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- #humour
- #standupcomedy
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La honte, la vraie.
Dans L’Heure du Cringe, les artistes se racontent à travers leurs moments les plus gênants, absurdes ou douloureusement drôles.
Dans cet épisode, Rosa Bursztein revient sans filtre sur ces instants qu’on préférerait oublier… mais qui font souvent les meilleures histoires.
Une interview intime, drôle et parfois inconfortable, où l’on parle d’échecs, de maladresses et de cette honte qui forge aussi un parcours artistique.
👇 Dis-nous en commentaire TON moment le plus cringe.
Interview : David Romieux
Montage : Stella Capitaine
#humour #standupcomedy #interview
Dans L’Heure du Cringe, les artistes se racontent à travers leurs moments les plus gênants, absurdes ou douloureusement drôles.
Dans cet épisode, Rosa Bursztein revient sans filtre sur ces instants qu’on préférerait oublier… mais qui font souvent les meilleures histoires.
Une interview intime, drôle et parfois inconfortable, où l’on parle d’échecs, de maladresses et de cette honte qui forge aussi un parcours artistique.
👇 Dis-nous en commentaire TON moment le plus cringe.
Interview : David Romieux
Montage : Stella Capitaine
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Catégorie
😹
AmusantTranscription
00:00Coucou Rosa, comment tu vas ?
00:01Super !
00:02On est ravis de t'accueillir chez Seriously pour ce nouveau format qui s'appelle L'Heure du Cringe.
00:06Et on a toujours une première question pour introduire cette nouvelle mission.
00:09C'est quoi ta dernière honte ?
00:12Ok, déjà il faut savoir que moi j'ai presque honte tous les jours.
00:16J'ai eu honte ce matin d'avoir envoyé un message sur le groupe WhatsApp Pro.
00:24Tard hier soir, mon bébé avait beaucoup pleuré.
00:28Et résultat, j'avais pleuré aussi et j'ai envoyé un long message écrit en disant
00:33« Je suis nulle, je suis une merde, je n'y crois plus. »
00:35Et puis le matin je me suis réveillée, je suis en mode « Ah ouais, oversharing de ouf ! »
00:39Et j'ai eu un peu honte.
00:41Je me dis « Rosa, peut-être ne raconte pas ta vie à minuit avec des gens. »
00:46Souvent on fait des choses le soir avec la fatigue qu'on regrette le matin.
00:48Il y a une époque, c'était envoyer des textos à des ex.
00:52Et maintenant c'est dire « Je suis fatiguée. »
00:57T'as ce sentiment justement de « J'aurais pas dû dire ça après avoir honte ? »
01:01Comment tu réagis ?
01:02Bah oui, en fait souvent je me dis « Mais pourquoi je suis pas plus digne, bordel ? »
01:09Mais même parfois j'ai honte d'Instagram.
01:13J'ai honte des stories que je fais.
01:14Je me dis « Ah, il faut raconter sa vie sur Instagram. »
01:19C'est comme ça que ça marche.
01:21Il faut vraiment raconter toute sa life.
01:23Et puis parfois je partage quelque chose peut-être d'intime.
01:28Et ensuite j'ai peur de mon téléphone.
01:30Je suis en mode « Ah, j'ai honte, j'ai honte, j'ai honte. »
01:32Et puis ensuite je vais vérifier.
01:34« Ah non, j'ai 50 messages. »
01:35« Ah ouais, en fait je suis trop forte. »
01:37« J'ai eu trop raison de faire ça. »
01:48Et puis s'il y a le rire en face, le rire annule la honte.
01:52Ah voilà, ça a un sens que je dis ça, ça fait rire.
01:56Je pense que la honte c'est quand on balance un truc et « Ah, il n'y a pas
01:59de rire. »
02:00Un petit, un peu de dommage.
02:03Et t'as eu ça dans ton parcours, c'est aussi cette honte, ce côté cringe ou même la gêne.
02:07Parce que quand tu as fait ton podcast, tu avais cette manière aussi de gêner ton invité.
02:14Et c'est quelque chose que t'as apporté aussi dans ta carrière,
02:17vraiment d'essayer de gêner, mais tout en faisant rire.
02:20Exactement.
02:21Oui, l'inspiration c'était Zach Galifianakis et « Between Two Ferns »
02:24et vraiment le fait de laisser des temps.
02:27Et j'aimais bien les ambiances aussi, justement un peu à « The Office »
02:32où en fait il y a un rire, mais il y a un blanc en fait et on ne sait
02:35pas.
02:35Et c'est ça qui provoque le rire.
02:37Il y a une série que j'adore qui s'appelle « Coeur bior enthousiasme ».
02:41Et on est toujours entre le « Oh non ! » entre la gêne et le rire.
02:45« Mais il ne va pas faire ça, il ne va pas faire ça, il ne va pas dire ça
02:48».
02:48Et en fait, si, il le dit et ça me fait exploser de rire.
02:52Et en même temps, je suis toujours un peu de « You know, il ne faut pas ».
02:55Il y a toujours…
02:58Ouais, c'est frôler, frôler le cringe, ce qu'on a le droit.
03:03Ouais, mais j'adore.
03:04En fait, je suis très consommatrice de ça.
03:07Et après, il faut savoir le manier dans la vie.
03:09C'est tout un art, parfois, on foire.
03:10Et tu as eu des invités, justement, où ça allait trop loin, où ils ne savaient pas où se mettre
03:15pendant le podcast ?
03:17Ouais, je pense qu'il y en a qui étaient assez perturbés.
03:19Je pense que l'épisode avec M. Poulpe, quand même, dans un hôtel, il était un peu gêné parfois, un
03:26peu amusé, un peu choqué, un peu étonné.
03:30Et pareil, c'était un peu la même expérience pour les auditeurs et auditrices.
03:34Les gens étaient là, mais est-ce qu'ils ont fait l'amour ?
03:37Non, non, il y avait ce mystère.
03:40Mais de toute façon, je pense qu'il y a aussi beaucoup de choses de la drague qui sont parfois
03:44gênantes.
03:45Je me souviens de ce moment où tu te dis…
03:47En fait, d'ailleurs, il n'y a rien de plus courageux et gênant que le date quand tu es
03:52célibataire,
03:53l'intimité partagée, le fait de…
03:55Ensuite, bon, le couple, il y a quand même ce confort de…
03:58Tu te connais, tu as plus cette gêne de montrer à l'autre.
04:02C'est la place des proutes au quotidien.
04:05Ça, c'est vraiment un des sujets du couple, quoi.
04:07La porte entre-ouverte.
04:08La porte entre-ouverte.
04:09Ah, aux toilettes ?
04:10Ouais.
04:10Là, tu y es passé en autre salle aussi.
04:11Il y a un autre, que j'ai l'impression que toi, tu as franchi il y a bien longtemps.
04:15Non, non, j'ai senti qu'il y avait peut-être cette porte entre-ouverte.
04:18Il y a la porte entre-ouverte.
04:19Je dirais plutôt qu'il y a la couette soulevée.
04:21Oui.
