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  • il y a 2 semaines
La victoire est en Rebecca Castaudi cette semaine ! Grande espoir du Pentathlon Moderne, double championne du monde chez les juniors, Rebecca est devenue championne d'Europe pour la première fois de sa carrière à l'été 2025. Il faudra compter sur elle pour les Jeux de Los Angeles 2028, dans la nouvelle version de la discipline sans équitation, mais avec la course d'obstacles.

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Sport
Transcription
00:17Vous êtes bien dans la victoire éternelle. Bonjour à toutes et à tous, épisode 183 !
00:23Et oui déjà qu'est ce que ça passe vite dans cette émission où on ne se lasse
00:28pas de retrouver les femmes qui font le sport. Épisode 183 donc avec une athlète de haut niveau
00:35à l'occasion de ce rendez-vous évidemment à nos côtés, Rebecca Castodi ! Bonsoir Rebecca !
00:41Hello ! Salut Rebecca ! Je suis contente d'être là !
00:44On est content de te recevoir, figure-toi, ça tombe très bien ! On a eu l'occasion déjà hors
00:50antenne de voir cette nature joviale
00:53et on espère que cette émission va participer à maintenir ce sourire normalement, c'est promis, ça devrait être le
01:01cas.
01:01Rebecca tu as 24 ans, tu es championne d'Europe de pentathlon moderne discipline dont tu as été double championne
01:08du monde chez les juniors.
01:09Tu valides jusque là ? Le CV est ok ! Ce soir on va essayer d'apprendre à te connaître,
01:15on va essayer d'en savoir plus aussi sur ta discipline
01:18qui connaît des mutations qui à l'échelle du sport me font penser quand même à des séismes qui sont
01:23quand même assez violents
01:24ces derniers mois, ces dernières années, tu nous en diras un petit peu plus.
01:27Mais avant, c'est trois questions rituelles qu'on a l'habitude de poser à nos invités pour essayer peut
01:32-être de mieux cerner ta personnalité.
01:34Allez, qui c'est ? T'es prête ? Allez !
01:37Ta ville préférée ?
01:38Italie.
01:39L'Italie ? Donc ton pays préféré, carrément !
01:41Mon pays, pardon !
01:42Est-ce que tu as une ville en Italie ?
01:44Je dirais Turin, parce que mes grands-parents viennent de Turin et quand je rentre à Turin, je mange bien,
01:49je me sens bien.
01:50Il y a cette atmosphère un peu de... Tu sais quand tu es au massage, c'est un peu tranquille,
01:54tu sens que tu es dans un bon endroit pour passer un bon moment.
01:57Tu décompresses ?
01:58Oui, je décompresse.
01:59Il est question de sport là-bas ?
02:00Jamais ?
02:00Jamais. Pas question de sport, question de gastronomie, bien manger, les bonnes pizzas, focaccia, tout ça.
02:06Et surtout aussi mes grands-parents qui, pour moi, m'apportent beaucoup de paix.
02:10Et on ne parle pas de sport, on parle juste de notre avenir, qu'est-ce qui va se passer,
02:15qu'est-ce qu'on va manger le soir.
02:16Et pour moi, c'est hyper important.
02:18Je retourne quand même dans l'univers du sport.
02:20Si tu étais une autre sportive, est-ce que tu as une idée en tête ?
02:24Ça peut être un homme, allez, de sportive de manière générale.
02:26Moi, je dirais Sydney Macloffin, parce que je lui ressemble.
02:32Je lui ressemble.
02:33C'est une athlète qui est très douée dans sa carrière, surtout d'athlète.
02:38400 mètres, 400 mètres haies.
02:40Voilà, beaucoup de médailles.
02:41Une grande femme, parce qu'elle se bat pour les droits de la femme dans le milieu du sport.
02:46Aux États-Unis, c'est une grande demoiselle.
02:49Quand je vois son fille d'Instagram, c'est très posé, c'est très briefé surtout.
02:53Et j'aime ce côté assez posé, mais en même temps, quand elle vient sur une piste,
02:57tu sens qu'elle dégage de l'énergie, la passion pour son sport.
03:00Et ça, j'admire beaucoup.
03:02Maturité et en même temps, charisme sportif.
03:05On note.
03:06La dernière question, c'est assez large.
03:09L'épreuve, la compétition, voire le sport que tu aurais aimé pratiquer.
03:14Bon, pentathlon, on t'en fait déjà cinq.
03:15Mais est-ce qu'il y en a un autre que tu aurais aimé pratiquer ?
03:18Moi, j'aurais aimé pratiquer la boxe, j'aurais aimé pratiquer ce sport, un sport de combat
03:23où je pense qu'il y a ce côté un peu rotation des hanches, rotation des jambes, punch,
03:28un combat face à face, j'aime bien.
03:30J'aime aussi l'athlétisme.
03:31Je pense que moi, j'aurais aimé faire du 800 mètres.
03:34J'aime beaucoup l'endurance et ce côté où c'est stratégique.
03:37Il ne faut pas partir trop vite, mais pas partir trop lentement non plus.
03:40Donc, il faut vraiment savoir doser les deux choses.
03:42Et j'aime ces deux sports.
03:44L'énergie, Rebecca Castodi, vous l'aurez compris, est avec nous sur ce plateau ce soir dans LVEE.
03:50Tu as donc opté pour une discipline combinée, le pentathlon moderne,
03:54discipline olympique depuis 1912 et les JO de Stockholm,
03:59discipline promue, voire même créée par l'inventeur des JO modernes,
04:03un certain Pierre de Coubertin, qui, eh bien, cette continuité olympique depuis 1912
04:11aurait dû permettre d'avoir les yeux plus souvent braqués sur cette discipline
04:15et pourtant qui reste relativement méconnue.
04:19Je me suis permis de mener un petit sondage ces derniers jours
04:22en préparant ta venue sur ce plateau à la question
04:25« Quelles sont les disciplines du pentathlon moderne ? »
04:27J'ai obtenu 103 réponses.
04:30Aucune de ces réponses, aucune des personnes sondées
04:34n'a réussi à me citer ces cinq disciplines.
04:36Dans ces 103 réponses, une grande majorité d'entre elles
04:40ont été quand même susceptibles de me citer l'équitation
04:44que je n'ai pas validée, mais tu nous diras que ça peut être normal.
04:48– C'est déjà ça.
04:48– On y reviendra, effectivement.
04:50Parmi les autres erreurs les plus fréquentes, figure-toi,
04:53que beaucoup, beaucoup voudraient que tu fasses du saut en longueur
04:56ou du cyclisme, mais c'est revenu une cinquantaine de fois.
04:58Bref, je n'irai pas plus loin, ce n'est pas du tout représentatif
05:01ni exhaustif ce sondage que j'ai pu mener par mes soins,
05:04mais est-ce que, malgré tout, tu peux nous faire un petit peu de pédagogie
05:07à l'appui des images que notre chef d'édition, Julien Perroné,
05:10nous a préparées et nous faire, en quelque sorte,
05:13le pentathlon moderne pour les nuls.
05:15Très bien, on commence.
05:16– Allez, merci, c'est très gentil parce que c'est un exercice
05:18que tu avais dû faire des centaines de fois.
05:20– Donc d'abord, on commence le pentathlon par l'escrime,
05:23c'est l'épée, donc on peut toucher tout le corps,
05:27c'est la différence de toutes les autres armes.
05:29– Un assaut à une touche !
05:30– Un assaut à une touche.
05:31– C'est fou !
05:32– Et puis on passe par l'obstacle,
05:33donc on a un parcours avec différents niveaux,
05:37donc il faut aller très très vite,
05:38il ne faut pas regarder l'adversaire,
05:40et à la fin, il faut taper sur un buzzer,
05:42c'est mon moment du kiff, quand je tape sur le buzzer.
05:44– C'est Ninja Warrior, quoi, en gros.
05:44– Ninja Warrior, c'est vrai.
05:45– Mais tu es en 1 contre 1, en fait.
05:46– En 1 contre 1.
05:47– Ok.
05:47– Puis à la fin, il y a une discipline que j'apprécie moi,
05:49mais je le fais quand même, la natation,
05:51donc 200 mètres nage libre,
05:53donc tout le monde nage en crawl,
05:54et il faut nager le plus vite possible
05:55pour avoir les meilleurs points.
05:57– Ouais.
05:57– Et après, allez, on avance.
06:00Pour finir, la discipline favorite de Rebecca,
06:03là où elle préfère parce qu'elle dépose le cerveau,
06:05c'est la course et le tir.
06:07Donc la course et le tir, c'est celui qui a les meilleurs points
06:10de toutes les autres disciplines avant par le premier.
06:13Donc il commence par la course,
06:15donc c'est 600 mètres de course et le tir.
