- il y a 5 heures
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00:00C'est vrai qu'ils nous ont bien emmerdés, rien qu'avec ces tôles-là.
00:03Ça nous fait chier complètement, ah oui, ah oui, ah oui, ah oui, ah oui, ah oui, ah oui.
00:23Donc je m'appelle Nicole Croque et j'ai un appartement au troisième étage,
00:30où je vois le match très bien.
00:34Je voyais, parce que là maintenant ils ont mis de la tôle.
00:38Donc maintenant j'ai le son, mais j'ai plus l'image.
00:47Tous mes enfants, mes petits-enfants, mes arrière-petits-enfants adorent le foot.
00:52Donc on était toujours toute une équipe.
00:57On faisait des banderoles sur le balcon et tout.
01:00Et c'était la fête, la fête pour les soeurs de match.
01:04Moi je suis là.
01:10Je suis là.
01:13C'est parti !
01:56Il n'y avait plus un bruit dans le stade au moment où la balle était en l'air.
01:59Tout le monde est en train de stresser, en train de bien s'énerver.
02:22C'était un match au coup près.
02:25On était tellement passé près de la descente en Ligue 2.
02:29De manière comme ça, tu avais des gars qui couraient sur la pelouse avec des pémiches.
02:33C'était magnifique.
02:36Magnifique.
02:44Le président Legrette avait mis que les joueurs ne devaient pas habiter à plus de 20 km de la basilique
02:49Notre-Dame de Gaillan.
02:51Les gens sont simples ici.
02:52On n'aime pas trop les stars.
02:54On n'aime pas les gens qui se prennent pour ce qu'ils ne sont pas.
02:56Dans la musique bretonne, c'est exactement la même chose.
02:59Les gens sont simples.
03:00On se donne la main.
03:01On va danser tous ensemble.
03:02On va faire quelque chose ensemble.
03:03On adore avoir des joueurs qui sont du cru, qui habitent à quelques kilomètres, avec qui on était au lycée.
03:10Et à Gaillan, on a toujours été un petit peu habitués à se faire piquer nos bons joueurs, mais aussi
03:15bons entraîneurs.
03:16Donc on n'a pas peur.
03:18On est surtout content d'être toujours en Ligue 1.
03:20Et donc la transition se fait en douceur dans l'été.
03:23Donc la spécificité de ce mercredi au début de saison, c'est l'arrivée de Bertrand Marchand, qui a fait
03:28revenir Christophe Leroux.
03:30Nestor Fabry, international argentin.
03:33Qui est quand même une recrue top, de top niveau.
03:36D'ailleurs, on se demande toujours comment il est arrivé à Gaillan.
03:37Ces joueurs-là, qui ont été recrutés par Bertrand, c'est des joueurs qu'il connaissait très bien et qui
03:41avaient cette spécificité d'être breton.
03:43Lui, pour que ça se passe bien sur le terrain, il faut que ça se passe bien en dehors du
03:47terrain.
03:47Que ce soit les relations avec les supporters, mais aussi à l'intérieur du groupe.
03:51C'est pas vrai qu'ils se partent au canal, ils marchent !
03:54L'affaire à la Guirou, notre seule ambition à Gaillan, c'était de se maintenir déjà, d'être en Ligue
03:581.
03:58C'était quand même quelque chose d'extraordinaire.
03:59On sait qu'on a une équipe qui doit tenir la route.
04:03Le problème, c'est qu'on sait qu'on est Gaillan.
04:05On prend les années comme elles viennent, en fait.
04:16Tu joues Lyon, le premier match à domicile.
04:18C'est l'une des meilleures équipes de France, championne de France, Juninho, Anderson.
04:23C'est l'équipe que tout le monde regarde.
04:24Tous les matchs ne passaient pas à la télé, donc c'était un match qui était diffusé en direct.
04:29Et pour moi, énormément de pression parce que 28 ans, premier match titulaire.
04:34Je crois que je n'ai pas trop dormi.
04:57Et puis bon, le match ne déroule pas trop bien.
