- il y a 10 heures
À LA UNE / Guerre au Moyen-Orient : l'embrasement, jusqu'où ?
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes aériennes en Iran, provoquant la mort du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. Le régime iranien a répliqué en envoyant des missiles vers l'État hébreu et des bases américaines au Moyen-Orient. Le Qatar, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Bahreïn ont notamment été touchées. Cette guerre s'ouvre après les négociations sous haute tension sur le nucléaire iranien. Donald Trump a appelé la population iranienne à se soulever contre le régime des mollahs, après la nouvelle vague de contestation qui a secoué l'Iran fin 2025. La violente répression organisée par Téhéran et les gardiens de la révolution aurait fait plus de 30 000 morts parmi les manifestants. Le régime iranien, toujours en place, refuse de négocier avec les Etats-Unis et promet une « longue guerre ». Washington a répondu être prêt à aller « aussi loin que nécessaire », y compris au sol et « bien au-delà » des 4 ou 5 semaines prévues. Le conflit s'étend désormais du Liban, où les frappes israéliennes se poursuivent sur les bastions du Hezbollah pro-iranien, aux pays du Golfe en passant par Chypre. Quatre jours après le début des frappes, Emmanuel Macron a choisi de s'adresser aux Français. Quelle est l'ampleur des bombardements au Moyen-Orient ?
Invités :
- Maya Khadra, journaliste franco-libanaise, spécialiste du Moyen-Orient,
- Camille Lons, directrice adjointe au Conseil européen pour les relations internationales, experte des pays du Golfe,
- François Gouyette, ancien ambassadeur de France aux Émirats arabes unis et en Arabie-Saoudite.
Chroniques :
« Le chiffre du jour » : Détroit d'Ormuz bloqué, pénurie annoncée ? par Julie Ruiz
« Quelle histoire ! » : Nucléaire : dissuasion avancée, doctrine assumée par Olivier Ravanello
LA QUESTION QUI FÂCHE / Les femmes sont-elles condamnées à gagner moins que les hommes ?
Dans sa dernière enquête sur les inégalités salariales entre les femmes et les hommes du 3 mars 2026, l'Association pour l'emploi des cadres (Apec) relève qu'à profil et à poste identique, les femmes gagnent près de 7% de moins que leurs homologues masculins : un écart quasi inchangé depuis 10 ans. Pourtant, « les femmes demandent presque autant que les hommes des augmentations mais, dans les faits, elles obtiennent moins souvent satisfaction », rapporte Hélène Garner, directrice des études de l'Apec. Depuis le 1er mars 2026, la loi Rixain impose aux entreprises de plus de 1 000 salariés de compter au moins 30 % de femmes parmi leurs cadres dirigeants. La directive européenne sur la transparence salariale doit permettre à toutes et tous de demander la moyenne des salaires de leurs collègues effectuant un même travail ou un travail de valeur égale. Comment expliquer la persistance des inégalités salariales entre les femmes et les hommes ?
Invités :
- Dieynaba Diop, députée socialiste des Yvelines,
- Marie-Pierre Rixa
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes aériennes en Iran, provoquant la mort du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. Le régime iranien a répliqué en envoyant des missiles vers l'État hébreu et des bases américaines au Moyen-Orient. Le Qatar, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Bahreïn ont notamment été touchées. Cette guerre s'ouvre après les négociations sous haute tension sur le nucléaire iranien. Donald Trump a appelé la population iranienne à se soulever contre le régime des mollahs, après la nouvelle vague de contestation qui a secoué l'Iran fin 2025. La violente répression organisée par Téhéran et les gardiens de la révolution aurait fait plus de 30 000 morts parmi les manifestants. Le régime iranien, toujours en place, refuse de négocier avec les Etats-Unis et promet une « longue guerre ». Washington a répondu être prêt à aller « aussi loin que nécessaire », y compris au sol et « bien au-delà » des 4 ou 5 semaines prévues. Le conflit s'étend désormais du Liban, où les frappes israéliennes se poursuivent sur les bastions du Hezbollah pro-iranien, aux pays du Golfe en passant par Chypre. Quatre jours après le début des frappes, Emmanuel Macron a choisi de s'adresser aux Français. Quelle est l'ampleur des bombardements au Moyen-Orient ?
Invités :
- Maya Khadra, journaliste franco-libanaise, spécialiste du Moyen-Orient,
- Camille Lons, directrice adjointe au Conseil européen pour les relations internationales, experte des pays du Golfe,
- François Gouyette, ancien ambassadeur de France aux Émirats arabes unis et en Arabie-Saoudite.
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LA QUESTION QUI FÂCHE / Les femmes sont-elles condamnées à gagner moins que les hommes ?
Dans sa dernière enquête sur les inégalités salariales entre les femmes et les hommes du 3 mars 2026, l'Association pour l'emploi des cadres (Apec) relève qu'à profil et à poste identique, les femmes gagnent près de 7% de moins que leurs homologues masculins : un écart quasi inchangé depuis 10 ans. Pourtant, « les femmes demandent presque autant que les hommes des augmentations mais, dans les faits, elles obtiennent moins souvent satisfaction », rapporte Hélène Garner, directrice des études de l'Apec. Depuis le 1er mars 2026, la loi Rixain impose aux entreprises de plus de 1 000 salariés de compter au moins 30 % de femmes parmi leurs cadres dirigeants. La directive européenne sur la transparence salariale doit permettre à toutes et tous de demander la moyenne des salaires de leurs collègues effectuant un même travail ou un travail de valeur égale. Comment expliquer la persistance des inégalités salariales entre les femmes et les hommes ?
Invités :
- Dieynaba Diop, députée socialiste des Yvelines,
- Marie-Pierre Rixa
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00:00:06Générique
00:00:14...
00:00:23Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte.
00:00:26On est ensemble pour une heure, une heure de débat, de décryptage en direct avec, pour m'accompagner ce soir,
00:00:31Julie Ruiz-Pérez.
00:00:32Bonsoir.
00:00:33Bonsoir.
00:00:34Vous êtes journaliste économique au Figaro et Olivier Ravanello. Bonsoir Olivier.
00:00:39Et à la une ce soir, l'Iran. L'Iran est cette guerre qui prend une dimension inattendue.
00:00:43Tout le Moyen-Orient est concerné. Alors faut-il craindre un embrasement général ?
00:00:47La France et l'Europe vont-elles s'engager militairement ?
00:00:50Et sommes-nous menacés sur notre propre territoire ?
00:00:52On essaiera de répondre à toutes ces questions avec Maya Kadra.
00:00:56Bonsoir.
00:00:57Bonsoir. Vous êtes journaliste et enseignante franco-libanaise, spécialiste du Moyen-Orient.
00:01:00Camille Lons. Bonsoir.
00:01:02Vous êtes directrice adjointe du Bureau à Paris du Conseil européen pour les relations internationales et spécialiste des pays du
00:01:08Golfe.
00:01:09Enfin, François Gouillette. Bonsoir.
00:01:11Bonsoir.
00:01:11Ancien ambassadeur de France. Vous avez notamment été en poste aux Émirats arabes unis ainsi qu'en Arabie saoudite.
00:01:18Julie, quel est votre chiffre du jour ?
00:01:20Le chiffre du jour, c'est 85 dollars. Et c'est tout ce que je vous dirais.
00:01:23Hum, mystérieure. Et Olivier, quelle histoire allez-vous nous raconter ce soir ?
00:01:27L'histoire de la doctrine nucléaire qui est, vous allez le voir, une histoire de mots et d'images, soit
00:01:33où chaque image et chaque mot compte.
00:01:36Dans la deuxième partie de Chaque Voix Compte, la question qui fâche à quand l'égalité salariale entre hommes et
00:01:42femmes ?
00:01:43Vous verrez que les chiffres publiés aujourd'hui par l'APEC montrent qu'on n'y est pas, loin de
00:01:47là.
00:01:47On en parlera avec la députée ensemble pour la République, Marie-Pierre Rix, la députée socialiste, Diana Badiop et Sandra
00:01:53Lotte-Fernandez de l'ONG Oxfam.
00:01:56Et puis, cette émission, c'est avant tout la vôtre. Alors, n'hésitez pas à poser vos questions, à interpeller
00:02:02nos invités en flashant ce QR code qui apparaît juste là, en bas de votre écran.
00:02:07Et puis, on est à moins de deux semaines des élections municipales. Alors, notre Bourbon Express se transforme en journal
00:02:13de campagne avec plein d'histoires étonnantes.
00:02:15Vous verrez que Valérie Brochard viendra nous raconter.
00:02:18Voilà pour le menu. Installez-vous confortablement. C'est parti pour Chaque Voix Compte.
00:02:30Quatrième jour de guerre. L'Iran a beau avoir perdu son guide suprême, il est toujours en place, ce régime
00:02:36iranien.
00:02:37Et des bombes iraniennes frappent encore Israël et les pays du Golfe. Plusieurs bases américaines ont été visées.
00:02:42Une ambassade américaine a encore été touchée la nuit dernière. On fait le point sur la situation avec Dario Borgogno.
00:02:54Durant cette quatrième journée de guerre, le Moyen-Orient s'est embrasé.
00:02:58Saal a lancé aujourd'hui une série d'attaques de grande envergure sur Téhéran.
00:03:02Ce matin, le complexe abritant la présidence iranienne et le conseil de sécurité.
00:03:07Cet après-midi, l'institution chargée de choisir le nouveau guide suprême.
00:03:11Mais le conflit s'étend aussi à présent au Liban. Le Hezbollah, allié du régime des Mollahs, a lancé plusieurs
00:03:18salves de drones et de missiles en direction d'Israël.
00:03:20Alors depuis hier, des frappes touchent aussi Beyrouth.
00:03:23Nous continuons à frapper l'Iran avec force. Nos pilotes survolent l'Iran et Téhéran ainsi que le Liban.
00:03:29Le Hezbollah a commis une grave erreur en nous attaquant.
00:03:32Nous avons déjà réagi avec force et nous réagirons avec une force encore plus grande.
00:03:37Et l'armée israélienne déploie aujourd'hui des soldats dans le sud du pays.
00:03:41Le commandement nord a avancé, pris le contrôle des hauteurs et créé à présent une zone tampon,
00:03:45comme nous l'avions promis, entre notre population et toute menace.
00:03:49Le Hezbollah réplique en attaquant plusieurs bases et positions militaires de l'État hébreu.
00:03:53L'Iran continue aussi son offensive.
00:03:55La République islamique a notamment frappé l'ambassade américaine à Riyad la nuit dernière, sans faire de blessés.
00:04:01D'autres ambassades dans la région ont fermé et craignant d'être attaquées.
00:04:05Washington a aussi ordonné le départ d'une partie de son personnel diplomatique dans plusieurs de ses pays,
00:04:11face aux menaces répétées des gardiens de la Révolution.
00:04:14L'ennemi doit s'attendre à des attaques punitives en continu.
00:04:18Les portes de l'enfer s'ouvriront un peu plus à chaque instant sur les États-Unis et Israël.
00:04:24Mais cela est loin d'inquiéter Donald Trump, satisfait des actions de ses troupes.
00:04:28Cela se passe très bien, comme vous pouvez le constater.
00:04:30Leur force navale a été détruite, leur armée de l'air a été détruite, leur détection aérienne a été détruite,
00:04:37leur radar a été détruit.
00:04:38En Iran, en fait, presque tout a été détruit.
00:04:42L'Iran appelle le Conseil de sécurité de l'ONU à agir, tout en mettant en garde les Européens s
00:04:48'ils venaient intervenir dans le conflit.
00:04:49« Ce serait un acte de guerre. Tout acte de ce type contre l'Iran serait considéré comme un geste
00:04:54de complicité avec les agresseurs. »
00:04:59Mais l'Europe, d'une certaine manière, fait déjà partie de cette guerre.
00:05:02Hier, une base britannique à Chypre a été prise pour cible par des drones iraniens.
00:05:06Pour la protéger, le Premier ministre Keir Starmer annonce en cette fin d'après-midi
00:05:11l'envoi d'un navire de guerre et de moyens antidrones.
00:05:13Les tensions s'accentuent donc entre l'Iran et le vieux continent.
00:05:17Emmanuel Macron va s'exprimer à ce sujet dans quelques minutes.
00:05:22Camille Lonce, je commence avec vous.
00:05:24On pensait que l'Iran avait été très affaibli par ce qu'on appelait la guerre des 12 jours au
00:05:27mois de juin dernier.
00:05:28Et là, on voit qu'il est capable de toucher tous les pays du Golfe, d'atteindre le territoire israélien,
00:05:33de toucher des bases américaines, des ambassades américaines.
00:05:35Est-ce que vous attendiez à cette capacité de l'Iran à tenir tête comme cela ?
00:05:40Alors, l'Iran avait été affaibli en effet l'année dernière pendant la guerre des 12 jours.
00:05:44Mais ils avaient un stock de missiles et de drones qui était encore assez important
00:05:48et qui a été reconstitué dans les mois qui ont suivi ce conflit-là.
00:05:53Et en effet, il fallait s'attendre à une réponse de l'Iran qui soit beaucoup plus grande
00:05:59que ce qui avait été vu pendant la guerre des 12 jours.
00:06:00Il y a vraiment une volonté de régionalisation cette fois-ci du conflit.
00:06:05L'année dernière, l'Iran avait été beaucoup plus un petit peu dans la tentative
00:06:09de limiter l'escalade avec les États-Unis et Israël.
00:06:13Et quelque part, la leçon qui a été tirée, c'est qu'ils sont apparus comme faibles
00:06:19auprès de leur adversaire et que pour rétablir une forme de dissuasion,
00:06:23il fallait cette fois frapper très fort en frappant sur l'ensemble de la région
00:06:28et un frappant y compris sur les pays qui sont plus vulnérables
00:06:33et notamment les alliés des États-Unis.
00:06:37Les monarchies pétrolières.
00:06:38Exactement.
00:06:39François Gouillette, la stratégie de l'Iran, visiblement,
00:06:41c'est de mettre le feu à toute la région,
00:06:43d'impliquer tous les pays du Golfe dans cette guerre-là,
00:06:47sans doute pour faire pression, pour que ces pays du Golfe
00:06:49fassent pression sur leurs alliés américains.
00:06:52Est-ce que cette stratégie, elle est suicidaire
00:06:54ou est-ce qu'elle peut être efficace selon vous ?
00:06:56Alors, il faut se souvenir d'abord que ce n'est pas la première fois
00:07:00que l'Iran vise des installations dans des pays du Golfe.
00:07:07Il y a eu un précédent, on a un peu oublié,
00:07:09c'était en 2019, en septembre 2019,
00:07:13des salves de missiles qui avaient visé de manière assez précise
00:07:16les installations pétrolières et gazières d'Abraïr,
00:07:19c'est-à-dire dans l'est de l'Arabie saoudite,
00:07:22les sites de production de l'Aramco précisément,
00:07:25à proximité d'Al-Khobar,
00:07:26qui avaient, c'était une frappe ciblée,
00:07:29qui avait certainement valeur d'avertissement,
00:07:30puisque la production pétrolière avait été interrompue
00:07:32pendant une semaine seulement.