06:17Donc on a 5 tirs, il faut tirer le plus vite possible,
06:21donc très souvent, on tire entre 6 à 7 secondes maximum,
06:26et l'objectif, c'est de courir le plus vite possible
06:28et de retirer après.
06:30Donc la différence, c'est que quand tu arrives sur ce temps de tir,
06:32il faut que tu arrives à switcher entre la course
06:34que tu viens de faire et donc tu viens de taper une vitesse,
06:36et le tir, il faut que tu arrives à être concentré
06:39et à retenir ta respiration.
06:40Et ça, ce n'est pas facile.
06:42– La France, qui depuis une quinzaine d'années
06:43est devenue un gros sport de biathlon,
06:45on peut comparer ce biathlon en remplaçant le ski de fond
06:49par la course à pied, c'est un peu l'idée.
06:50– Voilà, tu as tout compris.
06:51– Non, en tout cas, on voit bien dans ton récit
06:56les difficultés de la discipline,
06:58et ce sera au cœur évidemment aussi de cette émission.
07:01Mais à la décharge des sondés,
07:03pour revenir à ce petit sondage que je menais,
07:06il y a dans ces disciplines pas mal de nouveautés.
07:09– Oui.
07:10– D'accord ?
07:10Et notamment, cette partie de parcours ou d'obstacles
07:14qui, très fraîchement, depuis la fin d'année 2024,
07:18la décision avait été entérinée dès 2021,
07:20mais ça a été mis après les Géos de Paris 2024,
07:23il n'y a plus donc cette fameuse équitation
07:26qui revenait beaucoup, qui a été connue,
07:28visiblement qui se soulage,
07:29mais existe l'équitation, remplacée donc par ce parcours.
07:34Tu es soulagé, mais j'explique quand même
07:36que cette équitation était un petit peu en balance
07:40parce qu'il y avait l'aléa d'un tirage au sort.
07:43Tu ne connaissais pas ta monture et ton cheval
07:46avant la compétition, donc une forme d'inéquité.
07:49Tu pouvais, allez, on va comparer ça
07:51à une voiture de chevaux contre une Ferrari.
07:55Ça peut être ça ?
07:55– Ça peut être ça.
07:55– C'est moi qui le dis.
07:56– Ça peut être ça.
07:57– On va dire que c'est moi qui le dis.
07:58Et puis, les problèmes d'acheminement pour les animaux,
08:00traitement aussi des bêtes,
08:02ça posait des questions éthiques.
08:03Et donc, ceci est derrière.
08:07J'entends que c'est un soulagement.
08:08Pourquoi pour toi ?
08:10– Moi, je n'étais pas la fille qui parlait aux oreilles des chevaux.
08:13Je ne restais pas après les séances pour dire
08:15« Ah, tu as fait une super séance, merci,
08:17je ne suis pas tombée grâce à toi ».
08:19Peut-être que j'aurais dû le faire,
08:20peut-être que j'aurais été meilleure à l'équitation,
08:22mais je n'ai jamais aimé ce lien avec les animaux,
08:25donc c'était mon problème.
08:26Mais par contre, je respectais beaucoup
08:28quand j'étais à l'équitation.
08:29Quand je disais que je suis de l'équitation,
08:30tu avais quand même une certaine prestance de monter à cheval.
08:34C'était super beau, les gens qui montaient à cheval.
08:36Moi, j'ai un grand respect pour ces gens.
08:39Et puis surtout, le cheval en lui-même, c'est un super animal.
08:42Mais pour notre sport, il fallait une évolution.
08:44Il fallait déjà qu'on arrive à être médiatisé,
08:46à être connu, à être reconnu aussi.
08:48Et donc, ça fait que pour retirer l'équitation,
08:50on a gagné aujourd'hui en visibilité.
08:52Et nous, les athlètes, on est un peu plus reconnu.
08:54On te voit à l'INSEP, là, justement, sur ses parcours
08:57qui sont en compétition 65-70 mètres, précisément 65, je crois.
09:03Et donc, on affronte son adversaire en frontal, en one-to-one.
09:07Donc, l'INSEP qui séparait de ses équipements,
09:09j'imagine, très rapidement après la décision.
09:12Tu nous dis que c'est positif.
09:14Comment tu vis, justement, ces moments et ces parcours ?
09:17Quelle qualité, au-delà de l'agilité, il faut avoir ?
09:21Moi, je suis quand même très fière qu'un peintre-athlète,
09:23en un an, arrive à faire un nouveau sport complètement différent.
09:27Parce que l'équitation, passer de l'équitation au parcours d'obstacle,
09:30comme vous pouvez voir, c'est complètement différent.
09:31Il faut avoir une agilité.
09:33On n'avait pas l'habitude de travailler avec les mains,
09:35donc, à part la natation, mais ça n'a rien à voir.
09:37On a dû retravailler les muscles du haut du corps.
09:40Donc, moi, pendant 15 ans de carrière de pentathlon,
09:43je n'avais jamais fait de musculation.
09:44Je faisais de la préparation physique,
09:45mais je faisais de proprioception pour prévoir la prévention des blessures,
09:50mais jamais de charge musculaire.
09:52Et donc, là, on a dû travailler.
09:54Donc, là, j'ai pris énormément de muscles.
09:55J'ai pris 5 kilos depuis que j'ai commencé le parcours.
09:58Donc, on travaille l'agilité.
10:00Aussi, il travaille du corps dans l'espace.
10:02Parce que quand tu es suspendu,
10:03il va falloir savoir tes hanches, tes pieds, où ils sont.
10:06Et donc, moi, je trouve que c'est génial d'avoir ce parcours.
10:10Ça va vraiment apporter beaucoup de choses à notre sport.
10:12Génial, mais pas sans risque.
10:13Est-ce que tu peux nous montrer ta main droite, s'il te plaît ?
10:16Qu'est-ce qui t'est arrivé, Rebecca ?
10:18Je n'avais pas avancé, mais je me suis fracturée le doigt
10:23pendant le parcours d'obstacle, pendant l'entraînement.
10:25Là, à l'INSEP, là ?
10:26Là, à l'INSEP, oui.
10:27Elle a rentré en novembre.
10:28Depuis novembre, je suis blessée.
10:30Donc, ça a été pour moi la première fois de toute ma carrière
10:32une blessure aussi importante.
10:34Donc, là, tu es un petit peu au stand, à l'écurie,
10:38comme on aurait dit en équitation.
10:40C'est bien dit.
10:41On y reviendra malheureusement un peu plus sérieusement
10:43quant à tes ambitions.
10:45J'aimerais qu'on continue de déflorer un petit peu
10:48toute cette discipline.
10:49parce qu'il y aura encore des changements
10:52au début de la Coupe du Monde.
10:54Début avril au Caire, tu ne pourras pas prendre part
10:57d'ailleurs à cette étape de Coupe du Monde
10:59du fait de ta main.
11:00On aura en avril, en natation, le passage du 200 mètres
11:04nage libre au 100 mètres nage libre.
11:06On réduit encore et le laser run ne verra pas
11:114 passages au tir, mais 5 passages au tir.
11:14Les 3000 mètres de crosse, eux, ne bougent pas.
11:16Tout est fait pour moderniser, pour répondre
11:19au code de consommation contemporain.
11:21C'est ce qu'on lit entre les lignes
11:22avec une dramaturgie de tous les instants.
11:24Puisque maintenant, avec les nouveaux barèmes
11:26et les écarts au départ de la course à pied
11:29et du laser, la personne qui franchit la ligne en premier,
11:31c'est la personne sacrée.
11:32Il n'y a plus de difficultés pour comprendre
11:35les tables de notation.
11:38Ça pourrait s'appeler le pentathlon moderne-moderne.
11:41Ça a bougé.
11:43Pour être sérieux, est-ce que vous avez réussi
11:45à suivre ce rythme, vous, les sportifs,
11:47ces derniers temps de ces révolutions ?
11:49Nous, on était…
11:50Moi, je ne suis pas nageuse.
11:51Donc, de passer de 200 à 100 mètres,
11:52j'étais hyper enthousiaste.
11:54J'ai dit « mais yes ! »
11:55Mais attends, c'est fait pour toi, en fait !
11:56Mais c'est fait pour moi, le sport.
11:57Tu es président de la Fédération internationale.
11:59Pour ne pas m'apporter un surplus d'énergie positive,
12:04mais ce sport est en train d'évoluer et à ma faveur.
12:07Aux personnes qui sont hyper énergétiques,
12:09hyper musclées, hyper dynamiques
12:11et surtout qui, la natation, ce n'est pas leur point fort.
12:14Là, aujourd'hui, on passe à 100 mètres natation.
12:16Mais c'est génial.
12:17Et puis le tir, moi, je suis une tireuse.
12:19Donc, j'ai besoin encore plus de tirer,
12:20encore plus de courir.
12:21Et les points sont en train d'évoluer,
12:23en train de changer.
