00:00Vous êtes familier.
00:00Voilà.
00:03C'est l'hymne de la République d'Irlande et c'est un champ guerrier.
00:08Ce samedi à Dublin, ce n'était pas la guerre, mais ça sentait la poudre.
00:12Le stade de l'Anse d'Honne-Rôde avait des allures de traquenard et il y avait de l'orage
00:16dans l'air.
00:1750 000 Irlandais faisaient bloc avec 15 soldats verts qui défendaient l'honneur d'un peuple, le couteau entre les
00:23dents.
00:25Dans cet enfer, l'équipe de France défendait sa peau en même temps qu'elle défendait ses chances.
00:32Sauvage était l'atmosphère, irrespirable était l'air, insupportable était la pression.
00:38Commençait alors le grand combat du 15 de France.
00:47Je retiens d'abord l'ambiance de ce match, l'agressivité.
00:51Il y a eu des moments où c'était à la limite du non-tolérable et du non-soutenable.
00:57Mais je pense que c'était une affiche à explosion.
01:02D'abord parce que les Irlandais voulaient gagner, ils étaient chez eux, très supportés qu'ils étaient.
01:06Et je crois que notre première victoire, parce qu'il y a eu une victoire psychologique des Français,
01:12ça a été de bien se contenir, de ne pas avoir riposté comme on aurait pu le faire,
01:16mais surtout de ne pas s'être écarté, de ne pas avoir refusé le combat.
01:20Ça c'est une victoire française et j'ai trouvé que ce côté-là, c'était positif.
01:26Deux essais français pour équilibrer cinq pénalités irlandaises.
01:30C'était le prix à payer hier à Dublin pour ne pas perdre.
01:33Deux essais fantastiques.
01:34Le premier, le voici, dès la sixième minute du match et la résurrection de Patrick Estelle.
01:43Le deuxième à 25 minutes de la fin, pour une égalisation qui n'était que justice.
01:48La balle sort pour Gallion, mais regardez le travail de Céla.
01:52La feinte, il perd ses droits, Pardo est là en relais, qui envoie que dans nous, entre les potets.
02:01Les français ont paru déçus à la fin du match parce qu'ils pensaient avoir perdu.
02:05Et ce match nul, pour moi, ressemble à une victoire, à tel point que dans les dix dernières minutes,
02:09les français ont demandé des munitions, ont dominé le match, ont joué chez l'adversaire,
02:13alors que les irlandais jouaient au pied, se contentaient du match nul.
02:17Ce qui prouve bien que les français en avaient un corps sous le pied.
02:21Et orgueilleux que nous sommes, nous avons considéré que nous pouvions gagner ce match.
02:25Et c'est vrai, nous pouvions le gagner.
02:27Et oui, l'équipe de France a joué pour gagner jusqu'à la dernière minute.
02:31Et elle a bien cru arracher la victoire sur cette action qui a conduit Serge Blanco dans les 22 mètres
02:36irlandais.
02:37Oui, mais l'élie Crossan, revenu du diable Vauvert, a sauvé son équipe.
02:45Et sur la touche qui suit, regroupement, mêlée ouverte et hors-jeu irlandais.
02:51L'arbitre, hier, avait les yeux verts et Jacques Fouroun avec ses yeux pour pleurer.
03:01C'est un peu dommage que le rugby tienne à si peu de choses, à savoir un ballon qui passe
03:06entre les poteaux,
03:07alors qu'on fait beaucoup d'efforts pour essayer de déposer un ballon derrière une ligne.
03:12Sept tentatives de pénalité pour l'équipe d'Irlande contre deux tentatives de pénalité pour l'équipe de France.
03:16Alors, vous les Français, vous ne connaissez pas les règles ?
03:19Oui, c'est sûrement, car nous signons et nous persistons, puisque c'est à tous les matchs la même chose.
03:25Donc, il est évident que nous devons beaucoup plus tricher que nos adversaires,
03:28à moins qu'il y ait, à un moment donné, une certaine incompréhension
03:32et qu'il faudra que toute notre fédération et nos joueurs se mettent à parler l'anglais aussi
03:36pour arriver à parler le même langage.