04:21Parce que j'ai l'impression que pendant tout un temps, tu es en couple.
04:24Moi, j'ai des pets très sincères, très francs.
04:26C'est-à-dire qu'ils font du bruit, mais ils ne sont pas spécialement odorants.
04:29Mon mec, c'est vraiment Snake.
04:30C'est-à-dire qu'on n'entend rien.
04:32Là, c'est un petit sniper.
04:33Ah, c'est un sniper.
04:34Et un jour, j'ai l'impression que le stade de notre couple,
04:36ça n'a pas été le moment où on a eu un enfant.
04:39C'était le moment où j'ai soulevé la couette.
04:40Je me dis, c'est quoi ce bordel ?
04:42Et en fait, c'était juste ces pets.
04:44Je me dis, mais ça depuis le début.
04:45Et je ne sais pas, c'est comme si c'était autorisé à soulever la couette
04:48après qu'on ait eu un enfant, qu'avant, il devait avoir un système
04:52où la couette était toujours bloquée.
04:54Et j'étais en mode, ah ouais, donc ça sent comme ça.
04:56Et maintenant, c'est trop tard.
04:57Genre, on a un enfant, je ne peux plus le quitter.
04:59Là, tu es arrivé dans un autre stade dans ta vie aussi,
05:01c'est l'enfant.
05:02Ou justement, on en parlait juste avant cette émission.
05:05Tu vas découvrir les hontes aussi d'un proche, très proche.
05:10Comment tu vis justement ?
05:11Est-ce que tu appréhendes justement des moments
05:13où peut-être bébé va faire un peu n'importe quoi ?
05:16Comment tu vis ça ?
05:16Je crois que je ne me visualise pas encore.
05:18Moi, je suis fière du moindre rototo.
05:20En plus, on m'a dit, c'est bien quand elle fait caca,
05:22c'est qu'elle mange suffisamment.
05:24Donc à chaque fois qu'on ouvre une couche et qu'elle a fait caca,
05:26on est là, ouais, bravo !
05:28Donc je n'ai pas, je ne vois pas, je la trouve tellement belle.
05:32Pour le moment, j'ai beaucoup de fierté.
05:34Je la trouve tellement belle.
05:36J'ai surtout honte pour les autres bébés
05:38de ne pas être aussi beau qu'elle, quoi.
05:39Non, mais vraiment, parce qu'elle est juste sublime, quoi.
05:43J'ai peut-être honte parfois aussi en tant que mère de la culpabilité
05:48ou de ne pas faire assez bien, ou voilà.
05:51Mais pour le moment, elle ne me procure que de la fierté immense.
05:55Je la trouve tellement belle, tellement parfaite
05:57que je me dis, ce n'est pas possible, ce n'est pas nous qui l'avons faite.
06:01Vraiment, en ce moment, j'ai tout un truc où je me dis,
06:04non, non, mais les bébés viennent du pays des bébés.
06:06Ce n'est pas possible, ce n'est pas nous qui avons fait ça.
06:09Vraiment, je me dis, il faut réhabiliter la cigogne.
06:11Ce n'est pas un mythe, quoi.
06:12C'est vrai, c'est une histoire vraie.
06:13Juste, c'est des cigognes, quoi.
06:15Respectons un peu le taf des cigognes, quoi, qui a été ultra invisibilisé ces derniers temps.
06:18On parle de l'intime, mais toi, en tant qu'artiste, est-ce que, justement,
06:22tu fais un peu plus attention quand on te reconnaît ou quand tu vis totalement
06:28à ne pas te prendre une grosse honte ?
06:30Mais question très juste qu'on ne m'a jamais posée.
06:33Mais oui, en fait, il y a eu un petit stade dans ma carrière où j'ai été reconnue
06:39et où je n'ai plus pu me comporter comme je me comportais avant, c'est-à-dire en vélo.
06:44C'est-à-dire que moi, je suis une malade mentale en vélo.
06:46Je peux être très agressive.
06:47C'est une facette de moi que je montre.
06:49Je switch et franchement, ce n'est pas du tout le visage que je veux montrer.
06:52Tu es une Frédie Gladieu au féminin ?
06:54Ouais, pire.
06:56Franchement, il y a des trucs où j'ai eu des engueulades, j'ai eu des grosses engueulades,
07:00mais après, parce qu'en fait, entre vélos, il y a beaucoup de psychopathes.
07:03Donc résultat, mais j'ai été dans des courses à vélo.
07:06J'ai été dans des...
07:08Et pendant longtemps, en fait, maintenant, j'ai un vélo électrique, mais normal.
07:12Pendant longtemps, j'avais une machine de guerre qui était un vélo débridé, dangereux, dangereux.
07:16J'étais un danger public et surtout pour moi-même.
07:19Et puis bon, avec les grossesses, je me suis dit, on va se débarrasser de ce vélo.
07:24Mais parfois, je fais juste des...
07:26Ou ça ne va pas.
07:27Et puis en fait, d'un coup, j'ai eu ce moment où j'engueulais les gens.
07:30Parce que je suis aussi parfois la police des vélos.
07:32C'est-à-dire que j'engueule les vélos qui font n'importe quoi.
07:34Alors que tu fais n'importe quoi aussi.
07:35En vrai, je ne fais plus n'importe quoi depuis que je suis maman.
07:40Mais donc j'engueule et je fais, ça ne va pas à la tête, mais je hurle.
07:43Et parfois, j'ai vu sur le visage de la personne sur qui je gueulais, genre,
07:46hé, mais je la connais, elle.
07:47Et j'étais en mode, oh merde, j'ai perdu un fan.
07:50Et donc, et ça m'est même, ça m'est arrivé une fois, mais c'était trop bizarre.
07:54C'était dans le 19e, un groupe de gens qui, genre, en plein hiver, couraient dans la rue en short.
08:01Mais ils avaient l'air tout droit de sortir de Boulogne ou de Neuilly, je ne sais pas.
08:03Ils avaient des petites têtes de cons.
08:05Et ils étaient là en train de faire leur footing en short, en plein hiver et sur la piste cyclable.
08:10Donc je m'énerve, je fais, hé, t'es pas l'hiver, là.
08:12Et résultat, ils remontent ou je ne sais pas quoi.
08:15Et d'un coup, ils étaient là, hé, mais on la connaît, elle.
08:17Ouais, on te connaît, on te connaît.
08:18Et genre, ce petit groupe de joggeurs s'est mis à me bully.
08:22Parce qu'en fait, à chaque fois, il y avait des feux.
08:23Donc moi, j'allais à toute vitesse, mais j'ai respecté les feux.
08:25Et ils arrivaient, ils étaient là, ah ah.
08:27Et j'avais l'impression d'être comme au collège, parce que je voyais qu'ils parlaient de moi.
08:31Et ensuite, je me suis dit, il faut que je me défende, il faut que je continue la dispute avec
08:34eux.
08:35Et vraiment, c'était le truc le plus nul.
08:37Je leur ai dit, vous êtes laid, vous êtes mêles.
08:40Genre vraiment, juste insulte sur le physique.
