- il y a 4 heures
Chataléré est iconique mais Camille Chamoux sous Bombe encore plus. Alors, ça va Camille ?
Basé sur le programme “Hot Ones” créé par Complex Networks et First We Feast.
Complex EP : Sarah Honda, Chris Schonberger, Nick Wang
Produit par :
Cameron’s / Storynation
CANAL+ / Studio Bagel
Basé sur le programme “Hot Ones” créé par Complex Networks et First We Feast.
Complex EP : Sarah Honda, Chris Schonberger, Nick Wang
Produit par :
Cameron’s / Storynation
CANAL+ / Studio Bagel
Catégorie
😹
AmusantTranscription
00:10Elle arrache la gorge.
00:11Franchement, j'en ai pris des trucs dans ma vie.
00:19Mais ça...
00:22Ça fait quand même un peu peur.
00:23Pardon, elle est forte, mais c'est ok.
00:25T'as dit quoi ?
00:26C'est ok parce que je n'avais pas avalé.
00:29Stop, maman, en fait, ça me rapproche de la mort.
00:31Qui est-ce ?
00:32Chataléré.
00:33C'est moi !
00:34Qui parle vraiment comme un enfant de 5 ans ?
00:49Bonjour à toutes et à tous, je suis Kian Cojandi.
00:52Bienvenue dans Hot Ones, l'émission où je pose des questions
00:54avec des sauces piquantes à l'intérieur.
00:57Actrice, réalisatrice, scénariste, metteuse en scène.
00:59Je reçois Camille Chamoux.
01:01Camille, comment allez-vous ?
01:02Ça va.
01:04Et vous, Kian Cojandi, comment ça va ?
01:08Ça va, merci.
01:11Camille, tu es à l'affiche de ton spectacle qui s'appelle « Ça va, ça va ».
01:14Tu seras au Théâtre des Bouffes parisiens du 20 au 30 mai 2026.
01:18Sans déconner, là, sur une échelle de 1 à 10, est-ce que ça va ?
01:21Alors, je n'ai jamais été aussi stressée de ma vie.
01:25Allez, on applaudit Camille Chamoux, le dame de la force !
01:28Je suis extrêmement stressée avec cette histoire de piment.
01:31Il y a vraiment des légendes urbaines sur cette émission
01:33qui courent partout dans le monde.
01:36Et là, vraiment, je n'en mène pas large.
01:38Est-ce qu'on peut dire que tu es une grande amie d'une autre Camille qu'on a reçue
01:42ici ?
01:42Et elle t'a dit « C'est génial, vas-y, c'est super ! »
01:45Qui a eu son récit, qui lui appartient, de cette fin d'émission.
01:50Et je lui laisserai le secret de son récit.
01:52Tu connais donc le concept de l'émission ?
01:54Évidemment.
01:5410 questions.
01:55Et à chaque question que je vais te poser, on va goûter une sauce pimentée.
01:58Plus on avancera, plus les sauces seront pimentées.
02:00Chargé.
02:01Tu connais donc l'échelle de Scoville.
02:02C'est l'échelle avec laquelle on mesure le degré d'intensité du piment.
02:06Là, on va commencer avec la première sauce qui est à 2300 sur l'échelle de Scoville.
02:10Et on terminera à 1 600 000 sur l'échelle de Scoville.
02:14Je rappelle que les saisons précédentes ont terminé à 1 500 000.
02:17On a pris un gap en plus.
02:18C'est sympa de tester ça avec moi.
02:19On s'est dit « Camille, viens, on va tester les trucs ».
02:21Exactement.
02:21D'ailleurs, tu verras, le piment a un effet un peu euphorisant.
02:24Tu peux avoir une petite ivresse comme la fois où tu t'es bourré la gueule
02:28avec un baba au rhum à un mariage quand t'avais 5 ans.
02:30Si !
02:30Bonjour, Delphine et Bertrand.
02:32Mais c'est fou de connaître cette histoire !
02:34Dis donc, ce ne serait pas très bien préparé cette émission.
02:36Mais alors, comment on a fait ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
02:38Non, c'est la vérité.
02:38J'ai effectivement mangé un baba au rhum à 5 ans et demi, 6 ans,
02:42dans un mariage où en plus mes parents ne connaissaient quasiment personne.
02:46Donc, c'était vraiment très gênant parce que j'étais ivre-morte,
02:49parce que j'ai bu le truc du baba au rhum.
02:50Le rhum, tout simplement, et non pas le truc du baba au rhum.
02:54Et j'ai pris le micro.
02:55Les gens étaient là « Oh, une petite fille de 5 ans, trop mignon,
02:58elle va probablement chanter ».
03:00Et j'ai commencé un discours pour Delphine et Bertrand.
03:03Aucune idée de qui étaient ces gens, je me souviens juste.
03:04J'ai dit « Delphine, tu ne feras plus jamais la cuisine
03:08et Bertrand, tu n'auras plus besoin d'aller chez tes parents ».
03:11Un peu le début de carrière.
03:12Une sorte de début de carrière.
03:13Bah ouais, tu m'étonnes.
03:14Trop mignonne, cette petite.
03:15Non, ça ne va pas du tout.
03:16Exfiltrez-la immédiatement.
03:17Tu sais que si ça devient trop chaud pour toi,
03:19à un moment donné, tu as des jokers à ta disposition,
03:21tu as du miel, ça marche super bien,
03:22tu as de la chantilly,
03:23tu as du lait avec du citron,
03:25de l'eau glacée.
03:26Tu es comme moi avec la nourriture épicée,
03:27pour qu'on sache vraiment.
03:28Je ne mange pas épicée.
03:29Ah d'accord, même pas un peu de harissa peut-être ?
03:31Mon enfant m'a dit ce matin,
03:33« C'est fou, tu ne tiendras jamais,
03:35tu ne pourras même pas manger le premier nuggets, maman.
03:38Enfin, tu trouves que la limonade, c'est épicé.
03:40Donc, vraiment, c'est abusé.
03:43Pourquoi tu fais ça, quoi ? »
03:45Non, ça va être une expérience.
03:46Camille Chamoux, Hot Ones, on y va.
03:49Première question.
03:53On commence avec Guilly Pilly.
03:55J'adore le nom.
03:55sauce à la framboise et au jalapeno.
03:58Et là, on est à 2300 sur l'échelle de Scoville.
04:00Tu peux en mettre un peu à côté, si tu veux.
04:02Tu peux ensuite...
04:03Tremper dedans, tranquille.
04:08Elle est super bonne.
04:09T'as vu ?
04:10Ah putain, ça me fait plaisir.
04:11Ben oui.
04:11Parce que déjà, c'est bon au goût.
04:13Ben oui.
04:14Dans ton spectacle, tu parles de santé physique
04:15et de santé mentale.
04:16Et tu t'es rendu compte que tu n'étais pas immortelle.
