00:00Être libre, musicalement, pour moi, ça veut dire essayer des choses, oser d'avoir un autre regard.
00:11Nemanja Radulovic est un violoniste franco-serbe à la carrière internationale.
00:16Il naît en 1985 en Yougoslavie.
00:19J'étais toujours entouré de la musique, on avait toujours beaucoup d'invités à la maison et la musique tournait
00:25toujours.
00:31Enfant, il se passionne pour le violon.
00:34Le premier concert, j'avais trouvé ça incroyable d'être sur une scène face à un public,
00:40d'avoir cette sensation que le ton n'existe pas, qu'une seconde peut durer une éternité.
00:46Tout le concert peut passer en une seconde.
00:50Mais les guerres de Yougoslavie bouleversent son quotidien de jeunes musiciens.
00:54Il y a eu pas mal de périodes différentes, d'abord avec l'embargo, les blockades.
01:01On n'a pas forcément les moyens d'aller dans un magasin et acheter, par exemple, une nourriture.
01:06La famille a fait que finalement, je considère que j'avais une belle enfance malgré tous les malheurs.
01:20Plus tard, à 14 ans, Nemanja Radulovic et sa famille fuient la guerre et s'installent en France.
01:26C'était un tel changement par rapport à ce qu'on vivait.
01:30On voyait les gens, ça ne parlait pas de la guerre ou des inquiétudes.
01:34Découvrir le métro, pour moi, c'était quelque chose d'assez exceptionnel à l'époque.
01:39J'ai trouvé que le métro avait toute une vie et je regardais les gens, j'observais,
01:44habillé différemment, tellement de cultures différentes dans un même wagon.
01:48Et au conservatoire, j'avais beaucoup de chance de travailler avec Patrice Fontana Rosa.
01:53À cette période-là, l'adolescence m'a montré la voie de l'amour, de la beauté.
02:09Je pense que le style change forcément avec l'âge.
02:15J'avais cette liberté de la part de mes professeurs, de la part des collègues avec lesquels je partageais la
02:22scène.
02:23Toujours de me dire, il faut essayer des choses.
02:26Par moment, ça va être bien.
02:27Par moment, ça va complètement planter.
02:29Et puis, ce n'est pas grave.
02:30C'est ça la recherche.
02:31C'est ça la création.
02:39Une liberté, mais quand même dans le travail de tous les jours, elle est très cadrée, cette liberté.
02:45Au moment du concert, on ne sait pas comment on va se sentir.
02:49On peut être plus fatigué, on peut être moins concentré.
02:51Donc d'avoir un cadre et quelque chose qu'on a préparé, c'est pas mal non plus.
02:55Faire la balance entre ce qu'on ressent et ce qui sont nos moyens au moment du concert.
03:09Je pense qu'il faut beaucoup de travail, mais il faut oser.
03:13Et c'est ça pour moi la liberté.
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