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  • il y a 2 jours
Après l'avoir rejeté en commission le 25 mars, les députés devaient débuter l'examen du projet de loi constitutionnelle relatif à la Nouvelle Calédonie dans l'hémicycle ce 2 avril. En inscrivant les accords de Bougival et Elysée-Oudinot dans la Constitution, le texte prévoyait notamment de créer un État de Nouvelle-Calédonie et une nationalité calédonienne, mais également de reporter les élections provinciales et de réformer le corps électoral, des mesures bien loin de faire consensus. Avant même d'examiner les articles, les députés ont adopté la motion de rejet portée par le député néocalédonien Emmanuel Tjibaou (GDR), entraînant le rejet du texte par l'Assemblée nationale. Retrouvez les échanges et les positions des députés.

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00:00:07Bonjour et bienvenue dans la séance est ouverte.
00:00:10Aujourd'hui je vous propose de revenir sur l'examen du projet de loi constitutionnel relatif à la Nouvelle-Calédonie.
00:00:16C'était le jeudi 2 avril dans l'hémicycle. Regardez.
00:00:19Madame la Présidente, Monsieur le Président de la Commission des lois, Monsieur le rapporteur, Mesdames et Messieurs les députés.
00:00:28Il arrive que le Parlement soit placé devant une responsabilité toute particulière dans l'histoire de la République et alors
00:00:35il ne peut pas se dérober.
00:00:36Il doit dire clairement ce qu'il décide, il doit dire ce qu'il respecte de la parole donnée et
00:00:43il doit dire ce qu'il veut pour un territoire.
00:00:46Nous sommes à cet instant précis pour la Nouvelle-Calédonie.
00:00:50Alors il est 11h pour nous à Paris, au moment d'ouvrir les débats, il est 20h pour les Calédoniens.
00:00:57La journée se termine pour beaucoup d'entre eux et sans surprise, ils tournent le regard vers nous, vers cet
00:01:03hémicycle.
00:01:05Certains m'ont encore écrit il y a quelques jours pour me dire, et pour me dire très simplement, je
00:01:10regarderai ce que vous allez dire.
00:01:13Les Calédoniens nous écoutent.
00:01:15Et c'est bien normal.
00:01:17Ils veulent savoir si nous avons pris la mesure ici de ce qui se passe là-bas.
00:01:22Ils veulent comprendre ce que dans les prochains jours nous allons décider pour eux.
00:01:27Alors il faut bien mesurer ce qu'il y a derrière cette attente.
00:01:31La Nouvelle-Calédonie n'est pas un territoire comme les autres.
00:01:34Son histoire est complexe et elle est lourde.
00:01:36Elle est faite d'avancées, mais elle est faite aussi de drames.
00:01:40Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ces dernières années ont été particulièrement éprouvantes pour les
00:01:45Calédoniens.
00:01:46Il y a eu les référendums, il y a eu les blocages, il y a eu les violences du mois
00:01:50de mai 2024.
00:01:51Et tout cela a profondément marqué le territoire.
00:01:54Et tout cela a installé un doute.
00:01:57Celui de savoir si la Nouvelle-Calédonie pouvait encore avancer.
00:02:01Voilà mesdames et messieurs les députés d'où nous partons.
00:02:05Et si nous sommes enfin réunis là ce matin, ce n'est pas pour engager une simple réforme.
00:02:09C'est parce que depuis des mois, des femmes et des hommes ont essayé de rouvrir un chemin
00:02:15là où beaucoup ne voyaient plus qu'une impasse.
00:02:18Et ce chemin a un nom.
00:02:20C'est Bougival.
00:02:22Bougival, c'est d'abord un moment politique.
00:02:25Après des mois de rupture, c'est le moment où tous les responsables calédoniens, tous,
00:02:30ont accepté de revenir autour d'une table, de se reparler, de se confronter dans leurs opinions
00:02:36pour aboutir à un accord de compromis.
00:02:39Et en Nouvelle-Calédonie, ce que je viens de vous décrire compte beaucoup
00:02:42parce que ça ne va jamais de soi.
00:02:45Revenir autour d'une table après ce qui s'est passé, ce n'est pas rien.
00:02:48Faire des concessions qui n'étaient pas évidentes dans un territoire encore traversé par les blessures, ce n'est pas
00:02:54rien.
00:02:55Accepter un compromis quand on porte des histoires, des fidélités, des mémoires et parfois des incompatibilités profondes, ça n'est
00:03:03pas rien.
00:03:04Là-bas, on ne rassemble pas par facilité.
00:03:08On ne revient pas discuter pour le confort de la discussion.
00:03:11On y revient parce qu'on sait ce que coûte le face-à-face.
00:03:15C'est d'abord ça, Bougival.
00:03:16C'est la réouverture tant attendue d'un espace politique commun.
00:03:22Je veux saluer à ce titre le travail qui a été engagé par mon prédécesseur, Manuel Valls,
00:03:27et par tous ceux avant lui qui ont œuvré pour rendre ce moment possible.
00:03:32Alors disons-le d'emblée, ce que vous avez aujourd'hui entre les mains, ce n'est pas un texte
00:03:37parfait,
00:03:38et ça ne peut pas l'être par nature.
00:03:40C'est le résultat d'un équilibre entre des visions différentes de l'avenir du territoire,
00:03:44entre ceux qui aspirent à l'indépendance et ceux qui veulent le maintien dans la République.
00:03:49En Nouvelle-Calédonie, précisément, c'est comme ça qu'on avance.
00:03:53Aucun, aucun des grands compromis calédoniens n'a jamais été parfait.
00:03:58Ni Matignon ou Dino, ni Nouméa, aucun.
00:04:02Tous ont été critiqués, tous ont été contestés,
00:04:06tous ont été jugés insuffisants par les uns ou excessifs par les autres.
00:04:10Et pourtant, tous ont eu une vertu essentielle.
00:04:14Ils ont permis aux Calédoniens, à un moment de tension, de sortir du blocage et de se projeter.
00:04:20Voilà ce qu'il faut regarder aujourd'hui.
00:04:23Je ne suis pas en train de vous dire que l'accord de Bougival serait de même nature que les
00:04:27grands accords qui l'ont précédé.
00:04:28Je ne confonds pas les moments de l'histoire.
00:04:30Je ne cherche pas en ce qui me concerne les comparaisons faciles.
00:04:33Mais je dis qu'il y a entre eux une même exigence d'esprit.
00:04:38L'esprit de responsabilité, l'esprit qui consiste à préférer un chemin imparfait à une impasse certaine.
00:04:45Cet esprit-là, Michel Rocard l'a porté.
00:04:49Cet esprit-là, Lionel Jospin l'a porté.
00:04:52Et ce n'était pas l'esprit du confort, ce n'était pas plus l'esprit de la pureté.
00:04:56C'était l'esprit de ceux qui savent qu'en Nouvelle-Calédonie, on n'avance jamais par les slangans.
00:05:01On avance par des équilibres fragiles, difficiles, discutés et parfois douloureux, mais nécessaires.
00:05:09Alors parlons de Bougival comme il faut en parler, sans le caricaturer, sans le mépriser, sans faire comme s'il
00:05:15ne contenait rien.
00:05:17Bougival, ce n'est pas une construction inventée à Paris, ni un engagement administratif.
00:05:22C'est le fruit de discussions des forces politiques calédoniennes, qui partent d'un constat simple.
00:05:28Le cycle référendaire prévu par l'accord de Nouméa est arrivé à son terme.
00:05:32Les trois consultations ont eu lieu.
00:05:34Elles ont produit un résultat.
00:05:35Par trois fois, le nom à l'indépendance l'a emporté.
00:05:38Mais elles ont abîmé le territoire, en clivant davantage les deux camps,
00:05:42et elles n'ont pas à elles seules stabilisé le territoire.
00:05:48Bougival va donc proposer ce nouveau cadre.
00:05:50C'est la reconnaissance d'un État de la Nouvelle-Calédonie dans la Constitution.
00:05:55C'est la reconnaissance d'une nationalité calédonienne qui coexiste avec la nationalité française.
00:06:01C'est la possibilité d'un transfert progressif des compétences régaliennes,
00:06:05sécurité, justice, monnaie, défense, sous des conditions de majorité qualifiées au Congrès,
00:06:11et d'approbation par les Calédoniens de chaque transfert.
00:06:14Il ne s'agit pas de verrou, comme je l'ai entendu.
00:06:17Il s'agit de garanties démocratiques fortes, compte tenu de la nature des compétences transférées.
00:06:23Transférer des compétences régaliennes n'est jamais un acte anodin.
00:06:26Cela engage la souveraineté, l'organisation de la justice, la sécurité, les équilibres financiers.
00:06:31Il est donc normal que la procédure soit exigeante.
00:06:35Elle assure que toute évolution ne pourra intervenir qu'à l'issue d'un choix clairement assumé,
00:06:40partagé et validé démocratiquement.
00:06:43C'est ensuite la création d'une loi fondamentale pour consacrer la capacité d'auto-organisation du territoire.
00:06:49Et c'est un processus d'autodétermination renouvelé, inédit,
00:06:54qui rompt avec le face-à-face pour proposer de construire des majorités élargies.
00:07:00Ce sont des avancées majeures.
00:07:02C'est le pari de la confiance entre les communautés.
00:07:05L'étape Élysée-Oudino de janvier dernier s'inscrit dans ce prolongement.
00:07:10A l'invitation du président de la République,
00:07:12cette séquence a permis de consolider plusieurs points
00:07:14qui appelaient des clarifications à la demande des partenaires eux-mêmes.
00:07:18Sur l'identité d'abord, avec une chose claire,
00:07:22la reconnaissance de l'identité canaque comme socle fondamental,
00:07:26pleinement assumé, pleinement inscrit.
00:07:29Sur l'équilibre institutionnel ensuite,
00:07:31en réaffirmant le rôle des provinces comme acteurs essentiels du développement économique,
00:07:35mais dans un cadre qui garantit la cohérence d'ensemble
00:07:37et la solidarité entre les territoires.
00:07:41Et puis, il y a le concret.
00:07:42Les partenaires calédoniens ont souhaité aller plus loin
00:07:45en complétant le pacte de refondation économique et sociale.
00:07:49Ce pacte, c'est la volonté du Premier ministre
00:07:51pour soutenir le redressement du territoire.
00:07:53Il est structuré, il est financé et il est assumé.
00:07:57Près de 2 milliards d'euros sur la période 2026-2030,
00:08:00dans un contexte budgétaire que chacun s'est contraint.
00:08:03C'est un engagement clair et fort de l'État parce que notre priorité, c'est la relance.
00:08:08Dès cette année, et sans attendre, c'est plus d'un milliard d'euros d'investissement
00:08:12pour recréer de l'activité et de l'emploi,
00:08:14avec des baisses d'impôts, des garanties bancaires,
00:08:17des outils de défiscalisation pour les entreprises touchées,
00:08:20pour investir aussi dans les infrastructures dont le territoire a besoin,
00:08:24pour soutenir la filière nickel qui est au cœur de l'économie calédonienne,
00:08:28pour la jeunesse, avec des dispositifs d'engagement et d'insertion,
00:08:32pour les finances publiques, pour éviter l'asphyxie de l'endettement,
00:08:36et enfin pour l'urgence sociale,
00:08:39parce qu'il y a des situations qui ne peuvent pas attendre.
00:08:42Voilà, mesdames, messieurs, la réalité de ces textes.
00:08:45Un cas politique, déséquilibre clarifié et des moyens derrière.
00:08:49Avec Bougival, complété par Élisée Oudino,
00:08:52la nouvelle Calédonie peut à nouveau marcher sur ses deux jambes,
00:08:56institutionnelles et économiques.
00:08:59Alors, il me semble que ce que nous devons à cet effort
00:09:04des partenaires calédoniens, c'est au moins le débat.
00:09:07C'est ce minimum de respect que nous devons,
00:09:10c'est de ne pas le balayer d'un revers de main,
00:09:12avant même d'en avoir débattu sérieusement.
00:09:16Depuis quand l'Assemblée nationale, qui a si souvent eu pour rôle
00:09:19de prendre le relais des compromis trouvés sur le terrain,
00:09:22déciderait-elle soudain qu'elle n'a plus à assumer cette responsabilité ?
00:09:26Et je veux ici parler clairement à chacun,
00:09:29à ceux qui expliquent qu'il faudrait attendre encore.
00:09:31Mais je demande attendre quoi ?
00:09:32Que les positions se rapprochent toutes seules ?
00:09:35Que les blessures se referment d'elles-mêmes ?
00:09:37Que l'incertitude institutionnelle finisse par produire la stabilité ?
00:09:41Personne n'y croit.
00:09:42A ceux qui disent qu'il faudrait tout reprendre de zéro,
00:09:45je demande, avec qui ?
00:09:46Sur quelle base ? Dans quel calendrier ?
00:09:48Avec quelle garantie de succès ?
00:09:50Là aussi, personne ne répond.
00:09:53A ceux qui s'apprêtent à voter une motion de rejet,
00:09:55je veux dire ceci.
00:09:57Sur un sujet comme le dossier calédonien,
00:09:59une motion de rejet, ça n'est pas un simple vote de désaccord.
00:10:02C'est le refus même du débat.
00:10:04C'est la décision de fermer la porte,
00:10:05avant même d'avoir regardé ceux qui l'ouvrent.
00:10:07C'est dire que l'Assemblée nationale ne veut même pas aller au fond.
00:10:12Prenons garde, prenons garde,
00:10:14que cette motion de rejet, si elle était votée,
00:10:16ne soit pas prise par nos compatriotes de Nouvelle-Calédonie
00:10:19comme une forme de mépris à leur égard.
00:10:22Mépris à l'égard des partenaires politiques engagés,
00:10:25mépris à l'égard de tous les Calédoniens
00:10:27qui attendent des réponses de la représentation nationale.
00:10:31Et à ceux qui ont organisé l'obstruction,
00:10:34je redis ce que j'ai déjà dit en commission et que j'assume.
00:10:37Vous jouez dangereusement avec des allumettes
00:10:39et ça, c'est irresponsable.
00:10:41Plus de 3 000 amendements.
00:10:43Et quand je dis 3 000 amendements,
00:10:45je précise qu'il n'y a pas 3 000 idées
00:10:46parce qu'il n'y a pas une seule ligne claire.
00:10:493 000 amendements pour baïonner la représentation nationale.
00:10:52Pourquoi ?
00:10:53Parce que vous ne cherchez même plus à convaincre dans cet hémicycle.
00:10:56Vous cherchez à épuiser et à saturer.
00:10:59Vous êtes une opposition qui bloque tout
00:11:01parce qu'elle n'a plus rien d'autre à faire que détruire.
00:11:05A chaque texte important désormais la même méthode bloquée,
00:11:09c'est révélateur de ce que vous êtes devenus.
00:11:13Vous êtes devenus des saboteurs.
00:11:15On a le droit de contester.
00:11:16On a le droit de combattre un texte.
00:11:19Mais empêchez le débat comme vous le faites.
00:11:22Il faut que chacun, chacun mesure ce que ça dit.
00:11:25Ce n'est pas neutre.
00:11:27Ce n'est pas neutre parce que derrière ce texte, il y a un processus.
00:11:32Et derrière ce processus, il y a un territoire.
00:11:34Et derrière le territoire, il y a près de 300 000 femmes, hommes et enfants
00:11:39qui attendent des réponses.
00:11:41La Nouvelle-Calédonie, ce n'est pas un théâtre pour tactiques parlementaires.
00:11:45Ce n'est pas un théâtre d'essai pour des démonstrations idéologiques.
00:11:48La Nouvelle-Calédonie mérite mieux que ça.
00:11:51D'autant que ce texte, encore une fois, n'impose pas un avenir à la Nouvelle-Calédonie
00:11:55contre les Calédoniens.
00:11:56Il crée précisément des conditions pour qu'ils puissent eux-mêmes se prononcer.
00:12:00Et je veux insister sur ce point puisqu'il est au cœur du projet de loi constitutionnelle.
00:12:05L'article 1er ouvre la possibilité d'une consultation.
00:12:09Autrement dit, il ouvre la possibilité d'un choix démocratique.
00:12:12Le cœur des évolutions qui sont prévues par le texte n'entrera en vigueur que si
00:12:17les Calédoniens eux-mêmes l'acceptent.
