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  • il y a 2 jours
À LA UNE / Guerre au Moyen-Orient : la France sur un fil ?

Alors que les frappes américaines et israéliennes ainsi que les ripostes iraniennes se poursuivent, Emmanuel Macron a pris la parole mardi 3 mars pour évoquer la situation au Moyen-Orient. Le Président de la République déclare que sa « responsabilité est d'agir » notamment pour soutenir les alliés de la France, citant les accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats arabes unis. Emmanuel Macron a donc annoncé l'envoi de renforts militaires au Moyen-Orient, dont le porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée. De son côté, le gouvernement iranien a mis en garde les pays européens : « tout acte de ce type contre l'Iran serait considéré comme un geste de complicité avec les agresseurs », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. En raison des perturbations de l'approvisionnement via le détroit d'Ormuz, une hausse du prix des hydrocarbures est observée : le baril de pétrole Brent a dépassé 85 dollars pour la première fois depuis juillet 2024. En réponse, Bercy tente de rassurer : « il n'y a aucun risque d'approvisionnement à court terme en France ni sur le gaz, ni sur l'essence », a assuré le ministre de l'Economie, Roland Lescure. Quelles sont les conséquences économiques et géopolitiques de la guerre au Moyen-Orient pour la France ?

Invités :
- Jean-Louis Bourlanges, ancien Président de la commission des affaires étrangères,
- Michel Fayad, géopolitologue spécialiste du Moyen-Orient,
- Général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française à l'ONU.

Chroniques :
« Le mot du jour » par Mariette Darrigrand
« Quelle histoire ! » par Olivier Ravanello

LA QUESTION QUI FÂCHE / Comment sauver le musée du Louvre ?

Depuis le spectaculaire vol des bijoux de la couronne, le 19 octobre 2025, qui a mis au jour les failles de sécurité du Louvre, le musée le plus visité au monde est confronté à de nombreuses épreuves. Outre le cambriolage, le musée a également dû fermer en novembre une galerie en raison d'avaries. Le Louvre a également fait face en décembre 2025, à un mouvement social des employés dénonçant leurs conditions de travail et contraignant le musée à fermer à quatre reprises, ce qui a entraîné plus de 2 millions d'euros de perte. Enfin, le musée a fait l'objet d'une enquête sur un réseau de fraude à la billetterie. Avant son départ du gouvernement, la ministre de la culture, Rachida Dati, avait acté dans le cadre de la commission d'enquête parlementaire sur la protection du patrimoine national et la sécurisation, l'abandon de la mission de réorganisation « en profondeur » du Louvre. Mardi 24 février, fragilisée par la mise au jour de ces nombreux dysfonctionnements, la présidente du Louvre, Laurence des Cars avait démissionné. Elle devait être auditionnée par cette même commission le mardi 3 mars mais a annulé, pour la seconde fois, sa venue. Comment préserver le joyau culturel que représente le musée du

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Transcription
00:00:05Musique
00:00:23Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte.
00:00:26On est ensemble pour une heure de direct, de débat et de décryptage.
00:00:30Avec nous ce soir, notre semiologue préféré, Mariette Darigrand et Olivier Ravanello.
00:00:34Bonsoir à tous les deux.
00:00:35Bonsoir.
00:00:36A la une ce soir, la France face à la guerre en Iran.
00:00:39Emmanuel Macron mobilise le porte-avions Charles de Gaulle, mais aussi une frégate,
00:00:43des avions de chasse supplémentaires, des systèmes de défense antiaérienne.
00:00:46Alors dans quel but précis ?
00:00:48Comment éviter l'engrenage qui pourrait nous faire entrer de plein pied dans cette guerre ?
00:00:52On va en débattre ce soir avec nos invités Jean-Louis Bourlange.
00:00:55Bonsoir.
00:00:55Bonsoir.
00:00:56Ancien député Modem et ex-président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale.
00:01:01Le général Dominique Trinquant, bonsoir.
00:01:03Bonsoir.
00:01:04Ancien chef de la mission française auprès de l'ONU.
00:01:06Et Michel Fayad, bonsoir.
00:01:08Bonsoir.
00:01:08Vous êtes spécialiste du Moyen-Orient, notamment des questions d'énergie et de finances.
00:01:13Mariette, quel mot avez-vous choisi de nous expliquer aujourd'hui ?
00:01:16Je voulais revenir sur le mot fureur, Clément, parce qu'il donne son nom à l'opération fureur épique,
00:01:22l'opération militaire contre l'Iran, mais il a une très très ancienne histoire.
00:01:25On verra cela avec vous, donc.
00:01:27Et Olivier, quelle est votre histoire du jour ?
00:01:28C'est l'histoire de petits soldats et de lampes à huile du président de la République.
00:01:31Ah ah, suspense.
00:01:33Dans la deuxième partie de chaque voix compte, place à la question qui fâche.
00:01:36Comment sauver le musée du Louvre ?
00:01:38Et plus globalement, comment sécuriser nos musées ?
00:01:41Les députés devaient auditionner hier l'ancienne patronne du Louvre, Laurence Descartes,
00:01:45mais elle ne s'est pas présentée devant la commission d'enquête parlementaire.
00:01:47On en parlera avec deux de ses membres, les députés Céline Calvez et Alexis Corbière,
00:01:52et avec Didier Hickner, qui est le fondateur de la Tribune de l'Art.
00:01:56Et puis cette émission, c'est avant tout la vôtre.
00:01:58Alors n'hésitez pas à poser vos questions, à nous faire part de vos réactions,
00:02:01à interpeller nos invités en flashant le petit QR code que vous voyez s'afficher juste ici,
00:02:06en bas de votre écran.
00:02:08Enfin, on est à moins de deux semaines des municipales.
00:02:09Place donc à notre journal de campagne, ce sera avec Marco Pommier.
00:02:13Voilà pour le menu.
00:02:15Installez-vous confortablement, chaque voix compte.
00:02:17C'est parti.
00:02:26Ce sont des périodes qui font peur quand des pays mobilisent leurs armadas,
00:02:30quand une région du monde s'embrase.
00:02:32La France se tient à distance de cette guerre,
00:02:34mais Emmanuel Macron a pris plusieurs décisions importantes hier.
00:02:38Lesquelles et dans quel but on fait le point avec Maïté Frémont ?
00:02:47Sur ces images qui datent d'il y a 15 jours,
00:02:49on voit le Charles de Gaulle en plein exercice dans l'Atlantique Nord.
00:02:53Depuis, le porte-avions, symbole de notre flotte française, a fait demi-tour
00:02:58pour mettre le cap vers la Méditerranée.
00:03:01Décision annoncée hier soir par Emmanuel Macron.
00:03:05Nous avons des intérêts économiques à préserver,
00:03:07car les prix du pétrole, les prix du gaz,
00:03:10la situation du commerce international sont profondément perturbées par cette guerre.
00:03:15L'objectif est donc de reprendre et de sécuriser le trafic dans ces voies maritimes.
00:03:19Sur le Charles de Gaulle, 2000 marins embarquaient,
00:03:22une vingtaine d'avions de combat rafale et deux avions radar.
00:03:26Le porte-avions devrait mettre une semaine pour rallier la région.
00:03:31Elle est arrivée hier soir au large de Chypre.
00:03:34Cette frégate, le Languedoc, a pour mission de sécuriser la base britannique d'Akrotiri,
00:03:39visée il y a deux jours par des drones iraniens.
00:03:44Chypre, membre de l'Union européenne,
00:03:47pays avec lequel nous venons de signer un partenariat stratégique,
00:03:51a été frappé également ces derniers jours.
00:03:55Ceci requiert notre soutien.
00:03:56Pas question de mener des attaques,
00:03:59seules des opérations défensives.
00:04:01L'objectif est aussi d'appuyer les près de 5000 soldats français déjà dans la région.
00:04:07Ils sont par exemple 1500 à Djibouti,
00:04:10plusieurs centaines en Jordanie ou sur la base d'Abu Dhabi,
00:04:14aux Émirats arabes unis.
00:04:16D'autres soldats sont déployés en Irak, au Liban et en mer Rouge,
00:04:21tous susceptibles d'être appelés en renfort pour défendre certains pays du Golfe,
00:04:25avec qui la France a signé des accords stratégiques.
00:04:29Ce midi, après le Conseil des ministres,
00:04:32la porte-parole du gouvernement explique.
00:04:34Nous avons des accords de défense,
00:04:36je pense notamment au Qatar, je pense au Koweït,
00:04:39je pense aux Émirats,
00:04:40je pense aussi aux partenariats avec par exemple la Jordanie.
00:04:44Dans moins d'une demi-heure,
00:04:46Emmanuel Macron convoquera un nouveau Conseil de défense,
00:04:49le quatrième depuis le début des frappes.
00:04:53Alors Jean-Louis Bourlange,
00:04:54on attendait cette intervention du chef de l'État.
00:04:56Alors sa ligne, elle est clairement exposée.
00:04:58La France est dans une position strictement défensive.
00:05:01Est-ce que le chef de l'État a tenu son rôle ?
00:05:04Selon vous, est-ce que les décisions qu'il a prises
00:05:07répondent aux enjeux que présente cette guerre
00:05:09pour la France et pour l'Europe ?
00:05:11Écoutez, vous avez invité le général Trincan,
00:05:13qui me paraît beaucoup plus habilité que moi.
00:05:17Je vous fais confiance quand même à nous faire part de votre analyse ?
00:05:19Sur le plan politique, moi, je suis quand même extrêmement mal à l'aise
00:05:24devant toute cette opération,
00:05:25non pas devant les propos du chef de l'État
00:05:27qui a essayé de faire contre mauvaise fortune bon cœur.
00:05:31Mais dans cette histoire, c'est très simple.
00:05:34On voit ce qu'est devenu l'alliance entre des amis.
00:05:38Nous n'avons à aucun moment été associés
00:05:40à l'opportunité de l'opération,
00:05:42ni à ses objectifs, ni à ses stratégies.
00:05:45En revanche, nous sommes embarqués, pas associés,
00:05:48mais embarqués par un certain nombre de choses très fondamentales.
00:05:52Les liens de solidarité européens que nous avons,
00:05:55par exemple avec Chypre, l'article 43-7 du traité de l'Union,
00:06:01qui est une sorte d'article 5 de l'OTAN un peu plus musclé.
00:06:04Nous avons des accords de toutes sortes avec les Émirats,
00:06:08avec Abu Dhabi, avec ça.
00:06:10Je pense que le général expliquera ça très bien.
00:06:13Donc, je pense qu'il était...
00:06:15Moi, j'étais tout à fait critique à l'idée de cautionner.
00:06:21Je trouve que le président...
00:06:24J'étais plutôt sur sa position antérieure
00:06:26qui était de ne pas approuver cette démarche
00:06:29parce qu'elle est contraire au droit international.
00:06:30Il a rappelé qu'il y avait une violation du droit international
00:06:32de la part des États-Unis d'Israël.
00:06:33En revanche, je crois que...
00:06:34Ce n'est pas pour ça qu'on doit se dérober devant nos responsabilités.
00:06:39Simplement, par les temps qui courent...
00:06:41Alors ça, là aussi, en général, on dira beaucoup plus que moi
00:06:44et beaucoup mieux,
00:06:44mais la différence entre le défensif et l'offensif,
00:06:47ce n'est pas absolument clair.
00:06:49Donc, nous sommes dans cette affaire très mal à l'aise
00:06:52et nous sommes très mal à l'aise
00:06:53parce que nous avons un allié qui fait n'importe quoi
00:06:56sans se concerter avec personne,
00:06:58sans objectif clairement défini.
00:07:00parce que si vous avez compris quel est le but de cette immense manœuvre
00:07:06qui, militairement, est très brillante,
00:07:08moi, je n'ai pas compris, je ne sais pas.
00:07:11Je suis un bon vieux klausvissien.
00:07:13Je crois qu'on fait la guerre.
00:07:14C'est la continuation de la politique par d'autres moyens.
00:07:17Je vois la guerre.
00:07:18Je ne vois pas la politique.
00:07:19Je ne vois pas le but.
00:07:20Alors, on ne va parler pas de la guerre,
00:07:22mais du dispositif militaire, en tout cas,
00:07:23qui est déployé par la France avec vous, général Trinca.
00:07:26On a besoin de votre expertise militaire
00:07:27pour bien comprendre ce qui se cache derrière ces décisions.
00:07:30Quand Emmanuel Macron demande au porte-avions Charles de Gaulle
00:07:33de se redéployer en Méditerranée,
00:07:35c'est dans quel but ?
00:07:36Est-ce que c'est pour protéger la France, protéger l'Europe
00:07:38ou est-ce que c'est pour offrir à la France
00:07:41des capacités d'intervention supplémentaires,
00:07:43le cas échéant, dans la zone de guerre ?
00:07:45Oui, alors, d'abord, on doit parler du groupe aéronaval.
00:07:48Oui, parce qu'un porte-avions n'est jamais seul.
00:07:49Parce qu'il y a des frégates
00:07:51qui ont leur importance, en particulier,
00:07:53dans la défense antiaérienne.
00:07:54Si vous voulez, ce groupe aéronaval,
00:07:56et là, je reviens au porte-avions,
00:07:58dont on dit toujours que c'est 40 000 tonnes de diplomatie,
00:08:01là, c'est de l'action, ce n'est pas de la diplomatie.
00:08:04C'est-à-dire qu'il était en exercice du côté de la Scandinavie.
00:08:07On lui demande d'aller dans le sud.
00:08:10Pourquoi ? Parce que c'est la frontière sud de l'Europe
00:08:12et qu'il y a eu deux attaques,
00:08:14l'une d'un drone sur Chypre,
00:08:16l'autre, un missile qui n'est passé pas très loin de la Turquie.
00:08:19et que, donc, on peut avoir des doutes
00:08:22sur ce qui peut se passer sur cette frontière sud de l'Europe.
00:08:25Donc, il vaut mieux prévenir que guérir.
00:08:27On le déploie avec ses moyens
00:08:28pour assurer la défense.
00:08:31Alors, juste une petite remarque sur défense et attaque.
00:08:33Pour un militaire, c'est assez simple.
00:08:35Quand vous êtes en défensif,
00:08:37vous attendez qu'on vous tire dessus et vous répliquez.
00:08:40Quand vous êtes en offensif, c'est vous qui attaquez.
00:08:42Donc, le dispositif qui est là, il a...
00:08:45Mais une fois qu'on a répliqué, qu'est-ce qui se passe ?
00:08:46Ah ben non, mais...
00:08:47Vos amis qui sont attaqués, vous en général,
00:08:49vous n'êtes pas attaqués vous-même,
00:08:51vos amis sont attaqués et vous devez riposter.
00:08:53Mais vous êtes en position défensive
00:08:55avec les Émirats ou en Méditerranée.
00:08:58Il y a trois objectifs là-dedans.
00:09:01Vous avez, un, défendre nos bases
00:09:03et bien sûr nos ressortissants,
00:09:06dont les premiers sont arrivés ce matin à Paris.
00:09:09Deux, protéger nos alliés,
00:09:11qu'ils soient dans le Golfe, Bahreïn, Koweït et Abu Dhabi
00:09:15ou qu'ils soient en Europe,
00:09:17comme Chypre, par exemple,
00:09:19qui non seulement est dans l'Union européenne,
00:09:20avec lesquels on a des accords.
00:09:22Et le troisième objectif,
00:09:23c'est la liberté d'action dans les mers.
00:09:26Et donc là, c'est la mer Rouge,
00:09:28où il y a une opération de l'Union européenne ESPID
00:09:31qui va être renforcée par des moyens grecs et italiens,
00:09:36mais dans lesquels sont déjà des Français.
