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  • il y a 3 mois
Les femmes dirigeantes : pourquoi sont-elles si peu représentées ? TL7 Business et l'IAE Saint-Etienne s'emparent de cette question cruciale pour l'avenir économique de notre territoire.

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00:00Les tables rondes by TL7 Business avec l'IAE Saint-Etienne, l'école de management universitaire qui forme les managers
00:08de demain.
00:09Regardez les tables rondes by TL7 Business avec la CCI Lyon Métropole Saint-Etienne-Rouanne, partenaire des entreprises à chaque
00:17étape de leur développement.
00:29Bonjour à toutes, bonjour à tous, très heureux de vous retrouver pour une nouvelle édition des tables rondes by TL7
00:34Business.
00:34Chaque mois, vous le savez, nous explorons une thématique économique liée au département de la Loire.
00:39Nous sommes au mois de mars, un mois marqué évidemment par la journée internationale des droits des femmes, le 8
00:44mars.
00:44Et à cette occasion, on a décidé de se poser une question.
00:47Les femmes dirigeantes, pourquoi sont-elles sous-représentées, les femmes, dans les instances dirigeantes des entreprises de notre territoire ?
00:53Mais pas seulement, partout en France, c'est la même chose.
00:56Un parterre d'expertes, de chefs d'entreprise avec nous aujourd'hui pour débattre pendant 45 minutes d'émission.
01:01Je vous propose de présenter la thématique avec ce reportage de Sylvain Tizi.
01:08En France, les femmes représentent près de la moitié des créateurs d'entreprises.
01:13Pourtant, lorsqu'il s'agit d'accéder aux postes de direction ou de décision,
01:17leur présence se réduit fortement.
01:19Aujourd'hui, seule une entreprise sur quatre est dirigée par une femme.
01:22Dans l'industrie, la proportion est encore plus faible.
01:25L'écart se creuse à mesure que les entreprises grandissent.
01:28Accès au financement, réseau d'influence, représentation dans les instances de gouvernance,
01:33les freins sont souvent invisibles, mais bien réels.
01:36Alors pourquoi les femmes accès-t-elles moins souvent à ces fonctions de pouvoir ?
01:40Quels sont les obstacles, mais aussi les leviers pour faire évoluer les modèles ?
01:44C'est autour de ces questions que s'ouvre cette table ronde,
01:47une émission pour comprendre, analyser et proposer des solutions concrètes.
01:54Et pour échanger sur ces thématiques, j'ai le plaisir d'accueillir quatre représentants du monde économique dans la Loire.
01:58A commencer par Irène Breuil. Bonjour, bienvenue.
02:01Irène Breuil, vous êtes la présidente de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Saint-Etienne.
02:05Vous dirigez l'entreprise Codev, fabricant de linge dans le secteur du bien-être.
02:10Vous nous expliquerez votre parcours, Irène Breuil.
02:12Karine Thiolier, bonjour.
02:14Vous êtes présidente d'Ecoring, une entreprise industrielle spécialisée dans la valorisation et le recyclage de déchets métalliques et minéraux.
02:21Vous dirigez une entreprise industrielle, vous nous expliquerez.
02:25Cécile Fayol, vous présidez, vous avez créé le club de l'entrepreneuriat féminin.
02:29Vous dirigez par ailleurs une agence Actem Conseil, formatrice, consultante en entreprise.
02:34Pourquoi aujourd'hui il faut un club de l'entrepreneuriat féminin ?
02:37Et qu'est-ce que vous y faites ? C'est ce que vous nous direz.
02:38Et puis on s'y intéressera à la formation, également, en compagnie de Sylvie Mirabonardel.
02:43Bonjour, vous êtes directrice de Centrale Lyon-Enise, l'école d'ingénieurs de Saint-Etienne.
02:49Parce qu'évidemment, la formation d'ingénieurs, ça fait aussi partie des structures qui peuvent permettre de changer les choses.
02:57Et puis nous aurons l'intervention aujourd'hui d'Elisabeth Ducotet, de ce témoignage de la présidente du groupe TUAN,
03:04évidemment, ce groupe industriel international, historiquement ancré dans la Loire,
03:09présent dans plus d'une centaine de pays, spécialisé dans les dispositifs médicaux.
03:13Elisabeth Ducotet dirige ce groupe depuis plus de 30 ans.
03:15C'est évidemment une éminence quand on parle de chef d'entreprise au féminin,
03:18dans notre département, mais aussi en France.
03:21Alors mesdames, merci d'avoir accepté de participer à cette émission.
03:24On va faire un peu plus connaissance avec vous toutes.
03:27A commencer par vous, Irène Breuil.
03:28Donc je le disais, vous êtes présidente de la Chambre de Commerce et d'Industrie.
03:31Et par ailleurs, vous dirigez cette entreprise Codev.
03:34Expliquez-nous votre parcours, comment vous en êtes arrivés à créer Codev
03:38et puis ensuite à prendre la présidence de la Chambre de Commerce et vous investir pour les autres.
03:44Oui, effectivement, j'ai donc l'entreprise Codev que j'ai rachetée,
03:48que je n'ai pas créée, que j'ai rachetée il y a maintenant près de 20 ans.
03:51C'est une entreprise cinquantenaire qui fabrique du linge pour les centres de bien-être,
03:56les thalasso, les spas, les grandes marques de cosmétiques.
03:59Nous avons actuellement des gros marchés pour des centres de parfumerie type Nocibé,
04:03des choses comme ça.
04:04Donc on fabrique en France.
04:06Ça, c'est vraiment une fierté pour moi.
04:07C'est la fierté, il faut absolument le mettre en avant.
04:09Voilà, on fabrique non seulement en France, mais en plus à Saint-Étienne.
04:12Donc il faut le dire.
04:1350% de notre chiffre d'affaires.
04:15Donc cette entreprise est très bien référencée sur le territoire national.
04:19Elle est connue.
04:20Moi, j'ai un parcours plutôt dans l'industrie,
04:22puisque effectivement, aujourd'hui, je suis dans le textile,
04:24mais j'ai fait pendant 20 ans de l'industrie lourde,
04:26puisque je travaillais dans la forge et dans la mécanique
04:29pour la pétrochimie, le gaz.
04:33Donc l'industrie, pour moi, c'est quelque chose que je connais parfaitement.
04:37Et quand j'ai quitté ce secteur-là,
04:39j'ai eu envie d'avoir ma propre entreprise,
04:41mais une entreprise qui fabrique,
04:42avec une notion de production derrière.
04:44Donc ce que j'ai avec Codev.
04:46Donc très impliquée dans le monde industriel ligérien.
04:50Et le fait de diriger, c'était une envie ?
04:52Dans votre parcours professionnel,
04:54il fallait absolument avoir à créer votre entreprise ?
04:55Oui, c'est quelque chose que j'ai découvert assez rapidement.
04:59J'ai été associée, et puis le hasard des rencontres,
05:02j'ai rencontré des personnes, des hommes d'ailleurs,
05:07qui m'ont fait confiance et qui m'ont permis d'accéder
05:10à des postes de direction,
05:12à prendre des postes de direction générale,
05:14puis associés minoritaires dans des entreprises.
05:17Donc effectivement, j'ai suivi ce cheminement
05:19et je me suis rendu compte que j'étais plutôt faite
05:23pour avoir ma propre entreprise.
05:26Et j'ai sauté le pas d'actionnariat minoritaire,
05:29j'ai sauté le pas dans les années 2000
05:31pour avoir ma propre entreprise.
05:34Alors avant d'aller sur la chambre de commerce,
05:35je vous réinterrogerai tout à l'heure,
05:36on va donner la parole à Karine Thioli à vous.
05:38C'est intéressant, c'est un peu le même parcours.
05:40C'est-à-dire que vous avez pris la présidence
05:41d'une entreprise créée en 2013,
05:42vous étiez au sein d'un board avec des hommes en l'occurrence,
05:46et puis vous avez pris cette présidence-là ensuite.
05:48Expliquez-nous déjà ce que fait Echoring.
05:50Vous êtes basée à Chambéon, dans la Loire.
05:52Que faites-vous ?
05:54Echoring est une entreprise qui crée des solutions
05:57de traitement et de valorisation de déchets
06:00contenant des métaux ou des minéraux.
06:02Nous n'avons pas de production sur le site.
06:04Nous sommes un site ICPE
06:06qui gère du transit et du regroupement
06:10de déchets dangereux et non dangereux,
06:12qui peut réaliser du stockage,
06:14qui dispose aussi d'un laboratoire
06:17équipé pour faire
06:18la caractérisation des déchets
06:20que nous recevons,
06:21et un laboratoire d'essai
06:22pour tester les solutions
06:24que nous créons et que nous mettons en œuvre
06:26chez des sous-traitants.
06:27Alors, très concrètement,
06:28c'est-à-dire que vous recevez des matériaux,
06:30on sépare ce qui est recyclable,
06:32réutilisable ?
