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✨ La Bala — drag queen & styliste roubaisien
Entre mode recyclée, performance et engagement LGBTQIA+, La Bala transforme le vécu en puissance scénique.
Le drag comme exutoire, comme art, comme affirmation.
Pour que les futurs petits Nicolas puissent grandir libres. 💜

🎭 Drag
👠 Mode & création
🏳️‍🌈 Pride & visibilité
📍 Roubaix

👉 Suis son univers et ses performances
💥 Plus qu’un show : un acte artistique et politique

#Labala #DragQueen #DragArt #DragFrançais #ArtQueer #LGBTQIAplus #Pride #Roubaix #ModeQueer #Upcycling #DragPerformance #Empowerment #Visibilité #CultureQueer #LeBlog2Roubaix
Transcription
00:00Hello le blog de Roubaix, je m'appelle Nicolas Siffelny alias Labala
00:03et aujourd'hui je vais vous parler de ma vie d'artiste queer made in Roubaix.
00:19Dans la vie, je suis artiste drag, que drag queen.
00:30Avant tout, je suis styliste modéliste, donc designer.
00:38Il y a quelques temps, apprenti perruquier.
00:58J'ai toujours été passionné par l'art, la création en général depuis que j'ai 7 ans.
01:03J'ai dit à mes parents « je vais devenir styliste ».
01:06Je ne savais même pas ce que ça voulait dire vraiment.
01:08J'entendais parler de Karl Lagerfeld, je voyais des vêtements,
01:11je voulais dessiner des vêtements, je voulais créer des vêtements.
01:15À la fin de ma seconde, j'ai décidé de partir à l'Institut Saint-Luc à Tournai pour démarrer des études d'art.
01:29Ensuite, j'ai commencé mes études à Esmod Roubaix en 2016.
01:33J'ai été diplômé en juin 2019.
01:37Il y a eu un processus depuis tout jeune où j'ai toujours eu les mains dans le cambouis.
01:44Je récupérais plein de choses, comment je recyclais déjà dès mes 7 ans.
01:50Plein de trucs pour pouvoir créer et ça, ça va revenir après.
01:54J'ai réalisé à la fin de mes études à Esmod une collection de 5 looks.
01:58Cette collection, je l'ai élaborée autour du recyclage,
02:02de la récupération d'éléments avec des textiles de fin de stock.
02:05Elle a eu pas mal de succès.
02:07J'ai été rajouté sur des gros salons, des choses assez prestigieuses dans le milieu.
02:12J'ai été porté par des artistes internationaux.
02:16Le DJ Snake est parti en tournée avec mes vêtements.
02:19Je ne me retrouvais pas dans tout l'aspect de la création d'une marque, etc.
02:25Avant que ça s'arrête, j'avais commencé à faire du drag.
02:28J'ai toujours aimé la scène dans ma recherche créative dès l'enfance et au collège.
02:33Ça s'est revenu, je me suis mis au drag.
02:36J'avais un peu des doutes.
02:38Je me souviens que j'avais fait le défilé Full Power sur la place de Roubaix avec le 1.M.
02:43Et j'avais rencontré Soa Demus avant qu'elle ne fasse Drag Race France.
02:47Elle m'avait donné des conseils.
02:49Elle m'avait dit que je ne devais pas avoir peur de me lancer.
02:52Peu importe comment j'appréhendais, je voyais mon drag.
02:55J'ai eu une période de passage à vide dans ma vie.
02:58Le drag s'est venu comme un exutoire total.
03:02Je me suis toujours servi de l'art comme une façon de sortir tout ce que j'ai à l'intérieur, bon ou mauvais.
03:09Et le drag me permet ça du coup.
03:18Un personnage qui arrivait comme un alter ego, à la fois ce que j'aimerais être et tout ce que je n'aimerais pas être.
03:27Une version de moi meilleure et pire.
03:31Une espèce de mon monstre intérieur finalement.
03:34Voilà, là-bas là du coup.
03:36Le drag, il y en a pour qui c'est une recherche autour du genre.
03:41Moi, ce n'était pas vraiment ça.
03:43C'était plus purement artistique.
03:45Mais je pense que pour tout le monde, c'est une manière d'empowerment.
03:52Une façon de reprendre le pouvoir par rapport à pas mal de choses qu'on a subies.
03:57De pouvoir le livrer sur scène et de dépasser tous les coups.
04:02Ça a été une façon de reprendre conscience en moi aussi.
04:05D'accord.
04:06Moi, je passe beaucoup de temps à imaginer, à conceptualiser et puis ensuite à concevoir des costumes.
04:15Mais aussi des scénographies, etc.