00:09:38Et puis la question se pose pour Hormuz,
00:09:39parce que là, le dispositif américain est tel
00:09:42qu'on va voir ce qu'on peut faire avec eux,
00:09:44mais ce n'est certainement pas nous qui dirigerons l'opération.
00:09:47Michel Fayad, je ne sais pas si vous pouvez nous éclairer
00:09:48sur ce qu'on évoque depuis le début de cette émission,
00:09:50à savoir ces accords, ces partenariats
00:09:52qui nous lient à certains pays du Golfe.
00:09:54Qu'est-ce qui est prévu ?
00:09:55Qu'est-ce qu'on doit faire ?
00:09:57Le cas échéant d'un point de vue militaire.
00:09:59Moi, je pense que déjà, il faut savoir
00:10:01qu'il n'y a pas que des accords avec la France.
00:10:03Il y a également des accords...
00:10:04Ces pays ont également des accords
00:10:05avec les États-Unis et la Grande-Bretagne.
00:10:07Ce qui signifie que si l'accord avec la France est activé,
00:10:10il est également activé avec les États-Unis
00:10:11et activé avec la Grande-Bretagne.
00:10:12On ne sera pas seul à défendre ces pays.
00:10:14Ce sera un scénario un peu à ce qui s'était passé
00:10:16lors de la guerre du Golfe en 1990-1991,
00:10:19où il y a eu cette coalition,
00:10:20à la fois occidentale et arabe,
00:10:22qui rassemblait des pays comme la Grande-Bretagne,
00:10:24la France, aux côtés des États-Unis,
00:10:26mais aussi des pays au Moyen-Orient.
00:10:28Ce serait plutôt ce scénario-là
00:10:30qui devrait voir le jour.
00:10:31Maintenant, sur le droit international,
00:10:33il y a quand même plusieurs choses à dire.
00:10:35Sur le droit international, par exemple,
00:10:36il y a le fait qu'il y a eu les dispositifs
00:10:38de snap-back, c'est-à-dire la remise des sanctions
00:10:41contre l'Iran, à la suite du non-respect par l'Iran
00:10:44de l'accord sur le nucléaire de 2015.
00:10:46Il faut quand même le rappeler,
00:10:47suite à l'enquête de l'Agence internationale
00:10:49de l'énergie atomique,
00:10:50qui révélait qu'il y avait un enrichissement
00:10:53de 60% au niveau de l'uranium,
00:10:55ce qui était bien au-delà de tout ce qui est civil.
00:10:58Ça montre qu'il y avait une ambition militaire.
00:10:59D'ailleurs, c'est le pays qui a la plus grande réserve
00:11:02de gaz au monde.
00:11:02Alors imaginez-vous,
00:11:03pourquoi est-ce qu'il a besoin d'avoir
00:11:05un programme nucléaire ?
00:11:06Il a besoin d'un programme nucléaire
00:11:07uniquement pour des raisons militaires.
00:11:09Vous voulez dire que cette intervention
00:11:10pouvait se justifier du point de vue
00:11:12du droit international ?
00:11:12Non, pour être justifié,
00:11:13il fallait un vote au Conseil de sécurité
00:11:14des Nations unies.
00:11:15Mais ce que je veux dire,
00:11:16c'est qu'à part qu'il n'y ait pas eu
00:11:19le vote au Conseil de sécurité
00:11:20des Nations unies,
00:11:20ce qui rend effectivement le fait
00:11:22que ce n'est pas légal
00:11:23d'un point de vue international,
00:11:25il y a aussi le fait que l'Iran
00:11:26aussi était dans son illégalité
00:11:28par son non-respect de l'accord sur le nucléaire
00:11:30et également le Hezbollah.
00:11:32Parce qu'il y a la résolution 1559 de l'ONU
00:11:34et la résolution 1701 de l'ONU
00:11:36qui exigent le désarmement du Hezbollah
00:11:37et le désarmement des actions palestiniennes
00:11:40sur le sol libanais.
00:11:41Et le Hezbollah a accepté cela
00:11:42et ne l'a pas fait.
00:11:43Général Tincan,
00:11:44est-ce qu'il n'y a pas quand même
00:11:45une zone grise dans ces accords,
00:11:46ces partenariats militaires
00:11:48entre la France et certains pays du Golfe ?
00:11:49Parce qu'on voit le Qatar aujourd'hui
00:11:51qui s'énerve contre l'Iran,
00:11:52qui dit attention si vous continuez,
00:11:53on ne va pas rester les bras croisés.
00:11:55Qu'est-ce qui se passe si par exemple,
00:11:57les Émirats arabes unis décident
00:11:59de riposter à l'Iran ?
00:12:01Le premier point,
00:12:02il faut noter qu'à mon avis,
00:12:03l'Iran a fait une erreur stratégique
00:12:05en frappant ces Émirats.
00:12:07Pourquoi ?
00:12:08Parce qu'avant la guerre,
00:12:09en fait, ces pays traînaient les pieds
00:12:11et essayaient que les Américains
00:12:13ne fassent pas d'opération.
00:12:14Ils ne voulaient pas ce touhou-bouhu
00:12:16dans le Golfe.
00:12:17L'Arabie saoudite et les Émirats.
00:12:19Et le Conseil de coopération du Golfe
00:12:21s'est réuni juste après les attaques
00:12:23et c'est ce que j'appelle
00:12:24l'effet boomerang.
00:12:25Donc, les Iraniens les ont frappés.
00:12:28Du coup, ils sont tous du côté américain
00:12:30en disant, c'est l'Iran qui nous attaque.
00:12:32Et donc, là, il y a un bloc défensif.
00:12:36Maintenant, de là à aller attaquer l'Iran,
00:12:38c'est une autre paire de manches.
00:12:39On n'en est pas là pour vous.
00:12:40Ils veulent se défendre.
00:12:42Au passage, vous disiez
00:12:43qu'on est un peu embarqués dans cette affaire.
00:12:45Moi, je vais aller plus loin.
00:12:46Je pense que les Américains sont embarqués.
00:12:48Parce que l'opération, elle est d'abord israélienne.
00:12:52Oui, absolument.
00:12:52Au souvenir que M. Métanayo
00:12:53est allé passer trois heures
00:12:54dans le bureau de M. Trump
00:12:56pour le convaincre.
00:12:57Et lui, veut absolument
00:13:00et à bon droit.
00:13:01Pourquoi ?
00:13:02Parce qu'il dit le cercle de feu
00:13:04Hamas, Hezbollah,
00:13:06alors plus la Syrie maintenant,
00:13:07mais l'Irak, le Yémen,
00:13:09ils sont animés par Téhéran.
00:13:11Et donc, tant que je n'aurais pas
00:13:13détruit le gouvernement des Mollahs,
00:13:15eh bien, je suis en danger.
00:13:17Et donc, ça, c'est la position israélienne.
00:13:19Et d'ailleurs, M. Roubio,
00:13:21c'est très intéressant,
00:13:22le secrétaire d'État,
00:13:23part de cette position-là
00:13:25en disant, en fait, nous,
00:13:26on a suivi les Israéliens.
00:13:28Mais évidemment...
00:13:28Ils ont corrigé le tir, du coup,
00:13:29depuis, les Américains.
00:13:30Ils ont changé le discours, on va dire.
00:13:32Non, mais le problème,
00:13:33c'est que le président Trump,
00:13:35son égo ne peut pas lui permettre
00:13:37qu'il suive quelqu'un d'autre.
00:13:38Donc, il dit, c'est moi qui ai emmené ça.
00:13:40Alors que...
00:13:41Son égo, et puis pas seulement son égo,
00:13:42son opposition des banquates.
00:13:44parce qu'il y avait quand même
00:13:45une forte opposition,
00:13:46c'est tout à fait exact,
00:13:46si vous dites,
00:13:47il y avait une forte opposition au Congrès
00:13:48pour dire, est-ce que la politique américaine
00:13:51se fait à Jérusalem ?
00:13:52Donc, il a...
00:13:53Alors, effectivement,
00:13:54en plus, l'égo,
00:13:55alors ça, ça a été...
00:13:56Mais les deux déclarations
00:13:58de Marco Roubio et de Trump
00:14:02sont absolument contradictoires.
00:14:04On va revenir à la France,
00:14:05si vous le voulez bien,
00:14:06et à l'allocution d'Emmanuel Macron
00:14:08en faisant un petit pas de côté
00:14:09tout en restant sur notre sujet
00:14:10avec la chronique d'Olivier.
00:14:12Quelle histoire ?
00:14:21Alors, Olivier,
00:14:21vous avez regardé de très près
00:14:23l'allocution d'Emmanuel Macron.
00:14:24Quand je dis de très près,
00:14:25c'est parce que vous êtes concentré
00:14:26sur son bureau,
00:14:27parce qu'un bureau présidentiel
00:14:28peut porter un message politique.
00:14:30Absolument.
00:14:31Un discours et surtout
00:14:31une mise en scène
00:14:33absolument inédite,
00:14:34un plan large
00:14:34où l'on voit donc
00:14:35le bureau du président,
00:14:36où l'on a laissé ostensiblement
00:14:38tous les objets du quotidien.
00:14:39À commencer par les dossiers,
00:14:41pour montrer que c'est un président
00:14:42qui travaille,
00:14:43c'est un président qui va au fond des choses,
00:14:44qui lit, qui annote
00:14:46et qui est un président réfléchi.
00:14:49Et puis, il y a ce livre
00:14:50qui a beaucoup fait parler,
00:14:52livre du poète chilien Pablo Neruda,
00:14:54résidé sur la Terre,
00:14:55qui est un livre et une réflexion
00:14:57d'un homme assez désespéré,
00:14:58qu'il a écrit juste avant
00:14:59la Deuxième Guerre mondiale,
00:15:02qui porte une vision sombre
00:15:03sur l'humanité.
00:15:04On est donc très loin
00:15:05d'un président de la République,
00:15:06au contraire,
00:15:07très actif,
00:15:08très combatif,
00:15:09mais c'est justement
00:15:10l'effet voulu.
00:15:11On n'est pas dans un effet miroir.
00:15:13Je lis ce que je pense
00:15:15ou je pense ce que je lis.
00:15:16C'est tout le contraire.
00:15:17C'est un président
00:15:18qui, même dans l'action,
00:15:19a la capacité de prendre du recul.
00:15:21Au fond, on est dans une posture
00:15:23extrêmement mitterrandienne.
00:15:24Et puis, il y a cette image aussi
00:15:25qui est intéressante,
00:15:27celle d'un soldat,
00:15:28un petit soldat de plomb
00:15:29de l'armée napoléonienne
00:15:31qui est posée
00:15:32sur le bureau du président,
00:15:35aux côtés d'autres insignes militaires
00:15:37qui sont des insignes
00:15:39et des symboles
00:15:40de différents corps d'armée.
00:15:42Pour ceux qui en doutaient encore,
00:15:43l'univers du président de la République
00:15:44en ce moment,
00:15:45il est éminemment militaire.
00:15:47Et puis, il y a cette lampe
00:15:49qui, moi, m'a interloqué
00:15:50à l'arrière,
00:15:51une lampe à huile.
00:15:52Qu'est-ce qu'une lampe à huile
00:15:53vient faire dans le bureau
00:15:54du président de la République ?
00:15:55Eh bien, quand on connaît
00:15:57le goût pour l'histoire
00:15:58de son conseiller mémoire
00:16:00et qui écrit beaucoup
00:16:02de ses discours,
00:16:03peut-être que cette lampe à huile
00:16:04fait référence à ça.
00:16:06Il est tout à fait naturel
00:16:08que l'on ressente
00:16:10la nostalgie
00:16:11de ce qui était l'Empire.
00:16:14Comme on peut regretter
00:16:17la douceur des lampes à huile,
00:16:20la splendeur de la marine à voile,
00:16:23le charme du temps des équipages.
00:16:26Mais quoi ?
00:16:28Il n'y a pas de politique
00:16:29qui vaille
00:16:30en dehors des réalités.
00:16:33Et oui, De Gaulle,
00:16:34qui est l'artisan
00:16:36de cette bombe atomique
00:16:37et dans les pas
00:16:37duquel, bien évidemment,
00:16:39Emmanuel Macron
00:16:39s'inscrit depuis 48 heures
00:16:41avec le discours
00:16:42de l'île longue
00:16:43et sa révision
00:16:44de la doctrine nucléaire française.
00:16:46Tout ça, pourquoi,
00:16:47me direz-vous ?
00:16:47Eh bien, au final,
00:16:48pour envoyer un message
00:16:49assez clair et assez net,
00:16:51je suis l'anti-Trump
00:16:52dans l'exercice
00:16:53de ma présidence.
00:16:54Là où Trump
00:16:55apparaît comme impulsif,
00:16:56comme irraisonné,
00:16:58comme travaillant peu
00:16:59ses dossiers,
00:16:59ayant une connaissance
00:17:00très superficielle des choses,
00:17:02Emmanuel Macron,
00:17:03hier, dans son allocution,
00:17:04a distillé quantité de symboles
00:17:06pour justement montrer
00:17:07qu'il est tout le contraire.
00:17:08Il a fini par le dire lui-même,
00:17:10avoir une France
00:17:11qui soit fiable
00:17:12et prévisible.
00:17:14Alors, fiable et prévisible,
00:17:15c'est évidemment
00:17:16les deux mots
00:17:17qui ne viennent
00:17:17à l'esprit de personne
00:17:18quand on parle de Trump.
00:17:19– Jean-Louis Bourlange,
00:17:21vous partagez cette analyse
00:17:22de la mise en scène aussi,
00:17:23de la parole présidentielle.
00:17:24– C'est possible,
00:17:25mais je crois
00:17:25que ce n'est pas le sujet
00:17:26quand même.
00:17:27Je crois que tout le monde
00:17:28reconnaît que Macron,
00:17:29que le président de la République
00:17:31est tout le contraire
00:17:31de Trump.
00:17:32C'est vrai qu'il travaille
00:17:34beaucoup ses dossiers,
00:17:35il les étudie,
00:17:37il réfléchit rationnellement,
00:17:41quelquefois il change un peu,
00:17:42mais enfin,
00:17:43il exerce quand même
00:17:44son mandat
00:17:45dans la clarté rationnelle.
00:17:47– Mais est-ce qu'il peut
00:17:47vouloir porter
00:17:48un contre-modèle ?
00:17:49– C'est un sujet de savoir
00:17:50si on a un président différent
00:17:52de Trump.
00:17:53La question qui est posée,
00:17:54c'est de savoir,
00:17:55et je trouve que d'ailleurs
00:17:56les deux interventions
00:17:56d'hier et d'avant-hier
00:17:58sont très bonnes à ce sujet,
00:18:00c'est de savoir
00:18:01si on a ou non
00:18:02les options militaires
00:18:04qui sont adaptées
00:18:05à la réalité.
00:18:06Je crois qu'il faut
00:18:06un peu disparaître quand même.
00:18:09La personne doit un peu
00:18:11disparaître derrière la mission.
00:18:13– Michel Fayad,
00:18:14s'il y a vraiment
00:18:15l'ambition de la France
00:18:16et d'Emmanuel Macron
00:18:17de porter un contre-modèle
00:18:18face à Trump,
00:18:20notamment dans ce domaine
00:18:21de la défense militaire,
00:18:22on va dire,
00:18:23à qui est-ce qu'il s'adresse
00:18:24le chef de l'État
00:18:25quand il fait cela ?
00:18:26– C'est ça la question,
00:18:28parce qu'aujourd'hui,
00:18:29le grand problème,
00:18:29c'est qu'on n'est pas
00:18:30en mesure d'agir tout seul.
00:18:32On le voit sur le dossier
00:18:33ukrainien et on le voit
00:18:34donc sur le dossier
00:18:35au Moyen-Orient.
