- il y a 2 jours
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Aujourd'hui on parle de Spider-Man au cinéma, car aujourd'hui, étudier les films de l'homme araignée, c'est étudier l'industrie du cinématographique dans sa globalité. Bon visionnage ! 🕸️
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Chapitres :
00:00 Intro
04:00 La genèse
06:15 : La trilogie Spider-Man
15:14 The Amazing Spider-Man
19:41 Spider-Man dans le MCU
24:43 Le Spider-Verse
28:33 Conclusion
La vidéo de Patrick Tomasso : https://youtu.be/EwTUM9cFeSo?si=lf-qarh8g-QcUL8m
Films traités :
- Spider-Man (2002) Sam Raimi
- Spider-Man 2 (2004) Sam Raimi
- Spider-Man 3 (2007) Sam Raimi
- The Amazing Spider-Man (2012) Marc Webb
- The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros (2014) Marc Webb
- Spider-Man: Homecoming (2017) Jon Watts
- Spider-Man: Far From Home (2019) Jon Watts
- Spider-Man: No Way Home (2021) Jon Watts
- Spider-Man: Into the Spider-Verse (2018) Bob Persichetti, Peter Ramsey, Rodney Rothman
- Spider-Man: Across the Spider-Verse (2023) Joaquim Dos Santos, Kemp Powers, Justin K. Thompson
#Spiderman #Marvel #Cinema
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28:33 Conclusion
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- Spider-Man 3 (2007) Sam Raimi
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Court métrageTranscription
00:00Est-ce qu'on peut faire plus reconnaissable dans la culture populaire que Spider-Man ?
00:04Plus de 60 ans d'histoire, plus d'un millier de comic books écrits et illustrés pour des centaines de
00:09millions vendus.
00:10Avec un succès pareil, il était plus qu'évident que Stan Lee et Steve Dinko n'allaient pas seulement faire
00:14évoluer leurs personnages fétiches sur papier glacé.
00:16Voilà comment l'homme-araignée est alors devenu le héros de plus de 44 jeux vidéo, de l'Atari 2600
00:20en 1982 à la Playstation 5 en 2023.
00:23Mais aussi de 11 séries télévisées dans les années 60, 70, 80 et 90 jusqu'à nos jours.
00:30Sans parler de la ribambelle de produits dérivés et autres goodies bien sûr.
00:33Et si vous vous demandez pourquoi ce super-héros plutôt qu'un autre, pourquoi ce gamin qui enchaîne les galères
00:37dans la vie tout aussi bien clair la loi,
00:39et bien c'est parce qu'il est sans aucun doute le héros le plus humain, le plus proche de
00:42nous tous.
00:42Car en dehors de sa vie de super-héros en tant que Spider-Man, il doit faire face aux difficultés
00:46d'une existence ordinaire en tant que Peter Parker.
00:48Donc évidemment avec tout ça on a affaire à une véritable mine d'or qui ne va pas tarder à
00:52être exploitée par Hollywood.
00:53Et exploiter c'est même un mot assez faible, puisqu'en 25 ans on va avoir le droit à plus
00:57de 10 films pour 4 versions différentes du personnage et un box-office cumulé de plus de 10 milliards de
01:03dollars.
01:03Ça fait beaucoup de milliards quand même.
01:04Dans cette vidéo je vais évidemment revenir sur tous ces films en détail, mais je vais surtout tenter de comprendre
01:08pourquoi chaque itération du personnage reflète une transition majeure à Hollywood.
01:12C'est l'incroyable histoire de Spider-Man au cinéma.
01:15Et ça commence maintenant.
01:16Alors contrairement à ce que beaucoup pensent, Spider-Man n'a pas débarqué dans les salles françaises en 2002, mais
01:22en 1977 sous le titre de L'Homme-Araignée.
01:25S'en est suivi deux autres films sortis en 78 et 79, les trois longs métrages étant en réalité des
01:30épisodes remontés de la série télé The Amazing Spider-Man, qui connut deux épisodes aux USA à la même époque.
01:35Dix ans plus tard, Marvel est au bord de la faillite et décide de revendre les droits d'adaptation de
01:39plusieurs de ses personnages, dont Spider-Man.
01:41A partir de là, les studios vont entamer une guerre sans merci pour détenir le droit d'adapter L'Homme
01:45-Araignée sur grand écran.
01:46Pendant près de 15 ans, le film va passer de main en main, devenant un objet totalement différent au fur
01:51et à mesure des années.
01:51Dans les années 80, par exemple, il tomba entre les mains d'un certain Tobe Hooper, réalisateur de Massacre à
01:56la Tronçonneuse.
01:57Son idée à l'époque, c'était de surfer sur le succès de la mouche.
01:59Il voulait faire un film d'horreur où Peter se transforma en véritable araignée après s'être fait piquer.
02:03A la même époque, Michael Jackson fit également une proposition de rachat à Marvel afin d'interpréter L'Homme-Araignée
02:08à l'écran.
02:08Cette info est quand même folle quand on y pense.
02:10Ça n'est que dans les années 90 que les demandes les plus farfelues furent remplacées par du plus concret.
02:14En 1991, Marvel, 21 Century et Carole Coe passent un accord pour réaliser le film avant 1996 et veulent James
02:22Cameron derrière la caméra.
02:23Ce dernier est partant et entame du coup l'écriture d'un scénario.
02:25D'ailleurs, certains éléments de son scénario seront conservés dans le film de 2002 où Cameron n'a pas voulu
02:30être crédité.
02:30Le problème, c'est que la société Carole Coe fait également faillite.
