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00:00:28The End
00:06:46It's something natural, though.
00:06:48I don't know, I don't know.
00:06:50I say, the idea has to come to you, to marry you.
00:06:54Yes, yes, in the morning.
00:07:11Voltaire aurait dit au Roi de Prusse que vous étiez l'esprit le plus universel que le siècle de Louis
00:07:16XIV ait porté.
00:07:18Un compliment n'étant pas dans sa manière, j'en déduis qu'il a dû lui arriver quelque chose de
00:07:22fâcheux.
00:07:23Le froid, peut-être.
00:07:29Je m'étonne toujours que mes séances à l'académie ne vous fatiguent pas davantage.
00:07:33Pourquoi voulez-vous ? Veuillez plus d'ennemis.
00:07:56On dirait que vous avez oublié ce que messieurs Boileau et la Bruyère ont dit de désagréable sur vous.
00:08:01Ne faites pas enfance à la racine de l'oublier parmi mes adversaires.
00:08:06Je leur ai pardonné et cela m'a fait beaucoup de bien.
00:08:09Non, aujourd'hui, je ne les blâme que d'être tous morts.
00:08:14Portez-vous toujours aussi aimablement, cher enfant.
00:08:26Eh bien, moi, c'est monsieur que je trouve trop aimable.
00:08:30Il n'en veut à personne et se contente de tout.
00:08:34Je me demande parfois si ce sont là les manifestations d'une bonté immense ou de pas de bonté du
00:08:40tout.
00:08:44Des fois, j'ai peine à lui ôter la poussière. Il me fait peur.
00:08:52Je crois monsieur de Fontenelle encore plus impressionné que vous par son oncle.
00:08:55Je comprends. Être le neveu du Grand Corneille, c'est une situation tout de même.
00:09:01Pour vous aussi, madame.
00:09:04Oh, petite nièce du neveu de Corneille, c'est une place discrète.
00:09:32Qu'est-ce que vous faites?
00:09:34Monsieur en avait assez.
00:09:35Comment il en avait assez?
00:09:37Ah oui, il ne veut plus le voir, ce coffre.
00:09:3960 ans à ce qui paraît.
00:09:40Mais il est plein.
00:09:42Pour sûr, madame, qu'il est plein.
00:09:44On sent bien quand on le porte.
00:09:46C'est tout ce que monsieur a point voulu lire qui est là-dedans.
00:09:48Mais qu'est-ce que tu racontes, Simon?
00:09:49Ce sont les journaux de monsieur qui sont dans ce coffre.
00:09:52Je dis point non.
00:09:53Je dis qu'il n'a jamais voulu les lire.
00:09:55Qui vous a raconté ces sornettes?
00:09:58C'est...
00:10:00C'est lui.
00:10:01Qui ça, lui?
00:10:04Euh...
00:10:05Monsieur de Fontenelle.
00:10:07C'est amusant, mais cela ne tient pas debout.
00:10:09Pourquoi ne les aurait-il pas lus?
00:10:12Monsieur n'aimerait pas qu'on répète ce qu'il nous a dit qu'à nous.
00:10:15Répète quand même, madame te le demande.
00:10:18Ben...
00:10:18Il les a point lus parce qu'il se doutait qu'on disait pas du bien de lui là-dedans.
00:10:22Même qu'on l'attaquait.
00:10:30Après tout, cela est assez dans sa manière.
00:10:33Ne jamais aller au-devant de ce qui peut gratter votre humeur.
00:10:37C'est tout lui, en effet.
00:10:39Débarras! Allez!
00:10:40Et vous repasserez le balai.
00:11:08Et vous repasserez le balai.
00:11:39Sous-titrage ST' 501
00:12:09Et pourquoi donc ?
00:12:10Ça paraît que mon âge exige la tempérance.
00:12:14C'est la belle affaire.
00:12:15Qu'est-ce que l'âge quand la gloire nous surpasse ?
00:12:18Accepteriez-vous néanmoins quelques fricons filles ?
00:12:21Allez par ici.
00:12:24Monsieur de Fontenelle vous a repéré comme étant les plus spirituels de l'Assemblée.
00:12:29Les plus spirituels du salon de Madame Geoffrey.
00:12:33C'est Madame Geoffrey.
00:12:35Monsieur de Fontenelle nous surpasse tous, Vallière.
00:12:38Dites-lui plutôt quelle conversation était la vôtre pendant le souper.
00:12:41De quoi disputiez-vous ?
00:12:43Nous pensions qu'il est bien difficile pour une femme de déceler le sentiment sous une conduite galante.
00:12:50Monsieur de Vallière soutenait que c'était un nouveau procès fait à la sincérité des hommes.
00:12:54Alors, qu'en pense le siècle passé ?
00:12:56Ma foi, je... je n'observe point les sentiments comme je le fais des planètes.
00:13:01Vous n'avez pas à observer ce qui vous est simplement donné de ressentir ?
00:13:06Certes, mais il est présomptueux d'avancée que j'ai déjà ressenti quoi que ce soit.
00:13:11Voilà 80 ans que j'ai relégué le sentiment dans mes poésies.
00:13:18Et vous appelez ça avoir vécu ?
00:13:21Je crois avoir été empressé comme il convenait auprès des femmes.
00:13:24Mais l'amour...
00:13:28J'entends mal.
00:13:29Je parlais de l'amour.
00:13:32Lui et moi sommes des choses incompatibles.
00:13:35On dit pourtant que votre roman préféré n'est autre que la princesse de Clèves.
00:13:42Le style en est insurpassable.
00:13:44Il en est plus vif.
00:13:46Il n'en est pas de plus simple.
00:13:48Donc de plus grand.
00:13:50Mais la princesse, c'est une histoire d'amour.
00:13:52Qui n'a pas lieu.
00:13:54Quelle sagesse.
00:13:56Puisque vous soutenez que les sentiments vous sont étrangers,
00:13:59je suppose ce sont les idées qui ont vos faveurs ?
00:14:01Pas davantage.
00:14:02Défendre des théories signifie riposter, se plaindre, accuser, soupçonner.
00:14:08J'aime trop mon repos.
00:14:11Et puis...
00:14:13Pourquoi polémiquer ?
00:14:16Tout est possible.
00:14:17Et tout le monde a raison.
00:14:20Allons, allons.
00:14:22Je sais certaines idées qui ne vous laissent pas indifférents.
00:14:25Si je vous disais que M. d'Alembert est venu nous lire hier son discours préliminaire à l'encyclopédie
00:14:31et que le chevalier de Jocourt nous a montré d'admirables planches dans les métiers.
00:14:35C'était d'un ennui mortel.
00:14:38Vous m'avez l'air encore bien vivant, il me semble.
00:14:41Mais enfin, que cherchez-vous avec cette encyclopédie ?
00:14:44À instruire les médiocres de choses qui ne l'entendront point ?
00:14:48Qu'y a-t-il de plus ridicule que de parler de philosophie avec des ouvriers ?
00:14:53Le divertissement et le jeu, voilà ce que le peuple attend.
00:14:56Pareils propos vous feront attendre à la porte de l'Académie, j'en réponds.
00:15:00Déjà qu'il vous faudra faire oublier vos ouvrages libertins.
00:15:04Et moi j'entends bien naître de l'Académie.
00:15:06Mes ouvrages sont lestes, j'en conviens, mais les composés est d'un aussi dur labeur, croyez-moi.
00:15:11Une simple page me prend trois ou quatre heures.
00:15:15Vous finirez bien par attraper tout ce temps perdu.
00:15:18Mais je suis plus modeste que vous ne l'imaginez, monsieur.
00:15:21Vous n'aurez pas osé vous le dire, monsieur.
00:15:25Toutes ces femmes qui se disputent le vieux Fontenelle dans l'espoir qu'il va mourir dans leur salon.
00:15:33Pauvre Vallière, il se croit à un esprit supérieur, mais la supériorité lui fait bien défaut.
00:15:38Et l'esprit lui manque.
00:15:41Venez, nous allons entendre la musique de près.
00:15:43Elle est bien assez insupportable de loin.
