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  • il y a 5 minutes
Alors que l'adjudant-chef Arnaud Frion a été tué en Irak hier soir, Emmanuel Macron annonce que la France "continuera de faire preuve de sang-froid et de calme" malgré la mort d'un premier soldat français depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, réaffirmant que la France "n'est pas engagée en guerre". Sébastien Martin, ministre chargé de l'Industrie, était en direct sur BFMTV.

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Transcription
00:00Nous accueillons à l'instant le ministre délégué chargé de l'Industrie, Sébastien Martin.
00:04Bonsoir, Monsieur le ministre.
00:05Bonsoir.
00:06Bienvenue dans cette édition spéciale, alors que David Calfa est aussi avec nous, qu'on ne présente plus.
00:11Sébastien Martin, une réaction, tout d'abord à ces images, ce visage que l'on vient de voir,
00:17ce premier soldat français qui est donc mort depuis le début de ce conflit au Moyen-Orient.
00:23C'est évidemment une tristesse profonde et une émotion profonde, je crois, pour toute la nation.
00:28D'ailleurs, le président de la République lui a encore rendu hommage, le gouvernement également.
00:36Oui, la France est un grand pays et elle est présente partout, y compris dans les zones où c'est
00:42extrêmement dangereux.
00:44Et d'ailleurs, la mission d'Arnaud Frion était d'accompagner les troupes locales à se former dans la lutte
00:51anti-terrorisme.
00:52Et son sacrifice, quelque part, et sa mort, est à l'image aussi de ce qu'est notre pays.
00:59C'est-à-dire un combat aussi, quelquefois, pour les valeurs.
01:02Et notre attitude dans ce conflit, je crois, autour de valeurs, de ce qu'est notre pays et du rôle
01:06qu'il peut jouer dans cette région.
01:08La France n'est pas un grand pays, mais la France est aussi une cible.
01:11Qu'est-ce que vous dites à ces Français qui nous regardent ce soir et qui entendent depuis des jours
01:16que la France n'est pas en guerre,
01:18que la France ne veut pas de cette guerre et qui se demandent finalement, ce soldat, il est mort pour
01:23qui ? Il est mort pour quoi ?
01:24Il est mort parce que, vous avez bien vu, la stratégie de l'Iran, qui est d'essayer d'étendre
01:30le conflit pour faire une espèce de tâche qui se répand absolument partout
01:36pour qu'une crise qui, normalement, devrait être régionale, s'étende le plus largement et que, par voie de conséquence,
01:45ce conflit pèse sur les opinions publiques.
01:47Et je crois que la France, jusqu'à présent, justement, en étant sur cette attitude de position défensive,
01:54dit bien qu'elle n'entend pas participer directement à ce conflit, mais que, par contre, elle protège toutes celles
02:00et tous ceux qui, dans la zone,
02:01partagent avec nous la nécessité de ne pas céder face à ce pays.
02:04Le président de la République dit ce soir, pas question de changer de posture parce qu'il veut prendre le
02:09temps, selon vous,
02:10avant de tirer des conséquences de ce qui s'est passé, ou quoi qu'il en soit, il ne sera
02:15pas question de changer de posture dans ce conflit.
02:17Nous restons dans une posture défensive.
02:19Écoutez, moi, j'ai la modestie de dire que je suis ministre de l'Industrie et pas président de la
02:24République
02:24et que ces décisions, elles sont prises à son niveau.
02:27Par contre, la position de la France, jusqu'à présent, a toujours été aussi de prendre un peu de recul
02:33par rapport à des situations de crise et de jamais réagir à chaud.
02:38On voit bien tous ceux qui réagissent à chaud sur mes dossiers économiques,
02:42qui font des propositions parfois un peu farfelues.
02:44Je crois qu'on a, alors que l'état du monde est aujourd'hui extrêmement tendu,
02:49on a besoin de la hauteur de vue et je crois que et le président de la République et le
02:52gouvernement
02:53essaient d'être à ce niveau-là.
02:53On va aller dans votre domaine, évidemment, mais juste une question à titre personnel.
02:57Est-ce que vous pensez qu'il faut rendre un hommage national à ce soldat ?
