35nombre d'États confient désormais l'accompagnement de leurs seniors aux entreprises privées
00:00:41et à leur soif de rentabilité.
00:00:43Voilà entre autres ce que constate le documentaire qui suit, intitulé « Hold up sur les vieux »,
00:00:49réalisé par la journaliste Laurence Deleur et Nathalie Emselem.
00:00:53Je vous laisse le découvrir.
00:00:55Puis Laurence Deleur sera à mes côtés sur ce plateau,
00:00:59en compagnie de la sociologue Valentine Trépied et de l'économiste Frédéric Bizarre.
00:01:04Avec eux, nous nous interrogerons sur la prise en charge de la dépendance du grand âge
00:01:09et de son épineuse équation financière dans notre pays.
00:01:13Bon doc.
00:01:24Vivre, c'est vieillir.
00:01:29Et vieillir, c'est un défi.
00:01:36En Europe, nous sommes de plus en plus nombreux à vivre de plus en plus longtemps.
00:01:45Aujourd'hui, un Européen sur cinq a plus de 65 ans.
00:01:51En 2050, ce sera un sur trois.
00:01:58Ce vieillissement coûte cher, très cher même.
00:02:04La prise en charge de la dépendance et de la santé des personnes âgées
00:02:08pourrait représenter 30% du produit intérieur brut européen d'ici 2070.
00:02:23Dans l'espoir de soulager les finances publiques,
00:02:26de nombreux États ont fait le choix de confier le grand âge
00:02:29aux bons soins du secteur privé.
00:02:32Parce que les vieux ont beaucoup été chers,
00:02:34ils peuvent aussi rapporter gros.
00:02:37C'est là tout le paradoxe de la silver economy.
00:02:41Un gisement d'or gris exploité par de grands groupes privés
00:02:44qui tirent les coups vers le bas pour augmenter leur marge.
00:02:51Nos aînés sont devenus une manne inépuisable sur laquelle on spécule.
00:02:57Cette ressource, ce sont nos parents, nos grands-parents.
00:03:03Et puis c'est nous, les futurs clients des marchands de vieillesse.
00:03:11Comment le capitalisme s'est-il emparé de nos ultimes années de vie ?
00:03:16Et à quel prix ?
00:03:46En Europe, le marché du capitalisme s'est-il emparé.
00:03:48Le grand âge est dominé par trois multinationales.
00:03:51Orpéa, Corian, appelé aujourd'hui Clariane,
00:03:55et Domus Vie, toutes d'origine française.
00:04:03Pour attirer tous ces petits vieux,
00:04:05en faire des clients,
00:04:07la com est bien rodée.
00:04:13Fini les EHPAD grisâtres,
00:04:15place au bonheur à la carte,
00:04:16dans la joie et l'abondance.
00:04:22Les multinationales du grand âge se développent par acquisition,
00:04:26en absorbant des groupes de dimension moyenne.
00:04:29Il s'agit d'atteindre une taille critique
00:04:31et de disposer d'une puissance financière incontournable.
00:04:36La profitabilité des groupes,
00:04:37elle est aux alentours de 10%,
00:04:39c'est-à-dire à peu près le même niveau
00:04:42que la moyenne des groupes du CAC 40,
00:04:44si je laisse de côté les banques et assurances très profitables.
00:04:48Donc c'est considérable.
00:04:50Ça veut dire qu'ils ont réussi
00:04:54à développer une stratégie
00:04:56à partir de la prise en charge de la vieillesse,
00:04:59qui leur permet d'être aussi rentables
00:05:02ou aussi profitables
00:05:04que Danone qui vend des yaourts.
00:05:08Ces résultats ont été extrêmement élevés
00:05:10parce qu'ils ont pu pratiquer des prix élevés en France
00:05:13et parce que l'État les a en partie financés.
00:05:16La France, c'est ce qu'on appelle une vache à lait.
00:05:19C'est bien la puissance publique
00:05:20qui a construit ce secteur de cette manière-là.
00:05:24On les a laissés entrer,
00:05:25on les a encouragés à entrer dans ce secteur
00:05:27et aujourd'hui, on leur reproche de financer leurs actionnaires.
00:05:30Mais c'est leur travail, c'est leur raison d'être, quelque part.
00:05:34Les coûts, liés aux soins et à la dépendance,
00:05:37demeurent à la charge de l'État,
00:05:39notamment les frais de personnel.
00:05:41Les pouvoirs publics subventionnent ainsi
00:05:43une industrie devenue très rentable.
00:05:47Alors pour limiter la dépense,
00:05:49à partir de 2010,
00:05:51l'État va restreindre les ouvertures de maisons de retraite.
00:05:54Mais les géants du privé lucratif,
00:05:57qui possèdent 25% des EHPAD,
00:05:59vont trouver la parade.
00:06:01Quand les potentiels de croissance en France commencent à ralentir ou à se tarir,
00:06:07on trouve d'autres potentiels de croissance et on le trouve à l'international,
00:06:11parce qu'on a des opportunités, là aussi, d'achat et de concentration.
00:06:15Donc on va reproduire à l'international ce qu'on a fait en France.
00:06:21Grâce aux profits amassés en France,
00:06:23les grands groupes partent à la conquête de l'Europe.
00:06:26Une stratégie payante.
00:06:28En 10 ans, ils doublent, voire triplent leur chiffre d'affaires.
00:06:33En 2022, celui de Domus V atteignait 1,6 milliard d'euros.
00:06:38Ceux d'Orpea et Corian, 4 milliards et demi chacun.
00:06:44Orpea est désormais présent dans 16 pays du continent.
00:06:49L'autre géant, Corian, est implanté dans 6 pays européens,
00:06:53dont l'Allemagne, où il réalise un quart de son chiffre d'affaires.
00:06:58Domus V est établi dans 6 pays européens également,
00:07:03particulièrement en Espagne.
00:07:12L'Espagne a l'une des espérances de vie les plus élevées au monde.
00:07:16Pour les marchands de vieillesse, c'est l'Eldorado.
00:07:22Là-bas, le secteur du grand âge a été presque entièrement livré aux entreprises privées.
00:07:28Les groupes français se sont donc empressés de franchir les Pyrénées,
00:07:32avec la bénédiction des autorités politiques locales.
00:07:36La privatisation du secteur des soins en maisons de retraite
00:07:40est beaucoup plus importante en Espagne qu'en France.
00:07:44Ici, 89% des établissements sont gérés par le secteur privé.
00:07:49Ça signifie que le privé a beaucoup de pouvoir
00:07:52dans les définitions des politiques publiques en la matière dans notre pays.
00:07:58Les groupes privés savent qu'il y a du profit à faire.
00:08:00Ils ont une clientèle et des fonds publics garantis.
00:08:03C'est une combinaison parfaite pour eux.
00:08:10Domus V a pénétré le pays en rachetant deux sociétés espagnoles.
00:08:15Depuis, le français dispose d'une position hégémonique.
00:08:19Il est le seul à posséder des établissements dans toutes les régions.
00:08:23Un empire formé à partir de la Galice, au nord-ouest de la péninsule ibérique.
00:08:29Mais ce succès économique ne garantit pas forcément
00:08:31une meilleure qualité de vie pour les pensionnaires.
00:08:36Carmen, la grand-mère d'Iria,
00:08:38a séjourné deux mois dans le centre Domus V de Montforte en 2020.
00:08:43Elle en est partie depuis.
00:09:10Ma grand-mère a commencé à avoir une démence importante.
00:09:15Et à un moment, je ne pouvais même plus sortir de la maison
00:09:17et la laisser toute seule.
00:09:20Quand elle est arrivée à la maison de retraite,
00:09:22la directrice de Domus V m'a conseillé de ne pas la voir le premier mois.
00:09:28Une fois le mois d'adaptation terminé,
00:09:30j'ai commencé à demander des appels vidéo.
00:09:34Et quand j'ai vu qu'elle ne parlait pas,
00:09:35qu'elle ne faisait aucun geste
00:09:37et qu'on devait lui tenir la tête pour qu'elle ne tombe pas,
00:09:40c'est là que mon cauchemar a commencé.
00:09:48La directrice m'explique que ma grand-mère est très âgée
00:09:52et qu'elle commence à s'éteindre
00:09:53et que c'est la loi de la vie.
00:09:55J'insiste et je l'appris de l'envoyer à l'hôpital
00:09:57pour savoir ce qui se passe.
00:09:59Dans la chambre d'hôpital,
00:10:01ma grand-mère a commencé à éliminer
00:10:03une grande quantité de liquide,
00:10:04de couleurs noires, vertes,
00:10:06de toutes les couleurs avec une odeur nauséabonde.
00:10:08C'était à cause de ses intestins.
00:10:11Ça faisait plusieurs jours qu'elle n'allait pas à la selle.
00:10:15Les médecins m'ont alors expliqué
00:10:17qu'elle était dénutrie, déshydratée
00:10:19et qu'elle avait une thrombose pulmonaire.
00:10:22Et quand ils ont su qu'elle venait de chez Domuzvi,
00:10:26leurs visages se sont décomposés.
00:10:32Au fur et à mesure que les soignants
00:10:33examinent la vieille dame,
00:10:35ils découvrent avec effarement
00:10:37la gravité de son état.
00:10:40J'ai quelques photos de l'escar
00:10:42au sacrum de ma grand-mère.
00:10:48Elle est de la taille de mon poing.
00:10:51C'est inconcevable.
00:10:56Là, c'est le talon.
00:10:58Toute cette partie est déjà cicatrisée,
00:11:01mais elle n'a plus de talon
00:11:02et elle ne pourra plus jamais marcher.
00:11:06Jamais.
00:11:09J'ai pleuré.
00:11:10Je n'avais jamais vu une chose pareille
00:11:12et je ne m'attendais vraiment pas à ça.
00:11:15Et même les infirmières de l'hôpital,
00:11:17quand elles ont vu ça,
00:11:18elles se sont affolées.
00:11:28Je suis en colère parce qu'ils m'ont menti.
00:11:30Ils me disaient que ma grand-mère allait bien,
00:11:32mais tout ça, c'était des mensonges.
00:11:36Ils ont mis sept jours
00:11:37avant de la transférer à l'hôpital.
00:11:39Je suis furieuse.
00:11:41Ma grand-mère aurait pu mourir
00:11:42par leur faute.
00:11:46Carmen, la grand-mère d'Iria.
00:11:48est loin d'être un cas isolé en Espagne.
00:11:52Ces images choquantes
00:11:53d'une résidence d'homus vie
00:11:55dans la région de Valence
00:11:56avaient défrayé la chronique
00:11:58en septembre 2020.
00:12:08Des personnes âgées attachées,
00:12:11amégrées,
00:12:13livrées à leur sort
00:12:14malgré leur dépendance,
00:12:15chutant sans être secourues.
00:12:40vieillir et s'encore vivre
00:12:42si on n'est plus considérés,
00:12:44plus respectés.
00:12:49Vieillir et s'encore vivre
00:12:51si on n'est plus soignés
00:12:52ni traités avec dignité.
00:13:09Les maisons de retraite espagnoles
00:13:14ont les taux les plus élevés au monde
00:13:17d'escarres,
00:13:17d'infections urinaires
00:13:19et d'infections nosocomiales,
00:13:22selon l'OCDE.
00:13:26Les escarres
00:13:28sont une conséquence
00:13:29de l'immobilisation.
00:13:31Un patient immobilisé
00:13:33finit par faire des escarres.
00:13:36Pour mobiliser le patient,
00:13:38il faut le changer de position.
00:13:39Et pour ça,
00:13:40il faut du personnel soignant.
00:13:44Mais c'est bien plus rentable
00:13:46d'être en sous-effectif,
00:13:47d'avoir des ratios de personnel
00:13:49plus bas
00:13:49que d'embaucher plus de gens.
00:13:55En réponse,
00:13:56le groupe Domus Vie
00:13:57affirme respecter
00:13:58les protocoles d'hygiène
00:13:59et de propreté
00:14:01les plus strictes
00:14:02et souligne la pénurie
00:14:03de personnel
00:14:04dont souffre le secteur
00:14:05en Espagne.
00:14:07Empezar el día con la sonrisa
00:14:09y mantenerla hasta la noche
00:14:11es nuestra vocación.
00:14:13Residencias para personas mayores
00:14:15Domus Vie
00:14:16al servicio de vuestra felicidad.
00:14:20Ces images idylliques
00:14:22dissimulent pourtant
00:14:23une réalité parfois terrible
00:14:25que de nombreuses familles
00:14:26et salariés dénoncent.
00:14:28Mais ils s'attaquent
00:14:29à une entreprise
00:14:30très puissante.
00:14:33En Espagne,
00:14:34Domus Vie
00:14:35doit son développement
00:14:36fulgurant à une femme,
00:14:38Joséfina Fernandez.
00:14:42Cette ancienne directrice
00:14:43de maison de retraite
00:14:44a bâti en quelques années
00:14:46un empire
00:14:46de 200 résidences
00:14:48et près de 30 000 salariés.
00:14:53Grâce à elle,
00:14:55la multinationale
00:14:56réalise désormais
00:14:57près de la moitié
00:14:58de son chiffre d'affaires
00:14:59mondial en Espagne.
00:15:04En novembre 2020,
00:15:06une commission
00:15:07est créée
00:15:07au Parlement de Galice
00:15:08sur les effets
00:15:09de la pandémie.
00:15:10La PDG du groupe
00:15:12est auditionnée.
00:15:13Un député
00:15:14de l'opposition
00:15:14de l'interpelle.
00:15:17de l'éducation
00:15:18qui a été
00:15:18le groupe
00:15:19plus affecté
00:15:21pour les mortes
00:15:21associées
00:15:22à la pandémie.
00:15:23Et vous avez
00:15:23été dénoncés
00:15:25dans la fiscalité
00:15:26pour,
00:15:26presuntement,
00:15:27de laisser
00:15:27mourir
00:15:28à l'ancienne
00:15:28et pour
00:15:29incouplir
00:15:29toute la normative
00:15:30du secteur
00:15:31et,
00:15:32d'être là,
00:15:32à l'éthique
00:15:33professionnelle
00:15:33et empresariale
00:15:34pour obtenir
00:15:35un meilleur bénéfice
00:15:37dans ses comptes.
