00:06Avant toute chose, j'aimerais souhaiter un joyeux anniversaire au trombinoscope.
00:10Cette année 2026 marque en effet un double millésime,
00:14avec d'abord le 155e anniversaire de la création du tout premier trombi
00:20et aussi le 45e anniversaire de la renaissance du titre.
00:24Mesdames et messieurs les journalistes,
00:26plus sérieusement, dans cette période tourmentée et tourbillonnante pour nos démocraties,
00:32votre rôle est plus crucial que jamais.
00:34À quelques semaines des élections municipales,
00:36et alors que se multiplient les fausses informations et les ingérences étrangères,
00:40nous avons besoin de vous.
00:42Il y a des moments où il faut savoir s'arrêter,
00:46parce que tout s'accélère, parce que les décisions s'enchaînent,
00:50parce que les responsabilités s'alourdissent.
00:53s'arrêter un instant pour prendre de la hauteur,
00:57regarder le chemin parcouru,
00:58et reconnaître celles et ceux qui le rendent possible.
01:01La France ne tient pas par des mots,
01:04elle tient par des femmes et par des hommes,
01:06par leur constance, par le sens de l'équilibre,
01:10par leur capacité à tenir le cap,
01:12souvent sous contrainte.
01:14Ce soir, nous avons voulu créer ce temps-là,
01:16une parenthèse, un moment à part,
01:18pour s'émouvoir, réfléchir et peut-être sourire.
01:28Elle séduit et elle inquiète,
01:31elle impressionne et elle chiffonne.
01:33Sarah Knafo provoque beaucoup de sentiments contraires.
01:36Comme tous ceux qui ont du talent,
01:38elle ne laisse pas indifférent.
01:40Ne le rendez plaise,
01:41Sarah Knafo est la révélation de l'année 2025 du trombinoscope
01:45dans le cirque politique actuel,
01:47où évolue de moins en moins de grands fauves,
01:50la députée européenne exerce un magnétisme certain.
01:54On la dit menteuse quand ça l'arrange,
01:56traqueuse avant de passer à la télévision,
01:58quoi qu'il en soit,
01:59elle possède l'art du contre-pied.
02:01Je suis très très honorée de recevoir ce prix
02:04de la révélation politique de l'année.
02:06Je n'avais pas du tout en tête qu'un jour,
02:09les comptes publics
02:10deviendraient un sujet passionnant politiquement,
02:13que je réussirai à intéresser des gens
02:16avec ces thèmes,
02:17parce que les sujets que je défends
02:19portent les doux noms de finances publiques,
02:22gabegies,
02:24dettes,
02:24déficits.
02:31Maire de Vingt-yeux dans l'Ardèche,
02:33550 habitants.
02:35Hugo, vous avez été élu en 2020 à 18 ans,
02:39plus jeune,
02:39maire de France donc.
02:40Vous êtes fiers d'avoir su recréer du lien
02:42dans votre village,
02:44tout d'abord avec l'ouverture d'un bar à tapas,
02:46le premier commerce depuis 50 ans à Vingt-yeux,
02:49puis la rénovation de l'ancienne école
02:52qui a donné vie à des locaux pour la mairie
02:54qui n'en avait pas,
02:55à une maison des associations
02:57et à une permanence d'infirmière.
02:59Tu t'engages dans une mairie,
03:00mais tu ne fais pas de politique.
03:02En six ans,
03:03au contraire,
03:04j'ai envie de me réapproprier le mot politique,
03:08de me dire que ce qu'on fait
03:10en équipe,
03:12dans une commune,
03:14choisir de la dynamiser,
03:15choisir d'investir pour faire revenir des commerces
03:17quand il n'y en avait pas,
03:17c'est de la politique.
03:18Cette crise de confiance,
03:20moi elle m'inspire
03:21beaucoup d'espoir de voir au niveau local
03:23tout ce qui est en train de se faire.
