00:00A trois jours du second tour des élections municipales, ici Lorraine continue de créer l'événement.
00:05A Nancy, les trois finalistes ont choisi notre radio pour leur dernière prise de parole publique.
00:10Après Sarah Farghali hier pour LFI et avant Mathieu Klein de la gauche unie demain,
00:15nous recevons ce matin l'ancien maire Laurent Hénard qui a fait l'union de la droite et du centre
00:20avec sa liste Nancy.
00:21Avec vous, Laurent Hénard répond en direct à vos questions Mathieu Barbier.
00:25Laurent Hénard, bonjour.
00:26Bonjour.
00:26Vous êtes arrivé deuxième du premier tour avec dix points de retard sur Mathieu Klein, y croyez-vous encore ?
00:32Oui bien sûr, pour deux raisons.
00:33La première c'est que les listes qui ont fait le choix du changement d'une certaine manière,
00:39parce que Mathieu Klein a fait le plein des voix de ceux qui veulent que rien ne change, font à
00:44peu près autant de voix.
00:45Quand vous êtes additionné mes voix, celle d'Emmanuel Lacresse notamment, ça on arrive à 41-43%, donc un match
00:52serré.
00:53Et moi ce que j'entends sur le terrain depuis lundi, c'est des gens qui me disent, en matière
00:57de sécurité par exemple,
00:58en matière de circulation et de déplacement, en matière aussi de fiscalité, six ans c'est déjà trop.
01:05Et moi je leur réponds, mais dans ce cas-là, dans six ans il sera trop tard.
01:09Donc on fait un appel à la mobilisation, mobilisation de ceux qui ne nous ont pas choisis au premier tour,
01:14mais qui veulent le changement, mobilisation aussi des abstentionnistes.
01:17Parce qu'à Nancy, on a moins voté que la moyenne nationale.
01:22La moyenne nationale, elle a un peu plus de 57% de participation, à Nancy on est tout juste à
01:2752%.
01:28Donc voilà, du porte-à-porte depuis lundi matin, une présence sur le terrain,
01:33la capacité, je le pense, à avoir des militants qui nous épaulent,
01:37et nous permettre de passer le message au plus grand nombre.
01:40Dans votre projet, il y a des questions ?
01:41Quelles batailles qu'on perd sont celles qu'on ne livre pas ?
01:43Vous avez raison, et n'en ayant jamais livré une en politique, je ne peux pas vous répondre.
01:47Donc, je me bats des 100% !
01:49Oui, jamais trop tard.
01:50Votre programme, on parle de santé notamment, d'ailleurs dans tous les programmes des trois candidats,
01:55la même question, comment faire revenir les médecins généralistes à Nancy ?
01:59Parce que la majorité d'entre eux ont plus de 60 ans, ils vont partir en retraite,
02:02et c'est très compliqué d'avoir un médecin traitant, même à Nancy, qui est pratiquement devenu un désert médical.
02:07Sur la santé, on a quatre idées simples.
02:09La première, c'est garantir à chaque Nancyenne.
02:11Chaque Nancyen, un médecin traitant.
02:12On le fait avec l'ordre des médecins, on le fait surtout en installant chaque année 10 médecins juniors
02:18auprès des généralistes de Nancy, dans les quartiers,
02:21qui, comme vous le dites très bien, doivent passer le relais,
02:23et cherchent donc de jeunes médecins pour les épauler.
02:26C'est ambitieux, un médecin traitant pour 100 000 Nancyens ?
02:29Mais bien sûr qu'il faut être ambitieux en matière de santé.
02:32Le rôle du maire, c'est de protéger les habitants.
02:34J'espère qu'on parlera aussi de sécurité.
02:36Donc, premièrement, on veut faire ça.
02:37Vous savez, ça se fait dans les milieux ruraux, permettre à un jeune médecin d'avoir un logement facilement,
02:42d'avoir une bourse la première année d'installation.
02:44On le fait dans des villages et dans des zones de campagne.
02:47On subventionne l'arrivée de médecins chez nous ?
02:49On va le faire aussi à Nancy.
02:51On ne subventionne pas l'arrivée et l'installation des médecins.
02:54On aide de jeunes médecins.
02:55Les médecins juniors, c'est les médecins en dernière année d'internat,
02:58à s'installer au moins un an à Nancy, à découvrir le quartier,
03:01et surtout à travailler avec un médecin déjà installé,
03:04qui a une patientelle et qui doit passer le relais.
03:06Deuxièmement, on veut le maintien, évidemment,
03:08et le développement d'un hôpital public de proximité sur le site de l'hôpital central.
03:12– Les activités vont déménager pour la plupart à Brabois d'ici une dizaine d'années.
03:16– C'est normal que ce qu'on appelle les plateaux lourds,
03:19donc les grands plateaux chirurgicaux,
03:20les services techniquement les plus importants,
03:22la médecine nucléaire, toutes ces choses compliquées,
03:24c'est logique de les concentrer à Brabois,
03:26mais il faut garder un hôpital de proximité sur le site de l'hôpital central,
03:30avec par exemple un CMSI, un centre médical de soins immédiats,
03:35une sorte d'urgence légère, avec de l'imagerie,
03:39avec des consultations, avec de l'ambulatoire.