08:45Et ça a continué comme ça sur plusieurs mètres, c'était l'enfer.
08:48Là, c'est chaud quand même.
08:49Ouais, c'est chaud.
08:50Tu parles justement du collège.
08:52Tu te rappelles la première fois que tu as eu honte quand tu étais gamine ?
08:55Tous les jours de la vie.
08:56Je me souviens, même avant le collège, j'ai un souvenir de l'école primaire.
09:01À partir du CM2, j'avais vachement honte d'avoir des poils sur les bras.
09:05J'avais l'impression d'être la seule petite fille.
09:06J'avais l'impression de toutes les petites filles.
09:07Elles avaient des petits poils tout blonds, elles avaient du duvet.
09:09Et moi, j'avais des poils sur les bras.
09:11J'avais l'impression d'être...
09:12Et je crois que d'ailleurs, je me demande s'il n'y a pas des garçons qui se disaient
09:15« Hey, Mougli ou Laurent. »
09:17Je crois que j'avais eu des remarques sur le fait...
09:19Et surtout, j'avais des poils longs.
09:21Ce n'est même pas des poils, c'est des cheveux ou quoi ?
09:23Pendant longtemps, au collège, je prenais un ciseau et je coupais mes poils des bras.
09:27Et après, ça faisait bizarre.
09:28Ça faisait genre des Z de poils coupés.
09:31Puis ensuite, je les ai épilés.
09:33Donc, je suis allée chez l'esthéticienne me faire épiler les poils.
09:36Et ensuite, ça faisait des traces de sang.
09:38Puis ça repoussait.
09:39Et puis, je ne sais plus si j'avais un rendez-vous amoureux.
09:42Le mec voulait toucher mon bras.
09:42Je te dis « Non, ce n'est pas la peine. »
09:44Enfin, vraiment, j'avais vachement honte de mes bras.
09:46À cette période, déjà, tu t'avais le sentiment ou l'envie de faire rire ?
09:50Ou c'est arrivé beaucoup plus tard ?
09:51En fait, c'était un peu malgré...
09:53Moi, je sais que souvent dans les cours de théâtre, j'avais souvent des rôles de clown.
09:57Et c'est vrai que CM2, je faisais pas mal rire mes copines.
10:01À partir du collège, peut-être, je suis devenue un peu plus premier degré.
10:05Et puis ensuite, dans les cours de théâtre à la vingtaine, je faisais pas mal de tragédies quand même.
10:09Il y avait la comédie.
10:10Il y avait beaucoup la tragédie, les émotions fortes, les grandes émotions, le drame, les larmes.
10:17Et puis après, on m'a dit « Non, non, toi, t'es comique. »
10:21Au départ, d'ailleurs, petite vexation.
10:24Et puis « Non, non, t'es comique. »
10:28Et sinon, la tragédie, t'es comique.
10:30Ok.
10:31Et résultat, j'avoue que j'adore la comédie.
10:33Et que moi-même, j'en regarde beaucoup.
10:37Et c'est ce qui me fait du bien, en fait.
10:39Mais j'ai gardé ce côté intello, quand même.
10:43Vraiment, je vais voir c'est quoi le réalisateur.
10:47Donc il y a eu Julie en douze chapitres.
10:48Et là, il a sorti un film.
10:50« J'ai l'air sentimentale. »
10:52J'ai allé avec mon copain.
10:53« J'ai l'air qu'il me trire. »
10:54« J'ai l'air qu'il me trire. »
10:55Et moi, j'ai adoré.
10:57Et lui, je voyais qu'il se déconcentrait, s'ennuyait.
10:59Je me dis « Putain, t'es tellement moins, t'es loquois. »
11:01Et tu es là « Ah, parfois, je me suis fait chier. »
11:02Je me dis « Non, tu vois, le cinéma, c'est comme une méditation.
11:06C'est que tu t'es pas laissé transporter à travers le temps. »
11:08Donc voilà, j'aime la comédie.
11:09Mais parfois, j'aime bien un bon film d'auteur.
11:11Et surtout, j'ai ce petit plaisir pervers
11:13quand je vois que mon mec n'arrive pas à accrocher
11:15et que moi, je suis plus intellectuel que toi.
11:17Je kiffe.
11:18Est-ce que ça, ça peut venir aussi des cours avec Christine Gouya ?
11:22Ah, Gouya ?
11:24Gouya.
11:25Bravo, mais bien tentée.
11:27Non, désolée.
11:28J'espère que là, je t'ai pas fait ressentir de la honte.
11:29Si, j'ai très honte.
11:30Franchement, j'ai honte de moi sur une prononciation.
11:32Il y a beaucoup de voyelles,
11:34mais j'arrivais pas à trouver le sens.
11:35En vrai, c'était ça ou ça.
11:37C'était ou Gouya ou Gouya.
11:38J'ai tenté, toi.
11:38Il y avait une chance sur deux.
11:38J'ai tenté.
11:39Mais c'était les cours de théâtre au cours Simon.
11:43Et oui, c'est vrai que c'était très exigeant
11:45et qu'on apprenait des textes classiques
11:47et qu'on faisait du marivaud.
11:50Et c'était vraiment...
11:50Il y avait une vraie discipline théâtrale.
11:53Non, ce petit côté...
11:54Je pense que la comédie, ça vient de Mamelle.
11:55Côté intello, c'est...
11:57Mon père, il a pas d'humour.
11:58Donc résultat, il pouvait...
11:59Genre, vraiment, ça pouvait être France Culture
12:01pendant des heures dans la bagnole.
12:03Qu'est-ce qui fait rire mon père ?
12:04Là, récemment, il s'est tapé...
12:06La première fois qu'il m'a vu tirer mon lait,
12:07il a fait ouah !
12:09Il a trouvé ça vraiment super marrant.
12:12Et la dernière fois, je sais plus,
12:13le bébé était en train de crier.
12:15Et vraiment comme si...
12:16Et d'un coup, je l'ai mis au sein
12:17et switch total de personnalité.
12:20Et mon père a ri.
12:21Voilà, mais je suis toujours surprise
12:24des choses qu'il font rire
12:24parce que sinon, quand même,
12:26il est plus sur partager les articles du monde.
12:29Alors que ma mère, elle aime bien se taper des barres.
12:31Comme tu as vu, on a un joli petit décor
12:34que l'on a personnalisé pour toi.
12:36J'ai vu, je trouve ça adorable.
12:38Est-ce qu'il y a des œuvres que tu reconnais
12:39ou des choses où tu dis que tu as un doute ?
12:43Il y a des œuvres que j'ai envie de voler.
12:44Oui ?
12:45Genre vraiment Fleabag, The Scriptcase.
12:46Ça fera par exemple.
12:48Ah...
12:49Bah ouais, c'est Fleabag,
12:51Philibert Waller-Bridge.
12:53C'est vraiment l'une de mes héroïnes.
12:54Elle m'a énormément, énormément inspirée.
12:57Enfin, pour moi, c'est un génie, quoi.