06:33Expliquez-nous très bien.
06:34En général, les déchets arrivent chez nous,
06:35triés.
06:36C'est plutôt qu'on identifie des industriels,
06:38où eux viennent vers nous,
06:39qui ont une problématique déchets,
06:41sur laquelle ils voudraient progresser,
06:42pour éviter généralement
06:44des solutions d'enfouissement
06:44ou d'incinération.
06:46Donc, on va aller caractériser leurs déchets,
06:49voir ce qu'ils contiennent,
06:50et imaginer une meilleure façon
06:52de les valoriser
06:53pour les remettre dans l'industrie,
06:55et idéalement,
06:56trouver l'industriel
06:57qui va pouvoir les utiliser
06:58dans son cycle de production,
07:00en substitution de matières neuves
07:01de fabrication.
07:02Alors, le processus,
07:04qu'est-ce qui a fait
07:04que vous avez pris la présidence
07:06de l'entreprise ?
07:07L'entreprise a été créée en 2013
07:10par Lionel Picard.
07:11J'ai, dès le début,
07:13été associée au projet.
07:14Moi, je l'ai rejoint seulement en 2015,
07:16le temps de quitter le poste
07:17dans lequel j'étais.
07:19La petite histoire,
07:20c'est qu'on avait quand même
07:21travaillé ensemble 15 ans avant
07:22dans une entreprise ligérienne
07:25qui faisait déjà du recyclage de déchets.
07:27Donc, on se connaissait bien.
07:28Et quand il a créé la structure,
07:30il a souhaité que je vienne l'épauler.
07:31Donc, je suis rentrée
07:33en tant qu'actionnaire.
07:34J'ai tout de suite pris des parts
07:35dans la société.
07:36Il a exercé les fonctions de président
07:38pendant les dix premières années
07:39et puis il a souhaité
07:40se mettre un petit peu en retrait.
07:41Donc, il m'a confié cette mission
07:43depuis 2013.
07:45Bien, vous nous expliquerez après
07:46comment ça se passe aujourd'hui.
07:48Cécile Fayol,
07:49vous avez une entreprise de formation,
07:53de management de conseil,
07:54Actem Conseil.
07:55Et vous avez par ailleurs créé
07:56le Club de l'entrepreneuriat féminin.
07:59Expliquez-nous déjà
08:00votre activité de conseil.
08:01Que faites-vous et avec qui ?
08:03Alors, mon activité de conseil,
08:04je l'ai...
08:06J'ai eu le même parcours qu'Irène,
08:07c'est-à-dire que j'ai eu la chance
08:08de pouvoir racheter
08:10l'entreprise dans laquelle je travaillais.
08:12Donc, j'ai été formée
08:14et j'ai eu un mentor exceptionnel
08:16qui m'a fait confiance
08:18dans la succession de son entreprise.
08:20Donc, j'ai développé Actem Conseil
08:22sur le territoire ligérien
08:23parce que l'entreprise
08:24était sur l'ISER.
08:24Donc, le réseau était plus positionné
08:30sur le Rhône et l'ISER et la Drôme.
08:34Et quand j'ai repris l'entreprise en 2012,
08:38j'ai développé sur le territoire
08:40qui était plus proche
08:42de mon lieu d'habitation et mon domicile.
08:45Quel type de conseil vous produisiez ?
08:46Alors, je fais...
08:47Je suis un organisme de formation.
08:49Donc, je réalise des formations
08:51pour le compte des entreprises.
08:53Je travaille avec des consulaires,
08:58avec des marchés publics.
09:00Et je travaille aussi en...
09:02Alors, ce que j'appelle le one-shot,
09:04c'est-à-dire que je travaille également
09:05avec des personnes qui me sollicitent
09:07pour développer leur stratégie commerciale
09:09ou pour créer leur propre entreprise.
09:13Donc, ça, c'est de la formation individuelle
09:16ou de l'accompagnement type coaching.
09:18Alors, ce club de l'entrepreneuriat féminin
09:20que vous avez créé,
09:21vous partiez d'un constat.
09:22Il manquait ce genre de structure
09:24réunissant des femmes chaînes d'entreprise ?
09:26Alors, je suis partie de mon propre besoin
09:32qui était à l'époque...
09:34J'ai toujours travaillé en binôme
09:36ou avec une équipe.
09:38Et en fait, quand je me retrouvais
09:40à la tête de l'entreprise Actem,
09:42je me suis retrouvée toute seule
09:44avec, bien évidemment, mon mentor
09:46qui m'a un petit peu suivie
09:48sur les premières années
09:49mais qui est rapidement partie
09:53et va acquérir ses occupations de retraite
09:56et ce qui est complètement logique.
09:58Et je me suis retrouvée toute seule
09:59et j'ai eu besoin de m'entourer de pères.
10:04Et j'ai sollicité le seul club femme-entrepreneur
10:08qui était femme et business
10:10sur le secteur de Saint-Etienne.
10:13Et il se trouvait qu'il y avait déjà mon homologue
10:15qui était adhérente.
10:17Donc, je n'ai jamais pu adhérer à ce club.
10:21Le confinement a fait que ça nous a accordé
10:24un petit peu plus de temps
10:25pour réfléchir et mettre en place le projet.
10:28Donc, le cerveau étant posé
10:30pendant trois ou quatre mois,
10:31ça m'a permis de mettre en place
10:33Clé
10:35avec d'autres femmes entrepreneurs
10:37qui m'ont rejoint dans l'aventure
10:39pour démarrer le club en 2022.
10:42Vous nous expliquerez tout à l'heure
10:43ce que vous y faites.
10:44On voit quelques photos
10:45qui s'affichent à l'image.
10:47Face à vous, Sylvie, Myra, Bonnardet,
10:50vous dirigez Centrale Lyon-Énise,
10:52l'école d'ingénieurs bien connue,
10:54évidemment, à Saint-Etienne.
10:55Parlez-nous de ce que représente l'Énise,
10:57combien de garçons et filles
11:00elles y forment
11:01et à quoi forme-t-on à l'Énise ?
11:03Alors, d'abord, Centrale Lyon-Énise,
11:05c'est la concaténation de deux marques.
11:06Deux marques fortes sur la région,
11:09Centrale Lyon,
11:10qui est située à Éculli,
11:12dans la région lyonnaise,
11:13et Énise,
11:13qu'on connaît mieux sur la région stéphanoise,
11:16École Nationale d'ingénieurs de Saint-Etienne.
11:18Pourquoi aujourd'hui Centrale Lyon-Énise ?
11:20Parce que Centrale Lyon a intégré l'Énise en 2021.
11:24Donc maintenant, un seul établissement
11:25qui a permis à l'Énise aussi
11:27de monter dans les classements,
11:29puisque Centrale Lyon
11:30est une école d'ingénieurs classée
11:31parmi les dix premières en France,
11:35et qui a permis de compléter
11:37l'offre de formation de l'établissement,
11:39puisque Centrale Lyon
11:40forme des ingénieurs généralistes,
11:41alors qu'à Saint-Etienne,
11:43nous formons des ingénieurs de spécialité
11:45en génie mécanique,
11:46en génie civil
11:47et en génie sensoriel.
11:48Environ 1200 étudiants,
11:50la proportion de femmes
11:51va varier selon les spécialités.
11:5450% en génie sensoriel,
11:55où on travaille beaucoup
11:56sur l'innovation,
11:56la réalité virtuelle,
11:5830% en génie civil,
11:59et hélas,
12:00moins de 20% en génie mécanique.
12:02Est-ce que vous sentez
12:03une fibre particulière
12:05pour l'entrepreneuriat
12:06chez les ingénieurs
12:07que vous formez ?
12:09Non.
12:10Pas particulièrement.
12:11Les ingénieurs, en fait,
12:12sont tellement sollicités
12:13aujourd'hui par les entreprises.
12:14Ils n'ont pas besoin
12:15de se poser la question.
12:15Exactement.
12:16Donc, il y a quelques ingénieurs
12:17qui ont envie de tester leur idée,
12:19de créer leur propre business,
12:20de créer leur propre activité,
12:23d'avoir leur autonomie,
12:25mais en sortant de l'école,
12:26ils sont tellement sollicités.
12:27Ils n'ont pas l'opportunité
12:28de se poser la question.
12:28On en fait tellement
12:29des belles offres aujourd'hui
12:30qu'ils ne se posent pas la question.
12:31Par contre,
12:31on les retrouve un peu plus tard,
12:33lorsqu'ils ont 5 à 10
12:34années d'expérience.
12:35Là, ils vont créer
12:36ou reprendre une entreprise.
12:38Et par rapport
12:38à ce qui a été dit précédemment,
12:39si je peux me permettre,
12:40les trois expériences
12:41qui ont été relatées
12:42montrent bien un chiffre
12:43qui est assez précis
12:45dans la réalité.