00:07:34Et à la suite de cela,
00:07:36c'était engagé assez discrètement, d'abord,
00:07:39puis publiquement sous l'égide de la Chine,
00:07:42des négociations entre l'Iran et l'Arabie saoudite
00:07:45pour la normalisation de leurs relations.
00:07:47Ce qui est vrai, c'est que les pays du Golfe,
00:07:50ça a été dit, je crois, juste avant,
00:07:54n'ont aucun intérêt à ce qu'une conflagration généralisée
00:07:58vienne embraser toute la région au risque de mettre en péril
00:08:02leur propre projet de développement.
00:08:04Leur priorité, c'est évidemment leur sécurité,
00:08:07mais c'est aussi et surtout les grands projets de développement
00:08:11de l'Arabie saoudite, des Émirats,
00:08:13qui risquent d'être remis en cause, naturellement.
00:08:16– Mais est-ce qu'à force d'être ciblés comme ils le sont,
00:08:18là, par l'Iran, ils peuvent finalement s'engager eux-mêmes
00:08:22ouvertement dans une guerre contre l'Iran
00:08:23ou ça vous paraît peu probable ?
00:08:24– Ça me paraît personnellement, mais je peux me tromper,
00:08:27peu probable.
00:08:28Ce qui est probable, c'est qu'effectivement,
00:08:30en tout cas, ce qui est à peu près sûr,
00:08:32ce que l'on a appris, semble-t-il,
00:08:34au cours des jours qui ont précédé les frappes américaines,
00:08:37c'est qu'un certain nombre de ces pays,
00:08:39notamment ceux qui ne sont pas les moindres d'entre eux,
00:08:41c'est-à-dire l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis,
00:08:45semblent faire pression sur le président Trump
00:08:48et l'administration américaine,
00:08:49pour qu'elles, justement, ne s'engagent pas
00:08:51dans un conflit aux conséquences incalculables.
00:08:54Et je trouve très révélateur l'attitude des Omanais.
00:08:58Le paradoxe d'Omane, c'est que c'est un pays
00:09:01qui a été frappé, parmi les premiers d'ailleurs,
00:09:04par les Iraniens, c'est le port de Damak,
00:09:06qui est un port qui est important pour aussi,
00:09:09dans toute la géographie des approvisionnements
00:09:12en énergie de la région,
00:09:14parce que quand Hormuz est fermé,
00:09:17Damak peut effectivement être un point de passage.
00:09:20Si les deux sont hors service,
00:09:23ça pose un très, très gros problème.
00:09:24Mais Omane était quand même, depuis plusieurs mois
00:09:27et depuis plusieurs semaines,
00:09:29engagé dans des négociations
00:09:31avec les Américains et les Iraniens
00:09:34sur son propre territoire.
00:09:35Et ce qui est très remarquable,
00:09:36c'est qu'au moment où les Américains
00:09:39s'engageaient dans cette guerre,
00:09:42le ministre des Affaires étrangers romanais
00:09:43était à Washington.
00:09:44Il était allé briefer les Américains
00:09:47sur l'état de la négociation
00:09:48qui semblait avancer avec l'Iran.
00:09:51Maya Khadra, les Iraniens...
00:09:53Pardon.
00:09:54Il y a eu un nouveau front qui a été ouvert
00:09:55aujourd'hui par Israël au Liban.
00:09:57Israël a déployé des soldats
00:09:59en territoire libanais.
00:10:01Vous êtes franco-libanaise.
00:10:03Vous êtes inquiète pour le Liban ?
00:10:05Vous avez peur que le Liban bascule à nouveau
00:10:07dans la guerre ?
00:10:08Le Liban n'est pas vraiment sorti de la guerre.
00:10:11Il est toujours dans un état de stabilité
00:10:13très fragile après l'accord de cessez-le-feu
00:10:17entre le Liban et Israël.
00:10:19Il était en pleine opération de désarmement,
00:10:23voté par le Conseil des ministres,
00:10:25mis à exécution par l'armée libanaise.
00:10:30mais ce processus était un peu bancal
00:10:33parce qu'on le voit très bien.
00:10:35Le gouvernement a annoncé
00:10:36que la première phase du désarmement
00:10:38avait pris fin.
00:10:38On a très bien vu avant-hier
00:10:40que le Hezbollah a réussi quand même
00:10:41à lancer des missiles sur le nord d'Israël
00:10:44à partir de ce sud du fleuve l'Italie.
00:10:48Et donc, ça remet en question
00:10:49vraiment la crédibilité, parfois,
00:10:52des annonces gouvernementales.
00:10:54Est-ce que vraiment le désarmement
00:10:55a été bien fait ?
00:10:56Et là, des missiles balistiques
00:10:59viennent d'être lancés
00:11:00à partir de la plaine de l'Abeka
00:11:01sur Israël, sur Haïfa et Tel Aviv aussi.
00:11:05Donc, le Liban, c'est un pays
00:11:06qui manque de souveraineté aujourd'hui.
00:11:08Le Hezbollah l'utilise vraiment
00:11:10comme une plateforme
00:11:11pour ses projets régionaux.
00:11:14Mais alors, une partie du peuple libanais
00:11:17en veut beaucoup au Hezbollah
00:11:18d'avoir justement ciblé Israël
00:11:21et déclenché cette riposte militaire israélienne
00:11:24à plusieurs reprises contre le Liban.
00:11:26Est-ce que cette guerre-là
00:11:28peut peut-être aboutir
00:11:29à cette démilitarisation du Hezbollah
00:11:31que le gouvernement libanais
00:11:33n'arrive pas à atteindre lui-même ?
00:11:35Déjà, il y a eu une désolidarisation du Hezbollah.
00:11:37Le Hezbollah n'est plus perçu
00:11:38comme un acteur politique.
00:11:40D'ailleurs, il l'a été à tort.
00:11:41Ça n'a jamais été un acteur politique.
00:11:42Ça a toujours été une milice
00:11:43à l'agenda extraterritorial.
00:11:45Donc, obéissant un peu aux ordres iraniens.
00:11:49Aujourd'hui, on trouve qu'à l'intérieur même
00:11:51de la communauté chiite
00:11:52qui, elle, prêtait allégeance au Hezbollah,
00:11:54les voix de colère commencent à s'élever
00:11:56de plus en plus.
00:11:57Et j'aimerais bien citer cette une très symbolique
00:12:01de mes anciens confrères à l'Orient le jour.
00:12:02Le Hezbollah suicide le Liban.
00:12:04On va la voir peut-être.
00:12:05Ce qui s'est passé avant-hier,
00:12:06c'est un acte d'une imprudence totale.
00:12:11Le Hezbollah plonge le Liban
00:12:12dans une guerre complètement asymétrique.
00:12:15Mais en même temps,
00:12:16le Hezbollah n'a jamais été libanais.
00:12:19Camille Lons,
00:12:20alors qu'on voit la Une de l'Orient le jour
00:12:22apparaître, effectivement.
00:12:23On va parler un peu de l'Iran
00:12:25et des Iraniens eux-mêmes.
00:12:26Alors, c'est très difficile de savoir
00:12:28comment ils vivent les choses aujourd'hui.
00:12:29On voit ces images de bombes
00:12:31qui tombent massivement sur Téhéran,
00:12:34mais pas seulement,
00:12:34sur les principales villes iraniennes.
00:12:36Est-ce qu'on sait comment ils vivent cela,
00:12:38les habitants ?
00:12:40Alors, c'est important de mentionner d'abord
00:12:41que les communications ont été coupées.
00:12:44Donc, c'est assez difficile en réalité
00:12:45d'avoir des informations vraiment
00:12:47sur ce qui se passe en Iran
00:12:50au niveau de la population civile.
00:12:53Ce qui semble apparaître quand même,
00:12:55c'est qu'il y a un mélange un petit peu
00:12:57de crainte, de soulagement
00:12:59pour une partie de la population,
00:13:01parce qu'il faut rappeler quand même
00:13:02que l'Iran sort tout juste
00:13:05d'une période de répression
00:13:06extrêmement brutale
00:13:08de manifestations de la population
00:13:10qui ont fait des dizaines
00:13:12de milliers de morts.
00:13:13Et donc, il y a une partie
00:13:14de la population quand même
00:13:15qui est soulagée à l'annonce
00:13:17de la mort du guide suprême.
00:13:19Mais c'est un sentiment aussi
00:13:21qui n'est pas forcément partagé.
00:13:23Donc, la stratégie américaine
00:13:25affichée de Donald Trump
00:13:27de dire qu'on tue le guide suprême
00:13:30et maintenant, c'est à la population iranienne
00:13:31de prendre le relais
00:13:32et de monter dans les rues
00:13:34pour faire tomber le régime,
00:13:36n'est pas forcément...
00:13:37Enfin, c'est en décalage un petit peu
00:13:39avec la réalité,
00:13:39parce que les gens, pour l'instant,
00:13:40sont avant tout concernés
00:13:43par le fait d'essayer
00:13:44de sauver leur vie
00:13:46et d'éviter de trop s'exposer.
00:13:48La population est sûrement divisée
00:13:51un petit peu sur...
00:13:52Parce qu'il y a une partie
00:13:53de la population
00:13:53qui est directement impliquée
00:13:55dans le régime
00:13:55et ce n'est pas une part négligeable.
00:13:57C'est ça, ça concerne quand même
00:13:59beaucoup de gens en Iran.
00:14:00En effet.
00:14:00Et puis, il y a une partie
00:14:01de la population...
00:14:02Enfin, c'est-à-dire qu'il y a
00:14:03ceux qui croient dans le chat,
00:14:06qui a une légitimité quand même
00:14:08extrêmement limitée en Iran.
00:14:11Il y a vraiment...
00:14:12Enfin, c'est une population
00:14:13qui est morcelée
00:14:14et donc croire que cette population
00:14:16va nécessairement se soulever
00:14:18immédiatement
00:14:19pour faire tomber le régime.
00:14:21Je crois qu'on en est
00:14:22encore assez loin.
00:14:23François Gouillette,
00:14:25est-ce qu'on sait
00:14:25si les gardiens de la Révolution
00:14:26tiennent encore le pays
00:14:28comme ils ont pu le faire
00:14:29jusqu'à ces derniers jours,
00:14:30ces dernières semaines ?
00:14:31Est-ce qu'ils sont présents,
00:14:32par exemple, dans la rue
00:14:33pour dissuader les gens
00:14:34de manifester ?
00:14:35Je crois qu'il y a plusieurs strates.
00:14:37On sait bien.
00:14:37Il y a effectivement
00:14:38les gardiens de la Révolution.
00:14:39Il y a les bastiges,
00:14:40les milices qui sont plutôt sur...
00:14:42qui assurent qu'elles sont
00:14:43une sorte de maintien de l'ordre.
00:14:45Mais les gardiens de la Révolution,
00:14:47c'est effectivement
00:14:47le fer de lance du régime.
00:14:48Donc, on peut supposer
00:14:50qu'ils sont effectivement
00:14:51très mobilisés
00:14:52pour faire face
00:14:53à cette situation,
00:14:54bien entendu.
00:14:55Donc, le régime est encore
00:14:57solidement installé pour vous ?
00:14:58Il a été affaibli, évidemment,
00:15:01par la guerre de juin,
00:15:03par les frappes
00:15:04depuis quelques jours.
00:15:05Mais il est loin
00:15:06d'être effondré.
00:15:08Maya Kadra,
00:15:09vous partagez le point de vue
00:15:10de Camille Lonce tout à l'heure
00:15:11quand elle disait
00:15:12que les iraniens
00:15:12ne sont peut-être pas prêts
00:15:13à ressortir dans la rue
00:15:14après avoir subi la répression
00:15:16qu'ils ont subi
00:15:17au mois de janvier ?
00:15:18Il ne faut pas oublier
00:15:19un facteur très important,
00:15:20c'est que le peuple iranien,
00:15:21aujourd'hui,
00:15:22c'est un peuple en deuil.
00:15:23Vous voyez,
00:15:2430 000 recensés,
00:15:25mais il y a des échos
00:15:27parfois relayés
00:15:28par certains médias
00:15:28de l'opposition iranienne
00:15:30qui partagent
00:15:32des chiffres
00:15:33beaucoup plus supérieurs
00:15:36aux chiffres
00:15:37de 30 000 konas.
00:15:37Donc, c'est une population
00:15:38en deuil,
00:15:39c'est une population
00:15:40qui a été traumatisée
00:15:42après la répression
00:15:43qui s'est transformée
00:15:44en un bain de sang.
00:15:45Et aujourd'hui,
00:15:46cette population,
00:15:48elle a un problème
00:15:49de logistique.
00:15:49En fait,
00:15:50pour se soulever,
00:15:51il faut déjà
00:15:52qu'il y ait
00:15:54une certaine forme
00:15:55de stabilité relative.
00:15:56Ils ne peuvent pas sortir
00:15:57sous les bombes.
00:15:58Et en plus,
00:15:59à mon avis,
00:16:00le peuple iranien,
00:16:02collectivement,
00:16:02est en train d'attendre
00:16:03un peu les premiers résultats
00:16:05de cette guerre.
00:16:06On a vu
00:16:06certaines scènes de liesse,
00:16:08que ce soit
00:16:08dans les rues de Téhéran
00:16:09ou bien dans les pays
00:16:10de la diaspora,
00:16:11de la communauté iranienne,
00:16:12après l'attentat
00:16:13qui a visé
00:16:14Ali Khamenei,
00:16:16l'ayatollah.
00:16:17Et aujourd'hui,
00:16:17je pense qu'ils attendent
00:16:18les premiers résultats
00:16:20militaires.
00:16:21Ils attendent peut-être
00:16:22l'effondrement
00:16:22du corps des gardiens
00:16:23de la révolution
00:16:24ou bien certaines défections,
00:16:26que ce soit
00:16:26au sein des gardiens,
00:16:27au sein de l'armée
00:16:29qui, elle,
00:16:30elle n'est pas idéologique
00:16:31comme les gardiens
00:16:32de la révolution,
00:16:32au sein même
00:16:33des basidjis,
00:16:34qui sont des policiers
00:16:35qui pratiquent
00:16:36des méthodes
00:16:37staliniennes
00:16:38et un peu de violence,
00:16:39mais qui ne sont pas
00:16:40aussi idéologiques
00:16:41pareilles que
00:16:41les gardiens
00:16:43de la révolution.
00:16:44Donc je trouve
00:16:44que ces Iraniens
00:16:45attendent vraiment
00:16:47un certain délai
00:16:49qui puisse
00:16:50leur donner
00:16:51certains résultats
00:16:52militaires sur le terrain
00:16:53afin de se mobiliser
00:16:54peut-être de nouveau.
