Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 6 heures
Cyclisme - Paris Roubaix -
Avril 1985 -
Comm FRA

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:00Et très vite oublié ici, car nous sommes dans la tranchée de Wallace-Arenberg.
00:05Wallace-Arenberg, c'est un boyau.
00:07Un boyau de 2,4 km, emprunté depuis quelques années déjà par les coureurs de Paris-Roubaix.
00:14Et là, la course est loin encore de se dessiner,
00:17puisqu'il reste environ 100 km à accomplir avant l'arrivée, donc, sur le vélodrome de Roubaix.
00:23Et là, nous voyons les hommes qui sont échappés.
00:26Ici, Francis Castin.
00:27Ces hommes qui passent là, devant vous, ont fait partie de l'échappée initiale,
00:32celle qui est partie pratiquement après le départ de Compiègne,
00:35et qui a groupé une quinzaine d'hommes, avec deux Français,
00:38Castin, que vous avez vu il y a quelques instants,
00:40et il y avait aussi Yvon Madiot, déjà un Madiot dans la course.
00:44Mais très, très vite, tout cela va se décanter.
00:46L'homme en bleu que vous avez vu devant,
00:47eh bien, c'est tout simplement le coureur de la formation panasonic Théo de Roy.
00:52Nous retrouvons ici Théo de Roy, un Théo de Roy très brillant,
00:55que l'on a vu souvent à la peine, car il y a quelques années, il était tombé,
00:59s'était fracturé la clavicule, et il avait eu du mal à revenir au premier plan.
01:02Derrière, eh bien, il y a eu Manders,
01:05il y a eu des hommes comme Dems, comme Mackay, comme John Kers.
01:11Et derrière, voici ici John Kers en tête,
01:13suivi de Francis Castin,
01:15et suivi aussitôt, donc, de Théo de Roy.
01:18Théo de Roy, qui est victime tout de suite d'une crevaison,
01:21mais c'est un grand de Roy, aujourd'hui.
01:24Et il va mener à bien une longue échappée solitaire,
01:28avant d'être rejoint par Francesco Moser.
01:31Ici, nous sommes sur une section pavée,
01:33et aujourd'hui, les pavés ne ressemblent pas à ceux d'hier,
01:37car la pluie est passée par là,
01:38et vous avez vu également Yvon Madiot, tout à l'heure,
01:41qui est ici rejoint par le Panasonic Théo de Roy.
01:48Et Yvon Madiot va rester longtemps dans le sillage de Roy,
01:52mais l'échappée va très vite être réduite à néant,
01:56car à l'arrière, il y a une très belle poussée,
01:58avec des hommes comme Greg Lémon, notamment,
02:00avec Eric Van Der Arden, qui consulte sa fin de parcours.
02:03Chacun a dans sa poche, la poche de son maillot, un petit carton,
02:06et on peut se renseigner sur la fin de parcours et sur les portions pavées.
02:10Donc, on ne pense pas encore que la décision soit jouée,
02:13car les grands, donc, n'ont pas donné le signal de l'envol.
02:17Et c'est tout à l'heure que nous allons voir un Francesco Moser absolument souverain sortir de l'ombre.
02:22Mais derrière, des hommes comme Van Der Arden, comme Kelly,
02:26sont en train de veiller, sont en train d'attendre le moment précis pour attaquer.
02:31Voici ici Sean Kelly et Eric Van Der Arden,
02:35alors que Jean Kers ici est rejoint par un groupe qui comporte également et déjà Marc Madu.
02:43On peut dire que les meilleurs sont pratiquement au commandement,
02:45alors qu'Eric Van Der Arden est en train de jouer sa carte.
02:49Il pense qu'il peut aller jusqu'au bout, Eric Van Der Arden,
02:52et il rejoint ici Francesco Moser, qui aura effectué à peu près 30 km à l'avant.
02:57Francesco Moser, qui tombe ici, qui va repartir,
03:00qu'avait-il voulu prouver aujourd'hui qu'il restait le plus grand sur ce parcours de Paris-Roubaix.
03:05Dans cette classique, il a remporté à trois reprises,
03:08mais il semble que son refroidissement n'était pas une vue d'esprit
03:12et il a dû laisser la meilleure place à Eric Van Der Arden.
03:16Van Der Arden est donc seul en tête.
03:18Derrière, qu'y a-t-il ?
03:19Eh bien, il y a Marc Madu, il y a Sean Kelly, il y a Eddie Plankart,
03:23il y a des hommes particulièrement dangereux, donc, pour ce final de Paris-Roubaix,
03:28et malgré tout, Eric Van Der Arden va insister.