12:23Donc, après, on répond aux besoins aussi du public,
12:28les gens qui vont regarder le pentathlon.
12:30C'est aussi pour eux qu'ils ont changé tous ces règlements.
12:33Donc, il faut le dire.
12:33Il ne faut pas non plus…
12:34Ce n'est plus l'athlète qui compte,
12:36mais c'est vraiment le public qui va regarder.
12:38Ça m'amène à être un peu plus sérieux, en revanche, là.
12:43Parce qu'au-delà de la maîtrise des sports
12:45sur lesquels vous devez vous adapter,
12:48ces nouvelles distances, ces nouvelles disciplines,
12:50qu'elles analysent, vous, sportifs,
12:53les coachs qui vous suivent,
12:55qui ont besoin de débriefer ou ça,
12:58font justement de cette apparition.
13:00Comment l'entraînement a évolué ?
13:02Tu nous as parlé de ton haut du corps,
13:03que tu as dû muscler.
13:04Et comment aussi vous analysez la gestion de l'effort,
13:08des courses, un effort qui était sur plusieurs jours à l'origine,
13:124 jours, et maintenant qui se fait comme une essoreuse
13:14en 90 minutes.
13:15J'imagine que les charges d'entraînement
13:16et la manière peut-être de développer une discipline majeure
13:19ou des points forts à évoluer.
13:21Qu'est-ce qu'il faut maintenant, sportivement, pour être bon ?
13:24Il faut savoir que nos coachs,
13:25ils sont encore en train de se poser des questions,
13:27en train de discuter.
13:28Ils cherchent aussi avec des chercheurs
13:29comment améliorer, tu passes de 200 mètres à 100 mètres,
13:33comment on change d'un coup un pentathlète ?
13:35C'est complètement différent.
13:35On est en plein dans le cœur de la révolution.
13:37Donc nos coachs sont complètement en train de changer
13:39leurs entraînements, de tester des nouvelles choses.
13:42Et c'est aussi à nous en tant qu'athlètes d'être patient
13:43parce qu'on ne peut pas tout de suite demander comme ça
13:46de tout au tout changer, ça prend du temps.
13:48Mais en tout cas, on est vraiment ravis d'avoir ce changement-là.
13:51Moi, je suis hyper contente
13:52et j'entends autour de moi d'autres athlètes
13:55qui sont super contents
13:56parce que ça réduit l'entraînement.
13:59Ça réduit l'entraînement, ça on oublie.
14:01Mais toi, en tant qu'athlète,
14:02tu donnes ton ressenti ?
14:04Bien sûr.
14:05Nous, on est très suivi derrière.
14:06On a beaucoup d'applications,
14:08de beaucoup de gens qui suivent nos entraîneurs,
14:11qui augmentent aussi, on va dire,
14:13la perception de notre sport
14:15et qui essayent d'améliorer.
14:17Et donc, par exemple,
14:18on a un préparateur physique
14:20qui, tous les mois, va faire des tests
14:22sur notre physiologique, nos muscles.
14:24Il va dire, là, toi, tu es moins musclé de ce côté-là,
14:27il faudra muscler ça.
14:28Donc déjà, ça, c'est un grand changement
14:29dans un pentathlète, pour un pentathlète.
14:31Bien sûr.
14:32Question complètement contre-intuitive.
14:34Tu as 24 ans.
14:36Est-ce que, du coup, ces changements,
14:38pour tout un tas de raisons,
14:39ça ne donne pas un avantage concurrentiel
14:41aux plus jeunes ?
14:42Plus d'adaptabilité, moins de routine.
14:45Peut-être que chez les cadets,
14:47chez les juniors,
14:48certains ont déjà connu le parcours.
14:49Je crois qu'ils arrivaient
14:50chez les plus jeunes avant.
14:51Je suis arrivée après, moi.
14:52Ah, tu es déjà trop vieille.
14:54Non, non, mais...
14:55Est-ce que tu comprends ?
14:56Est-ce que ma question a du sens ?
14:57Et est-ce que vous le voyez
14:58qu'on est à un moment,
14:59au milieu du guet, là, en ce moment ?
15:00En fait, elle avait du sens
15:02l'année où nous, on a eu la transition.
15:04Moi, l'année dernière,
15:05quand j'ai fait championne d'Europe,
15:06en début d'année,
15:07quand j'ai commencé le parcours,
15:08j'étais à la rama.
15:09Je ne comprenais rien.
15:09Je me suis dit,
15:10mais qu'est-ce que je fous, là, quoi ?
15:11Et les jeunes,
15:12ils avaient ce côté un peu arrogant.
15:14Nous, on connaît la discipline.
15:15Ça fait déjà un an qu'on pratique.
15:17Ils ont eu un côté de supériorité.
15:18Ils essaient de nous apprendre aussi
15:20aux seniors.
15:21Et aujourd'hui,
15:21c'est complètement l'inverse.
15:22La différence, c'est que nous,
15:23on a cette...
15:25En compétition,
15:25on a cette assurance.
15:26On sait maîtriser nos stress.
15:28Et donc, à l'entraînement,
15:29on le met à l'entraînement
15:30maintenant en pratique.
15:31Mais au départ,
15:31on était hyper stressés
15:32par cette discipline.
15:33On ne connaissait pas du tout.
15:34Et puis, tu avais tout le temps
15:35un problème.
15:36Et tu avais tout le temps un problème.
15:37J'avais mal ceci.
15:38Je me bloque le deux.
15:38Je me bloque le cou.
15:39Tu n'as pas l'habitude
15:40de travailler le haut du corps
15:42tous les jours.
15:43Et puis même,
15:44je ne sais pas
15:44s'il y aura des photos,
15:45mais où tu t'écorces les mains.
15:47Tu as les mains toutes saignantes.
15:49Il faut faire de la corne, oui.
15:50Ah, il faut faire de la corne.
15:50Donc, ça prend du temps.
15:51Ce n'est pas une fois par semaine.
15:53C'est tous les jours
15:53qu'il faut faire de la corne.
15:54Donc, ça, les jeunes,
15:55ils nous ont beaucoup appris.
15:58Les jeunes.
15:58Rebecca, 24 ans,
15:59je le redis.
16:02Pour vous toutes.
16:03Ne montre pas Elodie.
16:04Ça, elle va respecter.
16:05Elodie Clouvel.
16:06On aura l'occasion de parler
16:07de celle qui est peut-être
16:08une grande sœur pour toi.
16:10On y reviendra.
16:13Tu parlais d'entraînement.
16:15Je suis curieux de charges
16:17qui avaient un petit peu baissé.
16:19C'est quoi la journée type
16:21d'entraînement d'un sportif
16:23qui fait une discipline combinée
16:24et donc toi pour le pentathlon ?
16:26C'est tous les sports tous les jours ?
16:28J'imagine que non.
16:28C'est intenable.
16:29En vrai, si.
16:30Tu peux avoir, par exemple,
16:31le lundi, c'est la journée
16:31la plus chargée
16:32parce qu'on revient du week-end.
16:33Donc, le lundi,
16:34tu peux avoir le matin
16:35trois à quatre entraînements.
16:37Depuis quand tu as un week-end
16:37en tant que sportif de haut niveau ?
16:39C'est un week-end.
16:40Dimanche.
16:41C'est un week-end.
16:42Il faut prendre ce qu'il y a à prendre.
16:43Pour moi, je dis qu'il faut prendre.
16:44C'est énorme.
16:45C'est important.
16:46Non, une journée typique à lundi,
16:48on va avoir deux heures
16:49d'entraînement de préparation physique
16:50le matin,
16:51suivi de natation,
16:52deux heures de natation,
16:53une pause pour manger
16:54et l'après-midi,
16:55tu fais d'autres disciplines.
16:56Par exemple,
16:56ça peut être une séance de course,
16:58suivi du tir
16:59et le soir,
16:59grosse séance de tir,
17:01tir quand je dis escrime aussi.
17:03Donc, grosse séance d'escrime
17:04de deux heures.
17:05Souvent, les séances,
17:05ce sont des séances de deux heures.
17:07Donc, dans la journée,
17:08tu as fait huit heures,
17:09huit à neuf heures d'entraînement.
17:10Voilà.
17:10C'est chargé.
17:16Le temps file, Rebecca.
17:18Mais j'ai quand même encore une question
17:19avant d'aborder ton arrivée
17:21dans la discipline
17:21et plein d'autres choses
17:23qui te concernent plus personnellement.
17:25Ça va te concerner personnellement,
17:27évidemment,
17:27mais ça concerne l'élite
17:28dont tu fais partie.
17:29Il y a ce physique complet
17:30qu'il faut construire,
17:32qu'il faut faire évoluer.
17:33Tu nous l'as très bien dit.
17:34Et puis, il y a la partie mentale.
17:36Cinq épreuves combinées,
17:37c'est cinq fois plus de chances
17:38de se broyer le cerveau,
17:39de broyer du noir
17:40avec des imperfections par-ci,
17:42des résultats pas bons par-là.