00:16:55Olivier Ravanello,
00:16:56une question
00:16:57de nos téléspectateurs,
00:16:58je crois.
00:16:58Oui, une question
00:16:58qui nous est posée
00:16:58par Véronique
00:16:59qui s'interroge
00:17:01et qui demande
00:17:01est-ce que l'on assiste
00:17:02à une escalade
00:17:03plutôt maîtrisée
00:17:04entre différentes
00:17:05puissances régionales,
00:17:07c'est-à-dire en gros
00:17:07une guerre qui pourrait
00:17:08encore s'arrêter
00:17:10ou est-ce que l'on est
00:17:11dans une sorte
00:17:11de fuite en avant,
00:17:13une dynamique
00:17:14qui échappe à tout le monde,
00:17:15y compris aux Américains ?
00:17:17Qui veut répondre ?
00:17:18Je peux si vous voulez.
00:17:20En fait,
00:17:20il y a une limite
00:17:22pragmatique aussi
00:17:23qui est celle
00:17:23du stock de missiles
00:17:24dont dispose l'Iran.
00:17:27On a des chiffres
00:17:28un peu flous
00:17:28qui ne sont pas confirmés,
00:17:29qui sont ceux
00:17:30de 1 500 à 2 000
00:17:31missiles balistiques.
00:17:32On a des rapports
00:17:33qui disent
00:17:33les Iraniens
00:17:34depuis la guerre
00:17:34de 12 jours
00:17:35ont réussi
00:17:37à fabriquer
00:17:37100 missiles par mois
00:17:39et donc il y a
00:17:39cette opacité
00:17:40autour du nombre
00:17:41de missiles balistiques
00:17:43mais ce nombre
00:17:44est limité
00:17:44et donc la guerre
00:17:45va dépendre de cela.
00:17:46Elle va dépendre aussi
00:17:47des stocks de défense
00:17:48antiaérienne américains.
00:17:50Il y a la question
00:17:50des Tomahawk
00:17:51qui a été aussi posée
00:17:53combien il en reste
00:17:54pour intercepter
00:17:55tous les missiles balistiques
00:17:56et tout dépend aussi,
00:17:58il y a encore
00:17:59un facteur
00:18:00qu'on ignore
00:18:01pour le moment,
00:18:02est-ce que les pays
00:18:02du Golfe vont s'engager ?
00:18:03Parce que pour le moment,
00:18:04ils sont dans une attitude
00:18:06défensive,
00:18:07je trouve qu'ils aimeraient
00:18:08bien la garder,
00:18:10connaissant un peu
00:18:11comment agissent
00:18:11l'Arabie Saoudite
00:18:12et d'autres pays.
00:18:13Monsieur l'ambassadeur,
00:18:14je le dis sous votre contrôle,
00:18:16ils n'auraient pas
00:18:17passer à une attitude
00:18:18offensive,
00:18:20mais tout dépend vraiment
00:18:22du stock de missiles
00:18:24de l'Iran.
00:18:24Et tout dépend aussi
00:18:26de la capacité
00:18:28du président américain
00:18:29à gérer
00:18:31le mécontentement
00:18:32qui peut se faire jour
00:18:35aux Etats-Unis même
00:18:36dans son propre camp.
00:18:37Oui, parce qu'en fait,
00:18:38là, il va à la rencontre
00:18:38de sa base électorale
00:18:39en faisant ce qu'il y a.
00:18:40On voit de plus en plus
00:18:41de voix.
00:18:41Il a été publié par Times
00:18:42hier et qui montre
00:18:43que 27% seulement
00:18:44des Américains
00:18:45soutiennent l'intervention.
00:18:46Sans parler,
00:18:46effectivement,
00:18:47des électeurs
00:18:48du Parti conservateur.
00:18:49Mais je crois
00:18:50qu'effectivement,
00:18:51ça, c'est une équation
00:18:52qui doit être prise en considération.
00:18:53En quelque sorte,
00:18:54il peut y avoir
00:18:54une concurrence
00:18:56entre la résilience
00:19:00du pouvoir iranien
00:19:01ou du régime iranien
00:19:02et l'impatience
00:19:03du président Trump
00:19:05à atteindre
00:19:05ses objectifs.
00:19:06Mais alors,
00:19:06quels sont ses objectifs aussi ?
00:19:08C'est la question peut-être...
00:19:09Écoutez,
00:19:10on n'en a pas parlé,
00:19:11mais j'écoutais
00:19:12en venant vous rejoindre
00:19:15le compte-rendu
00:19:16de l'intervention
00:19:17du président Trump
00:19:18devant la presse,
00:19:19la première conférence
00:19:20de presse.
00:19:20Et donc,
00:19:20il a effectivement
00:19:22dit des choses
00:19:23intéressantes,
00:19:24mais on s'interroge
00:19:25tout de même
00:19:25puisqu'hier
00:19:26ou avant-hier,
00:19:27il parlait
00:19:28des nouveaux dirigeants
00:19:29de l'Iran
00:19:29qui voulaient parler
00:19:30avec lui.
00:19:30Maintenant,
00:19:31il explique
00:19:31qu'ils sont tous morts.
00:19:32Il n'y en a plus,
00:19:33mais il n'y en a plus.
00:19:34Non,
00:19:34mais qui les a tués ?
00:19:35C'est lui.
00:19:36Donc,
00:19:38on ne voit pas très clair
00:19:39en réalité
00:19:40dans ses objectifs,
00:19:41dans ses buts de guerre.
00:19:42Est-ce qu'avec le recul
00:19:44que vous avez,
00:19:44notamment de l'intervention
00:19:45américaine en Irak,
00:19:46vous avez l'impression
00:19:47que l'administration
00:19:48américaine
00:19:50a été capable
00:19:51ou est capable
00:19:51d'analyser
00:19:52ce qui se passe
00:19:52dans cette région
00:19:53jour après jour
00:19:54avec lucidité
00:19:55ou est-ce qu'on est
00:19:56simplement dans un coup de délire ?
00:19:57On peut s'interroger
00:19:58parce que vous évoquez,
00:19:59Olivier,
00:20:00ce précédent
00:20:01qui a été quand même
00:20:01désastreux.
00:20:03Il y en a eu un autre
00:20:04après,
00:20:05c'est la Libye.
00:20:06J'étais ambassadeur
00:20:06moi-même en Libye
00:20:07au moment des événements
00:20:08de 2011.
00:20:09On a vu effectivement
00:20:09que ces interventions militaires,
00:20:11et sans parler aussi
00:20:12de l'Afghanistan,
00:20:13toutes ces interventions
00:20:13militaires
00:20:14menées par les Américains
00:20:15ont généralement abouti
00:20:17à des situations
00:20:18pires que celles
00:20:19auxquelles on avait
00:20:21justifié
00:20:22ces actions.
00:20:24Après,
00:20:24effectivement,
00:20:25on peut espérer,
00:20:26alors que le chaos
00:20:27soit fécond,
00:20:27comme certains le disent,
00:20:28mais en l'occurrence,
00:20:30on est en droit
00:20:31de s'interroger
00:20:32tout de même.
00:20:33Camille lance une question
00:20:33peut-être sur les alliés
00:20:34de l'Iran.
00:20:35La Chine et la Russie,
00:20:36on les entend peu.
00:20:38Pourquoi ?
00:20:38En effet,
00:20:39alors,
00:20:41il fallait s'y attendre
00:20:44de ce point de vue-là
00:20:45parce que finalement,
00:20:47l'Iran a beaucoup misé
00:20:49ces dernières années
00:20:50sur tenter de développer
00:20:51des relations
00:20:52avec la Russie.
00:20:54On sait que l'Iran
00:20:55a aidé la Russie
00:20:58à s'armer
00:20:58sur la guerre en Ukraine.
00:21:00Avec les drones Shahed.
00:21:01Exactement.
00:21:02Il y a une relation aussi
00:21:04avec la Chine
00:21:04qui a été développée
00:21:05ces dernières années,
00:21:06mais qui est toujours
00:21:08restée un petit peu
00:21:08décevante en réalité.
00:21:10La relation avec la Chine,
00:21:11par exemple,
00:21:12le niveau de partenariat
00:21:13que l'Iran a obtenu
00:21:15avec la Chine
00:21:15est à un niveau de partenariat
00:21:16qui est bien en deçà
00:21:17de ce que la Chine a
00:21:19avec un pays
00:21:19comme le Pakistan,
00:21:20par exemple.
00:21:21Et les Iraniens
00:21:21n'ont jamais vraiment réussi
00:21:22à pousser cette relation
00:21:24au-delà.
00:21:26L'année qui est passée aussi,
00:21:27les Iraniens ont eu besoin
00:21:29de compléter leur stock
00:21:31justement de munitions,
00:21:34de drones,
00:21:35de missiles assez rapidement
00:21:36parce qu'ils savaient
00:21:37qu'un nouveau conflit
00:21:38allait potentiellement arriver
00:21:40et ils ont cherché
00:21:41à le faire avec la Chine.
00:21:43La Chine a en partie
00:21:44envoyé des composants
00:21:49pour aider les Iraniens
00:21:51à reconstituer
00:21:52leur stock de missiles
00:21:53mais ça reste très en dessous
00:21:56de ce que les Iraniens
00:21:57voulaient obtenir.
00:21:58Et la Chine,
00:21:59de manière générale,
00:22:00ne veut absolument pas
00:22:01se retrouver coincée
00:22:02dans les développements
00:22:04au Moyen-Orient.
00:22:05Elle a d'ailleurs
00:22:05des relations très bonnes
00:22:07aussi avec les autres pays
00:22:08du Golfe,
00:22:09les Saoudiens.
00:22:10Et donc,
00:22:10il y a un peu cette position
00:22:11d'équilibre qu'elle essaye
00:22:12de garder.
00:22:12Alors,
00:22:13l'une des conséquences
00:22:13immédiates,
00:22:14on va dire,
00:22:14de cette guerre,
00:22:15c'est que les avions de ligne
00:22:16sont cloués au sol.
00:22:17La France compte environ
00:22:18400 000 ressortissants
00:22:20dans la région.
00:22:20Alors,
00:22:20ce sont des touristes
00:22:22mais aussi beaucoup
00:22:22d'expatriés.
00:22:24On fait le point
00:22:24sur la situation
00:22:25de ces Français
00:22:26bloqués sur place
00:22:27avec Marco Pommier.
00:22:29C'est celui-là, Alain ?
00:22:30Valise à la main,
00:22:31ces touristes français
00:22:32cherchent leur logement.
00:22:34Coincés à Dubaï
00:22:35depuis plusieurs jours,
00:22:36ils enchaînent
00:22:37les hôtels
00:22:38face à des tarifs
00:22:39qui flambent.
00:22:40Le truc,
00:22:40c'est que quand on veut
00:22:41prolonger le séjour,
00:22:42ils doublent les prix.
00:22:44Là,
00:22:44on n'est plus en vacances.
00:22:45Voilà,
00:22:45on n'est plus en vacances.
00:22:46C'est fini.
00:22:47Ils ne savent pas encore
00:22:48s'ils seront remboursés.
00:22:50Leur vol,
00:22:51prévu samedi dernier,
00:22:52a été annulé.
00:22:53Pour l'instant,
00:22:54aucun rapatriement
00:22:55n'est programmé.
00:22:56C'est l'incertitude
00:22:57pour eux
00:22:58comme pour leurs proches.
00:22:59Là,
00:23:00ça commence à être dur.
00:23:01Les petits
00:23:02nous demandent
00:23:02tous les jours.
00:23:04Tout le monde s'inquiète,
00:23:05tout le monde
00:23:06attend qu'on rentre.
00:23:07Tous,
00:23:07on commence à craquer,
00:23:08il faut qu'on rentre.
00:23:09À l'aéroport de Dubaï,
00:23:10la situation reste bloquée.
00:23:12La quasi-totalité
00:23:14des avions
00:23:14sont cloués au sol.
00:23:16Là-bas,
00:23:17là-bas,
00:23:18là-bas,
00:23:19je ne veux pas.
00:23:19Certains influenceurs français
00:23:21installés sur place
00:23:22envisagent eux aussi
00:23:24de quitter
00:23:24les Émirats Arabes Unis.
00:23:26Depuis ce week-end,
00:23:27sur leurs réseaux sociaux,
00:23:29ils relaient
00:23:29les frappes iraniennes
00:23:30en représailles
00:23:31aux attaques
00:23:32américaines et israéliennes.
00:23:34Impuissants,
00:23:34parfois choqués,
00:23:35ils partagent
00:23:36leur sidération.
00:23:37Il y a des missiles
00:23:38qui sont en train
00:23:39de péter partout
00:23:39dans Dubaï,
00:23:40à côté de chez nous,
00:23:41ça pète de partout,
00:23:42les gars.
00:23:42Au-delà de Dubaï,
00:23:43c'est tout le Moyen-Orient
00:23:45qui s'embrase.
00:23:46Le ministère
00:23:47des Affaires étrangères
00:23:48tente d'organiser
00:23:49les premiers rapatriements.
00:23:50Nous nous préparons
00:23:51à des affrêtements
00:23:52de vols
00:23:54pour que les personnes
00:23:55les plus vulnérables,
00:23:56les personnes
00:23:56qui méritent
00:23:57d'être accompagnées,
00:23:58puissent,
00:23:58le cas échéant,
00:23:59en bénéficier.
00:24:00En attendant,
00:24:01des Français
00:24:01se débrouillent seuls.
00:24:03Certains ont rejoint
00:24:04par leurs propres moyens
00:24:05l'Arabie saoudite
00:24:06avant d'atterrir
00:24:07ce matin à Paris.
00:24:09Des offres à 500 euros
00:24:10qui, en quelques secondes,
00:24:11passaient à 5 000.
00:24:13Donc,
00:24:14c'était un peu
00:24:15le jeu du chat et de la souris
00:24:17pour trouver
00:24:17un bon vol.
00:24:19On a pu rentrer,
00:24:20sain et sauf,
00:24:21même si c'est un long trajet.
00:24:22Mais voilà,
00:24:22on est de retour chez nous,
00:24:23on est contents.
00:24:24fatigués,
00:24:24mais soulagés.
00:24:26Au total,
00:24:26près de 400 000 Français
00:24:28vivent ou séjournent
00:24:29actuellement
00:24:29au Moyen-Orient.
00:24:31Maya Kadra,
00:24:32les images
00:24:33de ces influenceurs
00:24:34français paniqués,
00:24:35coincés à Dubaï
00:24:35ont pu faire sourire
00:24:36au début,
00:24:36mais la situation
00:24:37de ces Français
00:24:38bloqués là-bas,
00:24:39elle n'est quand même
00:24:40pas drôle.
00:24:41Est-ce qu'ils sont
00:24:42en danger aujourd'hui ?