03:31Il pense qu'il peut aller jusqu'au bout.
03:33Rappelez-vous, il a déjà gagné le Tour des Flandes,
03:35il a gagné Van Der Ver Game,
03:37mais il se trouve littéralement dans le vent, ici.
03:39Et le vent a joué un grand rôle dans cette course.
03:42Elle a, en tout cas, ruiné tous les espoirs de Francesco Moser,
03:44comme elle est ici, sous vos yeux,
03:47en train de ruiner les espoirs du champion de Belgique, Eric Van Der Arden.
03:51En tout cas, un beau coureur.
03:53Vous apercevez Vostinek, Eric Van Der Arden, Marc Madiot,
03:56dont je vous parlais tout à l'heure de ses qualités de cyclocrossmen,
03:58il porte le liseré de champion de France de cyclocross.
04:01C'était juste avant son frère, Yvon.
04:03Et Marc Madiot lui tente sa chance, il sait ce qu'il faut faire.
04:06Il a terminé, il y a deux ans déjà, en quatrième position dans ce Paris-Roubaix.
04:10Et il aurait pu terminer en meilleure position encore,
04:13mais il nous avait dit, à ce moment-là, en direct, en stade 2,
04:17je n'ai pas osé.
04:18Et cette fois, il ose.
04:22Il ose, et ce sera payant.
04:24Il est ici, au dernier kilomètre.
04:26Marc Madiot va donc l'emporter.
04:28C'est sa plus grande victoire, sa plus belle,
04:31celle certainement qui lui tiendra le plus à cœur,
04:34car il avait été ici, pas très loin,
04:37et gagné une belle course aussi.
04:39C'était tout simplement une étape du Tour de France à Louvrois, l'année dernière.
04:43Marc Madiot, un homme de renasé dans la Mayenne,
04:4626 ans, progressant sur tous les terrains,
04:49alors qu'en deuxième position, nous voyons Voschkinec,
04:54alors que le sprint ici, pour les places d'honneur,
04:57est remporté par Sean Kelly, devant Greg Lémon, devant Likens.
05:05Marc Madiot, ainsi que Voschkinec,
05:08qui a terminé en deuxième position,
05:10donc un beau succès des revues.
05:12Voilà.
05:13Voilà pour la course,
05:14voilà pour les faits.
05:16Tout à l'heure, avec Alain Vernon,
05:17nous allons voir l'autre aspect,
05:18mais auparavant, il nous fallait tout de même
05:21connaître un peu les impressions
05:23de ce Marc Madiot.
05:25Marc Madiot, au micro de Robert Chappat.
05:30À vous, Robert.
05:33Marc Madiot, ça change.
05:34Les autres années, vous étiez dans le studio de Lille,
05:36à l'arrivée, toujours en train de parler
05:37d'un brillant Paris-Roubaix,
05:39il y a deux ans en particulier, à la quatrième place.
05:41Cinquième.
05:42Cinquième place.
05:43Et puis là, vous êtes encore en coureur,
05:44et vainqueur, cette fois, vous avez l'air
05:45de ne pas encore comprendre ce qui vous arrive.
05:48Disons que ça va peut-être demander quelques temps,
05:50parce que ça fait cinq ans que j'attends
05:52d'en gagner une grande,
05:54et il va peut-être pas falloir cinq ans pour réaliser,
05:56mais disons qu'il me faut peut-être encore quelques moments.
06:00Il faut tout résumer pour gagner Paris-Roubaix,
06:02éviter la malchance, vous n'avez pas été épargné.
06:04Non, j'ai eu aucun problème aujourd'hui,
06:06je n'ai ni crevé, ni chuté,
06:07j'ai toujours pris les bonnes trajectoires,
06:09j'ai toujours fait attention où je mettais mes roues,
06:10je crois bien que je n'ai même pas cassé un rayon, vous voyez.
06:12Il y a quelque chose qui me stupéfie,
06:14c'est que vous aviez la réputation à vos débuts
06:15d'être un coureur maladroit sur le vélo.
06:17Et puis la pratique du cyclocross,
06:18ou tout à coup la révélation que vous étiez un coureur
06:20peut-être beaucoup plus adroit que les autres,
06:22aujourd'hui c'est la grande consécration justement
06:25de cette adresse,
06:27des dons d'un artiste sur sa machine.
