00:00Je vous ai posé la question, est-ce que votre éditeur ne vous a pas dit ?
00:03Oui, mais c'est un titre qui interpelle.
00:06Oui, ben oui.
00:08Mais j'ai parlé avec, j'ai fait les tours de France avec des conférences et les signatures des livres,
00:15et j'étais contacté par pas mal de mes lecteurs d'origine juive.
00:21Et ils m'ont dit une chose qui m'a bouleversé.
00:25À Paris, ils ont peur de descendre dans le métro avec mon livre.
00:31Ben oui, mais est-ce que c'est...
00:33Ça veut dire comme s'ils descendaient avec les étoiles jaunes.
00:37Ils sont une cible.
00:39Ça veut dire que la haine est là.
00:43La haine, elle coule dans nos caniveaux.
00:48Et la haine, c'est plus inflammable que l'essence.
00:54Il faut une petite allumette et tout s'allume.
00:57Ça va très vite.
00:58Et ça passe toujours par les banlieues.
01:03C'est pas parce que les banlieues sont plus habitées par les gens venus d'ailleurs, d'Afrique ou de
01:10l'Afrique du Nord, etc.
01:12Les social-nationalistes en Allemagne ont commencé par les banlieues.
01:18Dans les banlieues, il y avait ce qu'on appelait le lumpenproletariat.
01:21C'était ça, l'idée d'Hitler.
01:24C'est de mobiliser tout ce qui était la marge et leur donner une cible.
01:30La haine a besoin d'une cible.
01:32Et la cible, c'était les Juifs, bien sûr.
01:35Donc, on revient.
01:36Là, il y a des hommes politiques qui essaient, peut-être pas aussi ouvertement qu'Hitler à l'époque.
01:46Quand on s'amuse avec des non-juifs, on aurait pu m'appeler Halterovitch, et pas Marek, mais Moïse Halterovitch,
01:57en rigolant.
01:57En rigolant.
01:59Mais on rigole pas impunément avec la vie et l'image de l'autre.
02:07Et l'autre, il dépend de ce que nous voyons.
02:10Il dépend de ce qu'on dit.
02:12On pense qu'on dit, on rigole.
02:15Et puis, quelqu'un entend les blagues, les échanges.
02:21Et il a un couteau.
02:22Et il s'est dit, bah oui, ces Juifs, ils sont quand même responsables de la hausse d'essence.
02:30Cool.
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