00:15:46Vous préférez la peinture ?
00:15:48Oh, la peinture, les murs sont enlédits par trop de portraits.
00:15:52La sculpture ?
00:15:54Je laisse les statues me regarder.
00:15:58Les arts vous touchent donc si peu.
00:16:01Je n'arrive pas à faire entrer tant de choses dans mon existence.
00:16:07Plus tard, peut-être.
00:16:10Votre force est de vous placer hors d'atteinte en toutes circonstances.
00:16:12Rien ne vous touche.
00:16:14Je vous admire.
00:16:17Bonsoir, chère Fontenelle.
00:16:19Pardon.
00:16:20Je vous souhaitais le bonsoir.
00:16:22C'est pourquoi ?
00:16:37C'est pourquoi ?
00:17:02Look, Mr. de Fontenelle, there is no words that you can hear, with, as often noticed,
00:17:08more precision than what they hear normally.
00:17:12This comes from what the pavillon is very large, not like a corny of abundance, who,
00:17:17instead of their fruits, engrangerait the subjects and verbs by its vaste embouchure,
00:17:22for you to make them hear.
00:17:23And, Mr., you can see the corny of your ear?
00:17:27The smallest of the extremities gliss all naturally.
00:17:31All right.
00:17:35So, how do you hear, Mr. de Fontenelle?
00:17:37Too far!
00:17:39Yes, I'm confused, it's because I...
00:17:41It's natural, when we address someone who is affected.
00:17:46I won't worry, Mr. de Fontenelle.
00:17:47It's not my ears.
00:17:55What's that ...
00:17:56We asked him to get to a search between Mr. de Fontenelle.
00:17:59Who demanded this?
00:18:03AjectER Enlever
00:18:05Ajuster Enlever
00:18:06L'apparel n'est-t-il- suck, doctor?
00:18:08Lourd monsieur madame geoffrain vous envoie madame geoffrain vous envoie quelque chose
00:18:28je lis beaucoup mieux ce portrait de votre ami le frenois j'ai pu l'acquérir sans
00:18:35trop d'embarras auprès de ce qui lui reste de famille je l'ai fait dans l'intention de vous
00:18:38l'offrir persuadé que le visage de celui qui fut votre plus proche et si grand ami vous rappellerez
00:18:44ces longs moments que vous passez ensemble à ne rien dire et pourtant à vous comprendre comme
00:18:49seuls savent s'entendre la discrétion et l'innocence alors aujourd'hui 20 ans qu'il est mort m'en
00:18:59vais
00:18:59sur le champ remercier madame geoffrain pourquoi ces moments que vous passiez à ne rien dire
00:19:06monsieur le frenois était si peu bavard portrait respire la ressemblance regardez on dirait qu'il va se taire
00:19:23la belle compagnie que voilà
00:19:29et tout ce monde pour m'accueillir sommes toujours ravis de vous voir monsieur l'abbé
00:19:44je parle de cette lettre marquée de la phare que le petit réservoir vient de publier et bien
00:19:48comment ça et bien que dit elle cette lettre vous vous moquez on soutient partout qu'elle est de vous
00:19:55m'a-t-on vu l'écrire je le sens bien moi qu'elle est votre plume parler avec une
00:19:59telle insolence n'appartient
00:20:00qu'à vous ou à voltaire une lettre qui décrit l'embarras du seigneur au moment de la résurrection
00:20:05désigne son auteur m'en direz-vous le nom à la fin raillé raillé je vois que ce couvert de
00:20:11montrer les
00:20:11choses de la science au cas de l'écorce n'entendent rien il est bien lisé d'y jeter le
00:20:16table qu'est
00:20:17il besoin d'expliquer ce qui doit rester inexplicable vous faites parfois songeux à quelques
00:20:22navigateurs dont les cas laisserait passer l'eau mais qui interdiraient qu'on écope
00:20:31pas d'égard on dit que ce sont vos ouvrages qu'on enfantez voltaire
00:20:36laissez dire car vous ne pouvez accepter que votre oeuvre apporte potions à cet empire
00:20:41je me reproche vous n'est pas fait mais pas si fait mais vous ne pouvez ignorer que
00:20:45voltaire parle de dieu comme comme comme s'il n'existait pas comme quoi
00:20:57voltaire ne nuit pas il s'interroge c'est votre histoire des oracles qui a fait le mal
00:21:04j'ai pas dans mes oracles spectacle de l'ignorance et de la sottise exploité par la mauvaise foi
00:21:12mais ce spectacle me semble promis un grand avenir justement des esprits faibles et impurs ont pu en
00:21:18déduire que dieu n'existait que parce que nous voulions y croire mon ami l'ignorance se
00:21:28démontre moins par les choses qui sont et dont la raison nous est inconnue que par celles qui ne
00:21:32sont pas et dont nous trouvons la raison car non seulement nous possédons pas les principes qui
00:21:40mènent au vrai mais nous en avons d'autres qui s'accommodent très bien avec le faux
00:21:51monsieur l'abbé restera-t-il à dîner
00:21:52est-il dans votre servante qui a-t-il le dîner eh bien désirez vous des asperges
00:21:59j'en raffole j'en raffole moi aussi ça au beurre qu'elle dit je préfère à l'huile au
00:22:09beurre elle
00:22:09garde de leur fermeté et à l'huile le goût en sort davantage elle se digère tout aussi bien au
00:22:14beurre
00:22:15ma nièce ne les apprécie qu'à l'huile bon que dois-je faire une moitié à l'huile une
00:22:21moitié au beurre
00:22:25je connais bien votre manière savez-vous jamais rien de véhément votre impertinence est des plus
00:22:31doux à peine visible point d'éclat point de taca ainsi se propage des idées les plus terribles les
00:22:36plus terribles je ne professe point d'idées je constate et je souris c'est bien suffisant et
00:22:45vous vous mêlez tout sans en avoir l'air voilà la vérité raisonnement raisonnement c'est votre
00:22:49nique défense moi je maintiens qu'il est mauvais de raisonner sans cesse que c'est le moyen le
00:22:54plus insidieux de s'écarter peu à peu du chemin qui nous a été tassé par qui
00:23:02voyez vous raisonnez encore ça je me demande si toutes mes parrières seront jamais suffisant
00:23:06par votre salut et c'est bon
00:23:23bonsoir azen les asperges toutes à l'huile
00:23:39non non dites-moi l'entrée du jardin
00:23:59enfin vous voilà nous n'attendions vous pour souper attend des nouvelles de ce bon abbé chalon il est à
00:24:08nouveau sur pied si l'on peut ainsi dire de quelque chose
00:24:13vous ne cessez de le redoyer je demande ce qu'il vous a fait
00:24:16il me fait peur
00:24:21le voilà
00:24:28cher fontenelle je ne crois pas vous avoir présenté isabelle
00:24:32la fille de ma soeur du comte de la torre est arrivée de florence la semaine passée
00:24:39ah des asperges
00:24:47on dit monsieur que vous n'avez pu résister à un mot cruel dont l'abbé chalon fut l'innocente
00:24:52victime
00:24:52la cruauté n'est pas ma façon monsieur mais si cela est vrai ce que j'ai dit semble avoir
00:24:57remis les asperges à la mode
00:25:02monsieur le philosophe il paraît que vous refusez de croire à l'amour
00:25:07plaît-il
00:25:08n'est-il point vrai que l'amour existe
00:25:13j'avoue qu'à 7 minutes je ne doute plus
00:25:19on m'a dit une charmante désenterie
00:25:21qui vous concerne cher fontenelle
00:25:23à quelqu'un qui souhaitait faire un placement d'argent
00:25:25il a été déconseillé le faire sur votre tête
00:25:28sauf à fond perdu
00:25:29car vous rajeunissez en vieillissant
00:25:32l'autre jour j'ai voulu faire déplacer un meuble de famille
00:25:34un vieux secrétaire qui avait toutes les apparences du neuf
00:25:37et bien à peine l'a-t-on touché qu'il s'est effondré
00:25:40il était vermoulu
00:25:44vieillir me fait peur
00:25:46pour les femmes la disgrâce des sens c'est
00:25:49une horrible chose
00:25:52sottise
00:25:53pour éviter à nos sens de vieillir
00:25:55il faut veiller à leur fonctionnement régulier
00:25:58les entretenir en quelque sorte
00:26:00à suivre vos conseils on tomberait vite dans l'excès il me semble
00:26:03l'homme de qualité
00:26:05sait tempérer ses audaces
00:26:07je crains mademoiselle
00:26:09que nos discours vous ennuient
00:26:11les vôtres vous voulez dire
00:26:15quand la beauté et la jeunesse s'accordent si magnifiquement
00:26:18a-t-on envie d'entendre des propos desséchés
00:26:22a-t-on d'ailleurs envie d'entendre quoi que ce soit
00:26:25les paroles retardent toujours les actes
00:26:27oh non ce n'est pas possible
00:26:30grand-pense votre nièce
00:26:32elle va vous le dire elle-même baron Grimm
00:26:34je ne suis pas encore à me laisser des conseils que l'homme me donne
00:26:37ce qui n'empêche pas d'en faire le tri
00:26:40de reconnaître la vérité dans ce qui est généreux sensible dévoué
00:26:45en un mot dans ce qui vient du coeur
00:26:48tous les êtres possèdent un coeur me direz-vous
00:26:51eh bien non
00:26:52la science nous le cache encore
00:26:54mais certains en sont réellement dépourvus
00:26:57vraiment ?