06:29Disons que ça fait 4 ou 5 ans
06:31que je travaille énormément à l'entraînement,
06:33disons que tous les hivers je fais du cyclocross
06:35pour préparer ma saison sur route,
06:37et puis depuis que j'ai fait Paris-Roubaix
06:38chez les amateurs que j'ai gagné la première fois
06:41que j'ai participé,
06:42à partir de ce jour-là je me suis dit
06:44que c'est une course qui me convient,
06:45et puis tous les ans je la prépare
06:47et je suis super motivé au départ.
06:49Alors cette année c'était évidemment le cas,
06:51est-ce qu'il y a eu un moment où vous avez douté
06:52dans cette bagarre entre Kelly, Moser, Van der Harden ?
06:56Vous étiez à l'abri ou vous faisiez du souci ?
06:58Disons qu'il y a eu 2 ou 3 petits moments difficiles
07:00parce que ça ne peut jamais être évident
07:01pendant 265 km d'être toujours bien,
07:03j'ai eu 2 ou 3 fois un petit peu mal aux jambes,
07:05mais à chaque fois je sentais que ça allait de mieux en mieux,
07:07et puis dans le final,
07:09plus ça allait mieux j'étais,
07:10puis je sentais que les autres commençaient à coincer,
07:11je me suis dit s'il y a une ouverture il faudra la prendre.
07:13Vous avez le sentiment d'avoir emporté
07:14la plus belle de toutes les classiques ?
07:16Certainement une des plus belles, oui.
07:19Et quel autre accompagnerait bien pour vous maintenant ?
07:22Ah, ce serait Milan sans Rémeaux.
07:23Ah oui, mais ça il faudra attendre l'année prochaine.
07:24Il faudra attendre l'année prochaine.
07:25Il reste une semaine assez difficile
07:27avec la Flèche-Vallonne et Liège-Bastogne-Niège.
07:29Oui, c'est cela, alors on va essayer de continuer sur la lancée.
07:32Et pas de problème à l'intérieur de l'équipe,
07:33c'est Fignon qui va être content,
07:34il n'était pas là aujourd'hui,
07:35il a trouvé un autre leader.
07:37Oui, mais Fignon va revenir dans le courant de la semaine
07:39et je pense qu'il sera prêt pour Liège-Bastogne dans 8 jours.
07:42Marc, bon anniversaire, c'est dans 2 jours,
07:44c'est bien d'avoir anticipé, on se retrouvera tout à l'heure
07:46parce qu'on sait que dans ces cas-là, vous savez bien vous tenir.
07:50Bruno, Bruno Wojtinek, inattendu deuxième,
07:53mais pour ceux qui connaissaient bien le vélo,
07:55on savait que vous étiez capable de tout faire, même de gagner.
07:58Ben disons que c'est sûr qu'aujourd'hui,
08:01j'ai fait une course exceptionnelle,
08:03d'autant plus que je finis deuxième derrière un équipier.
08:05Mais je ne pensais pas être encore à ce niveau-là,
08:07je pensais encore progresser et arriver au top niveau dans 2-3 ans,
08:12mais c'est venu plus tôt.
08:14Et vous étiez un peu chez vous ici ?
08:15Oui, j'étais un peu chez moi, j'habite à une dizaine de kilomètres.
08:18Alors, on n'arrête pas d'entendre dans les douches
08:20que ce n'est pas une course tout à fait normale,
08:22pas assez régulière,
08:23qu'il y a trop de coureurs, de grandes valeurs éliminées.
08:26Votre conclusion à vous ?
08:27Ben je pense que quand vous avez la grande forme,
08:30vous ne tombez pas, vous ne chutez pas.
08:32Et il n'y a qu'à regarder le classement aujourd'hui,
08:34c'est quand même les meilleurs qui sont devant.
08:37Regardez, à cette heure-ci, il y en a encore qui terminent.
08:39Vous avez le sentiment que le meilleur aujourd'hui, c'était Marc Madiot ?
08:42Ben je pense qu'il a prouvé qu'il était très costaud,
08:44car il fallait quand même partir sur la fin
08:48avec des gars comme Kelly, Plankart, qui marchaient très bien.
08:51Et il y a quand même Baudet-Ardenne, tout ça,
08:53qui ont lâché prise.
08:54Donc je pense que c'était un des plus forts d'aujourd'hui,
08:57sinon le meilleur.
08:58En tout cas, c'était une formidable équipe Renault.
09:00Cyril Guimard, comment vous débrouillez-vous ?
09:02Laurent Fini, on n'est pas là.
09:03Vous réussissez un doublé avec Madiot et Vostinec.
09:07On a beau chercher dans le temps,
09:08on ne se souvient pas d'un doublé français dans la même équipe.
09:10Bien, ce n'est pas à moi qu'il faut poser la question.
09:12Je crois qu'il faudrait la poser aux gens qui sont tenus
09:15de suivre l'évolution et les palmarès.
09:18Je trouve que c'est très bien, même si c'est la première fois.
09:20Vous y croyez, vous, au départ ?
09:22Non, au départ, on ne peut pas croire à une telle réussite.
09:25Au fil des kilomètres, effectivement, dans les 50 derniers kilomètres,
09:28plus le groupe de tête s'amenuisait,
09:30plus on s'apercevait que Laurent et Bruno...
09:32Laurent, non, c'est vrai qu'il n'est pas là.
09:34Marc et Bruno...
09:34Je pense à la vite.
09:35Marc et Bruno, eh bien, faisaient mieux que de figurer.
09:41Et dans le final, Marc était vraiment de très, très fort.
09:43Ce qu'il a fait, c'est vraiment extraordinaire.
09:44Alors, cette victoire, effectivement, fabuleuse,
09:46ne remet pas en question la hiérarchie à l'intérieur de votre équipe.
09:49Non, absolument pas.
09:50Je crois qu'une équipe, c'est composé d'un certain nombre de garçons
09:52et chacun est là pour essayer de gagner des courses en fonction des circonstances.
09:57Laurent n'étant pas là, eh bien, on a essayé de le remplacer avantageusement.
10:00Il est bon de préciser que vous dirigez une équipe de jeunes.
10:02Voschninek n'a que 22 ans.
10:04Madiot n'aura que 26 ans et c'est l'aîné de l'équipe.
10:07Ben, c'est l'aîné de l'équipe, effectivement.
10:09C'est pratiquement le plus ancien avec Pascal Poisson,
10:11qui lui aussi a 26 ans.
10:12Et quand je dis le plus ancien, le plus ancien dans l'équipe,
10:14puisque ça fait déjà 5 ans qu'ils y sont.
10:17Et je crois qu'ils s'y trouvent bien.
10:19Et je crois qu'ils continueront à gagner des courses.
10:21Alors bravo, vous avez déjà eu l'occasion de gagner Paris-Roubaix
10:23par l'intermédiaire de Bernard Hinault.
10:25Cette fois, Cyril Guimard a tout simplement placé,
10:28donc vous le savez, deux hommes aux deux premières places,
10:30qui pourraient dire mieux,
10:31au terme d'une journée aussi ahurissante,
10:34aussi effroyable que celle qu'ont pu connaître les coureurs.
10:38Ben, disons que Madiot, Voschninek, Guimard,
10:41c'est aujourd'hui la veine.
10:42Et Duclos-Lassalle, que l'on plaçait parmi les favoris,
10:45c'est effectivement aujourd'hui la déveine.
10:47Et pour vous parler de l'autre aspect de Paris-Roubaix,
10:50car Paris-Roubaix, c'est un ensemble, c'est un tout.
10:53Il y a les heurts, il y a les malheurs, il y a le bonheur.
10:55Eh bien, Alain Vernon, qui est maintenant devenu
10:57le spécialiste de Paris-Roubaix pour la course,
11:00l'autre décor.
11:01Eh bien, Alain Vernon, vous, vous êtes intéressé
11:03surtout à la course de Duclos-Lassalle.
11:04Oui, Jean-Paul, Paris-Roubaix, c'est une très vieille histoire,
11:07une très vieille course.
11:07Et à l'intérieur de cette course, bien sûr,
11:09des coureurs ont créé, ont forgé leur propre histoire.
11:12C'est le cas de Gilbert Duclos-Lassalle.
11:13On peut dire aujourd'hui que c'est peut-être
11:14le Raymond Poulidor du Paris-Roubaix.
11:16Il a terminé deux fois deuxième en 80-83.
11:19Il avait ce Paris-Roubaix qui lui collait à la peau.
11:21Et je vous propose de suivre ce qu'a été
11:23cette course aujourd'hui pour Gilbert Duclos-Lassalle,
11:25le Pyrénéen qui est monté dans l'enfer du Nord.
11:28Et quand Jean-René Vivet le voudra,
11:29eh bien, nous découvrirons les images
11:31et la course de Gilbert Duclos-Lassalle aujourd'hui.
