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À l'occasion de l'arrivée de son documentaire "I'm Carl Lewis" sur CANAL+, la légende américaine de l'athlétisme s'est longuement confiée à Marine Clerc et George Eddy sur les meilleurs moments de sa carrière, les épreuves qu'il a dû surmonter dans sa vie et l'héritage de ses combats politiques. 

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Sport
Transcription
00:08C'est une légende mondiale que l'on reçoit. Carl Lewis, merci beaucoup d'être avec nous.
00:14Merci beaucoup de votre accueil. C'est toujours un grand plaisir d'être avec vous et j'ai des très
00:25bons souvenirs de la France, notamment l'année dernière.
00:27C'est un honneur et c'est un honneur pour Georges Eddy, j'en suis sûre, qui vous accueille avec
00:32moi sur ce plateau.
00:34Carl, vous n'êtes évidemment plus du tout à présenter mais on va juste quand même remontrer votre palmarès.
00:39Vous représentez à vous seul 9 titres olympiques, 8 titres de champions du monde, tout cela en sprint et en
00:47saut en longueur, ce qui paraît déjà complètement fou de nos jours.
00:51Je suis donc avec Georges Eddy, on l'a dit. Je sais que vous vous connaissez, que vous vous êtes
00:56déjà rencontré. À quelle occasion, Georges ?
00:58Pendant des grandes meetings d'athlétisme en France, notamment à Villeneuve-d'Ascq à la fin des années 80 et
01:05le début des années 90.
01:07Carl, est-ce que vous vous souvenez des moments que vous avez passés il y a un moment avec Georges
01:10?
01:11Ah oui, bien sûr, pardon. Mais oui, évidemment que je me souviens de lui. Alors, parfois, j'ai du mal
01:18à me souvenir ce qui s'est passé mardi, mais là, je me souviens de ces moments-là, oui.
01:22Alors, regardez, on va regarder un extrait qui est issu de l'un de nos documentaires qui vous concerne, Georges,
01:27Mr. Georges. Ça va vous parler.
01:31Carl Lewis, normalement, devrait aller avec Georges revoir la course, car tous les deux sont en train de devenir les
01:37meilleurs copains du monde.
01:38Et on va l'entendre tous les deux. Alors, on va faire le lancer.
01:42This is great. I hope I can give it to him. We're going to give you a cassette. Il a
01:45demandé qu'on lui donne une cassette. C'est chose faite.
01:48Ce sont de bons souvenirs, Georges.
01:51Fantastic.
01:53Alors, Carl, on va parler du documentaire autobiographique qui vous concerne. I'm Carl Lewis. C'est diffusé sur Canal+,
02:00sur Canal+, Doc.
02:02Vous êtes une légende mondiale, on l'a dit, mais ce documentaire, il montre un homme beaucoup plus intime.
02:07Qui est Carl Lewis aujourd'hui ?
02:11Oui, écoutez, je pense que c'est vrai que c'est un documentaire qui me décrit un peu plus moi,
02:19qui raconte mon histoire.
02:20Et moi, je voulais raconter pas l'histoire qu'on connaît de moi, mais surtout m'intéresser à qui j
02:27'étais lorsque j'étais un sportif professionnel.
02:30Quand j'ai commencé l'athlétisme, c'était un sport qui était encore très amateur.
02:36Et moi, je voulais qu'on puisse être élevés au même rang que les autres sports.
02:41Et j'avais ce courage-là de pousser mon sport pour qu'on soit reconnus et qu'on soit aussi
02:47respectés et que tout le monde aussi comprenne qu'il faut être traités, qu'il fallait que nous soyons traités
02:52comme d'autres sportifs.
02:54Donc c'est ça, en fait, l'histoire que je veux raconter. Je suis un genre d'influenceur avant l
03:00'heure, en quelque sorte, parce que là, on rentre vraiment dans les détails de ma vie, des années 80 jusqu
03:06'à la fin de ma carrière, et même jusqu'à aujourd'hui.
03:09Alors, vous avez raconté des choses tout à fait incroyables dans ce beau documentaire qu'on a beaucoup aimé regarder.