03:41– La sécurité, vous en parliez, c'est un enjeu majeur dans cette campagne,
03:45Mathieu Klein veut développer la police municipale,
03:47qu'il a déjà abondamment développée ces six années,
03:50vous voulez rajouter des caméras de surveillance, vous avez budgété tout ça ?
03:53– Alors d'abord, il a moins développé la police municipale que j'avais pu la développer,
03:57il ne l'a surtout pas développée à la hauteur qu'il fallait le faire.
03:59– Selon vous, parce qu'il y a pratiquement 100 policiers,
04:01si on considère les agents de voie publique également ?
04:04– Vous ne pouvez pas comparer des agents de surveillance de la voie publique
04:06qui sont là pour vous mettre des PV quand vous vous stationnez, par exemple.
04:09– Oui, je sais, j'en ai pris quelques-uns.
04:10– Voilà, des médiateurs qui sont indispensables,
04:13mais qui font de la prévention avec des policiers qui ont une arme à feu,
04:16enfin je veux dire, à un moment donné, on ne peut pas tout mélanger.
04:18Donc aujourd'hui, nous ce qu'on veut, c'est deux fois plus de présence
04:21de police municipale et métropolitaine sur le terrain.
04:24Pourquoi faire ?
04:25Un, une police de proximité, des brigades par quartier,
04:29qui patrouillent à pied et pas en voiture,
04:31et que donc tout le monde peut voir, rencontrer,
04:34et qui protègent tout le monde, pas seulement au centre-ville.
04:37Deux, dans des quartiers sensibles comme le centre-ville,
04:39des patrouilles mixtes avec la police nationale,
04:41une brigade canine, quatre chiens et maîtres chiens,
04:44pour protéger les personnes sur les trottoirs,
04:47par rapport aux vélos et trottinettes électriques
04:49qui ne respectent pas le code de la route.
04:51Une brigade de police municipale, deux roues,
04:53vélo électrique, moto légère,
04:54qui permettent de contrôler ces contrevenants,
04:57de protéger les piétons,
04:58et de sanctionner ceux qui ne respectent pas le code de la route.
05:01Nous voulons une police métropolitaine des transports
05:04sur l'ensemble de la métropole,
05:06dans les bus et aux arrêts de bus.
05:08Plus 52% en cinq ans, 2019-2024.
05:12Plus 52% de délits dans les bus et les stations de bus à Nancy.
05:17C'est inacceptable.
05:19Donc nous avons, nous, la ferme volonté déjà,
05:20d'avoir plus de moyens humains sur le terrain.
05:23Et puis 500 caméras,
05:24alors qu'aujourd'hui Nancy en compte 75 à 80.
05:27500 caméras pour guider les patrouilles de police,
05:31pour avoir des moyens de preuve,
05:32et puis pour protéger les crèches,
05:34les altegarderies, les écoles, les collèges,
05:36les lycées, les campus, les maisons de retraite,
05:38les lieux qui accueillent du public.
05:40Je veux dire, ce n'est pas normal aujourd'hui.
05:41Regardez le fait divers qu'il y a eu à l'école Alfred-Mézière,
05:43où on n'a pas pu finalement interpeller la personne
05:46qui s'était présentée avec une arme devant l'école.
05:47On peut pas mettre un policier devant chaque école.
05:49Non, mais une caméra, oui.
05:51Ça n'avait rien à voir en plus avec l'école.
05:53Ils ont été tapés et séquestrés une dame.
05:55Ça n'avait rien à voir avec l'école.
05:57Ils sont passés devant une école, mais c'est comme ça.
05:58Ils n'avaient aucune intention de tirer dans l'école.
06:00Je parle de l'école Alfred-Mézière,
06:00où une personne armée a été vue par l'agent de la vie,
06:03qui a fermé l'école.
06:05Mais on n'a pas pu savoir qui avait l'arme,
06:07parce qu'on n'avait pas d'image.
06:08D'accord, ok.
06:09Vous ne laissez pas entendre qu'il n'y avait pas de policiers
06:11et qu'ils auraient pu intervenir dans l'école.
06:12Ce n'est pas ce que j'ai dit.
06:13Oui, bien sûr.
06:13Il faut vidéoprotéger les abords de nos crèches,
06:16de nos altégarderies, de nos écoles, de nos collèges,
06:18de nos lycées.
06:19Là, il y a nos enfants, les maisons de retraite,
06:21les lieux qui accueillent du public pour le sport ou la culture.
06:24Il faut que la vidéoprotection
06:27permette de savoir ce qui se passe
06:30et d'envoyer la police le plus rapidement possible.
06:33C'est la même chose pour les sans-bornes d'appel d'urgence
06:35que nous voulons installer dans la ville.
06:37Mais votre programme, il a un coût,
06:38on le voit avec tout ce qui tourne autour de la sécurité.