13:00Donc, je me dis toujours,
13:02quand j'ai vu Fleabag, je me suis dit
13:03« Oh ! Elle existe ! »
13:05C'est-à-dire que parfois,
13:06j'ai l'impression que le monde,
13:08tout est tellement formaté.
13:10J'ai l'impression qu'en plus,
13:14il y a un nivellement parfois par le bas.
13:16Et résultat, quand Fleabag est arrivé,
13:17je me dis « Mais c'est ce qu'il y a
13:19de plus intelligent possible, quoi ! »
13:21Donc, je me dis « Mais merci que ce soit génial
13:24et accessible et donc grande joie, en fait,
13:28qu'elle soit arrivée sur Terre. »
13:32Et Titanic et Certains Lameshaw,
13:35voilà, certainement mes deux films préférés.
13:38Et aussi celui qui est juste derrière toi,
13:39je pense que tu kiffes.
13:41Ah, Sunset Boulevard, évidemment.
13:42Billy Wilder, passion Billy Wilder.
13:44Vraiment passion Billy Wilder.
13:46Et je l'ai revue récemment.
13:49Et c'est toujours aussi génial et effrayant
13:53et ce portrait de femme folle
13:55et nostalgique et extraordinaire.
13:58Et je me dis « Mais évidemment que tu deviens ouf ! »
14:00T'imagines que tu es une star du muet
14:01et d'un coup, le parlant arrive
14:02et tu ne fais pas le switch, quoi.
14:04C'est un peu comme les humoristes
14:06qui ne savent pas gérer les réseaux sociaux.
14:08T'imagines, il y en a plein qui sont super forts.
14:10J'en ai un, des copains,
14:11mais juste qui n'aiment pas raconter
14:13leur vie sur Instagram.
14:14Ah bah, tu n'auras plus de spectateurs.
14:15C'est aussi tragique, quoi.
14:16Ouais, c'est une double gestion, en fait, maintenant.
14:18Il y a sur scène
14:19et vraiment la vie de tous les jours,
14:20tu dois faire rire aussi.
14:21Ouais, tu dois faire rire
14:22ou même pas.
14:23Parfois, je vois des humoristes,
14:24ce n'est même pas très drôle
14:25ce qu'ils mettent sur les réseaux sociaux,
14:26mais c'est juste,
14:27ils sont devenus likables, identifiables
14:29et les gens sont là
14:29« Oh, c'est comme moi ! »
14:30Paf, ils prennent une place pour le spectacle.
14:33Et tu as des autres humoristes
14:34qui, genre, mettent des mois
14:35à pondre une blague qu'ils ont rodée,
14:38mais juste, ils n'aiment pas l'écran
14:40et donc, résultat, pas de spectateurs.
14:42Dans ces œuvres-là qu'on voit,
14:44est-ce qu'il n'y a,
14:45pas forcément dans celles-là,
14:46mais est-ce qu'il y a un film
14:47ou une série que tu as honte d'aimer ?
14:49J'assume, j'adore « Love is blind »
14:53et pas que France.
14:55J'en ai vu de plein de pays.
14:57Genre, vraiment, Brésil,
14:59là, je suis sur Italie,
15:02UK, évidemment.
15:03À chaque fois, je trouve ça génial,
15:05en plus de découvrir une...
15:07Enfin, une façon de vivre.
15:10Je trouve que c'est...
15:11Sociologiquement,
15:11je trouve que c'est incroyable.
15:13Et donc, j'aime la bonne télé-réalité.
15:17Et il y a une autre...
15:18Et alors ça, les gens me disent souvent,
15:20c'est la honte.
15:21Moi, je t'assume.
15:22L'immobilier de luxe en famille,
15:24la famille Kretz.
15:25Voilà, c'est extraordinaire.
15:27Passion pour les Kretz.
15:29C'est ta petite passion.
15:31Les gens me disent souvent,
15:32c'est la honte.
15:32Mes copains qui bossent
15:33dans le théâtre public,
15:34ils sont là,
15:35je ne vois même pas de quoi tu parles.
15:36Je ne vois même pas de quoi tu parles.
15:37Et moi, je suis en mode,
15:38bah, Martin Kretz, sorry.
15:40Non, non, moi,
15:41j'adore toute la petite famille
15:42trop contente
15:43de suivre les nouvelles aventures.
15:45Ouais, un peu relou
15:46qu'il soit passé
15:46d'une chaîne à l'autre.
15:48C'était plus pratique
15:49sur Netflix que TF1.
15:50Mais TF1, achetez ma captage,
15:51je vous adore,
15:51il n'y a aucun problème.
15:52Moi, je ne suis jamais...
15:54Tu parles du côté snob,
15:56tu en as parlé,
15:57tu as parlé aussi,
15:58on a parlé de notre recherche, Christine.
16:00Tu as un peu navigué
16:01dans tous les univers,
16:02parce que le stand-up,
16:03il y a eu aussi
16:04les soirées plaisantes,
16:05il y a eu pas mal de choses
16:07dans ton parcours
16:08et dans la création
16:09de qui tu es.
16:10Est-ce que des fois,
16:11tu as eu honte
16:12de qui tu étais
16:13et d'où tu venais ?
16:14Déjà, vos questions sont super.
16:16Merci.
16:16Et hyper renseignées,
16:17ça fait trop plaisir.
16:18Parfois, dans le milieu
16:19du stand-up, au début,
16:21j'ai peut-être eu honte
16:22de passer pour la bourge
16:24et je leur disais
16:26un peu pour désamorcer
16:27mes parents sont très pauvres,
16:28ce qui est la vérité.
16:30Et c'est là, ouais,
16:32on n'a pas posé de questions.
16:33J'avais l'impression
16:34que j'avais peut-être
16:36un complexe
16:38de voir des gens
16:39sur scène arriver
16:39et avoir quelque chose
16:40de plus important
16:41à raconter que moi.
16:43Je me disais,
16:43je me suis dit,
16:44mais est-ce que je suis légitime ?
16:45Parce que je suis privilégiée
16:48de par mon éducation
16:49d'avoir grandi
16:50dans le centre de Paris,
16:51d'avoir accédé à des...
16:53Même si c'était
16:54dans le public,
16:54mais quand même,
16:55j'ai eu la chance
16:56d'avoir des super profs.
16:57Et je me disais,
16:58mais je n'ai peut-être
16:59pas assez galéré.
17:00Parce qu'il y a une époque,
17:00le stand-up,
17:01c'était quand même
17:02la loose, la galère,
17:03c'était des histoires.
17:04Puis bon,
17:04maintenant,
17:05il y a beaucoup de blancs
17:06qui n'ont jamais eu
17:06aucun problème.
17:07Quand j'ai vu
17:07les youtubeurs arriver,
17:08j'ai fait,
17:08ah non,
17:09mais en fait,
17:09ça c'est fini,
17:10ce temps-là.
17:11Il y a des gens
17:11qui n'ont vraiment eu
17:12aucun problème de leur vie.
17:13Peut-être qu'il y a peut-être
17:15eu un petit complexe là-dessus.
17:17Ou parfois,
17:18inversement,
17:19de faire de l'humour
17:20quand je me retrouve
17:20dans des milieux théâtreux.