03:18Vous nous avez dit aussi que, malheureusement, vous n'avez pas eu de relation de long terme dans votre vie
03:24privée, et puis vous avez une vie privée, en fait, très limitée, parce que vous donnez tout votre temps, votre
03:29énergie à votre carrière en tant qu'athlète.
03:33Mais depuis le début, on voit qu'il y a des liens familiaux très forts qui vous ont accompagnés tout
03:40au long de votre carrière.
03:42Mais vous avez tout à fait raison. C'est vrai que je dis aux jeunes aujourd'hui qu'il faut
03:50travailler, travailler surtout quand on est jeune, c'est plus simple à cet âge-là.
03:55Moi, j'essayais d'être un personnage qui, en fait, n'existait pas. J'essayais d'être un professionnel dans
04:03un sport qui était, par ailleurs, amateur.
04:05Donc, je savais qu'il fallait que je mette beaucoup de temps, d'énergie pour tirer mon sport vers le
04:13haut.
04:14Mais tout ça, j'ai aussi pu le faire parce que j'ai eu le soutien de ma famille. Et
04:18beaucoup de gens savent que ma mère a lancé un club d'athlétisme que j'ai ensuite été aussi accompagné
04:28énormément par mon père.
04:29Et sans toutes ces personnes autour de moi, je n'aurais rien pu réaliser. Avec le recul, maintenant, je m
04:35'aperçois que ma carrière, elle ne pourrait pas exister à nouveau.
04:38On n'est pas dans une société qui permettrait à une carrière comme ça d'exister.
04:47Quand on regarde ma carrière, c'est la carrière de quelqu'un qui essaye de changer les choses.
04:54Et on a pu changer les choses à l'époque, mais je ne sais pas si on pourrait le faire
04:58aujourd'hui.
04:59J'aime bien ce monde avec les réseaux sociaux. Moi, j'aurais été un roi des réseaux sociaux dans le
05:05sport moderne.
05:05Ça aurait été bon pour le sport, pour tout le monde. Mais bon, la donne est différente aujourd'hui.
05:10Et c'est ça que j'ai envie d'expliquer. Comment c'était les choses avant ? À quoi ça
05:14ressemblait le passé ?
05:15Et comment il a fallu opérer cette transition pour que l'athlétisme devienne un sport beaucoup plus professionnel ?
05:23Moi, j'étais connu dès mes 19 ans. J'étais très jeune.
05:26Donc, ma vie adulte toute entière a été passée sous les projecteurs.
05:32Et ça change qui vous êtes, qui vous entoure, comment on réagit, quels sont les amis aussi qui viennent vers
05:37vous et qui aussi restent à vos côtés.
05:40Donc, je pense que les jeunes aujourd'hui sont bien mieux préparés que moi, je ne l'étais à l
05:46'époque.
05:47Karl, on vous propose justement de regarder un extrait du documentaire sur l'image et sur ce que les gens
05:53pensaient de vous à l'époque.
05:57À cette époque, tout ce que je faisais, j'ai mal vu.
06:00Et pour moi, je me disais que ça ne touchait pas, c'était fou.
06:03Et ça m'a fait des d'un point de vue émotionnellement.
06:07Quand tu es jeune, quand tu écris tout ça, c'est dur.
06:12Et tu dis, pourquoi ils font ça ? Qu'est-ce qui se passe ? Toute cette haine, cette colère.
06:17Ça m'a vraiment affecté, ça m'a profondément blessé.
06:22Après les JO, dans n'importe quel autre pays du monde, il aurait été considéré comme un Dieu vivant.
06:29Mais pas aux Etats-Unis.
06:33Il y a beaucoup de choses qu'ils ne se rendent pas compte, c'est que beaucoup de gens ne
06:42se rendent pas compte que vous êtes perçus comme étant le sportif, l'athlète le moins talentueux de votre famille.
06:49Vos parents sont devenus des coachs, votre sœur était aussi extrêmement douée pour le son longueur.
06:56Vous, vous aviez beaucoup de talent, mais on voulait plutôt que vous soyez musicien quand vous étiez petit.
07:00C'est ce que vos parents pensaient à l'époque.
