- il y a 1 jour
Les députés examinent une proposition de loi "visant à accorder le droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales aux étrangers non ressortissants de l'UE résidant en France", qui a débuté son parcours législatif en 1999. Le texte, défendu par Noel Mamère à l'Assemblée en 2000, fait son retour à l'Assemblée, à l'initiative du groupe "Écologiste et Social" qui l'a inscrit à l'ordre du jour de sa niche parlementaire du 12 février. Avant son examen dans l'hémicycle, les députés se sont penchés sur le texte en commission des lois, avant de l'adopter, grâce au soutien de la gauche.
La rédaction de LCP vous propose les morceaux choisis des séances publiques dans l'hémicycle et des séances de travaux ou des auditions en commissions.
La rédaction de LCP vous propose les morceaux choisis des séances publiques dans l'hémicycle et des séances de travaux ou des auditions en commissions.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00:00Bonjour à tous, soyez les bienvenus sur LCP.
00:00:11Faut-il accorder le droit de vote aux étrangers pour les élections municipales ?
00:00:15C'est la question du jour.
00:00:17Un véritable chiffon rouge qui agite le débat politique depuis de nombreuses années.
00:00:23Nous sommes en 1999, au tournant du siècle.
00:00:26Les Verts de l'époque déposent une proposition de loi.
00:00:30Pour étendre ce droit qui est déjà accordé aux ressortissants de l'Union Européenne qui réside en France.
00:00:36La proposition de loi portée à l'époque par Noël Mamère est adoptée par l'Assemblée Nationale.
00:00:41Mais le Sénat ne la vote pas.
00:00:44Résultat, ce texte dort comme ça dans la navette parlementaire pendant 26 ans.
00:00:49Jusqu'à ce mois de janvier 2026, il est exhumé par les députés écologistes, les héritiers des Verts de l'époque.
00:00:58Et portée par la députée Léa Ballage El Mariqui qui reprend donc le combat de Noël Mamère.
00:01:04Le texte que nous examinons aujourd'hui est une proposition de loi constitutionnelle assez simple dans son objet, mais profonde dans sa portée.
00:01:13Accorder le droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales à l'ensemble des résidents qui vivent dans nos communes.
00:01:20Des millions de femmes, d'hommes, vivent, travaillent, élèvent leurs enfants, s'engagent dans la vie associative, participent aux conseils de quartier ou conseils de classe.
00:01:31Leur présence dans chaque commune détermine le montant de la dotation globale attribuée et même le nombre de conseillers municipaux et d'adjoints.
00:01:40Pourtant, lors des prochaines élections municipales, ils ne pourront pas participer aux choix qui concernent cette vie locale quotidienne.
00:01:51Depuis la révision constitutionnelle de 1992, la question du droit de vote local ne repose plus exclusivement sur la nationalité française,
00:01:59mais également sur une citoyenneté de résidence puisque l'article 88-3 de la constitution ouvre le droit de vote et d'éligibilité aux résidents communautaires aux élections municipales.
00:02:12Mais cette citoyenneté de résidence demeure imparfaite.
00:02:16Elle introduit ainsi une différence de traitement fondée non sur la durée de résidence, mais plutôt sur la nationalité, sur l'origine des personnes.
00:02:26Les Espagnols ou les Polonais peuvent voter après quelques semaines de résidence en France,
00:02:31tandis que les Marocains ou désormais les Britanniques ne le peuvent pas, parfois après des décennies de présence légale sur notre territoire.
00:02:40L'épisode du Brexit a révélé la fragilité du dispositif actuel.
00:02:44Près de 800 ressortissants britanniques, élus conseillers municipaux, ont perdu leur mandat en 2020,
00:02:51remettant en cause leur implication dans la vie de leur commune.
00:02:56Il faut le dire clairement, le lien actuellement quasi exclusif entre nationalité française et droit de vote aux élections politiques
00:03:05ne correspond pas à l'histoire de notre République.
00:03:08Les premières expériences constitutionnelles issues de la Révolution française reposaient sur une conception beaucoup plus universaliste de la citoyenneté,
00:03:17fondée notamment sur le domicile et la participation à la communauté civique.
00:03:21Dès 1792, des étrangers comme Thomas Paine étaient élus à la Convention.
00:03:27Cela ne correspond pas non plus à notre universalisme.
00:03:31Camus disait justement que pour préserver la société nationale, il faut l'ouvrir sur une perspective universelle.
00:03:37Enfin, la citoyenneté, ce n'est pas l'appartenance à l'État, contrairement à la nationalité,
00:03:43mais bien à une relation d'individu liée à une communauté de destin, ici locale.
00:03:50En d'autres termes, la nationalité répond à la question « qui suis-je ? »
00:03:55tandis que la citoyenneté s'attache à la question « que faire ensemble ? ».
00:04:00C'est au XIXe et au XXe siècle que la citoyenneté s'est progressivement nationalisée,
00:04:04de telle sorte qu'aujourd'hui la participation à la vie politique est conditionnée essentiellement à la nationalité française.
00:04:10Au-delà de l'exclusion d'une citoyenneté de résidence,
00:04:15cette exigence est d'autant plus problématique que l'accès à la naturalisation s'est progressivement complexifié,
00:04:22tant dans ces conditions que dans ces procédures.
00:04:25Certains estiment que les résidents qui souhaitent voter peuvent être naturalisés pour participer aux élections.
00:04:30Mais c'est oublié que certains États interdisent la double nationalité,
00:04:35je pense ici à la Chine, à l'Inde ou au Cameroun.
00:04:38Si j'étais résidente à l'étranger depuis de nombreuses années,
00:04:42je ne voudrais pas d'ailleurs abandonner ma nationalité française pour décider des conditions de vie et d'enseignement de mes enfants.
00:04:49C'est pourtant le dilemme auquel aujourd'hui sont confrontés certains résidents étrangers en France.
00:04:55Je voudrais en revenir au dernier paradoxe de notre droit.
00:04:59Depuis le 1er janvier 2026, un examen civique, un examen de citoyenneté en somme,
00:05:04est demandé pour obtenir une carte de séjour aux deux résidents.
00:05:08Nous demandons à des résidents de montrer des connaissances attendues d'un citoyen,
00:05:12sans pour autant leur permettre d'exercer les droits politiques attachés à cette citoyenneté.
00:05:18Dans ce contexte, des centaines de milliers d'étrangers se trouvent de facto relégués aux marges de notre démocratie.
00:05:26Cette situation est encore plus frappante pour les exilés,
00:05:29puisque l'exil n'est pas seulement géographique, il est souvent politique.
00:05:33Être privé en France de droits politiques déjà perdus dans le pays d'origine est vécu comme une seconde exclusion.
00:05:40Je veux vous faire part d'un témoignage d'un des élus du Parlement des exilés que j'ai auditionné vendredi dernier.
00:05:46Tidiane, un exilé guinéen, qui en 2020, lors des élections municipales, s'est porté volontaire comme assesseur dans son bureau de vote.
00:05:54Toute la journée, il a permis à des centaines de personnes d'exercer leur droit de vote,
00:05:59et pourtant, lui n'a jamais pu voter.
00:06:02Il a fait vivre la démocratie sans pouvoir y participer.
00:06:06Voilà l'injustice concrète à laquelle nous pouvons aujourd'hui mettre fin.
00:06:10Ce choix a été fait dans un grand nombre de pays européens.
00:06:15De nombreux pays, l'Irlande, la Suède, en passant par les Pays-Bas ou la Belgique,
00:06:19ont ouvert le droit de vote aux élections locales,
00:06:22pas seulement pour les Européens, mais pour toutes et tous,
00:06:25sans que leur souveraineté nationale en soit affaiblie.
00:06:28Plus récemment, c'est le Luxembourg, le Pays de Galles ou l'Écosse, suite au Brexit, qui ont fait ce choix.
00:06:33Ces exemples européens nous enseignent également qu'il n'y a aucun vote communautaire
00:06:38ou d'influence étrangère, comme je l'ai lu dans des amendements de suppression déposés.
00:06:43Les travaux de sociologie électorale démontrent plutôt que ce droit de vote
00:06:46renforce la participation globale de 4 à 5 points.
00:06:51Elle renforce également la participation des descendants d'immigrés,
00:06:55qui est bien plus faible dans les pays où les étrangers ne peuvent pas voter aux élections municipales.
00:06:59Cela n'est guère surprenant, puisque leurs parents n'ont jamais pu voter,
00:07:03n'ont jamais pu amener leurs enfants voter avec eux,
00:07:05mettre le bulletin dans l'urne comme nous lisions,
00:07:10autorisons souvent en tant que président de bureau de vote
00:07:12pour faire vivre cette éducation à la citoyenneté.
00:07:16Le texte que nous examinons aujourd'hui ne surgit pas de nulle part.
00:07:20Il s'inscrit dans un débat structurant, porté depuis des décennies,
00:07:25notamment par les écologistes et déjà adopté une première fois à l'Assemblée nationale en 2000
00:07:30sur le rapport de Noël Mamère.
00:07:31Et je voudrais dire ici toute mon émotion de porter devant vous l'héritage d'un engagement,
00:07:38d'un engagement humaniste, d'un engagement pour les qualités,
00:07:42qui a su convaincre au-delà de nos rangs.
00:07:45Je pense à Nicolas Sarkozy, à Éric Besson,
00:07:48ou encore Jean-Pierre Raffarin, sans oublier Jacques Chirac,
00:07:52qui était favorable alors que les temps politiques étaient aussi sombres que ceux que nous traversons.
00:07:58Et comme souvent, la société est en avance sur nos débats qui durent depuis 26 ans.
00:08:0466% des Françaises et des Français sont favorables à l'octroi du droit de vote
00:08:09aux résidents non-européens à toutes les élections locales.
00:08:13Ce sondage est effectué chaque année et ce taux est en constante progression depuis 2014.
00:08:18Ce soutien dépasse les clivages politiques.
00:08:2271% des sympathisants du Bloc central y sont favorables,
00:08:26tout comme 45% des sympathisants des Républicains.
00:08:31Plus tôt dans la matinée, vous avez été nombreux à avoir exprimé
00:08:34le souhait de consulter directement les Françaises et les Français
00:08:37lorsqu'est révisée notre Constitution.
00:08:40Eh bien, cette proposition de loi constitutionnelle que nous examinons aujourd'hui
00:08:44nous offre une opportunité historique.
00:08:47Si nous l'adoptons conforme, cette proposition de loi
00:08:50va déclencher l'article 89 de notre Constitution
00:08:55qui prévoit un référendum sur la question.
00:08:59Ce sont donc nos concitoyens qui, in fine, trancheront cette question
00:09:03et je leur fais confiance.
00:09:06Il est temps que nos concitoyens puissent se prononcer directement
00:09:09sur cette avancée démocratique
00:09:10afin de permettre à l'ensemble des résidents
00:09:13de prendre pleinement part aux décisions qui les concernent
00:09:16dans leur commune.
00:09:19Non loin de nous,
00:09:21Trône Montesquieu,
00:09:23qui écrivait dans l'esprit des lois
00:09:24l'amour de la République dans une démocratie
00:09:26et celui de la démocratie.
00:09:29L'amour de la démocratie
00:09:30et celui de l'égalité.
00:09:32Je vous remercie.
00:09:34Merci. Nous en venons aux orateurs des différents groupes
00:09:37et nous débutons par Thibaut Monnier pour le Rassemblement national
00:09:41et pour 4 minutes.
00:09:42Merci, M. le Président.
00:09:43Chers collègues,
00:09:44la proposition de loi constitutionnelle
00:09:46qui octroie le droit de vote aux élections municipales
00:09:48aux étrangers non-européens
00:09:50témoigne de l'absolue détermination des écologistes
00:09:52à vouloir arraser le pacte national
00:09:54et priver les citoyens français
00:09:55de leurs derniers privilèges démocratiques.
00:09:58Décider chez eux ce qui est bon pour eux.
00:10:0126 années se sont écoulées
00:10:02depuis que le premier texte fut présenté
00:10:04par l'ancien député Noël Mamère en 1999.
00:10:0626 ans plus tard,
00:10:07notre collègue députée Léa Ballage-Elmariki
00:10:09tente péniblement de l'exhumer
00:10:11pour marcher dans le pas de son ancien mentor
00:10:13espérant peut-être faire son entrée
00:10:15dans la douloureuse histoire du délitement national.
00:10:17Car en 26 années,
00:10:19ce qui était perçu comme une idée généreuse
00:10:20censée selon la gauche morale
00:10:22abolir une discrimination jugée insupportable
00:10:25est aujourd'hui légitimement perçu
00:10:26comme le cheval de Troie,
00:10:28des ingérences étrangères
00:10:29et un coup de boutoir
00:10:30contre notre cohésion nationale.
00:10:32Au passage, permettez-moi de relever
00:10:34non sans ironie
00:10:35une contradiction tellement symptomatique
00:10:37de la schizophrénie de la gauche française.
00:10:39D'une main,
00:10:39vous accordez le droit de vote
00:10:40aux élections locales
00:10:41à des étrangers non européens
00:10:42à peine arrivés sur le sol français.
00:10:45Mais de l'autre,
00:10:46vous refusez que ce droit
00:10:47soit accordé à des milliers de Français
00:10:48qui réservent durablement
00:10:49dans le territoire français
00:10:50de la Nouvelle-Calédonie.
00:10:51Allez comprendre.
00:10:53Quand on parle du droit de vote
00:10:54des étrangers,
00:10:54il n'est pas seulement question
00:10:55de rappeler ici le lien indéfectible
00:10:57entre le droit de vote
00:10:58et la citoyenneté française,
00:11:00pourtant consacré à l'article 3
00:11:01de la Constitution,
00:11:02mais aussi de protéger
00:11:03les intérêts fondamentaux
00:11:04de la nation
00:11:05face aux ingérences étrangères.
00:11:07Rendez-vous compte,
00:11:08si cette proposition de loi
00:11:09était adoptée,
00:11:11le droit de vote
00:11:11serait accordé
00:11:12à près de 4,4 millions
00:11:13d'étrangers non européens,
00:11:15et cela dans un contexte
00:11:16où la France devient
00:11:16la cible d'ingérences étrangères,
00:11:19orchestrées par des États
00:11:20qui manipulent leur diaspora.
00:11:22Oui, Madame la députée,
00:11:23au moment même
00:11:23où la France subit
00:11:24sur son sol
00:11:25de multiples ingérences
00:11:25de la part du régime algérien
00:11:27de M. Tebboune,
00:11:28vous voulez accorder
00:11:29le droit de vote
00:11:30aux élections municipales
00:11:31à près de 700 000 étrangers algériens.
00:11:34Quel sens du timing
00:11:35à l'heure
00:11:36où une note
00:11:37du contre-espionnage français
00:11:38révélée par un reportage
00:11:40de complément d'enquête
00:11:41documente des opérations
00:11:42d'ingérence orchestrées
00:11:43par des services secrets algériens
00:11:44auprès d'élus municipaux
00:11:45binationaux
00:11:46ou d'origine algérienne.
00:11:48Selon l'une de ces élus,
00:11:50victime du tentatif
00:11:51d'intimidation
00:11:52après l'inauguration
00:11:52d'une plaque commémorative
00:11:53en l'hommage
00:11:54a une personnalité
00:11:55d'origine cabile.
00:11:56Je la cite
00:11:56« Il y a énormément
00:11:57d'élus locaux
00:11:58qui ont été approchés
00:11:59par les consuls algériens.
00:12:01On va rappeler à ces élus
00:12:02qu'ils sont les enfants
00:12:02de l'Algérie
00:12:03et qu'ils ont un devoir
00:12:04vis-à-vis de l'Algérie.
00:12:06Qu'en sera-t-il, Madame,
00:12:07si demain,
00:12:07à cause de votre proposition
00:12:08de loi,
00:12:09Alger puisse désormais
00:12:11compter sur le vote
00:12:12de 700 000
00:12:13de ses ressortissants ?
00:12:14Pensez-vous
00:12:14que cela renforcera
00:12:15la cohésion nationale ?
00:12:17Je pourrais continuer
00:12:17en prenant comme autre exemple
00:12:19la volonté assumée
00:12:20du régime d'Erdogan
00:12:20d'utiliser la diaspora
00:12:24des leviers puissants
00:12:25d'influence
00:12:25pour promouvoir
00:12:26l'islam politique
00:12:26de Miligorus
00:12:27ou leurs intérêts hostiles
00:12:29aux Kurdes
00:12:29et aux Arméniens ?
00:12:30Nous savons depuis
00:12:31la création du parti
00:12:32Égalité et Justice
00:12:33que la Turquie cherche
00:12:35à déployer un entrisme
00:12:36à l'échelon politique local,
00:12:38notamment dans des territoires
00:12:39où la diaspora
00:12:39est fortement implantée.
00:12:41Madame la députée,
00:12:42pensez-vous sérieusement
00:12:43que dans ce contexte,
00:12:44il soit judicieux
00:12:44d'accorder le droit de vote
00:12:46aux élections municipales
00:12:46à plus de 300 000 étrangers turcs
00:12:48dont la plupart
00:12:49sont des soutiens affirmés
00:12:50du président Erdogan ?
00:12:52Pensez-vous
00:12:52que cela renforcera
00:12:53ou bien affaiblira
00:12:54la cohésion nationale ?
00:12:55Pour nous,
00:12:56la réponse est très claire.
00:12:57Accorder le droit de vote
00:12:58aux étrangers,
00:12:59c'est brader la citoyenneté française
00:13:00et c'est affaiblir durablement
00:13:02les intérêts fondamentaux
00:13:03de la nation.
00:13:04Pour toutes ces raisons,
00:13:05le groupe Rassemblement National
00:13:06et ses alliés
00:13:06Identité-Liberté
00:13:07votent contre cette proposition
00:13:09de loi constitutionnelle
00:13:10qui rencontre
00:13:11une opposition nette
00:13:12d'une majorité de Français.
00:13:13Je vous remercie.
00:13:14Merci.
00:13:15La parole est à Guillaume
00:13:16Casbarian
00:13:17pour le groupe
00:13:17Ensemble pour la République.
00:13:21Monsieur Monnier,
00:13:22votre micro,
00:13:22s'il vous plaît.
00:13:25Merci,
00:13:26Monsieur le Président,
00:13:26Madame la rapporteure,
00:13:27chers collègues.
00:13:28Ce texte n'est pas
00:13:29un texte technique,
00:13:30c'est un texte idéologique
00:13:31et c'est précisément
00:13:32pour cela qu'il apporte,
00:13:34il nécessite
00:13:34une réponse politique claire.
00:13:36En France,
00:13:37le droit de vote
00:13:37n'a jamais été
00:13:38un droit d'usage.
