00:00On l'a dit, la centième journée des femmes et l'image qu'on va voir, l'image d'une
00:04femme totalement nue dans un caddie, les jambes écartées,
00:08apparaît aujourd'hui encore plus comme une provocation ultra sexiste.
00:12Alors, cette pub, elle n'était pas faite du tout pour choquer, en tout cas, elle n'avait pas vocation
00:15à venir perturber la célébration de la journée des femmes.
00:18C'est la photo de la pochette de l'album de Damien XVI qui sort à la fin du mois.
00:23L'artiste avait l'intention de se payer une petite campagne de pub, notamment pour les deux concerts qu'il
00:28donnait aux Zéniths.
00:29Sauf qu'il se heurte à une véritable censure.
00:32L'autorité de la Régulation Professionnelle de la Publicité estime que cette affiche présente un caractère dégradant pour l'image
00:39de la femme.
00:39Pourquoi ? Parce qu'elle y apparaît nue, mais surtout parce qu'elle est présentée comme une marchandise qu'on
00:43livre dans un caddie.
00:45Du coup, les régies pubs ont suivi, la RATP ainsi que plusieurs sociétés d'affichage ont dit qu'elles ne
00:50voulaient pas coller cette campagne de pub, diffuser cette campagne de pub.
00:54Sur les abribus, dans le métro et ce genre de...
00:58Et sur le... Voilà.
00:58Ou sur les grandes affiches 4x3.
01:00Non, pas dans l'espace public.
01:02Il y a un film de Bertrand Blayet avec Anouk Grimbert où elle est en permanence comme ça aussi.
01:06Bah oui.
01:07Voilà.
01:07Donc c'est une décision qui est soutenue.
01:09Merci la vie, non ?
01:11Merci la vie.
01:12Trop belle pour toi et merci la vie.
01:13Trop belle pour toi et merci la vie.
01:14Pardon, vous avez raison, vous avez raison, pardon.
01:15Et plus belle la vie aussi.
01:17Et plus belle.
01:17Sur France 3.
01:18Et merci pour toi.
01:19Et...
01:20Pardon.
01:21Non, c'est important.
01:23Vous en êtes bien.
01:25En tout cas, les chiens de garde, elles soutiennent cette décision de ne pas rendre publique cette campagne.
01:31Pourquoi ? Parce qu'elles sont attentives au sexisme des publicités.
01:33D'ailleurs, elles viennent de publier le palmarès des publicités les plus sexistes de l'année.
01:38Voilà.
01:38On écoute Florence Moreno qui est la présidente des chiens de garde.
01:41Cette image me fait penser à de la prostitution.
01:43On livre une femme nue avec des talons aiguilles.
01:46C'est pourquoi ?
01:47Alors, qu'est-ce que c'est que cette entreprise de proxénétisme qui est devenue la publicité ?
01:52Quand on réduit les femmes à être un corps nu, on oublie qu'elles ont aussi un cerveau, qu'elles
01:56peuvent s'en servir.
01:57Et qu'elles ont aussi un porte-monnaie et qu'elles pourraient cesser d'acheter ces produits qui ne cessent
02:01de les utiliser comme des objets sexuels.
02:04Bon, alors, les chaînes de garde sont choquées.
02:06Vous aussi, peut-être.
02:07N'hésitez pas à nous le dire sur canalplus.fr.
02:09Mais alors, qu'est-ce qu'il fait le chanteur, la Damien Seize ?
02:11Mais il contre-attaque.
02:12C'est pour ça que ce matin, dans Libération, il a publié justement l'affiche qui renvoie à son site
02:17internet,
02:17dans lequel, dès vendredi dernier, il avait publié et mis en ligne un texte.
02:21Voilà.
02:21Et Julien Belvert l'a rencontré ce matin.
02:23Il ne décolère pas.
02:24Pourquoi ? Parce que, justement, cette affiche, pour lui, elle dénonçait la société de consommation qui a aujourd'hui le
02:29censure.
02:30Donc, elle a été complètement mal comprise.
02:33Vous le voyez, le j'accuse ? Vous voyez la photo ? C'est quand même assez clair.
02:37Il faut apprendre à lire, messieurs.
02:39Il faut aller à l'école.
02:41Un caddie, un être humain, dans toute sa beauté, dans toute sa splendeur, dans le caddie, avec marqué j'accuse.
02:51Qu'est-ce qu'on veut de plus comme message ?
02:53Maintenant, c'est sûr que ce n'est pas pour vendre un soutien-gorge.
02:56C'est ça, le problème.
02:57Le problème, il est là.