00:24:43On a vu un général
00:24:44iranien dire aujourd'hui
00:24:45si vous n'arrêtez pas
00:24:45les frappes,
00:24:46nous,
00:24:46on va viser directement
00:24:47les centres commerciaux
00:24:48dans les pays du Golfe.
00:24:49Évidemment,
00:24:49et les Iraniens aussi,
00:24:50ils ont une expression
00:24:51très violente
00:24:52et agressif
00:24:53allant dans ce sens.
00:24:55C'est de la propagande
00:24:56de guerre très épique.
00:24:58Concernant les ressortissants
00:24:59français
00:24:59et les influenceurs,
00:25:01évidemment que la situation
00:25:02elle est pathétique,
00:25:04elle est inquiétante aussi.
00:25:05Ils sont allés à Dubaï
00:25:07pour trouver
00:25:07une certaine forme
00:25:08de vie luxueuse,
00:25:11confortable,
00:25:12etc.
00:25:13Et puis là,
00:25:13ils se retrouvent
00:25:15sur le cratère
00:25:16d'un volcan
00:25:16en pleine éruption.
00:25:19Ils sont en danger,
00:25:19vous pensez ?
00:25:20Ils peuvent être
00:25:21vraiment ciblés ?
00:25:22Bien sûr qu'ils sont
00:25:23en danger.
00:25:23Quand on voit
00:25:23les photos,
00:25:25même des débris
00:25:26des missiles balistiques
00:25:26qui peuvent tomber
00:25:27sur des hôtels,
00:25:28le Burj Khalifa
00:25:29qui est quand même
00:25:30un monument emblématique
00:25:32de Dubaï
00:25:33était en feu
00:25:35et en flamme aussi.
00:25:37Ça,
00:25:37c'est très inquiétant,
00:25:38oui.
00:25:38Et il y a déjà
00:25:39des victimes civiles,
00:25:40que ce soit
00:25:41à Erbil,
00:25:42en Irak,
00:25:43hier,
00:25:44que ce soit
00:25:45au Koweït,
00:25:46au Bahreïn,
00:25:46il y a eu
00:25:47des victimes civiles,
00:25:47donc il y a
00:25:48une véritable inquiétude.
00:25:49François Gouillette,
00:25:50l'enjeu pour la France,
00:25:52ça va être
00:25:52d'organiser
00:25:52dès que possible
00:25:53le rapatriement
00:25:54des Français
00:25:54qui veulent rentrer
00:25:56sur le territoire.
00:25:57Comment ça s'organise
00:25:58un rapatriement
00:25:58dans les conditions
00:25:59qu'on voit là
00:26:00actuellement ?
00:26:01Quelles sont les conditions
00:26:02pour pouvoir le faire ?
00:26:03Alors,
00:26:04il faut d'abord rappeler
00:26:05que c'est vraiment
00:26:06une priorité
00:26:06de la politique
00:26:08étrangère de la France.
00:26:09Cette diplomatie,
00:26:10ça a été répété
00:26:11par le président
00:26:11de la République,
00:26:12par le ministre
00:26:13à plusieurs reprises.
00:26:14en réalité,
00:26:15il y a
00:26:17une centralisation
00:26:18qui est opérée
00:26:20par le centre de crise
00:26:21du ministère
00:26:22des Affaires étrangères,
00:26:23donc qui met
00:26:23tous les moyens
00:26:24en œuvre
00:26:24pour centraliser
00:26:26les informations
00:26:26en provenance
00:26:28des pays de la région,
00:26:29en provenance
00:26:29de nos communautés
00:26:30et évidemment
00:26:31avec l'appui
00:26:31de nos ambassades,
00:26:32de nos consulats.
00:26:33Nous avons à Dubaï
00:26:34un consulat général.
00:26:35Il est évident
00:26:36qu'avec des moyens
00:26:37humanité,
00:26:37il ne peut pas répondre
00:26:38aux dizaines
00:26:39de milliers de demandes
00:26:40parce qu'il n'y a pas
00:26:41seulement les influenceurs
00:26:43ou alors les expatriés
00:26:44parce qu'à l'époque
00:26:45où j'étais
00:26:45il y a plus de 20 ans
00:26:47à Abu Dhabi,
00:26:48il devait y avoir
00:26:48je ne sais pas
00:26:4910 000 Français
00:26:50à Dubaï
00:26:50et 3 000 à Abu Dhabi.
00:26:52Ça a quintuplé
00:26:53en l'espace de 20 ans.
00:26:55Mais en tout cas,
00:26:57il faut aussi
00:26:58avoir à l'esprit
00:26:58que le principe
00:26:59du rapatriement
00:27:01par avion,
00:27:02c'est effectivement
00:27:03quelque chose
00:27:03qui est possible.
00:27:06Mais il faut
00:27:07des garanties
00:27:07de l'Iran
00:27:08de ne pas tirer
00:27:09sur les avions ?
00:27:09La France va négocier
00:27:10ça avec l'Iran ?
00:27:11Ça ne concerne pas.
00:27:12Il ne s'agit pas
00:27:12de rapatrier
00:27:13des dizaines
00:27:13de milliers de Français.
00:27:14D'abord,
00:27:16c'est sur une base
00:27:17volontaire
00:27:17que ça doit se faire
00:27:18et je crois
00:27:20que le ministre Barrault
00:27:20l'a bien expliqué,
00:27:21s'il y a des moyens
00:27:22d'État
00:27:23qui sont mis en œuvre,
00:27:24c'est pour les personnes
00:27:24les plus vulnérables.
00:27:26Après, évidemment,
00:27:27tout dépend
00:27:27des conditions
00:27:29de circulation
00:27:31dans l'espace aérien.
00:27:33Mais ça,
00:27:33ça se négocie
00:27:33avec l'Iran ou pas ?
00:27:35Je ne crois pas
00:27:36que ça se négocie
00:27:37avec l'Iran.
00:27:38Il y a la
00:27:38innovation civile
00:27:40internationale
00:27:40qui est un organisme
00:27:41international,
00:27:41je pense,
00:27:42dont l'Iran doit être membre.
00:27:43Mais je ne connais pas
00:27:44les détails techniques,
00:27:45mais en tout cas,
00:27:46on ne peut pas le faire
00:27:47si cela met en danger
00:27:48la sécurité des passagers,
00:27:50naturellement.
00:27:50Il y a sans doute
00:27:51deux éléments
00:27:51à avoir en tête.
00:27:52Le premier,
00:27:53a-t-on la certitude
00:27:54que l'Iran
00:27:55soit précis
00:27:56dans ses tirs
00:27:57et que les missiles
00:27:58tombent exactement
00:27:59là où ils avaient prévu ?
00:28:01Là-dessus,
00:28:01j'ai un doute.
00:28:02Et le second,
00:28:03c'est que la stratégie
00:28:04des Iraniens,
00:28:04ce n'est pas
00:28:05une riposte militaire
00:28:07visant des objectifs
00:28:08stratégiques,
00:28:09visant des objectifs
00:28:10militaires.
00:28:10Ils ne sont pas en train
00:28:11de faire la guerre
00:28:11à d'autres États.
00:28:13Ils sont en train
00:28:13de frapper
00:28:14le plus aveuglément
00:28:16possible
00:28:17des régions,
00:28:18des populations.
00:28:19Pourquoi ?
00:28:20Non pas pour rétablir
00:28:21un rapport de force
00:28:21militaire,
00:28:22mais pour faire en sorte
00:28:23que ces pays-là
00:28:24fassent pression
00:28:25sur les Américains
00:28:26et sur les Israéliens,
00:28:27mais surtout sur les Américains,
00:28:28pour qu'ils arrêtent
00:28:29cette intervention.
00:28:30Donc, il y a une logique
00:28:31de fuite en avant
00:28:32et de chaos généralisé.
00:28:34Donc, leur objectif,
00:28:35et je vous rejoins,
00:28:36c'est bien demain,
00:28:37non pas de frapper
00:28:38les renseignements saoudiens,
00:28:40mais d'aller frapper
00:28:41un centre commercial.
00:28:42D'un mot, Camille Lonce,
00:28:43parce qu'on n'en a pas
00:28:45encore parlé,
00:28:46est-ce qu'il y a
00:28:46une menace sécuritaire
00:28:47sur le territoire français
00:28:49liée à ce conflit
00:28:50aujourd'hui ?
00:28:51Alors, en effet,
00:28:52ça peut être quelque chose
00:28:53qui va se poser
00:28:55à un moment,
00:28:56c'est-à-dire
00:28:56l'utilisation,
00:28:58puisque l'Iran
00:28:59est en train de mobiliser
00:28:59tous les moyens possibles,
00:29:01imaginables,
00:29:02pour faire le plus mal possible
00:29:03dans un rayon
00:29:04le plus large possible.
00:29:05Donc, ils utilisent
00:29:07leur proxy,
00:29:08ils utilisent
00:29:09les frappes directes
00:29:10sur tous les pays
00:29:11de la région.
00:29:13On va voir aussi
00:29:14comment ils vont reconsidérer
00:29:15ou pas la question
00:29:16autour du programme nucléaire.
00:29:17Et il y a en effet
00:29:19toute la question
00:29:20de, on va dire,
00:29:22la zone grise
00:29:23un petit peu
00:29:23d'attaques terroristes
00:29:26sur le territoire européen
00:29:28et c'est tout à fait
00:29:29quelque chose
00:29:29qui peut être envisagé
00:29:30en effet.
00:29:31On va passer à notre chiffre
00:29:32du jour à présent
00:29:32avec vous, Julie.
00:29:33Alors, c'est un chiffre
00:29:34qui est directement lié
00:29:34à cette guerre en Iran.
00:29:36Absolument,
00:29:36c'est un chiffre en fait
00:29:37qui varie beaucoup
00:29:38au vu de l'actualité
00:29:39puisque c'est le prix
00:29:40du pétrole.
00:29:41Le baril de Brent
00:29:42aujourd'hui
00:29:43a brièvement dépassé
00:29:44les 85 dollars.
00:29:45Alors, c'est un maximum
00:29:47depuis juillet 2024.
00:29:51Hier, à l'ouverture,
00:29:52tous les marchés
00:29:53regardaient comme ça
00:29:54fébrilement
00:29:56le cours du pétrole.
00:29:58Pourquoi ?
00:29:58Parce qu'on l'a déjà évoqué,
00:30:00en représailles des frappes,
00:30:02la République islamique
00:30:03a décidé de bloquer
00:30:05le détroit d'Hormuz.
00:30:07Alors, le détroit d'Hormuz,
00:30:09en fait,
00:30:09c'est une voie maritime
00:30:10de 50 km de large
00:30:12à peu près
00:30:12et qui est en fait
00:30:13vitale pour le commerce mondial,
00:30:15Pourquoi ?
00:30:16Parce qu'un cinquième
00:30:18du pétrole
00:30:19de la planète,
00:30:20en fait,
00:30:21transite par ce détroit.
00:30:23Cela représente,
00:30:23pour vous faire une idée,
00:30:25environ 15 millions
00:30:26de barils par jour
00:30:27désormais bloqués
00:30:29jusqu'à Nouvel Ordre.
00:30:30Alors, c'est énorme.
00:30:30On imagine que ça va se voir,
00:30:32ça va se sentir
00:30:32dans les prix à la pompe,
00:30:33comme on dit ?
00:30:34Il y a des chances.
00:30:35Les marchés réagissent,
00:30:37les cours s'envolent donc
00:30:38et si la crise dure,
00:30:39plusieurs experts
00:30:40évoquent déjà
00:30:41la possibilité
00:30:42d'avoir un baril
00:30:43qui bientôt sera
00:30:44à 100 dollars.
00:30:45ce qui correspondrait,
00:30:46là encore,
00:30:47pour vous faire une idée,
00:30:47environ,
00:30:48ça dépend,
00:30:49mais à une augmentation
00:30:52de 15-20 centimes
00:30:54le litre
00:30:56directement à la pompe.
00:30:57D'ailleurs,
00:30:58les automobilistes
00:30:59s'inquiètent déjà.
00:31:00On a déjà vu
00:31:01dans certaines stations-service
00:31:03les fils qui s'allongent,
00:31:05des gens qui essaient
00:31:06de faire des stocks,
00:31:06des gens qui s'inquiètent
00:31:07d'une pénurie.
00:31:08Mais attention,
00:31:10la hausse du brut,
00:31:11ça ne se répercute pas
00:31:13instantanément,
00:31:14immédiatement,
00:31:14à la pompe.
00:31:15Il faut plusieurs jours,
00:31:17voire même plutôt
00:31:18plusieurs semaines,
00:31:19déjà parce que
00:31:19la France a des réserves
00:31:21et aussi parce que
00:31:23le pétrole brut,
00:31:24en fait,
00:31:24ça ne représente pas
00:31:25l'ensemble du prix
00:31:27qu'on paye à la pompe.
00:31:28Il y a le raffinage,
00:31:30la distribution,
00:31:31les taxes aussi
00:31:31et tout ça,
00:31:32c'est la majorité.
00:31:33Autre élément intéressant,
00:31:35c'est que la France,
00:31:36pour ses importations,
00:31:37elle dépend moins
00:31:39des pays du Golfe
00:31:41que d'autres régions
00:31:42du monde,
00:31:42en fait.
00:31:43Bref,
00:31:43en tout cas,
00:31:44sur ce point,
00:31:44le gouvernement se fait
00:31:45rassurant,
00:31:46il l'a martelé aujourd'hui.
00:31:49Il n'y avait pas de raison
00:31:50aujourd'hui,
00:31:51à l'heure à laquelle
00:31:51nous parlons,
00:31:52en tout cas,
00:31:53de se ruer
00:31:55vers soit
00:31:56les pompes à essence
00:31:58ou faire du stockage
00:32:01de carburant.
00:32:02Les marchés ont réagi,
00:32:04ils ont réagi
00:32:05dans un premier temps
00:32:06en montant,
00:32:06puis tout de suite
00:32:08dans la foulée
00:32:08en rebaissant.
00:32:09Bien évidemment,
00:32:10tout cela est très sensible
00:32:12aux évolutions
00:32:12de ce qui va se passer
00:32:13dans les prochaines semaines
00:32:15au Moyen-Orient.
00:32:16Alors,
00:32:17il faut le croire,
00:32:17le ministre,
00:32:18il n'y a pas lieu
00:32:18de s'inquiéter
00:32:18pour l'économie française ?
00:32:19Alors,
00:32:20à court terme,
00:32:21sur le pétrole
00:32:22et sur le pétrole uniquement,
00:32:23le risque de pénurie
00:32:24ou de flambée soudaine
00:32:25du prix du carburant
00:32:26est effectivement
00:32:27assez limité.