03:24Toutes ces belles énergies qui sont là
03:27parce que les valeurs de solidarité,
03:30les valeurs de changement dans ce monde,
03:32elles sont incarnées.
03:39Thierry Breton a l'Europe au cœur,
03:41pour ne pas dire aux tripes.
03:42En tant que commissaire européen,
03:43de 2019 à 2024,
03:45chargé de la politique industrielle,
03:47du marché intérieur,
03:47du numérique,
03:48de la défense et de l'espace,
03:50il a commis l'irréparable erreur,
03:52aux yeux du président américain,
03:54de vouloir réguler l'espace numérique européen
03:57à travers trois règlements phares
03:59qui restent comme des marqueurs
04:00et font désormais référence.
04:03La sanction tombe.
04:04Le 23 décembre dernier,
04:06il est privé de visa.
04:07A l'heure des prédateurs,
04:09l'Europe ne se laissera pas vassaliser
04:10comme une proie devant l'ogre états-unien.
04:13Elle doit affirmer sa puissance,
04:15for sure.
04:16Et elle peut compter sur un homme,
04:18Thierry Breton,
04:19Européen de l'année,
04:20pour le trombinoscope,
04:21comme une évidence,
04:22for sure.
04:24Surpris, je l'ai dit à Donald Trump,
04:25quand même.
04:27Je n'ai fait que mon travail.
04:29J'étais commissaire européen,
04:31certes, je l'ai fait avec passion.
04:33Certes, je l'ai fait
04:34parce que j'ai travaillé
04:36une grande partie de ma vie
04:38à réfléchir
04:40à l'importance
04:41de l'espace informationnel.
04:43Nous, notre liberté de parole,
04:44elle est encadrée par le fait
04:45qu'on a vécu des choses importantes
04:47sur notre continent aussi.
04:50On n'a pas le droit
04:51de faire l'apologie du terrorisme,
04:52de proférer des propos antisémites.
04:5690% des députés européens,
04:58mesdames et messieurs,
04:5990% chers amis,
05:01ont voté pour nos lois
05:03qui encadrent
05:04l'espace informationnel.
05:06C'est à eux aussi
05:08que je dédie ce prix
05:10parce que c'est eux
05:11qui ont fait ces lois.
05:18Sur le papier,
05:19vous conviendrez que le duo
05:20n'allait pas totalement de soi.
05:22si j'ajoute qu'ils ont travaillé ensemble
05:24au sein d'une même commission d'enquête
05:26qui avait pour thème
05:27l'argent public
05:29versé aux entreprises,
05:32thème qui a toujours opposé
05:33la droite et la gauche,
05:35vous conviendrez,
05:37encore une fois,
05:37que le consensus
05:38était loin d'être gagné.
05:41Et pourtant,
05:43Fabien Gué et Olivier Riettman
05:44ont, durant des mois,
05:46travaillé ensemble
05:47et plutôt assez bien travaillé.
05:49Ils ont auditionné
05:50les plus grandes entreprises françaises,
05:52les syndicats,
05:52les services de l'État
05:53et ont abouti
05:54à un rapport
05:55voté à l'unanimité.
05:57Le travail que vous avez conduit
05:58sur les aides publiques
05:59aux entreprises
05:59est essentiel
06:00pour ces dernières
06:01et bien sûr
06:02pour l'économie de notre pays.
06:04Il est essentiel
06:05car votre rapport
06:06est un pas décisif
06:08vers une information exhaustive,
06:10vers une transparence obligatoire,
06:12vers une optimisation évidente
06:13et vers une réponse nécessaire
06:15entre est-ce un cadeau
06:16aux entreprises
06:17ou la compensation
06:18d'une fiscalité excessive.
06:20Pour finir,
06:21messieurs les sénateurs,
06:22ensemble,
06:23au-delà des clivages politiques,
06:25vous avez rappelé
06:25et c'est un combat
06:27que nous partageons
06:28qu'aux des chambres
06:28de commerce et d'industrie,
06:29qu'une aide publique
06:30n'a de valeur que si
06:31elle est compréhensible,
06:33accessible
06:34et définitivement utile
06:36à l'activité,
06:36à l'emploi
06:37et à l'investissement.