03:00L'émotion est aujourd'hui, évidemment, nationale.
03:03Je laisserai le président de la République exprimer ce qu'il doit faire à ce sujet.
03:07– On est au 14e jour de ce conflit et les conséquences pour la France,
03:13les conséquences de cette guerre, elles sont déjà très concrètes et ce, dans plusieurs domaines.
03:19Qu'est-ce que vous dites ce soir à tous ces secteurs qui sont impactés ?
03:23Certains tirent leur épargne du jeu, mais beaucoup de secteurs sont impactés.
03:26Qu'est-ce que vous leur dites ce soir ? Est-ce que vous êtes inquiet ?
03:29– Moi, j'admire la capacité avec laquelle les secteurs économiques
03:35prennent cette situation avec quand même une forme de calme.
03:39J'ai reçu un certain nombre de secteurs industriels
03:43qui, aujourd'hui, voient la situation telle qu'elle est.
03:47Et le paradoxe, c'est qu'on parle beaucoup du pétrole et du cours du pétrole.
03:52Et en réalité, nos secteurs industriels sont plus inquiets, finalement,
03:56par les questions de gaz, car il y a aussi une partie de gaz
04:01qui vient de cette région.
04:02Donc, pour le moment, si vous voulez…
04:04– Pour vous, c'est même le sujet le plus à risque.
04:06– C'est le sujet qui est important pour un certain nombre de secteurs industriels.
04:09Je vais prendre deux secteurs industriels, par exemple la production de verre.
04:12La production de verre, eh bien, pour faire des fours…
04:16Il y a certains fours qui sont des fours électriques
04:17et il y a aussi des fours qui marchent avec du gaz.
04:20Le gaz, le prix du gaz a augmenté, mais…
04:23– Mais, c'est pour ça que je dis « mais »,
04:27beaucoup d'industriels sont couverts par des contrats.
04:29– Oui.
04:29– Et ils ont, donc, une partie de leur fourniture
04:32qui a des tarifs qui ont été fixés par des contrats
04:35et parfois une partie aussi avec les prix directement sur le marché.
04:39Donc, pour le moment, ils arrivent à encaisser cette secousse.
04:43Il est évident que, par contre, si ça devait durer des mois et des mois,
04:46les contrats devraient être revus,
04:48la part reprise sur les marchés serait sans doute plus importante
04:50et les conséquences se verraient sur notre secteur industriel.
04:54Pour le moment, ça tient,
04:55mais il ne faudrait pas que tout ça dure encore des mois et des mois.
04:58– Mais combien de temps ça peut tenir ?
04:58– Je ne sais pas, deux mois, trois mois.
05:00Je pense que nos secteurs industriels, aujourd'hui,
05:03arrivent à réguler cette situation
05:06en adaptant parfois les pics de production
05:09par rapport au moment où ils ont besoin d'aller prendre de l'énergie
05:12sur les cours des marchés.
05:13Et donc, on est très attentifs.
05:16les industries très énergo-intensives,
05:18le verre, par exemple,
05:19la chimie aussi, qu'on suit de très près
05:20parce qu'ils utilisent du gaz dans leur process.
05:22– Ces coûts supplémentaires,
05:23ils vont forcément se répercuter à la fin
05:26sur la facture des Français ?
05:28– Pour le moment, bien sûr,
05:31il peut y avoir certains secteurs industriels
05:33qui, si les choses venaient à durer,
05:35bien évidemment, il y a un moment
05:36où si des surcoûts sont trop importants,
05:39il y aura des discussions
05:40pour voir de quelle manière
05:41ils peuvent arriver à répercuter.
05:42Bon, la réalité aussi,
05:45c'est que nos tissus industriels
05:47ont eu l'habitude d'affronter des chocs.
05:50On a eu 2020 Covid,
05:51on a eu 2022 crise énergétique ukrainienne,
05:54on a celle-là aujourd'hui.
05:56Donc, ils arrivent à adapter les choses
05:57et pour le moment,
05:58je dis bien pour le moment,
05:59il n'y a pas trop d'impact.
06:00– Mais sans tomber dans le catastrophisme,
06:02– Non, essayons d'être…
06:03– Il y a assez de choses pour le faire.