00:26:58j'en connais personnellement
00:26:59dans quelques contrées lointaines je pense
00:27:01point du tout ici même
00:27:03nous direz-vous
00:27:04à quoi bon il s'est déjà reconnu
00:27:12je suis résolu à faire à l'académie
00:27:16une communication
00:27:18sur l'intelligence de l'asperge
00:27:22qui est un légume particulièrement savoureux
00:27:25mais aussi commande à manger
00:27:27en somme fait pour nous plaire
00:27:31mais avec une discrétion qui enchante
00:27:34il suffit d'ailleurs de savoir comment
00:27:37poussent les asperges
00:27:38elles passent la tête
00:27:42pour d'abord
00:27:44voir si elles ne dérangent pas
00:27:47et puis alors
00:27:49se sachant attendu
00:27:52elles viennent
00:27:54tout entière
00:27:58aucun autre légume
00:28:01ne possède cette élégance
00:28:04à vrai dire monsieur
00:28:05ça n'est pas précisément sur l'académie
00:28:07et les asperges qu'on vous attendait
00:28:08sur quoi d'autre ?
00:28:10et bien sur ce qu'affirme monsieur de Vallières
00:28:12l'absence de coeur
00:28:14vous avez du mal entendre
00:28:16comment cela ?
00:28:17monsieur de Vallières pense que
00:28:19cela n'existe pas
00:28:20parce que le coeur
00:28:21comme le cerveau
00:28:21sont des organes
00:28:23qui lui sont encore étrangers
00:28:25j'ai cru comprendre
00:28:26que pour l'instant
00:28:27il ne s'intéressait
00:28:28qu'à la partie comprise
00:28:29entre la hanche et le genou
00:28:37bénissons l'esprit monsieur
00:28:38c'est lui qui vous tuera
00:28:41alors ne songez plus à l'académie
00:28:44vous voilà déjà immortel
00:28:53mais
00:28:54il ne s'intéressait
00:29:01et
00:29:01et
00:29:03n'est-ce pas
00:29:04plus à l'aspect
00:29:13c'est
00:29:13pour tous
00:29:15c'est
00:29:16but she'll have a good night
00:29:27for no caro sore
00:29:30kyun dol ja pe to be a
00:29:34kamil tadil nansiya
00:29:37ron bol ba nil la ma
00:29:41ron bol ba nil la ma
00:29:46And by the way, I'm going to say
00:29:49I'm going to say
00:29:50I'm going to say
00:29:55I'm going to say
00:29:57I'm going to say
00:30:10You'd say that music is suddenly acceptable
00:30:12I'm going to say
00:30:38I'm going to say
00:31:06I'm going to say
00:31:33I'm going to say
00:32:03Come on, M. Leforger a promis
00:32:05de nous enseigner un nouveau jeu d'esprit
00:32:06Je préfère me retirer
00:32:08Comme vous voudrez
00:32:08Ma nièce ne possède-t-elle pas une voix merveilleuse ?
00:32:12Sans doute
00:32:13Mais comment
00:32:14en aurais-je profité ?
00:32:17C'est à vous ?
00:32:19Je ne vois pas l'utilité
00:32:21de m'encombrer du bien d'autrui
00:32:22Je veux dire
00:32:25Vous en avez réellement besoin ?
00:32:26Vous en avez réellement besoin ?
00:32:26Hélas, ma bonne amie
00:32:28Me voici parvenue à l'âge des accessoires
00:32:52Je veux dire
00:33:00de m'encombrer du bien d'autrui
00:33:00Oh!
00:33:01Oh!
00:33:04Oh!
00:33:06Oh!
00:33:07Ah!
00:33:09Ne craignaient rien.
00:33:10Ma vue aussi est mauvaise.
00:33:11Ah!
00:33:25Monsieur?
00:33:31Mr.
00:33:31Mr.
00:33:34Someone is talking.
00:33:36I, Mr.
00:33:52Your spirit is charming.
00:33:53But, Mr.
00:33:55I understand that my aunt keeps your presence.
00:33:59Do you like the air that I sang?
00:34:02Your voice and your accent would love all the air of the world.
00:34:08Do you know your interviews on the plurality of the world?
00:34:12They are very famous in Italy.
00:34:14What a chance to be the marquise of you!
00:34:18Mercury, Venus, Jupiter!
00:34:22But I am in a hurry.
00:34:25Good evening, Mr.
00:34:31We are ready, Mr.
00:34:32Not me!
00:34:35Mr.
00:34:35Mr.
00:34:35Mr.
00:34:35Mr.
00:34:36Mr.
00:34:36Mr.
00:34:36Mr.
00:34:48I'm sorry to interrupt my path, if you accept that I'm going through your own way.
00:34:55Do I have an astronomy lesson?
00:34:58I love science, you know.
00:35:01I imagine that your evening evening to instruire the marquise was the same.
00:35:14Well, let's see, you're driving with me like ten years old.
00:35:21Since I can't pretend to retain the place of your marquise,
00:35:25I'll be happy with the beauty of this spectacle.
00:35:29Who would that be?
00:35:31The saut and the savants?
00:35:33I think that one day comes when the man will visit the planet.
00:35:38You're right.
00:35:39He won't be able to renounce.
00:35:42And he won't be able to give up pride.
00:35:45Like always.
00:35:46Good morning.
00:35:47You were pessimistic with the marquise.
00:35:51Marquise.
00:35:54Imaginaire.
00:35:57Are you serious?
00:36:01I wanted to tell you simply the principles of the universe.
00:36:04So I imagined a conversation with a marquise.
00:36:08The evening, in the park of a castle.
00:36:12I dream of a novel that is not too dry or too light.
00:36:17But we can't find a right place that meets everyone.
00:36:21I found one that doesn't suit any.
00:36:24Just the right place are impossible to hold.
00:36:28We will never take that place.
00:36:31C'est pourtant grâce à vous que les femmes prennent plaisir à la science
00:36:35Beaucoup d'hommes ne vous le pardonneront jamais
00:36:41Enfin, l'aveu que vous m'avez fait me dispense désormais de me montrer jalouse envers votre marquise
00:36:46Je vous demande pardon
00:36:49J'ai parlé de la jalousie
00:36:52J'avoue, ignorez ce que c'est
00:36:55Je vous crois, il n'y a que les femmes pour savoir
00:37:00Allons vu, je ne suis pas tout à fait honnête
00:37:04Pardon
00:37:06Cette marquise, je ne l'ai pas entièrement inventée
00:37:10Je me suis inspiré d'une personne réelle
00:37:14Qui ?