04:17Des shows.
04:18On a créé la House of Bazaar avec mes trois sœurs drag.
04:23Erika Dikafrine, Thunderstrike et Chisnan Goldwyn avec lesquels on est partis à Amsterdam
04:29pour représenter la métropole lilloise il n'y a pas longtemps lors d'un concours.
04:34Je vais faire de la com sur les réseaux.
04:36Je vais faire des affiches, du graphisme.
04:38À côté de ça, je vais produire des costumes, des dessinés, tout ça.
04:44Imaginer de la scénographie organisée, des shows pour avoir des bénévoles.
04:50Discuter avec le lieu, négocier les tarifs, etc.
04:55Du coup, il y a tout ça avant.
04:57Ensuite, il va y avoir le jour du show.
05:00Là, il va y avoir toute l'organisation, la préparation de la scène.
05:05L'organisation avec la régie, l'organisation pour que tout roule au moment T.
05:10Et après, il va y avoir le make-up.
05:23Trois heures de plaisir à transformation, finalement, de Nicolas en Lavala.
05:30Et puis après, il va y avoir le show.
05:32Il y a le stress avant de monter sur scène.
05:34Au début, quand on est sur scène, c'est ce moment où on ne sait pas si le public va véritablement recevoir ce qu'on lui donne.
05:41Et après, il y a si le public ne réagit pas.
05:45On se demande est-ce que ça va ?
05:47Et du coup, on va peut-être être déstabilisé.
05:49Ou alors là, on reçoit toute cette énergie et c'est génial.
05:53C'est un moment de pur plaisir.
05:54On descend une scène et il y a ce truc, cette redescente, qui peut prendre plus ou moins longtemps selon les artistes.
06:15On va se poser plein de questions et ensuite, on va avoir des retours.
06:19Et puis, on va nous dire, ouais, c'était génial.
06:21Ouais, il faudrait que tu revois ça, etc.
06:24Mes parents, ils m'ont toujours accompagné, quoi que je fasse, depuis que je suis tout petit, dans les activités que je voulais pratiquer.
06:30Que ce soit de par mes études artistiques ou quand je suis arrivé à SMOD, ils étaient toujours là pour essayer de m'apporter une aide, un accompagnement.
06:40Ils ont toujours donné, voilà, du temps pour moi, pour que j'aille au bout de mes envies.
06:48Et quand j'ai voulu faire du drag, enfin, au début, j'allais comprendre que mon père, voilà, il était peut-être un peu réticent.
06:56C'est voir son fils se grimer en femme, entre guillemets, puisque mon drag, il est entre la femme et la créature.
07:04Mais au final, aujourd'hui, mes parents, c'est mes premiers bénévoles, quoi.
07:09Avec la House of Bazaar, quand on fait des shows, ils sont à la billetterie.
07:13Ils sont là, ils nous accompagnent, ils nous aident pour l'organisation.
07:18Ils sont là, ils invitent leurs amis.
07:21Enfin, j'ai une drag sœur à la fin d'un de nos shows à Lille qui a fait les remerciements et qui dit, vraiment, tous les parents de personnes queer devraient être comme ça.
07:29Mon père, ce côté un peu smart dans la création, le côté un peu technique, je pense que lui, c'est un peu un MacGyver.
07:38Et quand j'ai besoin d'un truc un peu technique, je vais le voir.
07:43Et là, par exemple, pour une père, il y a un truc un peu mécanique qui doit se passer.
07:47Et il m'a dit, j'ai une idée pour ça, j'ai une idée pour ça.
07:50Enfin bref, ils sont là, ils sont bienveillants, ils ont envie eux-mêmes d'être là.
07:57Et je trouve que c'est le principal et je les remercie pour ça, vraiment.
08:00Parce que je sais que tout le monde n'a pas cette chance.
08:02Même si ça ne devrait pas être une chance, ça devrait être normal, en fait.
08:05D'avoir des parents qui sont juste là et qui donnent de l'amour et de l'attention à un enfant.
08:12Et du coup, je les aime de tout mon cœur et je les remercie.
08:16Tant qu'enfant queer, parce que j'ai su que j'étais queer très jeune.
08:207 ans, j'étais aussi à l'école à Roubaix.
08:23En fait, j'étais un petit garçon efféminé et je m'en prenais plein la trouche.
08:27Et ça, ça a duré 10 ans.
08:29J'ai vécu 10 ans de harcèlement et ça ajoutait à des coups, des menaces.
08:37En fait, malgré ça, j'ai essayé d'être toujours le plus flamboyant.
08:40Enfin, j'avais ce truc de vouloir...