00:18:36Comme je le disais tout à l'heure,
00:18:38si même on devait venir
00:18:39pour aider les pays arabes
00:18:41du Golfe,
00:18:41il faudrait le faire
00:18:42avec les Américains
00:18:43et les Britanniques.
00:18:45Donc malheureusement,
00:18:46une intervention
00:18:47de la France seule,
00:18:48elle paraît illusoire,
00:18:50irréelle.
00:18:51Il faut essayer de voir
00:18:52comment est-ce qu'on peut
00:18:53coordonner les choses.
00:18:54Maintenant,
00:18:54il y a des choses
00:18:55qu'on peut peut-être
00:18:56encore réaliser,
00:18:58ne serait-ce qu'au Liban
00:18:59où on a encore
00:18:59700 soldats présents.
00:19:01Il y a aussi
00:19:02plus de 25 000 Français
00:19:04qui sont présents
00:19:04et vous savez
00:19:06que le Hezbollah
00:19:07a une longue histoire
00:19:08de prise d'otages français
00:19:10au Liban.
00:19:10Donc il y a quelque chose
00:19:12à faire.
00:19:13Vous savez,
00:19:13aujourd'hui,
00:19:13il y a le Ford
00:19:14pour le porte-avions américain
00:19:15qui a été déployé
00:19:17dans la mer Méditerranée.
00:19:18C'est la première fois
00:19:19que les Américains
00:19:20depuis 1983
00:19:21seraient en mesure
00:19:21d'intervenir
00:19:22contre le Hezbollah
00:19:23aux côtés des Israéliens.
00:19:25Si jamais...
00:19:27Oui,
00:19:27c'est une possibilité.
00:19:29Non,
00:19:29mais il y a un an,
00:19:30ils l'avaient déjà fait.
00:19:30Les Américains,
00:19:31non.
00:19:31Ils avaient déployé
00:19:32un porte-avions.
00:19:33Non,
00:19:33mais ils n'ont pas attaqué.
00:19:34Oui,
00:19:34non,
00:19:34ils n'ont pas fait.
00:19:35Ils avaient la possibilité.
00:19:36Ils n'ont pas attaqué
00:19:37depuis 1983.
00:19:38Donc là,
00:19:39il y a une vraie possibilité
00:19:40d'attaque
00:19:40puisque l'année dernière,
00:19:41en 2025,
00:19:42il n'y a eu aucune guerre
00:19:43contre le Hezbollah.
00:19:44C'était fin 2024.
00:19:45Donc aujourd'hui,
00:19:46il y a ce risque
00:19:47et la France est obligée
00:19:49de jouer un rôle
00:19:49puisque le Liban,
00:19:50c'est un pays
00:19:51où elle avait un mandat.
00:19:52C'est également un pays
00:19:53où elle a un fort contingent
00:19:56de Français
00:19:56et c'est un pays
00:19:57avec une longue histoire
00:19:58avec la France.
00:19:58Donc c'est là
00:19:59où elle doit peut-être
00:20:00agir davantage même
00:20:01qu'ailleurs.
00:20:02Alors vous disiez à l'instant
00:20:03la France ne peut rien faire seule.
00:20:05Oui, malheureusement.
00:20:06Il y a un moment
00:20:06où la France a fait seule.
00:20:08C'était en 2003.
00:20:09On s'en souvient,
00:20:10ça a marqué les esprits
00:20:11de beaucoup de Français
00:20:11au moment du déclenchement
00:20:13de la guerre en Irak
00:20:14avec le refus
00:20:16de Jacques Chirac
00:20:16et de Dominique de Villepin
00:20:18à l'époque
00:20:18d'engager la France
00:20:19dans cette guerre-là.
00:20:20Je vous propose
00:20:21de nous rafraîchir
00:20:23un peu la mémoire
00:20:23avec un extrait
00:20:24du discours à l'ONU
00:20:25de Dominique de Villepin.
00:20:27Dans ce temple
00:20:28des Nations Unies,
00:20:29nous sommes les gardiens
00:20:30d'un idéal.
00:20:31Nous sommes les gardiens
00:20:33d'une conscience.
00:20:34la lourde responsabilité
00:20:37et l'immense honneur
00:20:38qui sont les nôtres
00:20:39doivent nous conduire
00:20:41à donner la priorité
00:20:43au désarmement
00:20:45dans la paix.
00:20:46Olivier Ravanello,
00:20:47il y a un contraste
00:20:48assez saisissant
00:20:49entre cette prise de parole
00:20:50très claire,
00:20:51très marquée,
00:20:52et la position de la France
00:20:54aujourd'hui sur ce conflit
00:20:55où on est un peu
00:20:55dans un entre-deux.
00:20:57Oui, et toujours
00:20:57cette invocation
00:20:58du droit international.
00:20:59il y a deux réflexions
00:21:02je trouve
00:21:02qui appellent
00:21:02ce discours
00:21:04et de revoir
00:21:05ce discours.
00:21:06Le premier,
00:21:07Dominique de Villepin
00:21:08parle de temple.
00:21:09Le temple aujourd'hui
00:21:09il est vide,
00:21:10il a été vidé
00:21:11par celui
00:21:11qui l'animait
00:21:12le premier
00:21:13qui était les Etats-Unis.
00:21:14Et puis la deuxième chose
00:21:15c'est cette référence permanente
00:21:16au droit international
00:21:20oublie un peu
00:21:21que ce droit international
00:21:22n'a véritablement vécu
00:21:24dans cette enceinte
00:21:25de l'ONU
00:21:25que sur une période
00:21:26assez courte.
00:21:27Durant toute la période
00:21:28de la guerre froide
00:21:29tout est absolument gelé
00:21:31et il a fallu
00:21:32que la Russie
00:21:33soit dans un état
00:21:34de faiblesse tel
00:21:35que cela laisse
00:21:36le champ libre
00:21:37aux Américains,
00:21:38aux Français,
00:21:40aux Britanniques,
00:21:41les trois des cinq membres
00:21:43du Conseil de sécurité
00:21:44pour mener
00:21:45des interventions.
00:21:46Vous avez l'intervention
00:21:48en Yougoslavie
00:21:49avec derrière
00:21:50un tribunal international
00:21:51des dirigeants
00:21:52qui sont jugés.
00:21:53On entend aujourd'hui
00:21:54on aurait dû juger
00:21:55le président Ramenei
00:21:56mais en fin de compte
00:21:57ça ne s'est produit
00:21:57qu'une seule fois.
00:21:59Et dès 2003
00:21:59les Américains
00:22:02basculent,
00:22:02enjambent le droit international
00:22:04et enjambent l'ONU
00:22:05parce que
00:22:06les Français bloquent
00:22:07et qu'on n'a pas eu
00:22:09si ce n'est cette parenthèse
00:22:11un peu enchantée
00:22:12de moment où
00:22:13dans l'histoire moderne
00:22:14le droit international
00:22:15a été revendiqué,
00:22:17mis en avant
00:22:18sur lequel on s'est appuyé
00:22:19pour jouer un rôle
00:22:20sur la scène internationale.
00:22:22Parce qu'au fond,
00:22:23si vous regardez
00:22:24les dossiers
00:22:24qui nous attendent,
00:22:25que ce soit l'Ukraine,
00:22:26que ce soit Taïwan,
00:22:28que ce soit encore
00:22:29le Moyen-Orient,
00:22:30il faut que
00:22:32pour que le droit international
00:22:33fonctionne,
00:22:34aucun des cinq membres
00:22:35du Conseil de sécurité
00:22:37n'est à redire
00:22:38n'est à s'opposer,
00:22:39ce qui est quand même
00:22:40limite le fond de l'action.
00:22:41Général Trinquant,
00:22:42je crois que vous y avez assisté.
00:22:44Oui, j'y ai assisté.
00:22:45Et premier point,
00:22:46nous n'étions pas seuls.
00:22:47Les Américains
00:22:48essayaient de regrouper
00:22:49autour d'eux
00:22:50quelques-uns,
00:22:51et moi je me souviens très bien
00:22:52dans les couloirs de l'ONU
00:22:53à l'époque,
00:22:54tout le monde
00:22:54faisait comme ça,
00:22:56aller les Frenchies,
00:22:57il faut tenir.
00:22:57Comme disait
00:22:58l'ambassadeur
00:22:59de la Sablière,
00:23:01qui était à ce moment-là,
00:23:03au moment où
00:23:04il n'y a pas eu
00:23:04de vote de résolution,
00:23:05il disait, vous savez,
00:23:06Singapour se battra
00:23:07jusqu'au dernier français,
00:23:08parce qu'autour
00:23:09du Conseil de sécurité,
00:23:11on était là,
00:23:12tout le monde s'écrasait,
00:23:14pardonnez-moi
00:23:14l'expression,
00:23:15mais tout le monde s'écrasait,
00:23:16mais tout le monde
00:23:17soutenait la position
00:23:18de la France,
00:23:18et les Américains
00:23:19au dernier moment
00:23:20n'ont pas pu présenter
00:23:22la résolution,
00:23:23je me souviens encore
00:23:24des gestes,
00:23:24ils sortent la résolution
00:23:25en bleu,
00:23:26et les Britanniques
00:23:27leur dit,
00:23:27non, on ne la sortait pas,
00:23:28on n'est pas sûr
00:23:28d'avoir les neuf voix,
00:23:29parce qu'il fallait neuf voix,
00:23:30et on n'était pas obligés,
00:23:32nous de déposer
00:23:33notre droit de veto,
00:23:34parce qu'il n'y avait pas
00:23:35les neuf voix,
00:23:35et simplement,
00:23:36donc c'est l'histoire
00:23:38que je raconte,
00:23:39donc nous n'étions pas seuls,
00:23:40au contraire,
00:23:41le monde entier
00:23:42nous soutenait,
00:23:43simplement,
00:23:43comme on était
00:23:44membre permanent,
00:23:45on était les seuls
00:23:46à avoir le pouvoir
00:23:46de dire non,
00:23:48et sur l'affaire
00:23:50de la France
00:23:50qui ne peut pas faire,
00:23:51il y a très longtemps
00:23:52que la France
00:23:53ne peut plus faire
00:23:53toute seule,
00:23:54je veux dire,
00:23:55ce n'est pas aujourd'hui,
00:23:56c'est très très vieux,
00:23:57très très vieux,
00:23:58et chaque fois
00:23:58qu'on est intervenu
00:23:59au Liban,
00:24:00moi j'y étais en 2006
00:24:01quand on a voté
00:24:02la résolution en 1701,
00:24:03on l'a voté
00:24:04parce que les Israéliens
00:24:06y avaient un intérêt
00:24:07et que les Américains
00:24:09y avaient un intérêt,
00:24:10parce qu'ils étaient
00:24:12manchés
00:24:12dans une opération
00:24:13qui ne tenait pas,
00:24:14et donc,
00:24:15ils ont pris
00:24:16cette occasion
00:24:17pour avoir cette résolution.
00:24:18Jean-Louis Bourlange,
00:24:19votre regard sur ces images
00:24:20qui nous rappellent...
00:24:21Je vais répondre d'abord
00:24:22à votre question,
00:24:23par rapport à la comparaison
00:24:25entre les deux moments,
00:24:26je crois que la situation
00:24:27était beaucoup plus claire
00:24:28au moment de l'Irak,
00:24:29certes,
00:24:30Saddam Hussein
00:24:30était un dictateur,
00:24:32avait procédé
00:24:33à des destructions importantes,
00:24:35mais c'était vraiment
00:24:36totalement absurde
00:24:37de faire une guerre
00:24:38contre lui
00:24:39au nom des Twin Towers,
00:24:41de la destruction
00:24:42des Sœurs Jumelles,
00:24:43puisqu'il n'y avait pris
00:24:44absolument aucune part.
00:24:47Donc,
00:24:47on était vraiment
00:24:47dans un...
00:24:50Alors que là,
00:24:51nous sommes très gênés,
00:24:53parce qu'effectivement,
00:24:54on voit bien
00:24:54qu'il n'y a pas de raison
00:24:55en termes de droit international
00:24:56de faire la guerre
00:24:57à l'Iran,
00:24:58mais nous avons affaire,
00:25:00comme vous l'avez dit,
00:25:01à quelqu'un
00:25:01qui n'a pas respecté
00:25:03ses engagements.
00:25:04C'est vrai que Trump
00:25:06n'a pas facilité le choix,
00:25:08puisqu'il est lui-même
00:25:09sorti de l'accord de Vienne,
00:25:10et donc,
00:25:11les autres l'ont bazardé.
00:25:12Mais quand même,
00:25:13et puis d'autre part,
00:25:14on a ces massacres
00:25:15à répétition,
00:25:16parce qu'il y a eu
00:25:18ces 30 000 morts,
00:25:19mais d'une façon générale,
00:25:20c'est une dictature horrible.
00:25:21Et donc,
00:25:21nous sommes,
00:25:22et toujours dans le droit international,
00:25:23nous sommes toujours
00:25:25partagés entre la souveraineté,
00:25:28le respect,
00:25:29c'est la souveraineté,
00:25:30mais la souveraineté,
00:25:31ça conduit à des choses bizarres.
00:25:32Par exemple,
00:25:33Goebbels,
00:25:34à la SDN,
00:25:35la seule fois où il y a parlé.
00:25:36L'ancêtre de l'ONU.
00:25:39Personne ne doit nous dire
00:25:40ce que nous devons faire
00:25:41de nos juifs
00:25:42et de nos communistes.
00:25:43C'est ça aussi.
00:25:44Mais en même temps,
00:25:45on a le droit d'ingérence
00:25:46qui est très, très incertain,
00:25:50mais qui percute
00:25:52complètement la souveraineté.
00:25:53Donc,
00:25:53on est assez balades.
00:25:56Alors,
00:25:57sur la seconde question,
00:25:58qui est de savoir
00:25:58à quel moment
00:25:59on a cessé
00:26:02d'avoir de l'influence.
00:26:04Moi,
00:26:04il me semble
00:26:04qu'il s'est passé,
00:26:06il y a une grande crise,
00:26:08ancienne déjà,
00:26:09au début du septennat
00:26:10du général de Gaulle,
00:26:11où nous avons vraiment
00:26:12été la force entraînante,
00:26:14c'est la crise de Berlin.
00:26:15Les Anglais,
00:26:16les Américains,
00:26:17face aux menaces
00:26:19sur le statut
00:26:20quadripartite de Berlin
00:26:22des Russes,
00:26:23étaient plats
00:26:24comme des limandes.
00:26:25Et de Gaulle,
00:26:26seul,
00:26:26avec d'ailleurs
00:26:27pas beaucoup d'armes nucléaires,
00:26:28ils se sont remettés
00:26:29dans l'enfance,
00:26:30a dit non
00:26:30et les Anglo-Saxons
00:26:32se sont alignés.
00:26:33Ensuite,
00:26:34dans les années ultérieures,
00:26:36on a fait,
00:26:37et c'est là
00:26:37où nous sommes,
00:26:38on a fait
00:26:39une diplomatie
00:26:39de témoignage.
00:26:40L'exemple parfait,
00:26:42ça a été
00:26:42le discours de Phnom Penh,
00:26:44où on est allé
00:26:45tout près,
00:26:45le général est allé
00:26:46tout près du Vietnam,
00:26:48au Cambodge,
00:26:48pour dire non,
00:26:50ça ne sera pas la solution
00:26:51et vous ne vous en sortirez pas.
00:26:53Mais on a été incapables
00:26:54d'empêcher.
00:26:55Je voudrais juste
00:26:56qu'on évoque
00:26:57une des annonces
00:26:58faites par Emmanuel Macron
00:26:59hier aussi.
00:27:00La France va
00:27:01s'engager
00:27:02dans la sécurisation
00:27:03du détroit d'Hormuz
00:27:04avec ses alliés.
00:27:06Ça implique quoi
00:27:07concrètement
00:27:08d'un point de vue militaire ?