02:33Du coup, le film est annulé et les droits du personnage sont libérés.
02:36Il faut 9 ans à la Columbia et à Sony pour récupérer les droits et mettre officiellement le film en
02:40chantier.
02:41Le studio est toujours partant pour conserver James Cameron derrière la caméra.
02:44Mais ce dernier n'est plus intéressé et va laisser sa place à un réalisateur bien singulier spécialisé dans le
02:49genre, Sam Raimi.
02:50Le premier Spider-Man est écrit, tourné et doit sortir pour décembre 2001.
02:53Mais les événements tragiques du 11 septembre vont repousser la date de sortie à mai 2002
02:57afin que le film retourne en post-production dans l'idée de supprimer tous les plans où le World Trade
03:01Center apparaît.
03:02Tout ce qu'il reste aujourd'hui de ces images, c'est un teaser de l'époque où Spider-Man
03:05coince l'hélicoptère d'un groupe de braqueurs entre les deux tours.
03:07On a aussi un plan dans le film qui n'a pas été retouché où l'on peut brièvement apercevoir
03:11les tours jumelles.
03:11Le film sort donc en 2002 et le succès est colossal.
03:14Ce succès engendre évidemment des suites, Spider-Man 2 en 2004 et Spider-Man 3 en 2007.
03:19Et encore aujourd'hui, la trilogie de Sam Raimi est considérée comme le haut du panier en termes de film
03:23super-héroïque.
03:24Et pour cause, c'est cette dernière qui va définir les codes du genre.
03:27Donc arrêtons-nous quelques minutes sur cette trilogie et essayons de comprendre les raisons de son succès.
03:42La force de cette première trilogie réside dans la maestria de Sam Raimi.
03:45L'humour décalé de certaines situations, mais surtout l'écriture des personnages.
03:48Le premier film met habilement en parallèle la transformation du protagoniste et de l'antagoniste.
03:53Pendant que l'un subit sa mutation et laisse sa haine prendre le dessus,
03:56l'autre va tenter de comprendre ce qu'implique un tel pouvoir et comment il peut le mettre au service
04:00des autres.
04:00Sam Raimi laisse le temps à ses personnages d'être des humains avant d'être des héros ou des vilains.
04:04Il prend la peine de mettre en place des scènes simples où on va être témoin d'une relation père
04:08-fils qui se détériore,
04:09mais aussi entre un neveu et sa tante, une relation plus complexe qui n'y paraît,
04:13pas toujours tout blanc, mais d'une sincérité assez incroyable.
04:16Tiens, pour toi mon grand joyeux anniversaire.
04:18Tu en as plus besoin que moi.
04:20Non, je regrette, je ne peux pas accepter.
04:22Bien sûr que si, tu peux très bien accepter ça de ma part.
04:25Tu n'as pas grand chose dans un chien, alors prends-le.
04:28Égare à toi si tu le laisses ici.
04:30La trilogie se construit également autour d'un triangle amoureux.
04:33Trois personnages au destin mêlé et aux problématiques bien réelles.
04:36Mary Jane, qui doit jongler entre son amour pour Peter et l'affection qu'elle porte à Harry,
04:40mais également son métier d'actrice, où elle va voir ses rêves anéantis et sa popularité baisser en flèche,
04:44alors que celle de son petit ami sauveur de la ville ne fait qu'accroître.
04:47Harry, lui, est constamment hanté par l'ombre de son père,
04:50cherchant désespérément son approbation, son amour, se sentant inutile à ses yeux,
04:54jusqu'à ce qu'il en vienne à ce désir obsessionnel de le venger pour se prouver à lui-même
04:57qu'il est capable de quelque chose.
04:58Quand il commence à se convaincre que Peter est le responsable,
05:01la jalousie qu'il porte envers ce dernier supplantera leur amitié.
05:04Tu m'as volé l'amour de mon père, et tu l'as laissé mourir,
05:09parce que t'as pas dénoncé ce monstre.
05:11C'est pas vrai.
05:13Hein ? C'est pas vrai ?
05:15Hein, vieux frère ?
05:18Il ira jusqu'à embrasser son côté obscur en devenant le bouffon vert pour accomplir sa mission.
05:22C'est seulement quand il se rend compte que son père est mort tout seul,
05:24qu'il décide de choisir son camp et de se sacrifier pour la seule personne qui a su l'estimer
05:29à sa juste valeur.
05:29Et enfin, l'éternel Peter Parker.
05:31La force du personnage de Peter, c'est cette capacité à être terriblement humain.
05:35Quand il acquiert ses pouvoirs, il les utilise d'abord pour son usage personnel.
05:38Il fait des choix qui vont parfois lui être fatals.
05:40Mais ce sont ses choix et leurs conséquences qui vont le faire avancer.
05:43Qui vont lui faire comprendre quelle est sa place dans ce monde.
05:46Et surtout qu'un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.
05:50Dans le second opus, Peter porte le poids de ses responsabilités.
05:53A tel point qu'il n'arrive plus à mener cette double vie.
05:55Il laisse derrière lui son statut de héros pour se concentrer sur l'humain à travers un plan iconique repris
06:00d'une des cases les plus mythiques du comics.
06:02Tante May, dans un discours qui sous-entend qu'elle sait très bien qui est réellement son neveu,
06:05lui fait comprendre que ce n'est pas le costume ou les pouvoirs qui font le héros.
06:09Mais ce qu'il décide de faire de ce costume est de ses pouvoirs.