00:15:40Au fil du temps,
00:15:43Joséfina Fernandez
00:15:44a su tisser
00:15:44des liens solides
00:15:45avec le Parti populaire
00:15:47au pouvoir
00:15:47en Galice
00:15:48et en particulier
00:15:49avec son chef,
00:15:51Alberto Ferro.
00:16:02Tous deux
00:16:02affichent
00:16:03une complicité
00:16:04évidente,
00:16:05visible
00:16:06lors de cette
00:16:06remise de prix.
00:16:10Une relation
00:16:11que va questionner
00:16:12le représentant
00:16:13de l'opposition
00:16:14lors de la suite
00:16:15de l'audition
00:16:16de la femme d'affaires
00:16:17au Parlement
00:16:17de Galice.
00:16:34Les représentants
00:16:35du Parti populaire
00:16:37tentent d'empêcher
00:16:38le député
00:16:39de dénoncer
00:16:40la présence
00:16:40de l'épouse
00:16:41du président
00:16:41de ce Parlement
00:16:42dans le comité
00:16:43d'éthique
00:16:44de Domusville.
00:16:47Silencio,
00:16:48señora Prado.
00:16:49Silencio,
00:16:49por favor.
00:16:50Silencio.
00:16:52Joséfina Fernandez
00:16:53n'a pas besoin
00:16:54de se justifier.
00:16:55Le responsable
00:16:56de la commission
00:16:56s'en charge
00:16:57à sa place.
00:17:12Quant à Joséfina Fernandez,
00:17:14elle ne reconnaît
00:17:15aucune faute
00:17:16et se dit même
00:17:17fière du travail
00:17:18accompli.
00:17:28Malgré les dénonciations,
00:17:31malgré les maltraitances,
00:17:33Domusville semble
00:17:33intouchable.
00:17:36Les familles questionnent
00:17:37le parti pris
00:17:38des inspecteurs
00:17:38chargés de surveiller
00:17:40les maisons de retraite,
00:17:41des fonctionnaires
00:17:42dépendants
00:17:43des gouvernements régionaux.
00:17:47Dans le cas
00:17:48de la grand-mère
00:17:48d'Iria
00:17:49qui a failli mourir,
00:17:51les inspecteurs
00:17:51ont répondu
00:17:52qu'aucune lacune
00:17:54n'a été constatée
00:17:54dans les soins médicaux,
00:17:56reprochant même
00:17:57à la résidente
00:17:58de ne pas avoir
00:17:59fait preuve
00:18:00de coopération.
00:18:02Comment est-ce possible
00:18:03qu'une personne
00:18:04de 92 ans,
00:18:05souffrant de démence,
00:18:07soit accusée
00:18:07d'être mal nourrie,
00:18:08d'avoir des escarres
00:18:09et de ne pas avoir
00:18:10été transférée
00:18:11à l'hôpital ?
00:18:12Comment c'est possible ?
00:18:15L'Espagne
00:18:16ne compte
00:18:17que 200 inspecteurs
00:18:18environ
00:18:18pour 400 000 résidents
00:18:20dans tout le pays
00:18:21et leurs rapports
00:18:23ne sont pas rendus publics.
00:18:3090% du secteur
00:18:32des maisons de retraite
00:18:33est privatisé
00:18:34en Espagne
00:18:35et l'État
00:18:36n'assure que
00:18:37très imparfaitement
00:18:38sa mission de contrôle.
00:18:40Les sanctions
00:18:42imposées
00:18:43sont rares
00:18:44et peu sévères
00:18:45donc les grands groupes
00:18:46ne les craignent pas.
00:18:52Si une entreprise
00:18:53écope d'une amende
00:18:54de 6 000 euros
00:18:54pour manque de personnel
00:18:57mais que ce manque
00:18:59de personnel
00:18:59lui permet
00:19:00d'économiser
00:19:0020 000 euros,
00:19:03ça revient
00:19:04à pousser l'entreprise
00:19:05à ne pas respecter
00:19:06la loi
00:19:06et ça ne l'incite
00:19:08pas suffisamment
00:19:09à corriger le tir.
00:19:12Les grands groupes
00:19:14privés
00:19:14peuvent ainsi
00:19:15maintenir leur pratique
00:19:16et Domus V
00:19:17sa domination
00:19:18sur le pays.
00:19:21Joséphina Fernandez
00:19:22a fini par quitter
00:19:23l'entreprise
00:19:23en avril 2023
00:19:24suite aux polémiques
00:19:26liées au Covid.
00:19:29Malgré l'enfer
00:19:30vécu par sa grand-mère,
00:19:32Iria a été contrainte
00:19:33de la placer à nouveau
00:19:34dans une résidence
00:19:35Domus V, la Galice
00:19:37ne construisant plus
00:19:38de maisons de retraite
00:19:39publiques depuis 2009.
00:19:43La multinationale française
00:19:44poursuit l'ouverture
00:19:45de résidences en Espagne
00:19:47à la grande satisfaction
00:19:48de ses actionnaires.
00:19:56L'or gris.
00:19:58S'il y a un pays
00:19:59où les investisseurs
00:20:00ont compris
00:20:01comment se faire
00:20:01de l'argent
00:20:02avec les vieux,
00:20:03c'est bien
00:20:04le Royaume-Uni.
00:20:06La financiarisation
00:20:07du secteur
00:20:08du grand âge
00:20:09y a été poussée
00:20:10à l'extrême.
00:20:12À Guernesey,
00:20:13un petit paradis
00:20:14fiscal britannique,
00:20:15non loin
00:20:16des côtes normandes,
00:20:17l'homme
00:20:18qui possède
00:20:18cette luxueuse maison
00:20:20connaît bien le sujet.
00:20:26John Moulton
00:20:27a dirigé
00:20:28une société
00:20:29de capital risque,
00:20:30un fonds d'investissement
00:20:32qui a fait fortune
00:20:33en rachetant
00:20:33des maisons de retraite.
00:20:37Certains fonds
00:20:37d'investissement
00:20:38se développaient
00:20:39très vite
00:20:39et cherchaient
00:20:40des secteurs
00:20:41où investir.
00:20:42Tout le monde
00:20:43se disait
00:20:44achetons des maisons
00:20:45de retraite,
00:20:46on va les rentabiliser
00:20:47et se faire
00:20:48beaucoup d'argent.
00:20:50Et en effet,
00:20:51des gens ont gagné
00:20:51beaucoup d'argent
00:20:52à cette époque.
00:20:54Il se faisait
00:20:5525-35%
00:20:56de rendement
00:20:57avec les maisons
00:20:58de retraite.
00:21:02Mais ce dynamisme
00:21:04financier
00:21:04a son revers.
00:21:06Et ce sont
00:21:06les pensionnaires
00:21:07des maisons
00:21:08de retraite
00:21:08anglaises
00:21:08qui en font
00:21:09les frais.
00:21:11Ici,
00:21:12les grands groupes
00:21:13saisissent
00:21:13la moindre opportunité
00:21:14de marché,
00:21:16opérations immobilières,
00:21:18revente
00:21:18aux plus offrants.
00:21:20Un établissement
00:21:21peut donc fermer
00:21:22du jour au lendemain
00:21:22sur décision comptable.
00:21:25Et les résidents
00:21:26sont ballotés
00:21:27d'une maison de retraite
00:21:27à l'autre.
00:21:29La loi impose
00:21:30au propriétaire
00:21:31un préavis
00:21:32de 28 jours seulement
00:21:33pour prévenir
00:21:34les familles
00:21:34qui doivent trouver
00:21:36en urgence
00:21:36une nouvelle place
00:21:37pour leurs proches.
00:21:40C'est la mésaventure
00:21:41qui est arrivée
00:21:42à Paul Finch,
00:21:43à Bristol.
00:21:45À 92 ans,
00:21:47l'état de sa mère,
00:21:48Pam,
00:21:48a commencé
00:21:49à se dégrader.
00:21:52Jusque-là,
00:21:53cette ancienne comptable
00:21:54avait toujours vécu
00:21:55chez elle.
00:21:56Il y a deux ans,
00:21:57son fils unique
00:21:58a dû se résoudre
00:21:59à la placer
00:21:59dans une résidence
00:22:00pour personnes dépendantes.
00:22:10C'était la chambre
00:22:12de ma mère.
00:22:13Elle donnait
00:22:14sur le jardin.
00:22:15C'était juste
00:22:16à côté de chez moi.
00:22:17Je pouvais y aller
00:22:18en quelques minutes
00:22:19tous les jours.
00:22:21Elle a dû partir
00:22:22parce que la maison
00:22:23de retraite fermée
00:22:24et il a fallu
00:22:25lui trouver
00:22:26une place ailleurs.
00:22:28C'était très compliqué
00:22:29parce que les 50 autres
00:22:31pensionnaires
00:22:31cherchaient eux aussi
00:22:32un établissement
00:22:33à Bristol.
00:22:38Je ne savais rien
00:22:39de tout ça
00:22:40le jour où je suis venu
00:22:41ici pour lui trouver
00:22:42une place.
00:22:44Je me suis douté
00:22:45que quelque chose
00:22:46n'allait pas
00:22:46parce que j'ai vu
00:22:47des géomètres
00:22:48arpenter le site.
00:22:49Ils prenaient des mesures
00:22:50avec leurs instruments.
00:22:55J'ai donc demandé
00:22:57si la maison de retraite
00:22:58allait fermer
00:22:59et on m'a répondu
00:23:01catégoriquement
00:23:01non,
00:23:02on ne va pas fermer.
00:23:05En réalité,
00:23:06au moment où Paul
00:23:07installe sa mère,
00:23:09le propriétaire
00:23:09de la maison de retraite,
00:23:11le groupe HC1,
00:23:12avait déjà fait
00:23:13des démarches
00:23:14pour vendre ce site.
00:23:16Et six mois
00:23:17avant d'en informer
00:23:18les familles
00:23:19sur des croquis
00:23:20alors confidentiels,
00:23:21des immeubles
00:23:22de rapports
00:23:23remplacent déjà
00:23:24les pavillons
00:23:24des personnes âgées.
00:23:31Je suis très fâché
00:23:33contre HC1
00:23:34parce qu'ils se présentent
00:23:35comme l'entreprise
00:23:36des bons soins
00:23:37alors qu'ils ont clairement
00:23:39menti
00:23:39à moi
00:23:40et à d'autres familles.
00:23:43Ils savaient parfaitement
00:23:44que le site
00:23:45allait être reconverti
00:23:46et vendu.
00:23:47Je pense qu'ils mentaient
00:23:49pour attirer des clients
00:23:50jusqu'au dernier moment
00:23:51et prendre leur argent
00:23:52pour les garder là
00:23:53et encaisser
00:23:54les mensualités.
00:23:57Les actionnaires
00:23:58passent en premier
00:23:59et les proches,
00:24:00les familles
00:24:01et tous ceux
00:24:02qui sont impliqués
00:24:03sont secondaires.
00:24:04Ce ne sont que
00:24:05des pions sans importance.
00:24:06Just pawns
00:24:07in a big game
00:24:08of no importance.
00:24:13The kind care company
00:24:14HC1
00:24:15provides the kindest
00:24:16possible care
00:24:17and a very good life
00:24:19for elderly people.
00:24:20We want to take the time
00:24:22to learn about
00:24:22what matters to you
00:24:24because for you
00:24:24to live your good life
00:24:26is everything to us.
00:24:35Mais que pèse
00:24:36le bien-être
00:24:37de 50 résidents
00:24:38âgés
00:24:39face à la valeur
00:24:40d'un bien immobilier
00:24:41d'un hectare et demi
00:24:42proche du centre-ville
00:24:43de Bristol ?
00:24:48HC1
00:24:48a justifié
00:24:49la fermeture
00:24:50de la résidence
00:24:51par ses difficultés
00:24:52à recruter.
00:24:58Un terrain
00:24:58qui vaut de l'or,
00:24:59un établissement
00:25:01au taux d'occupation
00:25:01trop faible
00:25:02pour être rentable,
00:25:03un manque de personnel.
00:25:06Quelles que soient
00:25:06les raisons
00:25:06d'une fermeture,
00:25:08les familles
00:25:08sont toujours
00:25:09les dernières au courant.
00:25:12De leur côté,
00:25:14les salariés
00:25:14du secteur
00:25:15subissent eux aussi
00:25:16l'arbitraire
00:25:17des investisseurs
00:25:18dans un pays
00:25:19où le marché
00:25:20fait la loi.
00:25:23On est impuissants
00:25:25face à la fermeture
00:25:26de ces résidences.
00:25:27On a régulièrement
00:25:29fait part
00:25:29de nos inquiétudes.
00:25:31En tant que syndicat,
00:25:33on a demandé
00:25:33aux collectivités locales
00:25:35de les racheter.
00:25:36Le problème,
00:25:37c'est qu'elles disent
00:25:38qu'elles n'ont pas
00:25:38les moyens
00:25:39à cause des coupes
00:25:40budgétaires incessantes.
00:25:42Donc on se retrouve
00:25:44coincés
00:25:44entre le marteau
00:25:45et l'enclume.
00:25:49Selon ce spécialiste,
00:25:50des politiques sociales
00:25:51britanniques,
00:25:52l'objectif est clair,
00:25:54économiser l'argent public.
00:25:58Sous Thatcher,
00:26:00on a considéré
00:26:00qu'il fallait
00:26:01soulager l'État
00:26:02du fardeau
00:26:02que représentaient
00:26:03ces dépenses.
00:26:09On devait faire sortir
00:26:10ces dépenses
00:26:11du système
00:26:11de santé public
00:26:12en laissant
00:26:13les entreprises privées
00:26:14fournir
00:26:15ces services.
00:26:19Le cœur
00:26:19de cette idée,
00:26:20c'était d'éviter
00:26:21que ce soit
00:26:22aux contribuables
00:26:23de payer,
00:26:24d'éviter
00:26:24que ce soit
00:26:25le service public
00:26:26qui paie
00:26:27en offrant
00:26:27des soins gratuits.
00:26:32On devait aller
00:26:33vers un système
00:26:34où l'individu
00:26:34payait davantage.
00:26:37et quand c'était
00:26:38à l'État
00:26:39de payer
00:26:39pour les personnes
00:26:40âgées,
00:26:41ça devait être
00:26:42le moins cher
00:26:42possible.
00:26:47Le mouvement
00:26:48de privatisation
00:26:49initié par
00:26:50Margaret Thatcher
00:26:51fait apparaître
00:26:52une nouvelle catégorie
00:26:53de capitalistes,
00:26:55les marchands
00:26:55de vieillesse.