17:45Je t'ai lu en interview
17:46notamment évoquer ce mantra
17:49pour nous dire
17:51que la positive attitude
17:52était la clé.
17:53Comment ça se passe ?
17:53Comment ça se traduit, ça ?
17:56Notre sport,
17:57il y a cinq disciplines
17:58complètement différentes.
18:00Le pentathlète,
18:01il est fait pour switcher
18:03sur les cinq disciplines.
18:04Quand tu vas à la natation,
18:06tu te concentres sur la natation,
18:07tu fais ton épreuve,
18:09tu fais un temps,
18:10tu es satisfait ou pas.
18:11Par contre, le problème,
18:13c'est la suite.
18:13Il va falloir switcher
18:14ce que tu viens de faire.
18:15Quand tu as été bon ou pas bon,
18:17il va falloir switcher.
18:18Et donc, le pentathlète,
18:20il est très bon à relativiser
18:21sur plein de choses.
18:22Moi, c'est comme ça
18:22que je le vois.
18:23Mais quand la compétition est finie,
18:25tu reviens en arrière
18:26sur ce que tu as travaillé,
18:27tu notes,
18:28tu échanges avec ton entraîneur.
18:29Et je pense que nous,
18:30on est des athlètes
18:31vraiment très complets sur ça.
18:32C'est qu'on ne se prend pas la tête
18:33sur chaque discipline.
18:35C'est au moment
18:35où tu commences
18:36à te prendre la tête.
18:36« Ah, je n'ai pas été bon aussi.
18:38J'ai posé mal mes pieds. »
18:40Mais la compétition
18:40n'est pas encore finie.
18:41Mais tu es sûre
18:41que tu ne vas pas finir
18:42la ligne d'arrivée,
18:42c'est sûr.
18:45Rebecca Castodi,
18:46championne d'Europe
18:46de pentathlon moderne
18:47et notre invitée
18:48dans la victoire étonnelle.
18:49Rebecca,
18:50ton arrivée
18:51dans cette discipline,
18:52comment tu l'as découvert,
18:54ce sport ?
18:54On l'a vu si exigeant,
18:56mais en même temps,
18:56si excitant.
18:57Comment tu le racontes,
18:58en tout cas ?
19:00Donne envie d'en savoir plus.
19:01Comment c'est venu à toi ?
19:02Je crois que ton papa
19:04voulait déjà canaliser
19:06une enfant dynamique.
19:08Dynamique, je vais dire.
19:10Non, mais moi,
19:11je faisais plein de sports
19:11quand j'étais petite.
19:12Je faisais du cirque,
19:13de la danse.
19:14J'ai fait un peu de rugby,
19:15un peu de judo,
19:17un peu de cours d'athlétisme.
19:18Et en fait,
19:18au bout d'un moment,
19:19mon père me dit
19:19qu'on ne peut pas aller
19:20à gauche, à droite
19:20dans Paris, partout.
19:21On habite à Saint-Denis.
19:23Mon père, il en avait mort.
19:24Il a dit que le soir,
19:25elle n'est jamais fatiguée.
19:26Qu'est-ce qui se passe ?
19:27Et donc, on était à la journée
19:28des sports à Saint-Denis
19:29et il y avait le pentathlon.
19:30Ils ont présenté ce sport
19:32et mon père a adhéré.
19:33Il a dit,
19:33mais ça, c'est fait pour toi.
19:35Tu as tous les sports.
19:36Et moi, j'étais un peu sceptique.
19:37Je dis, mais il y a l'équitation.
19:38Moi, je n'aime pas les animaux.
19:40Et en fait,
19:42ce sport m'a attrapée,
19:43m'a aimée,
19:44m'a fait évoluer,
19:45m'a fait grandir.
19:46Et aujourd'hui,
19:46je pense que je n'aurais
19:48rien changé.
19:49J'ai fait une super carrière.
19:51Je suis allée en sport études
19:52très jeune.
19:54J'étais en sixième,
19:55je suis rentrée en cinquième
19:56dans le sport études.
19:58Donc, j'ai adoré.
19:58Tu ne peux pas embobiner ton parcours.
20:00Oui, mais franchement,
20:01je ne regrette rien.
20:02Je pense que si ça sera à refaire,
20:04tu y vois.
20:05Et c'est assez rare à souligner
20:07puisque, effectivement,
20:09beaucoup dans les disciplines combinées
20:10viennent d'une discipline en particulier
20:12et ensuite intègrent
20:14le pentathlon moderne.
20:15Toi, tu as vraiment
20:16embrassé l'ensemble
20:17des disciplines.
20:19J'ai tout pris.
20:19Tout de suite.
20:20Sur Sportstream,
20:21autre émission
20:22chère à Sport en France
20:23et à notre collègue Lucien Jaron
20:24que l'on salue du reste
20:26en 2025,
20:27tu nous disais
20:28que l'ambition
20:29de gagner des médailles
20:30ne pouvait pas être un moteur
20:32quand on commençait
20:33le pentathlon moderne
20:34à aucun moment.
20:34Est-ce que tu peux développer
20:35sur ce raisonnement ?
20:37Pourquoi on n'y pense pas
20:39nécessairement
20:39à la gagne,
20:40à la win
20:41quand on débute le pentathlon ?
20:43Peut-être que c'est très personnel
20:44et du coup,
20:44nous expliquer
20:45ce qui t'a, toi,
20:46donné le virus
20:46de poursuivre.
20:47Oui.
20:48C'est une question
20:49assez délicate
20:50parce que c'est plus personnel.
20:52Moi,
20:52quand j'ai commencé
20:53le sport de haut niveau,
20:54je ne me voyais pas
20:55gagner plein de médailles,
20:57faire représenter...
20:59Enfin,
20:59ce n'était pas mon objectif
21:00de gagner.
21:01Moi,
21:01c'était vraiment
21:01pratiquer la discipline,
21:02m'épanouir,
21:04apporter un truc en plus
21:05à mon sport,
21:06avoir un lien avec les gens.
21:08Moi,
21:08j'adorais partir en stage
21:09avec mes camarades.
21:11Il y avait toujours
21:11des histoires de stage,
21:12tu te rappelles à cette époque.
21:13Et en fait,
21:14moi,
21:14le sport,
21:15je le voyais vraiment
21:15comme un épanouissement.
21:16Mais après,
21:17quand tu rentres
21:17dans le haut niveau,
21:18tout change.
21:19Et tu apprends déjà
21:20qu'est-ce que c'est
21:21le haut niveau.
21:22Tout est complètement différent.
21:23Quand tu passes
21:24de jeune à seigneur,
21:25ça n'a rien à voir.
21:26Donc,
21:26l'évolution
21:28dans ma discipline,
21:29elle a changé.
21:29Aujourd'hui,
21:30c'est mon métier
21:31de faire du pentathlon.
21:32Je représente l'armée,
21:33je représente plein de...
21:35Je représente l'Oise,
21:36plein de sponsors.
21:37Et aujourd'hui,
21:38je peux dire,
21:38bien sûr,
21:39c'est important de gagner,
21:40c'est important de ramener
21:41des médailles,
21:41parce que c'est mon sport,
21:42c'est pour ça que je vis,
21:43c'est pour ça que je vais...
21:44Tu as envie, du coup ?
21:45J'ai envie,
21:45j'ai envie
21:46et je suis très,
21:47très, très contente.
21:48Mais aujourd'hui,
21:48j'ai envie de dire,
21:49moi,
21:50si je peux pratiquer
21:51ma discipline
21:51en étant épanouie,
21:52en ayant le sourire
21:54et surtout,
21:55la préparation mentale
21:56est très importante
21:56et on oublie beaucoup.
21:57On pense beaucoup
21:58au physique,
21:58aux médailles,
21:59mais on oublie
21:59ce qu'il y a dans la tête.
22:00Et donc ça,
22:01pour moi,
22:01la tête,
22:02c'est le plus important.
22:03Durant quelle période
22:05de ta vie,
22:06le mot haut niveau
22:07pénètre ton cerveau ?
22:08Est-ce que ça vient de toi,
22:09d'ailleurs ?
22:10Ou est-ce qu'on a dit ?
22:10Est-ce qu'on te l'a dit ?
22:12Tu sais,
22:13t'es quand même solide.
22:14Est-ce que c'est
22:15quand tu quittes
22:15le cocon familial
22:17pour aller à Noyon
22:18en Picardie ?
22:18Ou est-ce que c'est
22:19plus tard encore ?
22:20Alors,
22:20c'est très drôle
22:21parce que quand j'avais
22:22commencé la discipline,
22:23j'étais pas française.
22:24Donc moi,
22:24je suis ivoirienne italienne.
22:26Donc je suis née
22:26en Côte d'Ivoire,
22:27nationalité.