00:12:19Alors je pose la question avec toute la netteté nécessaire, qui dans cet hémicycle peut vouloir
00:12:24empêcher ça ? Qui peut dire la main sur le cœur qu'il défend le peuple, la consultation,
00:12:29l'expression démocratique et dans le même mouvement, refuser à la population concernée
00:12:34le droit de se prononcer sur son propre avenir institutionnel ?
00:12:38Aucun républicain, aucun démocrate sincère ne devrait pouvoir assumer ça à la légère.
00:12:46Nous avons ensemble une grande responsabilité, être à la hauteur de la Nouvelle-Calédonie,
00:12:52être à la hauteur de ce qu'elle vient de traverser et être à la hauteur de ceux
00:12:56qui là-bas ont accepté de prendre des risques.
00:13:00Parce qu'il faut le dire clairement, signer Bougival, puis continuer à le soutenir
00:13:04alors même qu'il est contesté, ça n'est pas confortable, ce n'est pas facile
00:13:08et aujourd'hui, cinq forces politiques sur six tiennent cette ligne.
00:13:13Des indépendantistes, ceux de l'Unipalika, des centristes et des progressistes,
00:13:17ceux de l'éveil océanien et de Calédonie ensemble,
00:13:20des non-indépendantistes, ceux du rassemblement et des loyalistes.
00:13:24Ils ont choisi de tenir, ils ont choisi de ne pas rompre,
00:13:27de continuer à avancer depuis le 12 juillet, date de signature de Bougival,
00:13:31malgré les pressions et malgré les critiques, je veux leur rendre hommage.
00:13:36Et je veux dire un mot particulier pour les responsables de l'Unipalika
00:13:40qui nous regardent aujourd'hui, qui sont à la tribune de cet hémicycle.
00:13:45Leur engagement compte, leur lucidité, tout autant que leur courage compte.
00:13:51Parce que dans cette histoire, l'avenir ne reviendra pas à ceux qui crient le plus fort
00:13:56ou à ceux qui bloquent tout, il reviendra à ceux qui prennent des risques
00:14:00pour leur territoire. Je l'ai toujours dit parce que j'en suis convaincue,
00:14:04l'avenir appartient aux courageux.
00:14:07Et ceux-là, aujourd'hui, ils sont à la hauteur.
00:14:10Je suis prête, mesdames et messieurs les députés,
00:14:13à disposition de la représentation nationale,
00:14:16pour répondre à toutes vos interrogations,
00:14:18sur le report des provinciales, sur la date choisie,
00:14:21sur le calendrier, sur le rôle des provinces,
00:14:23sur la loi organique dont les travaux ont débuté à Nouméa,
00:14:26sur la manière de sécuriser encore l'accord s'y besoin.
00:14:30Mesdames et messieurs les députés, nous ne sommes pas au terme du processus.
00:14:34Il y a encore des étapes.
00:14:35Il peut y avoir des ajustements et des discussions.
00:14:39Votre vote, aujourd'hui, n'est pas un point final,
00:14:41c'est un point de départ.
00:14:43Alors que voulons-nous faire ?
00:14:45Est-ce que nous voulons fermer une porte au risque de tout figer ?
00:14:48Ou est-ce que nous laissons vivre un processus ?
00:14:51Parce qu'en Nouvelle-Calédonie,
00:14:53l'alternative à un processus politique ouvert n'est jamais l'attente,
00:14:56c'est l'incertitude.
00:14:57Et l'incertitude là-bas, vous le savez, fragilise toujours la paix civile.
00:15:02Ne prenez pas le risque d'enterrer des compromis acquis de haute lutte.
00:15:06Ne refermez pas la seule dynamique politique aujourd'hui à l'œuvre.
00:15:10Donnez une chance à ce processus.
00:15:12Parce qu'en Nouvelle-Calédonie, quand un chemin s'ouvre,
00:15:15même étroitement, la responsabilité de la République
00:15:17n'est pas de le refermer avant l'heure,
00:15:19c'est de lui permettre qu'il soit éprouvé par la démocratie, ici.
00:15:23N'oublions pas que derrière ce texte, il y a des visages et il y a des vies.
00:15:27Les Calédoniens nous écoutent.
00:15:29Apportons-leur la seule réponse qui leur ouvre enfin des perspectives.
00:15:33Pour eux, mesdames et messieurs, votez le projet de loi constitutionnelle.
00:15:38Merci beaucoup, madame la ministre.
00:15:42La parole est à présent à monsieur Philippe Gosselin,
00:15:45rapporteur de la Commission des lois constitutionnelles,
00:15:47de la législation et de l'administration générale de la République,
00:15:51pour une durée de 10 minutes.
00:16:01Merci, madame la présidente.
00:16:02Madame la ministre, monsieur le président de la Commission des lois,
00:16:06et puis surtout, je m'adresse ici, dans cet hémicycle.
00:16:10Ils nous écoutent à cette heure de début de soirée en Nouvelle-Calédonie,
00:16:14à tous les habitants de ce territoire, quels que soient leurs horizons.
00:16:19L'histoire de la Nouvelle-Calédonie et de la France, vous le savez,
00:16:21depuis 1853, est une histoire faite d'ombre et de lumière.
00:16:26Comme le rappelle le préambule de l'accord de Nouméa à Corsigné,
00:16:28faut-il le rappeler, je me tourne vers certains,
00:16:31par Lionel Jospin lui-même, le 5 mai 1998.
00:16:36Depuis 40 ans, la Nouvelle-Calédonie est davantage entrée dans l'univers de tous les Français,
00:16:40avec des périodes de fortes tensions, de trop nombreux morts,
00:16:43où une voie a été trouvée dans les accords de Matignon, puis ceux de Nouméa.
00:16:47Plus de 4 ans après le dernier référendum d'autodétermination,
00:16:51la Nouvelle-Calédonie se trouve à nouveau,
00:16:53à un moment décisif de son histoire institutionnelle.
00:16:56Le cycle ouvert avec l'accord de Nouméa en 1998
00:16:59s'est achevé avec la tenue de 3 consultations d'autodétermination.
00:17:02Ce processus a permis de trancher, par la voie référendaire,
00:17:06la question de l'accession à la pleine souveraineté.
00:17:09Les conditions dans lesquelles s'est tenue la troisième consultation,
00:17:11avec un boycott du FLNKS, font que certains en contestent l'approche.
00:17:16Elles expliquent aussi que la question du futur cadre institutionnel du territoire
00:17:20demeure ouverte encore aujourd'hui.
00:17:22Les événements survenus à partir du 13 mai 2024
00:17:24ont rappelé combien l'équilibre institutionnel,
00:17:27mais pas que, du terre-histoire reste fragile,
00:17:29et combien les questions institutionnelles peuvent être un sujet d'embrasement.
00:17:34Nous l'avons constaté, hélas, avec la tentative de dégel du corps électoral.
00:17:38Ils ont aussi provoqué un choc économique et social sans précédent,
00:17:43d'une ampleur inédite en Nouvelle-Calédonie,
00:17:46avec une contraction de 13,5% du PIB.
00:17:5013,5%.
00:17:52C'est dans ce contexte qu'ont été engagés en 2025 de nouvelles discussions
00:17:56entre l'Etat et les forces politiques calédoniennes.
00:18:00Ces discussions ont conduit à la signature de l'accord de Bougival,
00:18:02le 12 juillet 25, complété par l'accord Alésée-Oudino du 19 janvier dernier.
00:18:08Le texte, un projet de loi constitutionnelle qui nous est soumis
00:18:11et auquel on aurait pu sans doute utilement éviter
00:18:13quelques soubresauts supplémentaires hier après-midi,
00:18:16vise précisément à donner une traduction constitutionnelle
00:18:19aux équilibres politiques issus de ces accords.
00:18:22J'insisterai particulièrement sur trois éléments, trois points.
00:18:25D'abord, l'accord de Bougival présente un caractère profondément novateur.
00:18:31C'est peut-être aussi la raison pour laquelle il perturbe tant en réalité.
00:18:35Il propose en effet une institution particulière,
00:18:38une évolution institutionnelle qui ne se réduit ni au statu quo
00:18:42ni à l'accession immédiate à la pleine souveraineté.
00:18:45On est tenu particulièrement à éviter un effet binaire
00:18:49tirant les conséquences de ce qui s'était passé ces dernières années.
00:18:52J'y reviendrai dans quelques instants.
00:18:54L'accord prévoit la création d'un État de Nouvelle-Calédonie
00:18:57au sein de la République, doté d'une capacité d'auto-organisation
00:19:00particulièrement large, qui s'exprime notamment
00:19:02dans l'édiction d'une norme fondamentale.
00:19:05Cette capacité d'auto-organisation constitue une innovation institutionnelle majeure.
00:19:11Elle permettra aux institutions calédoniennes
00:19:14de définir elle-même l'organisation de leur pouvoir public
00:19:17dans le cadre fixé par la loi organique.
00:19:19Loi organique, par conséquent, elle-même majeure.
00:19:23Plus encore, l'accord ouvre la possibilité de transferts progressifs
00:19:27de compétences qui sont actuellement exercées par l'État,
00:19:30y compris dans les domaines régaliens.
00:19:33En réalité, le transfert complet des compétences régaliennes
00:19:37marquerait un accès à la pleine souveraineté.
00:19:40Cette conséquence a bien été rappelée et admise en commission des lois
00:19:44le 24 mars dernier.
00:19:46Le mécanisme prévu me semble réellement une innovation majeure
00:19:50dans un processus qu'on peut qualifier d'unique de décolonisation.
00:19:54Oui, il y a ici, avec les accords de Bougival et l'Élysée-Oudino,
00:19:59un modèle totalement rénové du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
00:20:03Mais ce droit existe réellement.
00:20:06L'innovation est très singulière.
00:20:08L'accès à l'autodétermination se fait par palier
00:20:11afin de limiter les conséquences de ce qui serait binaire.
00:20:14Si l'innovation est bien présente,
00:20:16l'esprit de Matignon, de Nouméa,
00:20:18est cependant bien respecté
00:20:20et souffle encore sur les accords de juillet 25 ou janvier 26.
00:20:24Enfin, l'accord, troisième point,
00:20:26prévoit la reconnaissance d'une nationalité calédonienne
00:20:29et une réforme du corps électoral provincial
00:20:31qui serait élargie, dans un premier temps,
00:20:33à tous les natifs et aux personnes
00:20:35qui résident depuis plus de 15 ans sur le territoire.
00:20:37Mais il faut aborder le deuxième élément.
00:20:39Cet accord s'inscrit pleinement
00:20:41dans la continuité du processus engagé depuis 30 ans.
00:20:44Ce point est souvent débattu,
00:20:47mais il n'y a aucune ambiguïté.
00:20:49Depuis les accords de Matignon,
00:20:52puis l'accord de Nouméa,
00:20:53la gestion de la question calédonienne
00:20:55repose toujours sur une méthode constante.
00:20:58Le dialogue politique,
00:20:59la recherche du compromis,
00:21:01la construction progressive d'un statut
00:21:03qui est adapté aux réalités du territoire.
00:21:06L'accord de Bougival ne rompt pas avec cette logique.
00:21:09Au contraire, il en constitue le prolongement.
00:21:12Il s'inscrit dans la même démarche,
00:21:15celle d'une évolution institutionnelle progressive,
00:21:18négociée entre les différentes sensibilités politiques
00:21:21et accompagnée par l'État.
00:21:23Enfin, dernier point,
00:21:25l'un des apports essentiels de l'accord de Bougival
00:21:28est de permettre de dépasser la logique
00:21:30des référendums binaires,
00:21:31le face-à-face.
00:21:32Le processus prévu par l'accord de Nouméa
00:21:35reposait sur une alternative claire.
00:21:37rester dans la République
00:21:38ou accéder à la pleine souveraineté.
00:21:41La tenue des trois référendums,
00:21:43même dans des conditions particulières,
00:21:44s'agissant du dernier,
00:21:46a permis l'expression démocratique de ces choix.
00:21:50Mais cette logique binaire
00:21:51a aussi montré ses limites,
00:21:53ses grandes limites,
00:21:54dans un territoire marqué par une forte diversité politique,
00:21:57historique,
00:21:58et je ne l'oublie évidemment nullement,
00:22:01une identité et une culture fortes.
00:22:04L'accord de Bougival propose précisément
00:22:08une voie intermédiaire.
00:22:11J'insiste.
00:22:11L'accord ouvre la possibilité
00:22:14d'un modèle institutionnel original,
00:22:17sous-ingénierie,
00:22:18qui combine une large autonomie politique,
00:22:21une capacité d'auto-organisation renforcée
00:22:24et la perspective de transfert de compétences substantielles,
00:22:28tout en maintenant à ce stade
00:22:29l'appartenance à la République.
00:22:31En cela, il constitue indéniablement
00:22:35une tentative de dépassement des clivages
00:22:38qui structure bien trop fortement
00:22:40le débat institutionnel calédonien depuis quelques années.
00:22:43Il ne m'a pas échappé,
00:22:45évidemment, que ces orientations ne font pas l'unanimité
00:22:47parmi les forces politiques du territoire.
00:22:49Le principal mouvement indépendantiste,
00:22:51le FLNKS, est opposé à cet accord.
00:22:53Rappelons cependant que ces textes
00:22:55sont le résultat de plusieurs mois de négociations,
00:22:57qu'ils ont été soutenus par cinq
00:22:59des six principales forces politiques calédoniennes.
00:23:02L'Unipalika, les loyalistes, le rassemblement,
00:23:05l'éveil océanien, Calédonie ensemble.
00:23:08Autrement dit, il s'agit à ce stade,
00:23:10et même s'il n'est pas parfait,
00:23:12du seul compromis politique ayant émergé
00:23:15après de nombreuses années de discussion.
00:23:18Dans ces conditions,
00:23:19il semble nécessaire de respecter les équilibres,
00:23:21même instables, même compliqués,
00:23:24j'en conviens, issus de ces accords,
00:23:26bien qu'ils peuvent paraître, j'insiste une fois encore,
00:23:29très imparfaits.
00:23:30Refuser de donner une traduction constitutionnelle
00:23:33à ce compromis reviendrait, sans nul doute,
00:23:36à prolonger l'incertitude institutionnelle
00:23:38dans laquelle se trouve plongé le territoire
00:23:40depuis la fin du cycle référendaire.
00:23:42Or, nous mesurons bien,
00:23:44au-delà de nos différences,
00:23:46au-delà de nos sensibilités,
00:23:48que le territoire a besoin de visibilité.
00:23:51Le territoire a besoin de prévisibilité.
00:23:55C'est une condition essentielle d'une autre relance,
00:23:58la relance économique.
00:24:00Qui investirait dans un territoire
00:24:03dont les entreprises,
00:24:04dans des territoires, pardon,
00:24:06dans les entreprises,
00:24:07dans des projets qui se projetent,
00:24:09sans se projeter dans l'avenir
00:24:11et sans connaître en amont
00:24:12le cadre d'intervention ?
00:24:14Évidemment, personne,
00:24:15ça vaut pour toutes les activités économiques,
00:24:16y compris pour le Nouquel,
00:24:18ça vaut dans tous les territoires
00:24:19et donc, bien sûr,
00:24:20pour la Nouvelle-Calédonie.
00:24:22Et même si l'État a bien disjoint
00:24:23la reconstruction ou l'abandon
00:24:25des créances de la réforme institutionnelle,
00:24:27il faut être réaliste.
00:24:29Les nombreuses difficultés sociales du territoire
00:24:32et sans doute ici,
00:24:34plus qu'ailleurs,
00:24:35l'avenir de la jeunesse
00:24:36et les problèmes qu'elle rencontre
00:24:38doivent nous unir.
00:24:41Malheureusement,
00:24:41ces arguments n'ont pas convaincu.
00:24:43La majorité des commissaires aux lois
00:24:44la semaine dernière
00:24:45a voté contre ce projet.
00:24:47La Commission a rejeté successivement
00:24:49l'ensemble des articles
00:24:50du projet de loi
00:24:51de la Courloie constitutionnelle.
00:24:52Je prends acte,
00:24:53acte du rapport de force
00:24:54qui est ainsi établi
00:24:56et qui préfigure,
00:24:58vraisemblablement,
00:24:58mais sait-on jamais,
00:24:59l'adoption tout à l'heure
00:25:01de la motion de rejet.