07:04Et c'est fou de se dire qu'avec beaucoup de travail, avec de la détermination, vous êtes arrivé à
07:09un niveau extrêmement élevé.
07:11Et puis, vous étiez finalement un des meilleurs athlètes dès le début de l'âge adulte.
07:17Merci de le souligner, en effet.
07:20La première chose que j'ai envie de dire, c'est que j'ai eu la chance d'avoir des
07:25parents patients.
07:27Mes parents étaient des très grands coachs, des très grands athlètes.
07:31Et ils m'ont enseigné qu'il fallait pleinement exploiter mon potentiel.
07:38Donc, j'ai eu la patience d'attendre ma poussée de croissance.
07:42Quand j'avais 16 ans, je faisais à peine 1m67.
07:46J'étais encore très petit en taille et je pensais que j'allais rester assez petit en taille.
07:52Mais en fait, j'ai eu beaucoup de chance d'avoir cette patience.
07:57C'est des parents qui me disaient qu'il fallait attendre.
08:02Alors, je ne sais pas s'ils y croyaient vraiment.
08:03Mais en tout cas, ils m'ont très gentiment dit qu'il fallait être patient.
08:07Et j'ai attendu de pouvoir pleinement exploiter mon potentiel et puis grandir.
08:16Karl, vous en avez parlé, vous avez subi beaucoup de critiques, des remarques racistes, homophobes.
08:23Est-ce que selon vous, la société, elle a changé aujourd'hui ?
08:28Ben, écoutez, je pense qu'il faut prendre un peu de recul et se dire que tout ça, ça s
08:38'est passé il y a une quarantaine d'années.
08:41Il y a aussi le mouvement des droits civiques qui était intervenu à peine 20 ans avant.
08:48Il y a beaucoup de lois, beaucoup de progrès vers plus d'égalité qui finalement étaient assez récents dans les
08:56années 80.
08:58Et chacun était en train de s'habituer, de s'adapter à ces changements-là.
09:02Donc moi, j'étais au cœur de toutes ces évolutions en tant qu'athlète, où je demandais à ce que
09:07l'on soit mieux payé.
09:11Je n'étais pas non plus un homme blanc qui avait une famille, une vie très stable, etc.
09:16Donc j'étais un peu difficile à décrypter pour les médias.
09:19Et on ne peut pas précipiter non plus les choses.
09:22Moi, je n'avais que 19 ans lorsque j'ai commencé.
09:25Donc m'occuper de tout ça et devoir traverser tout ça à un jeune âge, c'était difficile.
09:34Mais en tout cas, je suis très heureux parce qu'on m'a donné toute cette force, ce soutien aussi
09:42pour traverser ces épreuves.
09:44Parce que parfois, je me prenais un peu la tête à deux mains en me disant « mais qu'est
09:47-ce qui se passe ? »
09:48Mais je n'ai jamais lâché les bras, je n'ai jamais abandonné.
09:53Et j'ai toujours recherché à être cette meilleure version de moi-même et de contrôler ce que je pouvais
10:00maîtriser et pas plus.
10:03Alors, vos parents ont été effectivement des militants pour les droits civiques et votre père a été agressé pendant des
10:16manifestations.
10:17C'est d'ailleurs pour cela que votre famille a déménagé, a quitté le New Jersey.
10:22Et vous avez dit que Jesse Owens, avec ses quatre médailles d'or en 1932, était toujours considéré comme un
10:34« nègre » et n'avait pas le droit d'être dans un hôtel de bonne qualité ou de bon
10:40standing.
10:41Et vous, vous avez ouvert une nouvelle ère, un nouveau chapitre pour les sportifs noirs.
10:47Oui, et merci de le souligner, parce que c'est vrai que c'est une distinction importante.
10:51Mes parents étaient très militants, ils connaissaient Dr. Martin Luther King, Rosa Parks.
10:56Et donc, on parlait de ces personnages-là, on parlait des droits civiques, on parlait du fait qu'il fallait
11:04être fier d'être qui nous sommes et qu'il fallait faire ce que l'on pensait être juste.
11:11Et puis ensuite, on faisait aussi beaucoup de comparaisons entre moi et Jesse Owens.
11:16On disait « mais tu ne seras jamais un Jesse Owens ».