22:28Donc j'avais la double nationalité
22:29et en fait,
22:30je faisais plein de compétitions
22:31mais j'étais pas française,
22:32j'étais pas sur le podium.
22:33Donc au début,
22:33c'est frustrant
22:34quand t'es enfant,
22:35t'as gagné,
22:36t'es devant tout le monde
22:37mais tu peux pas être
22:37sur le podium français
22:38parce que tu n'es pas française.
22:40Et un jour,
22:40mon DTN,
22:41il est venu voir mon père,
22:41il a dit,
22:42écoutez,
22:42il faut qu'elle soit française
22:43si vous voulez qu'elle gagne.
22:44Et si...
22:45Et mon DTN,
22:46regarde mon père,
22:46il dit,
22:47c'est le futur de sport,
22:49c'est le futur.
22:50Je vois qu'elle va gagner,
22:51je sais qu'elle va être
22:51une championne,
22:52qu'elle va représenter la France
22:53et mon père qui est un Italien,
22:55je suis désolée de le dire,
22:55mais l'Italien,
22:56ils ont un égo,
22:57c'est qu'ils ne peuvent pas
22:57être que l'Italien.
22:58C'est que l'Italien
22:59ou rien d'autre.
23:00C'est vraiment,
23:00ils ne peuvent pas.
23:01Et mon père,
23:02il a dit,
23:02au fur et à mesure,
23:03quand on lui parle de ça
23:04et quand on lui a dit
23:05le haut niveau,
23:07métier,
23:08JO,
23:09je pense qu'il a pris conscience,
23:10il a dit,
23:10ma fille,
23:10elle a un futur en fait,
23:11elle a un potentiel
23:12et je pense que
23:13c'est à moi aussi
23:14de lui apporter ça.
23:15Mon père a fait du sport
23:22et il m'a appelé,
23:22il a dit,
23:22écoutez,
23:23c'est bon,
23:23je suis prêt.
23:24Donc ma fédération,
23:25on fait toutes les démarches
23:26pour que je sois française
23:27et c'est à partir
23:28du moment où j'étais française
23:29que j'ai pris la nationalité
23:29et j'ai fait,
23:30bon là,
23:30c'est du sérieux là.
23:31Là,
23:32j'étais petite,
23:33j'avais 15 ans.
23:34À 15 ans,
23:35on te dit,
23:35là,
23:35tu vas faire du haut niveau,
23:36tu vas présenter la France,
23:37c'est pour de vrai,
23:38c'est pas pour de faux.
23:39Là,
23:39je pense que c'est à ce moment-là
23:40que j'ai réalisé
23:41et après,
23:41quand j'ai vraiment réalisé,
23:42c'est quand je me suis retrouvée
23:43en sport-études dans l'Oise
23:45et que c'était mon métier
23:46et qu'il fallait que je sois plus sérieuse
23:47que les autres élèves de ma classe,
23:49il fallait que j'avais cette attitude
23:51de,
23:52je suis à l'école,
23:53je suis hyper sérieuse,
23:53je ne dérange personne,
23:54je vais au sport,
23:55je me défoule.
23:56Alors là,
23:56je lâche tout
23:57et je repars en cours
23:59en étant sérieuse.
24:00Donc j'ai su vraiment
24:01faire la part des choses
24:02dans ma carrière.
24:04Noyon Picard,
24:0517 ans,
24:05pôle national d'Aix-en-Provence
24:07également,
24:08pendant un an,
24:08je parle sous ton contrôle,
24:09tu deviens à cette période
24:11championne du monde
24:12pour la première fois
24:13chez les juniors.
24:14Tu te souviens de ce titre
24:15de l'émotion
24:16qu'il a pu te procurer ?
24:18On dit souvent
24:18que les premières fois
24:19sont inégalées.
24:20Moi,
24:21je n'étais pas du tout
24:21préparée à gagner.
24:22Personne ne me voyait gagner.
24:23Ça,
24:24c'était sûr.
24:24Et même moi,
24:25sans mentir,
24:26je ne partais pas pour gagner,
24:27je partais pour m'amuser.
24:28C'était...
24:30Ah là,
24:31mais j'ai tout lâché là.
24:32J'ai vraiment tout lâché.
24:33Il paraît que tu as pas mal
24:34fêté ça après.
24:34J'ai fêté ça avec
24:35tous les égyptiens.
24:36Tout le monde pensait
24:37que j'étais égyptienne d'ailleurs.
24:38C'était quand même
24:38très drôle.
24:40Mais je partais,
24:42je n'étais pas la favorite,
24:43mais dans ma tête,
24:44je venais là
24:45pour tout casser.
24:45Et la différence,
24:46c'est que j'étais
24:47super bonne coureuse
24:48et tireuse.
24:49Et en fait,
24:49j'ai posé mon cerveau
24:50à ce moment-là,
24:50j'ai fait,
24:50vas-y,
24:51rattrape tout le monde,
24:52fais-toi plaisir,
24:53cours.
24:54Il y avait la musique,
24:56il faisait chaud,
24:57on était en Afrique.
24:58Moi,
24:58le fait d'être en Afrique,
24:59c'était mon pays,
25:00enfin là où je suis née,
25:01un pays natal.
25:02Et donc,
25:03je me sentais vraiment
25:03à ma place
25:04et j'avais ce drapeau français
25:06à côté de moi
25:06qui me faisait vibrer.
25:07Je me suis dit,
25:08voilà,
25:08t'as signé pour ça,
25:09maintenant c'est ton moment,
25:10vas-y,
25:10donne tout.
25:11Et donc,
25:11j'ai tout donné
25:12et c'est à la ligne d'arrivée
25:13que je me suis rendue compte
25:13que j'étais première.
25:14Mais sur le coup,
25:15en fait,
25:15en dépassant le nombre de filles,
25:17je passais 24e,
25:19je crois,
25:19j'étais 24.
25:20C'est une remontada
25:21de l'espace.
25:22Mais je ne me rendais même pas compte.
25:23Mais à tel point,
25:24je me prenais plaisir
25:25à le faire.
25:27En tout cas,
25:28on sent que t'es traversée
25:29par à ce moment-là
25:29des milliers d'émotions.
25:31C'est le meilleur moment.
25:31Puisque la deuxième
25:32championnat du monde
25:33que j'avais gagnée,
25:34mes premiers,
25:35c'est les meilleurs souvenirs.
25:36Est-ce que tu veux bien
25:38aborder l'INSEP
25:39qui arrive ensuite ?
25:40Tu parles de rêve
25:41quand tu évoques
25:42cette rentrée
25:42dans ce lieu d'élite.
25:45Est-ce qu'il y a
25:45une transition à faire ?
25:47Quand je dis transition,
25:48c'est un peu une digestion.
25:49Quand on a beaucoup
25:50fantasmé l'endroit
25:50puisque tu parles de rêve,
25:52entre ce moment
25:53où on arrive,
25:54waouh,
25:54j'y suis,
25:55et après avoir
25:57des objectifs
25:58qui ont besoin
25:59d'être, j'imagine,
25:59plus élevés.
26:00Tu rentres dans un lieu
26:01où tout est sérieux,
26:03tout est cadré,
26:04tu as ta chambre
26:05en dessous de toi,
26:06tu as ton médecin,
26:06tu as ton kiné.
26:07Tout est fait
26:08pour que tu sois performant.
26:09Sauf que personne
26:10ne t'a préparé
26:11à être performant mentalement.
26:12Moi, c'était que le physique.
26:13Quand tu es jeune,
26:14c'est vraiment le physique
26:14qui compte,
26:15ce n'est pas le mental.
26:16Et quand tu arrives
26:16dans le milieu des seigneurs,
26:18c'est vraiment le mental
26:18et je ne l'avais pas.
26:19Je n'étais pas préparée.
26:20Je voulais trop être
26:21comme tout le monde,
26:21être sérieuse.
26:22Je m'étais oubliée,
26:23en fait.
26:23J'avais oublié ce côté
26:24Rebecca, positif,
26:26rigole, énergie,
26:27mon énergie.
26:28Et en fait,
26:28je l'avais mis de côté.
26:29J'ai dit,
26:29voilà, ici,
26:30c'est la terre des champions.
26:31Tu te calmes,
26:32tu dors,
26:33tu sécurises tout,
26:34tu fais attention à tout.
26:35Et en fait,
26:36je me suis trop sécurisée
26:38sur plein de choses.
26:39Pourtant,
26:39c'est le lieu pour le faire
26:40parce que c'est l'INSEP,
26:42tout est fait
26:43pour que tu sois champion.
26:44Et moi, en fait,
26:45en étant jeune,
26:46en voyant tous
26:46ces grands athlètes,
26:48ces seniors
26:48qui étaient très...
26:49Pour moi,
26:50c'était prestigieux
26:51de les voir là.
26:51Moi, j'étais comme dans un film.
