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  • il y a 6 semaines

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00:00Bonjour à tous, merci d'être avec nous dans le Rendez-vous des pros, une émission produite par OpenMedia et
00:04diffusée sur Capital.fr.
00:15On s'intéresse aujourd'hui à l'entreprise Secheron qui est l'un des principaux fournisseurs mondiaux de composants et
00:21de solutions de sécurité électrique et électronique
00:24ainsi que d'équipements de traction pour l'industrie ferroviaire.
00:27Nos invités, François Perret, bonjour, vous êtes directeur commercial de Secheron et Edi Lavorel, bonjour, directeur développement, produits et systèmes.
00:36François, tout d'abord, est-ce que vous pouvez nous parler de Secheron ?
00:38Alors on a été créé en 1879 dans le quartier de Secheron à Genève en Suisse.
00:44On a une entreprise qui travaille dans l'électrification depuis maintenant 147 ans.
00:50On a toujours été leader, pionnier dans la fourniture d'équipements électriques.
00:55On s'est spécialisé au fur et à mesure du temps, surtout sur les composants ferroviaires.
01:01Donc on a accompagné nos clients, notamment les clients de Paris, de Londres, de Genève, bien sûr, à Zurich.
01:08On travaille donc dans des milieux qui ont plus de 100 ans d'expérience.
01:12On prend le métro de Paris, par exemple, créé en 1900.
01:16Métro de Londres en 1860-70.
01:18Donc c'est des clients très anciens qui ont beaucoup d'expérience, qui ont des exigences assez hautes, en fait.
01:24Et depuis ce temps, en fait, on a créé des produits, des systèmes qui répondent à ces exigences de qualité
01:31et de performance.
01:32Il faut savoir, dans un métro, la pire chose qui peut arriver, c'est les incendies, les risques de fumée.
01:37On transporte des millions de passagers par jour.
01:40Paris, notamment, c'est 4 millions par jour de passagers souterrains.
01:43Donc il faut imaginer un peu les contraintes qu'on peut avoir.
01:46Donc on a développé justement des systèmes qui permettent la fourniture d'alimentation pour les trains à métro et la
01:53protection, surtout ferroviaire.
01:54Et dit, dans votre domaine, la récupération d'énergie, ça, c'est vraiment stratégique.
01:59Ça consiste, par exemple, à réutiliser l'énergie produite du freinage d'un train.
02:04Et ces chevrons proposent des systèmes de récupération d'énergie.
02:07Absolument.
02:08Vous avez tout dit.
02:10En fait, dans le passé, l'énergie de freinage des trains était juste dissipée dans l'air, en chaleur,
02:17grâce à des résistances qui étaient soit sur le matériel roulant, soit dans les installations fixes.
02:22Et maintenant, on propose des équipements pour pouvoir régénérer l'énergie au réseau et la réutiliser.
02:27Et en ce sens, on a fait pas mal d'investissements, basés sur nos compétences existantes dans le ferroviaire,
02:33mais aussi avec des nouvelles expertises, surtout en électronique de puissance, en contrôle.
02:39Et puis on a investi aussi beaucoup dans nos laboratoires de tests, dans nos ateliers de production.
02:45Et également pour les mises en service, on a aussi localisé des gens pour avoir une expertise locale renforcée.
02:52Et vous avez une dernière innovation qui s'appelle le Boost.
02:55J'aimerais qu'on en parle ensemble.
02:56Avec cette solution, qu'est-ce qui change réellement ?
02:58En quoi cette technologie, elle constitue une rupture par rapport aux solutions existantes ?
03:03Edi ?
03:03Alors, c'est une innovation.
03:05Elle permet non seulement de régénérer l'énergie au réseau,
03:08mais aussi en régulant la tension de lignes, de limiter les pertes et donc de renforcer un réseau.
03:13Donc, on peut installer cet équipement soit sur une nouvelle ligne en construction,
03:18soit sur une ligne en renforcement du mini existante.
03:22Et évidemment, ça a un avantage économique avec la régénération d'énergie,
03:28mais aussi écologique parce qu'on utilise moins d'énergie.
03:31François, en quoi c'est vraiment innovant cette solution ?