05:001-0, 2-0, 2-1.
05:04Non, 1-1, 2-1, 3-1.
05:14Et on se dit, waouh, ça part pas bien.
05:19Et puis Drogba rentre.
05:21Et la rentrée de Kittier, Drogba.
05:353-2, tu te dis, bon, c'est jamais.
05:38Et puis 94e minute.
05:44Drogba,
05:46deuxième poteau
05:49qui égalise,
05:49puis le feu dans le stade.
06:00Je pense qu'ils ont un petit peu snobé sur la fin du match.
06:03Et ça, ça nous a piqué au vif.
06:04Et à Gagarin, on n'aime pas ça.
06:06On n'aime pas ça.
06:07Le groupe est vraiment né à ce moment-là.
06:19C'est vrai que j'ai eu un capital sympathie
06:22dès les premiers instants.
06:24J'ai tout de suite ressenti
06:25le fait d'être breton.
06:28Je suis Yannick Thoudic,
06:30supporter dans la bande de Gingon
06:31depuis, je sais pas,
06:32je devais avoir 10 ans, quoi.
06:35J'en ai 56 maintenant.
06:37Donc moi, Arnaud Thoudic,
06:38le frangin,
06:39on était là pour les débuts du Cop
06:40et on a créé notre groupe de supporters,
06:42le Brazies et le Cop.
06:43Et aujourd'hui, je viens avec mes enfants.
06:47Ceux qui viennent à Gingon,
06:487000 habitants.
06:49Je me rappelle, je suis plus d'un joueur
06:51qui était venu,
06:51qui est arrivé à Gingon.
06:52Il croyait qu'il avait traversé un bourg, en fait.
06:55Il dit, mais non, t'es déjà là,
06:56on a déjà traversé Gingon, quoi.
06:59J'ai grandi avec le club, en fait, c'est ça.
07:01J'ai grandi avec le club,
07:01les gens ont grandi avec nous.
07:03Après les matchs,
07:03on se retrouvait tous dans le même bar,
07:05mais on se retrouvait avec les jeunes
07:06qui étaient avec nous au lycée
07:07ou qui étaient en BTS, ici, à Notre-Dame.
07:09C'était facile, en fait.
07:10Il n'y avait pas, il n'y a...
07:11Tout le monde se retrouvait, là.
07:13C'était plutôt le football d'ici
07:15qui nous attirait, à mon frère et à moi,
07:16alors qu'on avait qu'en 11 et 13 ans.
07:18Il y avait une image positive.
07:29Le Stabrané, alors qu'on parlait des paysans
07:31et puis de la ville,
07:32la vie des paysans,
07:33les derbys étaient orientés là-dessus.
07:37J'étais en vacances, en fait, en Espagne,
07:39dans le sud.
07:40J'étais avec mes enfants, ma femme,
07:41et puis je me dis,
07:43demain, il y a le match, quoi.
07:44C'est le derby.
07:45Je chie de pas être là, quoi.
07:47Ma femme, elle aime pas le foot du tout.
07:49J'ai biaisé un peu.
07:50J'aime pas rouler de jour,
07:51je préfère rouler de nuit.
07:53On pourrait partir là,
07:54de toute façon,
07:55les enfants vont dormir,
07:56ce sera mieux.
07:57Et puis donc, du coup,
07:58j'ai fait 1700 bornes,
08:00pratiquement d'une traite.
08:01Je me suis juste arrêté à Bordeaux,
08:03boire un café.
08:04J'étais parti il y a 19h.
08:08Et j'avais mon petit cousin
08:09qui était tout le temps avec moi
08:10et qui m'appelle,
08:11il me dit,
08:12Yannick, putain,
08:12t'as vu le match qu'on a raté ?
08:14Ah non, moi, je l'ai pas raté.
08:16Moi, j'étais là.
08:33C'est peut-être la première fois d'ailleurs
08:34qu'elle a été chantée,
08:35c'est la chanson
08:36Les paysans sont de retour.
08:37Les paysans sont d'ailleurs.
08:39Et donc, c'était...