26:53Enfin, c'est impressionnant
26:53de rentrer à l'INSEP
26:54et personne ne prépare
26:55à rentrer à l'INSEP.
26:57Mais aujourd'hui,
26:59ça fait quatre ans
26:59que j'y suis.
27:00Aujourd'hui,
27:01j'ai un peu cerné
27:02le sujet,
27:03le lieu
27:04et que maintenant,
27:05je ne fais plus cette erreur.
27:06Quand les jeunes arrivent,
27:07je leur donne des conseils.
27:08J'ai dit, écoute,
27:08t'es là,
27:09profite du lieu,
27:10t'as les médecins,
27:11profite des médecins,
27:12profite des kinés,
27:13détends-toi,
27:14fais-toi un petit programme.
27:16Moi, je dis souvent,
27:17on est des champions,
27:18mais chacun a son parcours.
27:20Tu ne peux pas copier
27:21un parcours
27:21de quelqu'un d'autre,
27:22c'est impossible.
27:23Et moi,
27:24souvent,
27:24quand on est junior,
27:25on veut souvent copier
27:26sur les grands.
27:27Alors que ce n'est pas ça
27:28qu'il faut faire.
27:28Il faut copier soi-même,
27:29il faut faire ta propre histoire,
27:31ce que tu veux devenir,
27:33ce que tu veux incarner aussi.
27:34Parce qu'être champion,
27:35ce n'est pas que les médailles.
27:36C'est ce que tu veux montrer
27:37aux réseaux sociaux,
27:38ce que tu veux montrer au monde,
27:39ce que tu incarnes.
27:40Quand je rentre à l'INSEP,
27:41c'est qui Rebecca ?
27:42C'est qui celle-là ?
27:43C'est ça que je veux montrer.
27:44Tu dis d'ailleurs,
27:46championne du monde junior,
27:47ça ne suffit pas
27:47quand tu l'intègres.
27:49Ta première année,
27:49c'est ça.
27:50Se comparer aux autres,
27:51c'est dur.
27:52Oui, complètement.
27:53En tout cas,
27:53ça te permet évidemment
27:54de continuer à grimper
27:56les échelons
27:57jusqu'à l'équipe de France Senior,
27:59premières étapes
27:59de Coupe du Monde.
28:01Quand tu es arrivé
28:01dans ce giron d'élite,
28:05mais là de ton sport,
28:06je parle des premières étapes
28:07de Coupe du Monde,
28:08est-ce que tu ressens
28:10les mêmes difficultés
28:11à te comparer
28:11ou c'est moins grave ?
28:13Non, pareil.
28:14Oui, c'était très stressant.
28:17Championne olympique,
28:17championne du monde
28:18face à toi.
28:19Oui, surtout,
28:20je pense que la pire année,
28:21c'était l'année des Jeux
28:22parce que tout le monde
28:23veut que tu participes aux Jeux,
28:24tout le monde veut
28:25que tu te qualifies
28:25pour les Jeux
28:26et donc il y a ce engouement
28:27de tout doit être sérieux,
28:29tout doit être carré,
28:30tout doit être millimétré
28:31et toi en fait,
28:32tu es un petit poids
28:34face à tous ces gens-là
28:34et il faudra que tu te formes.
28:36Et moi,
28:36je voulais me former
28:37trop vite en fait.
28:39et là,
28:40cette année,
28:41je pense que j'ai été moi-même.
28:42Cette année,
28:43après le…
28:44Tu parles de 2025, oui.
28:45Oui, 2025,
28:45j'ai été moi-même.
28:46J'étais enfin moi-même
28:47dans toutes les Coupes du Monde
28:48que tu peux voir
28:49à chaque image,
28:50je souris,
28:51j'ai mon énergie,
28:52je m'en fous.
28:53À un moment donné,
28:54je pense que j'avais même dit
28:55j'étais avant-dernière
28:56de l'escrime.
28:57J'ai dit à mon coach,
28:57t'inquiète,
28:58je vais passer en finale
28:59alors qu'il me dit
28:59mais t'es dernière de l'escrime en fait.
29:01Comment tu vas passer en finale ?
29:02J'ai dit mais t'inquiète.
29:08Quand tu es trop fier de toi,
29:10quand tu es trop serein.
29:11De l'arrogance peut-être ?
29:12Moi, je n'ai pas de l'arrogance.
29:13J'ai plus ce côté
29:14où je m'en fous
29:15parce que c'est comme ça
29:16que j'évacue en fait l'énergie.
29:17C'est comme ça aussi
29:18que j'évacue le stress.
29:19C'est en échangeant
29:19avec les gens autour de moi,
29:20avec le coach.
29:21Tu vas voir le mec qui filme,
29:23je le connais très bien.
29:24C'est un italien en plus.
29:25Donc moi, je sais qu'à chaque fois
29:26que je vais passer,
29:27il va me filmer super bien en plus.
29:28Donc tu vois,
29:28c'est ce côté-là
29:29où j'arrive à avoir
29:29un échange avec tout le monde.
29:31Évidemment, on va parler de 2025.
29:33C'est une certitude
29:34parce que c'est une année fondatrice
29:36pour toi d'un point de vue sportif.
29:38Mais j'aimerais revenir
29:39un tout petit peu sur 2024.
29:41Est-ce que tu es en train de nous dire
29:42que toi qui, entre guillemets,
29:44si on devrait parler de toi
29:46sous l'objectif d'un projet
29:49plus 2028 ou 2032
29:51compte tenu de ton âge,
29:52est-ce qu'à un moment donné,
29:52tu t'es dit face à Elodie,
29:55face à Marie Otesa,
29:57est-ce que tu t'es dit
29:57en fait, je peux peut-être
29:59taper à la porte
29:59d'une sélection pour Paris 2024 ?
30:01Toi, je ne parle pas
30:02de la pression des autres
30:03ou de ce que disaient les autres.
30:04Tu y as cru un moment ?
30:05À un moment, j'ai cru.
30:06À un moment, je pense
30:07que j'ai cru toute l'année même
30:08parce que je connais mon potentiel,
30:11je sais de quoi je suis capable.
30:13Mais ce que je n'ai pas pris en compte,
30:14c'est le potentiel
30:15de ce qu'il y avait à côté.
30:16Marie et Elodie
30:17sont des grandes dames.
30:18Elles ont un grand potentiel.
30:19Elles ont un mental de malade.
30:21Alors que moi,
30:22j'étais en train
30:23de préparer mon mental.
30:24Je n'étais pas encore
30:24assez très sûre de moi.
30:26Et elles, elles sont très fortes.
30:29Et surtout qu'elles ont fait
30:30plus de compétitions
30:31que moi à l'international.
30:32Et ça, c'est la grande différence.
30:33Et elles ont un potentiel
30:35que moi, je n'avais pas encore.
30:36Il fallait que je le faute suffit.
30:37Même si j'ai fait
30:38championne du monde junior
30:39et je lui ai dit
30:40que ça ne suffit pas
30:40face à ces deux dames
30:41qui avaient fait
30:42je ne sais combien de titres.
30:43Il y en a une
30:44qui a fait un titre olympique.
30:46Donc, tu es confrontée
30:47à ces deux warriors
30:48et toi, tu es à côté.
30:49Tu te dis, bon,
30:50je vais quand même tenter le coup.
30:51Je ne vais pas me laisser faire.
30:52Et on verra bien
30:53ce qui se passe.
30:53Et puis, si ce n'est pas fait,
30:54tant pis.
30:55Ce n'est pas la fin du monde.
30:55Il y a d'autres Jeux.
30:57On ne va pas s'arrêter
30:57à qu'un seul jeu olympique.
30:59La différence,
31:00c'est que c'est à Paris.
31:00Donc, j'avais envie
31:01vraiment de vivre le truc
31:02avec toute la famille,
31:03avec tous mes amis.
31:04Mais je n'étais pas encore prête.
31:06Et ça, il faut l'accepter.
31:07Tu as pu quand même
31:08assister à cette belle finale
31:10et à cette deuxième médaille d'argent
31:12pour Elodie Clouvel
31:13qui avait été déjà
31:14vice-championne olympique
31:16en 2016,
31:17du côté de Rio
31:18et qui est médaille d'argent.
31:21Qu'est-ce que tu as ressenti ?
31:23Tu sais, j'étais chez moi
31:24et je me suis dit
31:26waouh, c'est incroyable.
31:28Merci.
31:28Parce que moi,
31:29je ne vois pas que la médaille.
31:30Tu sais, pour elle,
31:31je vois la médaille
31:32en tant que notre sport
31:33en France.
31:34L'éclairage.
31:35Oui, l'éclairage
31:36que ça peut apporter.
31:37Mais aussi cette dame
31:38qui a beaucoup eu de doutes
31:40dans sa carrière d'athlète,
31:42même fin de carrière
31:43avant les Jeux.