17:23D'un coup,
17:23j'ai l'impression
17:24que c'est sale
17:24ou qu'ils me regardent.
17:25J'ai l'impression
17:25qu'il y a une curiosité
17:26un peu.
17:26Si je suis à Avignon,
17:27une table
17:28et qu'il n'y a que des comédiens
17:29avec lesquels j'étais à l'école.
17:31Et si on a,
17:31alors,
17:32donc tu fais de l'humour,
17:33tu fais comme ça,
17:34tu fais du stand-up.
17:35Il y a encore cette chose-là
17:36de le stand-up
17:37où l'humour,
17:38vraiment,
17:38c'est dévalorisé
17:40par rapport
17:40du théâtre
17:42ou des choses comme ça.
17:43Je pense que maintenant,
17:44le stand-up a pris
17:45ses lettres d'or.
17:45Mais il y a peut-être
17:46il y a six ans
17:47quand j'ai commencé,
17:47il y avait quelque chose
17:48où je me souviens,
17:49je faisais venir
17:50des copains
17:50à des plateaux
17:52pour qu'ils me soutiennent
17:53dans le public
17:53et d'un coup,
17:55ils jouaient
17:55dans des théâtres magnifiques
17:56et ils arrivaient
17:57dans des caves
17:58où ça collait
17:59la piste par terre
18:00et il y avait un line-up
18:01avec des mecs
18:02super problématiques
18:03qui prenaient à partie
18:04des amis à moi
18:06en les insultant.
18:08Enfin, je veux dire,
18:08le stand-up,
18:09il y avait des trucs
18:10qui étaient vraiment
18:10des ambiances
18:12et en sortant,
18:13ils étaient là
18:14« Ben non,
18:15t'es sûr de vouloir faire ça ? »
18:17Ils se sont en mode
18:17« Oui, oui,
18:17mais si, si,
18:18je vous assure,
18:18c'est génial.
18:20Mais ça s'est inversé
18:21entre-temps.
18:22Aujourd'hui,
18:23le stand-up,
18:24c'est tellement...
18:26Mais il y a eu un moment
18:26où c'était le début
18:28du stand-up
18:28où c'était un peu plus
18:32caché,
18:32un peu plus loose peut-être.
18:34C'était un peu plus loose.
18:35Ces gens que tu croises
18:37à Avignon
18:38ou même les artistes
18:38avec qui tu as collaboré,
18:39est-ce que tu as déjà eu
18:40une méga honte
18:42avec quelqu'un,
18:43une célébrité,
18:43un artiste ?
18:45Même quand tu étais
18:46peut-être encore inconnue,
18:47est-ce qu'il y a eu
18:48des moments comme ça ?
18:48Oui, en fait,
18:49il y a eu des moments
18:50comme ça
18:52parce que je me souviens
18:54quand j'avais joué
18:55dans les Liaisons dangereuses
18:56ensuite au théâtre de l'Odéon,
18:57j'avais des acteurs connus
18:58qui étaient aussi venus me voir
18:59et d'un coup,
19:00il y a eu une période
19:01justement avant de faire
19:02du stand-up,
19:03la moitié de ma vingtaine
19:04où je galérais,
19:06c'est-à-dire que
19:06je tournais dans des pubs
19:08donc je me faisais
19:08un peu de sous
19:09mais il fallait que je fasse
19:11des cachets
19:11pour rester intermittente
19:12et donc j'animais des anniversaires
19:16et donc j'étais animatrice,
19:18j'animais des goûters d'anniversaires
19:19et aussi des espaces enfants
19:20et ça m'arrivait
19:21de recroiser des gens
19:22qui m'avaient connue
19:24quand...
19:25et ça...
19:26et donc ça,
19:26ça m'est arrivé...
19:27ça m'est arrivé aussi
19:29à un moment,
19:29je sais plus,
19:30j'ai bossé à l'UGC Odéon
19:32à l'accueil
19:33et j'ai adoré
19:34et super expérience,
19:35franchement,
19:36en fait,
19:37je jouais à la marchande
19:38et limite,
19:38je préférais ça
19:39à être artiste,
19:40genre vendre des...
19:41en plus,
19:41on avait une petite prime pop-corn
19:42ce qui apparemment
19:44n'existe plus,
19:44j'ai recroisé d'anciens collègues
19:47mais...
19:47donc moi,
19:47j'étais trop contente
19:48d'avoir mon petit uniforme
19:49et de vendre les pop-corn
19:50et les tickets
19:51mais d'un coup,
19:51j'avais vu un acteur connu
19:52et j'avais l'impression
19:53dans son regard
19:55qu'il m'avait vu sur scène
19:56et que d'un coup,
19:56et qu'il y avait
19:58un déclassement,
19:58quoi.
20:00Et moi,
20:00j'étais juste là à pop-corn,
20:01enfin,
20:01genre,
20:01j'étais plus...
20:02et après ça,
20:03je l'ai vu aussi,
20:04voilà,
20:04de gens qui m'avaient vu
20:05sur des belles scènes.
20:07Une fois,
20:07je suis arrivée
20:08pour un anniversaire
20:10avec tout l'attirail,
20:11les costumes,
20:12le truc de marionnettes,
20:13les machins,
20:14c'est très lourd à porter,
20:15tout ça,
20:16il y a beaucoup d'accessoires
20:18et donc,
20:18on allait dans une famille
20:20du huitième,
20:21donc hyper riche,
20:22hyper beau,
20:23et d'un coup,
20:24c'était dans la famille
20:25d'une fille
20:25qui était à Florent
20:26et qui m'avait vue
20:28quand moi,
20:28j'étais en classe libre.
20:29Donc,
20:30en classe libre,
20:31t'es une star,
20:31c'est la classe sur concours
20:32et elle,
20:33elle était juste...
20:34et on s'était croisés,
20:35on se connaissait
20:36et elle m'a fait,
20:37ah,
20:37tu fais ça maintenant ?
20:38Ouais,
20:39c'est violent.
20:39Et j'étais mode,
20:41oui,
20:41oui,
20:41j'ai besoin...
20:43Bref,
20:43je le mets où,
20:44le castelet ?
20:44J'avais animé l'anniversaire
20:47mais je sentais son regard
20:48et d'un coup,
20:50ouais,
20:50j'avais honte.
20:51Et comment t'as fait
20:51ce switch du coup
20:52de ces jobs alimentaires
20:53à je monte sur scène
20:55pour les premières fois ?
20:57C'est grâce à ces jobs alimentaires,
20:59figure-toi,
20:59parce qu'en fait,
21:00justement,
21:00après les cours de théâtre,
21:02j'ai fait le théâtre de l'atelier,
21:03les liaisons dangereuses,
21:04le théâtre de l'Odéon
21:05et donc c'est un peu
21:07la vie de princesse
21:09pour une actrice,
21:09tu vois,
21:10même s'il y a toujours
21:10des difficultés,
21:11des partenaires
21:12qui sont très bizarres,
21:15mais t'es sur des grandes scènes,
21:16t'as ton nom,
21:17enfin,
21:17j'ai quand même en plus,
21:18mon nom commence par un B,
21:20donc sur une affiche
21:21du théâtre public,
21:22il y avait mon nom en premier,
21:23Bernstein,
21:23ensuite toutes les stars
21:24en dessous de moi,
21:25j'étais refaite,
21:26quoi.