00:26:58Dès 1988,
00:27:00un entrepreneur
00:27:01écossais,
00:27:02Robert Kilgour,
00:27:03a compris
00:27:04que le grand âge,
00:27:05c'était l'avenir.
00:27:07A l'époque,
00:27:08cet ancien
00:27:09vendeur de jeans,
00:27:10promoteur immobilier
00:27:11et businessman
00:27:12dans l'âme,
00:27:13est attiré
00:27:14par les subventions
00:27:14généreuses
00:27:15que verse
00:27:16le gouvernement
00:27:17britannique.
00:27:21J'avais un immeuble
00:27:23et je ne savais
00:27:23pas quoi en faire.
00:27:25un ami m'a suggéré
00:27:27de me tourner
00:27:27vers un nouveau secteur,
00:27:29celui des maisons
00:27:30de retraite.
00:27:31Je me suis dit
00:27:32que oui,
00:27:32mon immeuble
00:27:33conviendrait bien
00:27:34pour un établissement
00:27:35de ce type.
00:27:36C'est comme ça
00:27:37que j'ai créé
00:27:38Four Seasons Healthcare
00:27:39et que j'ai ouvert
00:27:41ma première maison
00:27:42de retraite
00:27:43à une époque
00:27:44où c'était rentable
00:27:44pour le privé
00:27:45d'investir
00:27:46dans ce secteur.
00:27:49L'entreprise
00:27:50s'est développée
00:27:50lentement
00:27:51les premières années.
00:27:52Après,
00:27:53on a eu
00:27:53l'opportunité
00:27:54d'acheter
00:27:55une société
00:27:55qui possédait
00:27:5661 maisons
00:27:57de retraite.
00:28:00On ne pouvait
00:28:01pas financer
00:28:02nous-mêmes
00:28:02une opération
00:28:03d'une telle ampleur,
00:28:04un tel changement
00:28:04d'échelle
00:28:05et la banque
00:28:06ne voulait pas suivre.
00:28:09On a donc frappé
00:28:10à la porte
00:28:10des fonds
00:28:11d'investissement.
00:28:12C'est comme ça
00:28:13que le grand
00:28:14Four Seasons
00:28:15est né.
00:28:16Sans une maison
00:28:17de retraite,
00:28:18le cinquième groupe
00:28:20du Royaume-Uni,
00:28:22plus de 7000 employés.
00:28:26à partir
00:28:27des années 2000,
00:28:28l'entreprise
00:28:29devient donc
00:28:29l'un des géants
00:28:30du secteur
00:28:31grâce à l'argent
00:28:32injecté par la société
00:28:33de capital risque
00:28:34Alchemy Partners.
00:28:37Ce fonds,
00:28:38géré par John Moulton,
00:28:40va réaliser
00:28:40une opération
00:28:41très juteuse
00:28:41en revendant
00:28:42Four Seasons
00:28:43cinq ans plus tard.
00:28:46Aujourd'hui encore,
00:28:47depuis son havre
00:28:48de Guernesey,
00:28:49le financier
00:28:50s'en souvient
00:28:50avec émotion.
00:28:53On l'a acheté
00:28:54pour pas très cher.
00:28:55On a amélioré
00:28:56son fonctionnement
00:28:57et on l'a même
00:28:58développé un peu.
00:28:59Et puis,
00:29:00on l'a vendu
00:29:00à d'autres fonds
00:29:01d'investissement
00:29:02qui se sont battus
00:29:03pour l'avoir.
00:29:04C'était une vente
00:29:05aux enchères
00:29:05sous pli fermé
00:29:06un samedi
00:29:07et le prix
00:29:08était élevé.
00:29:10Plusieurs centaines
00:29:11de millions.
00:29:16Désolé,
00:29:17je n'ai pas
00:29:17tous les chiffres
00:29:18en tête,
00:29:18j'ai fait
00:29:19plus de 250 deals.
00:29:24Attiré par
00:29:25ces perspectives
00:29:25de profit colossal,
00:29:27trois fonds
00:29:28vont se succéder
00:29:29en huit ans
00:29:29pour reprendre
00:29:30Four Seasons
00:29:31à tour de rôle.
00:29:34Ils procèdent
00:29:35via un mécanisme
00:29:36bien connu
00:29:36des experts.
00:29:37Pour obtenir
00:29:38le gain
00:29:38le plus élevé
00:29:39possible,
00:29:40ils rachètent
00:29:41le groupe
00:29:41en investissant
00:29:42peu d'argent
00:29:42propre
00:29:43et en ayant
00:29:44recours
00:29:44à beaucoup
00:29:45d'endettements.
00:29:48Chaque nouvel
00:29:49acquéreur
00:29:49avait pour stratégie
00:29:50de faire grossir
00:29:51l'entreprise
00:29:52en pensant
00:29:53que plus elle
00:29:54serait grande,
00:29:55plus elle
00:29:55se vendrait cher.
00:29:57plus ça allait
00:29:58et c'est l'un
00:29:59des problèmes
00:30:00clés du secteur,
00:30:02plus les dettes
00:30:02s'accumulaient.
00:30:04Il y avait
00:30:04de plus en plus
00:30:05d'emprunts
00:30:05et donc
00:30:06de plus en plus
00:30:07d'intérêts
00:30:07à payer.
00:30:08Ce n'était pas
00:30:09des emprunts
00:30:10classiques
00:30:11avec des taux
00:30:11de 3 ou 5%.
00:30:14Certains taux
00:30:15montaient
00:30:15jusqu'à 15 ou 18%
00:30:17dans un secteur
00:30:18qui ne rapporte
00:30:19pas autant.
00:30:22À son apogée,
00:30:23il y avait presque
00:30:241,2 milliard
00:30:25de livres
00:30:26de dettes
00:30:26pour une société
00:30:27qui en gagne
00:30:28environ 1,5 million
00:30:29par an.
00:30:30C'est là
00:30:31que le groupe
00:30:31a été démantelé
00:30:32et placé
00:30:33sous administration
00:30:33judiciaire.
00:30:52La chute
00:30:53de l'un
00:30:53des plus grands
00:30:54opérateurs britanniques
00:30:55met dans le désarroi
00:30:5617 000 familles
00:30:57et 22 000 salariés.
00:31:01Avec le recul,
00:31:02celui qui a fait
00:31:03entrer le loup
00:31:04dans la bergerie
00:31:05fait son mea culpa
00:31:06et dénonce
00:31:07lui-même
00:31:07les effets pervers
00:31:08de la financiarisation
00:31:09à outrance
00:31:10du secteur.
00:31:12« Je suis le premier
00:31:14à avoir fait entrer
00:31:14une société
00:31:15de capital
00:31:16risque
00:31:16Alchemy
00:31:17Partners
00:31:17dans
00:31:18Four Seasons.
00:31:19Les autres fonds,
00:31:20ceux qui sont arrivés
00:31:21après,
00:31:21ne se sont pas bien
00:31:22comportés.
00:31:23Mais si je n'avais pas
00:31:24ouvert la porte,
00:31:25ils n'auraient pas pu
00:31:25s'introduire.
00:31:26J'ai donc un fardeau
00:31:27à porter.
00:31:28C'est la responsabilité
00:31:29que je dois assumer.
00:31:31Est-ce que je le referai
00:31:32aujourd'hui ?
00:31:33Non.
00:31:35Les rendements annuels
00:31:36trop ambitieux
00:31:37que ces fonds d'investissement
00:31:38ont essayé d'extraire
00:31:40du secteur
00:31:40des maisons de retraite
00:31:44ont, à mon avis,
00:31:45causé beaucoup de dégâts.
00:31:48Dans leur tête,
00:31:49c'est comme ça
00:31:50que ça fonctionne.
00:31:51C'est ce qu'ils font.
00:31:52Ils achètent
00:31:53beaucoup d'établissements,
00:31:54les agrègent
00:31:55pour créer
00:31:56artificiellement
00:31:57de la valeur,
00:31:57puis ils se retirent
00:31:59en ayant gagné
00:31:59beaucoup d'argent.
00:32:05Pour les opérateurs
00:32:07encore à flot,
00:32:08le maintien
00:32:09de la rentabilité
00:32:09passe par une sélection
00:32:10des bons clients,
00:32:12ceux qui ont les moyens.
00:32:14Les groupes privés
00:32:15ont tendance
00:32:16à fermer
00:32:16les maisons de retraite
00:32:17moins rentables
00:32:18dans les régions pauvres
00:32:19où les subventions
00:32:20locales sont peu élevées.
00:32:23A leur place,
00:32:24des établissements
00:32:25luxueux voient le jour.
00:32:32La plupart
00:32:33de leurs pensionnaires
00:32:34supportent seuls
00:32:35une facture très élevée.
00:32:37Près de la moitié
00:32:37des Britanniques
00:32:38sont ce qu'on appelle
00:32:39des self-payers,
00:32:41ceux qui payent eux-mêmes
00:32:42sans allocation
00:32:43de l'État.
00:32:44Ce sont ces clients
00:32:45qui fournissent
00:32:46aux grands groupes
00:32:47l'essentiel
00:32:47de leur marge.
00:32:50Certaines entreprises
00:32:51se font beaucoup d'argent,
00:32:53en particulier
00:32:54sur les résidents privés,
00:32:56ceux qui paient
00:32:56de leur propre poche.
00:32:58Elles font sortir
00:32:59énormément d'argent
00:33:00du système
00:33:01et beaucoup
00:33:02d'entre elles
00:33:02possèdent des filiales
00:33:03dans des paradis fiscaux.
00:33:05On peut donc dire
00:33:06que c'est une perte nette
00:33:07pour le Royaume-Uni
00:33:08parce que cet argent
00:33:09n'est pas imposé
00:33:10comme il le devrait.
00:33:11Ces revenus
00:33:12quittent le pays
00:33:13et le gouvernement
00:33:14ne peut les réinvestir
00:33:15pour financer
00:33:16les maisons de retraite
00:33:17ou autre.
00:33:17ou n'importe où.
00:33:20Quel point commun
00:33:21entre les Anglais
00:33:22Four Seasons
00:33:23et HC1 ?
00:33:24Ou encore Domusvie,
00:33:26le groupe français
00:33:27leader en Espagne ?
00:33:29Tous procèdent
00:33:30d'un montage financier
00:33:31complexe
00:33:32dont les ramifications
00:33:33aboutissent
00:33:33dans différents paradis fiscaux
00:33:35comme Garnezet.
00:33:37Les fonds d'investissement
00:33:39actifs sur ce marché
00:33:40parviendraient ainsi
00:33:41à échapper en partie
00:33:42à l'impôt sur les profits,
00:33:44gagnés pourtant
00:33:45grâce à l'argent public.
00:33:48Je vais vous montrer
00:33:49la structure classique
00:33:51d'un fonds de capital risque.
00:33:5332 entreprises.
00:33:54La première d'entre elles
00:33:55est aux îles Caïmans
00:33:56et porte le nom
00:33:58d'un film de James Bond,
00:34:00Skyfall.
00:34:01C'est fait exprès
00:34:02pour que ni vous
00:34:03ni des analystes
00:34:04comme moi
00:34:05ne puissions comprendre.
00:34:06On se perd
00:34:07dans le brouillard.
00:34:11Pourquoi est-ce
00:34:12que le gouvernement
00:34:12britannique
00:34:13tolère qu'un grand groupe
00:34:14de maisons de retraite
00:34:15transfère de l'argent
00:34:16à l'étranger
00:34:17pour tenter
00:34:18d'échapper à l'impôt ?
00:34:19Si c'est bien le cas.
00:34:20Pourquoi ?
00:34:20La réglementation
00:34:21est défaillante.
00:34:24Face à cette situation,
00:34:26la classe politique
00:34:27reste inerte.
00:34:28Aucune des grandes promesses
00:34:29comme celle affichée
00:34:30par Boris Johnson
00:34:31n'a été mise en œuvre.
00:34:49De beaux discours,
00:34:52mais dans les faits,
00:34:53l'État continue
00:34:54de choyer les grands groupes.
00:34:56Depuis 2014,
00:34:58une loi contraint
00:34:59les municipalités
00:35:00a trouvé des solutions
00:35:01de relogement
00:35:01lors des fermetures
00:35:03de maisons de retraite privées.
00:35:06Une aubaine
00:35:06pour les gros opérateurs
00:35:08qui n'ont plus
00:35:09à assumer
00:35:09cette lourde responsabilité.
00:35:12Pourquoi
00:35:12une telle mensuétude ?
00:35:19Si ces entreprises
00:35:20quittent le secteur,
00:35:21où trouver
00:35:22de nouvelles ressources ?
00:35:23Où trouver l'argent
00:35:24pour construire
00:35:25de nouvelles maisons
00:35:26de retraite ?
00:35:27Pour maintenir
00:35:28celles qui sont
00:35:28en activité ?
00:35:31Le gouvernement
00:35:32se retrouve donc
00:35:33dans une impasse.
00:35:35S'il dérange trop
00:35:36ces grands acteurs,
00:35:38quelle est l'alternative ?
00:35:44Après avoir été forcé
00:35:46de quitter HC-1,
00:35:48Paul a réussi
00:35:48à obtenir
00:35:49une nouvelle place
00:35:50ici pour sa mère
00:35:51de 93 ans.
00:35:52Mais cette maison
00:35:53de retraite
00:35:54a été à son tour
00:35:55mise en vente.
00:36:09N'est-ce pas assez
00:36:10de subir
00:36:11la détérioration
00:36:12de son corps ?
00:36:17L'altération
00:36:18de son esprit ?
00:36:22Faut-il encore
00:36:24subir un système
00:36:25qui enferme
00:36:25et fait perdre
00:36:27tous ses repères ?
00:36:40En bon capitaliste,
00:36:42les marchands
00:36:43de vieillesse
00:36:43savent parfaitement
00:36:44s'adapter à la demande.
00:36:47En Allemagne,
00:36:488 familles sur 10
00:36:50préfèrent recourir
00:36:51au maintien à domicile
00:36:52avec l'assistance
00:36:53d'une auxiliaire de vie.
00:36:57plusieurs centaines
00:36:58d'agences ont investi
00:36:59ce marché
00:36:59en plein essor
00:37:00pour servir
00:37:01d'intermédiaire.