31:44Elle s'est mis beaucoup de doutes.
31:46Et le fait d'avoir
31:47cette médaille pour elle,
31:48je suis contente.
31:49Il faut être contente aussi
31:50pour les autres.
31:51Il faut prendre
31:52quand les autres aussi réussissent.
31:53Et il faut encourager.
31:54Et moi, je sais
31:55que je lui avais envoyé un message.
31:57Je lui ai dit
31:57bravo, mais je suis trop contente pour toi.
31:59On avait lâché des larmes
32:00parce qu'elle avait lâché
32:01une équitation monstrueuse.
32:02Et c'était vraiment...
32:03Elodie, elle a cette particularité
32:04de quand elle a une compétition
32:05et que tout le monde
32:06est là pour elle,
32:08elle va gagner.
32:09Mais j'étais très triste
32:11pour Marie
32:11parce que Marie,
32:12elle avait peiné
32:13un peu à l'équitation.
32:14Elle a eu un cheval
32:15qui était un peu difficile,
32:16un peu compliqué.
32:17Et donc, malheureusement,
32:18ça fait partie de notre sport.
32:19Mais j'étais très triste
32:21parce que du coup,
32:22ça fait fin de carrière
32:22sur un...
32:23Je ne vais pas dire un échec
32:24parce qu'elle allait au jeu
32:25et je pense qu'elle est très, très fière.
32:27Je vais parler un peu avec elle.
32:28Elle a dit qu'elle n'a aucun regret
32:29de sa carrière d'athlète
32:30et que je suis très contente.
32:31Mais c'est sûr que finir
32:32sur une chute comme ça,
32:35à l'équitation,
32:36à un refus,
32:36ça fait un peu mal.
32:37Mais c'est quelqu'un
32:38qui arrive à rebondir très vite
32:39avec ses études,
32:40avec sa vie à côté.
32:41Donc, je suis contente.
32:42En tout cas,
32:43si tu l'as regardé à la télé,
32:45ça a été, malgré tout,
32:46j'imagine,
32:47un vecteur de cette année 2025
32:50qui a été d'un sacré,
32:53sacré métal,
32:54en tout cas en termes de consistance
32:56parce qu'il y a cette médaille d'or.
32:59Donc là,
32:59on parle d'un vrai métal authentique
33:01du côté de Madrid
33:02dans la chaleur estivale de l'Espagne.
33:05Oui, madame et polyglotte
33:07qui poussaient.
33:09Mais au-delà de ça,
33:10tu termines la saison
33:12à la sixième place
33:13du classement Coupe du Monde
33:13avec de nombreux accès-sites.
33:15Tu disputes la finale mondiale
33:17à Alexandrie.
33:18Tu es dixième
33:19au championnat du monde
33:21à Kaonass.
33:22C'était à la fin du mois d'août 2025.
33:25Donc, c'est une cerise sur le gâteau
33:27avec cette médaille d'or européenne
33:28mais c'est surtout
33:30un gâteau qui est copieux.
33:31Oui, c'est une année de progression.
33:33On a regardé un peu les résultats
33:35avec mon entraîneur.
33:36Chaque compétition,
33:37c'était une progression
33:37dans chaque discipline
33:38et la première discipline
33:39où il fallait plus progresser,
33:41c'était le parcours d'obstacles.
33:42Et si tu me voyais au tout début
33:44à la première séance,
33:45j'étais là,
33:45mais moi, je ne peux pas ça.
33:46Je ne vais pas me casser
33:47la clavicule à chaque séance.
33:48C'était vraiment négatif
33:50au début.
33:51Et à la fin, c'était
33:52je veux faire comme les mecs,
33:54je veux me casser la gueule,
33:55je veux tomber,
33:56je veux faire des trucs de ouf,
33:58je veux sauter le deuxième obstacle
33:59alors qu'à la première,
33:59il sautait d'abord.
34:00Et j'ai une attitude
34:01qui a complètement changé
34:02dans cette discipline.
34:04Et aujourd'hui, je me dis
34:05mais waouh,
34:06on te dit en un an,
34:07tu vas faire championne d'Europe
34:09avec une nouvelle discipline
34:10et dans deux ans,
34:11c'est les Jeux.
34:12Mais j'étais là,
34:13mais comment je vais réussir ?
34:14Mais en fait, je me dis
34:15mais waouh,
34:16je suis trop forte.
34:17Et c'est juste ça.
34:18Le fait d'avoir fait des progressions
34:19de la faire championne d'Europe,
34:20moi, c'est une énorme fierté
34:22parce que je me dis
34:22que tu as réussi à te prouver
34:24des choses que tu n'étais pas capable
34:25de faire
34:25et aujourd'hui, tu y arrives.
34:27Mais qu'est-ce que tu vas...
34:28Ramenez-moi tous les sports,
34:29je vais y arriver en fait.
34:32aimer du coup
34:33te poser la question
34:34de cette pancarte dans le dos
34:36pour 2026
34:37qui forcément était attendue
34:39quand on sont
34:40deux, trois adversaires copines.
34:42On t'est vite cité.
34:44Mais donc,
34:44il y a cette pause forcée.
34:46Est-ce que tu as
34:47un calendrier de reprise ?
34:49Je ne devais pas te parler
34:49d'objectifs, évidemment,
34:51mais est-ce que tu vas,
34:53par exemple,
34:53être au Caire début avril ?
34:55Non, tu nous as dit
34:55que non tout à l'heure.
34:56Quand est-ce que tu
34:56penses pouvoir reprendre ?
34:58Mon planning est assez chargé,
35:00attention.
35:02Je fais beaucoup de bas du corps.
35:04Oui, beaucoup de bas du corps,
35:05oui.
35:05Première compétition,
35:06je l'espère,
35:07et je vais tout faire
35:07pour être au championnat d'Europe
35:08et donc en août,
35:11donc en août,
35:11il y a le championnat d'Europe,
35:12en Istanbul
35:13et championnat du monde
35:14en Chine.
35:15Fin août.
35:16Fin août, voilà.
35:17Donc, je donne tout
35:18pour réussir,
35:19pour aller jusque là-bas,
35:20représenter la France
35:21et surtout,
35:22donner le meilleur
35:23parce qu'en fait,
35:24j'étais 6e mondiale
35:25et je veux reprendre cette place
35:26et faire mieux.
35:27Donc, je ne vais pas me laisser faire.
35:28Je pense que là,
35:29le fait d'avoir cette convalescence
35:30avec mon doigt,
35:31ça me permet aussi
35:31d'évaluer aussi en retrait
35:33la discipline,
35:34voir les progressions
35:35sur chaque athlète
35:35et aller plus vite en fait.
35:37Souvent, quand on regarde
35:38ce que les autres ont fait
35:39et tu essaies d'imiter,
35:41tu vas beaucoup plus vite.
35:42Donc, je le vois comme ça,
35:43je relativise.
35:44Très bien.
35:45Et on rappelle aussi
35:45que si tu peux t'engager
35:47sur ces épreuves
35:48alors que tu ne peux pas
35:49concourir en Coupe du monde
35:50pour être sélectionné,
35:51c'est justement parce que
35:52ton titre de championne d'Europe
35:54te donne un accès direct.
35:56Voilà, une espèce de quota,
35:58on va dire ça,
35:58une forme de quota
35:59à la médaille d'or.
36:01Une star.
36:02Et est-ce que ça te laisse le temps
36:03parce qu'un peu à l'image
36:05d'Élodie Clouvel,
36:06tu es une grande championne
36:07mais tu es aussi habité
36:10par la cause
36:12de la médiatisation des femmes,
36:13en tout cas,
36:14la reconnaissance des femmes
36:15dans le sport
36:16et dans la société.
36:17Est-ce que tu développes
36:18un petit peu ce projet
36:19et puis si tu peux nous en dire
36:20un peu plus déjà ?
36:21Bien sûr, pour commencer,
36:23le droit de la femme
36:24dans le milieu du sport
36:25de haut niveau,
36:25c'est encore un peu tabou.
36:27Malheureusement,
36:27on dit qu'on en parle
36:28mais moi, je ne vois pas de preuves.
36:30Et donc, l'objectif,
36:31c'est de vraiment
36:33casser les codes,
36:34briser les tabous
36:35parce que dans le sport
36:35de haut niveau,
36:36nous, on fait du sport
36:37avec des garçons
36:38et souvent, les entraîneurs
36:39entraînent un homme
36:40comme il entraîne une femme
36:41et physiologiquement,
36:41ce n'est pas possible.
36:43Et ça, il y en a très peu
36:44qui le comprennent
36:44et qui veulent aussi se l'avouer.
36:46Et j'espère plus tard
36:48que ça va changer,
36:49qu'on va pouvoir entraîner
36:51de manière dans les bons,
36:52dans les, comment on pourrait dire,
36:54dans les bonnes conditions.
36:56Ça n'évolue pas.