21:26Et ensuite,
21:28de faire ces goûters
21:29d'anniversaire,
21:29c'est ce qui m'a vraiment
21:31permis de faire
21:33des plateaux de stand-up
21:34dans des ambiances,
21:35très chelou
21:36et d'avoir plus peur de rien.
21:37En fait,
21:38quand t'as vraiment fait danser
21:4025 enfants
21:43avec des pères
21:44qui te font des remarques
21:45en tenue mini
21:47et que t'es à moitié,
21:49parfois,
21:49tu tombes sur une famille
21:50trop gentille
21:51qui va te filer
21:51un super pouvoir,
21:52parfois,
21:53t'es leur esclave
21:53et ils te donnent pas
21:55un verre d'eau
21:55et c'est tellement compliqué,
21:58parfois,
21:58je me souviens
21:59d'être des enfants
22:00et d'essayer
22:01de faire mon spectacle
22:02de marionnettes
22:02et d'avoir un enfant
22:03casse-couilles
22:03qui voulaient tirer
22:04sur les marionnettes
22:05alors que tu voyais
22:06que les plus petits
22:06clairement kiffaient.
22:08Quand t'as géré ça,
22:10tu peux faire du stand-up,
22:11j'ai l'impression.
22:12C'est une super formation.
22:13Mais le stand-up,
22:14c'est gérer des publics
22:16qui te répondent parfois,
22:17qui interrompent le spectacle
22:19ou qui ne sourient pas.
22:20Et quand t'as géré
22:21un public d'enfants,
22:23t'es beaucoup plus fort.
22:24C'était vraiment ça,
22:26ma formation, en fait.
22:27Du coup,
22:27t'es montée sur scène,
22:28les premières scènes,
22:29limite,
22:29t'es arrivée,
22:30c'était pas tranquille,
22:31mais t'avais peut-être
22:31vécu le pire déjà
22:32en termes de public
22:33avec les gosses.
22:34Ouais.
22:35Après,
22:36j'ai eu quelques petites
22:36surfs.
22:37Comment t'as géré
22:38du coup les premiers bits
22:38parce qu'on dit
22:40soin de la première fois,
22:41c'est magnifique
22:42et le deuxième,
22:44c'est kata.
22:44C'est vrai,
22:45c'est vrai que c'est
22:45souvent comme ça.
22:47Moi,
22:47je me demande
22:47si ça n'a pas été
22:48la troisième fois
22:49où d'un coup,
22:49je me suis pris
22:50un énorme mur.
22:52tu veux mourir.
22:53Vraiment,
22:54tu envisages
22:54toutes les manières
22:55les plus concrètes
22:55de mourir.
22:56Vraiment,
22:57tu te dis
22:57comment s'organise
22:58un suicide.
23:00Et puis après,
23:01tu pleures beaucoup,
23:03t'appelles des amis.
23:04Moi,
23:04ce qui m'a aidée
23:05dans ces moments-là,
23:05c'était de surtout
23:06pas relativiser,
23:07de pas me dire
23:08ça va aller
23:08ou surtout pas.
23:11Dès que j'avais
23:11une amie
23:12qui était trop positive,
23:13moi,
23:13je voulais juste...
23:14J'aimais à ce moment-là
23:15qu'on me dise
23:15ouais,
23:15c'est dur,
23:16c'est vraiment très dur.
23:17Et quand je croise
23:19des jeunes humoristes
23:19qui me disent
23:21c'est dur,
23:21les bides,
23:21je leur dis pas
23:22tu vas voir,
23:23je leur dis
23:23ouais,
23:24c'est extrêmement violent.
23:25Enfin,
23:25bien sûr qu'à un moment,
23:26ça allait moins violent,
23:27mais pas vraiment.
23:28Un bide,
23:28c'est toujours...
23:29Enfin,
23:29c'est d'une violence inouïe,
23:30c'est la pire honte.
23:31En fait,
23:32c'est un cauchemar.
23:33C'est comme les cauchemars
23:34qu'on fait
23:35de monter sur scène,
23:36d'arriver à l'école
23:37et d'être tout nu.
23:39Bidé,
23:39c'est pareil.
23:40Enfin,
23:40c'est la pire angoisse.
23:43Tant mieux d'ailleurs.
23:44Parce que je pense,
23:44c'est pour ça
23:51horrible.
23:52Et comment tu fais
23:53quand, par exemple,
23:53t'as aucun rire ?
23:55Vraiment,
23:55t'as une soirée au tout début
23:56où t'as aucun rire,
23:57le lendemain,
23:58à quoi tu penses ?
23:59En quoi ça va te servir ?
24:01Reconversion.
24:03Reconversion,
24:03quel métier ?
24:04Qu'est-ce qu'il est encore
24:05possible de faire
24:06à mon âge ?
24:08Ouais,
24:08parfois je...
24:09Bah non,
24:09en fait,
24:10quand il n'y a aucun rire
24:11sur le moment,
24:11je me dis,
24:12bon,
24:12c'est la version seule en scène
24:13du spectacle,
24:14c'est pas la version stand-up.
24:16Bah oui,
24:16parfois,
24:16c'est toujours...
24:17En fait,
24:17c'est jamais évident
24:18de se dire que t'es humoriste.
24:20Souvent,
24:20je me sens comme une imposteure.
24:22Je me dis,
24:22mais c'est incroyablement prétentieux.
24:26Puis je sais pas.
24:27Puis en plus,
24:27souvent,
24:28il y a des gens que j'adore
24:30quand les gens me disent
24:31que je suis marrante
24:32parce que ça m'est déjà arrivé
24:33de faire des interviews
24:34dans des émissions télé
24:36très populaires
24:37avec des figures
24:38de l'humour populaire
24:39et que le présentateur me dise
24:41alors,
24:41qu'est-ce que vous racontez
24:42dans votre spectacle ?
24:43Parce que vous n'avez pas l'air drôle.
24:44Est-ce que vous êtes marrante ?
24:45Vous n'avez pas l'air d'être marrante.
24:47Et donc,
24:47résultat,
24:48t'es hyper gêné.
24:50Comme s'il fallait être,
24:52quand t'es humoriste,
24:52être un goyeur,
24:53un bully,
24:54un sniper.
24:55Alors qu'en fait,
24:56à la base,
24:56moi,
24:56parfois,
24:56je suis très timide
24:57ou très solitaire.
24:58Pas envie de...
24:59Ça me met du temps
25:00d'écrire des blagues
25:01que je vais faire sur scène.
25:03Souvent,
25:03les humoristes
25:04que je croisais en plateau,
25:05c'est des gens
25:05qui passent leur journée
25:06à déprimer.
25:07Et puis le soir,
25:07ils ont l'énergie
25:08de penser à un truc fou
25:09et de le faire sur scène.