04:18Je niais mon corps complètement.
04:20En plus, j'ai toujours détesté les gens qui disaient
04:22« Je suis cloué au lit. »
04:24Ben, décloue-toi, quoi.
04:25Ça m'a toujours semblé complètement absurde.
04:27Enfin, les gens, ils ont qu'à se retirer du cul.
04:29Tu n'avais pas compris ce délire.
04:30Non, le truc d'être bloqué physiquement.
04:32J'ai dit « Ah, mais rien ne te bloque physiquement. »
04:34Et je me suis fait les ligaments croisés.
04:36Et je me suis dit « Ok, il y a un truc qui me bloque physiquement.
04:39C'est la première fois de ma vie. »
04:40Et à partir de là, j'ai pris conscience, vraiment,
04:43mais c'est débile de dire ça,
04:44mais c'est vrai, j'ai pris conscience de la mort.
04:46Et je me suis dit
04:47« Ça, c'est un très bon sujet de One Man Show. »
04:50Et donc, voilà, c'est comme ça qu'est né « Ça va, ça va ».
04:53C'est vraiment la fin de l'immortalité,
04:54qui est peut-être le début de la joie.
04:57Car finalement, si tu te dis
04:58« Cette fête va durer toute la vie »,
05:00comme Dracula, tu te fais un peu chier.
05:03C'est vrai, j'avoue.
05:03Passe-moi l'expression.
05:04Alors que si tu te dis
05:05« J'ai trois heures pour que ce soit une putain de fête. »
05:09Bon, bah, t'y vas.
05:09Tu dis « L'humour, c'est la vaseline de la pensée. »
05:12Ça, je le pense vraiment fort.
05:13C'est-à-dire qu'il faut bien préparer un cerveau
05:16pour arriver à y injecter des idées.
05:19Parce que moi, au début, quand j'écrivais,
05:20je me disais
05:20« Il faut que ce soit super intelligent, super malin, super smart. »
05:23En fait, je pense que ce n'est pas tout à fait juste.
05:25Il faut d'abord être super drôle.
05:26Et après, tu peux dire des trucs.
05:27C'est ça, la vaseline.
05:31Prochaine sauce, maudite French,
05:32carottes, piment, chipotle, sirop d'érable.
05:34On est à 7600 sur l'échelle de Scoville.
05:36Il y a à peu près trois fois.
05:38Ah, on triple.
05:41T'es connue pour être une pile électrique.
05:43Tu ne t'arrêtes jamais.
05:44Non, c'est exactement ça, mais c'est fatigant.
05:46Oui, c'est une qualité, mais ça peut être...
05:47C'est vrai que quand j'arrête,
05:49j'ai un jour de « Ah putain, c'est génial,
05:51c'est les vacances, c'est trop bien. »
05:53Et puis, au bout de quelques heures, je suis là
05:54« Tiens, ça me rappelle un truc. »
05:56Peut-être écrire « Attends, attends, il est où ? »
05:58Et ça repart, en fait.
05:59À partir de combien de temps tu t'ennuies en vacances ?
06:01Au bout de 24 heures, je me dis « Ah, marrant,
06:02pourquoi faire ça ? »
06:04Partir en vacances.
06:05Et en fait, au bout de 48 heures,
06:06j'ai remarqué que dès que tu peux lire une ligne,
06:08ça veut dire que t'es détendu, c'est bon.
06:10Et après, douzième, treizième jour, je suis là.
06:11Bon.
06:12Mais en fait, c'est nécessaire,
06:14ça fait trop du bien et tout ça.
06:15Alors en ce moment, t'es pile électrique mode ?
06:16Oui, parce que j'ai envie de tout faire, quoi.
06:18Un appétit important pour le moment ?
06:20Ouais.
06:21Téléphone toujours éteint ?
06:22Ah ouais ?
06:22Pas de place pour la nostalgie ?
06:23Non, pas trop.
06:24Pas de place pour la mauvaise énergie ?
06:25Pas trop.
06:26Attention, hein.
06:27C'est pas non plus le Dalai Lama, loin de là.
06:29Est-ce que t'agaces un peu les gens ?
06:30Parce que t'es en pile électrique mode ?
06:31Ça peut agacer les gens.
06:32En fait, j'essaye très régulièrement,
06:34et surtout là depuis un an ou deux ans,
06:36j'essaye d'avoir l'air d'une autre personne.
06:38Comment ça ? Explique-moi.
06:39Par exemple, j'arrive sur un tournage,
06:40je parle pas trop, je suis un peu mystérieuse.
06:43Je suis un peu fascinante.
06:44Pourquoi t'as changé le perso ?
06:45Je me dis « Mais putain, c'est génial d'être fascinant,
06:47c'est les gens qui viennent à toi. »
06:48C'est vrai, taré.
06:49Et vraiment, je tente ce truc,
06:50je tente ce nouveau mode,
06:52mais c'est un échec cuisant.
06:54C'est-à-dire que je tiens 24 heures,
06:55et au bout d'un moment,
06:55« Ah bon, mais quoi ?
06:56Mais c'est pas vrai.
06:57Mais attends, mais moi, il m'est arrivé un truc. »
06:58Et hop, c'est fini.
06:59Mais voilà, c'est ma nature.
07:00Il y a un revers de la médaille à être comme ça ?
07:02Moi, je ne sais pas quoi faire d'une journée,
07:04de rien, justement.
07:05Moi, je peux très bien aller au cinéma
07:06si je sais que juste avant et juste après,
07:08j'ai un truc à faire.
07:09Mais si je n'ai rien à faire dans une journée,
07:11ça me rapproche de la mort.
07:14J'aime bien la franchise.
07:15Ça me rapproche de la mort,
07:16ça y est, je vais mourir.
07:16Oui, c'est vrai.
07:17Est-ce que tu as trouvé des petites ficelles
07:18pour vivre avec ce tempérament ?
07:19Avoir des enfants.
07:20Déjà parce qu'eux,
07:21ils sont en permanence
07:22dans leur égoïsme forcené d'enfants.
07:25Wow, tu ne serais pas un peu hyperactif, toi ?
07:27Franchement, tu sais que c'est grave,
07:28il ne faut pas être comme ça.
07:30Et tu ne décris pas là.
07:31Tu ne décris tout le truc,
07:32parce que tu le vois très clairement de l'extérieur,
07:34tu vois.
07:37La K-hot, sauce un peu coréenne.
07:40Bien sûr.
07:46Elle n'est plus...
07:47Elle est là.
07:48Elle attaque tout de suite un petit peu.
07:49Non, elle est là.
07:50Ah oui, elle est vraiment là.
07:51C'est quoi la théorie du piment d'Espelette ?
07:55Complètement idoine.
07:56Ça veut dire quoi ?
07:56À propos.
07:57Ah ben voilà, je n'avais jamais entendu.
07:58Ah ouais ?