00:37:03Elles font venir
00:37:04des femmes
00:37:04d'Europe de l'Est,
00:37:06une main-d'oeuvre
00:37:06travailleuse,
00:37:07flexible
00:37:08et moins chère
00:37:09que le personnel allemand.
00:37:20Dana est arrivée
00:37:21de Roumanie
00:37:22il y a quelques mois
00:37:23pour s'installer
00:37:24dans ce quartier
00:37:24d'Augsbourg
00:37:25en Bavière
00:37:26et s'occuper
00:37:27de Léo.
00:37:29Le vieux monsieur
00:37:30a construit
00:37:31cette maison
00:37:31de ses mains.
00:37:33Grâce à la présence
00:37:34de cette aide
00:37:34à domicile,
00:37:35il va pouvoir
00:37:36finir ses jours ici,
00:37:38entouré de ses souvenirs.
00:37:39Léo,
00:37:39kannst du...
00:37:40Léo,
00:37:41ich nehme es so.
00:37:42Danke.
00:37:42Du nimmst
00:37:43den Ring
00:37:43und denkst,
00:37:44das ist mein Ring.
00:37:46Möchtest du den Ring
00:37:46lieber?
00:37:48Ich brauche
00:37:49das mit Bauch.
00:37:53So.
00:37:54Ja, Léo.
00:38:16La présence permanente
00:38:19de Dana
00:38:19rassure Marianne,
00:38:20la fille de Léo
00:38:22qui vit
00:38:22à plusieurs centaines
00:38:23de kilomètres
00:38:24de là.
00:38:28Ici,
00:38:29je suis très heureux.
00:38:31La maison de retraite,
00:38:33j'en partirai direct.
00:38:34J'aime pas.
00:38:38Pour mon père,
00:38:39c'est important
00:38:40de rester à la maison.
00:38:41Il l'a construite
00:38:42avec ma mère,
00:38:43nous y avons grandi,
00:38:44il y vit depuis 60 ans.
00:38:46Nous voulons
00:38:46qu'il reste ici
00:38:47le plus longtemps possible.
00:38:48C'est mieux
00:38:49que d'être arraché
00:38:49à son environnement
00:38:50habituel.
00:38:51Oui, c'est sûr.
00:38:53Je voulais absolument
00:38:54avoir une agence sérieuse
00:38:55qui paie bien
00:38:56son personnel,
00:38:57qui garantit
00:38:58une protection sociale,
00:38:59que tout soit couvert.
00:39:02L'important pour moi,
00:39:04c'est d'avoir
00:39:05une agence
00:39:05qui travaille légalement,
00:39:07sérieusement,
00:39:09selon les lois allemandes.
00:39:13La famille de Léo
00:39:14dépense
00:39:153 238 euros
00:39:16chaque mois
00:39:17pour ce service.
00:39:19Cette somme
00:39:20est partagée
00:39:21entre deux intermédiaires.
00:39:243 000 euros
00:39:24vont à l'agence roumaine
00:39:26chargée du recrutement
00:39:27de l'employé
00:39:27et du paiement
00:39:28des cotisations sociales
00:39:29là-bas.
00:39:31Cette structure
00:39:32règle 2 000 euros
00:39:34de salaire à Dana.
00:39:36Le reste,
00:39:37238 euros,
00:39:39est versé
00:39:39à Vis-à-vis 24,
00:39:41une agence allemande
00:39:42chargée
00:39:42de la mise en contact.
00:39:51entre Dana et Léo,
00:39:53tout se passe à merveille.
00:39:55Mais ce n'est pas
00:39:55toujours aussi simple.
00:39:57L'univers des agences
00:39:58de placement
00:39:59est un milieu opaque,
00:40:00aux pratiques
00:40:01parfois douteuses.
00:40:02Les familles
00:40:03ont beaucoup de mal
00:40:04à s'assurer
00:40:04du sérieux
00:40:05de ces intermédiaires.
00:40:11Les aides à domicile
00:40:12étrangères
00:40:13sont particulièrement
00:40:14vulnérables.
00:40:16Les agences recrutent
00:40:17dans des régions
00:40:18déshéritées
00:40:18d'Europe de l'Est
00:40:19des femmes au chômage,
00:40:21endettées,
00:40:22peu susceptibles
00:40:23de revendiquer
00:40:23de meilleures conditions
00:40:24de travail.
00:40:26Anna est polonaise.
00:40:28Elle est partie
00:40:29du jour au lendemain
00:40:30pour une mission
00:40:31près de Dusseldorf.
00:40:33On ne sait pas
00:40:34où on met les pieds.
00:40:35On nous garantit
00:40:36certaines conditions
00:40:37de travail,
00:40:37mais sur place,
00:40:38on en découvre d'autres.
00:40:40Il m'est arrivé
00:40:41d'accepter une mission
00:40:42auprès d'une seigneure
00:40:43soi-disant en bonne santé.
00:40:44J'ai découvert en réalité
00:40:45une dame
00:40:46avec une jambe en moins,
00:40:47un rein en moins,
00:40:48un estomac opéré.
00:40:50Il y avait de l'urine,
00:40:52des excréments,
00:40:53les pansements se salissaient.
00:40:54C'est moi qui les changeais.
00:40:56C'est quelque chose
00:40:57que je n'avais pas à faire,
00:40:58mais on nous le demandait
00:40:59et on nous apprenait
00:41:00à le faire.
00:41:09Elle est décédée.
00:41:11Il n'y avait plus rien
00:41:12à faire.
00:41:13La famille n'était pas là.
00:41:15J'étais complètement seule.
00:41:23On nous traite
00:41:25comme des bonnes
00:41:25du tiers-monde.
00:41:26On entend souvent
00:41:27cette expression
00:41:28« les filles du bloc de l'Est ».
00:41:30Aucune soignante allemande
00:41:31n'aurait accepté
00:41:32ces conditions-là.
00:41:32On accepte ça
00:41:33parce qu'en Pologne,
00:41:34aucune femme
00:41:35ne peut gagner autant.
00:41:41Le prix de ce travail,
00:41:42c'est notre santé.
00:41:43C'est la séparation
00:41:45d'avec notre propre famille,
00:41:46qui se fissure.
00:41:47C'est un temps
00:41:48qu'on ne rattrapera plus.
00:41:57Combien de femmes
00:41:58servent ainsi
00:41:59de main-d'oeuvre bon marché,
00:42:01corvéables à Merci ?
00:42:03L'opacité du secteur
00:42:04rend leur décompte impossible.
00:42:11On ne sait pas exactement
00:42:12combien d'auxiliaires de vie
00:42:13originaires d'Europe de l'Est
00:42:15travaillent aujourd'hui
00:42:16en Allemagne.
00:42:17On peut juste faire
00:42:18une estimation approximative
00:42:20entre 300 et 600 000 personnes.
00:42:25Tout se passe
00:42:25dans une zone grise.
00:42:27Les aides à domicile
00:42:28ne sont pas visibles
00:42:28dans l'espace public.
00:42:30Elles ne sont pas non plus
00:42:31visibles pour le voisinage
00:42:32ou les proches
00:42:32qui habitent à proximité
00:42:34parce qu'elles vivent
00:42:35chez les gens
00:42:35et doivent être
00:42:36à leur disposition
00:42:3724 heures sur 24.
00:42:41Elles n'apparaissent pas
00:42:42non plus dans les statistiques
00:42:43des services de soins
00:42:44dont nous disposons
00:42:45en Allemagne.
00:42:46n'apparaissent pas
00:42:47sur les services de soins.
00:43:12Les 24 heures
00:43:15rundum-betreuung
00:43:16sont à l'égard,
00:43:17même dans les agences
00:43:18les plus sérieuses.
00:43:19Vis-à-vis 24.eu
00:43:23Évidemment,
00:43:24ce n'est pas une promesse réaliste.
00:43:28C'est pour cela
00:43:29que nous avons décidé
00:43:30il y a quelques années
00:43:31de ne plus mentionner
00:43:32sur notre site internet
00:43:34l'assistance 24 heures sur 24
00:43:36mais uniquement
00:43:37l'assistance à domicile.
00:43:39La grande majorité des clients
00:43:41n'a pas besoin
00:43:42d'une assistance
00:43:43pendant la nuit
00:43:43sauf peut-être
00:43:45deux ou trois fois
00:43:46pour aller aux toilettes.
00:43:47Ce qui peut être compliqué
00:43:48c'est de distinguer
00:43:49le temps de travail,
00:43:50le temps de garde,
00:43:52l'astreinte
00:43:52et le temps libre.
00:43:54Et le fait que ces personnes
00:43:55soient des livines,
00:43:56c'est-à-dire qu'elles vivent
00:43:57sous le même toit,
00:43:59rend impossible
00:43:59les horaires de travail classiques
00:44:01de 9h à 17h
00:44:03inscrits dans le droit
00:44:04du travail allemand.
00:44:07Un tribunal a pourtant tranché.
00:44:09En 2021,
00:44:11une aide à domicile bulgare
00:44:13a fait reconnaître
00:44:14ces heures d'astreinte la nuit
00:44:15comme du temps de travail effectif.
00:44:18Paradoxalement,
00:44:19cette victoire judiciaire
00:44:20symbolique
00:44:21a eu des répercussions
00:44:22négatives.
00:44:24Les agences
00:44:25essaient de les engager
00:44:26en dehors du cadre juridique
00:44:28d'un contrat de travail.
00:44:32Elles ont maintenant tendance
00:44:33à privilégier le recrutement
00:44:35d'auto-entrepreneurs
00:44:36afin d'éviter
00:44:38les obligations contractuelles.
00:44:39de la situation
00:44:41qui est en dehors de la situation
00:44:42de la société.
00:44:42Ça veut dire que ces personnes
00:44:44ont encore moins de droits.
00:44:48Mais par qui remplacer
00:44:50cette main-d'œuvre
00:44:51si pratique ?
00:44:52L'argument des agences
00:44:53est imparable.
00:44:55Le secteur ne peut se passer
00:44:56d'elle.
00:44:57sans ces personnes,
00:45:01notre système de santé
00:45:02se serait effondré
00:45:03depuis longtemps.
00:45:06Quelle est l'alternative ?
00:45:07Il n'y a pas d'alternative.
00:45:09Tout le secteur de l'aide
00:45:10à domicile est privatisé.
00:45:14Il n'y a quasiment pas
00:45:15d'organisme public
00:45:16ou semi-public
00:45:17qui propose
00:45:18quoi que ce soit
00:45:18dans ce domaine.
00:45:23L'Union européenne
00:45:24a dressé un constat
00:45:25très sévère
00:45:26des conditions de vie
00:45:27et de travail
00:45:28de ces aides
00:45:29à domicile étrangères.
00:45:31Son comité économique
00:45:32et social
00:45:33a même affirmé
00:45:34que certaines situations
00:45:35avaient l'allure
00:45:36d'un esclavage moderne.
00:45:42C'était en mars 2018.
00:45:44Depuis,
00:45:46rien n'a changé.
00:45:48On ne peut pas
00:45:49continuer comme ça.
00:45:51Partout sur la planète,
00:45:52la population vieillit.
00:45:54Il n'y a donc pas
00:45:55assez de gens
00:45:55pour s'occuper
00:45:56des personnes âgées.
00:45:58Les employés polonaises
00:45:59s'occupent
00:46:00des personnes âgées allemandes.
00:46:02Les ukrainiennes
00:46:03s'occupent
00:46:04des personnes âgées polonaises.
00:46:07On va toujours
00:46:08plus loin à l'est
00:46:09pour chercher
00:46:10des travailleuses.
00:46:11Et puis,
00:46:12il y a les femmes philippines
00:46:13qui s'occupent
00:46:13de tout le monde.
00:46:15Mais ça ne devrait pas
00:46:16se passer comme ça.
00:46:17Nous ne pouvons pas
00:46:18compter indéfiniment
00:46:19sur d'autres pays.
00:46:21Parce qu'alors,
00:46:23qui va s'occuper
00:46:23des personnes âgées
00:46:25en Ukraine
00:46:25ou aux Philippines ?
00:46:33Une division internationale
00:46:35du travail
00:46:35où les profiteurs
00:46:37de vieillesse
00:46:37captent les auxiliaires
00:46:39de vie
00:46:39des régions
00:46:40les plus pauvres
00:46:40et se jouent
00:46:41des réglementations
00:46:42et des frontières.
00:46:51En Europe,
00:46:53il existe un royaume
00:46:54où les seniors
00:46:55se déclarent heureux,
00:46:56plus heureux
00:46:57que partout ailleurs
00:46:58sur le continent.
00:46:59Le Danemark.
00:47:03Et comme rien
00:47:04n'arrive par hasard,
00:47:05ce champion consacre
00:47:063,6% de son PIB
00:47:08aux aînés,
00:47:0930% de plus
00:47:10que la France,
00:47:1235% de plus
00:47:13que l'Allemagne.
00:47:14Ici,
00:47:15le grand âge
00:47:16est une mission
00:47:16confiée aux municipalités,
00:47:18un service 100% public,
00:47:20financé par l'impôt.
00:47:22la prévention
00:47:23et le maintien
00:47:24à domicile
00:47:24sont au cœur
00:47:25d'un système
00:47:26reposant aussi
00:47:27sur le bénévolat.
00:47:33La généralisation
00:47:35des déambulateurs
00:47:36a permis de limiter
00:47:37le nombre de chutes,
00:47:38de fractures
00:47:39et donc
00:47:40d'hospitalisation.
00:47:45En cas d'accident,
00:47:47la commune finance
00:47:48des séances de rééducation
00:47:49à l'aide
00:47:50parfois de robots.
00:47:53L'objectif
00:47:54est de favoriser
00:47:55le maintien
00:47:56de l'autonomie
00:47:57et de reculer
00:47:58le plus possible
00:47:59le départ
00:47:59en maison de retraite.
00:48:02Rester chez soi
00:48:03coûte 5 fois
00:48:04moins cher
00:48:05à la collectivité.
00:48:06D'ailleurs,
00:48:07le pays a cessé
00:48:08de construire
00:48:08des maisons de retraite
00:48:09il y a près de 40 ans.
00:48:11Mais cela ne suffit pas
00:48:13à résoudre
00:48:14le défi financier
00:48:15du vieillissement.
00:48:17Les communes
00:48:18consacrent 13%
00:48:19de leur budget
00:48:19aux personnes âgées.