12:46On a dit au début
12:47dans le petit reportage
12:48que la proportion
12:49de femmes dirigeantes
12:50était faible,
12:5124 %, si j'ai bien retenu.
12:53Mais la proportion
12:53de femmes repreneurs
12:54d'entreprise est deux fois supérieure
12:56à celle des hommes
12:56reprenants d'entreprise.
12:57Donc, il y a plus de femmes
12:58qui reprennent
12:58que d'hommes qui reprennent,
13:01même s'il y a plus de dirigeants.
13:02Les deux témoignages-là sont...
13:03Voilà.
13:04Alors, voilà.
13:06Donc, c'était...
13:06Si je voulais rebondir
13:07sur ces chiffres-là.
13:08On fera un conseil juste après
13:09puis on précisera aussi
13:09qu'il y a assez peu de femmes
13:10qui dirigent des écoles d'ingénieurs
13:12et des grandes écoles en France.
13:1320 %.
13:14On en parlera juste après.
13:15On va se poser d'abord
13:16une question
13:16avant de faire un constat
13:17plus général
13:17sur la représentation
13:18des femmes
13:18dans les instances dirigeantes
13:19des entreprises
13:20et des structures
13:21comme les grandes écoles.
13:22La question, c'est
13:23qu'est-ce que diriger aujourd'hui ?
13:24On va peut-être partir de là
13:25avant de parler du parcours,
13:26de représentativité.
13:27Il faut revenir à l'essentiel.
13:28Qu'est-ce que diriger ?
13:29C'est donc la question
13:30qu'on a d'abord posée
13:31à Elisabeth Ducotet,
13:32présidente-directrice générale
13:33du groupe Tuan.
13:35Alors, diriger, pour moi,
13:38dans le fond,
13:38c'est fixer un cap
13:40et c'est transmettre le cap.
13:42C'est-à-dire se dire
13:42qu'on a, au fond de notre horizon,
13:45quelque chose
13:45qu'on voudrait atteindre
13:46et quelque chose,
13:48si possible, bien sûr,
13:49qu'on a partagé
13:49et quelque chose
13:50qui va être un but commun,
13:52qui va être donc
13:56peut-être une étoile
13:57ou peut-être
13:57quelque chose
13:58d'un peu inaccessible
13:59ou quelque chose
13:59qu'on a l'habitude
14:00de prendre.
14:01Mais diriger,
14:02c'est aider une collectivité
14:04à aller dans un objectif
14:05qui est un objectif commun,
14:07partagé
14:07et qui est donc
14:08l'objectif de l'entreprise.
14:10Karine Seulier,
14:11qu'est-ce que diriger pour vous ?
14:13Je suis assez d'accord
14:14avec ce que vient
14:17d'expliquer
14:18Madame Ducotet.
14:19Madame Ducotet.
14:20Je rajouterais
14:21que c'est aussi
14:23diriger,
14:24on le fait avec ses valeurs,
14:25on le fait avec
14:26ce qu'on est avant tout.
14:27Donc, c'est mettre sa patte
14:29dans l'entreprise quand même
14:30et en effet,
14:31donner le cap,
14:33mettre le cadre nécessaire
14:34pour que chaque salarié
14:36qui fait partie de l'équipe
14:37puisse évoluer au mieux
14:39et donner le meilleur
14:40de lui-même
14:40pour obtenir
14:42l'objectif commun
14:44qu'on s'est fixé
14:44et qu'on a partagé.
14:45À quel moment
14:46on se dit,
14:47comme vous,
14:48je veux passer de cadre
14:50à dirigeante ?
14:50Qu'est-ce qui se passe ?
14:51Quel est le déclic ?
14:52Est-ce que c'est une opportunité,
14:53une trajectoire
14:54qui s'inscrit
14:55et puis une certaine logique ?
14:57Là,
14:57en ce qui me concerne,
14:58ça a vraiment été
14:58l'opportunité
14:59de rejoindre
15:00cette création d'entreprise
15:01dans un premier temps.
15:03J'ai tout de suite
15:04fait partie
15:05des associés
15:06et du Codire
15:07et c'est quand même
15:08un fonctionnement
15:09et un mode de décision
15:12commun
15:12qu'on adopte.
15:14Donc, en fait,
15:15j'ai repris la présidence
15:16mais le Codire
15:18est tel qu'il était
15:19il y a dix ans
15:20et tous les membres
15:21en font encore partie.
15:22Oui, mais il fallait
15:23quand même quelqu'un
15:24qui prévide.
15:25Oui, oui,
15:26je ne sais pas,
15:26c'est venu assez naturellement.
15:28Lionel avait fait sa part
15:29pendant dix ans,
15:30il fallait que quelqu'un
15:31reprenne le flambeau
15:32et j'étais assez fière
15:34qu'il me fasse confiance
15:35et qu'il me donne
15:36cette opportunité
15:36de prendre le lead.
15:39Éirene Breuil,
15:40qu'est-ce que dirigez
15:41pour vous aujourd'hui ?
15:42Vous êtes d'accord
15:42avec ce qui vient d'être dit ?
15:43Oui, oui,
15:44je suis complètement d'accord
15:45effectivement avec ce qui a été dit.
15:46Effectivement,
15:47c'est donner un cap
15:47mais moi,
15:48je rajouterais aussi
15:49que ce n'est pas un statut
15:53de diriger,
15:54c'est prendre des responsabilités
15:56aussi.
15:57C'est une charge,
15:59il faut décider,
16:00il faut arbitrer,
16:01il faut assumer,
16:03il faut protéger ses salariés.
16:04Donc, oui,
16:05c'est donner un cap
16:06dans l'entreprise
16:07mais il faut assumer
16:10un petit peu
16:10tout ce qui est derrière.
16:15Et l'autre question,
16:16on a peu parlé
16:17de la chambre de commerce
16:17pour l'instant
16:18mais là aussi,
16:20cette trajectoire
16:21qui fait qu'à un moment,
16:22tiens,
16:22l'opportunité
16:23de prendre la présidente
16:23d'une chambre de commerce
16:24se présente.
16:26Qu'est-ce que vous vous êtes dit ?
16:27Vous vous êtes dit
16:27tiens, c'est pour moi,
16:28c'est maintenant,
16:29j'ai envie,
16:30c'est le moment ?
16:31Comment ça se passe ?
16:31Pas du tout.
16:32Quand on m'a proposé
16:35l'opportunité
16:36de me présenter
16:36à la chambre de commerce,
16:37j'ai eu une réaction
16:38de femme,
16:38je me suis dit non.
16:40Non, mais ce n'est pas pour moi,
16:41je ne vais jamais y arriver.
16:42C'est ça ?
16:42Oui, je ne vais jamais y arriver,
16:43ce n'est pas pour moi.
16:45Et puis,
16:45j'étais à cette époque-ci
16:47présidente de la délégation
16:48des femmes chefs d'entreprise,
16:49la délégation
16:50qui existait encore
16:51à cette époque.
16:52Et j'expliquais
16:53à toutes ces femmes
16:55qu'il fallait oser,
16:56qu'il fallait se montrer,
16:58qu'il fallait prendre des mandats,
16:59que c'était important
17:00et que pour arriver
17:01à avoir de la visibilité,
17:02il fallait s'engager.
17:03Donc,
17:04j'expliquais ça
17:04depuis plusieurs semaines
17:05et plusieurs mois.
17:07Et là,
17:08on me propose
17:09de me présenter
17:10à la chambre de commerce
17:11et moi,
17:11j'ai cette réaction.
17:13Je me dis non,
17:14là,
17:14stop.
17:15Avec ce que vous aviez dit avant,
17:16c'était avec lui ?
17:17Ça ne marche pas.
17:18Là,
17:18tu n'es plus du tout en phase
17:19avec ce que tu dis
17:20et ce que tu fais.
17:22j'explique aux femmes
17:23qu'il faut croire en elles.
17:24Donc,
17:24tu vas aussi croire en toi
17:26et tu vas te concentrer
17:27sur ce projet
17:28et tu vas accepter
17:30d'aller à cette élection
17:33parce que maintenant,
17:35ça fait dix ans,
17:36tu as toute la légitimité
17:37pour le faire.
17:38Tu as autant de légitimité
17:40que n'importe quel autre candidat.
17:43Donc,
17:43ça a été un cheminement,
17:44une réflexion.
17:46Ce n'est pas...
17:46Je ne me suis pas réveillée
17:48un matin en me disant
17:48demain,
17:49je vais être chef d'entreprise
17:50ou demain,
17:51je vais être présidente
17:52de la chambre de commerce.
17:53Non,
17:53c'est des cheminements
17:54parce que nous aussi,
17:55les femmes,
17:56je pense qu'on a
17:56un fonctionnement
17:57un peu différent
17:59et qu'on a malheureusement
18:00nos propres freins
18:02et que ces freins-là,
18:03il faut qu'on arrive
18:03à les lever.
18:04On parlera de la légitimité
18:05tout à l'heure.