00:13:40Ce n'est pas un droit
00:13:40attaché à la résidence,
00:13:42ce n'est pas un droit
00:13:43attaché à la simple présence
00:13:44sur le territoire,
00:13:45c'est un droit politique
00:13:47au sens le plus exigeant
00:13:49du terme.
00:13:49Dans la tradition libérale
00:13:51et républicaine française
00:13:52de Benjamin Constant
00:13:53à Alexis de Tocqueville,
00:13:54une idée est constante.
00:13:55La participation
00:13:56à la souveraineté
00:13:57ne se réduit pas
00:13:58à la jouissance
00:13:58de droits individuels.
00:14:00Elle suppose
00:14:00une appartenance
00:14:01assumée
00:14:02à une communauté politique,
00:14:04à des devoirs,
00:14:05à un engagement.
00:14:06Voter,
00:14:07ce n'est pas simplement
00:14:08exprimer une opinion,
00:14:09c'est participer
00:14:10à l'exercice
00:14:10de la souveraineté nationale.
00:14:12Or,
00:14:12cette souveraineté
00:14:13n'appartient pas
00:14:13aux résidents d'un péri,
00:14:15elle appartient
00:14:16au peuple français.
00:14:17Depuis la révolution
00:14:18de 1789,
00:14:19la République repose
00:14:20sur un principe simple
00:14:21et cohérent,
00:14:22la citoyenneté
00:14:23fonde le droit de vote
00:14:24et non l'inverse.
00:14:26C'est cette clarté
00:14:27que ce texte cherche
00:14:28à brouiller.
00:14:29On nous explique
00:14:30qu'il faudrait dissocier
00:14:30citoyenneté et nationalité,
00:14:32que la résidence suffirait,
00:14:34que l'ancrage local suffirait,
00:14:36que la contribution économique
00:14:38suffirait.
00:14:39Mais posons la question
00:14:40franchement,
00:14:41qu'est-ce qu'être citoyen
00:14:42si ce n'est plus
00:14:43un choix politique ?
00:14:45La citoyenneté
00:14:45n'est pas une situation
00:14:46de fait,
00:14:47ce n'est pas un État passif,
00:14:48c'est un engagement
00:14:49réciproque
00:14:50entre un individu
00:14:52et la nation.
00:14:53Alexis de Tocqueville
00:14:54l'avait montré
00:14:54avec une grande lucidité,
00:14:55la démocratie ne tient pas
00:14:56seulement par des droits
00:14:57formels,
00:14:58mais par l'existence
00:14:59d'un corps politique
00:15:00conscient de lui-même,
00:15:01partageant des règles,
00:15:03une histoire
00:15:03et un destin commun.
00:15:05On nous oppose souvent
00:15:06l'exemple des ressortissants
00:15:07européens,
00:15:07mais chacun ici
00:15:08que la comparaison
00:15:09est trompeuse.
00:15:10Les citoyens européens
00:15:10votent aux élections municipales
00:15:12non pas en vertu
00:15:13de la résidence,
00:15:14mais en vertu
00:15:14d'une citoyenneté européenne
00:15:15fondée sur des traités,
00:15:18sur la réciprocité
00:15:19et sur une souveraineté
00:15:20volontairement partagée
00:15:21entre États.
00:15:22Ce n'est pas une citoyenneté
00:15:23de résidence,
00:15:23c'est une citoyenneté politique.
00:15:26Et puisqu'il est question
00:15:26de cohérence politique,
00:15:27parlons-en,
00:15:28Madame la rapporteure.
00:15:28A plus de 16 000 kilomètres
00:15:30de cette salle,
00:15:31il existe un territoire français,
00:15:32la Nouvelle-Calédonie.
00:15:33Un territoire où des Français
00:15:35de nationalité française,
00:15:37parfois nés sur place,
00:15:39parfois installés
00:15:40et résidents sur place
00:15:41depuis plus de 20 ans,
00:15:42n'ont pas le droit de vote
00:15:43aux élections locales.
00:15:45Ils remplissent pourtant
00:15:45deux critères,
00:15:47la nationalité
00:15:47et la résidence.
00:15:49Et pourtant,
00:15:49votre groupe,
00:15:50Madame la rapporteure,
00:15:51refuse de leur reconnaître
00:15:52ce droit de vote.
00:15:53Alors la question est simple,
00:15:55pourquoi est-ce que vous défendez
00:15:56en métropole
00:15:57au nom de la résidence ?
00:15:58Vous le combattez
00:15:59en Nouvelle-Calédonie.
00:16:00Pourquoi ce principe
00:16:01serait-il progressiste ici
00:16:03et dangereux là-bas ?
00:16:05Ce paradoxe fragilise
00:16:06profondément votre raisonnement.
00:16:08J'en viens maintenant
00:16:08à un point que ce texte
00:16:09laisse entièrement
00:16:10dans l'angle mort.
00:16:11Rien dans sa rédaction
00:16:12ne conditionne
00:16:13l'exercice du droit de vote
00:16:14à une résidence régulière
00:16:16sur le territoire français.
00:16:18Que se passerait-il alors
00:16:19dans des territoires
00:16:19comme Mayotte
00:16:20où l'immigration irrégulière
00:16:21est massive,
00:16:22où les équilibres démographiques,
00:16:23sociaux et institutionnels
00:16:24sont déjà extrêmement fragiles ?
00:16:26Proposer une réforme constitutionnelle
00:16:28sans répondre
00:16:28à cette question alimentaire
00:16:29est-ce vraiment responsable ?
00:16:31On nous dit enfin
00:16:32ils vivent ici,
00:16:33ils travaillent ici,
00:16:33ils payent des impôts ici.
00:16:35Mais Frédéric Bastia
00:16:35nous mettait précisément
00:16:36en garde contre cette confusion.
00:16:38Lorsque les droits politiques
00:16:39deviennent la contrepartie
00:16:40d'intérêts matériels,
00:16:41la démocratie cesse
00:16:42d'être un principe
00:16:43et devient un instrument.
00:16:45La République française
00:16:45n'a jamais confondu
00:16:46contribution économique
00:16:47et souveraineté politique.
00:16:49Sinon, la démocratie
00:16:50devient un marché.
00:16:51Ce n'est pas notre modèle,
00:16:52ce n'est pas notre histoire,
00:16:53ce n'est pas la France.
00:16:54Nous faisons un autre choix,
00:16:56le choix exigeant
00:16:57mais cohérent
00:16:58de l'accès
00:16:59à la nationalité française,
00:17:02le choix de l'assimilation
00:17:03par la citoyenneté
00:17:04pleine et entière.
00:17:05En France,
00:17:05le droit de vote
00:17:06est un acte grave,
00:17:07un acte fort,
00:17:07un acte qui engage la nation
00:17:09et nous voulons
00:17:09qu'il le reste
00:17:10et c'est pour cela
00:17:11que le groupe
00:17:12Ensemble pour la République
00:17:13votera contre
00:17:14cette proposition
00:17:14de loi constitutionnelle.
00:17:15Je vous remercie.
00:17:16Merci,
00:17:17la parole est à Gabriel Catala
00:17:18pour le groupe
00:17:18La France Insoumise.
00:17:19Merci Président,
00:17:21collègues,
00:17:22rapporteurs.
00:17:23J'introduirai le droit de vote
00:17:24des étrangers aux élections locales
00:17:26sans rien craindre
00:17:27pour notre citoyenneté,
00:17:28pour la cohésion du pays
00:17:29en mettant de côté
00:17:30les peurs,
00:17:31les frilosités
00:17:32et les conservatismes.
00:17:33Je vous cite volontairement
00:17:34et avec le plus grand plaisir
00:17:35François Hollande
00:17:36lors de son discours
00:17:37du Bourget en 2012,
00:17:39lui qui avait promis
00:17:39d'accorder le droit de vote
00:17:40aux étrangers
00:17:41non ressortissants de l'UE
00:17:42aux élections municipales,
00:17:44un renoncement
00:17:44parmi tant d'autres.
00:17:46Car cela fait 40 ans
00:17:47que cette belle idée démocratique
00:17:48soutenue par 67% des Français
00:17:50est reportée à plus tard
00:17:51et 25 ans
00:17:52que cette révision constitutionnelle
00:17:54proposée dès 1999
00:17:55est votée pour la première fois
00:17:57en 2000
00:17:57et bloquée
00:17:58entre l'Assemblée
00:17:59et le Sénat.
00:18:00La France est bien en retard
00:18:02par rapport à ses voisins.
00:18:03Elle fait malheureusement partie
00:18:05des 11 pays opposés
00:18:06au droit de vote
00:18:06des étrangers hors UE.
00:18:08A l'inverse,
00:18:0914 pays européens
00:18:10dont l'Irlande,
00:18:11la Belgique,
00:18:11les Pays-Bas,
00:18:12l'Espagne,
00:18:12la Suède et la Hongrie
00:18:13ont progressivement autorisé
00:18:15le droit de vote
00:18:15voire dégénibilité
00:18:17après une durée de résidence
00:18:18qui est aussi entre 2 et 8 ans.
00:18:21Pourtant,
00:18:22en France,
00:18:22une certaine catégorie
00:18:23d'étrangers
00:18:24peut déjà voter
00:18:25aux élections municipales,
00:18:26les étrangers issus
00:18:27de l'Union européenne
00:18:28qui ont voté
00:18:29pour la première fois
00:18:30aux élections
00:18:30en 2001.
00:18:32Pourquoi donc
00:18:32tant de réticences
00:18:33à étendre
00:18:33pour tous les étrangers
00:18:34un droit appliqué
00:18:35depuis 34 ans
00:18:37pour 26 États ?
00:18:38Comment justifier
00:18:39que dans une même cage
00:18:40d'escalier,
00:18:40un même village,
00:18:41une même ville,
00:18:42un étranger ressortissant
00:18:43de l'UE
00:18:43puisse voter,
00:18:44mais pas son voisin
00:18:45asiatique,
00:18:46africain ou américain ?
00:18:48Cette discrimination
00:18:48entre étrangers européens
00:18:49et extra-européens
00:18:50convient bien
00:18:51à l'extrême droite
00:18:51et à la droite extrême.
00:18:53Quand le sujet est revenu
00:18:54en 2022
00:18:54via une proposition de loi,
00:18:56ils parlaient
00:18:56de provocation
00:18:57et de faute.
00:18:58Ils affirmaient
00:18:59comme Bardella
00:18:59que ce serait
00:19:00une dépossession finale
00:19:01des Français
00:19:02et de leur pays.
00:19:03Bref,
00:19:03la haine pour seul horizon.
00:19:05C'est une position
00:19:06d'idéologue
00:19:07coupée des réalités
00:19:08de la vie
00:19:09de tous les jours.
00:19:10Car la réalité,
00:19:11c'est que les résidents
00:19:11étrangers sont déjà
00:19:13des membres
00:19:13de la communauté nationale.
00:19:15Ils sont déjà
00:19:15des citoyens
00:19:16dans l'entreprise.
00:19:17Ils peuvent se syndiquer.
00:19:18Ils votent
00:19:18aux élections professionnelles.
00:19:20Ils cotisent
00:19:20pour la sécu
00:19:21et la retraite.
00:19:22Les étrangers
00:19:22sont déjà des citoyens
00:19:24en tant qu'usagers
00:19:24des services publics.
00:19:25Ils participent
00:19:26par exemple
00:19:26à la communauté scolaire
00:19:27en tant que parents d'élèves
00:19:28à égalité
00:19:29avec les parents français.
00:19:30À l'échelle locale,
00:19:31les étrangers contribuent
00:19:32déjà au conseil
00:19:33de copropriété,
00:19:34au conseil de quartier
00:19:34et à la vie associative.
00:19:36Mais l'extrême droite
00:19:37et ses partenaires
00:19:37refusent qu'ils participent
00:19:38à la représentation politique
00:19:39de leur commune
00:19:40parce qu'ils n'ont pas
00:19:43une conception républicaine
00:19:44de la citoyenneté
00:19:44mais ethnique.
00:19:46Quand vous refusez
00:19:46à l'extrême droite
00:19:47le droit de s'exprimer
00:19:48à des gens
00:19:48qui contribuent de fait
00:19:49à la France,
00:19:50à des gens qui sont
00:19:51des citoyens
00:19:51de fait sinon de droit,
00:19:53que faites-vous
00:19:54sinon discriminer
00:19:54les résidents
00:19:55selon leur origine ?
00:19:57Je crois qu'il faut là
00:19:57revenir à la racine
00:19:59de notre République,
00:20:00fidèle au contrat social
00:20:01de Rousseau,
00:20:02la première République
00:20:03accordée la citoyenneté
00:20:04à tout étranger
00:20:05qui, domicilien en France
00:20:06depuis une année,
00:20:07y vit de son travail
00:20:08ou acquiert une propriété,
00:20:09ou épouse une Française
00:20:11ou adopte un enfant
00:20:11ou nourrit un vieillard.
00:20:13Pourquoi ?
00:20:14Parce que les Constituants
00:20:14de 1793 comprenaient
00:20:16que la France
00:20:16était un corps politique
00:20:17et non ethnique
00:20:18et qu'on y adhérait
00:20:19en participant
00:20:20aux biens publics
00:20:21et non par la chance
00:20:21d'être nés au bon endroit.
00:20:23Le constat que nous allons
00:20:24malheureusement
00:20:24de nouveau faire ce matin
00:20:25et que nous faisons
00:20:26depuis tout à l'heure,
00:20:27c'est que de prétendus républicains
00:20:29vont utiliser
00:20:29de moult arguments malhonnêtes
00:20:31pour échapper
00:20:31aux principes de la République,
00:20:33les principes de la République
00:20:34humanistes, intégrateurs,
00:20:35égalitaires,
00:20:36qui n'ont rien à voir
00:20:37avec vos éléments de langage
00:20:38pour faire passer
00:20:39des idées
00:20:39et des lois xénophobes.
00:20:41Il est par conséquent
00:20:42regrettable de constater
00:20:43que la France
00:20:44n'est pas le pays
00:20:44qui applique le mieux
00:20:45le programme
00:20:46de la République française.
00:20:47Aux Pays-Bas,
00:20:48les étrangers peuvent voter
00:20:49et être élus
00:20:49aux élections locales
00:20:50depuis 1986.
00:20:52En Belgique,
00:20:53au Danemark,
00:20:53en Suède,
00:20:54en Estonie,
00:20:54en Lituanie,
00:20:55ils peuvent voter
00:20:56après 5 ans de résidence.
00:20:57En Irlande,
00:20:58le droit de vote
00:20:58aux étrangers
00:20:59aux élections locales
00:21:00est exactement égal
00:21:00à celui des Irlandais
00:21:01et ce depuis 1963.
00:21:03Même la Hongrie
00:21:04de Victor Orban
00:21:05n'a pas remis en cause
00:21:06le droit de vote
00:21:07aux élections locales
00:21:08des étrangers.
00:21:09Collègues,
00:21:10renomons avec notre idéal
00:21:11républicain
00:21:12en reconnaissant
00:21:12que ceux qui participent
00:21:13à la vie de la Commune
00:21:14doivent aussi pouvoir
00:21:15choisir leurs représentants.
00:21:16Merci.
00:21:18La parole est à Colette Cadavial
00:21:19pour le groupe socialiste.
00:21:21Merci,
00:21:21M. le Président,
00:21:22Mme la rapporteure,
00:21:23mes chers et chers collègues.
00:21:25Cette proposition de loi
00:21:26est un texte de choix politique.
00:21:28Depuis 25 ans,
00:21:29il avance à la vitesse
00:21:30d'une tortue tétraplégique,
00:21:33de navette en navette,
00:21:34non pas parce qu'il serait mal écrit,
00:21:36mais parce qu'il poserait
00:21:37un problème juridique,
00:21:38ni parce qu'il poserait
00:21:39d'ailleurs un problème juridique,
00:21:40mais parce qu'il pose
00:21:41une question simple
00:21:42et profondément politique.
00:21:45Quels êtres humains
00:21:46font partie
00:21:48de la communauté démocratique locale ?
00:21:51En 1999,
00:21:52quand cette proposition
00:21:53de loi est déposée,
00:21:54la gauche gouverne
00:21:55et assume complètement
00:21:57d'élargir les droits.
00:21:58Elle croit
00:21:58dans la force intégratrice
00:22:00de la République.
00:22:01Elle croit
00:22:02que la citoyenneté
00:22:03ne se divise pas,
00:22:04qu'elle se construit
00:22:05par la participation,
00:22:06par l'engagement
00:22:07et par la vie commune.
00:22:0925 ans plus tard,
00:22:09le paysage politique
00:22:11a bien changé.
00:22:12Les idées de l'extrême droite
00:22:13ont infiltré le débat public
00:22:15qui s'est bien durci.
00:22:16A force de reculer,
00:22:17à force de renoncer,
00:22:19de s'excuser presque
00:22:20de défendre l'égalité,
00:22:22on a fini par laisser croire
00:22:23que reconnaître
00:22:24des droits nouveaux
00:22:25constituerait finalement
00:22:26une menace.
00:22:27C'est ce que vient nous dire
00:22:28le RN aujourd'hui.
00:22:29Or, ce texte,
00:22:30il dit exactement l'inverse.
00:22:32Il ne parle ni de nationalité,
00:22:34ni de souveraineté nationale,
00:22:35ni d'élection nationale.
00:22:37Il parle juste
00:22:38de démocratie locale,
00:22:40de communes,
00:22:40de quartiers,
00:22:41de services publics,
00:22:42d'écoles,
00:22:43de transports,
00:22:43de crèches,
00:22:44de logements.
00:22:45Il parle de femmes
00:22:46et d'hommes
00:22:47qui vivent ici,
00:22:48qui travaillent ici,
00:22:49qui élèvent leurs enfants ici,
00:22:50qui paient des taxes,
00:22:51qui paient des impôts ici,
00:22:53qui participent
00:22:53à la vie associative,
00:22:55syndicale,
00:22:56culturelle de nos villes,
00:22:57mais à qui
00:22:57on refuserait le droit
00:22:58le plus élémentaire,
00:23:00seulement celui de voter
00:23:01là où ils vivent.
00:23:03Ce droit est strictement encadré,
00:23:06limité aux élections municipales,
00:23:09sans accès aux fonctions
00:23:11exécutives locales,
00:23:12sans aucune incidence
00:23:13sur les élections sénatoriales.
00:23:15Il n'enlève rien à personne,
00:23:17il n'note rien à personne,
00:23:19il ajoute simplement
00:23:20de la démocratie.
00:23:22Contrairement à ce que certains
00:23:23voudraient faire croire,
00:23:24la France, là,
00:23:26n'invente rien.
