- il y a 2 jours
Ce 25 mars, les députés débattent de la situation au Proche et Moyen-Orient, près d'un mois après les frappes américaines et israéliennes en Iran, dans le cadre de leur offensive conjointe "Epic Fury" contre le régime iranien. Depuis, les pays voisins sont confrontés à une escalade du conflit, et l'Iran a, en représailles, bloqué militairement le détroit d'Ormuz, par lequel transite une partie du commerce mondial. Après la déclaration du gouvernement sur le sujet, retrouvez les prises de position des groupes de l'Assemblée, dans l'hémicycle.
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00:00:07Bonjour et bienvenue sur LCP, au cœur de l'Assemblée nationale et de la séance publique
00:00:13qui a donc repris après trois semaines de suspension des travaux parlementaires
00:00:17pour cause d'élections municipales.
00:00:20Ce mercredi 25 mars, il y a en séance un débat sur la guerre au Moyen-Orient,
00:00:26la guerre déclenchée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.
00:00:30Une guerre qui a des conséquences sur le quotidien des Français.
00:00:35On pense notamment à l'augmentation du prix du carburant.
00:00:39Pourquoi ce débat ? Il est organisé à la demande de certains groupes politiques,
00:00:43les Insoumis et les écologistes, qui ont voulu faire la lumière sur la position de la France dans cette guerre.
00:00:51Alors comment ça va se passer ?
00:00:52Le Premier ministre va faire une déclaration en vertu de l'article 50-1 de la Constitution.
00:00:59Ensuite, les représentants des différents groupes qui composent l'Assemblée nationale vont s'exprimer
00:01:04et puis le Premier ministre va reprendre le micro pour répondre aux interventions.
00:01:11La séance sera alors close.
00:01:13On va tout de suite aller dans l'hémicycle.
00:01:15On se retrouve juste après.
00:01:16Très bonne séance.
00:01:18Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le Président de la Commission des Affaires étrangères,
00:01:21Monsieur le Président de la Commission de la Défense,
00:01:25Avant toute chose, je veux rendre une nouvelle fois hommage au Major Arnaud Frion,
00:01:32mort pour la France en Irak, ainsi qu'à nos militaires blessés dans l'accomplissement de leur mission.
00:01:39Je veux dire à sa famille, à ses proches, à ses frères d'armes, la solidarité de toute la nation
00:01:45et sa reconnaissance.
00:01:47Cet hommage n'est pas un préambule, il dit déjà à bien des égards l'essentiel.
00:01:53Car ce qui se joue aujourd'hui aux Proches et au Moyen-Orient n'est pas une crise lointaine.
00:01:58Ce n'est pas une crise de plus.
00:01:59C'est une guerre qui s'étend, qui frappe des infrastructures civiles, qui menace la sécurité maritime
00:02:05et qui déstabilise durablement toute une région et qui peut aller jusqu'à une forme, on le sait, on le
00:02:12redoute, de globalisation.
00:02:14Ce serait facile, dans un tel moment, de s'abandonner, de se contenter d'une forme de découragement et de
00:02:22peindre l'avenir en noir.
00:02:23Facile de décrire un monde livré à la force brute, à la loi du plus fort, à la domination des
00:02:29rapports de puissance.
00:02:31Facile de dire une humanité toujours plus dépendante des malédictions de l'or noir.
00:02:37Ce serait vrai, mais ce serait insuffisant, car le rôle du gouvernement n'est pas de commenter le chaos du
00:02:43monde, il est d'agir.
00:02:45D'agir pour protéger les Français, d'agir pour défendre les intérêts de la nation, d'agir avec nos partenaires
00:02:51et d'assumer, devant vous et avec vous, les conséquences particulièrement complexes que cette situation nouvelle impose à notre pays.
00:03:02Car oui, cette crise nous concerne directement.
00:03:05Elle nous concerne par les centaines de milliers de Français présents dans la région.
00:03:09Elle nous concerne par nos forces déployées.
00:03:12Elle nous concerne par nos partenaires stratégiques avec qui nous avons des intérêts communs.
00:03:16Elle nous concerne par la lutte contre le terrorisme et contre la prolifération nucléaire.
00:03:20Elle nous concerne par la liberté de navigation.
00:03:22Elle nous concerne enfin, évidemment, par l'énergie, donc par notre économie et par le pouvoir d'achat des Français.
00:03:30Elle interroge donc profondément nos dépendances.
00:03:34Et de cette réalité découlent pour la France deux conséquences immédiates et concrètes que je veux détailler devant vous à
00:03:42la faveur de ce débat.
00:03:43La première est naturellement, Madame la Ministre, militaire.
00:03:46La seconde est énergétique.
00:03:48La première conséquence est militaire parce que la France est présente historiquement dans la région,
00:03:53parce qu'elle agit, parce qu'elle doit assumer ses responsabilités globales.
00:03:57Aujourd'hui, plus de 5000 soldats, marins et aviateurs, sont engagés au Proche et au Moyen-Orient.
00:04:04Au Sud-Liban, 700 militaires français sont engagés au sein de l'opération de maintien de la paix de la
00:04:10Finule.
00:04:10Nous sommes aussi présents en Irak, en Jordanie, avec l'opération Chamal, de lutte contre Daesh et de formation de
00:04:18nos partenaires.
00:04:19Nous avons des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis.
00:04:24Dans ce dernier pays, 1000 militaires sont déployés au sein d'un régiment curassier, d'une base navale et d
00:04:30'une base aérienne.
00:04:31Dès le début de la crise, des capacités aériennes et des moyens de défense sol-air ont été envoyés en
00:04:38renfort.
00:04:38Ils ont contribué à la protection de l'espace aérien des Émirats.
00:04:43Enfin, la Marine nationale engage un volume de bâtiments importants articulés autour du groupe aéronaval Charles de Gaulle,
00:04:50de frégates, de portes d'hélicoptères amphibies.
00:04:53Ils sont déployés en Méditerranée orientale, en mer Rouge et dans l'océan Indien.
00:04:57Ils assurent des missions de renseignement, de surveillance et de protection en mer et dans les airs,
00:05:03c'est-à-dire de réassurance au profit de nos alliés et partenaires dans la région.
00:05:07La France est un partenaire fiable, nos armées sont réactives
00:05:12et peu d'armées sont capables de se déployer comme les nôtres aussi rapidement.
00:05:17La France l'a fait et si la France est écoutée, c'est parce qu'elle est sur place
00:05:22et bien souvent on finit par n'écouter que ceux qui sont sur place.
00:05:27Ce choix a un sens mais il a aussi clairement un prix et c'est précisément pour cela que nous
00:05:33devons en tirer toutes les conséquences.
00:05:35Je veux ici remercier le Parlement d'avoir adopté il y a trois ans la loi de programmation militaire.
00:05:42Entre 2017 et 2027, le budget de nos armées aura doublé.
00:05:47Ce n'est pas un détail, c'est un choix stratégique et il est structurant.
00:05:51Mais ce choix doit aujourd'hui être amplifié.
00:05:55La guerre au Proche et au Moyen-Orient, comme celle en Ukraine, nous montre une chose simple.
00:06:01Le retour des conflits de moyenne et haute intensité
00:06:03et avec lui le retour des exigences de masse, d'agilité, de vitesse et d'endurance
00:06:08mais aussi de sauts technologiques aussi brutaux qu'essentiels
00:06:12sans oublier les fonctions de soutien et de préparation des forces
00:06:15qui ont hélas trop fait les frais des décisions prises dans les années 2000.
00:06:21Mesdames et Messieurs les députés,
00:06:22il faut accélérer l'examen de la loi de programmation militaire et sa mise à jour.
00:06:26C'est pourquoi elle sera actualisée dès le mois d'avril sous l'autorité de la ministre.
00:06:31Elle sera présentée au Conseil des ministres du 8 avril prochain
00:06:34et inscrite la semaine du 4 mai à l'Assemblée nationale
00:06:38et du 1er juin au Sénat.
00:06:40Je remercie les parlementaires d'accepter cette accélération
00:06:43et cette modification, M. le Président Jean-Michel Jacques, du calendrier.
00:06:48Mais vous le savez, plus que quiconque en tant que vous-même ancien combattant,
00:06:52nous ne pouvons pas attendre.
00:06:53L'urgence, ce sont évidemment les munitions.
00:06:57Nous prévoyons d'investir 8,5 milliards d'euros supplémentaires de commandes
00:07:01entre 2026 et 2030,
00:07:03qui s'ajoutent aux 16 milliards d'euros de la LPM votée en 2023.
00:07:08C'est indispensable et, je veux que chacun s'en rende compte,
00:07:13c'est colossal.
00:07:14Au total, c'est comme si le budget annuel des armées
00:07:18au début des années 2000
00:07:19avait été exclusivement consacré à l'achat de seules munitions.
00:07:25Cette loi de programmation militaire mise à jour
00:07:27aura consacré ainsi aux munitions un effort financier
00:07:29quatre fois plus important que la loi précédente.
00:07:32L'effort portera aussi sur la défense sol-air,
00:07:35avec le meilleur système désormais de défense au monde,
00:07:38sur l'alerte avancée, sur les drones,
00:07:40et en particulier la lutte anti-drones,
00:07:43dont les drones intercepteurs et les munitions téléopérées,
00:07:46qui doivent pouvoir être enfin produits en masse
00:07:48et à coût maîtrisé.
00:07:50Car, mesdames et messieurs les députés,
00:07:52nous devons revoir désormais plus profondément nos modèles.
00:07:56Quand un drone à quelques milliers d'euros
00:07:59mobilise un missile à plusieurs millions,
00:08:01c'est toute notre conception de l'armement qu'il faut repenser.
00:08:04C'est un des enseignements de cette guerre,
00:08:06comme pour l'Ukraine.
00:08:07Plusieurs sociétés innovantes françaises
00:08:10sont en capacité désormais de produire des drones intercepteurs.
00:08:13J'inaugurerai avec la ministre Catherine Vautrin dans l'Essonne,
00:08:16dans les prochaines semaines,
00:08:17une nouvelle usine de production
00:08:19d'où sortiront des milliers de drones par mois.
00:08:21C'est un des effets des décisions que nous avons prises,
00:08:24et je vous en remercie.
00:08:26Quantité et qualité,
00:08:28coût et efficacité,
00:08:30innovation et rapidité,
00:08:32munitions de saturation,
00:08:33mais aussi munitions de précision,
00:08:35et donc de décision.
00:08:37C'est un enjeu militaire,
00:08:38c'est aussi un enjeu industriel,
00:08:40et donc un enjeu de souveraineté,
00:08:43et donc de liberté.
00:08:44Et cette priorité appelle,
00:08:46mesdames et messieurs les députés,
00:08:47de nouveaux investissements urgents,
00:08:49décidés et proposés par le gouvernement.
00:08:51D'abord,
00:08:52pour aider à la transformation de notre industrie civile,
00:08:55avec un nouveau plan industrie dual
00:08:57de 300 millions d'euros.
00:08:59Pour relocaliser des chaînes de production
00:09:00de composants critiques utiles à la défense nationale.
00:09:03Pour en moderniser d'autres.
00:09:05Et pour aider les industries civiles
00:09:07à investir dans l'innovation de défense.
00:09:09Les industriels prennent des risques
00:09:11pour la défense du pays.
00:09:13Donc l'Etat doit donc les aider davantage.
00:09:16Les ministres présenteront précisément ce plan
00:09:18dans les tout prochains jours.
00:09:20Ensuite, avec la création imminente
00:09:23de la plateforme France Munition,
00:09:25qui sera un grossisme de munitions inédits
00:09:27pour répondre aux besoins des armées françaises,
00:09:30mais aussi de nos alliés,
00:09:31et bien entendu de nos nombreux clients à l'export.
00:09:34Elle permettra de massifier les commandes aux industriels,
00:09:37donc d'accélérer enfin la transformation
00:09:39de l'outil de production industrielle,
00:09:41et finalement donc d'augmenter la production de munitions en France.
00:09:45C'est indispensable.
00:09:47Le financement devra être assuré à la fois par l'Etat,
00:09:49mais aussi par de l'argent privé,
00:09:52des investisseurs privés,
00:09:53car ils ont aussi une responsabilité désormais claire,
00:09:57identifiée dans l'effort de réarmement.
00:10:00D'autres mesures seront présentées
00:10:02par les ministres de l'économie et des armées dès demain.
00:10:05C'est la première fois, je le souligne,
00:10:07depuis très longtemps que les ministères civils
00:10:10se mobilisent autour du ministère des armées.
00:10:14C'était une des conditions pour réussir.
00:10:16Nous y sommes enfin arrivés.
00:10:18Cet effort passera aussi par une mobilisation européenne,
00:10:22car si la défense est une affaire de souveraineté
00:10:24et donc relève, je le redis,
00:10:26de la compétence des seuls États,
00:10:27il serait par ailleurs absurde d'avoir,
00:10:30dans un marché commun,
00:10:31de ne pas organiser entre États européens
00:10:33une stratégie industrielle et financière
00:10:35beaucoup plus cohérente.
00:10:36La base industrielle et technologique de défense européenne
00:10:39est une nécessité, nous le savons.
00:10:40Elle est aussi surtout une opportunité pour la France,
00:10:42car nos industries doivent se montrer plus offensives
00:10:45auprès de nos voisins immédiats.
00:10:47Il n'y a pas de fatalité
00:10:49et elles doivent donc, en conséquence,
00:10:51adopter leur stratégie.
00:10:53Alors, pourquoi ces décisions comptent-elles aujourd'hui ?
00:10:57Parce que si la France est présente en Méditerranée,
00:11:00dans le Golfe, au Liban, à Djibouti, en Roumanie,
00:11:02dans la Baltique,
00:11:04c'est parce que des décisions ont été prises hier
00:11:06ou avant-hier par nos anciens.
00:11:09Nous ne décidons jamais seulement pour aujourd'hui.
00:11:12Nous décidons pour les crises de demain.
00:11:14Nous ne décidons jamais pour le temps d'une gestion de crise,
00:11:16à court terme ou d'une guerre,
00:11:18mais pour les suivantes, sur le long terme.
00:11:20Au fond, la conclusion est simple.
00:11:23Si nous voulons être indépendants conformément à l'héritage gaulliste
00:11:27et entretenu depuis lors par tous les présidents de la République,
00:11:30nous devons être capables de nous défendre par nous-mêmes.
00:11:33Et si nous voulons être capables de nous défendre par nous-mêmes,
00:11:36nous devons investir encore davantage,
00:11:38pour maintenant, mais aussi pour demain.
00:11:41Mais, mesdames et messieurs les députés,
00:11:44cette réponse ne peut pas être seulement budgétaire.
00:11:46Elle est aussi organisationnelle,
00:11:49elle est aussi juridique,
00:11:50elle est aussi nationale,
00:11:52et donc politique, intellectuelle et culturelle.
00:11:55Car la réalité des crises contemporaines est claire.
00:11:58Elles sont rapides, hybrides, imprévisibles.
00:12:01Elles mêlent le militaire, l'économique, le cyber,
00:12:04l'informationnel, l'énergie.
00:12:06Elles visent nos intérêts,
00:12:07mais aussi nos capacités collectives à réagir.
00:12:10Elles se cumulent plus qu'elles ne se succèdent.
00:12:13Face à cela, l'État doit être prêt,
00:12:17se préparer, se mettre à jour.
00:12:19C'est le sens du nouveau régime d'état d'alerte de sécurité nationale
00:12:22que nous vous proposerons dans la loi de programmation militaire.
00:12:25Un nouveau cadre qui permettra,
00:12:27en cas de menace,
00:12:28et lorsque les circonstances l'exigent,
00:12:30d'adapter temporairement nos règles
00:12:32pour accélérer les décisions,
00:12:33simplifier les procédures,
00:12:34élever les blocages qui ralentissent aujourd'hui
00:12:36la conduite de nos projets stratégiques.
00:12:38C'est le sens d'autres mesures
00:12:40qui vous seront proposées par le gouvernement
00:12:42sur la lutte anti-drone,
00:12:43la gestion des stocks stratégiques
00:12:45ou les réserves pour lesquelles nous poursuivrons nos efforts.
00:12:48Car il ne serait pas acceptable
00:12:50que, face à une menace imminente,
00:12:53la nation soit entravée par ses propres lenteurs.
00:12:57Nos compétiteurs ne s'imposent pas ces contraintes.
00:12:59Nous ne pouvons pas être les seuls à nous les imposer
00:13:01lorsque notre sécurité est en jeu.
00:13:04Il ne s'agit certainement pas de remettre en cause
00:13:07l'état de droit,
00:13:09il s'agit tout simplement de lui donner enfin
00:13:10les moyens d'être efficace en temps de crise.
00:13:12Cela vaut pour la production de munitions,
00:13:14cela vaut pour les programmes industriels de défense,
00:13:17cela vaut aussi pour la mobilisation
00:13:18de nos capacités civiles et militaires.
00:13:21Au fond, il s'agit d'une même exigence,
00:13:24adapter un état conçu pour le temps de paix
00:13:26à un monde qui ne l'est plus tout à fait.
00:13:28La mise à jour de la programmation militaire
00:13:30ne sera donc pas que budgétaire.
00:13:32Elle viendra tirer des conclusions plus profondes
00:13:35sur notre organisation
00:13:36pour nous adapter aux crises actuelles et futures
00:13:38et en confrontant plus que jamais
00:13:40l'état militaire à sa composante civile.
00:13:43Mesdames et Messieurs les députés,
00:13:46la deuxième conséquence est évidemment énergétique,
00:13:49autant qu'elle compose notre souveraineté
00:13:51comme les sujets militaires.