18:06Sylvie Myra,
18:07même chose pour vous.
18:08Vous êtes passée
18:08d'enseignante-chercheuse,
18:09c'est ça ?
18:10À directrice d'une école
18:12comme Central Lyon-Enise.
18:13Là aussi,
18:13c'était une envie,
18:14c'est une opportunité.
18:16Comment s'est passé
18:16votre arrivée
18:18à la direction
18:18d'une école comme l'Enise ?
18:19Alors,
18:20j'avais eu un parcours
18:22de directrice
18:23de centre de profit avant.
18:24C'est-à-dire,
18:25je n'ai pas été
18:25enseignante-chercheuse
18:26toute ma vie,
18:26donc j'ai eu un parcours
18:27et directrice
18:28de centre de profit.
18:30On commence à prendre
18:31l'envergure
18:32d'un responsable d'unité,
18:34on va dire.
18:35Et Central Lyon-Enise,
18:36on peut considérer
18:36que c'est une unité
18:37puisque c'est une école interne
18:38de Central Lyon.
18:39Donc,
18:40j'avais cette expérience-là
18:41et puis,
18:42le poste s'est présenté,
18:44j'ai candidaté
18:44et j'ai été élue.
18:46Mais vous aviez
18:47une envie particulière ?
18:48Est-ce que cette volonté
18:51de diriger,
18:51de manager,
18:53j'aimerais comprendre
18:54le cheminement intellectuel ?
18:56Moi,
18:57en fait,
18:57je l'ai toujours fait
18:57puisque dès ma sortie d'école,
18:59j'ai été directrice commerciale,
19:00par exemple.
19:01Et donc,
19:03c'est une démarche...
19:04Enfin,
19:04je pense que ce n'est pas
19:05une démarche intérieure
19:05qui nous tombe dessus
19:06à 50 ans
19:07ou à 40 ans.
19:08On l'a plus ou moins en soi,
19:10on prend des responsabilités.
19:12Et on le voit
19:12dans les jeunes femmes
19:13qu'on a chez nous à l'école,
19:14elles prennent des responsabilités
19:15de projet,
19:15elles prennent des responsabilités
19:16associatives,
19:17elles se font porte-parole.
19:18Donc,
19:19on a quand même comme ça...
19:20Mais malgré les freins
19:21dont on a parlé tout à l'heure,
19:22c'est-à-dire
19:23la limite,
19:25le syndrome de l'imposteur
19:26qu'on a souvent
19:27chez les femmes,
19:28mais c'est un cheminement
19:30qui se construit.
19:31On ne devient pas
19:31du jour au lendemain
19:32un directeur
19:32ou directrice
19:33ou présidente.
19:34Voilà,
19:34c'est vraiment un cheminant
19:35qui se construit.
19:36Et c'est ce que je dis
19:36à mes étudiants,
19:38étudiants et étudiantes.
19:39je veux dire,
19:40votre carrière,
19:41c'est ce que disait
19:42l'autre jour
19:42la présidente d'Orange.
19:44Elle disait,
19:44la question avait été posée,
19:45est-ce que c'est l'opportunité
19:46que vous êtes tombée dessus ?
19:47Elle dit,
19:47ben non,
19:48c'est-à-dire que moi,
19:49j'avais envie
19:49de prendre des responsabilités,
19:50je les ai prises
19:51au fur et à mesure
19:51de ma carrière
19:52et je suis arrivée
19:52à un moment
19:52où on m'a confié
19:53une responsabilité
19:54plus importante.
19:55Mais elle n'arrive pas
19:56comme ça.
19:56Cécile Fayol,
19:57sur cette volonté
19:59de diriger,
20:00de prendre du pouvoir.
20:02Alors,
20:03est-ce que vous ressentez
20:05auprès des adhérentes
20:06également de Clé ?
20:07Alors,
20:07nous,
20:08on a une particularité
20:09dans Clé,
20:10c'est des femmes
20:11qui sont solopreneurs.
20:13Donc,
20:14souvent,
20:14le pouvoir,
20:14elles le prennent
20:15sur elles-mêmes
20:15quand elles créent
20:16leur entreprise.
20:18Elles créent
20:18une entreprise,
20:19comme disait Irène
20:20tout à l'heure,
20:21avec leurs propres valeurs.
20:22C'est-à-dire que peut-être
20:23dans les schémas
20:24des entreprises
20:25avec lesquelles
20:26elles ont eu
20:28été salariées,
20:29elles n'ont pas pu
20:31développer
20:31leur propre éthique,
20:33leur propre valeur.
20:34Et en créant
20:35leur propre structure,
20:38elles s'épanouissent
20:39et elles prennent
20:40finalement un pouvoir
20:41qui n'est pas
20:42une ascendance
20:43sur quelqu'un d'autre
20:43mais plus par rapport
20:44à elles-mêmes.
20:46Et ça,
20:46c'est très présent
20:48dans les membres
20:49de Clé.
20:51Ça,
20:51c'est intéressant d'ailleurs.
20:52On va faire un petit constat
20:53d'ailleurs et on se rend compte
20:54qu'effectivement
20:55dans les solo-entreprises,
20:57les auto-entreprises,
20:58les femmes là
20:58sont surreprésentées
20:59alors qu'effectivement
21:00dans les bords
21:01des grandes entreprises
21:01et industrielles,
21:02elles le sont peu.
21:04Quel constat
21:04vous faites
21:05de la place des femmes
21:06dans les instances
21:06dirigeantes
21:08des entreprises ?
21:09Irène ?
21:10Le constat qu'on fait,
21:11il est connu,
21:13c'est qu'il y a peu
21:13de femmes
21:14qui sont dans les conseils
21:16d'administration
21:17aujourd'hui.
21:18Alors,
21:19ce n'est pas qu'il y a
21:19peu de femmes,
21:20il y en a de plus en plus.
21:22Moi,
21:22j'ai envie de dire,
21:24aujourd'hui,
21:25la question,
21:26elle n'est plus
21:26d'entrer dans la pièce.
21:28On est rentré dans la pièce,
21:29on nous a permis
21:29de rentrer dans cette pièce,
21:31peut-être grâce à la parité
21:32ou d'autres choses.
21:34on est là.
21:35La question,
21:36pour moi,
21:36aujourd'hui,
21:37elle est plus dans la nature
21:38des pouvoirs qu'on va nous confier.
21:40C'est-à-dire,
21:41c'est le pouvoir décisionnel
21:42à un moment,
21:43de pouvoir décider des investissements,
21:45de pouvoir décider de la stratégie,
21:48des recrutements.
21:49Et ça,
21:50encore,
21:51voilà,
21:52ce n'est pas acquis
21:54et c'est encore moins présent
21:56dans l'industrie.
21:57C'est encore,
21:58voilà,
21:58c'est encore difficile.
22:00On vous laisse entrer,
22:01mais on vous laisse assez peu décider.
22:02On nous laisse entrer dans la pièce,
22:04oui,
22:04on rentre dans la pièce,
22:05moi,
22:05je dis toujours,
22:06mais voilà,
22:07on a,
22:08je pense,
22:08chacune des expériences
22:09un petit peu comme ça
22:10où on rentre dans la pièce,
22:11mais voilà,
22:12on n'a pas forcément
22:14le pouvoir opérationnel
22:15et stratégique pour décider.
22:17Pas encore.
22:18Karine,
22:18vous le ressentez,
22:19ça aussi ?
22:20Comme je l'ai...
22:21Il y a des expériences
22:21qui ont pu illustrer
22:23ce témoignage-là.
22:24Comme je l'évoquais tout à l'heure,
22:26nous,
22:26le fonctionnement
22:26est quand même partagé,
22:27c'est-à-dire que la décision,
22:28elle n'a jamais été...
22:30J'y prenais part avant
22:32et mes autres associés
22:34y prennent part aujourd'hui.
22:35Il n'y a pas un fonctionnement
22:36avec un seul décideur
22:37véritablement chez nous.
22:38Après,
22:39il y a celui qui tranche
22:39et qui doit véritablement
22:42être le porte-parole
22:43de l'entreprise.
22:45Mais moi,
22:46je n'ai pas trop...
22:46Aujourd'hui,
22:47je ne ressens pas ça,
22:48en tout cas pas au sein des corings.
22:49On est une toute petite équipe,
22:50on est une dizaine de personnes.
22:51Moi,
22:52j'ai la chance de travailler
22:52avec des gens
22:52qui me font confiance.
22:54Mes associés me font
22:54une grande confiance.
22:55Donc,
22:56je ne ressens pas
22:58cette difficulté
22:59à décider
23:00ou à prendre ma part,
23:04entre guillemets.
23:05Si je peux me permettre,
23:06la moitié des dirigeants
23:07de grandes entreprises
23:08sont des ingénieurs.
23:09Et il y a encore malheureusement
23:11peu de femmes
23:12dans les formations d'ingénieurs.