08:40Et Drobol chantait, hein.
08:41Il était comme ça.
08:42Parce que, voilà,
08:43on sait d'où on vient
08:45et on sait que,
08:46pour réussir,
08:47il faut travailler.
08:47Et puis, on fait
08:48la première page de l'équipe.
08:49Oui, avec Carnot.
08:50Et tu l'as toujours, je crois ?
08:51Oui, je l'ai toujours à la maison.
08:53Grâce à ces trois premiers
08:54matchs de championnat,
08:56on arrive à être
08:56sur le podium
08:57à la fin septembre.
09:01Après le bon début de saison,
09:03c'est vrai que jusqu'à la trêve,
09:04on a une équipe un peu...
09:06On est un peu irréguliers.
09:07Un petit peu de la faute
09:08de Didier d'ailleurs.
09:10parce qu'il rate un but
09:10à l'entraînement
09:11et de rage,
09:12il shoot dans le poteau.
09:13Il s'est fracturé le pied.
09:15C'est comme ça qu'il se laisse.
09:16Putain, on a raté
09:17à la Ligue des Champions.
09:18Tiens, la Ligue des Champions,
09:19il te reste à cause de ça.
09:21Et on le perdait
09:21pour, je crois,
09:23trois, quatre matchs.
09:32Quand on prend cinq à Paris,
09:34ouais, peut-être, je ne sais pas.
09:50Il y a cinq, six matchs
09:51en octobre, novembre,
09:53où ça ne se passe pas
09:53trop, trop bien.
10:15Bon d'un coup,
10:16on prend une belle claque.
10:18Oui, on s'était fait chambrer
10:19avant le match,
10:20dans les journaux,
10:22pendant le match, beaucoup.
10:23Je me souviens très bien
10:24de Jérôme Rotten
10:25qui a voulu s'entrer
10:26de loin
10:27parce qu'il avait un bon pied.
10:28Il n'avait pas besoin
10:29de déborder.
10:30Je pense qu'il se déchire
10:31sur son centre
10:32et il me l'avait
10:32l'huicarde de l'autre côté.
10:33Je me souviens très bien
10:34qu'il m'a chambré
10:35et lui avoir répondu
10:36et justement,
10:37lui avoir dit
10:37la prochaine fois,
10:38viens dans la surface,
10:40tu vas goûter à mes gants.
10:43Donc, on n'a pas oublié.
10:48Avant, quand j'étais,
10:49on se mettait comme ça,
10:51tous là,
10:51tout le long,
10:52on était tous comme ça
10:53et il n'y avait pas les tôles
10:55donc on voyait le match
10:56et les joueurs,
10:57on les voyait,
10:58ils venaient jusque là
10:59en dessous,
10:59ils nous faisaient
11:00des petits bonjours
11:01et tout.
11:02Et les petits,
11:02ils avaient le droit
11:03de monter
11:03parce qu'autrement,
11:04ils n'ont pas le droit.
11:04Ils avaient le droit
11:05de monter un petit peu là.
11:13Voilà,
11:14très hivernal,
11:14on est deuxième.
11:15Ah ouais,
11:16donc voilà.
11:17On pense déjà
11:18à Ligue des Champions quoi.
11:19Non,
11:20si,
11:20bah si,
11:21si.
11:22Partout en France,
11:23la première chose
11:23dont tu parles,
11:24c'est la météo.
11:25Ici,
11:25la première chose
11:26dont tu parles,
11:26c'est t'as vu le match
11:27de Guingamp hier,
11:28t'as vu le match de Guingamp
11:29demain,
11:29ce week-end,
11:30ils jouent contre eux.
11:30Et donc ici,
11:31à Guingamp,
11:32partout,
11:32ça discutait de Guingamp
11:33forcément
11:33puisqu'on était deuxième.
11:35Et là,
11:35tout le monde est supporter.
11:36Et là,
11:36tout le monde est supporter,
11:37bien sûr.
11:38Tout le monde est supporter,
11:39tout le monde va Houston.
11:40On est presque
11:41champion du monde.