25:10Justement,
25:11j'en reviens au réseau,
25:12les gens qui passent
25:13toute leur journée
25:13devant leur téléphone.
25:14C'est très bizarre
25:14parce que normalement,
25:15l'humoriste,
25:16c'est quelqu'un de dépressif.
25:17T'es pas censé avoir l'énergie
25:18de faire des face cam
25:19toute la journée.
25:20Je sais que depuis
25:21que t'es petite,
25:22t'as toujours eu
25:22des carnets.
25:23Par exemple,
25:24t'avais un carnet
25:24quand t'as été en Égypte.
25:25Oui.
25:26Tu t'es mis des petites pyramides
25:27là-haut, justement.
25:28Wow.
25:30Et est-ce que
25:31quand tu retournes en arrière
25:32et que tu regardes
25:32les premières vannes
25:33que t'as écrites
25:34sur les carnets,
25:35les premiers sketchs,
25:36il y a des trucs,
25:36tu fais,
25:36attends,
25:37j'aurais pas dû écrire ça.
25:39Non, j'avoue,
25:39je suis plutôt impressionnée.
25:41Je me dis,
25:41j'étais au max
25:42de mon intelligence
25:42à 12 ans.
25:43Je me dis,
25:44en suite,
25:45ça s'est perdu.
25:45Avec le temps,
25:46ma vie,
25:47ça n'était qu'un long déclin.
25:48Genre vraiment,
25:49en sixième,
25:51je lisais plus.
25:53Enfin, vraiment,
25:54mais surtout,
25:55dans ces carnets de voyages
25:56que j'ai relus récemment,
25:57beaucoup d'observations,
25:59en fait.
26:00J'étais déjà
26:01en train de rôder.
26:01Dans l'humour d'observation,
26:03déjà ça ?
26:04Il y a dans un carnet,
26:06celui pour l'Égypte,
26:07il y a de la...
26:08Je sais que je l'adorais,
26:09il y avait une espèce
26:09de fourrure noire dessus
26:10avec des petits bouts de miroir
26:12et des pertes.
26:12C'est magnifique.
26:14Et en fait,
26:15je raconte aussi
26:16le voyage en avion.
26:17Et donc,
26:17je décris
26:19« Maman n'arrive pas
26:20à se concentrer
26:21sur son polar
26:22parce que
26:22ma petite soeur joue
26:24à la bataille navale
26:25avec mon père. »
26:25Et je décris
26:26une ambiance familiale
26:28et ensuite,
26:29c'est beaucoup...
26:29En fait,
26:30je me foutais pas mal
26:30de la gueule de mon père.
26:31Donc je pense
26:31que c'était aussi ça.
26:33Et tu le fais encore aujourd'hui ?
26:34Oui.
26:35Alors que tu disais
26:35qu'il fait des travaux,
26:36alors que tu dis
26:37qu'il casse tout.
26:37Il casse tout.
26:38Ouais, ouais.
26:39Mais c'est vrai que je me...
26:40Qu'est-ce que je...
26:41Il me foutait de sa gueule.
26:42Ah oui, je me disais
26:43« Papa joue au guide,
26:44il interrompt la guide
26:46pour la corriger.
26:48Maman a honte,
26:49justement.
26:50Il veut montrer
26:50à tout le monde
26:51lors du voyage
26:52que lui, c'est mieux
26:53d'où les pyramides viennent.
26:54Il s'est trompé
26:55sur un 2,
26:56je l'ai corrigé, etc. »
26:58Mais donc oui,
26:58c'est beaucoup de rivalité
26:59et d'essayer de remettre
27:00mon père à sa place
27:01et de me foutre de sa gueule.
27:02Ce carnet de voyage,
27:03c'est pas mal.
27:04Celui de la primaire,
27:05c'est un peu redondant
27:06et répétitif.
27:06C'est que je suis amoureuse
27:08d'Antoine,
27:08il n'est pas amoureux de moi,
27:10il est amoureux de Lévi.
27:11Ensuite,
27:11c'est que des cœurs
27:12et des larmes
27:13et c'est très mélodramatique.
27:14Ah, et après,
27:15si j'écris un truc
27:16bien nul en Terminal,
27:17un recueil de poèmes
27:18très dark, gothique,
27:20nul, mal écrit,
27:21dégoulinant.
27:22Ambiance Twilight.
27:23Ouais, à fond.
27:25Ouais, ouais.
27:25Et puis avec des rimes moches,
27:27enfin vraiment,
27:28c'était beaucoup plus joli.
27:30Ce carnet de voyage
27:31d'observation de la famille,
27:32c'est vraiment pas mal.
27:33Le recueil de poèmes
27:34en Terminal
27:34est nul à chier.
27:35Et t'avais un carnet
27:36quand t'as fait
27:36les premières scènes aussi ?
27:38Oui.
27:38Est-ce que du coup,
27:39t'es déjà retombée
27:40sur les premières vannes
27:41quand t'as commencé la scène ?
27:42Ouais, ouais.
27:46J'ai progressé quand même
27:47parce qu'il y avait des trucs
27:48qui n'étaient pas terribles.
27:49Déjà, il y avait pas mal
27:50de trucs assez problématiques en fait.
27:52Je sais pas,
27:52j'ai commencé,
27:53en fait,
27:54je suis montée sur ce premier plateau,
27:55c'était en février 2018.
27:57Et je crois que c'est arrivé
27:58au moment de Me Too
27:59et il y a eu 2017,
28:00l'affaire Weinstein, etc.
28:02Et donc,
28:02j'ai commencé moi-même
28:03à me déconstruire 2017,
28:052018, 2019.
28:06Il y a plein de choses
28:07sur lesquelles j'ai mieux compris
28:09mon féminisme
28:10et d'où je parlais.
28:11Mais je pense qu'au début,
28:12j'étais juste en mode,
28:12ouais,
28:13l'humour noir,
28:14c'est trop bien.
28:15On provoque.
28:15Ouais, provoque.
28:16Je suis en mode,
28:16ah ouais,
28:17ça choque.
28:18Mais maintenant,
28:18je suis en mode,
28:18oh waouh,
28:19c'est juste gênant.
28:20Est-ce qu'on peut avoir honte
28:21de ces blagues
28:22en tant qu'humoriste ?
28:23Bah oui,
28:24on peut faire une mauvaise blague
28:25et en avoir honte.
28:26Faut pas forcément tout assumer.
28:28C'est parfois,
28:29on se plante,
28:29on tente un truc
28:30et quelqu'un nous dit,
28:32non, là,
28:32t'es un peu à côté
28:33et t'es là,
28:34ah oui, c'est vrai.
28:35C'est pas grave.
28:36C'est pas grave.
28:37C'est pas très drôle.
28:38C'est pas terrible.
28:40Et puis parfois,
28:41les gens te disent,
28:42j'aime pas.
28:42Et toi,
28:42t'es là,
28:42bah aussi,
28:43moi,
28:43j'aime bien,
28:45c'est mon truc.
28:46Mais parfois,
28:46tu fais,
28:47parfois,
28:48t'es pas sûr d'une blague.