06:12En fait, je pense qu'il y a un héros en chacun de nous, qui nous rend plus honnêtes, nous
06:18donne de la force, nous ennoblie, et à la fin nous permet de mourir avec fierté.
06:27En reniant la symbolique du super-héros et les responsabilités qui lui ont été confiées, Peter s'est aussi débarrassé
06:32de l'homme qu'il est.
06:33Et le film le montre très bien.
06:34Peter Parker sauve des gens avec ou sans pouvoir.
06:37C'est la possibilité d'agir et le choix de le faire qui font de l'homme un véritable héros.
06:41Concernant le troisième opus, que j'aime beaucoup, ces qualités premières ne vont pas se trouver dans le développement de
06:45Peter,
06:46qui va être abîmé par le choix d'un troisième antagoniste qui n'était à la base pas prévu dans
06:50l'équation,
06:50mais qui fut imposé à Rémy par un producteur voulant vendre plus de merchandising.
06:54En revanche, ce troisième film va accentuer et conclure ce triangle amoureux de la plus belle des manières,
06:59à travers le sens du devoir, le sacrifice et le pardon.
07:02Le film se conclut d'ailleurs par un dernier plan qui représente à merveille cette histoire d'amour
07:06qui fut au centre de cette trilogie.
07:07Ce sont les erreurs de Peter, sa vie, ses choix, qui permettent au spectateur de s'identifier à lui.
07:12La métaphore est plutôt belle.
07:13Un homme ordinaire, avec des problèmes ordinaires, peut sauver le monde, peut être un super héros.
07:18Sam Rémy offre avec Spiderman une ode à l'adolescence,
07:20et met en image ce passage très compliqué vers les responsabilités et le monde des adultes.
07:24Même s'ils sont censés être au lycée et qu'ils ont tous l'air d'avoir 35 ans, mais
07:27bref.
07:27En dehors de ça, c'est sa mise en scène, qui constitue encore aujourd'hui une leçon.
07:30Son sens du cadre, sa capacité extraordinaire à offrir de la cohérence dans l'action,
07:34et sa mise en image de New York, tout ceci place la trilogie au rang d'oeuvre indispensable
07:39dans la filmographie d'un homme qui a déjà su prouver ses talents.
07:42C'est d'ailleurs assez intéressant de constater à quel point Rémy a su imposer son style unique
07:46dans des films aussi énormes économiquement.
07:48Spiderman 3 est à l'époque le film le plus cher de l'histoire, avec 258 millions de dollars de
07:53budget.
07:53Et pourtant, Sam Rémy réussit encore à imposer son univers, notamment horrifique,
07:57avec un style très baroque et une dimension bien plus sombre.
08:00Ce style horrifique, on le retrouve également dans les deux premières opus.
08:03Dans certains jumpscares qu'il va diluer par-ci par-là.
08:06Cette nuit, j'ai fait...
08:08Mais aussi dans certaines scènes, comme la scène de l'incendie dans le 1,
08:11ou encore la scène de l'hôpital dans le 2,
08:13qui se veut pour le coup être un véritable hommage au genre horrifique,
08:16et où la mise en scène du réalisateur se rapproche au plus près de ce qu'il a pu faire
08:19par le passé.
08:19Notamment sur la trilogie Evil Dead.
08:21C'est la force de ce cinéaste.
08:23Il parvient à récupérer le meilleur de ce qu'il a fait pour l'injecter dans ce qu'il fera.
08:26Son Darkman, par exemple, est littéralement un brouillon de ce que sera sa trilogie Spider-Man.
08:30On peut y retrouver des similitudes dans la mise en scène,
08:32l'écriture des personnages, jusqu'au décor.
08:34Le climax de Spider-Man 3 utilise un décor quasi similaire à celui de Darkman.
08:38Toute la tragédie du personnage de Darkman,
08:40et l'horreur de sa situation,
08:42fait écho aux circonstances des choix d'Otto Octavius.
08:44Les deux personnages vont se transformer en monstres,
08:46mais vont s'en servir comme d'une force.
08:48Il va iconiser l'aspect sombre de son personnage,
08:50tout comme son côté héroïque.
08:59Darkman a donc constitué un vrai plan de travail pour Rémy,
09:02qui n'oublie pas non plus ses amis,
09:03puisqu'il continue par exemple de caster son acteur fétiche Bruce Campbell,
09:06ce dernier jouant un rôle différent dans chacun des films de la trilogie.
09:09Présentateur de catch dans le premier,
09:11gardien de théâtre dans le second,
09:12et chef restaurateur dans le troisième.
09:14D'ailleurs, pour la petite anecdote,
09:15tous ces différents rôles ne sont pas anodins,
09:17et représentent sans aucun doute un seul et même personnage,
09:20puisque Bruce Campbell devait jouer Mysterio dans le quatrième volet.
09:23Du coup, vous l'aurez compris,
09:24Sam Rémy fut le choix parfait pour introniser Spider-Man au cinéma.
09:27Laisser un budget conséquent et une liberté créative à quelqu'un
09:29qui a déjà su prouver qu'il pouvait faire de grandes choses avec peu de moyens,
09:32et le résultat ne peut être qu'à la hauteur des attentes.
09:35Rémy manie sa caméra de sorte à ce que l'on s'imprègne des pouvoirs de l'homme-araignée.
09:38Il iconise son héros à travers des scènes d'action mémorables,
09:41où tout le génie du cinéaste fait sens et s'insère à merveille avec le propos.