00:37:17Une dame de ma province
00:37:18Auprès de laquelle beaucoup pensaient que j'étais assidu
00:37:24L'étiez-vous ?
00:37:27Fait en sorte que mes manières fussent toujours honnêtes et obligeantes
00:37:33Les jeunes gens n'entendent plus cela
00:37:36Le seul intérêt des jeunes gens est de fuir les sentiments
00:37:42Enfin, monsieur
00:37:44Fuir les sentiments
00:37:47Quel étrange conseil
00:37:49Quelle importance
00:37:51On reconnaît les bons conseils à ce qu'ils ne sont jamais suivis
00:37:53Et les mauvais à ce que tout le monde s'est hâté de les précéder
00:37:59Je ne vous ai que trop retardé, monsieur
00:38:02Aurais-je prononcé quelques paroles pour vous déplaire ?
00:38:06La nuit est fraîche, soudainement
00:38:09Elle est fort douce, au contraire
00:38:12Je porte de prendre froid
00:38:14Je m'en voudrais donner ton point attentif à votre santé
00:38:25Le troisième acte commence par une scène entre la marquise et Dubois
00:38:34Buvez
00:38:38C'est brûlant
00:38:40Vous vous souciez moins du chaud et du froid dans certaines maisons que je connais
00:38:46Je dois écrire une lettre
00:38:49Allez
00:39:03C'est chaud
00:39:28Oh, mon pauvre ami
00:39:29Vous voilà dans un triste état
00:39:31À cause de l'humidité de votre jardin
00:39:35Que me dites-vous là ?
00:39:36Que les faiblesses arrivent par où on ne les attend pas
00:39:40Ma nièce m'a chargée de vous remettre cette lettre
00:39:43Elle vous remercie d'être restée pour l'écouter chanter
00:39:48Je crois avoir bien agi en exigeant qu'Isabelle s'installe chez moi
00:39:52Elle ne pouvait rester à Florence plus longtemps
00:39:54Sa mère n'aurait jamais trouvé sur place remède à son mal
00:39:57De quel mal souffre-t-elle donc ?
00:39:59De quoi voulez-vous ?
00:40:02L'amour, mon ami
00:40:04L'amour
00:40:07Isabelle a connu il y a peu le revers d'une passion qu'elle croyait partager
00:40:10Elle a surpris celui qui lui avait juré sa flamme dans les bras d'une autre
00:40:14Enfin, quand je dis dans les bras, j'espère que vous me comprenez
00:40:18Ma soeur s'est alarmée
00:40:19Car la santé d'Isabelle donnait des signes d'inquiétude après cette pénible déconvenue
00:40:24On ne saurait compter le nombre de fois où Isabelle a été surprise en larmes
00:40:28Sans parler de ce jour pas si lointain où elle a voulu se jeter dans la rivière
00:40:33Enfin !
00:40:34J'ai arraché ma nièce à son tourment et la voilà guérie
00:40:40Je vous vois fatigué, cher Fontenelle
00:40:41Vous dites ?
00:40:44Ah oui
00:40:46L'amour
00:40:51Me pardonnerez-vous, monsieur
00:40:53Un comportement aussi ce qu'inexplicable
00:40:55Alors que vous me faisiez la faveur de votre immense savoir
00:41:00Il me faudra bien du courage pour reparaître devant vous
00:41:04Alors même que je ne saurais me résigner à ne plus vous voir
00:41:31Merci, merci, merci, merci
00:41:52Mademoiselle, mademoiselle, monsieur de Fontenelle m'a chargé de vous remettre ceci
00:42:18Ah, monsieur de Fontenelle, je suis bien l'aise de vous revoir
00:42:22Monsieur Diderot et monsieur d'Alembert disaient à l'instant que vous étiez leur maître
00:42:26Ce n'est pas un mince privilège, madame, que d'être née avant tout le monde
00:42:32Nel, vous avez retrouvé bonne mine
00:42:34Ma nièce sera ravie de vous revoir
00:42:36Au juste où vous êtes, Nel
00:42:39Cette jeunesse nous donne le vertige
00:42:48Qu'il me soit permis de saluer l'esprit le plus libre et le plus avancé de notre temps
00:42:55Monsieur d'Alembert, vous me faites trop d'honneur
00:42:58Notre encyclopédie vous est sans froid redevable
00:43:01Vous verrez que mon âge finira par me rapporter
00:43:10Je ne suis point de ces hommes qui exhibent des certitudes
00:43:15Mais je sais que c'est par la connaissance et le raisonnement que le monde sortira des ténèbres
00:43:20Nos articles lui ouvriront les yeux
00:43:22Et nos souscripteurs ne seront pas que des lecteurs
00:43:25Comprenez-vous, ils transmettront, ils témoigneront
00:43:31Monsieur de Fontenay
00:43:35On me dit que vous ne ménagez point votre peine pour nous soutenir
00:43:38Soyez-en mille fois remerciés
00:43:40Ce premier volume de votre encyclopédie me ravit, monsieur Diderot
00:43:45C'est une vaste entreprise
00:43:46Trop vaste peut-être
00:43:48En tout cas, elle vous apportera peu de satisfaction
00:43:52Les hommes tels que vous sont faits pour les grandes aventures
00:43:56Et la règle des 3D
00:43:59J'ignore cette règle
00:44:01Déconvenue
00:44:03Difficulté
00:44:04Découragement
00:44:05Eh bien, j'en ajoute un quatrième
00:44:07Défine
00:44:08Je veux le relever
00:44:09Vous avez raison
00:44:11Il était tombé assez bas ces derniers temps
00:44:19Charmant tableau
00:44:21Lequel se tient l'autre ?
00:44:22Oh, Diderot préférera toujours Fontenay à Voltaire
00:44:25Il vaut caresser un chat qu'un scorpion
00:44:36Monsieur de Fontenay
00:44:39Vous me voyez confuse
00:44:41Je veux vous assurer que l'idée que vous avez de moi n'est pas la bonne
00:44:44Mais puisque je n'ai rien vu
00:44:46Le jour où vous m'avez surprise
00:44:50Mon mari m'avait insultée
00:44:52Imaginez mon trouble
00:44:53Comment elle pourrait-je, madame ?
00:44:55C'est parce qu'il m'avait infligé cet affront que je me suis vengée de lui
00:44:59Imagine que Paris Vengeance vous coûte énormément
00:45:04Personne n'est mort d'avoir été infidèle, n'ose pas ?
00:45:07Certains m'aiment vivre, madame
00:45:09Mon mari m'a traité de catin
00:45:13Pourtant, j'ai éprouvé de l'affection
00:45:15Et de la tendresse pour tous les hommes qui m'a été donnés de connaître
00:45:18Dans ce cas, madame, ce n'est pas une insulte, c'est de la reconnaissance
00:45:22Un peu de fraîcheur, un peu de fraîcheur me fera du bien
00:45:34Quelle situation, monsieur ?
00:45:37Comment cela ?
00:45:39Ce rendez-vous que vous m'avez fixé dans les plus grands secrets
00:45:42À la suite d'une lettre de vous et votre tante qui me l'a remise
00:45:46Crois encore que vous m'adressiez de simples remerciements
00:45:51Je vous devais des excuses
00:45:53J'ose à peine imaginer ce que vous avez pensé de moi après cette soirée
00:45:57Mais ce que j'ai pensé dans l'instant n'a rien à voir avec ce que je crois désormais
00:46:02Que voulez-vous dire ?
00:46:05Que sans l'évocation d'un sentiment qui vous tourmente plus qu'il ne faudrait
00:46:10Je n'aurais pas assisté à un départ qui ressemblait à une fuite
00:46:18Vous savez donc, je suis moins forte que je le pense
00:46:23Je crois oublier, je ne fais qu'enfuir
00:46:26Il est vrai et je crois que ce sera là ma plus grande gloire
00:46:31Par quelle force faut-il donc être habité ?