23:13Donc,
23:13c'est aussi un élément explicatif
23:14du fait qu'on retrouve
23:16peu de femmes
23:16à la direction
23:17des grandes entreprises.
23:18Justement,
23:19c'est intéressant,
23:19on va peut-être...
23:20Voilà ce qu'il faut faire
23:21aujourd'hui
23:21pour une meilleure représentation.
23:24Que faut-il faire ?
23:25Évidemment,
23:26la formation
23:27est hyper importante.
23:29La sensibilisation
23:29aux petites filles,
23:31même,
23:31j'allais dire,
23:32aux jeunes femmes,
23:33aux enfants...
23:34Je vais vous raconter
23:34un projet
23:35qui est en train
23:35de se dérouler,
23:36qui s'appelle
23:36Child Gap,
23:38CNRS,
23:38et un certain nombre
23:39d'universités françaises.
23:40Ils mettent des enfants
23:41de 3 à 6 ans
23:42devant deux personnes
23:44non genrées,
23:44dont une a de l'ascendance
23:46et du pouvoir
23:47sur la deuxième.
23:48La majorité des enfants
23:49disent que celui
23:50qui a du pouvoir,
23:50c'est un homme,
23:52alors que la personne
23:53qui n'en a pas,
23:54c'est une femme.
23:55Et 73% des garçons,
23:57entre 3 et 6 ans,
23:58considèrent que la personne
23:59qui a du pouvoir,
24:00c'est un homme.
24:0173%.
24:02Alors,
24:02là où il y a de l'espoir,
24:03c'est que seulement 44%
24:04des filles considèrent
24:06que l'image
24:08qui a du pouvoir,
24:09c'est un homme.
24:10Donc,
24:10dès là,
24:113-6 ans...
24:12Oui,
24:12donc il y a du boulot,
24:13il faut travailler
24:14chez les plus jeunes.
24:15La représentation du pouvoir
24:17est masculine.
24:18Voilà,
24:18c'est ça qu'on peut dire
24:19dès l'âge de 3 ans.
24:20Que fait la Chambre
24:21de Commerce et d'Industrie
24:22pour encourager,
24:24même chose qu'il faut
24:25le faire à l'école,
24:25on verra ce que peut faire
24:27l'ENIS
24:27et ce que peuvent faire
24:27les grandes écoles.
24:29Que fait la Chambre
24:30de Commerce et d'Industrie ?
24:30Quels outils vous déployez
24:32pour...
24:32Voilà,
24:32vous parliez de clubs,
24:34de réseaux de femmes.
24:35Alors,
24:36on fait pas mal de choses,
24:38notamment cette année,
24:39on a le Forum
24:40de l'entrepreneuriat
24:41qu'on décline
24:41toutes les années,
24:42qu'on a dédié un peu
24:43à l'entrepreneuriat féminin.
24:46Donc,
24:46on va parler beaucoup
24:47de l'entrepreneuriat féminin.
24:49Pour rebondir
24:50sur ce que vous dites,
24:51on a mis en place
24:53il y a quelque temps
24:54une action
24:55avec 100 000 entrepreneurs
24:56où on commence
24:58avec les collégiens
24:59et les lycéens
25:00où on met des garçons,
25:03des filles ensemble
25:04et on leur fait parler
25:05justement de l'entreprise.
25:07On demande aux garçons
25:08quels sont leurs ressentis,
25:10s'ils devaient être
25:11managés par des femmes.
25:13Comment ils prendraient ça ?
25:14On interroge les filles
25:16pour savoir,
25:17elles,
25:17comment elles voient le pouvoir,
25:19comment elles se projettent
25:20dans la suite.
25:21Et ça,
25:22c'est des exercices
25:22assez intéressants
25:24parce que ça nous permet
25:26justement
25:26de faire
25:28de la sensibilisation
25:31relativement tôt
25:32au niveau collège,
25:33au niveau lycée.
25:34Donc ça,
25:35c'est des choses qu'on fait.
25:36On a des politiques
25:37RSE aussi assez importantes
25:38où on parle beaucoup
25:40de diversification,
25:41égalité hommes-femmes,
25:43etc.
25:44J'ai moi-même participé
25:45il n'y a pas très longtemps
25:46dans le cadre
25:47de Global Industrie
25:48à une table ronde
25:50avec les meufs
25:51de l'industrie
25:52qui est une association
25:53lyonnaise
25:53où on parle des femmes
25:54dans l'industrie
25:55et où on réfléchit
25:57à comment
25:57justement
25:58on peut aider
26:00les femmes
26:00par la formation,
26:02par les clubs
26:03d'entreprise,
26:04par des tas de choses
26:05pour démystifier
26:06un petit peu
26:07ces métiers
26:07et de l'industrie
26:09et de la responsabilité
26:11pour les encourager
26:12à faire tout ça.
26:14Donc voilà,
26:14je ne sais pas
26:15si c'est ma présidence
26:16comme je suis une femme
26:16qui veut ça
26:17mais c'est vrai
26:17qu'effectivement
26:18c'est un sujet
26:19que je souhaite travailler
26:21et qu'on travaille.
26:22Avant de vous donner
26:23la parole, Cécile,
26:23je voudrais que nous retrouvions
26:24Elisabeth Ducotet.
26:25Y a-t-il une manière
26:26féminine de diriger ?
26:27C'est la question
26:27qu'on lui a posée.
26:29Je dis non
26:30parce qu'on est dirigeants.
26:31On est dirigeants
26:32et dirigeants
26:33et je dirais
26:34en chacun de nous,
26:35chacun de nous
26:36qui est dirigeants
26:36dirige de façon
26:37un peu particulière,
26:38un peu personnelle
26:39en fonction de sa propre personnalité,
26:40en fonction de son propre parcours
26:43universitaire, etc.
26:45Mais non,
26:46on est dirigeants,
26:47dirigeants.
26:47Mais il n'y a pas,
26:49je ne crois pas du tout
26:50à cette théorie
26:51qui a été développée
26:52à un certain moment
26:52en disant qu'il y avait
26:53une espèce de façon féminine
26:56d'exercer le pouvoir.
26:57Ça, je ne crois pas du tout.
26:59Je crois au contraire
27:00qu'à chacun de nous,
27:01d'exercer dans son propre style,
27:04dans sa personnalité personnelle,
27:06chacun dans sa capacité,
27:09exercer le pouvoir.
27:11Mais que voilà,
27:13nous sommes tous dirigeants,
27:15hommes et femmes.
27:17Cécile Fayol,
27:18y a-t-il une manière féminine
27:19de diriger ?
27:21Il n'y a pas de manière
27:22féminine de diriger.
27:24On est tous
27:25avec le même cerveau.
27:27Donc,
27:29l'héritage culturel
27:31des 50-60 dernières années
27:33fait que la femme
27:35a été obligée
27:37de prendre sa place.
27:39Parce qu'il y a 50 ans
27:41ou 60 ans,
27:43on n'avait pas le droit de vote.
27:44À 60 ans,
27:45les comptes bancaires
27:46étaient attribués
27:47qu'aux hommes
27:47et pas aux femmes,
27:48etc.
27:48Donc,
27:49on a dû se battre
27:50petit à petit,
27:51grâce à des femmes
27:52exceptionnelles
27:53qui nous ont succédées.
27:54Nous sommes peut-être
27:55l'une des premières,
27:57des pionnières
27:59et on va ouvrir la porte,
28:01on a ouvert la porte
28:02sur la génération
28:04qui arrive
28:05et qui,
28:07j'espère,
28:08dans 50 ans,
28:08trouveront normal
28:10d'être l'équité
28:12des hommes
28:13à tout niveau
28:15de l'entrepreneuriat.
28:16Dans les femmes
28:17qui sont adhérentes
28:19à Clé,
28:19quelles sont
28:20les préoccupations ?
28:22Comment vous organisez
28:23la vie
28:24de ce club ?
28:25Qu'est-ce que vous faites ?
28:27Sur quoi vous échangez ?
28:28Alors,
28:29les femmes
28:30qui adhèrent
28:30à Clé,
28:31ce sont des femmes
28:32qui souhaitent
28:34s'entourer,
28:36qui souhaitent
28:37sécuriser
28:38leur parcours,
28:39sécuriser
28:40leur parcours
28:41entrepreneurial,
28:42qui souhaitent
28:43aussi échanger,
28:45qui souhaitent
28:47également
28:48recevoir
28:48ces précieux conseils
28:50dont on a besoin
28:51quand on
28:52naît dans une incertitude
28:54parce que c'est...
28:55Même si...
28:56Moi,
28:57j'ai fait une école de commerce,
28:57j'ai fait l'école de commerce
28:58de Saint-Etienne,
28:59je n'ai jamais appris
29:00à être chef d'entreprise.
29:01J'ai appris
29:02la comptabilité,
29:03j'ai appris
29:03le management,
29:04j'ai appris le marketing,
29:05mais je n'ai pas appris
29:06à être chef d'entreprise.
