00:00En dessous de moins 30, en fait, tout pète.
00:02Le plastique pète, le caoutchouc pète, tous les câbles électriques pètent.
00:09On est à 700, 800 kilomètres de l'arrivée !
00:13Vous avez songé à abandonner à un moment donné ?
00:15Never !
00:17Clairement, moi, il y a un moment pendant l'expé, et je l'avais partagé à Mathieu,
00:20où après trois semaines à faire du ski-kite sur des dunes de neige...
00:25En fait, je réalise que si on a un accident, personne ne pourra se poser à côté de nous pour
00:30venir nous chercher.
00:31Et je crois qu'on n'a jamais songé non plus à abandonner,
00:33parce qu'on a toujours été dans une situation où on avait des solutions.
00:39On avait suffisamment de nourriture, on avait suffisamment de fuel avec nous.
00:43Et puis, l'avantage de l'Antarctique à cette saison, c'est qu'il fait jour en permanence,
00:47et donc on pouvait faire des journées plus ou moins longues.
00:49Les kites nous ont permis de tirer deux instruments, qu'on appelle des radars à pénétration de sol.
00:54On a tiré un premier radar qui étudiait, dans l'est de l'Antarctique,
01:00si l'Antarctique gagne ou perd du poids, s'il y a plus de neige qui tombe ou pas, avec
01:04le réchauffement climatique.
01:05Et ensuite, du pôle sud jusqu'à l'autre côte de l'Antarctique,
01:09là, on a tiré, surtout Mathieu, un long radar qui fait à peu près une centaine de mètres de long,
01:14qui lui, allait chercher de la glace beaucoup plus en profondeur.
01:17Et là, ce qu'on regardait avec ce radar à pénétration de sol, c'était des glaces très anciennes,
01:21et aussi de cartographier le lit rocheux de cette partie-là de l'Antarctique.
01:25L'Antarctique contient tellement de glace que si le continent perdait sa glace,
01:30on pourrait avoir 58 mètres d'élévation du niveau des mers.
01:33Donc aujourd'hui, c'est crucial de comprendre ce qui se passe en Antarctique.
01:36Et donc, l'idée d'associer les kites au radar, c'était une manière, en fait, de faire de la
01:39science en permanence
01:40et de collecter de la donnée à mesure qu'on se déplace.
01:43C'est une expédition qui a duré 80 jours, de début novembre à fin janvier.
01:47Donc ce qui a été compliqué, ça a été évidemment le fait de composer avec l'inconfort,
01:52mais ça a surtout été, je crois, les surfaces qu'on a rencontrées en Antarctique de l'Est.
01:57C'est une partie qui est très élevée.
01:59On est passé régulièrement sur des hauts plateaux à plus de 3000 mètres d'altitude.
02:03Et donc, à ça s'ajoutaient des températures très froides.
02:06Les températures sont descendues jusqu'à moins 35 degrés en température réelle.
02:09Donc ça voulait dire des températures ressenties parfois de moins 50, moins 55 degrés.
02:14Il faut bien comprendre qu'en dessous de moins 30, en fait, tout pète.
02:18Le plastique pète, le caoutchouc pète, tous les câbles électriques pètent.
02:23Et aucune batterie ne veut se recharger.
02:25Et malheureusement, on avait énormément de science à faire avec Mathieu tout au long du chemin.
02:29Donc en termes de réparation, on a dû faire les MacGyver pendant une grosse partie de l'expé.
02:34Il nous a fallu bien deux ans pour préparer l'expédition et pour moi aussi apprendre le kite.
02:39C'est vrai qu'on a un bon match, en fait, entre l'aventure, la science rassemblée autour de cette
02:43pédagogie.
02:44C'est aujourd'hui hyper important d'incarner cette science et puis de montrer aussi qu'il y a des
02:48solutions.
02:49Le kite, c'est une forme un petit peu de solution finalement, de se déplacer comme ça avec l'énergie
02:53du vent.
02:53Enfin, moi, je dois me pincer pour réaliser qu'on a fait quand même 4000 kilomètres, quoi,
02:57sans dépenser une goutte d'énergie fossile sur le continent.
03:01Ce qu'on a récolté, c'est une très longue ligne qui fait plusieurs milliers de kilomètres.
03:06Ensuite, ces données, elles vont se rajouter à des bases de données existantes
03:09qui vont nous permettre d'avoir une image plus complète de ce qui se passe sur tout le continent antarctique.
03:14Alors, la science prend du temps.
03:15On espère qu'on aura les premiers résultats d'ici deux, trois ans.
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