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  • il y a 2 jours
Eric TABUTEAU

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00:01Ici Orléans, Donald Trump a-t-il envie de sortir de la guerre au Moyen-Orient ou au contraire va
00:07-t-il durcir dans les jours qui viennent l'ultimatum qu'il a fixé à l'Iran pour libérer le
00:12détroit d'Hormuz-Expire demain ?
00:14On le rappelle des revirements difficiles à suivre. Quelles conséquences sur le conflit ? On en parle avec notre invité
00:20ce matin Marie Dorsey. Nous recevons un professeur orléanais spécialiste des Etats-Unis.
00:24Bonjour Eric Tabuteau. Vous êtes aussi référent renseignement de défense et sécurité nationale. Difficile de distinguer le vrai du faux
00:32depuis plusieurs jours.
00:33Donald Trump affirme que des négociations sont en cours. L'Iran n'y tout. C'est une guerre de l
00:38'information qui a vraiment commencé ?
00:40C'est une guerre de l'information avec des conséquences effectivement militaires. C'est-à-dire que les parties prenantes
00:49n'ont pas vraiment intérêt à étaler au grand jour ce qui se passe réellement.
00:53Donc que des tractations aient lieu par-dessous, c'est à peu près évident, oui, effectivement.
00:58Donc Donald Trump l'arrot dit ce matin, l'Iran veut un accord. Ceux qui négocient ne le disent pas
01:03par peur de se faire tuer. C'est gros mais en même temps c'est logique.
01:07Oui, l'Iran veut certainement un accord mais qui lui soit favorable. Et les Etats-Unis veulent un accord qui
01:11leur soit favorable.
01:13Donc la question est de savoir où peut se trouver le point de rupture ou le point de négociation. Et
01:18sur cet aspect-là, on ne sait pas grand-chose finalement.
01:20Mais alors quel est l'intérêt de Donald Trump de continuer à dire qu'il y a des négociations alors
01:23que l'Iran nie ?
01:24C'est une façon d'avoir la main mise sur tous les pans de la guerre en fait.
01:28Je pense que Donald Trump s'est lancé dans une aventure dont il n'a peut-être pas complètement mesuré
01:32les conséquences.
01:34Et maintenant il doit en sortir la tête haute.
01:36Je pense que la pire des choses pour les Américains serait que les Etats-Unis soient humiliés.
01:40C'est-à-dire que finalement compte tenu de ce qui se passe sur le plan économique, des difficultés qui
01:44sont créées,
01:45les Etats-Unis soient amenés à négocier quelque chose qui ne leur soit pas finalement aussi favorable que ça.
01:51C'est-à-dire que le régime iranien reste en place par exemple.
01:54Ou alors que finalement les Trois-Dormous ne soient pas sécurisés comme il aimerait qu'il soit.
01:58Donc concrètement les Etats-Unis vont essayer de trouver une solution pour sortir la tête haute.
02:04Vous savez j'imagine que tous les Américains ont en tête ce qui s'est passé au Vietnam,
02:07ce qui s'est passé dans le Golfe, ce qui s'est passé en Afghanistan.
02:10Et ça, ça pourrait être le pire des scénarios pour les Etats-Unis.
02:12Donc c'est pour ça aussi que Donald Trump agite la menace de bombardements plus importants ?
02:17Il y a un ultimatum qui est fixé à ce soir ?
02:19Oui, alors ça c'est la rhétorique qu'il utilise.
02:21Maintenant on peut se poser la question de savoir quel peut être au final, si vous voulez, le poids ou
02:25le résultat de ces bombardements.
02:27On sait très bien que dans l'histoire des bombardements massifs ont eu lieu.
02:30C'était le cas pendant la Seconde Guerre mondiale, on a rasé l'Allemagne.
02:33C'était le cas au Vietnam, ça n'a pas nécessairement amené des victoires.
02:37Donald Trump qui parle depuis hier aussi d'envoyer des troupes au sol, ça changerait quoi à cette guerre ?
02:42Et déjà, est-ce que c'est possible d'envoyer des troupes au sol ?
02:44Alors les troupes au sol, si on en croit ce qui est rapporté par les médias,
02:49on est en train de parler de 2 à 3 000 parachutistes.
02:53On ne va pas envahir l'Iran qui est grand comme 3 fois la France avec 3 000 parachutistes.