06:39Cela étant dit,
06:40ce prix est avant tout
06:40la reconnaissance
06:41du travail du Sénat.
06:43dans son ensemble,
06:45dans sa méthode
06:46et de l'esprit
06:48dans lequel nous essayons
06:49quotidiennement
06:49d'exercer nos responsabilités.
06:51Car la conclusion est claire,
06:54les aides aux entreprises
06:55sont indispensables,
06:57indispensables à notre économie,
07:00indispensables à l'emploi,
07:02indispensables à la compétitivité.
07:05Nous avons plaidé
07:06pour davantage d'évaluations,
07:08vous l'avez dit, Nathalie,
07:10de transparence,
07:11d'efficacité,
07:11mais en aucun cas
07:13pour la suppression
07:14des aides,
07:15ce qui aggraverait
07:16encore davantage
07:17la situation
07:18de notre pays
07:19et la compétitivité
07:20de nos entreprises.
07:21Nous avons réussi
07:22un travail formidable
07:23et nous avons appris
07:24l'un de l'autre
07:25et y compris
07:26avec les sénatrices
07:27et sénateurs.
07:27C'est que je veux
07:28remercier Michelin
07:30qui, sans contrainte,
07:33a remboursé
07:334,3 millions d'euros,
07:35ce qui fait de notre duo
07:36avec l'ensemble
07:37des sénatrices
07:38et des sénateurs,
07:39la commission d'enquête
07:40la plus rentable
07:41de l'histoire.
07:50Mais aujourd'hui,
07:51c'est vous le patron.
07:53Ce printemps,
07:54vous avez été réélu
07:55pour la troisième fois
07:56premier secrétaire du PS.
07:58Au final,
07:59au terme de ces quatre mois
08:00de pourparler,
08:01entre Sébastien Lecornu
08:02et vous,
08:03la France a pu être dotée
08:04d'un budget.
08:05Alors,
08:06qui a gagné ?
08:06Qui a perdu ?
08:07On ne sait rien,
08:08on ne sait plus.
08:09Enfin,
08:09les macronistes
08:10et les partisans
08:11de la bonne tenue
08:12des comptes publics
08:12ont eu une idée
08:13assez précise sur ce point.
08:15C'est le cas aussi
08:16de Patrick Martin,
08:17le patron du MEDEF.
08:18Ne vous a-t-il pas confié
08:20récemment
08:20qu'en vous observant,
08:22il avait pris
08:22une leçon de négociation ?
08:23Et la raison pour laquelle,
08:25avec Sébastien Lecornu,
08:26nous sommes entendus,
08:27nous sommes partis
08:28d'un constat simple.
08:30Il n'y a pas de majorité
08:31dans ce pays,
08:32ni pour la droite,
08:33ni pour la gauche.
08:34Et donc,
08:35nous avions nécessité
08:36de chercher
08:37à composer
08:38les uns avec les autres.
08:40Nous avons cherché
08:40à trouver
08:41une voie de passage
08:43qui permette
08:44à notre pays
08:44d'avancer.
08:45Ce que j'ai cherché
08:46à faire
08:47à travers cette discussion budgétaire,
08:49c'est tout simplement
08:50de rendre au Parlement
08:51sa souveraineté,
08:52sa pleine souveraineté.
08:58Nous avons titré
09:00le petit portrait
09:01consacré à Mélie de Manchalin,
09:03« La femme qui compte ».
09:05C'est dire l'intuition
09:06de ce jury unanime.
09:09L'acte 2,
09:09c'est votre nomination
09:10comme ministre
09:11en charge du budget
09:13des comptes publics.