09:44Le combat entre Spidey et le bouffon vert,
09:46dans un climax très généreux qui va entremêler habilement l'action,
09:49les dilemmes de Peter et les motivations du bouffon,
09:51le tout de manière ultra organique,
09:53la poussière sur le costume de l'un,
09:55les déchirures et le sang sur le costume de l'autre,
09:57la moindre sonorité qui est tangible,
09:59et le moindre coup porté qu'on ressent à 200% derrière l'écran.
10:09La scène de la grue dans le 3 également,
10:11qui va chercher son souffle épique dans sa fluidité incroyable,
10:14et dans la capacité qu'a Rémy de proposer un découpage très cohérent.
10:17Et bien sûr la scène de la banque,
10:19suivie de la scène du train dans Spider-Man 2,
10:20qui atteint le summum de ce qu'a pu faire le réalisateur en termes d'action.
10:23Ici, la dimension héroïque du personnage atteint son paroxysme.
10:26On porte le symbole de Spider-Man au plus haut,
10:28et on le projette à travers les habitants de la ville de New York.
10:30La caméra se déplace dans l'environnement,
10:32et parvient à sublimer cet affrontement dantesque entre deux entités quasiment divines.
10:37Tout est synchro dans cette scène.
10:38Tout a été pensé pour offrir au spectateur un spectacle à la hauteur de ses attentes.
10:42Un spectacle que très peu de films du genre ont su ne serait-ce qu'effleurer aujourd'hui.
10:46Du spectaculaire dans le sens le plus pur du terme.
10:48Et si Sam Rémy est inventif dans sa mise en scène,
10:50il a également pour lui de la mettre au service d'un univers de personnages haut en couleur,
10:54notamment les antagonistes,
10:55qui eux aussi ont su tirer leur épingle du jeu,
10:57Willem Dafoe en bouffon vert inoubliable,
10:59Docteur Octopus contrarié entre faire le bien et concrétiser son rêve,
11:03d'ailleurs Alfred Moulina a déjà eu affaire à des araignées auparavant,
11:05mais aussi de l'homme sable,
11:06qui trouve la motivation de ses actes dans l'amour qu'il porte à sa fille,
11:09qui doit se battre entre la culpabilité et son devoir de père.
11:12La scène de sa renaissance, si je peux l'appeler ainsi,
11:15est d'une poésie absolue.
11:16En plus d'avoir coûté un tiers du budget du film,
11:18à une époque où les effets spéciaux sont de très belles qualités.
11:21Voici d'ailleurs la différence avec un film sorti 14 ans plus tard.
11:24La trilogie commence à une époque où le film de super-héros n'est pas encore à la tête de
11:28toute une industrie.
11:29Elle commence en 2002 avec un blockbuster d'auteur,
11:31et se termine en 2007, à l'aube de la naissance du MCU,
11:34où les exigences des studios commencent à prendre le dessus.
11:37Mais dans son unité, cette trilogie signée Sam Raimi parvient à conserver un beau savoir-faire,
11:41de l'action bien menée, de l'émotion, et une générosité absolue.
11:44C'est ce que fait Hollywood au début des années 2000,
11:47du divertissement qui respecte le spectateur.
11:49Et avec une recette cumulée de 2 milliards de dollars,
11:51la trilogie devait naturellement accueillir un quatrième opus.
11:54Ce dernier devait introduire le personnage du vautour joué par John Malkovic,
11:57et le personnage de Mysterio interprété par Bruce Campbell.
12:00Mais les trop nombreux conflits entre le studio et Sam Raimi termina d'enterrer le projet.
12:03Tobey Maguire, par soutien pour le cinéaste,
12:05ne veut pas reprendre son rôle de Spider-Man si Sam Raimi n'est pas derrière la caméra.
12:09Toute l'équipe du film suit les deux hommes,
12:10et Sony n'a pas d'autre choix que de mettre en chantier un reboot,
12:13car s'il ne sort pas un film sur l'homme-araignée tous les 5 ans, ils perdent les droits.
12:17Voilà comment, et pour des raisons cupides donc,
12:18il décide de produire une nouvelle origine story du personnage,
12:21en annonçant Mark Webb à la réalisation,
12:23quelques jours seulement après le départ de Sam Raimi.
12:25Et c'est dans ce contexte que sort au cinéma en 2012 The Amazing Spider-Man.
12:42Alors, crevons l'abcès tout de suite.
12:43Oui, le diptyque The Amazing Spider-Man n'est pas mauvais.
12:46Importe de belles choses.
12:47Mais, ça n'est pas suffisant je trouve.
12:50Parce que, tout simplement, il ne parvient pas à dégager ce souffle épique insufflé dans les précédents opus.
12:55Déjà, le premier film va de nouveau raconter les origines story du personnage,
12:59seulement 10 ans après les premières origines story.
13:02Du coup, il finit par sensiblement raconter la même chose,
13:04et il aurait pu le faire sous un autre prisme,
13:06mais on retrouve les mêmes thématiques,
13:08traitées de la même manière, sans la maestria de Sam Raimi.
13:10Vient seulement s'ajouter une intrigue autour des parents de Peter,
13:13qui n'apporte pas grand chose d'intéressant.
13:15Et la création de toiles, que je trouve par contre plus pertinente,
13:17que l'étoile organique de la version de McGuire.
13:19On peut également souligner l'originalité dans le choix des super-vilains.
13:22Electro en tête, mais aussi le lézard,
13:24qui est un peu gênant par moments quand même.
13:27Pauvre Peter Parker.
13:29The Patron is dead. Face facts, Tony.
13:32Puis aussi, le choix plus qu'évident d'Emma Stone pour jouer Gwen Stacy.