29:08Chef d'entreprise,
29:08c'est comme être parent.
29:10Ça s'apprend sur le tas.
29:13Et être entouré
29:14de personnes
29:15qui sont des modèles,
29:16des personnes
29:17qui ont aussi essuyé
29:18des plâtres,
29:20essuyé des déceptions,
29:21essuyé des...
29:22Et réussis aussi
29:23sur certains principes.
29:25C'est des choses
29:26qui sont très importantes
29:28pour la personne
29:29qui entreprend
29:29et qui a besoin
29:30d'avoir un échange
29:32par rapport à ça.
29:34On parlait de légitimité
29:35tout à l'heure,
29:36on va retrouver à nouveau
29:37Elisabeth Ducotet.
29:38À quel moment
29:38cesse-t-on de devoir prouver ?
29:39Je vous poserai la question
29:41juste après.
29:42Je crois beaucoup
29:43qu'il n'y a qu'une chose
29:44qui compte
29:44et sur laquelle
29:45on est jugé,
29:47c'est l'expérience.
29:48C'est-à-dire,
29:49quand on a une expérience réussie,
29:50il n'y a même pas besoin
29:51de la dire.
29:52Elle se fait en école
29:54d'elle-même
29:55et elle permet
29:56de résoudre,
29:57je dirais,
29:58cette expérience,
29:59l'envie de faire
30:00une autre expérience derrière.
30:01C'est-à-dire qu'une expérience réussie,
30:03c'est juste le début
30:04d'une chaîne positive.
30:06Et on n'a presque pas besoin
30:07de la dire.
30:08Je trouve qu'il y a
30:08une espèce de foi
30:10d'abord soi-même,
30:11je dirais,
30:12on ne compte que par
30:12l'expérience qu'on a eue.
30:15Et deuxièmement,
30:16l'expérience
30:17qui est partagée,
30:18elle permet vraiment
30:22de créer
30:23une légitimité.
30:23Votre question
30:24de la légitimité,
30:25c'était une vraie question.
30:27Et je préfère
30:28d'ailleurs
30:28à pouvoir,
30:29je préfère le mot
30:30autorité,
30:31parce qu'on est reconnus
30:32par rapport
30:32à notre autorité.
30:33Le pouvoir,
30:34bien sûr,
30:34on l'a reçu.
30:35Mais le pouvoir,
30:36il ne sera jamais
30:37forcément toujours durable,
30:39parce qu'il y a un jour,
30:39nous rendrons le pouvoir
30:40qui nous a été donné.
30:41Ce qu'il faudra d'ailleurs,
30:43c'est d'essayer de rendre
30:43ce pouvoir augmenté,
30:45plus intéressant,
30:47mieux exercé.
30:48Mais je crois plutôt
30:49en l'autorité.
30:50L'autorité,
30:51c'est cette capacité naturelle
30:53de donner envie
30:54à ceux qui sont autour de nous,
30:55de faire avec nous.
30:56Et ça,
30:57je crois beaucoup
30:57à l'autorité.
30:58Et je crois que l'autorité,
31:00quand on l'exerce bien,
31:01elle crée une vraie légitimité.
31:02Donc,
31:03votre question
31:03est une bonne question.
31:05Merci beaucoup.
31:06Merci beaucoup,
31:07Elisabeth,
31:07du côté.
31:08Karine Tuelier,
31:09je vous voyais à qui c'est...
31:10C'est vrai que l'autorité,
31:11c'est curieux,
31:11ça ne s'apprend pas.
31:13Qu'est-ce que vous pouvez...
31:14Comment vous réagissez
31:14à ce qu'on vient d'entendre ?
31:16Oui,
31:16et en ce qui me concerne,
31:17l'autorité,
31:18ce n'est pas quelque chose
31:19de très, très naturel.
31:20Donc,
31:20c'est un petit peu,
31:22quelquefois,
31:22challengeant pour moi
31:23d'être à ce poste,
31:25un petit peu.
31:26Mais je suis assez d'accord
31:27avec ce que disait Elisabeth,
31:29c'est que les expériences réussies
31:31nous permettent aussi
31:32de se rendre compte
31:35que c'est le bon chemin
31:36et nous donnent confiance
31:37pour la suite.
31:38Donc, finalement,
31:40le cheminement,
31:41il se construit chaque jour
31:44et chaque expérience réussie
31:45permet de se permettre
31:49un peu plus
31:49d'exercer son autorité
31:50la fois d'après.
31:51Et je pense qu'on apprend
31:52sur le tas,
31:53on apprend au fil de l'eau
31:56et c'est une belle aventure.
31:58Irène Brouille,
31:59sur l'autorité ?
32:01Sur l'autorité,
32:03moi, je suis d'accord.
32:04Je pense que l'autorité,
32:05c'est quelque chose
32:06qu'on a en soi,
32:08qu'on a en soi,
32:09qui ne se décrète pas.
32:11Et alors,
32:12la question,
32:13pas le problème de légitimité,
32:14vous en parliez,
32:15se sentir légitime.
32:17C'est ça aussi le message
32:18qu'il faut faire passer
32:20aux jeunes filles,
32:21la légitimité.
32:22Alors, moi,
32:23ce que je dis,
32:23c'est que la légitimité,
32:25elle ne s'obtient pas
32:26par un décret.
32:27La légitimité,
32:28on l'a par ses compétences,
32:31par la cohérence
32:34de son parcours,
32:36la crédibilité,
32:37elle s'inscrit dans le temps.
32:40Donc, voilà,
32:42on se la construit,
32:43on se la construit
32:44dans le temps.
32:45Et pour répondre
32:46à votre question,
32:48quand vous parlez
32:48au bout de combien de temps
32:49a-t-on hacké
32:51cette légitimité,
32:54eh bien, moi,
32:54je dis,
32:55nous, les femmes,
32:56on doute souvent
32:56de cette légitimité.
32:58Moi, je dis qu'au bout
32:59d'un certain nombre
33:00d'années de parcours,
33:02comme Madame Ducoté,
33:03par exemple,
33:04on considère que c'est acquis,
33:05quand même,
33:06je veux dire,
33:06quand on a 30 ans
33:08d'entreprise,
33:09mais cette légitimité,
33:10on l'a obtenue
33:12grâce à toutes ces compétences.
33:14Nous, les femmes,
33:15on nous demande toujours plus.
33:16C'est vrai que les compétences,
33:17il faut qu'on prouve sans arrêt.
33:19C'est important
33:20et c'est un cheminement,
33:21encore une fois de plus.
33:22Alors, moi,
33:22j'aimerais modérer
33:23un peu ces propos
33:23parce que l'autorité,
33:26la capacité à prouver
33:27sa légitimité,
33:28la capacité à présenter
33:30des résultats,
33:31elle est supérieure
33:33chez les garçons
33:33à cause de l'éducation
33:35qu'on leur donne
33:36depuis la naissance.
33:37Et on s'en rend très bien compte
33:38dans le monde éducatif
33:39parce que les filles
33:40réussissent mieux à l'écrit,
33:41les garçons réussissent mieux
33:42à l'oral.
33:43Et en fait,
33:44cette légitimité,
33:45cette capacité
33:46à s'exprimer,
33:47à être assuré
33:48sur son rôle,
33:49à savoir dire les choses,
33:51sans bafouiller,
33:51sans hésiter
33:52parce qu'on est persuadé
33:53qu'on est fort,
33:54ça, ça manque aux femmes.
33:55Et ça, ça change tout ?
33:56Mais bien sûr,
33:57ça change tout.
33:57Ça change tout.
33:58On est d'accord,
33:59on est toutes d'accord avec ça.
34:00Et donc, en fait,
34:01le fait d'amener des résultats,
34:02certes,
34:03mais un homme peut avoir
34:04des résultats moindres,
34:05mais les présenter
34:06tellement mieux,
34:07on est d'accord,
34:08c'est le vrai sujet.
34:11Et en fait,
34:12c'est toute une éducation
34:13depuis la petite maternelle
34:15et jusqu'à l'âge adulte
34:17qui fait que la femme
34:18s'est moins bien,
34:19a moins d'assurance
34:19pour présenter ses résultats.
34:20Et aussi,
34:21j'avais vu une étude scientifique
34:22concernant la voix,
34:24la façon dont on porte notre voix.
34:28Vous disiez,
34:29moi, l'autorité,
34:30ce n'est pas quelque chose
34:30de tout à fait naturel,
34:31effectivement.
34:33Et moi,
34:33pour le vivre assez régulièrement
34:35dans des milieux
34:35quand même très,
34:36très masculins,
34:37il n'est pas rare
34:39qu'on nous coupe la parole,
34:40qu'on n'ait pas le temps
34:41de terminer nos phrases
34:42parce qu'on a aussi
34:43une intonation de voix
34:44qui n'est pas la même
34:45et on n'a pas certainement
34:46cette assurance
34:47dont vous parlez
34:48qui fait que
34:49dès la plus petite enfance,
34:51on nous apprend
34:52plutôt à nous taire
34:53qu'à parler
34:54un peu plus haut.