00:27:09Est-ce qu'il y a
00:27:09une prise de risque
00:27:10vis-à-vis de l'Iran ?
00:27:11Je ne sais pas,
00:27:12entre le général Trinquant
00:27:13ou Michel Fayette,
00:27:13peut-être que vous pouvez
00:27:14vous compléter l'un l'autre ?
00:27:16Il y a bien sûr
00:27:16une prise de risque
00:27:17parce que le détroit d'Hormuz,
00:27:19c'est 50 kilomètres,
00:27:20en fait 10 kilomètres
00:27:21parce qu'avec les fonds,
00:27:23il n'y en a que 10 kilomètres
00:27:24qui sont utilisables.
00:27:25Les 20% du pétrole mondial
00:27:26qui passent par là,
00:27:27qui ne passent plus.
00:27:28Et la capacité de nuisance
00:27:31des Iraniens
00:27:32reste importante
00:27:33avec des petites vedettes,
00:27:35avec des drones
00:27:35qui viennent des zones rocheuses
00:27:37qui sont au-dessus,
00:27:39donc il y a une capacité
00:27:40de nuisance,
00:27:41donc une prise de risque.
00:27:43Alors, les Européens
00:27:44avaient travaillé ce sujet avant
00:27:46mais pas au moment
00:27:47de cette menace.
00:27:48Et à partir d'Abu Dhabi,
00:27:49il y avait un PC européen
00:27:50qui devait pouvoir...
00:27:51Alors nous, on a une frégate
00:27:52qui est dans le Golfe
00:27:53qui peut aider.
00:27:53Mais je vous dis,
00:27:55la puissance américaine
00:27:56est telle là-dedans...
00:27:58D'ailleurs, ils ont proposé
00:27:59d'escorter les bateaux
00:28:00que je ne vois pas d'autre
00:28:02que les Américains
00:28:03que de piloter
00:28:04de ce problème
00:28:05de détroit d'Hormoz.
00:28:06Mais je vais vous dire
00:28:07une chose simple,
00:28:08c'est qu'on veut faire passer
00:28:09les bateaux
00:28:09mais les bateaux,
00:28:10ils ne veulent pas passer.
00:28:12Les armateurs,
00:28:13ils vous disent...
00:28:14Les assureurs ne veulent plus
00:28:15les assurer.
00:28:16Parce que les assurances
00:28:17grimpent comme ça
00:28:17et les armateurs vous disent
00:28:19on ne va pas y aller.
00:28:20Donc tant qu'il y a
00:28:21un risque de danger,
00:28:22Babel Mandet,
00:28:23vous savez,
00:28:23les gens n'y passent plus,
00:28:24ils passent par bonne espérance,
00:28:26ça rajoute plusieurs jours
00:28:27mais au moins,
00:28:28il n'y a pas de danger.
00:28:29Le problème,
00:28:30c'est qu'à Hormuz,
00:28:30on est obligé d'y passer.
00:28:31Alors Michel Fayad,
00:28:32là-dessus,
00:28:32vous avez un regard aussi
00:28:33de spécialiste
00:28:33de toutes les questions énergétiques.
00:28:35C'est crucial
00:28:35pour l'économie mondiale,
00:28:37pour l'économie française ?
00:28:38Bien sûr.
00:28:39Déjà, il y a 20%
00:28:39du pétrole mondial,
00:28:40comme vous l'avez dit.
00:28:41Il y a également
00:28:4222 à 23% du gaz mondial
00:28:44et il y a 33% des engrais
00:28:46dans le monde.
00:28:47Donc on l'oublie souvent
00:28:48mais ça compte aussi.
00:28:50Et donc il y a aussi
00:28:51une autre chose
00:28:52et là où la France
00:28:53pourrait agir,
00:28:54c'est que le Yémen,
00:28:55aujourd'hui,
00:28:56les outils au Yémen
00:28:57pourraient frapper
00:28:57l'Arabie saoudite
00:28:58comme ils l'ont fait
00:28:59par le passé
00:29:00et paralyser
00:29:01toute la production saoudienne.
00:29:02Or,
00:29:03ça nous concerne directement
00:29:04parce que nos raffineries
00:29:05en France
00:29:06consomment essentiellement
00:29:07du pétrole saoudien
00:29:08et du pétrole irakien
00:29:09parce que depuis
00:29:09qu'on a arrêté
00:29:11d'acheter
00:29:11et du russe
00:29:12et de l'iranien,
00:29:13on est concentré
00:29:14essentiellement
00:29:14sur le saoudien
00:29:15et l'irakien.
00:29:16Et les outils ont cette arme
00:29:17de paralyser
00:29:18toute la production saoudienne.
00:29:19Et nous,
00:29:19on a une base à Djibouti
00:29:20qu'on peut utiliser
00:29:22pour frapper les outils
00:29:23si jamais ils tentent
00:29:24de faire cela.
00:29:24Parce que,
00:29:25vous savez,
00:29:26l'Arabie saoudite,
00:29:27c'est 10 millions de barils
00:29:28par jour de production
00:29:29sur un total
00:29:30dans le monde
00:29:30de 30-35 millions de barils.
00:29:32C'est-à-dire que
00:29:32vous ne pouvez pas retirer
00:29:33du marché
00:29:34quasiment le tiers
00:29:35de la production mondiale
00:29:36et vous ne pouvez pas
00:29:37en plus retirer
00:29:38les 77 millions de tonnes
00:29:40de gaz naturel liquéfié
00:29:41du Qatar.
00:29:42Enfin,
00:29:42imaginez,
00:29:43ce serait un véritable cataclysme.
00:29:45Donc,
00:29:45la France doit protéger
00:29:46effectivement ses intérêts
00:29:47et là,
00:29:48pour le coup,
00:29:48on a notre base à Djibouti
00:29:49qui peut agir.
00:29:50J'ai une question
00:29:51pour vous poser
00:29:51quand on regarde la carte,
00:29:52on voit bien
00:29:53qu'aucun pays pétrolier
00:29:56ne peut échapper
00:29:56au détroit
00:29:57sauf les Émirats
00:29:59parce qu'ils sont en dessous
00:30:00du détroit
00:30:01pour en parler.
00:30:02Et l'Arabie saoudite ?
00:30:03Une partie des Saoudiens
00:30:04vient de l'Arabie saoudienne.
00:30:05alors je pense
00:30:05que vous voulez poser
00:30:06la question,
00:30:07pour l'instant,
00:30:07ça passe par Jeddah
00:30:08de ce côté-là,
00:30:09est-ce qu'il y a
00:30:09une possibilité
00:30:10de faire sortir
00:30:11le pétrole
00:30:12par la mer Rouge ?
00:30:13Justement,
00:30:14c'est ça,
00:30:14c'est-à-dire qu'ils...
00:30:15Ils ont les pipes,
00:30:17ils ont ce qu'il faut.
00:30:18Mais justement,
00:30:19c'est ça le problème,
00:30:20c'est-à-dire que les outils...
00:30:21Oui, d'accord,
00:30:21mais à l'intérieur
00:30:23de l'Arabie,
00:30:23ce n'est pas un problème...
00:30:24Parce qu'il y a
00:30:24les infrastructures
00:30:25pour acheminer jusque là-bas.
00:30:26Bien sûr,
00:30:35interdit.
00:30:35Alors cette période,
00:30:36elle a de quoi
00:30:37inquiéter les Français
00:30:38et on a voulu savoir
00:30:39ce qu'ils pensaient
00:30:39à la fois de cette guerre
00:30:40et des annonces
00:30:41qui ont été faites
00:30:41par Emmanuel Macron.
00:30:42Ce sont Katia Gilder
00:30:44et Mathilde Boucher
00:30:45qui sont allées
00:30:45leur poser la question.
00:30:51Un temps clément
00:30:52dans la capitale
00:30:53comme un air d'insouciance,
00:30:54la guerre semble loin
00:30:56et pourtant,
00:30:57après les déclarations
00:30:58d'Emmanuel Macron
00:30:59annonçant un renforcement
00:31:00militaire français
00:31:01au Moyen-Orient,
00:31:02l'inquiétude se ressent.
00:31:04Que faisons-nous
00:31:06en tant que puissance européenne ?
00:31:08Il semblerait
00:31:09qu'on nous dise
00:31:10taisez-vous
00:31:11et restez derrière
00:31:12et bouclez-la.
00:31:14La France,
00:31:15impuissante dans cette guerre,
00:31:17c'est le sentiment
00:31:18qui domine
00:31:18alors que le président
00:31:19de la République
00:31:20n'a pas été averti
00:31:21des frappes américaines
00:31:22sur l'Iran.
00:31:23De toute façon,
00:31:24il n'a même pas été entendu.
00:31:25Il n'y a que les Allemands
00:31:27et les Anglais
00:31:27qui sont au courant
00:31:28parce qu'ils ont plus
00:31:28de pouvoir que nous.
00:31:29On est très fragilisés.
00:31:31Aux abords des Invalides,
00:31:32ces canons d'époque
00:31:33et le tombeau de Napoléon,
00:31:35certains se sentent
00:31:36au contraire
00:31:37bien protégés.
00:31:38On a le sentiment
00:31:39qu'on peut se défendre
00:31:40en tant que Français.
00:31:41Il y a quand même
00:31:41une puissance
00:31:41et c'est là que
00:31:42c'est important
00:31:43de le réaffirmer
00:31:44aussi au niveau européen.
00:31:45Même ces Américains,
00:31:46mère et fils,
00:31:47installés à Paris
00:31:47depuis 10 ans,
00:31:48se sentent en sécurité
00:31:50sur le sol français.
00:31:51Je préfère être ici
00:31:53qu'aux Etats-Unis
00:31:54en ce moment
00:31:55parce que le président Macron,
00:31:58je lui fais plus confiance
00:32:00quand même
00:32:00que le président Trump.
00:32:02Certains sont moins confiants,
00:32:04redoutant une escalade
00:32:05dans la région
00:32:06dont la France
00:32:07pourrait payer
00:32:07les conséquences.
00:32:09Je suis assez vieux
00:32:09pour me souvenir
00:32:10de Jacques Chirac
00:32:10qui ne veut pas
00:32:11aller s'engager en Irak.
00:32:12J'y ai pensé hier.
00:32:13Je me suis dit
00:32:13là, il y avait un geste
00:32:14qui était assez fort,
00:32:16assez protectionniste
00:32:17mais assez fort.
00:32:18Qu'est-ce que...
00:32:19En fait, on ne sait pas
00:32:20les conséquences
00:32:21à court, à moyen
00:32:22et à long terme
00:32:22de tout ça ?
00:32:23Je trouve que les choses
00:32:24ne s'arrangent pas du tout.
00:32:26Mais je ne dis pas ça
00:32:27à mes petits-enfants
00:32:28parce qu'il faut
00:32:29leur laisser du courage.
00:32:31Peut-être qu'ils vont
00:32:32retourner à la situation.
00:32:33Un changement
00:32:34attendu aussi
00:32:35de longue date
00:32:36par ces franco-iraniens
00:32:37réunis quelques mètres
00:32:39plus loin
00:32:39près du Quai d'Orsay
00:32:40avec l'espoir
00:32:41de jours meilleurs
00:32:42pour leur pays.
00:32:44Alors on le voit,
00:32:44ces Français
00:32:45ne sont pas dans la psychose,
00:32:46en tout cas ceux
00:32:46qu'on a rencontrés
00:32:48mais il y a quand même
00:32:49une forme d'inquiétude.
00:32:50Général Trincan,
00:32:51c'est important
00:32:52d'avoir l'opinion publique
00:32:53avec soi
00:32:54dans ce genre
00:32:54de moment,
00:32:55de période instable.
00:32:56Oui, complètement
00:32:57et je vous disais
00:32:58que le président Trump
00:32:59a ce problème-là
00:33:00parce qu'il n'a pas du tout
00:33:01l'opinion américaine
00:33:02derrière lui.
00:33:03Donc c'est un vrai problème.
00:33:05Nous, dans la posture défensive
00:33:07qui a été annoncée,
00:33:09alors évidemment
00:33:10il n'y a pas eu de débat
00:33:10comme en 2003
00:33:11au Conseil de sécurité
00:33:12tout simplement
00:33:12parce que les Américains
00:33:14ne sont jamais allés
00:33:14au Conseil de sécurité.
00:33:16Donc la France
00:33:16n'a pas pu s'opposer
00:33:17mais dans le message
00:33:18du président,
00:33:19il y a bien
00:33:20l'illégalité
00:33:20qui est reconnue,
00:33:21la nécessité
00:33:22de se défendre
00:33:23qui sont proposées.
00:33:25Merci beaucoup.
00:33:26Messieurs,
00:33:26vous restez avec nous
00:33:27parce qu'on passe
00:33:28au mot du jour
00:33:29à présent
00:33:29et ça concerne
00:33:30directement notre sujet.
00:33:37Et Mariette Darigrand,
00:33:38vous avez choisi
00:33:39de nous parler
00:33:39de ce nom
00:33:40choisi par les Etats-Unis
00:33:42pour baptiser
00:33:43cette guerre
00:33:43contre l'Iran.
00:33:44Pourquoi ?
00:33:45C'est une formule
00:33:46fureur épique
00:33:47qui est au cœur
00:33:48d'une question
00:33:49très très ancienne
00:33:50qui revient là
00:33:50sous le feu
00:33:51de l'actualité.
00:33:52Épique fureur
00:33:53en anglais
00:33:53ou en latin,
00:33:54finalement,
00:33:55ça a l'air comme ça,
00:33:56ça sonne comme un titre
00:33:57hollywoodien
00:33:58mais en réalité
00:33:59c'est une formule
00:34:00qui sort de l'Iliade
00:34:01et l'Odyssée,
00:34:02surtout de l'Iliade.
00:34:03Le pitch de départ
00:34:04de l'Iliade,
00:34:05de ce récit de guerre,
00:34:06c'est précisément
00:34:07la fureur,
00:34:07la colère d'Achille
00:34:08qui veut venger
00:34:10la mort de son ami
00:34:11Patrocle
00:34:12et c'est ça
00:34:12qui donne
00:34:13le départ de la guerre
00:34:14entre les Grecs
00:34:15et les Akiens.
00:34:16Alors,
00:34:16dans le monde antique,
00:34:17le mot est masculin,
00:34:18on dit le fureur,
00:34:19c'est un état en fait,
00:34:21un état extrême,
00:34:22un courage XXL
00:34:23par lequel le guerrier
00:34:24est capable de tuer,
00:34:25de transverser,
00:34:26de décapiter.
00:34:27Et ce sont les dieux
00:34:28qui lui donnent
00:34:29cette énergie,
00:34:31surtout le dieu de la guerre
00:34:32évidemment,
00:34:32Ares en grec
00:34:33ou Mars en latin
00:34:34et cette E.N.,
00:34:36cette énergie d'E.N.
00:34:37est en général
00:34:37vengeresse.
00:34:39Alors,
00:34:39dans son voyage jusqu'à nous,
00:34:40le mot,
00:34:41il devient féminin,
00:34:42en nous disant
00:34:42la fureur,
00:34:43il y a même
00:34:44une petite pointe mésogine,
00:34:45une femme qui est une furie,
00:34:47ce n'est pas très bon signe,
00:34:49mais dans le théâtre classique,
00:34:51le mot est devenu amoureux,
00:34:52la fureur de Phèdre
00:34:53pour son beau-fils Hippolyte.
00:34:57Donc là,
00:34:57ça veut dire que le mot,
00:34:59c'est la même idée
00:35:00qu'avec la guerre finalement,
00:35:01c'est une force
00:35:02qui tombe sur un être humain,
00:35:04une fatalité
00:35:05et sur laquelle
00:35:06il ne peut que répondre.