07:59Non, je pense que c'est un animal,
08:00un idoine.
08:02Et ça, c'est l'igouane.
08:04C'est vrai, il y a aussi igouane.
08:05Oui, mais c'est un autre animal.
08:06Oui, c'est un autre animal.
08:07Non, la théorie du piment d'Espelette,
08:08c'est une théorie que j'ai développée
08:10à une époque où j'avais un producteur
08:11que je n'aimais pas trop
08:13et qui me disait
08:14« Il faut que ton humour
08:16soit plus mainstream. »
08:19J'ai écrit des trucs hyper particuliers
08:21sur vraiment ta vision
08:23avec des mots genre idoine.
08:25Et donc, j'ai trouvé ça complètement con
08:27mais je n'arrivais pas à répondre.
08:29Et le piment d'Espelette,
08:30ça m'a toujours fascinée
08:31parce que j'avais fait un voyage
08:32aux Etats-Unis avec mes parents ados.
08:34Et dans le fin fond du Texas,
08:37on faisait des burgers
08:38au piment d'Espelette.
08:40L'été suivant,
08:41je vais à Espelette
08:42dans le Pays Basque
08:43qui est un village de 2000 habitants
08:46et ils font un piment
08:47qui se vend
08:48jusqu'au bout du fin fond du Texas
08:50et de l'Australie
08:51et de tout ce qu'on veut.
08:52Pourquoi ?
08:52Parce qu'il est particulier.
08:54Et j'ai rappelé ce mec
08:56et je lui ai dit
08:57« Tu as tort ? »
08:58Je pense que pour toucher
09:00un maximum de gens,
09:01il faut être extrêmement personnel.
09:03Et si tu pars en écriture
09:04en te disant
09:05« Ah, je vais écrire un spectacle
09:06qui va être mes mainstream »,
09:07tu ne vas parler à personne
09:09parce que tu ne te rapproches pas
09:10d'un truc particulier.
09:11Tu as aussi d'autres grands principes.
09:12Il ne faut plus faire envie que pitié.
09:13Il ne faut plus faire envie que pitié.
09:14C'est un truc de ma mère,
09:15ce n'est pas moi,
09:15mais je l'aime bien.
09:16Et en même temps,
09:17j'ai un peu changé là-dessus.
09:18Parce que je trouve
09:19que c'est bien aussi
09:20le vrai « ça va ? »
09:21Non, ça ne va pas du tout.
09:22Des fois, il faut le dire aussi
09:23quand ça ne va pas.
09:24Mais j'ai une sorte d'habitude
09:25de ne pas me plaindre.
09:26De n'importe quel malheur,
09:27tu riras.
09:28Tout pour le débrief.
09:30C'est-à-dire que quand je vis
09:31un truc qui est vraiment dur,
09:33je me dis « très bien,
09:34c'est parce qu'il faut
09:35que j'en parle
09:36et qu'il faut que je sache en parler
09:37et que du coup,
09:38il faut que je m'y colle
09:39en étant le plus drôle possible. »
09:41C'est beau,
09:41c'est une belle mission.
09:42En tout cas, c'est la mienne.
09:43Elle est vraiment petite
09:44par rapport à « sauver le monde ».
09:46En partie « sauver le monde ».
09:47Mais c'est quelque part.
09:48Tu as d'autres commandements
09:49du genre « les conseils des anciens,
09:51tu n'écouteras pas ».
09:51Je pars du principe
09:52que ça ne sert à rien
09:54de me dire comment il faut faire.
09:56Parce qu'en fait,
09:57c'est théorique.
09:58Tant que je n'ai pas bu ce piment,
10:00tu as beau me dire
10:01« c'est fort Camille ».
10:02Ne le mange pas.
10:03Ne fais pas ça.
10:04Je ne saurais pas
10:05ce que ça veut dire.
10:06Mais c'est aussi que l'expérience,
10:07elle est très liée
10:08à un paternalisme
10:08et à un mansplaining
10:10énorme des choses.
10:11Tu peux expliquer
10:11ce que c'est que le mansplaining ?
10:12C'est quand un homme
10:13t'explique la vie,
10:14quand bien même
10:14il la connaît moins bien que toi.
10:15Non, ce n'est pas vraiment ça.
10:16En fait, le mansplaining…
10:19Non, parce qu'il faut
10:20être un peu concret.
10:21Non, là, c'est un bon début
10:23mais ce n'est pas clair.
10:24Et du coup,
10:25c'est ce truc-là
10:26que j'ai beaucoup vécu
10:27de personnes plus âgées
10:29et je n'ai jamais trouvé ça mignon.
10:35Mortel Cannelle,
10:35on est à 46 200
10:37sur l'échelle de Scoville.
10:39C'est-à-dire 20 fois plus
10:40que la première à peu près.
10:42Alors ?
10:45Il y a un côté tarte aux pommes.
10:48Hyper intéressant.
10:49Elle est super bonne.
10:50Elle est forte
10:51mais c'est ok.
10:52Les endorphines vont commencer
10:53à sécréter.
10:54Tu vas voir,
10:54on va commencer à…
10:55Je ne bouge pas du tout.
10:56Si tu me vois bouger,
10:57ce n'est pas normal.
10:58Je préfère te prévenir,
10:59je suis totalement stoïque.
11:01Ton spectacle s'appelle
11:01« Ça va, ça va ? »
11:02Je te propose un petit quiz
11:03« Ça va ? »
11:04ou « Ça va, ça va ? »
11:05Ok.
11:06T'es invité à un dîner
11:07professionnel
11:07par Ben Stiller.
11:09Je l'adore.
11:09« Ça va ? »
11:10ou « Ça va ? »
11:11Ah, ça va !
11:12Le repas s'appelle
11:13« 1000 déclinaisons autour du safran ».
11:15Ça va aussi, tellement.
11:16Il y a un groupe de jazz fusion
11:17qui joue très fort
11:18à côté de la table.
11:19Ça ne va pas du tout.
11:20Enfin,
11:20« Ça va, ça va ? »
11:22Non, je déteste le jazz.
11:23Enfin, pardon,
11:24c'est un peu violent
11:24de dire ça.
11:25Le jazz fusion.
11:26Mon frère,
11:27écoutez, du jazz,
11:28on se faisait des heures
11:30en bagnole
11:30pour aller à la montagne.
11:32Sept heures de…
11:34Et il était là
11:35sur le volant de teint.
11:36Excellent, ça.
11:37Ah là là !
11:38Supportable.
11:39Bon, alors,
11:39on vire le groupe
11:39et on met plutôt ça.
11:42Bien sûr,
11:43c'est la musique grecque.
11:47J'adore la Grèce,
11:51pays de cœur.
11:52Pourquoi ?
11:53En fait,
11:53mon mec est gréco-libanais.
11:55Grosse cuisine.
11:56Haloumi à tous les étages.
11:57Le concombre est roi.