34:56Oui,
34:56en fait,
34:56en école primaire,
34:58la cour de récréation
34:59est occupée
35:00à 80%
35:01par les garçons,
35:0220% par les filles
35:03qui sont au pourtour
35:03et les garçons
35:04sont au milieu
35:04et jouent au foot.
35:05Mais ça change ça,
35:06non ?
35:06Non.
35:06Dans la structuration
35:08des cours d'école aujourd'hui ?
35:08Non, ça ne change pas.
35:10Non, mesdames,
35:10je vous propose
35:10que nous poursuivions
35:11la conversation
35:11juste après un petit reportage.
35:13C'est une nouvelle séquence
35:14qu'on vous propose
35:14dans les tables rondes
35:15by TLC Business.
35:16Ça s'appelle Dans la boîte,
35:17histoire d'aller voir
35:17ce qu'il se passe sur le terrain
35:19et c'est Gilles Cayuela
35:20qui s'en charge
35:21et nous sommes à Saint-Cyprien
35:22aujourd'hui avec lui.
35:33Nous sommes aujourd'hui
35:34à Saint-Cyprien
35:35chez MAC3.
35:36Ici, on conçoit
35:37et on fabrique
35:38des compresseurs d'air
35:38pour l'industrie,
35:39pour la construction
35:40et le secteur agricole.
35:42L'entreprise emploie
35:4345 salariés,
35:44réalise 14 millions d'euros
35:45de chiffre d'affaires
35:46et elle est pilotée
35:47par une femme chef d'entreprise,
35:48Christelle Linossier.
35:49Je vous emmène tout de suite
35:50à sa rencontre.
35:59Bonjour Christelle Linossier.
36:00Bonjour Gilles,
36:01comment allez-vous ?
36:01Bienvenue chez MAC3.
36:02C'est gentil,
36:03merci à vous.
36:04On est ici chez MAC3
36:05à Saint-Cyprien.
36:06Vous concevez et fabriquez
36:08des compresseurs d'air
36:10pour l'industrie,
36:11pour le secteur agricole
36:12et également pour la construction.
36:14Vous évoluez dans un milieu
36:17majoritairement masculin.
36:18Comment ça s'est passé
36:20au début
36:20à la création de MAC3
36:23il y a 15 ans ?
36:24Est-ce que vous avez rencontré
36:25un certain nombre
36:25de difficultés
36:26en tant que femme
36:27chef d'entreprise ?
36:28Alors,
36:29j'ai rencontré
36:29des difficultés généralement
36:31parce qu'en tant
36:31que créée d'entreprise,
36:32on rencontre des difficultés.
36:33Peut-être un tout petit peu plus
36:35en tant que femme
36:36dans la mesure
36:36où il faut prouver
36:37un peu plus
36:38que vous êtes compétente
36:39pour pouvoir
36:41inspirer confiance.
36:42Il faut faire ses preuves.
36:4315 ans après,
36:43c'est toujours
36:45la même problématique,
36:46il faut toujours
36:46et encore
36:47faire ses preuves
36:48ou est-ce que vous rencontrez
36:49des freins
36:49ou est-ce que finalement
36:50ça va beaucoup mieux ?
36:51Je n'ai pas vu de vraie évolution
36:52pour dire qu'il y a une vraie rupture
36:54en disant
36:54avant c'est comme ça,
36:55maintenant c'est comme ça.
36:57C'est plutôt,
36:57on a toujours besoin
36:58quand même de montrer
36:59qu'on est compétent
37:00pour pouvoir être apprécié
37:02et pour pouvoir être considéré
37:03à titre égal.
37:05Voilà,
37:05j'y reste,
37:05c'est plutôt ça.
37:06Et alors,
37:07on a quand même une problématique
37:08et c'est l'objet
37:08de cette émission,
37:09c'est que finalement
37:10il y a encore
37:11une sous-représentation
37:12des femmes
37:12dans les conseils
37:13d'administration
37:13des entreprises.
37:14Qu'est-ce que ça vous inspire ?
37:16Ça m'inspire le fait
37:18qu'il faille oser.
37:19Il faut oser en fait
37:20parce qu'à partir du moment
37:21où vous démontrez
37:22ou vous avancez vous-même,
37:24vous démontrez
37:25que vous êtes aussi compétente
37:26que les hommes
37:27et à ce moment-là,
37:27pourquoi ne pas oser le faire ?
37:29C'est simplement ça.
37:30Je pense que c'est surtout
37:30le fait d'oser.
37:31Et dans le management au quotidien,
37:32comment ça se passe concrètement ?
37:34Je pense que le plus simple,
37:35c'est qu'on aille demander
37:36à quelqu'un de mon équipe.
37:37Allez,
37:46on parle aujourd'hui, Dimitri,
37:48d'entrepreneuriat au féminin.
37:49Comment ça se passe
37:50dans le quotidien ?
37:51Qu'est-ce que ça fait
37:52d'être dirigé par une femme
37:53chef d'entreprise ?
37:56Pour moi,
37:56ça ne change pas grand-chose.
37:58Ça se passe bien.
38:00Les relations sont humaines.
38:03Après, c'est sûr
38:03qu'on n'est pas toujours d'accord.
38:05Que ce soit avec une femme
38:07ou avec un homme,
38:08on n'a pas tous
38:09les mêmes points de vue.
38:10Et tant que chacun
38:11entend les arguments de l'autre
38:13et trouve la meilleure solution
38:14pour le client
38:15et pour la société,
38:16c'est tout ce que je demande.
38:20Voilà, écoutez,
38:22merci Christelle Linnossier
38:23de nous avoir reçus
38:24chez Mac3.
38:24Merci d'être bonne de nous voir.
38:26Quant à nous,
38:27je vous dis à très vite
38:28pour une prochaine immersion
38:28dans l'entreprise.
38:34Merci beaucoup, Gilles.
38:35C'était dans la boîte.
38:36On vous retrouve
38:36dans un prochain numéro
38:38des tables rondes.
38:40Il nous reste assez peu de temps.
38:41Je voudrais que nous évoquions
38:42les leviers d'action.
38:43D'après vous,
38:44et je vais faire un tour de table
38:44à ce niveau-là,
38:45quels sont les leviers
38:46sur lesquels il faut appuyer
38:48pour augmenter la représentation
38:51des femmes
38:51dans les instances dirigeantes
38:52des entreprises
38:53ou pousser, en tout cas,
38:54les femmes à prendre
38:55des responsabilités
38:56dans les entreprises.
38:56Cécile Fayol.
38:58Alors, le premier levier,
39:00et j'en reviens à la conversation
39:02qu'on a eue tout à l'heure,
39:03c'est l'éducation.
39:05L'éducation,
39:06et l'éducation au sein même
39:08des familles,
39:09mais aussi au niveau de l'école.
39:12Et ça, dès le plus jeune,
39:13alors parler d'entrepreneuriat
39:15à des enfants de 3 à 10 ans,
39:17c'est peut-être un peu compliqué,
39:18mais en tout cas,
39:20peut-être essayer de leur faire prendre conscience
39:23qu'il y a une équité
39:25et qu'il faut absolument
39:29que les personnes puissent s'épanouir
39:32dans un travail,
39:34s'épanouir dans des responsabilités
39:37pour que l'équité soit
39:40de plus en plus étendue
39:44sur nos entreprises
39:46et sur notre territoire.
39:48Donc, ça passe par l'éducation.
39:50Après, effectivement...
39:51Et le réseau aussi, peut-être ?
39:52Alors, oui, oui, le réseau...
39:56Et c'est un vrai besoin.
39:58Il y a encore une dizaine d'années,
39:59il y avait un seul réseau
40:01femmes entrepreneurs sur Saint-Etienne.
40:04Nous sommes quatre actuellement.
40:06Donc, ça répond réellement
40:07à un vrai besoin
40:08de la part des entrepreneurs
40:10qui souhaitent s'épanouir
40:12dans cette fonction-là
40:13qui est l'entreprenariat au féminin.
40:16Peut-être.
40:16On est des réseaux essentiellement féminins.
40:19Mais qui souhaitent s'épanouir
40:20dans leur propre activité
40:22et donner le meilleur d'elles-mêmes
40:23pour le meilleur de l'avenir
40:25et de leur devenir.
40:27Yann Brouill, vous avez présenté
40:29un certain nombre de dispositifs
40:31que vous mettiez en place.
40:32Qu'est-ce qu'on peut dire encore
40:34sur ce que peut faire
40:36la Chambre de Commerce et de l'Industrie ?
40:37Ce qu'il faut faire tout simplement
40:38pour encourager les femmes
40:40à embrasser des carrières de dirigeantes ?
40:43Moi, je dirais qu'il faut accepter
40:45de rentrer dans des lieux
40:46où les décisions se prennent.