03:33Alors, le concept surtout, c'est de pouvoir réutiliser l'énergie de freinage des trains.
03:38Donc, un train qui freine, on imagine, c'est plusieurs centaines de tonnes d'énergie qui vont être brûlées
03:44si on n'a pas justement de système de récupération d'énergie.
03:46Il faut comprendre le concept, c'est qu'en fait, quand un train freine,
03:49c'est un peu comme une voiture électrique qui freine,
03:51elle va redonner de l'énergie en fait à la batterie en freinant.
03:55Et dans un train, il n'y a pas de batterie malheureusement.
03:57Donc, qu'est-ce qu'on fait actuellement ?
03:58Cette énergie va être juste brûlée, dissipée dans des résistances de freinage.
04:02Là, l'intérêt, l'objectif, c'est de capter cette énergie
04:05et de la réinjecter sur le réseau et ne pas la brûler.
04:07Donc, elle va être utilisée soit par un autre train, soit par d'autres consommateurs sur la ligne.
04:11Vous équipez aujourd'hui 270 villes dans 60 pays, de Toulouse à Doha.
04:16Quels enseignements vous tirez de vos grands projets ?
04:18Alors, le plus grand enseignement, c'est qu'on voit dans les tensions actuelles
04:22qu'on a sur les approvisionnements d'énergie,
04:24qu'il y a une volonté des opérateurs de chemin de fer, de métro,
04:28de réduire leur consommation d'énergie.
04:30On voit clairement un besoin d'avoir des sous-stations plus vertueuses
04:34qui consomment moins d'énergie et qui, justement,
04:38absorbent ces énergies de freinage grâce à ces systèmes innovants.
04:42On a été dans les premiers, justement, en Suisse,
04:44dans les chemins de fer suisses, à récupérer cette énergie.
04:47Donc, on imagine les chemins de fer en Suisse,
04:49beaucoup de montagnes, donc beaucoup de descentes.
04:51On est démontées, mais il y a aussi beaucoup de descentes.
04:53Donc, du coup, on va récupérer cette énergie à la descente
04:56et la réinjecter sur le réseau.
04:59Et l'idée, c'est forcément d'apporter ces technologies un peu partout dans le monde,
05:03non seulement sur les chemins de fer de montagne,
05:05mais ailleurs, dans les métros, les tramways, etc.
05:07Donc, c'est récupérer, ne pas gaspiller, économiser toujours cette énergie des trains.
05:11Voilà.
05:11Vous partagez aussi ce point de vue de François et d'I.
05:15Absolument.
05:16Et pour parler des projets significatifs qu'on a livrés,
05:20le premier projet en Suisse, c'était à Montreux.
05:24Oui, le MOB.
05:25Donc, un train de montagne.
05:26Oui.
05:26Après, il y a un autre projet qui nous a vraiment engagés dans l'investissement,
05:30c'est à Doha, pour la Coupe du Monde 2022,
05:34où on a vraiment livré notre premier énorme projet avec plus de 40 convertisseurs
05:38et qui fonctionne très bien.
05:41Oui.
05:42On a des pays aussi, comme Singapour, notamment,
05:44qui sont très dépendants de l'énergie des pays voisins,
05:47donc qui importent énormément de leur énergie,
05:49et qui ont besoin, et qui, depuis des années, maintenant plus d'une décennie,
05:54ont importé des technologies, justement, de récupération d'énergie
05:56pour, justement, diminuer la consommation de leur métro.
05:59Ils ont un métro très développé à Singapour.
06:01C'est une ville-État, mais très développée au niveau du métro.
06:04Et depuis, maintenant, plus de 10 ans, je pense, 10-15 ans,
06:08à Singapour, on a vraiment les précurseurs pour la récupération d'énergie
06:11sur toutes les lignes de métro.
06:12Concernant la diversification, Eddy, est-ce que Sécheron est en train de devenir
06:16un acteur majeur de la transition énergétique, bien au-delà du rail ?
06:20Oui, absolument.