36:57Oui, ça n'évolue pas.
36:58Malheureusement, ça n'évolue pas.
36:59Et j'espère.
37:00Là, il y a eu les Jeux de Paris.
37:00Je ne sais pas si tu as entendu
37:02une patineuse artistique
37:04qui a parlé de ses règles
37:05en pleine compétition.
37:06J'avais adoré ce moment-là.
37:07Je ne sais pas si tu la...
37:08Il faut que tu regardes.
37:09C'est vraiment intéressant.
37:11Et les journalistes,
37:12il y avait deux côtés
37:13qui disaient
37:13« Ouais, bon, on savait déjà quoi ».
37:15Et tu as les côtés
37:16qui disaient
37:16« Mais enfin, on en parle ».
37:18Pourtant, ça fait des années
37:19qu'on a nos cycles menstruels.
37:20Ça fait des années
37:21qu'il y a plein de problématiques
37:22autour de la femme.
37:23Mais ça n'évolue pas.
37:24Et je pense que c'est aussi
37:25à nous aujourd'hui,
37:26les femmes,
37:26de pouvoir briser les tabous.
37:28C'est aussi à nous, les athlètes,
37:29de dire à nos entraîneurs
37:30« Écoute, là, aujourd'hui,
37:30ça ne va pas.
37:31Je veux adapter mon entraînement. »
37:33On ne demande pas
37:33de ne pas s'entraîner.
37:34On demande juste d'adapter
37:35quand tu as des cycles menstruels.
37:37Il faut s'adapter
37:37à l'entraînement.
37:38C'est important.
37:39Parce que s'entraîner
37:40pour s'entraîner,
37:41tu ne performes pas.
37:42Tu risques de blessures,
37:44risques de problématiques
37:44avec ton corps,
37:45risques de maladies.
37:47Et donc,
37:47quand l'entraîneur arrive adapté,
37:48tout se passe bien.
37:49Et très souvent,
37:49on est performante après
37:50et il y a des médailles qui arrivent.
37:52Donc, si tu veux une médaille,
37:53tu m'entraînes correctement.
37:55Mais tu aimerais
37:57profiter de tes réseaux
37:58pour créer un média,
37:59c'est ça ?
37:59Oui, j'ai un projet.
38:02J'aimerais créer un média
38:02qui s'appelle « Becky Cycle ».
38:04Le projet,
38:05ça serait de faire venir
38:06une athlète,
38:07ça peut être une athlète
38:08qui a fin de carrière
38:11l'objectif,
38:11c'est qu'elle nous parle
38:12de sa discipline
38:12et qu'elle parle
38:13de son cycle menstruel
38:14à travers son sport.
38:15Donc, comment elle a mis en place ?
38:16Est-ce qu'elle a mis en place
38:17un programme ?
38:18Est-ce qu'avec son entraîneur
38:19et son staff,
38:20ils ont créé quelque chose
38:20de cohérent
38:21pour que l'entraînement
38:22soit adapté à cet athlète ?
38:24Est-ce qu'elle aurait aussi
38:24des conseils
38:25pour les futures générations ?
38:26Parce que j'ai remarqué
38:27qu'il y a beaucoup d'athlètes
38:27filles et d'athlètes,
38:29garçons et filles,
38:30qui arrêtent le sport
38:31dans les écoles,
38:32dans les cours de PS
38:33qui n'en font pas beaucoup
38:35à cause de la physiologie,
38:37à cause aussi des réseaux sociaux
38:38qui sont beaucoup
38:39sur leur téléphone
38:39et ça fait que
38:41beaucoup de jeunes
38:41se trouvent des excuses,
38:43ne veulent pas faire
38:43ou aussi ne savent pas
38:44comment s'y prendre.
38:45Et donc,
38:46le geste de ce média,
38:47c'est vraiment de dire
38:47aux jeunes,
38:48tu vas y arriver,
38:49les règles,
38:50ce n'est pas grand-chose,
38:52c'est juste,
38:52il faut adapter,
38:53il va falloir trouver
38:54des solutions.
38:55Les entraînements,
38:56ce n'est pas si difficile
38:56que ça.
38:57C'est aussi à l'entraîneur
38:58de former les futurs entraîneurs
38:59à dire,
38:59il faut former
39:01les athlètes
39:02et les entraîneurs
39:03au cycle menstruel,
39:04à toutes les problématiques
39:05liées à la femme,
39:06pas que le cycle menstruel
39:06mais à toutes les problématiques
39:07et d'encourager les jeunes
39:09à faire du sport
39:10parce qu'il y en a très peu.
39:11Ça se trouve,
39:11on passe à côté
39:12de grands champions
39:13et futurs talents,
39:15des JO
39:15ou pas forcément des JO
39:17mais j'espère vraiment
39:18que ces jeunes
39:19vont se réveiller
39:19à faire du sport
39:20parce que...
39:21Je vais recueillir
39:21tellement de témoignages
39:22que c'est la communauté scientifique
39:24qui va venir te chercher.
39:25Non, non, mais...
39:25Imagine, j'aimerais bien.
39:26Il y a des travaux
39:27qui sont menés
39:28mais effectivement,
39:29on n'est peut-être
39:30pas encore au bout du chemin.
39:32Je pense qu'il y a des gens
39:33qui bossent dessus
39:34et qu'il y a beaucoup de gens
39:36qui essayent de faire évoluer ça
39:37sauf que nous,
39:38dans le sport de haut niveau,
39:39on n'en voit pas beaucoup
39:39le rendu.
39:43On ne voit pas beaucoup le rendu.
39:44Nous, on est confrontés
39:45tous les jours.
39:46Faire du sport de haut niveau,
39:47de base,
39:48c'était affilié que aux garçons.
39:51Faire du sport,
39:51c'était pour les garçons.
39:52Et aujourd'hui,
39:53les femmes,
39:53on essaie de faire du sport,
39:54on essaie un peu
39:55de propager le côté féminin
39:59parce que tu fais du sport
40:00que tu n'es pas féminine
40:01et donc le sport n'est pas
40:02réservé qu'aux hommes
40:03mais par contre,
40:05les femmes sont là
40:05et il faut les soutenir
40:06dans de bonnes conditions.
40:07– C'était passionnant,
40:08on aurait pu faire
40:09une émission entière
40:10et j'espère qu'on la fera
40:11cette émission,
40:12notamment dans les grandes
40:13questions du sport,
40:15autour de ces questions-là.
40:17Tu peux te boucher les oreilles
40:18parce que je vais donner
40:19un rendez-vous
40:19auquel tu ne participeras pas
40:20mais le pentathlon moderne
40:21pour revenir au circuit
40:23Coupe du Monde,
40:24il est diffusé
40:25sur Sport en France,
40:26les quatre étapes
40:26de Coupe du Monde,
40:27la première donc
40:27est le 4 avril
40:29du côté du Caire.
40:31Tu seras peut-être
40:31en reprise un peu plus active,
40:33on te le souhaite.
40:34En tout cas,
40:35Rebecca,
40:35ça a été un plaisir
40:36en tout cas
40:36d'être ici avec toi.
40:39Merci d'avoir répondu
40:40à notre invitation.
40:42– Merci beaucoup,
40:43merci de mettre en lumière
40:44le sport et la femme
40:45et surtout notre sport
40:47au pentathlon moderne.
40:48– Mais on est là,
40:49on est là
40:50et on suivra
40:50ce circuit Coupe du Monde
40:52sur les antennes
40:53de Sport en France
40:54et sur sportenfrance.com.
40:56Merci autour de ce plateau,
40:58aux équipes,
40:59autour de Nicolas Baillet,
41:00à la réalisation
41:01de Julien Perron
41:02et à l'édition Paul Le Bretz
41:03qui nous a mis en lumière,
41:05très belle lumière
41:05qui nous ont réchauffé
41:07la peau et les corps
41:09et puis évidemment Sandrine
41:10qui elle,
41:11pour le coup,
41:12nous réchauffe naturellement
41:13au maquillage.
41:14À très vite
41:14pour un nouvel opus
41:16de la victoire éternelle.
41:18Elle ne s'arrête jamais,
41:19Rebecca.
41:20– Bravo, bravo.
41:21– Rebecca Castodi.
41:22– Super bon d'ailleurs,
41:23je sais à le dire.
41:24– À très bientôt, bye.
41:25– Merci.
41:28– Sous-titrage Société Radio-Canada
41:29– Sous-titrage Société Radio-Canada
41:30– Sous-titrage Société Radio-Canada
41:32– Sous-titrage Société Radio-Canada
41:36– Sous-titrage Société Radio-Canada
41:39– Sous-titrage Société Radio-Canada
41:44– Sous-titrage Société Radio-Canada
41:45– Sous-titrage Société Radio-Canada
41:45– Sous-titrage Société Radio-Canada
41:45– Sous-titrage Société Radio-Canada
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