00:35:07Et je crois
00:35:08que c'est cette dimension-là
00:35:09que les Américains
00:35:10finalement donnent aujourd'hui,
00:35:12c'est en tout cas
00:35:12ce qu'ils disent,
00:35:13c'est comme si cette guerre
00:35:14contre l'Iran,
00:35:16cette fureur contre l'Iran,
00:35:17c'était une façon
00:35:18de répondre
00:35:18à la fureur nucléaire
00:35:20supposée de l'Iran.
00:35:22Il y a aussi eu
00:35:22de grandes choses
00:35:23réalisées dans l'histoire
00:35:24de façon pacifique,
00:35:25on peut penser
00:35:26à Mandela par exemple,
00:35:28c'est possible aussi ?
00:35:29Oui, il y a de grandes épopées positives,
00:35:31mais il y a toujours un moment
00:35:32où justement
00:35:33l'épopée de guerrière
00:35:36devient constructive,
00:35:37on pourrait dire.
00:35:38Elles savent à ce moment-là
00:35:39ces épopées,
00:35:40mettre le grandiose,
00:35:41l'exploit humain
00:35:42au bon endroit,
00:35:43dans la pensée,
00:35:44dans la stratégie.
00:35:45c'est comme si l'épique
00:35:47laissait la place
00:35:48à l'éthique.
00:35:49Alors ça,
00:35:49ça se passe déjà
00:35:50dès l'Iliade et l'Odyssée,
00:35:51dès l'Iliade en tout cas,
00:35:52parce qu'il y a
00:35:53une scène très connue
00:35:54où le célèbre dieu
00:35:55de la guerre,
00:35:56Mars,
00:35:57finalement est vaincu
00:35:58par Athéna.
00:35:59Et Athéna,
00:35:59c'est la déesse
00:36:00de la sagesse militaire,
00:36:01de la sagesse stratégique.
00:36:03C'est d'ailleurs
00:36:04cette énergie,
00:36:05cette foi humaine
00:36:06et intelligente
00:36:07qu'elle donne
00:36:08à ses héros préférés,
00:36:09à Ulysse,
00:36:09l'homme aux mille ruses,
00:36:10etc.
00:36:11Alors là,
00:36:12Homère,
00:36:12il prend partie en fait.
00:36:13C'est seulement,
00:36:14dit-il,
00:36:15cette force intelligente
00:36:16qui peut gagner
00:36:17sur la force brutale.
00:36:19Alors qu'est-ce qu'on peut
00:36:20en garder pour nous
00:36:20dans le monde actuel
00:36:21et dans ce moment ?
00:36:22Eh bien je crois,
00:36:23c'est ça la morale d'Athéna.
00:36:24Nous pouvons,
00:36:25nous n'avons pas d'Athéna
00:36:26à l'horizon
00:36:27qui va nous sauver,
00:36:28mais nous pouvons
00:36:28cultiver son héritage
00:36:30dans l'idée
00:36:31de l'intelligence collective,
00:36:32dans l'idée
00:36:33de la diplomatie
00:36:33dont vous avez parlé,
00:36:35une diplomatie européenne.
00:36:37Alors certes,
00:36:37elle a du mal
00:36:37à se faire entendre
00:36:38aujourd'hui,
00:36:39mais je crois,
00:36:40j'espère,
00:36:41que c'est seulement
00:36:42cette sagesse-là
00:36:43qui pourra nous protéger
00:36:44de la fureur épique.
00:36:45En tout cas,
00:36:46elle est à la base
00:36:47de notre culture
00:36:47et c'est elle
00:36:48qui nourrit
00:36:49nos vraies épopées
00:36:49non guerrières.
00:36:51Jean-Louis Bourlan,
00:36:51je vous voyais là,
00:36:52vous avez envie
00:36:52de réagir en quelques mots.
00:36:53Je crois que c'est très bien
00:36:54de dire que c'est une notion
00:36:57terriblement négative
00:36:57et la comparaison
00:36:58Athéna-Mars
00:36:59le montre.
00:37:00Alors je pense évidemment
00:37:01à Faulkner
00:37:02et je trouve que
00:37:03la phrase de Faulkner
00:37:04décrit parfaitement
00:37:05la situation où on est,
00:37:06une histoire
00:37:07pleine de bruit
00:37:08et une fureur
00:37:08qui ne signifie rien
00:37:10et qui est racontée
00:37:10par un idiot.
00:37:12Et la seconde chose
00:37:14que je voudrais citer,
00:37:15c'est le bourgeois gentilhomme
00:37:16où le philosophe
00:37:20dénonce la colère
00:37:21et dit
00:37:21ira,
00:37:22est-ce que
00:37:22brevis fureur ?
00:37:23La colère
00:37:24est une brève folie
00:37:25s'il fait que la fureur
00:37:27c'est le signe
00:37:27de la folie.
00:37:28Donc je trouve
00:37:29extrêmement peu rassurant
00:37:30que cette opération
00:37:32soit placée
00:37:32sous le signe
00:37:33de la fureur
00:37:34et d'un Mars
00:37:35en colère
00:37:35plutôt que d'une athéna
00:37:37stratège.
00:37:38Ce sera le mot de la fin.
00:37:40Merci à tous les trois
00:37:41et merci à vous
00:37:41Mariette.
00:37:42On va passer à la question
00:37:43qui fâche à présent
00:37:44sans fureur.
00:37:53On l'a longtemps considéré
00:37:54comme le joyau
00:37:55de notre patrimoine,
00:37:56sans doute le musée
00:37:57le plus connu au monde
00:37:58qui abrite
00:37:58le tableau
00:37:59le plus célèbre.
00:38:00Alors je veux parler
00:38:00du musée du Louvre
00:38:01bien sûr,
00:38:02mais le 19 octobre
00:38:03c'est une autre histoire
00:38:04que la France a découverte,
00:38:05celle d'un musée
00:38:07mal sécurisé,
00:38:08mal entretenu
00:38:08dont la gestion
00:38:09est aujourd'hui critiquée.
00:38:11Alors comment sauver
00:38:12le Louvre ?
00:38:13La question est au cœur
00:38:14du travail d'une commission
00:38:15d'enquête parlementaire
00:38:16suivie par Stéphanie Despierre.
00:38:21Ça va ?
00:38:23T'es venu un voisin alors ?
00:38:24Alexis Corbière
00:38:25et Alexandre Portier,
00:38:27un écologiste
00:38:27et un républicain
00:38:28main dans la main
00:38:29pour enquêter
00:38:30sur la sécurité
00:38:31des musées.
00:38:31Les deux députés
00:38:33ont rendez-vous
00:38:33dans le sud
00:38:34de la Bourgogne
00:38:35au musée d'art sacré
00:38:36de Pareil-Aumonial.
00:38:37Maud Siron,
00:38:38directrice du musée.
00:38:40Merci de nous accueillir
00:38:41Alexis Corbière.
00:38:42Avec plaisir.
00:38:43Le 21 novembre 2024,
00:38:45alors que le musée
00:38:45est ouvert,
00:38:46des braqueurs armés
00:38:47font irruption ici
00:38:49avec un objectif,
00:38:51la Via Vitae,
00:38:52un trésor national
00:38:53créé par le joaillier
00:38:54Joseph Chaumet.
00:38:55Ils sont combien les types ?
00:38:56C'était une équipe
00:38:57de quatre personnes.
00:38:58Il y en a une
00:38:58qui est restée
00:38:59faire le guet à l'extérieur,
00:39:00une autre
00:39:00qui a tenu en joue
00:39:01les personnes à l'accueil
00:39:02et les deux autres
00:39:02se sont attaqués
00:39:03à la vitrine,
00:39:04d'abord avec une masse,
00:39:06ensuite avec une disqueuse
00:39:07thermique
00:39:07pour scier le vitre blindé.
00:39:10Ça a quand même
00:39:10pris une bonne minute
00:39:11en entier.
00:39:12Ils volent les personnages
00:39:13en or et en ivoire
00:39:14et le sommet de l'oeuvre.
00:39:16À quoi ça sert de voler
00:39:17ces petits personnages
00:39:18une fois qu'on les a
00:39:19enlevés de l'oeuvre ?
00:39:20C'est quoi ?
00:39:20Il y a de l'or ?
00:39:21Ils fondent, oui.
00:39:22D'accord, donc c'est vrai,
00:39:23on peut regretter sans doute
00:39:25que tout a été détruit,
00:39:26fondu.
00:39:26Fondu.
00:39:27Vu la violence
00:39:28avec laquelle
00:39:28les personnages
00:39:29ont été arrachés,
00:39:30vu les miettes
00:39:31qu'on a retrouvées
00:39:31par terre
00:39:32et les bris
00:39:32de personnages,
00:39:33je ne pense pas du tout
00:39:34que le but
00:39:35était celui d'un esthète.
00:39:37En sept minutes,
00:39:38ils volent presque
00:39:39la moitié des éléments.
00:39:41Une partie a été retrouvée
00:39:42dans une rivière
00:39:43des environs
00:39:44quelques semaines plus tard.
00:39:46Si Alexis Corbière
00:39:47et Alexandre Portier
00:39:48mènent leurs investigations
00:39:49partout en France,
00:39:50la raison d'être
00:39:51de leur commission d'enquête,
00:39:53c'est évidemment
00:39:53le spectaculaire
00:39:55casse du Louvre
00:39:55le 19 octobre.
00:39:57Depuis début décembre,
00:39:59le duo enchaîne
00:40:00les visites,
00:40:00les auditions
00:40:01et l'analyse des archives.
00:40:03Ils ont eu accès
00:40:04à des rapports confidentiels
00:40:05qui confirment
00:40:06que les failles de sécurité
00:40:07du plus grand musée du monde
00:40:09étaient identifiées
00:40:10et depuis longtemps.
00:40:12Vous voyez assez vite
00:40:13quand même
00:40:13qu'il y a beaucoup de rouge,
00:40:15c'est-à-dire qu'il y a
00:40:15beaucoup d'urgences.
00:40:16Et ces urgences-là,
00:40:18elles datent de 2017.
00:40:19Donc c'est ça
00:40:20qui est inquiétant.
00:40:21On est huit ans après
00:40:22et malheureusement,
00:40:23beaucoup de ces points-là
00:40:24sont encore d'actualité.
00:40:25À mi-chemin de leurs travaux,
00:40:27les parlementaires
00:40:28étrient la gestion du Louvre.
00:40:30Clairement,
00:40:30ce n'est pas un accident
00:40:31au sens où
00:40:32il y a des défaillances systémiques
00:40:33qui font qu'à un moment donné,
00:40:35quand on regarde
00:40:35tous les paramètres,
00:40:37malheureusement,
00:40:37le vol s'explique.
00:40:38Vous avez les caméras
00:40:39qui sont obsolètes
00:40:40de piètre qualité.
00:40:41Vous avez un système
00:40:42de coordination
00:40:43entre les forces de police
00:40:44et les forces de sécurité privées
00:40:46dans l'établissement
00:40:46qui n'étaient pas à la hauteur.
00:40:47On a des bâtiments
00:40:48qui ne sont pas
00:40:49entretenus correctement.
00:40:51Et malheureusement,
00:40:52c'est pathétique,
00:40:53affligeant, navrant.
00:40:54Mais toutes les deux semaines,
00:40:55on apprend des fuites d'eau
00:40:55dans le bâtiment.
00:40:56Mais il y a quand même
00:40:57un problème de pilotage
00:40:58de l'établissement en tant que tel.
00:40:59Les députés attendaient donc
00:41:00avec impatience
00:41:01l'audition de la directrice
00:41:03du Louvre la semaine dernière.
00:41:04Sauf que Laurence Descartes
00:41:06a démissionné la veille.
00:41:08Reconvoquée hier,
00:41:09elle a de nouveau annulé
00:41:10pour raison de santé.
00:41:12Désormais,
00:41:12le rendez-vous est le 24 mars.
00:41:14Mais plus le temps passe,
00:41:15plus la liste des questions
00:41:16s'allonge.
00:41:17Depuis le vol des bijoux,
00:41:19la série noire continue.
00:41:20Grève du personnel,
00:41:22escroquerie à la billetterie,
00:41:23nouvelle inondation
00:41:24il y a deux semaines.
00:41:25Alors la question
00:41:26qui fâche ce soir,
00:41:27la voici.
00:41:27Comment sauver le Louvre ?
00:41:30Et pour un débat,
00:41:31j'accueille ce soir
00:41:32deux députés,
00:41:32Céline Calvez et Alexis Corbière.
00:41:34Bonsoir et bienvenue
00:41:35à tous les deux.
00:41:36Vous êtes tous les deux
00:41:36membres de cette commission
00:41:37d'enquête, on l'a compris.
00:41:38Et Alexis Corbière,
00:41:39vous en êtes même le rapporteur.
00:41:41Et à vos côtés,
00:41:41Didier Rikner.
00:41:42Bonsoir.
00:41:43Bonsoir.
00:41:43Vous êtes le fondateur
00:41:44de la revue
00:41:45La Tribune de l'Art.
00:41:46On va peut-être commencer
00:41:47par le sujet qui fâche,
00:41:48qui a été évoqué
00:41:49dans ce sujet
00:41:50de Stéphanie Despierre,
00:41:51l'ancienne président du Louvre,
00:41:52Laurence Descartes,
00:41:53qui vous a fait parvenir
00:41:54un certificat médical,
00:41:55je crois,
00:41:56trois heures avant
00:41:57ce qui devait être
00:41:58son audition hier.
00:42:00C'est la deuxième fois
00:42:01qu'elle ne se présente pas.
00:42:03Je crois que vous l'avez reconvoqué
00:42:04le 24 mars, c'est ça ?
00:42:05Ça vous a mis très en colère,
00:42:08Alexis Corbière.
00:42:08Vous avez publié
00:42:10un communiqué de presse
00:42:10à la suite de cela.
00:42:12Vous pensez qu'elle refuse
00:42:13de répondre à vos questions ?
00:42:16Du moins,
00:42:17ce qui m'a agacé,
00:42:19et je crois que c'était le cas aussi
00:42:20du président Alexandre Portier,
00:42:22c'est que lorsqu'elle nous a demandé
00:42:25le premier report qui était
00:42:27lorsqu'elle a démissionné,
00:42:29elle a envoyé immédiatement
00:42:29une lettre,
00:42:30on l'a accepté
00:42:31parce que ce qui était sous-entendu,
00:42:33c'est qu'elle allait accueillir
00:42:34son successeur,
00:42:34ça me semblait inélégant,
00:42:35de la convoquer en Monts
00:42:36où elle avait beaucoup
00:42:37de choses à faire.
00:42:38Et je découvre le lendemain
00:42:40en allumant la télé
00:42:41qu'elle faisait le journal
00:42:41de France 2
00:42:42avec Léa Salamé,
00:42:43alors il faut parler
00:42:44sans doute aux journalistes,
00:42:45je découvre aussi
00:42:46qu'il y a une interview
00:42:47du Figaro qui a été publiée
00:42:48où on racontait
00:42:49qu'elle les reçoit
00:42:50dans son bureau,
00:42:51au même moment d'ailleurs,
00:42:52parce que c'est une coïncidence,
00:42:53nous étions avec Alexandre Portier
00:42:55au Louvre
00:42:55pour faire une visite
00:42:57sur site
00:42:57où elle n'est pas venue
00:42:58saluer le président
00:42:59de la commission
00:43:00des affaires culturelles,
00:43:01elle n'est pas venue
00:43:01me saluer non plus.
00:43:02Clairement, vous doutez
00:43:02du fait qu'elle se présente
00:43:03à la prochaine convocation ?