00:23:27Dans une grande partie
00:23:28de l'Europe,
00:23:29ce droit existe déjà,
00:23:31et depuis de nombreuses années.
00:23:34Ce droit de vote,
00:23:35d'ailleurs,
00:23:35dans tous les autres États européens
00:23:37dans lesquels il est possible,
00:23:39n'a rien fragilisé,
00:23:42ni les institutions,
00:23:43il n'a pas menacé
00:23:45la cohésion nationale,
00:23:47il a juste permis
00:23:48à davantage d'habitants
00:23:50de se sentir reconnus,
00:23:54de se sentir intégrés,
00:23:56de se sentir responsables
00:23:58et enfin un peu légitimes.
00:24:00Alors, pour ce qui concerne
00:24:01le groupe socialiste
00:24:02et apparenté,
00:24:03nous refusons l'idée
00:24:05d'une citoyenneté
00:24:06qui exclut,
00:24:07qui soupçonne
00:24:08et qui hiérarchise
00:24:10les habitants
00:24:11selon leur origine.
00:24:12Bon, pour toutes ces raisons,
00:24:13le groupe socialiste
00:24:14soutient ce texte
00:24:16et appelle à lui donner
00:24:17enfin,
00:24:18je dis bien enfin,
00:24:20la suite politique
00:24:21et démocratique
00:24:21qu'il mérite
00:24:22depuis un quart de siècle.
00:24:24Merci.
00:24:25La parole est à Elisabeth Demestre
00:24:27pour le groupe droite républicaine.
00:24:29Merci, monsieur le président.
00:24:30Mes chers collègues,
00:24:31madame la rapporteure,
00:24:32nous examinons aujourd'hui
00:24:33un vieux projet
00:24:34tombé dans les oubliettes
00:24:35de l'histoire
00:24:36depuis bien longtemps
00:24:37qui vise à ouvrir
00:24:38le droit de vote
00:24:38aux élections locales,
00:24:39aux étrangers
00:24:40non ressortissants
00:24:41de l'Union européenne.
00:24:43Cette idée figurait déjà
00:24:45dans le programme
00:24:46de François Mitterrand
00:24:47en 1981
00:24:48et qui n'a naturellement
00:24:50jamais tenu sa promesse,
00:24:52ce texte s'opposant
00:24:53à un principe constitutionnel
00:24:55fondamental
00:24:56affirmé depuis
00:24:57la Révolution française.
00:24:59Le droit de vote
00:24:59est indissociable
00:25:01de la nationalité.
00:25:02Le droit de vote
00:25:03n'est pas un simple outil
00:25:04de participation locale.
00:25:05Il est l'expression directe
00:25:07de la souveraineté nationale.
00:25:09Or, l'article 3
00:25:10de notre Constitution
00:25:11est sans ambiguïté.
00:25:12Je le cite
00:25:13« La souveraineté nationale
00:25:14appartient au peuple
00:25:16qu'il exerce
00:25:17par ses représentants
00:25:18et par la voie du référendum.
00:25:19Cette souveraineté
00:25:20ne peut être dissociée
00:25:21de la citoyenneté.
00:25:22Elle appartient
00:25:23aux citoyens
00:25:24et à eux seuls. »
00:25:26Notre jurisprudence
00:25:27constitutionnelle
00:25:28est constante sur ce point.
00:25:29Dans sa décision
00:25:30du 9 avril 1992
00:25:32relative au traité
00:25:33de l'Union européenne,
00:25:34le Conseil constitutionnel
00:25:36a jugé la participation
00:25:37des étrangers
00:25:38aux élections municipales
00:25:39incompatible
00:25:40avec les articles 3
00:25:4124 et 72
00:25:43de la Constitution
00:25:44interprétées
00:25:45de manière combinée.
00:25:46Il en a déduit
00:25:47que seuls les nationaux français
00:25:48disposent du droit
00:25:48de vote
00:25:49et d'éligibilité
00:25:50pour la désignation
00:25:51de l'organe délibérant
00:25:52d'une collectivité
00:25:53territoriale,
00:25:54notamment les conseillers
00:25:55municipaux.
00:25:56Le traité de Maastricht,
00:25:57quant à lui,
00:25:58a conduit la France
00:25:58à accorder le droit
00:25:59de vote et d'éligibilité
00:26:00aux élections municipales
00:26:01françaises,
00:26:02aux citoyens
00:26:02de l'Union européenne.
00:26:03Cette extension repose
00:26:04sur la citoyenneté
00:26:05européenne
00:26:06et la réciprocité
00:26:08entre États membres.
00:26:09ouvrir le vote
00:26:10aux étrangers
00:26:11reviendrait à rompre
00:26:12avec un principe essentiel
00:26:13qui est l'unité
00:26:14du peuple souverain.
00:26:15La République
00:26:16ne reconnaît pas
00:26:16des souverainetés
00:26:17partielles,
00:26:18des citoyennetés
00:26:19à géométrie variable.
00:26:20Elle repose
00:26:20sur un corps civique
00:26:21unifié,
00:26:23fondé sur l'appartenance
00:26:24à la nation.
00:26:25Les communes
00:26:26ne sont pas
00:26:26de simples espaces
00:26:27administratifs
00:26:27et ne méritent pas
00:26:28des élections secondaires.
00:26:30Cette proposition
00:26:31de loi repose
00:26:32sur une idée
00:26:33qui paraît séduisante
00:26:34au premier abord
00:26:34mais qui est
00:26:35profondément trompeuse.
00:26:37Elle tente
00:26:37à faire croire
00:26:38que le droit de vote
00:26:39serait un outil
00:26:39d'intégration.
00:26:41En réalité,
00:26:42elle inverse
00:26:42totalement
00:26:42la logique républicaine.
00:26:44Dans la tradition française,
00:26:46on ne devient pas citoyen
00:26:47par un bulletin de vote.
00:26:48On le devient
00:26:49par un parcours
00:26:49d'intégration exigeant.
00:26:52Apprendre le français,
00:26:53respecter les lois
00:26:53de la République,
00:26:54adhérer à la laïcité,
00:26:56à l'égalité
00:26:56entre les femmes
00:26:57et les hommes,
00:26:58accepter un cadre commun
00:26:59et une histoire partagée.
00:27:01On ne s'intègre pas
00:27:02parce qu'on a le droit
00:27:02de voter,
00:27:03on a le droit de voter
00:27:04parce qu'on s'est intégré.
00:27:05La citoyenneté
00:27:06est un aboutissement
00:27:07et non pas un préliminaire.
00:27:10Fustelle de Coulanges
00:27:11disait que les hommes
00:27:11sentent dans leur cœur
00:27:13qu'ils sont un même peuple
00:27:14lorsqu'ils ont
00:27:15une communauté d'idées,
00:27:17d'intérêts,
00:27:18d'affections,
00:27:19de souvenirs
00:27:19et d'espérances.
00:27:20Voilà ce qui fait
00:27:21la patrie.
00:27:22Dire que le droit de vote
00:27:23fait l'intégration,
00:27:25c'est confondre
00:27:25le symbole
00:27:26et la réalité.
00:27:27L'intégration
00:27:28ne se décrète pas
00:27:29dans un isoloir,
00:27:30elle se construit
00:27:31à l'école,
00:27:32par le travail,
00:27:33par l'effort,
00:27:33par le respect
00:27:34et des règles communes.
00:27:36Accorder des droits politiques
00:27:37avant même
00:27:37que ce processus
00:27:38ne soit accompli,
00:27:39c'est envoyer
00:27:40un mauvais message.
00:27:41L'adhésion à la nation
00:27:42ne serait plus nécessaire
00:27:43pour participer
00:27:44à la décision publique.
00:27:46Mes chers collègues,
00:27:46la République offre déjà
00:27:47un chemin droit,
00:27:49exigeant et juste,
00:27:50c'est celui
00:27:51de la naturalisation.
00:27:52C'est le cadre républicain
00:27:54qui permet à celles
00:27:54et ceux qui le souhaitent
00:27:55de rejoindre pleinement
00:27:57la communauté nationale
00:27:58et d'accéder
00:27:59à l'ensemble
00:28:00des droits civiques.
00:28:02Ce processus
00:28:02n'est pas une barrière arbitraire,
00:28:04c'est un engagement réciproque,
00:28:05une adhésion,
00:28:06un destin commun.
00:28:08Je veux également souligner
00:28:09une incohérence majeure
00:28:10de cette proposition
00:28:10qui ne prévoit pas
00:28:11de principe de réciprocité.
00:28:13Autrement dit,
00:28:14la France accorderait
00:28:15un droit politique fondamental
00:28:16sans exiger
00:28:17que nos compatriotes
00:28:18bénéficient des mêmes droits
00:28:19dans les pays concernés.
00:28:20une telle asymétrie interroge
00:28:22tant sur le plan diplomatique
00:28:23que sur le plan
00:28:25du bon sens républicain.
00:28:26Pour toutes ces raisons
00:28:27et au nom
00:28:27de la souveraineté nationale
00:28:28de l'unité du peuple français
00:28:30et du cadre républicain
00:28:31que constitue la naturalisation,
00:28:33le groupe de la droite républicaine
00:28:35s'opposera
00:28:36à cette proposition
00:28:36de loi constitutionnelle.
00:28:38Merci M. le Président.
00:28:41Je crois que notre rapporteur
00:28:43Léa Balagel-Mariqui
00:28:43a tout dit ou presque
00:28:45et l'appui apporté
00:28:47par Mme Catala
00:28:48et Cap de Vielle
00:28:49est venu, je crois,
00:28:51nourrir les arguments nécessaires
00:28:53en faveur d'une telle
00:28:56avancée démocratique
00:28:57qui sans doute
00:28:58constituerait une avancée révolutionnaire
00:29:01selon moi.
00:29:02Mais contrairement à ce qui a été dit,
00:29:03dans la pleine fidélité
00:29:05au principe de 1789 et 1793,
00:29:08dont nous sommes les dépositaires
00:29:08et pas les adversaires,
00:29:10Mme la députée.
00:29:11Au cœur de cet engagement
00:29:13pris par la gauche
00:29:17il y a longtemps,
00:29:18rejoint par des figures de droite,
00:29:19ça a été rappelé,
00:29:20il y a cette idée
00:29:22d'une citoyenneté réelle,
00:29:27non pas théorique, idéologique,
00:29:28mais réelle, de proximité
00:29:30qui se traduit déjà
00:29:32dans l'engagement associatif,
00:29:34qui se traduit déjà
00:29:35dans les élections professionnelles
00:29:36et étudiantes
00:29:37où le droit de vote
00:29:37et l'éligibilité existe déjà,
00:29:39qui se traduit aussi
00:29:41par le même type d'exercice
00:29:42reconnu légalement
00:29:43par les parents d'élèves
00:29:44qui non seulement vivent
00:29:46dans leur commune
00:29:46et amènent leurs enfants,
00:29:47mais votent pour désigner
00:29:48les délégués
00:29:49qui vont ensuite
00:29:51délibérer entre eux
00:29:52lorsqu'il y a des soucis
00:29:53dans l'établissement
00:29:54ou des projets améliorés.
00:29:56Donc, cette réalité-là,
00:29:57elle s'incarne.
00:29:58Et on arrive dans des situations
00:29:59complètement ubuesques
00:30:00où par exemple,
00:30:01je crois que l'exemple
00:30:02a été cité tout à l'heure
00:30:02par Léa Balagel-Mariqui,
00:30:05l'exemple de Tidiane Diallo
00:30:08que nous avons effectivement
00:30:09auditionné
00:30:10lorsque nous avons rencontré
00:30:12le Parlement des exilés.
00:30:13Figurez-vous
00:30:14qu'il participe
00:30:15pendant deux jours
00:30:16en tant qu'assesseur
00:30:17à l'organisation
00:30:18d'un scrutin.
00:30:19Il permet le vote
00:30:21de dizaines de milliers
00:30:22de nos compatriotes
00:30:23dans leur élection locale,
00:30:24mais lui n'a pas le droit de vote.
00:30:25On se retrouve
00:30:26dans une situation
00:30:26totalement ubuesque
00:30:27et insensée
00:30:28qui, je crois,
00:30:30nourrissent même
00:30:31une forme de violence
00:30:32institutionnelle
00:30:33à l'égard de nombreux
00:30:35de nos compatriotes
00:30:35qui pourtant
00:30:36s'activent ici
00:30:37et vivent ici.
00:30:39Et je voudrais dire
00:30:39à M. Casbaryan
00:30:40qui a évoqué tout à l'heure
00:30:41de façon très théorique,
00:30:43enfin une théorie
00:30:44qui lui est tout à fait propre,
00:30:46ce que serait selon lui
00:30:47la citoyenneté,
00:30:51il se trouve qu'il y a
00:30:53selon moi
00:30:53beaucoup plus de pertinence,
00:30:55de justice
00:30:56et de cohérence républicaine
00:30:58à accorder le droit de vote
00:31:00aux élections locales,
00:31:01à des personnes
00:31:01qui vivent ici,
00:31:02qui payent leurs impôts,
00:31:03qui ramassent nos poubelles,
00:31:05qui ramènent nos enfants
00:31:06à l'école
00:31:06en conduisant les bus
00:31:07et qui s'illustrent
00:31:09par une citoyenneté effective
00:31:11de bien d'autres manières
00:31:12plutôt qu'à quelques Français
00:31:14détenteurs
00:31:15de la nationalité française
00:31:16mais qui sont des exilés fiscaux
00:31:18et qui ne contribuent en rien
00:31:19à leur pays,
00:31:19voire même fuient
00:31:20l'essentiel
00:31:22de leurs obligations.
00:31:23L'intégration se fait
00:31:28par le vote,
00:31:29oui.
00:31:30Je m'ai cité des exemples
00:31:31tout à l'heure
00:31:32dans la vie professionnelle
00:31:33et quotidienne
00:31:33mais je pense qu'il y a
00:31:37au-delà de ces réalités
00:31:40déjà éprouvées
00:31:42qui sont des démonstrations,
00:31:44une réflexion à avoir.
00:31:46C'est que
00:31:47il y a un modèle parental
00:31:50qui est important.
00:31:51Lorsque vous avez
00:31:52des millions d'étrangers
00:31:53en France
00:31:54dont les enfants
00:31:55sont français
00:31:56mais qui ne votent pas
00:31:59aux élections,
00:32:01je vous assure
00:32:01que ce n'est pas
00:32:01le meilleur moyen
00:32:02de transmettre
00:32:02l'exercice de la citoyenneté.
00:32:05Si vous accordiez
00:32:06à leurs parents
00:32:06le droit d'être
00:32:07aux élections locales
00:32:08et on ne parle bien
00:32:09que des élections locales
00:32:10qui existent
00:32:11à l'instar
00:32:12de ce qui se fait
00:32:13pour les étrangers
00:32:14de nationalité européenne,
00:32:15ça a été évoqué
00:32:16tout à l'heure.
00:32:18Eh bien figurez-vous
00:32:18que les enfants
00:32:19seront habitués
00:32:21à la conversation politique,
00:32:23seront habitués
00:32:24à la délibération
00:32:25autour
00:32:26ou à la discussion
00:32:28autour des enjeux
00:32:29de la vie locale,
00:32:30de la municipalité,
00:32:31de la route,
00:32:31de l'école,
00:32:32de la signalisation,
00:32:33de l'emplacement
00:32:33de tel ou tel rond-point.
00:32:35Ça les concernerait
00:32:35bien plus.
00:32:37Et pour ceux
00:32:38qui s'effraient
00:32:38ou ont peur
00:32:39de quelque communautarisme
00:32:41que ce soit,
00:32:42sachez bien que
00:32:43lorsque vous dites
00:32:44à des gens
00:32:45vous n'êtes pas des nôtres,
00:32:47c'est vous
00:32:47qui favorisez
00:32:47du communautarisme.
00:32:48Vous leur dites
00:32:49restez entre eux.
00:32:49Merci beaucoup.
00:32:51Vous, plutôt que d'être
00:32:51avec nous.
00:32:52Merci.
00:32:53Monsieur Martineau,
00:32:54monsieur Eric, pardon Martineau
00:32:55pour le groupe
00:32:56Les Démocrates.
00:32:58Merci monsieur le Président,
00:32:59cher Florent,
00:33:01madame la rapporteure,
00:33:02chers collègues.
00:33:03Voilà un débat
00:33:03particulièrement intéressant
00:33:05en cette veille
00:33:06d'élection municipale.
00:33:08Un débat ancien
00:33:09et sensible,
00:33:10il faut le dire
00:33:10puisqu'il touche
00:33:11au cœur même
00:33:12de notre pacte républicain,
00:33:14le lien entre nationalité,
00:33:15citoyenneté
00:33:16et droit de vote.
00:33:17J'en profite
00:33:18pour saluer le travail
00:33:19de madame la rapporteure.
00:33:21Cette proposition de loi
00:33:22ne date pas d'hier,
00:33:24déposée en 1999,
00:33:26adoptée une première fois
00:33:27par l'Assemblée nationale,
00:33:29puis par le Sénat
00:33:30en 2011
00:33:31et elle nous revient
00:33:33aujourd'hui
00:33:34dans un contexte
00:33:35profondément différent.
00:33:37Cette tempérialité
00:33:38n'est pas neutre,
00:33:39d'autant plus
00:33:40à l'approche
00:33:40des élections
00:33:41de mars prochain.
00:33:42Si nous ne nous interrogeons
00:33:43pas sur la constitutionnalité
00:33:45de ce texte
00:33:46puisqu'il propose
00:33:47précisément
00:33:48de modifier
00:33:49la Constitution,
00:33:50pour autant
00:33:51notre groupe
00:33:52exprime
00:33:53de fortes réserves.
00:33:55La tradition républicaine
00:33:57française
00:33:57établit un lien étroit
00:33:58entre la nationalité
00:34:00et l'exercice
00:34:01des droits politiques.
00:34:03Le droit de vote
00:34:03n'est pas un simple attribut
00:34:05à la résidence,
00:34:06il constitue
00:34:07l'aboutissement
00:34:08d'un parcours
00:34:09d'intégration
00:34:10et d'adhésion
00:34:11à la nation.
00:34:11Le dissocier
00:34:13de la nationalité,
00:34:15même à l'échelle
00:34:15municipale,
00:34:16revient à modifier
00:34:17profondément
00:34:18l'équilibre
00:34:19de notre modèle
00:34:20républicain.
00:34:21Ce texte
00:34:22entend accorder
00:34:23à tous les étrangers
00:34:24résidant en France
00:34:25les mêmes droits
00:34:26qu'aux ressortissants
00:34:27européens.