00:32:29Évidemment,
00:32:30pour le reste,
00:32:31pour la situation globale,
00:32:33tout reste très incertain
00:32:34parce qu'en fait,
00:32:34le détroit d'Hormuz,
00:32:35ce n'est pas que le pétrole,
00:32:37c'est évidemment aussi
00:32:38le gaz
00:32:39qui s'apprécie aussi,
00:32:40qui a pris encore ce matin,
00:32:42je crois,
00:32:4240%
00:32:43et c'est aussi
00:32:44une multitude,
00:32:45tout simplement,
00:32:45de marchandises
00:32:46qui transitent
00:32:47par ce passage.
00:32:48Et donc,
00:32:49si le blocage persiste,
00:32:50si le conflit,
00:32:51plus généralement,
00:32:52persiste,
00:32:52les conséquences économiques
00:32:54pourraient être
00:32:55extrêmement graves,
00:32:56extrêmement lourdes,
00:32:57le commerce mondial
00:32:58pourrait être perturbé,
00:32:59l'inflation
00:33:00même pourrait être
00:33:00sous pression
00:33:01et même la croissance
00:33:02pourrait être fragilisée.
00:33:03Merci beaucoup Julie.
00:33:04Une réaction peut-être
00:33:05à ce qu'on vient d'entendre,
00:33:07est-ce que ce n'est pas là
00:33:08les prix du gaz,
00:33:09les prix du pétrole,
00:33:10le fret maritime
00:33:11qui s'arrête comme ça,
00:33:12est-ce que ce n'est pas
00:33:12le principal moyen
00:33:13de pression du régime iranien
00:33:15sur les Etats-Unis
00:33:16aujourd'hui ?
00:33:17Je ne sais pas
00:33:17qui veut répondre,
00:33:18Camille Lons ?
00:33:18Oui.
00:33:19On va faire oui de la tête.
00:33:21En effet,
00:33:22c'est un moyen
00:33:23de pression assez important,
00:33:24on sait que Donald Trump
00:33:25aussi pour sa base électorale
00:33:26est très attaché
00:33:27à un contrôle
00:33:29des prix de l'énergie
00:33:30et de l'inflation.
00:33:32Ça va aussi avoir
00:33:33des répercussions
00:33:34potentiellement plus larges
00:33:35surtout aussi
00:33:36pour les Européens
00:33:37sur notamment,
00:33:38et je pense que c'est important
00:33:38d'avoir ça en perspective,
00:33:40dans la guerre en Ukraine,
00:33:41c'est-à-dire une montée
00:33:42des prix de l'énergie,
00:33:43ça bénéficie aussi
00:33:44à la Russie,
00:33:45ça a des implications
00:33:47politiques assez directes
00:33:48dans toute l'Europe,
00:33:51on sait que ça joue,
00:33:51enfin l'inflation joue un rôle
00:33:52aussi dans la montée
00:33:53de certains partis
00:33:54plus populistes,
00:33:55donc ça a un impact
00:33:56de long terme
00:33:57pour les Européens
00:33:58et ça vient se combiner
00:33:59avec en plus
00:34:00la fermeture aussi
00:34:01de la mer Rouge
00:34:02et donc la fermeture
00:34:04des deux détroits
00:34:05en même temps
00:34:06en fait combinés
00:34:06posent un vrai problème.
00:34:07Ça va avoir
00:34:07de grosses conséquences
00:34:08à venir d'un mot,
00:34:09Maria Khadrat.
00:34:09Il y a l'Iran aussi
00:34:10qui s'auto-punit
00:34:11en fermant le détroit
00:34:13d'Hormuz
00:34:13parce que le pétrole
00:34:14iranien
00:34:16est exclusivement,
00:34:17lui-même est bloqué
00:34:18et en fait ils ont
00:34:19presque un seul client
00:34:21exclusif
00:34:21qui est la Chine
00:34:22et en fait
00:34:22ils s'infligent
00:34:24cette punition aussi.
00:34:25Merci beaucoup
00:34:26à tous les trois
00:34:27d'être venu nous aider
00:34:28à décrypter
00:34:28cette situation complexe
00:34:30aujourd'hui
00:34:30au Moyen-Orient.
00:34:32Dans un instant,
00:34:32tout autre chose.
00:34:33On va parler
00:34:34des écarts de salaire
00:34:34entre les femmes
00:34:35et les hommes.
00:34:36Vous verrez
00:34:36que ça ne s'arrange pas
00:34:37mais avant cela,
00:34:38c'est Quelle histoire
00:34:39avec Olivier Ravanello ?
00:34:47Et Olivier,
00:34:48on revient avec vous
00:34:49sur le discours
00:34:49d'Emmanuel Macron
00:34:50hier sur la base navale
00:34:51de l'île Longue.
00:34:52Il a dévoilé
00:34:52la nouvelle doctrine nucléaire
00:34:54de la France
00:34:54avec un nouveau concept
00:34:55la dissuasion avancée.
00:34:58C'est un exercice
00:34:58où chaque mot
00:34:59et chaque image
00:35:00était soigneusement pesée.
00:35:02Bien sûr,
00:35:02l'heure était grave,
00:35:03on parlait
00:35:04dissuasion nucléaire,
00:35:05le visage du président
00:35:06était fermé,
00:35:07discours prononcé
00:35:08dans une base militaire,
00:35:10il y avait du béton,
00:35:11il y avait du métal,
00:35:12il y avait de l'eau,
00:35:13on est loin des ors
00:35:13de la République.
00:35:14Notez aussi la symbolique,
00:35:16la place du président
00:35:17de la République
00:35:18entre le sous-marin
00:35:19porteur d'engin
00:35:20et puis l'assistance
00:35:21pour bien montrer
00:35:22que s'il y a une personne
00:35:24qui doit appuyer
00:35:25sur le bouton nucléaire,
00:35:26une personne qui fait
00:35:27le lien entre le pays
00:35:28et l'arme nucléaire,
00:35:29c'est lui
00:35:30et uniquement lui.
00:35:31La doctrine évolue,
00:35:33on va revenir,
00:35:33mais une chose reste sûre,
00:35:36la bombe,
00:35:36c'est lui
00:35:37qui en décide.
00:35:38Nous entrons sur le chemin
00:35:41de ce que j'appellerais
00:35:43la dissuasion avancée.
00:35:47Je préfère le dire tout de suite,
00:35:50il n'y aura aucun partage
00:35:52de la décision ultime,
00:35:54ni de sa planification,
00:35:56ni de sa mise en oeuvre.
00:35:59En vertu de notre Constitution,
00:36:01elle appartient au seul président
00:36:04de la République,
00:36:05comptable devant le peuple français.
00:36:08Alors,
00:36:09dissuasion avancée,
00:36:10ce n'est pas dissuasion élargie,
00:36:11c'est différent.
00:36:12Qu'est-ce que propose
00:36:13le président de la République ?
00:36:14Eh bien,
00:36:14à huit pays européens,
00:36:16de réunir une sorte
00:36:17de tronc commun,
00:36:18de commencer à travailler
00:36:19ensemble en temps de paix
00:36:20pour par exemple
00:36:21être d'accord
00:36:22et identifier ensemble
00:36:24les mêmes menaces,
00:36:25pour travailler
00:36:26sur des scénarios
00:36:27d'escalade
00:36:27dans lesquels,
00:36:28à chaque étape,
00:36:29tout le monde
00:36:29analyse les choses
00:36:31de la même manière,
00:36:31réagit de la même manière
00:36:33pour qu'il n'y ait pas
00:36:34de cafouillage
00:36:35et pour qu'il y ait
00:36:36une réponse
00:36:36qui soit la plus commune possible.
00:36:38Il y a aussi
00:36:39des engagements opérationnels.
00:36:41Par exemple,
00:36:42ce que le président
00:36:43a évoqué
00:36:44qui s'appelle
00:36:44du renseignement avancé.
00:36:46Alors,
00:36:46c'est quoi le renseignement avancé ?
00:36:47C'est par exemple
00:36:48une technologie
00:36:49que seuls les Américains
00:36:50maîtrisent
00:36:50qui est,
00:36:51via des satellites,
00:36:53d'être capable
00:36:53d'identifier
00:36:54des sources de chaleur
00:36:56qui correspondent
00:36:57au départ d'un missile.
00:36:58Plus cette source
00:36:59de chaleur
00:36:59va être importante,
00:37:00plus on va être capable
00:37:02de déterminer
00:37:03jusqu'où va aller ce missile
00:37:04et puis de commencer
00:37:05à regarder sa trajectoire
00:37:06pour savoir exactement
00:37:07là où il va tomber
00:37:08pour pouvoir l'intercepter.
00:37:10Aujourd'hui,
00:37:10cette technologie,
00:37:11comme je le disais,
00:37:12ceux des Américains
00:37:13la possèdent.
00:37:14Eh bien,
00:37:14l'idée d'Emmanuel Macron,
00:37:16c'est de dire aux Européens
00:37:17déployons le même programme,
00:37:18il s'appelle
00:37:19Géhul,
00:37:19Joyo,
00:37:20pour que l'on puisse
00:37:21mettre tout ça ensemble.
00:37:22Mais,
00:37:23in fine,
00:37:24s'il s'agit
00:37:24d'utiliser
00:37:25l'arme atomique,
00:37:27c'est bien
00:37:27le président français
00:37:28et lui seul
00:37:29qui en prendra la décision.
00:37:30Mais alors,
00:37:30pourquoi ce besoin
00:37:31de mettre en scène
00:37:33la parole stratégique
00:37:34de la France ?
00:37:35Parce que c'est
00:37:36le chef des armées
00:37:36qui parle
00:37:37et on l'a vu
00:37:37sur cette image
00:37:38de son Falcon
00:37:39escorté par quatre rafales.
00:37:41C'est une manière
00:37:42de symboliser
00:37:44un moment
00:37:45qui est un moment
00:37:45éminemment militaire
00:37:47et surtout
00:37:47d'envoyer un message
00:37:48au monde entier
00:37:49et à commencer
00:37:50d'envoyer un message
00:37:51à ceux qui nous écoutent
00:37:52et qui sont des ennemis
00:37:53potentiels.
00:37:54C'est le principe
00:37:55d'une doctrine nucléaire.
00:37:57Une doctrine nucléaire,
00:37:58elle est faite
00:37:58pour être connue
00:37:59de tous.
00:38:00Elle n'est pas du tout
00:38:00faite pour être cachée.
00:38:01Pourquoi ?
00:38:02Pour éviter tout malentendu.
00:38:04En gros,
00:38:04tous les pays
00:38:04qui possèdent
00:38:05l'arme nucléaire
00:38:06développent une doctrine,
00:38:07la publient
00:38:08pour que tout le monde
00:38:09soit bien au courant
00:38:10dans quelle situation
00:38:12est-ce que je vais utiliser
00:38:13la bombe
00:38:13et qu'il n'y ait pas
00:38:14de malentendu
00:38:15parce qu'un malentendu
00:38:16avec l'arme nucléaire,
00:38:17ça se transforme
00:38:18en holocauste
00:38:18et la planète explose.
00:38:20La Russie,
00:38:20la Russie,
00:38:21par exemple,
00:38:21avait une doctrine
00:38:22publiée
00:38:23le 19 novembre 2024,
00:38:27c'est la dernière version,
00:38:28celle d'avant,
00:38:29mentionnait que l'arme nucléaire
00:38:31était utilisée par la Russie
00:38:32si l'État était menacé.
00:38:34Eh bien là,
00:38:35le seuil a changé
00:38:36et ce qui est écrit noir sur blanc,
00:38:38vous pouvez tous
00:38:38aller le consulter,
00:38:40c'est que l'arme nucléaire
00:38:41sera utilisée
00:38:42s'il y a une menace critique
00:38:43pour la souveraineté du pays.
00:38:45Vous voyez bien
00:38:45que ce n'est pas du tout
00:38:45la même chose.
00:38:46La logique,
00:38:47eh bien c'est toujours de dire
00:38:48on met les choses à plat
00:38:50pour qu'il n'y ait pas
00:38:50de malentendus.
00:38:51Et donc le discours
00:38:52d'Emmanuel Macron hier,
00:38:53il s'inscrivait dans cette logique ?
00:38:54Exactement,
00:38:55de bien dire à tout le monde
00:38:56ce que nous allons faire
00:38:57sur le nucléaire
00:38:58et maintenant
00:38:58ce que nous allons faire
00:38:59au niveau européen
00:39:01avait quand même
00:39:02une petite inflexion.
00:39:03Jusqu'à présent,
00:39:04la doctrine française
00:39:05était très très très défensive.
00:39:07Hier,
00:39:08on a senti
00:39:09que les choses
00:39:09et la tonalité
00:39:10bougeaient un peu.
00:39:11Écoutez.
00:39:12C'est pourquoi
00:39:14j'ai ordonné
00:39:15d'augmenter
00:39:17le nombre
00:39:18de têtes nucléaires
00:39:20de notre arsenal.
00:39:23Pour couper court
00:39:25à toute spéculation,
00:39:27nous ne communiquerons plus
00:39:29sur les chiffres
00:39:30de notre arsenal nucléaire
00:39:33contrairement
00:39:34à ce qui avait pu être
00:39:36le cas par le passé.
00:39:40Pour être libre donc,
00:39:42il faut être craint
00:39:43et pour être craint,
00:39:45il faut être puissant.
00:39:47On sent bien
00:39:48la volonté
00:39:49de montrer
00:39:49un peu les dents.
00:39:50Certes,
00:39:51la France revendique
00:39:52d'être une puissance
00:39:54militaire active
00:39:55dans un monde
00:39:55de plus en plus dangereux.
00:39:57Alors,
00:39:57la doctrine française,
00:39:59c'est d'avoir
00:39:59une arme défensive
00:40:01mais quand même
00:40:01en ayant une posture
00:40:03un peu plus agressive.
00:40:04On l'a bien compris.
00:40:05Merci beaucoup,
00:40:05Olivier Ravanello.
00:40:06On passe à présent
00:40:08à la question qui fâche.
00:40:16Et c'est un sujet
00:40:17qui a de quoi fâcher.
00:40:19En effet,
00:40:19à travail égal,
00:40:20les salaires
00:40:21ne sont toujours pas égaux
00:40:22en France
00:40:23entre les hommes
00:40:24et les femmes.
00:40:25Les derniers chiffres
00:40:26qui ont été publiés
00:40:26par l'APEC
00:40:27aujourd'hui le confirment.
00:40:29Alors,
00:40:29on est en débat ce soir
00:40:30avec deux députés.
00:40:31Marie-Pierre Rixin,
00:40:32bonsoir et bienvenue.
00:40:33Vous êtes députés
00:40:34ensemble pour la République
00:40:35de l'Essonne.
00:40:36Diana Badiop,
00:40:37bonsoir.
00:40:38Vous êtes députée
00:40:39socialiste des Yvelines.
00:40:40Et puis,
00:40:41notre experte ce soir
00:40:41est Sandra Lotte-Fernandez.