11:18Et moi, je disais « mais écoutez, quand Jesse Owens était professionnel, personne ne le traitait avec respect. »
11:27Et à Berlin, il ne pouvait pas aller dans ces hôtels-là, il ne pouvait pas être rémunéré comme les
11:37autres, il n'était pas considéré comme les autres.
11:39Il a été ostracisé et on se moquait de lui.
11:43Moi, c'est quelqu'un que j'ai énormément admiré et j'ai été extrêmement fier de le rencontrer quand
11:49lui était assez âgé, moi jeune.
11:51Et pour moi, ça a été une inspiration absolument incroyable.
11:55Et quand on m'a dit que je ne serai jamais Jesse Owens, j'ai dit « bien sûr que
11:59non ».
12:00Mais en tout cas, moi, je me suis servi de lui comme un exemple pour devenir ce qui moi je
12:04suis devenu.
12:05Et c'est important de porter ces messages-là.
12:09Alors oui, on peut se servir de Jesse pour essayer de me décrédibiliser.
12:14Mais moi, j'essaye de prendre l'exemple de Jesse Owens pour nous porter tous un peu plus haut.
12:23Aux Etats-Unis, on est dans une société qui est extrêmement focalisée sur son passé, si bien qu'on a
12:33oublié ce qu'est l'égalité.
12:36On a des tas d'enjeux dont on parle aux Etats-Unis et on ne parle même plus de ce
12:41qui est bon, juste on oublie même de parler d'égalité.
12:44Il y a des gens qui sont tellement privilégiés aux Etats-Unis que l'égalité, ça ne leur traverse même
12:49pas l'esprit.
12:52Et donc, voilà, c'était ça déjà les problèmes que nous avions à l'époque.
12:56Je me souviens des propos racistes que j'entendais quand j'étais petit, en grandissant.
13:01Mais en tout cas, moi, j'étais prêt à surmonter tout ça.
13:05C'était difficile.
13:07La période actuelle est difficile aujourd'hui.
13:09À bien des égards, elle est pire.
13:10Mais bon, j'ai surmonté ces épreuves-là et à la fin de ma carrière, on a utilisé la chanson
13:19Elton John, « I'm still standing » pour justement rendre hommage à ma carrière.
13:24Et c'est vrai que je suis toujours resté debout.
13:26Peu importe les colibés, peu importe les insultes, peu importe ce qu'on a pu dire à mon sujet, je
13:35me suis toujours tenu debout.
13:36Et je pense que c'est ça, vraiment, qui compte, c'est tenir debout et essayer d'améliorer les choses
13:41pour tout le monde autour de soi.
13:43Carl, vous êtes évidemment un exemple pour les générations prochaines.
13:48On a parlé de Jesse Owens qui vous a inspiré.
13:50On a aussi parlé de vos parents en source d'inspiration qui vous ont inspiré.
13:54On vous propose de revoir un extrait qui concerne vous et votre père sur un moment très important de votre
14:01vie.
14:01C'est dans le documentaire « I'm Carl Lewis » à découvrir sur Canal+.
14:04J'étais très occupé et j'avais trop de choses à faire pour me consacrer à autre chose que la
14:11chanson.
14:12Et puis je me suis dit, qu'à l'avent.
14:16On n'a pas eu l'occasion de passer de temps ensemble.
14:21J'avais 25 ans qui l'a décidé.
14:24Et puis il est 60 ans.
14:27Il a manqué.
14:31Il a manqué beaucoup de choses.
14:36Il a manqué des choses qu'on aurait pu partager et qu'il n'a vu les Jeux en Olympe.
14:42Des choses qu'il aurait rendu fier.
14:47Ce documentaire, Carl, il évoque évidemment aussi votre carrière.
14:50On a envie de vous demander quel est votre plus beau souvenir des Jeux olympiques.
15:00Écoutez, vous savez, les 100 mètres à Los Angeles, je pense que c'est le meilleur souvenir.
15:06C'est la première médaille aux Jeux olympiques.
15:09C'est un sentiment quasi indescriptible.
15:12C'était la plus grande épreuve, celle qui m'a apporté le plus de joie.