00:34:28Mais à l'exception
00:34:29accordée aux citoyens
00:34:31de l'Union européenne,
00:34:32ne saurait être
00:34:33étendue sans précaution.
00:34:35Elle repose
00:34:35sur une logique
00:34:36de réciprocité
00:34:37et sur une communauté
00:34:39de destins spécifiques
00:34:41entre les peuples
00:34:42européens.
00:34:43Cette situation
00:34:44n'a pas d'équivalent
00:34:45au niveau mondial
00:34:46et ne peut servir
00:34:47de précédent général.
00:34:49Le texte
00:34:50qui nous est proposé
00:34:50fait l'impasse
00:34:51sur la question centrale
00:34:52de la réciprocité.
00:34:55L'introduire
00:34:55supposerait
00:34:56des accords
00:34:57bilatéraux complexes,
00:34:59souvent impossibles
00:35:00à conclure,
00:35:01notamment avec des États
00:35:02qui ne sont pas
00:35:03des démocraties.
00:35:05Ne pas l'introduire
00:35:06conduirait,
00:35:07à l'inverse,
00:35:08à une asymétrie
00:35:09diplomatique
00:35:09et à une égalité
00:35:10de traitement
00:35:11entre ressortissants
00:35:12d'États
00:35:13aux régimes politiques
00:35:14très différents,
00:35:15ce qui pose
00:35:16un vrai problème
00:35:17de cohérence.
00:35:18Par ailleurs,
00:35:19l'impact électoral
00:35:20de cette réforme
00:35:21serait considérable.
00:35:22Près de 3 millions
00:35:23de nouveaux électeurs
00:35:25intégreraient
00:35:25le corps électoral
00:35:26municipal
00:35:27avec des effets
00:35:29très inégalement
00:35:30répartis
00:35:31selon les territoires.
00:35:33Dans certains départements
00:35:34et collectivités,
00:35:35déjà confrontés
00:35:36à de fortes tensions,
00:35:37cet impact
00:35:38serait particulièrement
00:35:39marqué.
00:35:40Une telle transformation
00:35:41ne peut être engagée
00:35:42sans réflexion
00:35:43approfondie
00:35:44ni concertation.
00:35:46Enfin,
00:35:47ce texte apparaît
00:35:47en décalage
00:35:48avec les orientations
00:35:49législatives suivies
00:35:50depuis plus de 10 ans.
00:35:53Le législateur
00:35:53a fait le choix
00:35:54de privilégier
00:35:55l'intégration
00:35:56par la langue,
00:35:57par le travail
00:35:58et par l'adhésion
00:35:59aux valeurs
00:35:59de la République,
00:36:01tout en renforçant
00:36:02la lutte
00:36:02contre le séparatisme.
00:36:04Accorder le droit
00:36:05de vote
00:36:06sur le seul critère
00:36:07de la résidence
00:36:08constitue un contresens
00:36:10vis-à-vis de ses choix.
00:36:12Mes chers collègues,
00:36:13ce débat
00:36:13mérite mieux
00:36:14qu'une réponse
00:36:14symbolique ou partielle.
00:36:16Il engage
00:36:17des principes fondamentaux
00:36:19de notre démocratie
00:36:20et de notre conception
00:36:21de la citoyenneté.
00:36:23Pour le groupe
00:36:23Les Démocrates,
00:36:24le texte qui nous est proposé
00:36:25brouille ses repères
00:36:27sans apporter
00:36:28de solutions équilibrées.
00:36:30C'est pourquoi
00:36:30nous voterons
00:36:31contre cette proposition
00:36:32de loi constitutionnelle.
00:36:33Je vous remercie.
00:36:34Merci.
00:36:36La parole est à
00:36:36Xavier Albertini
00:36:37pour le groupe
00:36:38Horizon et Indépendant.
00:36:42Monsieur le Président,
00:36:43cher Florian Boudier,
00:36:44Madame la rapporteure,
00:36:46mes chers collègues,
00:36:46parmi les droits fondamentaux
00:36:47liés à la nationalité
00:36:48figurent le droit de vote
00:36:50et son corollaire
00:36:51le droit d'être éligible.
00:36:52Ce droit civique
00:36:53est un héritage
00:36:53de 1789,
00:36:55celui d'un suffrage
00:36:56universel
00:36:57où le peuple,
00:36:57seul titulaire
00:36:58de la souveraineté nationale,
00:36:59élit enfin
00:37:00ses représentants.
00:37:01Le droit de vote
00:37:02est en réalité
00:37:03bien plus qu'une affaire
00:37:04de droit individuel.
00:37:05Il est le premier
00:37:05des critères d'une démocratie
00:37:06indigne de ce nom.
00:37:08L'histoire française
00:37:08de l'accès des étrangers
00:37:09au droit de vote
00:37:10et d'éligibilité
00:37:11est longue.
00:37:12Elle a évolué
00:37:12en même temps
00:37:13que notre histoire politique.
00:37:14C'est ainsi
00:37:14qu'au lendemain
00:37:15du traité de Maastricht,
00:37:16fidèle à nos engagements
00:37:17européens,
00:37:17notre pays a ouvert
00:37:18le droit de vote
00:37:19et l'éligibilité
00:37:20dans le cadre
00:37:20des élections municipales
00:37:21aux ressortissants
00:37:23des pays de l'UE
00:37:24résidant en France.
00:37:26Nos collègues
00:37:26du groupe
00:37:26écologiste et social
00:37:27estiment aujourd'hui
00:37:28que cette ouverture
00:37:29du droit de vote
00:37:29est insuffisante,
00:37:30qu'il faudrait l'élargir
00:37:31encore, cette fois,
00:37:32à tous les étrangers
00:37:33qui résident
00:37:34sur notre territoire national.
00:37:36Pour vous,
00:37:37un tel élargissement
00:37:37serait un signe de progrès.
00:37:39Nous pouvons nous interroger
00:37:40sur ce que vous entendez
00:37:41par progrès.
00:37:42En faisant aujourd'hui
00:37:43votre les termes
00:37:44de ce texte
00:37:44adopté en dernier lieu
00:37:45par le Sénat en 2011,
00:37:47soit plus de 14 ans,
00:37:48vous inscrivez en réalité
00:37:49dans une démarche
00:37:50en profond décalage
00:37:51à la fois avec notre
00:37:52histoire nationale
00:37:53et avec les principes
00:37:54qui font d'aujourd'hui
00:37:54la citoyenneté française.
00:37:55Tout d'abord,
00:37:56cette proposition
00:37:57ne tient pas compte
00:37:58de notre histoire politique.
00:37:59Le temps où,
00:38:00au lendemain de la révolution
00:38:01de 1789,
00:38:02la distinction entre
00:38:03étrangers et citoyens
00:38:04n'était pas encore affirmée,
00:38:05permettant de conférer
00:38:06le droit de vote
00:38:07à chaque citoyen,
00:38:08qu'il soit français ou non,
00:38:09est révolu.
00:38:10En effet,
00:38:11s'y est progressivement
00:38:12substituée une conception
00:38:13liant citoyenneté
00:38:15et nationalité,
00:38:16entraînant dès lors
00:38:17une restriction
00:38:17du droit de vote
00:38:18aux seuls nationaux.
00:38:19Cette nationalisation
00:38:20de la citoyenneté
00:38:21n'a rien d'un gros mot.
00:38:22Elle constitue
00:38:22une actualisation
00:38:23de l'héritage de 1789
00:38:25à l'autre d'une notion
00:38:26aussi structurante
00:38:27que celle d'État-nation.
00:38:29Votre raisonnement
00:38:30ne s'inscrit pas davantage
00:38:31dans le cadre contemporain
00:38:32de la citoyenneté française.
00:38:33La logique
00:38:34qui sous-tend ce texte
00:38:35est en contradiction totale
00:38:36avec la logique
00:38:37de l'intégration
00:38:38par l'acquisition
00:38:38de la nationalité.
00:38:40Là où vous proposez
00:38:41l'octroi du droit de vote
00:38:42à tous les étrangers
00:38:43résidant en France,
00:38:44nous proposons tout simplement
00:38:45à celles et ceux
00:38:46qui le souhaitent
00:38:46et qui présentent
00:38:47toutes les garanties
00:38:48d'intégration
00:38:48dans notre société
00:38:49de devenir français.
00:38:50Vous le voyez,
00:38:51cette nationalisation
00:38:52de la citoyenneté
00:38:53nous a nullement conduits
00:38:54à renoncer à nos idéaux.
00:38:55Fidèle à l'héritage
00:38:56de 1789,
00:38:58la nationalité française
00:38:59demeure ouverte
00:38:59à tous les étrangers
00:39:00qui le souhaitent
00:39:01et qui correspondent
00:39:01aux critères fixés
00:39:03par la loi.
00:39:03Le groupe horizon indépendant
00:39:04s'oppose tant à la philosophie
00:39:06qu'à l'esprit de ce texte.
00:39:08Permettez-nous enfin
00:39:09de rappeler que la constitution
00:39:10du 4 octobre 1958
00:39:12est la colonne vertébrale
00:39:13de nos institutions.
00:39:15Rédigée sous l'autorité
00:39:15du général de Gaulle,
00:39:16elle organise la vie politique
00:39:17et institutionnelle
00:39:18à notre pays
00:39:19depuis plus de 65 ans
00:39:20et font notre capacité
00:39:21à faire société
00:39:22et à durer collectivement.
00:39:24On ne saurait y toucher
00:39:25qu'avec une main tremblante.
00:39:26Pour l'ensemble
00:39:27de ces raisons,
00:39:28notre groupe horizon indépendant
00:39:29votera donc contre
00:39:30cette proposition
00:39:31de loi constitutionnelle.
00:39:32Je vous remercie.
00:39:33Merci.
00:39:33La parole est à Paul Molac
00:39:34pour le groupe Lyot.
00:39:36Merci,
00:39:37M. le Président.
00:39:38Donc,
00:39:39je reconnais
00:39:40qu'on peut s'appuyer
00:39:40sur les principes
00:39:41de 1789.
00:39:42Je vous rappellerai
00:39:43simplement
00:39:44que d'un point de vue historique,
00:39:46il y avait des citoyens
00:39:46passifs qui n'avaient
00:39:48aucun droit politique
00:39:49et que chez nous,
00:39:50ça représentait
00:39:5190% de la population
00:39:52et lorsque les Français
00:39:54dans la Constitution
00:39:55de 1793
00:39:55ont tous eu
00:39:56le droit de vote,
00:39:57on était en dictature
00:39:58donc ça ne servait à rien.
00:40:00Je dis juste ça
00:40:01parce que je crois
00:40:02qu'on met
00:40:02la révolution française
00:40:03sur un piédestal
00:40:04alors qu'en fait,
00:40:05quand on regarde
00:40:06la progressivité
00:40:09de la citoyenneté
00:40:10au XIXe siècle
00:40:11en France,
00:40:12ça a été quand même
00:40:12très très compliqué
00:40:13et d'ailleurs
00:40:15l'Assemblée nationale
00:40:15est là pour nous
00:40:16le rappeler
00:40:17avec cet océan
00:40:18qui regarde,
00:40:19qui a deux regards
00:40:20un vers le roi
00:40:20et l'autre
00:40:21vers l'hémicycle.
00:40:23Je dis ça
00:40:24parce que
00:40:25évidemment
00:40:27cette proposition
00:40:29de loi constitutionnelle
00:40:31va raviver
00:40:32un débat sensible.
00:40:34Sensible,
00:40:35alors,
00:40:36déjà,
00:40:37les blocages successifs
00:40:38qu'on a pu avoir
00:40:39au Sénat
00:40:39dans la navette parlementaire
00:40:40nous rappellent que
00:40:41ce texte touche
00:40:42à un principe fondateur
00:40:43de notre République,
00:40:44celui du droit de vote
00:40:45et d'éligibilité
00:40:46conçu
00:40:47comme le prolongement
00:40:48direct de la citoyenneté.
00:40:51Le lien étroit
00:40:52entre la citoyenneté
00:40:53n'est pas accidentel
00:40:55ni anodin,
00:40:56il structure le pacte civique,
00:40:58il explique la prudence
00:40:59dont nous faisons preuve
00:40:59lorsqu'il s'agit
00:41:00d'y déroger.
00:41:01Avec ce texte,
00:41:02vous proposez
00:41:03de mettre fin
00:41:04à la distinction
00:41:05entre le traitement
00:41:05des étrangers
00:41:06de l'Union européenne,
00:41:08cette exception
00:41:10ouverte aux municipales
00:41:11et aux citoyens
00:41:12de l'Union
00:41:12s'inscrit dans un cadre
00:41:14de la construction européenne
00:41:15avec réciprocité.
00:41:17De fait,
00:41:18les citoyens européens
00:41:19qui ne font pas partie
00:41:21de l'Union européenne,
00:41:22je pense aux citoyens
00:41:23suisses par exemple
00:41:24ou aux Britanniques
00:41:25puisque vous savez
00:41:26que les liens
00:41:27qui existent
00:41:28entre les Bretons
00:41:29et les Gallois
00:41:29sont importants,
00:41:31liens historiques,
00:41:32eh bien,
00:41:32les Britanniques
00:41:33n'ont plus le droit
00:41:34de vote,
00:41:34n'ont plus les mêmes droits
00:41:36qu'ils pouvaient avoir
00:41:36avec autrefois
00:41:38par exemple
00:41:38celui d'avoir des diplômes
00:41:40qui soient reconnus
00:41:40en France.
00:41:41Donc ce qui pose
00:41:42effectivement un problème.
00:41:45Ceci dit,
00:41:45notre groupe comprend
00:41:46votre objectif
00:41:47de renforcer
00:41:47l'intégration
00:41:48des étrangers
00:41:49via la participation
00:41:50de la démocratie locale.
00:41:52Vous avez d'ailleurs
00:41:52prévu quelques garde-fous,
00:41:54notamment l'exclusion
00:41:55des fonctions exécutives
00:41:56comme celle de maire
00:41:57et tout un silence
00:41:58sur l'élection
00:41:59des sénateurs.
00:42:00Toutefois,
00:42:01ces garanties
00:42:02n'épuisent pas
00:42:02les interrogations
00:42:03sur l'équilibre
00:42:04entre ouverture démocratique
00:42:05et préservation
00:42:06des prérogatives
00:42:07attachées à la citoyenneté.
00:42:09Au fond,
00:42:09la réforme que vous proposez
00:42:10mériterait surtout
00:42:11une étude d'impact
00:42:12approfondie,
00:42:13en particulier
00:42:14sur le nombre
00:42:14d'étrangers
00:42:15qui seraient concernés,
00:42:16sur les effets
00:42:17qu'elle pourra avoir
00:42:18sur notre démocratie
00:42:19locale.
00:42:19A ce titre,
00:42:22je ne m'y opposerai pas.
00:42:24Toutefois,
00:42:25notre groupe
00:42:25est plutôt défavorable
00:42:27et pense qu'il faudrait
00:42:28au contraire
00:42:28favoriser
00:42:29et simplifier
00:42:30l'accession
00:42:30à la citoyenneté
00:42:31par la notérialisation
00:42:32et nous déplorons
00:42:34que les conditions
00:42:35se soient durcies
00:42:36dans les différentes,
00:42:37dans les quelques années
00:42:38qui sont passées
00:42:39parce qu'effectivement,
00:42:40je ne suis pas sûr
00:42:41par exemple
00:42:41que l'examen en français,
00:42:43s'il fallait que tous
00:42:43les Français de souche
00:42:44le passent aujourd'hui,
00:42:45je ne suis pas sûr
00:42:45qu'ils le réussiraient.
00:42:46Merci.
00:42:48La parole est à Elsa Faucillon
00:42:49pour le groupe GDR.
00:42:51Merci,
00:42:52M. le Président,
00:42:53Mme la rapporteure.
00:42:55En 2026,
00:42:56notre République
00:42:57continue d'organiser
00:42:58une exclusion massive
00:43:00à une représentation
00:43:01lors des votes locaux
00:43:02comme nationaux d'ailleurs,
00:43:03mais nous traitons ici
00:43:04du vote local.
00:43:05Les résidentes
00:43:06et résidents étrangers
00:43:07hors UE
00:43:08qui sont installés en France
00:43:09font pourtant la ville.
00:43:11Ils tiennent des pans
00:43:12entiers de travail local,
00:43:13cotisent,
00:43:14contribuent
00:43:15et s'engagent.
00:43:15Ils et elles participent
00:43:17à la solidarité nationale,
00:43:18je pense à l'assurance maladie,
00:43:20retraite, chômage
00:43:21et vivent très concrètement
00:43:22aussi les choix municipaux.
00:43:24On peut parler de l'école,
00:43:25de la cantine,
00:43:25du logement,
00:43:26des transports,
00:43:27de la sécurité,
00:43:28des associations.
00:43:29Pourtant,
00:43:29ces femmes et ces hommes
00:43:30n'ont pas voix au chapitre
00:43:32là où leur vie quotidienne
00:43:33se décide.
00:43:35Et ce qu'on voit,
00:43:36c'est que depuis 1992,
00:43:37les ressortissants
00:43:38de l'Union européenne,
00:43:39eux, votent
00:43:40et sont éligibles
00:43:41aux municipales en France.
00:43:42Cela fait donc 30 ans
00:43:43que l'on différencie devant la loi
00:43:46deux catégories d'étrangers,
00:43:48les immigrés européens
00:43:49et ceux non ressortissants
00:43:50des pays de l'Union.
00:43:52Donc, en fait,
00:43:53le débat que nous avons ici
00:43:54n'est pas d'accorder
00:43:55le droit de vote
00:43:56aux étrangers,
00:43:57c'est pourquoi
00:43:57l'accorde-t-on aux européens
00:43:59et le refuse-t-on
00:44:00aux non-européens
00:44:01à résidence pourtant comparable.
00:44:03Ce que je crois,
00:44:05c'est que les uns
00:44:05ne sont pas assimilés
00:44:06à ce qu'on appelle
00:44:07l'immigration,
00:44:08terme fourre-tout.
00:44:09Les autres, oui.
00:44:11Et l'immigration
00:44:11est aujourd'hui saturée
00:44:12par la question du racisme
00:44:14et par des préjugés
00:44:15en communautarisme.
00:44:16Cette exclusion pourtant
00:44:17n'a rien de marginal.
00:44:18En 2023,
00:44:19l'INSEE recensait
00:44:203,2 millions
00:44:21de personnes étrangères
00:44:22non européennes,
00:44:24donc des millions
00:44:25de personnes
00:44:25durablement concernées
00:44:27par les politiques municipales
00:44:28et sans droit de vote.
00:44:30Je crois qu'il est temps
00:44:31d'arrêter l'hypocrisie.