02:57Pour vous donner un ordre d'idée, lorsque les Alliés sont arrivés en Normandie en 1944,
03:00il y avait 7 000 navires qui étaient alignés et 130 000 soldats.
03:04Bon, 3 000 soldats, ça a 3 000 parachutistes.
03:07On peut imaginer que ce qu'il a en tête, c'est effectivement d'essayer d'envahir l'île de
03:10Karg,
03:11qui est une île stratégique, puisque c'est ce qui contrôle en gros l'exportation de pétrole iranien.
03:16Cela étant, c'est aussi quelque chose de très dangereux.
03:18Parce qu'en imaginant que les soldats américains prennent possession de l'île de Karg,
03:23c'est une île, donc une île c'est une cible.
03:26Et à partir du moment où ils seront sur cette île, ils deviendront une cible privilégiée pour les missiles iraniens,
03:30puisque le continent iranien n'aura pas été occupé.
03:33C'est quelque chose d'extrêmement dangereux, et je ne suis pas bien certain que ce soit simplement un moyen
03:37de pression.
03:38Une menace qu'on montre, mais c'est à peu près tout, me semble-t-il, en tout cas pour
03:41l'instant.
03:42Des menaces d'un côté, assurance de négociation de l'autre, Donald Trump souffle chaud et le froid.
03:47C'est habituel, on se souvient des annonces fortes, puis des rétro-pédalages notamment pour les droits de douane,
03:52ça a concerné l'Europe.
03:54Il est vraiment imprévisible, ou est-ce que c'est prévisible justement de souffler le chaud et le froid ?
03:59Alors ça peut être prévisible de souffler le chaud et le froid.
04:02Finalement, vous savez, ça a été une tactique utilisée par l'Union soviétique pendant très très longtemps.
04:06Mais je dirais que dans la façon de souffler le chaud et le froid, il y avait une certaine prévisibilité.
04:10Ici, ce qu'il interroge, c'est l'imprévisibilité.
04:13C'est-à-dire que les choses s'inversent de façon totalement irrationnelle.
04:16Or, vous savez, le monde économique n'aime pas l'irrationnel, les diplomates n'aiment pas non plus l'irrationnel.
04:22Donc tout ça laisse finalement les différents observateurs très très pensifs.
04:26Et est-ce que les Américains aiment l'irrationnel ?
04:29Vous qui suivez chaque jour ce que disent justement les journaux, les télévisions américaines.
04:33Est-ce qu'il est toujours soutenu, Donald Trump ?
04:35Par sa base en tout cas.
04:37Oui, il est soutenu par sa base, même si on a vu qu'il y avait des fractures qui étaient
04:40en train de se créer.
04:40Notamment parce que sa base était opposée à ses interventions à l'étranger.
04:45Sa base était profondément isolationniste.
04:48Donc ça, ça a effectivement...
04:49Donc pas d'intervention à l'étranger ?
04:50Voilà, pas d'intervention à l'étranger, ce qui est un vieux démon américain.
04:53Donc il y a probablement une certaine fracture.
04:55En même temps, si vous voulez, on ne peut pas nier que sa base pense qu'il y a certains
05:00résultats positifs.
05:01Et notamment au plan intérieur.
05:03Aussi terrible que ça puisse paraître, l'arrêt quasi total de l'immigration représente pour sa base une victoire.
05:11De même que certaines mesures qu'il entend prendre, comme par exemple forcer les gens à avoir un quart d
05:14'identité lorsqu'on vote,
05:16c'est considéré comme une victoire.
05:17Donc il est un peu tôt à l'heure actuelle pour se dire que sa base est entièrement déçue.
05:21Mais on voit bien quand même, dans les résultats des dernières élections partielles qui ont pu avoir lieu aux Etats
05:25-Unis,
05:25qu'il y a une certaine érosion.
05:27Et celle-là, elle est notable.
05:28Et ça pourrait évidemment continuer aussi en fonction de l'intervention extérieure des Etats-Unis.
05:33Surtout si les choses sont compliquées pour eux.
05:35Merci beaucoup Eric Tabuteau d'être venu pour essayer d'y voir un peu plus clair dans toute cette affaire.
05:40Merci beaucoup, bonne journée à vous.
05:41C'est moi qui vous remercie, au revoir.
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