13:35Certaines scènes parviennent également à tirer leur épingle du jeu.
13:38La scène de la grue dans le premier opus,
13:40qui renvoie vraiment à ce que doit représenter Spider-Man pour les gens.
13:43La scène à Times Square dans le second opus est vraiment intéressante aussi,
13:45et très bien ficelée.
13:46D'ailleurs, le second film est meilleur que le premier.
13:48Il est moins terne, propose une mise en scène plus lisible,
13:51et la musique est mieux exploitée.
13:52Mais ça ne l'empêche pas de se perdre dans une multitude d'intrigues.
13:55Entre les parents de Peter, la relation avec Gwen,
13:57les dilemmes de Max, les Osborn.
14:00Après, on a quand même ce final très surprenant,
14:02et la mort de Gwen qui a le mérite de mettre en place quelque chose de marquant.
14:05Mais pour le reste, je trouve que ça fonctionne pas des masses.
14:07Ça manque d'un certain panache.
14:09Et surtout, ça sent le déjà vu, et c'est normal.
14:11On a déjà vu tout ça quelques petites années auparavant.
14:14Dans le premier opus, la découverte des pouvoirs de Peter se fait dans l'indifférence la plus totale.
14:18L'introduction du grand méchant ne parvient pas à nous faire prendre conscience de la menace qu'il représente.
14:22En plus, il va se parler à lui-même, un peu en mode bouffonverse qui renvoie encore plus au premier
14:26film.
14:27Mais le pire, ça reste la relation entre les personnages,
14:29qui était pourtant au cœur de la précédente trilogie.
14:31Ici, la mort de l'oncle Ben fait l'effet d'un pétard mouillé.
14:33Peter n'en tire aucune leçon.
14:35Pire encore, l'événement est totalement oublié par la suite.
14:37Il va limite être plus touché par la mort du père de Gwen en fin de film.
14:40Là où dans la première trilogie, la relation entre le neveu et son oncle,
14:43et le tragique destin qui les unit, offre à Peter la possibilité de prendre conscience de ses capacités.
14:48Sa culpabilité, la leçon qu'il en tire, mais surtout l'amour qu'il porte à son oncle,
14:52vont l'aider à façonner l'homme qu'il est en train de devenir.
14:54Et je ne parle même pas de Harry Osborn, car la construction de cette relation frise le ridicule.
14:58Je veux dire, un petit concours de ricochet, et ça y est, c'est les meilleurs amis pour la vie.
15:01Pareil pour sa relation amoureuse avec Gwen,
15:03qui est touchante par moments, mais qui est gâchée par un jeu trop peu subtil.
15:07J'adore Andrew Garfield. Ses choix de carrière parlent pour lui, et il gagne à être sympathique.
15:11Mais il a cette façon de jouer Peter Parker d'une manière presque hyperactive,
15:15enchaînant les mimiques étriquées, comme s'il était sous l'emprise d'une espèce de substance
15:19qui le rendrait un peu débile, alors que le propre d'un acteur,
15:22c'est justement de faire passer les émotions à travers la subtilité d'un geste,
15:25ou la pertinence d'une phrase.
15:26Pas besoin d'exprimer le moindre sentiment en gesticulant dans tous les sens.
15:34Ok.
15:35Bref, personnellement, je ne retiens pas grand-chose de l'ère The Amazing Spider-Man.
15:39Alors, je comprends la popularité, parce que Spider-Man, par défaut, est un personnage ultra populaire.
15:43Mais j'ai du mal à envisager son utilité et sa plus-value par rapport aux trois précédents films.
15:48La mise en scène de Mark Webb est à des années-lumière de l'inventivité et du génie de Sam
15:52Raimi.
15:52Et le public ne fut pas tellement au rendez-vous.
15:54Les recettes du second opus ayant été jugées décevantes par Sony,
15:57et les critiques très mitigées autour du film remettront en cause le projet d'un troisième et d'un quatrième
16:02opus,
16:02respectivement prévus pour 2016 et 2018.
16:06A cette époque, c'est Marvel Studios qui rafle tout.
16:08Les gens sont pleinement investis dans cette histoire, où c'est l'unification des héros qui compte.
16:12The Amazing Spider-Man n'entre pas dans ce moule, et Sony va en subir les conséquences.
16:16Le second film est construit comme un épisode filler,
16:18qui promet un futur plus sombre pour le héros, mais aussi une ribambelle de méchants iconiques.
16:22C'est le début de cette mode du teasing,
16:24où les films se sentent obligés de terminer leur récit sur un point d'interrogation.
16:28L'idée, c'est plus de raconter une histoire, mais de créer des moments.
16:31D'attiser le désir des spectateurs pour qu'ils continuent d'acheter des places de cinéma,
16:34et surtout du merchandising.
16:36Mais en février 2015, tout change.
16:38Un partenariat est signé entre Sony et Marvel Studios,
16:40afin d'intégrer le personnage chez Disney.
16:42Il faut entrer dans ce nouveau moule.
16:44Sony n'a pas le choix.
16:45C'est l'âge d'or du cinéma de super-héros, mais surtout des univers connectés.
16:48Andrew Garfield et Mark Webb sont naturellement écartés,
16:50et laissent place à Tom Holland et John Watts pour une troisième version du personnage en 15 ans,
16:55et un nouveau film prévu pour 2017.
17:01Spider-Man Homecoming n'introduit pas le personnage au sein du Marvel Cinematic Universe.
17:06C'est Captain America Civil War, sorti en 2016, qui s'en charge.