09:14Vous avez appris
09:15à écouter,
09:16à composer,
09:17à dialoguer
09:18et à essayer,
09:19parfois,
09:20non pas de trahir,
09:21mais en tout cas,
09:22d'amender
09:22vos propres convictions
09:23pour trouver un terrain
09:24de détente
09:25et faire finalement
09:26adopter un budget
09:27pour la France,
09:29ce qui était absolument
09:30une gageure.
09:31C'est dire
09:32à quel point
09:33vous êtes la femme
09:34qui compte.
09:34que la politique
09:35n'est utile
09:36que dans le dépassement,
09:37que dans le rassemblement,
09:38que dans un débat ouvert,
09:41que dans la construction
09:42du compromis.
09:43Et en 2017,
09:44j'ai choisi de m'engager
09:45parce que je croyais,
09:46et je vous rassure,
09:47je le crois toujours,
09:48que l'action publique
09:49peut être ambitieuse,
09:51ancrée dans la réalité
09:52et surtout ne pas perdre de vue
09:53celles et ceux
09:54pour lesquels elle est faite,
09:55les Françaises et les Français.
09:57Je ne crois pas
09:58qu'on puisse servir la démocratie
09:59en évitant les sujets difficiles.
10:01Je ne crois pas
10:02qu'on puisse servir la démocratie
10:03en ne parlant qu'avec ceux
10:04avec qui on est d'accord d'emblée.
10:06Je crois qu'on ne sert pas
10:07les Français
10:08en contournant les sujets
10:08qui fâchent.
10:09Je crois, au contraire,
10:11qu'on les sert
10:12en regardant avec sérieux,
10:14avec méthode,
10:15avec respect,
10:16y compris ce qui est
10:17le plus difficile.
10:18Notre pays a besoin
10:20de continuité dans l'exigence,
10:22de clarté dans l'action,
10:24de loyauté à l'égard des faits.
10:26C'est cette conviction
10:27qui m'a guidée hier,
10:28c'est elle qui me guide aujourd'hui
10:29et je sais,
10:30c'est elle aussi
10:31qui me guidera encore demain.
10:39Sébastien Lecornu
10:40est la personnalité politique
10:41de l'année 2025,
10:43mais il serait plus juste
10:44de dire la personnalité politique
10:46du second semestre de 2025.
10:49Néanmoins,
10:50comme chaque jour
10:51a compté double pour lui
10:52depuis septembre,
10:54cette récompense est méritée.
10:55Sébastien Lecornu
10:57peut désormais espérer
10:58rester à Matignon
10:59jusqu'en mai 2027.
11:02Qui aurait cru
11:03que le destin du
11:04et en même temps
11:05serait de finir
11:07par des réponses de normands ?
11:09La négociation budgétaire
11:11fut placée entièrement
11:12sous ce signe.
11:14La censure du gouvernement,
11:16peut-être ben que oui,
11:17peut-être ben que non.
11:18L'usage du 49-3,
11:20peut-être ben que non,
11:22peut-être ben que oui.
11:23La négociation avec les LR,
11:26coup-ci, coup-ça.
11:27Avec la gauche,
11:28les socialistes, oui,
11:30les verts, non.
11:31Enfin,
11:32et c'est peut-être
11:32la raison profonde
11:33de cette récompense,
11:35il y a chez Sébastien Lecornu
11:37quelque chose de rare
11:38dans la classe politique,
11:40voire quelque chose
11:41de rarissime en ce moment.
11:44Il n'est pas candidat
11:45à l'élection présidentielle.
11:46J'adresse mes remerciements
11:48les petits chaleureux
11:49à nos fidèles partenaires
11:50de cette cérémonie,
11:51CCI France,
11:53la FEPEM,
11:54Arkea Banque Entreprises
11:56et Institutionnelles,
11:57l'Institut Opinion Way,
11:58ainsi que nos partenaires médias,
12:01LCP Assemblée Nationale
12:02et Public Sénat.
12:04Merci à vous tous
12:05de votre attention
12:06et de votre fidélité
12:07au Trombi-Nascar.
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