00:48:21Comme la plupart
00:48:22des collectivités danoises,
00:48:25Helsingor,
00:48:26ville de 64 000 habitants,
00:48:28est étranglée financièrement.
00:48:30En 2023,
00:48:32il manquait
00:48:321,6 million d'euros
00:48:34pour boucler
00:48:34le budget
00:48:35dédié aux aînés.
00:48:41Le budget dédié
00:48:42aux personnes âgées
00:48:43est très serré
00:48:43parce que nous avons
00:48:44une demande croissante.
00:48:46Le point positif,
00:48:48c'est que nos aînés
00:48:49vivent plus longtemps.
00:48:50De plus en plus
00:48:51de personnes
00:48:52atteignent 90,
00:48:54voire 100 ans.
00:48:55Mais ça veut dire aussi
00:48:57qu'elles ont plus
00:48:58de maladies chroniques
00:48:59qui nécessitent une aide.
00:49:00ça exerce une pression
00:49:02sur le budget
00:49:03alors que nous avons
00:49:04un plafond de dépenses
00:49:05pour cette population.
00:49:07Un plafond
00:49:07que l'État
00:49:08lui-même a fixé.
00:49:13Limiter le budget
00:49:14consacré aux seniors
00:49:15pour éviter
00:49:16de tout prendre
00:49:17aux jeunes générations,
00:49:18pas simple.
00:49:20Au Danemark,
00:49:21lorsque les politiques
00:49:22tentent de renier
00:49:23sur les dépenses
00:49:23consacrées au grand âge,
00:49:25ils sont obligés
00:49:26de se méfier.
00:49:27car les vieux Danois
00:49:28ne se laissent pas faire.
00:49:30Au fil des ans,
00:49:32ils ont bâti
00:49:33un outil d'influence
00:49:34redoutable.
00:49:35L'association
00:49:36Eldrezagen,
00:49:37en français,
00:49:38l'affaire des aînés,
00:49:39regroupe
00:49:40un million de Danois,
00:49:41un citoyen sur sept.
00:49:44Avec 180 salariés
00:49:45et 200 antennes locales,
00:49:48elle n'est pas là
00:49:49pour jouer les figurants.
00:49:50Bjarne Strupp,
00:49:52le fondateur,
00:49:53côtoie les politiciens
00:49:54les plus puissants
00:49:55du Danemark.
00:49:57Ce jour-là,
00:49:58le bureau de Copenhague
00:49:59tient son assemblée annuelle.
00:50:08«Ånsker politikerne
00:50:09at løse problemet,
00:50:10altså landspolitikerne?
00:50:12Hvad tænker du om det,
00:50:13Arne?»
00:50:14«Vil I ha'
00:50:15at jeg skal spørge dem
00:50:16om det?»
00:50:19«Altså,
00:50:21de ønsker reformer,
00:50:22vi ønsker forbedringer,
00:50:25og reformer er det ikke
00:50:26ensbetydende med forbedringer,
00:50:28de ønsker at få problemerne
00:50:30fra Christian Spors,
00:50:32Borre,
00:50:33og ut i hoved på kommunene.
00:50:35Og derude,
00:50:36der skal vi hjelpe kommunene
00:50:38med at få tilstrekke
00:50:39med medarbeider
00:50:39og tilstrekke med penge.
00:50:43En septembre 2022,
00:50:45la première ministre
00:50:46est venue en personne
00:50:47au siège de l'association
00:50:49pour expliquer ses projets
00:50:50en direct à la télévision.
00:50:52En 40 ans d'existence,
00:50:55Eldre Zagen
00:50:55a fait plier
00:50:56plus d'un gouvernement.
00:51:00en 2015,
00:51:02le ministre des Finances
00:51:03a voulu réduire
00:51:04l'allocation logement
00:51:06pour les personnes âgées.
00:51:08Il pensait
00:51:09que ça ne toucherait
00:51:10pas beaucoup de gens.
00:51:13Nous avons fait
00:51:14une étude
00:51:15montrant
00:51:15que 200 000
00:51:16personnes âgées
00:51:17avaient vu
00:51:18leurs allocations
00:51:19logement
00:51:19se réduire.
00:51:21À cette époque,
00:51:23j'étais presque
00:51:23tous les matins
00:51:24sur une chaîne
00:51:24de télévision
00:51:25et je finissais
00:51:27le soir
00:51:27sur une autre chaîne
00:51:28parce que ce sujet
00:51:29passionnait
00:51:30l'ensemble
00:51:30de la population
00:51:31danoise.
00:51:32C'est vraiment ça
00:51:33que le gouvernement
00:51:34veut faire.
00:51:36Ils ont fini
00:51:36par retirer
00:51:37l'ensemble
00:51:38de leurs projets.
00:51:39C'est l'une
00:51:39de nos très grandes
00:51:40réussites.
00:51:43Les mamies
00:51:44et les papys
00:51:45danois
00:51:45font de la résistance.
00:51:48Leur organisation
00:51:49est un modèle
00:51:50pour défendre
00:51:50les droits
00:51:51et la dignité
00:51:52des personnes âgées.
00:51:54Les autres
00:51:54européens
00:51:55pourraient
00:51:55s'en inspirer.
00:51:57Mais le lobby
00:51:58des cheveux blancs
00:51:59pourra-t-il tenir
00:52:00éternellement
00:52:00face aux enjeux budgétaires ?
00:52:02Pas sûr.
00:52:06Ces derniers mois
00:52:07au Danemark,
00:52:08plusieurs parties
00:52:09ont évoqué
00:52:09l'idée
00:52:10que chaque Danois
00:52:11épargne désormais
00:52:12pour sa propre vieillesse
00:52:13afin de soulager
00:52:14les finances publiques.
00:52:18Une première étape,
00:52:19peut-être,
00:52:20vers la privatisation
00:52:21des services aux aînés
00:52:22et la remise en cause
00:52:24de l'état-providence
00:52:25comme cela s'est déjà
00:52:26produit ailleurs
00:52:27en Europe.
00:52:40La vieillesse peut être heureuse
00:52:42même en maison de retraite.
00:52:48Comme ici,
00:52:49à Nantes,
00:52:50le temps d'une séance photo
00:52:51où les rôles
00:52:52ont été inversés.
00:52:56Les résidents
00:52:57ont quitté leur lit,
00:52:59leur fauteuil
00:52:59pour s'occuper
00:53:00à leur tour
00:53:01de l'équipe soignante.
00:53:06Ils sont devenus
00:53:07coiffeurs,
00:53:08cuisiniers,
00:53:09secrétaires,
00:53:10blanchisseurs.
00:53:13Des métiers
00:53:14qu'ils ont pu exercer
00:53:15dans leur jeunesse.
00:53:19Un premier pas
00:53:20pour changer
00:53:21de regard
00:53:22sur nos aînés.
00:53:30Un Européen sur cinq
00:53:31a plus de 65 ans.
00:53:33Ils seront
00:53:34un sur trois
00:53:35d'ici 2050
00:53:36et l'espérance de vie
00:53:38continue d'augmenter.
00:53:40Partout donc
00:53:41se pose de plus en plus
00:53:42la question
00:53:43de la prise en charge
00:53:44du grand âge
00:53:45en situation
00:53:46de dépendance
00:53:47comme en témoigne
00:53:48à l'instant
00:53:49ce documentaire
00:53:50réalisé par
00:53:50Laurence Deleur
00:53:51et Nathalie
00:53:52Hemsolem
00:53:53et pour soulager
00:53:54les finances publiques
00:53:56nombre d'États
00:53:57vous venez de le voir
00:53:58confient désormais
00:53:59l'accompagnement
00:54:00de leurs seniors
00:54:01aux entreprises privées
00:54:02et à leur soif
00:54:04de rentabilité.
00:54:05Nous allons y revenir
00:54:06avec nos invités
00:54:07présents maintenant
00:54:07sur ce plateau
00:54:09de débattoc.
00:54:10Laurence Deleur
00:54:10est avec nous.
00:54:11Bienvenue à vous.
00:54:12Vous êtes journaliste
00:54:14et donc co-réalisatrice
00:54:15de ce documentaire
00:54:16Hold Up sur les vieux
00:54:17aux côtés
00:54:18de Nathalie Hemsolem.
00:54:19On vous doit
00:54:20par ailleurs
00:54:20cette longue enquête
00:54:22de 18 mois
00:54:23publiée voilà peu
00:54:24dans la revue 21
00:54:25avec pour titre
00:54:26Mirage pour le 3ème âge
00:54:28on va revenir
00:54:28sur ce tour d'Europe
00:54:29et on va le faire aussi
00:54:30avec Frédéric Bizarre.
00:54:31Bienvenue à vous.
00:54:32Vous êtes économiste
00:54:34spécialiste
00:54:34des questions
00:54:35de protection sociale
00:54:36et de santé.
00:54:37Vous êtes professeur
00:54:38affilié à l'ESCP
00:54:40et président fondateur
00:54:41d'un think-fang
00:54:42qui s'institule
00:54:43l'Institut Santé.
00:54:45Vous avez notamment
00:54:45dirigé cet ouvrage
00:54:46on va le citer
00:54:47Les itinérants
00:54:48de la santé
00:54:48quel futur
00:54:49pour notre système
00:54:51de santé
00:54:51c'est un ouvrage
00:54:52disponible
00:54:52chez Michelon.
00:54:54Valentine Trépied
00:54:55est également avec nous.
00:54:56Bienvenue à vous.
00:54:57Vous êtes sociologue
00:54:58spécialiste
00:54:58de la vieillesse
00:54:59et du vieillissement.
00:55:00Vous voulez modérer
00:55:02l'EHPAD bashing.
00:55:03Non dites-vous
00:55:04tous les vieux
00:55:05ne sont pas malheureux
00:55:06en EHPAD.
00:55:07On y reviendra
00:55:07bien sûr avec vous
00:55:08dans un instant.
00:55:09Et vous êtes l'auteur
00:55:10de cet ouvrage
00:55:11spécialisé
00:55:12intitulé
00:55:12Habité Kersalik
00:55:14du nom d'un lieu
00:55:15situé à Guingamp
00:55:16dans les Côtes d'Armor
00:55:17en Bretagne
00:55:18bien sûr
00:55:19où un nouveau modèle
00:55:20d'accompagnement
00:55:21médico-social
00:55:22a vu le jour
00:55:22pour les personnes
00:55:23dépendantes.
00:55:23Vous nous en direz un mot
00:55:24lorsqu'il s'agira
00:55:25peut-être d'évaluer
00:55:26des solutions
00:55:28peut-être alternatives
00:55:29aux EHPAD
00:55:30bien entendu
00:55:31car c'est notre sujet
00:55:32aujourd'hui.
00:55:33Alors c'est un système
00:55:34bien français
00:55:34les EHPAD
00:55:35on pourra peut-être
00:55:35en reparler
00:55:36nous sommes en Europe
00:55:37ceux qui mettons
00:55:38le plus
00:55:38de personnes dépendantes
00:55:40dans ces fameux
00:55:41établissements
00:55:42d'émergement
00:55:42pour personnes
00:55:43âgées
00:55:44dépendantes
00:55:45et c'est le mot
00:55:45dépendante
00:55:46évidemment
00:55:46qui est important
00:55:47et à propos
00:55:48de votre film
00:55:49et de ces EHPAD
00:55:50vous dites
00:55:50la question est politique
00:55:52il faut savoir
00:55:52si les politiques
00:55:53décident de confier
00:55:54les personnes âgées
00:55:55à des entreprises
00:55:56ou est-ce qu'on considère
00:55:58que la personne âgée
00:55:59n'est pas
00:55:59une marchandise
00:56:01voilà comment
00:56:01vous nous expliquez
00:56:02la démarche
00:56:03qui a amené
00:56:04à faire cette enquête.
00:56:06Oui effectivement
00:56:07cette enquête
00:56:07elle est née
00:56:08au lendemain
00:56:08de l'affaire Orpéa
00:56:09quand le livre
00:56:10de Victor Castanel
00:56:11et les Fossoyeurs
00:56:12est sorti en janvier 2022
00:56:13et que cette affaire
00:56:15a défrayé vraiment
00:56:16la chronique
00:56:17et nous on s'est dit
00:56:19voilà
00:56:19est-ce que cette affaire
00:56:20elle est unique
00:56:21en son genre
00:56:21elle est particulière
00:56:22ou est-ce que
00:56:23toutes ces entreprises privées
00:56:25qui s'occupent
00:56:26de ces personnes âgées
00:56:27on va retrouver
00:56:28un petit peu
00:56:28ces mêmes thématiques
00:56:29qui sont décrites
00:56:30dans le livre
00:56:30à savoir
00:56:32faire de la rentabilité
00:56:33parce qu'une entreprise privée
00:56:34qu'est-ce qu'elle fait
00:56:35elle fait du profit.
00:56:36Avec des taux de rentabilité
00:56:38de l'ordre de 10%
00:56:39c'est ce que vous dites
00:56:40dans ce documentaire
00:56:41qui est un taux assez élevé
00:56:43comparable à d'autres entreprises
00:56:44du CAC 40 d'ailleurs.