11:44C'est les 90 ans du club,
11:46il y a une fête
11:47après un match,
11:47etc.
11:48Qu'alors que ça fait
11:49que six mois
11:49que je suis au club,
11:51je suis élu
11:52gardien du siècle.
11:54Donc ça me fait
11:54un peu sourire.
11:55Je suis très fier
11:57quand même,
11:57mais je pense
11:58que d'autres avant
12:01ont peut-être
12:01plus mérité que moi.
12:08quand Bertrand Marchand
12:09rentre dans le vestiaire
12:10à Auxerre,
12:11je suis très étonné
12:12puisqu'il se dirige
12:13vraiment tout de suite
12:14vers moi
12:15et il vient me faire
12:16cette annonce
12:16qui est particulière,
12:17d'autant plus
12:18que j'étais en fin de contrat.
12:19Il me dit
12:19« Bertrand Marchand,
12:21je suis le nouvel
12:21entraîneur de Guingamp
12:22et je te veux
12:23comme premier gardien. »
12:25J'étais très focus
12:26sur mes performances
12:27parce que je me devais
12:28à ce moment-là
12:29de passer le cut
12:30parce que je savais
12:30que je n'aurais pas
12:31d'autres chances.
12:32Sans doute aussi
12:32parce que j'étais formé
12:34dans un club
12:34qui était la JOCR
12:35où la performance
12:36était un peu guidée
12:37par la peur de mal faire.
12:39Guirou ne me laissait pas jouer
12:40une seule minute
12:41même d'un match amical.
12:42Il fallait que je prouve
12:43que j'avais ma place.
12:45On est des joueurs
12:45mais on est aussi des hommes.
12:47J'avais perdu mon papa
12:47en début de saison.
12:49Toute cette saison-là,
12:51il a fallu la faire
12:52avec tout ça,
12:52ces sentiments-là.
12:53Je crois que je m'en suis défait
12:55de ça,
12:55qu'à partir de 32 ans,
12:574 saisons plus tard,
12:58j'ai pu enfin
12:59vivre les choses
13:01pleinement
13:02sans peur de mal faire
13:03en voulant montrer
13:04ce que je savais faire.
13:05Ça, ça change tout.
13:38L'impression sur le terrain,
13:39moi j'avais l'impression
13:39que c'était des avions
13:40tous en face
13:41et que nous,
13:42on avait les pieds
13:43dans le ciment.
13:48C'est vrai qu'à cette époque-là,
13:49on avait des terrains
13:50d'entraînement
13:52de bien moins bonne qualité
13:54qu'ils ne sont aujourd'hui.
13:55Et c'est vrai que des fois,
13:56on arrivait à rincer
13:57le week-end
13:57parce qu'on s'était entraîné
13:58sur des bourbiers
13:59toute la semaine.
14:00Il n'y avait plus de Jules
14:01le samedi.
14:07Ce trou d'air persiste
14:09parce que je crois
14:10qu'il y en a 8 ou 10 matchs
14:12sans victoire.
14:21Quand on est dans ces spirales-là,
14:23on se demande
14:24quand on va en sortir
14:25et comment on va en sortir.
14:26Je me souviens
14:27qu'on multipliait
14:28entre nous les réunions
14:29pour essayer de se dire les choses.
14:30On s'engueule,
14:31on est...
14:32sur le terrain,
14:33on n'était pas des anges.
14:35Finalement,
14:36on retombe
14:37dans un classement
14:38peut-être plus conventionnel
14:39par rapport à Guingamp.
14:48Je le vois bien,
14:49on est là-bas
14:49sur le côté droit.
14:51On a passé en revue
14:52les milieux,
14:53la défense.
14:54Et puis finalement,
14:55arrivé côté droit.
15:00moi,
15:00on est là-bas.
15:00ce que je sens,
15:02c'est le souffle du ballon
15:04qui me caresse l'épaule
15:05et je sais que le but
15:06est au fond.