11:59Le concombre,
12:00c'est la vie.
12:01La feta et le rousse.
12:02Dès le jour
12:03où on s'est à peu près rencontrés,
12:05on est allés en Grèce,
12:06que je ne connaissais pas,
12:07mais je ne sais pas pourquoi
12:08je n'étais jamais allée en Grèce.
12:09Et c'est extraordinaire.
12:11Il y a une culture grecque
12:12qui me fascine,
12:13que j'adore.
12:14Et la fête,
12:15le sirtaki,
12:16la place de village,
12:17le truc,
12:17les gens qui dansent
12:18et tout,
12:18c'est fou.
12:19On continue le quiz
12:20avec ça va ou ça va, ça va.
12:21On te propose de jouer
12:22dans une série
12:23et ton personnage
12:24s'appelle Châtaléré.
12:25Ça va, ça va.
12:27Ben non,
12:28c'est-à-dire que
12:28tu connais l'histoire.
12:29Ah non,
12:29je ne connais pas l'histoire.
12:30Ben, je n'avais pas compris.
12:34Elle est très simple,
12:35l'histoire.
12:36Vraiment ?
12:37Non, mais la vraie histoire
12:38est même...
12:39Donne-moi la vraie histoire,
12:40je veux la vraie histoire.
12:41Parce qu'en fait,
12:42Jonathan parle de son projet
12:43La Flamme et tout
12:44et je lui dis
12:44bon, je ne comprends pas
12:45trop le délire
12:46mais génial,
12:47si c'est toi,
12:47ça va être super.
12:48Au début,
12:49il me dit
12:49tu dois jouer
12:51un autre rôle.
12:52Et puis finalement,
12:52il me dit
12:53attends,
12:53je ne trouve pas
12:55qui doit faire
12:56Châtaléré.
12:58Et du coup,
12:59tu as lu ?
13:00Ben oui, j'ai lu.
13:01Je n'avais pas du tout lu
13:02alors qu'il m'avait envoyé
13:03et donc je mens
13:04parce que j'ai honte,
13:05ça fait deux mois
13:05qu'il m'a filé le truc
13:06donc je lui dis
13:06ben oui,
13:07évidemment que j'ai lu.
13:07Trop marrant, super.
13:08Mais ça va toi
13:09de faire Châtaléré ?
13:11Super.
13:11Le soir,
13:12mon agent m'appelle,
13:12elle me dit
13:13Camille,
13:13tu es Châtaléré.
13:16Et là,
13:17je fais
13:17mais génial,
13:19génial.
13:20Toujours pas lu.
13:21Le soir,
13:22je me dis
13:23tiens,
13:23je vais regarder
13:24quand même
13:24cette histoire
13:24de Châtaléré.
13:25Tout le monde
13:26a l'air de s'emballer
13:26les 8000.
13:27Jo me rappelle,
13:28il me dit
13:28je suis tellement content
13:29mais c'est génial,
13:30je n'étais pas sûre
13:31que tu le fasses et tout.
13:32Je suis là,
13:32les mecs sont très bizarres.
13:33Enfin,
13:34bien sûr que je fais
13:34un truc pour mon pote Jonathan.
13:36Et je commence le truc,
13:38apparition de Châtaléré
13:39dont le sexe est flouté
13:40puisque bien sûr,
13:42elle a le sexe à l'air.
13:44Et là,
13:44je lis pour la première fois
13:46Châtalère.
13:46Je ne l'avais
13:48pas compris.
13:51Et personne ne me l'a jamais dit
13:52puisque je ne l'ai pas vue écrit.
13:53Tu vas faire Châtaléré.
13:54Et puis,
13:54je me dis
13:55ok,
13:56c'est un défi,
13:56il faut y aller,
13:57il faut le faire.
13:58Mais en revanche,
13:58il faut qu'elle soit
14:00hyper badass.
14:01Il faut qu'elle soit
14:02une icône
14:03féministe quoi.
14:04Et en fait,
14:04j'étais super contente.
14:05Donc ça va !
14:06Finalement,
14:07ça va.
14:10Kevin Cramé,
14:11donc maïs pop-corn,
14:12lait de coco,
14:13piment d'Amazonie.
14:15Autant dire
14:16que c'est un petit délice.
14:1866 800
14:19sur l'échelle de Scoville.
14:22Une sauce pop-corn,
14:23c'est quand même fou.
14:23Elle est vraiment bonne.
14:25Il faut que je me calme en fait.
14:26T'as le piment d'Amazonie
14:27qui va arriver.
14:27Il arrive derrière
14:28comme ça ?
14:30Ouais.
14:31C'est très très bon.
14:32Bah oui, c'est bon.
14:32Et je le sens, là,
14:33je le sens arriver.
14:33Bah oui.
14:35Tu as dit,
14:35je ne compte plus
14:36le nombre de fois
14:37où je me suis bagarré
14:38avec des mecs
14:38qui me sifflaient dans la rue
14:39alors que je faisais
14:40le quart de leur taille.
14:41Ah ouais,
14:41je l'ai dit ça ?
14:42Parce que c'est pas glorieux
14:43de se battre.
14:44Il ne faut pas faire
14:45une apologie de la violence,
14:46mais j'ai une très très bonne pote,
14:48Pauline Bureau,
14:48que j'ai connue à 15 ans.
14:50Elle a raconté ça
14:50dans un dîner
14:51il n'y a pas très longtemps.
14:51C'est vrai qu'il y a une époque
14:53où on était très remontés.
14:55Et donc,
14:56si quelqu'un nous sifflait
14:57qu'on était en train
14:58de rentrer d'une teuf
14:59ou je ne sais pas quoi,
14:59je me retournais
15:00et je faisais quoi ?
15:01Pardon ?
15:02T'as dit quoi ?
15:03Et je fonçais vers la personne
15:04parce que je ne sais pas
15:05pourquoi dans ma tête,
15:06quand il y avait un danger,
15:07il fallait être deux fois
15:08plus agressive.
15:09Mais sauf que je suis petite,
15:11je fais 1m61.
15:13Et encore,
15:13je dis toujours 61.
15:15Mais la vérité
15:16est 1 cm en dessous.
15:18D'accord.
15:19Et franchement,
15:19je courais vers des gars
15:21qui faisaient deux fois ma taille,
15:22sauf que ce n'était pas
15:22à moi de me battre,
15:23évidemment.
15:23C'est-à-dire qu'à chaque fois,
15:24ma pote, elle était là,
15:25bah t'es sympa,
15:26mais on est deux dont moi,
15:27donc je veux bien
15:27que t'agresses pas
15:29les gens dans la rue.
15:30Mais en vrai,
15:31ça marche un peu.
15:32C'est-à-dire que si tu hurles
15:34et que t'es hyper agresse,
15:36ça fait quand même
15:37un peu peur.
