00:00J'avais une avocate qui m'a dit, tu sais, il y a un des policiers qui est venu voir
00:02ses enfants plusieurs fois,
00:03qui leur a apporté jouer pendant les tours.
00:05Tu sais, quand on fonde tout, moi je partais pour 20 ans, ma femme est en prison,
00:08elle me dit, enfin, la dasse et tout.
00:09C'était un peu... quoi, c'est un peu compliqué quand même.
00:13Quand j'ai appris ça, ça m'a énormément touché.
00:15Pour le 1er janvier, j'ai écrit une lettre, j'ai écrit une carte postale à sa brigade, à la
00:21BRB,
00:22en les remerciant pas de m'avoir arrêté, mais on l'a reçu.
00:25Tu aurais pu ?
00:26Oui, oui, oui. Mais pour leur humanité, etc.
00:29Et Pierre m'a répondu, et on a commencé à avoir une relation épistolaire.
00:33Après, j'ai arrêté de trucs, parce que je voulais pas qu'il y ait d'ambiguïté.
00:37Parce que Pierre étant le directeur d'enquête, quand tu passes aux assises plus tard,
00:40c'est lui qui vient témoigner et tout.
00:43Et moi, je voulais pas qu'il croise que j'ai gardé une relation avec lui pour...
00:47Je l'ai jamais cru, je l'ai jamais tenté, c'est ça.
00:49Donc j'ai arrêté. Après, au procès, il a été tellement...
00:54Moi, je pourrais dire ça, que là, au cas général, M. Folacci, on me connaît bien,
00:58on est un peu étonné par votre témoignage.
00:59On dirait que vous avez l'amitié ou je sais pas quoi pour cet individu.
01:04Il a dit non, je vous raconte ce qu'il en est.
01:06J'ai pris 14 ans, j'ai fait appel, et Pierre est revenu la deuxième fois.
01:10Il a eu toujours pareil, témoignage...
01:13Plutôt sympa.
01:14Voilà, sympa.
01:15Et puis, il est revenu, et l'après-midi est revenu.
01:18Au cas général, il nous a entendu ce matin.
01:20Il a dit non, ce matin, c'est le flic, c'est l'après-midi, c'est l'homme.
01:22Et il est venu témoigner, de 4 ans, je suis en bas de 10.
01:25Alors, il dit...
01:26Même s'il ne revoilait pas.
01:28Alors, si je peux...
01:30Non, un petit détail.
01:32J'ai pas fait un exploit, pourquoi ?
01:34Parce que, d'abord, j'ai témoigné à charge.
01:37C'est tellement trop courant que ça a l'appouché.
01:40Oui, mais j'ai témoigné à charge, parce que j'ai fait l'enquête.
01:43J'ai dit ce qu'il en était, c'était du factuel.
01:45Les faits, tels qu'on les a racontés, là.
01:48Après, on me demande ce que je pense de lui.
01:53J'ai dit ce que je pensais de lui, qu'il avait fait par amitié pour Jean-Louis.
01:56Pourquoi ? Pourquoi je dis ça ?
01:57Parce que des années après, c'est des années après que tu es passé aux assises.
02:00L'enquête, elle a duré quand même.
02:02Elle ne s'est pas arrêtée à l'arrestation de Patrick.
02:03On a continué tous les complices qui l'ont hébergé un peu,
02:09le copain qui les a amené à la carrière, à l'hélico, etc.
02:13On a remonté, retracé la cavale, tout ça.
02:15L'enquête a continué pendant plusieurs années.
02:17Et mon enquête, elle a montré quoi ?
02:19Qu'il n'y avait pas le banditisme derrière lui.
02:21C'était lui et lui seul avec sa femme.
02:24Il n'y avait pas de ron.
02:25Ils étaient à Payol.
02:26Ils n'avaient même pas volé une voiture, la preuve.
02:28Les gens à qui il a demandé de l'aide, par le biais de Jean-Louis,
02:31ils ont tourné le dos, ils ont dit, moi, je ne peux pas.
02:34Certains à qui il y avait téléphoné,
02:36je crois que j'ai des flics qui me surveillent,
02:38donc je ne peux pas, je ne peux pas.
02:39Tu vois, les mecs se sont tous éballonnés.
02:41Parce que l'accusation, au cas général,
02:43voulait faire tenir cette hypothèse en disant
02:45il y a le grand banditisme marseillais qui est derrière.
02:47Non, ce n'est pas vrai.
02:48Et du pognon, c'est-à-dire il a pris des ronds.
02:50Il n'y aurait pas fait pour l'osé.
02:51Le pognon.
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