00:56:45C'est ça
00:56:46donc ce qui nous a intéressé
00:56:47c'est de savoir
00:56:48comment on fait
00:56:49une telle rentabilité
00:56:50comment on y arrive
00:56:52comment le secteur
00:56:53est organisé
00:56:54comment il est financiarisé
00:56:55mais effectivement
00:56:56ce que vous dites aussi
00:56:57c'est que moi
00:56:57ce qui m'intéressait
00:56:58c'était de questionner
00:56:59la responsabilité du politique
00:57:00et c'est peut-être ça
00:57:02que je trouve
00:57:02finalement paradoxalement
00:57:04aussi le plus intéressant
00:57:05et le plus important
00:57:07voilà
00:57:07ça ne sert à rien
00:57:08de taper sur les entreprises
00:57:10privées
00:57:11sans questionner
00:57:11plus largement
00:57:12ce qu'il y a derrière
00:57:13et le fait
00:57:14qu'on les a autorisées
00:57:15à rentrer sur ce secteur
00:57:16comme pour les crèches
00:57:17par exemple
00:57:18parce qu'il y a d'autres
00:57:19thématiques
00:57:20où les entreprises privées
00:57:21s'occupent de personnes vulnérables
00:57:23voilà
00:57:23c'est ça qui nous a intéressé
00:57:24donc c'était
00:57:25ces fameuses entreprises privées
00:57:27d'ailleurs
00:57:28les trois plus importantes
00:57:29de ces entreprises
00:57:30sont d'origine française
00:57:32c'est ce que vous nous dites
00:57:33dans ce documentaire
00:57:34la première s'appelle
00:57:35Clariance aujourd'hui
00:57:36parce que les noms ont changé
00:57:37Clariane
00:57:38Clariane
00:57:39c'est excoriant
00:57:40évidemment
00:57:41dans ce film
00:57:42c'est le premier
00:57:42au palmarès français
00:57:43Domus V
00:57:45et puis
00:57:47Emmaïs
00:57:48Emmaïs
00:57:48qui était l'ancienne
00:57:50Orpéa
00:57:51Orpéa a changé de nom
00:57:52depuis peut-être
00:57:52d'ailleurs ce fameux livre
00:57:53Oui bien sûr c'est lié effectivement
00:57:55Les Fossoyeurs
00:57:55que vous avez cité à l'instant
00:57:57sachant que les EHPAD
00:57:59ont connu des périodes
00:58:00très difficiles
00:58:01il y a eu ce livre
00:58:02Les Fossoyeurs
00:58:02et puis d'autre part
00:58:03il y a eu la crise
00:58:04de la Covid
00:58:05on va rappeler tout de même
00:58:06que 44% des personnes
00:58:07décédées en France
00:58:09étaient des personnes
00:58:10décédées
00:58:11au sein
00:58:12des EHPAD français
00:58:13durant cette fameuse
00:58:14crise de la Covid
00:58:15on va donner quelques chiffres
00:58:17maintenant
00:58:18pour
00:58:19bien comprendre le débat
00:58:20concernant les EHPAD
00:58:21français
00:58:22ces fameux établissements
00:58:23d'hébergement
00:58:24pour personnes âgées
00:58:25dépendantes
00:58:25voilà leur réparation
00:58:26par secteur
00:58:2745% de ces établissements
00:58:30sont publics en France
00:58:3124% sont associatifs
00:58:34et 31%
00:58:35autrement dit
00:58:36près d'un tiers
00:58:36sont évidemment
00:58:37des établissements privés
00:58:39dont on a parlé tout à l'heure
00:58:40et puis
00:58:40second chiffre
00:58:41c'est le nombre
00:58:42d'établissements en France
00:58:43c'était en 2021
00:58:457353 établissements
00:58:46en France
00:58:47qui représentent
00:58:48595 000 lits
00:58:49et chaque résidence
00:58:51comprend en moyenne
00:58:51en moyenne
00:58:52bien entendu
00:58:5381 résidents
00:58:55vous avez l'allendu
00:58:56en ce qui vous concerne
00:58:57puisque vous dites
00:58:58tout simplement
00:58:58ce système
00:59:00des EHPAD
00:59:00bien entendu
00:59:01a une trentaine d'années
00:59:02aujourd'hui
00:59:03il est mort
00:59:04dites-vous
00:59:04ce sont des mouroirs
00:59:05qui coûtent extrêmement cher
00:59:08vous allez loin
00:59:09tout de même
00:59:10d'abord il faut différencier
00:59:11le système
00:59:12et les opérateurs
00:59:14moi ce que je
00:59:16pas que je dénonce
00:59:17mais que j'aimerais
00:59:17c'est qu'on arrive
00:59:18à un vrai système
00:59:19de prise en charge
00:59:21des seniors
00:59:22qui soit structuré
00:59:23ce qu'il y a
00:59:23dans cette enquête
00:59:24passionnante
00:59:25c'est qu'on voit bien
00:59:26et ça peut rassurer
00:59:28mais ça montre
00:59:29que nous ne sommes pas
00:59:30le seul pays
00:59:31à ne pas avoir pensé
00:59:32une politique publique
00:59:34d'avenir
00:59:35pour les seniors
00:59:36en dehors
00:59:36et on le sait
00:59:37des pays scandinaves
00:59:37il y a l'exemple du Danemark
00:59:38qui est là
00:59:39même si on voit
00:59:40que c'est pas parfait
00:59:40mais vous avez
00:59:42une organisation
00:59:43d'une politique publique
00:59:44avec un investissement
00:59:45ce qu'on appelle
00:59:45dans le capital humain
00:59:46parce que je vais y revenir
00:59:47c'est une notion
00:59:47dans la protection sociale
00:59:49nous nous sommes
00:59:50sur la réparation
00:59:52principalement
00:59:52nous ne sommes pas
00:59:53dans l'investissement
00:59:53dans le capital humain
00:59:54que ça soit
00:59:55pour la petite enfance
00:59:56ou pour les seniors
00:59:57nous considérons
00:59:58que ces deux phases
00:59:59de vie extrêmes
01:00:00ne sont pas productives
01:00:02et donc doivent générer
01:00:03un minimum
01:00:04de dépenses publiques
01:00:05vous voyez
01:00:05nous ne pensons pas
01:00:06en matière d'avenir
01:00:07et d'investissement
01:00:07dans le capital humain
01:00:08donc il y a un changement
01:00:10de pensée
01:00:11dans la politique publique
01:00:12on voit que c'est
01:00:13la même chose
01:00:14au Royaume-Uni
01:00:15et en Espagne
01:00:15on aurait pu prendre
01:00:16l'Italie
01:00:17qui est véritablement
01:00:18urgente
01:00:18pourquoi ?
01:00:19parce que dans tous
01:00:20les pays développés
01:00:21on a cette pression
01:00:22du vieillissement
01:00:23il faut bien voir
01:00:24que tout se passe
01:00:25entre 2020
01:00:27et 2035
01:00:28c'est-à-dire
01:00:29que les baby boomers
01:00:30deviennent les papy boomers
01:00:31ceux qui avaient 20 ans
01:00:32en 68
01:00:33mais aujourd'hui
01:00:33c'est celui-là
01:00:34et après on est
01:00:35sur une forme
01:00:35de stabilisation
01:00:36dans l'ensemble
01:00:37de la population
01:00:38donc c'est maintenant
01:00:39que tout se joue
01:00:40et on est vraiment
01:00:41à tirer sur la ficelle
01:00:42qui va quand même
01:00:43jusqu'à la maltraitance
01:00:45je suis désolé de le dire
01:00:46mais elle est quand même
01:00:46assez importante
01:00:47et elle n'est pas propre
01:00:48à la France
01:00:49elle n'est pas voulue
01:00:51par les opérateurs
01:00:52qu'on prenne les privés
01:00:52du quartier
01:00:53alors il y a des dérives
01:00:55comme dans tous les secteurs
01:00:56il y a des vraies dérives
01:00:57qui sont évidemment
01:00:58à changer
01:00:59et une petite parenthèse
01:01:01c'est qu'il faudra
01:01:01qu'on vienne
01:01:02sur la régulation de l'État
01:01:03on a un État
01:01:03qui est d'une faiblesse
01:01:04qui est lié
01:01:07notamment à l'absence
01:01:07de structuration
01:01:08de politique publique
01:01:09mais qui est lié aussi
01:01:10où l'État subit
01:01:11sachant qu'il a
01:01:12toutes les informations
01:01:13enfin les scandales
01:01:15des EHPAD
01:01:15privés
01:01:16à but lucratif
01:01:16en France
01:01:17ne sont pas
01:01:18une découverte
01:01:19pour l'État
01:01:20ni pour ceux
01:01:20qui connaissent bien
01:01:21mais il y a eu
01:01:22du laisser faire
01:01:24jusqu'à ce que
01:01:25ça ne soit plus
01:01:26acceptable socialement
01:01:27mais aujourd'hui
01:01:27ce qui n'est plus
01:01:28acceptable socialement
01:01:29c'est que nous n'avons pas
01:01:30une politique publique
01:01:32débattue démocratiquement
01:01:33donc acceptée démocratiquement
01:01:35qui permette d'avoir
01:01:36une prise en charge
01:01:37à 30 ans
01:01:38parce que c'est comme
01:01:39la retraite
01:01:39il faudra voir
01:01:40qu'il y a deux risques sociaux
01:01:41quand on vieillit
01:01:42il y a le risque
01:01:43de se paupériser
01:01:44qui est géré par le système
01:01:45des retraites
01:01:45qui est un sujet d'actualité
01:01:46mais il y a aussi le risque
01:01:48pendant cette phase de vie
01:01:49très importante
01:01:50on vit 25 ans
01:01:51à la retraite
01:01:52d'avoir une fin de vie
01:01:53dans une très mauvaise
01:01:55prise en charge
01:01:55et dans de mauvaises conditions
01:01:57et c'est ce risque-là
01:01:58appelé risque de la dépendance
01:02:00qu'il faut gérer
01:02:00enfin l'état est tout de même
01:02:02fortement présent
01:02:03en France
01:02:04dans la prise en charge
01:02:04de ces établissements
01:02:0545% sont publics
01:02:0724% sont on va dire
01:02:09semi-publics
01:02:10les comptes de la sécurité sociale
01:02:12prennent évidemment
01:02:13en compte
01:02:14ce système de la dépendance
01:02:15je crois que c'est de l'ordre
01:02:16de 12 milliards d'euros
01:02:17environ
01:02:18que prend en charge
01:02:19la sécurité sociale
01:02:20dans les établissements privés
01:02:22les soins
01:02:22une partie du matériel médical
01:02:24sont aussi
01:02:25pris en charge
01:02:26par l'assurance maladie
01:02:27aujourd'hui en France
01:02:28l'état prend largement
01:02:29sa part
01:02:29dans ces établissements
01:02:30aujourd'hui
01:02:31mais vous avez raison
01:02:31de le dire
01:02:32qu'il ne faut pas
01:02:33se concentrer
01:02:33sur un problème de ressources
01:02:34on dépense à peu près
01:02:361,7 point de PIB
01:02:37c'est 1,8 point
01:02:38en moyenne de l'Union Européenne
01:02:401 point de PIB
01:02:40c'est 28 milliards
01:02:42pour le dire
01:02:42donc on peut se dire
01:02:43que c'est pas
01:02:43et comme pour l'éducation
01:02:45comme pour la santé
01:02:45comme pour bien d'autres choses
01:02:46on se concentre
01:02:47sur ce qui n'est pas
01:02:48le nœud du problème
01:02:49le nœud du problème
01:02:50c'est la définition
01:02:52d'une politique
01:02:53la gouvernance
01:02:54de cette politique
01:02:54croyez-moi
01:02:55il n'y a pas un français
01:02:56qui peut comprendre
01:02:56le rôle entre l'état
01:02:58la CNSA
01:02:59qui est la Caisse Nationale
01:03:00de Santé Autonomie
01:03:01qui est une forme
01:03:01de sécurité sociale
01:03:03dédiée à la dépendance
01:03:04les départements
01:03:06les départements
01:03:07c'est juste
01:03:08donc vous voyez
01:03:09quand il n'y a pas
01:03:09une bonne gouvernance
01:03:09et dernier point
01:03:10c'est l'organisation
01:03:12des opérateurs
01:03:12en France
01:03:13on a le domicile
01:03:15ou l'EHPAD
01:03:16et il y a très peu
01:03:17d'intermédiaires
01:03:18et le virage domiciliaire
01:03:19il est devant nous
01:03:20il n'est pas derrière nous
01:03:21pour l'organiser
01:03:22bon on va y revenir
01:03:23alors vous dites
01:03:23non
01:03:24les EHPAD en France
01:03:25ne sont pas des mots noirs
01:03:26et vous êtes contre
01:03:27le bashing EHPAD
01:03:27malgré les deux chocs
01:03:29entre ce livre
01:03:30les faux soyeurs
01:03:31et puis cette fameuse
01:03:32crise de la Covid
01:03:33là l'image des EHPAD
01:03:34a été considérablement
01:03:35ternie
01:03:36et vous dites
01:03:36attention
01:03:37tout de même
01:03:37attention à l'EHPAD bashing
01:03:39il y a des gens
01:03:40qui sont heureux en EHPAD
01:03:41et pour cela
01:03:41vous avez fait des études
01:03:43et notamment une étude
01:03:44auprès des résidents
01:03:46de ces EHPAD
01:03:46pour savoir un petit peu
01:03:47ce qu'ils ressentaient
01:03:48qu'est-ce qu'elle nous rapporte
01:03:50cette étude
01:03:50à comparer peut-être
01:03:51à un discours
01:03:52plus pessimiste
01:03:54aujourd'hui
01:03:55oui moi je suis sociologue
01:03:57donc forcément
01:03:57mon discours va être
01:03:58un petit peu différent
01:03:59de ce que vous dites
01:04:01mais c'est souhaitable
01:04:03moi j'ai beaucoup travaillé
01:04:05sur le vécu
01:04:05des personnes âgées
01:04:06je suis allée les interroger
01:04:08dans le cadre
01:04:09d'une recherche doctorale
01:04:11où j'ai mené
01:04:11à l'EHESS
01:04:13j'ai donné
01:04:14enfin j'ai donné la place
01:04:15au point de vue
01:04:16des personnes âgées
01:04:16j'ai interviewé
01:04:1750 résidents
01:04:19et j'ai beaucoup mis
01:04:21en lumière
01:04:22le fait qu'on ne vieillit
01:04:23pas de la même manière
01:04:24en EHPAD
01:04:25il y a des fortes inégalités
01:04:26qui structurent
01:04:27cet âge de la vie
01:04:28on a encore du mal
01:04:29en France véritablement
01:04:31à mettre en avant
01:04:32cette question du vieillissement
01:04:33en EHPAD
01:04:33comme étant
01:04:35une forme d'inégalité sociale