15:06Mais d'ailleurs,
15:06mes fils m'en parlent
15:08tout le temps
15:08parce que je crois
15:09que c'est quelque chose
15:09qui tourne en boucle
15:10beaucoup sur les réseaux sociaux.
15:13j'ai mon petit cousin
15:14qui est avec moi
15:14depuis qu'il a 14 ans
15:15et en fait,
15:16on est au tambour
15:16tous les deux.
15:17On est mené 2-0
15:18et puis il arrête
15:19de taper.
15:20Je lui dis,
15:20mais non,
15:20Mickaël,
15:22il reste du temps,
15:23on y va,
15:23on continue,
15:24allez.
15:25Il était là,
15:26allez,
15:26on y va.
15:372-1,
15:382-2,
15:39non,
15:402-1,
15:42oui,
15:422-2.
15:43Ouais, c'est ça.
15:57C'est un des buts
15:58qui restera dans ma mémoire
15:59et ma mémoire
16:00de beaucoup de guingampé.
16:01Il était au-dessus de Didier,
16:02à l'horizontale.
16:03Et il se vrille,
16:05on ne sait même pas.
16:06Je ne sais même pas
16:06comment il fait
16:06pour aller le prendre.
16:08Donc 3-2
16:09et puis du coup,
16:10il m'a pris,
16:11on s'est pris dans les bras
16:12à la fin du match
16:12et je me suis dit,
16:13tu vois,
16:13putain,
16:13il ne faut pas lâcher.
16:15Il ne faut pas qu'on lâche.
16:18Didier Drobot
16:19nous avait rejoint
16:20au mois de janvier
16:21de la saison précédente.
16:23Quand il est arrivé du Mans,
16:24il venait faire 6 mois chez nous.
16:26La rentrée de Didier Drobot.
16:29Mais bon,
16:30c'était pas terrible.
16:36Parce que c'est vrai
16:36que l'année d'avant,
16:37il avait beaucoup d'occasion
16:38et il ne marquait pas beaucoup Didier.
16:41On se dit,
16:42qu'est-ce qu'on va faire avec ça ?
16:46Il ne mettait pas un pied devant l'autre
16:47quasiment les 6 premiers mois.
16:50Et puis là,
16:52je ne sais pas,
16:52il volait au-dessus de la pelouse.
17:20tout était là depuis plus longtemps.
17:21un bon compagnon de route
17:23aussi sur le terrain
17:23parce qu'il ne s'est passé à part au chien.
17:25C'était vraiment
17:25un gros, gros bosseur sur le terrain.
17:27Sur la saison,
17:27c'est de eux
17:28dont on a parlé le plus.
17:29Maintenant,
17:30on n'allait pas être jaloux.
17:31Au contraire,
17:31puisqu'ils nous faisaient gagner des matchs
17:33et on était plutôt contents.
17:35On parle souvent
17:35de la paire
17:37Malouda-Drogba,
17:38mais c'était Nestor Fabri
17:40derrière,
17:40Croix de Montero,
17:41Guillaume Oriol,
17:42Alain Di Niaïa.
17:43On est le petit,
17:44on va prouver,
17:44on est fiers d'être gargantins,
17:45on est fiers d'être bretons
17:46et peu importe
17:48si tu joues au Marseille,
17:49PSG ou autre,
17:50tu es sur le terrain
17:51en terre 11 contre 11
17:52et tu vas essayer de les battre.
18:00Les victoires se sont enchaînées
18:02jusqu'à en devenir
18:03quasiment automatique.
18:04Mais c'est une alchimie
18:06qui existe rarement
18:07dans le sport
18:08et l'avoir vécu,
18:09c'était juste incroyable.
18:15Le match retour
18:16contre Monaco
18:17avait vraiment
18:18un esprit de revanche.
18:19Cette fois-là,
18:20on avait été vexés
18:20sur le match allé.
18:22De mémoire,
18:24je pense que ça a été
18:25le plus gros match
18:26de la saison.
18:38Il joue encore
18:39le titre.
18:40donc vous allez voir
18:42si vous allez avoir le titre.
18:43Mais du coup,
18:44on a tout fait
18:45pour...
