00:00Le chemin du bureau pour Itzik, c'est 60 mètres à grimper tous les matins
00:04pour atteindre la cabine de sa grue sur un chantier de Tel Aviv.
00:08Et une fois là-haut, sa plus grande crainte désormais,
00:11une alarme qui pourrait se déclencher, comme ce matin,
00:15où il se filme pour nous, tentant de trouver un semblant de protection
00:18sous les poutres métalliques de sa cabine.
00:22Impossible pour lui de rejoindre un abri à temps,
00:25il lui faudrait une dizaine de minutes.
00:26Ensuite, quand l'alerte laisse 90 secondes aux habitants pour se mettre en sécurité,
00:35les frappes et les interceptions de missiles,
00:39lui, il les voit en direct, depuis le ciel.
00:45Nous le retrouvons à sa pause déjeuner, qui commence par un coup de fil pour rassurer.
00:50Allô maman, ça va ?
00:52Ça va et toi, j'aimerais vraiment que tu puisses arrêter ce travail.
00:57Mais en se repassant la frappe de ce matin...
01:02Je vois vraiment tout ce qui se passe dans le ciel,
01:04contrairement aux gens qui sont dans les abris.
01:06Ce matin, j'ai vu une interception de missiles, vraiment pas loin.
01:09Va savoir si ça ne sera pas sur moi la prochaine fois.
01:11Il aimerait bien arrêter, mais le secteur de la construction est classé secteur essentiel.
01:16Aucune indemnité en cas d'arrêt pour lui.
01:19Injustifiable pour Roy, le fondateur du syndicat des Grutiers.
01:23On pourrait très bien installer des passerelles jusqu'à l'immeuble en face
01:27et le mettre à l'abri, au moins derrière des murs en béton.
01:30Je ne vois pas pourquoi risquer ma vie pour cette construction.
01:33Est-ce que ça va nous aider à gagner contre l'Iran, le Liban ?
01:36Ça aide juste l'économie.
01:38Chaque jour, depuis le début de la guerre,
01:40600 grues, comme celle d'Itsak,
01:42continuent de construire des immeubles,
01:43au rythme des alarmes et sans abri possible pour ces ouvriers.
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