00:40:43Bonsoir.
00:40:44Vous êtes responsable
00:40:45du plaidoyer
00:40:45droit des femmes
00:40:46au sein de l'ONG Oxfam.
00:40:48Mais on commence
00:40:49par un point
00:40:49sur les derniers chiffres
00:40:50donc avec Katia Gilder
00:40:52et Pierre Beretta.
00:40:56En 2026,
00:40:57à travail égal,
00:40:59les femmes ne sont toujours
00:41:00pas payées
00:41:00comme leurs collègues masculins.
00:41:02En un an,
00:41:03l'écart de rémunération
00:41:04s'est même creusé.
00:41:05Pour des postes
00:41:06et des profils équivalents,
00:41:08les hommes cadres
00:41:08ont perçu en moyenne
00:41:0916% de plus que les femmes
00:41:11contre 12% en 2025.
00:41:14Autre chiffre significatif,
00:41:1644% des femmes
00:41:18considèrent qu'elles doivent
00:41:19fournir plus d'efforts
00:41:20que les hommes
00:41:20pour obtenir une augmentation.
00:41:23L'égalité salariale
00:41:24est pourtant inscrite
00:41:25dans le Code du travail
00:41:26depuis plus de 50 ans.
00:41:28Un index d'égalité professionnelle
00:41:30oblige les entreprises
00:41:31à plus de transparence
00:41:32et une directive européenne
00:41:34de 2023 impose
00:41:35une égalité de rémunération
00:41:37entre les femmes
00:41:37et les hommes.
00:41:38Mais la réalité résiste.
00:41:40Les femmes restent minoritaires
00:41:42dans les métiers
00:41:42les mieux rémunérés,
00:41:43la tech ou encore la finance.
00:41:45Et le plafond de verre
00:41:46persiste.
00:41:47L'accès des femmes cadres
00:41:48au poste
00:41:49à plus forte responsabilité
00:41:50est toujours aussi faible.
00:41:53Il y a un chiffre édifiant
00:41:54quand les femmes
00:41:55elles ont enfin brisé
00:41:56le plafond de verre.
00:41:58Quand elles sont enfin
00:41:58devenues chefs d'équipe,
00:42:00PDG, DG.
00:42:02Mais là,
00:42:03si elles ont trois enfants,
00:42:04elles touchent en moyenne
00:42:0640% de moins
00:42:07que les hommes.
00:42:09Un homme qui a
00:42:10le même poste,
00:42:11le même âge,
00:42:12le même nombre d'enfants
00:42:13va toucher en moyenne
00:42:1540% de plus
00:42:16qu'une femme.
00:42:17Donc on se rend compte
00:42:18que l'égalité hommes-femmes,
00:42:20oui, sur le papier,
00:42:21mais sur la fiche de paye,
00:42:22pas encore.
00:42:23Alors notre question
00:42:24qui fâche,
00:42:24la voici.
00:42:25Les femmes sont-elles
00:42:26condamnées à gagner
00:42:27moins que les hommes ?
00:42:29Alors un mot d'abord
00:42:30de cette inversion de tendance
00:42:31qu'on vient de voir
00:42:32dans le sujet.
00:42:33Depuis quelques années,
00:42:35l'écart du salaire médian
00:42:37entre les hommes
00:42:38et les femmes
00:42:39s'était resserré.
00:42:40On était à 12%,
00:42:41je crois,
00:42:42l'an dernier.
00:42:42Et là,
00:42:43on est repassé à 16%,
00:42:44comme en 2018.
00:42:45Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:42:47Est-ce que l'une d'entre vous
00:42:48a des éléments d'explication ?
00:42:51Marie-Pierre Hixin.
00:42:52Peut-être pouvons-nous
00:42:53commencer par regarder
00:42:54de quoi parlons-nous ?
00:42:55Est-ce que nous parlons
00:42:56de rémunération
00:42:57à travail égal,
00:42:59salaire égal,
00:43:00ou est-ce que nous parlons
00:43:01également de revenus
00:43:02et d'un ensemble ?
00:43:04Sachant que,
00:43:05concernant les revenus,
00:43:07il y a effectivement
00:43:07des disproportions
00:43:08comme le montre d'ailleurs
00:43:09l'étude de l'APEC.
00:43:10Pourquoi ?
00:43:11Parce qu'il y a
00:43:11un certain nombre d'explications.
00:43:12Juste pour préciser,
00:43:13c'est la rémunération brute
00:43:15annuelle avec les primes incluses.
00:43:16Ce n'est pas que le salaire
00:43:18et ce n'est pas forcément
00:43:19à post-équivalent.
00:43:20Je vous ai...
00:43:20Voilà, c'est juste pour eux.
00:43:21Alors, les explications,
00:43:23c'est effectivement la manière
00:43:24notamment, par exemple,
00:43:25dont on promeut les femmes.
00:43:26La manière dont elles ont accès
00:43:28également à la formation continue.
00:43:29On sait qu'il y a
00:43:30une obsolescence
00:43:30des compétences
00:43:31qui s'accélèrent
00:43:32et qu'il faut donc
00:43:34se former de plus en plus
00:43:35et quotidiennement.
00:43:37Est-ce que les femmes
00:43:38disposent de ce temps
00:43:39pour se former ?
00:43:40Les évaluent-on également
00:43:41sur des critères
00:43:43qui sont semblables aux hommes ?
00:43:44On sait à quel point
00:43:45les évaluations
00:43:46de fin d'année
00:43:48sont marquées
00:43:49par des biais stéréotypés
00:43:51et des biais sexistes.
00:43:52Donc, il y a toute
00:43:52une formation aussi
00:43:54de management
00:43:54à mettre en place
00:43:55dans les entreprises.
00:43:56Il y a certainement eu,
00:43:58visiblement,
00:43:59au vu des résultats
00:44:00de cette étude de l'APEC,
00:44:01un relâchement
00:44:02qui explique notamment
00:44:03ces écarts de salaire
00:44:04qui, évidemment,
00:44:05ne sont pas admissibles.
00:44:07Et donc,
00:44:08il faut avoir
00:44:09une vigilance,
00:44:09j'ai envie de dire,
00:44:10plus qu'accrue
00:44:11pour résorber
00:44:12ces écarts de salaire
00:44:14qui, vous le savez,
00:44:15sur le papier,
00:44:17aujourd'hui,
00:44:18l'égalité salariale
00:44:19est inscrite
00:44:19à la fois dans le Code
00:44:20du Travail
00:44:21depuis 1972,
00:44:22c'est un principe
00:44:23constitutionnel
00:44:24depuis 1946
00:44:25et c'est également
00:44:26un principe
00:44:26qui a été inscrit
00:44:27dans le traité de Rome
00:44:29en 1957.
00:44:30Donc,
00:44:30il n'y a pas de raison
00:44:31aujourd'hui
00:44:31à ce que ce soit
00:44:32pas mis en place.
00:44:33Diana Badiop,
00:44:34est-ce que vous,
00:44:34vous avez une explication
00:44:36à ces chiffres
00:44:36qu'on vient de voir ?
00:44:37Est-ce que ça peut être
00:44:38lié à la conjoncture économique
00:44:39peut-être un peu moins bonne ?
00:44:41Est-ce que,
00:44:41dans ce cas-là,
00:44:41les femmes en font
00:44:42les frais davantage
00:44:43que les hommes ?
00:44:44On sait très bien
00:44:45que de toute façon,
00:44:46lorsqu'il y a des crises,
00:44:47ce sont toujours les femmes
00:44:48qui sont en première ligne
00:44:49et qui subissent d'abord
00:44:51soit les restrictions budgétaires
00:44:53ou peut-être on annule
00:44:54une augmentation
00:44:55qui devait se faire
00:44:56ou une promotion,
00:44:57etc.
00:44:58Je crois aussi
00:44:59que ma collègue l'a rappelé,
00:45:00il y a aussi
00:45:01tout le contexte
00:45:02qui n'est pas aménagé
00:45:03pour que les femmes
00:45:04puissent accéder
00:45:05plus facilement
00:45:06puisque tout est fait
00:45:07par des hommes
00:45:08pour des hommes.
00:45:09Donc, du coup,
00:45:09le temps de formation,
00:45:11le fait que,
00:45:12par exemple,
00:45:12quand les enfants
00:45:14sont malades,
00:45:14c'est vous qui vous absentez,
00:45:15quand vous êtes
00:45:16dans des postes
00:45:17à responsabilité,
00:45:18des réunions
00:45:18avec des horaires
00:45:19où vous n'avez pas
00:45:20forcément de mode de garde,
00:45:21tout s'accumuler
00:45:23font des petits ruisseaux
00:45:25qui, à la fin,
00:45:26expliquent aussi
00:45:27que vous bénéficiez moins
00:45:28d'un certain nombre
00:45:30d'avantages
00:45:31ou de promotions
00:45:31que votre collègue masculin.
00:45:34Sandra Lotte-Fernandez,
00:45:35je crois qu'au sein d'Oxfam,
00:45:36vous vous êtes penchée
00:45:36sur les écarts de salaire
00:45:38dans la fonction publique
00:45:39territoriale,
00:45:40donc chez les fonctionnaires
00:45:40des villes,
00:45:41des départements,
00:45:42des régions.
00:45:43Est-ce que vous retrouvez
00:45:44un peu des tendances similaires
00:45:46ou est-ce qu'on se comporte
00:45:48mieux dans les collectivités locales
00:45:50que dans les entreprises ?
00:45:51En fait,
00:45:51à quelques jours
00:45:52des municipales,
00:45:53on a publié aujourd'hui
00:45:54un rapport
00:45:54pour regarder
00:45:55ce qui se faisait
00:45:55de positif
00:45:57par les villes
00:45:58et on a pu voir,
00:45:59on a un recueil
00:45:59de bonnes pratiques
00:46:00qui permet de montrer
00:46:01que des villes,
00:46:02justement face à la persistance
00:46:03des inégalités,
00:46:04se sont engagées
00:46:05et sont allées
00:46:06un peu plus loin
00:46:06que les politiques nationales
00:46:08et je pense que
00:46:08dans les questions
00:46:09que vous posiez
00:46:10en introduction,
00:46:12l'un des sujets
00:46:13c'est que l'égalité femmes-hommes
00:46:14devait être la grande cause
00:46:15des deux quinquennats
00:46:16d'Emmanuel Macron
00:46:17et c'est muni
00:46:18d'un outil
00:46:19dès 2018
00:46:19justement
00:46:20qui devait être
00:46:20l'outil
00:46:21pour lutter
00:46:22contre les écarts
00:46:23de salaire
00:46:23et au moment
00:46:24de la campagne
00:46:25en 2017,
00:46:27le candidat à l'époque,
00:46:28Emmanuel Macron,
00:46:29avait parlé de faire
00:46:29du « name and shame »
00:46:30des grandes entreprises
00:46:31et que lui allait mettre fin
00:46:33aux écarts de salaire
00:46:34et en fait,
00:46:35l'outil qui a été développé
00:46:36en 2018,
00:46:37l'index égalité professionnelle,
00:46:39aujourd'hui,
00:46:39je pense qu'on peut
00:46:40en faire le bilan
00:46:41et les chiffres en fait.
00:46:42Alors juste avant
00:46:42d'en faire le bilan,
00:46:43j'ai peut-être envie
00:46:43qu'on explique ces coups.
00:46:45Pardon.
00:46:45Voilà, Julie peut-être
00:46:46en quelques mots
00:46:47si vous pouvez nous expliquer
00:46:48cet index de l'égalité professionnelle.
00:46:50Exactement,
00:46:50donc cet index
00:46:52qu'on appelle aussi
00:46:53l'index EGA Pro
00:46:53si vous voulez son petit nom.
00:46:56En fait,
00:46:56c'est un index
00:46:57qui a été mis en place
00:46:59et donc
00:47:00qui consiste tout simplement
00:47:02toutes les entreprises
00:47:03de plus de 50 salariés,
00:47:05donc ça fait du monde,
00:47:06au 1er mars,
00:47:07doivent s'auto-évaluer,
00:47:09enfin s'auto-évaluer,
00:47:10s'évaluer sur des données
00:47:12et c'est sur plusieurs critères,
00:47:14c'est-à-dire donc
00:47:15la rémunération,
00:47:16donc l'écart salarial
00:47:16entre les hommes et les femmes
00:47:18au sein de l'entreprise,
00:47:19la répartition des promotions,
00:47:20la répartition des augmentations
00:47:22et donc tout un tas de critères
00:47:23et tout ça,
00:47:23ça fait un score sur 100
00:47:26et si ce score sur 100
00:47:28n'est pas assez bon,
00:47:28il faut mettre en place
00:47:29des mesures,
00:47:30c'est ça l'idée de l'index.
00:47:32Donc en dessous de 85 points
00:47:33il faut promettre
00:47:36qu'on va progresser
00:47:38sur ces...
00:47:39D'accord,
00:47:39déclaration de bonne intention.
00:47:40Non mais aussi
00:47:41il faut se fixer des objectifs
00:47:42et si on n'y arrive pas
00:47:44il y a aussi des sanctions
00:47:46qui peuvent intervenir plus tard,
00:47:47c'est pas en un an
00:47:48on n'est pas sanctionné
00:47:49tout de suite
00:47:50et en dessous de 75 points,
00:47:52là il faut proposer
00:47:53directement des mesures
00:47:54de correction
00:47:54peut-être un peu plus concrètes
00:47:55et donc là
00:47:56je vous le disais à l'instant,
00:47:57l'idée c'est de pouvoir
00:47:58sanctionner,
00:47:59c'est que l'administration
00:48:00puisse sanctionner
00:48:02les entreprises
00:48:03qui ont un mauvais score.
00:48:04Alors Sandra Lotte-Fernandez,
00:48:05vous disiez
00:48:06la promesse
00:48:06elle n'est pas tenue,
00:48:07c'est ça ?
00:48:08Notamment sur les sanctions
00:48:09et le name and shame ?
00:48:10C'est ça,
00:48:10en fait c'était l'outil
00:48:11pour lutter contre
00:48:13les écarts de salaire
00:48:14en France
00:48:14et aujourd'hui
00:48:15force est de constater
00:48:16que en fait
00:48:17cet outil
00:48:17plus de 90%
00:48:20des entreprises françaises
00:48:21ont au-dessus
00:48:22de la note
00:48:23en dessous de laquelle
00:48:25on a des sanctions.
00:48:26Et pourquoi ?