17:09Nous donnant un avant-goût d'un Peter Parker très jeune,
17:12et qui se rapproche donc beaucoup plus de la version comics.
17:14D'ailleurs, son premier film solo, sorti un an après,
17:16a au moins eu la bonne idée de ne pas nous raconter une énième origin story.
17:19Ce que j'aime bien dans Homecoming,
17:21c'est la façon dont la bataille de New York du premier Avengers,
17:23et ses conséquences, sont ramenées à une échelle humaine.
17:26Comment le vautour, interprété par le génial Michael Keaton,
17:28va s'accaparer la technologie alien pour en faire son gagne-pain.
17:31Mais en dehors de ça, rien de très marquant,
17:33dans un film du MCU qui réutilise les codes de ses prédécesseurs.
17:36C'est simple, oubliez toute la complexité autour de ce personnage.
17:39Il doit maintenant cohabiter avec bien trop de collègues en collant,
17:42pour pouvoir être développé comme il se doit.
17:43On note tout de même une relation assez intéressante entre Peter et Tony Stark.
17:47Sorte de paire de substitution qui s'accentue au fur et à mesure des films.
17:50Dans le second opus, Peter doit gérer son devoir de super-héros
17:53et le lourd héritage de Tony Stark,
17:55tout en essayant de vivre une vie d'adolescent normal.
17:57Le deuil et le poids des responsabilités ont le mérite d'être présent,
18:00mais ne sont pas assez développés et trop souvent désamorcés.
18:03Ça aurait pu offrir au film une âme, en faire quelque chose de singulier.
18:06Mais ça n'est pas le but recherché par le MCU,
18:08qui préfère prioriser la vision à long terme.
18:10D'ailleurs, parenthèse, mais avec l'histoire de Mysterio,
18:12on s'en rend juste compte que Tony Stark est vraiment un salopard avec les petites mains.
18:15Genre lui, là ?
18:16Lui aussi, bien évidemment.
18:17Si vous avez des doléances, n'hésitez pas à en faire part à mes supérieurs.
18:22Supérieurs ?
18:22Et c'est qui, bordel ?
18:24Fouer d'une collaboration entre Stark et Industrieux.
18:26Et lui, du coup.
18:27La seule chose de notable dans ce Far From Home,
18:29c'est cette scène totalement folle
18:31où Spider-Man est piégé dans les illusions de Mysterio.
18:33Enfin, on a le droit à un peu de singularité,
18:35qui va vite s'évaporer avec un climax
18:36qui ne parvient pas à atteindre la même puissance visuelle.
18:39Ça manque d'enjeux, de profondeur.
18:41Et la mort de Tony est traitée, mais trop survolée.
18:43Ou du moins mal amenée.
18:44On n'arrive pas à s'impliquer,
18:46car le personnage n'est jamais bousculé au final.
18:48A tel point que ce Far From Home est annoncé et teasé dans le monde entier
18:51à une période où son personnage principal est censé être officiellement mort.
18:55Et c'est le souci du MCU,
18:56qui utilise ces personnages comme des pions à placer dans les différents films,
18:59dans le simple but de créer un moment, encore une fois.
19:02No Way Home, le troisième film,
19:04est sans doute le plus représentatif de cet aspect nostalgique et fourre-tout
19:07du cinéma de divertissement actuel.
19:08Le film met en place des moments forts,
19:10qui auraient pu être marquants pour toute une génération.
19:12Mais la mise en scène ne va jamais faire honneur à ces moments.
19:15Tout est filmé en studio.
19:16Les fonds verts sont omniprésents et surtout se voient.
19:18Je veux dire, à quel moment le cinéma a arrêté de ressembler à du cinéma ?
19:22Pourquoi tout est terne aujourd'hui ?
19:24Pourquoi plus rien ne ressort réellement ?
19:26Je veux dire, les films sont plats, dans le sens propre du terme.
19:29Il n'y a plus aucune profondeur.
19:31Il n'y a plus de relief.
19:32C'est laid, c'est fade,
19:33et c'est l'identité de la plupart des films de studio aujourd'hui,
19:36qui, dans le cas du MCU, ne pensent qu'à uniformiser leur production
19:38dans ce désir absurde de créer une série télé géante destinée au grand écran.
19:42Là où le blockbuster des années 2000 avait pour lui de faire preuve d'inventivité,
19:46de générosité,
19:46et surtout avait pour lui d'être singulier,
19:48celui d'aujourd'hui s'est totalement standardisé.
19:51Les films sont les mêmes.
19:52Et surtout, les films ne ressemblent plus à des films.
19:54Où est passé le contraste au cinéma ?
19:56Et surtout, pourquoi d'un coup, tout paraît faux ?
19:58Eh bien, parce que la façon de faire des films a changé.
20:01Là où, à une époque du premier Spider-Man,
20:02un artiste comme Sam Raimi avait une vision globale,
20:05et savait prendre des décisions définitives en ce qui concerne la lumière,
20:08les décors, les costumes,
20:09aujourd'hui, les studios préfèrent avoir le choix de ne pas prendre de risques,
20:13et se laissent donc une marge de manœuvre conséquente en post-production,
20:16afin de pouvoir faire des modifications jusqu'à la dernière minute.
20:19C'est comme ça qu'on passe d'une scène réfléchie, organique,
20:22qui paraît à la fois réelle et incroyablement cinématographique,
20:25à quelque chose de fake,
20:26où les décors n'ont pas d'identité,
20:28où la lumière est artificielle,
20:29où la mise en place de la scène n'a pas été pensée pour raconter quelque chose.