00:13:53Car le premier effet de cette guerre,
00:13:55pour les Françaises, pour les Français,
00:13:56c'est évidemment incontestablement le prix de l'énergie.
00:14:01Mais pour bien comprendre ce qui se joue,
00:14:03il faut mettre les mots précis,
00:14:06remettre de l'ordre et de la clarté sur ce qui se passe.
00:14:08D'abord, nous sommes face à une crise
00:14:11de volatilité des cours.
00:14:13Une volatilité liée à l'imprévisibilité
00:14:15des acteurs de ce compli,
00:14:17y compris parmi nos propres alliés.
00:14:19Une volatilité liée à l'incertitude sur sa durée.
00:14:22Une volatilité, enfin, alimentée
00:14:25par des comportements spéculatifs
00:14:27qui amplifient les mouvements de marché
00:14:29et importent de facto
00:14:31une inflation venue de l'extérieur.
00:14:34Mais au fond,
00:14:36cette crise est avant tout,
00:14:38et pour l'instant,
00:14:39une crise de la circulation.
00:14:41Car ce qui est en cause aujourd'hui,
00:14:43ce sont les routes maritimes,
00:14:44c'est la liberté d'être en cœur,
00:14:45ce sont les flux.
00:14:46Le détroit d'Hormuz,
00:14:47par lequel transite une part essentielle
00:14:49du pétrole et du gaz mondial,
00:14:51est plus que sous tension, vous le savez.
00:14:53Les déclarations d'hier de l'Iran
00:14:55sur le passage désormais possible
00:14:57des navires non hostiles, je cite,
00:14:59est peut-être un signe d'un changement de phase
00:15:01dans cette crise.
00:15:02Il nous faut bien entendu rester vigilants,
00:15:04prudents, pour ne pas dire plus,
00:15:06les déclarations les plus contradictoires,
00:15:08s'enchaînant presque sans trêve
00:15:10depuis trois semaines,
00:15:12alimentant donc, une fois encore,
00:15:14cette volatilité des prix.
00:15:16Et nous devons tout faire
00:15:17pour que cette crise de circulation
00:15:19ne devienne pas une crise de la production.
00:15:23Car si les infrastructures énergétiques
00:15:25venaient à être durablement frappées
00:15:28dans la région,
00:15:30dans une escalade tant verticale
00:15:32qu'horizontale,
00:15:33nous l'avons vu ces 48 dernières heures,
00:15:35alors nous changerions de nature de crise.
00:15:38Nous basculerions dans une crise
00:15:39plus profonde, plus estimique,
00:15:41plus durable,
00:15:42beaucoup plus difficile à maîtriser.
00:15:44Mais, je veux être très clair
00:15:47devant la représentation nationale,
00:15:49il n'y a pas aujourd'hui
00:15:50de risque de pénurie
00:15:52pour notre pays.
00:15:53Nos approvisionnements sont sécurisés,
00:15:55nos stocks pétroliers sont mobilisables,
00:15:58notre système tient.
00:16:00Nous ne sommes pas dans la même situation
00:16:01qu'en 2022 ou 2023,
00:16:04où nous avions une dépendance
00:16:06vis-à-vis de la Russie
00:16:07et notre parc nucléaire
00:16:09est dans une situation de rendement
00:16:11bien supérieure
00:16:12par rapport à l'année 2022.
00:16:15Nous sommes face,
00:16:16mesdames et messieurs les députés,
00:16:17à un problème de coût de l'énergie,
00:16:19pas à un problème d'accès à l'énergie.
00:16:23Et c'est précisément sur ce terrain
00:16:24que le gouvernement oriente
00:16:26et adapte son action
00:16:28sous l'autorité des ministres concernés.
00:16:30Il s'agit, il agit,
00:16:32évidemment en aval,
00:16:34là où les Français subissent directement
00:16:36les effets de la crise.
00:16:37Nous avons engagé un travail étroit
00:16:38avec les distributeurs
00:16:39pour maîtriser les marges
00:16:40et éviter tout effet d'aubaine.
00:16:42Nous disposons d'outils de coercition.
00:16:45Mais le dialogue a été privilégié
00:16:47depuis le début de la crise
00:16:48et il faut le reconnaître
00:16:50et le souligner,
00:16:51il a produit des résultats.
00:16:53Mais je le dis avec la même clarté
00:16:55qu'au début de la crise,
00:16:56je veux poser un principe simple.
00:16:58Les prix ne peuvent pas monter très vite
00:17:00quand les marchés s'emballent
00:17:01et redescendre beaucoup plus lentement
00:17:04quand ils se détendent.
00:17:05C'est une question de respect
00:17:06du consommateur.
00:17:08Ce principe, nous le ferons respecter.
00:17:10et les agents de la DGCCRF
00:17:12sont pleinement mobilisés.
00:17:14Les contrôles, vous le savez,
00:17:15sont massifs,
00:17:16pas autant que nous le souhaiterions.
00:17:18Mais en tout cas,
00:17:19je le redis,
00:17:19ils ont produit des effets.
00:17:21Et nous n'hésiterons pas
00:17:22à utiliser tous les outils
00:17:23à notre disposition
00:17:24si cela est nécessaire.
00:17:26Mais nous agissons aussi
00:17:28sur la chaîne de production
00:17:29et de transformation.
00:17:31C'est le sens de la décision
00:17:32qui a été prise en début de semaine
00:17:33de permettre à la raffinerie
00:17:35de Gravenchon
00:17:36d'augmenter ses capacités.
00:17:38Parce que dans une crise
00:17:39comme celle-ci,
00:17:40chaque maillon compte
00:17:41approvisionnement, bien entendu,
00:17:43raffinage et distribution.
00:17:45Je veux également évacuer
00:17:47une piste d'emblée
00:17:49sans esprit polémique.
00:17:51Aucun chèque général,
00:17:53aucune mesure globale
00:17:55à l'aveugle
00:17:56ne seront efficaces
00:17:58dans la crise actuelle.
00:17:59Cela a été tenté par le passé.
00:18:01C'est très coûteux
00:18:02pour les finances publiques.
00:18:04Et derrière un chèque,
00:18:05très vite,
00:18:05se cache en général
00:18:06un impôt
00:18:08ou une répercussion très grave
00:18:09pour les déficits publics.
00:18:11Pour ceux,
00:18:12parfois avides de mimer
00:18:13ce que font nos voisins européens
00:18:15sans regarder
00:18:16ce qu'ils font réellement
00:18:17dans le détail,
00:18:18je rappelle que l'Italie
00:18:19a annulé des crédits
00:18:20du ministère de l'Éducation nationale,
00:18:22de l'Intérieur et de la Santé
00:18:23pour financer
00:18:24ces récentes mesures
00:18:25de remise à la pompe.
00:18:26C'est aussi une leçon
00:18:27que nous avons collectivement tirée
00:18:29des débats budgétaires
00:18:30de cet automne.
00:18:31Et je rappelle
00:18:31qu'on ne peut pas ici
00:18:32souligner la singularité
00:18:34de notre modèle énergétique
00:18:35et nous comparer
00:18:36avec des pays voisins
00:18:37qui dépendent
00:18:38bien davantage que nous
00:18:39des pays du Golfe
00:18:40et singulièrement
00:18:41du gaz venu du Qatar
00:18:43pour l'Italie.
00:18:44Beaucoup de propositions
00:18:45ont été faites
00:18:46pour baisser le coût de l'énergie
00:18:47et une fois de plus,
00:18:48j'y reviens
00:18:49sans esprit polémique
00:18:50pour éclairer
00:18:51le débat public
00:18:52comme le veut
00:18:53l'esprit de ce débat.
00:18:55Certains veulent réduire
00:18:56la TVA sur l'énergie.
00:18:58D'autres pays
00:18:59l'ont tenté,
00:18:59notamment,
00:19:00vous le savez,
00:19:01la Pologne
00:19:01en février 2022.
00:19:03Au final,
00:19:04la TVA a été captée
00:19:05par les acteurs intermédiaires
00:19:07et le prix à la pompe
00:19:08n'a pas bougé.
00:19:09Pire,
00:19:10le retour d'expérience
00:19:11a démontré
00:19:11que lorsque la TVA
00:19:12a été rétablie,
00:19:13les prix ont augmenté
00:19:14car les intermédiaires
00:19:16ont conservé
00:19:17par la suite
00:19:17leurs marges.
00:19:18La baisse de la TVA
00:19:19est une mesure
00:19:21inefficace
00:19:22mais aussi ruineuse
00:19:23pour les finances publiques
00:19:24comme enfin
00:19:25pour les consommateurs.
00:19:27D'autres proposent,
00:19:28nous l'avons entendu hier
00:19:30lors des questions
00:19:30du gouvernement,
00:19:31de revenir à la taxe flottante
00:19:32sur les produits énergétiques
00:19:34mieux connue
00:19:34sous l'acronyme
00:19:35de TIPP.
00:19:36Je veux rappeler
00:19:37que cette expérience
00:19:38a coûté
00:19:392,7 milliards d'euros
00:19:41aux finances publiques
00:19:42pour un effet moyen
00:19:44de seulement
00:19:452 centimes d'euros
00:19:46par litre.
00:19:47L'efficacité
00:19:48d'une telle manœuvre
00:19:49est donc objectivement
00:19:51et rationnellement
00:19:52quasi nulle.
00:19:53La Cour des comptes
00:19:54avait ensuite estimé
00:19:55que cette mesure
00:19:56avait engendré
00:19:56une perte
00:19:57de 600 millions d'euros
00:19:58sur l'année 2004
00:19:59pour une raison simple
00:20:01quand le prix augmente
00:20:02les quantités vendues
00:20:04diminuent.
00:20:05Une nouvelle fois
00:20:06je forme le vœu
00:20:08que la classe politique
00:20:09dans son ensemble
00:20:10nos opposants
00:20:11comme nos soutiens
00:20:11sans esprit polémique
00:20:13tiennent compte
00:20:14des expériences passées
00:20:15et des retours
00:20:16d'expériences
00:20:17tels qu'ils ont été
00:20:18dessinés
00:20:18par les meilleurs experts.
00:20:20Pour autant
00:20:21il n'est pas question
00:20:22d'abandonner
00:20:23les acteurs
00:20:24les françaises
00:20:25et les français
00:20:25les plus exposés.
00:20:27Les pêcheurs
00:20:28directement frappés
00:20:29par la hausse
00:20:29du carburant
00:20:30font l'objet
00:20:31de premières mesures
00:20:32d'urgence
00:20:32avec des dispositifs
00:20:33de trésorerie
00:20:34des reports d'échéance
00:20:35et un accompagnement
00:20:36renforcé.
00:20:37Mais nous le savons
00:20:38cela ne suffira pas.
00:20:39J'ai demandé
00:20:40aux ministres
00:20:41d'aller plus loin.
00:20:42La commission européenne
00:20:44a été saisie ce jour
00:20:45et le conseil
00:20:46de lundi
00:20:47doit permettre
00:20:47d'avancer
00:20:48notamment sur des mesures
00:20:49d'aide directe
00:20:50jusqu'à présent
00:20:51interdites.
00:20:52Les agriculteurs
00:20:54confrontés
00:20:54non seulement
00:20:55à la hausse
00:20:56des prix du carburant
00:20:56mais donc de facto
00:20:57à la hausse
00:20:58du prix des engrais
00:20:59sont également soutenus.
00:21:01Et au-delà de l'urgence
00:21:02nous préparons
00:21:02un plan engrais
00:21:03pour réduire notre dépendance
00:21:05et renforcer
00:21:05notre souveraineté agricole.
00:21:07Ce plan vise
00:21:08à limiter enfin
00:21:09si j'ose dire
00:21:10les besoins d'apport
00:21:11en engrais
00:21:11notamment optimisation
00:21:12des quantités
00:21:13à substituer
00:21:14autant que possible
00:21:15des apports organiques
00:21:16par rapport aux engrais
00:21:17minéraux
00:21:17et à produire
00:21:19en France
00:21:19des engrais minéraux
00:21:20décarbonés.
00:21:21Nous avons
00:21:22il faut le reconnaître
00:21:23beaucoup trop de retard
00:21:24cette crise
00:21:25de nous permettre
00:21:26de le rattraper.
00:21:27D'autres secteurs
00:21:28sont également concernés.
00:21:30Je pense notamment
00:21:30aux professionnels
00:21:31de santé libéraux
00:21:32aux secteurs industriels
00:21:33comme la chimie
00:21:34fortement exposés
00:21:35au coût de l'énergie.
00:21:37D'autres filières
00:21:38que je ne cite pas ici
00:21:39puisque nous l'avons fait
00:21:40tout à l'heure
00:21:40lors des questions
00:21:41au gouvernement
00:21:41sont évidemment concernées.
00:21:43Des annonces ont été faites
00:21:44mais je le dis
00:21:45d'autres viendront.
00:21:46Car dans une crise
00:21:48de cette nature
00:21:48il faut savoir adapter
00:21:50nos réponses
00:21:51en permanence.
00:21:52Il est évident
00:21:53que la crise va évoluer
00:21:54de jour en jour
00:21:55et il va nous falloir
00:21:56être très souple
00:21:58très adaptable.
00:21:59J'ai donc demandé
00:22:00à l'ensemble des ministres
00:22:01de se préparer
00:22:02à tous les scénarios
00:22:03y compris les plus difficiles
00:22:05et les plus graves.
00:22:06Mais il faut aussi
00:22:07dans le même temps
00:22:08tordre le coup
00:22:09à une idée fausse.
00:22:11Non, l'État
00:22:12ne profite pas
00:22:12de la crise.
00:22:13Déjà,
00:22:14car l'État
00:22:15c'est la nation
00:22:16tout entière
00:22:16ce qui pourrait être
00:22:17perçu comme un gain
00:22:18d'un côté
00:22:19et on le sait tous
00:22:20compensé par une perte ailleurs.
00:22:22Soutien aux filières,
00:22:23dépenses publiques supplémentaires,
00:22:24impact sur l'activité économique
00:22:26dont la baisse
00:22:27de la consommation
00:22:28et diminution
00:22:29des rentrées fiscales.
00:22:30D'ailleurs,
00:22:31Monsieur le ministre
00:22:31de l'économie et des finances,
00:22:32les prévisions de l'INSEE
00:22:34publiées hier
00:22:35tablent sur un ralentissement
00:22:36de la croissance
00:22:37de 0,3%
00:22:38à 0,2%
00:22:40sur les deux premiers trimestres.
00:22:42Enfin,
00:22:43et là aussi vous le savez
00:22:44mais il est utile
00:22:45de le rappeler,
00:22:45la crise fait monter
00:22:47les taux d'intérêt souverains.
00:22:48Il devient déjà plus cher
00:22:50pour la France
00:22:50d'emprunter
00:22:51pour financer sa dette.
00:22:52Le taux d'emprunt
00:22:53de la dette française
00:22:53a augmenté de 15%
00:22:55depuis le 27 février.
00:22:57C'est pourquoi
00:22:58nous prendrons
00:22:59un engagement
00:23:00simple,
00:23:01la transparence
00:23:02totale
00:23:03en la matière.
00:23:04Elle permettra
00:23:05de répondre aux questions,
00:23:06de dissiper les doutes,
00:23:07d'entraver les fantasmes
00:23:09ou les mensonges
00:23:10qui nuisent
00:23:10au consentement
00:23:11à l'impôt
00:23:11et portent atteinte,
00:23:13je le dis clairement,
00:23:14au patriotisme.
00:23:15Car les seuls
00:23:16profiteurs
00:23:17de cette crise
00:23:17sont les pays
00:23:18producteurs d'énergie fossile
00:23:20dont nous sommes
00:23:21aujourd'hui
00:23:21encore trop dépendants.
00:23:23Et celles et ceux
00:23:24qui pointent du doigt
00:23:24à l'Etat
00:23:25sont les mêmes
00:23:26qui, parfois,
00:23:27il y a seulement
00:23:27trois semaines,
00:23:28refusaient la décarbonation
00:23:29de notre modèle énergétique.
00:23:32Ceci étant dit,
00:23:33le Parlement,
00:23:34Madame la Présidente
00:23:35de l'Assemblée nationale,
00:23:36sera donc pleinement associé.
00:23:38Une première institution
00:23:39interviendra
00:23:39dès le mois d'avril
00:23:41et chacun pourra juger
00:23:42sur pièce
00:23:43de la réalité
00:23:44des effets budgétaires
00:23:45de cette crise
00:23:46sur le terrain économique
00:23:47mais aussi sur le terrain
00:23:48budgétaire et fiscal.
00:23:49Mais je le dis aussi clairement,
00:23:51chacun devra partager
00:23:52la contrainte.
00:23:53car les choses
00:23:54ne sont jamais aussi simples
00:23:56qu'elles sont parfois
00:23:56présentées par certains,
00:23:57surtout entre deux campagnes électorales.
00:24:00Mais au-delà
00:24:01de la gestion immédiate,
00:24:02cette crise,
00:24:03je le disais,
00:24:04nous rappelle
00:24:04une réalité plus profonde.
00:24:06Notre dépendance
00:24:07aux énergies fossiles
00:24:09demeure trop importante.
00:24:11Et c'est pourquoi
00:24:12la réponse
00:24:12ne peut pas être
00:24:13uniquement conjoncturelle.
00:24:15Et peut-être
00:24:15plus que d'habitude,
00:24:17elle doit être stratégique
00:24:18et de long terme.
00:24:20car hélas,
00:24:21les deux guerres
00:24:22que nous connaissons
00:24:23ne sont que le début
00:24:24de nouveaux dérèglements.