00:44:32On accepte
00:44:33que des millions
00:44:34de personnes
00:44:34fassent tourner
00:44:35notre société
00:44:36mais on les maintient
00:44:37hors du vote local.
00:44:38Ce n'est ni cohérent
00:44:39ni juste
00:44:40ni utile.
00:44:41La démocratie locale
00:44:43n'est pleinement légitime
00:44:44que quand celles
00:44:45et ceux qui vivent la ville
00:44:46peuvent choisir
00:44:47celles et ceux
00:44:47qui la gouvernent.
00:44:49Nous, parlementaires
00:44:50et politiques,
00:44:51devons envoyer
00:44:51un message
00:44:52de reconnaissance
00:44:53et de dignité,
00:44:54un message
00:44:55qui doit concrétiser
00:44:56cet enjeu
00:44:56de cohésion sociale
00:44:57et d'élargissement
00:44:58à la démocratie
00:44:59parce que c'est bien
00:45:00ce dont on parle aujourd'hui.
00:45:01Dans certaines communes
00:45:02et métropoles,
00:45:04cette exclusion
00:45:04pose une question
00:45:05démocratique très concrète.
00:45:07À quel moment
00:45:08peut-on encore parler
00:45:09de représentation locale
00:45:10complète
00:45:10quand une part significative
00:45:12des habitantes
00:45:13et habitants
00:45:13n'a aucun levier électoral ?
00:45:15Ce différentiel
00:45:16est politiquement
00:45:17intolérable
00:45:18parce qu'il finit
00:45:19par ressembler
00:45:20à ce qu'il est trop souvent,
00:45:21une distinction
00:45:22fondée sur l'origine.
00:45:23C'est une rupture
00:45:24avec l'égalité républicaine
00:45:25qui nourrit
00:45:26incontestablement
00:45:27le continuum colonial
00:45:28visant à priver
00:45:29de droits politiques
00:45:30celles et ceux
00:45:31qui sont dans les faits
00:45:32citoyens à part entière.
00:45:34Et on a entendu
00:45:35encore aujourd'hui
00:45:36les opposants
00:45:36au vote des étrangers
00:45:37qui assimilent
00:45:38parfois très hâtivement
00:45:39nation et démocratie
00:45:41prétendant que
00:45:42toute l'histoire
00:45:42de la citoyenneté
00:45:43en France
00:45:44s'est déroulée
00:45:44dans le cadre
00:45:45de la nationalité.
00:45:47Ils passent sous silence
00:45:47les expériences différentes
00:45:49par exemple
00:45:49de la Révolution française,
00:45:50de la Commune
00:45:51où son citoyen
00:45:52est même ministre
00:45:53des communards étrangers
00:45:54à la nation française.
00:45:56Et puis surtout
00:45:56ils font mine d'ignorer
00:45:57la déconnexion opérée
00:45:59dans l'empire colonial
00:46:00entre nationalité
00:46:01et citoyenneté
00:46:02et s'opposent aujourd'hui
00:46:03à l'idée
00:46:03que des descendants
00:46:04des indigènes
00:46:04puissent devenir citoyens
00:46:06sans devenir français.
00:46:07Sous différentes formes
00:46:08et avec différentes limitations
00:46:10au moins un tiers
00:46:11des pays dans le monde
00:46:12sur les cinq continents
00:46:13a actuellement
00:46:14une pratique
00:46:15du vote des étrangers.
00:46:16Elle n'a donc
00:46:17rien d'exceptionnel.
00:46:18La proposition de loi
00:46:20de ma collègue
00:46:20Léa Balagel-Marie
00:46:21qui s'inscrit
00:46:22dans une histoire
00:46:22parlementaire ancienne
00:46:24promesse répétée
00:46:25mais aussi trahie
00:46:26débat récurrent
00:46:27texte déjà adopté
00:46:29puis enterré
00:46:29par les nombreux gouvernements
00:46:30qui se sont succédés
00:46:32jusqu'à la Macronie
00:46:33il est temps d'arrêter.
00:46:34Sur le fond pourtant
00:46:35l'effet attendu
00:46:36est limpide
00:46:37plus de participation locale
00:46:39et donc plus
00:46:40d'intégration civique
00:46:41quand on donne
00:46:42une place dans les urnes
00:46:43on renforce
00:46:43l'appartenance commune
00:46:45au lieu de nourrir
00:46:45les sentiments
00:46:46d'invisibilité
00:46:47et de marginalisation.
00:46:49Il est nécessaire
00:46:49de reconnaître
00:46:50aux non ressortissants
00:46:51de l'UE
00:46:51cette intégration
00:46:52dans notre pays
00:46:53qui doit être un pays d'accueil
00:46:54une citoyenneté
00:46:55par le droit de vote.
00:46:56Merci beaucoup
00:46:57Mme la rapporteure
00:46:57vous allez pouvoir répondre
00:46:58aux différents intervenants.
00:47:02Merci M. le Président.
00:47:04Tout d'abord
00:47:05je voudrais venir préciser
00:47:07des éléments
00:47:08puisqu'il y a eu
00:47:09un nombre de confusions
00:47:10ou en tout cas
00:47:10de propos
00:47:11qui ont été tenus
00:47:12qui laissent à penser
00:47:13que cette proposition de loi
00:47:14viendrait octroyer
00:47:16un droit de vote
00:47:17pour l'ensemble
00:47:17des résidents étrangers
00:47:18pour l'ensemble
00:47:19des élections.
00:47:20Calmez-vous
00:47:21collègues
00:47:21il s'agit des élections
00:47:22municipales.
00:47:24Il s'agit des élections
00:47:25de notre vie quotidienne.
00:47:27Des élections
00:47:27qui permettent
00:47:28de déterminer
00:47:28si on augmente
00:47:29ou pas
00:47:29le tarif des crèches
00:47:30ou de la cantine scolaire.
00:47:32La manière dont les déchets
00:47:33vont être triés
00:47:34et collectés.
00:47:35On n'est pas
00:47:36dans la définition
00:47:37des frontières
00:47:38de la France
00:47:39ou bien
00:47:39dans des enjeux
00:47:41de souveraineté nationale.
00:47:42C'est la raison
00:47:43pour laquelle d'ailleurs
00:47:44l'article 3
00:47:45de la Constitution
00:47:45qui parle
00:47:47de la souveraineté nationale
00:47:48n'est pas du tout
00:47:49touchée par la proposition
00:47:51de loi
00:47:51que je vous présente
00:47:53aujourd'hui.
00:47:55Ensuite
00:47:55dans les confusions
00:47:57qui ont été faites
00:47:58c'est de dire
00:47:58que cette loi
00:47:59serait incomplète
00:47:59parce qu'elle ne parlerait
00:48:00pas des conditions
00:48:01d'application
00:48:02de ce droit de vote.
00:48:04Mais là encore
00:48:04chers collègues
00:48:05lisez la proposition
00:48:06de loi dans son entier.
00:48:07On parle d'une loi
00:48:08organique
00:48:08qui viendra après
00:48:10l'adoption
00:48:11de cette proposition
00:48:12de loi constitutionnelle
00:48:13pour définir
00:48:14les modalités
00:48:15notamment
00:48:16les conditions
00:48:16de résidence
00:48:17des étrangers.
00:48:19Il ne s'agit pas
00:48:19de l'ensemble
00:48:20des résidents
00:48:21il s'agit bien
00:48:22déjà des résidents
00:48:23en situation
00:48:23régulière
00:48:24et c'est marqué
00:48:25dans le texte
00:48:26et ensuite
00:48:27les conditions
00:48:27de durée
00:48:28de résidence
00:48:29elles feront
00:48:29l'objet
00:48:30d'un débat
00:48:31parlementaire.
00:48:32J'ai déjà dit
00:48:32au groupe démocrate
00:48:33que j'étais tout à fait
00:48:34disposée à échanger
00:48:35autour de ce sujet
00:48:36dans un travail
00:48:37transpartisan
00:48:38parce que je crois
00:48:38que nous devons
00:48:39créer un consensus.
00:48:40Il y a qu'yrielle
00:48:41de modalités
00:48:42d'application
00:48:43de la durée
00:48:43de résidence
00:48:44dans les divers pays européens
00:48:4514 qui ont inscrit
00:48:47ce droit de vote
00:48:48pour les résidents
00:48:49aux élections locales.
00:48:51On a du lendemain
00:48:53jusqu'à 5 ans
00:48:54de résidence
00:48:55et des conditions
00:48:56également
00:48:57de réciprocité
00:48:58qui s'expliquent
00:48:59souvent
00:48:59par le fait
00:49:01que ce soit
00:49:01la lusophonie
00:49:02qui est bien fléchée
00:49:05pour le Portugal
00:49:06qui accorde
00:49:06le droit de vote
00:49:07aux résidents étrangers.
00:49:08Peut-être sur ce point
00:49:09je vous donne
00:49:09ma conviction
00:49:10sur la réciprocité
00:49:11c'est que
00:49:12moi j'ai rencontré
00:49:13dans le Parlement
00:49:14des exilés
00:49:14une réfugiée
00:49:15iranienne
00:49:16qui n'a jamais
00:49:17eu le droit de vote.
00:49:18Moi je ne souhaite pas
00:49:19qu'on puisse
00:49:20j'allais dire
00:49:22priver
00:49:22les réfugiés
00:49:24iraniens
00:49:25ou iraniennes
00:49:25de ce droit de vote
00:49:26aux élections locales
00:49:28parce que
00:49:28leur pays
00:49:29est une dictature.
00:49:30Je pense que là
00:49:30on rentre dans
00:49:31une considération
00:49:32qui n'est pas
00:49:33la promesse
00:49:34de la protection internationale
00:49:35que nous devons
00:49:35aux réfugiés politiques
00:49:36dans notre pays.
00:49:37Ensuite sur la question
00:49:38de la naturalisation
00:49:41c'est assez
00:49:43récurrent
00:49:45comme argument
00:49:46c'était déjà
00:49:46l'argument
00:49:47en 2000
00:49:47en 2011
00:49:48ça m'a donné
00:49:49le temps
00:49:49de faire des recherches
00:49:50et de vérifier
00:49:51un peu
00:49:51ce qu'il s'était passé
00:49:53non seulement
00:49:53dans le temps long
00:49:54mais aussi
00:49:55ce qu'en disait
00:49:55notre débat politique
00:49:56de l'époque.
00:49:58Pour ceux qui expliquent
00:49:59la naturalisation
00:50:00c'est le véhicule
00:50:01principal d'intégration
00:50:02dans la citoyenneté
00:50:03il ne fallait pas
00:50:04voter des lois
00:50:05qui réduisent
00:50:06les modalités
00:50:06d'accès
00:50:07à la naturalisation
00:50:08depuis 1889
00:50:10on fait
00:50:11de cette naturalisation
00:50:12un procédé
00:50:14un peu
00:50:14exceptionnel
00:50:16mais
00:50:17je ne vais pas
00:50:19en revenir dessus
00:50:20cette naturalisation
00:50:23si elle est demandée
00:50:24pour les élections
00:50:24locales
00:50:25encore une fois
00:50:26municipales
00:50:27ne pensez-vous pas
00:50:28que c'est un peu
00:50:28excessif
00:50:29pour celles et ceux
00:50:30qui ont des nationalités
00:50:32qui empêchent
00:50:34d'avoir
00:50:34une double nationalité
00:50:35de pouvoir
00:50:36j'allais dire
00:50:38arracher une partie
00:50:40de leur identité
00:50:40puisque la nationalité
00:50:42répond bien
00:50:42à qui suis-je
00:50:43arracher une partie
00:50:44de leur identité
00:50:45pour avoir le droit
00:50:46de voter pour l'élection
00:50:47de leurs conseillers
00:50:49municipaux
00:50:49c'est d'autant plus
00:50:51excessif
00:50:51qu'on ne demande pas ça
00:50:52aux françaises
00:50:53et aux français
00:50:53dans les 20 pays
00:50:54où le droit de vote
00:50:55est déjà accordé
00:50:56sans aucune contrepartie
00:50:57de notre part
00:50:58vous nous en conviendrez
00:50:59pour les élections
00:51:00locales
00:51:02ensuite on a parlé
00:51:04de la conception
00:51:05de résidents étrangers
00:51:06des valeurs
00:51:07que nous partageons
00:51:07etc
00:51:08bon
00:51:09alors tout d'abord
00:51:11un résident étranger
00:51:13qui a le droit de vote
00:51:14aux élections
00:51:14municipales
00:51:16qu'il soit européen
00:51:17ou non
00:51:18c'est pas une citoyenneté
00:51:19automatique
00:51:20il faut avoir
00:51:20un acte volontariste
00:51:22une démarche d'inscription
00:51:23sur les listes électorales
00:51:24et donc
00:51:25c'est pour cela
00:51:26qu'il y a environ
00:51:27320 000 inscrits
00:51:29européens
00:51:30sur les listes électorales
00:51:31alors qu'ils sont
00:51:321,2 million en France
00:51:33et donc on a
00:51:34une moindre proportion
00:51:35et parce qu'il y a
00:51:36des personnes
00:51:36qui résident ici
00:51:38mais qui n'ont pas
00:51:39forcément envie
00:51:39de participer aux élections
00:51:41bon ben ma foi
00:51:41moi je les condamne pas
00:51:44mais on leur donne
00:51:44ce droit
00:51:45et c'est normal
00:51:45ensuite vous parlez
00:51:46des devoirs
00:51:47et justement
00:51:47de ces valeurs
00:51:48monsieur Martineau
00:51:50quand vous avez parlé
00:51:51des différentes lois
00:51:52qui ont permis
00:51:54d'évoluer
00:51:55d'accentuer
00:51:55les conditions
00:51:56d'intégration
00:51:57et d'octroi
00:51:57des cartes
00:51:59de résidents
00:51:59notamment pluriannuelles
00:52:00c'est à dire
00:52:00les personnes
00:52:01qui seront visées
00:52:02par cette proposition
00:52:02de loi constitutionnelle
00:52:03votre groupe
00:52:05et d'autres ici
00:52:06notamment le bloc central
00:52:07a participé
00:52:07à imposer
00:52:08un examen de citoyenneté
00:52:10dans lequel on demande
00:52:12de citer
00:52:13tous les fleuves
00:52:14qui traversent
00:52:14l'hexagone
00:52:15de citer
00:52:16une dizaine
00:52:18de rois
00:52:19et de reines
00:52:19de l'histoire
00:52:20de France
00:52:20d'avoir
00:52:21un test
00:52:22d'examen
00:52:22linguistique
00:52:23enfin en tout cas
00:52:24d'avoir
00:52:24tiré là encore
00:52:26deux questions
00:52:26d'avoir bien sûr
00:52:28des questions
00:52:29sur le principe
00:52:30de laïcité
00:52:31sur l'égalité
00:52:32femmes hommes
00:52:32etc
00:52:32et donc ces personnes
00:52:33elles ont déjà
00:52:34un examen
00:52:34de citoyenneté
00:52:35pourquoi est-ce qu'on ne va pas
00:52:36jusqu'au bout
00:52:36et on ne leur donne pas
00:52:37le droit de vote
00:52:37aux élections locales
00:52:39là où elles résident
00:52:39là où elles sont comptabilisées
00:52:41pour déterminer le nombre
00:52:42de conseillers municipaux
00:52:43et d'adjoints
00:52:44en d'autres thèmes
00:52:45elles participent
00:52:46aux conditions
00:52:46de représentativité
00:52:48d'une liste
00:52:49sans pouvoir participer
00:52:50justement à définir
00:52:51la représentativité
00:52:52de cette liste
00:52:53enfin sur le dernier point
00:52:54sur les antigérances étrangères
00:52:57alors là on ne parle pas
00:52:59de Poutine
00:52:59on parle
00:53:00d'auxiliaires
00:53:02de puériculture
00:53:02à qui on confie
00:53:04nos enfants
00:53:04et qui résident en France
00:53:06depuis 15 ans
00:53:06en fait dans les propos
00:53:08du rassemblement national
00:53:10ce sont ceux du soupçon
00:53:12et je vais le dire
00:53:12ça ne me surprend pas
00:53:14mais c'est toujours
00:53:15le même procédé
00:53:16et je l'execre
00:53:17alors moi je vais vous parler
00:53:19d'une question
00:53:19un peu plus philosophique
00:53:20la personne que vous croisez
00:53:22tous les jours
00:53:23à la boulangerie
00:53:24vous croisez
00:53:25à la piscine
00:53:26au café
00:53:27est-ce qu'elle est toujours
00:53:29étrangère pour vous
00:53:30est-ce qu'elle est toujours
00:53:32étrangère pour vous
00:53:33ensuite
00:53:36ce sont toujours
00:53:37toujours les mêmes arguments
00:53:39du soupçon
00:53:40qui ont été
00:53:42manipulés
00:53:44pour réduire
00:53:46un combat
00:53:47vers l'humanisme
00:53:48et vers l'égalité
00:53:49des droits
00:53:50les femmes
00:53:52étaient vues
00:53:52comme les porte-voix
00:53:54de leur curé
00:53:55et de leur mari
00:53:56et c'est la raison
00:53:57pour laquelle
00:53:58il a fallu
00:53:59non pas la première guerre
00:54:00mais aussi la deuxième guerre mondiale
00:54:01pour comprendre que les femmes
00:54:03participaient
00:54:04et avaient le droit de vote
00:54:05dans notre société
00:54:05alors pour tous ces éléments
00:54:07chers collègues
00:54:08et bien d'autres encore
00:54:09puisqu'on a parlé d'études d'impact
00:54:11mais les études d'impact
00:54:11c'est le droit comparé
00:54:12c'est le fait de vous dire
00:54:13qu'au Portugal
00:54:14l'extrême droite a réussi
00:54:15à gagner trois villes
00:54:17alors que les résidents étrangers
00:54:18ont le droit de vote
00:54:19depuis plusieurs années
00:54:21c'est de dire
00:54:22que la Norvège
00:54:23aux Pays-Bas
00:54:23en 2023
00:54:24en 2022
00:54:25la droite est majoritaire
00:54:26c'est pas une visée électoraliste
00:54:27c'est un principe d'égalité
00:54:29pour tous les résidents
00:54:30cette étude d'impact
00:54:32mes chers collègues
00:54:33du groupe Horizon
00:54:34elle existe
00:54:35elle existe
00:54:36elle est disponible
00:54:38dans le rapport
00:54:38que vous n'avez peut-être
00:54:39pas lu dans sa totalité
00:54:41cette étude d'impact
00:54:42elle existe
00:54:43parce que
00:54:44le droit
00:54:45est déjà accordé
00:54:46et que la France