00:25:02Nous verrons bien.
00:25:03En tout cas,
00:25:04malgré tout,
00:25:05et à ce stade,
00:25:05je tiens à souligner
00:25:06la qualité des échanges
00:25:08que nous avons eus en commission.
00:25:09J'estime que ceux-ci,
00:25:10sur certains points,
00:25:11oui,
00:25:12nous ont permis
00:25:12d'ouvrir des perspectives
00:25:14malgré les blocages.
00:25:15Alors, pour conclure
00:25:16et pour essayer
00:25:17d'ouvrir nos débats,
00:25:18le projet de loi constitutionnelle
00:25:20que nous examinons,
00:25:20vous le savez,
00:25:21ne prétend pas résoudre
00:25:22à lui seul,
00:25:22c'est évident,
00:25:23l'ensemble des difficultés
00:25:25ni les questions
00:25:26de toute nature
00:25:27qui traversent
00:25:28la société calédonienne.
00:25:29Je le rappelais
00:25:30en introduction,
00:25:31sans aucun doute,
00:25:32les relations anciennes
00:25:33entre la France
00:25:33et la Nouvelle-Calédonie
00:25:34ont été faites
00:25:35de haut et de bas,
00:25:37d'ombre
00:25:38et de lumière.
00:25:39Nul ne peut oublier
00:25:40qu'il y avait
00:25:41un peuple premier
00:25:43procédant
00:25:43des droits indéniables,
00:25:45inaliénables
00:25:46et sacrés,
00:25:47pour reprendre
00:25:47en se gardant
00:25:48de tout anachronisme
00:25:49la formule du prambule
00:25:50de la Déclaration
00:25:51des droits de l'homme
00:25:51et du citoyen.
00:25:52Mais nul ne peut oublier
00:25:54davantage qu'il y a eu
00:25:56une colonie de peuplement,
00:25:57une histoire particulière
00:25:58liée au bagne,
00:26:00à la commune,
00:26:01qui s'est enrichie
00:26:02aujourd'hui
00:26:03d'autres cultures,
00:26:04d'autres apports
00:26:05et dont les droits
00:26:06sont tout aussi
00:26:07indéniables,
00:26:09inaliénables
00:26:09et sacrés.
00:26:11Par ailleurs,
00:26:11ici,
00:26:12plus qu'ailleurs,
00:26:13s'exprime sans doute
00:26:13l'universalité
00:26:14de notre pays
00:26:15dans sa diversité
00:26:16des richesses.
00:26:17Beaucoup,
00:26:18évidemment,
00:26:18reste à faire
00:26:19pour apaiser,
00:26:20mieux se comprendre,
00:26:20pour assurer et faire vivre
00:26:21la diversité.
00:26:22Le rééquilibrage
00:26:23et l'évolution proposés
00:26:24dans ce projet de loi
00:26:25constitutionnel
00:26:26sont la pleine démonstration
00:26:28que la France peut entendre
00:26:29la voix des peuples.
00:26:30Leur volonté
00:26:31de disposer,
00:26:32évidemment,
00:26:32d'eux-mêmes,
00:26:33sans que l'on soit obsédé
00:26:34par l'homogénéité
00:26:35des statuts,
00:26:36notamment en cas
00:26:37d'éloignement géographique
00:26:38ou pour des raisons
00:26:39historiques.
00:26:41Cette affirmation
00:26:42est non seulement
00:26:43un acte de foi
00:26:44dans notre génie juridique
00:26:45dont on a fait preuve
00:26:46depuis 30 ou 40 ans,
00:26:47mais aussi une orientation
00:26:49et même un objectif
00:26:50pour les mois
00:26:51et pour les années
00:26:52à venir
00:26:53en Nouvelle-Calédonie.
00:26:54Dernier mot,
00:26:55oui,
00:26:56ce matin,
00:26:57nous allons très vraisemblablement
00:26:58acter que ce projet
00:26:59de loi constitutionnel
00:27:00ne fixera pas
00:27:02le nouveau cadre
00:27:03de la Nouvelle-Calédonie,
00:27:05pourtant si audacieux.
00:27:07J'espère profondément,
00:27:08sincèrement,
00:27:09qu'il constituera
00:27:10cependant
00:27:11une base solide
00:27:11de réflexions
00:27:12et de propositions
00:27:13pour trouver un accord,
00:27:14un nouvel accord
00:27:15vital
00:27:16pour tout
00:27:17le territoire
00:27:18et pour tous
00:27:19ses habitants.
00:27:20Ne repartons pas
00:27:21d'une page
00:27:22blanche.
00:27:23Dès maintenant,
00:27:24j'appelle le gouvernement
00:27:26et toutes les parties
00:27:27prenantes
00:27:30à ne pas rester
00:27:31au milieu du guet.
00:27:33avançons encore
00:27:35et encore
00:27:36inlassablement,
00:27:37même à pas lent
00:27:37dans les prochaines semaines,
00:27:39mais avançons.
00:27:40Souhaitons toujours
00:27:41dans l'esprit
00:27:42du préambule
00:27:42de l'accord de Nouméa
00:27:43que le futur
00:27:44demeure
00:27:45dans le respect
00:27:46mutuel
00:27:47et sans naïveté
00:27:48ou idéalisme excessif
00:27:50celui d'un destin
00:27:51commun
00:27:52à écrire
00:27:53assurément
00:27:54à plusieurs mains.
00:27:55C'est un destin
00:27:56qui dans tous les cas
00:27:57doit nous unir,
00:27:58doit unir
00:27:58dans les valeurs
00:27:59de la République
00:28:00que nous partageons
00:28:01et autour de l'État de droit.
00:28:03Je vous remercie.
00:28:04Merci beaucoup,
00:28:05Monsieur le rapporteur.
00:28:08Alors,
00:28:09je vous indique
00:28:09que j'ai reçu
00:28:10de Monsieur Stéphane Peux
00:28:11et des membres du groupe
00:28:12de la gauche démocrate
00:28:13et républicaine
00:28:13une motion de rejet
00:28:14préalable
00:28:15déposée en application
00:28:17de l'article 91
00:28:18alinéa 5
00:28:18de notre règlement.
00:28:20Je donne la parole
00:28:21à Monsieur Emmanuel Djibaou
00:28:22pour une durée
00:28:23de 15 minutes.
00:28:26Applaudissements
00:28:51C'est bon ?
00:28:58Madame la Présidente,
00:29:02Madame la Ministre,
00:29:03mes chers collègues,
00:29:05nous voici une nouvelle fois
00:29:06réunis pour examiner
00:29:08un texte
00:29:09qui, sous couvert d'urgence,
00:29:10n'entend pas simplement
00:29:11répondre aux différentes crises
00:29:13que traverse actuellement
00:29:14la Nouvelle-Calédonie,
00:29:16mais a engagé
00:29:17l'avenir institutionnel
00:29:18et au-delà
00:29:19de son avenir démocratique.
00:29:21Ce texte
00:29:22qui vise
00:29:22à constitutionnaliser
00:29:23un projet d'accord
00:29:24non consensuel
00:29:25et que le gouvernement
00:29:26a choisi de présenter
00:29:27dans la précipitation
00:29:29sans véritable recherche
00:29:30de compromis
00:29:31entre l'ensemble
00:29:32des partenaires
00:29:33originellement signataires
00:29:34de l'accord de Nouméen.
00:29:36Bougival,
00:29:37c'est la rupture
00:29:38du processus
00:29:39de décolonisation.
00:29:40Ce n'est pas un texte
00:29:42ou une négociation
00:29:43de plus.
00:29:44C'est une rupture.
00:29:46C'est une manière
00:29:47d'ignorer
00:29:47que dans ce pays,
00:29:49il y a un peuple
00:29:49qui existe depuis
00:29:50plus de 3 000 ans
00:29:51et qui a été colonisé
00:29:53par la France
00:29:54à partir du 24 septembre
00:29:561853.
00:29:57Bougival,
00:29:59c'est l'effacement
00:30:00d'un trait de plume
00:30:00de ce que nos aînés
00:30:02ont méticuleusement
00:30:03préparé,
00:30:04négocié
00:30:05et décidé
00:30:06pour sortir
00:30:07tous ensemble
00:30:07la tête haute
00:30:08de ce piège
00:30:09de l'histoire
00:30:10avec ses blessures,
00:30:12ses violences
00:30:12et ses révoltes.
00:30:13Il y a eu
00:30:14l'Union calédonienne
00:30:15de deux couleurs
00:30:16un seul peuple.
00:30:17Il y a eu
00:30:17Nainville-les-Roches
00:30:18et la reconnaissance
00:30:19des représentants
00:30:20du peuple kanak
00:30:20des victimes
00:30:22de l'histoire.
00:30:22Il y a eu ensuite
00:30:23les accords
00:30:24de Matignon-Oudino
00:30:25puis enfin
00:30:26l'accord de Nouméa.
00:30:27Nous avions inventé
00:30:29un processus
00:30:30de décolonisation
00:30:32novateur
00:30:33qui devait déboucher
00:30:34sur une émancipation
00:30:35du pays
00:30:35et créer
00:30:36les conditions
00:30:37d'un partenariat
00:30:38d'avenir
00:30:38avec la France.
00:30:40Cette perspective
00:30:41n'existe plus.
00:30:42Vous fermez la porte
00:30:44à ce processus
00:30:45de décolonisation
00:30:45originale
00:30:46car c'est plus
00:30:48qu'un passage
00:30:48en force.
00:30:49C'est la destruction
00:30:50du patrimoine
00:30:51politique commun
00:30:52de notre pays
00:30:53sur la décolonisation.
00:30:54Sur le fond,
00:30:56vous cherchez
00:30:56à présenter
00:30:57cette évolution
00:30:57comme la continuité
00:30:59naturelle
00:30:59de l'accord de Nouméa.
00:31:01Pourtant,
00:31:01elle constitue
00:31:02en réalité
00:31:03un renoncement.
00:31:04Au point 4
00:31:05du préambule
00:31:06de l'accord de Nouméa,
00:31:07la trajectoire
00:31:07était clairement définie
00:31:09et constituée
00:31:10en 1998
00:31:11un engagement fort
00:31:13entre l'État français,
00:31:14le RPCR
00:31:15et le FLNKS
00:31:16sur la pleine reconnaissance
00:31:18de l'identité
00:31:19canaque
00:31:19préalable
00:31:20à la refondation
00:31:20d'un contrat social
00:31:21entre toutes
00:31:22les communautés
00:31:23de Calédonie
00:31:24pour un partage
00:31:25de souveraineté
00:31:26avec la France
00:31:27sur la voie
00:31:30de la pleine souveraineté.
00:31:31La France se disait
00:31:32à ce moment-là
00:31:33prête à accompagner
00:31:34la Nouvelle-Calédonie.
00:31:35Or,
00:31:36ce que Bougival
00:31:37nous propose,
00:31:37c'est un État
00:31:39de Nouvelle-Calédonie
00:31:40doté d'une nationalité
00:31:41propre
00:31:42et susceptible
00:31:43d'être reconnue
00:31:44par la communauté internationale.
00:31:46Tout cela reste bien symbolique.
00:31:48En droit international,
00:31:50un État souverain
00:31:50ne peut exister
00:31:51à l'intérieur d'un autre.
00:31:52Il s'agit
00:31:53d'un modèle
00:31:54d'autonomie interne,
00:31:55non d'une décolonisation externe.
00:31:58D'autant que
00:31:59la nationalité calédonienne
00:32:00n'aura d'existence
00:32:01qu'à condition
00:32:02d'être attachée
00:32:02à la nationalité française.
00:32:04Sur les compétences régaliennes,
00:32:07le transfert
00:32:08devient théoriquement possible,
00:32:09mais soumis
00:32:10à un triple verrou,
00:32:12une majorité qualifiée
00:32:13de 64%,
00:32:15soit 36 sièges
00:32:16sur 56 au Congrès,
00:32:17l'accord discrétionnaire
00:32:19de l'État
00:32:19et le référendum
00:32:21qui rend l'accès
00:32:21à la souveraineté
00:32:22pratiquement impossible.
00:32:24L'accord d'Élysée-Oudinot
00:32:25ajoute
00:32:26même que si,
00:32:27par miracle,
00:32:28toutes les compétences régaliennes
00:32:29venaient à être transférées,
00:32:30cela ne constituerait pas
00:32:31l'indépendance.
00:32:33Les partenaires
00:32:34devraient se réunir
00:32:35pour en tirer les conséquences.
00:32:37Pour nous,
00:32:37il s'agit
00:32:38d'un statut pérenne,
00:32:40sinon définitif
00:32:41dans la France.
00:32:42S'agissant du dispositif
00:32:45institutionnel,
00:32:46Bougival,
00:32:46c'est trois niveaux.
00:32:48Une inscription constitutionnelle,
00:32:49une loi organique
00:32:50rédigée par l'État
00:32:51et une loi fondamentale,
00:32:53adoptée au Congrès
00:32:54à la majorité
00:32:55des 3 cinquièmes,
00:32:55dotant la capacité
00:32:56d'auto-organisation.
00:32:58Cette loi fondamentale
00:32:59demeure subordonnée
00:33:00à la Constitution
00:33:01et à la loi organique.
00:33:03En fait,
00:33:03la marge réelle
00:33:04d'auto-organisation
00:33:05demeurent donc limitée.
00:33:07L'autonomie dépend
00:33:08entièrement
00:33:09de la volonté
00:33:09du Parlement français
00:33:10dans la loi organique.
00:33:13Sur l'identité canaque,
00:33:15aujourd'hui,
00:33:16ce PGLC
00:33:16rompt avec les équilibres
00:33:17juridiques hérités
00:33:18de l'accord de Nouméa.
00:33:19Il marque notamment
00:33:20la reprise en main
00:33:21par l'État
00:33:22du statut civil
00:33:23coutumier
00:33:23en restreignant
00:33:25le champ de la coutume
00:33:25au profit
00:33:26des principes
00:33:26du droit français.
00:33:27L'immatriculation
00:33:30des canaques
00:33:31au RNIPP
00:33:32perçue comme
00:33:33une réintégration
00:33:34implique
00:33:34dans la nationalité
00:33:36française.
00:33:37Clairement,
00:33:38c'est une logique
00:33:39d'assimilation.
00:33:40Le peuple canaque
00:33:41devient ainsi
00:33:42une simple composante
00:33:43du peuple calédonien
00:33:44auquel est désormais
00:33:45confié
00:33:46le droit
00:33:47à l'autodétermination.
00:33:48Cette réorientation
00:33:50politique profonde
00:33:51inverse la logique
00:33:52de l'accord de Nouméa
00:33:53et ne saurait
00:33:53être assimilée
00:33:54à une décolonisation
00:33:56conforme aux résolutions
00:33:58de l'ONU
00:33:58et aux droits
00:33:59internationaux.
00:34:00Là où l'accord
00:34:01de Nouméa
00:34:02était un accord
00:34:02de rééquilibrage
00:34:03politique,
00:34:04social et économique,
00:34:05l'accord de Bougival
00:34:06est un projet
00:34:06de décricotage
00:34:08de ces équilibres.
00:34:09On retire des élus
00:34:10au nord et aux îles
00:34:11au profit
00:34:12de la province sud
00:34:13et chaque province
00:34:14pourra disposer
00:34:15librement
00:34:15de la fiscalité.
00:34:19L'hyper-provincialisation
00:34:20instaurée par le texte
00:34:21de loi
00:34:22mettra fin
00:34:23à la construction
00:34:24d'une communauté
00:34:25de destin.
00:34:26C'est un début
00:34:27et c'est un risque
00:34:28avéré
00:34:29de partition
00:34:30de notre territoire,
00:34:31ce que veut
00:34:31constitutionner
00:34:32ce PGLC.
00:34:34Deux mots suffisent
00:34:35à justifier
00:34:36le rejet
00:34:37de l'accord
00:34:37de Bougival
00:34:38à sa traduction
00:34:40aux yeux
00:34:40du FLNKS
00:34:41dans son contenu
00:34:42et puis simplement
00:34:43dans son inspiration.
00:34:45Décolonisation
00:34:46et irréversibilité
00:34:47qui étaient au centre
00:34:48de l'accord
00:34:49de Nouméa.