06:04– Oui, mais essayons d'être concrets aussi.
06:06Est-ce qu'il y a forcément des choses
06:09que les Français vont payer plus cher
06:11dans les semaines qui viennent ?
06:13– Je pense qu'on ne va pas revenir
06:15sur la question du carburant.
06:17– Alors, le carburant,
06:18l'occurrence, vous avez dit,
06:19les prix du carburant
06:20dépendent d'une sécurisation
06:21du D3 d'Ormuz
06:22à laquelle la France
06:22est en train de travailler.
06:24Nous sommes mobilisés au maximum.
06:25– Et même,
06:26attendez, non, non,
06:27sur le prix du carburant,
06:28je vous rappelle que hier,
06:29Roland Lescure a tenu
06:30une réunion très importante à Bercy.
06:32qu'à la suite de cette réunion,
06:35les distributeurs se sont engagés
06:36sur des baisses de prix,
06:37qu'aujourd'hui,
06:38je ne vais pas citer des noms
06:40car je ne peux pas faire de publicité,
06:41il y a quatre distributeurs
06:43qui ont baissé les prix aujourd'hui.
06:45D'autres s'étaient engagés également
06:46sur des prix plafonds.
06:48Donc, tout ça doit se mettre en place
06:50entre aujourd'hui et ce week-end.
06:53On devrait avoir des premiers signes.
06:54Et ça, c'est suite à l'engagement
06:55de Roland Lescure,
06:57de Serge Papin également.
06:58– Donc, il n'y a aucune raison
06:59que les prix à la pompe
07:02augmentent dans les jours qui viennent.
07:03Ça devrait être même l'inverse.
07:05– Chère madame,
07:05si demain, le détroit d'Hormuz
07:08devient une zone de conflit
07:10encore plus intensive,
07:11encore plus forte
07:12et qu'il n'y a plus aucune visibilité
07:13sur les approvisionnements,
07:15que les cours du bétrole
07:17explosent à 150 ou 200 dollars,
07:20bien évidemment que ça aura des impacts.
07:21J'essaie de prendre la situation
07:23telle qu'elle est aujourd'hui
07:24avec un environnement international
07:26qui est parfaitement imprévisible
07:27avec des décideurs
07:28qui ne sont pas européens
07:30qui sont complètement imprévisibles.
07:32Je vous dis simplement
07:33qu'aujourd'hui,
07:34dans l'état actuel des choses,
07:36des distributeurs
07:37ont pris des engagements.
07:38Les industriels arrivent
07:39à être assez résilients
07:41pour faire face à la situation
07:42et que le risque d'inflation
07:45pour l'instant est maîtrisé,
07:46mais qu'il est évident
07:47que si vous me réinvitez
07:49sur ce plateau
07:49dans trois mois
07:50ou dans quatre mois
07:51et que la situation
07:52n'a pas changé,
07:53ça aura un impact
07:53sur l'inflation dans ce pays,
07:54sur le coût pour les consommateurs.
07:55Alors que la tension militaire
07:56atteint un seuil critique
07:58quand même
07:58dans ce détroit d'Hormuz.
08:00Mais juste pour comprendre,
08:01puisque vous dites
08:01que la France est en train
08:02de travailler
08:03à la sécurisation
08:04du détroit d'Hormuz,
08:05comment la France
08:06à son échelle
08:06travaille à cette sécurisation ?
08:08Avec ses alliés.
08:10Mais ça,
08:10je pense que le général
08:11serait beaucoup plus qualifié
08:12que moi
08:12sur ces questions-là,
08:14avec ses alliés
08:15pour voir
08:16comment on a pu le faire
08:17par exemple
08:17sur la mer Rouge
08:18à un moment.
08:19Il y a des opérations
08:20qui ont été menées
08:21pour escorter
08:21un certain nombre
08:23de navires.
08:25Et je crois
08:25que ça fait partie
08:26des options
08:26qui sont aujourd'hui
08:27sur la table.
08:29Pour revenir peut-être
08:29juste sur la question
08:31économique aussi,
08:33tout ce qui arrive
08:34aujourd'hui
08:34nous montre
08:35de la nécessité
08:35de sortir
08:36d'un certain nombre
08:37de dépendances
08:38et y compris énergétiques.