15:38Mais après,
15:38c'est au mec
15:39de ne plus siffler,
15:40c'est pas aux filles
15:41de devenir des folles
15:43comme j'ai été.
15:44Mais je peux vite
15:45lui donner ce conseil
15:45à ma fille.
15:47Quand tu rentreras de soirée,
15:48tu te retournes,
15:49t'es hyper agressive.
15:50Tu hurles.
15:53À partir de maintenant,
15:55les sauces sont directement
15:57sur les nuggets.
15:59On est sur une recette
16:00à base de jus d'orange,
16:01curcuma, beurre de cacahuète,
16:02piment africain,
16:02chili balls.
16:03J'adore le curcuma.
16:04Eh ben super,
16:05c'est parti.
16:11C'est hyper bon.
16:12T'as vu ça ?
16:13Attends, pardon.
16:14C'est hyper bon,
16:14mais c'est hyper fort.
16:15C'est hyper fort.
16:16Mais si je te dis,
16:18ramène un inconnu au dîner.
16:20Je te dis dîner d'inconnu,
16:21bien sûr.
16:22Vas-y.
16:22J'habite Paris depuis toujours.
16:24C'est le début
16:24du Chou-Tot d'Aznavour.
16:25J'habite Paris depuis toujours.
16:26J'habite Paris depuis toujours.
16:29J'habite Paris depuis toujours.
16:31J'ai toujours les mêmes amis
16:32depuis toujours.
16:33Et à un moment donné,
16:34avec cinq copiènes,
16:35on s'est dit,
16:35on n'a qu'à faire un dîner
16:36où chacune invite
16:37un inconnu des autres.
16:39Ce n'est pas un dîner de cons.
16:40C'est un dîner d'inconnu.
16:42D'inconnu.
16:42Moi, j'avais trouvé quelqu'un.
16:44Mais la personne m'a plantée
16:45la veille parce qu'elle avait peur.
16:46Et j'étais en panique.
16:48Et je demande,
16:48dans une soirée,
16:49il y a Yuki,
16:50une costumière,
16:51qui me dit,
16:52mais moi,
16:52je connais un gars très sympa,
16:54Patrick.
16:54Il est très cool.
16:56Et en plus,
16:56je crois qu'il vient
16:57de se séparer.
16:57Donc, à mon avis,
16:58il n'a rien d'autre à foutre
16:59de ses soirées
16:59que d'aller à des dîners
17:00d'inconnu, quoi.
17:02Et je dis,
17:02balance son numéro,
17:03j'appelle le gars et tout.
17:04J'arrive à ce rendez-vous
17:06avec 20 minutes de retard
17:08et je n'avais plus de batterie.
17:10Donc là,
17:11il fait la gueule.
17:11Et il me dit,
17:12ah marrant,
17:12donc aucun savoir vivre.
17:13Et le dîner d'inconnu se passe
17:15et c'est hilarant.
17:16C'est-à-dire que des gens
17:17complètement fous.
17:18Il y a un éditeur dépressif,
17:20un espion polonais
17:22qui n'était pas très bon apparemment
17:23puisqu'on a su qu'il était espion.
17:24Et il y avait ce mec.
17:26Il est très drôle,
17:27mais bon,
17:28on se fait un peu la gueule.
17:29Genre, t'es malade.
17:29J'arrive avec 20 minutes de retard,
17:30on s'en fout.
17:31Et lui est là,
17:31genre l'autre,
17:32elle m'invite,
17:32je ne connais personne.
17:33Elle arrive avec 20 minutes de retard.
17:34Bon, ça aurait dû me donner
17:35un indice sur la suite.
17:36Mais bon,
17:37c'est devenu mon mari.
17:41Voilà.
17:43C'est une histoire
17:44du dîner d'inconnu.
17:45À quel moment tu t'es dit,
17:45je vais le rappeler.
17:46Parce qu'il a fait un truc très fort.
17:47C'est que j'ai invité
17:48tout le dîner
17:49pour qu'il vienne lui
17:50parce que j'avais
17:51l'avant-première
17:51du premier film
17:53où j'avais un rôle
17:54principal
17:54qui s'appelait
17:55Les Gazelles.
17:56Tout le monde vient,
17:57sauf lui.
17:58Et ça,
17:59c'est très fort.
18:01Puis après,
18:01il m'invitait
18:01à un spectacle
18:02de danse contemporaine.
18:03Très fort.
18:04Que des trucs comme ça.
18:05Très bien.
18:06Il a striqué
18:06cinq ou six fois de suite.
18:07Et la septième fois,
18:08je revenais du festival
18:09de l'Alpe Jazz
18:10où Les Gazelles
18:10s'était fait
18:12vraiment démonter.
18:13Et j'étais hyper déprimée.
18:14Je l'ai vue à l'apéro
18:15et je me suis dit
18:17allez, banco.
18:18Mais pas lui.
18:18C'est ça qui est marrant.
18:21D'ailleurs,
18:21au début,
18:22on est sortis ensemble
18:23et tous les soirs,
18:23je rentrais chez lui.
18:24Et je me disais
18:25c'est trop sympa
18:25mais c'est parti
18:26sur les chapeaux de roue
18:27et tout.
18:27Des mois plus tard,
18:28il y a des gens
18:28qui nous demandent
18:29comment on s'est rencontrés
18:30et je dis
18:30on est sortis ensemble
18:31et là,
18:31l'évidence quoi.
18:33Et le mec fait
18:33ben pour toi.
18:35Moi, je me disais
18:35mais pourquoi
18:35elle vient tous les soirs
18:36chez moi ?
18:37C'est fou.
18:38Mais en fait,
18:39il n'osait pas me le dire.
18:40Et ce qui m'a sauvée,
18:41c'est que j'étais ignorante
18:43de ce qu'il pensait.
18:44J'étais sûre
18:45qu'il était vraiment
18:46trop content
18:47que je lui ai eu
18:47un c'est lui tous les soirs.
18:48Et du coup,
18:49j'y allais en toute confiance.
18:51Et tu vois,
18:51c'est une belle leçon de vie
18:52sur la confiance
18:53parce qu'après,
18:54ben,
18:54il est tombé fois moins.
18:58Septième sauce,
18:59la...
19:01Parce que dedans,
19:02on a de la tomate,
19:03de l'ail du thym,
19:04du piment habanero
19:05et on a de l'olive noire.
19:06Yes.
19:06Celle-là,
19:07elle est un peu forte comme sauce.
19:08Je préfère te dire,
19:09il y a un petit gap.
19:10Je préfère juste te prévenir
19:11parce que je vois
19:12que tu as une certaine crainte
19:13sur l'émission
19:14donc je veux te rassurer.
19:15Mais ça y est,
19:15maintenant, ça y est,
19:16t'as vu.
19:16Alors, je t'en mets,
19:17vas-y, on y va.
19:17Généralement,
19:18c'est le moment
19:18où t'as plus peur
19:19où tu te dis,
19:19putain,
19:19mais je comprends pas,
19:20ça me fait rien.