00:24:26Le monde
00:24:26que nous avons connu
00:24:27avant 2022
00:24:28a hélas,
00:24:29je crois,
00:24:30vécu.
00:24:30Et nous devons hâter
00:24:31la transformation structurelle
00:24:33de notre économie
00:24:33et de nos usages.
00:24:35Depuis des années,
00:24:36la France a fait
00:24:37un choix clair.
00:24:38Le nucléaire
00:24:39et les ingénieurs
00:24:40renouvelables.
00:24:41Les deux.
00:24:41Parce qu'il nous faut
00:24:42une électricité abondante.
00:24:44Parce qu'il nous faut
00:24:44une électricité décarbonée.
00:24:46Parce qu'il nous faut
00:24:47une électricité souveraine.
00:24:48La programmation
00:24:49pluriannelle de l'énergie
00:24:50s'inscrit dans cette logique.
00:24:52Elle doit être tenue.
00:24:53Elle doit être accélérée.
00:24:55Hier,
00:24:56une crise de cette nature
00:24:58aurait mis immédiatement
00:24:59notre économie à terre.
00:25:01La guerre en Ukraine
00:25:02l'a déjà montré.
00:25:03Beaucoup pensaient
00:25:04que l'Europe
00:25:04ne pourrait pas
00:25:05se passer du gaz russe.
00:25:06Elle l'a pourtant fait.
00:25:07Pourquoi ?
00:25:08Parce qu'il y a eu
00:25:09anticipation.
00:25:10Parce qu'il y a eu
00:25:11coordination.
00:25:12Parce qu'il y a eu
00:25:13solidarité.
00:25:14La leçon est claire.
00:25:15Seule l'indépendance
00:25:16énergétique protège durablement.
00:25:18Et les déclarations américaines
00:25:20de cette nuit
00:25:20nous renforcent
00:25:21dans cette conviction
00:25:22et nous incitent
00:25:23à aller plus loin
00:25:24et plus vite.
00:25:25La décarbonation
00:25:26n'est pas seulement
00:25:27une exigence climatique.
00:25:28C'est une exigence
00:25:29de souveraineté
00:25:29et donc de liberté.
00:25:31Chaque Français
00:25:32peut s'en rendre compte
00:25:33à la pompe.
00:25:33Produire davantage
00:25:34chez nous.
00:25:35Électrifier nos usages.
00:25:37Réduire nos dépendances.
00:25:38Tirer les leçons
00:25:39de la crise.
00:25:40C'est investir
00:25:41utilement l'argent
00:25:42des Français
00:25:42pour les protéger.
00:25:43et certainement pas
00:25:44de dépenser
00:25:45de l'argent
00:25:46du contribuable
00:25:47pour financer
00:25:48l'économie fossile
00:25:49de pays lointains
00:25:51dont nous sommes dépendants.
00:25:52C'est arrêter
00:25:53de subir
00:25:54ni cette crise
00:25:56ni les suivantes
00:25:57car,
00:25:57Mesdames et Messieurs
00:25:58les députés,
00:25:59nous savons,
00:26:00il y en aura d'autres.
00:26:01Comme je l'ai annoncé
00:26:03lors de la publication
00:26:05de la PPE,
00:26:05il y aura un plan
00:26:06d'électrification
00:26:07des usages
00:26:08afin de diminuer
00:26:08nos dépendances
00:26:09aux hydrocarbures,
00:26:10dans le logement,
00:26:11dans la mobilité,
00:26:12dans l'industrie
00:26:12ou l'artisanat.
00:26:14Un plan sera présenté
00:26:15dès la semaine prochaine
00:26:16pour décarboner
00:26:17la mobilité
00:26:18des particuliers,
00:26:19des artisans,
00:26:20des professionnels
00:26:20ou encore pour réduire
00:26:21la dépendance
00:26:22aux hydrocarbures
00:26:23de certaines filières.
00:26:24Au fond,
00:26:25c'est toujours
00:26:26la même logique.
00:26:27Tirer de chaque crise
00:26:28non pas seulement
00:26:29des mesures d'urgence
00:26:30de court terme
00:26:31mais des décisions
00:26:32enfin durables
00:26:33et structurelles
00:26:34parce que,
00:26:36là encore,
00:26:37nous ne décidons pas
00:26:38seulement pour aujourd'hui,
00:26:39nous décidons
00:26:40pour les crises de demain.
00:26:42Mesdames et Messieurs
00:26:43les députés,
00:26:45agir ici tout de suite
00:26:46avec des mesures d'urgence,
00:26:47agir ici tout de suite
00:26:49pour demain
00:26:50avec les mesures
00:26:50qui anticipent
00:26:51les crises du pétrole
00:26:52à venir
00:26:52et qui seront à répétition,
00:26:54agir là-bas
00:26:55à la source
00:26:56aux proches
00:26:56au Moyen-Orient
00:26:57pour protéger
00:26:58nos ressortissants,
00:26:58nos intérêts
00:26:59et nos valeurs.
00:27:01Face à cette situation,
00:27:03la France n'est pas
00:27:04spectatrice.
00:27:05La France est une puissance
00:27:07responsable
00:27:07et en tant que telle,
00:27:08elle agit.
00:27:09Elle agit diplomatiquement,
00:27:11Monsieur le ministre
00:27:11de l'Europe et des Affaires étrangères,
00:27:13en permettant des scénarios
00:27:13de désescalade.
00:27:14Elle agit au Conseil de sécurité
00:27:16des Nations Unies.
00:27:17Elle agit avec ses partenaires
00:27:18européens
00:27:19qui ont affiché
00:27:20une position commune,
00:27:21ce qui n'a pas toujours été facile
00:27:22ces dernières années.
00:27:23Elle agit en tant que présidente
00:27:25du G7.
00:27:25Elle agit sur le terrain,
00:27:27aux côtés de ses partenaires
00:27:28et alliés.
00:27:29Et surtout,
00:27:30elle propose
00:27:31l'arrêt des frappes,
00:27:32notamment contre les infrastructures
00:27:34civiles,
00:27:34une solution diplomatique globale,
00:27:36la cessation des hostilités
00:27:38au Liban,
00:27:38le respect de sa souveraineté
00:27:39et de son intégrité territoriale,
00:27:41le renforcement
00:27:42de l'armée libanaise,
00:27:43une solution politique.
00:27:45Je veux saluer
00:27:45les décisions courageuses,
00:27:47notamment prises
00:27:48par les autorités libanaises
00:27:50ces jours derniers.
00:27:51Elles sont,
00:27:52mesdames et messieurs
00:27:53les députés,
00:27:54historiques.
00:27:54La ministre déléguée
00:27:55aura l'occasion
00:27:56de s'y rendre.
00:27:57Dans tous les cas de figure,
00:27:59une fois cette guerre achevée,
00:28:01il faudra nous reposer
00:28:03la question
00:28:03de la présence internationale
00:28:05au Liban.
00:28:06Et lorsque les conditions
00:28:08seront réunies,
00:28:09la mise en place
00:28:10d'une mission internationale
00:28:11destinée à garantir
00:28:12la liberté de navigation
00:28:13dans le détroit d'Hormuz,
00:28:14dans une logique de protection
00:28:16comme nous avons su le faire
00:28:17avec notre marine nationale
00:28:19en mer Rouge.
00:28:20Mais je veux être clair,
00:28:22la France n'est pas partie
00:28:24au conflit.
00:28:25Elle ne participera pas
00:28:26à des opérations de guerre
00:28:28pour ouvrir ce détroit
00:28:29par la force.
00:28:30Elle ne se laissera pas entraîner
00:28:31dans une guerre
00:28:32qu'elle n'a pas choisie.
00:28:33Mais elle est prête
00:28:34à prendre ses responsabilités
00:28:38pour sécuriser
00:28:38les routes maritimes
00:28:39dans le cadre du droit
00:28:41international
00:28:41et avec ses partenaires.
00:28:43Car c'est son rôle
00:28:45de membre permanent
00:28:46du Conseil de sécurité
00:28:47et de grande puissance
00:28:48maritime mondiale.
00:28:50Enfin,
00:28:51je veux dire un mot
00:28:52et pour conclure
00:28:53de nos ressortissants.
00:28:56Près de 400 000 Français
00:28:57sont présents
00:28:58dans la région,
00:28:59résidents
00:29:00ou de passage.
00:29:01Le Quai d'Orsay,
00:29:03Monsieur le Ministre,
00:29:04nos ambassades,
00:29:05nos consulats
00:29:06sont pleinement mobilisés
00:29:07pour les protéger
00:29:07et les accompagner,
00:29:09les aider
00:29:09à revenir en France.
00:29:11De nombreux vols
00:29:12ont été affrétés
00:29:13pour leur retour en France.
00:29:14D'autres sont encore prévus.
00:29:16Nos agents consulaires
00:29:17sont mobilisés
00:29:18depuis le début de la crise
00:29:19et continueront
00:29:20de l'être
00:29:20jusqu'à son terme.
00:29:22Je veux les en remercier
00:29:23chaleureusement
00:29:24et publiquement
00:29:25pour le travail admirable
00:29:27qu'ils ont rempli
00:29:28dans une des crises
00:29:29les plus difficiles
00:29:30de ces dernières années.
00:29:32Mesdames et Messieurs
00:29:33Messieurs les députés,
00:29:34au fond,
00:29:35cette crise pose
00:29:36une question simple.
00:29:38Le monde peut-il encore
00:29:39être organisé
00:29:40autour de la sécurité collective,
00:29:41du multilatéralisme
00:29:43et quelles sont les nations
00:29:44encore capables
00:29:45de les défendre ?
00:29:46Je le crois
00:29:47et c'est une permanence française
00:29:49depuis de nombreuses décennies.
00:29:50La France en est une
00:29:51parce qu'elle a une politique
00:29:52de défense,
00:29:53parce qu'elle a une politique
00:29:54étrangère,
00:29:55parce qu'elle a une politique
00:29:55énergétique,
00:29:56parce qu'elle a une politique
00:29:57de partenariat
00:29:58qui refuse l'alignement
00:30:00systématique,
00:30:00c'est le moins
00:30:00que l'on puisse dire,
00:30:01parce qu'elle veut agir
00:30:02concrètement,
00:30:03là où d'autres pays
00:30:04se condamnent malheureusement
00:30:06parmi nos voisins
00:30:07à commenter.
00:30:08Pour reprendre
00:30:08les mots du Président
00:30:09de la République,
00:30:10pour être libre,
00:30:11il faut être puissant
00:30:12à nous de continuer
00:30:13collectivement
00:30:14et quelle que soit
00:30:15nos sensibilités politiques
00:30:16d'en tirer
00:30:17toutes les conséquences
00:30:18pour la France.
00:30:19Je vous en remercie.
00:30:20Merci beaucoup,
00:30:22Monsieur le Premier ministre.
00:30:25La parole est à présent
00:30:27aux différents inscrits.
00:30:29Le premier orateur
00:30:30sera Monsieur Géraud Verny
00:30:32pour l'union des droites
00:30:32pour la République
00:30:34pour une durée
00:30:34de dix minutes.
00:30:48Madame la Présidente,
00:30:50Monsieur le Premier ministre,
00:30:52Madame la Ministre,
00:30:53mes chers collègues,
00:30:55Dans les heures graves,
00:30:56une nation a trois devoirs.
00:30:58Nommer l'ennemi,
00:30:59protéger les siens,
00:31:00tenir son rang.
00:31:02Je veux d'abord,
00:31:03au nom du groupe UDR,
00:31:05rendre hommage
00:31:05à l'adjugant-chef
00:31:06Arnaud Frion,
00:31:08mort pour la France
00:31:09en Irak le 12 mars
00:31:10lors d'une attaque
00:31:11de drones.
00:31:12Élevé depuis
00:31:13au titre posthume
00:31:14au grade de major,
00:31:15il incarne le service,
00:31:17ce que notre pays
00:31:18a de plus noble.
00:31:20A sa famille,
00:31:21à ses frères d'armes,
00:31:23au septième bataillon
00:31:24de chasseurs alpins,
00:31:25j'adresse l'hommage,
00:31:26le respect
00:31:27et la reconnaissance
00:31:28de notre groupe.
00:31:30J'y associe
00:31:31tous nos militaires,
00:31:32tous nos diplomates,
00:31:33tous nos agents
00:31:34qui tiennent aujourd'hui
00:31:36leur poste
00:31:37loin de chez eux
00:31:38dans des conditions
00:31:39de danger extrêmes.
00:31:41Je pense aussi
00:31:42à nos compatriotes
00:31:43encore exposés.
00:31:45Ils sont des centaines
00:31:46de milliers au Moyen-Orient,
00:31:47leur sécurité,
00:31:49celle de nos emprises,
00:31:50celle de nos soldats
00:31:51déployés dans la région,
00:31:53doit être
00:31:54la priorité absolue.
00:31:57Et nul ne peut dire
00:31:58désormais
00:31:59que la menace
00:31:59serait lointaine.
00:32:01A Abu Dhabi même,
00:32:03des installations françaises
00:32:04ont été frappées
00:32:05par des drones iraniens.
00:32:07Il faut donc
00:32:07parler clairement.
00:32:09Le premier responsable
00:32:10du chaos régional,
00:32:11c'est le régime iranien.
00:32:13Oui,
00:32:14le régime des Mollahs
00:32:15est une théocratie
00:32:16rétrograde et brutale.
00:32:17Un régime
00:32:18qui opprime les femmes,
00:32:19emprisonne les dissidents
00:32:21et ensanglante
00:32:22la contestation.
00:32:23Un régime
00:32:24qui arme,
00:32:25finance et pilote
00:32:26les ennemis
00:32:26de l'Occident
00:32:27et de la France,
00:32:28le Hamas,
00:32:30le Hezbollah
00:32:30et les Houthis.
00:32:32Un régime
00:32:33qui fait de la haine
00:32:33d'Israël
00:32:34une boussole stratégique.
00:32:37L'Occident
00:32:38a tenté
00:32:38de négocier
00:32:39et pendant ce temps,
00:32:41Téhéran avançait.
00:32:43La France
00:32:44ne peut plus
00:32:44se contenter
00:32:45d'être le témoin
00:32:46lucide
00:32:46d'une histoire
00:32:47écrite par les autres
00:32:49et qu'on ne vienne pas
00:32:50une fois encore
00:32:51nous servir
00:32:52les serments sélectifs
00:32:53d'un droit international
00:32:54invoqué
00:32:54à géométrie variable.
00:32:57Le droit international
00:32:58ne protège pas seulement
00:32:59les frontières.
00:33:00Il oblige aussi
00:33:01les États
00:33:02à ne pas devenir
00:33:03des puissances
00:33:04de déstabilisation permanente.
00:33:06Or,
00:33:07que voyons-nous ?
00:33:08Un régime
00:33:08qui viole
00:33:09les droits
00:33:10de son propre peuple
00:33:11à disposer
00:33:12de lui-même.
00:33:12Un régime
00:33:13qui menace
00:33:14gravement
00:33:14la sécurité
00:33:15d'un État
00:33:15reconnu
00:33:16par la communauté
00:33:17internationale.
00:33:18Un régime
00:33:18qui poursuit,
00:33:19malgré ses engagements,
00:33:21une trajectoire nucléaire.
00:33:23Alors,
00:33:24fallait-il attendre ?
00:33:25Fallait-il attendre
00:33:26que les Molins
00:33:27disposent
00:33:28de l'arme nucléaire ?
00:33:28Fallait-il attendre
00:33:29que le chantage atomique
00:33:31d'une puissance
00:33:32islamiste
00:33:32vienne peser
00:33:33directement sur Israël,
00:33:35sur nos alliés,
00:33:36sur l'Europe
00:33:36et sur la France ?
00:33:37Le Liban,
00:33:39lui aussi,
00:33:39paye déjà le prix
00:33:40de cette stratégie iranienne.
00:33:42La menace centrale
00:33:44qui pèse sur le Liban,
00:33:46ce n'est pas Israël,
00:33:47c'est le Hezbollah.
00:33:49Le Hezbollah,
00:33:50c'est l'État dans l'État,
00:33:51c'est la milice
00:33:52qui confisque
00:33:52la souveraineté libanaise.
00:33:54Le Hezbollah,
00:33:55c'est le proxy armé
00:33:56de Téhéran
00:33:57sur la Méditerranée.
00:33:58Tant que cette organisation
00:34:00survivra,
00:34:01comme puissance militaire
00:34:02autonome,
00:34:04le Liban
00:34:04restera prisonnier.
00:34:06C'est pourquoi
00:34:07notre soutien
00:34:07à l'armée libanaise
00:34:08doit être totale.
00:34:10Et lorsque les autorités
00:34:11libanaises elles-mêmes
00:34:12demandent le désarmement
00:34:13du Hezbollah
00:34:14conformément aux résolutions
00:34:15de l'ONU,
00:34:16la France doit être
00:34:18au rendez-vous.
00:34:20Nous savons,
00:34:21nous Français,
00:34:21ce qu'est le Hezbollah.
00:34:23Nous savons qu'il a du sang
00:34:25français sur les mains.
00:34:26Nous n'avons pas oublié
00:34:28le Drakkar.
00:34:29Nous n'avons pas oublié
00:34:30nos parachutistes assassinés.
00:34:32Nous n'avons pas oublié
00:34:34que derrière cette barbarie,
00:34:35il y avait déjà
00:34:36la main de l'Iran.
00:34:38Mais cette crise
00:34:39n'est plus seulement militaire,
00:34:40elle est devenue énergétique
00:34:41et maritime.