15:18Mais ça reste pour moi quand même le tour de piste à Atlanta après ma victoire, après le saut en
15:26longueur.
15:27Vous savez, pour le saut en longueur, tout le monde vous accompagne, vous applaudit, vous applaudit quand vous allez chercher
15:31votre médaille.
15:34Mais ensuite, ça a été annoncé dans le stade.
15:38Tout le monde s'est levé dans le stade et j'ai pu faire un tour d'honneur.
15:42Et toutes les épreuves se sont arrêtées.
15:46Et je suis allé voir des gens, saluer des gens, voir des athlètes, des sportifs, des fans, des gens que
15:53j'avais connus depuis longtemps.
15:56Jesse Jackson était au premier rang et il m'a appelé.
15:59Et je l'ai pris dans mes bras et j'ai énormément pensé à lui la semaine dernière puisqu'il
16:05nous a quittés.
16:06Et puis il a dit une prière et ma sœur, Carole, est descendue des gradins jusqu'à la piste.
16:12Et elle aussi, elle m'a pris dans ses bras sur la ligne d'arrivée.
16:16Donc ça, c'est un moment qui, évidemment, est un moment qui m'a beaucoup marqué.
16:21Mais c'est le 100 mètres, c'est vrai, qui est mon meilleur souvenir sportif.
16:25Et c'était aussi un moment de communion, de communion sincère entre vous et le public américain, les fans américains.
16:37Peut-être un moment de communion qui est arrivé un peu tard dans votre carrière.
16:42Et j'ai une autre question pour vous justement sur votre carrière, c'est est-ce que vous considérez que
16:49le saut en longueur à Tokyo, au championnat du monde,
16:56dont beaucoup de personnes disent que c'était le plus grand duel de l'histoire de l'athlétisme.
17:03Et puis c'est vrai, parce qu'à la fin, vous perdez.
17:07Mais on a beaucoup de personnes qui se souviennent de ce moment, un moment où vous étiez beaucoup plus humanisé.
17:16C'est d'ailleurs ce que Bob dit dans le documentaire.
17:18On a des gens qui vous ont vu être à un niveau incroyable.
17:25Mais là, vous avez accepté votre défaite et vous étiez presque ami avec Mike Powell, qui était votre plus grand
17:32adversaire pourtant.
17:33Dites-nous-en un peu plus.
17:40Écoutez, c'est vrai que dans l'histoire de l'athlétisme, j'ai participé à des moments incroyables.
17:45Les 100 mètres à Tokyo, c'était une course incroyable, même dans le contexte d'aujourd'hui.
17:50Mais l'épreuve sous longueur, je pense qu'effectivement, c'était assez unique.
17:55En fait, c'était une performance assez incroyable.
17:59On avait cinq personnes qui déjà avaient sauté extrêmement loin,
18:04qui avaient enregistré de très bonnes performances à leurs différents essais.
18:10Donc déjà, le niveau était très élevé.
18:14Et ce qui se passe dans ce genre de situation, c'est qu'on finit par interpréter les choses telles
18:25qu'on a envie de les voir.
18:27Les gens veulent me voir comme quelqu'un de bon, de moins bon, je ne sais pas trop.
18:31Mais ce qui s'est passé à Tokyo, en tout cas, c'est que nous avons été humanisés.
18:38Et surtout, on a donné une voie de sortie possible, une sortie par les hauts.
18:44Parce que bon, je gagnais, je gagnais.
18:46Et puis là, j'ai perdu avec dignité, dit-on.
18:49Donc je pense que ça a été un moment peut-être, voilà, on a pu se réconcilier avec le public.
18:55En plus, j'étais un peu plus âgé.
18:58Donc c'était la fin de quelque chose et le début d'autre chose.
19:02Et moi, je pensais d'ailleurs que j'allais battre le record du monde et m'en tenir à ça.
19:08Arrêtez-la parce que c'est trop difficile.
19:13Mais voilà, pour moi, ça a permis de poursuivre ma carrière en saut en longueur.
19:19Ça m'a permis de faire du saut en longueur pendant cinq ans de plus.
19:23Et c'était au bout de dix ans de carrière à peu près.