19:21Cut.
19:25En plus,
19:25j'en ai pris un gros bout.
19:33J'ai pris un très, très gros bout.
19:36Elle est très, très forte.
19:41Elle est très, très forte.
19:42C'est pas pareil.
19:46Pas du tout pareil
19:47que les précédentes.
19:48Et là, ta livresse
19:49qui commence à monter.
19:50Ça, je trouve ça génial.
19:50C'est l'émission.
19:51Le concept est fou.
19:53Pas du tout pareil
19:54que les autres.
19:54Ah ouais.
19:56Je peux te montrer un extrait.
19:56J'aimerais qu'ils réagissent.
20:02Elle est forte, hein.
20:02J'ai souvent dit
20:04que personne n'est autre chose
20:07que ce qu'il fait.
20:08Axel Kahn.
20:09Imaginons qu'il me reste
20:10trois, quatre semaines
20:11à pouvoir faire.
20:13Mais alors,
20:14le choix de ce que je fais,
20:17la manière dont je le fais,
20:19sont plus importants que jamais.
20:21Et donc,
20:22c'est vraiment un moment
20:24intéressant de ma vie.
20:25J'ai souvent dit...
20:26T'es revenu au début.
20:27Quatre semaines ?
20:28Je t'ai pas compris.
20:31Est-ce que je peux prendre
20:31un petit truc qui est...
20:32Bien sûr.
20:32Je prends du miel.
20:33C'est quoi alors ?
20:33Du miel ?
20:34Ouais, du miel.
20:34Ah, comment ? Quoi ?
20:35Tu lèches le miel.
20:38Ah, toi aussi ?
20:39Ah oui, moi,
20:39ça me bourrine un peu, oui.
20:41Axel Kahn.
20:42Qu'est-ce qu'il a dit ?
20:43D'ailleurs, il est décédé.
20:44Il est décédé comme il le dit.
20:45Trois semaines après.
20:46Comme il l'annonce
20:46trois semaines après.
20:47Et t'as vu la voix qu'il a ?
20:48Il est joyeux, le gars.
20:49Ouais.
20:49Ça me fascine, cet extrait.
20:52Parce que c'est l'impensable,
20:53en fait.
20:54Ce truc de rester lucide
20:56et joyeux
20:57en toutes circonstances
20:58qui est vraiment...
21:00pas évident.
21:00Les mouchoirs sont à gauche.
21:02Ah oui, d'accord.
21:03Bah, c'est-à-dire que le nez coule, en fait.
21:04Oui, c'est l'effet du piment.
21:06Je sais pas comment j'ai...
21:08Mais ça y est, là,
21:08je m'en remets un peu.
21:09Bah, bien sûr.
21:10C'est ta idée, à un moment donné.
21:11Ouais, c'est difficile
21:12de parler de la mort
21:12avec quelqu'un qui y est.
21:15Et donc, c'est des discours
21:16qui sont très rassurants
21:17et qui te donnent
21:18des nouvelles armes, en fait.
21:19Des nouveaux éclairages, quoi.
21:20Il y a une phrase
21:21de Jacques Prébert qui dit
21:21« Et si on essayait d'être heureux,
21:23ne serait-ce que pour donner l'exemple ? »
21:24Bah, ouais.
21:25Mais moi, c'est ce que je me dis tout le temps
21:26parce qu'en fait,
21:26j'ai remarqué un truc.
21:27C'est que, par exemple,
21:28quand tu te forces à sourire,
21:29au bout d'un petit temps,
21:31le sourire agit sur ton mental.
21:33Et en fait,
21:34c'est exactement la même chose que...
21:37Ah, c'est marrant,
21:38ça fait aussi un effet
21:38Alzheimer précoce.
21:39Oui, ça te coupe.
21:40Ça fait une déficience cogniftive,
21:41en fait, des trous de mémoire.
21:42Cogniftive, exactement.
21:43Une déficience articulable.
21:45Une déficience, ouais.
21:46Ah, c'est extraordinaire.
21:47Bienvenue dans Antoine, Camille.
21:48Bienvenue dans cette émission.
21:51Non, c'est la même chose
21:52quand tu fais la gueule.
21:53C'est pour ça que j'ai du mal
21:54à être une personne mystérieuse aussi.
21:56Et ado, moi,
21:56ça m'arrivait de faire la gueule
21:58un peu ostentatoirement.
22:00Le problème, c'est qu'après,
22:00t'es piégé dans ton humeur
22:02qui n'est pas vrai au départ.
22:03Et à la fin, ils sont là,
22:04genre, « Ah, mais je suis mal, en fait. »
22:05Vraiment.
22:06Donc, il vaut mieux sourire.
22:07Donc, prétendre aller bien.
22:11On passe à la bombe.
22:14C'est 240 000 sur l'échelle de Scoville.
22:17Ok.
22:17Je te propose
22:18de faire un petit défi.
22:20Quand tu étais petite,
22:21tu as rencontré le théâtre
22:22grâce à une pièce de Molière
22:24qui s'appelle « Lava ».
22:25Oui.
22:25Je te propose
22:26de faire
22:27le monologue d'Arpagon
22:28sous bombe.
22:30Ok.
22:31D'abord, on croque.
22:32Comme ça, on laisse monter la bombe.
22:34Santé.
22:34Je ne sais pas si c'est le mot, mais...
22:35Arrête, pourquoi tu l'éloignes ?
22:36Vas-y, mange en même temps que moi.
22:42Ah non, en même temps, on a dû...
22:43Attends, on va voir ce que tu manges.
22:45Quoi ?
22:46Rien, je n'ai rien dit.
22:47J'ai quand même mangé, hein.
22:49Putain, mais toi,
22:49tu n'as vraiment rien mangé.
22:50Mais c'est ce que tu fais.
22:51Donc quoi, il faut que je mange plus ?
22:52Non, tu fais ce que tu veux.
23:00Là, j'ai vraiment mangé.
23:01Pardon.
23:04Au voleur ?
23:05Attends, est-ce que ça monte ?
23:06Je n'arrive pas à être malhonnête.
23:09Donc ?
23:09Ça ne te fait rien ?
23:11Si.
23:11Mais pas grand-chose.
23:13Mais pas...
23:14Si, si, ça fait quand même, hein.
23:19Je n'arrive pas à être malhonnête, mais j'ai peur.
23:21Non, non, ça fait, c'est que ça met un temps, en fait.
23:23Ça met un temps.
23:23Ah, mais ça met même un temps...
23:25Exactement, voilà, c'est ça la bombe.
23:26C'est de la bombe à retardement, en fait.
23:28Exactement, tu veux reprendre ?
23:32Non, mais ça ne va pas, non.
23:34Ah, non, ça ne va pas.
23:34Je ne fais pas ça, moi.
23:35Et moi, c'est arrivé, ça y est.