00:34:42Elle est devenue économique.
00:34:45Quand Hormuz vacille,
00:34:46c'est l'économie mondiale
00:34:47qui chancelle.
00:34:48Quand les routes maritimes
00:34:50sont menacées,
00:34:51ce sont nos approvisionnements,
00:34:52nos exportations,
00:34:53nos filières industrielles
00:34:55et donc le pouvoir d'achat
00:34:56des Français
00:34:57qui sont frappés.
00:34:59Le gaz est multiplié
00:35:00par deux.
00:35:01Le pétrole prend 80%
00:35:02et donc les carburants
00:35:05augmentent.
00:35:06Et derrière ces courbes,
00:35:07il y a des fins de mois
00:35:08plus dures,
00:35:08des factures plus lourdes,
00:35:10des entreprises plus fragiles.
00:35:12Dès lors,
00:35:13l'État n'a pas le droit
00:35:14de se comporter
00:35:15en bénéficiaire passif
00:35:16de la crise.
00:35:17Quand une part massive
00:35:18du prix des carburants
00:35:19est déjà constituée
00:35:20de taxes,
00:35:21il n'est pas acceptable
00:35:22de regarder les prix
00:35:23grimper
00:35:23et d'encaisser en silence
00:35:26des recettes supplémentaires
00:35:27liées à la guerre.
00:35:29Cet argent
00:35:30doit rester aux Français.
00:35:32Non par des blocages
00:35:33administratifs absurdes
00:35:35qui désorganisent
00:35:36les marchés
00:35:36et fabriquent des pénuries,
00:35:37mais par une baisse ciblée
00:35:39de la fiscalité
00:35:40sur l'énergie.
00:35:42Voilà la ligne juste.
00:35:44Protégés sans mentir,
00:35:45soulagés sans désorganisés.
00:35:48Sur le plan stratégique,
00:35:51la France doit tenir son rang.
00:35:54protéger ses ressortissants,
00:35:56sécuriser ses emprises,
00:35:58défendre l'espace aérien
00:35:59de ses alliés,
00:36:00garantir la liberté
00:36:01de circulation maritime,
00:36:04contribuer à la réouverture
00:36:05durable du détroit d'Hormuz.
00:36:07Oui, le renforcement
00:36:09de notre présence navale
00:36:10va dans le bon sens.
00:36:11Oui, l'appui aux opérations
00:36:13de sécurisation maritime
00:36:14est conforme à nos intérêts.
00:36:16Oui, le soutien logistique
00:36:17à nos alliés face à une menace
00:36:19balistique et nucléaire
00:36:20est une nécessité stratégique.
00:36:23Refuser cela,
00:36:24ce serait choisir l'effacement.
00:36:26Et l'effacement dans l'histoire
00:36:28se paye toujours plus cher
00:36:30que la fermeté.
00:36:32Mais être au rendez-vous
00:36:33de l'histoire,
00:36:34ce n'est pas seulement
00:36:35déployer des bâtiments,
00:36:37des frégates et des avions,
00:36:39des soldats,
00:36:39c'est aussi dire la vérité
00:36:41au pays sur l'état réel
00:36:43de nos moyens.
00:36:45Car, enfin,
00:36:46on ne fait pas une politique
00:36:48de puissance à crédit.
00:36:49On ne tient pas son rang
00:36:51avec des stocks sous tension,
00:36:53un maintien aux conditions
00:36:54opérationnelles contraints
00:36:55et des marges budgétaires
00:36:57épuisées.
00:36:58On ne proclame pas
00:36:59la souveraineté à l'extérieur
00:37:01quand on organise à l'intérieur
00:37:02la fragilité financière
00:37:05de l'État.
00:37:07L'effort de défense progresse
00:37:09et c'est heureux.
00:37:11Mais derrière l'affichage,
00:37:12l'exécution se tend.
00:37:14Les reports de charges
00:37:16s'envolent.
00:37:17Aujourd'hui,
00:37:18l'État dépense chaque année
00:37:19davantage pour assumer
00:37:20la charge de sa dette
00:37:21que pour son armée.
00:37:22Voilà le vrai sujet.
00:37:24Le problème n'est pas seulement
00:37:25ce que nous annonçons.
00:37:27Le problème,
00:37:28c'est ce que nous pouvons
00:37:30réellement tenir dans la durée.
00:37:31Oui, la France doit protéger
00:37:33ses ressortissants,
00:37:34ses soldats,
00:37:35ses emprises
00:37:36et ses intérêts.
00:37:37Oui, la France doit soutenir
00:37:38ses alliés face au régime iranien
00:37:40et à ses proxys terroristes.
00:37:42Oui, la France doit contribuer
00:37:43à la sécurité du détroit d'Hormuz
00:37:45et à la stabilité régionale.
00:37:48Mais pour que la France
00:37:49demeure une puissance,
00:37:51elle doit redevenir
00:37:52une nation sérieuse.
00:37:54Sérieuse dans sa défense,
00:37:56sérieuse dans ses finances,
00:37:58sérieuse dans ses choix.
00:38:00Car il n'y a pas d'armée forte
00:38:01sur des finances faibles.
00:38:03Il n'y a pas de puissance durable
00:38:05dans l'improvisation
00:38:06et il n'y a pas de politique
00:38:08étrangère crédible
00:38:09quand la vérité budgétaire
00:38:11manque à la politique de défense.
00:38:15La France doit donc agir,
00:38:17agir avec sang-froid,
00:38:19agir avec fermeté,
00:38:21agir avec lucidité,
00:38:22parce que dans le monde qui vient,
00:38:24les nations qui comptent
00:38:26seront celles qui savent encore durer.
00:38:28et je vous remercie.
00:38:30Merci beaucoup,
00:38:32monsieur le député.
00:38:34La parole est à présent
00:38:36à madame Marine Le Pen,
00:38:37présidente du groupe
00:38:38Rassemblement National.
00:38:50Madame la Présidente,
00:38:51monsieur le Premier ministre,
00:38:52mes chers collègues,
00:38:54près d'un mois après le lancement
00:38:55des frappes aériennes contre l'Iran,
00:38:58et c'est ce que vos propos ont confirmé,
00:38:59monsieur le Premier ministre,
00:39:00il est difficile d'espérer
00:39:02une stabilisation rapide de la situation
00:39:04et encore moins le retour prompte
00:39:06de la paix dans cette région,
00:39:08berceau de plusieurs civilisations millénaires.
00:39:11C'est le cauchemar du régime des Mollahs
00:39:13pour le peuple iranien,
00:39:14ne fait aucun doute,
00:39:15et je tiens à saluer ici
00:39:16le courage de ce peuple,
00:39:17en particulier celui des femmes
00:39:19dont les aspirations légitimes
00:39:21à la liberté ont été réprimées
00:39:22dans le sang il y a quelques semaines.
00:39:25Il m'apparaît illusoire
00:39:28d'arriver à le faire chuter
00:39:29par des bombardements
00:39:30aussi massifs soient-ils.
00:39:32Je crois même que c'est assez mal connaître
00:39:34le régime iranien et d'histoire de l'Iran
00:39:36que de le penser.
00:39:37A ce jour,
00:39:38la terrible répression observée
00:39:40ces derniers mois
00:39:40a manifestement joué un rôle dissuasif
00:39:45et l'on n'observe aucun signe
00:39:47d'effondrement du régime
00:39:49ni d'exode massif de la population.
00:39:52En tout cas,
00:39:53pour les Etats-Unis
00:39:55qui avaient probablement promis
00:39:56à leurs alliés régionaux
00:39:57une chute rapide du régime iranien
00:39:58et malgré les propos du président Trump,
00:40:01cette opération s'avère
00:40:02manifestement périlleuse
00:40:04avec un coût financier,
00:40:05militaire et politique
00:40:06qui semble n'avoir pas été anticipé.
00:40:09En outre,
00:40:10les nations du Golfe
00:40:11qui avaient fait le choix
00:40:12de se rapprocher des Etats-Unis
00:40:13se trouvent désormais
00:40:14sous le feu de la riposte de l'Iran
00:40:15dont les capacités militaires
00:40:17semblent bien moins affaiblies
00:40:19et bien plus résilientes
00:40:20que ce que semblaient espérer certains
00:40:23dont nous faisons partie.
00:40:26Une réalité sans doute peu satisfaisante
00:40:28pour nous, occidentaux,
00:40:30mais qu'il s'agit de ne pas nier,
00:40:31elle s'impose à nous.
00:40:32S'agissant d'Israël,
00:40:34il est évident
00:40:34que les attaques directes
00:40:35mais surtout indirectes
00:40:36qu'elle a subies
00:40:37doivent être dénoncées.
00:40:38Mais si Israël a le droit
00:40:39et même le devoir
00:40:40de se défendre
00:40:41et d'assurer la sécurité
00:40:42de son territoire
00:40:43et de ses habitants,
00:40:44il est de l'honneur
00:40:45de la seule démocratie
00:40:46de la région
00:40:47de respecter
00:40:48les règles du droit international
00:40:49notamment relatifs
00:40:51au conflit armé.
00:40:52Que ce soit
00:40:53le ciblage de la finule
00:40:54ou plus grave
00:40:55la mort de trois soldats libanais
00:40:56ou du père Pierre El-Raï,
00:40:59l'armée israélienne
00:41:00doit éviter à tout prix
00:41:01ses dommages collatéraux
00:41:02dans son offensif
00:41:03par ailleurs légitime
00:41:04contre le Hezbollah.
00:41:05J'y reviendrai.
00:41:07Lors de son allocution
00:41:08du 3 mars dernier,
00:41:09le président de la République
00:41:10a évoqué sa responsabilité
00:41:11de défendre
00:41:12l'intérêt national.
00:41:13Je ne peux évidemment
00:41:14que souscrire
00:41:15à ses propos.
00:41:17Trois intérêts prioritaires
00:41:18pour la France
00:41:19semblent aujourd'hui
00:41:19se dégager.
00:41:21Le premier d'entre eux
00:41:22est bien sûr
00:41:22notre souveraineté énergétique.
00:41:24Depuis 25 ans,
00:41:25notre pays navigue à vue
00:41:26sans vision stratégique.
00:41:28Les investissements
00:41:29indispensables
00:41:30dans notre parc nucléaire
00:41:31actuel et futur
00:41:32ont été négligés.
00:41:33En 2018,
00:41:34le gouvernement avait même
00:41:35pour projet
00:41:35de fermer 14 réacteurs.
00:41:37Depuis 25 ans,
00:41:39nous subventionnons
00:41:40abondamment
00:41:41des panneaux solaires
00:41:42et des éoliennes
00:41:43massivement importés
00:41:43de Chine.
00:41:45Nous avons aussi sacrifié
00:41:46la compétitivité électrique
00:41:48nationale,
00:41:49lui préférant
00:41:49des mécanismes
00:41:50de prix européens
00:41:50à la fois instables
00:41:52et inflationnistes,
00:41:53ce qui a retardé
00:41:54l'électrification massive
00:41:55et indispensable
00:41:56des usages
00:41:58individuels
00:41:58et industriels.
00:42:00Enfin,
00:42:01nous avons refusé
00:42:02par idéologie,
00:42:03sous les mandats
00:42:03de François Hollande
00:42:04et d'Emmanuel Macron,
00:42:05d'exploiter
00:42:06nos ressources
00:42:07minières et géologiques,
00:42:08pourtant abondantes,
00:42:09en particulier
00:42:10en Outre-mer.
00:42:11Le résultat
00:42:12de cette incurie
00:42:13est patent
00:42:14en période de tension
00:42:14sur nos approvisionnements.
00:42:16Si les ménages
00:42:17sont aujourd'hui
00:42:18les premiers touchés,
00:42:18les risques pour les agriculteurs
00:42:20et les entreprises
00:42:20sont désormais majeurs.
00:42:22Et vous l'avez dit,
00:42:23M. le Premier ministre,
00:42:24des secteurs stratégiques
00:42:25pourraient être
00:42:25rapidement concernés,
00:42:26je pense par exemple
00:42:27à la chimie
00:42:28ou à la défense.
00:42:30Le second intérêt prioritaire
00:42:32est la préservation
00:42:32de nos partenariats
00:42:34industriels
00:42:34et diplomatiques
00:42:35de défense
00:42:36avec plusieurs pays
00:42:36de la région.
00:42:38À l'heure
00:42:38où le bouclier américain
00:42:39n'est manifestement
00:42:40pas à la hauteur espérée,
00:42:41la France doit assumer
00:42:43les accords signés
00:42:44avec les pays de la zone
00:42:44et leur venir en aide
00:42:45à partir du moment
00:42:47où ils sont victimes
00:42:48collatérales du conflit
00:42:49entre l'Iran
00:42:50et l'alliance
00:42:51israélo-américaine.
00:42:52La concrétisation
00:42:53de ces engagements
00:42:54sera en outre
00:42:55probablement bénéfique
00:42:56si la confiance
00:42:57de ces pays
00:42:57envers les Etats-Unis
00:42:58s'érodait durablement.
00:43:00Sur ce point,
00:43:01il nous faut bien évidemment
00:43:02assurer également
00:43:03la protection
00:43:04des emprises françaises
00:43:05dans la région,
00:43:06en particulier militaires.
00:43:08Le troisième intérêt
00:43:09peut être moins visible
00:43:10est la poursuite
00:43:11de la lutte
00:43:12contre les groupes islamistes.
00:43:13Malgré les efforts
00:43:14constants
00:43:15de beaucoup de pays
00:43:15dans la région,
00:43:16l'hydre islamiste
00:43:17n'a pas totalement disparu
00:43:18et l'instabilité géopolitique
00:43:20fait constamment peser
00:43:21un risque de résurgence
00:43:22dans cette région.
00:43:23C'est d'ailleurs
00:43:24dans ce contexte,
00:43:25et je tiens à lui rendre
00:43:26à nouveau hommage,
00:43:27que le major Frion
00:43:28est mort pour la France
00:43:29sur le sort irakien.
00:43:31Nous ne pouvons sous-estimer
00:43:33la menace
00:43:33que ferait peser
00:43:34sur notre propre sécurité
00:43:35la constitution
00:43:36d'une zone de chaos
00:43:37au sein
00:43:38et aux frontières
00:43:39de l'Iran.
00:43:40Tout relâchement
00:43:41sur cette question
00:43:42pourrait avoir
00:43:42de graves conséquences
00:43:44demain pour notre pays.
00:43:45Dois-je rappeler
00:43:46que la France reste
00:43:47une cible privilégiée
00:43:48des islamistes ?
00:43:49Mais du fait
00:43:50de la singularité française,
00:43:52notre implication
00:43:53dans le concert des nations
00:43:54ne peut se résumer
00:43:55à la défense
00:43:55de nos intérêts.
00:43:57Nous avons également
00:43:58des devoirs.
00:43:59J'en vois au moins trois
00:44:00dans la crise actuelle.
00:44:01Le premier est celui
00:44:03d'être une puissance
00:44:03d'équilibre
00:44:04et de devenir
00:44:05ou plutôt de redevenir
00:44:06l'interlocuteur privilégié
00:44:08des nations
00:44:09partie prenante directe
00:44:10ou indirecte au conflit.
00:44:12Il ne faudrait pas
00:44:13que ce rôle soit laissé
00:44:14à la Chine,
00:44:15à la Russie
00:44:15ou à l'Inde.
00:44:17En cela,
00:44:17il serait souhaitable
00:44:18que la France,
00:44:19au lieu de consentir
00:44:20à sa dilution
00:44:22dans une politique étrangère
00:44:23européanisée,
00:44:24prenne l'initiative
00:44:25d'une médiation
00:44:25en faveur de la paix.
00:44:26J'ai déjà formulé
00:44:28ce vœu s'agissant
00:44:29de la guerre en Ukraine.
00:44:30Je veux croire
00:44:31qu'il nous reste
00:44:32sur la scène internationale
00:44:33suffisamment de crédits
00:44:34pour porter une telle initiative
00:44:36fondée à la fois
00:44:37sur notre rapport
00:44:38à la souveraineté des nations
00:44:39et sur nos liens privilégiés
00:44:41avec nombre de pays
00:44:42dans la région,
00:44:42le Liban,
00:44:44Israël,
00:44:45les Émirats en particulier.
00:44:47Notre deuxième...
00:44:48Merci,
00:44:49M. Bidochon,
00:44:50pour votre intervention.
00:44:51Notre deuxième devoir
00:44:52est d'être
00:44:54le défenseur
00:44:55absolu
00:44:56et résolu
00:44:58du droit international.
00:45:00ces dernières années
00:45:01ont vu
00:45:02un grand nombre
00:45:03de puissances
00:45:03et singulièrement
00:45:04les deux plus grandes
00:45:05s'affranchir
00:45:06avec une légèreté croissante
00:45:08et profondément inquiétante
00:45:10de ce cadre indispensable.
00:45:11Je pense à l'invasion
00:45:13de l'Ukraine
00:45:14par la Russie
00:45:14avec un conflit meurtrier
00:45:16qui dure depuis quatre ans
00:45:18et plus récemment,
00:45:20sans établir naturellement
00:45:21d'équivalence
00:45:22entre ces deux événements,
00:45:23à l'enlèvement
00:45:24de Nicolas Maduro
00:45:25par les États-Unis.
00:45:27Ces épisodes
00:45:28font écho
00:45:29à d'autres erreurs majeures
00:45:30commises
00:45:31au cours
00:45:31des deux dernières décennies.