00:54:47est à la traîne
00:54:49et surtout
00:54:50fait la honte
00:54:51de la promesse républicaine
00:54:53Merci
00:54:55nous en venons
00:54:55à l'examen
00:54:56des amendements
00:54:57nous débutons
00:54:57par une série
00:54:59d'amendements
00:54:59deux exactement
00:55:00de suppression
00:55:01de l'article 1er
00:55:03M. Monnier
00:55:04le CL3
00:55:05Merci M. le Président
00:55:06article de suppression
00:55:07qui rappelle
00:55:08que le droit de vote
00:55:09est un attribut
00:55:10de la nationalité
00:55:10et de la citoyenneté
00:55:11française
00:55:12que l'exercice
00:55:13du suffrage universel
00:55:14est d'abord
00:55:15la manifestation
00:55:15de la souveraineté
00:55:16du peuple français
00:55:17que l'octroi
00:55:18du droit de vote
00:55:18et d'éligibilité
00:55:19aux étrangers
00:55:20non ressortissants
00:55:21d'Union Européenne
00:55:21supposerait de reconnaître
00:55:22une illusoire citoyenneté mondiale
00:55:24il exposerait la France
00:55:25à un surcroît
00:55:27de vulnérabilité
00:55:28aux ingérences étrangères
00:55:28et constituerait
00:55:29une menace supplémentaire
00:55:30pour la sécurité intérieure
00:55:31de l'État
00:55:32pour cela
00:55:32nous demandons
00:55:33la suppression
00:55:33de cet article
00:55:34Mme de Mestre
00:55:35le CL5
00:55:36Merci M. le Président
00:55:38il s'agit également
00:55:39d'un amendement
00:55:40de suppression
00:55:41le droit de vote
00:55:42constitue l'expression
00:55:43directe
00:55:44de la souveraineté nationale
00:55:45laquelle appartient
00:55:46en termes
00:55:46de l'article 3
00:55:47de la constitution
00:55:48au peuple français
00:55:49en droit constitutionnel français
00:55:51cette souveraineté
00:55:51est indissociable
00:55:52de la nationalité
00:55:53en ouvrant le droit
00:55:54de vote
00:55:55et d'éligibilité
00:55:56aux élections municipales
00:55:57aux étrangers
00:55:58non ressortissants
00:55:59de l'Union Européenne
00:56:00la proposition de loi
00:56:01opère une rupture majeure
00:56:02avec un principe fondateur
00:56:04de la République
00:56:04l'unité du peuple souverain
00:56:06chut
00:56:07mes chers collègues
00:56:07le gouvernement ressortissant
00:56:08de l'Union Européenne
00:56:09dont les droits
00:56:09électéraux municipaux
00:56:10résultent d'engagement
00:56:10européen
00:56:11inscrit dans les traités
00:56:12et strictement encadré
00:56:14par la constitution
00:56:14aucun fondement
00:56:15constitutionnel
00:56:16ne permet une telle extension
00:56:17aux ressortissants
00:56:18de pays tiers
00:56:19la France n'est ni fermée
00:56:20ni oscille à l'intégration
00:56:21elle dispose d'un cadre clair
00:56:23exigeant
00:56:23et républicain
00:56:24d'accès à la citoyenneté
00:56:25fondé sur la naturalisation
00:56:27qui permet chaque année
00:56:28à des dizaines de milliers
00:56:29d'étrangers
00:56:29de devenir pleinement français
00:56:31au terme d'un parcours
00:56:32reposant sur la maîtrise
00:56:33de la langue
00:56:33l'adhésion aux valeurs républicaines
00:56:35et la volonté d'appartenir
00:56:37à la nation
00:56:37créer une citoyenneté politique
00:56:39locale dissociée
00:56:40de la nationalité
00:56:41affaiblirait la cohésion nationale
00:56:43brouillerait le sens
00:56:44de l'appartenance civique
00:56:45et dévaloriserait
00:56:46l'acte d'adhésion
00:56:47à la communauté nationale
00:56:48Merci Madame la rapporteure
00:56:51votre avis
00:56:51sur ces amendements
00:56:52de suppression
00:56:53défavorable
00:56:55défavorable
00:56:56Monsieur Amir Chahi
00:56:56puis Madame Katala
00:56:58puis Madame Cope de Vielle
00:56:59Quand vous mettez en exergue
00:57:08comme ça le danger
00:57:08qui régnerait intrinsèquement
00:57:10tel des ennemis de l'intérieur
00:57:12concernant des centaines
00:57:16de milliers d'étrangers
00:57:18parce qu'ils seraient à la solde
00:57:21de leur état d'origine
00:57:23réfléchissez quand même
00:57:24avant d'avancer
00:57:25ce genre d'argument
00:57:25moi j'ai été député
00:57:27des français de l'étranger
00:57:28il y a 3 millions de compatriotes
00:57:29qui vivent à l'étranger
00:57:30qu'est-ce que vous diriez
00:57:31si une seule seconde
00:57:33d'aucuns
00:57:33accusaient nos compatriotes
00:57:35vivants aux Etats-Unis
00:57:37à Londres
00:57:38au Maroc
00:57:39en Algérie
00:57:40en Australie
00:57:41d'être des agents de la France
00:57:42et de ne pas être loyal
00:57:44avec les règles
00:57:45qui régissent le pays
00:57:46dans lequel ils résident
00:57:47vous seriez les premiers
00:57:49vent debout
00:57:50contre cette accusation infamante
00:57:52et elle est infamante
00:57:53elle est d'autant plus infamante
00:57:55que
00:57:55elle insulte
00:57:59toutes celles et ceux
00:57:59de nos compatriotes
00:58:00qui font des efforts
00:58:00tous les jours
00:58:01dans les pays où ils vivent
00:58:02pour donner de leur mieux
00:58:03non seulement
00:58:04en concourant
00:58:07à la vie générale
00:58:08à laquelle ils participent
00:58:09mais aussi
00:58:10en étant
00:58:10nos ambassadeurs culturels
00:58:11et être ambassadeur culturel
00:58:13d'un pays
00:58:13ce n'est pas être
00:58:14un agent d'influence
00:58:15d'une dictature
00:58:15qu'est-ce que c'est
00:58:16que cette histoire
00:58:17vous vous rendez compte
00:58:18à quel point
00:58:18vous faites du mal
00:58:20à nos propres compatriotes
00:58:22qui vivent
00:58:22à l'étranger
00:58:23essayez d'être
00:58:25un peu plus digne
00:58:25s'il vous plaît
00:58:26dans les arguments
00:58:27que vous avancez
00:58:29parce qu'il s'agit
00:58:30de dignité
00:58:31précisément
00:58:32précisément
00:58:33et moi je vous invite
00:58:34vraiment à réfléchir
00:58:35à ce genre
00:58:36d'argument
00:58:37qui se retourne
00:58:39de toute façon
00:58:39contre nous
00:58:41à un moment
00:58:41ou à un autre
00:58:42il faut veiller
00:58:43à ce que
00:58:44ces débats autour
00:58:45du vote
00:58:46soient pris
00:58:47comme l'a dit
00:58:48notre rapporteur
00:58:49pour ce qu'ils sont
00:58:50à un enjeu
00:58:52d'intégration
00:58:52et de cohésion
00:58:53à un moment
00:58:54au plus
00:58:54que jamais
00:58:55la France
00:58:55en a besoin
00:58:55parce que
00:58:56les dérives identitaires
00:58:58sont exacerbées
00:58:59les accusations
00:59:00au communautarisme
00:59:01sont décuplées
00:59:02cultivées
00:59:03c'est pour lutter
00:59:05contre ça
00:59:05et au nom
00:59:06d'un principe universel
00:59:07que le vote
00:59:08est une fabrique
00:59:08de l'en commun
00:59:09merci
00:59:10la parole est à
00:59:10Gabriel Catala
00:59:11merci
00:59:13monsieur le président
00:59:14collègue
00:59:15je ne sais pas
00:59:16si vous vous rendez compte
00:59:16à quel point
00:59:17vos positions
00:59:18sont à la fois
00:59:19rétrograde
00:59:20et ringarde
00:59:21parce que
00:59:22on l'a expliqué
00:59:23tout à l'heure
00:59:24la France
00:59:25est dans les 11 pays
00:59:26qui refusent ce droit
00:59:28dans l'Union Européenne
00:59:29c'est à dire
00:59:30que plus de la moitié
00:59:31des pays de l'Union Européenne
00:59:32aujourd'hui
00:59:32acceptent que les étrangers
00:59:34non ressortissants
00:59:36de l'UE
00:59:36puissent voter
00:59:37et les français
00:59:38d'ailleurs
00:59:38votent
00:59:39dans certains pays
00:59:40en tant qu'étrangers
00:59:41les français par exemple
00:59:42votent en Norvège
00:59:43aux élections locales
00:59:44la Norvège
00:59:44ne faisant pas partie
00:59:45de l'Union Européenne
00:59:46et ils votent
00:59:47dans certains états
00:59:48des États-Unis
00:59:49l'excuse
00:59:50qui avait été donnée
00:59:51par M. Macron
00:59:52pour refuser
00:59:53ce nouveau droit
00:59:54c'est de dire
00:59:55qu'il fallait
00:59:55privilégier
00:59:56l'accès à la nationalité
00:59:58française
00:59:59mais je vous invite
01:00:00à regarder
01:00:00la dégressivité
01:00:02du nombre
01:00:03de personnes
01:00:04qui accèdent
01:00:05à la nationalité française
01:00:06depuis l'arrivée
01:00:06de M. Macron
01:00:07et c'est un chiffre
01:00:09qui baisse terriblement
01:00:10depuis 15 ans
01:00:11en 2010
01:00:12plus de 115 000 personnes
01:00:14accédaient à la nationalité
01:00:16française par an
01:00:17par déclaration
01:00:18ou par décret
01:00:19alors qu'aujourd'hui
01:00:20c'est à peine 65 000
01:00:23c'est à dire
01:00:23que ça a été quasiment
01:00:24divisé par deux
01:00:25depuis l'arrivée
01:00:26au pouvoir
01:00:27de M. Macron
01:00:28en particulier
01:00:28sous les ministères
01:00:30de l'Intérieur
01:00:30dirigés par M. Darmanin
01:00:32et par M. Retailleau
01:00:34et j'entends
01:00:35toujours les mêmes
01:00:36éléments de langage
01:00:37il faut respecter
01:00:38l'égalité entre les femmes
01:00:38et les hommes
01:00:39il faut parler correctement
01:00:41français
01:00:41mes collègues
01:00:42je ne vous ai pas
01:00:43entendu quand
01:00:43la nationalité française
01:00:45a été donnée à Georges Clounet
01:00:46qui ne s'est pas alignée
01:00:47trois phrases en français
01:00:48et qui a eu
01:00:50la nationalité française
01:00:51avec son épouse
01:00:52par une décision
01:00:53unilatérale
01:00:55qui a même été contestée
01:00:56par la ministre déléguée
01:00:57par la ministre déléguée
01:00:59du ministre de l'Intérieur
01:01:00qui ensuite
01:01:01s'est faite taper sur les doigts
01:01:02parce que ce n'était pas
01:01:02la ligne du ministère
01:01:04et quand j'entends certains
01:01:05utiliser l'argument
01:01:06de la Nouvelle-Calédonie
01:01:07en disant qu'en Nouvelle-Calédonie
01:01:09les français n'ont pas le droit
01:01:10de vote extérieur
01:01:11mes collègues
01:01:11regardez un petit peu
01:01:12l'histoire
01:01:12merci beaucoup
01:01:13parce que la Nouvelle-Calédonie
01:01:15est considérée
01:01:15comme interdiction
01:01:16Mme Capdeviel
01:01:16oui
01:01:17en fait
01:01:18la droite
01:01:19l'extrême droite
01:01:21et les macronistes
01:01:22s'opposent
01:01:23au droit de vote
01:01:24des étrangers
01:01:24aux élections locales
01:01:25à l'indiquant
01:01:25qu'il n'y aurait aucun
01:01:26fondement constitutionnel
01:01:27moi je vais rappeler
01:01:28certaines choses
01:01:29oui
01:01:29les étrangers votent en France
01:01:31aux élections professionnelles
01:01:32les médecins
01:01:33les avocats étrangers
01:01:34les pharmaciens étrangers
01:01:35élisent leurs représentants
01:01:36au sein des conseils de l'ordre
01:01:37ils en font même partie
01:01:38les chefs d'entreprise étrangers
01:01:40les artisans étrangers
01:01:41élisent leurs représentants
01:01:42aux chambres de commerce
01:01:43et chambres des métiers
01:01:44les usagers étrangers
01:01:46des services publics
01:01:47peuvent voter
01:01:48et d'ailleurs même
01:01:48être élus
01:01:49dans les organes
01:01:50représentatifs des usagers
01:01:51les salariés étrangers
01:01:53participent aux élections
01:01:54prud'homales
01:01:55même des délégués
01:01:56du personnel étranger
01:01:57ils votent
01:01:58ils votent
01:01:59pour élire leur juge
01:02:00prud'homme
01:02:02qui rendent bien la justice
01:02:03au nom du peuple français
01:02:05et là
01:02:05il n'y aurait pas
01:02:06de problème constitutionnel
01:02:07alors de deux choses
01:02:08de l'une
01:02:09s'il y a un problème
01:02:09constitutionnel
01:02:10quand les étrangers
01:02:11votent
01:02:12demandez la suppression
01:02:13alors à ce moment-là
01:02:14de ces élections
01:02:16pour ne les réserver
01:02:16qu'aux français
01:02:17soyez cohérents
01:02:18mais en tout cas
01:02:18vous ne pouvez pas
01:02:19évoquer de façon
01:02:21pertinente
01:02:22un problème constitutionnel
01:02:24pour empêcher
01:02:25les étrangers
01:02:25de pouvoir
01:02:27voter en France
01:02:28l'argument
01:02:28que vous évoquez tous
01:02:30n'est absolument
01:02:31pas pertinent
01:02:32rien dans la constitution
01:02:33n'empêche
01:02:34que des étrangers
01:02:36puissent voter
01:02:36aux élections locales
01:02:38donc moi je vous demande
01:02:39de rejeter cet argument
01:02:42et de voter contre
01:02:43l'amendement de suppression
01:02:45proposé par l'ensemble
01:02:46de la droite
01:02:47en ce compris
01:02:48les macronistes
01:02:48Guillaume Casbarian
01:02:51oui merci monsieur le président
01:02:53premier élément
01:02:54j'entends beaucoup
01:02:55le fait que
01:02:57le fait de s'opposer
01:02:58à cette proposition de loi
01:02:59serait quelque chose
01:02:59à la fois de réactionnaire
01:03:00ou d'extrême droite
01:03:01ou de facho
01:03:02excusez moi
01:03:03oui j'entends
01:03:03madame Catala
01:03:04qui dit oui
01:03:04monsieur le président
01:03:06Chirac en 2005
01:03:07monsieur le président
01:03:08Chirac en 2005
01:03:09a dit qu'il était
01:03:10profondément contre
01:03:11le fait d'autoriser
01:03:12le droit de vote
01:03:13d'étrangers
01:03:14aux élections locales
01:03:15ça n'en fait pas
01:03:15un facho
01:03:16monsieur De Villepin
01:03:17qui était son premier ministre
01:03:18à l'époque
01:03:19et qui s'est opposé
01:03:19à cette proposition là
01:03:21s'est opposé
01:03:21ça n'en fait pas un facho
01:03:22donc j'aimerais bien
01:03:24qu'on puisse évoquer
01:03:24des arguments ici
01:03:25sans forcément être
01:03:26catégorisé dans la catégorie
01:03:28facho pas facho
01:03:29si on s'oppose
01:03:29à une proposition de loi
01:03:30venu des écologistes
01:03:31premièrement
01:03:32deuxième élément
01:03:33on nous dit
01:03:33c'est ringard de parler
01:03:34de nationalité
01:03:35c'est ringard de parler
01:03:36de citoyenneté
01:03:37pardonnez-moi
01:03:38chers collègues
01:03:39moi je viens d'une famille
01:03:39qui est issue de l'immigration
01:03:40et qui a choisi
01:03:42la nationalité française
01:03:44qui est arrivée ici
01:03:45avec la guerre
01:03:46et qui a choisi
01:03:47de devenir français
01:03:48et c'est bien ce choix
01:03:49de devenir français
01:03:49ces droits et devoirs réciproques
01:03:51cette appartenance
01:03:51à la communauté nationale
01:03:52qui fonde le droit de vote
01:03:54et qui fait que l'on vote
01:03:54si des étrangers
01:03:56veulent voter aux élections
01:03:58qu'elles soient locales
01:03:59ou nationales en France
01:03:59ils peuvent devenir français
01:04:01l'accès à la nationalité française
01:04:03est ouvert
01:04:04nous y sommes favorables
01:04:05c'est un choix
01:04:06que de devenir français
01:04:07et nous le respectons
01:04:08et nous l'encourageons
01:04:09bien évidemment
01:04:09dernier élément
01:04:10madame la rapporteure
01:04:11mesdames et messieurs les collègues
01:04:12j'ai toujours pas compris
01:04:13votre argument
01:04:13sur la nouvelle Calédonie
01:04:14parce que sur la nouvelle Calédonie
01:04:16vous avez actuellement
01:04:16des français
01:04:17qui ont le même passeport
01:04:19que vous et que nous
01:04:20qui sont résidents
01:04:22sur le pays
01:04:22depuis des décennies
01:04:24et qui pourtant
01:04:25ne peuvent pas voter
01:04:27aux élections locales
01:04:28je ne comprends pas
01:04:29comment vous pouvez avoir
01:04:30de tels arguments aujourd'hui
01:04:31pour dire
01:04:31c'est super en métropole
01:04:32on est étranger
01:04:33on peut voter aux élections locales
01:04:34mais qu'en Nouvelle-Calédonie
01:04:35qui est un territoire français
01:04:37il y a des français
01:04:38qui résident dessus
01:04:39depuis 1998
01:04:41et qui n'ont pas le droit de vote
01:04:42pourquoi ?
01:04:44quel est le sous-jacent
01:04:45qui fait que vous avez
01:04:45cette divergence
01:04:46d'appréciation
01:04:47sur qui peut voter
01:04:48aux élections locales
01:04:48ou pas ?