11:35Tout sourire, ce matin, à 10h,
11:38c'est Gilbert Duclos-Lassalle au départ de Compiègne
11:41pour son 7e Paris-Roubaix.
11:43Le visage tendu, maculé debout,
11:46c'est toujours Gilbert Duclos-Lassalle,
11:47mais quelques heures plus tard.
11:51Entre-temps, le Paris-Roubaix a jeté son lot de souffrance
11:54et Gilbert Duclos-Lassalle a toujours les mêmes craintes.
11:57Il ne faut pas passer à la chute,
11:58parce qu'un instant où vous pensez la chute,
11:59vous ne vous frottez plus pareil,
12:01vous n'êtes plus du tout dans le jeu
12:03et la chute, je l'élimine complètement.
12:05Le plus que je redoute, c'est de crever un mauvais moment
12:07et ça, c'est souvent assez fatal.
12:09En tout cas, le dernier vainqueur du Grand Prix de Rennes
12:11sait ce que l'enfer du Nord signifie.
12:13Et si les pavés de Compiègne sont là pour l'histoire,
12:16les premiers pavés du Nord, eux,
12:18sont là pour étirer, déchirer le long serpent du peloton.
12:21Gilbert le Pyrénéen est loin de ses bases,
12:23mais il a ses supporters.
12:26Pourquoi ça vous excite, Gilbert, cette course ?
12:28Disons peut-être que c'est à l'opposé de mon département
12:31et en plus, c'est surtout les pavés qui m'excitent.
12:34Et puis je pense que c'est dû à mon gabarit
12:35que je passe beaucoup mieux ces pavés que l'école.
12:38Après 120 km, Gilbert Duclos-Lassalle
12:41est toujours épargné par la course.
12:43Il a d'ailleurs spécialement préparé ce Paris-Roubaix.
12:46Il a avalé les kilomètres, autour des flancs notamment,
12:49puis dans la reconnaissance détaillée qu'il s'est imposé dans la vie.
12:53Qu'est-ce que vous avez mangé ce matin ?
12:54Le repas traditionnel, pâte, riz, steak, jambon blanc,
13:00et puis je serai prêt pour la course.
13:02Et pendant la course, vous vous nourrissez ?
13:05Oui, pendant la course, je vais utiliser des produits diététiques
13:07et des tartelettes que le soigneur a fait.
13:11Seulement voilà, le plus dur reste à faire.
13:13A commencer par la célèbre tranchée de Waller-Sarambert en pleine forêt,
13:16un chemin pavé, défoncé, où la boue de charbon,
13:20car la mine voisine et proche,
13:22achève de défigurer les forçats de la route.
13:31Gilbert souffre comme les autres.
13:33Sous le regard d'un spectateur, il est vrai plus attentif que les autres.
13:45Je suis partie aujourd'hui pour suivre Paris-Boubet,
13:47après je vais voir certains passages dans les pavés.
13:50C'est la première fois que ça m'arrive et je suis très contente de connaître.
13:54Vous allez voir passer Gilbert, qui va sûrement souffrir, c'est un peu...
13:56Ben, j'espère !
13:58Eh oui, dur, dur, dure école pour Gilbert.
14:01En tout cas, après 160 km de course, Gilbert du Clos-Lassalle
14:04est toujours aux avant-postes du peloton.
14:06Et c'est là que l'injustice, la malchance, appelée cela comme vous voulez,
14:09pénalise celui qui termina deux fois deuxième de la plus impitoyable des courses en 80 et 83.
14:14Du Clos-Lassalle crève.
14:16Roland Berland, dans quelques instants, son directeur sportif,
14:19pense à tout, il se précipite,
14:21surtout pour, vous allez le voir, récupérer le bidon,
14:24car cela pourrait lui valoir un déclassement pour ravitaillement non autorisé.
14:28Il faut penser à tout lorsqu'on est directeur sportif.
14:30En tout cas, Gilbert du Clos-Lassalle, lui, continue.
14:32Hélas, hélas, il était aux avant-postes de la course, comme je le disais.
14:37Eh bien, Gilbert doit refaire le plus difficile.
14:39Et dans Paris-Roubaix, le plus difficile est vraiment très spécifique,
14:43car il faut slalomer, slalomer parmi les voitures pour remonter.
14:46Hélas, Gilbert devra abandonner.
14:47Il a chuté dans les premiers kilomètres.
14:49Et il ne rejoindra pas les premiers.
14:53Décidément, Gilbert n'a pas de chance dans cette course.
14:56Sous-titrage Société Radio-Canada

Recommandations