00:34:50Le préambule
00:34:51du projet
00:34:52de l'accord
00:34:52de Bougival
00:34:53stipule
00:34:54que les dispositions
00:34:55de l'accord
00:34:56de Nouméa
00:34:56qui ne lui sont
00:34:58pas contraires
00:34:58demeurent en vigueur.
00:35:01Mais c'est un masque.
00:35:02Trop de dispositions
00:35:04dans Bougival
00:35:04contredisent
00:35:05l'accord de Nouméa.
00:35:07Là où l'accord
00:35:07de Nouméa
00:35:08se proposait
00:35:08de jeter les bases
00:35:09d'une véritable démocratie
00:35:10en Calédonie,
00:35:12Kanaki,
00:35:13Bougival
00:35:13entend s'imposer.
00:35:14en procédant
00:35:15d'un quatrième report
00:35:16de ces élections.
00:35:18Si le texte passe,
00:35:19c'est tout simplement
00:35:20du jamais vu
00:35:21dans la Ve République.
00:35:23Et si le texte
00:35:24ne passe pas,
00:35:25l'État entend consulter
00:35:26directement
00:35:26les populations
00:35:27calédoniennes
00:35:28mais en dégelant
00:35:28le corps électoral
00:35:29qui était en vigueur
00:35:31au moment
00:35:31des consultations
00:35:31référendaires.
00:35:33Ce qui de fait
00:35:34reviendrait à lancer
00:35:35une quatrième
00:35:36consultation référendaire,
00:35:38certes facultative
00:35:40sur l'autodétermination
00:35:41du pays,
00:35:42mais en augmentant
00:35:43l'handicap électoral
00:35:44des indépendantistes.
00:35:46C'est incroyable
00:35:47quand on connaît
00:35:47le discours aujourd'hui.
00:35:49On entend de l'État
00:35:50et de certains
00:35:51partenaires loyalistes
00:35:52qui attribuent
00:35:53les divisions actuelles
00:35:53du pays
00:35:54à la répétition
00:35:54des consultations
00:35:55référendaires.
00:35:57Nul doute pourtant
00:35:58que celles envisagées
00:36:00par le gouvernement
00:36:00auraient pour effet
00:36:01de cliver encore plus
00:36:02le pays
00:36:03au lieu de le rassembler.
00:36:05Vous souhaitez donner
00:36:06la parole aux Calédoniens ?
00:36:07Commencez déjà
00:36:08par tenir les élections
00:36:09provinciales,
00:36:10comme l'a rappelé
00:36:11le Conseil constitutionnel
00:36:12qui en a d'ailleurs
00:36:13confirmé la conformité
00:36:15le 24 septembre 2025
00:36:17sur corps électoral
00:36:18constant.
00:36:20Maintenir les élections
00:36:21n'empêche en rien
00:36:22la poursuite du dialogue.
00:36:23Pour justifier
00:36:24les reports
00:36:24des provinciales,
00:36:25vous nous aviez dit
00:36:26attention,
00:36:27trouble,
00:36:28pourtant les législatives
00:36:29se sont tenues,
00:36:30les sénatorielles
00:36:31se sont tenues,
00:36:32les municipales,
00:36:33toutes ont démontré
00:36:34le contraire.
00:36:35Les électeurs
00:36:36ont privilégié
00:36:36le dialogue
00:36:38par le seul usage
00:36:39du vote.
00:36:39Dès lors,
00:36:40pourquoi refuser
00:36:41cette issue démocratique
00:36:42à la crise actuelle ?
00:36:44Ces élections municipales
00:36:45ont d'ailleurs été marquées
00:36:47par l'émergence
00:36:47de nouveaux mouvements
00:36:49apolitiques
00:36:49qui certainement
00:36:50renforceront
00:36:51la légitimité
00:36:52du débat démocratique
00:36:53à la suite des discussions.
00:36:55Par ailleurs,
00:36:55pourquoi refuser
00:36:56d'entendre
00:36:57ce que nous dit
00:36:57la jeunesse
00:36:58de notre pays,
00:36:59notamment la jeunesse
00:37:00urbaine des quartiers,
00:37:01de la banlieue
00:37:02de Nouméa,
00:37:03qui a laissé éclater
00:37:04son désespoir
00:37:05d'être non reconnu
00:37:07dans la crise
00:37:08de 13 mai 2024 ?
00:37:09Un désespoir
00:37:10qui s'est traduit
00:37:11par la mort
00:37:11de 14 personnes,
00:37:1311 canaques
00:37:14parmi lesquelles
00:37:14une jeune fille
00:37:15de 17 ans.
00:37:16Je pense à eux
00:37:17et à mon pays
00:37:18à ma terre,
00:37:20économiquement
00:37:20et socialement abattu.
00:37:22Je suis là
00:37:23de toujours
00:37:24vous répéter
00:37:24le message
00:37:25de nos vieux.
00:37:27Demain,
00:37:27madame la ministre,
00:37:29demain,
00:37:29notre jeunesse
00:37:30n'aura que faire
00:37:31de la lassitude.
00:37:32Que ferez-vous
00:37:33quand la lassitude
00:37:34se mûrera en colère
00:37:35comme en 84,
00:37:37en 88,
00:37:38en 2024 ?
00:37:39Vous prendrez
00:37:40les décisions
00:37:41qui laisseront
00:37:41le pays abîmé
00:37:43car vous aurez rendu
00:37:44la colère plus juste.
00:37:46Il faut que ce soit
00:37:47un indépendantiste
00:37:48qui vous le dise,
00:37:49quand le pays
00:37:49canaques est abîmé,
00:37:50c'est aussi le visage
00:37:51de la France
00:37:52qui est abîmé.
00:37:54Non pas qu'il se confonde,
00:37:57mais parce que c'est
00:37:58en tant que puissance
00:38:00colonisatrice
00:38:01que vous en avez
00:38:01la responsabilité.
00:38:02Ne vous y trompez pas.
00:38:04Quand vous prenez
00:38:05des décisions
00:38:06qui mènent au chaos,
00:38:08c'est aussi la place
00:38:09de la France
00:38:09que vous compromettez
00:38:10dans le Pacifique.
00:38:12Je voudrais,
00:38:13au-delà de vous,
00:38:14madame la ministre,
00:38:15au-delà du gouvernement,
00:38:16m'adresser au peuple
00:38:17de France,
00:38:18ce grand peuple fier
00:38:20qui a su résister
00:38:21toujours pour défendre
00:38:23son indépendance
00:38:24et sa liberté.
00:38:25Je vous porte
00:38:26du fin fond du Pacifique
00:38:27en brandissant
00:38:28les valeurs
00:38:29de ce vieux peuple
00:38:30avec tous ceux
00:38:32qui, d'horizons différents,
00:38:34ont choisi
00:38:34ou ont été contraints
00:38:35de vivre avec lui
00:38:36et partager sa terre.
00:38:38Nous voulons dire ici
00:38:39que ces valeurs,
00:38:40les valeurs de la coutume
00:38:41et les valeurs
00:38:42de la France,
00:38:43c'est en leur nom
00:38:44que nous menons ce combat
00:38:45pour notre émastipation.
00:38:47Hier alors,
00:38:48alors que nous n'avions
00:38:48pas le droit de vote,
00:38:50alors que nous étions
00:38:51parqués dans les réserves,
00:38:53nos anciens sont venus ici
00:38:55défendre la France
00:38:56en 14,
00:38:57en 40.
00:38:59Certains d'entre eux
00:38:59reposent toujours
00:39:01dans les cimetières militaires
00:39:03du nord et de l'est.
00:39:04Les tirailleurs kanak,
00:39:06ils n'étaient pas seuls.
00:39:08Ils avaient aussi
00:39:08à leur côté
00:39:09des Calédoniens
00:39:10d'origine européenne,
00:39:12asiatiques ou océaniennes.
00:39:13Et c'est dans la solidarité
00:39:15du front
00:39:15et dans la boue des tranchées
00:39:17qu'a commencé
00:39:18à se forger
00:39:18ce processus
00:39:19de décolonisation
00:39:21calédonienne
00:39:21qui s'appuie
00:39:22sur deux piliers.
00:39:23Puissant et simple,
00:39:25respect du peuple kanak
00:39:26et reconnaissance
00:39:27de ceux et celles
00:39:28qui se sont enracinés
00:39:29dans cette terre.
00:39:30Ce socle a été ensuite
00:39:31conforté au pays
00:39:32par les luttes sociales communes,
00:39:34le travail de nos églises,
00:39:36les relations tissées
00:39:37à l'école,
00:39:38sur les stades,
00:39:39les unions,
00:39:40les mariages
00:39:40ou encore
00:39:41le travail
00:39:42des discussions politiques.
00:39:44Ce processus
00:39:45innovant et fragile
00:39:47honore à la fois
00:39:48Kanaki,
00:39:49Nouvelle-Calédonie
00:39:49et la France.
00:39:50C'est pourquoi
00:39:51je lance aujourd'hui
00:39:52cet appel
00:39:52au peuple de France,
00:39:54à vous mes collègues,
00:39:55les représentants
00:39:56du peuple.
00:39:57Ne laissez pas détruire
00:39:59systématiquement
00:39:59ce que nous avons
00:40:00patiemment
00:40:01et méticuleusement
00:40:02construit ensemble.
00:40:03Je ne reconnais pas
00:40:04la France
00:40:05quand la France
00:40:06choisit la voie
00:40:07de l'obstination,
00:40:08une obstination
00:40:09qui vise
00:40:09à l'obsession
00:40:11parfois.
00:40:12Quand la France,
00:40:12dans son histoire récente,
00:40:14a l'exemple
00:40:15du chemin ouvert
00:40:16par Michel Rocard,
00:40:17Lionel Jospin,
00:40:19François Mitterrand,
00:40:19Jacques Chirac
00:40:20et qu'elle s'engage
00:40:21dans la voie mortifère
00:40:22suivie par Bernard Ponce.
00:40:23Quand la France arme
00:40:25un bataillon de juristes
00:40:26pour trouver des subterfuges
00:40:27qui lui permettraient
00:40:28de contourner
00:40:29sa propre constitution
00:40:30et passer par-dessus
00:40:31la représentation nationale,
00:40:33la France n'honore pas
00:40:34ses engagements constitutionnels
00:40:36envers l'émancipation
00:40:37de la Nouvelle-Calédonie.
00:40:38Ne vous en déplaise,
00:40:40la France,
00:40:42sa vocation,
00:40:43c'est d'accompagner
00:40:44la canaquie de Nouvelle-Calédonie
00:40:45vers son émancipation.
00:40:47Et ce n'est pas
00:40:48de la retarder,
00:40:48de semer les obstacles
00:40:50sur le chemin,
00:40:50d'imaginer les verrous juridiques
00:40:52qui sont autant
00:40:53de lignes imaginantes
00:40:54qui au final
00:40:55se révéleront inopérantes.
00:40:57La France ne se grandit pas
00:40:59en cherchant
00:40:59à ignorer son histoire,
00:41:01notre histoire
00:41:02et a fortiori
00:41:03vouloir marginaliser
00:41:04encore une fois
00:41:05le peuple canaque
00:41:05dans son propre pays.
00:41:07Cela fait plus de 3 000 ans,
00:41:09madame,
00:41:09que notre petit peuple
00:41:11a résisté
00:41:11aux cyclones,
00:41:13aux épidémies,
00:41:14au fouet de la colonisation
00:41:15ou encore
00:41:16à la mondialisation.
00:41:17Je vous le dis,
00:41:18nous serons là demain,
00:41:20nous serons là après-demain.
00:41:21Et nous serons là
00:41:22pour dire que le combat
00:41:23pour la dignité
00:41:25n'a pas de prix.
00:41:26Nous avons soif
00:41:27de recouvrir nos droits
00:41:28tels que reconnus
00:41:29par la France
00:41:29en 1983
00:41:31à Nainville-les-Roches
00:41:32où la légitimité
00:41:34en tant que peuple
00:41:35premier occupant
00:41:36est ce droit inéactif
00:41:37à l'indépendance.
00:41:39Il est temps
00:41:39que tout s'arrête
00:41:41et que nous retrouvions
00:41:42l'esprit de consensus
00:41:43de l'accord de Nouméa.
00:41:46Mais comment vouliez-vous
00:41:47débattre
00:41:48dans le bruit
00:41:48et la fureur,
00:41:49dans le désordre,
00:41:51la désunion
00:41:51que votre texte
00:41:52entraînera
00:41:53ici même,
00:41:54en pays,
00:41:55chez nous,
00:41:56au fond de la case,
00:41:58en face
00:41:59de la grande porte
00:41:59d'entrée
00:42:00derrière l'emplacement
00:42:01du foyer ?
00:42:02On dit
00:42:03en Djehu Nechot.
00:42:04C'est l'endroit
00:42:05où se transmettent
00:42:06l'histoire,
00:42:07les contes,
00:42:07les légendes.
00:42:09Au Nechot,
00:42:09les paroles
00:42:10sont importantes.
00:42:12Elles se murmurent.
00:42:13Les mots comme
00:42:14les silences
00:42:14y sont aussi importants
00:42:16que les postures.
00:42:18Un équilibre
00:42:19respectueux y règne
00:42:20et donne de la force
00:42:22au moment
00:42:22et la puissance
00:42:23aux mots énoncés
00:42:24à voix basse.
00:42:25Le pays a plus
00:42:26que besoin aujourd'hui
00:42:27de se retrouver.
00:42:28Votre texte
00:42:29l'interdit.
00:42:31Que la France
00:42:32tienne ses engagements
00:42:33et la France
00:42:34sera grande
00:42:34et respectée.
00:42:35Je m'adresse
00:42:36à vous en tant que
00:42:37Kanak,
00:42:38héritier des valeurs
00:42:40ancestrales,
00:42:41mais aussi
00:42:42en tant que député,
00:42:44détenteur
00:42:44d'une partie
00:42:45de la souveraineté
00:42:46de la nation française.
00:42:48Le Kanak
00:42:49et le député
00:42:50vous le disent,
00:42:51que la France
00:42:52respecte ses engagements
00:42:53et achève
00:42:54la trajectoire
00:42:55de décolonisation.
00:42:56La France
00:42:57sera grande
00:42:57et respectée.
00:42:58Cette grandeur
00:42:59et ce respect
00:42:59passent par le rejet
00:43:01du projet
00:43:02de loi constitutionnel.
00:43:03Merci.
00:43:04Merci beaucoup,
00:43:05Monsieur le député.
00:43:17Merci beaucoup.
00:43:18Je vais donner,
00:43:20avant de passer
00:43:20aux explications de vote,
00:43:22la parole à Madame
00:43:23la ministre des Outre-mer.
00:43:25Madame la ministre,
00:43:26vous avez la parole,
00:43:27puis ensuite
00:43:28à la commission
00:43:32et à un orateur
00:43:33par groupe.
00:43:34Merci.
00:43:40Merci Madame la Présidente.
00:43:42Quelques mots,
00:43:42Mesdames et Messieurs
00:43:42les députés,
00:43:43pour vous convaincre
00:43:45de ne pas voter
00:43:46cette motion de rejet
00:43:49au égard au contenu
00:43:50de ce que vient
00:43:51de développer
00:43:51le député Djibéou,
00:43:53mais aussi des expressions
00:43:53publiques
00:43:54que certains ont pu tenir
00:43:55ces quelques jours derniers.
00:43:56D'abord,
00:43:57cette motion,
00:43:58si elle était adoptée,
00:44:00il faut que nous le lisions
00:44:01très clairement,
00:44:02elle aura une conséquence
00:44:03très simple
00:44:04et très lourde.
00:44:05Elle nous ramène
00:44:05au point mort.
00:44:06Et donc,
00:44:06elle nous ramène
00:44:07des années en arrière.
00:44:09Et ça,
00:44:09c'est tout sauf
00:44:10une bonne nouvelle
00:44:11pour le territoire.
00:44:13Si vous rejetez ce texte,
00:44:15alors je dois poser la question
00:44:16que tous les Calédoniens
00:44:18se posent.
00:44:18Qu'est-ce que vous mettez
00:44:19à la place ?
00:44:20Parce que le vide politique,
00:44:22ce n'est pas un scénario
00:44:24acceptable.
00:44:24Et vous le savez,
00:44:25c'est même un danger
00:44:26demain pour les Calédoniens.
