00:00Donc déjà le gars me tape et après il vient me faire le débrief.
00:02On a fait le canal football club de la bagarre pour éviter la possession, le nombre d'occasion de chaque
00:07côté, etc.
00:08J'avais 18 ans à l'époque et je vais en boîte de nuit pour fêter l'obtention de mon
00:12permis de conduire.
00:13Mais j'y vais à pied puisque j'ai mon permis mais j'ai pas de voiture à l'époque.
00:17Et c'est la première fois aussi que je vais en boîte de nuit pour une raison très simple qui
00:20est qu'avant ne me laissait pas rentrer en boîte de nuit.
00:24Une fois il y a même un videur qui m'a dit je suis désolé monsieur vous avez pas mis
00:26de talons.
00:26J'étais très timide à l'époque donc je faisais un truc qu'il ne faut pas forcément faire.
00:29Je buvais un petit peu trop en soirée pour essayer de me désinhiber.
00:33Donc je vais au bar de cette boîte de nuit ce soir-là et je demande à la serveuse une
00:37vodka pomme.
00:37Elle me donne la vodka et elle me dit ça fait 23 euros.
00:41Je lui dis excusez-moi madame je crois que vous n'avez pas très bien compris.
00:43Je ne veux pas racheter l'établissement.
00:46Je veux juste boire un coup comme ça.
00:48Finalement je paye parce que je suis obligé.
00:50A l'époque je paye avec une carte de crédit qui a des plafonds de retrait tellement bas que dès
00:54que tu veux payer tu te cognes.
00:58Donc écoute la soirée commence bien parce que moi au bout de 7 minutes j'ai déjà dépensé le PIB
01:02du Yémen dans une boisson.
01:03Je suis comme ça à attendre.
01:05Je tiens à préciser aussi à l'époque j'ai un style vestimentaire un peu sogrenu.
01:09C'est à dire que j'ai des lunettes de vue.
01:11Et j'ai fait ce que tu fais quand tu essayes de montrer aux autres que tu as confiance en
01:14toi alors que pas du tout.
01:15J'ai dégraffé un petit peu trop de boutons de ma chemise ce soir-là.
01:19Ce qui fait que j'ai vraiment un look mi-squeezy, mi-Henrico Macias.
01:26Et à ce moment-là, je suis toujours avec mon verre au bar de la boîte, je croise le regard
01:30d'une très jolie fille avec qui ça match.
01:32Ça match de mon côté.
01:34Elle se dit pourquoi il me fixe Henrico Macias.
01:37Sauf que je suis timide à l'époque donc je ne sais pas comment aller l'aborder.
01:40Donc dans un premier temps je me dis je vais faire comme tu fais sur Instagram.
01:43Je vais aller lui taper deux fois dessus.
01:46Je vais la liker mais après je me dédouane, je me dis bon tu likes pas des gens si tu
01:51les connais pas.
01:52Mais j'arrive quand même à entamer un début de conversation avec elle.
01:56Sauf que plus la discussion avance, plus moi je suis stressé, donc plus je bois.
01:59Ce qui fait qu'arrive à un moment dans la discussion où je suis comme on dit dans le métier
02:04totalement rabat.
02:08C'est à dire qu'il y a de la musique dans la boîte de nuit.
02:10Moi je suis comme ça, je suis en train de festoyer quoi.
02:14J'ai des gens qui prennent des initiatives sans que j'ai demandé.
02:17Il y en a une qui va là-bas, l'autre qui va là-bas.
02:19Avec mon verre à 23 euros, tout ça en train de boire des petits coups de PIB du Yémen comme
02:23ça.
02:24Et on entame la discussion avec cette fille.
02:26Moi je suis totalement perdu, tu sais dans ma tête je suis là.
02:28Elle est où la moulaga ?
02:31Ça n'a plus aucun sens.
02:33Et à ce moment-là, j'ai un des amis avec qui je suis rentré dans la boîte de nuit.
02:36Qui est quelques mètres plus loin, à peu près par là.
02:38Commence à s'échauffourer avec une équipe de rugbyman.
02:41Donc je sens qu'il y a la tension qui monte un petit peu.