00:43:04Déjà, il y avait un agacement
00:43:06de se dire qu'on accepte
00:43:07parce qu'on pensait
00:43:08qu'elle avait des choses
00:43:08importantes à faire
00:43:09pour la bonne gestion du Louvre
00:43:11et la transmission
00:43:11et elle va au journal de France 2
00:43:13où elle livre une version
00:43:14évidemment qui lui est assez favorable,
00:43:15on peut le comprendre,
00:43:16mais enfin,
00:43:16y compris dans l'interview du Figaro,
00:43:18elle explique,
00:43:18elle dira devant la commission
00:43:19mais que les conditions de sérénité
00:43:21ne sont pas totalement réunies
00:43:22dans nos travaux.
00:43:23Bon, elle nous égratine
00:43:24et on lui propose une nouvelle date.
00:43:26Il y avait tout un débat
00:43:27qui avait lieu
00:43:27parce qu'il y avait hier soir
00:43:28ce qu'on appelle
00:43:29le grand dîner du Louvre
00:43:30qui accueille normalement
00:43:32nombre de grands donateurs.
00:43:34Elle souhaitait y participer.
00:43:36On a insisté avec le président
00:43:38pour qu'elle vienne
00:43:38et ce certificat tombe.
00:43:40Alors, je ne doute pas
00:43:40qu'elle a peut-être
00:43:41des problèmes de santé,
00:43:42sans aucun doute,
00:43:42mais vous voyez,
00:43:43ça se situe,
00:43:43on a l'impression
00:43:44qu'on perd du temps.
00:43:46Si elle ne vient pas
00:43:46à la prochaine convocation,
00:43:47il se passera quoi ?
00:43:49Bon, alors,
00:43:50quand il y a un motif,
00:43:51je n'ai pas l'inélégance
00:43:52jusqu'à remettre en cause
00:43:53la véracité des choses
00:43:54et je ne peux pas croire
00:43:55qu'elle ne se présente pas.
00:43:57Là, en plus,
00:43:57on est dans des délais
00:43:58assez éloignés
00:43:58parce qu'on souhaite,
00:43:59et je termine là-dessus,
00:44:00que les parlementaires puissent venir
00:44:01et actuellement,
00:44:03les travaux parlementaires
00:44:04ne sont pas en cours
00:44:04et ça nous semblait,
00:44:05on aurait pu la convoquer
00:44:06mais faire quelque chose
00:44:07lorsque les parlementaires
00:44:08sont dans les circonscriptions,
00:44:10dans un moment
00:44:10d'élection municipale,
00:44:14date de sa convocation.
00:44:15Céline Calvez,
00:44:16sur quoi est-ce que vous souhaitez
00:44:17entendre Laurence Descartes
00:44:18avant tout ?
00:44:18Qu'est-ce qui vous a le plus choqué
00:44:20peut-être dans tout ce travail
00:44:21d'enquête parlementaire
00:44:22que vous menez depuis plusieurs mois ?
00:44:24On l'a souligné,
00:44:25vous l'avez souligné
00:44:26dans le reportage,
00:44:27c'est le caractère inadéquat
00:44:28des mesures de sécurité
00:44:29et de sûreté
00:44:30qu'on a pu découvrir
00:44:31sur place
00:44:33avec Alexis Corbière,
00:44:34le président,
00:44:35quand on s'est rendu
00:44:35et qu'on a vu
00:44:36le PC sécurité,
00:44:38on a vu que ce n'était
00:44:39vraiment pas à la hauteur
00:44:40d'un établissement
00:44:41qui a non seulement
00:44:42des pièces
00:44:44importantes
00:44:45mais qui en plus
00:44:46reçoit des dizaines
00:44:47de milliers de personnes
00:44:47par jour.
00:44:48Donc, en fait,
00:44:49on ne peut pas considérer
00:44:51que c'était à la hauteur.
00:44:52Maintenant,
00:44:52ce qui est le plus alarmant,
00:44:54c'est le fait
00:44:55qu'aient été pointés
00:44:56ces besoins
00:44:56et que ça n'a pas forcément
00:44:58été suivi des faits.
00:44:59Maintenant,
00:45:00ce que je vois également,
00:45:01c'est que depuis
00:45:02le vol du 19 octobre,
00:45:04on a vu
00:45:04d'autres dysfonctionnements
00:45:06et puis un dysfonctionnement
00:45:07qui va jusqu'à
00:45:08une prise de conscience sociale
00:45:10et un mouvement social
00:45:11qu'il faut accompagner.
00:45:12Alors, vous me direz peut-être
00:45:13que les fuites d'eau
00:45:14en fait existent partout
00:45:15mais là,
00:45:16on a une attention redoublée
00:45:17sur tous les dysfonctionnements.
00:45:19Mais ce que je regarde
00:45:20aujourd'hui, moi,
00:45:21au-delà de ce qui,
00:45:22le 24 mars,
00:45:23fera l'occasion
00:45:23de l'audition
00:45:24et qui sera sans doute
00:45:25beaucoup plus suivi
00:45:26que si elle avait été
00:45:27faite en début
00:45:28de cette semaine.
00:45:29Donc, on peut voir aussi
00:45:30qu'on aura plus d'attention
00:45:31sur le 24 mars
00:45:33et voir quelles sont
00:45:34les responsabilités.
00:45:35Mais surtout,
00:45:35regardez en avant.
00:45:36Aujourd'hui,
00:45:37vous avez un nouveau
00:45:39président du Louvre
00:45:40qui a été nommé.
00:45:41Vous avez une nouvelle
00:45:42ministre de la Culture.
00:45:43Il faut regarder aussi
00:45:44comment l'impulsion
00:45:45peut être fait.
00:45:46Ce qui peut servir
00:45:47de leçon sur le Louvre
00:45:48doit être regardé
00:45:49non pas uniquement
00:45:50sur le passé
00:45:50mais aussi se dire
00:45:51qu'est-ce qu'on fait
00:45:52à l'avenir.
00:45:53Et le Louvre,
00:45:54on a pu...
00:45:55C'est important de...
00:45:57On va parler justement
00:45:57des pistes pour l'avenir
00:45:58mais peut-être avec vous,
00:46:00Didier Rickner,
00:46:01vous avez peut-être
00:46:01un regard un peu moins politique
00:46:02sur le sujet.
00:46:03Comment vous jugez, vous,
00:46:05le bilan de Laurence Descartes ?
00:46:06Est-ce qu'elle est responsable
00:46:07de tout ?
00:46:08Comment vous voyez les choses ?
00:46:10Elle est responsable
00:46:10de beaucoup de choses.
00:46:11Elle a été nommée en 2021.
00:46:13Elle n'est pas restée
00:46:14non plus en poste très longtemps.
00:46:15Oui, mais nommée en 2021.
00:46:16Elle est présidente du Louvre.
00:46:17Il faut savoir que la présidente
00:46:18d'un établissement public
00:46:19comme le Louvre
00:46:19a beaucoup de pouvoir.
00:46:21On a pu le voir d'ailleurs.
00:46:22On sait que la tutelle
00:46:23n'a pas exercé suffisamment
00:46:26sa fonction.
00:46:27Mais ça fait longtemps
00:46:27que la tutelle a un petit peu
00:46:28renoncé à la fonction
00:46:29de tutelle du musée du Louvre.
00:46:31La tutelle,
00:46:31c'est plutôt l'Elysée.
00:46:32Je fais un peu de politique
00:46:34quand même
00:46:34parce que c'est l'effet.
00:46:36Donc je juge...
00:46:37Oui, elle est arrivée en 2021.
00:46:38Et qu'est-ce qu'elle a fait en 2021 ?
00:46:40Il y avait un schéma directeur
00:46:43sécurité en cours
00:46:44qui débutait,
00:46:45enfin qui était prévu,
00:46:46qui était presque terminé.
00:46:47Les avant-projets définitifs
00:46:48étaient presque terminés.
00:46:49Ça a continué un petit peu.
00:46:50En 2022,
00:46:50les avant-projets définitifs
00:46:51sont terminés.
00:46:53Apparemment,
00:46:53c'est en janvier 2023
00:46:54que tout est fait.
00:46:55Et là, qu'est-ce qu'on fait ?
00:46:56Au lieu d'y aller,
00:46:57on attend.
00:46:582023, 2024, 2025.
00:47:00Trois ans quand même.
00:47:01Trois ans pendant lesquels
00:47:02on aurait pu faire des choses.
00:47:03Je pense que le PC Sécurité
00:47:05aurait pu certainement être fait.
00:47:07Il y a même dans certains documents
00:47:08que j'ai pu avoir
00:47:09des dates de fin de travaux.
00:47:11Il y a une partie des travaux
00:47:12qui auraient été terminées
00:47:13pour 2024, 2025.
00:47:14Et comme on sait
00:47:15qu'il fallait gagner 30 secondes,
00:47:17ce n'est pas moi qui le dis,
00:47:18c'est l'Inspection Générale
00:47:19des Affaires Culturelles
00:47:20pour éviter le vol du Louvre,
00:47:21on se dit qu'on n'a pas tout fait
00:47:22au moins pour éviter ce vol
00:47:24et que c'est largement,
00:47:25bien sûr,
00:47:25la responsabilité
00:47:26de la présidente.
00:47:27Alexis Corbière,
00:47:27la question maintenant,
00:47:28c'est qu'est-ce qu'on fait ?
00:47:29On va en parler tout de suite
00:47:31avec Céline Cavès.
00:47:31On va en parler peut-être
00:47:32d'abord avec vous.
00:47:33Quelles sont les pistes
00:47:34pour que le Louvre
00:47:34redevienne le Louvre ?
00:47:36Ça a été pointé par M. Rickner
00:47:38ou y compris ma collègue.
00:47:39Moi, j'appelle ça
00:47:40l'hyperprésidence.
00:47:41Il y a un problème,
00:47:42c'est qu'on a l'impression
00:47:42que c'est quasiment
00:47:45un quasi-ministère
00:47:46de la Culture bis.
00:47:47C'est directement
00:47:48le président de la République
00:47:48qui nomme le directeur
00:47:51ou le président.
00:47:52D'ailleurs, il y a un successeur,
00:47:53je ne sais pas
00:47:54pour quelle raison il est choisi.
00:47:55Il est très compétent.
00:47:56Mais je veux dire,
00:47:58on pourrait imaginer,
00:47:59par exemple,
00:47:59que ce soit aussi
00:48:00sur la base d'un projet.
00:48:01Pourquoi pas auditionné
00:48:02par la Commission
00:48:03des Affaires culturelles
00:48:03et que des candidats
00:48:04se présentent
00:48:05et qu'on puisse discuter de ça.
00:48:06Là, c'est à discrétion
00:48:06du président de la République.
00:48:07Il y a quand même un problème
00:48:08et moi, je pense qu'à l'avenir,
00:48:09il faut que ça s'arrête.
00:48:10Parce que ça a été pointé
00:48:11quand M. Rickner
00:48:12part de la tutelle,
00:48:13c'est le ministère de la Culture.
00:48:14Le contrôle, il est où
00:48:15sur ce qui se déroule ?
00:48:16Ce qu'a dit M. Rickner
00:48:17est très fort
00:48:17et c'est là-dessus
00:48:18qu'on faudra l'interroger.
00:48:19Pour quelle raison ?
00:48:19Je vais l'appeler
00:48:20le plan de sécurité.
00:48:21Ce schéma directeur
00:48:22qui est quasi près
00:48:23sous la présidence
00:48:23de M. Martiès en 2021,
00:48:25nous sommes en 2026,
00:48:26n'est toujours pas en application.
00:48:27Cinq ans perdus.
00:48:28Pour quelle raison ?
00:48:29Je rentrerai dans les détails,
00:48:30je lui poserai la question
00:48:31par exemple sur la question
00:48:31il y a un moment donné,
00:48:32il est demandé par Mme Descartes
00:48:34quand elle est en situation
00:48:35qu'un économiste juge
00:48:37sur les prévisions budgétaires.
00:48:40Ça va mettre deux ans
00:48:41à être réalisé.
00:48:42Deux ans.
00:48:43Au bout d'un mois,
00:48:44il y a déjà 92%
00:48:45des choses qui sont établies
00:48:47par l'économiste
00:48:48et on va mettre quasiment
00:48:49un an et dix mois
00:48:51pour 8% de l'évaluation
00:48:52et on a l'impression
00:48:54qu'il n'y a pas
00:48:55la présidence laisse filer le temps.
00:48:58Alors moi,
00:48:58je n'ai pas la réponse à ça,
00:48:59j'ai quelques idées.
00:49:00Peut-être qu'il y avait aussi
00:49:01le projet de Louvre-Renaissance
00:49:02qui devait amener
00:49:02à ce qu'on ne fait pas
00:49:03d'investissement
00:49:04parce qu'on se dit
00:49:04que des choses vont arriver
00:49:05derrière, etc.
00:49:06Mais ce temps perdu,
00:49:07alors il ne s'agit pas
00:49:08de refaire le film
00:49:08mais vous comprenez
00:49:09quand avec le recul
00:49:10il y a un cambriolage
00:49:11ou nombre de caméras
00:49:12et ce que dit Céline Calvet
00:49:13c'est très fort.
00:49:14Il y a des caméras
00:49:15quand vous allez au Louvre
00:49:16je vous assure
00:49:17des caméras
00:49:17de mauvaise qualité.
00:49:19On est quand même
00:49:19chez un champion du monde
00:49:20le plus grand musée du monde
00:49:22la vitrine de la France
00:49:239 millions de visiteurs
00:49:24c'est indiscutant
00:49:25en rayonnement national
00:49:26et vous vous apercevez
00:49:27que sur des choses
00:49:27qui sont quand même élémentaires
00:49:29je fais des visites
00:49:30d'autres musées actuellement
00:49:31du matériel quasiment
00:49:32qui est utilisé
00:49:32dans des musées
00:49:33qui sont incomparables
00:49:34on s'interroge
00:49:35ça n'était pas une priorité
00:49:37Alors on va parler
00:49:38de la sécurisation
00:49:39de tous les musées
00:49:40parce que c'est
00:49:40votre commission d'enquête
00:49:41elle ne travaille pas
00:49:42que sur le Louvre
00:49:43Il y a un rapport
00:49:44qui a été remis
00:49:44par le député
00:49:45Christophe Marion
00:49:46je crois qu'il a fait
00:49:47une vingtaine de propositions
00:49:48au gouvernement
00:49:49pour sécuriser
00:49:50les musées en France
00:49:51Céline Calvez
00:49:51vous en retenez quelques-unes
00:49:53qu'est-ce qui vous semble
00:49:54le plus pertinent ?
00:49:55Moi je retiens
00:49:56la distinction
00:49:57de sécurité et sûreté
00:49:59c'est-à-dire qu'on est
00:49:59plutôt bon
00:50:00dans les musées français
00:50:01pour la sécurité
00:50:02contre les incendies
00:50:03et contre les immunisations
00:50:05on n'est pas du tout bon
00:50:06pour la sûreté
00:50:07parce qu'il n'y a pas
00:50:07d'encadrement réglementaire
00:50:10il n'y a pas de culture
00:50:11de la sûreté
00:50:11la sûreté c'est éviter
00:50:12que des biens soient volés
00:50:13ou qu'ils soient dégradés
00:50:15je pense qu'on a bien vu
00:50:17aussi qu'était priorisé
00:50:20la sécurité des visiteurs
00:50:21mais que les visiteurs
00:50:22eux-mêmes n'étaient pas
00:50:23forcément assez sensibilisés
00:50:24sur le devoir
00:50:26de vigilance de chacun
00:50:27en fait pour la sûreté
00:50:28moi je lui ai posé
00:50:29des questions
00:50:29parce que ça fait partie
00:50:30de deux de ces recommandations
00:50:32sur l'emploi
00:50:33des nouvelles technologies
00:50:34pour servir des outils
00:50:36qui puissent aider
00:50:37et qu'on puisse mettre
00:50:38à disposition
00:50:39des outils innovants
00:50:40pour pouvoir compléter
00:50:42la présence
00:50:43et l'expertise humaine
00:50:45aussi
00:50:45de ce que nous permet
00:50:46la technologie aujourd'hui
00:50:47vous pensez à quoi ?