00:44:27Alors qu'est-ce que vous proposez
00:44:30à la Nouvelle-Calédonie
00:44:31concrètement
00:44:32et dès aujourd'hui ?
00:44:34Quel cadre ?
00:44:36Quelle méthode ?
00:44:37Quelle issue ?
00:44:38Quelle perspective ?
00:44:40Parce que ça ne s'arrête pas là
00:44:42avec le vote
00:44:43d'une éventuelle motion
00:44:44de rejet.
00:44:45Tout ça rejaillit
00:44:46sur le quotidien
00:44:47des Calédoniennes
00:44:48et des Calédoniens.
00:44:49Si vous rejetez ce texte,
00:44:51comment évitez-vous
00:44:52l'enlisement ?
00:44:53J'ai entendu parler
00:44:55de l'accord de Kanaki.
00:44:56Qu'est-ce que c'est
00:44:56concrètement Kanaki ?
00:44:58C'est l'indépendance,
00:44:59toute l'indépendance
00:45:00et rien que l'indépendance.
00:45:01Ce n'est pas ce qu'on appelle
00:45:02un compromis.
00:45:03C'est une rupture
00:45:04et vous le savez,
00:45:05personne n'est en mesure
00:45:06aujourd'hui d'en assumer
00:45:07les conséquences.
00:45:08Personne.
00:45:09J'ai entendu parler
00:45:10de l'accord de Déva.
00:45:13Cet accord n'a jamais existé,
00:45:16mesdames, messieurs les députés.
00:45:17Il n'a jamais été,
00:45:19ne serait-ce qu'une idée
00:45:19partagée et assumée
00:45:21collectivement par les
00:45:21partenaires calédoniens
00:45:22non plus.
00:45:24Ni Kanaki, ni Déva,
00:45:26il n'y a pas d'autre accord,
00:45:27il n'y a pas d'autre alternative
00:45:28en dehors de Bougival
00:45:29qui, lui,
00:45:30est bien un texte
00:45:32de compromis
00:45:32qui réunit
00:45:33et qui engage
00:45:34des indépendantistes,
00:45:36des non-indépendantistes,
00:45:37des centristes,
00:45:38des progressistes
00:45:39du territoire,
00:45:41c'est-à-dire
00:45:41cinq forces politiques
00:45:43sur six
00:45:44de Nouvelle-Calédonie.
00:45:46C'est un fait.
00:45:47Ça ne peut pas être
00:45:49balayé d'un revers de main.
00:45:50Bougival est bien
00:45:51un point de passage.
00:45:53rejeter,
00:45:53c'est facile,
00:45:54c'est construire,
00:45:55malgré les pressions,
00:45:57qui est une épreuve.
00:45:58Alors,
00:45:59il y a ceux qui invoquent
00:46:00l'absence du FLNKS
00:46:02dans Bougival.
00:46:03Et je vais répondre.
00:46:05Je l'entends.
00:46:06Mais regardons les choses
00:46:07en face.
00:46:08dès le premier jour
00:46:09et dans la continuité
00:46:10des ministres avant moi,
00:46:12ma méthode a toujours
00:46:13été la même.
00:46:15La transparence,
00:46:16le dialogue,
00:46:17l'information de tous
00:46:19et une porte
00:46:20qui n'a jamais été fermée.
00:46:22Jamais.
00:46:22Tous les sujets,
00:46:24mesdames et messieurs
00:46:24et les députés,
00:46:25ont été mis sur la table
00:46:26tous,
00:46:26sans aucun tabou.
00:46:28Il n'y a pas eu
00:46:29de discussion cachée,
00:46:30il n'y a pas eu
00:46:31de texte imposé,
00:46:32il y a eu de nombreux
00:46:33temps d'échanges
00:46:33qui ont toujours permis
00:46:35de garder le dialogue ouvert.
00:46:37Dire aujourd'hui
00:46:38que l'absence du FLNKS
00:46:39justifierait de tout arrêter,
00:46:42pardon,
00:46:42mais c'est inverser
00:46:43les responsabilités.
00:46:44D'abord,
00:46:45ce n'est pas en faisant tomber
00:46:46le seul cadre politique
00:46:48qui existe,
00:46:49ça n'est pas en cassant
00:46:50le seul point d'équilibre
00:46:51qu'on recréera du dialogue,
00:46:53ça n'a pas de sens.
00:46:55Ensuite,
00:46:56je veux le dire clairement
00:46:57sur le FLNKS
00:46:58parce que chacun doit
00:46:59prendre ses responsabilités.
00:47:01À un moment donné,
00:47:03le FLNKS a signé
00:47:04et ça compte une signature,
00:47:06ça engage une signature.
00:47:08On ne peut pas faire
00:47:09comme si ça n'avait jamais existé.
00:47:12Ensuite,
00:47:13ensuite,
00:47:16le FLNKS a retiré
00:47:18sa signature,
00:47:19dont acte,
00:47:21et il a décidé
00:47:21de ne jamais revenir
00:47:22autour de la table
00:47:23sans clarifier
00:47:24les conditions d'un retour,
00:47:26alors même,
00:47:27encore une fois,
00:47:27que tous les sujets
00:47:29restaient ouverts
00:47:29et que toutes les garanties
00:47:31étaient là.
00:47:33La politique de la chaise vide
00:47:34ne peut pas dicter
00:47:35l'avenir d'un territoire.
00:47:37Alors sinon,
00:47:37on fait quoi,
00:47:38mesdames et messieurs
00:47:39les députés ?
00:47:40Est-ce qu'on attend
00:47:41et on attend
00:47:42combien de temps ?
00:47:43Est-ce qu'on accepte
00:47:44que ce sujet
00:47:45devienne un objet
00:47:47de confrontation
00:47:48dans le débat national
00:47:49au gré
00:47:50des échéances politiques
00:47:51à venir ?
00:47:52Est-ce qu'on suspend
00:47:53tout au risque
00:47:54de fragiliser
00:47:55un territoire
00:47:56qui est dans
00:47:57une spirale
00:47:57de récession ?
00:47:59La Nouvelle-Calédonie,
00:48:00c'est 15 points
00:48:01de PIB en moins,
00:48:02c'est 15 000 emplois détruits.
00:48:03C'est une situation
00:48:04économique et sociale
00:48:06désastreuse.
00:48:07Et ça suffit.
00:48:08Vous aurez la parole plus tard.
00:48:10Vous laissez la ministre
00:48:11s'exprimer, s'il vous plaît.
00:48:12Alors, est-ce qu'on fait semblant
00:48:14de ne pas voir
00:48:14ce qui se passe
00:48:15sur le terrain ?
00:48:17Non, évidemment,
00:48:18on ne peut pas laisser
00:48:19l'absence de certains
00:48:21bloquer l'ensemble
00:48:22d'un processus
00:48:23qui concerne
00:48:23tous les Calédoniens,
00:48:25donc,
00:48:25en responsabilité.
00:48:27on avance
00:48:28avec ceux
00:48:28qui sont là.
00:48:29Le consensus,
00:48:30mesdames et messieurs
00:48:31les députés,
00:48:31ce n'est pas
00:48:32l'unanimité.
00:48:33S'il fallait attendre
00:48:34que tout le monde
00:48:34soit d'accord,
00:48:35il n'y aurait jamais eu
00:48:36ni 1988
00:48:38ni 1998.
00:48:40Le consensus,
00:48:40ce n'est pas
00:48:41la perfection,
00:48:42ce n'est pas
00:48:43une unanimité
00:48:44de façade,
00:48:44c'est encore une fois
00:48:45un point d'équilibre.
00:48:48Alors,
00:48:48à ceux qui ne veulent
00:48:49rien construire
00:48:49et qui en appellent
00:48:50comme toujours au chaos,
00:48:51je dis que nous
00:48:52ne laisserons pas faire,
00:48:53nous ne laisserons pas
00:48:55répercuter vos manœuvres
00:48:56sur le territoire.
00:48:58À ceux qui mettent
00:48:59en avant l'économie,
00:49:01parce que le sujet économique,
00:49:02il est important,
00:49:03très bien,
00:49:04mais il faut aller
00:49:05au bout du raisonnement.
00:49:06Il n'y a pas
00:49:07de redressement économique
00:49:08durable
00:49:08s'il n'y a pas
00:49:09d'horizon politique,
00:49:10il n'y a pas
00:49:10d'investissement
00:49:11ni de confiance
00:49:12sans stabilité.
00:49:13L'État, lui,
00:49:14a pris sa part,
00:49:15c'est un engagement
00:49:16financier massif
00:49:17et je l'ai dit,
00:49:182 milliards d'euros
00:49:19d'investissement
00:49:20jusqu'à 2030,
00:49:21dont 1 milliard
00:49:22pour 2026.
00:49:24Et des projets concrets
00:49:25ont été lancés
00:49:26avec un début d'exécution
00:49:27en ce moment même
00:49:29sur le territoire,
00:49:30je veux vous le dire.
00:49:31Des projets ont été
00:49:32identifiés
00:49:32pour construire
00:49:33des ponts,
00:49:34des routes,
00:49:34pour financer
00:49:35du transport scolaire,
00:49:36de la cantine scolaire.
00:49:38L'effort,
00:49:39il est réel,
00:49:40mais sans stabilité institutionnelle.
00:49:42Cet effort ne produira
00:49:43pas tous ses effets.
00:49:44Vous le savez,
00:49:45l'incertitude n'attire pas
00:49:47les investisseurs
00:49:47et nous le comprenons tous.
00:49:49Donc la réponse institutionnelle,
00:49:51elle est essentielle.
00:49:53J'entends aussi
00:49:54ceux qui disent
00:49:56ceux qui disent
00:49:56« on va rejeter aujourd'hui
00:49:57et on reprendra
00:49:58les discussions
00:50:00après les élections
00:50:01provinciales ».
00:50:02Mais ça,
00:50:02c'est une illusion
00:50:03et c'est une illusion
00:50:04dangereuse.
00:50:05parce que sans trajectoire
00:50:07et sans point d'appui,
00:50:08vous ne préparerez pas
00:50:09des discussions.
00:50:10Vous risquez
00:50:11la reproduction
00:50:12du face-à-face.
00:50:13J'ai bien peur
00:50:14que rejeter aujourd'hui
00:50:15en disant
00:50:16« on verra après »,
00:50:17c'est en réalité
00:50:18décider de ne rien voir
00:50:19venir.
00:50:20Alors que Bougival existe,
00:50:22imparfait,
00:50:23mais qui ouvre la voie
00:50:24et qui offre
00:50:25des perspectives.
00:50:26En le rejetant,
00:50:27vous tournez le dos
00:50:28à un chemin politique
00:50:29qui s'est ouvert
00:50:30et pour certains,
00:50:32vous tournez le dos
00:50:33à l'un de vos partenaires
00:50:35historiques
00:50:35qui est l'Unipalika.
00:50:38Chacun est libre
00:50:39de contester,
00:50:39encore une fois,
00:50:40le contenu de ce texte
00:50:42mais pour ça,
00:50:42encore faut-il
00:50:43que nous puissions
00:50:44entamer le débat.
00:50:45Encore faut-il
00:50:46que nous puissions
00:50:46engager la discussion,
00:50:48discuter sur
00:50:49les amendements de fond
00:50:50que certains
00:50:51ont proposés.
00:50:53À défaut de quoi,
00:50:54je mets en garde
00:50:55sur la perception,
00:50:56encore une fois,
00:50:57qui pourrait être
00:50:57celle des Calédoniens
00:50:58d'une forme
00:50:59de motion de mépris
00:51:00à leur égard.
00:51:02Alors,
00:51:03mesdames et messieurs
00:51:03les députés,
00:51:05soit avec cette motion,
00:51:07vous fermez
00:51:07la seule voie
00:51:08qui existe aujourd'hui,
00:51:10soit vous laissez
00:51:12une chance
00:51:13à ce processus
00:51:15mais qu'on ne raconte pas
00:51:17que le rejet
00:51:17ouvrirait
00:51:18une quelconque solution,
00:51:20c'est faux.
00:51:21Et je termine,
00:51:22madame la présidente,
00:51:23par une citation.
00:51:25Au moment de la signature
00:51:27de Bougival,
00:51:28au moment de la signature
00:51:30de Bougival,
00:51:30monsieur le député
00:51:31Djibahou,
00:51:32vous avez déclaré,
00:51:34et je cite,
00:51:36en choisissant,
00:51:37en choisissant,
00:51:40au moment de la signature
00:51:41de Bougival,
00:51:42monsieur le député
00:51:42Djibahou a dit,
00:51:45en choisissant
00:51:45le chemin...
00:51:48Mais s'il vous plaît,
00:51:50comment ?
00:51:51J'aimerais entendre
00:51:52la fin de l'intervention
00:51:54de madame la ministre
00:51:54dans le calme,
00:51:55s'il vous plaît.
00:51:56J'ai presque terminé,
00:51:57madame la présidente.
00:52:00Et monsieur le député
00:52:01Djibahou a dit,
00:52:02en signant Bougival,
00:52:04en choisissant
00:52:05ce chemin
00:52:06qui est difficile,
00:52:08qui est nouveau,
00:52:09c'est se mettre
00:52:10à l'épreuve de la critique,
00:52:12se faire menacer,
00:52:13insulter,
00:52:14parce que nous avons choisi
00:52:15un chemin différent.
00:52:17Je rappelle ces mots
00:52:18sans jugement,
00:52:19mais ils disent
00:52:19quelque chose de vrai.
00:52:20Ce chemin n'a jamais été simple,
00:52:23mais il est nécessaire
00:52:24pour les Calédoniens.
00:52:25Pour ces raisons,
00:52:25je vous demande
00:52:26de ne pas voter
00:52:26la motion de rejet.
00:52:28Merci beaucoup,
00:52:29madame la ministre.
00:52:31Je vais donner la parole
00:52:32à présent à la commission,
00:52:34d'abord à son président,
00:52:36monsieur Florent Boudier.
00:52:37Oui, merci,
00:52:38madame la ministre.
00:52:39Je serai économe de mots,
00:52:40mais je voudrais dire
00:52:41que je regrette
00:52:41sur ce sujet
00:52:42et cette question
00:52:43particulièrement sensible
00:52:44de l'avenir
00:52:45de la Nouvelle-Calédonie,
00:52:46d'entendre
00:52:47des éclats de voix,
00:52:49des propos déshonorants
00:52:50qui ont pu être,
00:52:52il y a quelques instants,
00:52:53prononcés,
00:52:54non, mon cher collègue,
00:52:55des mots ont été prononcés,
00:52:56des mots ont été à ce moment,
00:52:58ont été prononcés
00:52:59à l'instant
00:52:59qui sont inadmissibles
00:53:01quand on sait
00:53:02à quel point
00:53:03la situation
00:53:03sur le territoire
00:53:04néo-calédonien
00:53:05est particulièrement sérieuse
00:53:06et particulièrement grave.
00:53:08Et je voudrais dire
00:53:09que je regrette
00:53:09tout particulièrement
00:53:10également
00:53:12la motion de rejet
00:53:14que nous allons
00:53:15voter dans quelques instants
00:53:17et qui, au fond,
00:53:19n'est qu'une étape
00:53:20de l'obstruction parlementaire
00:53:21qui a été imposée
00:53:23par l'opposition
00:53:24avec, je le rappelle,
00:53:25ces 3 200 amendements.
00:53:30Certes,
00:53:31la commission des lois
00:53:32a repoussé
00:53:33le projet de loi
00:53:33consiclationnel
00:53:34relatif
00:53:35à la Nouvelle-Calédonie,
00:53:37en effet,
00:53:37mais les débats
00:53:38ont démontré
00:53:40en commission des lois
00:53:41et je rejoins d'ailleurs
00:53:42la position exprimée
00:53:43par le rapporteur
00:53:44il y a quelques instants,
00:53:45que l'on peut présenter,
00:53:47confronter
00:53:48nos positions,
00:53:49nos analyses
00:53:50sur cette question,
00:53:51je le répète,
00:53:52sérieuse
00:53:52de façon civique
00:53:54et non pas
00:53:55dans la situation
00:53:56que nous allons peut-être
00:53:57rencontrer dans quelques instants
00:53:58où le silence
00:53:59va régner dans l'hémicycle
00:54:01alors qu'il est question,
00:54:02encore une fois,
00:54:03de l'avenir
00:54:04et c'est sérieux
00:54:05de la Nouvelle-Calédonie.