40:48Type des conseils d'administration,
40:50mais aussi, comme je le disais initialement,
40:53des prises de mandats.
40:54Voilà, des prises de mandats,
40:56c'est important.
40:57Un mandat comme la Chambre de Commerce,
40:59par exemple, et d'autres mandats.
41:00Il y en a plein d'autres
41:02qui exposent et qui font
41:04qu'on rentre dans des lieux
41:06où les décisions se prennent
41:07et qu'à partir de là,
41:09on se rend compte
41:10qu'on est capable de faire les choses.
41:12On n'est pas seul,
41:12on est capable de faire les choses.
41:14Et tout doucement,
41:15le cheminement,
41:16c'est un cheminement de plus pour moi,
41:17pour pouvoir accéder à ça.
41:20Karine Thélier, un message
41:21pour arriver à la conclusion
41:23petit à petit de cette émission ?
41:24Moi, ce qu'Irène dit,
41:26ça me fait penser surtout au fait
41:27que je pense que la place des femmes,
41:30on l'a,
41:31on sait qu'on est capable.
41:33Le point, c'est vraiment
41:34d'oser, oser prendre sa place,
41:37oser prendre le pouvoir
41:38quand il nous est proposé
41:40et aussi quand il ne nous est pas proposé.
41:43Voilà.
41:43En tout cas, moi,
41:44ça résume un peu mon histoire
41:45et je pense que ça résume
41:46celle de pas mal de femmes aujourd'hui.
41:47Merci beaucoup.
41:48Sylvie,
41:49quand vous vous baladez
41:50dans les couloirs de l'ENISE,
41:51est-ce que vous échangez
41:52sur cette question-là ?
41:54Alors, ce qui est important,
41:55c'est les rôles modèles
41:57à l'école.
41:57Donc moi, je suis directrice,
41:58c'est une directrice des études.
41:59Donc on essaye de mettre en avant
42:01des rôles modèles,
42:01c'est important.
42:02Et puis aussi,
42:04on a parlé tout à l'heure
42:05du syndrome de l'imposteur.
42:06Il y a un syndrome aussi
42:06qui marque les femmes,
42:08c'est le syndrome
42:09de la bonne élève.
42:10Nous, on en a des bonnes élèves
42:11puisqu'elles ont réussi
42:12les concours et ça.
42:13Mais qu'est-ce que c'est
42:14une bonne élève ?
42:14C'est une femme
42:16qui ne veut pas décevoir,
42:17qui veut toujours avoir
42:18des très bons résultats
42:19et donc qui ne va pas
42:19prendre de risques.
42:21Et ça, ce syndrome
42:21de la bonne élève,
42:22je pense qu'il faut vraiment essayer.
42:23Alors, il ne faut pas faire
42:24des femmes des mauvaises élèves,
42:25mais les garçons
42:26n'ont pas ce problème-là
42:27d'être le meilleur de la classe.
42:32Il faut accepter
42:33de prendre des risques
42:33et de se planter,
42:34ce n'est pas grave.
42:35Si on a un zéro,
42:36un examen,
42:36on ne le rattrapera
42:37à l'examen suivant.
42:38Le garçon n'a pas
42:39de problème avec ça.
42:40La fille, elle a vraiment
42:41le syndrome de la bonne élève.
42:42Et ça, ça nous suit
42:43depuis très longtemps.
42:45C'est vrai, c'est juste.
42:46On va redonner la parole
42:47une dernière fois
42:48à Elisabeth Ducotet,
42:49ce qui compte.
42:50On lui a demandé
42:51de nous dire
42:52ce qu'elle pensait
42:52des jeunes générations
42:53et de l'évolution
42:54des choses.
42:56On voit beaucoup
42:57de jeunes générations
43:00dans lesquelles
43:00les filles créent
43:01des startups,
43:03créent des auto-entrepreneurs.
43:04Il y a beaucoup de femmes
43:05auto-entrepreneurs.
43:06Donc ça, je trouve
43:06que c'est très encourageant.
43:07C'est-à-dire que l'envie
43:08d'entreprendre existe
43:09vraiment chez les jeunes femmes.
43:11Deuxièmement,
43:12je pense que l'ETI
43:13a un rôle particulier
43:15parce que dans l'ETI,
43:16on regarde
43:17à la génération qui vient
43:18qui est-ce qui va être capable.
43:20Et dans le fond,
43:21il y a des femmes
43:22et il y a des hommes.
43:23Et il y a peut-être
43:24plus d'innovation
43:25sur ce plan-là
43:26dans les ETI
43:27que dans des groupes
43:28très larges
43:28et très vastes
43:29dans lesquels
43:30le besoin de réplication
43:31il est celui
43:32que je vous ai décrit
43:33tout à l'heure.
43:34Donc, je crois
43:35que l'ETI
43:35est un bon lieu
43:38d'exercice
43:38de cette nouveauté
43:39qui est de confier
43:41l'autorité
43:41à des femmes.
43:43Et quand vous regardez
43:44les dirigeants d'ETI
43:45et les dirigeantes d'ETI,
43:47vous voyez
43:48qu'il y a déjà
43:48des vrais exemples
43:49qui parlent d'eux-mêmes.
43:52Merci beaucoup
43:53Elisabeth Ducotet.
43:54Il nous reste
43:54deux petites minutes
43:55pour conclure.
43:56On va faire un dernier tour
43:56de table avec peut-être
43:57un message.
43:58Adressons-nous
43:59aux femmes,
44:00aux jeunes femmes
44:01qui nous écoutent
44:02dans cette émission.
44:04Cécile Fayol.
44:05Alors moi,
44:06je leur dirais
44:07qu'il vaut mieux vivre
44:08avec des remords
44:09qu'avec des regrets.
44:11Donc, il faut essayer.
44:13Essayer,
44:14risquer,
44:15peut-être se planter,
44:16peut-être se dire
44:17au bout de quelques années
44:18que ce n'est pas fait pour moi.
44:19Mais au moins,
44:19j'aurais essayé.
44:20Et en fait,
44:21je pense que le mot
44:22oser,
44:23il est important
44:23et c'est celui-là
44:24que je retiendrai
44:25pour conclure
44:27ce tour de table.
44:28Merci beaucoup.
44:28Sylvée Myra ?
44:29Pareil,
44:29oser.
44:30N'ayez pas peur
44:30de vous planter.
44:31Tant pis si les résultats
44:32ne sont pas au rendez-vous.
44:33Vous ferez autre chose plus tard.
44:35Merci,
44:35Karine Thiollier.
44:36Je ne vais pas être
44:37très originale.
44:37Je dirais aussi,
44:38bien évidemment,
44:39oser.
44:40Et il y a de la place
44:40pour les femmes
44:41dans l'industrie.
44:43L'industrie ne peut que gagner
44:44à...
44:45Oui,
44:45ne pas s'interdire
44:46certains secteurs
44:47qui, a priori,
44:48sont plutôt masculins
44:49dans l'imaginaire collectif.
44:50Totalement.
44:51Allez,
44:51de partout.
44:51Oser,
44:52donc de partout.
44:53On termine avec vous,
44:54Irène.
44:54J'allais dire oser,
44:55mais du coup,
44:56je le pense aussi,
44:57mais je vais rajouter
44:58ne restez pas seuls.
45:00C'est important.
45:01Ne restez pas seuls.
45:02Allez dans les réseaux.
45:03Faites-vous accompagner.
45:04Voilà,
45:04ne restez pas seuls.
45:05Osez.
45:06Eh bien,
45:07merci mille fois
45:07à toutes lesquelles
45:07d'avoir partagé
45:08vos expériences
45:09et vos nombreux conseils.
45:11Nous consacrions
45:11cette émission
45:12aux femmes dirigeantes
45:13aujourd'hui.
45:14Donc,
45:14osez.
45:15Mille merci
45:15à tous ceux
45:17qui ont permis
45:17de préparer cette émission
45:19aux équipes de Madame et compagnie.
45:20Merci à Gilles Cayuela
45:21pour Dans la boîte.
45:23Merci à Elvia Odin
45:25et Loïc Gérassi
45:26d'avoir assuré
45:27l'interview demain
45:28de maître à Elisabeth Ducotet.
45:30Merci mille fois
45:30à Elisabeth Ducotet
45:31d'avoir bien voulu
45:32nous répondre.
45:33Merci à toutes et tous
45:34de nous avoir suivis.
45:35À très bientôt.
45:49Les tables rondes
45:50by TL7 Business
45:51avec l'IAE Saint-Étienne,
45:53l'école de management
45:54universitaire
45:55qui forme
45:56les managers
45:57de demain.
45:58Regardez les tables rondes
46:00by TL7 Business
46:01avec la CCI Lyon Métropole
46:03Saint-Étienne-Rouane,
46:04partenaires des entreprises
46:05à chaque étape
46:06de leur développement.
46:07Sous-titrage Société Radio-Canada

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