01:04:49je n'ai pas la réponse
01:04:50à cette question
01:04:50ce qui montre probablement
01:04:51le caractère électoraliste
01:04:52et totalement populiste
01:04:54de votre propos
01:04:54merci monsieur Casparian
01:04:55monsieur Di Philippot
01:04:57merci beaucoup
01:04:59monsieur le président
01:05:00visiblement
01:05:01sur ce débat là
01:05:02de toute façon
01:05:02il y a des positions
01:05:04irréconciliables
01:05:04entre ceux qui ont
01:05:05une vision un peu
01:05:06internationaliste
01:05:07et ceux qui ont
01:05:08une vision plus centrée
01:05:09sur l'intégration
01:05:10ou l'assimilation
01:05:10de ceux qui ont rejoint
01:05:11notre pays
01:05:13et le vote
01:05:15vous savez
01:05:16c'est l'aboutissement
01:05:16d'un projet
01:05:17de citoyenneté
01:05:18ou d'un parcours citoyen
01:05:19que ce soit l'enfant
01:05:20qui devient adulte
01:05:22dans un cadre
01:05:23plus républicain possible
01:05:24ou que ce soit
01:05:24celui d'une personne
01:05:25qui a rejoint
01:05:26notre pays
01:05:26pour y construire
01:05:27un projet de vie
01:05:28et qui adhère
01:05:28pleinement aux valeurs
01:05:29de la république
01:05:31donc là dessus
01:05:32nous ne tomberons
01:05:32jamais d'accord
01:05:34pour nous la finalité
01:05:35c'est bien entendu
01:05:36que la personne
01:05:37acquiert la nationalité française
01:05:38et s'y épanouisse
01:05:39pour jouir pleinement
01:05:40de tous ses droits civiques
01:05:42et il y a une question
01:05:42sur laquelle vous ne répondez
01:05:43jamais
01:05:44c'est celle de la réciprocité
01:05:46vous parlez de français
01:05:46à l'étranger
01:05:47vous parlez d'étranger
01:05:48dans d'autres pays
01:05:50mais la question centrale
01:05:51c'est celle-là
01:05:51avec les pays européens
01:05:52de l'Union européenne
01:05:53elle est réglée
01:05:54avec les autres pays
01:05:55c'est loin d'être le cas
01:05:57donc nous
01:05:58notre vision
01:05:59elle restera
01:05:59quoi qu'il arrive
01:06:00toujours centrée
01:06:01sur le projet
01:06:02d'une citoyenneté
01:06:03qui intègre pleinement
01:06:04les gens
01:06:05qui ont choisi
01:06:05de rejoindre la France
01:06:07d'y construire
01:06:08leur projet de vie
01:06:08mais dans ce cas
01:06:09la finalité
01:06:10c'est de devenir français
01:06:11merci
01:06:13Elsa Fossillon
01:06:14juste un mot
01:06:16d'abord sur
01:06:16la naturalisation
01:06:18qui est vraiment
01:06:18l'argument
01:06:19de ceux
01:06:20qui refusent
01:06:21l'accès au vote
01:06:23des personnes
01:06:24étrangères
01:06:25résidentes
01:06:26sur le territoire français
01:06:27je rappelle que
01:06:29dans les moments
01:06:30de colonisation
01:06:31ces personnes étaient
01:06:31sur territoire français
01:06:32et pour autant
01:06:33sans droit de vote
01:06:34donc on a un vrai
01:06:35continuum
01:06:35colonial
01:06:37aujourd'hui
01:06:38avec des préjugés
01:06:39en communautarisme
01:06:40sur les personnes
01:06:41étrangères
01:06:42pour le vote
01:06:42et je pense que
01:06:43vous savez tous ici
01:06:44quelle galère c'est
01:06:46pour être naturalisé
01:06:48avec parfois
01:06:49deux ans et demi
01:06:49trois ans d'attente
01:06:50et des refus
01:06:52totalement inconséquents
01:06:53et absurdes
01:06:54sur des situations
01:06:55et puis la deuxième chose
01:06:57le deuxième argument
01:06:58sur la question
01:06:59de l'intégration
01:07:00d'abord
01:07:01justement
01:07:02la proposition de loi
01:07:03qui est formulée
01:07:04aujourd'hui
01:07:05c'est pour une meilleure
01:07:05intégration
01:07:06on a dans le pays
01:07:07des millions de concitoyens
01:07:09aujourd'hui
01:07:10qui ont le droit de vote
01:07:11et qui ne l'exercent pas
01:07:12et à chaque fois
01:07:13on dit justement
01:07:14que le fait de voter
01:07:16c'est une pleine intégration
01:07:18donc on considère bien
01:07:19que aller voter
01:07:20c'est encore plus
01:07:21participer pleinement
01:07:22à la communauté nationale
01:07:24permettons-le
01:07:25aux résidents étrangers
01:07:27qui participent déjà
01:07:28pleinement
01:07:28à la vie locale
01:07:30et ça suffit
01:07:31ces arguments
01:07:32ces préjugés
01:07:33en communautarisme
01:07:34qui sont insupportables
01:07:36parce que je le redis
01:07:37ils sont en fait
01:07:38un continuum colonial
01:07:40et qu'ils sont
01:07:40en train de préjuger
01:07:41raciste
01:07:42sur les personnes étrangères
01:07:43non membres de l'UE
01:07:44Merci
01:07:46il n'y a pas d'autre prise de parole
01:07:48non
01:07:49alors je ne reprends pas
01:07:50des orateurs
01:07:51de groupes
01:07:52qui se sont déjà exprimés
01:07:53mais s'il y a des groupes
01:07:54qui ne se sont pas exprimés
01:07:55et qui souhaitent le faire
01:07:56je peux bien sûr
01:07:57en prendre
01:07:57Madame la rapporteure
01:07:58et ensuite
01:07:59nous passons au vote
01:08:00Peut-être juste un point
01:08:02M. Casbarian
01:08:03sur la question
01:08:04de la Nouvelle-Calédonie
01:08:06si vous faites un lien
01:08:08une syllogie
01:08:09entre les deux dispositifs
01:08:10moi j'ai l'impression
01:08:11que du coup
01:08:12vous considérez
01:08:12les caldoches
01:08:13comme des personnes étrangères
01:08:14en Nouvelle-Calédonie
01:08:15donc c'était ma question
01:08:16mais en tout cas
01:08:17sur la question
01:08:18du droit de vote
01:08:20aux élections locales
01:08:21voilà
01:08:21les personnes françaises
01:08:23en Nouvelle-Calédonie
01:08:24nées après 98
01:08:25après le gel du corps électoral
01:08:27ont le droit de vote
01:08:28aux élections municipales
01:08:29là où elles n'ont pas
01:08:30le droit de vote
01:08:30c'est aux élections provinciales
01:08:31et vous nous parlez donc
01:08:32de la question
01:08:33du gel du corps électoral
01:08:34je voudrais vous répondre ici
01:08:35les écologistes
01:08:36ne sont pas opposés
01:08:38par principe
01:08:38au dégel du corps électoral
01:08:40les conditions politiques
01:08:41dans lesquelles
01:08:42elles doivent s'exprimer
01:08:43doivent aussi
01:08:45permettre
01:08:46à l'ensemble
01:08:46des parties prenantes
01:08:47mais ça a toujours été
01:08:48la position des écologistes
01:08:50ça a toujours été
01:08:52la position des écologistes
01:08:53et véritablement
01:08:54je voudrais qu'on arrête
01:08:56de confondre
01:08:56un droit de vote
01:08:57sur la citoyenneté
01:08:58de résidence
01:08:59aux élections locales
01:09:00et un droit de vote
01:09:01pour l'ensemble
01:09:02Madame la rapporteure
01:09:03pardonnez-moi
01:09:04alors
01:09:05on va essayer
01:09:06de retrouver notre calme
01:09:07alors je vous le dis
01:09:08très sincèrement
01:09:08immédiatement
01:09:09je n'accepterai pas
01:09:11de nouvelles invectives
01:09:13de part et d'autre
01:09:14de la salle
01:09:14c'est absolument
01:09:15insupportable
01:09:16sans compter
01:09:18que les mots
01:09:18qui sont prononcés
01:09:19de part et d'autre
01:09:19sont absolument
01:09:20pardonnez-moi de le dire
01:09:21mais indigents
01:09:22Madame la rapporteure
01:09:23je vais
01:09:25je vais terminer
01:09:26franchement
01:09:27de quoi avez-vous peur
01:09:29si on accorde
01:09:30le droit de vote
01:09:30aux élections locales
01:09:32des résidents
01:09:33qui sont là
01:09:33depuis plus de dix ans
01:09:34puisque c'est
01:09:35de cela
01:09:36dont on parle
01:09:36nous allons passer
01:09:39au vote
01:09:40sur ces amendements
01:09:41de suppression
01:09:42je vous demande
01:09:43par conséquent
01:09:44de lever distinctement
01:09:45vos mains à l'appel
01:09:46du vote
01:09:47qui est pour
01:09:48ces amendements
01:09:48de suppression
01:09:49ce qui est contre
01:09:59ils sont rejetés
01:10:02nous en venons
01:10:04au CL7
01:10:06présenté par
01:10:07Madame de Mestre
01:10:07Madame de Mestre
01:10:08je vous en prie
01:10:08le CL7
01:10:09et merci
01:10:10Monsieur le Président
01:10:11cet amendement
01:10:13vise à réaffirmer
01:10:13un principe fondamental
01:10:14de la République française
01:10:16le droit de vote
01:10:17est indissociable
01:10:17de la citoyenneté
01:10:18laquelle repose
01:10:19sur la nationalité
01:10:20le suffrage
01:10:21n'est pas un simple outil
01:10:22de participation locale
01:10:23il constitue l'acte
01:10:25par lequel le peuple
01:10:26exerce sa souveraineté
01:10:27en droit constitutionnel français
01:10:28cette souveraineté
01:10:29appartient à la nation
01:10:29composée de citoyens
01:10:30et ne saurait être fondée
01:10:32sur le seul critère
01:10:32de la résidence
01:10:33en proposant d'ouvrir
01:10:35le droit de vote municipal
01:10:35aux étrangers
01:10:36non ressortissants
01:10:37de l'Union Européenne
01:10:38la rédaction initiale
01:10:39introduit une rupture profonde
01:10:40avec la tradition
01:10:41républicaine française
01:10:42elle substitue
01:10:43progressivement
01:10:44une logique de résidence
01:10:45à une logique d'adhésion
01:10:46à la nation
01:10:47brouillant ainsi
01:10:48le sens même
01:10:49de la citoyenneté
01:10:49la France dispose
01:10:51pourtant d'un cadre clair
01:10:52exigeant
01:10:53et républicain
01:10:54d'accès aux droits politiques
01:10:55il s'agit de la naturalisation
01:10:56ce parcours permet
01:10:57à celles et ceux
01:10:58qui le souhaitent
01:10:59de devenir pleinement
01:11:00citoyens français
01:11:00au terme d'un engagement
01:11:02fondé sur la maîtrise
01:11:03de la langue
01:11:03le respect des valeurs
01:11:04républicaines
01:11:04et la volonté
01:11:05d'appartenir
01:11:06à la communauté nationale
01:11:07le présent amendement
01:11:08vise donc à sécuriser
01:11:09constitutionnellement
01:11:10le lien entre nationalité
01:11:11et droit de vote municipal
01:11:13tout en rappelant
01:11:14que l'intégration
01:11:15a vocation à conduire
01:11:15à la citoyenneté française
01:11:17et non à s'y substituer
01:11:18par des droits politiques
01:11:19partiels
01:11:21madame la rapporteure
01:11:22merci monsieur le président
01:11:26on a évoqué énormément
01:11:27de raisons pour lesquelles
01:11:28j'émettrai bien entendu
01:11:29un avis défavorable
01:11:31à cet amendement
01:11:32mais je vais souligner
01:11:34peut-être quelques arguments
01:11:35de manière plus spécifique
01:11:37près de la moitié
01:11:38des sympathisants
01:11:39des républicains
01:11:40en 2024
01:11:40sont favorables
01:11:41à l'octroi
01:11:42du droit de vote
01:11:43aux étrangers
01:11:44non européens
01:11:45pour les élections locales
01:11:47et pas seulement
01:11:48aux élections municipales
01:11:49d'ailleurs
01:11:50ensuite
01:11:51je tiens à vous préciser
01:11:52que cet amendement
01:11:53il n'apporte
01:11:54aucune modification
01:11:55à la constitution actuelle
01:11:56le conseil constitutionnel
01:11:58a déjà jugé
01:11:59que la participation
01:12:00d'étrangers
01:12:00aux élections municipales
01:12:02était alors contraire
01:12:03à la constitution
01:12:04la raison pour laquelle
01:12:05nous avions dû la modifier
01:12:06ensuite en 92
01:12:08et vous avez cité
01:12:09la décision
01:12:09à l'époque
01:12:11enfin
01:12:12on a parlé
01:12:13de souveraineté
01:12:14de nationalité
01:12:16de citoyenneté
01:12:17souvent confondant
01:12:18les termes les uns
01:12:19avec les autres
01:12:19pour mieux masquer
01:12:21parfois des oppositions
01:12:22en tout cas
01:12:22c'est ce que j'ai entendu
01:12:23de la part de certaines
01:12:25et certains
01:12:25je voudrais préciser
01:12:27que cette proposition
01:12:28de loi constitutionnelle
01:12:29si elle est adoptée
01:12:31elle va être soumise
01:12:32à un référendum
01:12:33ce sont donc
01:12:34à la fin des fins
01:12:35les françaises
01:12:35et les français
01:12:36qui choisiront
01:12:37et je pense que
01:12:38c'est une bonne chose
01:12:39que nous puissions avoir
01:12:40un débat aussi
01:12:41avec l'ensemble
01:12:42du corps
01:12:43de la souveraineté
01:12:44nationale
01:12:45autour de cette question
01:12:46bien je mets au voie
01:12:49ce CL7
01:12:50avec avis défavorable
01:12:51d'un rapporteur
01:12:52qui est pour
01:12:52qui est contre
01:13:01il est donc rejeté
01:13:09un petit point
01:13:10si vous le permettez
01:13:12à pratiquement midi
01:13:13nous ne finirons pas
01:13:14par conséquent
01:13:15les trois textes
01:13:15cela va de soi
01:13:16d'ici 13h
01:13:18une convocation
01:13:19va vous être adressée
01:13:20dans quelques secondes
01:13:21pour 14h45
01:13:22nous en venons
01:13:25au CL1
01:13:26madame Katala
01:13:26oui
01:13:29merci monsieur le président
01:13:31donc c'est un amendement
01:13:32qui vise
01:13:33à amender
01:13:34l'article premier
01:13:37pour
01:13:38étendre
01:13:40aux élections locales
01:13:41la rapporteure
01:13:42vient de
01:13:43de le rappeler
01:13:44il y a
01:13:45une majorité
01:13:46de français
01:13:46et de françaises
01:13:47de toutes les obédiences
01:13:49politiques
01:13:50à l'exception
01:13:50de l'extrême droite
01:13:51qui sont favorables
01:13:52en fait
01:13:52au droit de vote
01:13:54des personnes étrangères
01:13:55aux élections locales
01:13:57c'est l'occasion
01:13:58pour nous
01:13:58de rappeler
01:14:00notre
01:14:01attachement
01:14:02à cette revendication
01:14:03j'ai moi-même
01:14:04déposé une proposition
01:14:05de loi
01:14:05en ce sens
01:14:06il y a
01:14:08il y a quelques mois
01:14:08redéposé
01:14:09une proposition de loi
01:14:10et je voudrais
01:14:10rappeler que nous
01:14:12nous inscrivons ainsi
01:14:13toutes celles et ceux
01:14:14qui sont favorables
01:14:15à l'extension
01:14:17de ce droit
01:14:18dans la grande histoire
01:14:20de notre pays
01:14:20et de la même manière
01:14:21la droite et l'extrême droite
01:14:22s'inscrivent
01:14:24dans l'histoire réactionnaire
01:14:25qui a toujours été celle
01:14:26de leur camp politique
01:14:28puisque déjà
01:14:29au moment de la grande révolution
01:14:31les mêmes
01:14:32ancêtres politiques
01:14:33de la droite
01:14:34et de l'extrême droite
01:14:35étaient contre
01:14:35le droit de vote
01:14:37de tous les citoyens
01:14:37se sont battus
01:14:38à chaque fois
01:14:39en faisant reculer
01:14:41ces droits de vote
01:14:42lors des rétablissements
01:14:43de la monarchie
01:14:45et de l'institution
01:14:47de droit censitaire
01:14:49et donc
01:14:49d'une certaine manière
01:14:50effectivement
01:14:51nous continuons
01:14:52ce combat
01:14:53profondément républicain
01:14:55qui est le nôtre
01:14:56et qui fait la grandeur
01:14:57de notre pays
01:14:58et je voudrais
01:14:58en profiter rapidement
01:14:59pour répondre
01:15:00au collègue Casparian
01:15:01qui ne me semble pas
01:15:03avoir compris
01:15:04l'histoire
01:15:05de notre propre pays
01:15:07à l'égard
01:15:08des territoires colonisés
01:15:11parce que la différence
01:15:12oui fondamentale
01:15:13avec la situation
01:15:14en Kanaki
01:15:15Nouvelle-Calédonie
01:15:16c'est la situation
01:15:17de colonisation
01:15:18et c'est ce qu'a décidé
01:15:20le peuple français
01:15:21en reconnaissant
01:15:21l'existence
01:15:22d'un état
01:15:23de colonisation
01:15:24et de la nécessité
01:15:25d'une décolonisation
01:15:26et c'est pour cela
01:15:26que si votre gouvernement
01:15:28arrêtait de faire n'importe quoi
01:15:29et permettait au processus
01:15:31d'aller à son terme
01:15:31Madame la rapporteure
01:15:33on va se poser
01:15:34pour les personnes
01:15:35les présidents
01:15:35Merci Monsieur le Président
01:15:39je vais émettre
01:15:42un avis défavorable
01:15:43et plutôt une demande
01:15:44de retrait
01:15:44de cet amendement
01:15:45pour avoir l'objectif
01:15:46d'une adoption conforme
01:15:47de cette proposition
01:15:49de loi
01:15:50non pas parce que
01:15:51je suis opposée
01:15:52à ce principe
01:15:52et vous avez initié
01:15:53Madame la députée
01:15:55un travail transpartisan
01:15:56autour des élections locales
01:15:58avec des collectifs
01:15:59de citoyens
01:16:00et de personnes
01:16:00qui sont concernées
01:16:02mais aussi des associations
01:16:03qui les soutiennent
01:16:04autour de ce droit de vote
01:16:05pour ces élections
01:16:06et je pense que nous devons
01:16:07effectivement avoir
01:16:08un débat
01:16:09mais je vous propose
01:16:12de l'avoir
01:16:12en d'autres lieux
01:16:13et d'autres temps
01:16:14C'est donc une demande
01:16:15de retrait
01:16:16Vous l'acceptez ?