00:45:33L'invasion de l'Irak
00:45:34en 2003
00:45:35à laquelle d'autres pays
00:45:36avaient eu l'honneur
00:45:36de s'opposer
00:45:37ou plus récemment
00:45:38les frappes en Libye
00:45:40auxquelles la France
00:45:41avait malheureusement participé
00:45:43avec les conséquences
00:45:44que l'on connaît
00:45:45sur la prolifération
00:45:46djihadiste au Sahel.
00:45:48Le conflit
00:45:49qui fait rage
00:45:50au Moyen-Orient
00:45:51s'inscrit dans ce contexte
00:45:53et des voix s'élèvent
00:45:54désormais
00:45:54au sein même
00:45:55de l'administration
00:45:56américaine
00:45:57pour interroger
00:45:58l'opportunité,
00:45:59la légalité
00:46:00voire la rationalité
00:46:02stratégique
00:46:02de cette intervention.
00:46:04S'il n'est évidemment
00:46:05pas question
00:46:06de défendre
00:46:07les régimes
00:46:08corrompus
00:46:08et autoritaires
00:46:09forces de déstabilisation,
00:46:11la France
00:46:12ne peut rester silencieuse
00:46:14dans la défense
00:46:14des principes
00:46:15qui régissent
00:46:15le droit international.
00:46:17Notre troisième devoir
00:46:19fondé sur notre histoire
00:46:20millénaire
00:46:20avec ce pays
00:46:21est celui
00:46:21de protéger
00:46:22le Liban.
00:46:23Une nouvelle fois
00:46:24victime collatérale
00:46:25des tensions
00:46:26dans la région
00:46:26avec mille morts
00:46:27dont 120 enfants
00:46:29et un million
00:46:30de déplacés.
00:46:32Certes,
00:46:33son incapacité
00:46:34à éradiquer
00:46:34la milice du Hezbollah
00:46:36de son sol
00:46:36empêche Israël
00:46:38de traiter
00:46:38d'égal à égal
00:46:39avec sa nation voisine
00:46:40mais la France.
00:46:41Et je salue
00:46:42les propos
00:46:43du président
00:46:43de la République
00:46:44en ce sens
00:46:44à le devoir
00:46:45de soutenir
00:46:46ce pays
00:46:47et ses institutions
00:46:47aussi imparfaites
00:46:49soient-elles.
00:46:50L'annonce
00:46:51de l'expulsion
00:46:52de l'ambassadeur
00:46:52iranien
00:46:53par le Liban
00:46:54doit être vue
00:46:55comme l'expression
00:46:56de la volonté
00:46:56du Liban
00:46:57de faire cesser
00:46:58les ingérences
00:46:59iraniennes
00:47:00via le Hezbollah
00:47:01sur son sol
00:47:01et doit donc
00:47:02être saluée.
00:47:04Nos intérêts
00:47:05et nos devoirs
00:47:06ayant été définis,
00:47:07permettez-moi
00:47:08d'évoquer
00:47:08les mesures
00:47:09que le gouvernement
00:47:09devrait désormais
00:47:10déployer au plus tôt
00:47:11pour défendre
00:47:12les premiers
00:47:13et assumer
00:47:14les seconds.
00:47:15Je ne peux m'empêcher
00:47:16de commencer
00:47:16par souligner
00:47:17qu'avec le mauvais budget
00:47:18que vous avez imposé
00:47:19il y a moins de deux mois,
00:47:20nos marges de manœuvre
00:47:21sont très faibles.
00:47:23Du fait d'hypothèses
00:47:24exagérément optimistes
00:47:25mais aussi de votre refus
00:47:26d'accepter les mesures
00:47:27d'économie structurelles
00:47:29que nous avons documentées
00:47:30dans notre contre-budget,
00:47:31vous avez dramatiquement
00:47:33limité notre liberté
00:47:34d'action
00:47:34en cas de crise.
00:47:35Or, si cette crise
00:47:36est régionale,
00:47:37son impact est d'ores
00:47:38et déjà
00:47:38et restera sans doute
00:47:39durablement mondial.
00:47:41Il est donc
00:47:42de notre devoir
00:47:43non pas de temporiser
00:47:44en espérant
00:47:44que la situation
00:47:45s'améliore
00:47:46mais d'agir
00:47:47en concentrant
00:47:48nos efforts
00:47:48sur la défense
00:47:49de nos intérêts
00:47:50et l'accomplissement
00:47:50de nos devoirs.
00:47:52A cet effet,
00:47:52M. le Premier ministre,
00:47:53pour protéger
00:47:54le pouvoir d'achat
00:47:54de nos compatriotes
00:47:55et la compétitivité
00:47:57de nos entreprises,
00:47:57nous vous demandons
00:47:58à nouveau
00:47:58la sortie
00:48:00des règles européennes
00:48:00de fixation
00:48:01des prix de l'électricité,
00:48:03la baisse
00:48:03des taxes
00:48:04sur l'énergie,
00:48:05je pense évidemment,
00:48:05vous le savez,
00:48:06car je défends
00:48:06cette mesure
00:48:07depuis la dernière présidentielle
00:48:08à la baisse
00:48:09de la TVA,
00:48:10la suspension
00:48:11des certificats
00:48:11d'économie
00:48:12d'énergie
00:48:12qui vont peser
00:48:14pour 8 milliards
00:48:15d'euros
00:48:15sur les consommateurs
00:48:16français,
00:48:17entreprises
00:48:17et particuliers
00:48:18cette année.
00:48:20Je ne peux que
00:48:20regretter
00:48:21de ne pas avoir
00:48:22encore été entendu
00:48:24alors même
00:48:24que certaines
00:48:25de ces mesures
00:48:26sont mises en oeuvre
00:48:26chez nos voisins
00:48:27et même
00:48:28je ne peux m'empêcher
00:48:29de le souligner
00:48:29réclamées
00:48:30par la présidente
00:48:31de la commission
00:48:31européenne
00:48:32elle-même.
00:48:32Avouez que c'est
00:48:33un comble.
00:48:34En Italie
00:48:35et en Espagne,
00:48:36des mesures ambitieuses
00:48:36permettant de baisser
00:48:37le prix de l'essence
00:48:38de 20 à 30 centimes
00:48:39d'euros
00:48:39ont été rapidement
00:48:40déployées.
00:48:41Vous ne semblez
00:48:42pas conscients
00:48:42de l'urgence.
00:48:43Tout ce temps perdu
00:48:44a un impact
00:48:45très concret
00:48:46sur les ménages
00:48:46mais aussi
00:48:47sur les agriculteurs,
00:48:48les routiers,
00:48:48les pêcheurs,
00:48:49les libéraux,
00:48:50notamment du secteur
00:48:51de la santé
00:48:51et plus largement
00:48:53sur un nombre
00:48:53important d'entreprise.
00:48:55Je regrette
00:48:56vivement
00:48:57l'option retenue
00:48:58en ce qui concerne
00:48:58les stocks stratégiques
00:48:59de carburant.
00:49:01Le recours
00:49:02à ces stocks
00:49:02doit avoir
00:49:03des conséquences
00:49:03concrètes
00:49:04sur nos concitoyens
00:49:04et nos entreprises
00:49:06et non,
00:49:07je cite le ministre
00:49:08Lescure,
00:49:08sur les zones
00:49:09où il y a
00:49:10des tensions
00:49:10d'approvisionnement
00:49:11et c'est évidemment
00:49:12à l'Asie
00:49:13que je fais référence
00:49:14SIC.
00:49:15Je considère
00:49:16que ces stocks
00:49:17ont bien
00:49:17deux utilités.
00:49:19Limiter les pénuries
00:49:20bien sûr
00:49:20mais aussi jouer
00:49:21un rôle
00:49:22de levier
00:49:23contracycliques
00:49:23en cas de tension
00:49:24sur les marchés.
00:49:25Ces précieuses réserves
00:49:27ne doivent donc pas
00:49:27aller sur les marchés
00:49:28mondiaux
00:49:29mais bien être mises
00:49:30au service
00:49:30de notre marché
00:49:31intérieur
00:49:31avec évidemment
00:49:32un contrôle
00:49:33temporaire
00:49:33mais strict
00:49:34des marges
00:49:35par les services
00:49:36de l'État.
00:49:37Pour ce qui est
00:49:38de la protection
00:49:38militaire
00:49:39de nos intérêts
00:49:40extérieurs
00:49:40que ce soit
00:49:41le déploiement
00:49:42du groupe aéronaval
00:49:43ou l'augmentation
00:49:44des moyens aériens
00:49:44et maritimes
00:49:45dans la zone
00:49:46à l'autre des éléments
00:49:47en notre possession
00:49:48nous considérons
00:49:49la réponse française
00:49:50à la hauteur.
00:49:51J'attire votre attention
00:49:53mais je suis sûre
00:49:54que nos armées
00:49:54et nos services
00:49:55y sont attentifs
00:49:56sur la protection
00:49:56des nombreux câbles
00:49:58sous-marins
00:49:58vitaux pour notre économie
00:50:00présents dans la zone.
00:50:02A l'heure actuelle
00:50:03même si le rétablissement
00:50:04de la liberté de circulation
00:50:05dans le détroit d'Hormuz
00:50:06peut être considéré
00:50:07comme une urgence
00:50:08je ne vois pas
00:50:09comment cela peut se faire
00:50:10sans devenir partie
00:50:11prenante au conflit
00:50:12ce qui n'est évidemment
00:50:14pas du tout souhaitable.
00:50:15Je me félicite
00:50:16de l'aide humanitaire
00:50:17apportée au Liban
00:50:18par la France
00:50:19j'invite le gouvernement
00:50:20à accentuer
00:50:21les efforts diplomatiques
00:50:22pour parvenir
00:50:23à une trêve
00:50:23au désarmement
00:50:25du Hezbollah
00:50:25et au retour
00:50:26de la souveraineté
00:50:26libanaise
00:50:27sur l'ensemble
00:50:28de son territoire
00:50:29garantie par la force
00:50:30des Nations Unies
00:50:31dans la zone frontalière.
00:50:33Avant de conclure
00:50:34je tenais également
00:50:35à vous alerter
00:50:36sur une possible conséquence
00:50:37certes future
00:50:38mais potentiellement
00:50:39très impactante
00:50:39pour l'économie française.
00:50:41Les engagements financiers
00:50:42des pays du Golfe
00:50:43notamment via leurs fonds souverains
00:50:45sont importants
00:50:46dans notre économie
00:50:47y compris dans notre dette.
00:50:49Or il est possible
00:50:51qu'une fois
00:50:52la situation stabilisée
00:50:53ces pays
00:50:55réorientent
00:50:56une partie importante
00:50:57de cet argent
00:50:57pour leur reconstruction
00:50:59et pour un renforcement
00:51:01sécuritaire.
00:51:02Il faut donc
00:51:03je le crois
00:51:03anticiper cela
00:51:04la mise en place
00:51:06d'un fonds souverain
00:51:07français
00:51:07que je propose
00:51:08depuis longtemps
00:51:09pourrait être
00:51:10une partie
00:51:10de la solution
00:51:11pour renforcer
00:51:12notre souveraineté
00:51:13économique
00:51:13face à ce type
00:51:14de crise.
00:51:15Monsieur le Premier ministre
00:51:16mes chers collègues
00:51:17nous le constatons
00:51:19les risques
00:51:20que ce conflit
00:51:20fait peser
00:51:21sur notre pays
00:51:21sont majeurs
00:51:22de nombreux analystes
00:51:24soulignent
00:51:24que la situation
00:51:25va s'aggraver
00:51:26et il est par conséquent
00:51:27du devoir
00:51:28de la chef
00:51:28de l'opposition
00:51:29de vous appeler
00:51:30solennellement
00:51:31ne pas subir
00:51:31mais à actionner
00:51:33dès maintenant
00:51:33tous les leviers
00:51:34disponibles
00:51:35pour en limiter
00:51:36les effets
00:51:36sur notre pays
00:51:37et sur nos compatriotes
00:51:41Merci beaucoup
00:51:42Madame la Présidente
00:51:46Avant de donner
00:51:47la parole
00:51:47au prochain orateur
00:51:49je voudrais donner
00:51:50la parole
00:51:50à Monsieur Pierre Cazeneuve
00:51:51pour un rappel
00:51:52au règlement
00:51:54Merci
00:51:54Madame la Présidente
00:51:56Monsieur le Premier ministre
00:51:56Messieurs les ministres
00:51:57Mesdames et Messieurs
00:51:58les parlementaires
00:51:59Sur le fondement
00:52:00de l'article 70
00:52:01aligné à 3
00:52:02et l'article 72
00:52:03quand mon collègue
00:52:04Cormier Boulijon
00:52:05a simplement rappelé
00:52:06à Madame Le Pen
00:52:07son amitié avec
00:52:09Monsieur Orban
00:52:10et son affidation
00:52:11au régime
00:52:11de Vladimir Poutine
00:52:12Madame la Présidente
00:52:13Le Pen
00:52:13s'est permis
00:52:13d'avoir des propos
00:52:14particulièrement insultants
00:52:15envers notre collègue
00:52:17Cormier Boulijon
00:52:18et donc je souhaiterais
00:52:19et ça continue
00:52:20avec l'insolence
00:52:20de Monsieur Tanguy
00:52:21et donc j'aimerais
00:52:22que cet incident
00:52:22soit noté
00:52:23et qu'il donne lieu
00:52:24à un rappel à l'ordre
00:52:26avec notification
00:52:27en bureau
00:52:28quand il se réunira
00:52:29mardi prochain
00:52:30Merci pour votre intervention
00:52:32On note votre demande
00:52:34Monsieur le député
00:52:35La parole est à
00:52:37Monsieur Vincent Ledoux
00:52:38pour le groupe
00:52:39Ensemble pour la République
00:52:40Allez s'il vous plaît
00:52:44Monsieur le député Ledoux
00:52:46pour le groupe
00:52:47Ensemble pour la République
00:52:48Vous avez la parole
00:52:50pour une durée
00:52:50de 12 minutes
00:52:51Madame la Présidente
00:52:52Monsieur le Premier Ministre
00:52:54Mesdames et Messieurs
00:52:55les ministres
00:52:55mes chers collègues
00:52:56Ces dernières semaines
00:52:57nous ne sommes pas seulement
00:52:58confrontés à une crise
00:52:59supplémentaire au Moyen-Orient
00:53:01nous sommes en réalité
00:53:01témoins d'une transformation
00:53:03profonde
00:53:04de l'équilibre international
00:53:05lui-même
00:53:05Transformation dont les conséquences
00:53:08dépasseront largement
00:53:09les frontières de la région
00:53:10pour concerner
00:53:11l'organisation du monde
00:53:13dans lequel nous entrons désormais
00:53:14Ce qui se joue aujourd'hui
00:53:16dépasse la seule région
00:53:17du Moyen-Orient
00:53:18Ce qui se joue aujourd'hui
00:53:19concerne la manière
00:53:21dont s'organise désormais
00:53:23le monde
00:53:23car nous entrons
00:53:24dans un monde nouveau
00:53:25un monde plus instable
00:53:26un monde plus fragmenté
00:53:27un monde dans lequel
00:53:29la puissance redevient
00:53:30progressivement
00:53:31l'un des langages
00:53:32structurants
00:53:32des relations internationales
00:53:34et dans ce monde nouveau
00:53:35la première responsabilité
00:53:37des nations
00:53:37est de regarder
00:53:38les événements
00:53:39avec lucidité
00:53:40sans céder
00:53:41ni à l'illusion
00:53:42de la permanence
00:53:42des équilibres anciens
00:53:43ni à la tentation
00:53:45de réponses
00:53:46improvisées
00:53:47et comme bien
00:53:47nous le déclarait
00:53:48notre Premier Ministre
00:53:49il nous faut donc
00:53:49tirer de chaque crise
00:53:51des décisions durables
00:53:52et structurelles
00:53:53depuis plus de 40 ans
00:53:55le régime iranien
00:53:56a fait de la répression
00:53:57intérieure
00:53:57un instrument
00:53:58de gouvernement
00:53:59et de la déstabilisation
00:54:00régionale
00:54:01une constante
00:54:01de sa stratégie extérieure
00:54:03son affaiblissement
00:54:04peut ouvrir
00:54:05des perspectives nouvelles
00:54:06pour le peuple iranien
00:54:07lui-même
00:54:07mais l'histoire
00:54:09nous enseigne
00:54:09avec constance
00:54:11qu'aucune disparition
00:54:12de pouvoir
00:54:13ne suffit
00:54:13à elle seule
00:54:14à faire naître
00:54:15un ordre stable
00:54:16ni à garantir
00:54:18l'émergence durable
00:54:19de la paix
00:54:20car la paix
00:54:21n'est jamais du vide
00:54:22elle suppose un équilibre
00:54:23et cet équilibre
00:54:24demeure aujourd'hui
00:54:25incertain
00:54:25c'est pourquoi
00:54:26la question essentielle
00:54:27qui nous est posée
00:54:28n'est pas seulement
00:54:29militaire
00:54:29elle est d'abord politique
00:54:31car une guerre
00:54:32ne se comprend
00:54:32véritablement
00:54:33qu'à la lumière
00:54:34de la finalité
00:54:35qu'elle poursuit
00:54:35et lorsque cette finalité
00:54:37demeure incertaine
00:54:38ces conséquences
00:54:39débordent toujours
00:54:40le champ de bataille
00:54:41pour atteindre
00:54:41les équilibres économiques
00:54:43énergétiques
00:54:43et stratégiques
00:54:44dont dépend directement
00:54:45la sécurité
00:54:46du continent européen
00:54:47lui-même
00:54:48à cet égard
00:54:49la situation