18:45ce ne sont pas eux,
18:46toujours.
18:47On les a battus
18:48trois, je crois.
18:49Ludwig Jolie,
18:51il était vert.
18:58Le mardi soir,
18:59après le match au Manaco,
19:00on avait bu
19:01un petit peu de champagne.
19:01Je me souviens très bien
19:02de la soirée
19:04à Tréguier,
19:05à l'hôtel
19:07avec Marine.
19:07Après le repas,
19:08on se dit
19:08« moi,
19:09je vais payer un coup »
19:12et tout le monde
19:12paye son coup,
19:13donc on finit très éméché.
19:16Et ça a commencé
19:17à chahuter un petit peu.
19:19Pendant,
19:19il y avait un aquarium
19:20à l'hôtel.
19:21Je me souviens très bien
19:21de Steph Carnot.
19:24Steph,
19:24tu m'excuses,
19:25mais qui a été à la pêche
19:27au homard
19:28dans le vivier du restaurant.
19:29On avait fait courir
19:30des homards,
19:30on avait fait une course
19:31de homards.
19:31Je faisais l'arbitre
19:32pour savoir
19:33qui avait gagné.
19:33tu te souviens
19:34qui a gagné ?
19:35Stéphane Carnot.
19:37Moi,
19:38j'ai toujours voulu
19:38faire des sports collectifs
19:39pour vivre avec mes coéquipiers
19:40et d'ailleurs,
19:41c'est ce qui manque après.
19:42T'as plus de tribu.
19:43Voilà.
19:44C'est ça qui manque.
19:49On va jouer à Lyon.
19:51On avait quand même
19:52la possibilité
19:52de jouer la Coupe de Raph
19:53ou la Champions League
19:54sur cette dernière semaine.
20:08ce jour-là,
20:09on leur met vraiment
20:10une leçon de foot.
20:11Tu regardes ça
20:12comme une happy end.
20:13Voilà,
20:13la fin du film
20:14parce que tu savais
20:15que c'était la fin du film,
20:16c'était le dernier match.
20:22Malheureusement,
20:22il n'y a pas la qualif
20:24pour aller plus loin,
20:25mais on le savait déjà
20:26mathématiquement,
20:27je pense.
20:27Il y avait une frustration
20:28quand même
20:28parce qu'on fait quand même
20:29le boulot
20:29contre le premier et le deuxième
20:30et on se retrouve
20:32que septième.
20:32on est toujours fiers
20:34d'être guingampé
20:34mais là,
20:35on l'était encore plus
20:36et on sentait
20:37qu'il n'y avait aucune équipe
20:38plus loin.
20:39Le championnat se termine.
20:40Ah ouais,
20:41ça aurait bien continué.
20:43Il ne nous manquait pas
20:43grand-chose.
20:44Peut-être que
20:45deux matchs encore
20:46et puis...
20:49C'est une des saisons
20:51où on a pris
20:51le plus plaisir
20:52dans le jeu.
20:53Je pense que les gens
20:54ont aussi pris
20:54énormément de plaisir
20:55parce que nous,
20:56on en a pris sur le terrain.
20:57On sait que déjà,
20:57on a vécu un truc
20:58de fou.
20:59Ça ne s'est jamais reproduit.
21:00Aujourd'hui,
21:01on a de la chance à guingampé,
21:02on a un public,
21:03on est en Ligue 2,
21:03on est parmi
21:04les plus belles affluences.
21:05On reste toujours
21:05plus de 10 000 personnes
21:07mais il faut venir au stade.
21:08C'est une chance
21:09d'être aujourd'hui
21:10là où on est encore aujourd'hui.
21:11Avec l'espoir
21:12de retrouver la Ligue 1
21:14un jour,
21:15peut-être la Ligue des Champions
21:16serait mon rêve suprême,
21:17ça,
21:17de trouver la Ligue des Champions
21:19avec Guingamp.
21:20Parce que, voilà,
21:21ce serait une anomalie totale.
21:22Mais c'est pas grave,
21:23il faut y croire.
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