08:41Il y a quelques semaines
08:41sur ces plateaux,
08:42on avait les débats
08:43sur la question énergétique,
08:44sur la fameuse
08:45programmation pluriannuelle
08:46de l'énergie.
08:47Le gouvernement
08:48a fixé comme objectif
08:48de plus électrifier.
08:50Je vais juste donner
08:51un exemple.
08:51Je ne dis pas
08:51que tout le monde
08:52va aller acheter
08:52une voiture électrique
08:53aujourd'hui,
08:54mais 100 kilomètres
08:55faits avec un véhicule électrique,
08:56c'est 5 euros,
08:57ce n'est pas 15 euros.
08:58Une pompe à chaleur,
08:59c'est 30% de réduction
09:00de coût
09:01par rapport
09:02à des énergies fossiles.
09:03Donc,
09:03ce n'est pas l'occasion
09:05aujourd'hui maintenant
09:05de dire tout le monde
09:06aller acheter
09:06des véhicules électriques.
09:07Mais il y a des stratégies,
09:08il faut qu'on arrive
09:09à s'en tenir
09:10parce que ces dépendances
09:11vis-à-vis de ces pays,
09:1260 milliards d'importations
09:13d'énergie fossile,
09:14c'est aussi des enjeux
09:15face auxquels
09:16nous sommes confrontés
09:17et il faut suivre
09:18la stratégie
09:18d'électrification
09:19de notre économie.
09:20Juste une dernière question
09:21sur les drones
09:24et les mines.
09:25On parle beaucoup
09:25des drones ces derniers temps
09:26mais aussi des mines
09:27et de la possibilité
09:28notamment
09:28que les Iraniens
09:30décident de poser des mines
09:31dans ce détroit d'Hormuz.
09:32En France,
09:33il me semble
09:33que nous avons
09:34des experts
09:35dans ce domaine.
09:37L'industrie du drone
09:38en France
09:38est une réussite,
09:39est une fierté,
09:40on est bien d'accord.
09:40et des experts
09:41qui sont
09:45de très haut niveau
09:47pour contrer ces mines,
09:49pour sortir ces mines.
09:51Où en est l'industrie
09:52du drone en France
09:53et quel rôle
09:54elle pourrait jouer
09:54dans ce conflit
09:55si elle pouvait jouer un rôle ?
09:56Je crois que l'industrie
09:57du drone en France
09:58est extrêmement performante.
10:00Là, le sujet
10:01que l'on a peut-être plus,
10:02c'est la question
10:04des interceptions,
10:06des brouillages
10:07de ces drones.
10:08D'ailleurs,
10:09vous le savez,
10:09il y a des coopérations
10:11qui se mettent en place
10:12avec l'Ukraine,
10:13par exemple.
10:14On a aussi à apprendre
10:17et nos industriels
10:18ont aussi à apprendre
10:19de conflits
10:21qui sont en cours
10:21et qui montrent
10:23qu'il y a certaines technologies
10:24que nous devons nous aussi
10:25développer
10:26parce que nous avons
10:26une vraie expertise
10:27dans l'armement.
10:28Mais sur certains points
10:29comme ceux-là
10:30d'interception
10:30ou de brouillage,
10:32il y a peut-être
10:32des technologies
10:33qu'on doit encore
10:33développer dans notre pays.
10:34Mais on pourrait
10:35apporter notre expertise ?
10:37On doit apporter
10:38notre expertise,
10:38bien évidemment,
10:39dans ce conflit.
10:41Mais moi,
10:42je vous parlais plus
10:43en matière effectivement
10:44offensive,
10:45mais ce n'est pas le cas
10:46aujourd'hui pour nous.
10:47Nous ne sommes pas
10:47dans une attitude offensive.
10:49Par contre,
10:49en matière de politique
10:51défensive,
10:51de pratique défensive,
10:52on a une expertise,
10:53mais aussi à aller s'appuyer
10:54sur l'expertise
10:55de ce qui se passe
10:55en Ukraine.
10:55de ce qui se passe,
10:55sur la plane,
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