00:46:34Je ne vois rien de banal dans les mouvements du cœur
00:46:37Mais je préférais m'en garder
00:46:40Comme si nous avions les choix
00:46:42Nous l'avons
00:46:44Il ne faut jamais chercher qu'à simplifier sa vie
00:46:48Pour ma part, j'ai voulu faire l'économie d'histoire d'amour
00:46:51Qui m'eussent laissé pantelons
00:46:54Je me connais trop bien
00:46:56Mais vous avez aimé, monsieur
00:46:58Il avait été en retour
00:47:00Soutiendrez-vous le contraire ?
00:47:02C'est un sujet bien personnel
00:47:04Pour qui déteste parler de soi
00:47:07Ainsi donc, vous pourriez tout connaître de moi
00:47:09Et ne rien me confier en retour
00:47:13Qui mon existence intéressera-t-elle ?
00:47:18Moi
00:47:22Pourquoi je vous prie ?
00:47:25Je ne sais
00:47:26Ou plutôt, pour la première fois
00:47:30Je le sentimente d'être comprise
00:47:35Nous nous connaissons peu
00:47:37Il est vrai
00:47:37Et pourtant
00:47:38Il me semble que nous avons déjà partagé un peu de notre vie
00:47:45Vous ne voulez donc rien me dire ?
00:47:48Un jour
00:47:49Quel jour ?
00:47:52Un prochain jour
00:47:55Protégez-vous des secrets
00:47:56C'est avec pareil raisonnement que ma petite nièce prétend que tout m'a réussi
00:48:03Je crains que l'affliction qu'elle me porte
00:48:07Il fasse voir de travers
00:48:09En quoi aurait-elle tort ?
00:48:12Il suffit de regarder de quelle manière j'ai parcouru le chemin
00:48:16Quand j'ai voulu embrasser la carrière d'avocat dans ma ville natale
00:48:19J'ai perdu la seule affaire qui me fut confiée
00:48:23Quelle importance ! Vous aviez la poésie !
00:48:25Je ne lui ai donné plus qu'elle ne m'a rendu
00:48:29Je fais mine aujourd'hui d'être détaché
00:48:31Mais je sais à quel point les détracteurs avaient raison
00:48:34Mes ouvrages ne faisaient qu'imiter
00:48:36Ce que l'on représentait de pire sur les théâtres
00:48:40L'Académie vous a pourtant accepté ?
00:48:43Après quatre tentatives
00:48:45Ils auraient su que j'allais vivre vieux
00:48:47Qu'ils me faisaient attendre davantage
00:48:51Vous êtes un grand sabbat
00:48:53Sans la lecture de vos ouvrages aurais-je du goût pour les sciences
00:48:57Et aurais-je commis ?
00:48:59Quoi donc ?
00:49:01Un petit traité
00:49:03Un petit traité
00:49:06Deux remarques plutôt sur la réfraction de la lumière
00:49:08Aurais-je l'honneur de les lire ?
00:49:12Accepteriez-vous en échange de m'enseigner l'observation des étoiles ?
00:49:16Je suis trop mal habile
00:49:18L'observation des...
00:49:19Isabelle !
00:49:20L'observation des étoiles, oui !
00:49:22Je ne m'y entends guère enseigner quoi que ce soit
00:49:25Isabelle !
00:49:26Allons, acceptez-vous
00:49:28Quel entêtement !
00:49:29Isabelle !
00:49:31Soit, soit
00:49:33Quel était cet air que vous chantiez ?
00:49:41C'est un air qu'on chante à Florence
00:49:43Et qui parle d'amour
00:49:45Isabelle !
00:49:53Qui sait à quel instant de la succession des générations animales nous en sommes ?
00:49:58Qui sait si ce bipède déformé qui n'a que quatre pieds de hauteur, qu'on appelle encore un homme,
00:50:03et qui ne tarderait pas à perdre ce nom en se déformant un peu davantage, n'est pas l'image
00:50:09d'une espèce qui passe ?
00:50:11Diderot est merveilleux. C'est grâce à des hommes comme lui que le monde va s'ouvrir. Le monde, vous
00:50:16rendez-vous compte ?
00:50:17Qui puis-je ?
00:50:18Nous allons découvrir tant de choses nouvelles, comme j'ai hâte et comme j'ai envie !
00:50:22Mon fils, les envies sont inutiles quand on peut tout avoir.
00:50:26Qui sait si tout ne tend pas à se réduire à un grand sédiment inerte et inolive ?
00:50:31Qui sait quelle sera la durée de cette inertie ?
00:50:34Qui sait quelle race nouvelle ?
00:50:40Peut résulter d'un amas aussi grand de points sensibles et vivants ?
00:50:52Il sera plus aisé d'enseigner la mécanique que la tolérance.
00:50:57Sans doute.
00:50:58Il le faudra pourtant.
00:51:01C'est peut-être là notre véritable dessein.
00:51:03Certes.
00:51:05Mais l'homme, il avance et il recule.
00:51:09Vous ne le changerez pas aisément.
00:51:12Je ne suis pas pessimiste.
00:51:14Deux soirs comme celui-là, moi non plus.
00:51:45Le temps...
00:51:47Deux soirs comme celui-là...
00:51:54Pas mal, pas mal...
00:52:08Eh bien ! Qu'attent-on ?
00:52:11Françoise !
00:52:12Il n'y a personne !
00:52:14Françoise !
00:52:15Qu'est-ce que vous avez à crier comme ça ?
00:52:17D'abord, que faites-vous debout ?
00:52:19Ben, il est bien temps, il me semble.
00:52:21Cette heure n'a pas encore sonné ?
00:52:23Oh, voilà !
00:52:24Mais qu'est-ce besoin des cloches ?
00:52:26Mon horloge à moi me dit qu'il est là !
00:52:29L'heure de quoi ?
00:52:29Mais...
00:52:30Voyez-vous !
00:52:31Quoi ?
00:52:32Oh, my God.
00:53:08Oh, my God.
00:53:54Oh, my God.
00:53:57Que faites-vous là ?
00:54:01J'attends.
00:54:02Vous attendez ?
00:54:03Oui, une jeune personne qui doit me montrer certains traités qu'elle a commis.
00:54:11Et resterez-vous là jusqu'à son arrivée ?
00:54:14À vrai dire, elle ne viendrait que plus tard.
00:54:18Mais je tenais à m'assurer que tout était en place.
00:54:25J'attends.
00:54:40Vous n'oserez jamais me dire que c'est plat.
00:54:46Vous n'acceptez que juste de l'impunité que l'âge me confère pour vous dire la vérité ?
00:54:52Votre étude est fort judicieuse et le style à votre image pure et sensible.
00:54:58Le pensez-vous, monsieur ?
00:55:01Mon souci de vivre selon des règles simples m'invite à toujours penser comme je dis.
00:55:12Je ne vois toutefois guère ce qu'il y aurait maintenant à vous apprendre sur l'observation des étoiles.
00:55:22Pardonnez-moi, monsieur, si je me suis mal faite entendre.
00:55:25En fait, ma tante ne possède pas des lunettes astronomiques.
00:55:29Et vous voudriez ?
00:55:32Venir étudier chez vous.
00:55:34Mais...
00:55:37La nuit ?
00:55:39Naturellement.
00:55:41Mais si cela est votre souhait, eh bien, je vais...
00:55:44Je vais vous rendre votre excellente étude.
00:55:48Il y a d'autres choses dont vous m'avez promis de m'instruire.
00:55:53Ah, je...
00:55:55Je ne vois pas.
00:55:56Comment avez-vous si vous détachez de l'amour ?
00:56:01Alors, monsieur, souvenez-vous de votre promesse.
00:56:06Comprenez mon embarras.
00:56:08Qu'y a-t-il d'embarrassant ?
00:56:10Rien.
00:56:11Eh bien...
00:56:15On se dévoile toujours trop.
00:56:18Quel danger !
00:56:19Il ne faut pas raconter sa vie.
00:56:22Après, les gens vous demandent des comptes.
00:56:25Ils estiment que je la les regarde.
00:56:32Alors...
00:56:32Eh bien...
00:56:34Dans ma dix-septième année, une jeune fille de quinze ans, une lointaine parente, était venue passer la belle saison
00:56:41chez nous.