00:54:49du détroit d'Hormuz
00:54:50constitue un rappel
00:54:52particulièrement clair
00:54:53de la nature
00:54:54systémique
00:54:55des bouleversements
00:54:55auxquels nous sommes
00:54:56confrontés
00:54:57car ce passage maritime
00:54:58n'est pas seulement
00:54:59un point de transit
00:55:00régional
00:55:01il est l'une
00:55:01des artères essentielles
00:55:03du système énergétique
00:55:04mondial
00:55:05et toute fragilisation
00:55:06durable
00:55:06de sa sécurité
00:55:08a des conséquences
00:55:09immédiates
00:55:09sur la stabilité
00:55:10économique et internationale
00:55:12comme sur la vie
00:55:13quotidienne
00:55:13de nos concitoyens
00:55:15garantir
00:55:16la liberté
00:55:16de navigation
00:55:17dans ces espaces
00:55:18stratégiques
00:55:19ne relève donc pas
00:55:20d'une opération
00:55:21extérieure
00:55:22lointaine
00:55:22il s'agit
00:55:23concrètement
00:55:23d'empêcher
00:55:24une nouvelle flambée
00:55:25des prix
00:55:25d'énergie
00:55:26pour protéger
00:55:26les français
00:55:27et dans ce contexte
00:55:28je veux saluer
00:55:29avec gravité
00:55:30l'engagement
00:55:31de nos forces armées
00:55:31qui portent
00:55:32sur plusieurs
00:55:32têtes d'opération
00:55:33la présence
00:55:34la présence
00:55:34la crédibilité
00:55:35et la continuité
00:55:36de la parole
00:55:36de la France
00:55:37à travers le président
00:55:38de la république
00:55:39rappelant ainsi
00:55:40qu'une nation
00:55:40qui veut demeurer libre
00:55:41doit toujours conserver
00:55:43la capacité d'agir
00:55:44et de décider
00:55:45par elle-même
00:55:46à travers ma voix
00:55:47le groupe EPR
00:55:48salue la mémoire
00:55:49du major Arnaud Frion
00:55:50mort pour la France
00:55:51en Irak
00:55:52et tous nos soldats
00:55:54blessés
00:55:54et leurs familles
00:55:55c'est pourquoi
00:55:56l'actualisation
00:55:57de notre loi
00:55:58de programmation militaire
00:55:59apparaît aujourd'hui
00:56:00non comme une option
00:56:01mais comme une nécessité
00:56:02stratégique majeure
00:56:03et je veux saluer
00:56:04à cet égard
00:56:05la décision du gouvernement
00:56:06d'en accélérer
00:56:07le calendrier d'examen
00:56:08car adapter plus rapidement
00:56:10notre effort de défense
00:56:11constitue
00:56:12l'une des conditions
00:56:13indispensables
00:56:14pour garantir durablement
00:56:15notre autonomie stratégique
00:56:16dans un ordre international
00:56:18qui se recompose
00:56:19sur nos yeux
00:56:20le Premier ministre
00:56:21nous l'a annoncé
00:56:21cet après-midi
00:56:22il s'agit d'adapter
00:56:23notre effort de défense
00:56:25une adaptation
00:56:26d'autant plus indispensable
00:56:27que la guerre elle-même
00:56:28change de nature
00:56:29les conflits contemporains
00:56:31montrent que
00:56:32l'innovation
00:56:32technologique
00:56:33en particulier
00:56:34l'usage massif
00:56:35des drones
00:56:35transforme profondément
00:56:37les conditions d'engagement
00:56:38les équilibres tactiques
00:56:39et les doctrines militaires
00:56:42comme l'affirmait
00:56:43le général de Gaulle
00:56:43à l'école militaire
00:56:44en 1959
00:56:45il faut que notre force
00:56:47soit faite pour agir
00:56:48ou que ce soit
00:56:50sur la terre
00:56:51cette crise
00:56:52révèle également
00:56:53avec une particulière netteté
00:56:55que la souveraineté militaire
00:56:56et la souveraineté énergétique
00:56:58ne peuvent plus être pensées
00:56:59séparément
00:56:59car chaque tension
00:57:00dans le golfe
00:57:01rappelle combien
00:57:02la sécurité
00:57:03de nos approvisionnements
00:57:04conditionne désormais
00:57:05directement
00:57:05la liberté
00:57:07de nos choix politiques
00:57:07il ne peut y avoir
00:57:09d'indépendance stratégique
00:57:10durable
00:57:11sans indépendance énergétique
00:57:13c'est pourquoi la France
00:57:13a raison de faire
00:57:14du nucléaire civil
00:57:15et notamment
00:57:16du développement
00:57:17des réacteurs EPR
00:57:18un pilier structurant
00:57:19de sa stratégie
00:57:20d'indépendance nationale
00:57:21dans le monde qui vient
00:57:23la maîtrise de l'énergie
00:57:24les capacités de défense
00:57:26formeront ensemble
00:57:27les deux fondements
00:57:28indissociables
00:57:29de la souveraineté
00:57:30et à ce titre
00:57:32promettre des baisses
00:57:34massives
00:57:34de taxes
00:57:35sur les carburants
00:57:36comme vient de le faire
00:57:37madame Le Pen
00:57:38c'est tout simplement
00:57:39du populisme
00:57:40à la pompe
00:57:41cela coûte des milliards
00:57:42ça ne garantit pas
00:57:43une baisse durable
00:57:44des prix pour les français
00:57:45et ça prépare souvent
00:57:47les impôts de demain
00:57:48la responsabilité
00:57:49ce n'est pas distribuer
00:57:51des illusions
00:57:51c'est d'agir
00:57:52sur les marges abusives
00:57:54soutenir ceux
00:57:55qui en ont vraiment besoin
00:57:56et accélérer
00:57:58notre indépendance
00:57:59énergétique
00:58:00mais il faut aussi
00:58:01regarder cette crise
00:58:02pour ce qu'elle est
00:58:03un révélateur
00:58:04du basculement du monde
00:58:05la Russie observe
00:58:06elle observe la solidité
00:58:07de la cohésion occidentale
00:58:08elle observe
00:58:09la capacité de l'Europe
00:58:10à maintenir son soutien
00:58:12à l'Ukraine
00:58:12dans la durée
00:58:13car chaque crise
00:58:15au Moyen-Orient
00:58:16détourne une part
00:58:18de l'attention stratégique
00:58:19européenne
00:58:19tandis que chaque flambée
00:58:21durable des prix
00:58:22des hydrocarbures
00:58:23renforce indirectement
00:58:25la capacité de résistance
00:58:27de la Russie
00:58:28face aux sanctions
00:58:29la Chine
00:58:30elle observe également
00:58:31elle observe la capacité
00:58:33des puissances occidentales
00:58:34à sécuriser
00:58:35les grandes routes
00:58:35maritimes internationales
00:58:37elle observe la solidité
00:58:38de nos alliances
00:58:39de nos forces armées
00:58:40et nul doute
00:58:42qu'elle en tirera
00:58:42les leçons
00:58:43pour le jour
00:58:43où elle décidera
00:58:44de mettre à l'épreuve
00:58:45la sécurité
00:58:46du détroit
00:58:48de Taïwan
00:58:48car oui
00:58:49ce qui se joue
00:58:50aujourd'hui
00:58:51dans le Golfe
00:58:52se regarde aussi
00:58:53depuis l'Indo-Pacifique
00:58:54le conflit
00:58:55auquel nous assistons
00:58:57aujourd'hui
00:58:57décide ainsi
00:58:58les contours
00:58:59d'un monde
00:59:00multipolaire
00:59:01plus exigeant
00:59:01dans lequel
00:59:02les équilibres
00:59:03devront être construits
00:59:04avec constance
00:59:05avec lucidité
00:59:07avec sang-froid
00:59:08dans ce monde nouveau
00:59:09qui s'ouvre devant nous
00:59:10la voix de la France
00:59:12reste forte
00:59:12parce qu'elle est sincère
00:59:13parce qu'elle est constante
00:59:15parce qu'elle est invariable
00:59:17et parce qu'elle demeure
00:59:18fidèle
00:59:19à une certaine idée
00:59:21de l'équilibre
00:59:21entre les peuples
00:59:22mais les conséquences
00:59:24économiques
00:59:24de ces bouleversements
00:59:25toucheront d'abord
00:59:26les pays
00:59:27les plus fragiles
00:59:28je veux penser
00:59:29notamment
00:59:29à l'Afrique
00:59:30et dans un monde
00:59:32multipolaire
00:59:32la stabilité
00:59:33du sud global
00:59:34constitue désormais
00:59:35l'une des conditions
00:59:37de notre propre stabilité
00:59:38la France doit regarder
00:59:40cette réalité
00:59:41avec lucidité
00:59:42et responsabilité
00:59:44Monsieur le Premier ministre
00:59:45la question
00:59:46qui nous est posée
00:59:47aujourd'hui
00:59:47dépasse la seule gestion
00:59:49d'une crise internationale
00:59:51elle concerne
00:59:52l'ambition stratégique
00:59:54que la France
00:59:54entend porter
00:59:55dans ce monde nouveau
00:59:57quelle stratégie
00:59:58voulons-nous mettre en oeuvre
00:59:59pour garantir
01:00:00durablement
01:00:01la sécurité
01:00:02des grandes routes
01:00:02maritimes
01:00:03internationales
01:00:04quelle stratégie
01:00:05voulons-nous proposer
01:00:06pour accompagner
01:00:07les pays
01:00:08les plus vulnérables
01:00:09face aux conséquences
01:00:10économiques
01:00:10de ces bouleversements
01:00:11quelle stratégie
01:00:13voulons-nous construire
01:00:14pour renforcer
01:00:15la cohésion européenne
01:00:16faire progresser
01:00:16enfin l'Europe de la défense
01:00:18dont dépend
01:00:18une part croissante
01:00:19de notre sécurité
01:00:20collective
01:00:21et quelle ambition
01:00:22la France
01:00:23entend-elle porter
01:00:23pour contribuer
01:00:25à la construction
01:00:25d'un ordre international
01:00:26plus stable
01:00:28car la responsabilité
01:00:30des grandes nations
01:00:31n'est pas seulement
01:00:31de réagir aux crises
01:00:32elle est d'anticiper
01:00:33les déséquilibres
01:00:34de prévenir
01:00:35les ruptures
01:00:36et surtout
01:00:36de préparer
01:00:37les conditions
01:00:38de la paix
01:00:38et aujourd'hui
01:00:40plus que jamais
01:00:40la paix au Moyen-Orient
01:00:41la paix en Ukraine
01:00:42la sécurité
01:00:42de l'Europe
01:00:43et la stabilité
01:00:45du monde
01:00:46participent
01:00:46d'une même
01:00:47exigence historique
01:00:48préserver
01:00:49l'équilibre
01:00:50entre les peuples
01:00:51je vous remercie
01:00:52je vous remercie
01:00:53merci beaucoup
01:00:55monsieur le député
01:00:58la parole est à présent
01:00:59à monsieur Bastien Lachaud
01:01:00pour le groupe
01:01:01La France Insoumise
01:01:12madame la présidente
01:01:14madame la présidente
01:01:14monsieur le premier ministre
01:01:15ministre
01:01:16chers collègues
01:01:17l'adjudant chef
01:01:18Arnaud Frion
01:01:19du 7ème bataillon
01:01:20de chasseurs
01:01:20alpins
01:01:21de Vars
01:01:21est mort pour la France
01:01:22dans l'exercice
01:01:23de sa mission
01:01:23en Irak
01:01:24au nom du groupe
01:01:25de la France Insoumise
01:01:26nous lui rendons hommage
01:01:27nous exprimons
01:01:28notre émotion
01:01:29et notre solidarité
01:01:30à l'égard de ses frères d'armes
01:01:32blessés
01:01:32lors de cette même attaque
01:01:34monsieur le premier ministre
01:01:36quatre semaines
01:01:37ont passé
01:01:38depuis le début
01:01:38des agressions illégales
01:01:39du gouvernement
01:01:40d'extrême droite
01:01:40de Benjamin Netanyahou
01:01:41et des Etats-Unis d'Amérique
01:01:42au Moyen-Orient
01:01:43quatre semaines
01:01:44d'errements
01:01:45de la diplomatie française
01:01:46quatre semaines
01:01:47où la représentation nationale
01:01:49a été privée
01:01:49de son pouvoir de contrôle
01:01:50enfin
01:01:51les parlementaires
01:01:52peuvent s'exprimer
01:01:53enfin
01:01:54nous pouvons débattre
01:01:55de cette guerre
01:01:55qui sape
01:01:56tous les principes essentiels
01:01:57du droit international
01:01:58enfin
01:01:59nous pouvons opposer
01:02:01à la propagande
01:02:02guerrière et belliqueuse
01:02:03la voie du non-alignement
01:02:04et de la diplomatie
01:02:07car le 28 février
01:02:09lorsque l'Iran
01:02:10a été frappé
01:02:10le droit international
01:02:11et la tradition
01:02:12non alliée de la France
01:02:13vous dictaient
01:02:14de ne dire qu'une chose
01:02:15la responsabilité
01:02:16première et dernière
01:02:17de cette guerre illégale
01:02:18revient aux Etats-Unis
01:02:20d'Amérique
01:02:21et à Benjamin Netanyahou
01:02:22c'est lui
01:02:23qui a initié l'escalade
01:02:25lors de la guerre
01:02:25des douze jours
01:02:26contre l'Iran
01:02:26en juin 2024
01:02:27c'est lui
01:02:28qui relance
01:02:29depuis un mois
01:02:30un conflit
01:02:30encore plus meurtrier
01:02:31qui s'étend
01:02:32à toute la région
01:02:33il entraîne
01:02:34dans son sillage
01:02:35les Etats-Unis
01:02:36de Donald Trump
01:02:37dans un conflit
01:02:37illégal
01:02:38aux conséquences
01:02:39incontrôlables
01:02:40un conflit
01:02:41qui réduit
01:02:42définitivement
01:02:42à néant
01:02:43l'accord sur le nucléaire
01:02:44que la France
01:02:45avait contribué
01:02:46à édifier en 2015
01:02:47un conflit
01:02:48qui met en péril
01:02:49durablement
01:02:49la sécurité
01:02:50de toute la région
01:02:51un conflit
01:02:52qui compromet
01:02:53pour des années
01:02:54toute perspective
01:02:55de paix
01:02:55Benjamin Netanyahou
01:02:57c'est ce qu'il fait
01:02:57en entretenant ce chaos
01:02:59dans une logique
01:02:59de guerre permanente
01:03:00il accroît sans cesse
01:03:01sa domination militaire
01:03:02il poursuit son expansion
01:03:03territoriale
01:03:04il applique la même
01:03:05logique suprémaciste
01:03:06c'est cette stratégie
01:03:07qui est à l'oeuvre
01:03:08au Liban
01:03:08à Gaza
01:03:09en Cisjordanie
01:03:10dans le silence
01:03:11complice des nations
01:03:12dites occidentales
01:03:13à Gaza
01:03:14malgré le prétendu
01:03:15cessez-le-feu
01:03:16le génocide se poursuit
01:03:17la ligne
01:03:18dite de sécurité
01:03:19est continuellement grignotée
01:03:20les palestiniens
01:03:21sont chaque jour
01:03:21repoussés
01:03:22pourchassés
01:03:22expulsés
01:03:23en Cisjordanie
01:03:24les agressions
01:03:25des colons israéliens
01:03:26sont quotidiennes
01:03:26avec l'aval
01:03:27et l'appui
01:03:28du gouvernement
01:03:28de Benjamin Netanyahou
01:03:30au Liban
01:03:30des villes entières
01:03:32sont promises
01:03:32à l'anéantissement
01:03:33par les ministres
01:03:34de Benjamin Netanyahou
01:03:35Beyrouth est bombardée
01:03:36nuit et jour
01:03:37des centaines
01:03:38de milliers de civils
01:03:38fuient sur les routes
01:03:39des casques bleus
01:03:40sont pris pour cible
01:03:43incursions terrestres répétées
01:03:44qui violent la souveraineté
01:03:46du pays
01:03:46les émirats arabes unis
01:03:48le Qatar
01:03:49et le Koweït
01:03:49avec lesquels
01:03:50nous avons noué
01:03:50des accords de défense
01:03:51sont visés sur leur territoire
01:03:53par des missiles
01:03:54et des drones iraniens
01:03:55l'enclave britannique
01:03:56sur l'île de Chypre
01:03:57a également été frappée
01:03:58l'onde de choc de la guerre
01:03:59menace aussi nos forces
01:04:00et nos militaires
01:04:01une base française
01:04:02a été touchée
01:04:02et le conflit
01:04:04engendre des secousses
01:04:05économiques majeures
01:04:06la fermeture du détroit d'Hormuz
01:04:08provoque une hausse brutale
01:04:09des prix de l'énergie
01:04:10le coût du gaz
01:04:11et des carburants
01:04:12explosent
01:04:13les petites entreprises
01:04:14les agriculteurs
01:04:15les marins pêcheurs
01:04:16les classes populaires
01:04:17payent les premiers
01:04:18le prix de votre inaction
01:04:19face à l'explosion des prix
01:04:21vous ne proposez que
01:04:22des mesures cosmétiques
01:04:23la seule solution
01:04:24pour protéger l'ensemble
01:04:25des français