00:54:07Je voudrais dire
00:54:08que sur ce sujet,
00:54:09rien ne se fera
00:54:11sans le dialogue.
00:54:12Rien ne se fera
00:54:14sans le dialogue.
00:54:15Sur ce sujet,
00:54:17rien ne se fera
00:54:18sans le compromis.
00:54:19Et sur ce sujet,
00:54:21sur ce sujet,
00:54:23nous n'échapperons pas,
00:54:24quel que soit le vote
00:54:26sur la motion de Roger,
00:54:27nous n'échapperons pas
00:54:28sur ce sujet
00:54:29à notre responsabilité.
00:54:31Il faudra
00:54:32d'une façon ou d'une autre
00:54:33que le dialogue
00:54:34se poursuive
00:54:35et que l'esprit
00:54:36de Bougival,
00:54:37d'une façon ou d'une autre,
00:54:38se poursuive.
00:54:40Merci beaucoup,
00:54:41Monsieur le Président
00:54:42de la Commission des lois.
00:54:43Je donne la parole
00:54:44à Monsieur le rapporteur.
00:54:46Merci,
00:54:47Madame la Présidente.
00:54:48En regardant
00:54:49l'ensemble
00:54:50des collègues
00:54:51de cet hémicycle
00:54:52et sans doute
00:54:53plus particulièrement
00:54:54certains bancs,
00:54:56et je m'adresse
00:54:57en particulier
00:54:58à celui,
00:54:59Emmanuel Jibahou,
00:55:00qui a défendu
00:55:01la motion de rejet,
00:55:02pour essayer
00:55:03une ultime fois
00:55:04de le persuader
00:55:06en sincérité
00:55:08que ce projet
00:55:10est profondément
00:55:12novateur.
00:55:13Il ne nie pas
00:55:15jamais
00:55:16le droit
00:55:17des peuples
00:55:18à disposer
00:55:19d'eux-mêmes.
00:55:19Mais c'est vrai,
00:55:21c'est un droit
00:55:22ici qui s'exprime
00:55:23différemment
00:55:24du droit traditionnel,
00:55:25peut-être auquel
00:55:26on est habitué
00:55:27depuis 1946,
00:55:28la IVe République
00:55:30et l'indépendance
00:55:31d'un certain nombre
00:55:32de pays d'Afrique
00:55:33dans les années 60.
00:55:34Nous avons ici
00:55:35sans doute
00:55:36un processus
00:55:38très singulier,
00:55:39particulier,
00:55:41sous-hygénérie,
00:55:42parce qu'en réalité,
00:55:44en réalité,
00:55:45l'histoire
00:55:46de la Nouvelle-Calédonie,
00:55:47si elle est faite
00:55:48d'ombre et de lumière,
00:55:50elle est faite
00:55:50aussi
00:55:51d'un destin commun,
00:55:53d'une envie
00:55:54de vivre ensemble
00:55:55et je dirais
00:55:56presque d'une nécessité
00:55:58dans cette
00:56:00pacifique,
00:56:01dans cette zone
00:56:01qui est tant convoitée.
00:56:03c'est pas simplement
00:56:04le respect
00:56:06dû à un peuple,
00:56:07c'est aussi
00:56:08un avenir
00:56:08que nous devons écrire
00:56:09en commun,
00:56:10avec de la prévisibilité,
00:56:12avec de la visibilité,
00:56:14rien ne peut tenir
00:56:16sans qu'il y ait
00:56:17de la durée,
00:56:19rien ne peut tenir,
00:56:21rien ne peut s'écrire
00:56:23s'il n'y a pas
00:56:23de la confiance
00:56:24et je crains,
00:56:26je crains
00:56:27qu'avec
00:56:28l'interruption
00:56:28des débats,
00:56:30on reparte
00:56:31vers un cycle
00:56:31bien incertain
00:56:33et cette incertitude
00:56:35en réalité,
00:56:36elle joue
00:56:37contre,
00:56:38contre
00:56:39les plus modestes
00:56:41et je crois
00:56:42que personne
00:56:42ne le veut.
00:56:44Elle joue
00:56:44contre
00:56:45et vous avez,
00:56:47chers collègues,
00:56:48évoqué le cas
00:56:48de la jeunesse,
00:56:49je l'ai fait aussi
00:56:50dans mon intervention,
00:56:51elle joue contre
00:56:52cette jeunesse
00:56:53qui attend aussi
00:56:54de l'avenir
00:56:55de la Nouvelle-Calédonie.
00:56:57alors j'en appelle
00:56:58à votre responsabilité,
00:57:00à notre responsabilité
00:57:01collective,
00:57:03il faut
00:57:04nous remettre
00:57:06autour
00:57:06de la table
00:57:08des négociations,
00:57:10il faut pouvoir
00:57:11s'écouter,
00:57:12il faut pouvoir
00:57:14travailler,
00:57:15c'est l'avenir
00:57:16non seulement
00:57:16d'un peuple
00:57:17mais c'est l'avenir
00:57:18d'un territoire
00:57:19pour que demain
00:57:20nous ne soyons pas
00:57:21dans le noir,
00:57:22qu'il n'y ait pas
00:57:23que des ombres
00:57:24mais que l'on termine
00:57:25aussi sur la lumière
00:57:27celle qui,
00:57:28je l'espère,
00:57:29peut nous réunir.
00:57:30Je vous remercie.
00:57:32Merci beaucoup
00:57:33monsieur le rapporteur.
00:57:35Donc je vais maintenant
00:57:36donner la parole
00:57:37à l'ensemble
00:57:37des groupes politiques
00:57:38pour des explications
00:57:39de vote
00:57:40d'une durée
00:57:41de deux minutes.
00:57:42Le premier à prendre
00:57:43la parole sera
00:57:43à monsieur Arthur Delaporte
00:57:45pour le groupe socialiste.
00:57:47Applaudissements
00:58:00Merci madame la présidente,
00:58:01madame la ministre,
00:58:02chers collègues.
00:58:03Il y a une semaine,
00:58:04nous rendions ici
00:58:05hommage à Lionel Jospin.
00:58:08Sur la Nouvelle-Calédonie,
00:58:09il avait su,
00:58:10dans la continuité
00:58:12de l'action
00:58:13de Michel Rocard,
00:58:14imposer une méthode exigeante.
00:58:15Il l'a rappelé
00:58:17au moment de la crise
00:58:17en mai de 2024.
00:58:19Pour sortir
00:58:20du mieux possible
00:58:21de l'actuelle épreuve,
00:58:23il faut impérativement
00:58:24renouer
00:58:25avec le désir
00:58:26de concorde
00:58:26et la recherche
00:58:28du consensus
00:58:28qui ont guidé
00:58:29les forces politiques
00:58:30néo-calédoniennes
00:58:31quand elles étaient
00:58:32assurées
00:58:33de l'impartialité
00:58:35de l'Etat.
00:58:37Fidèles
00:58:37à cet héritage
00:58:38et conformément
00:58:39à l'engagement
00:58:40historique des socialistes
00:58:42dans ce processus
00:58:43de décolonisation singulier,
00:58:45nous, nous pouvons,
00:58:46Madame la Ministre,
00:58:47soutenir le texte
00:58:48qui nous est présenté
00:58:49parce qu'il n'est pas
00:58:50consensuel.
00:58:51Contrairement
00:58:51à ce que notre Assemblée
00:58:53avait exigé
00:58:54en novembre dernier,
00:58:56tous les efforts
00:58:57n'ont pas été entrepris
00:58:57à cette fin
00:58:59parce que des zones d'ombre,
00:59:00et ça a été rappelé
00:59:01par M. le rapporteur,
00:59:02persistent.
00:59:04Peut-on,
00:59:04en conscience,
00:59:06trancher à la place
00:59:07des acteurs calédoniens
00:59:08sur des sujets
00:59:08non résolus
00:59:09aussi déterminants
00:59:10que le devenir
00:59:11des compétences
00:59:12régaliennes transférées ?
00:59:13Notre Commission a montré
00:59:14que c'était un enjeu.
00:59:15Peut-on constitutionnaliser
00:59:16en laissant subsister
00:59:17le risque
00:59:18d'une hyper-provincialisation
00:59:19ou du flou
00:59:20sur les garanties
00:59:21nécessaires
00:59:21à l'exercice
00:59:22effectif
00:59:23du droit
00:59:24à l'auté détermination ?
00:59:26Parce que
00:59:27ce texte aussi
00:59:28serait un précédent
00:59:29inquiétant.
00:59:31Utiliser
00:59:31la Constitution
00:59:32pour reporter
00:59:33des élections
00:59:34alors même
00:59:34que le juge constitutionnel
00:59:36avait estimé
00:59:37que la loi
00:59:37ne permettait pas
00:59:38au-delà du mois de juin
00:59:39de le faire
00:59:40serait une première
00:59:41dans notre histoire républicaine.
00:59:44Fidèle
00:59:44à l'esprit
00:59:45des accords
00:59:46vigie
00:59:47des libertés démocratiques
00:59:48et d'un processus
00:59:49de décolonisation
00:59:50jusqu'ici exemplaire
00:59:51nous rejetterons donc
00:59:53dès aujourd'hui
00:59:53ce texte
00:59:54afin d'éviter
00:59:55l'enlisement
00:59:56du processus.
00:59:57Mais nous ne fermons
00:59:58aucune porte.
00:59:59Je le dis
01:00:00à celles et ceux
01:00:01qui ont œuvré
01:00:02avec conviction
01:00:03à l'accord
01:00:04de Bougival
01:00:05et à ses innovations.
01:00:06Après les provinciales
01:00:07de nouvelles discussions
01:00:08pourront s'appuyer
01:00:09sur ce qui fait consensus
01:00:10pour aboutir
01:00:11à un accord durable.
01:00:12C'est notre mission
01:00:13c'est votre mission
01:00:15nous y participerons.
01:00:17Merci.
01:00:17Merci beaucoup
01:00:18monsieur le député.
01:00:19La parole est à présent
01:00:21à monsieur Nicolas Rey
01:00:22pour le groupe
01:00:22Droite Républicaine.
01:00:27Merci madame la présidente
01:00:29madame la ministre
01:00:30mes chers collègues.
01:00:32Alors que
01:00:33nous abordons aujourd'hui
01:00:35l'examen
01:00:36d'un texte majeur
01:00:37pour l'avenir
01:00:37de la Nouvelle-Calédonie
01:00:38notre groupe
01:00:40regrette solennellement
01:00:41l'obstruction
01:00:42organisée sur ce texte
01:00:44avec plus de
01:00:453000 amendements
01:00:46déposés
01:00:47et désormais
01:00:47une motion de rejet.
01:00:49L'obstruction
01:00:50vous le savez
01:00:50c'est l'affaiblissement
01:00:51du Parlement
01:00:52c'est la négation
01:00:53du débat parlementaire
01:00:54alors que
01:00:56la Nouvelle-Calédonie
01:00:57traverse une crise
01:00:58politique, économique
01:00:59et sociale
01:01:00alors que
01:01:01les nouveaux
01:01:01calédoniens
01:01:02attendent de nous
01:01:03de la clarté
01:01:04et des réponses
01:01:05certains empêchent
01:01:06le débat.
01:01:07Notre devoir
01:01:08de parlementaire
01:01:09c'est de débattre
01:01:11pour construire
01:01:12un avenir commun
01:01:13pour la Nouvelle-Calédonie
01:01:14au sein de la République
01:01:16pour laquelle
01:01:17les néo-calédoniens
01:01:18ont réaffirmé
01:01:19leur attachement
01:01:19à trois reprises.
01:01:21Notre devoir
01:01:22c'est de débattre
01:01:23pour construire
01:01:24une communauté
01:01:24de destin
01:01:25entre les différentes
01:01:26composantes
01:01:26de la société
01:01:27calédonienne
01:01:28dans le respect
01:01:29de chacun
01:01:29et notamment
01:01:30de l'identité
01:01:31canac.
01:01:32Notre devoir
01:01:32c'est de débattre
01:01:33pour définir
01:01:34un cadre institutionnel
01:01:36capable de rassembler
01:01:37les sensibilités.
01:01:39Notre devoir
01:01:39c'est de répondre
01:01:41à cette instabilité
01:01:43qui est un poison
01:01:43pour le développement
01:01:44économique,
01:01:45pour l'accompagnement
01:01:46social de ce territoire.
01:01:48C'est pour cela
01:01:49que le dialogue
01:01:50et le débat
01:01:51est plus que jamais
01:01:52nécessaire.
01:01:52C'est pour cela
01:01:53que nous rejetterons
01:01:54cette motion de rejet.
01:01:56Merci beaucoup
01:01:57Monsieur le député.
01:01:59La parole est à présent
01:02:00à Madame Sandrine Rousseau
01:02:02pour le groupe
01:02:02Écologiste et Social.
01:02:12Madame la Présidente,
01:02:14Madame la Ministre,
01:02:15tous les peuples
01:02:16ont le droit
01:02:17de libre détermination
01:02:19en vertu de ce droit.
01:02:21Ils déterminent
01:02:21librement
01:02:22leur statut politique
01:02:23et poursuivent
01:02:24librement
01:02:25leur développement
01:02:25économique,
01:02:27social et culturel.
01:02:29Ces mots puissants
01:02:30sans appel
01:02:30sont consacrés
01:02:31par la Déclaration
01:02:32sur l'octroi
01:02:33de l'indépendance
01:02:34aux pays
01:02:35et peuples coloniaux
01:02:37adoptés par
01:02:38l'Assemblée Générale
01:02:39de l'ONU
01:02:40le 14 décembre 1960.
01:02:42À l'heure
01:02:43où l'actualité
01:02:43révèle chaque jour
01:02:44davantage
01:02:45une défiance croissante
01:02:46à l'égard
01:02:46du droit international,
01:02:48à l'heure
01:02:49où trop de peuples
01:02:50de la Palestine
01:02:51au Kurdistan
01:02:51sont encore
01:02:52délibérément privés
01:02:54de leur droit
01:02:54à l'autodétermination
01:02:56et niés
01:02:56dans leur existence
01:02:57même,
01:02:58un pays
01:02:59comme la France
01:03:00qui s'est longtemps
01:03:01enorgueilli
01:03:02d'être la patrie
01:03:03des droits de l'homme
01:03:04et dont l'histoire
01:03:05coloniale
01:03:06impose une responsabilité
01:03:07particulière
01:03:08à le devoir
01:03:10de défendre
01:03:11sans ambiguïté
01:03:12ce principe
01:03:13fondamental
01:03:14du droit international.
01:03:16C'est dans cet esprit
01:03:18qu'a été conduit
01:03:19durant 40 années
01:03:20le processus
01:03:21de décolonisation
01:03:22en Kanakie-Nouvelle-Calédonie.
01:03:24Un chemin exigeant,
01:03:26patiemment construit
01:03:27mais aujourd'hui
01:03:28profondément compromis
01:03:30par la détermination
01:03:31d'Emmanuel Macron
01:03:33et de ses ministres
01:03:34successifs
01:03:35à imposer
01:03:36sa vision
01:03:36néocoloniale
01:03:38du dossier.
01:03:39D'abord
01:03:40par son entêtement
01:03:41à maintenir
01:03:41le troisième référendum
01:03:43malgré l'opposition
01:03:44du FLN-Calès
01:03:45et alors que le territoire
01:03:47était plongé
01:03:48dans un deuil
01:03:48coutumier kanak
01:03:50provoquant le boycott
01:03:51massif
01:03:52des indépendantistes.
01:03:53Je le dis avec force
01:03:55chers collègues
01:03:56l'Assemblée nationale
01:03:57française
01:03:58ne peut cautionner
01:03:59la légitimité
01:04:00de ce scrutin
01:04:01sur l'indépendance
01:04:02auquel les indépendantistes
01:04:04n'ont pas pu participer.
01:04:06Il n'existe par ailleurs
01:04:08aucun accord
01:04:09de bougival
01:04:10et encore moins
01:04:12un consensus
01:04:13de bougival.