28:49T'es pas sûr d'une blague.
28:51T'es pas sûr.
28:53Alors,
28:54tu demandes autour de toi,
28:55je sais plus,
28:56j'avais à un moment
28:57écrit une chronique,
28:58je l'avais lu à une amie
29:00et puis,
29:00je décrivais un mec
29:01et j'étais là,
29:02le gros machin,
29:03etc.
29:03Et elle m'a dit,
29:04mais le premier truc
29:04que tu dis pour lui,
29:05pour te moquer un peu,
29:06c'est gros,
29:07est-ce qu'il n'y a pas
29:07un autre truc
29:07que tu peux trouver
29:08juste pour moi ?
29:09Et tu m'as dit,
29:09ah oui,
29:10tiens,
29:10c'est vrai,
29:11le breton.
29:13Et donc,
29:14résultat.
29:14T'as un truc contre breton.
29:15Non, pas du tout,
29:15je suis de bretonne d'origine.
29:16T'es où ?
29:17Du Finistère.
29:18Où, exactement ?
29:19Je sais pas,
29:19ça s'est complètement perdu,
29:20c'est mon grand-père
29:21qui était d'origine bretonne,
29:22mais je vais souvent en vacances,
29:24je vais tout le temps
29:25dans le golfe du Morbihan
29:25où ma belle-mère a une maison.
29:27Je suis l'orientée,
29:28du coup,
29:28et ma chérie de Quaperlé,
29:29donc je connais bien.
29:30Ah bah oui,
29:31magnifique.
29:32C'est quoi le truc
29:32le plus honteux
29:33que tu vas faire cette semaine ?
29:36Ah si,
29:36je sais ce que je vais faire.
29:38Je vais partager,
29:41mais c'est tout à l'heure,
29:42en fait,
29:42je pense sur Instagram,
29:43un post pour le paradis latin,
29:45et donc il y a des photos,
29:46mais il y a aussi une vidéo
29:48où je suis allée au paradis latin,
29:49donc où je vais jouer
29:50mon spectacle de stand-up,
29:51et où il y a des danseurs
29:52genre trop beaux,
29:53et ils me font faire un porté,
29:56et genre j'ai vraiment,
29:57c'est un manque d'élégance inouï,
29:59quoi,
30:00et puis je vois,
30:02ah ouais non,
30:03enfin,
30:03il n'y a rien qui va,
30:04quoi,
30:05ça c'est la honte,
30:07j'espère que les gens riront,
30:08je mets ma honte en pâture
30:11pour le bon plaisir du public,
30:13donc j'espère qu'ils prendront
30:14leur place pour mon spectacle.
30:16Tu as parlé au début
30:17de ces premiers moments en date,
30:21où on se découvre,
30:22et c'est justement ma dernière question,
30:25c'est quoi le moment le plus cringe
30:26que tu aies rencontré dans un date ?
30:30Tu sais quoi,
30:31en vrai,
30:32je pense souvent que les mecs étaient
30:33quand même assez gentils,
30:35c'est juste qu'ils ne ressemblaient pas
30:36à leurs photos,
30:37et donc moi j'étais déçue,
30:40mais franchement,
30:41je ne sais pas s'il y a eu
30:43genre vraiment des mecs
30:44si gênants,
30:46souvent ils faisaient un effort,
30:48en plus,
30:48je me disais,
30:49si se trouve on pourrait être potes,
30:50c'est juste,
30:50je ne suis pas attirée par toi,
30:52mais je pense que moi,
30:54j'ai pu être cringe
30:55quand j'étais à fond sur des gars
30:56et que je voulais les revoir
30:58et que j'envoyais plein de messages,
31:01je pense que,
31:02en fait,
31:03ou alors j'ai cru que j'étais cringe,
31:04je pense que j'ai eu du mal
31:05à trouver le mode de communication,
31:08j'avais beaucoup l'impression
31:09quand un mec me plaisait,
31:10j'avais besoin qu'on s'écrive,
31:12je n'arrivais pas à faire la distance
31:13de,
31:14ouais,
31:14on ne se parle pas,
31:15ah,
31:16il faut calculer,
31:16il a mis trois heures à me répondre,
31:17je vais mettre trois heures
31:18pour lui répondre,
31:19non,
31:19voilà,
31:19ça fait une semaine,
31:20je ne sais pas,
31:20il revient,
31:21moi j'étais en mode,
31:22qu'est-ce qui se passe,
31:22est-ce qu'il s'intéresse à moi ?
31:23Je pense que mon copain,
31:25ce qui était rassurant au début,
31:26c'était de comprendre
31:27le mode de communication,
31:28de voir qu'on avait autant envie
31:30de se voir l'un que l'autre,
31:31qu'on était peut-être tous les deux
31:32aussi dépendants affectifs
31:34et peau de colle,
31:35et résultat,
31:37de ne pas avoir peur,
31:38de se dire,
31:39je t'aime très vite,
31:41et voilà,
31:42je pense que c'était ça,
31:43je pense qu'avant,
31:44j'avais un décalage
31:45où j'étais attirée
31:46par des gars assez froids,
31:48et moi c'était ça,
31:49ma vision du mec sexy,
31:50un peu mutique,
31:51alors qu'en fait,
31:51j'avais beaucoup d'émotions,
31:55et en fait,
31:56j'avais juste besoin
31:56d'être avec un mec
31:58qui est aussi sensible,
32:00et qui exprime aussi,
32:02qui dise autant,
32:03on se dit beaucoup,
32:04je t'aime,
32:05je pense que j'aurais pas pu,
32:06enfin ma vision du gars sexy,
32:08c'était pas en fait du tout
32:10avec un homme comme ça,
32:11avec lequel je puisse être en couple.
32:12Mise à part les pistes cyclables
32:14où apparemment t'es complètement cinglée,
32:16où est-ce qu'on peut te retrouver prochainement ?
32:17On peut me retrouver en tournée,
32:21dans plein de villes,
32:23à Lyon,
32:24plein de villes
32:25qui sont sur mon site internet,
32:26et à Paris le 20 janvier
32:28au Paradis Latin,
32:30et il faut pas m'en vouloir
32:31de pas connaître toutes les villes
32:32parce que vraiment,
32:33les nuits sont courtes,
32:35mais merci,
32:36tu sais ce que c'est,
32:38oh waouh,
32:39mais bon,
32:39il y a plein de joie,
32:40un sourire et tout s'efface,
32:42et il y a aussi mon podcast,
32:44j'ai sorti un dernier épisode récemment,
32:46mais je sais pas quand est-ce que,
32:47je pense que je vais sortir un épisode
32:48à la rentrée
32:49pour raconter mes travaux,
32:51voilà,
32:51mais maintenant,
32:52je vais faire plus des épisodes
32:53au compte-gouttes,
32:54vous pouvez aussi me retrouver,
32:56oui,
32:57sur les réseaux,
32:57je donne toute mon actu,
32:58tous les projets à venir.
33:00Merci beaucoup Rosa.
33:02Merci à vous.
33:03Merci.
33:04Merci.
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