23:36Ah, bah, moi aussi, c'est arrivé.
23:41Mais elle est...
23:42Ah bon ?
23:43C'est trop...
23:44C'est très drôle, ta manière de...
23:45Ah bon ?
23:49Stop, maintenant, en fait.
23:50Stop.
23:50Stop.
23:51Quoi de mon con, en plus ?
23:52On n'est pas obligés.
23:53Non, on n'est pas obligés.
23:53Pardon, mais...
23:54L'Avare, Molière, la scène de la cassette et...
23:57Action !
23:58Au voleur !
23:59À l'assassin, au meurtrier.
24:02Justice.
24:05Justeciel.
24:06Ah là là !
24:07On m'a dérobé mon argent, on m'a assassiné, on m'a tué, on m'a coupé la gorge.
24:12C'est vraiment parfait.
24:14C'est idoine.
24:15C'est le monologue.
24:17Idoine.
24:18On m'a assassiné.
24:20On m'a dérobé mon argent.
24:22Qui peut s'être ?
24:23Où est-il ?
24:24Qu'est-il devenu ?
24:25Que puis-je faire pour le retrouver ?
24:28Où courir ?
24:29Où ne pas courir ?
24:32N'est-il point là ?
24:33N'est-il point par ici ?
24:35Ah ! C'est ça, le meilleur moment.
24:37Et que le moment de Michel Serrault, c'est que ça, oui !
24:39Que ferais-je pour le retrouver ?
24:41Ah ! Qui est-ce ?
24:42Arrête, cocaire, moi, mon argent !
24:45Arrêtez-moi !
24:47Exactement.
24:47Et là, c'est mon esprit, ce trouble, extrêmement idoine.
24:53Je ne sais plus où je suis, qui je suis, ni ce que je fais.
24:58Bravo.
25:02T'as mal au ventre ?
25:03Tout est descendu.
25:04D'un coup.
25:05C'est-à-dire que la bombe, en fait.
25:06Chantilly, Max.
25:06Chantilly.
25:15On passe à la sauce numéro 9, hiver 82.
25:19La bébière ?
25:22C'est plus trop la ref.
25:24Pardon.
25:26Pardon.
25:29Mante glaciale, citron vert, piment brut, jolokia.
25:33On ne l'a pas mis sur du poulet, on l'a mis sur un petit bout de chocolat.
25:35Redis-moi, mante quoi ?
25:36Mante glaciale.
25:37Ah putain, en plus, alors, c'est horrible.
25:38Parce que non seulement c'est une sauce hyper forte, atroce.
25:40C'est combien de scovilles encore, ta merde ?
25:43Un million deux cent mille.
25:44Quoi ?
25:45Un million deux cent mille.
25:46Mais enfin, on passe à quoi ?
25:47Ah oui, d'accord.
25:48Mais donc, il n'y a plus de...
25:49On a lâché le...
25:52Donc, ce n'est pas fois 10, c'est carrément fois 700.
25:56Allez, et pourquoi pas ?
25:58Mais attends, en plus de ça, moi, je déteste un truc dans la vie.
26:01C'est le mélange menthe-chocolat.
26:03Les after-hate, je peux péter la gueule de la personne qui m'en offre.
26:06Bring it on !
26:07Je ne comprends pas.
26:08Enfin, autant le mélange orange-choco, c'est d'accord.
26:11Autant ça, menthe-choco, lesté d'un poison.
26:18On y va ?
26:19Attends, il a fait fondre le chocolat, le piment.
26:21Ah ouais, putain, c'est vrai.
26:29Qu'est-ce qu'il y a ?
26:30Rien.
26:31Tu as des questions à me poser ?
26:31Ouais.
26:32Bah, vas-y.
26:36Tu as dit, les gens riaient de moi dans ma famille, le rire n'était pas forcément quelque chose de
26:40positif.
26:41Je n'ai jamais dit ça.
26:42Prochaine question.
26:44Non, j'ai presque dit ça.
26:46J'ai dit, le rire est moqueur, parfois.
26:48Et moi, quand j'étais ado et que je parlais dans ma famille, on pouvait vraiment rire très vite de
26:54la façon dont je m'exprimais et du fond de ce que je disais.
26:57Et donc, effectivement, je me suis dit, non, j'aime autant qu'on rit de moi, avec moi et par
27:02choix.
27:02Et je pense que ça a joué dans mes choix de carrière, quoi.
27:07Il y a cette humoriste géniale australienne, je ne sais plus comment elle s'appelle, Anna...
27:11Gatsby.
27:11Voilà, qui se méfie du rire, en fait.
27:14Qui avait décidé d'arrêter l'humour en disant, le rire, ça stigmatise aussi.
27:19Tu vois, il ne faut pas tout le temps être dans l'autodérision.
27:21Et elle disait, moi, j'ai passé ma vie à partir de maintenant, je ne sais pas ce que je
27:24vais dire, mais j'espère que ça aura encore un sens.
27:27On mettra les sous-titres.
27:28Oui. Par contre, ça va sur le côté after-rate.
27:30C'est agréable, quand même.
27:31C'est OK.
27:32Mais tu as vu la menthe ?
27:34C'est OK, parce que je n'avais pas avalé.
27:36Ben voilà.
27:37Et quand tu l'avales, oui, c'est vrai qu'elle brûle un peu la gorge.
27:39Mais je te conseille généralement de bien mâcher.
27:41Ah oui, de bien mâcher ?
27:45Il ne faut pas boire de l'eau.
27:45Il ne faut pas boire de l'eau, il ne faut boire de la chantilly.
27:47L'eau, c'est un peu le piège.
27:48Et je n'ai pas envie de te piéger, je t'avoue, parce que...
27:50C'est trop sympa.
27:50Tu as vu, j'ai été fair-play.
27:52Oui.
27:52Tu es quand même à la sauce numéro 9, qui est déjà un endroit où les gens ne sont pas
27:56tous et toutes allés.
28:01Mais c'est quand même rare que l'humour soit vraiment...
28:09Enfin...
28:09Elle est défoncée ?
28:11C'est bien, elle est bien déconcée.
28:14Fin de partie.
28:16Bon, je dis des trucs genre, pas bien que je fais, mais pas, pas bien que de...
28:23Parce qu'il parle vraiment comme un enfant de 5 ans.
28:32Papa bien.
28:33Papa bien que je fais.
28:36C'est hyper clair dans ma tête, mais ce n'est pas clair dans mon élocution apparemment.
28:42Ce n'est pas...
28:43Quoi ?
28:44Papa bien.
28:45Je rigole de choses que je fais, pas de ce que je ressens au fond de moi.
28:48C'est ce que je suis.
28:49Je suis.
28:50Voilà.
28:50Et ce que dit Anna Gatsby, la fameuse humoriste, c'est qu'il ne faut pas rire de soi comme
28:55étant une personne ronde ou une personne de telle ou telle sexualité.