01:04:14Le gouvernement
01:04:15doit désormais
01:04:16assumer pleinement
01:04:17sa responsabilité politique
01:04:19retirer son texte
01:04:21et convoquer
01:04:22sans délai
01:04:23les élections provinciales
01:04:25cela même
01:04:26de désigner légitimement
01:04:27celles et ceux
01:04:28qui traceront
01:04:29l'avenir
01:04:30de la relation
01:04:30entre la France
01:04:32et la Kanakie
01:04:33Nouvelle-Calédonie.
01:04:35Le groupe écologiste
01:04:36et social
01:04:36évidemment
01:04:37votera cette MRP.
01:04:39Je vous remercie
01:04:40Madame la députée
01:04:41la parole est à présent
01:04:42à Madame Anne Bergans
01:04:44pour le groupe démocrate.
01:04:45Merci Madame la Présidente
01:04:47Madame la Ministre
01:04:48mes chers collègues.
01:04:49Il y a tout de même
01:04:50des moments
01:04:50où la procédure
01:04:51cesse d'être
01:04:52un outil parlementaire
01:04:53pour devenir une insulte
01:04:54à la gravité du sujet
01:04:55que nous devons traiter
01:04:56aujourd'hui.
01:04:57La Nouvelle-Calédonie
01:04:59encore meurtrie
01:05:00par les émeutes
01:05:00de 2024
01:05:01nous regarde
01:05:02et mérite mieux.
01:05:04Et quel spectacle
01:05:05lui en ferons-nous ?
01:05:06Celui d'une double dérobade.
01:05:08D'un côté
01:05:08cette motion de rejet
01:05:09qui voudrait évacuer
01:05:10un débat
01:05:11pourtant nécessaire.
01:05:12De l'autre
01:05:13pas moins
01:05:13de 3298
01:05:15amendements
01:05:16déposés
01:05:17dont une grande partie
01:05:18relève clairement
01:05:19de l'obstruction
01:05:19pour noyer ce texte.
01:05:21Ce blocage
01:05:22n'est pas une politique
01:05:23c'est une absence
01:05:24de courage
01:05:25un renoncement
01:05:26au débat.
01:05:27Et comment ne pas
01:05:28souligner d'ailleurs
01:05:29l'incroyable hypocrisie
01:05:30de nos collègues
01:05:30de la France Insoumise
01:05:32dans leur démarche
01:05:32d'obstruction ?
01:05:33En commission des lois
01:05:34nous vous avons entendu
01:05:36de nombreuses heures
01:05:37donner des leçons
01:05:37de méthode.
01:05:38Vous dénonciez
01:05:39le manque d'écoute
01:05:40vous exigiez du temps
01:05:41pour que le Parlement
01:05:42puisse examiner
01:05:43sereinement ce texte.
01:05:45Hier encore
01:05:45vous dénonciez
01:05:46le manque de respect
01:05:47pour les élus
01:05:48ultramarins
01:05:49ayant organisé
01:05:50leur présence
01:05:50dans l'hémicycle
01:05:51pour un texte
01:05:51qu'aujourd'hui
01:05:52vous appelez à congédier
01:05:54en moins d'une demi-heure.
01:05:56Et que dire
01:05:57du cynisme
01:05:58du groupe
01:05:58du Rassemblement National
01:06:00qui s'apprête
01:06:01à voter cette motion
01:06:02pour des raisons
01:06:03diamétralement opposées
01:06:04à celles de la gauche.
01:06:06En réalité
01:06:06votre point commun
01:06:08est d'assumer
01:06:09le blocage.
01:06:10Le groupe
01:06:11Les Démocrates
01:06:11est à l'inverse
01:06:12particulièrement attaché
01:06:13à l'esprit
01:06:14de négociation
01:06:15qui a prévalu
01:06:15qui a permis
01:06:16aux différentes forces
01:06:17en présence
01:06:18de se mettre
01:06:18autour de la table
01:06:19pour négocier
01:06:20les accords
01:06:21de Bougival
01:06:21et Élysée-Oudino.
01:06:23Aujourd'hui
01:06:24les mesures proposées
01:06:25ne font pas
01:06:26l'unanimité
01:06:26mais sur les sujets
01:06:28aussi fondamentaux
01:06:29que la création
01:06:30de l'état
01:06:30de Nouvelle-Canédonie
01:06:31au sein de la République
01:06:32le transfert
01:06:33de la souveraineté
01:06:33de compétences régaliennes
01:06:35ou encore
01:06:35le dégel du corps électoral
01:06:37la représentation nationale
01:06:38ne peut balayer
01:06:39le débat
01:06:40d'un revers
01:06:41de la main.
01:06:41L'obstruction
01:06:42n'est pas un acte
01:06:43de résistance
01:06:45quoi que vous en pensiez
01:06:46non
01:06:47c'est de la capitulation
01:06:48de la pensée.
01:06:50Nous rejetons
01:06:51cette motion
01:06:52pour faire
01:06:53le seul choix
01:06:53qui vaille
01:06:54celui du débat.
01:06:56Merci beaucoup
01:06:58Madame la députée
01:06:59la parole est à présent
01:07:00Madame Agnès-Firmain-Lebaudot
01:07:01pour le groupe Horizon.
01:07:03Merci Madame la Présidente
01:07:05chers collègues
01:07:06notre groupe
01:07:07s'opposera
01:07:07bien évidemment
01:07:08à cette motion de rejet
01:07:10par principe
01:07:11d'abord
01:07:12mais loin de moi
01:07:13l'idée de classer
01:07:14la priorité
01:07:15des motions de rejet
01:07:16mais est-ce que le vote
01:07:17de cette motion de rejet
01:07:18comme vient de l'exprimer
01:07:19ma collègue
01:07:20n'est pas un moyen
01:07:21de fuir sa responsabilité
01:07:22car la question
01:07:23qui nous est opposée
01:07:24aujourd'hui
01:07:25est bien une question
01:07:26de responsabilité.
01:07:27Voter cette motion de rejet
01:07:28c'est irresponsable.
01:07:30D'abord irresponsable
01:07:30pour ce qu'est
01:07:31notre hémicycle
01:07:32l'hémicycle du débat.
01:07:33La Nouvelle-Calédonie
01:07:34se singularise
01:07:35elle par sa capacité
01:07:36à dialoguer
01:07:37à préserver
01:07:38et à rétablir
01:07:38le dialogue
01:07:39en surmontant
01:07:39les crises
01:07:40qui surgissent
01:07:41lorsque celui-ci
01:07:42seront irresponsables
01:07:43car ce n'est pas
01:07:44saisir la main tendue
01:07:45du gouvernement
01:07:46pour accompagner
01:07:47j'allais dire
01:07:48le relancement économique
01:07:50du territoire.
01:07:51Irresponsable
01:07:52car ce n'est pas saisir
01:07:53le chemin tracé
01:07:54même s'il est escarpé
01:07:56par les accords
01:07:56de Bougival.
01:07:58Irresponsable
01:07:58tout simplement
01:07:59parce qu'en votant
01:08:00cette motion de rejet
01:08:01on ne vient pas en aide
01:08:02à un territoire
01:08:03de la République
01:08:03qui en a bien grand besoin.
01:08:06Merci beaucoup
01:08:07Madame la députée.
01:08:08La parole est à présent
01:08:09Monsieur Paul-André Colombani
01:08:10pour le groupe Liot.
01:08:12Merci Madame la Présidente.
01:08:13Madame la Ministre,
01:08:14mes chers collègues.
01:08:15La Canaqui Nouvelle-Calédonie
01:08:16traverse une épreuve
01:08:17dont chacun ici
01:08:18connaît la gravité.
01:08:19Je tiens à redire
01:08:20au nom du groupe Liot
01:08:21notre solidarité
01:08:22pleine et entière
01:08:23à tous ceux
01:08:24qui subissent
01:08:24les conséquences
01:08:25de cette crise politique profonde.
01:08:27L'avenir institutionnel
01:08:28de ce territoire
01:08:29ne peut se décider
01:08:30unilatéralement
01:08:31depuis Paris
01:08:31sans consensus
01:08:32trouvé sur le terrain.
01:08:33Il aurait fallu
01:08:34construire patiemment
01:08:35un accord solide,
01:08:36partagé
01:08:37et incontestable
01:08:38afin que toutes
01:08:39les conditions politiques
01:08:40d'une révision constitutionnelle
01:08:42sereine soient acquises.
01:08:43Or, ce consensus
01:08:44pourtant indispensable,
01:08:46le gouvernement
01:08:46n'est pas parvenu
01:08:48à le construire
01:08:48malgré l'espoir
01:08:50suscité par l'accord
01:08:50de Bougival.
01:08:52Dans ces conditions,
01:08:53imposer une décision
01:08:55depuis notre Assemblée nationale
01:08:56ferait peser un risque
01:08:58de raviver les tensions
01:08:59voire de nouvelles violences.
01:09:01D'autant plus
01:09:02qu'il nous est impossible
01:09:03de débattre sereinement
01:09:03dans ce texte largement
01:09:05rejeté en commission
01:09:05et faisant l'objet
01:09:07de plus de 3200 amendements.
01:09:08C'est pourquoi,
01:09:09par responsabilité
01:09:10et par respect
01:09:10pour le sujet
01:09:11que nous traitons,
01:09:14qu'une grande partie
01:09:15du groupe Liot
01:09:15votera pour cette motion
01:09:16de rejet préalable.
01:09:18Merci beaucoup,
01:09:20monsieur le député.
01:09:21La parole est à présent
01:09:22à monsieur David Riemann
01:09:23pour le groupe GDR.
01:09:30Merci, madame la présidente.
01:09:32Après les événements dramatiques
01:09:33dans le Vé-Calédonie
01:09:34en 2024,
01:09:35je m'étais exprimé ici
01:09:37en espérant
01:09:37qu'on prenne en sagesse,
01:09:39qu'on prenne d'écouter
01:09:40et de valider
01:09:41un certain nombre de choses.
01:09:42Ce qui a toujours prévalu
01:09:43dans ce territoire,
01:09:45c'est le consensus.
01:09:46Depuis Bougival,
01:09:48j'ai entendu
01:09:48consensus majoritaire.
01:09:50J'ai entendu compromis.
01:09:53Depuis quand il y a
01:09:53un consensus majoritaire ?
01:09:55S'il n'y a pas de consensus,
01:09:56on ne peut pas avancer.
01:09:58À plusieurs reprises,
01:09:59on a répété ici
01:10:00laisser les Calédoniens
01:10:02décider,
01:10:02valider ensemble
01:10:03dans un consensus.
01:10:04Ensuite,
01:10:05on vient valider
01:10:05à l'Assemblée nationale.
01:10:06Vous ne respectez rien
01:10:07et vous n'écoutez jamais.
01:10:10Lorsque vous devenez
01:10:11un donneur de leçons
01:10:12aujourd'hui
01:10:12en disant
01:10:13prenez vos responsabilités,
01:10:15avant les événements dramatiques.
01:10:17Le député Gosselin
01:10:18ici présent
01:10:19était en Nouvelle-Calédonie.
01:10:21Lorsque nous sommes revenus,
01:10:22nous avons averti
01:10:22tout le monde.
01:10:23Il y a eu la réunion
01:10:24avec la présidente
01:10:25de l'Assemblée nationale
01:10:25ici présente.
01:10:26On vous a tous averti
01:10:27de ne pas le faire.
01:10:28Et dès le lendemain,
01:10:29vous avez mis le feu
01:10:30au poux
01:10:30dans Nouvelle-Calédonie.
01:10:31Et aujourd'hui,
01:10:32vous avez l'outre-cuidance,
01:10:33Madame la Ministre,
01:10:34de venir nous regarder,
01:10:35de nous dire
01:10:35de prendre nos responsabilités.
01:10:37Il ne faut pas
01:10:37se moquer du monde
01:10:38aujourd'hui.
01:10:39Il ne faut pas
01:10:40se moquer du monde
01:10:41aujourd'hui.
01:10:42Parce que si vous aviez
01:10:43écouté les ultramarins
01:10:44lorsqu'on vous parlait,
01:10:46ça ne serait jamais arrivé.
01:10:47Donc oui,
01:10:48aujourd'hui,
01:10:49la seule chose
01:10:49qu'on a à faire,
01:10:50c'est quoi ?
01:10:50C'est de laisser
01:10:51les Calédoniens
01:10:52trouver leur consensus
01:10:53ensemble
01:10:54et ensuite en valide.
01:10:55Au niveau du consensus
01:10:56de Deva,
01:10:58le collègue Jibau
01:11:00ici présent,
01:11:01il y avait une majorité
01:11:01qui se dégageait à Deva.
01:11:03Mais comme il n'y avait
01:11:04pas de consensus global,
01:11:05ils ont refusé
01:11:05d'aller plus loin.
01:11:06Vous le saviez ça ?
01:11:07Vous venez rapporter
01:11:08des paroles
01:11:09du collègue Jibau
01:11:10au moment de la signature
01:11:13de Bougival.
01:11:14Vous étiez présent,
01:11:15Madame la Ministre ?
01:11:15Moi, je n'y étais pas.
01:11:16Et comme je n'y étais pas,
01:11:17je ne peux pas avoir
01:11:18des propos rapportés
01:11:19de la sorte.
01:11:19Lorsqu'on n'est pas là,
01:11:21on ne peut pas rapporter
01:11:21des propos qui ont été tenus
01:11:22à ce moment-là.
01:11:23Il faut rester un,
01:11:24Madame la Ministre.
01:11:25Et donc,
01:11:26je finirai par vous dire,
01:11:27je finirai par vous dire,
01:11:30vous avez la montre,
01:11:32ils ont le temps.
01:11:33Et en notre âme et conscience
01:11:34et en responsabilité,
01:11:35le groupe GDR
01:11:36votera pour la motion
01:11:37de Roger préalable.
01:11:39Merci beaucoup,
01:11:40Monsieur le député.
01:11:42Je vous indique
01:11:43que sur le vote
01:11:43de cette motion
01:11:44de Roger préalable,
01:11:45je suis saisie
01:11:45d'une demande
01:11:46de scrutin public
01:11:47que je fais annoncer
01:11:48dans l'enceinte
01:11:48de l'Assemblée nationale.
01:11:49Et je donne la parole
01:11:50à Monsieur Maxime Michelet
01:11:52pour le groupe GDR.
01:11:54Merci Madame la Présidente.
01:11:56Madame la Ministre,
01:11:57Mesdames, Messieurs,
01:11:57les députés,
01:11:58pour le groupe GDR,
01:11:59cette motion de Roger
01:12:00n'était pas un choix
01:12:01d'évidence,
01:12:02car sur ce sujet
01:12:03d'extrême importance,
01:12:04nous voulons le débat
01:12:05et car nous voulons
01:12:06l'apaisement
01:12:06en Nouvelle-Calédonie.
01:12:08Mais les dispositions
01:12:09de ce projet de loi
01:12:10nous obligent à dire
01:12:10au gouvernement
01:12:11de manière solennelle
01:12:12qu'il a franchi
01:12:13avec ce texte
01:12:13une ligne rouge.
01:12:15L'unité de la République,
01:12:16l'indivisibilité
01:12:17de la nation
01:12:18ne sont pas négociables.
01:12:19Il y a des limites
01:12:21au sacro-saint
01:12:22en même temps
01:12:22du macronisme
01:12:23et l'intégrité
01:12:24territoriale de la France
01:12:25en est une.
01:12:27On ne peut pas être
01:12:28en même temps
01:12:28dans la République
01:12:29et en même temps
01:12:29hors de la République.
01:12:31La Nouvelle-Calédonie,
01:12:32chers collègues,
01:12:33est française.
01:12:34Elle l'a dit trois fois
01:12:36et c'est trahir cette parole
01:12:37trois fois répétée
01:12:38que de voter ce texte
01:12:39qui organise
01:12:40une indépendance déguisée
01:12:41par la création
01:12:42d'un État
01:12:43de Nouvelle-Calédonie.
01:12:44Un texte
01:12:45qui méconnaît ainsi
01:12:46le choix souverain
01:12:47des Français
01:12:47de Nouvelle-Calédonie
01:12:48mérite donc
01:12:49un rejet immédiat.
01:12:50Au lieu de consolider
01:12:51l'avenir de la Nouvelle-Calédonie
01:12:53au sein de la République,
01:12:54le gouvernement propose
01:12:55d'adopter un accord contesté,
01:12:57refusé, c'est le comble,
01:12:58par une large partie
01:12:59des indépendantistes eux-mêmes.