19:28Mais j'ai pu aller ensuite aux Olympiques après cette épreuve-là.
19:33Donc non, ça a rallongé un peu ma carrière.
19:37Et ça a été une soirée spéciale.
19:40Mike et moi, on continue d'ailleurs à discuter, à échanger.
19:44Et je peux vous dire que c'est tout simplement incroyable, incroyable de voir que le record de Mike Powell
19:50est plus en vigueur.
19:54Mais il y a des gens qui n'essayent même plus de le battre.
19:56En fait, personne n'essaye de le battre, ce record du monde-là.
20:01Et moi, j'ai détenu un record pendant 42 ans.
20:08J'espère que quelqu'un pourra au moins le battre avant que je meure.
20:13Je compte vivre longtemps, certes, mais si quelqu'un peut le battre, il reste 35 ans pour que quelqu'un
20:21vienne battre mon record.
20:22J'ai envie de savoir qui c'est.
20:24Un dernier mot rapidement.
20:26Qu'aimeriez-vous que le public retienne en regardant ce documentaire ?
20:34Moi, je veux qu'ils se souviennent que c'était, pour moi, la période la plus difficile de ma vie.
20:44Et moi, j'avais un objectif dès l'âge de 19 ans, c'est de faire de l'athlétisme un
20:50sport professionnel.
20:51Je ne savais pas que ça serait aussi dur.
20:54Je ne savais pas que j'aurais autant d'adversaires.
20:56Je ne savais pas qu'il y aurait autant de difficultés, autant d'épreuves, que ce soit quand j'étais
21:03contre Ben Johnson, le dopage, quand je demandais à ce qu'on soit mieux payé.
21:07J'espère que ce qu'on retiendra de ce documentaire, c'est qu'on a finalement beaucoup de difficultés semblables
21:13aujourd'hui.
21:15Moi, je me souviens qu'aux Jôles Olympiques, j'étais aux côtés de la Dream Team.
21:18Et on voyait qu'il y avait des professionnels, et on s'est dit que nous aussi, nous étions professionnels,
21:24comme eux.
21:24Et en fait, 30 ans plus tard, on s'aperçoit qu'on n'est pas des professionnels.
21:30On n'était déjà pas à l'époque, mais on ne l'est pas maintenant.
21:32On est dans un sport où ce n'est pas les sportifs qui gagnent le plus d'argent.
21:38Moi, j'ai beaucoup travaillé, les athlètes ont beaucoup travaillé.
21:40Et Moses, Michael Johnson, beaucoup d'autres athlètes ont énormément travaillé pour que le sport devienne professionnel.
21:50Et on voit que les progrès qui ont été réalisés, on est en train, finalement, de reculer.
21:57Donc, j'espère qu'en regardant ce documentaire, les gens vont se rendre compte que c'était difficile,
22:03qu'on a réussi à faire des choses et que les athlètes, aujourd'hui, doivent poursuivre cet héritage-là.
22:08Merci infiniment d'avoir été avec nous sur les antennes de Canal+.
22:11C'était un honneur, Carl Lewis.
22:13Je pense que Georges vous remercie également.
22:16C'était un vrai honneur.
22:19Et on le rappelle, I'm Carl Lewis est donc un documentaire à découvrir sur Canal+.
22:24Vous avez mieux vieilli que moi.
22:27On a des cheveux blancs, qu'est-ce qui nous est arrivé ?
22:30Bon, ça fait plaisir de vous avoir vu.
22:31Merci beaucoup à vous.
22:33Merci beaucoup, Carl Lewis.
22:34I'm Carl Lewis est donc un documentaire sur Canal+.
22:36À bientôt, Carl.
22:37Au revoir.
22:38Bye bye now.
22:41OK.
22:44C'est la fin de cette édition spéciale.
22:46Carl Lewis était en exclusivité sur notre plateau.
22:50On espère que vous avez passé un bon moment, Georges.
22:52C'était un bon moment.
22:52Oui, c'était absolument génial.
22:54Merci.
22:55I'm Carl Lewis, documentaire à découvrir sur Canal+,
22:57et sur les applications Canal+.
22:59Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
23:00Merci.
23:01Merci.
23:04Merci.
23:06Merci.

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