01:04:36importante
01:04:37donc peut-être
01:04:38pour dire très très rapidement
01:04:39voilà
01:04:40on ne vieillit pas
01:04:41de la même manière
01:04:41dans un établissement privé
01:04:42à but lucratif
01:04:43parce que soi-même
01:04:44on n'a pas les mêmes ressources
01:04:45que ce soit des ressources
01:04:47familiales
01:04:48économiques
01:04:48culturelles
01:04:49symboliques
01:04:50etc
01:04:50que dans un établissement public
01:04:52qui accueille
01:04:53une partie de la population
01:04:55beaucoup plus isolée
01:04:56sur le plan familial
01:04:58et qui dispose
01:04:58de moins de ressources
01:04:59que je vous ai dit tout à l'heure
01:05:01économiques
01:05:01culturelles
01:05:02symboliques
01:05:02etc
01:05:02donc en fait moi
01:05:04mon travail a été
01:05:05à partir du point de vue
01:05:07des personnes âgées
01:05:07c'est pour ça que j'ai fait
01:05:08beaucoup d'entretiens
01:05:09c'est de savoir comment
01:05:10on vieillissait
01:05:11dans ces établissements
01:05:13et on les vit pas si mal
01:05:14du tout
01:05:15et bien finalement
01:05:17malgré
01:05:17ce que
01:05:18ce que l'on dit
01:05:19dans les médias
01:05:20il y a une partie
01:05:21de la population
01:05:22qui vit bien
01:05:23dans ces établissements
01:05:24qui a choisi
01:05:25véritablement
01:05:25de venir s'y installer
01:05:26qui ont entrepi
01:05:27des démarches
01:05:28pour visiter
01:05:29différentes structures
01:05:30qui ont été véritablement
01:05:32autonomes
01:05:32dans la prise de décision
01:05:34et cette question
01:05:35de l'autonomie
01:05:35dans des établissements
01:05:37qui sont désignés
01:05:38comme dépendants
01:05:39donc vous voyez bien
01:05:40ces injonctions contradictoires
01:05:41mais je sais pas si on aura
01:05:42le temps d'en reparler
01:05:43mais en tout cas
01:05:43c'est des personnes
01:05:44qui vont garder
01:05:45une autonomie
01:05:46le plus longtemps possible
01:05:47et en tout cas
01:05:47elles vont revendiquer
01:05:48cette autonomie
01:05:49tout au long de leur
01:05:51parcours
01:05:51de leur vie
01:05:52dans ces établissements
01:05:52alors je veux pas
01:05:53non plus brosser
01:05:54un portrait
01:05:54totalement idyllique
01:05:56de ce qui s'y passe
01:05:57mais tout dépend
01:05:58de la manière
01:05:59dont on entre
01:06:00dans ces établissements
01:06:01plus on choisit
01:06:02on est acteur
01:06:04de sa vie
01:06:04plus on va vivre
01:06:06beaucoup plus
01:06:07sereinement
01:06:08et apaisé
01:06:09et on va trouver
01:06:10des ressources
01:06:10dans ces établissements
01:06:11pour vivre bien
01:06:12Est-ce que les personnes
01:06:13ou l'entourage
01:06:15de ces personnes
01:06:16qui ont témoigné
01:06:17à travers cette étude
01:06:18disent
01:06:18ce que vous nous avez dit
01:06:20tout à l'heure
01:06:20c'est-à-dire
01:06:20qu'une grande partie
01:06:22des personnes
01:06:22qui sont accueillies
01:06:23aujourd'hui
01:06:23dans ces établissements
01:06:24qui ne sont pas
01:06:25à un niveau de dépendance
01:06:26qui justifierait
01:06:27qu'ils soient
01:06:28bel et bien accueillis
01:06:29dans ces établissements
01:06:30je crois que vous dites
01:06:31que 80% des personnes
01:06:32aujourd'hui
01:06:33présentes en EHPAD
01:06:34ne souffrent pas
01:06:35d'une dépendance
01:06:35qui mériterait nécessairement
01:06:37d'entrer
01:06:38dans ces établissements
01:06:40On a quand même
01:06:40des personnes
01:06:41qui ne veulent plus vivre
01:06:44alors pour les personnes
01:06:45qui ont choisi
01:06:46véritablement
01:06:46de s'installer
01:06:47dans ces établissements
01:06:48c'est des personnes
01:06:48qui ne veulent plus vivre
01:06:49à domicile
01:06:49parce qu'elles ont fait
01:06:50l'expérience
01:06:51des aides à domicile
01:06:52peut-être
01:06:52on y reviendra tout à l'heure
01:06:53On va y venir
01:06:55qui ont été
01:06:56des expériences
01:06:56particulièrement
01:06:58éprouvantes pour elles
01:06:59faire face
01:07:00parce que
01:07:00le secteur du domicile
01:07:02connaît les mêmes difficultés
01:07:03que les établissements
01:07:04donc pour certaines personnes
01:07:06le fait de vivre à domicile
01:07:07avec des professionnels
01:07:09qui font face
01:07:10à un fort turnover
01:07:11des équipes
01:07:12finalement très peu stables
01:07:14il y a des personnes
01:07:15qui préfèrent
01:07:16venir s'installer
01:07:17en établissement
01:07:17et qui ont besoin
01:07:18quand même
01:07:19d'une aide
01:07:20pour la cuisine
01:07:21pour la prise
01:07:23de médicaments
01:07:24Alors d'abord
01:07:25dans ce tour d'Europe
01:07:26et jusqu'au Danemark
01:07:27que vous nous présentez ici
01:07:28comme un petit
01:07:29tilot de bonheur
01:07:30pour les personnes
01:07:31justement
01:07:32dépendantes
01:07:33finalement
01:07:33le maintien à domicile
01:07:35c'est la solution
01:07:37innée
01:07:37on est presque étonné
01:07:38qu'on y pense
01:07:39comme ça
01:07:39comme étant une
01:07:40mais enfin
01:07:40c'est la solution
01:07:41qui vient tout de suite
01:07:42essayer de maintenir
01:07:43les personnes à domicile
01:07:44pour qu'elles restent
01:07:45dans un environnement
01:07:46qui soit le leur
01:07:47finalement
01:07:47et on voit même
01:07:48qu'au Danemark
01:07:49les choses quand même
01:07:50sont de plus en plus
01:07:52difficiles
01:07:52mais peut-être
01:07:53d'un point de vue
01:07:53financier
01:07:54tout simplement
01:07:54d'un point de vue
01:07:55une main
01:07:55ça fonctionne
01:07:56ce que vous avez vu
01:07:57au Danemark
01:07:57et c'est l'exemple
01:07:58que vous mettriez
01:07:59d'abord en avant
01:08:00Déjà le maintien à domicile
01:08:01ça coûte moins cher
01:08:02donc c'est ce que privilégie
01:08:04aussi le Danemark
01:08:04pour des raisons financières
01:08:05après là
01:08:06il y a un maintien à domicile
01:08:08possible
01:08:08parce qu'il y a aussi
01:08:09du bénévolat
01:08:10et moi ce que j'ai
01:08:11beaucoup remarqué
01:08:12ce qui m'a frappée
01:08:13dans ce documentaire
01:08:14et puis dans mon enquête
01:08:15sur AGV
01:08:16l'habitat partagé
01:08:18la filiale d'habitat partagé
01:08:19de Corian
01:08:20c'est la solitude
01:08:21qui éprouve
01:08:22certaines personnes âgées
01:08:23elles peuvent être
01:08:24en très bonne santé
01:08:25même j'ai rencontré
01:08:26une dame de 93 ans
01:08:27elle en faisait 75
01:08:28elle était en parfaite santé
01:08:29mais elle mourait
01:08:30de solitude chez elle
01:08:31et elle est partie
01:08:32dans une colocation AGV
01:08:34donc un habitat partagé
01:08:35avec d'autres personnes âgées
01:08:36pour ne plus souffrir
01:08:38de solitude
01:08:39et retrouver une vie sociale
01:08:40et voilà c'est ça
01:08:41donc ça c'est aussi
01:08:42quelque chose à prendre en compte
01:08:43quand vous avez une aide à domicile
01:08:45elle vient une demi-heure
01:08:47une heure dans la journée
01:08:48mais ensuite
01:08:48vous êtes seul
01:08:49le reste du temps
01:08:49donc il y a l'aspect pratique
01:08:51d'aider la personne
01:08:52quand elle est dépendante
01:08:53mais il y a aussi
01:08:54l'aspect social
01:08:55et la solitude
01:08:56et plus on est dépendant
01:08:58plus évidemment
01:08:58on a besoin d'aide à domicile
01:09:00c'est le cas en Allemagne
01:09:01d'où ce problème de personnel
01:09:02sur lequel vous mettez l'accent
01:09:04personnel qui vient
01:09:05de pays
01:09:06d'ex-Europe de l'Est
01:09:08on va dire
01:09:08moins coûteuse
01:09:10alors les ukrainiennes
01:09:11font de l'aide à domicile
01:09:12en Pologne
01:09:13et les polonaises
01:09:14font de l'aide à domicile
01:09:14en Allemagne
01:09:15à des conditions
01:09:18tarifaires
01:09:18très particulières
01:09:19très avantageuses
01:09:20pour les employeurs
01:09:21là il y a une dérive
01:09:23du système
01:09:24c'est ce que vous êtes
01:09:24en train de nous dire aussi
01:09:25même si on maintient
01:09:26les personnes à domicile
01:09:27faire de l'assistance
01:09:2824h sur 24
01:09:29ça coûte extrêmement cher
01:09:30en France
01:09:32ça coûte plus de 10 000 euros
01:09:33si vous voulez
01:09:33quelqu'un à domicile
01:09:34en permanence
01:09:35jour et nuit
01:09:36c'est extrêmement coûteux
01:09:37donc là
01:09:38les familles allemandes
01:09:39il faut aussi pointer du doigt
01:09:40un peu l'ambiguïté des familles
01:09:42parce qu'elle voit arriver
01:09:44une aide à domicile
01:09:45venue d'un pays
01:09:46d'Europe de l'Est
01:09:47et sur le contrat
01:09:48c'est marqué
01:09:48qu'elle est disponible
01:09:4924h sur 24
01:09:51mais la loi du travail allemand
01:09:52ne prévoit pas
01:09:53qu'on soit disponible
01:09:54comme ça
01:09:5424h sur 24
01:09:55c'est hors des clous
01:09:56hors des radars
01:09:56la loi française
01:09:57non plus d'ailleurs
01:09:58voilà
01:09:58donc ça arrange en fait
01:09:59un petit peu tout le monde
01:10:00ce dispositif
01:10:01et ça coûte moins cher
01:10:02c'est ce que vous avez
01:10:02commencé par nous dire
01:10:03c'est ça
01:10:04donc c'est pas un choix
01:10:05finalement
01:10:06faussièrement humain
01:10:07c'est aussi un choix financier
01:10:08oui parce que les familles
01:10:09sont étranglées
01:10:10elles travaillent
01:10:11donc il faut qu'elles
01:10:12ne savent pas
01:10:13comment s'occuper
01:10:14de leurs parents
01:10:14vous voulez réagir
01:10:15sur le maintien à domicile
01:10:16ensuite je vous donne
01:10:17bien entendu la parole
01:10:18oui merci
01:10:18je voulais peut-être rebondir
01:10:20sur ce que vous avez dit
01:10:21effectivement
01:10:22vous avez dit
01:10:23que c'était moins cher
01:10:25mais ce qu'il faut bien
01:10:26aussi avoir en tête
01:10:27je pense
01:10:27c'est que la question
01:10:28du maintien à domicile
01:10:29elle fonctionne aussi
01:10:30grâce aux aidants
01:10:31enfin aux proches aidants
01:10:32comme on les appelle
01:10:32dans les politiques publiques
01:10:33aux aidants familiaux
01:10:34c'est-à-dire
01:10:35aux conjoints
01:10:36aux enfants
01:10:37qui sont vraiment
01:10:38de la main d'oeuvre
01:10:40très importante
01:10:41pour accompagner
01:10:42les personnes
01:10:43qui ont des incapacités
01:10:45et c'est
01:10:46notamment
01:10:47en particulier
01:10:47plutôt les femmes
01:10:48de la famille
01:10:49qui accompagnent
01:10:51les personnes
01:10:52qui sont
01:10:53à un moment
01:10:54assez charnière
01:10:55dans leur parcours de vie
01:10:56et sont ce qu'on appelle
01:10:57dans la génération
01:10:57sandwich
01:10:58la génération pivot
01:11:00qui vont à la fois
01:11:01s'occuper
01:11:02de leurs parents
01:11:03âgés dépendants
01:11:03mais aussi
01:11:04de leurs enfants
01:11:05des jeunes adultes
01:11:06qui quittent progressivement
01:11:07le domicile
01:11:08donc ce que je veux dire
01:11:10là-dedans
01:11:11c'est que ça crée aussi
01:11:12des inégalités
01:11:13de genre
01:11:13importantes
01:11:14cette question
01:11:14de l'aide
01:11:16apportée
01:11:17par les femmes
01:11:18dans les familles
01:11:20alors
01:11:21d'abord
01:11:21est-ce qu'il faut accueillir
01:11:23davantage
01:11:24est-ce que c'est une manière
01:11:25de modifier
01:11:26le système
01:11:26dont vous dites
01:11:27le plus grand mal
01:11:28aujourd'hui
01:11:28concernant les EHPAD
01:11:29est-ce que l'accueil
01:11:30à domicile
01:11:31est une piste
01:11:32une piste envisageable
01:11:33et qu'on doit développer
01:11:34peut-être au détriment
01:11:36des EHPAD
01:11:36aujourd'hui
01:11:37est-ce que c'est envisageable
01:11:38en France
01:11:38pour soulager
01:11:39un tant soit peu
01:11:39notre système
01:11:40alors
01:11:41encore une fois
01:11:41moi j'ai une approche
01:11:42qui est assez macro
01:11:43et sur le modèle
01:11:43est-ce que le modèle
01:11:44fonctionne bien
01:11:45avec notre système
01:11:46d'EHPAD
01:11:46aujourd'hui
01:11:47et c'est pour ça
01:11:47qu'on a une différente
01:11:48approche
01:11:49et que madame
01:11:49a une approche
01:11:50qui est plus micro
01:11:51et sociologique
01:11:52je ne dis pas
01:11:52que tous les résidents
01:11:53d'EHPAD
01:11:54sont malheureux
01:11:54je dis que ce modèle
01:11:56du tout EHPAD
01:11:57hors domicile
01:11:58est mort
01:12:00bon
01:12:00j'ai essayé d'expliquer
01:12:01quel est l'objectif
01:12:03de la prise en charge
01:12:04des personnes âgées
01:12:05c'est comme le reste
01:12:06des classes d'âge
01:12:08c'est de maximiser
01:12:09le bien-être
01:12:10de la population