01:13:01Un accord qui inscrit
01:13:02dans notre Constitution
01:13:03la perspective
01:13:04de l'indépendance
01:13:05par le transfert progressif
01:13:06des compétences régaliennes.
01:13:08Cette dérive
01:13:09est d'autant plus inacceptable
01:13:11dans un contexte marqué
01:13:13par des manœuvres avérées
01:13:14d'ingérence
01:13:15et de déstabilisation
01:13:16venant de puissances
01:13:17étrangères hostiles
01:13:18qui ne cachent pas
01:13:19les convoitises
01:13:19que la Nouvelle-Calédonie
01:13:20leur inspire.
01:13:22La Nouvelle-Calédonie
01:13:23n'a donc pas besoin
01:13:24de cette capitulation
01:13:26constitutionnelle
01:13:26qui la livre en catimini
01:13:28à nos adversaires stratégiques.
01:13:29La Nouvelle-Calédonie
01:13:30a besoin de paix,
01:13:31de sécurité,
01:13:32de prospérité
01:13:33et nos compatriotes
01:13:34de Nouvelle-Calédonie
01:13:35ont besoin
01:13:36de la présence
01:13:36et du soutien
01:13:37de l'État,
01:13:38de la République
01:13:38et de la nation
01:13:39dont ils ont fait le choix.
01:13:40Le groupe UDR
01:13:41votera cette motion
01:13:42de rejet
01:13:43car le débat
01:13:44ne mérite pas
01:13:44d'aller au-delà
01:13:45d'un simple constat.
01:13:46Ce texte
01:13:47est une atteinte
01:13:47irréversible
01:13:48à l'unité nationale
01:13:49et à la souveraineté populaire.
01:13:51Alors par son vote,
01:13:52le groupe UDR
01:13:53et son président
01:13:53Éric Ciotti
01:13:54veulent dire
01:13:54à nos compatriotes
01:13:55de Nouvelle-Calédonie
01:13:56la France
01:13:57ne vous abandonnera pas.
01:14:00Merci monsieur le député.
01:14:02La parole est
01:14:03à madame Marine Le Pen
01:14:04présidente
01:14:05du groupe
01:14:06Rassemblement National.
01:14:09Madame la Présidente,
01:14:10madame la Ministre,
01:14:11mes chers collègues,
01:14:12la Nouvelle-Calédonie
01:14:13française
01:14:14fait partie
01:14:14de l'ADN
01:14:15du Rassemblement National
01:14:16et rien n'est plus important
01:14:17à mes yeux
01:14:18que de tout faire
01:14:19pour défendre
01:14:19cette terre de France
01:14:20dans le Pacifique.
01:14:21Au lieu de rassembler,
01:14:22le dialogue lancé
01:14:23après les émeutes
01:14:24de 2024
01:14:25s'est embourbé
01:14:25dans ce qui divise,
01:14:26dans ce qui clive,
01:14:28dans ce qui antagonise
01:14:29ces questions institutionnelles
01:14:31et statutaires
01:14:32dont se délecte
01:14:33le débat politique
01:14:34mais qui ne nourrissent pas,
01:14:36ne soignent pas,
01:14:37ne créent pas un emploi
01:14:38et ne donnent aucun marché
01:14:40aux entreprises.
01:14:42C'est le résultat
01:14:43de ces discussions
01:14:44que le texte
01:14:44que vous nous soumettez
01:14:45aujourd'hui
01:14:45veut enteriner.
01:14:46Ce texte,
01:14:47nous le rejetons
01:14:48car il nous apparaît
01:14:49dangereux
01:14:49pour l'unité nationale
01:14:50et qu'il entrave
01:14:51les efforts
01:14:52pour redresser
01:14:53économiquement l'île.
01:14:55La Nouvelle-Calédonie
01:14:56a besoin de reprendre
01:14:57son souffle
01:14:58et il est vital
01:14:59de lui offrir
01:14:59un temps nécessaire
01:15:00de quiétude
01:15:01et de paix.
01:15:02En réalité,
01:15:03l'urgence institutionnelle
01:15:05n'existe pas.
01:15:05L'accord de Nouméa
01:15:07peut continuer
01:15:07d'organiser
01:15:08la vie publique
01:15:08du territoire
01:15:09et permettre
01:15:10un retour
01:15:10de la confiance.
01:15:11Il n'empêche
01:15:12ni la relance
01:15:13de l'emploi,
01:15:14ni la création
01:15:15de richesses,
01:15:15ni la garantie
01:15:16de la stabilité sociale
01:15:18qui sont
01:15:18les véritables urgences.
01:15:20Bien sûr,
01:15:21je ne serai oublié
01:15:22ni passé sous silence
01:15:23l'exigence démocratique
01:15:24du déjet
01:15:25du corps électoral.
01:15:26Notre groupe
01:15:27l'accompagnera
01:15:28s'il s'agit
01:15:29du chemin
01:15:29de compromis parlementaire
01:15:31trouvé lorsque ce texte
01:15:32reviendra du Sénat.
01:15:33Le Rassemblement national
01:15:35défend la Nouvelle-Calédonie
01:15:36française
01:15:36et avec elle
01:15:37le rassemblement
01:15:38de toutes les bonnes volontés
01:15:39autour d'un projet commun
01:15:41que nous avons détaillé,
01:15:43Madame la Ministre,
01:15:44y compris auprès de vous.
01:15:46Le projet que nous défendons
01:15:47de reconstruction
01:15:48et de relance
01:15:49nécessite une stabilité
01:15:50institutionnelle
01:15:51et constitue une perspective
01:15:53pour tous les Calédoniens
01:15:54sans exception.
01:15:55C'est le sens
01:15:56de notre combat
01:15:57et notre contribution
01:15:58que je crois significative
01:15:59à l'intérêt général
01:16:00et national.
01:16:03Merci beaucoup.
01:16:07La parole est à présent
01:16:09à Monsieur Nicolas Metzor
01:16:10pour le groupe
01:16:11Ensemble pour la République.
01:16:21Madame la Présidente,
01:16:23Madame la Ministre,
01:16:25Monsieur le Président,
01:16:26chers collègues
01:16:27et chers amis
01:16:28de l'Unipalika.
01:16:30Écoutez,
01:16:31je ne sais pas
01:16:32ce que nous devons
01:16:33faire de plus.
01:16:35Vous nous avez demandé
01:16:38après les émeutes
01:16:39de 2024
01:16:40de trouver
01:16:41un accord politique.
01:16:44C'est ce que nous avons fait
01:16:45au prix
01:16:46de grosses concessions,
01:16:49nous les non-indépendantistes.
01:16:51Nous l'avons trouvé
01:16:52pour le bien
01:16:53de la Nouvelle-Calédonie.
01:16:55Nous sommes revenus
01:16:56devant vous
01:16:57et vous nous avez dit
01:16:59qu'il fallait encore
01:17:01préciser cet accord
01:17:02pour permettre
01:17:03au FLNKS
01:17:04d'Emmanuel Chibaou
01:17:05de revenir
01:17:06à la table des discussions
01:17:07et nous avons fait
01:17:07un deuxième accord politique.
01:17:09Élysée Oudino
01:17:10où nous avons précisé
01:17:11les modalités liées
01:17:13à l'identité canaque
01:17:14et à l'autodétermination.
01:17:17Nous revenons donc
01:17:18devant vous
01:17:18avec deux accords politiques
01:17:20après deux ans
01:17:22de crise économique
01:17:23et sociale.
01:17:24Deux accords politiques
01:17:25équilibrés
01:17:26puisqu'on l'entend
01:17:27aujourd'hui
01:17:28c'est trop l'indépendance
01:17:30ou c'est trop la France.
01:17:32Et vous
01:17:33nous renvoyez
01:17:34chez nous
01:17:36en n'ayant
01:17:37même pas le débat.
01:17:39Vous savez
01:17:40la Nouvelle-Calédonie
01:17:42c'est loin
01:17:43de l'hémicycle
01:17:43mais chaque Calédonien
01:17:45ce soir regarde
01:17:46sa télé
01:17:47et se dit
01:17:48mais
01:17:49qu'est-ce qu'on va devenir ?
01:17:51Qu'est-ce qu'on va devenir ?
01:17:53Beaucoup de Calédoniens
01:17:54ont perdu
01:17:55leur maison
01:17:56leur travail
01:17:58mais pire encore
01:17:59ils ont perdu
01:18:00l'espoir
01:18:02et la perspective
01:18:03de vivre en paix
01:18:04en Nouvelle-Calédonie.
01:18:06Ce que je vous demande
01:18:07aujourd'hui
01:18:09c'est
01:18:10au moins
01:18:11d'avoir la décence
01:18:12de débattre
01:18:13sur les accords
01:18:14que nous avons
01:18:14difficilement trouvé.
01:18:20ces accords
01:18:25aussi imparfaits
01:18:26soient-ils
01:18:28ils sont défendus
01:18:29par la majorité
01:18:30de la classe politique
01:18:31calédonienne
01:18:31nous les non-indépendantistes
01:18:33alors je sais bien
01:18:34on n'est peut-être
01:18:35pas suffisamment
01:18:36assez canac
01:18:36pas assez indépendantistes
01:18:38mais nous sommes légitimes
01:18:40en Nouvelle-Calédonie
01:18:41parce que c'est notre pays
01:18:43et peut-être
01:18:44que vous considérez
01:18:44que les amis là
01:18:45de l'Unipalika
01:18:46ne sont pas
01:18:48assez canac
01:18:48ou ne sont pas
01:18:49assez indépendantistes
01:18:50mais ils défendent
01:18:52aussi les accords
01:18:52la classe politique
01:18:54calédonienne
01:18:55défend les accords
01:18:56de Bougival
01:18:56la population
01:18:58calédonienne
01:18:58défend les accords
01:18:59de Bougival
01:19:00le monde économique
01:19:01défend les accords
01:19:02de Bougival
01:19:03et c'est vous
01:19:05et c'est vous
01:19:05l'Assemblée nationale
01:19:06aujourd'hui
01:19:07après nous donner
01:19:09des leçons
01:19:09après nous avoir
01:19:11donné des leçons
01:19:11sur que
01:19:13sur le peuple calédonien
01:19:14est légitime
01:19:15sur son avenir
01:19:16vous décidez
01:19:17à notre place
01:19:19je vous demande
01:19:20de voter ces accords
01:19:22et d'organiser
01:19:23la consultation
01:19:23du peuple calédonien
01:19:25sur ces accords
01:19:26parce que nous sommes
01:19:27les seuls légitimes
01:19:28à décider
01:19:29de notre avenir
01:19:30je vous remercie
01:19:30merci beaucoup
01:19:31monsieur le député
01:19:39la parole est à présent
01:19:41monsieur Bastien Lachaud
01:19:42pour la France Insoumise
01:19:54madame la présidente
01:19:56madame la ministre
01:19:57chers collègues
01:19:58refuser ce texte
01:19:59c'est refuser
01:20:00un nouvel acte
01:20:01de la longue histoire
01:20:02coloniale
01:20:03en Kanakie Nouvelle-Calédonie
01:20:04déjà
01:20:05en mai 2024
01:20:07vous avez tenté
01:20:08d'imposer
01:20:09le dégel du corps électoral
01:20:10sans accord consensuel
01:20:12préalable
01:20:13votre inconséquence
01:20:14a causé
01:20:1515 morts
01:20:16pourtant
01:20:17vous tentez
01:20:18à nouveau
01:20:18de passer en force
01:20:19pour imposer
01:20:20le projet
01:20:21dit de Bougival
01:20:22le consensus
01:20:23n'est pas là
01:20:24trois parlementaires
01:20:26de Nouvelle-Calédonie
01:20:27sur quatre
01:20:27refusent de voter
01:20:29ce texte
01:20:29la commission des lois
01:20:31en a rejeté
01:20:32tous les articles
01:20:33dès lors
01:20:35discuter de Bougival
01:20:36dans cet hémicycle
01:20:37revient à saper
01:20:39les engagements
01:20:39pris par l'Etat
01:20:40lors de l'accord
01:20:41de Nouméa
01:20:42à saper le crédit
01:20:43même de notre Constitution
01:20:44vous avez tenté
01:20:46par deux fois
01:20:47une révision constitutionnelle
01:20:49sans consensus
01:20:50vous avez enterré
01:20:51débat
01:20:52sur la seule opposition
01:20:53des anti-indépendantistes
01:20:55et vous maintenez
01:20:56Bougival
01:20:57alors que les représentants
01:20:58du peuple
01:20:59Kanak
01:20:59reconnus
01:21:00comme peuple
01:21:01premier
01:21:01par le peuple français
01:21:03dans la Constitution
01:21:04s'y opposent
01:21:05fermement
01:21:07c'est pourtant bien
01:21:08ce peuple premier
01:21:10et lui seul
01:21:11qui dispose
01:21:12d'un droit
01:21:12à l'autodétermination
01:21:13reconnu par le droit
01:21:14international
01:21:15et si ce peuple premier
01:21:18a accepté
01:21:19de partager
01:21:20ce droit
01:21:21à Nainville-les-Roches
01:21:22cela n'autorise pas tout
01:21:23le consentement
01:21:25de ces représentants
01:21:26légitimes
01:21:27est une condition
01:21:27nécessaire
01:21:28et indispensable
01:21:29à tout accord
01:21:32vos coups de force
01:21:34et votre parti pris
01:21:35affiché
01:21:36pour le camp
01:21:36anti-indépendantiste
01:21:38rendent ces conditions
01:21:39de plus en plus
01:21:40difficiles à réunir
01:21:41vous emportez
01:21:42la responsabilité
01:21:44historique
01:21:44tant qu'un nouvel
01:21:47accord consensuel
01:21:48n'est pas trouvé
01:21:48l'accord de Nouméa
01:21:50s'applique
01:21:50sans limitation
01:21:51de durée
01:21:52la prétendue
01:21:53urgence institutionnelle
01:21:55que vous agitez
01:21:56n'existe pas
01:21:57vous passez en force
01:21:59pour une seule raison
01:22:00maintenir
01:22:02la Nouvelle-Calédonie
01:22:02française
01:22:03cette révision
01:22:05constitutionnelle
01:22:06est un acte
01:22:07colonial
01:22:07chimiquement pur
01:22:10la seule issue
01:22:12conforme
01:22:13à la parole
01:22:13donnée
01:22:14par l'Etat
01:22:14et de convoquer
01:22:16les élections
01:22:16provinciales
01:22:17immédiatement
01:22:18d'abandonner
01:22:19Bougival
01:22:20de relancer
01:22:21un cycle
01:22:22de négociations
01:22:23avec les nouveaux
01:22:24élus
01:22:25relégitimés
01:22:26par l'onction
01:22:26du suffrage
01:22:27populaire
01:22:28c'est la seule solution
01:22:30pour tirer
01:22:31l'archipel
01:22:31de l'abîme
01:22:32dans lequel
01:22:33vous l'avez plongé
01:22:33en 2024
01:22:35merci monsieur le député
01:22:39je vais mettre
01:22:40au voie
01:22:40la motion
01:22:41de rejet
01:22:41préalable
01:22:42je vous demande
01:22:42de bien vouloir
01:22:43tous regagner
01:22:45vos places
01:22:48j'attends
01:22:49j'attends que l'orateur
01:22:50gagne sa place
01:22:51le scrutin
01:22:52est ouvert
01:22:57le scrutin
01:22:58est clos
01:23:03votant 298
01:23:05exprimé 297
01:23:06majorité 149
01:23:08pour 190
01:23:09contre 107
01:23:11l'Assemblée nationale
01:23:12a adopté
01:23:13la motion
01:23:14de rejet
01:23:14préalable
01:23:15est adoptée
01:23:16en conséquence
01:23:16le projet de loi
01:23:18constitutionnelle
01:23:18est rejeté
01:23:19la séance
01:23:20est suspendue
01:23:21vous l'aurez compris
01:23:22les députés
01:23:23ont adopté
01:23:24une motion
01:23:24de rejet
01:23:25l'examen
01:23:26du texte
01:23:26est donc
01:23:26terminé
01:23:27il est rejeté
01:23:28par l'Assemblée nationale
01:23:29c'est la fin
01:23:30de cet épisode
01:23:30merci beaucoup
01:23:31de l'avoir suivi
01:23:32et à très bientôt
01:23:33sur LCP
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