00:48:26Parce qu'en fait
00:48:27dès le début
00:48:28et ça Oxfam avait été critique
00:48:29mais aux côtés
00:48:30d'autres organisations
00:48:31et notamment
00:48:32du Haut Conseil à l'égalité
00:48:33le paramétrage
00:48:34de l'index
00:48:35en fait
00:48:35n'a pas été assez ambitieux
00:48:36et en fait
00:48:37aujourd'hui
00:48:38c'est très facile
00:48:38d'avoir une bonne note
00:48:39et donc il y a
00:48:40un effet aussi
00:48:41contre-productif
00:48:42où les entreprises
00:48:43ont facilement
00:48:43des bonnes notes
00:48:44et communiquent justement
00:48:45sur des bonnes performances
00:48:46et ce qui à mon avis
00:48:48a un effet aussi
00:48:49désincitatif
00:48:49pour mettre en place
00:48:50justement
00:48:50s'attaquer réellement
00:48:51aux écarts de salaire
00:48:53au sein des entreprises.
00:48:54Il a quand même été utile
00:48:55cet index
00:48:55il a permis de faire
00:48:56bouger un peu les choses
00:48:57de parler au moins
00:48:58du problème
00:48:59Mais comme toujours
00:49:00ça a au moins le mérite
00:49:02effectivement
00:49:02de mettre la focale
00:49:04sur le problème
00:49:05le sujet qu'on a
00:49:07comme dans beaucoup de cas
00:49:08c'est que
00:49:08on a le bon diagnostic
00:49:10mais on n'applique pas
00:49:11les bonnes mesures
00:49:12pour justement
00:49:13corriger
00:49:13ce qui ne va pas
00:49:15et je crois que c'est aussi ça
00:49:16que les femmes déplorent
00:49:18et même nous
00:49:19en tant que législateurs
00:49:20ce que nous déplorons
00:49:20c'est que
00:49:21souvent on prend
00:49:22des mesures
00:49:23on a des lois
00:49:24qui peuvent justement
00:49:25être dissuasives
00:49:26le problème
00:49:27c'est qu'on ne se donne
00:49:28pas les moyens
00:49:29de les appliquer
00:49:30et donc du coup
00:49:31de taper au portefeuille
00:49:32excusez-moi du terme
00:49:33mais les entreprises
00:49:34qui ne jouent pas le jeu
00:49:35tant qu'on n'arrivera pas
00:49:37à clairement
00:49:38effectivement faire
00:49:39du Neumensheim
00:49:39mais surtout
00:49:40à les taper au portefeuille
00:49:41parce que
00:49:42Neumensheim c'est
00:49:43on donne la liste
00:49:43des mauvais élèves
00:49:44publiquement
00:49:45on donne la liste
00:49:46des mauvais élèves
00:49:48les scores sont publics
00:49:49les scores de chaque entreprise
00:49:51sont publiques
00:49:51les scores sont publics
00:49:52mais effectivement
00:49:53c'est biaisé
00:49:54il faut vraiment avoir
00:49:55des énormes écoeurs
00:49:56de salaire
00:49:56c'est ça le sujet
00:49:57et je pense que vraiment
00:49:58c'est notre gros problème
00:49:59c'est qu'on a le bon diagnostic
00:50:00on a même des propositions
00:50:02de loi qui sont les bonnes
00:50:03et on sait que
00:50:03si on les appliquait
00:50:05ça va vraiment faire
00:50:06bouger le curseur
00:50:07le problème qu'on a
00:50:08c'est qu'on ne se donne
00:50:09pas les moyens
00:50:09d'appliquer
00:50:10et de sanctionner
00:50:11celles et ceux
00:50:12qui du coup
00:50:12ne respectent pas la loi
00:50:14Marie-Pierre Hixin
00:50:14vous êtes un peu celle
00:50:15qui porte le bilan
00:50:16d'Emmanuel Macron
00:50:16sur ce plateau
00:50:17qu'est-ce que vous répondez
00:50:18à ces critiques ?
00:50:19Alors ce que je réponds
00:50:20c'est que
00:50:21ce qui est intéressant
00:50:22c'est quand même
00:50:22de regarder
00:50:23les cinq critères
00:50:24qui composent l'index
00:50:25de l'égalité professionnelle
00:50:27il y a un certain nombre
00:50:28de critères
00:50:29où on va dire
00:50:30qu'effectivement
00:50:30une grande proportion
00:50:31d'entreprises
00:50:32ont entre guillemets
00:50:33des bonnes notes
00:50:33c'est-à-dire
00:50:34les 20 points
00:50:34qui correspondent au maximum
00:50:36en revanche
00:50:37il y a un certain nombre
00:50:38d'indicateurs
00:50:39et j'ajoute d'ailleurs
00:50:40permettez-moi de le dire
00:50:41que les cinq indicateurs
00:50:42correspondent à des obligations légales
00:50:44donc ce ne sont pas
00:50:45des options
00:50:45des nouvelles options
00:50:46qui ont été mises en place
00:50:47à travers cet index
00:50:48cet index propose
00:50:50à travers
00:50:50des obligations légales
00:50:52qui ont été mises en place
00:50:52d'ailleurs
00:50:53il y a un certain nombre d'années
00:50:54et si on regarde
00:50:55par exemple
00:50:56les bonus
00:50:56les primes
00:50:57qui sont accordées
00:50:58au retour de congé
00:51:00de maternité
00:51:00qui sont donc inscrits
00:51:02dans la loi
00:51:02on a là
00:51:04un grand nombre
00:51:05d'entreprises
00:51:05qui ne sont pas
00:51:06au rendez-vous
00:51:07de la même manière
00:51:08que l'indicateur
00:51:09correspondant au poste
00:51:11les mieux rémunérés
00:51:11donc une femme qui s'est arrêtée
00:51:14pour sa grossesse
00:51:15se retrouve sanctionnée
00:51:16quand elle revient
00:51:17voilà
00:51:17parce qu'il y a encore
00:51:18l'idée de dire
00:51:19que finalement
00:51:20elle était absente
00:51:20pendant le congé de maternité
00:51:22donc pourquoi aurait-elle
00:51:23le droit
00:51:24à un bonus équivalent
00:51:25à celui qui lui
00:51:26ne s'est pas absenté
00:51:27et il y a également
00:51:28cet indicateur
00:51:29qui est important
00:51:29qui est celui
00:51:30de la place des femmes
00:51:31parmi les postes
00:51:31les mieux rémunérés
00:51:32il y a un certain nombre
00:51:34de secteurs
00:51:35alors ça c'est votre domaine
00:51:36en particulier
00:51:36c'est la loi
00:51:37que vous avez fait voter
00:51:37et qui porte votre nom
00:51:38et qui vient de franchir
00:51:39une nouvelle étape
00:51:40oui alors c'est vrai
00:51:41que les postes
00:51:41à responsabilité
00:51:42sont parfois
00:51:43les mieux rémunérés
00:51:44mais si vous prenez
00:51:45l'exemple du secteur bancaire
00:51:47les postes
00:51:49les mieux rémunérés
00:51:49ne sont pas nécessairement
00:51:50ceux qui ont
00:51:51le plus de responsabilité
00:51:53donc c'est important
00:51:54en fait de regarder
00:51:55avec précision
00:51:56et de manière
00:51:57pardonnez-moi
00:51:57mais chirurgicale
00:51:58les différents indicateurs
00:52:00et moi j'ai souhaité
00:52:02notamment effectivement
00:52:02à travers mon texte
00:52:03que les cinq indicateurs
00:52:05soient publiés
00:52:06et pas uniquement
00:52:07la note globale
00:52:07de manière à ce que
00:52:08les entreprises
00:52:09regardent avec précision
00:52:11les axes
00:52:12sur lesquels
00:52:12elles devaient progresser
00:52:14manifestement
00:52:14le compte n'y est pas
00:52:16et moi ce que j'aurais souhaité
00:52:17c'est que finalement
00:52:18aujourd'hui
00:52:19et bien la note
00:52:22qui permet
00:52:23de ne pas être fonctionnée
00:52:24ce soit 100 sur 100
00:52:25parce que ça repose
00:52:26encore une fois
00:52:27sur des obligations légales
00:52:28et il n'y a pas de raison
00:52:29vous êtes toutes d'accord
00:52:30vous ne vous fâchez pas
00:52:31finalement
00:52:33c'est pas un sujet
00:52:33comme celui-ci
00:52:34je crois qu'effectivement
00:52:35nous sommes d'accord
00:52:36il n'y a pas de sujet
00:52:37Katia Gilder l'a évoqué
00:52:38dans son sujet
00:52:39il y a une directive européenne
00:52:40que la France doit transposer
00:52:42normalement avant juin
00:52:43alors ça se fera
00:52:44a priori
00:52:44pas avant l'automne
00:52:45si j'ai bien compris
00:52:47et qui impose
00:52:48une forme de transparence
00:52:49salariale
00:52:51Sandra Lotte-Fernandez
00:52:52ça peut
00:52:52ça peut changer la donne
00:52:54cette directive
00:52:54vous pensez ?
00:52:56Oui
00:52:57c'est vrai qu'on attendait
00:52:57cette directive
00:52:58et c'est un exemple aussi
00:52:59de mesure
00:52:59on va être en retard
00:53:00dans la transposition
00:53:01quand même en France
00:53:02et c'est typiquement
00:53:04une mesure
00:53:04pour l'égalité femmes-hommes
00:53:05qui a été une victime
00:53:06collatérale de la situation
00:53:08aussi en France
00:53:09il y a eu un léger problème
00:53:10avec le budget
00:53:10je vous rappelle
00:53:11non mais même avant ça
00:53:12c'était au moment
00:53:13de la dissolution
00:53:14et qui a pris du retard
00:53:15et là aussi
00:53:16je pense que c'est une
00:53:17la transposition
00:53:18va permettre de renforcer
00:53:19encore une fois
00:53:21les mesures en France
00:53:22pour lutter
00:53:23contre les écarts de salaire
00:53:24mais il y a la transposition
00:53:25qu'on attend
00:53:26mais il y a aussi
00:53:26d'autres leviers
00:53:27qui sont extrêmement importants
00:53:28et sans lesquels
00:53:29on ne va pas enrayer
00:53:30les écarts de salaire
00:53:30parce qu'on a parlé
00:53:31du plafond de verre
00:53:32et c'est justement
00:53:33la loi de Madame Rixin
00:53:34qui va faire bouger les choses
00:53:36mais il y a encore
00:53:37deux autres phénomènes
00:53:38il y a la question
00:53:39du plafond de mer
00:53:40c'est quand même
00:53:41l'arrivée des enfants
00:53:43et le moment
00:53:44où en fait
00:53:44on voit l'écart
00:53:45se creuser
00:53:45entre les femmes
00:53:46et les hommes
00:53:47au moment
00:53:47dans les carrières
00:53:49c'est péché originel
00:53:50et là
00:53:51on attend aussi
00:53:52des choses
00:53:52sur le service public
00:53:54de la petite enfance
00:53:54en fait
00:53:55les femmes aujourd'hui
00:53:57un enfant
00:53:57de moins de 3 ans
00:53:58sur 2
00:53:59n'a pas de solution
00:54:01de garde
00:54:01donc qui s'arrête
00:54:02de travailler
00:54:02pour s'occuper des enfants
00:54:04ce sont les femmes
00:54:05et c'est vraiment
00:54:05là où on voit
00:54:06le décrochage
00:54:06entre les femmes
00:54:07et les hommes
00:54:07c'est l'arrivée des enfants
00:54:08donc on attend des choses
00:54:09sur la petite enfance
00:54:10sur les congés de naissance
00:54:11il y a eu des évolutions
00:54:12mais elles ne sont pas
00:54:13encore une fois
00:54:14c'est un peu
00:54:14des demi-mesures
00:54:15c'est le message
00:54:16qu'on veut faire passer
00:54:17à Oxfam
00:54:17et il y a la question
00:54:18aussi du plancher collant
00:54:19c'est les femmes
00:54:20sont en fait
00:54:21surreprésentées
00:54:22dans les métiers
00:54:23les moins rémunérés
00:54:24les moins valorisés
00:54:24et sans revaloriser
00:54:26les métiers du soin
00:54:26les métiers de l'entretien
00:54:27de la petite enfance
00:54:28on n'arrivera pas
00:54:29à enrayer les écarts
00:54:30de salaire en France
00:54:31Julie
00:54:31et sur cette mesure
00:54:33de transparence aussi
00:54:35il me semble déjà
00:54:38important de soulever
00:54:39ces limites
00:54:40qui sont déjà
00:54:41on les voit apparaître
00:54:42dans les enquêtes
00:54:44dans les chiffres
00:54:45c'est que
00:54:46avec cette nouvelle mesure
00:54:48il faut oser demander
00:54:49et c'est aussi
00:54:50une chose dont on n'a pas parlé
00:54:51dans les facteurs explicatifs
00:54:54en tout cas avancés
00:54:54par l'APEC
00:54:55des inégalités salariales
00:54:57surtout chez les cadres
00:54:58c'est que les femmes
00:54:59souvent n'osent pas demander
00:55:00et donc on voit
00:55:00que si
00:55:01on peut se demander
00:55:02en tout cas moi je me demande
00:55:03si les femmes
00:55:04souvent n'osent pas demander
00:55:05une augmentation
00:55:05est-ce qu'elles vont oser
00:55:06aller voir leur manager
00:55:07pour aller demander
00:55:08ah ben moi je veux
00:55:09savoir le salaire
00:55:10de mes collègues
00:55:11c'est une vraie question
00:55:12qui est soulevée
00:55:12par l'étude de l'APEC
00:55:13par rapport à cette directive européenne
00:55:15parce que
00:55:15juste avant que vous répondiez
00:55:17par rapport à ça
00:55:18que nos téléspectateurs
00:55:19sachent ce que prévoit
00:55:20la directive
00:55:21c'est qu'elle permet
00:55:22elle va permettre
00:55:23à chacun
00:55:24de demander
00:55:24à son employeur
00:55:25combien touche
00:55:26le collègue
00:55:27qui a un poste équivalent
00:55:28et dans l'étude
00:55:29on voit que les femmes
00:55:30disent qu'elles oseront
00:55:31pas forcément
00:55:33poser cette question
00:55:33en tout cas
00:55:34elles sont 40% à dire
00:55:35qu'elles n'oseront pas
00:55:36faire cette demande
00:55:36contre 32%
00:55:38chez les hommes
00:55:39qu'est-ce qu'il faut faire
00:55:40pour résoudre ça ?