01:04:26c'est le blocage des prix
01:04:27il faut agir maintenant
01:04:29le parti socialiste
01:04:31le rassemblement national
01:04:32propose des chèques cadeaux
01:04:33du contribuable
01:04:34vers les multinationales
01:04:35du pétrole
01:04:36ces grands groupes
01:04:37engrangent pourtant
01:04:38des milliards d'euros
01:04:39de bénéfices chaque année
01:04:40c'est aux multinationales
01:04:41de payer
01:04:42pas aux consommateurs
01:04:44monsieur le premier ministre
01:04:45la France doit respecter
01:04:47les accords de défense
01:04:48qu'il allie à ses partenaires
01:04:49dans la région
01:04:49lorsqu'un allié est attaqué
01:04:51la parole de notre pays
01:04:52ne saurait manquer
01:04:54apporter une aide
01:04:55à caractère défensif
01:04:56notamment face aux attaques
01:04:58de drones et de missiles
01:04:59est légitime
01:05:00et conforme
01:05:01à nos engagements
01:05:03alors certes
01:05:04vous réaffirmez
01:05:05constamment
01:05:06que la France
01:05:07n'est pas en guerre
01:05:07contre l'Iran
01:05:08qu'elle se limite
01:05:09à une assistance
01:05:10défensive
01:05:11mais vos actes
01:05:12contredisent vos paroles
01:05:13en acceptant
01:05:14d'héberger sur nos bases
01:05:15militaires des avions
01:05:16ravitailleurs états-uniens
01:05:17et de les laisser
01:05:18survoler notre territoire
01:05:20vous engagez de facto
01:05:21la France
01:05:22dans une dynamique
01:05:22d'escalade
01:05:23qui dépasse le cadre
01:05:24strictement défensif
01:05:25que vous revendiquez
01:05:26et que dire de votre action
01:05:28au Liban
01:05:29ou plutôt
01:05:30votre inaction totale
01:05:31ce pays frère
01:05:33et ami de la France
01:05:34avec lequel nous partageons
01:05:35des liens humains
01:05:36culturels et linguistiques
01:05:37profonds
01:05:37est aujourd'hui attaqué
01:05:39le Liban
01:05:40nous a demandé
01:05:41de lui venir en aide
01:05:41nous avons des devoirs
01:05:43envers ce pays
01:05:44l'histoire nous commande
01:05:45d'agir
01:05:46pour protéger le Liban
01:05:48le président Mitterrand
01:05:49au lendemain
01:05:50de l'attentat du Drakkar
01:05:51qui coûta la vie
01:05:52de 58 parachutistes français
01:05:54réaffirmait
01:05:55l'engagement de la France
01:05:55aux côtés du Liban
01:05:56en ces termes
01:05:57à tous
01:05:58je dis qu'un pays
01:05:59est grand par sa force d'armes
01:06:00par sa résolution
01:06:02comme par les amitiés
01:06:03et le respect
01:06:04qu'il mérite
01:06:05c'est pourquoi au Liban
01:06:06la France reste
01:06:07et restera fidèle
01:06:08à son histoire
01:06:08et à ses engagements
01:06:09en défendant
01:06:10là comme ailleurs
01:06:11ses principes
01:06:12d'indépendance nationale
01:06:13et d'équilibre
01:06:14des forces dans le monde
01:06:15la France ne défend pas
01:06:16autre chose que la paix
01:06:19rien de ce que vous faites
01:06:20n'est à la hauteur
01:06:21de notre engagement historique
01:06:22vous laissez des nations
01:06:24bafouer le droit international
01:06:25sans réagir
01:06:26vous laissez faire
01:06:27dans un deux poids deux mesures
01:06:28qui discrédite
01:06:29la parole de la France
01:06:30vous rompez
01:06:31avec la tradition
01:06:32gaulomiterandienne
01:06:33du non-alignement
01:06:34et de l'indépendance nationale
01:06:35vous vous bornez
01:06:37à condamner mollement
01:06:38en parole
01:06:38et vous restez
01:06:40les bras croisés
01:06:41alors même que la situation
01:06:42humanitaire
01:06:43exige une réponse politique
01:06:45à la hauteur
01:06:45pourtant
01:06:46un chemin existe
01:06:48la France a les moyens
01:06:49d'agir
01:06:50membre permanent
01:06:51du conseil de sécurité
01:06:52de l'ONU
01:06:53elle doit porter
01:06:54une initiative
01:06:56pour faire cesser
01:06:57les hostilités
01:06:58et faire respecter
01:06:59le droit international
01:07:00elle n'est pas seule
01:07:02d'autres nations s'élèvent
01:07:03pour protéger
01:07:04le droit international
01:07:05travaillons avec elle
01:07:07dans cette voie
01:07:08la France n'est pas seule
01:07:09elle peut
01:07:10et doit être
01:07:11une puissance
01:07:12non alignée
01:07:12au service de la paix
01:07:14et de l'intérêt général humain
01:07:15nous en avons les moyens
01:07:18merci beaucoup
01:07:19monsieur le député
01:07:20la parole est à présent
01:07:23à monsieur Pierre
01:07:24Pribetich
01:07:25pour le groupe
01:07:26socialiste
01:07:34madame la présidente
01:07:36monsieur le premier ministre
01:07:37monsieur le président
01:07:38de la commission
01:07:38je veux d'abord
01:07:40associer le groupe
01:07:41socialiste
01:07:42et apparenté
01:07:43à l'hommage
01:07:43au major Arnaud Frion
01:07:44mort pour la France
01:07:46et présenter
01:07:47nos condoléances
01:07:48sincères à sa famille
01:07:49ainsi qu'envoyer
01:07:51un message
01:07:51de solidarité
01:07:52par rapport
01:07:52à ses frères d'armes
01:07:53blessés
01:07:54le président de la république
01:07:56a récemment
01:07:57rappelé une évidence
01:07:58il n'y a pas
01:07:59de double standard
01:08:00en droit international
01:08:01ces mots
01:08:02sonnent
01:08:03comme un appel
01:08:04solennel
01:08:04des principes
01:08:05qui doivent
01:08:06et qui devraient
01:08:07guider notre action
01:08:08collective
01:08:09nous les partageons
01:08:10mais entre
01:08:12les déclarations
01:08:13et les actes
01:08:13monsieur le premier ministre
01:08:14le fossé
01:08:15se creuse
01:08:15la question
01:08:17est simple
01:08:17que signifie
01:08:18concrètement
01:08:19cette affirmation
01:08:20pour la France
01:08:21pour l'Europe
01:08:22et pour le monde
01:08:23le 28 février
01:08:242026
01:08:25les Etats-Unis
01:08:26et Israël
01:08:27ont lancé
01:08:27une offensive
01:08:28contre l'Iran
01:08:29sans mandat international
01:08:30sans concertation
01:08:32sans objectif
01:08:34défini
01:08:34en violation
01:08:35totale
01:08:36des principes
01:08:37fondamentaux
01:08:38du droit
01:08:38international
01:08:39et cette guerre
01:08:40est une guerre
01:08:41de choix
01:08:42plus que de nécessité
01:08:43elle ressemble
01:08:45davantage
01:08:45à une démonstration
01:08:47de puissance
01:08:47qu'à une opération
01:08:48visant à rétablir
01:08:50la stabilité régionale
01:08:52et n'est qu'une expression
01:08:54que d'un rapport
01:08:54de force
01:08:55au service
01:08:56d'intérêts
01:08:57purement
01:08:58mercantiles
01:08:59dès lors
01:09:00où est la cohérence
01:09:01nous condamnons
01:09:02à juste titre
01:09:03la répression
01:09:03d'une ampleur
01:09:04sans précédent
01:09:05du peuple iranien
01:09:06par un régime
01:09:08autoritaire
01:09:08et théocratique
01:09:09mais où est la cohérence
01:09:11lorsque dans le même temps
01:09:13nous ne condamnons pas
01:09:14une intervention militaire
01:09:15qui ne fait que renforcer
01:09:17ce régime
01:09:18radicaliser la situation
01:09:20et aggraver la souffrance
01:09:22des populations civiles
01:09:23alors la réalité
01:09:25est simple
01:09:26et cruelle
01:09:27hélas
01:09:28les déclarations
01:09:29sont contradictoires
01:09:30les objectifs
01:09:31sont flous
01:09:31et les missiles
01:09:32pleuvent
01:09:33sans parler
01:09:34de la crise énergétique
01:09:35qui s'emballe
01:09:36entraînant
01:09:37vraisemblablement
01:09:38une potentielle
01:09:39crise économique
01:09:40la France
01:09:41patrie des droits
01:09:42de l'homme
01:09:43ne peut se contenter
01:09:44de déclarations
01:09:45de principe
01:09:45elle doit agir
01:09:47elle doit exiger
01:09:48ici et maintenant
01:09:50l'arrêt immédiat
01:09:52des hostilités
01:09:53et le retour
01:09:54à un cadre diplomatique
01:09:55placé sous l'égide
01:09:57des Nations Unies
01:09:58au Liban
01:09:59la situation
01:10:00est dramatique
01:10:01plus d'un millier
01:10:03de morts
01:10:03plus d'un million
01:10:04de déplacer
01:10:05une économie
01:10:06à l'arrêt
01:10:07un pays
01:10:08au bord
01:10:09de l'asphyxie
01:10:10et malgré cela
01:10:11la menace
01:10:12d'une offensive
01:10:13terrestre
01:10:13d'une grande ampleur
01:10:14plane toujours
01:10:15au mépris
01:10:16toujours
01:10:17du droit international
01:10:19et des résolutions
01:10:20des Nations Unies
01:10:21alors je repose
01:10:22la question
01:10:23où est
01:10:24la voie
01:10:25de la France
01:10:26où est la pression
01:10:27européenne
01:10:28pour empêcher
01:10:29une nouvelle catastrophe
01:10:30humanitaire
01:10:31et l'effondrement
01:10:32voire l'occupation
01:10:33d'un pays ami
01:10:34le Liban
01:10:35est un partenaire
01:10:37historique
01:10:37et un symbole
01:10:39de résistance culturelle
01:10:40et de résilience démocratique
01:10:42dans une région
01:10:43en proie
01:10:43au chaos
01:10:44la France
01:10:45doit être à la hauteur
01:10:47de cette situation
01:10:48de cette histoire
01:10:49de cette responsabilité
01:10:51elle doit soutenir
01:10:53sans ambiguïté
01:10:54la souveraineté
01:10:55du Liban
01:10:56exiger le respect
01:10:58de son intégralité
01:10:59territoriale
01:11:00en refusant
01:11:01l'élargissement
01:11:02de la zone
01:11:03tampon
01:11:04et oeuvrer
01:11:05à une désescalade
01:11:07immédiate
01:11:07doubler
01:11:08l'aide humanitaire
01:11:10est sans doute
01:11:11une première étape
01:11:12mais cela ne suffira pas
01:11:13parallèlement
01:11:14la France doit définir
01:11:16des sanctions
01:11:16ciblées
01:11:17contre ceux
01:11:18qui ont entraîné
01:11:20et entraînent
01:11:20le Liban
01:11:21dans cette catastrophe
01:11:22contre les responsables
01:11:24des crimes de guerre
01:11:25et soutenir activement
01:11:26la création
01:11:27d'une mission
01:11:28de protection civile
01:11:29sous mandat onusien
01:11:31ces crises
01:11:32vous le savez
01:11:33interviennent
01:11:33dans un contexte
01:11:34plus large
01:11:35de tensions
01:11:36croissantes
01:11:37entre l'Europe
01:11:37et les Etats-Unis
01:11:38sur fond de conflits
01:11:40entre les empires
01:11:41chinois, russes
01:11:42et américains
01:11:43pression commerciale
01:11:45menace des droits
01:11:46de douane
01:11:46désaccords stratégiques
01:11:48sur l'Ukraine
01:11:48sur le Moyen-Orient
01:11:50sur la sécurité
01:11:51européenne
01:11:52nous devons
01:11:53regarder la réalité
01:11:54en face
01:11:55le rapport
01:11:56de force
01:11:57est redevenue
01:11:58hélas
01:11:59la règle
01:12:00dans les relations
01:12:01internationales
01:12:02guidées par le mercantilisme
01:12:04au caractère
01:12:05imprévisible
01:12:06où les objectifs
01:12:07de part de marché
01:12:09justifient désormais
01:12:11les agressions
01:12:12des empires
01:12:12tels que la Chine
01:12:14et les Etats-Unis
01:12:15nous devons
01:12:16tenir
01:12:16nous devons
01:12:18défendre
01:12:18nos valeurs
01:12:19nos intérêts
01:12:20stratégiques
01:12:21notre économie
01:12:22remettre
01:12:24le droit international
01:12:25au centre
01:12:26de la relation
01:12:27entre les pays
01:12:28la France
01:12:29dans ce contexte
01:12:30a une lourde responsabilité
01:12:33entre
01:12:34être une puissance
01:12:36d'équilibre
01:12:37ne peut pas signifier
01:12:38jouer les équilibristes
01:12:40entre les grandes puissances
01:12:41elle doit proposer
01:12:42une voie alternative
01:12:44fondée
01:12:45sur le dialogue
01:12:46la médiation
01:12:47le droit international
01:12:48l'Europe
01:12:50l'Europe aussi
01:12:50doit construire
01:12:51une diplomatie
01:12:52indépendante
01:12:53mais attention
01:12:54nous ne pouvons pas
01:12:55nous laisser entraîner
01:12:56dans un engrenage
01:12:57militaire
01:12:58qui transformerait
01:12:59des mesures
01:13:00défensives
01:13:01en un conflit
01:13:02régional
01:13:03incontrôlable
01:13:04sans perspective
01:13:05politique
01:13:05et surtout
01:13:06sans stratégie
01:13:07de paix
01:13:08nous devons
01:13:09rester vigilants
01:13:10car la frontière
01:13:12entre défense
01:13:13et engagement
01:13:13est ténue
01:13:14nous sommes
01:13:15sur un chemin
01:13:16de crête
01:13:16et des deux côtés
01:13:18il y a
01:13:18vous le savez
01:13:19le vide
01:13:19car nous sommes
01:13:21notamment liés
01:13:22à des accords
01:13:22de défense
01:13:23avec plusieurs
01:13:24états
01:13:24de la région
01:13:25Norte Portavion
01:13:27y est déployé
01:13:28en soutien
01:13:29à partenaires
01:13:30européens
01:13:30restons
01:13:31vigilants
01:13:32la France
01:13:33ne doit pas
01:13:34devenir
01:13:34redevenir
01:13:35même indirectement
01:13:37complice
01:13:37d'une guerre
01:13:38illégale
01:13:39il n'y a donc pas
01:13:40de double standard
01:13:41en droit international
01:13:43ou alors
01:13:44il n'y a plus
01:13:44de droit
01:13:45international
01:13:46cela ne doit pas
01:13:48être une formule
01:13:49mais une ligne
01:13:50de cohérence
01:13:51une ligne cohérente
01:13:52merci beaucoup
01:13:53merci à vous
01:13:54monsieur le député
01:13:56la parole est à présent
01:13:58à monsieur
01:13:58Jean-Louis Thieriot
01:13:59pour le groupe
01:14:00droite républicaine
01:14:14madame la présidente
01:14:16monsieur le premier ministre
01:14:17mesdames et messieurs
01:14:19les ministres
01:14:19mes chers collègues
01:14:22brutalement confrontés
01:14:24à une guerre
01:14:24qui n'est pas la sienne
01:14:26la France
01:14:27a aujourd'hui
01:14:28un visage
01:14:29et un nom
01:14:30qui surplombe
01:14:32ce débat
01:14:32c'est celui
01:14:34du major
01:14:35frillon
01:14:36magnifique
01:14:37sous-officier
01:14:38des troupes
01:14:38de montagne
01:14:39médaillé
01:14:40militaire
01:14:40trois fois cité
01:14:42à l'ordre
01:14:42de l'armée
01:14:43mort pour la France
01:14:44en Irak
01:14:45cette vie donnée
01:14:47dit la gravité
01:14:48de la situation
01:14:49elle nous impose
01:14:51de penser
01:14:52à sa famille
01:14:53à ses enfants
01:14:55à ses frères
01:14:56d'armes
01:14:57et aux blessés
01:14:58qui ont été frappés
01:14:59en même temps
01:15:00elle nous impose
01:15:01aussi
01:15:02d'être à la hauteur
01:15:03dans le respect
01:15:05et la retenue
01:15:07nous devons dresser
01:15:09des constats
01:15:10traiter des urgences
01:15:11porter une vision
01:15:12les constats
01:15:14sont factuellement
01:15:15établis
01:15:16notre pays
01:15:17fait face
01:15:18dans le golfe
01:15:18à une guerre
01:15:19qu'elle n'a pas choisie
01:15:21sur laquelle
01:15:22elle n'a pas été
01:15:22consultée
01:15:23cette guerre
01:15:24a été lancée
01:15:25sans fondement juridique
01:15:26sauf à développer
01:15:28la théorie
01:15:28un peu fumeuse
01:15:29des frappes
01:15:30préemptives
01:15:31autorisées
01:15:32par l'article 51
01:15:34de la charte
01:15:35de l'ONU
01:15:36nous savons tous
01:15:37ici
01:15:38depuis Jean Géraudou
01:15:39que le droit