08:44Je m'en fous, en fait. Enfin, je dois être moi-même.
08:47Et d'ailleurs, à propos de ça, j'ai...
08:49En fait, quand j'étais à SMOD, j'ai été président du BDE.
08:52J'ai fait partie du conseil étudiant roubaisien.
08:54Et j'ai rencontré un garçon. Je ne me souvenais plus de lui.
08:59Et en fait, il est venu me voir en me disant
09:01« Ouais, j'étais une classe en dessous de toi quand on était à Pascal. »
09:04Et moi, j'étais le seul garçon qui assumait son homosexualité.
09:07Et me voir en me disant « Tu sais, quand j'ai fait mon coming out,
09:10des années plus tard à mes parents, j'ai repensé à toi,
09:12ce que tu avais assumé pour nous tous.
09:14Enfin, tu t'en prenais plein la gueule et tu n'en avais rien à foutre. »
09:18Et pourtant, je souffrais intérieurement.
09:20Mais j'ai laissé cette image vraiment de la personne qui...
09:23En fait, j'avais plein d'idées créatives.
09:25Du coup, je voulais imaginer, concevoir des choses et le faire à l'école, etc.
09:33Et après ces dix ans, une fois que j'ai quitté Saint-Rémy,
09:37je suis arrivé dans une école d'art où là, c'était...
09:40J'étais dans une bulle où tout était parfait, où j'étais accepté,
09:44où il n'y avait pas d'homophobie, pas d'insultes, pas de coups,
09:51ou pas de harcèlement finalement.
09:55Et ouais, c'est... du coup, je pense que ce n'est pas forcément à Roubaix.
10:01C'est partout comme ça.
10:02C'est la même chose.
10:03Être homosexuel, être queer, être trans, peu importe.
10:09Quand on est enfant, quand on est ado, quand on est adulte,
10:14on s'en prend plein la gueule encore aujourd'hui.
10:16Et après, en revenant à Roubaix, j'ai passé deux ans en école d'art,
10:20j'arrivais à S-Mod, et là, je suis encore dans un cadre ouvert,
10:27un cadre plus... où il n'y a pas de... où c'est un non-sujet, en fait.
10:32Genre, je suis qui je suis, point, et c'est mon jeu, c'est mon travail.
10:36Donc, voilà, on avait des camarades trans aussi,
10:40j'avais plein de camarades homosexuels,
10:43enfin, queer en général, en fait.
10:45Après, en tant qu'artiste de drag, j'ai fait plusieurs shows à Roubaix,
10:50et c'est vrai que, des fois, tu as des petits commentaires.
10:54J'ai jamais eu d'agression en tant que drag queen, mais je vous remercie.
10:58Mais c'est comme partout, c'est comme à Lille, etc.
11:00Enfin, à Roubaix, et pas plus...
11:04Ça craint pas plus que Lille, finalement.
11:07Enfin, que personne queer.
11:08Peu importe où on est, on peut être en danger.
11:11Il y a des endroits sur cette terre où on a plus de droits,
11:15où on a plus de la possibilité de pouvoir vivre notre vie,
11:22comme tout à chacun.
11:24Mais il y a encore partout la discrimination,
11:28et on doit encore se battre pour ça.
11:32Et c'est pour ça, notamment, que moi, je me suis investi dans la Pride de Roubaix.
11:39C'est pour ça que j'étais très heureux, l'année dernière, de performer à la Pride de Roubaix.
11:42Moi, enfin, c'était important d'avoir ce moment,
11:45ne serait-ce que pour le petit garçon que j'étais,
11:47qui a subi tout ce harcèlement, etc.
11:49Et de pouvoir travailler sur le fait que les enfants, les futurs petits Nicolas, etc.,
11:56ne subissent pas ça, en fait.
11:59Merci beaucoup pour ce moment.
12:01Je suis super content d'avoir été interviewé par le blog de Roubaix.
12:05N'hésitez pas à aller me suivre sur Insta et sur TikTok,
12:09iosonolabala.
12:11Restez informés sur nos réseaux,
12:14parce qu'on va bientôt faire la restitution à Lille
12:19de notre show du Super Bowl d'Amsterdam.
12:21Donc voilà, il faudra suivre les news,
12:24parce qu'on va bientôt annoncer une date,
12:27et ça va être un show incroyable.
12:29Vraiment, il faudra être là.
12:31Et puis après, vous me retrouverez sur plein d'autres dates,
12:34en janvier, à peu près.
12:36Et sinon, on se retrouvera à la Pride de Roubaix,
12:39et de Lille aussi sur moi.
12:40Voilà, les bisous !
13:01Sous-titrage Société Radio-Canada
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