00:00catholiques en France. Alors il y a un vote catholique mais il faut distinguer deux types de catholiques. Vous avez
00:03les catholiques pratiquants
00:04et ceux qu'Emmanuel Todd appelle les catholiques zombies, c'est-à-dire des catholiques grosso modo qui ne sont
00:09pas
00:10pratiquants. Moi dans mon livre j'ai fait vraiment la carte des zones où vivent les catholiques zombies
00:14et on peut voir... Zombies ? Zombies, c'est le terme d'Emmanuel Todd. C'est pas très joli ce
00:19terme, franchement.
00:20C'est pas de moi mais ça veut dire en fait les catholiques non pratiquants.
00:23Donc c'est des catholiques, j'ai envie de dire, culturels.
00:27Catholiques, culturels, tout à fait. Alors eux, en fait, ils ont plusieurs caractéristiques.
00:31D'abord, ils rejettent toute forme de violence politique, toute forme de populisme.
00:35Ensuite, ils sont très pro-européens et ils sont aussi plutôt ouverts sur les questions
00:40des mœurs et sur les questions sociétales.
00:42Oui, mais j'ai envie de dire les catholiques culturels, c'est tout le monde.
00:45Donc ça m'intéresse presque moins parce que j'imagine que c'est une représentation,
00:47il y a tout le monde, toutes les sensibilités sont représentées.
00:52Par exemple, notre ami André Valigny, c'est un catholique culturel.
00:57Je suis un cathode gauche, typique.
00:59Mais vous allez à la messe ?
01:00De temps en temps, oui.
01:01Ah oui, quand même.
01:02Mais en tout cas, ce qui est intéressant, c'est qu'il y a certaines zones du territoire.
01:04Ce qui m'intéresse, c'est les pratiquants.
01:05Alors, les pratiquants.
01:06Est-ce qu'il y a un vote ?
01:08Il y a un vote de pratiquants. Les pratiquants votent plutôt à droite.
01:12En revanche, ils ont tendance à sous-voter pour la gauche et pour l'extrême-gauche,
01:16mais aussi pour l'extrême-droite.
01:18Ce qui est intéressant, et ça, c'est un des paradoxes...
01:20Ils sont partout, alors.
01:21Non, c'est un des paradoxes des catholiques, c'est que parfois, vous avez des partis politiques
01:25qui vont mettre en avant l'identité catholique de la France ou de leurs candidats.
01:29Par exemple, Christine Boutin, de Villiers, dans une certaine...
01:32Mais la croix, par exemple, c'est très à gauche.
01:34Oui, mais c'est une, entre guillemets, c'est une minorité des catholiques.
01:39Si vous voulez, c'est en fait dans les catholiques pratiquants,
01:42parce que vous me posez l'action sur les catholiques pratiquants,
01:44les catholiques très pratiquants...
01:46Majoritairement à droite, quand même, si on veut...
01:48À droite, mais pas à extrême-droite.
01:49Il y a un sous-vote Le Pen, il y a un sous-vote Reconquête.
01:52Et si vous regardez, des candidats comme, par exemple, Christine Boutin ou Philippe de Villiers
01:56n'ont pas été premiers chez les catholiques pratiquants.
01:58Donc, le paradoxe des catholiques pratiquants, c'est qu'il ne faut pas mettre la foi en avant pour avoir
02:02leur vote.
02:02Alors, comme on est un peu présents...
02:03Alors, les Juifs, maintenant, est-ce qu'il y a un vote juif ?
02:05Moi, souvent, je l'ai dit à grands traits, bien sûr.
02:09Les Juifs, ils ont globalement voté à gauche jusqu'en 1981, même jusqu'en 2001.
02:13Globalement, ils avaient compris que c'était la gauche qui les défendait davantage.
02:18Et puis, il est arrivé 2001, et aujourd'hui, non seulement les Juifs français, les Français juifs,
02:22ils votent à droite, mais beaucoup votent même pour Reconquête, pour Marine Le Pen,
02:27parce qu'ils ont le sentiment que c'est là qu'ils sont le plus défendus.
02:30Oui, vous avez tout à fait raison de citer la date de 2001, qui est une date clé.
02:342001, c'est le début de la deuxième intifada en France.
02:36Et c'est à ce moment-là que commencent les premiers actes antisémites massifs en France.
02:41À l'époque, le gouvernement, donc, au pouvoir, c'est Lionel Jospin, Premier ministre,
02:45Daniel Vaillant, ministre de l'Intérieur, donc PS.
02:47Les Juifs, qui sont victimes d'antisémitisme, ils voient très bien qu'ils sont les antisémites.
02:52Globalement, ça vient de la gauche, et ça vient en partie des banlieues
02:55où les musulmans sont surreprésentés.
02:57Mais à ce moment-là, le Parti socialiste dit, en fait, circuler, il n'y a rien à voir,
03:02et surtout, il ne faut pas faire monter l'extrême droite.
03:05Ce qui a très bien marché, d'ailleurs, puisque Jean-Marie Le Pen arrive au second tour.
03:09Mais, en tout cas, les Juifs se sont sentis abandonnés par la gauche à ce moment-là
03:13et ont commencé à voter vers la droite, mais la droite modérée, notamment Nicolas Sarkozy.
03:18Il y a des bureaux juifs qui sont totalement emblématiques,
03:21notamment la petite Jérusalem à Sarcelles.
03:23C'est très intéressant, c'est que ça a été un fief du PS.
03:26En 1995, Lionel Jospin était premier de loin dans ces quartiers-là.
03:31Et, en 2002, qui est premier ? Alain Madeleine.
03:34Alain Madeleine, droite libérale.
03:35Et c'était le candidat qui, pendant la campagne de 2002...
03:38Mais aujourd'hui, ils ne sont plus à Sarcelles, les Juifs.
03:40Il y en a encore à Sarcelles.
03:41Si, si, si.
03:42Moi, je les ai lus là-bas.
03:48Sous-titrage Société Radio-Canada
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