01:12:11de maximiser
01:12:12l'autonomie
01:12:12des personnes
01:12:13de maximiser
01:12:14l'épanouissement
01:12:15individuel des personnes
01:12:16on appelle ça souvent
01:12:17le vieillissement actif
01:12:19en bonne santé
01:12:20donc dans ce vieillissement actif
01:12:21vous avez plusieurs notions
01:12:22vous avez une notion sociologique
01:12:25qui est de rester inséré
01:12:26dans la société
01:12:28très important
01:12:29vous avez parlé
01:12:30de l'isolement
01:12:30des personnes âgées
01:12:31il est évident
01:12:32que c'est assez impressionnant
01:12:33au Danemark
01:12:33où on voit
01:12:34sur 7 millions de personnes
01:12:36vous avez une association
01:12:37de personnes âgées
01:12:38qui regroupe
01:12:381 million de personnes
01:12:40c'est pour vous dire
01:12:41et qui constitue
01:12:41un sacré lobby
01:12:42vis-à-vis du pouvoir central
01:12:44on parle du lobby
01:12:44mais on parle surtout
01:12:45de la structuration
01:12:46de cette classe d'âge
01:12:47et ça évidemment
01:12:48ça montre que
01:12:49vous êtes davantage capable
01:12:51quand vous êtes structuré
01:12:52comme ça
01:12:52d'avoir une vie sociale active
01:12:53et y compris
01:12:53le lien avec la santé
01:12:55c'est que vous êtes
01:12:55en meilleure santé
01:12:56quand vous avez
01:12:56une vie sociale active
01:12:57donc en France
01:12:58on n'a pas structuré ça encore
01:13:00donc ça c'est un travail à faire
01:13:01on pourrait aussi parler
01:13:02de la déstigmatisation
01:13:04de ces personnes âgées
01:13:06parce que
01:13:06notre modèle
01:13:07de protection sociale
01:13:08a toujours eu
01:13:08une approche
01:13:09très productiviste
01:13:10même si on a été
01:13:11très solidaires
01:13:12encore une fois
01:13:12ce qui ne rapporte pas
01:13:13en matière de production
01:13:15à la société
01:13:16et on le cache un peu
01:13:17où est moins important
01:13:18et même pour la petite enfance
01:13:20où on a eu une politique
01:13:21de pro-natalité
01:13:22mais jamais dans le développement
01:13:23de l'enfant
01:13:24on dépense le moins possible
01:13:26et c'est vraiment
01:13:27une erreur aujourd'hui
01:13:28en matière de faible investissement
01:13:30dans le capital humain
01:13:30la deuxième chose
01:13:32c'est
01:13:33concernant
01:13:34alors je ne vais pas parler
01:13:35des solutions
01:13:36parce que je crois
01:13:36qu'on va en parler
01:13:37allons-y
01:13:37parce que le temps passe
01:13:39alors si vous avez
01:13:39d'autres solutions
01:13:42le maintien à domicile
01:13:43qui semble une piste
01:13:44avancée en tout cas
01:13:45dans ce documentaire
01:13:45et testée
01:13:46chez d'autres voisins européens
01:13:48la piste c'est d'abord
01:13:50de donner
01:13:51quand je parle d'autonomie
01:13:52c'est une liberté de choix
01:13:54aux individus
01:13:54c'est-à-dire qu'il faut
01:13:55raisonner proche de l'individu
01:13:57on a tous eu autour de nous
01:13:58des cas où on voit bien
01:14:00que tout d'un coup
01:14:00on est dans un vide
01:14:03mais qu'allons-nous faire
01:14:04pour nos parents
01:14:05et on ne sait pas
01:14:06par où commencer
01:14:07donc il est évident
01:14:08qu'il faut donner le pouvoir
01:14:09on commence souvent
01:14:10par essayer de les maintenir
01:14:11à domicile tout de même
01:14:12oui mais avec les moyens du bord
01:14:14et en fait si vous voulez
01:14:15on s'adresse à la collectivité
01:14:16quand l'assistance familiale
01:14:19craque
01:14:19et ça c'est pas possible
01:14:20parce que d'abord
01:14:21ça coûte très cher
01:14:22les aidants pour la société
01:14:23pas simplement
01:14:24à l'échelle individuelle
01:14:24il faut savoir
01:14:25qu'on sous-estime
01:14:26c'est comme la retraite
01:14:27quand on regarde
01:14:27ce que coûte la retraite
01:14:28et qu'on regarde pas
01:14:29l'impact d'une retraite
01:14:30entre 62 ans et 64 ans
01:14:32sur le reste de l'économie
01:14:33il faut regarder
01:14:33l'impact macroéconomique
01:14:35qui est beaucoup plus important
01:14:36que l'impact
01:14:36sur le plan de la comptabilité
01:14:37donc en effet
01:14:3990% de la population
01:14:40voire plus
01:14:41souhaite rester à domicile
01:14:42donc ce virage domiciliaire
01:14:44il est à structurer
01:14:45en France
01:14:46alors comment est-ce
01:14:47qu'on le structure
01:14:48on le sait
01:14:48il y a un modèle économique
01:14:50qui est qu'il faut
01:14:51utiliser davantage
01:14:52l'épargne des retraités
01:14:54je viendrai sur
01:14:55moi je suis favorable
01:14:56à ce qu'ont fait
01:14:57les allemands
01:14:57c'est-à-dire à socialiser
01:14:59avec une assurance sociale
01:15:00obligatoire dépendante
01:15:01je rappelle que
01:15:02en Allemagne
01:15:031995
01:15:04ils ont une sécurité sociale
01:15:06comme nous
01:15:06système bismarckien
01:15:07qui est proche
01:15:07ils ont mis en place
01:15:08une assurance dépendance
01:15:09obligatoire
01:15:10pour les 90%
01:15:12de la population
01:15:12qui a
01:15:13qui a une assurance santé
01:15:15vous devez
01:15:173%
01:15:17de votre salaire
01:15:18partagé entre
01:15:19les employés
01:15:20et les employeurs
01:15:21le faire
01:15:21et puis si vous n'êtes pas
01:15:23dans ces 90%
01:15:23vous obligatoirement
01:15:25vous devez avoir
01:15:25une assurance privée
01:15:26donc ils ont socialisé
01:15:29le maintien à domicile
01:15:30et
01:15:31dernier point
01:15:32l'enquête
01:15:33est intéressante
01:15:34mais c'est vrai
01:15:35dans à peu près
01:15:35tous les secteurs
01:15:36c'est-à-dire qu'on utilise
01:15:37des employés
01:15:39venant de l'Est
01:15:40parce que ça coûte cher
01:15:41c'est vrai dans la plupart
01:15:42des secteurs
01:15:42c'est pas proche
01:15:43au secteur de la dépendance
01:15:45on y fait utiliser
01:15:46l'immigration
01:15:47mais on n'a qu'à mieux
01:15:48valoriser
01:15:49si vous voulez
01:15:50mais pour ça
01:15:51il faut dépenser
01:15:52davantage
01:15:52donc il y a
01:15:53si vous voulez
01:15:54une décision à prendre
01:15:55quant au cas
01:15:57dernier point
01:15:57c'est qu'il faut trouver
01:15:59des marges de manœuvre
01:16:01sur le plan
01:16:02des dépenses publiques
01:16:03pour cette
01:16:04et notamment
01:16:05sur le secteur
01:16:05de la santé
01:16:06on sait qu'il y a
01:16:07au moins un point
01:16:08de PIB
01:16:09que l'on peut
01:16:10dédier
01:16:11en faisant
01:16:11des économies
01:16:12de rationalité
01:16:15du système
01:16:15de santé
01:16:16on n'y viendra pas
01:16:16aujourd'hui
01:16:17mais notamment
01:16:17en séparant
01:16:19les deux financeurs
01:16:19pour mieux
01:16:20prendre en charge
01:16:21la dépendance
01:16:22éviter la dette sociale
01:16:23qui coûte
01:16:2420 milliards d'euros
01:16:24par an
01:16:25qui serait mieux
01:16:26utilisé au risque
01:16:26de la dépendance
01:16:27si je vous ai bien compris
01:16:28il y aurait peut-être
01:16:29cette idée
01:16:31que les personnes
01:16:33qui sont en situation
01:16:33de dépendance
01:16:35les plus importantes
01:16:37aient en EHPAD
01:16:37et qu'on arrive
01:16:38à trouver des structures
01:16:39intermédiaires
01:16:39entre le maintien
01:16:40à domicile
01:16:41et l'EHPAD
01:16:41est-ce que c'est des demandes
01:16:43des choses
01:16:44qui vous reviennent
01:16:46également
01:16:46est-ce qu'à Kersalik
01:16:47pour en revenir
01:16:48à cet exemple breton
01:16:49on trouve ce type
01:16:50de structure intermédiaire
01:16:51par exemple
01:16:52alors Kersalik
01:16:53c'est un EHPAD
01:17:09ouvrage que j'ai co-rédigé
01:17:10avec Nassim Moussi
01:17:11qui est architecte
01:17:12et spécialiste
01:17:13du vieillissement
01:17:15et donc on a montré
01:17:16dans cet établissement
01:17:18qu'il y a
01:17:20une manière
01:17:21de penser
01:17:23l'accompagnement
01:17:25d'abord
01:17:26qui se fait
01:17:26en village
01:17:27au sein même
01:17:29de l'établissement
01:17:29il n'y a pas de création
01:17:30de petites unités
01:17:31de vie extérieures
01:17:32c'est vraiment
01:17:33au sein même
01:17:33du bâti
01:17:34la directrice
01:17:36a créé
01:17:37des villages
01:17:38et donc
01:17:39on a des aides-soignantes
01:17:41qui sont spécialisées
01:17:43pour accompagner
01:17:44les personnes
01:17:45mais au sein
01:17:45de leur village
01:17:46et dans ces villages
01:17:48la directrice
01:17:49demande aux aides-soignantes
01:17:50de s'occuper
01:17:51de tout
01:17:52il n'y a pas
01:17:53par exemple
01:17:53de personnel d'entretien
01:17:54ce sont les aides-soignantes
01:17:55qui organisent
01:17:57véritablement
01:17:57toute la vie
01:17:58au sein de leur village
01:17:59ce qui crée
01:18:00une ambiance
01:18:01particulièrement
01:18:02proche du
01:18:03finalement
01:18:04du domicile
01:18:05en tout cas
01:18:05tout est familial
01:18:06tout est recréé
01:18:07finalement
01:18:08pour que les personnes
01:18:09puissent véritablement
01:18:10se sentir chez elles
01:18:11par exemple
01:18:13il n'y a pas d'animatrice
01:18:14ou d'animateur
01:18:15dans cet établissement
01:18:16ce sont les aides-soignantes
01:18:17qui doivent proposer
01:18:18aussi des animations
01:18:20donc ce sont des aides-soignantes
01:18:22qui connaissent
01:18:23extrêmement bien
01:18:24les besoins
01:18:25les attentes
01:18:26des personnes
01:18:27dont elles s'occupent
01:18:28et je dirais
01:18:30que peut-être
01:18:30pour faire rapide
01:18:32ce sont
01:18:33c'est l'EHPAD
01:18:34en fait
01:18:34qui
01:18:36vraiment
01:18:38s'organise
01:18:39autour des besoins
01:18:40des personnes
01:18:40et ce n'est pas
01:18:41les personnes âgées
01:18:42qui s'adaptent
01:18:42à l'organisation
01:18:43de l'établissement
01:18:45et ça c'est vraiment
01:18:46une vision
01:18:46ce qui rend le métier
01:18:47pour finir
01:18:48très attractif
01:18:50pour les aides-soignantes
01:18:51on a fait des entretiens
01:18:52avec Nassim
01:18:53où on montre
01:18:54que les aides-soignantes
01:18:55sont extrêmement heureuses
01:18:56de travailler
01:18:57dans cette structure
01:18:57et ce modèle
01:18:58pourrait peut-être
01:18:59servir de modèle
01:19:00pour l'avenir
01:19:00vous voulez conclure ?
01:19:01Les facteurs clés de succès
01:19:03ils sont connus
01:19:03et le Danemark
01:19:04le fait c'est
01:19:05un, une politique de prévention
01:19:06extrêmement développée
01:19:07on oublie ça
01:19:08mais il y a une politique
01:19:09de prévention
01:19:09beaucoup plus développée
01:19:10donc ce qui reporte
01:19:11à plus tard
01:19:12l'entrée dans la dépendance
01:19:14deux, il faut définir
01:19:15les rôles
01:19:16entre les différents acteurs
01:19:18au Danemark
01:19:18c'est l'Etat
01:19:19et les collectivités locales
01:19:21donc c'est clair
01:19:22trois, il faut un financement
01:19:24soit un modèle
01:19:25plus que jamais
01:19:26si on regarde les chiffres démographiques
01:19:28public basé sur l'impôt
01:19:29soit un modèle assurantiel
01:19:30bon vous voyez
01:19:31donc voilà trois exemples
01:19:32je ne veux pas être trop long
01:19:33qui montrent que
01:19:34tant qu'on n'aura pas pris
01:19:35qu'on n'aura pas fait les choix
01:19:36et démocratiquement
01:19:37sur les facteurs clés de succès
01:19:39et bien nous subirons
01:19:40le vieillissement
01:19:41plutôt que d'en profiter
01:19:43Ce sera le mot de la fin
01:19:44comme promis
01:19:44malheureusement
01:19:45on aurait bien voulu
01:19:46passer davantage de temps
01:19:46avec vous
01:19:47pour parler de la prise en charge
01:19:49de la dépendance
01:19:50dans notre pays
01:19:51et en Europe
01:19:51grâce à ce film
01:19:53que nous avons pu visionner
01:19:54dans le cadre de cette émission
01:19:56encore un grand merci
01:19:57pour cette enquête
01:19:58ce documentaire
01:19:59un grand merci à tous les trois
01:20:00d'avoir participé
01:20:01à cette émission
01:20:02Débat Doc
01:20:03vos réactions
01:20:03sur hashtag Débat Doc
01:20:04à mon avis
01:20:05il va y en avoir quelques-unes
01:20:06je compte sur vous d'ailleurs
01:20:07pour réagir
01:20:08à ce que seront
01:20:09ces réactions
01:20:10merci à Félicité Gavalda
01:20:12Victoria Bellet
01:20:13qui m'ont aidé
01:20:14comme à l'accoutumée
01:20:14d'ailleurs à préparer
01:20:15cette émission
01:20:16je vous donne
01:20:16un prochain rendez-vous
01:20:18avec Débat Doc
01:20:18et ça sera bien sûr
01:20:19avec son documentaire
01:20:20et son débat
01:20:21à très bientôt
Commentaires

Recommandations