02:58Le problème, il est que pour vendre un soutien-gorge ou un abonnement téléphonique, il n'y a pas de
03:02problème.
03:03Cette photo, c'est un miroir sur qui nous sommes.
03:05Il n'y a rien de sexiste là-dedans.
03:08Bien au contraire.
03:09Bon, il est en colère.
03:11Oui, il ne décolère pas.
03:12Du côté des publicitaires, on grogne aussi.
03:17Pourquoi ? Parce qu'ils pensent que les afficheurs deviennent de plus en plus frileux.
03:20Alors que ce soit avec la cigarette qu'on ne tolère plus, qu'on fait disparaître, y compris des affiches
03:25d'exposition.
03:25Souvent, la fameuse pipe de Jacques Tati qui avait disparu.
03:28Ou encore avec la nudité.
03:29On est très frileux.
03:30Et la pub est plus censurée que les médias.
03:33Alors qu'elle est parfois beaucoup plus dégradante, la télévision, pour l'image de la femme.
03:38On pense notamment aux émissions de télé-réalité, c'est ce que pense le directeur artistique de l'agence Euro
03:44-RSCG.
03:45J'ai effectivement le sentiment d'un retour à une certaine forme de frilosité, voire de censure.
03:51On est quand même aujourd'hui, il y a beaucoup de réserves qui sont prises.
03:55Et qui là encore, je trouve, sont en décalage un petit peu avec la société.
03:58Par rapport à ce qu'on peut voir sur d'autres médias, là encore,
04:02je ne vais pas taper à outran sur la télé-réalité.
04:05Mais quand on parle de l'image de la femme ou de l'image même de l'homme,
04:10il y a certaines émissions de télé-réalité qui sont, à mon sens, bien plus dégradantes que ce qu'on
04:14peut voir ici.
04:16– Bon, écoutez, je ne sais pas.
04:17Qui est choqué par cette pub, franchement, Nicolas ?
04:20– Je la trouve d'une vulgarité inouïe.
04:24– Est-ce qu'il faut pour autant l'interdire ?
04:25– Je suis choqué par l'idée de mettre une femme dans un caddie, de la livrer, etc.
04:29Mais apparemment, il dit j'accuse au-dessus.
04:30– Mais il y a les jaccuses, oui, c'est ça.
04:32– Il y a les deux trucs et encore, il y a la tentation de s'en foutre qui est
04:35le mieux en réalité.
04:37Mais non, mais c'est vrai, pourquoi pas ?
04:39– Non, mais ce qui est très bizarre, c'est qu'il reprend j'accuse de Émile Zola,
04:43qui prenait la défense d'Alfred Dreyfus.
04:45– On ne sait pas qui l'a pris à l'autre, si c'est Zola qui lui a piqué
04:49ou pas.
04:50– Parce que c'est quand même un peu…
04:52– Qui est un truc qui en fait, on ne sait pas très bien ce qu'il accuse, c'est
04:59ça qui ne colle pas.
05:00– Après, il faut écouter son album, il faut lui laisser le choix.
05:03– Donc c'est un truc pour aller prendre des places aux Zénithes de Paris, en gros.
05:06– C'est la pochette de son album.
05:08– Ça s'appelle une pub.
05:08– S'il a une chanson qui dit « j'accuse les gens de mettre des blondes dans des caddies
05:13»,
05:13– C'est une incitation à acheter des blondes.
05:16– Ceci dit, est-ce qu'on peut dire quand même que la tendance à prendre des êtres humains pour
05:22des objets,
05:24les hommes aussi en font les frais en ce moment dans la pub.
05:27– Et il y a aussi autre chose, c'est de dire toujours « je fais ça pour dénoncer, mais
05:31je le fais quand même ».
05:32– Mais comme ce n'est pas très clair…
05:33– En tout cas, quelle famille !
05:34– Amis-nous qu'on discute un peu.
05:35– Quelle famille, parce que son frère Benoît quand même…
05:37– Ah oui, Benoît XVI.
05:39– Ça c'est…
05:41– Il est d'une famille royale !
05:44– Non seulement il y a un pape dans sa famille, mais il y a un roi, il y a
05:49Louis.
05:50– Louis XVI.
05:50– Ah oui, oui, mais ils sont trois frères.
05:52– C'est le frère de Capron.
05:54– On se propose d'envoyer la pub, parce que là, c'est…
05:56– On est très bien.
05:57– Allez, à tout de suite, pour l'édition spéciale, merci.
06:00– Merci.
06:01– Sous-titrage Société Radio-Canada.
06:01– Sous-titrage Société Radio-Canada.
06:01– Sous-titrage Société Radio-Canada.
Commentaires