00:55:42Le problème
00:55:43c'est que déjà
00:55:43les femmes sont déjà touchées
00:55:44par le syndrome
00:55:45de l'imposteur
00:55:46c'est-à-dire que déjà
00:55:46même pour demander
00:55:48une augmentation
00:55:48elles ont déjà
00:55:50plus de mal
00:55:50à aller voir leur employeur
00:55:52et à dire
00:55:52ben voilà
00:55:53au vu de l'année
00:55:54que je vois
00:55:55des résultats
00:55:55etc
00:55:56j'aimerais
00:55:57négocier
00:55:58une augmentation
00:55:59les hommes
00:56:00ont beaucoup moins
00:56:00de problèmes
00:56:01parce qu'on leur apprend
00:56:01très tôt
00:56:02que de toute façon
00:56:04leur excellence
00:56:05etc
00:56:06mérite une reconnaissance
00:56:08en monnaie sonnante
00:56:09et trébuchante
00:56:10alors que chez les femmes
00:56:11on a beaucoup plus de mal
00:56:12on se départit
00:56:13beaucoup plus
00:56:15difficilement
00:56:15de syndrome
00:56:16de l'imposteur
00:56:16effectivement
00:56:17en plus
00:56:17c'est pas dans notre culture
00:56:18déjà
00:56:20d'entreprise
00:56:20qu'on soit un homme
00:56:21ou une femme
00:56:21d'aller regarder
00:56:22ce que l'autre
00:56:25touche comme rémunération
00:56:26c'est un sujet
00:56:28un peu tabou en France
00:56:29globalement
00:56:30c'est ce que je dis
00:56:30déjà globalement
00:56:31déjà
00:56:31donc ça va être
00:56:32d'autant plus difficile
00:56:33pour une femme
00:56:33d'aller dire
00:56:34bon alors mon collègue
00:56:36masculin
00:56:36il gagne
00:56:37est-ce qu'il gagne
00:56:38la même chose que moi
00:56:39c'est étonnant
00:56:39je vous entends
00:56:40toutes parler
00:56:40c'est comme s'il n'y avait
00:56:41pas de syndicat
00:56:42dans toutes ces entreprises
00:56:43il n'y a pas simplement
00:56:44le rapport entre le salarié
00:56:46et son patron
00:56:46est-ce que c'est une priorité
00:56:48des syndicats ?
00:56:49moi c'est une vraie question
00:56:51parce que je me dis
00:56:52que normalement
00:56:53les syndicats
00:56:54devraient pouvoir avoir
00:56:55cette information
00:56:56et pouvoir la communiquer
00:56:57aux femmes
00:56:58qui en font la demande
00:56:59je pense que ce serait
00:57:00plus facile
00:57:01si effectivement
00:57:02cette demande
00:57:02ne se fait pas directement
00:57:04auprès de la hiérarchie
00:57:05mais que ces informations
00:57:07soient détenues
00:57:08par les représentants
00:57:09du personnel
00:57:10et qu'elles puissent
00:57:11aller le consulter
00:57:12sans avoir
00:57:13cette sensation
00:57:15que finalement
00:57:16on vient
00:57:18un peu
00:57:20moucharder
00:57:20sur la fiche de paye
00:57:21de son collègue
00:57:22parce que c'est compliqué
00:57:23en fait
00:57:24Marie-Pierre Hixin
00:57:24alors sur ce sujet
00:57:26d'abord
00:57:26il faut reconnaître
00:57:27que dans des pays
00:57:28comme par exemple
00:57:28le Danemark
00:57:29le fait d'avoir
00:57:30levé le voile
00:57:31sur les salaires
00:57:32a eu des résultats
00:57:33substantiels
00:57:34sur la résorption
00:57:35des inégalités salariales
00:57:36pourquoi ?
00:57:37parce que
00:57:38encore une fois
00:57:38on rappelait tout à l'heure
00:57:39que l'égalité salariale
00:57:41c'est un droit
00:57:41et que pour faire respecter
00:57:43ce droit
00:57:43si vous n'avez pas accès
00:57:44aux informations
00:57:46qui sont inhérentes
00:57:47nécessairement
00:57:48vous ne pouvez pas
00:57:49faire respecter ce droit
00:57:50donc l'opacité
00:57:50on imagine les discussions
00:57:51à la machine à café
00:57:52en fait l'opacité salariale
00:57:54a finalement été
00:57:56a permis
00:57:57de garder
00:57:58encore une fois
00:57:59ces inégalités salariales
00:58:01très prégnantes
00:58:01mais ce que je souhaiterais
00:58:03également rajouter
00:58:03c'est que
00:58:04sur notamment
00:58:05les inégalités
00:58:08salariales
00:58:08on a effectivement
00:58:10à la fois
00:58:11le rapport
00:58:12à la maternité
00:58:12c'est une réalité
00:58:13il y a une asymétrie
00:58:14dans la charge salariale
00:58:16concernant la parentalité
00:58:17mais il y a
00:58:18un autre phénomène
00:58:19moi je crois
00:58:20que le syndrome
00:58:21de l'imposture
00:58:22oui peut-être
00:58:22existe-t-il
00:58:23mais il est d'abord
00:58:24systémique
00:58:25parce que nous avons
00:58:26en fait
00:58:29éduqué
00:58:30en fait
00:58:30les filles
00:58:31à inscrire
00:58:33cette docilité
00:58:34dès le plus jeune âge
00:58:35à travers à la fois
00:58:36les comptes
00:58:36les stéréotypes
00:58:37et qu'elles
00:58:40intègrent
00:58:40en fait
00:58:40cette docilité
00:58:41et que c'est
00:58:42extrêmement mal vu
00:58:43y compris pour des femmes
00:58:44qui ont des postes
00:58:45à responsabilité
00:58:46et bien de montrer
00:58:47qu'elles ont de l'ambition
00:58:48et qu'elles souhaitent
00:58:50être rémunérées
00:58:51à cette hauteur
00:58:51merci beaucoup
00:58:52à toutes les trois
00:58:53vous restez avec nous
00:58:54parce qu'on passe à présent
00:58:55à notre journal de campagne
00:59:02bonsoir Valérie
00:59:03bonsoir Clément
00:59:04alors vous avez entendu
00:59:04je parlais
00:59:05journal de campagne
00:59:05c'est pas Bourbon Express
00:59:06non exactement
00:59:07ça change
00:59:08et oui ça change
00:59:08parce qu'on est à 12 jours
00:59:09du premier tour des municipales
00:59:10et donc vous nous proposez
00:59:12un petit tour de France
00:59:12avec des histoires
00:59:13un peu originales
00:59:15on va dire
00:59:15exactement Clément
00:59:16et pour commencer
00:59:16et bien je vous emmène
00:59:17près de Nantes
00:59:18où personne ne voulait
00:59:20être le maire
00:59:20de tout le monde
00:59:21tout le monde
00:59:22c'est une commune
00:59:23près de Cholet
00:59:25dans le Maine-et-Loire
00:59:25alors il n'y avait
00:59:26pas foule
00:59:27pour succéder au maire
00:59:28et en l'absence
00:59:28de candidats
00:59:30à la date limite
00:59:30du dépôt des listes
00:59:32et bien la ville
00:59:32aurait tout simplement
00:59:33pu fusionner
00:59:34mais heureusement
00:59:35Céline Thomas
00:59:36est arrivée
00:59:37par un processus
00:59:38plutôt original
00:59:39qu'elle nous explique
00:59:40les quatre conseillers
00:59:41sortants
00:59:42nous ont expliqué
00:59:43ce que c'était
00:59:43qu'un conseil municipal
00:59:44comment ça fonctionnait
00:59:45et de quoi ils avaient besoin
00:59:47et en fait je me suis dit
00:59:48ça me plairait bien
00:59:49d'être conseillère municipale
00:59:50on s'est retrouvés
00:59:51donc à s'inscrire
00:59:52pour faire partie
00:59:53de l'équipe
00:59:53il y a deux personnes
00:59:54dont moi
00:59:55qui se sont proposées
00:59:56pour être tête de liste
00:59:57et donc on a laissé
00:59:58les autres membres
00:59:59du groupe choisir
00:59:59et puis il y a eu un vote
01:00:00à bulletin secret
01:00:02et puis j'ai gagné
01:00:03j'ai une courte tête
01:00:04et voilà comment
01:00:05je me suis retrouvée
01:00:05tête de liste
01:00:06voilà je crois
01:00:07je crois qu'on peut le dire
01:00:07tout le monde a eu chaud
01:00:09sur ce coup là
01:00:10mais plus sérieusement
01:00:11il existe en France
01:00:12des communes
01:00:12qui n'ont pas déposé
01:00:14de liste
01:00:1568 communes
01:00:16très précisément
01:00:17se retrouvent
01:00:17sans candidat
01:00:18comme à Molo
01:00:20dans le Haut-Rhin
01:00:21une petite commune
01:00:22de 330 habitants
01:00:23où le maire actuel
01:00:24Frédéric Cacquel
01:00:25ne souhaite pas
01:00:26se représenter
01:00:27et bien tout simplement
01:00:28parce qu'il est épuisé
01:00:30maire d'une petite commune
01:00:31oui c'est une très belle fonction
01:00:32on a fait énormément de choses
01:00:34mais les gens
01:00:34ne s'imaginent pas
01:00:35derrière tout ce qu'il y a à faire
01:00:36dans un petit village
01:00:37par rapport à une grande ville
01:00:38voilà
01:00:39et j'ai toujours donné
01:00:40mon numéro de téléphone
01:00:41et on m'appelait
01:00:42jour et nuit
01:00:42ça ne me dérangeait pas
01:00:44mais je crois que
01:00:45les 24 heures
01:00:46ça ne suffit pas
01:00:46mais cette décision
01:00:48de ne pas se représenter
01:00:49les habitants de Molo
01:00:50l'ont parfaitement comprise
01:00:52on est quand même inquiets
01:00:53je conçois oui
01:00:54qu'on ne veuille pas
01:00:54forcément se représenter
01:00:55parce que c'est quand même
01:00:56un gros investissement
01:00:57c'est tellement facile
01:00:58de critiquer
01:00:59quand on n'a jamais fait
01:01:00donc je pense que vraiment
01:01:01tout le monde doit s'y mettre
01:01:02à un moment donné
01:01:04et ce souhait
01:01:04il a été
01:01:06entendu
01:01:06puisque les habitants
01:01:07de Molo
01:01:08ont fini
01:01:08par réfléchir
01:01:10à une liste
01:01:11mais trop tard
01:01:12pour le 15 mars
01:01:12alors oui
01:01:13trop tard
01:01:13trop tard
01:01:14parce qu'il y avait
01:01:14une date à respecter
01:01:1526 février à 18h
01:01:17pour déposer sa liste
01:01:18alors qu'est-ce qui se passe
01:01:19pour les communes
01:01:19comme Molo
01:01:20et bien pas de candidat
01:01:21pas de vote
01:01:22Clément
01:01:22c'est aussi simple que ça
01:01:23et dans ce cas
01:01:23il existe une procédure spéciale
01:01:26prévue à cet effet
01:01:27la préfecture devra mettre en place
01:01:30une délégation de trois personnes
01:01:32de la commune
01:01:33dans les huit jours
01:01:34qui suivent les élections municipales
01:01:36une délégation qui pourra gérer
01:01:37uniquement les affaires courantes
01:01:39comme la gestion des écoles
01:01:41le ramassage des déchets
01:01:43ou encore le paiement
01:01:44des agents municipaux
01:01:45impossible dans ces conditions
01:01:47d'engager de nouveaux travaux
01:01:48d'acheter ou de vendre
01:01:49un bien immobilier
01:01:50ou encore de modifier
01:01:51les budgets
01:01:52et cette délégation
01:01:53elle aura trois mois
01:01:55pour organiser
01:01:56de nouvelles élections
01:01:57et s'il n'y a toujours pas
01:01:58des deals après cela
01:01:59et bien alors le préfet
01:02:01peut tout simplement décider
01:02:02de dissoudre la commune
01:02:04et la fusionner
01:02:05avec une autre
01:02:06alors il y a aussi
01:02:07la situation inverse
01:02:08vous avez trouvé un exemple
01:02:09d'un maire
01:02:10qui n'a aucun habitant
01:02:11à gérer
01:02:11comment est-ce que c'est possible
01:02:12et bien exactement
01:02:13Clément je vois que ça intéresse
01:02:14tout le monde sur ce plateau
01:02:15je vais vous parler
01:02:16de la commune de Fleury
01:02:17devant Douaumont
01:02:18dans la Meuse
01:02:20car c'est un village
01:02:20mort pour la France
01:02:22alors quand on le dit
01:02:23comme ça
01:02:23ça paraît un peu triste
01:02:24mais en réalité
01:02:25c'est un titre honorifique
01:02:26pour garder la mémoire
01:02:28d'une commune
01:02:28qui a été rasée
01:02:30vidée de ses habitants
01:02:31après la première guerre mondiale
01:02:33et je peux vous dire
01:02:34que Jean-Pierre Lapparat
01:02:35le maire de cette ville
01:02:36est très très fier
01:02:38de son mandat
01:02:39nous ne sommes pas élus
01:02:41mais nommés par les préfets
01:02:43sous proposition
01:02:44du conseil départemental
01:02:45notre rôle
01:02:47c'est d'accueillir
01:02:48nous faisons un honneur
01:02:50et un plaisir
01:02:50de les accompagner
01:02:51donc les enfants
01:02:52les élèves
01:02:53en particulier
01:02:54les bus
01:02:55qui viennent nous voir
01:02:56on rappelle une mémoire
01:02:58qui a disparu
01:02:59en 1916
01:03:00du fait des bombardements
01:03:02alors voilà Clément
01:03:03pas d'élection
01:03:03à Fleury
01:03:04devant Douaumont
01:03:05vous l'avez compris
01:03:05mais pour toutes
01:03:06les autres communes
01:03:07qui ont donc au moins
01:03:08une liste à présenter
01:03:09rendez-vous
01:03:10le 15 mars
01:03:11pour le premier tour
01:03:11merci beaucoup Valérie Brochard
01:03:13pour ces petites histoires
01:03:14qui font aussi la campagne
01:03:15des municipales
01:03:15d'un mot
01:03:16Diana Badiop
01:03:17je vous entendais réagir
01:03:17pendant que le maire
01:03:18disait qu'il ne pouvait plus
01:03:20c'était trop
01:03:20vous en connaissez beaucoup
01:03:22des maires comme ça ?
01:03:23oui et puis sincèrement
01:03:24en cette période
01:03:25de campagne municipale
01:03:26moi j'adresse vraiment
01:03:27toute mon admiration
01:03:29et mon soutien
01:03:30notamment à ces édiles
01:03:31de toutes petites communes
01:03:33qui ne connaissent pas
01:03:34en fait de repos
01:03:35et ils sont maires
01:03:3624h sur 24
01:03:377 jours sur 24
01:03:38merci beaucoup
01:03:38ce sera le mot de la fin
01:03:39et merci à toutes les trois
01:03:40d'être venus sur ce plateau
01:03:41Chaque voix compte
01:03:42c'est donc terminé
01:03:42pour ce soir
01:03:43mais vous pouvez retrouver
01:03:43l'émission à 23h
01:03:45sur LCP
01:03:45ou sur notre chaîne YouTube
01:03:47et notre site internet
01:03:48lcp.fr
01:03:49dans un instant
01:03:50un nouveau doc sur LCP
01:03:51avec Débat Doc
01:03:52Jean-Pierre Gratien
01:03:52passez une bonne soirée
01:03:54à l'écoute de LCP
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