02:43C'est un ami un peu bagarreur en plus, moi comme vous ne le savez pas du tout.
02:46Jusqu'à présent la meilleure arme de défense que j'ai développée à cet âge-là c'est la fuite.
02:52Donc je me dis à ce moment-là, moi je suis en train de parler avec la femme de ma
02:55vie.
02:55Parce que ça fait plus de 7 minutes qu'on discute.
02:57Je commence déjà à réfléchir au prénom de nos enfants et à la taille de l'appartement qu'on va
03:01prendre.
03:02Je me dis qu'il y a deux options qui se présentent à moi pour avoir l'air un peu
03:05cool.
03:05La première c'est que je vais intervenir dans la bagarre.
03:08Mais c'est peut-être mon dernier jour de nuit sur terre.
03:11D'autant plus que c'est très dur de te marier une fois que tu es décédé.
03:15Suite à cette bagarre.
03:17La deuxième option étant, les issues de secours sont situées au centre, à l'avant et à l'arrière de
03:22la boîte de nuit et de fuir.
03:24Donc heureusement je prends finalement la première option.
03:26Je décide d'aller aider mon ami, ce qui est normal.
03:28Sauf qu'à l'époque, je n'ai pas du tout confiance en mes capacités physiques.
03:32Maintenant non plus.
03:35Mais je suis encore plus mince que maintenant.
03:37Là vous me voyez à 25 ans, je vous laisse imaginer à 18.
03:40On dirait que je reviens de Koh-Lanta.
03:42Donc je vais dans la bagarre.
03:43Mais je n'y vais pas du tout avec la volonté de me battre.
03:45Parce que ce n'est pas ce qu'il faut faire.
03:46J'y vais avec la volonté de raisonner et d'apaiser un petit peu.
03:49Sauf que je me rends bien sûr évidemment compte qu'il est très dur d'apaiser un rugbyman de 120
03:53kilos.
03:54Vraiment très costaud.
03:55Vraiment le groupe de rugbyman pour que vous vous conscientisez, je pense que le plus maigre fait le poids d
04:00'une Fiat 500.
04:02Pour vous donner un ordre d'idée.
04:04Donc évidemment je ne décide pas de me battre.
04:05Je décide juste de prendre mon ami et de le tirer par le bras pour qu'on aille festoyer ensemble.
04:09Et à ce moment-là, il y a quelqu'un que je ne connais ni d'Adam ni d'Eve
04:12qui décide de m'envoyer de toutes ses forces un coup de poing dans l'arcade sourcilia.
04:18Il m'a liké mais un peu plus fort.
04:22Donc là, c'est la partie de l'histoire où ça commence à être un petit peu flou.
04:25Si je peux me permettre.
04:27Donc moi je tombe évidemment de toutes mes forces par terre.
04:31Sous la violence du coup.
04:32C'était le combat le plus court de l'histoire d'où que moi.
04:35J'essaie de me relever mais je n'y arrive pas parce que j'ai mes jambes qui sont parties
04:37discuter au fumoir ensemble.
04:40Elle m'a dit vas-y on te laisse te débrouiller.
04:42Tout ça, bien évidemment, devant les yeux de la fille, persuadé que je suis censé être 50 cents dans ce
04:48moment-là.
04:49C'est d'autant plus humiliant qu'à ce moment-là, je me fais sortir par un des videurs de
04:53la boîte de nuit qui est persuadé que c'est moi qui viens de déclencher une bagarre.
04:57Donc quelqu'un qui n'a pas du tout le sens de l'observation.
05:02Mais qui porte très bien sa fonction de videur parce qu'il a eu du mal à me laisser rentrer
05:05mais beaucoup moins à me faire sortir.
05:08Ça a été très rapide, il m'a pris comme un sac poubelle, c'est comme ça.
05:10Et il m'a jeté dehors sur le trottoir, il s'est dit poubelle jaune, lui c'est bon.
05:14Donc arrive un moment où moi je me retrouve sur le trottoir d'une boîte de nuit, l'arcade en
05:17sang, la chemise ouverte en Enrico Macias Moulaga.
05:20Donc autant te dire que je suis un petit peu énervé.
05:23Mais énervé à mon niveau.