00:56:43Un soir que nous nous promenions, j'ai osé lui donner un baiser.
00:56:48Dans son regard, j'ai vu une confiance qui m'a ému bien plus que le baiser lui-même.
00:56:57Cet instant de grâce n'a été gâché par aucune parole.
00:57:03C'est la seule fois de ma vie où j'ai ressenti quelque chose.
00:57:08N'avez-vous jamais revu cette jeune fille ?
00:57:13Je n'ai pas voulu.
00:57:15C'est pour cela que je ne l'ai jamais oublié.
00:57:19Mais après ?
00:57:22Ce souvenir a suffi à me garder des ravages du cœur.
00:57:26À ne point fixer le mien.
00:57:27Enfin, ce qu'il me fallait, je l'ai trouvé.
00:57:32La sérénité de complicité aimable et bien vécue.
00:57:37Pour le reste...
00:57:40Regardez le calendrier.
00:57:43Vous verrez qu'il faut à l'amour bien du talent pour résister.
00:57:46En lieu et place de l'émerveillement perpétuel,
00:57:51vous trouverez l'exactitude et la régularité des jours.
00:57:57Un vertige.
00:58:00Il faut que la présomption domine
00:58:02pour répondre favorablement à la seule question qui vaille.
00:58:09M'aimerez-vous encore demain ?
00:58:16J'aimerais qu'il m'arrive quelque chose d'heureux.
00:58:21Pourquoi est-ce si difficile ?
00:58:24Ça ne doit pourtant pas demander à Dieu un effort bien considérable.
00:58:30Qu'espérez-vous ?
00:58:33Ce que vous avez refusé.
00:58:35Vous vous y êtes déjà brûlée.
00:58:38Mais comment, femme, pourrait-elle voir autrement sa vie
00:58:41qu'accorder à celle de l'homme qui sera l'aimée ?
00:58:44C'est un effet de croyance assez répandu
00:58:47en dépit des dégâts qu'elle cause.
00:58:50Vous parlez comme un impie.
00:58:52Ne mêlez pas Dieu à cela.
00:58:54Le diable, alors.
00:58:55T'es souvent son homme d'affaires.
00:58:57Pour ne pas vous déplaire,
00:59:00il faudrait donc renoncer.
00:59:02Le cœur ne doit pas faillir.
00:59:05Souhaitez-vous cela pour moi ?
00:59:07Ne cherchez-vous point de conseil ?
00:59:10On ne se marie pas avec la solitude.
00:59:13N'est-ce pas préférable un homme qui serait indigne de vous ?
00:59:17Vous possédez assez d'intelligence pour être jamais seul ?
00:59:21Ou pas envie de connaître cette chose exquise et rare
00:59:24qu'on nomme liberté ?
00:59:26Et de jouir par la même de cette autre merveille
00:59:29qu'on appelle la paix ?
00:59:32Je dois partir.
00:59:38Regardez, le soir est déjà tombé.
00:59:40En effet.
00:59:48Bonsoir, monsieur de Fontenelle.
00:59:52N'aimez-vous pas mon prénom ?
00:59:54Vous ne le prononcez jamais.
00:59:57Je vous l'apprivois.
01:00:05Bonjour.
01:00:06Je voudrais ne pas me rappeler votre conseil, monsieur.
01:00:10Mais peut-être est-il déjà trop tard.
01:00:23Bonjour, Françoise.
01:00:25Comment un autre homme de matin ?
01:00:26Comme hier, madame.
01:00:27Et comme avant-hier.
01:00:29Il chantonne, se fait raser et poudrer une heure durant,
01:00:31exige des rubans à son habit.
01:00:33Et il ne ressent plus aucune douleur.
01:00:35On prétend même que son ouïe ne l'a jamais fait souffrir.
01:00:38Voulez-vous mon avis ?
01:00:40Monsieur se moque de nous.
01:00:43Et le pire, c'est que son appétit a redoublé.
01:00:47Il redemande de tout.
01:00:49J'en suis à me demander si c'est la signe de bonne santé
01:00:51ou de quelques dérangements.
01:01:12Et je ne saurais vous dire à quelle heure il se couche.
01:01:15Pense-t-il seulement à dormir ?
01:01:17Sait-il encore où est sa chambre ?
01:01:44Je me demande s'il ne confond pas la nuit et le jour.
01:01:48Lui, qui ne s'est jamais agité de sa vie,
01:01:50on dirait que rien va assez vite.
01:01:52Mathieu et Simon se plaignent de ce qui les a transformés en courants d'air.
01:01:56Tout ça n'est pas bon, madame.
01:01:57Je vous le dis.
01:02:26Les visites de la jeune Isabelle
01:02:27semblent d'avoir sur vous un effet souverain, mon oncle.
01:02:31Hum-hum.
01:02:33Êtes-vous inquiète ?
01:02:34Non point.
01:02:35Mais vous qui avez toujours accueilli,
01:02:37avec la même humeur tranquille,
01:02:39les gens et les choses,
01:02:40il semble que la jeune Isabelle
01:02:42puisse se flatter de provoquer
01:02:44le changement dans vos habitudes.
01:02:46Je suis attentif à ses travaux.
01:02:49Elle entend la science à merveille
01:02:51et pratique le raisonnement et la déduction
01:02:54comme peu de gens.
01:02:57Voudriez-vous que je fusse absent
01:02:59quand l'intelligence, la finesse,
01:03:01l'esprit et la beauté
01:03:03se sont donnés rendez-vous ?
01:03:06Je vous assure
01:03:07qu'il m'est plus agréable
01:03:08d'écouter
01:03:09et de regarder Isabelle
01:03:11que tous les académiciens réunis.
01:03:20L'autre jour,
01:03:21chez la marquise de Villemin,
01:03:22une femme qui devait pouvoir
01:03:24dans les 40 ans,
01:03:25se mit à nous observer
01:03:27comme si elle s'inquiétait
01:03:28qu'Isabelle
01:03:28fût si jeune
01:03:30ou que je fût si vieux.
01:03:33Quelle tristesse
01:03:34que de se trouver
01:03:35entre deux âges.
01:03:38Vous avez changé, mon oncle.
01:03:41Ah bien.
01:03:43C'est comme...
01:03:45Pardonnez-moi,
01:03:46j'allais dire une sottise.
01:03:48Allez, allez.
01:03:51Eh bien, c'est comme si,
01:03:53soudainement,
01:03:53vous vous découvriez un cœur.
01:04:23Je vous ai blessé,
01:04:24je suis impardonnable.
01:04:28Je suis confuse.
01:04:32Quelle étrange glisserie,
01:04:34cet air frais.
01:04:37Il est possible
01:04:38que cela porte un nom ?
01:04:40Ne le prononcez pas.
01:04:55Quand on me demande,
01:04:56eh bien, monsieur,
01:04:57comment va votre encyclopédie,
01:04:59j'ai l'impression
01:05:00qu'on me transperce le cœur.
01:05:02Voulez-vous la vérité ?
01:05:03Nous sommes persécutés
01:05:04par des coquins
01:05:05qui espèrent de nous
01:05:05la résignation.
01:05:07Et Voltaire
01:05:07qui nous conseille
01:05:08d'aller continuer
01:05:08en pays étranger.
01:05:09Mais quelle idée
01:05:10se fait-il donc du courage ?
01:05:11Oui, nous continuerons
01:05:14mais à poursuivre
01:05:15nos ennemis
01:05:16et nous retournerons
01:05:17à notre profit
01:05:18la bêtise
01:05:19de nos censeurs.
01:05:20Il est heureux
01:05:21de vous entendre
01:05:21parler ainsi,
01:05:22monsieur Diderot.
01:05:24D'Alembert disait
01:05:24ici même l'autre soir
01:05:25que vous vous sentiez
01:05:26découragé.
01:05:28D'Alembert subit plus que moi
01:05:29les assauts des imbéciles.
01:05:31Mais il est vrai
01:05:32que le repos me tente.
01:05:35Je rêve parfois
01:05:36d'une vie tranquille
01:05:37au fond de ma province.