20:32Il y a une super vidéo YouTube d'ailleurs qui l'explique parfaitement.
21:03Et ça n'est pas la faute des effets numériques.
21:05Avatar est un monde 100% virtuel et créé par ordinateur,
21:08et pourtant il paraît crédible et ultra riche visuellement,
21:11car James Cameron a mûrement réfléchi chaque aspect de ses films.
21:13C'est simplement du mauvais travail,
21:15confié à des gens qui ne veulent pas faire de cinéma,
21:17qui ne veulent pas raconter quelque chose,
21:18mais qui veulent vendre quelque chose.
21:20La marvelisation globale de l'industrie a rendu le cinéma de divertissement moche,
21:24à quelques exceptions près bien sûr,
21:26surtout quand un auteur est à la barre.
21:27Mais regardez les films de super-héros avant l'avènement du MCU.
21:30Bah même si parfois ça reste un peu nul,
21:32ça a toujours le mérite d'avoir une identité visuelle,
21:34d'être un peu joli.
21:36C'est excitant n'est-ce pas ?
21:40Alors oui, vu sous cet angle,
21:41vous allez me dire qu'il n'y a pas trop d'espoir concernant Hollywood aujourd'hui.
21:44Mais pourtant malgré tout ça, je ne suis pas tellement d'accord.
21:46Il y a encore de gros studios à Hollywood qui proposent des belles choses,
21:49qui font du cinéma d'auteur.
21:50Et il y a aussi de jolis pépites qui ont réussi à se glisser
21:53entre ces insipides productions Spider-Man.
21:55Et à la surprise générale,
21:56c'est l'animation qui va redonner toutes ces lettres de noblesse à l'homme-araigné.
22:05Spider-Man Into the Spider-Verse
22:07est un film qui réussit l'exploit de réinventer un univers
22:10qu'on a déjà trop vu au cinéma.
22:12L'animation offre au film l'occasion unique de s'émanciper de ses confrères
22:15et d'offrir un spectacle visuel encore inédit.
22:17Le film rend hommage à l'homme-araigné et au support qu'il a fait naître
22:20grâce à un mélange entre 2D et 3D
22:21et un ratio de 12 images par seconde qui est plutôt surprenant au début
22:25et qui permet au film d'adopter une patte graphique encore inédite au cinéma.
22:28Car ne vous y trompez pas,
22:29si c'est le style comic book qui prend le dessus ici,
22:31comme le manque de profondeur de champ,
22:33un flux volontaire sur certains éléments qui reprennent les erreurs d'impression,
22:36des split screens,
22:37ou encore des bulles de texte qui viennent accentuer certaines situations,
22:39le film reste malgré tout un pur produit cinématographique.
22:42On retrouve enfin ces scènes d'action grandioses
22:45qui font partie de l'ADN de Spider-Man.
22:47Le film aime son personnage principal
22:48et ne se prive pas pour le faire briller par la mise en scène.
22:51Le jeune Miles Morales est un fan de Spider-Man
22:53et va être témoin de son assassinat,
22:55alors qu'il s'est vu à son tour offrir les pouvoirs de l'homme-araigné.
22:57Dans cette aventure, il est secondé par un Peter Parker vieillissant
23:00venant d'une autre dimension,
23:02ainsi que 3 autres Spider-Man uniques en leur genre.
23:04Et parlons-en de ces autres Spider-Man.
23:06Tous représentent un univers bien distinct.
23:08Le Peter Parker vieillissant est dans la continuité de celui que nous connaissons,
23:11n'ayant pas réussi à concrétiser ses projets personnels
23:13tout en assumant son rôle de super-héros.
23:15Spider-Gwen est en réalité une Gwen Stacy d'un univers parallèle
23:18qui s'est faite piquer par une araignée radioactive
23:20et qui a acquis des pouvoirs.
23:21Après ça, on en vient aux hommages des différentes animations
23:23avec le personnage de Penny Parker,
23:25venant d'un futur alternatif
23:27et reprenant dans ses mouvements le style animé japonais.
23:29Le Spider-Man noir,
23:30hommage au film noir et au comics de Frank Miller,
23:32et Spider-Ham,
23:33hommage évident au travail de Chuck Jones sur l'univers des Looney Tunes.
23:36Miles, quant à lui, va se retrouver confronté
23:38à un autre personnage intéressant par bien des aspects,
23:41Wilson Fisk,
23:42qui justifie ses actions à travers la perte de sa femme
23:44et de son fils dont il est incapable de faire le deuil.
23:46Un antagoniste tout aussi bien développé que les autres personnages
23:49et jouissant d'une carrure imposante et vraiment originale.
23:52Miles, au milieu de tous ces puissants personnages,
23:54va avoir du mal à trouver du courage,
23:55mais surtout son identité,
23:57dans un monde qui semble vouloir le lui imposer.
23:59Il doit comprendre quel est son but
24:00et où est sa place pour accéder au rang de héros.
24:03Le film parvient à créer sa propre identité
24:04sans pour autant renier son héritage,
24:06et au vu de son succès en salle,
24:08en plus d'une récompense aux Oscars,
24:09il va complètement révolutionner l'animation,
24:11et les autres studios ne vont pas se priver
24:13d'affubler leur propre production dans ce style unique.
24:15Et ça n'est pas forcément péjoratif.
24:16Ça a toujours été ainsi.
24:17Le cinéma est une perpétuelle répétition.
24:19On s'inspire de ce qui est inspirant.
24:21Pourtant, avec Across the Spider-Verse,
24:23la suite sortie en 2023,
24:24les auteurs de cet univers ne vont pas s'asseoir sur leur laurier
24:26et vont dépasser tout ce qu'ils avaient fait auparavant
24:28avec une animation encore plus ambitieuse.
24:30Le multivers devient un prétexte pour créer différents mondes visuels
24:33tout aussi incroyables les uns que les autres.
24:35C'est simple, vous pouvez mettre sur pause au hasard,
24:37imprimer la capture d'écran,
24:39et l'afficher sur votre mur.
24:40La mise en scène évolue à chaque style visuel.
24:42Des aquarelles et formes abstraites de l'univers de Gwen,
24:44à l'apparence de papier découpé dans une vieille brochure anarchiste de Spider-Punk,
24:48jusqu'au vautour venant directement d'un monde inspiré par Léonard de Vinci.
24:51Et toutes ces esthétiques ne sont jamais gratuites,
24:53ou simplement décoratives.
24:55Elles traduisent l'état émotionnel des personnages,
24:57leur histoire et leur rapport au monde.
24:59L'univers aquarelle de Gwen évolue en fonction de ses sentiments.
25:02C'est un monde inégal, car l'esprit de l'héroïne est perturbé.
25:05L'univers de Miguel O'Hara, lui, est très clinique, très symétrique,
25:08aussi froid que le personnage, qui jongle entre le bien et le mal.
25:10Donc pour conclure, c'est beau, et en plus ça raconte quelque chose.
25:14Contrairement à Noéum qui s'amusait à ramener d'anciens personnages
25:17pour titiller la fibre nostalgique du spectateur,
25:19Across the Spider-Verse montre un multivers triste,
25:21où l'histoire est forcément amenée à se répéter.
25:23Tout comme les récits du cinéma de divertissement moderne,
25:25Toutes ces versions de Spider-Man sont condamnées à souffrir,
25:28à répéter les mêmes tragédies,
25:30les mêmes arcs narratifs,
25:31les mêmes événements fondateurs.
25:33Miles Morales refuse d'entrer dans ce moule.
25:35Et tout comme le film, il va à l'opposé de ce qu'on attend de lui.
25:50Et voilà comment Spider-Man parvient à symboliser l'évolution de toute une industrie.
25:54Et on aurait pu voir ça comme un déclin.
25:55Mais la parenthèse Miles Morales permet encore aujourd'hui de croire
25:59que c'est possible de faire du divertissement grand public,
26:01et aussi de faire de l'art, de faire du cinéma, tout simplement.
26:04Il existe une corrélation constante entre la manière dont Spider-Man est représentée à l'écran,
26:08et la façon dont Hollywood produit, standardise et distribue ses blockbusters.
26:12On a pour moi l'âge d'or du cinéma de divertissement au début des années 2000,
26:16avec la trilogie de Sam Raimi,
26:17dans laquelle on laisse de l'espace au réalisateur,
26:19on lui laisse avoir ses choix artistiques,
26:21puis on passe au diptyque The Amazing Spider-Man,
26:23qui existe avant tout pour de simples raisons de droit,
26:25et qui marque une sorte de basculement vers un cinéma plus industriel,
26:29où l'idée c'est forcément de tout franchiser,
26:31de terminer sur des méga cliffhangers et des annonces pour pouvoir faire venir les gens en salle,
26:35jusqu'à l'intégration du personnage dans le MCU,
26:38où là il va évoluer dans une uniformisation esthétique.
26:40Il ne va plus être le héros, mais un héros parmi tant d'autres.
26:43Il va faire partie de cet énorme univers cinématographique,
26:46qui est aujourd'hui la grande mode à Hollywood,
26:48tous les studios se sont essayés à leurs propres univers,
26:50et tout cet aspect ultra fantastique dans le récit,
26:52mais aussi ces choix artistiques qui empêchent les différentes oeuvres d'avoir une identité,
26:56bah ça va faire perdre au personnage toute sa subtilité.
26:58Puis on a le miracle Spider-Verse, qui lui arrive à s'échapper de cette standardisation,
27:02notamment à travers l'animation qui permet peut-être un peu plus de liberté créative.
27:06Aujourd'hui de ce qu'on sait, on a deux nouveaux films Spider-Man qui sont prévus.
27:09Un qui tente de revenir à ses origines à travers une communication,
27:12où on met en avant les décors naturels au détriment des fonds verts,
27:15donc on peut lui laisser le bénéfice du doute,
27:17même si on sait que cette obligation de faire partie d'un tout,
27:20va forcément et fatalement, bah le museler.
27:22Et on en a un autre, où on est sûr qu'on s'apprête à vivre encore une fois une
27:26révolution,
27:26car on a déjà été confronté à cette qualité de production par deux fois.
27:30Du coup aujourd'hui, bah étudier Spider-Man au cinéma, ça équivaut à étudier l'industrie elle-même.
27:34Et en dehors du plaisir de parler de l'homme araignée, bien évidemment,
27:37c'est ce qui m'a poussé à faire cette vidéo.
27:39Du coup, bah je vous remercie de l'avoir suivi jusqu'au bout.
27:41N'hésitez pas à soutenir la chaîne, c'est très important, avec un like, un partage,
27:45à me suivre sur les réseaux sociaux également, sur Instagram,
27:48mais aussi sur Twitch, où je suis en live tous les week-ends.
27:50Je vous souhaite de belles fêtes de fin d'année,
27:52je vous souhaite également une belle future année 2026,
27:54et je vous dis à très bientôt sur cette chaîne.
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