24:18Et bien de la pluie
24:20Ça fait comme une cloche
24:22Ça fait un abri
24:24Là on est sur la sphère tombeau
24:27la tombe d'un arbre en fait
24:29c'était un fruitier
24:31qui était sur mon jardin
24:33Les branches, au lieu de m'en débarrasser
24:38J'ai décidé de rendre hommage à l'arbre
24:43Je vais travailler qu'avec
24:46tout ce que me produit mon jardin
24:48Toute la biomasse qu'elle m'offre en fait, on peut tout recycler, la nature n'a pas de poubelle.
24:57Ça refait de l'humus et puis c'est une petite réserve de vie.
25:15Alors celle-là, je l'avais posée là pour toute autre chose et puis du coup, le temps que je
25:24me dise qu'est-ce que je vais faire dans cette sphère, imaginer, rêver, lui c'est improvisé là.
25:30Et du coup, je l'ai laissé là et je compose mon jardin comme ça des fois par ce côté
25:36où je jardine le sauvage.
26:05J'ai envie d'être le plus végé possible, je voudrais jardiner comme un oiseau.
26:36Sous-titrage Société Radio-Canada
26:47J'ai commencé par une prépa littéraire et après j'ai poursuivi jusqu'à un master de recherche.
26:57Dans lequel il y avait déjà beaucoup de réflexions sur le rapport de l'homme à la nature, l'écologie.
27:13Je me suis rendu compte en étant professeur que l'activité physique me manquait beaucoup.
27:32Et que je me suis rendu aussi compte que quand j'ai les mains dans la terre, je ne vois
27:39pas le temps passer.
27:46Je pense que de mettre son corps en mouvement, c'est quand même quelque chose de...
27:56Je ne sais pas comment expliquer ça, mais ça fait du bien.
28:01Même si c'est parfois douloureux à la fin de la journée ou à la fin de la semaine.
28:09Ça fait circuler l'énergie dans le corps.
28:13C'est comme si j'étais absorbée dans un autre monde.
28:49C'est comme si j'étais absorbée dans un autre monde.
28:50Un pigné, il se lève des fois le matin, il a des douleurs.
28:54Il les néglige. Il ne les écoute pas, ces douleurs.
28:58Jusqu'au jour où... Voilà.
29:02J'ai eu une hernie foraminale qui a touché la moelle épinière.
29:06Ça a mis un petit peu le bazar dans mon bras.
29:08J'ai perdu un peu de force.
29:09Et puis, moi, j'ai pris ça comme un avertissement.
29:13Donc, il a fallu que je m'adapte.
29:16Là, en l'occurrence, c'est du matériel un peu médical.
29:19Là, c'est une poignée de déambulateurs.
29:24Et ça, c'est un garde-corps de l'immédicalisé.
29:27C'est les barreaux.
29:28C'est ce qui se monte sur le côté.
29:31Et au bout, c'est simplement un bout de fer.
29:35Fer plat que j'ai plus ou moins cintré, affûté.
29:41Le but de créer un outil, c'est de trouver l'outil qui convient,
29:44qui soit adapté.
29:48Il y a plein d'étapes.
29:51Chaque outil est différent.
29:53Chaque outil a son petit caractère.
29:54C'est comme un stylo plume.
29:56On n'a pas la même sensation d'une plume à l'autre.
29:59C'est ce qui me sert à écrire sur le sol, voilà.
30:14On devrait jardiner la surface du sol de manière légère.
30:19On va se faire moins mal, déjà.
30:21Et puis, on va faire moins de mal à la terre.
30:34C'est le prolongement de mon bras, tout ça.
30:38La douleur, de toute façon, elle est toujours un peu là.
30:42Mais avec l'outil, elle est plus légère.
30:53Le corps du jardinier, c'est l'équilibre même.
30:56Parce qu'on est sans arrêt en train de faire des gestes.
30:59On peut se mettre à genoux par terre, coucher debout, monter sur des échelles.
31:05On est dans des situations spatiales très variées.
31:11On agit en tant qu'outil complexe.
31:14On permet au corps et à l'esprit qui fonctionnent ensemble, là,
31:19de jouer avec tout ce qu'on peut faire.
31:22Les mains, évidemment.
31:24Et c'est un privilège considérable par rapport à énormément d'autres métiers.
31:32Les jardiniers ne répètent pas.
31:35Parce que tout est différent, à des niveaux différents.
32:05Les jardiniers ne répètent pas.
32:35Les jardiniers ne répètent pas.
32:48J'ai l'impression qu'ils me portent à la fin.
45:01Je n'ai pas envie de finir dans un musée ou quoi que ce soit.
45:06Je me consacre beaucoup plus au jardin,
45:09puis il y a la réflexion qui gravite autour du jardin,
45:11et de l'homme dans son jardin,
45:14et l'homme dans sa maison.
45:17Mais sa maison, c'est en définitive, quelque part,
45:21enfin pour moi, c'est plus le jardin.
45:36La balançoire, c'est ma petite cabane.
45:43C'est ici que je tente le hamac de l'été,
45:46avec la moustiquaire surtout.
45:49La façon que tu as de jardiner,
45:53c'est une approche émotionnelle et onirique du monde.
45:58Dans ta rêverie, tu fais naître en même temps les végétaux,
46:02parce que tu es dans la création,
46:05et dans la création, tu as un lien avec le végétal,
46:08comme si tu jardinais en toi-même,
46:13comme si tu jardinais le monde.
46:15Là, tu vois, on voit ce poirier.
46:18Si on s'invite,
46:22si on arrête de le regarder
46:26comme un sujet végétal,
46:29on va dire biologique,
46:32et qu'on arrive,
46:33qu'on se laisse aller à la rêverie,
46:36on voit un vieil être,
46:38on voit ces vieilles branches,
46:41toutes ces limousses
46:42qui racontent son vécu.
46:45Même avec la branche morte,
46:46ça a été une partie vivante,
46:48un jour, que j'ai connue, que j'ai soignée,
46:51il y a tout plein que j'ai accompagné,
46:53et puis bon, si elle est morte,
46:55il y a une raison,
46:55c'est peut-être que le jardinier
46:57n'a pas taillé au bon moment,
47:00mais je vais la réutiliser,
47:02en la réutilisant au jardin,
47:04pour composer quelque chose avec,
47:05je vais rendre hommage à ce vieillet.
47:08Batch, c'est une rencontre.
47:10C'est ça qui est beau,
47:11c'est que tu t'imagines aussi
47:12peut-être ce qu'il a pu vivre avant,
47:14et avant d'intervenir,
47:15tu essayes de comprendre d'abord qui il est.
47:33Il y a le cogito de Descartes,
47:35« Je pense, donc je suis »,
47:37et le jardinier, c'est « Je rêve, donc je suis ».
47:41« Je rêve, donc je suis dans le jour »
47:44« Je rêve, je rêve ! »
48:30Je le laisse pousser, je voudrais, tant qu'il rentre, je l'invite en fait dans mon habitat.
48:39Je vis en symbiose avec mon sol, c'est un amusement, mais il y a quelque chose, je partage quelque
48:47chose, un peu animiste, je suis un peu tout je crois, un peu hybride.
49:04Je sais d'être un homme.
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