01:05:40Alors tout s'apaiserait.
01:05:42Et je pourrais voir
01:05:43dans les cœurs
01:05:44un peu d'innocence.
01:05:47Mais il faut être
01:05:48utile aux hommes
01:05:51et travailler.
01:05:54Je me demande pourtant
01:05:55si l'on fait pas autre chose
01:05:56que les amuser.
01:05:58Quelle différence y a-t-il
01:05:59entre le philosophe
01:06:00et le joueur de flûte ?
01:06:01On ne peut changer
01:06:02les hommes, monsieur.
01:06:04Et tantôt
01:06:04ils se tourneront
01:06:05vers votre philosophe,
01:06:06tantôt ils préféreront
01:06:08le joueur de flûte.
01:06:09Vous croirez entendre,
01:06:10monsieur de Fontenelle ?
01:06:11Votre remarque
01:06:12me flatte, monsieur.
01:06:14Moi, je crois
01:06:14que les hommes
01:06:15sont faits
01:06:15de plusieurs petits récipients.
01:06:17Celui de la raison,
01:06:18celui de l'imagination,
01:06:20celui de l'esprit.
01:06:21Et qu'il y a aussi
01:06:22une grande marmite
01:06:24de pure bêtise.
01:06:26Ah !
01:06:27Voilà bien la preuve
01:06:28que tous les êtres
01:06:29ne se ressemblent pas.
01:06:31Et que pour certains
01:06:32d'entre eux,
01:06:32le destin n'appuisait
01:06:34que dans la grande marmite.
01:06:37Eh bien, moi,
01:06:38j'avance que tous
01:06:39les êtres humains
01:06:39doivent être considérés
01:06:40de la même façon.
01:06:42Vous ne pouvez quand même
01:06:43pas prétendre
01:06:44qu'ici même,
01:06:45nous sommes tous pareils.
01:06:46Et laissez donc
01:06:47que le Seigneur seul
01:06:47juge de ce que nous sommes
01:06:50et de ce que nous valons.
01:06:52De qui parlez-vous ?
01:06:54Je suis surpris, monsieur,
01:06:56de ne pas vous avoir
01:06:57entendu blasphémer
01:06:58plus tôt.
01:07:00Et voulez-vous
01:07:00que je me rattrape ?
01:07:02Taisez-vous.
01:07:05Je vais vous dire
01:07:06ma manière de penser,
01:07:07monsieur.
01:07:09Ah !
01:07:10Le châtiment est terrible.
01:07:13Je veux vous entendre
01:07:14en confession
01:07:15au plus tôt.
01:07:16En confession.
01:07:25On dit, mademoiselle,
01:07:26que vos travaux
01:07:27sont du plus grand intérêt.
01:07:28Monsieur de Fontenelle
01:07:29me prodigue des encouragements.
01:07:31Je voudrais y joindre les miens.
01:07:33Et je voudrais tout autant
01:07:35que vous ne refusiez pas
01:07:36que je vous entende chanter.
01:07:37Je ne peux, monsieur.
01:07:39Il n'y a personne
01:07:40pour tenir le clavecin.
01:07:41Si ?
01:07:44Moi ?
01:08:11Sous-titrage ST' 501
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01:09:31Sous-titrage ST' 501
01:09:32Fortenelle !
01:09:33À ce temps matinal !
01:09:34Je dois voir votre nièce
01:09:37pour lui remettre ceci.
01:09:39Elle est sortie.
01:09:40Mais pourquoi avez-vous
01:09:41pris vous-même la peine de...
01:09:43Où était-elle ?
01:09:44Monsieur Diderot
01:09:44est venu la chercher.
01:09:46Voulez-vous me confier
01:09:47ce que vous avez là ?
01:09:49Je la peux attendre...
01:09:51à tantôt.
01:10:03Well, Mr. Fontenelle, because I tell you that Mr. Diderot is not here!
01:10:06Where is he, then?
01:10:07Ah, he is, and to tell you honestly, he is...
01:10:09Where is he?
01:10:10The place, I don't know, Mr. Mais, he is... with one person.
01:10:14And what do they do? Have you seen this person?
01:10:17Ah, that's not, I haven't seen it yet.
01:10:19Well, you have a good idea. She is young, isn't it?
01:10:24Young and beautiful. They are all young and beautiful, Mr.
01:10:29Alright, I'll wait.
01:10:55Mr. Fontenelle!
01:10:57Mais qui a-t-il?
01:11:00Je n'ai que peu de choses à vous dire, monsieur.
01:11:04Ce que vous faites...
01:11:05Oui?
01:11:08Ce que vous faites est...
01:11:13...incomplet.
01:11:15De quoi parlez-vous, non?
01:11:16De votre encyclopédie.
01:11:20Qu'a-t-elle d'incomplet?
01:11:22Vous n'y traitez point des passions, du sentiment.
01:11:31Qu'avez-vous à rire?
01:11:32C'est vous, monsieur de Fontenelle, qui parlez de sentiments.
01:11:35Ah, et puis faites comme vous voulez.
01:11:37Je ne m'apprendrai à donner des conseils.
01:11:38Eh bien, une colère du paisible Fontenelle.
01:11:41L'événement est unique.
01:11:42C'est un honneur.
01:11:43J'envie vos emportements.
01:11:44J'aimerais vous ressembler.
01:11:46Permettez que je vous renvoie le compliment.
01:11:48Mais vous n'êtes pas sérieux.
01:11:49Qu'est-ce donc que je possède qui vous manquerait?
01:11:52Du courage.
01:12:08...
01:12:09...
01:12:45Qu'avez-vous?
01:12:48Rien.
01:12:51Vous semblez vous ennouiller?
01:12:53Non, point du tout.
01:12:58Je crois que j'abuse de votre bonté.
01:13:01Ces nuits de veines ne sont que d'un peu d'intérêt pour un savant comme vous.
01:13:08Vous ne dites rien?
01:13:11Que pense Monsieur Diderot de vos observations?
01:13:16Ma tante vous a dit...
01:13:18Il m'a fait l'honneur de trouver de l'intérêt à ce que je fais.
01:13:26Est-ce là ce qui vous contrarie?
01:13:29Ce n'est pas un contrarier.
01:13:32C'est moi, en effet, qui devrais l'être.
01:13:35Yarnet, vous ne repartiez alors que je chantais.
01:13:38Non.
01:13:39Vous avez bien d'autres oreilles pour vous entendre.
01:13:43Vous êtes de méchante humeur, tout cela par ma faute.
01:13:47Aurais-je dû refuser l'invitation de Monsieur Diderot?
01:13:50Il s'est montré aimable et fort enjoué.
01:13:53Je n'en doute point.
01:13:56Reprenez vos observations.
01:14:04Pensez-vous que je ne puis oublier certains conseils?
01:14:08Si Monsieur Diderot a charmé mon esprit,
01:14:11mon corps, lui, n'a pas failli.
01:14:13Il aura été retardé en route.
01:14:15Vous croyez donc que je ne vous dis pas la vérité?
01:14:18Hum.
01:14:19Pour ce que de bien connaître la vérité,
01:14:22je crois disposer d'une certaine avance.
01:14:23Bien inutile.
01:14:25Je vous rassure.
01:14:26Les mises en garde que je vous ai adressées
01:14:29sont aujourd'hui dérisoires, dérisoires.
01:14:32Qui avait-il des dérisoires
01:14:34à vouloir m'épargner erreurs et souffrances?
01:14:38Hum.
01:14:39Ce soir, je ne vois que trop la vanité de mes propos.
01:14:44Pas d'impulsion du cœur.
01:14:47Hum.
01:14:48Du raisonnement.
01:14:50Je suis laissé entraîner à penser
01:14:52que ce qui m'avait si bien convenu
01:14:55devait vous convenir aussi.
01:14:58Voilà les paroles d'un homme
01:15:00qui toute sa vie a peu changé de place
01:15:05et qui en a tenu si peu.
01:15:11J'ai promis à Monsieur Diderot
01:15:13d'aller lui rendre visite chez lui.
01:15:17Mais...