00:50:47vous pensez aux fameuses
00:50:48caméras algorithmiques
00:50:49qui ont été utilisées
00:50:50pendant les Jeux Olympiques ?
00:50:51c'est une des recommandations
00:50:53aujourd'hui
00:50:53ce n'est pas possible
00:50:54et qui permet de détecter
00:50:55un peu des mouvements
00:50:56suspects
00:50:57anormaux
00:50:57on va dire
00:50:57si concrètement
00:50:58vous auriez eu
00:50:59une caméra vidéo
00:51:01qui aurait été postée
00:51:02à l'extérieur
00:51:03on aurait vu
00:51:04la présence
00:51:04de ce véhicule
00:51:05qui permettait
00:51:07d'atteindre
00:51:07la fenêtre
00:51:09de la galerie Apollon
00:51:10et en fait
00:51:10pourquoi ?
00:51:11quand on a vu
00:51:12ce PC sécurité
00:51:13où vous avez
00:51:14une quinzaine d'écrans
00:51:15il y a des caméras
00:51:16en fait vous ne pouvez pas
00:51:17avoir la vision sur tout
00:51:17là ça permettrait
00:51:19de détecter
00:51:20tiens c'est anormal
00:51:21et je le mets
00:51:22en vision
00:51:23c'est à dire
00:51:23qu'en prévisualisation
00:51:24vous l'avez
00:51:25et donc ça veut dire
00:51:26que ça attire l'attention
00:51:27de la personne
00:51:28qui est chargée
00:51:29de la sécurité
00:51:29on ne peut pas
00:51:31il faut trouver
00:51:32la vraie complémentarité
00:51:33entre ceux
00:51:34qui sont experts
00:51:35ceux qui sont formés
00:51:36et qui connaissent
00:51:36les questions
00:51:37de sécurité
00:51:37et de sûreté
00:51:38mais utiliser aussi
00:51:39le meilleur
00:51:40qui soit
00:51:41et qui puisse
00:51:42être développé
00:51:42dans notre pays
00:51:43au niveau européen
00:51:44pour le mettre
00:51:44à disposition
00:51:45ça c'est aussi
00:51:46quelque chose
00:51:46que l'on doit faire
00:51:47dans un instant
00:51:47je reviens vers vous
00:51:48Alexis Corbière
00:51:49mais peut-être Didier Rickner
00:51:50ces questions
00:51:51qu'on se pose aujourd'hui
00:51:51pour le Louvre
00:51:52j'imagine que tous
00:51:52les grands musées du monde
00:51:53se les sont posées
00:51:54comment est-ce qu'ils y ont répondu
00:51:56est-ce qu'on peut s'inspirer
00:51:57de ce qu'ils font
00:51:58j'aurais du mal
00:51:59à vous répondre
00:51:59parce que c'est vrai
00:52:00que ce que je dis souvent
00:52:00c'est qu'avant le 19 octobre
00:52:02la sécurité
00:52:03et la sûreté
00:52:04au Louvre
00:52:05c'était quelque chose
00:52:08à laquelle on ne pensait pas
00:52:09en tant que
00:52:10on parlait des oeuvres
00:52:11on parlait des expositions
00:52:12on parlait des acquisitions
00:52:12etc
00:52:13et on s'aperçoit finalement
00:52:14on parlait de la sécurité
00:52:14éventuellement des visiteurs
00:52:16avec les risques d'attentat
00:52:17oui oui c'est ça
00:52:18mais moi j'ai découvert
00:52:19à cette occasion
00:52:20que le Louvre
00:52:21n'était pas du tout protégé
00:52:23il n'avait pas été protégé
00:52:24suffisamment
00:52:26étranger je vous avoue
00:52:27que je ne sais pas
00:52:28je ne sais pas
00:52:29je pense que
00:52:30vous allez je crois
00:52:32à Londres
00:52:32on va aller voir
00:52:33le British Museum
00:52:35pourquoi on y va
00:52:36parce que c'est le seul musée
00:52:37le plus proche
00:52:38des dimensions du Louvre
00:52:39pour voir comment font
00:52:39nos collègues
00:52:40et amis britanniques
00:52:43on aurait pu aller
00:52:43dans d'autres endroits
00:52:44le Victorien Albert Muzum
00:52:45devrait vous donner
00:52:45et également
00:52:46on y va
00:52:47il y a d'ailleurs
00:52:47parait-il une exposition
00:52:48sur Marie-Antoinette
00:52:49et on m'a dit
00:52:49que ça m'intéresserait
00:52:50c'est un clin d'œil
00:52:51c'est l'ancien prof d'histoire
00:52:52non mais
00:52:54après
00:52:55comment dirais-je
00:52:55il y a des dimensions
00:52:57technologiques
00:52:57moi je suis
00:52:58je demande à voir
00:52:59exactement dont on parle
00:53:00ce qui est plus intéressant
00:53:01quand on est député
00:53:02par exemple
00:53:02une des réponses
00:53:03qu'a fait Madame Dati
00:53:04c'est un fonds de sécurité
00:53:05qui a été voté
00:53:06alors 30 millions
00:53:07sur 3 ans
00:53:08pourquoi
00:53:09pour financer quoi
00:53:10je ne sais pas
00:53:11à l'heure actuelle
00:53:11comment ça fonctionnerait
00:53:12concrètement
00:53:12pour des musées
00:53:13le droit de tirage
00:53:14parce qu'il ne suffit pas
00:53:15de dire au musée
00:53:16là aussi je ne veux pas
00:53:17être trop technique
00:53:17mais il y a une mission
00:53:18de sécurité
00:53:18qui s'appelle la MISA
00:53:19actuellement c'est 8 personnes
00:53:20pour 1200 établissements
00:53:22une des préconisations
00:53:23que je soutiens
00:53:23pour le coup de Christophe Marion
00:53:24c'est de dire
00:53:25augmenter
00:53:25lui propose 6 emplois
00:53:27t'emplois en plus
00:53:27on pourrait même plus
00:53:29c'est-à-dire des personnels
00:53:30qui ont des capacités
00:53:30de dire au musée
00:53:31une expertise
00:53:32sur leurs problèmes
00:53:33faire un audit
00:53:33qui n'est pas payant
00:53:34pour les musées
00:53:35moi je le vois avec les musées
00:53:36de leur dire
00:53:36vous avez un problème
00:53:37si on ne donne pas des moyens
00:53:38qu'est-ce qui se produit
00:53:39que nous constatons
00:53:40c'est que nombre de musées
00:53:41se disent
00:53:41telle oeuvre
00:53:42elle n'est pas assez sécurisée
00:53:43on la met dans le coffre fort
00:53:44on ne la montre plus au public
00:53:45et moi je ne suis pas d'accord
00:53:46non plus
00:53:46donc il ne suffit pas
00:53:47de dire attention
00:53:48il y a eu le candidat du Louvre
00:53:49il faut donner des moyens publics
00:53:51les personnels aussi
00:53:52autres préconisations
00:53:53j'ai des désaccords
00:53:54avec Christophe Marion
00:53:54mais je soutiens celle-là
00:53:56la titularisation aussi
00:53:57de nombre de personnels
00:53:58moi je pense beaucoup
00:53:59au personnel
00:54:00du ministère de la Culture
00:54:01il y a du mécontentement social
00:54:03il y a une mobilisation au Louvre
00:54:04et ce n'est pas sans raison
00:54:05parce qu'il y a un problème
00:54:06aussi de formation
00:54:07de rémunération
00:54:08de titularisation
00:54:09ça aussi c'est important
00:54:10ce n'est pas les caméras
00:54:11qui vont régler tous les problèmes
00:54:11c'est aussi des personnels
00:54:12compétents
00:54:13etc etc
00:54:14vous voyez qu'on est face
00:54:15à des problèmes aussi
00:54:16je suis évidemment d'accord
00:54:17avec ce que vient de dire
00:54:18Alexis Corbière
00:54:19notamment il faut exposer les oeuvres
00:54:20moi ce qui m'a frappé
00:54:21et ce que m'ont dit plusieurs
00:54:22parce que je connais bien
00:54:23les musées
00:54:24je connais bien les conservateurs
00:54:25beaucoup de conservateurs
00:54:26m'ont dit
00:54:26c'est incroyable quand même
00:54:27parce que c'est le Louvre
00:54:28qui a failli
00:54:29c'est l'Etat
00:54:29c'est les musées nationaux
00:54:31et c'est nous
00:54:31qu'on vient maintenant
00:54:32qu'on vient regarder
00:54:33et on nous demande
00:54:34de faire beaucoup de choses
00:54:35alors que finalement
00:54:35ce n'est pas nous
00:54:36qui sommes responsables
00:54:37pour le moment
00:54:37de ce qui s'est passé au Louvre
00:54:38donc il faut les aider
00:54:39ça c'est clair
00:54:40qu'il faut les aider
00:54:40parce que c'est
00:54:41c'est un vrai problème
00:54:42est-ce que dans la commission
00:54:43vous allez aussi interroger
00:54:45le fait de se développer
00:54:47à l'étranger
00:54:48cette politique
00:54:49qui a eu le Louvre
00:54:49d'aller rayonner
00:54:50loin de ses bases
00:54:51est-ce que ce sont
00:54:52des moyens
00:54:53qui ont été enlevés
00:54:55au Louvre parisien
00:54:56est-ce que ce sont
00:54:57des
00:54:58une attention moindre
00:54:59qui a été portée
00:55:01peut-être que ça
00:55:02il faut
00:55:02qu'on complète
00:55:03la question que vous soulevez
00:55:05c'est
00:55:05on est plutôt fiers
00:55:06justement
00:55:07que le Louvre
00:55:07soit le symbole
00:55:10du rayonnement
00:55:11mais on peut tout faire
00:55:12mais en fait moi je pense
00:55:13que et peut-être
00:55:14qu'en parlant du Louvre
00:55:15du projet
00:55:16Louvre nouvelle renaissance
00:55:17c'est aussi de se dire
00:55:18comment on arrive
00:55:19à mieux accueillir
00:55:20alors il faut le faire
00:55:21de façon sécurisée
00:55:22de façon sûre
00:55:23mais comment on fait
00:55:24pour accueillir
00:55:25on a beaucoup de gens
00:55:25qui ne peuvent accéder
00:55:27au Louvre
00:55:27parce qu'il y a
00:55:28trop de demandes
00:55:29en fait
00:55:29et ou alors
00:55:30l'expérience de visite
00:55:32n'est pas satisfaisante
00:55:33parce que vous vous retrouvez
00:55:34à avoir des galeries
00:55:35super remplies
00:55:36alors que d'autres
00:55:37pourraient être davantage
00:55:38vécues
00:55:38comme expérience
00:55:39cette ouverture
00:55:41à l'international
00:55:41il faut le faire
00:55:43et on sait très bien
00:55:43que la marque Louvre
00:55:44permet à Paris
00:55:46de rayonner
00:55:46à la France
00:55:47de rayonner
00:55:47et à la culture
00:55:48en général
00:55:49de rayonner
00:55:49est-ce que
00:55:50des moyens
00:55:51qui ont été mis
00:55:52sur la mise en orbite
00:55:53internationale
00:55:54du Louvre
00:55:55auraient pu être
00:55:56considérés d'abord
00:55:57pour la sécurisation
00:55:59peut-être
00:55:59mais en fait
00:56:00ce qu'il faut maintenant
00:56:01c'est répondre
00:56:02à comment on arrive
00:56:03à accueillir le monde entier
00:56:04et de manière plus sûre
00:56:05moi je pense
00:56:05qu'on est capable
00:56:06de le faire
00:56:06et ça ne remet pas en cause
00:56:08le projet Nouvelle Renaissance
00:56:09parce que pour moi
00:56:10il est aussi là
00:56:11pour fluidifier les trajets
00:56:13et en profitons-en
00:56:14pour les phaser autrement
00:56:15on peut interroger
00:56:16malgré tout
00:56:17là c'est peut-être
00:56:18on est d'accord entre nous
00:56:18le projet Nouvelle Renaissance
00:56:199 millions de visiteurs
00:56:20on nous dit
00:56:21on veut passer à 12
00:56:22peut-être même 15 millions
00:56:23le Nouvelle Renaissance
00:56:24c'est quoi ?
00:56:24c'est le projet du futur Louvre
00:56:25oui mais c'est un investissement
00:56:27ça aussi c'est dingue
00:56:27quand on est parlementaire
00:56:28un investissement
00:56:29au départ de 700 millions
00:56:30peut-être 1 milliard
00:56:31discuté du moins
00:56:32pas discuté
00:56:33à l'Assemblée Nationale
00:56:34on va mettre des moyens
00:56:34alors il y aura du financement
00:56:36sur des fonds du Louvre
00:56:37sur la hauteur de 300 millions
00:56:38peu après
00:56:38des mécénats privés
00:56:39ça aussi ça pose question
00:56:40le type de relation qu'on a
00:56:41parce qu'attention
00:56:41le mécénat privé aussi
00:56:42il peut amener à ce qu'un établissement
00:56:44comme le Louvre devienne
00:56:45un lieu aussi
00:56:46un écrin
00:56:46pour faire des choses magnifiques
00:56:47mais attention à l'entre-soi
00:56:49vous tenez à ce que le Louvre
00:56:50reste un musée populaire
00:56:51accessible avec des billets
00:56:52voilà parce qu'il s'agit
00:56:53moi j'ai un désaccord
00:56:54d'augmenter notamment
00:56:54les prix pour les gens
00:56:56qui sont les étrangers
00:56:57extra-européens
00:56:57ça se discute
00:56:58parce que je veux dire
00:56:59c'est pas que des gens fortunés
00:57:00qui viennent de l'étranger
00:57:01parce que le Louvre
00:57:02c'est un musée monde
00:57:03et moi je suis pour que
00:57:04cette dimension soit gardée
00:57:05que ce ne soit pas non plus
00:57:06chaque fois des tarifs
00:57:06plus importants
00:57:07vous voyez c'est des questions
00:57:08qui pourraient être débattues
00:57:09et honnêtement
00:57:09on voit bien que le président
00:57:11de la République
00:57:11lui est très investi
00:57:12sur cette question là
00:57:13c'est ce que j'appelle
00:57:14l'hyper présidence
00:57:14mais nous comme lieu
00:57:16de représentation nationale
00:57:17on pourrait en discuter
00:57:17quel est le projet
00:57:18moi je ne le connais pas
00:57:18d'un mot le mot de la fin
00:57:19Didieric
00:57:20je crois quand même
00:57:20que je ne suis pas d'accord
00:57:21avec madame Calvet
00:57:22sur le fait que le projet
00:57:23Louvre Nouvelle Renaissance
00:57:23est un vrai problème
00:57:25et si on veut sauver Louvre
00:57:26il faut vraiment arrêter
00:57:27le projet Louvre Nouvelle Renaissance
00:57:29parce qu'il apporte
00:57:30de mauvaises solutions
00:57:30à des vraies questions
00:57:31et qu'il y a d'autres questions
00:57:32beaucoup moins coûteuses
00:57:33et que parce que
00:57:35Laurence Descartes a voulu faire
00:57:36ce projet Louvre Nouvelle Renaissance
00:57:37il s'est mis de l'argent
00:57:38qu'il aurait fallu mettre ailleurs
00:57:39que ça n'avait plus avoir lieu
00:57:41il va falloir vous auditionner
00:57:42dans la commission
00:57:42ah c'est déjà fait
00:57:43c'est déjà fait
00:57:44pardon
00:57:44excusez-moi
00:57:45monsieur Rickner
00:57:45est un fin connaisseur
00:57:46il nous a aidé dans nos travaux
00:57:48juste d'un mot
00:57:49vous remettrez vos conclusions
00:57:50dans combien de temps ?