28:59Parce que ça, c'est ce que tu es.
29:01Il n'y a aucune raison de le critiquer.
29:02Mais moi, ce que je fais comme mode d'autodérision dans mes spectacles, c'est d'avoir un œil amusé
29:07ou critique ou je ne sais pas quoi sur ce que je fais.
29:11Même si tu es quelqu'un de super.
29:13Ah oui.
29:14Donc moi, je pense que je suis quelqu'un de chouette, mais je fais de la merde parfois.
29:20La dernière sauce n'a pas de nom.
29:21Elle a encore sa formule chimique sur la bouteille.
29:25Elle sort d'un laboratoire.
29:26Elle est encore en développement.
29:26Super.
29:27Eh bien, on peut y aller alors.
29:28On a une tradition dans Hot Ones, c'est le last dab, c'est-à-dire qu'on met soi
29:32-même une petite goutte sur le nuggets.
29:35Comme ça.
29:36Exactement.
29:37Super.
29:37Sauce numéro 10, 1 600 000 sur l'échelle de Scoville.
29:41Mais tu as senti la différence avec hiver 82 et la bombe, t'as vu, c'est pas la même
29:44intensité.
29:44Ah ouais, non.
29:46Même si en Scorville, il est moins.
29:48En Scorville.
29:49C'est bien Scorville.
29:49J'aime bien Scorville.
29:50La ville qui score.
29:51Ouais, Michel Scorville.
29:54J'ai un peu un trop gros mot.
29:55C'est pas grave.
29:55On y va.
29:56Tu parles beaucoup de santé mentale.
29:58Dans ton spectacle.
30:00Et c'est vrai que depuis le Covid, il y a eu une sorte de sursaut national sur le fait
30:05de prendre soin de soi, de la santé mentale.
30:08C'est quoi ton rapport avec ta propre santé mentale ?
30:12À l'instant même.
30:16Waouh.
30:16Ouais, c'est dur.
30:17Allez, c'est dur.
30:18Voilà.
30:18Mais je m'en fous parce que je suis allée au bout.
30:21Et ça...
30:22Yes, c'est dur.
30:23Yes.
30:23Ça me fait super plaisir.
30:24Je peux prendre direct, non ?
30:25Vas-y, monsieur, vas-y.
30:26Parce que on ne va pas pouvoir répondre.
30:27Vas-y.
30:29Lève, lève, lève, lève un peu la bombe, lève un peu.
30:38C'est quoi la question ?
30:40C'est quoi ton rapport à ta propre santé mentale ?
30:46Quand on a besoin, il faut y aller.
30:51C'est ainsi que s'achève...
30:55Hot ones ?
31:04Tu consultes ?
31:05Tu vas avoir un psy ?
31:06Je n'ai plus.
31:07Ça t'a apporté quelque chose de positif ?
31:09Ouais.
31:09Et je tiens à remercier Camille Cotin qui a fait cette émission.
31:12Ouais.
31:13Et qui est une très grande amie.
31:15On avait l'habitude de se retrouver sur des radiateurs dans des soirées pour faire des points
31:19fausses jeunes sur nos vies.
31:21Et un jour, sur un radiateur, je lui ai dit, mais on ne s'en sortira jamais, là, toutes ces
31:25merdes, là, je ne m'en sortirai jamais et tout.
31:27Et elle m'a dit, mais c'est fou que tu ne sois jamais allé voir un psy.
31:30Vas-y.
31:31Elle m'a donné un numéro.
31:32Elle m'a même pris un rendez-vous.
31:33Et après, j'ai fait dix ans de psychanalyse.
31:37Et vraiment...
31:40Génial !
31:42À tel point que ma psy, je la remercie, vraiment merci Hélène, qui a fait de moi cette personne lumineuse
31:48et prête à relever tous les défis de l'existence, apparemment.
31:52D'avoue, d'ailleurs, on peut l'applaudir bien, parce que ce n'est pas facile.
31:54Elle m'a appelée, là, et elle m'a dit, Camille, il y a les journées lacaniennes où il y
31:58a 6000 psys qui viennent et j'aimerais que vous interveniez.
32:02Je vais donc faire une intervention sur la comédie de soi devant 6000 psys.
32:07J'adore.
32:07Jacques Lacan, qui était un disciple de Freud.
32:09C'est quelqu'un qui a créé un nouveau courant qui s'appelle le courant lacanien.
32:11Après, je ne peux pas t'en dire plus.
32:12Généralement, ils ne parlent pas beaucoup, les psys lacaniennes.
32:14Non, je n'ai jamais autant parlé avec elle que quand elle m'a appelée pour me demander d'intervenir.
32:17Voilà, c'est ça que je veux dire.
32:18Le psy lacanien, il peut te regarder comme ça pendant vraiment 20 minutes, quoi.
32:22Ah bah ouais.
32:22Et après, il te dit 72 euros.
32:24Voilà.
32:25Si vous avez la référence.
32:26Et comment tu gères la santé mentale des gens qui t'entourent ?
32:29Je fais des spectacles.
32:30C'est beau.
32:31Et franchement, je pense que ça joue aussi le spectacle pour sortir de la sensation d'isolement.
32:37En plus, dans mon spectacle, je force les gens à se faire des câlins.
32:40C'est important, les câlins.
32:45Camille, tu as fini ton Hot Ones.
32:47Mais c'est incroyable.
32:48On peut applaudir avec brio.
32:50Tu as été remarquable.
32:52Bravo.
32:54Camille Cotin, Hot Ones.
32:57Camille Chamoux.
32:57Non, j'ai dit Camille Cotin.
32:59J'avais bien.
32:59J'ai pas fini ma phrase.
33:00Ah, bien sûr.
33:01Pardon.
33:01J'aimerais te remercier de nous avoir conseillé.
33:04Camille Chamoux.
33:05Ouais.
33:06On rappelle que tu seras au théâtre des bouffes parisiens du 18 aux 30 mètres 2026.
33:12Allez voir Camille.
33:13Soutenez-la.
33:14Bravo.
33:15Je suis fière de nous.
33:15Tu as bien raison.
33:16On peut être fiers de toi et vraiment chambé.
33:18Je vous souhaite une bonne continuation.
33:20Et merci à mes auteurs.
33:21Naveau, Stéphane Basset.
33:22Et merci à ta production qui travaille pour faire cette émission.
33:25On se retrouve sur le canal.
33:25Ciao.
33:26Super.
33:26Ça t'a plu ?
33:28Énormément.
33:28T'as mal au ventre ou pas ?
33:29J'ai un peu l'impression que j'ai plus d'estomac.
33:31Ça c'est ok, mais est-ce que t'as mal ?
33:32Non, ça va.
33:34Deuxième de la journée que tu fais ça.
33:35Ouais.
33:35Deux fois ça.
33:36Ouais.
33:36Et moi je peux crever.
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