01:15:20J'aimerais continuer à étudier auprès de vous.
01:15:23Vous aimeriez, mais vous ne le souhaitez point.
01:15:29Je vous comprends mal.
01:15:31Vous cherchez à me dire que vous voulez votre liberté.
01:15:35Vous me blessez, Monsieur.
01:15:37Je crains de vous blesser aussi.
01:15:40Cela arrive quand on vise au juste.
01:15:43J'ai de l'amitié pour vous.
01:15:45J'ai pensé cette amitié partagée.
01:15:48Mais les parts étaient inégales.
01:15:51J'aurais dû le savoir.
01:15:53Vous entrez dans la vie
01:15:54quand je ne me décide pas à en sortir.
01:15:57Alors...
01:15:58Mon cœur est honnête, Monsieur.
01:16:00Je serai toujours heureux d'avoir connaissance de vos travaux.
01:16:03Nous vous verrons chez votre tante,
01:16:05si toutefois vous y paraissez encore,
01:16:07ce dont je doute.
01:16:09Pourquoi cela ?
01:16:11Parce que votre tête, votre esprit, votre corps seront ailleurs.
01:16:14Ils y sont déjà.
01:16:16On ne peut pas songer les hommes.
01:16:18Vous-même l'avez reconnu.
01:16:21Il est si pénible de dire adieu.
01:16:24Je voudrais vous éviter cet embarras.
01:16:27Ce soir...
01:16:30Vous êtes là pour la dernière fois.
01:16:33Et je l'ai su avant vous.
01:16:37J'insisterai,
01:16:39pour vous voir revenir,
01:16:40que je forcherai votre compassion.
01:16:44Ce serait me renier.
01:16:49Monsieur Diderot s'est montré enjoué.
01:16:51Dites-vous.
01:16:55Il sera donc libertin
01:16:57quand vous le croirez galant.
01:16:59Vous serez ainsi rassurés
01:17:01en pensant que l'esprit l'emporte.
01:17:03Nous préférons toujours abdiquer dans le confort.
01:17:06C'est à cela qu'on reconnaît nos défaites ordinaires.
01:18:00Monsieur Delamotte est philosophe profond.
01:18:04Philosopher,
01:18:05c'est rendre à la raison toute sa dignité.
01:18:08Il serait plus agréable
01:18:09de vous entendre lire
01:18:11La Princesse de Clèves.
01:18:13Mais vous connaissez ce roman par cœur.
01:18:16Le mot est juste.
01:18:20Madame Geoffrin vous rend visite.
01:18:23Bonjour ma bonne amie.
01:18:25Que se passe-t-il ?
01:18:26Je vais vous expliquer.
01:18:30Votre avis me sera précieux.
01:18:33C'est au sujet d'Isabelle.
01:18:35Depuis un an, à peine l'ai-je vu sortir au matin de la maison
01:18:38et rentrer fort tard.
01:18:39Je sens bien tous les reproches
01:18:40qui peuvent m'être faits.
01:18:42Je ne me suis point alarmée,
01:18:44sachant comme elle se passionne pour les sciences.
01:18:47Mais je connais aujourd'hui les raisons de sa conduite.
01:18:50Eh bien, Monsieur Diderot a fait se rencontrer
01:18:53ma nièce et l'un de ses libraires.
01:18:56Ce jeune homme est l'un de ceux
01:18:57qui continue à soutenir l'encyclopédie.
01:18:58Mais il part s'installer en Flandre, à Lille,
01:19:00et il a demandé Isabelle en mariage.
01:19:05Je ne sais que faire, mon bon ami,
01:19:07vous qui lui fûtes si précieux,
01:19:09qui l'avez aidé à sortir de son tourment
01:19:10par l'étude de la philosophie.
01:19:12Vous devez me conseiller.
01:19:16Lille.
01:19:17Très belle ville.
01:19:27Néanmoins, il ne se rebute à point encore.
01:19:30Il fit tout ce qu'il put pour la faire changer de dessin.
01:19:36Des années entières s'étant passées,
01:19:39le temps et l'absence ralentirent sa douleur
01:19:41et éteignirent sa passion.
01:19:45Madame de Clèves vécut d'une sorte
01:19:48qui ne laissa pas d'apparence
01:19:50qu'elle put un jour revenir.
01:19:51Lille.
01:20:04Lille.
01:20:05Lille.
01:20:14Votre visite m'a enchantée.
01:20:18Je suis heureux de vous savoir à Lille.
01:20:22Tout au service de la librairie.
01:20:25Je sais ce que je vous dois, monsieur.
01:20:27Et je chercherai toujours
01:20:29de quelle façon vous exprimer ma reconnaissance.
01:20:31Je n'aurai plus à chercher longtemps, je pense.
01:20:36Qui voulez-vous dire ?
01:20:37Mon âge a fini par me rattraper.
01:20:40Vous vous portez à merveille.
01:20:45J'étais venue dans l'espoir
01:20:46que vous m'y pardonneriez.
01:20:48Je n'ai pas un remarqué d'offense.
01:20:50Je préférais vous entendre dire
01:20:52que je m'étais montrée ingrate.
01:20:54Nous ne sommes pas assez parfaits
01:20:57pour être toujours affligés.
01:21:01Travaillez-vous en ce moment ?
01:21:03J'étudie notre langue française.
01:21:07Sujet inépuisable.
01:21:10Je m'étonne toujours
01:21:12de ce que tant de choses
01:21:13puisque j'ai dans...
01:21:14dans si peu de mots.
01:21:17Regardez,
01:21:19il n'en faut que deux pour dire
01:21:20que le temps
01:21:22n'est pas à notre disposition.
01:21:25Et...
01:21:26c'est des mots ?
01:21:27Trop tard.
01:21:35Au revoir, monsieur.
01:21:57Je ne chante plus, monsieur.
01:22:00Et pourtant, chaque fois
01:22:00que j'aimerais le faire,
01:22:02je pense à vous.
01:22:03de ce que j'ai dans le monde.
01:22:20Allez-y, Isabelle.
01:22:24Allez !
01:22:39Entrez.
01:22:41Il fut encore vrai.
01:22:46Entrez.
01:22:52Entrez.
01:22:59Entrez.
01:23:05Vous avez raison.
01:23:07Vous avez raison.
01:23:09J'allais ne dire.
01:23:32Voilà.
01:23:38I don't know.
01:24:07I don't know.
01:24:08Ah, vous vous remettrez.
01:24:09Vous êtes toujours remis de tout.
01:24:12C'est bien la preuve que la clémence divine est infinie.
01:24:17Tenez, l'autre jour, je visitais Mme Grimaud.
01:24:19Savez-vous qu'elle a passé les cent ans.
01:24:21Et comme dit-elle,
01:24:24M. l'abbé, je crois que la Providence m'a oublié.
01:24:28Que peut-on répondre à cela ?
01:24:39Alors, c'était mieux qu'hier.
01:24:41J'ai autorisé l'abbé Chalon à le voir en lui recommandant de ne pas le fatiguer.
01:24:59Mes respects, M. de Fontenelle.
01:25:09Que ressentez-vous ?
01:25:12Je ressens une difficulté d'être.
01:25:17Mais vous êtes mieux qu'hier, n'est-ce pas ?
01:25:21Je vous demande, comment cela va-t-il ?
01:25:27Comment cela va-t-il ?
01:25:30Cela ne va pas.
01:25:32Cela s'en va.
01:25:37Je me regrette.
01:25:39Je me regrette.
01:26:11Je me regrette.
01:26:15Je me regrette.
01:26:17Je me regrette.
01:27:48Il était le meilleur des amis, mais il se livrait peu.
01:27:52Qui pouvait comprendre qu'un vœu très cher vous habitait,
01:27:56si éloigné de ce que vous vouliez paraître ?
01:27:59Et si je pense à vous,
01:28:01c'est que me vient enfin la force de dire votre secrète espérance,
01:28:05que quelqu'un, un jour,
01:28:09entend battre,
01:28:10un cœur oublié.
01:28:12Sous-titrage Société Radio-Canada
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