00:57:51mois d'avril
00:57:52mois d'avril
00:57:52mois d'avril si tout va bien
00:57:54ça devrait être le cas
00:57:55on continue
00:57:55on fait beaucoup d'auditions
00:57:56là on a beaucoup parlé du Louvre
00:57:58mais vous l'avez compris
00:57:58ce qui nous intéresse
00:57:59c'est que moi
00:57:59je découvre
00:58:00par exemple
00:58:00c'est l'extraordinaire richesse
00:58:02que nous avons en France
00:58:02j'étais à Limoges
00:58:03pour le musée de la porcelaine
00:58:04allez le voir
00:58:05c'est fabuleux
00:58:05ils se sont fait voler
00:58:07des porcelaines chinoises
00:58:07qui sont très prisées aujourd'hui
00:58:08on n'a pas parlé aujourd'hui
00:58:10mais ce que je découvre
00:58:11c'est qu'il y a une évolution
00:58:12des menaces
00:58:12des choses avant
00:58:14qui étaient très prisées
00:58:14le sont peut-être moins
00:58:15on ne vole plus les tableaux
00:58:16parce que c'est compliqué
00:58:17par contre
00:58:18vous l'avez montré
00:58:19dans le sujet
00:58:20l'or, l'ivoire
00:58:21apparaît le monial
00:58:22c'est un musée eucharistique
00:58:23c'est pas vraiment
00:58:23comment dirais-je
00:58:24mais c'est très beau
00:58:25là il y a une oeuvre
00:58:26qui a été détruite
00:58:26et animée
00:58:27c'est-à-dire qu'on ne vole pas l'oeuvre
00:58:28on vole le métal précieux
00:58:29on casse la chose
00:58:30pour voler des choses
00:58:31qui sont extraordinaires
00:58:31qui datent du XIXe siècle
00:58:33etc.
00:58:33en or et ivoire
00:58:34là c'est le matériau
00:58:35qui les intéresse
00:58:36là encore à Limoges
00:58:37là c'était porcelaine chinoise
00:58:38du XIVe siècle
00:58:39ça a énormément de valeur
00:58:40et il y a des commanditaires
00:58:42peut-être
00:58:43l'enquête est en cours
00:58:44internationaux
00:58:45et qui montrent
00:58:45que dans des musées comme ça
00:58:46on a des choses
00:58:47de grande valeur
00:58:48mais il faut qu'on garde
00:58:49ce maillage extraordinaire
00:58:50parce que là aussi
00:58:51ce que je découvre
00:58:51c'est ma conclusion
00:58:52c'est que des fois
00:58:53les villes et les villages
00:58:54s'organisent autour de ça
00:58:55je suis allé à Saran
00:58:56le musée Jacques Chirac
00:58:56260 habitants
00:58:58et un musée
00:58:58de dimension évidemment
00:59:00internationale et nationale
00:59:01qui était victime
00:59:01de...
00:59:02et le musée Jacques Chirac
00:59:03a été braqué
00:59:03à coups de fusil à pompe
00:59:04où on a volé
00:59:05des montres
00:59:06qui avaient été offertes
00:59:07au président de la République
00:59:07c'est traumatisant
00:59:09pour tout un endroit
00:59:09c'est tout un tissu économique
00:59:10donc c'est passionnant
00:59:11le musée
00:59:12c'est passionnant
00:59:12c'est là aussi
00:59:13un maillage symbolique
00:59:16économique
00:59:16qu'il faut défendre
00:59:17on voit que ça vous passionne
00:59:18et donc vous reviendrez
00:59:19nous voir au moment
00:59:19de la remise de votre rapport
00:59:20d'ici quelques semaines
00:59:21merci beaucoup
00:59:22à tous les trois
00:59:23on va passer à présent
00:59:25à notre journal de campagne
00:59:31Bonsoir Marco
00:59:32Bonsoir Clément
00:59:33on part donc dans ce journal
00:59:34de campagne des municipales
00:59:35parce qu'on est à 11 jours
00:59:36c'est ça ?
00:59:3711 jours
00:59:3711 jours du premier tour
00:59:38et alors rien ne va plus
00:59:38entre LFI
00:59:39et le parti socialiste
00:59:40Oui avec cette nouvelle offensive
00:59:42du PS
00:59:43hier dans un communiqué
00:59:45le bureau national
00:59:46du parti à la rose
00:59:47a clairement visé
00:59:48le leader des insoumis
00:59:50regarder ce communiqué
00:59:52Jean-Luc Mélenchon
00:59:53en cherchant
00:59:54à conflictualiser
00:59:55chaque événement
00:59:56en multipliant
00:59:57les caricatures complotistes
00:59:59et propos antisémites
01:00:00intolérables
01:00:01à profondément
01:00:02et volontairement
01:00:03diviser la gauche
01:00:04et contribuer
01:00:05à l'affaiblir
01:00:06je cite
01:00:07à 11 jours
01:00:08pour donc
01:00:08du premier tour
01:00:09des municipales
01:00:10la charge est lourde
01:00:11nous disons
01:00:13à l'ensemble
01:00:13de celles et ceux
01:00:15qui
01:00:15de bonne foi
01:00:16en sincérité
01:00:17sont des militants insoumis
01:00:19sont des élus insoumis
01:00:20sont des électeurs insoumis
01:00:22qu'il y a
01:00:23une autre voie politique
01:00:24à gauche
01:00:25qui est celle
01:00:26que nous portons
01:00:28l'autre voie
01:00:29l'autre voie
01:00:29c'est donc celle
01:00:29des socialistes
01:00:30souvent en union
01:00:31avec les écologistes
01:00:32dans les villes
01:00:33dans son communiqué
01:00:34l'EPS ajoute
01:00:36qu'il refuse
01:00:36tout accord national
01:00:37avec LFI
01:00:38c'est clair
01:00:39il n'y aura pas de rapprochement
01:00:39entre le PS
01:00:40et LFI
01:00:41entre les deux tours
01:00:42ce n'est pas aussi simple
01:00:43Clément
01:00:43car le PS
01:00:44dit aussi
01:00:45que si l'ERN
01:00:46est en mesure
01:00:47de gagner une ville
01:00:48une règle s'impose
01:00:49le désistement républicain
01:00:52et ça ne convainc pas
01:00:53Mathilde Panot
01:00:54Quelle est la tradition
01:00:55à gauche ?
01:00:55Le rassemblement
01:00:56ce n'est pas le désistement
01:00:58et si certains pensent
01:01:00qu'ils peuvent
01:01:00gagner des villes
01:01:01ou garder des villes
01:01:02sans les insoumis
01:01:03je crois qu'ils font
01:01:04une grave erreur
01:01:05Et du côté
01:01:06du rassemblement national
01:01:08Jordan Bardella
01:01:09appelle à mettre en place
01:01:10un cordon sanitaire
01:01:12anti LFI
01:01:13au municipal
01:01:13mais ce matin
01:01:14quand on demande
01:01:15à Marine Le Pen
01:01:16si le RN
01:01:17pourrait retirer
01:01:18ses candidats
01:01:19pour faire barrage
01:01:19aux insoumis
01:01:20la position
01:01:21n'est plus vraiment la même
01:01:23Pourquoi on retirerait
01:01:24nos candidats
01:01:24pour faire barrage
01:01:25à LFI ?
01:01:25Ce sont des élections
01:01:26municipales
01:01:27cher ami
01:01:28donc figurez-vous
01:01:29il y a un truc
01:01:30extraordinaire
01:01:30quand les gens votent
01:01:31pour le rassemblement national
01:01:32c'est pour avoir
01:01:33des élus
01:01:33au rassemblement national
01:01:34L'ERN se maintiendra
01:01:35partout
01:01:35Mais bien entendu
01:01:37Bon vous avez compris
01:01:38au RN
01:01:39comme à gauche
01:01:39on est encore loin
01:01:40d'un éventuel
01:01:41cordon sanitaire
01:01:42anti LFI
01:01:43Une réaction
01:01:43Alexis Corbière peut-être
01:01:44parce que vous le connaissez bien
01:01:45ce parti
01:01:45vous connaissez bien
01:01:46Jean-Luc Mélenchon
01:01:47vous avez été un de ses proches
01:01:48pendant longtemps
01:01:48ça vous inspire quoi tout ça ?
01:01:50Je suis un homme de l'union maintenant
01:01:51il faut l'union de la gauche
01:01:52et des écologistes
01:01:53on voit bien
01:01:54la division fera que
01:01:55non seulement la gauche
01:01:57disparaîtra
01:01:57mais même à l'occasion
01:01:58de l'élection présidentielle
01:01:59et des sondages qui sont sortis
01:02:00si la gauche n'est pas rassemblée
01:02:01elle sera en difficulté
01:02:02Donc ne pas couper les ponts
01:02:03avec LFI ?
01:02:04C'est comme vous que
01:02:05je désapprouve un peu
01:02:06l'esprit du communiqué
01:02:07du parti socialiste
01:02:08mais pas d'accord national
01:02:09ça peut amener
01:02:10je l'espère
01:02:10des accords locaux
01:02:12je pense en particulier
01:02:12à Marseille
01:02:14si tout ça amène
01:02:15à ce que le rassemblement national
01:02:16met la main sur Marseille
01:02:18c'est quelque chose
01:02:19qui sera extrêmement dangereux
01:02:20sur le plan national
01:02:20donc j'espère que ça refroidira un peu
01:02:22et que les voix de l'union
01:02:23seront entendues
01:02:24du moins je serai au premier rang
01:02:25pour porter cette voix
01:02:26On poursuit ce journal de campagne
01:02:28avec une histoire un peu plus légère
01:02:29on va dire
01:02:30une candidate qui n'a pas
01:02:31franchement envie
01:02:32de prendre sa retraite
01:02:32c'est la doyenne des mères
01:02:34femmes de France
01:02:35et elle se représente
01:02:36Oui
01:02:37elle a fêté ses 93 bougies
01:02:40mercredi dernier
01:02:41direction le village
01:02:43de Nabira
01:02:44en Dordogne
01:02:45là-bas
01:02:46Yvette Vigier
01:02:47brigue un septième mandat
01:02:49elle est maire
01:02:50depuis 1999
01:02:521989 pardon
01:02:54et si elle est réélue
01:02:55elle aura presque 100 ans
01:02:56à la fin de son mandat
01:02:57alors elle en est consciente
01:02:59tout peut arriver
01:03:00même le pire
01:03:00mais elle a déjà tout prévu
01:03:02Quand ça s'attraîtra
01:03:04quand ce sera le moment
01:03:05de partir
01:03:05c'est en accord
01:03:06avec le groupe
01:03:07on a prévu
01:03:09la succession
01:03:09et puis je partirai
01:03:11et puis c'est tout
01:03:12Et cette septième candidature
01:03:14elle surprend
01:03:15car il y a quelques mois encore
01:03:16Yvette Vigier
01:03:17disait vouloir raccrocher
01:03:19alors on ne sait pas vraiment
01:03:20les raisons
01:03:21de ce revirement
01:03:22entre temps
01:03:23un adversaire
01:03:24s'est lancé
01:03:24l'été dernier
01:03:25il s'appelle
01:03:26Gary Fraisse
01:03:27et c'est un enfant du village
01:03:29Mon rêve c'était
01:03:29d'être maire de Navira
01:03:31mon copain il voulait être pape
01:03:32bon il n'est toujours pas pape
01:03:34mais moi je voulais être maire
01:03:35c'était un de mes rêves
01:03:37Bon comme quoi
01:03:38il n'y a pas d'âge
01:03:38pour être maire
01:03:39enfin si quand même
01:03:39il faut avoir au moins
01:03:4018 ans
01:03:41pour se présenter
01:03:42mais à 93 ans
01:03:43ça passe
01:03:44Et pour être pape ?
01:03:45Ah ben ça il n'y a pas d'âge
01:03:46Et puis les municipales Marcos
01:03:48c'est aussi une affaire
01:03:48de famille parfois
01:03:49Oui c'est vrai
01:03:50notamment à Blussan
01:03:52dans le Doubs
01:03:53où le fauteuil de maire
01:03:54se transmet de père en fils
01:03:56depuis tenez-vous bien
01:03:581818
01:03:59Le maire actuel
01:04:00Marc-André d'Audivert
01:04:01est le sixième du nom
01:04:03à diriger la commune
01:04:04Donc il y a eu
01:04:05Claude-Antoine
01:04:07qui a été élu deux fois
01:04:08il y a eu Louis
01:04:09Numa
01:04:10André élu deux fois
01:04:12mon papa Bernard
01:04:13qui a fait 49 ans de mandat
01:04:15et puis moi depuis 2020
01:04:16Voilà
01:04:17Bon Claire
01:04:18ça fait deux siècles
01:04:19que la mairie
01:04:20est entre les mains
01:04:21de cette famille
01:04:22et ce n'est pas terminé
01:04:23Marc-André d'Audivert
01:04:24se représente
01:04:25à la tête d'une liste unique
01:04:27pas de concurrence
01:04:28donc
01:04:28autant dire que
01:04:29pour le premier tour
01:04:30le 15 mars prochain
01:04:31le suspense est limité
01:04:32mais attention
01:04:33il y a quand même
01:04:34un petit nuage
01:04:34dans cette dynastie
01:04:35son fils de 21 ans
01:04:36et sa fille de 19 ans
01:04:38ne sont pas intéressés
01:04:39pour reprendre le flambeau
01:04:41pour l'instant
01:04:42pour devenir mère
01:04:43à leur tour
01:04:44en tout cas pour l'instant
01:04:45Céline Calves
01:04:46ça vous inspire quoi
01:04:47ces dynasties locales
01:04:49comme ça qu'on peut voir
01:04:51ça m'inspire
01:04:52qu'il va falloir
01:04:54changer un peu ça
01:04:54vous pensez
01:04:55c'est démocratique
01:04:56en même temps
01:04:56oui c'est démocratique
01:04:57mais enfin je pense
01:04:58qu'en fait
01:04:59on ne s'autorise pas
01:04:59dans cette ville
01:05:01à penser
01:05:02qu'on peut se présenter
01:05:03alors il n'y a pas
01:05:04beaucoup d'habitants
01:05:04et ils se contemplent leur mère
01:05:06c'est peut-être
01:05:07qu'on ne pense pas
01:05:08suffisamment soi-même
01:05:09à s'engager
01:05:09l'engagement est devenu
01:05:11ça je vous rejoins
01:05:12l'engagement est quelque chose
01:05:13que l'on ne prend pas assez
01:05:15à mon goût
01:05:16donc la critique est aisée
01:05:17mais pour l'engagement
01:05:19et on le voit au quotidien
01:05:20et moi je trouve que
01:05:22on a plutôt à montrer
01:05:23tous les exemples
01:05:24dans leur diversité
01:05:25on peut avoir 93 ans
01:05:27voilà à tout âge
01:05:29à un moment
01:05:29on peut être élu
01:05:31et c'est bien de s'engager
01:05:32le message est passé
01:05:33mais alors là
01:05:33les listes sont en close
01:05:34on ne peut plus être candidat
01:05:35pour ce scrutin en tout cas
01:05:36merci beaucoup
01:05:36à tous les trois
01:05:38et merci à vous
01:05:39Marco, Mariette et Olivier
01:05:41c'est la fin de chaque voix compte
01:05:42pour aujourd'hui
01:05:43on se retrouve demain
01:05:45même heure
01:05:45évidemment en direct
01:05:46sur SCP
01:06:00Sous-titres par Jérémy Diaz
01:06:01Sous-titres par Juanfrance
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