05:25C'est-à-dire que je me dis oula.
05:30Qu'est-ce que je suis énervé.
05:32Mais j'ai quand même mon instinct de mal alpha qui se réveille.
05:35Il y en a un petit qui est là à peu près comme ça.
05:37Et je me dis, je vais y retourner et il va voir de quel bois je me chauffe.
05:42Sauf qu'évidemment je me chauffe de aucun bois à ce moment.
05:47Et à ce moment-là, il y a une des personnes qui était dans la bagarre qui sort de la
05:51boîte de nuit pour me rejoindre sur le trottoir.
05:53Moi j'y vois flou, au début je ne sais pas si c'est quelqu'un ou si c'est
05:56un poids lourd tellement il est imposant.
05:58Je me dis, c'est le tram qui arrive tellement.
06:01Sauf qu'il s'approche de moi.
06:02Et donc je suis en sang sur le trottoir.
06:04Il me dit, excuse-moi, est-ce que c'est tout que je viens de taper en bas dans la
06:07boîte de nuit ?
06:07Et il me dit, je voulais juste te dire qu'en fait je suis désolé.
06:10Parce que je suis rugbyman et quand je bois, je ne contrôle pas ma force.
06:14Je dis, écoute, là j'ai l'arcade qui est partie aux Maldives.
06:17Donc effectivement je l'avais constaté.
06:20Donc déjà le gars me tape et après il vient me faire le débrief.
06:27Il m'a fait le canal football club de la bagarre pour déclare la possession, le nombre d'occasions de
06:32chaque côté, etc.
06:34Donc moi je suis toujours sur un trottoir en mauvaise posture.
06:37Donc j'ai un ami, je signe encore de l'arcade qui ne veut manifestement pas s'arrêter.
06:40J'ai un ami qui décide de m'amener à l'hôpital américain de Neuilly.
06:43Qui n'était pas très loin à ce moment-là.
06:45Pour ceux qui ne voient pas ce que c'est, c'est un hôpital dans lequel tu rentres avec de
06:48l'argent et tu ressors à découvert.
06:51C'est-à-dire que tu rentres, tu es malade, tu sors, tu n'as plus de maladie mais tu
06:55n'as plus de plan épargneux.
06:56Donc je vois à ce moment-là, il y a un médecin qui me voit, qui constate l'état dans
07:00lequel je suis.
07:01Il me dit, c'est simple, je suppose que vous vous êtes battus.
07:03Je lui dis, alors moi personnellement, on m'a abattu.
07:07Je lui dis, à la base je voulais raisonner une Fiat 500.
07:11Il dit, écoutez, il n'y a pas beaucoup de solutions, on va vous faire des points de suture sur
07:14l'arcade.
07:14Je lui dis, écoutez, ça tombe bien, je viens d'avoir mon permis.
07:16Comme ça, ça m'en fait 6 sur l'arcade, 12 sur le permis.
07:20Je passe vraiment une très bonne soirée.
07:22Finalement, je me fais opérer un petit peu.
07:24La soirée se termine, c'est le moment de sortir de l'hôpital et de payer.
07:28Il y a une infirmière qui me montre la note.
07:30Je lui dis, excusez-moi madame, je crois que vous n'avez pas très bien compris.
07:32Je ne peux pas non plus racheter l'hôpital.
07:35C'était un devis, je crois.
07:39Je lui dis, vous savez quoi, au point où on en est, rajoutez de votre capom, comme ça on passe
07:43une bonne soirée.
07:44Elle a un peu de peine, c'est qu'elle voit mon état, elle voit que je galère, je suis
07:46tout seul et tout.
07:47Elle m'a dit, monsieur Mirabel, est-ce que vous voulez qu'on vous commande un taxi pour rentrer chez
07:50vous ?
07:50Je lui dis, moi, vous faites erreur, moi c'est Enrico Macias.
07:54Du coup, ce soir-là, je suis rentré chez moi sans argent, sans chemise, sans arcade, sans meuf.
07:59Mais ça m'a fait une petite anecdote à raconter.
08:01Comme d'habitude, une masterclass de Paul Mirabel.
08:03Trop fort, trop fort.
08:05Je peux partir ?
08:06Oui.
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