01:15:40est la plus puissante
01:15:42des écoles
01:15:43de l'imagination
01:15:44jamais poète
01:15:45écrivait-il
01:15:46n'a interprété
01:15:47la nature
01:15:48aussi librement
01:15:50qu'un juriste
01:15:51la réalité
01:15:53mais
01:15:53hélas
01:15:54la réalité
01:15:55est là
01:15:55dans notre temps
01:15:56marqué par le recours
01:15:57désinhibé à la force
01:15:59le fait
01:16:00prime le droit
01:16:01cela posé
01:16:02si nous aurions tous
01:16:04préféré la voie diplomatique
01:16:05si nous espérons
01:16:06la désescalade
01:16:07nous n'allons pas
01:16:08pleurer
01:16:09les frappes
01:16:10contre le régime
01:16:11des Mollah
01:16:11nous n'oublions pas
01:16:13la guerre déclarée
01:16:14depuis 1979
01:16:15à l'Occident
01:16:16et à Israël
01:16:17avec la complicité
01:16:19d'une partie
01:16:19de la gauche française
01:16:21Michel Foucault
01:16:22en tête
01:16:23qui multipliait
01:16:24les déclarations
01:16:25énamourées
01:16:26à l'Ayatollah Khomeini
01:16:27nous n'oublions pas
01:16:29nos morts
01:16:29du Drakkar
01:16:30tombés sous les coups
01:16:31du Hezbollah
01:16:32au Liban
01:16:32en 1983
01:16:33nous n'oublions pas
01:16:35nos morts
01:16:35de l'attentat
01:16:36de la rue de Rennes
01:16:36en 1986
01:16:37nous n'oublions pas
01:16:39les 30 000 morts
01:16:40de la répression
01:16:41de janvier
01:16:42les femmes exécutées
01:16:43pour avoir refusé
01:16:44de porter le voile
01:16:46pour avoir simplement
01:16:47voulu rester libre
01:16:49le droit international
01:16:50ne peut être
01:16:51le bouclier
01:16:52des tyrans
01:16:53nul ne peut souhaiter
01:16:55en tant que tel
01:16:55l'échec
01:16:56des Etats-Unis
01:16:57avec un Iran
01:16:58affaibli
01:16:59encore plus radicalisé
01:17:00comme l'avait été
01:17:02la république
01:17:02de Salo
01:17:03après la déposition
01:17:05de Mussolini
01:17:06mais pour parler
01:17:07d'échec
01:17:08il faut savoir
01:17:09ce que sont
01:17:10les buts de guerre
01:17:11bien malins ici
01:17:12qui peut savoir
01:17:14ce que veulent
01:17:14les Etats-Unis
01:17:15s'agit-il
01:17:16de désarmer l'Iran
01:17:17s'agit-il
01:17:19de provoquer
01:17:19un changement
01:17:20de régime
01:17:21on n'a jamais vu
01:17:22des opérations
01:17:23aériennes
01:17:24y suffire
01:17:25et l'on sait
01:17:26que si l'on entre
01:17:27dans une guerre
01:17:28quand on veut
01:17:29on en sort
01:17:30quand on peut
01:17:32ce que nous voyons
01:17:33en revanche
01:17:33avec clarté
01:17:34c'est la stratégie
01:17:35de l'Iran
01:17:36il s'efforce
01:17:37de faire durer
01:17:38le conflit
01:17:38en profitant
01:17:39des bénéfices
01:17:40de l'asymétrie
01:17:41et de l'étendre
01:17:42à toute la région
01:17:43il frappe des pays
01:17:45auxquels nous sommes liés
01:17:46par des accords
01:17:47de défense
01:17:48il prend le monde
01:17:49en otage
01:17:50en bloquant
01:17:51le détroit d'Hormuz
01:17:52pour provoquer
01:17:53une crise pétrolière
01:17:54il s'attaque
01:17:55à l'Europe
01:17:56en envoyant
01:17:56des drones
01:17:57sur Chypre
01:17:58il attaque
01:17:59Diego Garcia
01:17:59avec des missiles
01:18:00balistiques
01:18:01de longue portée
01:18:02qu'elle niait
01:18:03détenir
01:18:04prouvant
01:18:05que notre continent
01:18:06est potentiellement
01:18:07à la merci
01:18:07de ses frappes
01:18:08enfin
01:18:09par le truchement
01:18:10du Hezbollah
01:18:11il jette
01:18:12le Liban
01:18:12dans la guerre
01:18:13à ce jour
01:18:15et notre groupe
01:18:16tient à le dire
01:18:17publiquement
01:18:18la réaction
01:18:19de notre pays
01:18:20a été
01:18:21irréprochable
01:18:23nous avons réussi
01:18:25malgré quelques
01:18:25couacs inévitables
01:18:27à évacuer
01:18:28nos ressortissants
01:18:29qu'ils souhaitaient
01:18:29nous respectons
01:18:31nos accords
01:18:31de défense
01:18:32grâce à l'engagement
01:18:33de notre armée
01:18:34de l'air
01:18:35nous avons réussi
01:18:36seul en Europe
01:18:37à déployer
01:18:38notre flotte
01:18:39en un temps record
01:18:40pour faire face
01:18:42à toute éventualité
01:18:43merci à nos marins
01:18:45nous travaillons
01:18:46à créer
01:18:46une coalition
01:18:47des volontaires
01:18:48indépendantes
01:18:49des opérations
01:18:50en cours
01:18:51pour assurer
01:18:52la liberté
01:18:52dans le détroit
01:18:53d'Ormouz
01:18:54quand le conflit
01:18:55aura baissé
01:18:56en intensité
01:18:56enfin
01:18:57nous multiplions
01:18:59les initiatives
01:19:00au service
01:19:01de la désescalade
01:19:02pour éviter
01:19:03qu'une crise régionale
01:19:04ne se transforme
01:19:06en crise systémique
01:19:07qui en cas
01:19:08de destruction
01:19:09des infrastructures
01:19:10pétrolières
01:19:11pourrait plonger
01:19:12le monde
01:19:13dans un tragique
01:19:14hiver économique
01:19:16fiable
01:19:17mesurée
01:19:18active
01:19:19la France
01:19:20a été à la hauteur
01:19:21de sa vocation
01:19:23singulière
01:19:25la situation
01:19:26nous impose
01:19:26de traiter
01:19:27trois urgences
01:19:28la première
01:19:29est la crise
01:19:30des munitions
01:19:30en particulier
01:19:32des missiles solaires
01:19:33mais pas seulement
01:19:34vous en avez parlé
01:19:35monsieur le premier ministre
01:19:37nos stocks sont bas
01:19:38très bas
01:19:39nous le savons
01:19:40depuis des années
01:19:40l'actualisation
01:19:42de la LPM
01:19:42aura vocation
01:19:44d'y répondre
01:19:44notre groupe
01:19:46souhaite savoir
01:19:47quel est le plan
01:19:48vous y avez largement
01:19:49répondu
01:19:50le plan pour produire
01:19:51plus vite
01:19:52le plan pour que
01:19:53les industriels
01:19:54accélèrent des cadences
01:19:55le plan pour lever
01:19:56les goulots
01:19:57d'étranglement
01:19:58je suis particulièrement
01:20:00heureux
01:20:01monsieur le premier ministre
01:20:02de voir qu'avec
01:20:04France Munition
01:20:05vous évoquez
01:20:06et enfin
01:20:07ce financement
01:20:09privé
01:20:09que j'avais
01:20:11recommandé
01:20:12dans le rapport
01:20:13que m'avait confié
01:20:14votre prédécesseur
01:20:16heureux de servir
01:20:17c'est comme cela
01:20:19qu'uni
01:20:19ont fait avancer
01:20:20notre pays
01:20:21de plus
01:20:23si cette guerre
01:20:24prouve l'excellence
01:20:25de la stratégie
01:20:25occidentale
01:20:26face aux menaces
01:20:28balistiques
01:20:28les plus compliquées
01:20:29à intercepter
01:20:30nous accusons
01:20:32comme d'autres pays
01:20:33les américains
01:20:34également
01:20:34un retard évident
01:20:36dans la lutte
01:20:37anti-drone
01:20:38la LAD
01:20:38face à des drones
01:20:40chahed à 30 000 euros
01:20:41tirer des missiles
01:20:42à 500 000 euros
01:20:43n'est pas soutenable
01:20:45des entreprises
01:20:46innovantes
01:20:47proposent des solutions
01:20:48en France
01:20:49l'Ukraine a développé
01:20:50des drones
01:20:50anti-drone
01:20:51l'artillerie solaire
01:20:53moins chère
01:20:53donne des résultats
01:20:55évidemment agissons
01:20:56une autre préoccupation
01:20:58majeure
01:20:59est l'avenir du Liban
01:21:00le Hezbollah
01:21:01a choisi
01:21:03de trahir
01:21:04son pays
01:21:05et de le précipiter
01:21:07dans la guerre
01:21:08déjà victime
01:21:10de l'abominable
01:21:11pogrom
01:21:11du 7 octobre
01:21:12Israël
01:21:13a le droit
01:21:14de se défendre
01:21:15nul ne saurait
01:21:16lui daigner
01:21:17mais l'intégrité
01:21:19du Liban
01:21:19ne saurait
01:21:20être sacrifiée
01:21:22notre pays
01:21:23a des liens
01:21:23particuliers
01:21:24avec le pays
01:21:25du cèdre
01:21:26saluons ici
01:21:27le courage
01:21:28du gouvernement
01:21:29libanais
01:21:30qui a officiellement
01:21:31exigé
01:21:31le désarmement
01:21:32du Hezbollah
01:21:33conformément
01:21:34à la résolution
01:21:351559
01:21:36de l'ONU
01:21:37allons plus loin
01:21:39soyons aux côtés
01:21:40de l'armée libanaise
01:21:41qui seule
01:21:42est en mesure
01:21:43de le faire
01:21:44on sait
01:21:45ces difficultés
01:21:46nous sommes déjà
01:21:47à ses côtés
01:21:48notre groupe
01:21:49monsieur le premier ministre
01:21:50souhaite
01:21:51que nous ne nous interdisions
01:21:52rien
01:21:53pour accomplir
01:21:54avec les Libanais
01:21:56cette tâche
01:21:57de restauration nationale
01:21:58d'un peuple martyr
01:22:00enfin
01:22:01et c'est le défi
01:22:03le plus important
01:22:04pendant que nous discutons
01:22:06ici
01:22:06une autre guerre
01:22:08se poursuit
01:22:09qui menace
01:22:10la sécurité
01:22:11de l'Europe
01:22:11un millier
01:22:13de drones
01:22:13se sont abattus
01:22:14la nuit dernière
01:22:15la nuit dernière
01:22:16sur l'Ukraine
01:22:18tout indique
01:22:19que Moscou
01:22:20prépare son offensive
01:22:21de printemps
01:22:23c'est la Russie
01:22:24qui profite
01:22:25des événements
01:22:26du Golfe
01:22:26la hausse
01:22:27des cours
01:22:28du pétrole
01:22:28remplit ses caisses
01:22:30plus grave
01:22:31la consommation
01:22:32effrénée
01:22:33de munitions
01:22:34par les Etats-Unis
01:22:35constitue une menace
01:22:37les livraisons
01:22:38promises à l'Ukraine
01:22:39ne pourront pas
01:22:40être honorées
01:22:41dans les temps
01:22:42pire
01:22:43en cas de difficulté
01:22:44à l'Est
01:22:45ou en Extrême-Orient
01:22:47Washington
01:22:48risque de ne pouvoir
01:22:49soutenir un combat
01:22:50sur deux ou trois fronts
01:22:52faute de stock
01:22:53tout simplement
01:22:54nous
01:22:55Européens
01:22:56nous pouvons être
01:22:58seuls
01:22:58c'est d'autant plus
01:23:00préoccupant
01:23:01monsieur le Premier ministre
01:23:02qu'une guerre
01:23:03informationnelle
01:23:04commence en Estonie
01:23:05avec la revendication
01:23:07par des proxys
01:23:08russes
01:23:09de créer
01:23:09une république
01:23:10populaire
01:23:11de Narva
01:23:12autour des minorités
01:23:13russophones
01:23:14de cette ville frontière
01:23:16aujourd'hui
01:23:17ce n'est qu'un bruit de fond
01:23:19mais c'est ainsi
01:23:20que cela avait commencé
01:23:21dans le Donbass
01:23:23en 2014
01:23:24un drone
01:23:25s'est abattu
01:23:26aujourd'hui
01:23:27sur une centrale électrique
01:23:28alors monsieur le Premier ministre
01:23:31qu'allons-nous faire
01:23:32pour soutenir l'Ukraine
01:23:33quand le véto hongrois
01:23:35paralyse le plan d'aide
01:23:36à Kiev
01:23:38je rappelle ici
01:23:39que ce qui se joue
01:23:40ce n'est pas seulement
01:23:41le destin de l'Ukraine
01:23:42c'est celui
01:23:43de la sécurité
01:23:44de l'Europe
01:23:44une Ukraine forte
01:23:46est la plus solide
01:23:47garantie
01:23:48pour dissuader
01:23:49Moscou
01:23:49d'une aventure
01:23:51contre nos alliés
01:23:52du flanc Est
01:23:52c'est un devoir
01:23:54de sécurité nationale
01:23:55si la droite républicaine
01:23:58est par conviction
01:23:59réservée
01:24:00sur la fédéralisation
01:24:01de la dette
01:24:02il est des urgences
01:24:03géopolitiques
01:24:04qui balayent
01:24:05tout
01:24:05qui emportent
01:24:07tout
01:24:07l'Ukraine a besoin
01:24:09de ces 90 milliards
01:24:11gagés
01:24:11je le rappelle
01:24:12sur les actifs
01:24:14gelés
01:24:15je commettrai
01:24:17une faute
01:24:17à cette tribune
01:24:19à l'heure
01:24:19où le monde
01:24:20vit un instant
01:24:21de vérité
01:24:22si je ne partageais
01:24:23pas mon inquiétude
01:24:25de voir un parti
01:24:26de cet hémicycle
01:24:27s'afficher
01:24:29complaisamment
01:24:30à Budapest
01:24:31avec Victor Orban
01:24:32dont on apprend
01:24:33qu'il communique
01:24:35en temps réel
01:24:35au Kremlin
01:24:36les discussions
01:24:37confidentielles
01:24:38de l'Union Européenne
01:24:42être patriote
01:24:43ce n'est pas seulement
01:24:45se draper
01:24:45de tricolores
01:24:46c'est voir
01:24:47quels sont
01:24:48les vrais
01:24:49intérêts
01:24:50du pays
01:24:52ces urgences
01:24:53nous imposent
01:24:54une vision
01:24:55à long terme
01:24:56nous devons d'abord
01:24:57renforcer
01:24:57l'autonomie stratégique
01:24:59de l'Europe
01:24:59au sein du pilier
01:25:01européen de l'OTAN
01:25:02le chef d'état-major
01:25:03des armées
01:25:04rappelait avant-hier
01:25:04à la conférence
01:25:05de Paris
01:25:06combien l'imprévisibilité
01:25:08de notre allié américain
01:25:09avait des conséquences
01:25:10pour notre sécurité
01:25:11nous avons progressé
01:25:13la coalition des volontaires
01:25:15destinée à apporter
01:25:16des garanties
01:25:17de sécurité
01:25:17à l'Ukraine
01:25:18en cas de cesser le feu
01:25:19a prouvé
01:25:20que la France
01:25:21et la Grande-Bretagne
01:25:22étaient capables
01:25:23d'organiser
01:25:24avec nos alliés
01:25:25une opération
01:25:26majeure
01:25:27en européen
01:25:28en respectant
01:25:29le principe
01:25:30de la seule
01:25:31responsabilité
01:25:32des nations
01:25:33dans la défense nationale
01:25:34principe
01:25:35inscrit
01:25:36dans les traités
01:25:37et voulu
01:25:38de toute évidence
01:25:39par les peuples
01:25:40de nos vieux pays
01:25:41cette preuve
01:25:42par les actes
01:25:43doit nous inciter
01:25:44à l'optimisme
01:25:45elle doit nous inciter
01:25:47à l'action
01:25:47comme l'a montré
01:25:48de manière lumineuse
01:25:49un rapport
01:25:50de l'IFRI
01:25:51publié en octobre
01:25:522025
01:25:53l'Europe peut faire
01:25:54l'Europe sait faire
01:25:56maintenant
01:25:56elle doit faire
01:25:57et faire vite
01:25:58en se dotant
01:25:59de stratégiques
01:26:00et n'ableur
01:26:01ce qui lui manque
01:26:01avec un seul mot d'ordre
01:26:03avec les américains
01:26:04autant qu'il est possible
01:26:06sans les américains
01:26:07autant qu'il sera nécessaire
01:26:10cela signifiera
01:26:11nécessairement
01:26:12une réflexion
01:26:12sur le format
01:26:13de nos armées
01:26:14voilà donc pour ce débat
01:26:16sur la guerre
01:26:16au Moyen-Orient
01:26:17et ses conséquences
01:26:18pour les français
01:26:19débat
01:26:21organisé
01:26:21sur la demande
01:26:22de certains groupes
01:26:23politiques
01:26:24notamment
01:26:24les écologistes
01:26:25et les insoumis
01:26:26un débat
01:26:27qui n'a donné lieu
01:26:28à aucun vote
01:26:29et qui de toute façon
01:26:30n'engageait pas
01:26:31la responsabilité
01:26:32du gouvernement
01:26:33Sébastien Lecornu
01:26:35a précisé
01:26:35devant les parlementaires
01:26:37la position
01:26:38de la France
01:26:38puissance d'équilibre
01:26:40qui reste
01:26:41sur une position
01:26:42défensive
01:26:43sans s'impliquer
01:26:45dans ce conflit
01:26:47c'est la fin
01:26:47de cette séance
01:26:48on se retrouve
01:26:49très vite
01:26:49même lieu
01:26:50même endroit
01:26:51très bonne suite
01:26:51de programmes
01:26:52sur LCP
01:26:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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