06:20Avec les efforts qu'on a réalisés sur le métier d'électronique de puissance
06:26et également sur la protection, sur l'évolution de nos disjoncteurs,
06:29ça nous permet d'accéder à des nouvelles applications,
06:33comme, par exemple, l'électrification des mines, afin de les décarboner,
06:36mais aussi sur des applications plus industrielles,
06:38comme l'alimentation d'électrolyseurs pour fabriquer de l'hydrogène, par exemple,
06:44mais aussi pour la fusion nucléaire,
06:48et aussi pour des équipements de stockage d'énergie
06:51ou de charge de véhicules pour à peu près tous les types de véhicules possibles.
06:56Il y a, François, effectivement, de nouvelles opportunités pour vous ?
06:59Oui, tout à fait.
07:00Alors, historiquement, on fournit, on va dire, principalement les métros, les tramways, chemin de fer.
07:05Ça représente 90% de notre chiffre d'affaires, notre activité en général.
07:08On voit depuis quelques années qu'il y a une évolution, justement, pour la transition énergétique,
07:12qui appelle de plus en plus de systèmes à courant continu,
07:16dont on s'est fait des experts depuis des décennies,
07:18grâce aux batteries, grâce aux systèmes de stockage.
07:21Et on voit beaucoup d'applications arriver, hors ferroviaire,
07:25avec des convertisseurs, des demandes de protection,
07:27qui sont finalement assez similaires à ce qu'on fait actuellement dans le rail,
07:31et donc des technologies éprouvées depuis des décennies, voire plus.
07:35Je voudrais qu'on termine sur une anecdote assez incroyable.
07:38Chez Séchron, une armoire électrique 1,7 tonnes qui a été perdue,
07:43c'était dans les années 80.
07:45Est-ce que vous pouvez nous en parler ?
07:46Oui, alors c'est vrai que quand on a relancé, en fait, les systèmes de récupération d'énergie,
07:51il y a presque 15 ans maintenant,
07:53on était un petit peu à la recherche de voir ce qu'on avait fait dans le passé, en fait.
07:57Et il s'avère qu'à Séchron, on était déjà précurseurs à l'époque, dans les années 80.
08:01On avait livré un onduleur de récupération d'énergie,
08:04donc de freinage des trains, dans un métro au Québec.
08:08Et on s'était dit, on va utiliser un peu cette référence
08:10pour faire la promotion justement de cette technologie,
08:13qui était éprouvée dans le passé, et qui revenait un peu dans l'air du temps.
08:16Sauf que quand on est allé voir le métro en question,
08:18il s'avère qu'ils ne savaient pas du tout où était passée cette cellule.
08:21Donc, comme vous dites, c'est 1,7 tonnes, c'est 3 mètres de large,
08:26c'est 3 mètres de haut, c'est énorme.
08:28Et ce qui prouve qu'à l'époque, en fait, on n'avait pas du tout les mêmes contraintes.
08:31En fait, on avait installé ça, et puis finalement, ça a marché,
08:34mais ils n'avaient pas tellement l'utilisation, le besoin à l'époque,
08:38où l'énergie était abondante, et personne n'était vraiment très intéressé
08:41par la réduction de la consommation.
08:43Et en fait, on ne sait juste pas ce qui est devenu cette cellule.
08:46Donc, c'est quelque chose d'assez incroyable.
08:49Justement, on a utilisé un peu cette référence,
08:51parce qu'on était précurseurs dans les années 80,
08:52on avait cette technologie, mais le marché n'était pas présent.
08:55Les clients n'étaient pas là, personne n'était forcément intéressé par ça,
08:59et du coup, c'est tombé dans les oubliettes.
09:01Maintenant, on en parle de partout.
09:03Merci François, merci Eddy, merci d'avoir été avec nous.
09:05J'en prie, merci à vous.
09:06Merci d'avoir été sur le plateau du Rendez-vous des pros.
09:09Je vous dis à très bientôt pour une nouvelle émission sur Capital.fr.
09:12Je vous dis à très bientôt pour une nouvelle émission sur le plateau du Rendez-vous des sous-titrage Société
09:16Radio-Canada.
09:17Je vous dis à très bientôt pour une nouvelle émission sur le plateau du Rendez-vous des sous-titrage Société
09:18Radio-Canada.
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