01:16:19Vous l'acceptez
01:16:19Bon, donc les prises de parole
01:16:21qui avaient été demandées
01:16:22sur l'amendement
01:16:22désolées
01:16:23sont elles-mêmes
01:16:24écartées
01:16:25Le CL10
01:16:27Madame de Mestre
01:16:28Oui, merci Monsieur le Président
01:16:31Cet amendement
01:16:32vise à instaurer
01:16:33un principe de réciprocité
01:16:35pour l'octroi du droit de vote
01:16:36et d'éligibilité
01:16:37aux élections municipales
01:16:38aux ressortissants
01:16:39d'étrangers non européens
01:16:40qui s'inscrivent
01:16:42dans une logique
01:16:42d'équité
01:16:43et de souveraineté
01:16:44Je suis désolée
01:16:45j'ai un problème
01:16:46en fait de réseau
01:16:46il n'y a plus de wifi
01:16:48ou
01:16:48j'ai un problème de wifi
01:16:51Alors cela ne vous empêche pas
01:16:52de parler ici
01:16:53Non mais tout à fait
01:16:54mais donc
01:16:55j'ai du mal
01:16:56à lire
01:16:57l'exposé
01:16:58et donc je demande
01:16:59un principe
01:17:00de réciprocité
01:17:01avec les ressortissants
01:17:02étrangers
01:17:02des pays
01:17:03correspondant
01:17:03à ceux à qui
01:17:04ce droit de vote
01:17:04pourrait être accordé
01:17:05Je vous remercie
01:17:06Alors il n'y avait
01:17:07aucune érodite
01:17:08dans la prise de parole
01:17:09je n'ai pas mesuré
01:17:10le second degré
01:17:10donc toutes mes excuses
01:17:11Madame la députée
01:17:12qu'elle pouvait générer
01:17:13Madame la rapporteure
01:17:15Merci beaucoup
01:17:19Alors les conditions
01:17:21de réciprocité
01:17:22qui existent
01:17:22dans certains pays
01:17:23ont été historiquement
01:17:25mises en place
01:17:25pour répondre
01:17:26à des raisons
01:17:27de proximité
01:17:28géopolitique
01:17:29historique
01:17:30ou culturelle
01:17:30Je vous parlais
01:17:31notamment
01:17:32de la lusophonie
01:17:33qui a justifié
01:17:34cette réciprocité
01:17:35ce qui voudrait dire
01:17:36que nous pourrions
01:17:36nous appuyer
01:17:37sur la francophonie
01:17:38pour établir
01:17:39cette réciprocité
01:17:41Je ne sais pas
01:17:41si c'était ça
01:17:42le sens
01:17:43de votre amendement
01:17:45Ensuite
01:17:46la création
01:17:47d'une réciprocité
01:17:48n'a aucune justification
01:17:50en particulier
01:17:51sur les exilés
01:17:53je vous en parlais
01:17:54mais aussi
01:17:54pour toutes les personnes
01:17:56originaires de pays
01:17:57où la démocratie
01:17:58est bafouée
01:17:58parce que la démocratie
01:18:00n'est pas effective
01:18:01dans leur pays d'origine
01:18:02ils devraient se voir
01:18:03refuser le droit de vote
01:18:04aux élections municipales
01:18:06en France
01:18:07Je parlais bien sûr
01:18:09du témoignage
01:18:10de Tidiane
01:18:11qui a été
01:18:12assesseur aux élections
01:18:13municipales
01:18:14mais aussi
01:18:15de cette réfugiée
01:18:17iranienne
01:18:17qui a été privée
01:18:18de son droit de vote
01:18:19ou des réfugiés afghanes
01:18:20nous avons ici
01:18:22longtemps parlé
01:18:23notamment en commission
01:18:23des affaires étrangères
01:18:24de la nécessité
01:18:26d'accueillir celles
01:18:27qui sont
01:18:27en raison de leur genre
01:18:29discriminées dans leur pays
01:18:31et qui ont maintenant
01:18:32l'impossibilité
01:18:34même de parler
01:18:35dans leur pays
01:18:36et bien de ne pas exprimer
01:18:37leur préférence
01:18:39encore une fois
01:18:40pour des sujets
01:18:41de vie quotidienne
01:18:42en réalité
01:18:45il y a aussi
01:18:46beaucoup plus de pays
01:18:4711 sur les 14
01:18:48qui accordent le droit
01:18:49de vote aux étrangers
01:18:49pour les élections
01:18:50municipales
01:18:51qui le font
01:18:51sans aucune condition
01:18:53de réciprocité
01:18:54et si la réciprocité
01:18:55était quelque chose
01:18:56qui nous tenait
01:18:56particulièrement à cœur
01:18:57je le disais
01:18:58nous aurions donné
01:18:59le droit de vote
01:19:00aux Norvégiens
01:19:01dès le moment
01:19:02où nous avions
01:19:03la possibilité
01:19:04de voter en Norvège
01:19:05c'est le cas
01:19:06par exemple
01:19:06je parlais de la Norvège
01:19:08il y a de nombreux
01:19:09Norvégiens en France
01:19:10ils n'ont pas le droit
01:19:11de vote aux élections
01:19:11municipales
01:19:12mais les français
01:19:13peuvent même devenir
01:19:14premier adjoint
01:19:15de la seconde commune
01:19:16de Norvège
01:19:17sans aucune difficulté
01:19:18sans aucune difficulté
01:19:20cette question
01:19:21de la réciprocité
01:19:22elle a fait l'objet
01:19:23de nombreux débats
01:19:24ce n'est pas le texte
01:19:25qui est choisi
01:19:26et je le dis encore
01:19:27ce texte
01:19:28il est issu
01:19:29d'une longue tradition
01:19:30d'une longue histoire
01:19:31parlementaire
01:19:32vous en moquiez
01:19:33mais je crois
01:19:34qu'en réalité
01:19:34c'est la force
01:19:35de ce texte
01:19:36parce qu'un consensus
01:19:37politique
01:19:37est aujourd'hui
01:19:39établi
01:19:40autour de cette proposition
01:19:41Merci
01:19:42j'ai deux demandes
01:19:43de prise de parole
01:19:44trois désormais
01:19:45Madame Catala
01:19:46Merci Monsieur le Président
01:19:48je n'ai pas pu terminer
01:19:49mon propos
01:19:50sur l'amendement précédent
01:19:51et je voulais moi aussi
01:19:52signifier à Monsieur
01:19:53Casbarian
01:19:53que la Nouvelle-Calédonie
01:19:55comme 17 territoires
01:19:57dans le monde
01:19:57est considérée
01:19:59comme un territoire
01:19:59non autonome
01:20:00par le comité spécial
01:20:02de la décolonisation
01:20:03des Nations Unies
01:20:04comme l'est également
01:20:05la Polynésie française
01:20:07qui est sur cette liste
01:20:08et cela signifie
01:20:08que les populations
01:20:10qui vivent sur ces territoires
01:20:11ne sont pas considérées
01:20:12comme des populations
01:20:12totalement autonomes
01:20:15au regard des Nations Unies
01:20:16et les Nations Unies
01:20:18utilisent pour la France
01:20:19la dénomination
01:20:20de puissance administrante
01:20:22c'est donc un territoire
01:20:23qui est toujours considéré
01:20:24comme étant
01:20:25à décoloniser
01:20:26comme l'est
01:20:27la Polynésie française
01:20:28et je comprends
01:20:29que ça vous déplaise
01:20:30parce qu'il y a un député
01:20:30loyaliste
01:20:31dans votre groupe
01:20:32et que les loyalistes
01:20:33souhaitent
01:20:34que la Nouvelle-Calédonie
01:20:35soit retirée
01:20:36de cette liste
01:20:37mais là aussi
01:20:38ne vous en déplaise
01:20:38seule l'ONU
01:20:39est compétente
01:20:40pour le faire
01:20:41et donc nous
01:20:42nous soutenons
01:20:42les Nations Unies
01:20:43dans cette démarche
01:20:44et nous soutiendrons
01:20:45toujours l'ordre républicain
01:20:47et pas l'ordre colonial
01:20:48alors monsieur Casabarian
01:20:50je vous en prie
01:20:50oui alors
01:20:52je vais profiter de l'instant
01:20:53pour répondre à nos collègues
01:20:54de la France Insoumise
01:20:55oui on est très fiers
01:20:56d'avoir Nicolas Metzdorf
01:20:57dans notre groupe
01:20:57et d'avoir les mêmes positions
01:20:59que lui sur le sujet
01:21:00de la Nouvelle-Calédonie
01:21:00et d'y avoir été
01:21:02à ses côtés
01:21:02il se trouve
01:21:04madame Catala
01:21:05et madame Obono
01:21:06que dans la démocratie
01:21:07on respecte le vote
01:21:08en Nouvelle-Calédonie
01:21:09les Calédoniens
01:21:10ont voté à trois reprises
01:21:11pour rester dans
01:21:12la République française
01:21:13les Calédoniens
01:21:14et en plus
01:21:15ils l'ont fait
01:21:15sur une base électorale
01:21:16restreinte
01:21:16pas en autorisant
01:21:17tout le monde à voter
01:21:18c'est-à-dire
01:21:18seuls ceux qui avaient
01:21:19le droit de vote
01:21:19se sont exprimés
01:21:20pour dire en fait
01:21:21oui on veut rester
01:21:21dans la République française
01:21:22et être français
01:21:22c'est un territoire français
01:21:23les Calédoniens
01:21:24ont le même passeport
01:21:25que vous et moi
01:21:25et il se trouve
01:21:26je le redis
01:21:27qu'une partie de ces personnes
01:21:28qui sont à la fois
01:21:29françaises et résidentes
01:21:30c'est-à-dire qu'elles coochent
01:21:31les deux conditions
01:21:31on devrait être en fait
01:21:32unanimes sur le sujet
01:21:33elles sont à la fois françaises
01:21:34donc ils cochent
01:21:35les conditions de nationalité
01:21:36et elles sont résidentes
01:21:37depuis des décennies
01:21:38donc elles cochent votre case
01:21:39sur l'éligibilité
01:21:40à pouvoir voter
01:21:42et bien malgré tout ça
01:21:43vous ne voulez pas
01:21:44les laisser voter
01:21:45et à l'inverse
01:21:46ici en France
01:21:46des gens qui ne sont pas français
01:21:48mais qui y résident
01:21:49vous souhaitez leur octroyer
01:21:49le droit de vote
01:21:50aux élections locales
01:21:50il y a quand même
01:21:51une contradiction majeure
01:21:52et je m'interroge
01:21:52pourquoi en fait
01:21:53est-ce que c'est des questions électorales
01:21:55est-ce que parce que
01:21:56vous considérez
01:21:56qu'ils n'ont pas le droit
01:21:57mais pourquoi
01:21:58ils n'auraient pas
01:21:58les mêmes droits en fait
01:21:59qu'est-ce qui fait
01:21:59que vous faites une différence
01:22:01alors sur l'amendement
01:22:02monsieur le président
01:22:03madame la rapporteure
01:22:04nous on va le soutenir
01:22:04cet amendement
01:22:05parce que la question
01:22:10notre plus grand regret
01:22:11a donné un droit de vote
01:22:13aux élections locales
01:22:14à des étrangers en France
01:22:15bien
01:22:16et là si vous refusez
01:22:17cet amendement
01:22:18ça veut dire que
01:22:18vous vous moquez de savoir
01:22:19si c'est réciproque
01:22:20dans les pays concernés
01:22:20et qu'on peut tolérer
01:22:22que des personnes étrangères
01:22:24votent dans nos élections locales
01:22:25mais que leur propre pays
01:22:26refuse à nos ressortissants français
01:22:27de pouvoir voter
01:22:29dans les pays
01:22:29qui sont concernés
01:22:30ça fait tomber votre argument
01:22:32madame la rapporteure
01:22:32de l'Union européenne
01:22:33parce que les citoyens
01:22:34de l'Union européenne
01:22:35qui votent
01:22:35aux élections locales
01:22:36ça se fait sur la base
01:22:37une réciprocité
01:22:38les français
01:22:39qui sont en Belgique
01:22:40peuvent voter aux élections locales
01:22:41parce que les Belges
01:22:42peuvent voter aux élections locales françaises
01:22:44et s'il n'y a pas de réciprocité
01:22:45votre droit
01:22:46il est affaibli complètement
01:22:47et donc je ne comprends pas
01:22:49votre refus
01:22:49madame la rapporteure
01:22:50de refuser une mesure de bon sens
01:22:51qui est celle de la réciprocité
01:22:52Merci beaucoup
01:22:52Monsieur Amir Chahy
01:22:54je vous en prie
01:22:55Merci monsieur le Président
01:22:57bon
01:22:58puisqu'on discute
01:22:59de principe constitutionnel
01:23:00rappelons quand même
01:23:01que notre République
01:23:02autant que la démocratie
01:23:03se fonde
01:23:05sur le droit de vote
01:23:06ça a été dit
01:23:06sur la base d'un principe universel
01:23:08toujours en élargissement
01:23:09et ça n'a pas toujours été le cas
01:23:10au point de départ
01:23:11une des revendications premières
01:23:14et constitutives
01:23:15même de la révolution française
01:23:16c'est de pouvoir être citoyen
01:23:17à part entière
01:23:18et de pouvoir
01:23:19avoir ce droit de vote
01:23:20et je rappelle
01:23:21qu'il n'a pas été accordé
01:23:22à tout le monde
01:23:22il a fallu attendre
01:23:24très longtemps
01:23:24pour se défaire
01:23:26du système censitaire
01:23:27et que
01:23:28ceux qui n'étaient pas nobles
01:23:29puis ensuite
01:23:30ceux qui étaient
01:23:31de conditions ouvrières
01:23:32mais que
01:23:33de conditions modestes
01:23:35mais que les hommes
01:23:35et puis enfin les femmes
01:23:37puissent avoir le droit de vote
01:23:38et vous savez
01:23:39cette histoire vous rattrapera
01:23:41mesdames et messieurs
01:23:41les députés
01:23:42qui êtes contre aujourd'hui
01:23:43parce qu'on se gargarait souvent
01:23:44nous les français
01:23:45d'avoir été
01:23:45ou d'être un phare
01:23:47en avance
01:23:47sur d'autres pays
01:23:48par rapport aux conquêtes
01:23:49c'est oublié rapidement
01:23:50que sur bien des droits
01:23:51sur lesquels
01:23:52tout le monde est d'accord
01:23:54aujourd'hui
01:23:54nous n'avons pas été
01:23:55les premiers
01:23:56loin de là
01:23:56loin de là
01:23:58nous n'avons pas été
01:23:58les premiers
01:23:59à abolir la peine de mort
01:24:00nous n'avons pas été
01:24:00les premiers
01:24:01à dépénaliser l'homosexualité
01:24:03et nous n'avons pas été
01:24:04les premiers
01:24:05non plus
01:24:05à accorder le droit
01:24:06de vote des femmes
01:24:06je rappelle qu'il a été
01:24:07accordé en Turquie
01:24:08en 1915
01:24:09donc s'il vous plaît
01:24:11ramenez
01:24:12et ramenons
01:24:14à un peu plus
01:24:15de modestie
01:24:16nos arguments
01:24:17mais la modestie
01:24:18ne nous empêche pas
01:24:19d'être ambitieux
01:24:20et en l'espèce
01:24:21je crois que
01:24:22les arguments
01:24:22qui ont été donnés
01:24:23par d'autres rapporteurs
01:24:26sont d'importance
01:24:28et sur un point
01:24:29en particulier
01:24:29il n'y a pas de crainte
01:24:31à la délibération
01:24:32populaire
01:24:33et à
01:24:34l'association
01:24:37du peuple français
01:24:37à cette réflexion là
01:24:39je renvoie au débat d'avant
01:24:40qui avait été conduit
01:24:41brillamment
01:24:41par notre collègue
01:24:42Marie Pochon
01:24:43puisque de toute façon
01:24:44si cette disposition
01:24:45était adoptée
01:24:46il y aurait derrière
01:24:47et il ne faut pas le craindre
01:24:48un débat démocratique
01:24:50dans le pays
01:24:50et il est normal
01:24:51que ce débat démocratique
01:24:52ait lieu
01:24:52il aura lieu de plusieurs façons
01:24:54ce sera au président
01:24:54de la république
01:24:55d'en fixer les modalités
01:24:57mais au moins
01:24:57il aura lieu
01:24:58permettons qu'il ait lieu
01:24:59merci beaucoup
01:25:00monsieur Pena
01:25:01oui
01:25:03la première réflexion
01:25:05que j'ai
01:25:06c'est que j'ai l'âge
01:25:07malheureusement pour moi
01:25:08de me souvenir
01:25:10des propos
01:25:12de Noël Mamère
01:25:13à l'Assemblée nationale
01:25:14de l'atmosphère
01:25:17qui y régnait
01:25:18il y avait un débat
01:25:21un vrai débat démocratique
01:25:22là il n'existe plus
01:25:23il y a une régression
01:25:24absolue
01:25:25absolue
01:25:27sur cette question
01:25:28gangrénée
01:25:30par le Rassemblement
01:25:31national
01:25:31et auquel LR
01:25:32et Horizon
01:25:33notamment
01:25:34participent
01:25:35je mets au voie
01:25:36la proposition de loi
01:25:37dans son intégralité
01:25:38qui est pour
01:25:39qui est contre
01:25:51elle est donc adoptée
01:25:54je vous remercie
01:25:55je vous remercie
01:25:55voilà
01:25:59adopter la proposition
01:26:00de loi
01:26:01des écologies
01:26:02sous les applaudissements
01:26:03et avec la satisfaction
01:26:04de la rapporteure
01:26:05Léa Ballage
01:26:06El Mariqui
01:26:07qui a repris
01:26:07une vieille proposition
01:26:09de loi
01:26:09datant d'il y a plus de 26 ans
01:26:11et défendue à l'époque
01:26:12par Noël Mamère
01:26:14député vert
01:26:15pour accorder
01:26:16le droit de vote
01:26:17aux étrangers
01:26:18lors des élections
01:26:19locales
01:26:20mais interdiction
01:26:22pour les étrangers
01:26:23d'être maires
01:26:23adjoints
01:26:24ou encore
01:26:24de participer
01:26:26à l'élection
01:26:26des sénateurs
01:26:28cette proposition
01:26:29de loi constitutionnelle
01:26:30sera examinée
01:26:31dans le cadre
01:26:32de l'ordre du jour
01:26:33réservé aux écologistes
01:26:34ce sera le 12 février
01:26:36prochain
01:26:36et bien évidemment
01:26:37LCP sera comme toujours
01:26:39aux premières loges
01:26:40bonne suite de programme
01:26:41sur notre antenne
01:26:42Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires