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  • 2 days ago
La députée Sabrina Sebaihi sur la crise France-Algérie - Complément d'enquête
Transcript
00:00And we're back with Sabrina Sabahi, good evening.
00:03Good evening.
00:03You're deputy Europe Ecology Les Verts, vice-president of the Amity France-Algérie.
00:09You were at Alger there 15 days, where you met, as often, the authorities.
00:14You came to see our report, and notably these documents, secret defense,
00:19this testimony of an elite local who explains that the elite elite are often contacted by the
00:26service algérien, for porter the good word. As a deputy, we imagine that you already arrived?
00:31Eh bien, for all to say and to you, maybe not, that's never happened.
00:35Jamais, jamais?
00:36Jamais.
00:37In contact with the service of the Algari?
00:38Not at all, especially when I was elected local, because before I was elected, I was elected local.
00:44And that's never happened.
00:45On va en discuter dans quelques instants, un of these documents classifiés,
00:49qui quand même posent quelques questions en termes d'ingérence potentielle de l'Algérie
00:53sur le sol français.
00:54Mais avant cela, on va vous écouter. C'était il y a deux mois, à Paris, dans l'hémicycle.
00:59Vous étiez en colère et vous avez pris à partie vos collègues députés du Rassemblement
01:03National. Écoutez.
01:05Oui, oui, je suis française. Et oui, je suis algérienne. Et je suis fière de mon histoire.
01:13Car la mienne fait partie d'une lignée de résistants, tandis que la vôtre est le produit
01:18de la collaboration.
01:19Mon grand-père, lui, était au front pour la France, à combattre le fascisme, pendant
01:25que Jean-Marie Le Pen, lui, aiguisait son couteau pour torturer les Algériens et nouer des
01:30alliances avec les Waffen-SS pour fonder votre parti politique. Alors je vous le demande,
01:37qui est du bon côté de l'histoire ? Certainement pas vous.
01:40Vous dites, Sabrina Sebaï, que l'extrême droite et la population française en général
01:46est algérophobe. C'est un mot que vous employez souvent ?
01:49Alors, je ne dirais pas l'ensemble de la population. Par contre, ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui,
01:54il y a une instrumentalisation de la question Algérie et une algérophobie qui s'est développée
01:58sur certains plateaux télévisés. C'est clair. Par certains médias.
02:01Ça veut dire quoi, l'algérophobie ?
02:03Eh bien, ça veut dire qu'on parle de l'Algérie en donnant une très mauvaise image matin,
02:09midi et soir. C'est ce qui remonte d'ailleurs de la plupart de nos concitoyens qui sont
02:13d'origine algérienne ou qui sont même algériens ici.
02:15On peut critiquer l'Algérie néanmoins. Ce n'est pas toujours des critiques qui sont
02:18illégitimes.
02:19Bien sûr, mais quand vous en arrivez à un stade où, par exemple, vous expliquez que des
02:24millions d'Algériens seraient prêts à prendre des couteaux pour agresser des ressortissants
02:28en France, c'est blessant. Moi, je ne connais pas aujourd'hui
02:31de personnes d'origine algérienne qui ne m'ont pas dit
02:33« J'en peux plus. Je ne supporte plus ce climat en France. Je ne comprends pas
02:38pourquoi on parle de moi comme ça. Je travaille, je paye mes impôts. Je suis française.
02:42Oui, je suis d'origine algérienne, mais on ne comprend pas cette violence qui s'exprime
02:46à longueur de journée. »
02:47Vous avez peur, vous, parfois ?
02:49Oui, ça m'arrive. Parce que je reçois, je dois dire que depuis que je suis députée,
02:54je traite pas mal de sujets qui sont d'actualité. Bien sûr, je suis en commission
02:57des affaires étrangères, que ce soit la question palestinienne, l'Iran, l'Afghanistan,
03:02mais c'est vrai qu'il y a une particularité quand je traite la question de l'Algérie,
03:06parce que je ne reçois jamais autant de torrents de violences, d'insultes ou de menaces
03:09que quand j'aborde la question algérienne.
03:11C'est vrai que vous publiez souvent sur vos réseaux sociaux des menaces que vous recevez.
03:16On a pu voir ce poignard ensanglanté, ce message « On va te trancher de ta sale gueule »
03:22ou encore un autre message reçu. Nous avons la faculté de pister un ou deux parlementaires
03:27de l'Assemblée jusqu'à chez eux ou sur leur lieu de rendez-vous. Certains des nôtres savent faire,
03:31c'est leur métier. Quand vous ouvrez vos messages et que vous recevez ce type d'image
03:35ou ce type de propos, vous réagissez comment ?
03:39Alors d'abord, c'est un peu la sidération, parce que je dois dire que j'ai plutôt été préservée
03:44pendant toute mon enfance jusqu'à très tardivement. En fait, je découvre cette haine vis-à-vis de l'Algérie.
03:51C'est nouveau ? C'est parce que vous êtes devenue femme politique ou c'est parce que le climat a changé ?
03:55On en a fait un sujet de haine.
03:58On en a ? Qui est « on » ?
03:59Des responsables politiques, des journaux. Je ne vais pas citer les chaînes en question,
04:04mais c'est devenu un fonds de commerce. Et vraiment, je pense que cette question de l'Algérie,
04:09pour eux, est un levier électoral.
04:10Est-ce qu'en miroir, il n'y a pas aussi une responsabilité des autorités algériennes
04:15qui parfois attisent aussi un petit peu le feu ? On l'a vu sur la question des OQTF.
04:20Il y a eu des faits divers trajets.
04:21Bien évidemment que les responsabilités sont partagées. Tout n'est pas blanc ou noir d'un côté ou de l'autre.
04:25Et je crois que sur la question des OQTF, il faut être très clair.
04:27Il y a des personnes, il faut pouvoir les mettre en oeuvre, les OQTF.
04:30On a vu l'exemple de l'attentat de Mulhouse. Le meurtrier présumé était sous le coup d'une OQTF.
04:34D'après le ministre de l'Intérieur, la France aurait à dix reprises demandé son expulsion vers l'Algérie.
04:40À dix reprises, les autorités algériennes auraient dit non.
04:43Est-ce que vous comprenez que ça puisse choquer l'opinion publique ?
04:47Oui. Personnellement, j'ai été choquée, comme tout le monde, de cet attentat.
04:51Et bien évidemment que ça choque l'opinion publique de se dire que cette personne n'avait rien à faire sur le territoire national
04:56et qu'il aurait dû être expulsé par le biais de cet OQTF.
05:00Il y a aussi un échec d'une méthode qui fait qu'on en est arrivé à une situation de blocage
05:05où on est en incapacité aujourd'hui de pouvoir faire en sorte que ces OQTF se réalisent.
05:08Des deux côtés ? Côté français, côté algérien ?
05:10Des deux côtés.
05:11C'est une double responsabilité, un double échec ?
05:13Oui, je pense qu'il faut une désescalade aujourd'hui.
05:15Je pense qu'il faut renouer le dialogue entre les deux rives de la Méditerranée
05:18parce que c'est notre intérêt.
05:20Et en même temps, le raisonnant de Bruno Retailleau, c'est qu'il faut arrêter de se faire marcher sur les pieds.
05:24Est-ce qu'il a complètement tort ?
05:26Je pense que les deux ont une part de responsabilité sur toutes les crises de ces derniers mois.
05:30Quand on en arrive à rappeler son ambassadeur, quand on en arrive à expulser des diplomates,
05:35tout ça, en fait, en réalité, c'est des deux côtés, la responsabilité est totalement partagée.
05:39Donc, le président Tebboune, c'est le Bruno Retailleau algérien ?
05:42Je ne sais pas si c'est à ce niveau-là, mais en tout cas, je pense que des deux côtés,
05:45ce qui est certain, c'est qu'il y a des volontés de faire en sorte que cette relation ne s'apaisse pas.
05:49Ça, c'est sûr.
05:50Vous étiez à Alger il y a 15 jours.
05:52Vous avez rencontré le président de l'Assemblée nationale.
05:54Vous lui avez dit tout ça ?
05:55Vous lui avez dit qu'il faudrait peut-être essayer d'avoir une attitude un petit peu plus coopérative, conciliante ?
06:00Alors, absolument.
06:01Il y a 15 jours, je crois, j'ai été reçu par le président de l'Assemblée nationale.
06:05On a pu aborder énormément de sujets.
06:07La question des OQTF, où moi, je pense qu'il faut avancer là-dessus.
06:12On ne peut pas rester dans ces situations de blocage.
06:13Il a répondu quoi, le président de l'Assemblée nationale, quand vous lui avez parlé ?
06:17Ils ont dit qu'ils étaient ouverts à travailler avec les parlementaires,
06:20à discuter des sujets sans tabou et de pouvoir avancer sur des...
06:24Mais ça, c'est un peu du blabla.
06:25Il va faire des choses, vous pensez ?
06:26Eh bien, en fait, oui, d'abord, nous avons convenu qu'il fallait que des parlementaires français et algériens
06:32puissent se rencontrer pour travailler ensemble.
06:34Mettre sur la table les sujets qui crispent, mais aussi les sujets sur lesquels on peut avancer.
06:37Vous avez parlé de Christophe Gleize, aussi ?
06:40Ce journaliste français qui est emprisonné, qui a été condamné à 7 ans de prison ferme ?
06:45Tout à fait. On a évoqué sa...
06:47Alors, moi, j'ai plaidé pour sa libération, forcément.
06:50Je suis très attachée à la liberté de la presse.
06:52Et je crois qu'il a déjà passé beaucoup trop de temps en prison en Algérie.
06:57J'ai bon espoir, en tout cas, que sa situation, comme pour Boilem Sansal,
07:01qui a été libérée par le biais d'une grèce présidentielle...
07:02Mais que vous ont répondu les autorités algériennes à vos demandes de libération ?
07:07Alors, pour tout vous dire, ils m'ont dit qu'il y avait encore une procédure
07:08qui n'était pas totalement finalisée, qu'à la fin de la procédure, on verra ce qui se passe.
07:13Comment vous qualifiez sa détention ? C'est une détention arbitraire, injuste, inacceptable, condamnable ?
07:20Vous savez, j'ai pour habitude de ne pas forcément commenter les décisions de justice,
07:22mais en tout cas, ce sur quoi je suis attachée, c'est la question de la liberté de la presse.
07:26L'arrestation d'un journaliste pour apologie du terrorisme, on est sur, a priori, une justice qui fonctionne évidemment.
07:30Je suis totalement attachée à cette liberté de la presse, et donc, pour moi, je le disais, il n'a rien à faire en prison.
07:36Vous ne commentez pas les décisions de justice, mais là, en l'occurrence, c'est une décision politique, l'arrestation de ce journaliste.
07:41Alors, je ne peux pas vous dire si c'est une décision politique. Moi, je n'évoque que la question de sa libération.
07:45Ce n'est pas un terroriste, on est d'accord ?
07:46Non, ce n'est pas un terroriste, pas du tout. Mais oui, moi, je pense qu'il n'aurait pas dû être arrêté.
07:51Parfois, certains vous reprochent de ne pas suffisamment communiquer, typiquement, sur ce genre de sujet, qui pourrait froisser Alger.
07:57C'est vrai que vous n'avez pas fait de tweet, par exemple, pour rappeler à la libération de Christophe Glez, alors que vous êtes très impliquée, très investie sur les questions qui concernent l'Algérie.
08:06Parce que je ne veux pas interférer dans des sujets, on l'a vu, qui sont très sensibles, et qui pourraient faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre.
08:13Par contre, ce qui est certain, c'est que...
08:14Non, ce n'est pas une question d'énerver Alger, c'est que je pense que, par exemple, si on prend la question de Christophe Glez, il est plus intelligent de travailler par les voies diplomatiques pour obtenir sa libération
08:24que d'être dans une instrumentalisation à outrance, comme ça a pu être le cas sur l'affaire Boilem Sansal.
08:29Donc, je n'ai pas de tabou à le dire, et je n'ai absolument pas peur d'énerver qui que ce soit, je le fais des deux côtés.
08:34Et sur Boilem Sansal, justement, qui est un autre dossier qui a déchiré la France et l'Algérie, on a vu qu'à l'Assemblée nationale, il y a eu...
08:44Le vote d'une résolution pour appeler à la libération immédiate et inconditionnelle de l'écrivain, vous faites partie des rares députés à ne pas l'avoir voté.
08:53Pour quelles raisons ?
08:54Même votre groupe était pour ?
08:56Oui, oui, ce jour-là, pour tout vous dire, j'étais, je crois, rapporteur d'un texte en commission à côté, donc je ne l'ai pas voté.
09:04En tout cas, on a été très clair, et moi je l'ai été d'ailleurs, pour dire que nous étions pour la libération de Boilem Sansal.
09:09C'est une bonne chose qu'il a été libéré.
09:10Tout en ne votant pas, la résolution appelant à sa libération, qui est votée par quasiment tout le monde.
09:15Oui, mais je n'étais pas dans l'hémicycle.
09:17Oui, mais vous auriez pu l'être.
09:18J'aurais pu l'être.
09:19Et puis vous êtes publiquement, vous avez publiquement dit que vous étiez contre le vote de cette résolution.
09:24J'étais, alors on s'est abstenu en commission, je n'étais pas contre le vote de cette résolution, je précise quand même.
09:29Pour l'abstention.
09:29On était pour l'abstention, pour des raisons, encore une fois, je pense que ce n'a pas servi en réalité cette résolution.
09:35Vous voyez, ce n'est pas ça qui a permis la libération de Boilem Sansal.
09:37Ce qui a permis la libération de Boilem Sansal...
09:39Non, mais les symboles sont importants parfois.
09:40Oui, mais quand on est sur des sujets aussi graves, je crois que le symbole, ce n'est pas ça qui compte.
09:45C'est le résultat.
09:46C'est une démocratie, l'Algérie, aujourd'hui, vous diriez ?
09:49Est-ce qu'il y a des élections ?
09:51Oui, on peut toujours critiquer.
09:53Ça ne suffit pas.
09:54On peut toujours critiquer...
09:54Réélection, je crois, au premier tour, avec 95% des voix.
09:58Oui, on peut toujours critiquer, bien sûr.
10:00Est-ce qu'aujourd'hui, il y a un parlement qui fonctionne ?
10:01Justice pas tout à fait indépendante.
10:04Pouvoir militaire très important.
10:06On peut critiquer tout à fait ce qui dysfonctionne.
10:10Après, oui, moi, je considère aujourd'hui que c'est une démocratie.
10:12Ce n'est pas un pouvoir autocratique, autoritaire ?
10:15Écoutez, moi, en tout cas, les parlementaires que je rencontre, ils font partie de groupes très différents.
10:19Ils ont des idées très différentes.
10:20Ils ont des débats aussi entre eux.
10:22Ils ne sont pas d'accord.
10:23Donc, je considère qu'il y a du débat qui s'exprime.
10:25Maintenant, sur l'État, je ne pourrais pas vous dire ce qu'il en est exactement.
10:28Je ne vis pas en Algérie.
10:29Donc, ça serait difficile pour moi de...
10:30Sans vivre sur place, quand on regarde les éléments qui existent,
10:33l'indice de démocratie qui est rendu chaque année par le journal The Economist,
10:37qui est la référence en la matière,
10:39qui explique que l'Algérie est classée 110e mondiale.
10:43Elle classe le régime algérien comme autoritaire et non pas une démocratie.
10:46La France, d'ailleurs, est 26e mondiale, démocratie imparfaite.
10:50Mais régime autoritaire pour l'Algérie ?
10:53Oui, écoutez, je découvre ce score.
10:56Mais oui, dans le cadre de ce classement, ils sont définis comme un régime autoritaire.
11:01Est-ce que c'est difficile pour une élue française qui a des liens avec l'Algérie
11:05de dénoncer certaines pratiques autocratiques du pouvoir algérien ?
11:10Non, je ne crois pas que ce soit difficile.
11:11Quand il y a des choses à dire et à critiquer, on le fait.
11:14Et d'ailleurs, on l'a fait sur...
11:16Mais vous estimez quand même que c'est une démocratie ?
11:18De l'extérieur, comme ça, moi je vous dis,
11:20à partir du moment où j'ai des relations avec des parlementaires
11:23avec qui on travaille sur plein de sujets,
11:25que les débats s'expriment chez eux...
11:27Il y a des autocrates sympathiques, sans doute.
11:29Ce n'est pas une question de sympathisme.
11:30Là, c'est vraiment, pour le coup,
11:32on les rencontre, on discute avec eux.
11:35Donc forcément, c'est une vision qu'on a très parcellaire, en réalité,
11:39de ce qui se passe là-bas.
11:40Vous avez vu un autre document secret défense.
11:42Il est question d'une élue locale convoquée au consulat.
11:45On lui aurait expliqué qu'elle faisait l'objet d'un suivi
11:48de la part des autorités algériennes.
11:50On a réussi à l'avoir au téléphone et elle nous a dit ceci.
11:53Il y a énormément de lieux locaux qui ont été approchés par les consulats.
11:58Ils estiment que la diaspora et tous ceux qui ont une influence,
12:02qu'elles soient politiques, médiatiques ou autres,
12:05ont un rôle à jouer.
12:07Vous avez de l'influence.
12:08Vous êtes députée, vice-présidente du groupe d'amitié France-Algérie.
12:12Donc forcément, on se dit que vous êtes un objet très intéressant
12:16pour les services algériens.
12:19Écoutez, très sincèrement, j'ai été élue locale aussi.
12:22Et je découvre ce témoignage et cette pratique
12:25puisque personnellement, je n'ai jamais été contactée par un consulat
12:28pour me demander d'agir de quelque façon que ce soit.
12:31Donc la DGSI se trompe et cet élu se trompe ?
12:34Non, je ne dis pas forcément qu'il se trompe.
12:35Peut-être que c'est le cas.
12:36Mais moi, ce que je dis, c'est qu'on ne m'a jamais sollicité pour ça.
12:40Donc moi, je suis vice-présidente du groupe d'amitié France-Algérie
12:42en tant que parlementaire française.
12:44Et moi, mon rôle, c'est aujourd'hui, en tout cas dans le cadre de cette crise,
12:47c'est de prendre en considération les aussi et surtout les intérêts de la France.
12:52Et les intérêts de la France, aujourd'hui, ce n'est pas la rupture de dialogue avec l'Algérie.
12:54Vous, vous n'avez jamais été personnellement convoquée au consulat.
12:57On a pu entendre dans le reportage cette discussion entre un opposant algérien et un interlocuteur au consulat.
13:04C'est assez musclé.
13:06Vous avez déjà rapporté ce genre d'agissement qui a l'air d'être relativement au courant ?
13:10Pas du tout.
13:11Vraiment, c'est la première fois que je l'entends.
13:13Ça vous choque d'entendre ça ?
13:14Bien évidemment.
13:15C'est inacceptable.
13:16Il n'y a pas d'ingérence à avoir.
13:17Vous savez, moi, je suis quand même très claire.
13:19Je suis pour que l'Algérie ne s'occupe pas des affaires internes de la France,
13:23tout comme je suis pour que la France ne s'occupe pas des affaires internes de l'Algérie.
13:25Voilà.
13:26Chacun chez soi.
13:27Et on travaille ensemble quand c'est nécessaire pour nos intérêts communs.
13:30Et le reste du temps, chacun est souverain chez lui.
13:32En 2022, vous avez rencontré le président algérien Abdelmajid Tebboune en compagnie d'Emmanuel Macron.
13:40À l'époque, c'était plutôt la lune de miel.
13:42Vous avez été déçue par Emmanuel Macron ou pas ?
13:45Eh bien, ce que je regrette, c'est qu'on a le sentiment parfois que le président de la République
13:49fait un pas en avant et trois pas en arrière quand il s'agit de ces questions-là sur lesquelles on pourrait avancer.
13:54Il fait des déclarations, par exemple, où il dit que la colonisation est un crime contre l'humanité.
13:57En 2017, pendant sa campagne.
13:59Puis ensuite, il revient en arrière.
14:01En réalité, tant qu'on n'aura pas avancé sur cette histoire, je pense qu'on ne peut pas écrire l'avenir ensemble.
14:05Cette histoire, elle n'est pas enseignée.
14:07Vous voyez, on est sur la télévision française.
14:09Combien de Français savent, par exemple, que la France a déposé 3 millions de mines sur les frontières algériennes ?
14:15Qui connaît les essais nucléaires dans le Sahara et ses conséquences aujourd'hui ?
14:18Personne, cette histoire n'est pas enseignée dans les manuels scolaires.
14:20Elle n'est pas connue.
14:21Elle n'est pas partagée.
14:22Alors, on a parlé des essais nucléaires dans Complément l'enquête.
14:24Merci beaucoup, Sabrina Assebaï.
14:27Avant de se quitter, je voudrais vous signaler que la semaine prochaine,
14:31l'association Reporters sans frontières organise une grande soirée de soutien aux journalistes emprisonnés Christophe Gleize.
14:36C'est donc le 29 janvier au Bataclan.
14:38Vous irez peut-être ?
14:40Peut-être, oui.
14:41Du coup, je découvre la date, donc c'est très bien.
14:43Merci beaucoup.

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