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  • il y a 2 jours
Capitaine Ibrahim Traoré : "Leur objectif n'était pas que la guerre finisse. On a eu des débats houleux avec des diplomates"

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Transcription
00:00Dès que nous sommes arrivés au pouvoir, nous aurons espéré qu'on nous laisse travailler très rapidement et pouvoir avancer.
00:07Malheureusement, certaines personnes nous ont approchés et ont voulu que nous allions dans leur sens,
00:13parce que leur objectif n'était pas que la guerre finisse de si tôt.
00:17Je veux parler de certaines forces étrangères qui étaient présentes sur notre sol.
00:20On a eu des débats houleux, avec des diplomates venus d'ailleurs, sur la question.
00:24Nous croyions que nous avions quand même un minimum d'armes et de munitions en stock.
00:31Aujourd'hui, je peux vous dire ce que j'ai trouvé par exemple en stock.
00:34Il y avait un tout et pour tout au Burkinaï, face au moins de 100 000 cartouches de kalachnikov.
00:38Et les armes, nous avions à peine une centaine.
00:42Comment est-ce qu'on pouvait faire la guerre ?
00:44Parce que beaucoup de puissances ont refusé de nous vendre les armes.
00:48Et donc, on s'est tourné vers ceux qui avaient envie de nous vendre les armes.
00:52Très vite, on s'est équipés.
00:53Vous voyez, l'Afrique, on a l'habitude de ne pas avoir d'abord une armée forte.
00:59Il n'y a pas d'État s'il n'y a pas d'armée forte.
01:01Nous, nous sommes en train de construire une armée forte.
01:04Voilà pourquoi j'ai dit, on se bat en Burkinabé et on se forme en Burkinabé.
01:07Ça, c'est très important.
01:08Si tu ne connais pas quelqu'un, tu ne peux pas avoir accès à certains services.
01:12Ce qu'on appelle les deals.
01:14Tout le monde a évolué avec cet esprit de deal, de corruption, du tout.
01:19C'est dangereux.
01:19Mais c'est la politique qui a mené ça.
01:21Parce qu'il y a des entrepreneurs politiques, vous avez entendu parler de ça.
01:25Les jeunes qui s'élèvent parce qu'ils savent parler, ils savent flatter.
01:29Et c'était quoi la politique ?
01:31C'est quoi la politique en Afrique ?
01:33Il faut dire la vérité.
01:34Quelqu'un qui a l'art de mentir, de tromper, de flatter.
01:39Vous voyez, tous les vices.
01:41Si vous regroupez tous les vices, vous êtes un bon politicien.
01:44C'est la réalité.
01:46Nous, au village, quand on disait, quand on voit quelqu'un qui est un trompeur, il ne dit pas la vérité, on disait, lui, c'est un politicien.
01:52C'est comme ça, on disait.
01:55Donc, il faut que cette mentalité change.
01:58J'ai donné des instructions pour qu'on paye le savon liquide de toutes ces femmes qui ont été formées et qui se débrouillent pour faire le savon liquide dans nos administrations.
02:06Tout ce qui est là, c'est importé, même chez vous, dans vos bureaux.
02:09Tous les savons liquides importés, n'est-ce pas ?
02:11Ce n'est pas normal, pendant que le maman fabrique ça.
02:14Et quand j'ai dit de le faire, un temps, il m'est revenu que non, elles n'ont pas de structure formalisée.
02:18J'ai dit, je ne veux rien comprendre.
02:19Trouvez la formule, c'est leur savon, vous payez.
02:22Et vous amenez.
02:23C'est question d'emballage, je crois.
02:25Même si moi, vous m'amenez dans mon bureau avec les bidons recyclés, les eaux de boisson, je vais utiliser.
02:31Ce n'est pas grave, en attendant qu'on naissez comme ça.
02:33Pour qu'on veut le luxe, acceptons nos réalités, transformons ce dont on a besoin et consommons ça.
02:39Et on va évoluer au fur et à mesure.
02:42Une dame qui peut se transformer du savon à petite échelle, si on l'accompagne en lui donnant des marchés de trucs,
02:46demain, elle peut avoir une grande entreprise qui produit et qui exporte.
02:49Voilà la mentalité.
02:51Écoutez, moi je voyage peu comme vous l'avez dit.
02:54Et je suis parti en Russie deux fois, mais pour des objectifs bien précis.
02:59Il se peut que j'aille vers d'autres partenaires pour des objectifs bien précis.
03:02À part ça, je ne compte pas aller faire le tour du monde comme les autres le font.
03:07Parce que pour moi, il faudrait se concentrer, travailler pour son pays.
03:10Le président trompe lui-même.
03:11Il a dit « America first ».
03:13C'est l'Amérique d'abord, il travaille pour les intérêts des Américains.
03:15Et donc moi, je travaille pour les intérêts des Burkinabés.
03:18Si je n'ai pas d'intérêts là-bas, qu'est-ce que je vais aller faire ?
03:20Donc, l'Africain a ce problème-là.
03:22Pendant que quelqu'un voit en Europe, il y a un problème.
03:24Tout le monde est uni, les gens arrivent rapidement à trouver des solutions.
03:28Les États-Unis, c'est pareil.
03:28Mais l'Afrique a ce problème.
03:31Vous voyez, ça fait dix ans qu'ils ne se battent pas.
03:33Vous n'avez pas entendu quelqu'un porter la voix du Burkina au niveau des institutions internationales
03:37et quoi que ce soit, ni le Mali, ni le Niger.
03:40Nos populations meurent, ce n'est pas leur problème.
03:43Congo, ça meurt, ce n'est pas notre problème.
03:45La dernière fois, j'ai essayé dans une de mes paroles d'essayer de parler.
03:49Ça fait comme des millions de morts.
03:51Le Soudan, regardez comment il se déchire.
03:54Il y a beaucoup de conflits sur notre sol déjà.
03:57On n'arrive même pas à porter la voix.
03:58Donc, comment on va porter la voix des autres ?
04:01Donc, il faut que nous, Africains, on se réveille.
04:03J'ai d'abord des mots de remerciement.
04:05Le remerciement du fond du cœur.
04:08Parce que le peuple est resté concentré.
04:11Concentré pour écouter le message qu'on a véhiculé.
04:14Parce que l'une des armes importantes que nous avons utilisées, c'est aussi la communication.
04:22Et parce que nous avons compris que les impérialistes ont toujours utilisé la communication pour détruire l'Afrique.
04:27Parce que tout ce qui se passe comme conflit, ce qu'il y a, ce sont des manipulations.
04:33Ce sont des manipulations.
04:35Regardez, je prends encore le cas du Soudan.
04:38Deux groupes sont manipulés par des puissances.
04:41Faudrait-il pas à un moment donné qu'on se parle, on s'assoit, on exploite nos ressources ensemble, on fait vivre nos populations, on va continuer à se déchirer ?
04:50Tout ce qui s'est passé comme assassinat de leaders politiques en Afrique, la guerre et tout, c'est à travers la communication qu'on a manipulée.
04:58Et la communication est très importante.
05:02La guerre va finir au Burkina Faso.
05:04Nous vivrons en paix, nous ferons ce que nous avons à faire de nos richesses et nous allons nous développer.
05:09Ça c'est une certitude.
05:11Le rêve que nous avons pour le Burkina Faso, nous allons l'accomplir.
05:14L'une des armes importantes que nous avons utilisées, c'est aussi la communication.
05:20Et parce que nous avons compris que les NPLI ont toujours utilisé la communication pour détruire l'Afrique.
05:27Parce que tout ce qui se passe comme conflit, ce sont des manipulations.
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