- il y a 1 jour
Le Salon international de l'agriculture 2026 (SIA) se tient à Paris du 21 février au 1er mars 2026. Pour la première fois depuis la création du salon en 1964, les bovins sont absents. Les organismes de sélection des races ont en effet décidé « par précaution et par solidarité » avec les éleveurs touchés par la dermatose nodulaire contagieuse, maladie virale ayant particulièrement sévi dans le Sud-Ouest, de ne pas présenter leurs animaux. Ce sera « un salon différent », admet son Président, Jérôme Despey. Malgré l'agacement des syndicats agricoles, mobilisés pour le troisième hiver consécutif, les organisateurs souhaitent maintenir l'esprit familial de cet événement qui s'ouvre dans un contexte particulier. Les débats sur la loi Duplomb visant à réintroduire un pesticide néonicotinoïde interdit en France ont fortement agité la profession. Le mois de décembre 2025 a été marqué par la crise de la dermatose et les perspectives d'un accord européen avec le Mercosur ont généré de nombreux blocages syndicaux partout en France. Le gouvernement a multiplié les annonces entre décembre et janvier, au point que le salon, qui durera jusqu'au 1er mars, s'annonce être un point d'étape sur l'avancée de plusieurs dossiers : conférences sur la souveraineté alimentaire, politique de l'eau et construction d'une « loi d'urgence agricole ». Les syndicats attendent toujours une « vision » d'Emmanuel Macron, qui a livré trois mots-clés début février lors d'une visite de ferme : « production, préservation, protection ». Quelles solutions peuvent être mises en place pour soutenir les agriculteurs français ?
Invités :
- Jérémy Decerle, député européen « Renew »,
- Marie-José Allemand, députée socialiste des Hautes-Alpes,
- Rémi Barbet, journaliste à « La Croix », chef de rubrique agriculture et consommation,
- En duplex du salon de l'agriculture : Valérie Le Roy, directrice du salon de l'agriculture.
Invités :
- Jérémy Decerle, député européen « Renew »,
- Marie-José Allemand, députée socialiste des Hautes-Alpes,
- Rémi Barbet, journaliste à « La Croix », chef de rubrique agriculture et consommation,
- En duplex du salon de l'agriculture : Valérie Le Roy, directrice du salon de l'agriculture.
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00:00:06Musique
00:00:24Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:26C'est vendredi et vous le savez, chaque vendredi, puisque Chaque Voix Compte, c'est à vous que nous donnons
00:00:32la parole.
00:00:33Et ce soir, vous, vous êtes nos amis les agriculteurs pour une émission spéciale à la veille de l'ouverture
00:00:38du Salon de l'Agriculture à Paris.
00:00:40Nous avons choisi de nous parler entre nous et avec vos élus, de parler de l'agriculture, de parler de
00:00:45ses tourments.
00:00:46Face à vous ce soir, Marie-Josée Allemand. Bonsoir.
00:00:49Bonsoir.
00:00:49Vous êtes députée socialiste des Hautes-Alpes et vous êtes vous-même agricultrice. Dites-nous ce que vous faites.
00:00:54Je suis éleveuse et on a des brebis-mères en agneau de cisteron, en label rouge.
00:00:58D'accord. Et bonsoir Jérémy Decerle.
00:01:01Bonsoir.
00:01:01Eurodéputé Rignoux, vous êtes membre de la Commission de l'agriculture et du développement rural au Parlement européen.
00:01:07Vous avez présidé, je le précise, les jeunes agriculteurs jusqu'en 2019.
00:01:11Et vous êtes vous-même éleveur de Charolaise, c'est ça ?
00:01:14C'est ça.
00:01:15En Saône-et-Loire.
00:01:16En Saône-et-Loire.
00:01:16Merci à tous les deux d'être là ce soir et d'avoir accepté de vous prêter au jeu des
00:01:20questions-réponses avec notre public.
00:01:23Je salue également Rémi Barbet. Bonsoir.
00:01:26Bonsoir.
00:01:26Journaliste à Lacroix, vous êtes chef de rubrique agriculture et consommation.
00:01:30Vous ferez ce soir mes yeux et mes oreilles experts avec notre public.
00:01:34Cette édition 2026 du Salon de l'agriculture est forcément spéciale puisque, vous le savez, pour la première fois de
00:01:40l'histoire, les stars du Salon ne seront pas là.
00:01:42Les vaches sont restées à l'étable en raison de l'épisodie de dermatose nodulaire.
00:01:48Mercosour, empilement d'énormes, épuisement, nos agriculteurs ont le cœur lourd et ils ont plein de questions à vous poser.
00:01:55On va se parler, on va s'écouter.
00:01:57Et le plus important, c'est que nous, on va essayer de vous dire à quel point on vous aime
00:02:01et à quel point on est à vos côtés.
00:02:02Installez-vous confortablement. Chaque voix compte, c'est parti.
00:02:13En cette veille d'ouverture du Salon, c'est suffisamment rare pour être souligné.
00:02:16La journée a quand même commencé par une bonne nouvelle.
00:02:19Le temps et le protocole choisi nous a donné raison puisque depuis le 2 janvier, nous n'avons plus aucun
00:02:26cas de dermatose nodulaire contagieuse.
00:02:29Et qu'aujourd'hui même, et je suis heureuse de l'annoncer sur votre antenne, nous levons toutes les zones
00:02:35réglementées.
00:02:35On reprend une vie normale, qu'on peut à nouveau commercer, qu'on peut à nouveau bouger ses animaux.
00:02:40Aller au Salon de l'Agriculture.
00:02:41Et on aurait pu aller au Salon de l'Agriculture.
00:02:44L'Agriculture, ils ont choisi la prudence.
00:02:47Je les comprends, je les respecte, mais ils seront là.
00:02:49Les éleveurs seront là.
00:02:50Ce n'est pas une décision politique, le choix de la prudence ?
00:02:52C'est une décision que les éleveurs eux-mêmes ont prise et que je respecte.
00:02:57Mais néanmoins, ce sera un beau et grand salon avec plus de 3000 animaux.
00:03:01Oui, la dermatose nodulaire, c'est à cause de cette maladie que les vaches ne sont pas au Salon pour
00:03:06la première fois depuis 60 ans.
00:03:07Et je voulais d'abord ce soir me tourner vers Nicolas.
00:03:11Bonsoir Nicolas.
00:03:13Les téléspectateurs les plus fidèles de chaque voix compte vont sans doute reconnaître votre visage
00:03:17puisque vous êtes éleveur bovin en Haute-Savoie, à Saint-Féréol, c'est ça ?
00:03:21Oui, à Saint-Féréol.
00:03:22Et votre élevage a été un des premiers touchés par la dermatose nodulaire l'été dernier.
00:03:25L'une de nos équipes était d'ailleurs avec vous à ce moment-là.
00:03:28Nous étions venus faire un reportage à vos côtés.
00:03:31On voit les images de votre stabulation vide de ces vaches.
00:03:36D'abord, comment vous allez aujourd'hui Nicolas ?
00:03:39Eh bien aujourd'hui ça va mieux.
00:03:40On a repris avec des nouveaux animaux, on a repris une production, un rythme.
00:03:47On sait pourquoi on se lève le matin.
00:03:49Et puis tous les désagréments qu'on a eu cet été sont derrière nous.
00:03:54Et puis là, cette semaine, on a pu vacciner nos petits veaux de trois mois qui avaient l'immunité de
00:03:58la mer.
00:03:59Et maintenant, on attend les annonces de Madame la Ministre pour revacciner l'ensemble du troupeau.
00:04:06Vous avez reconstitué votre troupeau ? Combien vous aviez perdu de bêtes ? Rappelez-nous.
00:04:10Donc j'avais perdu 68 animaux, 48 vaches laitières et 20 veaux.
00:04:15Donc là, oui, on a racheté 42 vaches pour le moment.
00:04:19Et pour le moment, on attend un peu la suite des choses pour acheter quelques veaux.
00:04:24Est-ce que vous avez été indemnisé ?
00:04:26Alors j'ai été indemnisé en partie et maintenant, on attend le reste.
00:04:32Ça devra arriver dans les prochains jours, prochaines semaines.
00:04:36La gestion de cet épisodier a provoqué, on se souvient, une grave crise depuis le début de l'automne dernier.
00:04:41Avec le recul, est-ce que vous vous dites aujourd'hui que cette stratégie d'abattage, c'était la seule
00:04:46solution ?
00:04:48Chez nous, sur notre secteur, de toute façon, on en est convaincus.
00:04:52Puisque moi, le jour où mes vaches ont été abattues, mes autres animaux qui étaient dans les parcs à 1
00:04:59km, 2 km, 3 km, étaient vaccinés seulement depuis 3 jours.
00:05:02Donc pendant 25 jours, le fait qu'il n'y ait pas d'animaux à proximité potentiellement positifs, ça les
00:05:10a aussi protégés.
00:05:11Et aujourd'hui, vous le disiez, vous attendez les nouvelles consignes du ministère de l'Agriculture pour la vaccination à
00:05:17venir.
00:05:19Globalement, vous vous dites, aujourd'hui, au lait cœur, on se souvient de votre gorge serrée quand on était venu
00:05:25vous interviewer à l'époque l'été dernier.
00:05:27On se souvient de votre désarroi qui nous avait beaucoup touché, qui avait beaucoup touché les téléspectateurs de chaque voix
00:05:32compte.
00:05:33On vous sent aujourd'hui plus rasséréné, en tout cas plein d'espoir.
00:05:39Oui, on a de l'espoir, mais on reste vigilants et je pense qu'on va être vigilants encore quelques
00:05:44temps.
00:05:45Vous avez devant vous deux élus, un élu du Parlement européen, un élu de l'Assemblée nationale. Est-ce que
00:05:50vous avez des questions à leur poser ce soir ?
00:05:52Au niveau national, ce qui serait bien, c'est que malheureusement, on a beaucoup parlé d'abattage, mais on n
00:05:57'a pas parlé du problème des lavages de bâtiments,
00:06:00avec ce fameux règlement où, quand il y a un montant qui dépasse 50 000 euros, c'est soumis à
00:06:07appel d'offres.
00:06:09Moi, j'aimerais bien que les choses changent et quand il y a une crise comme ça, que ces leviers
00:06:13-là, ils sautent.
00:06:14C'est la crise. Ce n'est pas le moment de savoir si une entreprise a une priorité.
00:06:19Il faut donner la priorité à une entreprise pour que les choses avancent et que les bâtiments se lavent très
00:06:23rapidement.
00:06:24Et puis, au niveau européen, pour mes collègues qui ne sont pas très loin de chez moi, on a un
00:06:29foyer de Bruxelles, sur des bouctins, qui traîne depuis 2012,
00:06:34où beaucoup d'exploitations sont sous surveillance.
00:06:38Et par rapport aussi à nos fromages AOP, qui ont une pression sanitaire énorme avec les agents pathogènes,
00:06:46qui n'est pas le cas avec le saumon ou les légumes, où il y a une certaine tolérance.
00:06:50Nous, c'est zéro et dès l'instant où il y en a un, c'est à la casse.
00:06:54Alors, qui veut lui répondre ?
00:06:57Je peux commencer par le niveau européen.
00:07:00Merci, monsieur Dosterl.
00:07:03Déjà, moi, je veux saluer Nicolas et saluer tous les agriculteurs qui sont passés par cette crise
00:07:10et par, malheureusement, l'abattage du troupeau pour un certain nombre d'entre eux.
00:07:16Je veux saluer leur courage et puis aussi leur dire merci,
00:07:21parce que s'ils n'avaient pas été là, s'ils n'avaient pas, eux, respecté, comme tout le monde,
00:07:27le protocole,
00:07:29sans doute que la catastrophe qui aurait pu arriver serait arrivée.
00:07:35Et donc, moi, je salue aussi le courage et puis la volonté
00:07:40et puis aussi le souci de voir des choses évoluer pour pas que ça réarrive, bien évidemment,
00:07:47ou en tout cas qu'on puisse le maîtriser de la meilleure des manières.
00:07:51Et donc, au-delà de l'aspect spécifique, je vais me permettre de tutoyer,
00:07:56parce qu'on est collègues et je crois que notre âge nous différencie pas bien,
00:08:03au-delà de l'aspect spécifique sur les fromages à OP ou sur le reste,
00:08:09je pense qu'au niveau européen, il y a intérêt, si on veut travailler en bonne intelligence,
00:08:15sur ce genre de crise, à avoir des mécanismes un peu plus homogènes, un peu plus harmonisés,
00:08:23afin que, justement, aucune production soit pénalisée par rapport à une autre
00:08:30et aucun pays soit pénalisé par rapport à un autre.
00:08:33Et donc, dans tous les domaines, et pour le coup, sur la dermatose,
00:08:37s'il y a eu un protocole établi en France, c'est parce qu'il y avait aussi eu la
00:08:42maladie dans d'autres pays européens,
00:08:44et ce protocole-là, il était aussi dirigé, proposé, imaginé au niveau européen.
00:08:50Donc, il faut qu'on réussisse à faire ça et à harmoniser les choses pour être plus fort face à
00:08:56la maladie
00:08:56et face aussi aux différenciations qu'il peut y avoir sur d'autres épisodiers,
00:09:03comme la Bruxelles-Auge ou d'autres.
00:09:04Mais est-ce que vous pourriez répondre à Nicolas sur ce sujet des appels d'offres qu'il faut passer
00:09:08?
00:09:08C'est ça ? C'est ce que vous expliquiez aujourd'hui pour des nouveaux bâtiments ?
00:09:12En fait, quand on a eu notre problème, on devait laver notre bâtiment.
00:09:16Et pendant un mois et demi, on nous a dit « l'État s'occupe de tout, s'occupe de
00:09:18tout ».
00:09:19Et au bout d'un mois et demi, on nous a dit « ça va être à vous de contacter
00:09:25les entreprises, de demander une garantie bancaire à vos banques ».
00:09:32Et en fait, ça nous a fait perdre deux mois tout ça.
00:09:35Et en fait, notre truc aujourd'hui, c'est que quand il y a une crise sanitaire,
00:09:39il faut que l'État soit capable de nommer une entreprise et qu'on ne s'occupe pas de concurrence,
00:09:45d'appels d'offres ou de marchés.
00:09:46– Marie-Josée Allemand, on ne peut qu'être d'accord avec Nicolas, qu'est-ce que c'est cette
00:09:51histoire ?
00:09:51– Là où c'est compliqué, enfin compliqué, ce n'est pas compliqué,
00:09:55en fait, on découvre au fil de l'eau les contraintes qui s'appliquent finalement sur une épisotique,
00:10:04sur la maladie comme on a eu.
00:10:07Alors, on a pris, enfin, la ministre a pris, on va dire, le taureau par les cornes,
00:10:13en faisant des abattages systématiques et totaux, mais ok, là c'est régulé.
00:10:21– Est-ce que vous êtes capable de m'expliquer pourquoi c'est à l'agriculteur
00:10:23de contacter une entreprise de nettoyage et de l'avancer sur ses fonds propres,
00:10:27voire d'aller à la banque ?
00:10:29– En fait, on le découvre en mesure, au fur et à mesure de la chose,
00:10:32on découvre comment ça se passe au fur et à mesure, en tant que député,
00:10:37enfin, la ministre a forcément eu conscience du problème,
00:10:41comme on a découvert à l'occasion du budget que les indemnités étaient fiscalisées.
00:10:47Donc, enfin, petit à petit, en fait, en mesure qu'on tire les fils,
00:10:51on se rend compte de l'ensemble du problème,
00:10:53s'il ne suffit pas juste de faire abattre le cheptel…
00:10:56– Vous pouvez vous engager ce soir, devant eux, à dire à la ministre de l'Agriculture
00:11:01que cette histoire d'avancement des frais et d'appel d'offres
00:11:05pour une entreprise de nettoyage des bâtiments, on marche sur la tête ?
00:11:07– Oui, mais moi je lui ai déjà dit qu'on marchait sur la tête.
00:11:10Quand on a vu que c'était fiscalisé, qu'il fallait une année,
00:11:14on avait une année maximum pour repeupler les exploitations agricoles,
00:11:19parce que sinon on perdait l'indemnité.
00:11:23Moi, là où je trouve que ce n'est pas normal,
00:11:25et d'ailleurs j'ai fait un amendement là-dessus
00:11:27qui a été voté à la quasi-unanimité,
00:11:28c'est qu'on vous oblige à abattre votre troupeau.
00:11:32On doit vous indemniser sans condition.
00:11:36Et cet amendement-là a été voté à l'unanimité quasi de l'Assemblée nationale.
00:11:40Il n'a pas été repris, il a été repris en partie sur la non-fiscalisation
00:11:45et sur le fait que vous avez maintenant deux ans pour utiliser, on va dire,
00:11:50les fonds pour repeupler votre exploitation agricole.
00:11:53Bon, c'est déjà mieux que ce que c'était, mais ce n'est pas parfait.
00:11:57À partir du moment où vous obligez à faire quelque chose,
00:11:59on n'a pas à mettre de condition derrière.
00:12:02On n'a pas à mettre de condition.
00:12:03Et si ça peut vous rassurer quelque part,
00:12:08effectivement, il ne faut pas laisser les choses comme ça.
00:12:10Mais on découvre les choses au fil de l'eau, on va dire.
00:12:15Les contraintes, est-ce que ça nous surprend qu'on ait d'autres contraintes
00:12:19au fur et à mesure ? Non, en fait, parce que la France,
00:12:23c'est un pays qui adore se mettre des barrières les unes derrière.
00:12:26Et oui.
00:12:27Pas de vaches donc sur ce salon 2026, pas de volailles non plus à cause de la grippe aviaire.
00:12:31Mais il y aura quand même 3400 animaux, porte de Versailles.
00:12:35Des chevaux, des cochons, des chèvres, des lapins, des moutons.
00:12:37Les organisateurs veulent que le salon reste une fête pour les visiteurs.
00:12:40On sera d'ailleurs avec eux tout à l'heure, les organisateurs du salon.
00:12:43Et Clément Perrouot et Eva Billon ont suivi aujourd'hui
00:12:46les tout derniers préparatifs avant l'ouverture. Regardez.
00:12:55Dernier préparatif avant l'ouverture d'un salon de l'agriculture, Orphelin.
00:13:00Pas de vaches cette année, porte de Versailles, pour cause de thermatose nodulaire.
00:13:05Daniel est éleveur de races mirandèses dans le Gers,
00:13:08fidèle au poste chaque année depuis 15 ans.
00:13:11Il sait que cette édition sera différente.
00:13:13D'habitude, on a les vaches.
00:13:15Avec le ring, le grand ring de concours et tout ce qu'il faut pour la présentation des vaches.
00:13:20Pour nos éleveurs, il y a un manque.
00:13:21Venir à la salle des bêtes, c'est quand même pas pareil.
00:13:25Dans une édition où les vaches ne sont visibles qu'en photo,
00:13:29les éleveurs bovins auront tout de même leur stand.
00:13:33Daniel espère que le public sera solidaire et viendra le voir malgré tout.
00:13:37D'habitude, c'est sûr qu'il y a beaucoup de public à ce hall.
00:13:41Maintenant, je ne sais pas ce que ça va donner cette année.
00:13:43Il y aura 12 posters sur les présentatoires avec les kakémonos et tout ça.
00:13:47Et on va présenter nos vaches comme ça.
00:13:51D'autres animaux seront eux bien présents au salon,
00:13:54comme les cochons et leurs bébés particulièrement mignons.
00:13:58Mais aussi les agneaux, comme ceux de Marcel, producteur de roquefort dans l'Aveyron.
00:14:03Selon lui, l'absence des bovidés fait plonger les exposants dans l'incertitude.
00:14:09C'est triste. J'ai peur que ce soit triste.
00:14:12Je ne sais pas comment l'ambiance qu'il va y avoir et surtout la fréquentation.
00:14:17La fréquentation. Est-ce que les gens vont venir parce qu'il n'y a pas de bovins ?
00:14:21On ne sait pas. C'est un grand point d'interrogation cette année.
00:14:24Autre interrogation, l'état d'esprit des agriculteurs.
00:14:27Cette édition intervient quelques semaines après les grandes manifestations agricoles.
00:14:31La tension semble un peu retombée, mais le malaise persiste dans la profession.
00:14:36S'il y a encore une colère, c'est bon signe. S'il n'y a plus de colère, c
00:14:39'est mauvais signe.
00:14:40Ça veut dire que le monde agricole devient résigné et ce ne serait pas bon signe pour le consommateur.
00:14:46Parce que si on se bat, c'est pour le consommateur aussi.
00:14:49Dans ce contexte, la visite d'Emmanuel Macron demain matin est au moins aussi attendue que celle des visiteurs.
00:14:55Faute de vaches à caresser, le président de la République pourra saluer les chevaux particulièrement mis en avant cette année.
00:15:03Voilà pour cette visite en avant-première du salon de l'agriculture grâce à Clément Perrault et Eva Billon.
00:15:10Je voudrais me tourner vers Julien.
00:15:12Où est Julien ? Bonsoir Julien.
00:15:14Vous êtes vétérinaire rural à Vousiers, c'est dans les Ardennes.
00:15:17Et vous avez quitté votre campagne ardennaise pour venir à Paris puisque vous êtes l'un des vétérinaires du salon.
00:15:23Alors vous allez quand même avoir du travail pendant ces dix jours.
00:15:25A quoi ressemble la journée d'un véto sur le salon de l'agriculture ?
00:15:29Alors la journée du vétérinaire sur le salon de l'agriculture, elle est extrêmement bien remplie puisqu'on a trois
00:15:36missions essentielles.
00:15:38La première, c'est d'assurer le soin et le bien-être des animaux au quotidien parce qu'il peut
00:15:44y avoir des petits bobos, des petites difficultés.
00:15:46Et donc parfois, les éleveurs peuvent nous appeler pour soigner ces petits soucis.
00:15:53Ensuite, il faut savoir qu'on a un stand, la profession vétérinaire a un stand qui s'appelle la Maison
00:15:59des Vétos.
00:16:00Un stand qu'on a fait en partenariat avec les écoles nationales vétérinaires.
00:16:06L'idée étant pour les gens et le grand public de pouvoir rencontrer des étudiants et des professeurs et d
00:16:13'apprendre comment on devient vétérinaire,
00:16:15quel est le cursus et la formation pour devenir vétérinaire.
00:16:19On a également aussi une présentation sur notre stand en partenariat avec APFORM des métiers autour de la profession vétérinaire
00:16:27et notamment le métier d'auxiliaire spécialisé vétérinaire.
00:16:30Parce que je regardais en préparant, c'est complètement fou, il y a 4000 vétérinaires ruraux pour 42 millions d
00:16:36'animaux.
00:16:37D'animaux, il y a une vraie pénurie, il y a une vraie crise des vocations en vétérinaires ruraux.
00:16:45Oui, absolument.
00:16:46Mais pourquoi ? Parce qu'on fait l'école vétérinaire et puis on se dit qu'on va soigner des
00:16:49chiens et des chats en ville et qu'on ne mesure pas ce que c'est de devoir être vétérinaire
00:16:53à la campagne ?
00:16:54Alors le problème, il est multifactoriel. Donc il faut savoir effectivement qu'aujourd'hui, il y a 80% des
00:17:01vétérinaires qui n'exercent plus au profit des animaux d'élevage.
00:17:05C'est-à-dire qu'aujourd'hui, 80% des vétérinaires n'ont plus d'éleveurs dans leur clientèle. Il
00:17:09faut le savoir ça.
00:17:10Donc vous êtes aussi sur le salon pour susciter des vocations ?
00:17:15Alors on va en reparler dans un instant avec vous, mais je voudrais qu'on prenne la direction tout de
00:17:18suite de ce salon de l'agriculture.
00:17:20On est en direct avec la directrice du salon, Valérie Leroy. Bonsoir et merci de nous accorder quelques minutes ce
00:17:27soir dans chaque voix compte.
00:17:29On entendait dans le reportage des agriculteurs nous dire « j'ai peur que ce soit triste ». Vous êtes
00:17:35dans quel état d'esprit à quelques heures de l'inauguration ?
00:17:42Alors, bon, c'est peut-être normal qu'ils aient peur que ça soit triste, mais en tout cas, par
00:17:47rapport à tout ce qu'on a mis en route, il y a de nombreuses animations.
00:17:53Je suis désolée, j'ai un gros retour.
00:17:58Vous allez enlever votre oreillette, le temps qu'on se parle, et puis si vous voulez, on se reparle après.
00:18:04Oui.
00:18:05Allez-y.
00:18:06Oui.
00:18:08Mais en fait, je m'entends en double.
00:18:10Alors, on va régler ce petit problème technique, c'est s'entendre en double, c'est un enfer.
00:18:15Valérie Leroy, vous me faites signe dès qu'elle est de retour avec nous.
00:18:19Je vais retourner avec vous, Julien, on parlait des vétérinaires.
00:18:22Vous vivez évidemment dans une intimité très forte avec le monde paysan.
00:18:26Vous soignez les bêtes, mais vous voyez aussi les souffrances des agriculteurs.
00:18:30Oui, absolument.
00:18:33Pour le coup, on est un vrai partenaire de l'élevage.
00:18:37Comme de nombreuses personnes.
00:18:39Mais on a cette proximité, ce lien, ce quotidien.
00:18:43Et c'est vrai qu'il y a une relation un peu particulière qui va bien au-delà d'être
00:18:49le soignant.
00:18:51Effectivement, il y a un attachement, il y a une relation qui...
00:18:53Comment vous avez vécu cet épisode de dermatose nodulaire où vous avez été parfois pris pour cible par les agriculteurs
00:19:02quand vous interveniez dans des exploitations au moment de l'abattage, notamment des troupeaux ?
00:19:08Alors, ça a été tout le paradoxe où on a eu du mal à comprendre, en fait, parce qu'effectivement,
00:19:13il y a eu des crispations autour du protocole sanitaire et notamment autour des dépeuplements.
00:19:18Parce qu'effectivement, ça a été mal compris, mal perçu.
00:19:21Mais il faut rappeler quand même que les vétérinaires qui sont intervenus dans le cadre des dépeuplements, c'était les
00:19:26mêmes qui vaccinaient et qui faisaient de la prévention.
00:19:29Donc, c'est vrai que ça a été un petit peu difficile de comprendre parfois ces exactions, on va dire,
00:19:38ces manifestations de colère.
00:19:41Ça a fini par s'apaiser ?
00:19:43Oui, parce qu'au bout d'un moment, on a mis les choses à plat, on a réussi à discuter,
00:19:49à s'entendre.
00:19:49Il y a des messages qui sont passés et effectivement, tout le monde a fini par comprendre que les vétérinaires
00:19:55n'étaient pas la cible et n'étaient pas l'ennemi.
00:19:58Bon, et alors, comment on suscite des vocations de vétérinaire rural ?
00:20:06On explique ce que c'est que le quotidien d'un vétérinaire.
00:20:09On explique ce que c'est le métier.
00:20:10C'est un métier passion, on ne va pas se mentir, parce que c'est un vrai engagement.
00:20:15Alors, c'est vrai qu'il y en a beaucoup qui, aujourd'hui, considèrent qu'au-delà de l'engagement,
00:20:19ça commence à devenir une servitude.
00:20:21Parce qu'effectivement, nous, aujourd'hui, je vais prendre mon exemple.
00:20:25Moi, ça m'arrive aujourd'hui de faire 60 kilomètres aller, 60 kilomètres retour pour aller soigner des moutons dans
00:20:31des vignes, dans les vignes de Champagne.
00:20:32Oui, parce que vous êtes seul pour combien de kilomètres carrés ?
00:20:34Parce que ce sont des moutons qui sont en éco-pâturage pour entretenir les vignes de Champagne.
00:20:38Et donc, finalement, aujourd'hui, c'est la démonstration que le vétérinaire, il est au carrefour de toutes ses santés,
00:20:44que ce soit la santé humaine, la santé animale et la santé environnementale.
00:20:48Et donc, c'est ça qu'on essaye d'expliquer aux jeunes générations.
00:20:51Et puis, effectivement, aujourd'hui, il y a une vraie montée en compétence de la part des éleveurs.
00:20:56On accompagne cette montée en compétence.
00:20:58Et c'est une relation particulière et c'est très enrichissant.
00:21:04On a retrouvé Valérie Leroy au Salon de l'Agriculture.
00:21:06On a réglé son problème d'oreillette.
00:21:08Elle ne s'entend plus en double.
00:21:10Valérie Leroy, on parlait de l'état d'esprit dans lequel sont les organisateurs du Salon de l'Agriculture à
00:21:15quelques heures de l'inauguration.
00:21:16Bon, haut les cœurs, c'est ce que vous dites ce soir ?
00:21:21Oui, on dit haut les cœurs parce qu'on est en train de finir les préparatifs de montage,
00:21:25qu'on est prêts pour l'ouverture et que, certes, il n'y a pas de vaches, évidemment,
00:21:29et ça change la configuration du Salon,
00:21:31mais les éleveurs de bovins qui ont décidé de ne pas venir avec leurs animaux sont quand même là.
00:21:36C'est-à-dire que tous les stands des races de vaches qui sont là habituellement sont occupés par les
00:21:41éleveurs.
00:21:41Donc, les visiteurs vont pouvoir venir et rencontrer les éleveurs de bovins
00:21:44et pourquoi pas leur poser des questions sur la situation actuelle.
00:21:49Semaine des municipales, à 14 mois de la présidentielle,
00:21:51ça va forcément être aussi un salon très politique,
00:21:53avec des visites qui sont souvent difficiles à gérer en termes de cohue.
00:21:58Et je crois que cette année, vous avez pris des mesures.
00:22:03Alors, on a pris des mesures comme l'année dernière et l'année d'avant,
00:22:07différentes mises en place à partir de demain matin.
00:22:12Bon, voilà, on met les mesures en place qui sont nécessaires,
00:22:15en accord avec les autorités et la préfecture, ni plus ni moins.
00:22:20Donc, voilà.
00:22:20Un peu moins quand même, puisque les délégations ne pourront pas être accompagnées
00:22:23de plus de 25 personnes pour éviter justement des attroupements
00:22:27dans les allées du salon, au milieu des visiteurs,
00:22:29quand une personnalité politique vient vous voir.
00:22:32C'est Emmanuel Macron qui inaugure le salon demain.
00:22:35Un petit mot de prévention aussi, Valérie Leroy.
00:22:38Est-ce que vous avez à nouveau pris des mesures
00:22:39pour éviter les scènes d'alcoolisation excessive des visiteurs ?
00:22:46Oui. Alors, sur les délégations politiques et le nombre,
00:22:51on a adressé à chacun des cabinets qui organisent des visites
00:22:56ou à chaque fois qu'on a des demandes entrantes,
00:22:58une charte pour les amener à ne pas visiter en même temps,
00:23:02le même jour, ou tous en même temps,
00:23:05pour que ça permette de rester fluide dans les visites.
00:23:07Et effectivement, de ne pas avoir plus de 25 personnes dans la délégation,
00:23:12ce qui permet une circulation beaucoup plus fluide.
00:23:16Après, sur la gestion de l'alcool et de la consommation excessive d'alcool,
00:23:21depuis 4 ans, nous avons mis en place un processus
00:23:25qui nous permet d'être en contact permanent avec les exposants
00:23:28qui vendent de l'alcool ou qui font des dégustations,
00:23:30d'avoir une règle du jeu qui est mise en place avec eux
00:23:33et qui passe par de la prévention, de l'information
00:23:36et pourquoi pas de la sanction,
00:23:38si, comme dans la vie quotidienne,
00:23:42un exposant continue à vendre de l'alcool à quelqu'un
00:23:45qui est manifestement aviné,
00:23:47il est responsable pénalement, ici comme à l'extérieur,
00:23:50dans un bistrot n'importe où en France.
00:23:52En tout cas, on voit les moutons derrière vous,
00:23:55on voit qu'il y a déjà une certaine effervescence.
00:23:57Merci d'avoir été en direct avec nous ce soir avec votre joli béret.
00:23:59On vous souhaite un excellent salon de l'agriculture 2026.
00:24:02Qui parmi vous a prévu d'aller au salon dans les 10 jours qui viennent ?
00:24:09100 %, 100 %, c'est normal.
00:24:12Mais je voulais aussi, Rémi, qu'on parle du chiffre
00:24:17qui va planer au-dessus de ce salon de l'agriculture,
00:24:20c'est celui de la balance commerciale agricole française
00:24:23qui a connu en 2025 un plus bas historique.
00:24:25On regarde d'abord le détail des chiffres avec Elsa Mondingava
00:24:28et on les détaille ensuite, on les explique avec vous.
00:24:38C'est une dégringolade.
00:24:40Pour la première fois depuis 50 ans,
00:24:43la balance commerciale de l'agroalimentaire a bien failli finir dans le rouge.
00:24:47Pour les produits agricoles bruts,
00:24:50en 2025, la balance est carrément déficitaire de moins 300 millions d'euros.
00:24:56Notamment parce que nous importons plus de produits, plus 8 % en 2025.
00:25:01Des fruits, des légumes, de la viande.
00:25:04La France subit aussi la hausse des cours du café et du cacao.
00:25:08Nos exportations, elles, ne permettent pas de renverser la tendance.
00:25:12Le cours des céréales à la baisse nous pénalise.
00:25:15Le secteur des vins et spiritueux moteurs d'habitude affiche moins 16 %,
00:25:20notamment en raison des droits de douane.
00:25:23La dégradation s'explique en partie par le contexte difficile des dernières années.
00:25:28Covid, situation géopolitique, mauvaise récolte, épisodie.
00:25:33Mais les causes sont aussi plus structurelles.
00:25:35Depuis 1970, la France a perdu 1,2 million d'exploitations.
00:25:41Il en reste moins de 400 000 aujourd'hui.
00:25:45Autre défi, près d'un agriculteur sur deux partira à la retraite d'ici 2030.
00:25:51Jusqu'à présent, la France reste la première puissance agricole de l'Union européenne,
00:25:5617 % de la production.
00:25:58Mais jusqu'à quand pourra-t-elle tenir son rang ?
00:26:03Rémi Marbet, comment en est-on arrivé là ?
00:26:05Est-ce que c'est parce qu'on est trop cher ?
00:26:06Est-ce que c'est parce qu'on a trop poussé le haut de gamme ?
00:26:09Il y a deux dimensions, ça a été très bien expliqué.
00:26:11Il y a une dimension structurelle de notre agriculture.
00:26:16Durant son premier mandat, Emmanuel Macron, dans un discours dès 2017,
00:26:20avait misé sur le fait que l'agriculture devait s'élever en gamme,
00:26:24exporter la French Touch et nos productions reconnues dans le domaine des AOP,
00:26:28des fromages, de la viticulture.
00:26:30Sauf qu'entre-temps, il y a eu la période du Covid.
00:26:33Il y a eu cette guerre en Ukraine qui a fait flamber les prix de l'énergie.
00:26:36Et il y a eu une inflation très conséquente pendant trois ans.
00:26:38Et en fait, ce qu'on se rend compte, c'est que le Français moyen,
00:26:41quand il mange son poulé du dimanche, il n'achète pas forcément le poulé haut de gamme,
00:26:45la Belle Rouge ou que sais-je.
00:26:47Mais les Français mangent de plus en plus de bouts de poulé en pièces détachées,
00:26:51dans du snacking, des pièces de poulé frits.
00:26:53Et ça, en fait, c'est des concurrents allemands, polonais ou autres qui les produisent davantage.
00:26:57Donc il y a un peu une dichotomie entre l'offre et la demande qui ne s'aligne pas forcément.
00:27:00Et après, comme ça a été expliqué, il y a aussi un facteur qui, lui, est conjoncturel.
00:27:04Très mauvaise récolte de blé en 2024.
00:27:07Donc c'est le blé qu'on vend en 2025.
00:27:10Donc peu de blé à vendre, des prix qui ne sont pas porteurs.
00:27:12Et aussi des brouilles diplomatiques, notamment avec l'Algérie.
00:27:15L'Algérie qui était le premier marché à l'export de la France,
00:27:18historiquement, depuis l'indépendance algérienne.
00:27:21Et du coup, la brouille entre les deux présidents a mené,
00:27:24l'Algérie a totalement fermé le marché aux céréales français.
00:27:27Donc il n'y a plus un grain de céréales qui est parti de Rouen pour aller à Alger.
00:27:30Et par contre, c'est la Russie qui a chopé tout le marché.
00:27:34Donc là où l'Algérie achetait chaque année tout son blé à la France,
00:27:37maintenant il l'achète aux Russes.
00:27:38Et c'est une dépendance qui est endémique de ce territoire du Maghreb
00:27:41parce qu'au Maghreb, on ne peut pas faire pousser du blé.
00:27:44Ils n'ont pas des terres aussi riches qu'on peut avoir en Russie ou chez nous.
00:27:47Donc on perd des marchés comme ça.
00:27:49Et après, au-delà de ça, évidemment qu'il y a une dimension de compétitivité.
00:27:53D'ailleurs, il y a un rapport tout récent du ministère de l'Agricure qui l'a démontré.
00:27:56Et là, en fait, on perd des parts de marché.
00:27:58Le Mercosur a beaucoup été pointé du doigt comme un épouvantail.
00:28:02C'est également le cas pour d'autres parts de marché.
00:28:04Aujourd'hui, on part de l'accord avec l'Australie, par exemple.
00:28:06La réalité, c'est que là où la France perd des parts de marché,
00:28:08c'est vis-à-vis de ses concurrents européens.
00:28:10Sur le sucre, on perd des parts de marché vis-à-vis de l'Allemagne.
00:28:13Sur le poulet ou d'autres productions, on perd des parts de marché vis-à-vis de la Pologne.
00:28:18Dans d'autres productions un peu plus haut de gamme, un des pays qui est très exportateur
00:28:22et qui a une puissance agricole et qui est frontalier de nous, c'est l'Italie.
00:28:26Donc la France est toujours la première puissance agricole.
00:28:28On a un territoire béni des dieux pour faire de l'agriculture.
00:28:31Une topographie magnifique et diverse.
00:28:33Mais aujourd'hui, on est en perte de vitesse.
00:28:35Et on est concurrencé par nos propres voisins.
00:28:37On est concurrencé par nos propres voisins.
00:28:39Et ce qui amène aussi au discours là où les agriculteurs aiment bien en appeler au bon sens.
00:28:43On est sur un marché commun, on est une puissance agricole commune.
00:28:46On ne peut pas se retransposer et ne pas avoir la même règle que nos voisins.
00:28:49C'est à mi-pris, dès la loi du Pôle, on est devenu le symbole.
00:28:51Mais c'est un racle-bol un peu plus global de regarder.
00:28:54On perd de la vitesse et on se fait doubler sur la gauche par nos concurrents directs
00:28:59qui sont censés être nos alliés.
00:29:00Théoriquement, on est dans l'Union européenne
00:29:02qui reste quand même la première puissance agricole mondiale.
00:29:05Patrick, où êtes-vous Patrick ?
00:29:07Bonsoir.
00:29:08Patrick, vous êtes céréalier, producteur de pommes de terre aussi,
00:29:12à Beauval, dans la Somme.
00:29:14Je précise que vous présidez la coordination rurale des Hauts-de-France.
00:29:17D'ailleurs, j'ai vu que la coordination rurale menaçait de boycotter l'inauguration du salon
00:29:20par Emmanuel Macron demain matin.
00:29:22Pour quelles raisons ?
00:29:24Déjà, je n'ai pas la même information.
00:29:28Vous, c'est la coordination rurale des Hauts-de-France ?
00:29:31Des Hauts-de-France, non.
00:29:32C'est la Confédération paysanne qui compte qu'à boycotter.
00:29:33Ah voilà, c'est la Confédération, pas la coordination.
00:29:37Donc vous, vous y serez demain matin ?
00:29:39Je n'y serai pas demain matin, mais j'y serai dans la semaine.
00:29:42Sur l'approche qui a été faite, elle est belle, elle est générale,
00:29:45elle est la même en fait depuis des années, pour ne pas dire des dizaines d'années.
00:29:49En ce qui concerne l'approche qu'on va avoir à la coordination rurale,
00:29:54on va dire qu'aujourd'hui, le contexte problématique n'est que politique.
00:29:58C'est dramatique, mais c'est la vérité.
00:30:01Aujourd'hui, si ça va mal au niveau des céréales, c'est parce qu'on importe plus qu'on exporte.
00:30:09Aujourd'hui, en Europe, on parle de nos exportations, mais on importe à peu près 30 millions de tonnes,
00:30:13c'est-à-dire la production de la France.
00:30:15Donc tout ce qui est enrobé, et ce qui est bien expliqué au niveau économique, c'est que politique.
00:30:21Lorsqu'on décide de bloquer les voitures chinoises, on met une taxe.
00:30:28Lorsque Trump décide de bloquer les vins français, il met une taxe.
00:30:33Nous, on est open bar.
00:30:35Nous, on est heureux d'importer parce qu'on est des mondialistes.
00:30:38Et donc ça, c'est une politique à la fois européenne, à la fois française,
00:30:43qui va faire mourir, pour ne pas dire autre chose, la majorité des agriculteurs.
00:30:47Mais on le sait.
00:30:48Donc demain, tout le monde va venir avec le sourire au salon.
00:30:51Tout le monde va dire qu'on a la plus belle agriculture.
00:30:55On va donner de l'espoir et on va parler d'agriculture pendant 8 jours,
00:30:58comme on le fait depuis 3 ans, avec le même discours de décision que l'on va prendre.
00:31:03Et bilan de l'opération, si je reviens l'année prochaine parce que je le fais depuis 3 ans,
00:31:07ça sera encore pire.
00:31:08Et vous me raconterez la même chose.
00:31:09Mais non, mais parce que là, aujourd'hui, c'est que les banques n'accompagnent plus l'agriculteur.
00:31:15Pour l'instant, elles accompagnaient l'agriculture.
00:31:17Mais aujourd'hui, quand vous importez 400% de sucre,
00:31:20quand vous importez 30% de céréales en plus de l'Ukraine, rien que l'Ukraine,
00:31:23quand vous importez 50% de maïs,
00:31:26tout le monde a l'excuse de dire qu'il faut aider l'Ukraine.
00:31:29Tout le monde a l'idée de vouloir vendre des voitures au Mercosur.
00:31:33Tout ça, c'est beau.
00:31:34Mais là, l'écologie, elle n'existe pas et on s'en fout.
00:31:36C'est-à-dire que le double langage, il n'est que politique.
00:31:40Vous avez devant vous un eurodéputé et une députée de l'Assemblée nationale.
00:31:44Profitez-en.
00:31:46Je pense qu'ils sont ici pour défendre une position qui est ou française ou européenne,
00:31:50mais qui ne dépend pas d'eux.
00:31:52Aujourd'hui, c'est Mme von der Leyen qui prend les décisions toute seule.
00:31:55Lorsqu'elle signe le Mercosur, on a fait, on a participé.
00:31:59J'ai participé avec Maitre Hazan pour bloquer avec la saisine,
00:32:03puisque je l'ai encore vue aujourd'hui.
00:32:04On fait des choses, mais aujourd'hui, même si on bloque le système rouleau-compresseur européen ou mondialiste,
00:32:11ça fait que la marchandise rentre quand même.
00:32:12Les gens disent « Ouais, vous avez gagné ».
00:32:14Mais non, on n'a pas gagné.
00:32:14La marchandise rentre.
00:32:16Donc aujourd'hui, je ne vais pas poser une question.
00:32:18La décision, c'est d'être mondialiste.
00:32:20Donc la partie est perdue, mais l'agriculteur ne veut pas mourir.
00:32:23Donc on va trouver des solutions.
00:32:24Alors Rémi ?
00:32:25Il y a juste une précision pour ne pas qu'il y ait de confusion.
00:32:28Si j'ai bien compris votre propos, vous dites qu'on importe des céréales.
00:32:30La France, c'est l'exportatrice nette de céréales.
00:32:34Elle exporte davantage de céréales.
00:32:35On parle de l'Europe.
00:32:36Ah, vous parlez de l'Union Européenne.
00:32:37Mais là, pour le coup, c'est que c'est l'agriculteur en France.
00:32:39On est en Europe.
00:32:40Mais juste la balance commerciale, les chiffres qu'on voit là, on parle de milliards d'euros.
00:32:44La France n'a pas produit moins de céréales.
00:32:46En 2025, on a fait une très bonne récolte de céréales,
00:32:48après une récolte qui était très mauvaise du fait des aléas climatiques.
00:32:50En 2024, à cause des inondations.
00:32:52Ce n'est pas une balance commerciale en volume.
00:32:54C'est de la valeur.
00:32:55C'est-à-dire que les prix mondiaux du céréales ne sont pas porteurs en ce moment.
00:32:59D'ailleurs, ils ne couvrent même pas le prix de production du blé en France.
00:33:02Ce qui fait qu'il y a une crise systémique au niveau des céréaliers.
00:33:05Et à l'inverse, le cacao ou le café, qu'on ne peut pas produire en France,
00:33:09lui, du fait des aléas climatiques, son cours a beaucoup monté.
00:33:12En fait, ça veut dire que ce qu'on importe est beaucoup plus cher
00:33:14et ce qu'on a l'habitude d'exporter a moins de valeur.
00:33:17C'est un million économique, mais pas forcément...
00:33:19Non, mais ça a moins de valeur et il y a moins de volume.
00:33:21Non, mais on ne peut pas dire qu'il y a le même volume.
00:33:23On a produit plus de céréales en 2025 qu'en 2024.
00:33:25Évidemment, parce que c'était une année catastrophique.
00:33:26Mais en 2024, malgré qu'on en ait produit 8 ou 9 millions de moins,
00:33:30on n'en a même pas vendu la même quantité parce qu'on en avait encore trop.
00:33:34Vous imaginez cette année, avec 9 millions de plus,
00:33:37on ne sait plus vendre puisqu'on importe plus.
00:33:40Et la solidarité européenne, demandez à qui ils achètent les Espagnols,
00:33:43demandez à qui ils achètent les Portugais,
00:33:45ils n'achètent pas en France.
00:33:46Donc nous, bonne pomme, on est solidaires avec tout le monde
00:33:49et les autres se protègent ou achètent au moins cher.
00:33:52Et on ne sait pas faire une production au prix mondial.
00:33:54Parce que les normes, là, les 400 000 normes,
00:33:56comme on vient de discuter, elles sont franco-françaises.
00:33:58Et ça, on va nous dire, mais on va les changer.
00:34:00Non, on fait des décrets, on fait des normes.
00:34:01Pour enlever les normes, il faut faire des lois.
00:34:03Ça, c'est toujours pareil.
00:34:04Donc pour faire, c'est facile.
00:34:06Pour défaire, c'est très compliqué.
00:34:07Vous entendez la colère de Patrick ?
00:34:09Oui, comme tu veux.
00:34:11Moi, ce que je voudrais revenir, c'est sur ce qu'il a dit.
00:34:14C'est qu'autant mon collègue que moi-même,
00:34:17on n'est pas là pour vous vendre quelque chose.
00:34:20On n'est pas là, enfin, on est tous les deux agriculteurs comme vous.
00:34:23On pourrait très bien être de l'autre côté de cette table.
00:34:25Aujourd'hui, on est dans deux assemblées différentes
00:34:28pour défendre l'agriculture telle qu'on la connaît nous,
00:34:31telle qu'on en a besoin.
00:34:33Enfin, le Mercosur, je pense qu'on ne peut pas faire plus que ce qu'on a fait.
00:34:38À l'Assemblée nationale, on a voté cinq fois contre.
00:34:41Cinq fois.
00:34:42Le Parlement a voté cinq fois contre le Mercosur.
00:34:44Qu'est-ce que vous voulez qu'on...
00:34:45Enfin, c'est quand même...
00:34:46Je ne pense pas que tout le monde a voté contre.
00:34:48Le vote était un anonyme.
00:34:49C'était un anonymité.
00:34:50C'était un anonymité.
00:34:52Les cinq fois, vous n'avez pas voté contre les cinq fois ensemble.
00:34:55Il y a encore très peu de temps, il y a quelques mois,
00:34:57les gens ne voulaient pas un Mercosur de cette manière.
00:35:00Mais ils voulaient un échange.
00:35:02Parce qu'il faut faire...
00:35:02Allez-y, Jérémy Dossard.
00:35:03Au niveau des alcools et des vins,
00:35:07ils sont favorables au Mercosur.
00:35:08Le problème des échanges,
00:35:10le problème des échanges,
00:35:11ils existent, le Mercosur existe depuis 20 ans.
00:35:13Le problème, c'est les taxes.
00:35:15Parce qu'aujourd'hui, on a dit non.
00:35:17Mais la marchandise, elle rentre.
00:35:18Au mois de novembre, on avait déjà dépassé les quotas de l'année dernière.
00:35:20Donc, il faut arrêter de prendre le consommateur, les agriculteurs,
00:35:23pour ce que je ne dirais pas.
00:35:25Alors, laissez Jérémy Dossard vous répondre.
00:35:28Ce n'est pas un monologue.
00:35:30Je sais ce que vous dites et ce que vous pensez.
00:35:32Vous l'avez dit.
00:35:34Ce que je veux dire, c'est qu'on peut partager tout ou partie du constat qui vient d'être
00:35:39fait.
00:35:40L'agriculture n'est pas dans une dynamique bonne.
00:35:44Elle ne l'est pas parce qu'effectivement, il y a des lois,
00:35:47il y a des réglementations qui ne lui permettent pas de l'être.
00:35:50Et donc, oui, politiquement, c'est de notre responsabilité, bien sûr avec la profession,
00:35:56de faire évoluer les choses.
00:35:57Et par contre, là où je suis moins d'accord sur la partie aussi constat,
00:36:03c'est qu'il n'y a pas rien de fait.
00:36:05Et ce qui s'est passé au Parlement européen, que le Parlement a voté la saisine,
00:36:10on peut dire tout est fait, ça se passait déjà avant, donc ça se passera quand même.
00:36:14Puis la vente d'Erleyen, elle fera ce qu'elle voudra.
00:36:16C'est pas tout à fait comme ça que ça se passe.
00:36:19C'est la première fois que le Parlement européen rejette un texte
00:36:23qui en plus a plus de 20 ans, que la Commission travaille.
00:36:27Ça veut dire que le Parlement européen a dit à la Commission
00:36:29« Là, nous, nous sommes pas prêts à voter le Mercosur ».
00:36:32La saisine, elle est toujours en cours.
00:36:34La saisine, de toute façon.
00:36:35Mais le commissaire européen, ce matin au commerce, disait
00:36:38« Il faut se préparer à ce que l'accord soit ratifié dans les prochains jours ».
00:36:42Mais, ben oui, ça…
00:36:44C'est vrai, hein ?
00:36:46Vous pouvez rigoler.
00:36:48Ben oui, on rigole, c'est comme quand on a dit qu'on vous…
00:36:50Ah, on reste courtois.
00:36:51On reste courtois.
00:36:52Mais rigolez.
00:36:53Si vous, ça vous fait rire la situation, faites-le.
00:36:56Moi, je m'en fiche.
00:36:57Ce que je vous explique, c'est que le Parlement européen s'est exprimé
00:37:00et que l'accord ne pourra pas être ratifié définitivement
00:37:04tant que le Parlement européen ne se sera pas exprimé.
00:37:08Donc, c'est quoi, c'est une provocation, ce matin, du commissaire européen au commerce ?
00:37:11Mais ce n'est pas une provocation.
00:37:12Ce qu'il a dit ce matin, c'est que l'Argentine et le Paraguay étaient prêts, eux, à ratifier.
00:37:18Ce qu'il faut, une fois qu'eux ont ratifié,
00:37:20il faut encore que la Commission prenne la décision
00:37:23de mettre en œuvre l'accord provisoirement.
00:37:25Et ça, pour l'instant, ce n'est encore pas décidé.
00:37:28Et si ça se fait, imaginez-vous quand même que le Parlement va être encore plus en colère
00:37:35et donc ne donnera pas sa voix contre rien du tout.
00:37:40Donc après, on ne peut pas à la fois demander aux politiques de faire des choses
00:37:44et à la fois dire que ça ne sert à rien
00:37:46parce que de toute façon, on roulera dessus comme si de rien n'était.
00:37:50Moi, en tout cas, le temps que je serai engagé,
00:37:53que ça plaise aux autres ou non,
00:37:55je me battrai pour faire entrer en de la voix des paysans,
00:37:58quoi qu'il en soit.
00:37:59Et on peut me critiquer sur mon engagement passé,
00:38:02sur mon engagement actuel.
00:38:05Je défendrai ce qui me semble être le meilleur pour les paysans.
00:38:09Je n'ai aucune raison de faire l'inverse.
00:38:11Et si, par contre, nous-mêmes, en tant que paysans,
00:38:14on se décourage en disant
00:38:16« Van der Leyen, elle fera ce qu'elle voudra »,
00:38:18ça ne sert à rien qu'on envoie des gens, des agriculteurs,
00:38:22dans des instances où il se prend des décisions.
00:38:25Déjà que tout seul, on a du mal à faire bouger les choses.
00:38:29– Mais d'autant que vous, je le disais au début de l'émission,
00:38:31vous êtes vous-même éleveur de charolaise.
00:38:33Donc le bœuf argentin, le bœuf brésilien,
00:38:37c'est des morceaux qui vous font peur.
00:38:39– Et pour le coup, il faut justement trouver l'argumentaire le meilleur
00:38:43pour faire comprendre à la commission qu'elle se plante.
00:38:46Et puis il y a d'autres pays aussi qui se plantent.
00:38:48Parce que souvent, on nous rapporte le fait
00:38:49que ce n'est pas des tonnages très, très volumineux
00:38:52qui vont arriver.
00:38:53Mais on s'en fiche.
00:38:55Ce qu'on veut, nous, c'est que les agricultrices
00:38:57et les agriculteurs et les consommateurs,
00:38:59comme l'a dit M. Legras, soient respectés.
00:39:01On a demandé aux agricultrices et aux agriculteurs européens
00:39:05pendant ces 25 dernières années
00:39:06de faire l'agriculture la plus belle du monde.
00:39:09Et on voudrait dire, la même commission
00:39:11qui impose ces règles aux agriculteurs,
00:39:14voudrait dire aujourd'hui,
00:39:15c'est pas grave s'ils rendent quelques tonnes de viande
00:39:18qui n'est pas bonne ou quelques tonnes de serrées.
00:39:20– Je voulais vous soumettre ce que disait ce matin
00:39:22le patron de Super U, Dominique Schellcher.
00:39:25Dominique Schellcher, le patron de Super U,
00:39:26s'est engagé ce matin à ne pas commercialiser
00:39:28dans ses magasins de produits du Mercosur
00:39:30s'il existe un équivalent en France.
00:39:33– C'est une bonne chose.
00:39:34Les choses avancent.
00:39:36– Il faut clarifier le fait que les produits du Mercosur,
00:39:40la viande brésilienne,
00:39:41elle est déjà consommée par des consommateurs français ou européens.
00:39:44Elle rentre déjà sur notre sol.
00:39:45Le Mercosur est le premier exportateur de viande
00:39:48vers l'Union européenne.
00:39:49Là, le sujet, c'est le fait qu'il y ait des contingents
00:39:51qui vont être totalement détaxés,
00:39:52donc qui vont favoriser les échanges
00:39:55et vont faire l'abaissement des droits de douane,
00:39:57va faire qu'il y a davantage de marchandises qui vont arriver.
00:39:59Mais du boeuf brésilien,
00:40:01vous en avez peut-être probablement tous mangé ici
00:40:03sans le savoir dans un restaurant, en fait.
00:40:04On en mange déjà.
00:40:06– Si on en mange au restaurant,
00:40:08la provenance de la viande est censée être précisée.
00:40:10– Oui, mais elle est censée être précisée.
00:40:12– Donc on consent à manger cette viande-là.
00:40:15Je pense qu'il y a une vraie crainte aussi des consommateurs
00:40:17de devoir, en quelque sorte, manger une viande
00:40:19sans en connaître exactement la provenance.
00:40:21C'était aussi ça l'inquiétude.
00:40:22– Que ce soit du pouet ou du boeuf originaire d'Amérique latine,
00:40:25il se trouve déjà sur le socle des 27.
00:40:27– François, où êtes-vous, François ?
00:40:30François, vous êtes céréalié en Vendée.
00:40:32Vous serez au Salon de l'Agriculture.
00:40:34Vous serez sur un stand que tous ceux
00:40:36qui sont déjà allés au Salon de l'Agriculture connaissent,
00:40:38puisque c'est vous qui avez l'énorme moissonneuse batteuse
00:40:40dans laquelle les enfants peuvent monter.
00:40:42Vous l'avez, c'est bon, en tête,
00:40:44cette image de cette moissonneuse batteuse géante.
00:40:46C'est important pour vous d'être au Salon ?
00:40:49– Oui, c'est très important,
00:40:50parce que moi, je viens pour deux raisons essentielles.
00:40:53Donc, effectivement, c'est d'être sur le stand d'InterCéréales,
00:40:56dans le hall 4,
00:40:58qui va donc parler de tout ce qui est filière agricole
00:41:02concernant les céréales,
00:41:04donc le blé, le blé tendre, le blé dur,
00:41:07le maïs et toutes les céréales.
00:41:09Et ce qui est bien avec ce stand,
00:41:11c'est qu'on montre du grain jusqu'à la transformation.
00:41:14Donc, c'est vraiment la filière de toute l'interprofession
00:41:17qui est présente sur le stand.
00:41:20Alors, la moissonneuse batteuse,
00:41:22évidemment, c'est un appel,
00:41:23parce que c'est un engin qui est un petit peu emblématique,
00:41:27qui fait rêver un peu tout le monde.
00:41:28Donc, il y a beaucoup de monde
00:41:30qui veulent monter dans la moissonneuse batteuse.
00:41:32– C'est vous les géris, en fait, du Salon cette année ?
00:41:34– En fait, cette année, ça va être ça, en fait.
00:41:36Mais, non, non, évidemment, il y a tout le monde.
00:41:39Mais, donc là, on parle de tout ce qui est transformation,
00:41:42de tout ce qui est production.
00:41:43Donc, ça, c'est la moissonneuse batteuse.
00:41:45En même temps, on a aussi un site,
00:41:47le moissonneuse.fr,
00:41:48où on invite les gens à venir nous voir
00:41:50quand on fait la moisson.
00:41:52Et par expérience, j'ai pu avoir aussi
00:41:54plusieurs personnes dans l'entourage,
00:41:56en fait, dans la région,
00:41:57qui viennent, qui parlent de ce site-là.
00:41:59– Et qui ont le droit de venir
00:42:00dans la moissonneuse batteuse avec vous
00:42:02pendant la moisson ?
00:42:03Pourquoi vous faites ça ?
00:42:04– Parce que c'est un moment privilégié,
00:42:06au moment des récoltes,
00:42:06où, nous, c'est important.
00:42:08C'est notre moment important
00:42:09où, après plusieurs mois,
00:42:11on récolte notre travail.
00:42:14Et ça permet d'expliquer la culture
00:42:17de ce qu'on fait en toute transparence
00:42:19et dans la bienveillance.
00:42:20Donc, ça, c'est un des points
00:42:22qui sera important sur le site,
00:42:23sur le stand d'InterCéréales.
00:42:25Et il y a aussi une autre nouveauté cette année.
00:42:27C'est un jeu qui s'appelle Céréales Mania,
00:42:29où, en fait, les gens vont pouvoir
00:42:31s'asseoir au volant d'un tracteur.
00:42:33Ils seront deux.
00:42:34Et il y a un petit jeu, en fait,
00:42:35qui va se passer pour découvrir
00:42:36toute la production agricole de céréales.
00:42:40– Ça vous fait du bien de venir au salon ?
00:42:42De quitter votre exploitation ?
00:42:44– Pour remettre un petit peu le sujet
00:42:44par rapport au salon,
00:42:46oui, ça me fait du bien
00:42:47parce que c'est un moment privilégié
00:42:49où on échange avec le grand public.
00:42:50Donc, c'est la raison pour laquelle,
00:42:52c'est la numéro un pour laquelle je viens,
00:42:54parce qu'on explique notre métier.
00:42:56Et je trouve que c'est dommage
00:42:57qu'il y a beaucoup trop de gens
00:42:58qui en parlent toute l'année à notre place
00:42:59qui y savent, semble-t-il,
00:43:01mais en fait, qui ne savent pas.
00:43:02Donc, c'est vraiment là
00:43:03un moment privilégié qu'on doit saisir.
00:43:05Je suis aussi sur un autre stand
00:43:07d'Agri Demain
00:43:07où on est plusieurs 350 ambassadeurs
00:43:10sur toutes les productions
00:43:12où on vient aussi parler de nos productions.
00:43:15On les met avec les chefs Eurotoc,
00:43:17on les cuisine, on fait des tables d'hôtes.
00:43:19Mais c'est aussi la deuxième raison
00:43:23pour laquelle je viens.
00:43:24Et c'est vraiment d'être dans les allées
00:43:26et de voir les politiques.
00:43:28Parce qu'en fait, on l'a vu,
00:43:29on est dans une situation catastrophique.
00:43:32Les chiffres qui ont été présentés tout à l'heure
00:43:35montrent que l'agriculture,
00:43:36elle est en train de disparaître.
00:43:38L'agriculture française est en train de disparaître.
00:43:39Donc, la deuxième mission que je me donne,
00:43:42en tout cas, pendant cette semaine-là,
00:43:44c'est d'expliquer aux politiques
00:43:46ce qu'il faut faire.
00:43:47Parce qu'en fait, le constat...
00:43:49Non, mais j'en ai un petit peu marre,
00:43:50en fait, que le constat...
00:43:51On le fait tous pendant huit jours.
00:43:53On est hyper content.
00:43:54Et après, vous retournez à la ferme.
00:43:55Pour faire le constat, ça va mal.
00:43:58Donc, voilà.
00:43:58Maintenant, il faut absolument trouver
00:44:00des solutions, proposer des solutions.
00:44:02Et cet enjeu, cette année,
00:44:03il est un peu particulier
00:44:04parce qu'on est à 14 mois des présidentielles.
00:44:06On sait qu'il ne va pas se passer grand-chose,
00:44:07malheureusement,
00:44:08d'ici les présidentielles.
00:44:10Donc, c'est déjà de sensibiliser
00:44:11un maximum de politiques,
00:44:14de construire des programmes
00:44:15qui vont nous sortir de cette impasse.
00:44:17Parce que...
00:44:18Regardez, vous avez face à vous
00:44:19un eurodéputé et une députée ?
00:44:21Oui.
00:44:21Vous pouvez déjà les interroger.
00:44:22Pas besoin d'attendre demain.
00:44:23Donc, effectivement,
00:44:24c'est vraiment d'entendre
00:44:26ce cri d'alarme
00:44:28parce que les chiffres parlent d'eux-mêmes.
00:44:29On n'est plus de dire
00:44:30on va aller dans le mur.
00:44:31On y est dans le mur.
00:44:32Donc, maintenant, il faut se ressaisir.
00:44:34Il faut absolument que ça s'arrête.
00:44:35Il faut redonner le mot produire.
00:44:38Il faut qu'il revienne
00:44:39vraiment dans les programmes
00:44:41avec des plans d'action
00:44:43parce qu'on va se faire bouffer partout
00:44:45et c'est évident
00:44:46qu'on ne va pas s'en sortir.
00:44:47On a eu la même chose sur l'énergie.
00:44:49On a eu la même chose sur l'industrie.
00:44:51Je peux vous demander
00:44:51si aujourd'hui, vous arrivez
00:44:52à vous dégager un salaire ?
00:44:53Ah ben non.
00:44:54En ce moment,
00:44:54les céréaliers,
00:44:55ça fait deux ans qu'on perd de l'argent.
00:44:57Notre revenu, il est simple.
00:44:58C'est rendement
00:44:59multiplié par prix, moins charge.
00:45:01Donc, on sait tous
00:45:02que les charges ont augmenté.
00:45:03Alors, le Covid, l'Ukraine
00:45:05ont fait des explosions.
00:45:07Ça a rebaissé un petit peu l'énergie
00:45:08mais en fait, ça a resté en augmentation.
00:45:11Les assurances, les intrants,
00:45:13le matériel, les réparations,
00:45:14tout est resté charge.
00:45:16Rendement, le rendement,
00:45:17il est lié à principalement deux facteurs.
00:45:20Un, c'est le climat.
00:45:21Alors là, on n'y peut pas grand-chose
00:45:23mais en tout cas, on s'adapte.
00:45:24Et la deuxième chose,
00:45:25c'est les moyens de production.
00:45:26Et c'est là où je me tourne
00:45:27vers les politiques
00:45:27parce qu'on nous tire
00:45:29des balles dans le pied,
00:45:29on se tire des balles dans le pied
00:45:30en limitant nos moyens de production
00:45:33tout le temps,
00:45:34quelles que soient les productions.
00:45:35Quelle question vous voulez
00:45:36leur poser précisément ?
00:45:37C'est de dire que maintenant,
00:45:38il faut réfléchir,
00:45:39il faut remettre de la valeur ajoutée,
00:45:41remettre de la production et tout ça.
00:45:43Et moi, je pense que...
00:45:45Qu'est-ce que vous pensez ?
00:45:45De dire, on fait une page blanche,
00:45:47c'est-à-dire qu'on fait
00:45:48un reset de tout ça
00:45:49parce qu'en fait,
00:45:50on fait des pansements.
00:45:51Non mais, on fait des pansements.
00:45:52D'accord ?
00:45:53Donc les pansements,
00:45:53aujourd'hui, on voit
00:45:54que ça ne fonctionne pas.
00:45:55Il faut changer la stratégie
00:45:56parce qu'on met des pansements
00:45:59et ça ne va pas.
00:46:00Donc, il faut que ça s'arrête
00:46:02parce qu'il y a urgence.
00:46:03Donc, on ne dégage pas de salaire
00:46:05et je finis rendement par prix.
00:46:07Et le prix, il est mondial.
00:46:08On n'y peut pas grand-chose,
00:46:09malgré tout.
00:46:10Et donc, ça veut dire
00:46:11qu'on ne peut pas
00:46:12se dégager de salaire.
00:46:12Donc, c'est vraiment, aujourd'hui,
00:46:14donnez-nous au moins
00:46:15les moyens de production.
00:46:17Arrêtons de transposer,
00:46:18de sur-transposer en France
00:46:20au nom de dire
00:46:20oui, on va être suivi
00:46:21par les autres pays.
00:46:22Mais les autres pays,
00:46:23ils rigolent
00:46:23parce qu'à un moment donné,
00:46:24ils disent, c'est bon,
00:46:25ils se tirent des balles dans le pied.
00:46:26Pendant ce temps,
00:46:26on va produire.
00:46:27Et ce que je ne comprends pas,
00:46:28c'est pourquoi, par exemple,
00:46:29on ne soutient pas
00:46:31la loi transpartisane
00:46:33sur l'acétamipride,
00:46:34notamment, pour ne pas citer,
00:46:36tout le monde devrait être d'accord
00:46:37aujourd'hui pour dire
00:46:38qu'il faut qu'on remette
00:46:39pour sauver les filières,
00:46:41pour sauver ces filières
00:46:42de noisettes, de sucre,
00:46:43pour dire maintenant...
00:46:44Marie-Josée Allemand,
00:46:45est-ce que vous voulez lui répondre ?
00:46:46Parce qu'après,
00:46:46il faut qu'on entende aussi
00:46:47vos camarades.
00:46:48C'est qu'il faut partir
00:46:49d'une page blanche.
00:46:50On garde ce qui est bon,
00:46:51ce qui n'est pas bon.
00:46:52On arrête de transposer,
00:46:53de simplifier,
00:46:54parce qu'en plus on simplifie,
00:46:55plus on complexifie.
00:46:58Et c'est systématique.
00:47:00Chaque fois qu'on fait
00:47:01une loi de simplification,
00:47:02c'est encore plus compliqué derrière.
00:47:04Donc, on prend ce qu'on a
00:47:05et on essaye de réécrire
00:47:07les choses
00:47:07comme elles doivent être écrites.
00:47:08et si possible,
00:47:09en tenant compte
00:47:10des professionnels,
00:47:11de ce que nous,
00:47:12on a à dire.
00:47:13Enfin, nous.
00:47:15Nous, on a à dire.
00:47:16Parce que, enfin,
00:47:16autant toi que moi,
00:47:18moi je ne suis pas
00:47:19à l'Assemblée nationale.
00:47:21Déjà, je suis aux lois,
00:47:22je n'ai pas voulu aller
00:47:22en agriculture.
00:47:24Mais on n'est pas là.
00:47:26On est là pour expliquer
00:47:27à nos collègues
00:47:28comment ça marche.
00:47:30Parce qu'en fait,
00:47:31ils ne savent pas
00:47:32comment ça marche.
00:47:33On a toujours le symbole
00:47:35de la brique de lait
00:47:35dessinée par les enfants.
00:47:37Voilà.
00:47:37On est là pour expliquer
00:47:38comment ça marche
00:47:39et ce que
00:47:41on doit essayer de faire.
00:47:43Je dis bien
00:47:43on doit essayer de faire.
00:47:45Parce que
00:47:46leur dire
00:47:47il faut faire,
00:47:47ça ne marche pas.
00:47:48Donc, ce que l'on doit
00:47:49essayer de faire.
00:47:50Et c'est...
00:47:50Enfin, moi je me bats
00:47:52tous les jours
00:47:52et mercredi,
00:47:53j'emmènerai une délégation
00:47:55de députés,
00:47:55non pas pour aller faire
00:47:56le tour des syndicats,
00:47:58des...
00:47:58Enfin, tout ce qu'on veut,
00:47:59mais pour leur expliquer
00:48:00comment l'élevage,
00:48:02comment ça marche.
00:48:03ce n'est pas juste
00:48:05des bêtes dans une étable
00:48:06et hop, on y va.
00:48:08Non, ce n'est pas du tout ça.
00:48:09Ce n'est pas comme ça.
00:48:10Effectivement,
00:48:10on a beaucoup trop de choses
00:48:11aujourd'hui qui nous sont imposées
00:48:12par des gens qui ne connaissent pas.
00:48:13Ils ne connaisseraient.
00:48:14Mais non, il faut fixer un cap.
00:48:16On fixe un cap.
00:48:16Voilà où on veut aller
00:48:17avec l'agriculture.
00:48:19Et derrière tout ça,
00:48:19eh bien, on fait tout ce qu'il faut
00:48:20pour y aller,
00:48:21mais qu'on nous laisse tranquilles
00:48:22parce que nous,
00:48:23on sait ce qu'il faut faire.
00:48:24On sait ce qu'il faut faire.
00:48:25Ce n'est pas nouveau
00:48:26dans la situation dans laquelle on est.
00:48:27On est un grand nombre
00:48:28à le dire depuis plusieurs années.
00:48:30On va dans le mur.
00:48:31Donc, on y est.
00:48:31Donc, c'est à un moment donné,
00:48:32il faut absolument dire
00:48:33on fixe ce cap
00:48:34et on nous laisse faire.
00:48:35Nous, on a le bon sens.
00:48:36On sait ce qu'il faut faire.
00:48:37Il faut, évidemment,
00:48:38il faut l'encadrer.
00:48:39Alors, François,
00:48:39vous allez donner le micro
00:48:40à Gaspard
00:48:41qui bouillonne depuis tout à l'heure.
00:48:43Gaspard,
00:48:45bonsoir Gaspard.
00:48:46Vous êtes maraîcher
00:48:47à Rambouillet
00:48:48dans les Yvelines,
00:48:48c'est cela ?
00:48:49Oui, oui, effectivement.
00:48:50Je précise que vous êtes
00:48:51à la Confédération Paysanne,
00:48:52c'est cela ?
00:48:53Vous cultivez quoi ?
00:48:55100% bio ?
00:48:56Oui, en bio.
00:48:58100% bio.
00:48:59Donc, la Confédération Paysanne
00:49:01appelle à un boycott
00:49:02de l'inauguration
00:49:03par Emmanuel Macron
00:49:04demain matin ?
00:49:04Ce n'est pas qu'elle appelle
00:49:05à un boycott,
00:49:05c'est qu'elle ne se rendra pas
00:49:06au petit déjeuner
00:49:07de l'ouverture du salon
00:49:08avec le président Macron
00:49:10étant extrêmement critique
00:49:11à l'égard des réponses
00:49:12qui sont apportées
00:49:13à la crise agricole actuelle.
00:49:16Vous êtes en 100% bio.
00:49:18Aujourd'hui,
00:49:18est-ce que vous avez droit
00:49:19à des aides ?
00:49:19De manière générale,
00:49:20il n'y a pas vraiment
00:49:20de 100% bio.
00:49:21Soit on est en bio,
00:49:22soit on est en chimique.
00:49:23De quelles aides bénéficiez-vous
00:49:25aujourd'hui ?
00:49:25Je n'ai pas tout à coup.
00:49:27On peut avoir une partie
00:49:28de son exploitation
00:49:28en bio et en conventionnel.
00:49:30C'est extrêmement minoritaire.
00:49:32Ça existe.
00:49:33Vous avez face à vous
00:49:34des élus.
00:49:34Vous avez l'occasion
00:49:35de les interpeller.
00:49:36Profitez-en,
00:49:37vous avez la parole.
00:49:38C'est génial,
00:49:38je vous remercie beaucoup
00:49:39de la donnée.
00:49:41L'état des lieux
00:49:42qui a été fait
00:49:43est assez juste.
00:49:44On voit bien,
00:49:45on a perdu,
00:49:47on arrive en dessous
00:49:49des 300 000 exploitations
00:49:51aujourd'hui,
00:49:52alors qu'il y en avait
00:49:52plus d'un million
00:49:53dans les années 90.
00:49:55Le cours des céréales
00:49:56est en berne
00:49:56comme ce n'est pas possible.
00:49:57Mes collègues
00:50:00ne couvrent même pas
00:50:02les prix de production.
00:50:05Donc,
00:50:05il y a un constat
00:50:07qui est clair
00:50:07et qui est partagé
00:50:08par tous.
00:50:09Ensuite,
00:50:10il y a plein de façons
00:50:11d'y répondre.
00:50:13C'est sûr,
00:50:13sur le Mercosur,
00:50:14je crois qu'on ne va pas
00:50:15pouvoir dire grand-chose
00:50:15de plus.
00:50:16Ça vous échappe
00:50:16autant qu'à nous.
00:50:18Ça nous échappe à tous.
00:50:19Et effectivement,
00:50:19nos vies nous échappent,
00:50:21nos métiers nous échappent.
00:50:23le Mercosur
00:50:24va faire rentrer
00:50:26des denrées alimentaires
00:50:27et des denrées agricoles
00:50:29à prix bien inférieurs
00:50:32du fait des conditions
00:50:33de production,
00:50:34du fait
00:50:36des coûts salariaux
00:50:37de l'hémisphère sud
00:50:40de l'Amérique du Sud.
00:50:42On l'a vu avec
00:50:42l'agneau de Nouvelle-Zélande,
00:50:44par exemple,
00:50:44du jour au lendemain,
00:50:45le prix de l'agneau
00:50:46a été divisé par deux.
00:50:47Bon, on sait à quoi
00:50:48conduisent les traités
00:50:49de libre-échange.
00:50:50Donc, on est en train
00:50:51d'exporter des services
00:50:52et des biens industriels
00:50:56contre le deuil annoncé
00:50:57de notre agriculture.
00:50:59Clairement.
00:51:00Donc, grosso modo,
00:51:01tout le monde est
00:51:01contre le Mercosur.
00:51:02Aujourd'hui,
00:51:03sachant que le discours
00:51:04a été quand même
00:51:05très hypocrite auparavant
00:51:07et tous ne sont pas perdants
00:51:09parce qu'effectivement,
00:51:10quelques productions
00:51:11vont être favorisées
00:51:12par le Mercosur.
00:51:15Par contre,
00:51:16il y a dans les autres dossiers
00:51:17qu'on vit aujourd'hui,
00:51:19mon confrère parle
00:51:20de l'acétamipride
00:51:20et là,
00:51:21je suis obligé de répondre.
00:51:22On a une loi Duplomb
00:51:23qui avait pointé son nez
00:51:24il y a quelques mois
00:51:25qui a publié
00:51:26une pétition
00:51:29de 2 millions
00:51:29de signatures
00:51:30signées sur le site
00:51:32de l'Assemblée nationale
00:51:32en IAE
00:51:34avec...
00:51:36Oui, ceci dit,
00:51:37trouver des pétitions
00:51:38qui soient aussi contraignantes
00:51:40pour être signées
00:51:41qui soient manipulées
00:51:43de quoi ?
00:51:43Enfin, c'est les citoyens
00:51:44qui...
00:51:45Bon, on parlera plus tard, monsieur.
00:51:47En tout cas,
00:51:48l'acétamipride,
00:51:49on sait bien pourquoi
00:51:50les néonicotinoïdes
00:51:52au prix d'une longue lutte
00:51:55de constats scientifiques
00:51:56absolument écrasants
00:52:00de pertes de biodiversité,
00:52:02d'effondrement total
00:52:04des populations d'insectes,
00:52:05on avait réussi
00:52:06à le retirer.
00:52:07Aujourd'hui,
00:52:07l'acétamipride,
00:52:08il est utilisé sur quoi ?
00:52:09Sur les betteraves.
00:52:09Je lis l'agraphile d'aujourd'hui.
00:52:11Je ne suis pas en train
00:52:11de mentir.
00:52:12L'agraphile,
00:52:12vous le lisez tous.
00:52:14Agraphile,
00:52:14donc, on a...
00:52:16Pour les téléspectateurs
00:52:17qui ne lisent pas l'agraphile...
00:52:18donc, c'est un fil agricole,
00:52:21c'est genre l'AFP agricole,
00:52:22quoi.
00:52:23Donc, une étude de l'INRA
00:52:25qui dit que
00:52:27le sang-pesticide
00:52:28est tout à fait viable
00:52:29économiquement.
00:52:30Une étude...
00:52:31Lisez l'agraphile,
00:52:32vous ne l'avez pas lu.
00:52:33Là, je l'ai là,
00:52:34si vous voulez,
00:52:34on regardera ça ensemble.
00:52:36L'INRA,
00:52:37attendez, excusez-moi,
00:52:37vous aviez le micro
00:52:38pendant des plombes,
00:52:39ça va répondre.
00:52:40Sophisme,
00:52:41ça s'appelle du sophisme.
00:52:42Oui, oui, oui,
00:52:43sophisme.
00:52:43Lisez l'agraphile.
00:52:45Ensuite,
00:52:46les noisettes.
00:52:47La sienne aussi.
00:52:48Je vais être comme lui, moi.
00:52:49J'ai couru depuis ce matin
00:52:50pour être là.
00:52:51Il reste 5 minutes.
00:52:52On va être 15 à pas pour...
00:52:53Oui, oui, oui,
00:52:53mais j'ai presque fini,
00:52:54monsieur,
00:52:54si vous ne me coupez pas.
00:52:56Sur les betteraves,
00:52:57on sait que l'année 2025
00:52:58a été record
00:52:59et que dans l'agraphile,
00:53:01Saint-Louis-Sucre
00:53:02dit qu'il n'y a pas eu
00:53:04de problème
00:53:04avec la jaunisse
00:53:06et on rétablit un truc,
00:53:08l'acétamipride
00:53:09qui re-rende par la fenêtre,
00:53:11là,
00:53:11avec la loi du plan 2.
00:53:13Qu'est-ce qu'on veut ?
00:53:14Donc, entre le Mercosur
00:53:18et une loi du plan 2,
00:53:20non,
00:53:20les réponses
00:53:21qui sont offertes
00:53:21pour enrayer
00:53:24le déclin
00:53:25de l'agriculture française
00:53:26ne sont absolument
00:53:27pas mises en œuvre
00:53:28et ça manque
00:53:29grandement d'intelligence.
00:53:30Maintenant,
00:53:31si vous voulez éructer,
00:53:32monsieur,
00:53:32allez-y.
00:53:33Alors, Hervé,
00:53:34prenez le micro, Hervé.
00:53:36Prenez un micro, Hervé.
00:53:42Prenez un micro.
00:53:43On se parle,
00:53:45on se respecte,
00:53:46on reste cordial.
00:53:47Vous êtes un ancien éleveur bovin,
00:53:49c'est ça ?
00:53:50Vous avez arrêté quand ?
00:53:51J'ai arrêté les bovins en 2017
00:53:54et mon métier en 2020.
00:53:55Qui a repris votre exploitation ?
00:53:58Ce n'est pas un de mes enfants
00:53:59parce qu'ils sont partis
00:54:00dans d'autres métiers,
00:54:01non pas dégoûtés d'une autre
00:54:02parce que chez nous,
00:54:03on n'est jamais dégoûtés.
00:54:04C'est leur meilleur ami
00:54:05qui a pris la ferme,
00:54:06qui fait des céréales
00:54:07et qui s'en sort bien.
00:54:08Moi, j'entends
00:54:09que des gens chouiner
00:54:10depuis tout à l'heure.
00:54:11L'agriculture française
00:54:13vit peut-être des difficultés
00:54:14mais c'est d'abord
00:54:15en comptant sur nous-mêmes
00:54:16qu'on s'en sortira
00:54:16et c'est d'abord en faisant.
00:54:18J'ai vu tout à l'heure
00:54:18un éleveur
00:54:19qui est au salon
00:54:20qui a parlé.
00:54:20En 2010,
00:54:21il était là
00:54:21avec six animaux,
00:54:23six moutons.
00:54:25Tous les autres moutons
00:54:26qui étaient chez lui
00:54:26sont tous morts
00:54:27parce qu'on s'est retroussé
00:54:28les manches
00:54:28chez nous en Vendée.
00:54:29Le syndicalisme
00:54:30de l'IFN,
00:54:30soit élevé
00:54:31à s'est retroussé
00:54:32les manches,
00:54:32on a reconstruit
00:54:33sur tout bout.
00:54:33Il y avait 10 000 hectares
00:54:34d'inondés
00:54:35par la topette Zintia
00:54:36parce qu'on s'est retroussé
00:54:37les manches,
00:54:38on a réussi
00:54:39à reprendre le dessus.
00:54:40Il y a deux ans,
00:54:41on a eu trois ans,
00:54:42on a eu la clé pavière
00:54:43qui est venue chez nous.
00:54:44On a eu les mêmes problèmes
00:54:45que vous avez eus
00:54:46en Savoie
00:54:47avec l'administration.
00:54:48On s'est retroussé
00:54:49les manches,
00:54:49on a trouvé des solutions.
00:54:50On n'a compté
00:54:51sur personne d'autre
00:54:51que sur nous
00:54:52pour le faire.
00:54:53C'est d'abord
00:54:53en comptant sur nous,
00:55:00on arrive à s'en sortir.
00:55:01Ce n'est pas un chouinant
00:55:02et si je dois passer un message,
00:55:03c'est le seul
00:55:04que je veux passer,
00:55:05c'est tout.
00:55:05J'étais venu là
00:55:06pour autre chose
00:55:06mais c'est ce qui compte d'abord.
00:55:07C'est en se retroussant les manches.
00:55:09Nos élus,
00:55:10ils sont là
00:55:10pour travailler avec nous
00:55:11mais ils ne feront pas,
00:55:13on ne peut pas compter sur eux
00:55:15si nous,
00:55:15on ne fait pas le boulot.
00:55:17Jérémy Dosserl.
00:55:18Je ne peux que
00:55:20acquiescer
00:55:20ce qui vient d'être dit.
00:55:21Bien sûr qu'il y a
00:55:23des revendications
00:55:24qui sont posées
00:55:25qui sont bonnes.
00:55:26Il faut que nous,
00:55:27on continue de les entendre
00:55:28et qu'on s'en serve
00:55:29pour aussi aller convaincre.
00:55:31Ça a été dit tout à l'heure.
00:55:32Nous,
00:55:32notre boulot,
00:55:33c'est aussi de convaincre
00:55:34nos collègues parlementaires
00:55:35qui justement
00:55:36ne maîtrisent pas le sujet.
00:55:37Par contre,
00:55:38encore une fois,
00:55:38moi je me permets de le dire,
00:55:40quand vous dites
00:55:41c'est soit on est 100% bio
00:55:43soit on est chimique,
00:55:44je suis désolé.
00:55:46Quand vous dites ça,
00:55:47vous avez...
00:55:48Non,
00:55:49mais bon,
00:55:50d'accord.
00:55:50Enfin bref.
00:55:51Il faut parler dans un micro.
00:55:52D'accord,
00:55:52ok.
00:55:53Je ne crois qu'il y a un litige là-dessus.
00:55:55D'accord,
00:55:56ce que je veux dire,
00:55:56c'est qu'en tout cas,
00:55:58la manière d'appréhender
00:55:59la situation
00:56:00en disant
00:56:01voilà,
00:56:02on veut rentrer
00:56:03l'acétamipride
00:56:04par la fenêtre
00:56:04ou je ne sais pas quoi.
00:56:05En fait,
00:56:05la problématique
00:56:06sur ce sujet-là,
00:56:07c'est qu'il y a 26 pays européens
00:56:09qui autorisent
00:56:10et l'EFSA,
00:56:11l'agence européenne,
00:56:13considère,
00:56:14donc on peut dire
00:56:15qu'il y a 40 000 études
00:56:16ou 50 000
00:56:17ou trouvez-en des millions
00:56:18si vous voulez,
00:56:19l'EFSA,
00:56:20l'agence européenne de santé,
00:56:21dit qu'il n'y a pas de danger
00:56:23et c'est là-dessus
00:56:24que se réfèrent
00:56:25les 26 autres pays.
00:56:26Donc nous,
00:56:27on va être les dindons
00:56:28de la farce
00:56:28à dire
00:56:29on ne le fait pas.
00:56:30Bon ben,
00:56:30c'est juste ça
00:56:31qu'il faut réfléchir
00:56:32et le problème
00:56:33qu'on a en France,
00:56:34c'est qu'on donne
00:56:36la main
00:56:36à des députés,
00:56:37ça a été évoqué,
00:56:38à des parlementaires
00:56:39qui ne connaissent pas
00:56:40le sujet,
00:56:41c'est pas aux parlementaires
00:56:42de décider
00:56:43si c'est bien ou pas
00:56:44l'acétamipride,
00:56:45c'est aux scientifiques
00:56:46et donc du coup,
00:56:47après,
00:56:48on doit se faire une idée.
00:56:49Bien sûr que les parlementaires
00:56:51doivent donner
00:56:51une orientation
00:56:52et faire attention
00:56:53mais sécuriser le pays,
00:56:55sécuriser les consommateurs,
00:56:56je crois qu'il faut arrêter
00:56:58d'en demander trop
00:56:59aux agriculteurs.
00:57:00On le fait.
00:57:01Si la durée de vie
00:57:02a augmenté
00:57:03ces dernières années,
00:57:04l'espérance de vie
00:57:05a augmenté,
00:57:06c'est aussi grâce
00:57:06à l'agriculture
00:57:07parce qu'on fait
00:57:08des produits plus sains.
00:57:09Donc,
00:57:09à toujours vouloir
00:57:11montrer du doigt
00:57:12le secteur agricole
00:57:13et c'est ce que vous
00:57:14ne voulez justement
00:57:15pas faire ce soir,
00:57:16eh bien,
00:57:17on le rend plus faible.
00:57:19Donc,
00:57:19si dans nos rangs,
00:57:20on est effectivement
00:57:23en permanence
00:57:23en train de se reposer
00:57:25sur nos lauriers
00:57:26et de se lamenter
00:57:27sur notre sort,
00:57:28nous n'y arriverons pas.
00:57:29Mais moi,
00:57:30j'entends,
00:57:30j'entends le malaise
00:57:32et puis,
00:57:33c'est normal
00:57:33qu'il s'exprime.
00:57:34Mais voilà,
00:57:35il faut aussi
00:57:35de temps en temps
00:57:37quelques discours
00:57:39comme Hervé vient de faire
00:57:41pour, voilà,
00:57:42redorer un peu le blason.
00:57:43Et nous,
00:57:44on a intérêt
00:57:44de faire en sorte
00:57:46que nos collègues parlementaires
00:57:47et nous-mêmes,
00:57:48nous arrêtions
00:57:49de faire des conneries
00:57:50et d'envoyer
00:57:51des injonctions
00:57:53contradictoires
00:57:53à longueur de temps.
00:57:55Je le sais,
00:57:55mais voilà,
00:57:56ce n'est pas une mince affaire
00:57:57et c'est justement
00:57:57en étant un peu
00:58:00collectivement organisés
00:58:01que nous y arriverons.
00:58:02Rémi ?
00:58:02Juste une précision
00:58:03sur ce débat.
00:58:04Je vous donne la parole
00:58:04tout de suite.
00:58:05C'est juste pour illustrer
00:58:05ce que vous évoquez là.
00:58:09Vous venez de dire
00:58:10que décider ou non,
00:58:12donner un avis
00:58:12sur la Stamipride,
00:58:13c'est une décision scientifique
00:58:14et non pas politique.
00:58:15Et je pense que le verre
00:58:16est dans le fruit
00:58:16depuis le début
00:58:17sur ce produit.
00:58:17parce que la Stamipride
00:58:19a été interdite
00:58:20dans une loi
00:58:20de Mme Pompili
00:58:21en 2016
00:58:23sur une décision politique.
00:58:25L'ANSES,
00:58:25l'Agence de sécurité
00:58:26sanitaire française,
00:58:27n'a jamais dit
00:58:29qu'il fallait interdire
00:58:30la Stamipride.
00:58:31Et d'ailleurs,
00:58:32son directeur général
00:58:33l'année dernière,
00:58:34quand il a été auditionné
00:58:35à l'Assemblée nationale
00:58:37sur le sujet
00:58:38de la loi du plomb,
00:58:38a bien dit
00:58:39que c'était par un principe
00:58:40politique
00:58:41qu'il avait été interdit
00:58:42mais que jamais l'ANSES
00:58:43n'avait donné
00:58:43un avis scientifique
00:58:44sur le sujet.
00:58:44C'était un principe
00:58:45de précaution à l'époque,
00:58:46à l'époque de Barbara Pompili.
00:58:47Oui, mais c'est une décision politique
00:58:50qui a dit
00:58:50que tous les néonicotinoïdes
00:58:52ont les mis dans le même sac,
00:58:53c'est mauvais pour les abeilles.
00:58:55Là, c'est amipride
00:58:55et c'est pour ça
00:58:56qu'on se retrouve
00:58:57dans une situation
00:58:57où on est à 26 contre 1,
00:58:58tout simplement.
00:58:59C'est une décision politique,
00:59:00nullement scientifique.
00:59:01Quand bien même,
00:59:02plein d'études académiques
00:59:03pointent des faisceaux d'indice
00:59:04pour dire qu'il faut
00:59:06travailler sur la reprotoxicité
00:59:07de ce produit
00:59:08et qu'il peut être dangereux.
00:59:09Actuellement,
00:59:10l'EFSA dit que les risques
00:59:11ne sont pas caractérisés.
00:59:13Je voudrais finir avec Fabrice.
00:59:15Fabrice.
00:59:17Vous avez 4 minutes devant vous, Fabrice.
00:59:20Fabrice, vous aussi,
00:59:21vous êtes céréalier.
00:59:22Alors, oui, moi,
00:59:22je suis agriculteur,
00:59:23donc dans l'heure,
00:59:25pas très loin de Paris,
00:59:26mais dans un secteur
00:59:27où on n'a pas
00:59:27de culture industrielle,
00:59:28donc on est plutôt
00:59:29sur des oleaux protégineux.
00:59:30Et à la limite,
00:59:31ça me permet de rebondir
00:59:32sur les sujets
00:59:33qui sont évoqués.
00:59:34C'est qu'en fait,
00:59:35on a une filière
00:59:36qui, malgré tout,
00:59:37dans mon compte de résultats,
00:59:38moi, ça fait 3 ans
00:59:38qu'on est sur des exercices
00:59:39qui ne sont vraiment pas terribles.
00:59:41J'ai perdu 30 à 40 % de revenus.
00:59:44Donc, la première année,
00:59:46on utilise l'argent
00:59:49de l'année d'avant.
00:59:51Après, on commence
00:59:52à gérer un peu la trésorerie.
00:59:54Et là, la troisième année,
00:59:55cette année,
00:59:56on a dû remettre
00:59:56des courts termes en place.
00:59:58La seule culture,
00:59:58les seules cultures,
00:59:59en fait,
00:59:59qui actuellement margent
01:00:00un petit peu,
01:00:01c'est qu'on a une part
01:00:02un petit peu de lin
01:00:03et le colza.
01:00:04Pourquoi ?
01:00:05Parce qu'en fait,
01:00:05il y a des filières
01:00:06qui ont été structurées
01:00:07en tant que telles
01:00:08avec des outils
01:00:09qui sont à proximité.
01:00:11Et ça, en fait,
01:00:12c'est à un moment donné
01:00:12quand le monde agricole
01:00:13se prend en main.
01:00:14Et là, je vais rejoindre Hervé.
01:00:16C'est-à-dire qu'en fait,
01:00:16on est capable de faire
01:00:17des choses
01:00:18et de faire des choses
01:00:19qui permettent
01:00:20d'écouler des débouchés,
01:00:21d'avoir des débouchés sécurisés
01:00:22et d'avoir des contractualisations.
01:00:24J'ai eu...
01:00:24Enfin, je devais intervenir
01:00:25sur la lentille.
01:00:26Je vais vous expliquer
01:00:26une petite expérience.
01:00:28J'ai voulu faire de la lentille
01:00:29en contractualisation
01:00:30il y a quelques années.
01:00:31Le prix n'était pas là.
01:00:32En fait, là,
01:00:33on est concurrencé
01:00:33par des lentilles canadiennes.
01:00:35Et oui,
01:00:36les lentilles du Canada.
01:00:36Et avec des moyens de production
01:00:37qui sont complètement différents
01:00:38de ceux des nôtres.
01:00:40Typiquement,
01:00:41le Canada a droit
01:00:41à des pesticides
01:00:42et à des herbicides
01:00:43auxquels on n'a pas droit
01:00:43ici en France.
01:00:44Voilà, exactement.
01:00:45Et donc, en fait,
01:00:45on est pris avec
01:00:46ces injonctions contradictoires.
01:00:48Or qu'en fait,
01:00:48on pourrait,
01:00:48sur nos exploitations
01:00:49et justement dans le cadre
01:00:50de cette diversification
01:00:52d'asseulement,
01:00:53pouvoir faire des choses.
01:00:53Sauf qu'à un moment donné,
01:00:54il faut qu'on ait
01:00:55les mêmes armes.
01:00:56Il faut qu'on maintienne
01:00:56les moyens de production.
01:00:57Et si je dois mettre...
01:01:00Ce que j'aimerais,
01:01:01c'est que les parlementaires,
01:01:02à un moment donné,
01:01:02quand ils parlent d'agriculture,
01:01:03d'une part,
01:01:04de temps en temps,
01:01:04on a un front unique
01:01:05quand on est sur des urgences.
01:01:06Là, on va avoir
01:01:07une loi d'urgence
01:01:07qui va bientôt,
01:01:09qui devrait voir le jour.
01:01:10Un moratoire sur l'eau
01:01:11où là, il faudrait
01:01:12qu'à un moment donné,
01:01:13on ait une forme d'unanimité
01:01:13au niveau de l'Assemblée nationale
01:01:14sur ces sujets-là.
01:01:16Et le deuxième point,
01:01:16c'est que quand vous prenez
01:01:17des décisions,
01:01:18que vous mesurez
01:01:18les impacts que ça génère
01:01:19sur nos exploitations.
01:01:21Parce qu'à un moment donné,
01:01:22on peut tout vouloir ici,
01:01:23sauf que nous,
01:01:24sur le terrain,
01:01:25après, quand on est confronté
01:01:26et la France,
01:01:26elle est diverse
01:01:27avec le nord, le sud,
01:01:28des conditions météo différentes
01:01:30selon les endroits
01:01:31et qu'à un moment donné,
01:01:32il faut qu'on ait du pragmatisme.
01:01:34Et donc ça,
01:01:34je vous demanderais
01:01:35qu'à un moment donné,
01:01:35quand on prend des décisions,
01:01:36on mesure les impacts
01:01:37concrets sur nos exploitations.
01:01:39Voilà.
01:01:41Merci.
01:01:42Merci à tous les trois.
01:01:43Je crois que ça se passe
01:01:43même de commentaires,
01:01:44ce que nous dit Fabrice ce soir.
01:01:46Merci à tous
01:01:47d'être venus ce soir
01:01:48parler de cette veille
01:01:50du Salon de l'Agriculture
01:01:51dans chaque voix compte
01:01:52sur LCP.
01:01:53Cette émission est rediffusée
01:01:54tout à l'heure
01:01:54à 23h30.
01:01:55Si vous aussi,
01:01:56vous souhaitez faire partie
01:01:57du public
01:01:57pour nos prochaines émissions,
01:01:59vous pouvez vous inscrire
01:01:59sur lcp.fr
01:02:00ou avec le QR code
01:02:01qui va s'afficher.
01:02:02Lundi, c'est Francis Letellier
01:02:04que vous retrouvez
01:02:04sur la 8.
01:02:05Pour lundi,
01:02:06c'est Politique à 19h30.
01:02:07Il recevra Manon Aubry.
01:02:08On se retrouve mardi
01:02:09en direct à 19h30.
01:02:11Excellente fin de semaine
01:02:12sur LCP.
01:02:17Sous-titrage Société Radio-Canada
01:02:22LCP.
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