06:40Il ne voulait pas augmenter les impôts pendant six ans,
06:42alors qu'on ne sait jamais ce que l'État va donner aux communes maintenant,
06:44avec les difficultés de collecter l'impôt en France.
06:47Comment vous pouvez garantir ça ?
06:49Mais je l'ai garanti de 2014 à 2020
06:51avec une baisse historique des dotations de l'État
06:54aux collectivités locales.
06:55Parce que nous avons, du coup, fait des économies.
06:58Il faut gérer en bon père de famille le budget de la mairie.
07:00Les économies pourront permettre de financer
07:02tout ce que vous venez d'annoncer ?
07:03On va prendre, si vous voulez, deux chiffres rapides.
07:07Doubler la présence policière
07:08avec cette police municipale et cette police métropolitaine,
07:10c'est un départ à la retraite
07:12sur quatre chaque année.
07:14Dans d'autres services ?
07:15Dont le poste est transformé en poste de policier.
07:18Qui peut dire que dans une mairie à 1500 agents,
07:20dans une métropole à 1500 agents,
07:22il ne peut pas transformer
07:24un départ à la retraite sur quatre.
07:26Les caméras,
07:27si on fait par exemple 100 caméras nouvelles
07:30chaque année sur trois ans,
07:32c'est 450 000 euros.
07:34C'est 0,3% du budget
07:36d'investissement de la métropole.
07:38Donc quand on pose la question des moyens,
07:40là en fait, on camoufle une absence de volonté politique.
07:43Et nous, nous avons la volonté politique
07:46d'un choc de sécurité
07:47au bénéfice des Nancyennes et des Nancyens
07:49dès le début du mandat.
07:51Gernière question,
07:52Mathieu Klein vous a souvent reproché
07:53au cours de cette campagne,
07:54notamment dans le débat hier sur France 3,
07:57en partenariat avec ici Lorraine,
07:59d'être dans l'immobilisme.
08:00Alors on en pense qu'on veut,
08:01mais dans le mandat de Mathieu Klein,
08:02on pense tout de suite
08:03au trollet, à la piétonisation.
08:05Mais entre 2014 et 2020,
08:07vous retenez quoi ?
08:08Je retiens des leçons
08:10de ce que j'aurais pu faire mieux
08:12ou de ce que j'aurais dû faire.
08:14Et c'est la raison pour laquelle
08:15je dis aux Nancyennes et aux Nancyens
08:16que moi c'est avec un regard neuf
08:18que j'arrive,
08:19mais aussi avec une expérience.
08:20L'expérience du maire
08:22qui a été confronté aux attentats
08:24en 2015,
08:25au Covid en 2019 et 2020.
08:28Mon mandat, ça a été le mandat des attentats,
08:30le mandat du Covid,
08:31j'ai protégé la ville,
08:32j'ai fait traverser...
08:32Le Covid arrive en mars 2020,
08:34c'est quelques semaines après les élections.
08:36Non, nous ne sommes pas loin
08:37de la Porte Saint-Nicolas.
08:38La Place des Vosges,
08:39la restauration de la Porte Saint-Nicolas,
08:40par exemple,
08:41il y a eu sur le patrimoine
08:43énormément de travail de fait
08:44pour valoriser les choses.
08:46On a développé, par exemple,
08:47des activités périscolaires
08:49gratuites dans les écoles.
08:50Nous voulons les doubler,
08:51deux fois plus d'activités
08:53culturelles et sportives.
08:54Donc ce n'était pas
08:54un mandat d'immobilisme ?
08:55Mais surtout,
08:56Mathieu Klein parle du passé,
08:58je parle de l'avenir.
08:59L'immobilisme, c'est qui ?
09:00Et c'est Mathieu Klein
09:01qui ne proposera
09:02en matière de sécurité.
09:04L'immobilisme, c'est qui ?
09:06Viciens municipaux, par exemple.
09:07Et plus de caméras, quand même.
09:08Mais pas assez.
09:09On lui posera la question demain,
09:10mais pas assez.
09:11Il faut un effort massif.
09:14Nancy a déjà pris du retard
09:15par rapport à d'autres villes.
09:16Regardez les efforts faits
09:17à Metz, à Reims ou à Dijon.
09:20En matière de sécurité,
09:21c'est massif.
09:22Il faut que nous aussi,
09:23nous soyons volontaires
09:24sur ce sujet-là.
09:25Merci beaucoup, Laurent Hénard,
09:26d'avoir été notre invité ce matin.
09:27Vous serez donc sur le terrain
09:29jusqu'à demain soir, minuit.
09:30Après, c'est terminé.
09:31Ne faites surtout pas
09:31campagne samedi,
09:32vous serez hors la loi.
09:33Et rendez-vous dimanche
09:34pour le second tour
09:38des élections municipales.
09:40Je n'avais pas pensé
09:40à celle-ci,
09:41faire ses courses au supermarché.
09:42Bonne journée.
09:43Merci à vous.
09:44Bonne journée.
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